La répercussion des lois sociales de 1936 sur le tourisme cycliste

mardi 25 avril 2017, par velovi

Dans Le populaire de paris, 21.11.1938 (Numéro 5758). Source gallica.bnf.fr / BnF

Dans la « tribune libre » de la revue de cyclotourisme stéphanoise « Le Cycliste » je trouve une lettre signée L. Viseur (de Liévin) qui, entre autres choses, écrit ceci :

« L’année 1938 verra certainement le chiffre de 10.000.000 atteint par le nombre de bicyclettes circulant en France. C’est-à-dire 3.000.000 de plus qu’en 1935. On peut même être assuré que ces chiffres seront largement dépassés en 1939, tant est puissant l’engouement actuel pour ce merveilleux mode de déplacement.

« A voir, chaque jour de congé, tous ces ouvriers partis à vélo, soit faire de longues randonnées, soit simplement passer la journée sur l’herbe, à quelques dizaines de kilomètres de leur habitation, on comprend que le peuple adhère de plus en plus à l’usage de la bicyclette, et cette constatation réjouit ceux qui ont fait de cette adhésion le but économique et social de leur propagande. »

Et l’auteur de ces observations recherche les motifs de cette vogue de la « petite reine ». Et fort justement, il écrit :

« Cependant, avant 1936, le repos du corps et de l’esprit était d’une nécessité aussi grande qu’aujourd’hui. Les ouvriers appréciaient déjà l’air vivifiant des campagnes. Ils enviaient même les veinards qui pouvaient partir plusieurs jours, loin des villes délétères laissant leurs soucis en souffrance, pour ne garder dans leur esprit que la vision apaisante et ravissante du spectacle de la nature. Ce bonheur était interdit à la masse par l’absence des vacances payées.

La majeure partie des cyclotouristes d’avant 1936 n’était-elle pas formée par les employés des grandes administrations publiques et privées, qui bénéficiaient déjà d’un congé annuel payé ?

Sans les lois sociales de 1936, qui ont donné aux classes laborieuses des moyens (salaires et loisirs) plus adéquats aux exigences de l’existence, la propagande eût continué à demeurer presque stérile, malgré l’immense désir de rouler existant dans la masse.

Il en était d’ailleurs de la bicyclette comme de toutes les inventions. Pour que le peuple profite du confort qu’elles créent, il ne s’agit que de lui donner de quoi se le procurer. »

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