Dans le Cantal (1911)

vendredi 17 juillet 2020, par velovi

Par Paul de Vivie alias Vélocio, Le Cycliste, 1911, p.127-130, Source Archives départementales de la Loire, cote 1328_11

Nous allons rarement de ce côté, attirés comme nous le sommes par le voisinage des Alpes et nous avons tort  ; le Massif central n’a rien de banal et les sites les plus divers s’y succèdent peut-être plus rapidement que dans les Alpes. On n’y voit pas de glaciers, mais la neige, à cette époque, n’y manque pas et elle y persiste, nous a-t-on dit, jusqu’à fin juin. La principale des causes qui tiennent les cyclotouristes de notre région éloignés des montagnes cantaliennes est incontestablement la difficulté d’y accéder par voie ferrée. Alors que de Paris on peut, en partant le soir, grimper le lendemain de bonne heure au puy Mary, il faudrait partir à midi de Saint-Étienne et aller coucher à pied d’œuvre pour pouvoir en faire autant.
Dans ces conditions, mieux vaut tout faire par la route, mais il nous faut alors plus de temps que pour aller pédaler dans le Vercors et, dame  ! le temps c’est ce qui nous manque le plus.
Cependant, en deux jours et demi un cyclotouriste quelque peu doublé d’un randonneur peut s’offrir le joli tour qu’à deux nous venons de faire et dont voici l’horaire et les grandes lignes.
Départ la veille de la Pentecôte à midi et demi de Saint-Étienne, place Jacquard. Le temps est gris, la pluie imminente et le vent, assez fort, souffle du midi  ; nous l’auront donc contre nous jusqu’au soir. Par Roche-la-Molière nous descendons au Pertuiset, et avant Saint-Maurice la pluie nous force à revêtir jambières et imperméables. Sur le plateau ondulé qui court jusqu’à Saint-Pal-en-Chalencon il a plu abondamment et le sol est très boueux, mais le temps paraît s’améliorer et nous pédalons gaiement, malgré le vent qui jusqu’à la Chaise-Dieu nous retardera d’une heure sur nos prévisions. Nous nous y arrêtons d’ailleurs pour nous restaurer et pétroler une roue libre qui devient folle par moments, et nous n’en partons qu’à 18 heures.
Le ciel se dégage de plus en plus, du bleu apparaît çà et là et le soleil perce enfin les nuages. La descente nous entraîne rapidement, mais dans les bois la boue est atroce, puis la route devient idéalement roulante et nous traversons des paysages délicieux, d’une fraîcheur toute printanière.
Une forte contrepente nous emmène hors d’une gorge où nous étions tombés et nous traversons Champagnac à 17 heures, mais un moment après une première crevaison nous arrête et nous vaut deux démontages successifs. Nous n’entrons à Brioude qu’à vingt heures, pour y allumer nos lanternes et continuer dans la direction de Massiac, où nous nous arrêtons à 21 heures et demie à l’hôtel de la Poste, simple, mais bon et bon marché.
À 4 heures, le lendemain, nous sommes sur la route qui remonte l’Allagnon jusqu’à Murat, que nous atteignons à 6 heures, affamés et trempés par une pluie fine, contre laquelle nous n’avions pas jugé utile de nous défendre. On se réchauffe en déjeunant solidement dans un café-restaurant que nous découvrons près de la gare, après avoir fait le tour de la ville  ; on ne se lève pas de grand matin à Murat. Par mesure de précaution, nous pétrolons encore la roue libre et nous partons à 6 h. 45 pour le puy Mary, dont la route débute dans Murat même par un raidillon carabiné, compliqué d’un virage qui doit joliment gêner les autos. Nos petits développements nous permettent toujours de franchir ces passages avec le sourire et en causant avec désinvolture, ce qui épate pas mal de gens, tant à Murat qu’à Paris, et partout où l’on ne sait pas encore apprécier les mérites de la polymultiplication. Ce raidillon est d’ailleurs très court et nous nous élevons par une pente raisonnable jusqu’à un col d’où une descente rapide nous emmène dans une autre vallée en nous faisant perdre près de 200 mètres d’altitude. Dans cette vallée il a plu sans doute copieusement, à en juger par la boue que nous y trouvons  ; mais tout cela n’est rien  ; depuis Murat le vent nous est favorable et le temps inquiétant le matin semble s’élever de plus en plus. Nous aussi, du reste, puisque nous voici à 9 heures devant l’hôtel du Puy-Mary, à 1.400 mètres. Le patron qui nous voit arriver, crâne et torse nus, s’effare et nous menace de la pleurésie  ! Nous avons adopté depuis quelques années à l’École stéphanoise, pour les ascensions en haute montagne, cette tenue simple, hygiénique et, j’ose dire, plus décente, plus correcte, plus conforme à la dignité humaine que la tenue débraillée qui dépare tant de cyclotouristes qu’on voit passer manches retroussées, chemise entr’ouverte et baveuse de sueur. D’ailleurs, l’hygiène avant tout, et le bain d’air en haute montagne, l’épiderme fouetté par le vent, cinglé par la pluie, les pores ouverts par la sueur aux balsamiques effluves des hautes altitudes, le sang à fleur de peau s’offrant à l’action microbicide du soleil, rien qui vous nettoie et qui vous régénère un organisme comme cela, et je regrette que l’invention de la pudeur nous empêche pour le moment de nous dévêtir davantage.
Mme Léoty est très affairée au moment où nous entrons — en tenue de ville, bien entendu — dans la cuisine où tout est sens dessus dessous. Pensez donc, elle a réouvert depuis deux jours seulement son hôtel et à midi elle aura vingt convives, dont le couvert est dressé dans la salle voisine, déjà attiédie par un poêle ronflant. Mais ce qui ne veut pas ronfler, c’est le fourneau, en dépit de brindilles arrosées d’alcool dont on le bourre. En attendant le tilleul que nous avons demandé, nous feuilletons le livre des touristes, nous nous y inscrivons même, ce qui permettra à M. le docteur G.... du Breil-sur-Merize, abonné et collaborateur du Cycliste, qui passa ce jour-là même au puy Mary, de constater notre passage. Les cyclotouristes parisiens que l’on attend seront bien traités  ; le menu, qui commence par des escargots et finit par une crème Chantilly, est copieux et sera cuit à point, car le fourneau se décide à ronfler et nous pouvons enfin boire notre tilleul  ; mais le temps a fui, il est près de 10 heures et nous devons à midi et demi rencontrer à Saint-Cemin un autre groupe de cyclotouristes parisiens, qui passeront à leur tour, le jour suivant, à l’hôtel du Puy-Mary, qui vraiment n’aura pas à se plaindre, pendant ces deux jours, de la rareté des clients.
Vite en selle et enlevons à 10 à l’heure les deux derniers kilomètres à 9 ou 10 % qui nous séparent du pas du Peyrol. À 10 heures nous sommes au col, et comme il est probable que les vagabonds ne fréquentent guère par là, nous confions nos montures à la borne indicatrice et nous grimpons par une pente assez roide, mais très facile, au sommet, à 1.787 mètres d’altitude. Les nuages qui nous avaient caché les points extrêmes toute la matinée se sont élevés et nous pouvons apercevoir le Sancy. Nous aurions pu apercevoir, sur la route du Clairs au col de Sèvres, la théorie des vingt cyclotouristes attendus à l’hôtel, si nous les avions cherchés de ce côté, mais nous pensions les rencontrer sur la route de Salers.
La route bonne jusqu’au col du côté de Murat, est exécrable du côté de Salers pendant deux ou trois kilomètres : la pente est aussi beaucoup plus forte et je crois que nous aurions dû en faire à pied une partie si nous étions montés de ce côté. Tout s’améliore dès que nous entrons sous les bois de hêtres d’un vert tendre et léger qui tapissent le flanc de la montagne : bientôt, laissant à droite une route qui gagne le fond de la vallée, nous nous élevons un peu et nous courons en corniche au-dessus de cette vallée, que nous finissons par dominer de très haut et qui eût fort belle, très boisée et très peuplée. Tout à coup, notre route s’infléchit à gauche, passe dans une autre vallée pas boisée du tout, encore moins habitée, mais déjà profonde et le tableau est merveilleux  ; le sol est très roulant et la pente très douce autorise, sans le moindre danger, la vitesse limite  ; nous ne nous en privons pas, d’autant plus que l’heure nous presse, que je veux m’arrêter à Salers pour tâcher de remplacer mon raccord de pompe que j’ai perdu, ce qui me rend et me rendra pendant tout le voyage tributaire de mon compagnon, car, à Salers, pas de raccord qui s’adapte à ma pompe Bluemel. Nous profitons néanmoins de l’arrêt pour tremper quelques croissants dans du café  ; midi sonne et 30 kilomètres encore nous séparent de Saint-Cernin. Vous me croirez si vous voulez, mais nous les avons bâclés en une heure et quart, malgré trois contrepentes assez longues, mais peu dures.
Nous arrivons en retard, mais nous ne sommes pas les derniers  ; l’on ne se mit à table qu’à 14 heures. Le menu de l’hôtel Cambefort vaut mieux encore que celui du Puy-Mary, pourtant il n’y a pas, de crème Chantilly ni d’escargots, ni de truites... Ah  ! pourquoi n’ai-je pas été prévenu à temps, regrette M. Cambefort, dont l’hôtel est très bien tenu et dont les prix sont cependant restés modérés. Le repas fut égayé par les apostrophes les plus véhémentes et les plus comiques que se lancèrent sans interruption les deux groupes, les partisans du moindre effort qui n’avaient fait le matin qu’une quarantaine de kilomètres faciles, juste ce qu’il fallait pour se mettre en appétit, et les randonneurs qui s’étaient tracé un itinéraire de 60 kilomètres hérissé de difficultés telles que quelques-uns ne purent les surmonter et n’arrivèrent pas à Saint-Cernin. On nous cita le cas d’un jeune monomultiplié qui dès la première côte un peu rude lâcha pied au bout de quelques kilomètres et préféra filer vers Salers.
Seize heures allaient sonner quand nous nous séparâmes  ; nos amis de Paris se proposaient de fouiller jusque dans leurs replis les vallées qui descendent du puy Mary, qu’ils se réservaient d’ascensionner le lendemain, et nous devions monter au Lioran. Route superbe jusqu’à Aurillac, que nous traversons à 17 heures et d’où, par une rampe insensible et une route toujours très belle, on s’élève pendant 38 kilomètres  ; un seul raidillon, d’environ 500 mètres, nous oblige à prendre le petit développe ment de 3 mètres, mais trois crevaisons successives en cinq kilomètres  ! — guigne et chance ne sont pas de vains mots  ! — ralentissent assez notre marche pour que nous n’arrivions qu’à la nuit à l’entrée du tunnel, où nous pénétrons juste au moment où un train venant d’Aurillac pénètre sous le sien.
Faute de nous être préalablement renseignés  ; nous descendons à l’hôtel de la Compagnie d’Orléans, au lieu d’aller à côté, à l’hôtel du Lioran, qui convient mieux aux bourses modestes et où l’on est, paraît-il, aussi bien sinon mieux traité. La Compagnie d’Orléans estampe le voyageur, qui est d’ailleurs immédiatement renseigné par une pancarte accrochée dans chaque chambre, sur le sort qui l’attend : 5 francs le logement et 4 fr. 50 le dîner, c’est pour rien et l’on peut se croire aux hôtels suisses des grandes altitudes.
À Massiac nous avions heureusement fait des économies et la dépense prévue (20 francs) pour notre excursion pentecostale n’a pas été dépassée.
Pour n’avoir pas de concurrent, la Compagnie aurait voulu acheter son voisin, elle ne l’a pas pu, alors qu’a-t-elle fait  ? Elle l’a parqué chez lui derrière une barrière et l’a privé de la vue sur la montagne par deux constructions interposées. Tant et si bien, que l’hôtel du Lioran, à côté de son puissant voisin, a l’air quelque peu misérable, mais il ne faut pas le juger d’après les apparences, et nous avons vu s’y arrêter le soir même une luxueuse automobile, dont le propriétaire savait sans doute à quoi s’en tenir. Souhaitons donc, cyclistes, que ce petit concurrent tienne bon et descendons à l’hôtel du Lioran. Que diable, nous ne posons pas pour les Carnegie et les Rockfeller  ! Après tout, si vous êtes un raffiné de la civilisation, un amateur du luxe et du confort, que vous préfériez comme baignoire une cuvette émaillée au lit d’un torrent et les W.-C. du Touring à la mousse des bois ombreux, si votre bourse est bien garnie, allez à l’hôtel de la Compagnie, rien ne s’y oppose, vous y serez très bien. Je m’y trouvai même si bien dans ma chambrette claire, où l’air entrait à flots par la porte grande ouverte sur un balcon orné du pavillon du T. C. F., je m’y trouvai si bien que je m’attardai une heure entière dans là contemplation de la forêt inondée de lumière par le soleil levant et je n’éveillai mon compagnon qu’à 5 heures. Nous partions un instant après, et comme nous avions gardé un excellent souvenir du déjeuner de la veille et qu’il était inutile d’arriver à Murat avant 6 heures, nous interrompîmes le cours de la descente en roue libre pour obéir à l’invitation d’un poteau, et nous allâmes visiter les gorges de l’Allagnon,, qui grondait à 100 mètres au-dessous de la route. Mes sandales de capucin ne conviennent pas précisément à ce genre de travail, pas plus qu’à l’ascension des puys Mary et autres, aussi les ai-je ramenées en piteux état.
À 7 heures, solidement lestés, nous tournons le dos à Murat et à la boucle splendide que nous venions de boucler en 24 heures, et qui ne le cède en rien à tout ce qu’on peut voir dans le même temps, n’importe où, et nous n’avons plus que Saint-Étienne comme objectif. Nous n’en avons pas moins vu du coin de l’œil des sites ravissants.
Entre Murat et Saint-Flour belle vue d’en-semble sur le Massif central, du Plomb au puy Mary dont les sommets se reconnaissent aisément aux lambeaux de neige qu’ils retiennent encore. De Saint-Flour à Védrines-Saint-Loup paysage gentil sans rien de saillant, la route s’élève en corniche au-dessus de la plaine ensoleillée  ; au cours de cette montée de 6 kilomètres, un incident nous distrait un moment. Un cycliste de Saint-Flour nous accompagnait et nous discutions des avantages de la poly que notre homme ne saisissait pas bien. Il était à bicyclette tous les jours et allait même aux alentours du puy Mary, dans les burons, vendre des machines à coudre. — Oh  ! disait-il, pour moi il n’y a qu’une machine qui vaille, une Peugeot à un seul développement, 6 mètres, et je passe partout  ; j’en ai pourtant essayé des machines depuis dix ans  ! votre fourbi de chaînes, de moyeux, ça fait du poids et c’est compliqué, ça ne m’irait pas. Le fait est que nos machines, la mienne avec ses bagages, son moyeu à 2 vitesses, ses deux chaînes, celle de mon compagnon avec ses trois chaînes, paraissaient un peu encombrées et encombrantes à côté de la mono Peugeot.
Nous venions de dépasser une carriole légère et nous continuions à causer sans hâter le pas, quand le conducteur s’avisa de fouetter son cheval pour nous dépasser à son tour. — Bon, fis-je, voilà un imbécile qui va éreinter sa bête, activons un peu pour le décourager. — C’est ça, dit le mono local, d’un ton légèrement narquois, activez un peu.
Nous poussons, il nous suit  ; le cheval fouaillé pousse aussi et ça dura deux ou trois cents mètres  ; le cheval reprend le pas et notre homme met pied à terre et pousse sa mono. La route revenant deux ou trois fois sur elle-même, nous le vîmes longtemps et toujours à pied. Nous en fûmes donc réduits à lui souhaiter de loin bon voyage.
Je souhaite qu’il ait compris qu’il y a autre chose que du poids et des complications dans une polymultipliée.
De Védrines, où du reste l’on ne passe pas, à Lavoute-Chilhac, on suit d’abord les sinuosités d’un ravin dont les deux pentes sont boisées du haut en bas en un tel fouillis de verdure qu’on n’y voit pas un brin de terre, de prairie ou de roche  ; et, dans ce nid, sur un promontoire que contourne le ruisseau, apparaît soudain un mignon castel moderne flanqué de tourelles, idéale demeure de rêve, confortable thébaïde où l’on ne risque pas d’être troublé par les importuns.
Puis la route regrimpe à flanc de coteau, en plein soleil, pour passer dans une autre vallée plus découverte mais plus fertile et finit à Lavoute, où nous traversons l’Allier sur un pont à une arche qui rappelle celui de Vieille-Brioude. Nous allons rejoindre à Saint-Georges-d’Aurac la route de Brioude au Puy, admirablement tracée, bordée d’arbres qui nous abritent du soleil déjà bien chaud. Il est onze heures et demie bien sonnées quand nous quittons Saint-Georges, après nous être désaltérés. Nous grimpons à l’allure régulière de 15/16 à l’heure, avec le développement de 5 mètres et nous avons tôt fait d’arriver à Lachaud, où je me souviens d’avoir autrefois déjeuné dans une ferme-restaurant.
D’abord des ablutions abondantes, puis un déjeuner simple mais substantiel, après quoi, pendant qu’on nous prépare du café tout frais, nous consolidons la réparation faite la veille un peu trop vite au pneu de mon compagnon. Tout cela nous conduit à 13 h. 45. Décidément nous flânons trop et nous paierons cela le soir même. La route continue à monter doucement et à être très roulante  ; nous avons constamment sous les yeux un. paysage reposant de prairies entrecoupées de bois de sapins et parfois de hêtres au clair feuillage  ; cela ressemble, beaucoup à ce que nous avons vu entre Salers et Aurillac sauf les ruisseaux qui sont ici insignifiants.
L’atmosphère est d’une limpidité extraordinaire quand nous arrivons au Puy. Je n’ai jamais vu aussi nettement le rocher de Polignac et les mille et une bastides qui jettent leur gai coloris, murs blancs et toits rouges, parmi les prairies et les coteaux verdoyants  ; je crois même découvrir une nouvelle fois la ville féerique, merveilleuse entre toutes, à laquelle d’un commun accord on a donné la palme de l’originalité pittoresque.
À 16 heures nous en sortons par la route des bords de la Loire qui, après tout ce que nous venons de voir, éveillent encore et retiennent notre attention. On a beau dire que nous pédalons sans voir quoi que ce soit, mais nous ne faisons pas autre chose que regarder et nous ralentissons et nous nous arrêtons même quelquefois pour mieux voir. Nous décidons de revenir par Rozières, Baux, Bas et Aurec. À Bas, dernier arrêt à 19 heures. Je perds là tout espoir de rentrer avant la nuit, la route est, par surcroît, en réparation et on ne peut y passer qu’à pied pendant des centaines de mètres. À Aurec, il faut allumer les lanternes et ce m’est un supplice que d’aller, ainsi jusqu’au Pertuiset sur une route encombrée de piétons et de voitures qui se dérangent quand ça leur plaît. Au Pertuiset nous bouclons le huit que nous venons de tracer autour de Murat et à 22 heures enfin nous réintégrons nos domiciles respectifs.
En récapitulant, nous trouvons pour le samedi, demi-étape de transport de Saint-Étienne à Massiac, 150 kilomètres  ; pour le dimanche étape d’excursion de Massiac au Lioran, par le puy Mary, 180 kilomètres, et pour le lundi étape-transport du Lioran à Saint-Étienne, 200 kilomètres.
Dépense totale par tête : 19 fr . 40.
Fait incroyable mais véridique : nous n’avons pas, de Saint-Etienne à Aurillac, rencontré sur route une seule voiture automobile. Ce n’est pas pour m’en plaindre que je dis cela, c’est pour montrer que les cyclistes n’ont pas à redouter, tant qu’on veut bien le dire, ces désagréables et dangereux véhicules.
LOCIO.

Voir aussi :