CONCOURS DE BICYCLETTES DE TOURISME (1902)

mercredi 26 juin 2019, par velovi

Par Carlo Bourlet, Juin 1902, revue du Touring-Club de France, Source Gallica.fr/bnf

LA COMMISSION DANS LES PYRÉNÉES

Chaque fois que j’ai le plaisir de voyager officiellement comme membre du Comité technique, j’éprouve un véritable sentiment de fierté d’avoir l’honneur de représenter une Association aussi puissante et aussi populaire que la nôtre, une association qui a su grouper tant de braves gens, s’attirer tant de sympathies et susciter tant de dévouements.
L’accueil si cordial que nos camarades des Hautes-Pyrénées nous ont fait à Tarbes, nous a vivement touchés et je tiens à adresser immédiatement, et en bloc, nos plus vifs remerciements à tous ceux qui nous ont aidé ou qui nous ont offert leur aide dans l’organisation de notre prochain concours.
Je serais cependant un ingrat en ne signalant pas tout spécialement les grands services que nous a rendus notre distingué délégué départemental, mon collègue M. Caude qui nous avait admirablement préparé le travail.
Les autorités locales, d’autre part, ont montré à notre égard la plus grande bienveillance.
Quoique fatigué par un long voyage, M. le Préfet des Hautes-Pyrénées a bien voulu nous recevoir et nous promettre son précieux appui. C’est sur son désir que, d’accord avec les délégués de la région, nous avons reculé la date de l’épreuve sur route d’un jour. La Commission avait primitivement choisi la date du 17 août, pensant qu’il serait plus facile de trouver des contrôleurs un dimanche qu’un autre jour ; mais, par une fâcheuse coïncidence, il se trouve que, le 17 août, auront lieu à la fois, l’ouverture de la chasse dans la région et des courses hippiques à Tarbes. Le pays est, comme on sait, un pays d’élevage ; une course de chevaux y est un événement important et ce jour-là les routes sont sillonnées de voitures en tous sens. Quoique notre épreuve n’ait aucun caractère sportif, il eût été cependant imprudent de lancer nos concurrents sur les routes un tel jour.
L’épreuve est donc définitivement fixée au lundi 18 août.
Nous avons demandé à M. le Ministre de la Guerre de vouloir bien nous autoriser à installer un laboratoire d’essai provisoire à l’atelier de constructions militaires de Tarbes, pour faire les essais techniques et l’examen détaillé des machines après l’épreuve sur route. Nous espérons que notre demande sera favorablement accueillie (note : Par lettre en date du 6 juin, M. le Ministre de la Guerre a bien voulu accorder le concours sollicité ; le commandant Ferrus, membre de la Commission est chargé de s’entendre à ce sujet avec le colonel directeur. A. B.) et, dans cet espoir, nous avons été rendre une visite officieuse à M. le colonel de Rouville, le directeur de l’atelier de constructions. Très aimablement, le colonel de Rouville, accompagné de ses chefs de service, a bien voulu nous indiquer l’emplacement éventuel de ce laboratoire, et nous promettre de faire tout son possible pour nous en faciliter l’installation.
Qu’il veuille bien recevoir ici l’expression de notre sincère gratitude.
Enfin, pour acquitter nos dettes de reconnaissance, nous avons encore été apporter nos vifs remerciements à l’éminent ingénieur en chef des ponts et chaussées, M. de Thélin, qui avait bien voulu faire donner, par ses agents voyers, tous les renseignements nécessaires à M. Caude pour qu’il puisse établir un premier tracé du profil du parcours de l’épreuve sur route.
Ceci fait, il nous restait à établir le profil exact et le kilométrage du parcours, à choisir les emplacements des contrôles, à en assurer le fonctionnement et, en un mot, à régler tous les détails de l’épreuve.
Perrache et moi représentions la Commission ; nous nous étions adjoint notre excellent camarade Dolin, délégué à Chambéry, qui, en établissant les profils de plus de 10,000 kilomètres de route dans les Alpes, a acquis une compétence toute spéciale en cette matière. C’est donc Dolin qui, à lui seul, a fait la révision complète et la mise au point du profil donné par les ponts et chaussées ; et, comme on le verra plus loin, cela n’a pas été une mince besogne.
Dès notre arrivée, le vendredi 16 mai, dans une réunion des délégués de Tarbes et de la région, convoqués par M. Caude, nous établissions les grandes lignes du projet.
Puis, le samedi matin, Perrache, Dolin et moi accompagnés d’un de nos camarades du T. C. F., M. Byasson, lieutenant de vaisseau, enfourchions nos bicyclettes pour essayer de faire le parcours. Le temps était superbe, le ciel sans nuages, mais les renseignements reçus à Tarbes sur l’état de la route au col du Tourmalet, nous laissaient peu d’espoir sur la possibilité de passer le col en machine. Nous avions décidé de faire le plus possible. Dolin, le carnet toujours à la main, file en avant, notant tout : les bornes kilométriques, les variations de pente, les bifurcations. A s’arrêter à tout moment, pour étudier le terrain, ou discuter un point de détail, on ne va pas vite. Nous n’avions fait que 50 kilomètres dans la matinée et déjeunons à Luz. Là, Dolin nous persuade momentanément que le passage d’un col dans la neige, en poussant sa machine, n’est pas la mer à boire et comme l’heure était trop tardive pour nous engager dans une telle excursion, nous nous décidons à coucher à Luz pour entreprendre le Tourmalet le lendemain matin. Nous profitons de nos loisirs forcés pour aller pousser une pointe jusqu’au cirque de Gavarnie où l’un de nos camarades du T. C. F., M. Armand de Grammont, qui suivait en amateur notre expédition, a l’obligeance de nous conduire dans sa Serpollet-12 chevaux.
Le soir, sur l’avis de notre délégué, M. Sempé, nous nous décidons, Perrache et moi, à abandonner Dolin et à revenir sur nos pas.
Il est convenu que, tandis que Dolin passera le Tourmalet en compagnie de M. Byasson, nous rebrousserons chemin, irons relever le profil du tronçon de route de Bagnères-de-Bigorre à Lourdes par Loucrup, et les rejoindrons à Sainte-Marie pour déjeuner le lendemain.
L’homme propose. le temps dispose.
Le dimanche matin, à 6 heures, nous partons chacun de notre côté. Le ciel est couvert, l’orage est proche Perrache et moi, pris par la pluie à Argelès, arrivons trempés jusqu’aux os à Lourdes.
Nous n’avons pas le courage d’aller plus loin et, après nous être séchés, rentrons à Tarbes, non sans quelques inquiétudes sur le sort des deux ascensionnistes.
A 7 heures du soir, Dolin nous revient, mais dans quel état : couvert de boue, en pantoufles, ruisselant ! Il n’y a qu’une chose qui n’a pas été mouillée, ce sont ses profils et son carnet ! !
Et voici son odyssée : De Luz à Barèges, M. Byasson et lui cyclent sans difficulté. A Barèges, la neige commence ; non sur la route mais tout autour. A mesure qu’ils approchent du sommet elle devient plus épaisse, le vent souffle dru et un épais brouillard les enveloppe. — A 3 kilomètres du col, il n’y a plus moyen d’avancer en machine. M. Byasson laisse sa bicyclette dans un fossé et l’ascension commence. Nos deux intrépides ont de la neige jusqu’à la ceinture. Chacun, à tour de rôle, porte sur son épaule la bicyclette de Dolin (chargée de 8 kilos de bagages), tandis que l’autre lui fraye péniblement le passage. Par endroits la route est tellement couverte de neige qu’il faut prendre les raccourcis et on peut se faire une idée de ce que doivent être ces raccourcis lorsque l’on sait que la route normale a une pente moyenne de 9%.
Arrivés au sommet du col, M. Byasson quitte Dolin, revient sur ses pas pour reprendre sa machine et rentrer à Luz ; et Dolin redescend seul sur Sainte-Marie en pataugeant encore pendant 3 kilomètres dans la neige fondante. En de telles circonstances, un autre que lui n’eût plus eu qu’une seule idée : arriver au plus tôt à l’hôtel le plus voisin. Mais Dolin a l’âme d’un héros, il a promis de nous donner un profil irréprochable et il tiendra sa parole. La pluie, le vent, la neige ne l’émeuvent pas.
Il va, sans se presser, cherchant à tâtons les bornes kilométriques sous la neige, notant les pentes, observant les cotes au moyen de son petit baromètre portatif, et ce n’est qu’à 1 heure de l’après-midi, après être resté 7 heures en route et 5 heures à micorps dans la neige mouillée, qu’il arrive à Sainte-Marie pour se sécher sommairement.
Lorsqu’il veut repartir, ses souliers, raidis par l’eau, se refusent à tout service et Dolin reprend le chemin de Tarbes en machine, toujours sous la pluie battante, en gardant ses pantoufles. — Et toujours calme, il continue à remplir son carnet de notes.
Quand, et arrivant à Tarbes, il apprend que Perrache et moi avons lâchement abandonné la route de Bagnères à Lourdes, il pousse un soupir de soulagement. Dolin ne nous avait laissé ce bout de travail qu’à contre-cœur, sa confiance en nous était limitée ; maintenant il ira faire lui-même ce morceau de route, deux jours après, et ainsi sera certain de l’exactitude de son profil.
Est-il besoin de dire combien nous sommes reconnaissants à MM. Byasson et Dolin de leur courageuse équipée qui nous rend un si grand service ?
Après une telle épreuve, il ne nous reste plus, mon cher Dolin, qu’à vous décerner le titre de « Grand Profilier du T. C. F. ! »
Que nos lecteurs, après avoir lu ce récit, n’aillent cependant pas se figurer que nous allons proposer aux concurrents de suivre l’exemple de MM. Byasson et Dolin et que la Commission va envoyer cyclistes et machines patauger dans les neiges ! — Nous n’avons pas l’âme aussi noire.— Au mois d août il n’y aura pas une seule trace de neige sur ce terrible Tourmalet ; la route sera sûrement belle et libre, et ceux qui auront les jarrets assez solides et des développements assez faibles passeront le col en machine sans difficulté. - D’ailleurs, je les préviens qu’ils auront des spectateurs. Déjà maintenant, dans tout le pays, on se donne rendez-vous, pour le 18 août, sur la route de Barèges à Grip, et le 17 au soir, les hôtels regorgeront de curieux venus pour voir le spectacle peu banal de l’ascension du col en machine.

L’épreuve s’annonce bien ; le public s’y intéresse, les vrais touristes se passionnent, les bons constructeurs travaillent. — Nous avons le droit d’espérer qu’une fois de plus le Touring-Club aura rendu un grand service au tourisme.

CARLO BOURLET

SÉANCE DE LA COMMISSION du 26 mai 1902.

Sur le rapport de M. Bourlet, la Commission approuve le règlement définitif de l’épreuve sur route élaboré par MM. Perrache et Bourlet, après étude de la question sur place.

En particulier, elle vote les modifications suivantes au Règlement général publié dans la Revue du T. C. F. du mois de janvier.

1° La date de l’épreuve sur route, primitivement fiéxe au 17 août (art. 13 du Règlement) est reportée au lundi 18 août.
2° Pour faciliter l’exécution de l’épreuve et pour éviter qu’un grand nombre de machines ne fassent qu’une partie du parcours, un changement de cavalier est autorisé au second passage à Lourdes.
En conséquence l’art. 30 est modifié comme suit.
« Pourront bénéficier des avantages énumérés à l’article précédent : Deux personnes par machine engagée (au maximum 8 personnes par maison).
Les conditions dans lesquelles ce relai pourra être opéré sont précisées dans le Règlement qui suit. (*) Nous rappelons qu’à partir du 1e juillet le droit d’inscription est porté à 40 francs et que le registre est clos le 1er août à midi.

CONDITIONS DE L’ÉPREUVE SUR ROUTE PARCOURS (Art. 15 du Règlement).
L’épreuve sur route sera faite sur le parcours suivant comprenant 215 kilomètres : Départ de Tarbes, passage à Lourdes, Argelès, Pierrefitte, Luz, Barèges, le Tourmalet, Grip, Sainte-Marie, Bagnères - de - Bigorre, Trébons, Loucrup, Lourdes (2" passage, avec relai facultatif), Argelès (2e passage). Pierreffitte (2° passage), Luz (2e passage), Barèges (2e passage), le Tourmalet (2e passage), Grip (2e passage), Sainte-Marie (20 passage). Bagnères-de-Bigorre (2e passage), Montgaillard, Tarbes (arrivée).
Pour plus de détail se reporter au profil.

DESCENTE NEUTRALISÉE (Art. 15 du Règlement) Afin d’éviter autant que possible des vitesses excessives, la descente dure du Tourmalet au contrôle de Grip est neutralisée.
Au col du Tourmalet, le concurrent recevra un ticket portant l’heure de son passage, il devra le remettre au contrôleur-chef de Grip qui ne le laissera signer et repartir que 30 minutes après l’heure indiquée sur son ticket.
Il est évident que le concurrent pourra, s’il le désire, mettre plus de temps pour effectuer cette descente ; et, d’autre part, il ne gagnera rien à aller plus vite.
Cette condition est applicable aux deux passages.

CONTROLES FIXES
Chaque contrôle comprend : Un contrôleur-chef : brassard blanc ; Deux contrôleurs adjoints : brassards jaunes.
Ces contrôles sont de deux espèces : Contrôles-Halte (Art. 23 du Règlement).
Le concurrent met pied à terre, signe la feuille de contrôle et ne repart qu’après autorisation du chef-contrôleur.
Ces contrôles sont les suivants : Tarbes, Luz, le Tourmalet, Grip, Lourdes (second passage ).
Contrôles simples (Art. 23 du Règlement).
Le concurrent ralentit, annonce son numéro et ne reprend son allure rapide que lorsque le contrôleur a répété le numéro à haute voix.
Ces contrôles font les suivants : Lourdes (premier passage), Pierrefitte, Barèges, Bagnèros-de-Bigorre.
Heures de fermeture des Contrôles (Art. 26 du Règlement).
Lourdes. 3 h. du soir.

Pierrditte. 4 h. — Luz 4 h. 45 m. —

Barèges., 5 h. 30 m. —

Tourmalet 7 h. » — Grip 7 h. 30 m. —

Bagnères-de-Bigorre. 8 h. 30 m. —

Tarbes (arrivée). 9 h. 30 m. —

Buffets (art. 24 du Règl.).

Chaque contrôle, sauf celui du col du Tourmalet, possède un buffet où les concurrents pourront, gratuitement, boire et manger.
Ils y trouveront :
Boissons :
Bouillon, Café, Thé, Lait, Limonade, Vin.

Vivres :
Pain, riz, Oeufs, Viandes froides, Fruits.
Ceux qui tiennent à une alimentation spéciale devront prendre eux-mêmes leurs dispositions, et à leurs frais.
Réparations (art. 19 et 24 du Règl.).
En principe, le remplacement d’une pièce quelconque ne doit être fait pendant l’épreuve qu’à un contrôle et en présence du contrôleur-adjoint, spécialement chargé de veiller aux réparations.
M. H. DOLIN, DÉLÉGUÉ.
Dans chaque contrôle, il y aura un ouvrier mécanicien, muni des outils nécessaires pour les réparations courantes.
CONTROLES VOLANTS (art. 27 du Règl.).
Des contrôleurs volants, à pied, à bicyclette, à cheval ou en voiture, circuleront sur le parcours avec mission de : 1° porter secours aux cyclistes en cas d’accident de toute nature ; 2° de noter les infractions au Règlement et d’avertir les concurrents qu’ils trouveraient en défaut ; 3° de signaler à la Commission les parcours faits à pied et les réparations faites, pour cause majeure, entre deux contrôles.
DÉPART (art. 5 et 17 du Règl.).
L’appel des concurrents aura lieu à Tarbes, le 18 août à 4 heures du matin, à la bifurcation des routes de Lourdes et de Bagnères, dans l’ordre des numéros des brassards qui auront été délivrés précédemment.
Chaque concurrent devra signer la jeuille de départ en présentant sa machine munie des accessoires indiqués à l’article 5 du Règlement (un frein, une corne d’appel, une sacoche avec pompe et outils indispensables)
Le départ sera donné à 4 h. 30 précises, quelque soit le nombre des absents, et les concurrents seront rangés pour le départ dans l’ordre des numéros de brassard (ordre qui sera celui des numéros d’inscription).
ACCIDENTS, ABANDON DE L’ÉPREUVE (art. 19 et 25 du Règl.).
Comme il a été rappelé plus haut, le changement de machine est interdit et tout remplacement d’une pièce quelconque ne doit être fait pendant l’épreuve qu’à un contrôle.
Toutefois, si la marche devient impossible ou seulement difficile ou dangereuse, le remplacement pourra être effectué sur place ; mais il devra être signalé en détail au chef du premier contrôle rencontré (contrôle-halte ou contrôle simple).
Tout concurrent qui abandonne l’épreuve en cours de route doit se rendre sans retard au contrôle le plus voisin, expliquer son cas au chef contrôleur en lui présentent sa machine dans l’état du moment, puis la conduire telle quelle au garage de la Commission à Tarbes, dans la matinée du lendemain au plus tard. En cas de force majeure, chute grave par exemple, c’est le représentant officiel de la maison qui devra remplir les formalités.
RELAI (art. 18 du Règlement modifié).
Pendant toute l’épreuve, chaque machine devra être montée par la même personne, qui portera un brassard rouge.
Toutefois, en vertu de la délibération de la Commission du 26 mai 1902, tout concurrent qui, au moment de son second passage à Lourdes, ne se jugera pas en état de poursuivre l’épreuve pourra se faire remplacer.
Il devra rendre son brassard et son remplaçant recevra un brassard vert de même numéro.
Dans ce cas, le départ de ce remplaçant devra avoir lieu avant deux heures de l’après-midi.
Les deux cyclistes ayant monté la même machine, ne pourront pas participer aux primes d’arrivée, quant à la prime d’indemnité (art. 33 du Règl.), elle pourra être répartie entre eux dans les conditions indiquées plus loin.

PRIMES
Les primes sont de deux espèces : 1° Primes d’indemnité (art. 33 du Regl).
A titre d’indemnité, il sera alloué une somme de 200 francs à tous ceux des concurrents n’ayant pas encouru de disqualification et qui seront arrivés au contrôle de Tarbes le 18 août avant 6 heures du soir.
Dans le cas où il y aurait eu relai à Lourdes, cette indemnité serait partagée en deux parts de 100 francs chacune. La première part sera allouée au premier cycliste s’il arrive à Lourdes avant 1h. 30 du matin.
La seconde part sera donnée à son remplaçant, si celui-ci effectue le reste du parcours en 6 heures et demie au plus (à compter à partir de l’heure de son départ de Lourdes).
La Commission se réserve le droit d’allonger les délais assignés plus haut, si elle le juge utile ou nécessaire.
2° Primes d’arrivée. Si certaines sociétés ou quelques généreux donateurs mettent à la disposition du Touring-Club des primes à distribuer sans affectation spéciale désignée par le donateur, il a été décidé que ces primes seraient attribuées aux premiers arrivants, suivant l’ordre d’arrivée.
Actuellement (30 mai), la Chambre syndicale du Cycle et de l’Automobile et le Syndicat des Fabricants de Cycles, ont mis l’un et l’autre une somme de 500 francs à la disposition de la Commission. D’autre part, la Chambre syndicale des Cycles et Automobiles de Saint-Étienne a voté une somme de 100 fr., devant être attribuée au quatrième arrivant.
En conséquence, les 1,100 francs seront partagés ainsi entre les concurrents ayant effectués seuls la totalité du parcours : 500 francs au premier arrivant, plus la prime d’indemnité, soit 700 francs ; 300 francs au second, plus la prime d’indemnité, soit 500 francs ; 200 francs au troisième, plus la prime d’indemnité, soit 400 francs.
100 francs au quatrième, plus la prime d’iademnité, soit 300 francs.
Toutefois, s’il arrivait qu’il n’y eût pas quatre concurrents ayant pu effectuer seuls le parcours, les primes non attribuées seraient données aux machines montées par deux concurrents ayant fait le parcours total dans le temps le plus court.
Les sommes qui pourraient être offertes ultérieurement seraient réparties suivant le même principe, mais sur un plus grand nombre de concurrents.
Sur sa demande, le concurrent primé pourra, au lieu d’une somme d’argent, recevoir un objet d’art de même valeur.
INTERDICTIONS (art. 21 et 22 du Règl.) Aucun mode d’entraînement n’est autorisé, en outre, les constructeurs sont invités à ne pas faire suivre les concurrents par des automobiles qui seraient une gêne et un danger pour tous.
Les concurrents sont tenus : 1° De ne jamais marcher dans le sillage d’un autre concurrent (ou cycliste quelconque) à une intervalle de moins de 4 mètres environ ; 2° De ralentir l’allure dans la traversée des agglomérations et, en tous cas, de ne pas doubler alors un autre concurrent non descendu de machine ; 3° De conduire eux-mêmes leur machine s’ils marchent à pied.
DISQUALIFICATIONS (art. 28 et 29 du Règl.).
Sera disqualifiée toute machine : 1° Dont les plombs ne seraient pas intacts à l’arrivée au garage ; 2° Sur laquelle une pièce quelconque aura été changée en cours de route sans que le fait ait été signalé au premier contrôle rencontré après le changement ; 3° Qui, soit ayant abandonné l’épreuve, soit étant arrivée à Tarbes après la fermeture du contrôle, n’aura pas été conduite, sans modifications, le lendemain, avant midi au plus tard, au garage de la Commission.
Sera exclu de toute participation aux primes, tout concurrent : 1° Dont la machine aura été disqualifiée ; 2° Qui n’aura pas observé strictement les articles 21 et 22 ; 3° Qui, marchant à pied, n’aura pas conduit lui-même sa machine ; 4° Qui n’aura pas fait constater son passage à tous les contrôles fixes ; 5° Qui aura refusé de se conformer aux prescriptions d’un contrôleur.

RÉCLAMATIONS (art. Il du Règl.).

En cas de réclamation ou de protestation, le constructeur ou son représentant officiel pourra seul la formuler par écrit et il devra en remettre le libellé à la Commission au plus tard le lendemain du jour où aura eu lieu le fait contesté, avant midi.
Le Rapporteur du Concours, CARLO BOURLET.
Le Président de la Commission, P. APPELL.
Membre de l’Institut.

Dans le numéro d’avril de la Revue, nous disions : Cette épreuve n’ayant pas pour but de mettre en lumière l’homme mais bien la machine, il se peut que nous trouvions dans les gens du pays des cyclistes dans de bien meilleures conditions d’entraînement que les cyclistes parisiens.
A cet effet, nous servirons avec plaisir d’intermédiaire entre les cyclistes et les constructeurs, et nous inscrirons les offres que ceux-ci nous adresseront en vue de l’épreuve.
Dans ces conditions nous publions ci-dessous : 1° la liste des maisons qui se sont fait inscrire, et 2° les noms et adresses des cyclistes désireux de prendre part au Concours.
Maisons inscrites.
1. A. Clément, quai Michelet, à Levallois.
2. G. Richard, 13, avenue de la Grande-Armée, Paris.
3. « La Métropole », 17, rue Saint-Maur, Paris.
4. Gladiator, au Pré-Saint-Gervais.
5. Lancelot (Coste, constructeur), 3, place Croix-Paquet, Lyon.
6. Le Métais, 39, quai Valmy, Paris.
7. Terrot, 2, rue André-Colomban, Dijon.
8. « L’Hirondelle », de Saint-Etienne.
9. De Vivie, de Saint-Etienne.

Noms et adresses de personnes qui se déclarent entraînées pour les régions montagneuses et s’offrent pour monter les machines du concours :
Abadie (Emile), 26, avenue Hoche, Tarbes.
Bonin (A.), instituteur, à Couches-les-Mines (Saône-et-Loire).
Canin (J.), mécanicien, 17, rue Arago, Tarbes.
Féret, 23, route de Paris, Soissons.
Martin (C.), 10, rue de la Barre, Lyon.
Pélissier (M.), 11, rue Pisançon, Marseille.


Voir en ligne : Sur Gallica