Le col de Chavières

Le Cycliste, avril 1947

Le col relie Pralognan-la-Vanoise à Modane. Franchi sans doute pour la première fois en 1938 par les cyclomuletiers Guérin et Koening, puis en 1943 par Chatelain, d’Annecy, il ne figure pas sur les profils Dolin. La traversée la plus facile s’effectue dans le sens Pralognan-Modane. On gagne Pralognan de Moutiers par une route assez dure, notamment à partir du Villard-du-Planay et par-dessus le marché en certains endroits en très mauvais état. Malgré des ressources hôtelières assez abondantes, il est difficile de trouver un lit à Pralognan, du 15 juillet à début septembre, c’est-à-dire pendant la période ou le col de Chavières peut être traversé.

En sortant de Pralognan, on traverse le Doron-de-Chavières et après un kilomètre de plat on atteint de fortes rampes en lacets qu’on peut vaincre avec le petit braquet du petit plateau ou à pied ! puis on traverse les chalets de la Cholières, ceux du Planes et des Priaux. Peu après, la marche en vélo devient impossible, mais une fois de vastes prairies atteintes on peut cycler de nouveau. Ce n’est que lorsqu’on arrive à un écriteau : « Col de Chavières » qu’il faut troquer les souliers cyclistes contre les chaussures à clous, la traversée avec des chaussures cyclistes à semelles renforcées n’est pas impossible, mais fortement déconseillée à cause des névés très nombreux jusqu’à mi-août. Sentier bien tracé et facile qui permet d’atteindre en moins de 3 h. 30 de Pralognan le refuge Peclet-Poiset du C.A.F.à 2.500 mètres d’altitude (refuge gardé).

De ce refuge le col est nettement visible au sud, mais il convient de suivre le sentier qui oblique d’abord nettement à l’est puis, prend la direction du col - passe à côté d’un petit lac, très belle vue sur les glaciers - puis disparaît le plus souvent sous les névés et atteint le col par des lacets taillés dans du schiste en décom-position.

On a effectué alors la partie qui peine le plus, et en outre d’une façon très agréable car la montée est très facile.

La descente est d’abord assez rapide, les névés subsistent moins longtemps sur ce versant exposé au midi. On traverse un vaste plateau couvert d’éclats d’obus (champ de tir) où le sentier disparaît ; on laisse nettement à gauche le lac de la Partie et lorsqu’on aperçoit le torrent qui descend du glacier du Poiset par de belles cascades, et les premiers mélèzes, on descend dans leur direction. On aperçoit d’ailleurs les traces d’un sentier qui devient presque cyclable en longeant une falaise rocheuse et gagne par des pentes accentuées le hameau de Poiset (1.800 m.). On entre à nouveau dans la forêt et après la Perrière le chemin est si caillouteux, pentu et malaisé qu’il vous dégoûtera des traversées cyclomuletières pendant au moins... une semaine ! On peut remettre les souliers cyclistes 600 mètres avant Modane où l’on entre par la rue de Chavières. Temps total mis pour la traversée (arrêt compris) : 10 heures.

Chatelain en 1943 a suivi un itinéraire qui doit raccourcir la descente d’une bonne demi-heure et doit être beaucoup plus facile. Après avoir traversé le Polset (hameau), on descend vers le torrent que l’on traverse sur une passerelle. Un sentier permet d’atteindre la route du Fort du Sappey et de descendre dans la vallée de l’Arc par Saint-André.

Renseignements communiqués par Jacques L. KAZO Cyclotouriste Aixois, Cyclomuletiers Savoyards.

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