Hommage Vélocio 1853-1930

mercredi 4 mars 2020, par velovi

Par Georges GRILLOT, Co-fondateur du G.M.P., 1930, Source Vélocio 1853-1930, supplément au Cycliste d’octobre 54.

DESTIN cruel et stupide  ! L’homme qui avait parcouru, à bicyclette, plus de six cent mille kilomètres, passé tous les cols alpins, bravé un demi-siècle durant, les embûches de la route, a été tué par le marchepied d’un tramway  !
Les faits sont là. Le Maître que nous aimions, que nous considérions presque comme immortel, n’est plus. Il dort, loin de nous, de son dernier sommeil, et jamais plus nous ne reverrons son noble visage, sa silhouette alerte et son sourire si bon.
Vélocio, le meilleur des hommes, est mort : Lui que nous connaissions si vivant, si spirituel, si brillant causeur, est maintenant disparu. C’est à peine croyable. Combien mettrons-nous de temps à nous faire à celte idée  ?
Paul de Vivie disparaît à 78 ans, en pleine possession de ses facultés, à la veille d’effectuer une randonnée qui lui était chère, vers cette Provence lumineuse, où il vit le jour, qui ne le vit pas mourir et où il ne reposera pas.
Vélocio fut le plus enthousiaste apôtre de la bicyclette et du cyclotourisme. Depuis cinquante années qu’il était sur la brèche, il n’avait cessé de se consacrer aux perfectionnements de nos montures, de propager l’idée de la randonnée et du voyage.
Sans Paul de Vivie, où en serions-nous  ? Serions-nous si nombreux à rouler sur des machines judicieusement établies pour nous permettre de longues étapes sans fatigue, machines inspirées de ses idées  ?
Vélocio est mort  ! L’homme est parti, mais son œuvre demeurera, car s’il était un excellent cyclotouriste, c’était aussi un brillant écrivain, un érudit doué d’une mémoire prodigieuse  ; et la collection de son Cycliste restera pour nous comme une vie romancée du Maître se déroulant à travers les sites les plus variés. L’œuvre de Vélocio, c’est sa vie consacrée à la propagande en faveur de la bicyclette, source de santé et de joie.
Et ce n’est pas sans tristesse que nous relirons ses vivants récits de randonnées, qui nous rappelleront, cruellement, l’homme que nous avons perdu, fauché en pleine santé, enlevé à notre affection par un ridicule tramway.
L’exemple de Vélocio a été édifiant, et il a fait école. Il aura eu la satisfaction de voir, avant sa mort, triompher ses idées et constater l’essor du cyclotourisme.
Cyclotouristes, Cyclistes, n’oublions jamais Paul de Vivie, la plus grande figure du cyclotourisme. Avec lui, s’est éteinte la plus prestigieuse de nos étoiles, qui brillait d’un vif éclat au-dessus des bassesses des hommes.
Vous avez, ô Maître, formé à votre image une pléiade de Cyclotouristes qui sauront continuer votre œuvre féconde en s’inspirant de vos principes énoncés dans votre Cycliste.

Vélocio au meeting de Pavezin 1929
Le Cycliste

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