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	<title>V&#233;lotextes</title>
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	<description>Lire celles et ceux qui ont fait du v&#233;lo un bienfait social, moyen de d&#233;placement et de tourisme&#160;: Paul de Vivie dit V&#233;locio, Capitaine Perrache dit l'homme de la montagne, Carlo Bourlet...
Histoire du v&#233;lo
Site de Laurent Vigniel</description>
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		<title>V&#233;lotextes</title>
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		<title>Le doigt d'acier (F&#233;vrier 1912)</title>
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		<dc:subject>Paul de Vivie, dit V&#233;locio</dc:subject>
		<dc:subject>Acier</dc:subject>
		<dc:subject>polymultipli&#233;e</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Ce petit rien si important dont j'ai parl&#233; incidemment en r&#233;pondant, le mois dernier, &#224; M.&#160;D..., &#224; Paris, semble avoir int&#233;ress&#233; beaucoup de lecteurs qui me demandent un peu plus de d&#233;tails &#224; son sujet. En voici&#160;: Il s'agit d'une roulette &#224; billes que, pour obvier aux incessants d&#233;rapages de la cha&#238;ne de mon Whippet, raidie par la boue et par la pluie, j'ai eu l'id&#233;e de placer &#224; l'entr&#233;e m&#234;me de la chaine sur le pignon. Pour ce faire, j'ai suspendu &#224; l'axe du moyeu une languette d'acier &#224;&#160;(&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="http://velotextes.fr/spip.php?rubrique36" rel="directory"&gt;1901-1914 P&#233;riode &#201;cole st&#233;phanoise&lt;/a&gt;

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&lt;a href="http://velotextes.fr/spip.php?mot1" rel="tag"&gt;Paul de Vivie, dit V&#233;locio&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://velotextes.fr/spip.php?mot27" rel="tag"&gt;Acier&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://velotextes.fr/spip.php?mot23" rel="tag"&gt;polymultipli&#233;e&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Ce petit rien si important dont j'ai parl&#233; incidemment en r&#233;pondant, le mois dernier, &#224; M.&#160;D..., &#224; Paris, semble avoir int&#233;ress&#233; beaucoup de lecteurs qui me demandent un peu plus de d&#233;tails &#224; son sujet. En voici&#160;: Il s'agit d'une roulette &#224; billes que, pour obvier aux incessants d&#233;rapages de la cha&#238;ne de mon Whippet, raidie par la boue et par la pluie, j'ai eu l'id&#233;e de placer &#224; l'entr&#233;e m&#234;me de la chaine sur le pignon. Pour ce faire, j'ai suspendu &#224; l'axe du moyeu une languette d'acier &#224; rainure et j'ai fix&#233; dans cette rainure, comme on fixait autrefois la p&#233;dale dans une manivelle &#224; coulisse, un axe sur lequel tourn&#233; follement, sur deux rangs de billes, une minuscule roulette en acier de 18 millim&#232;tres de diam&#232;tre. La chaine passe sur cette roulette et ne la quitte que pour &#234;tre happ&#233;e par les dents du pignon elle ne peut ainsi s'&#233;carter, ni &#224; droite, ni &#224; gauche, et si par hasard elle a des maillons enkylos&#233;s, raidis, repli&#233;s sur eux-m&#234;mes, il faut, bon gr&#233; mal gr&#233;, lamin&#233;s comme ils le sont entre la roulette et le pignon, qu'ils s'allongent et s'assouplissent. Depuis lors, plus de ces manques de cha&#238;nes, si d&#233;sagr&#233;ables, et que tous les whippetistes connaissent bien.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Devant ce r&#233;sultat, j'allai plus loin, et je supprimai tout galet ou poulie de tension, laissant le brin inf&#233;rieur de la cha&#238;ne flotter &#224; son gr&#233;, au besoin jusqu'&#224; terre. Et la chaine continue &#224; ne plus d&#233;raper. Je roule encore, dans ces conditions, sur mon Whippet A, &#224; 4 vitesses &#233;chelonn&#233;es entre 7.20 et 2,80. Mais sur les pav&#233;s ou sur les routes tr&#232;s tr&#233;pidantes j'ai &#233;prouv&#233; un autre d&#233;sagr&#233;ment. Ma manivelle a parfois ramass&#233; ce brin de cha&#238;ne vagabondant de gauche &#224; droite, d'o&#249; arr&#234;t des p&#233;dales. Il faudra donc que je fixe au tube de cha&#238;ne une tige mince qui emp&#234;che celle-ci de s'approcher de trop pr&#232;s de la manivelle, qui canalise, en quelque sorte, ce brin cascadeur. Mais d'ores et d&#233;ja le doigt d'acier primitif c'est-&#224;-dire sans billes et plac&#233; alors non plus sous le pignon mais derri&#232;re, dans le prolongement du tube de cha&#238;ne, afin que celle-ci ne repose jamais sur lui, ce doigt d'acier me sert &#224; mettre &#224; la raison, sur mes polycha&#238;nes, une chaine trop d&#233;tendue et je pr&#233;vois pour lui un brillant avenir, alors m&#234;me que, dans le Whip-pet A, il ne permettrait pas de supprimer radicalement le ressort de tension.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;M&#234;me alors, ce ressort de tension dont le r&#244;le serait, non plus de tendre la chaine, mais seulement de la tenir enroul&#233;e autour des pignons charg&#233;s de guider le brin inf&#233;rieur, ce ressort pourrait, devrait &#234;tre tr&#232;s faible. Avant de le supprimer enti&#232;rement, je l'avais r&#233;duit &#224; un simple fil de caoutchouc de cinquante centim&#232;tres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si pourtant l'on se contente, comme les randonneurs, de trois vitesses pas tr&#232;s distantes, par exemple, de 3,50, 5 m&#232;tres et 6,50, le brin inf&#233;rieur de la cha&#238;ne d'un Whippet A n'est pas tellement l&#226;che qu'il risque d'&#234;tre happ&#233; par la manivelle et tout ressort est superflu, si j'en juge par mon exp&#233;rience, qui s'&#233;tend d&#233;j&#224; sur quelques centaines de kilom&#232;tres. Je n'ai souffert de l'inconv&#233;nient signal&#233; plus haut, que lorsque je roule sur d&#233;veloppement de 2,80, alors que le grand sur lequel la cha&#238;ne est normalement tendue est de 7 20.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sans doute aussi cet accrochage de la chaine par la manivelle ne se produirait-il pas si mes 4 roues dent&#233;es &#233;taient dispos&#233;es comme elles le sont d'habitude, c'est-&#224;-dire la plus grande &#224; l'ext&#233;rieur pr&#233;s de la manivelle, et la plus petite &#224; l'int&#233;rieur&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; tandis que dans mon &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;W. A.&lt;/span&gt; c'est la plus petite roue dent&#233;e, donc celle sur laquelle la cha&#238;ne est la plus d&#233;tendue, qui se trouve &#224; l'ext&#233;rieur pr&#232;s de la manivelle, dispositif que j'ai choisi parce que je suis plus adroit de la main droite pour d&#233;placer ma chaine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un autre avantage du doigt d'acier est de permettre l'adaptation du Whippet sur un moyen &#224; roue libre et frein &#224; contren&#233;dale. Mais quand on contrep&#233;dale, m&#234;me quand on fait roue libre, le brin sup&#233;rieur de la cha&#238;ne risque de s'insinuer entre le tube de cha&#238;ne el les rayons ou le pneu&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; c'est un danger auquel j'ai rem&#233;di&#233; en disposant le long dudit tube deux V dans les bras desquels la cha&#238;ne vient se d&#233;tendre et se loger, en altendant qu'en rep&#233;dalant &#224; nouveau on la retende, sans &#224;-coup, bien entendu&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;!&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En op&#233;rant ainsi, j'ai pu me servir du frein d'un moveu &#224; contrep&#233;dale sur les 2&#186; 3&#186; et 4&#176; vitesses&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; sur la premi&#232;re, je n'y ai pas toujours r&#233;ussi &#224; cause de la trop grande longueur de cha&#238;ne qu'il fallait avaler &#224; r&#233;tro avant d'attaquer le frein.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais c'est d&#233;j&#224; bien joli d'avoir ce frein si commode et qui, jusqu'ici, a &#233;t&#233; pour les whippettistes, le fruit d&#233;fendu, sur 3 vitesses&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; ne pourait-on que sur la 4 vitesse, o&#249; la chaine est normalement tendue et travaille rigoureusement comme celle d'une mono, que ce serait une raison suffisante pour munir d'un moyeu frein &#224; contrep&#233;dale le Whippet A (lisez de l'Avenir)&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; et une derni&#232;re raison importante qui milite en faveur de cette solution est celle-ci&#160;: Il est toujours avantageux dans un Whippet, quel qu'il soit, d'avoir le moins de diff&#233;rence possible entre les diam&#232;tres des pignons&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; or, sur un moyeu &#224; roue libre, nous pouvons ais&#233;ment fixer un pignon de 12 dents au pas de 12,7 et avoir ainsi avec 40 et 15 dents au p&#233;dalier les d&#233;veloppements extr&#234;mes 7.30 et 2,75 avec seulement 25 rouleaux d'&#233;cart&#160;: tandis qu'avec la roue libre de 18 dents qu'on trouve le plus commun&#233;ment, il faut pousser jusqu'&#224; 60 et 23 dents, c'est-&#224;-dire jusqu'&#224; 37 dents d'&#233;cart pour les m&#234;mes d&#233;veloppements. Vive donc le petit doigt d'acier&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;!&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;VELOCIO&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_2489 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='http://velotextes.fr/IMG/jpg/pxl_20260727_184751095_2.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='http://velotextes.fr/local/cache-vignettes/L500xH703/pxl_20260727_184751095_2-87ab4.jpg?1788114344' width='500' height='703' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>TOUR DE FRANCE ET POLYMULTIPLICATION (1911)</title>
		<link>http://velotextes.fr/spip.php?article1132</link>
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		<dc:creator>velovi</dc:creator>


		<dc:subject>Col du Galibier</dc:subject>
		<dc:subject>Paul de Vivie, dit V&#233;locio</dc:subject>
		<dc:subject>Entre 1900 et 1914</dc:subject>
		<dc:subject>Alpes</dc:subject>
		<dc:subject>sport, courses</dc:subject>
		<dc:subject>polymultipli&#233;e</dc:subject>
		<dc:subject>La bicyclette de tourisme</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Je terminais l'an dernier un article sur ce m&#234;me sujet par cette ligne&#160;: &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;La polymultiplication est entr&#233;e dans le Tour de France et elle n'en sortira plus.&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; &lt;br class='autobr' /&gt;
Ses progr&#232;s ont &#233;t&#233; plus rapides encore que je ne le pr&#233;voyais et l'&#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;Auto&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; nous a appris que cette ann&#233;e tous les coureurs, &#224; de rares exceptions pr&#232;s, s'&#233;taient polymultipli&#233;s&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; quelques-uns m&#234;me sont all&#233;s jusqu'aux changements de vitesse en marche, moyeux &#224; deux ou &#224; trois vitesses et Whippet de divers syst&#232;mes. &lt;br class='autobr' /&gt;
Je ne sais&#160;(&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="http://velotextes.fr/spip.php?rubrique36" rel="directory"&gt;1901-1914 P&#233;riode &#201;cole st&#233;phanoise&lt;/a&gt;

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&lt;a href="http://velotextes.fr/spip.php?mot1" rel="tag"&gt;Paul de Vivie, dit V&#233;locio&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://velotextes.fr/spip.php?mot11" rel="tag"&gt;Entre 1900 et 1914&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://velotextes.fr/spip.php?mot41" rel="tag"&gt;Alpes&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://velotextes.fr/spip.php?mot8" rel="tag"&gt;sport, courses&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://velotextes.fr/spip.php?mot23" rel="tag"&gt;polymultipli&#233;e&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://velotextes.fr/spip.php?mot14" rel="tag"&gt;La bicyclette de tourisme&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Je terminais l'an dernier un article sur ce m&#234;me sujet par cette ligne&#160;: &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;La polymultiplication est entr&#233;e dans le Tour de France et elle n'en sortira plus.&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ses progr&#232;s ont &#233;t&#233; plus rapides encore que je ne le pr&#233;voyais et l'&#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;Auto&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; nous a appris que cette ann&#233;e tous les coureurs, &#224; de rares exceptions pr&#232;s, s'&#233;taient polymultipli&#233;s&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; quelques-uns m&#234;me sont all&#233;s jusqu'aux changements de vitesse en marche, moyeux &#224; deux ou &#224; trois vitesses et Whippet de divers syst&#232;mes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je ne sais pas jusqu'&#224; quel point les changements de vitesse en marche pourront accro&#238;tre le rendement de ces hommes exceptionnels qui r&#233;ussissent &#224; faire une moyenne de 27 &#224; l'heure dans une &#233;tape de 366 kilom&#232;tres, telle que Chamonix-Grenoble par le col des Aravis et le col du Galibier&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;!&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Certes, si quelque Georget s'entra&#238;nait, tout sp&#233;cialement en vue du Tour de France, sur une bi-cha&#238;ne dont les d&#233;veloppements pourraient &#234;tre modifi&#233;s au d&#233;but de chaque &#233;tape, cet homme-l&#224; accident de route &#224; part serait imbattable et arriverait dans un &#233;tat de fra&#238;cheur remarquable parce qu'il ne se serait jamais surfatigu&#233;. Mais je ne crois pas que sa moyenne horaire s'am&#233;liorerait beaucoup&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; par contre, il pourrait durer plus longtemps et sans doute aller d'un trait de Perpignan &#224; Bayonne, ne faisant ainsi qu'une bouch&#233;e des deux &#233;tapes pyr&#233;n&#233;ennes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les changements de vitesse en marche sont un pas vers le confortable plut&#244;t que vers le rendement, et je me rappelle avoir fait, avec la poly Tour de France, qui consiste &#224; d&#233;placer la cha&#238;ne &#224; la main sur des pignons juxtapos&#233;s, des vitesses commerciales que je n'ai d&#233;pass&#233;es avec aucun de mes changements de vitesse en marche.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La plupart des coureurs pr&#233;f&#232;rent retourner la roue motrice munie d'un pignon de chaque c&#244;t&#233;, plut&#244;t que de placer, comme nous le faisons, deux couples de pignons du m&#234;me c&#244;t&#233;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; c'est leur affaire, mais il leur faut deux minutes, alors que dix secondes nous suffisent pour changer de multiplication et je ne comprends pas qu'ils s'attardent, eux pour qui le temps est pr&#233;cieux, en ces vieux errements.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela ne s'explique gu&#232;re que par l'instinct d'imitation qui caract&#233;rise le &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;genus homo&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; Georget leur fit, en 1910, la premi&#232;re d&#233;monstration pratique des avantages de la poly, au Ballon d'Alsace, en retournant sa roue pour placer sa cha&#238;ne sur un plus faible d&#233;veloppement, et Georget gagna l'&#233;tape, donc, ils imitent Georget et ils l'imiteront jusqu'&#224; ce qu'un autre coureur gagne une autre &#233;tape avec un autre syst&#232;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Tour de France est, on le sait, une course d'hommes et non pas un concours de machines. Cependant, les machines sont poin&#231;onn&#233;es dans leurs parties essentielles, ce qui laisserait supposer, au premier abord, que toute machine avari&#233;e est mise hors course&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; il n'en est pourtant rien, car, &#224; chaque instant, il est question dans l' &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;Auto&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; d'accidents de machines et de r&#233;parations cons&#233;cutives.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cependant, les comptes rendus, laissant enti&#232;rement dans l'ombre les particularit&#233;s des machines gr&#226;ce auxquelles les coureurs arrivent au but plus ou moins vite, ne mentionnent que les prouesses de ceux-ci, comme si leurs outils ne les aidaient en rien &#224; les accomplir. Chaque coureur est suppos&#233; assez intelligent pour avoir su choisir le meilleur outil et il n'entre pas dans les vues des organisateurs du Tour de France de discuter, &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;coram populo&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;, des avantages et des inconv&#233;nients des machines, comme on le ferait dans un concours du &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;T. C. F.&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;/span&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Les lecteurs de l'&#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;Auto&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; n'ont besoin d'&#234;tre instruits que du fait que le vainqueur montait une bicyclette X ou Y, rouge ou verte, bleue ou jaune.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour obtenir des renseignements plus d&#233;taill&#233;s, il faut que nous allions les qu&#233;rir sur place et j'avais form&#233; le projet d'aller l'&#233;tape Chamonix-Grenoble. Une chute malencontreuse o&#249; mon &#233;paule droite fut malmen&#233;e, m'emp&#234;cha de partir, mais je fus suppl&#233;&#233; par mes amis de l'&lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;E. S.&lt;/span&gt; qui sont revenus &#233;merveill&#233;s des progr&#232;s accomplis en quelques ann&#233;es par les professionnels dans l'ascension des c&#244;tes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Autant les coureurs parurent inf&#233;rieurs &#224; leur t&#226;che quand ils firent en 1903 et 1904 la mont&#233;e de nos Grands Bois, autant ils grimpent aujourd'hui avec aisance dans le dix pour cent du Galibier et d'ailleurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mon collaborateur, Ch. R., a fait quelques kilom&#232;tres, entre Valloire et le Galibier, &#224; c&#244;t&#233; de Georget et il a &#233;t&#233; &#233;merveill&#233; de la souplesse avec laquelle ce coureur qui pourtant avait d&#233;j&#224;, depuis le matin, accompli un travail formidable, maniait ses p&#233;dales, allant droit comme un i, avec un imperceptible ba-lancement du buste qui s'accentuait aux virages ou pour enlever un passage plus dur, causant m&#234;me volontiers&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; pas d'essoufflement, pas m&#234;me de sueur, on e&#251;t dit un ouvrier accomplissant sa t&#226;che quotidienne. Tout cela gr&#226;ce au petit d&#233;veloppement dont il savait se servir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A Plan-de-Lacha, Georget mit pied &#224; terre pour discr&#232;tement se livrer &#224; l'abri des regards, &#224; une petite op&#233;ration que les Belges, &#224; l'instar de leur M&#228;nnkenpiss, font g&#233;n&#233;ralement en plein contr&#244;le au risque d'attraper une amende quand Desgranges les pince en flagrant d&#233;lit. Georget s'arr&#234;tant, Ch. R. s'arr&#234;te aussi, pas pour le m&#234;me motif, et la voiture officielle qui suit les coureurs et v&#233;hicule des hommes g&#233;-n&#233;ralement gras s'arr&#234;te aussi...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et un cousin de Bibendum mettant le nez &#224; la porti&#232;re reprocha en termes in&#233;l&#233;gants &#224; mon collaborateur d'avoir pr&#233;c&#233;d&#233; et, par cons&#233;quent, entra&#238;n&#233; Georget, contrairement au r&#232;glement. Il n'en &#233;tait rien et tout d'abord Ch. R. se contenta de dire qu'il avait suivi, accompagn&#233;, mais non pr&#233;c&#233;d&#233;. L'autre insistant incongr&#251;ment, Ch. R. se facha&#160;: &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;Et tout d'abord, Monsieur Bibendum, avez-vous lou&#233; la route&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;? Vous n'aviez, pour bien voir si j'&#233;tais devant ou derri&#232;re, qu'&#224; p&#233;daler &#224; mes c&#244;t&#233;s depuis Saint-Michel, cela vous aurait d&#233;gonfl&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Georget &#233;tait d&#233;j&#224; reparti quand Duboc, &#233;galement d&#233;multipli&#233;, passa &#224; une assez vive allure qu'il ne put soutenir, car il arriva au col un bon quart d'heure apr&#232;s le premier, qui fit toute la mont&#233;e en machine. Mais tous ces coureurs t&#228;tonnent encore et ne trouveront que petit &#224; petit les d&#233;veloppements qui conviennent pour telles et telles rampes. Les renseignements officiels faisant absolument d&#233;faut, nous ne pouvons faire &#233;tat que des informations officieuses que nous parvenons &#224; recueillir, en regrettant que le temps nous manque pour aller &#224; chaque &#233;tape nous rendre compte &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;de visu&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;, aux points critiques du parcours, de ce qui se passe sur la route.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les Bibendums officiels, peu experts en cyclotechnique, ne voient que les c&#244;t&#233;s sportifs, le bel effort de l'homme que cet homme soit mont&#233; sur une bicyclette ou sur un manche &#224; balai, qu'il p&#233;dale ou qu'il coure &#224; pied en poussant son outil, pour eux c'est kif-kif. Nous nous efforcerions, au contraire, si nous suivions la course, de distinguer dans le r&#233;sultat final ce qui appartient &#224; l'homme et ce qui appartient &#224; la machine&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; pourquoi, par exemple, dans la m&#234;me &#233;tape, Lapize, un des t&#233;nors, &#233;cc&#339;ur&#233; par le train et par les mont&#233;es, abandonne, alors que Brocco, une doublure, l&#226;che le peloton et m&#232;ne seul la danse &#224; plus de 30 &#224; l'heure..... Mais revenons &#224; nos moutons.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quelques minutes plus tard survenait Garrigou qui avait conserv&#233; 5, m,50 et qui s'ext&#233;nuait copieusement, avec des &#229;&#229;han&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! de mitron &#224; chaque coup de p&#233;dale. Sa bicyclette avan&#231;ait par saccades et, le corps hors de la selle, en un ridicule d&#233;hanchement qui jetait alternativement &#224; droite et &#224; gauche son buste sur le guidon, ce nauvre athl&#232;te zigzaguait &#224; travers la route et avan&#231;ait bien plus lentement que Georget, en laissant l'impression qu'il se fatiguait beaucoup plus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais enfin, obiecteront les irr&#233;ductibles partisans de la mono, Garrigou est tout de m&#234;me venu &#224; bout de cette &#233;tape et tous ceux qui ont fait &#224; pied le Galibier en sont aussi venus &#224; bout, donc on peut bien s'en passer, de vos polymultipli&#233;es&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;!&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et, parbleu, on peut aussi se passer de bicyclette pour aller de Chamonix &#224; Grenoble, on mettra un peu plus de temps, voil&#224; tout. On pourrait aussi revenir aux v&#233;n&#233;rables draisiennes ou aux v&#233;los Michaux&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! Mais nous voulons, au contraire, des bicyclettes qui nous permettent d'aller plus vite en tous pays en nous fatiguant moins. Chacun son go&#251;t&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; c'est pour cela que nous pr&#233;f&#233;rons les polys aux monos et la m&#233;thode de Georget &#224; celle de Garrigou. Mais vous verrez que Garrigou ne s'obstinera pas cette ann&#233;e &#224; gravir le Tourmalet avec 5 m,50 et qu'il adorera bient&#244;t ce qu'il m&#233;prise encore&#160;: la poly&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des coureurs munis de changements de vitesse en marche, nous ne savons pas encore grand chose.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034; Petit-Breton &#034; qui gagna quelques &#233;tapes du Tour d'Italie, gr&#226;ce &#224; un moyeu &#224; trois vitesses. et qui a r&#233;cemment avou&#233;, dans une confession motiv&#233;e, &#234;tre enti&#232;rement converti &#224; l'id&#233;e de la polymultiplication, &#233;tait parti pour le Tour de France avec un moyeu Sturmey&#160;: le malheur a voulu qu'une chute le mit hors de combat d&#232;s la premi&#232;re &#233;tape.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Brocco fait le Tour avec un moyeu &#224; deux vitesses, Cornet aussi, mais ce dernier ne sait gu&#232;re s'en servir puisqu'il jugea &#224; propos de faire, avec son petit d&#233;veloppement de 3 m&#232;tres environ, les deux kilom&#232;tres &#224; 5% de la bifurcation de la route du Galibier au col du Lautaret&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! Il perdit, de ce fait, cinq bonnes minutes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quant &#224; Brocco, il fit merveille dans l'&#233;tape Belfort-Chamonix pendant les 200 kilom&#232;tres les plus p&#233;nibles qu'il parcourut, seul, avec quinze minutes d'avance sur le peloton de t&#234;te, pour venir &#233;chouer piteusement &#224; 8 kilom&#232;tres du but, vaincu, dit-on, par la fringale, ou pour d'autres motifs. Ce succ&#232;s relatif tend tout de m&#234;me &#224; prouver que son moyeu ne le handicapait pas beaucoup puisque l'allure moyenne de cette &#233;tape montagneuse d&#233;passa 30 &#224; l'heure.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;H. Alavoine est muni d'un Whippet svs-t&#232;me P. d'A. C'est un isol&#233; qui a pour mission de ramener sa machine &#224; Paris, en se contentant d'am&#233;liorer lentement sa place dans le classement g&#233;n&#233;ral. Il s'en acquitte fort bien. Ce coureur pilotait, l'an dernier, un p&#233;dalier Tilhet et il commence naturellement &#224; savoir se servir d'une poly. Il a fait le Galibier et il fera tous les autres cols &#224; bicyclette, mais sans se presser, en touriste, envi&#233; par les autres isol&#233;s moins bien mont&#233;s, qui s'&#233;reintent &#224; pousser sur des d&#233;veloppements trop forts ou &#224; tra&#238;ner p&#233;niblement leur outil.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Somme toute, cette ann&#233;e les polymultipli&#233;s ne sont plus consid&#233;r&#233;es par les professionnels comme de doux maniaques&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; ils forment, d'ailleurs, la majorit&#233; et Faber lui-m&#234;me, le g&#233;ant de Colombes, n'h&#233;site plus &#224; mettre pied &#224; terre au pied de la c&#244;te et &#224; retourner sa roue pour changer de d&#233;veloppement&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; il l'a fait des deux c&#244;t&#233;s du Ballon d'Alsace et il nous l'a dit dans l'&#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;Auto&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;. Les toquards, cette ann&#233;e, sont ceux qui n'ont qu'un d&#233;veloppement &#224; leur service.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est un grand pas de fait et d&#233;sormais, d'ann&#233;e en ann&#233;e, nous verrons l'id&#233;e d'avoir deux et m&#234;me trois d&#233;veloppements s'implanter de plus en plus dans l'esprit des coureurs sur route qui nous aideront &#224; trouver et &#224; obtenir des constructeurs des syst&#232;mes de changement de vitesse de plus en plus parfaits.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les moyeux et les p&#233;daliers actuels &#224; deux et trois vitesses sont-ils assez robustes pour r&#233;sister jusqu'au bout aux 5.600 kilom&#232;tres du Tour de France&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les Whippet &#224; d&#233;raillement de cha&#238;ne, imitation plus ou moins heureuse du mod&#232;le H de Terrot et qui foisonnent sur le march&#233;, vaudront-ils mieux que les syst&#232;mes &#224; transmission superpos&#233;e&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les polycha&#238;nes qui fournissent une solution si simple du probl&#232;me des deux et trois vitesses en marche, en prise directe, feront-ils un jour la pige &#224; leurs concurrents&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ou bien, enfin, les d&#233;placements de cha&#238;ne &#224; la main, soit sur pignons juxtapos&#233;s en mettant pied &#224; terre, soit en marche en s'aidant d'un simple tendeur et en faisant sauter la cha&#238;ne sur trois pignons accol&#233;s au p&#233;dalier, conserveront-ils l'avance qu'ils ont prise&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous comptons sur le Tour de France pour nous faire conna&#238;tre le fort et le faible de tous ces syst&#232;mes, en attendant qu'un concours du Touring-Club mette chacun d'eux &#224; sa place et nous r&#233;v&#232;le &#224; c&#244;t&#233; des polys &#224; grand rendement qui seules seront appr&#233;ci&#233;es par les Tour de France et les randonneurs, les polys &#224; grand confortable qui conviennent &#224; la cat&#233;gorie infiniment plus nombreuse et plus int&#233;ressante des touristes. Ceux-ci voyagent non pour kilom&#233;trer, mais pour se distraire agr&#233;ablement et hygi&#233;niquement, sans se pr&#233;occuper de savoir s'ils peuvent ou non tenir pied aux pedards qui passent. Dans ce concours, se mettront en ligne, avec d'&#233;gales chances de succ&#232;s, r&#233;trodirectes et l&#233;vocyclettes qui ne figureront jamais dans le Tour de France et qui n'en sont pas moins, pour beaucoup de cyclistes, les meilleures bicyclette de voyage.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; V.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(Apr&#232;s l'&#233;tape du Galibier.)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Au fil du Rh&#244;ne</title>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>velovi</dc:creator>


		<dc:subject>Paul de Vivie, dit V&#233;locio</dc:subject>
		<dc:subject>Rh&#244;ne </dc:subject>

		<description>&lt;iframe width=&#034;560&#034; height=&#034;315&#034; src=&#034;https://www.youtube.com/embed/pf0N3KSDA-U&#034; frameborder=&#034;0&#034; allow=&#034;accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture&#034; allowfullscreen&gt;&lt;/iframe&gt;

-
&lt;a href="http://velotextes.fr/spip.php?rubrique38" rel="directory"&gt;Paul de Vivie au fil du Rh&#244;ne&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="http://velotextes.fr/spip.php?mot1" rel="tag"&gt;Paul de Vivie, dit V&#233;locio&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://velotextes.fr/spip.php?mot61" rel="tag"&gt;Rh&#244;ne &lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Un essai de mise en sc&#232;ne textuelle&#160;:&lt;/p&gt;
&lt;iframe width=&#034;560&#034; height=&#034;315&#034; src=&#034;https://www.youtube.com/embed/pf0N3KSDA-U&#034; frameborder=&#034;0&#034; allow=&#034;accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture&#034; allowfullscreen&gt;&lt;/iframe&gt;
&lt;p&gt;&#338;uvre d'art g&#233;n&#233;ratif, travail collaboratif de &lt;a href=&#034;https://rvig.art&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;RVig&lt;/a&gt; et V&#233;lotextes&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Source textes&#160;: Archives d&#233;partementales de la Loire, Le Cycliste, cote Per1328 et &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;IJ871&lt;/span&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Image de fond&#160;: Ruines du Ch&#226;teau de Serves (Dr&#244;me), Source M&#233;diath&#232;ques Valence Romans Agglo, B263626101_CP1166&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur &lt;a href=&#034;https://youtu.be/pf0N3KSDA-U-&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Youtube&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_596 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://velotextes.fr/local/cache-vignettes/L500xH500/dscf0893-f48ae.jpg?1788127451' width='500' height='500' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Au Pays du Soleil (1888)</title>
		<link>http://velotextes.fr/spip.php?article363</link>
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		<dc:creator>velovi</dc:creator>


		<dc:subject>Paul de Vivie, dit V&#233;locio</dc:subject>
		<dc:subject>Avant 1900</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;&#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#8239;J'avais promis de vous conter mon voyage dans le Midi, mon plus bel exploit v&#233;locip&#233;dique de l'ann&#233;e 1889, ex&#233;cut&#233; de concert avec l'ami Forest, et je m'&#233;tais, en cons&#233;quence, mis &#224; noircir impitoyablement de belles feuilles blanches. Encore enthousiasm&#233; par tout ce que je venais de voir, j'&#233;crivais d'abondance, sans mesure et ne vous faisais gr&#226;ce d'aucun incident&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; tous les cailloux, toutes les bornes kilom&#233;triques s'alignaient &#224; tour de r&#244;le et finissaient par ressembler aux arbres des grandes routes, toujours les m&#234;mes.&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;&lt;/p&gt;

-
&lt;a href="http://velotextes.fr/spip.php?rubrique34" rel="directory"&gt;1887-1895 P&#233;riode tris et bicyclettes &lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="http://velotextes.fr/spip.php?mot1" rel="tag"&gt;Paul de Vivie, dit V&#233;locio&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://velotextes.fr/spip.php?mot10" rel="tag"&gt;Avant 1900&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;Par Paul de Vivie alias V&#233;locio, Le Cycliste, 1889, Source Archives D&#233;partementales de la Loire, Per1328&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'avais promis de vous conter mon voyage dans le Midi, mon plus bel exploit v&#233;locip&#233;dique de l'ann&#233;e 1889, ex&#233;cut&#233; de concert avec l'ami Forest, et je m'&#233;tais, en cons&#233;quence, mis &#224; noircir impitoyablement de belles feuilles blanches. Encore enthousiasm&#233; par tout ce que je venais de voir, j'&#233;crivais d'abondance, sans mesure et ne vous faisais gr&#226;ce d'aucun incident&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; tous les cailloux, toutes les bornes kilom&#233;triques s'alignaient &#224; tour de r&#244;le et finissaient par ressembler aux arbres des grandes routes, toujours les m&#234;mes.&lt;br class='autobr' /&gt;
C'eut &#233;t&#233; monotone, long et diffus. Je compris heureusement qu'il fallait laisser le temps faire son &#339;uvre, estomper mes souvenirs, adoucir mes impressions et, jetant au panier ce que je venais d'&#233;crire, je remis &#224; six mois le r&#233;cit de notre voyage. Le voici&#160;:&lt;br class='autobr' /&gt;
Les d&#233;buts en furent malheureux&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; d&#233;sirant concilier le soin de nos affaires avec celui de nos plaisirs, nous avions d&#233;cid&#233; de partir la veille du 14&#160;juillet, &#224; 10 heures du matin, au lieu de nous mettre en route d&#232;s l'aube.&lt;br class='autobr' /&gt;
Or, il fit ce jour-l&#224; une chaleur accablante et nous avions &#224; peine attaqu&#233; la mont&#233;e de 14 kilom&#232;tres qui nous s&#233;pare du versant de la vall&#233;e du Rh&#244;ne que nous d&#251;mes, autant &#224; cause du soleil que du vent contraire, mettre pied &#224; terre et pousser nos bicyclettes, tant et si bien que nous m&#238;mes plus de deux heures et demie pour atteindre l'H&#244;tel du Grand Bois, o&#249; nous devions d&#233;jeuner et o&#249; nous arriv&#226;mes passablement ext&#233;nu&#233;s. Heureusement que de ce point jusqu'&#224; Andance nous n'allions avoir qu'&#224; descendre pendant 42 kilom&#232;tres.&lt;br class='autobr' /&gt;
Mais la sottise que nous avions faite de partir aussi tard devait nous causer bien d'autres d&#233;sagr&#233;ments et nous g&#226;ter compl&#232;tement cette premi&#232;re journ&#233;e.&lt;br class='autobr' /&gt;
Pendant notre repas, le temps se d&#233;range si promptement que d&#233;j&#224; nous entendons le tonnerre gronder sur notre gauche, o&#249; les nuages s'amoncellent pendant que, du c&#244;t&#233; d'Annonay, le ciel est toujours bleu. Peut-&#234;tre ne sera-ce qu'un orage local, h&#226;tons-nous de partir et nous &#233;chapperons &#224; l'averse imminente. Nous d&#233;valons avec une rapidit&#233; vertigineuse sur Bourg-Argental o&#249; des rafales de poussi&#232;re nous font croire que l'orage est sur le point d'&#233;clater et qu'il vaut mieux nous arr&#234;ter un instant pour le laisser passer. Apr&#232;s avoir ainsi perdu une demi-heure pr&#233;cieuse, les choses restant dans le statu quo, nous repartons, les coups de tonnerre se succ&#232;dent rapidement et toujours plus rapproch&#233;s&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; le ciel s'assombrit uniform&#233;ment&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; &#224; peine aper&#231;oit-on &#231;&#224; et l&#224; et de plus en plus loin, devant nous, des taches d'azur qui paraissent lutter sans espoir contre l'invasion des nu&#233;es, mais qui nous font esp&#233;rer un temps plus favorable sur les bords du Rh&#244;ne.&lt;br class='autobr' /&gt;
Nous pr&#233;cipitons notre allure d'une fa&#231;on d&#233;sordonn&#233;e&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; nous traversons Boulieu&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; de diff&#233;rents c&#244;t&#233;s nous parviennent les sons des cloches sonn&#233;es &#224; toute vol&#233;e pour &#233;loigner la foudre, car on en est encore l&#224; dans ces montagnes de l'Ard&#232;che&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! &lt;br class='autobr' /&gt;
Tout &#224; coup une trombe s'abat sur nous&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; je me trouve heureusement aupr&#232;s d'un arbre qui me prot&#232;ge pendant que j'endosse mon caoutchouc&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; Forest, qui n'a pas le moindre abri, est transperc&#233;&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; &#224; un quart d'heure de l&#224;, une masure nous abrite un instant, &#224; Saint-Cyr&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; mais voyant la pluie s'enrayer et ne voulant ni coucher l&#224; ni revenir sur nos pas, nous disposons manteaux et tabliers imperm&#233;ables aussi bien que possible et nous continuons &#224; descendre sur Andance&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; la route est molle, les moindres mont&#233;es sont p&#233;nibles sous les caoutchoucs qui &#233;touffent. Nous traversons le Rh&#244;ne et, comme la pluie redouble d'intensit&#233;, une halte &#224; Andancette est jug&#233;e n&#233;cessaire autant pour nous s&#233;cher que pour d&#233;lib&#233;rer sur ce qu'il convient de faire.&lt;br class='autobr' /&gt;
La d&#233;lib&#233;ration est courte&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; nous irons quand m&#234;me de l'avant&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; il est 5 heures, et Valence, o&#249; nous devons coucher pour en repartir le matin de tr&#232;s bonne heure, est encore &#224; 40 kilom&#232;tres, mais nous sommes encore pleins d'illusions et, comme on nous a assur&#233; que la route par Saint-Vallier est tr&#232;s bonne, nous croyons d&#233;j&#224; qu'en deux petites heures nous descendrons &#224; la Croix d'or.&lt;br class='autobr' /&gt;
Fiez-vous donc aux assurances des gens qui ne sont pas v&#233;locip&#233;distes et qui jugent de la valeur d'une route en passant &#224; c&#244;t&#233; en chemin de fer&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! Au lieu d'&#234;tre tr&#232;s bonne, cette route de la rive gauche, elle est ce jour-l&#224; le plus souvent mauvaise et par moments, surtout apr&#232;s Saint-Vallier, &#233;pouvantable.&lt;br class='autobr' /&gt;
N'oubliez pas que la pluie ne nous fait pas gr&#226;ce et qu'&#224; deux ou trois reprises elle est si violente que nous jugeons prudent de nous r&#233;fugier n'importe o&#249; pour ne pas &#234;tre tremp&#233;s jusqu'aux os. Par contre, chose bizarre, nous traversons, de temps &#224; autre, des zones que l'orage a scrupuleusement respect&#233;es, o&#249; il ne pleut pas et o&#249; il n'a pas encore plu, de sorte que les habitants sont &#233;tonn&#233;s de voir nos manteaux ruisselants et nous demandent d'o&#249; nous venons. &#8212; De Saint-&#201;tienne, s'il vous pla&#238;t. &#8212; On va tout de m&#234;me loin avec ces machines-l&#224;&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! font-ils, &#233;tonn&#233;s.&lt;br class='autobr' /&gt;
Bref, &#224; Tain, o&#249; nous arrivons &#224; 6 heures 1/2, il tonne et il pleut de plus belle, ce qui est bien fait pour &#233;branler les plus belles r&#233;solutions du monde&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; nous filons droit sur la gare pour demander l'heure des trains. Nous &#233;chouons ensuite dans une modeste h&#244;tellerie o&#249; l'on nous sert d&#233;j&#224; des plats du Midi, des pommes d'amour, ce qui nous met un peu de baume sur le c&#339;ur. T&#233;, mon bon, dis-je &#224; Forest, nous sommes d&#233;j&#224; dans le Midi.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#192; 8 heures, en voiture, non pour Valence, mais pour Orange, car, tout bien consid&#233;r&#233;, les routes seront tr&#232;s mauvaises le lendemain et il nous serait impossible d'effectuer l'&#233;tape projet&#233;e de Valence &#224; Avignon avec d&#233;tour sur la fontaine de Vaucluse.&lt;br class='autobr' /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-center&#034; style=&#034;text-align:center;&#034;&gt;&#8258;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Orange, 1 heure du matin, il nous faut encore enfourcher nos machines et faire un bon kilom&#232;tre derri&#232;re la voiture de l'H&#244;tel de la Poste, avant d'arriver au g&#238;te et la pluie tombe toujours, mais l&#233;g&#232;re et ti&#232;de&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; au loin, dans le Nord, des &#233;clairs fr&#233;quents illuminent la nuit, mais le bruit n'est plus perceptible&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; Dieu soit lou&#233;, gr&#226;ce au P.-L.-M., nous avons enfin laiss&#233; l'orage derri&#232;re nous.&lt;br class='autobr' /&gt;
On est tr&#232;s bien re&#231;u &#224; l'H&#244;tel de la Poste, mais lorsqu'on y arrive &#224; 1 heure du matin, il ne faut avoir besoin de rien, sauf d'un bon lit et d'un verre d'eau, car toutes les provisions sont sous clef et nous ne pouvons m&#234;me pas obtenir un morceau de sucre. Heureusement que nous avons dans nos sacs de quoi couper cette eau, que je n'aurais pas os&#233; go&#251;ter sans cela, car je me m&#233;fie beaucoup de l'eau du Midi et la fin de ce r&#233;cit vous montrera que je n'ai pas tout &#224; fait tort.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le dimanche matin, un soleil radieux nous r&#233;veille avant 6 heures&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; allons, nous &#233;tions r&#233;ellement dans le Midi et, pour bien nous en p&#233;n&#233;trer, nous n'e&#251;mes qu'&#224; mettre le nez &#224; la fen&#234;tre. Il y avait de l'assent plein les airs et moi, qui ai eu l'heur de na&#238;tre par l&#224;-bas, cela me chatouillait d&#233;licieusement les oreilles.&lt;br class='autobr' /&gt;
Orange, une ville o&#249; les Romains ont laiss&#233; des monuments admirablement conserv&#233;s. C'est l'air, nous assure le figaro de l'endroit, qui conserve ainsi les pierres. Mais il ne para&#238;t pas conserver aussi bien les hommes, car la population de cette petite ville n'augmente pas et elle a terriblement diminu&#233; depuis le si&#232;cle de Marius.&lt;br class='autobr' /&gt;
Nous v&#238;mes l'arc de triomphe, le vieux th&#233;&#226;tre et les enguirlandements de la f&#234;te nationale qui avaient l'air bien mesquin aupr&#232;s de ces restes imposants de la grandeur romaine. Mais nous d&#233;couvr&#238;mes aussi sur une mignonne petite place carr&#233;e qui pourrait avoir &#233;t&#233; l'atrium du palais d'un proconsul quelconque, nous d&#233;couvr&#238;mes ce qui est comme l'amour, &#233;ternellement jeune, des p&#234;ches savoureuses, des figues parfum&#233;es, fruits exquis que jamais Romain ne d&#233;gusta avec autant de sensualit&#233; que nous.&lt;br class='autobr' /&gt;
Un instant plus tard, on aurait pu nous voir sous la vaste remise de l'h&#244;tel o&#249; de temps en temps venaient s'engouffrer avec fracas les diligences d'autrefois avec postillon, conducteur et d&#233;p&#234;ches, bond&#233;es de voyageurs depuis le coup&#233; jusqu'&#224; l'imp&#233;riale et ayant roul&#233; une bonne partie de la nuit pour venir de quelque coin de la montagne encore inaccessible au chemin de fer&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; on aurait pu nous voir en train de nettoyer nos bicyclettes qui, les pauvrettes, en avaient grand besoin apr&#232;s l'orage de la veille, tout en causant des gens de chez nous avec un St&#233;phanois pur sang que nous avions rencontr&#233; l&#224; par le plus grand des hasards.&lt;br class='autobr' /&gt;
Puis, &#224; 8 heures 1/2 (nous ne nous pressions pas, comme on voit), nous partions pour Carpentras avec une petite brise du nord qui n'allait pas tarder &#224; se transformer en mistral assez violent&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; mais brise ou mistral, cela ne pouvait nous souffler que dans le dos ou, au pis aller, nous prendre de biais et nous ne nous en inqui&#233;tions gu&#232;re.&lt;br class='autobr' /&gt;
On va d'abord sur la grande route d'Avignon pendant environ 2 kilom&#232;tres, puis il faut tourner &#224; gauche sur une route sans ombrage et encaiss&#233;e entre des haies de cannes et de roseaux. Il vente frais heureusement, et quoique le soleil soit d&#233;j&#224; haut, nous allons sans trop de peine &#224; une bonne allure. Le sol est passable et d'abord absolument plain, sauf de l&#233;g&#232;res, l&#233;g&#232;res ondulations. Avant d'arriver &#224; Carpentras, un ou deux petits mamelons de terrain crayeux ou gypseux nous forcent &#224; appuyer un peu plus fort sur les p&#233;dales pour garder notre vitesse, puis nous passons sous un aqueduc assez &#233;lev&#233; et nous apercevons dans le lointain, un peu &#224; droite, les toits de la ville dont nous sommes s&#233;par&#233;s par une plaine d'oliviers&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; plus loin encore l'horizon est ferm&#233; par une cha&#238;ne de montagnes aux sommets d&#233;nud&#233;s au pied desquelles nous allons p&#233;n&#233;trer pour voir la fontaine c&#233;l&#232;bre par les amours de Laure et de P&#233;trarque.&lt;br class='autobr' /&gt;
Carpentras, que nous n'avons vu du reste que tr&#232;s superficiellement, nous a produit l'effet d'une de ces petites villes de province qui ne vivent que de l'agriculture, c'est-&#224;-dire de peu, depuis que l'on ne fait plus ni vin ni garance l&#224;-bas, et o&#249; les petits rentiers aiment &#224; vivoter paisiblement dans le voisinage d'un sous-pr&#233;fet et &#224; l'ombre de la gendarmerie, cette garde pr&#233;torienne des sous-pr&#233;fectures sans garnison.&lt;br class='autobr' /&gt;
Toujours suivant la route qui monte assez vivement entre les premi&#232;res maisons, nous d&#233;bouchons sur une terrasse ombrag&#233;e d'arbres s&#233;culaires d'o&#249; l'on d&#233;couvre un magnifique panorama sur tout le pays que nous venons de traverser, au milieu duquel l'aqueduc que j'ai d&#233;j&#224; mentionn&#233; avec ses arches si blanches qu'on dirait du marbre se d&#233;tache tr&#232;s heureusement.&lt;br class='autobr' /&gt;
Nous nous serions arr&#234;t&#233;s plus longtemps si le mistral n'eut redoubl&#233; de violence &#224; tel point qu'&#224; l'ombre nous avions froid et que nous nous h&#226;t&#226;mes de reprendre la grande route en plein soleil pour nous r&#233;chauffer, une route bien monotone et bien poussi&#233;reuse sur laquelle il n'&#233;tait pas tomb&#233; la veille une seule goutte d'eau, pendant que nous en recevions plus que de raison et o&#249; nos bicyclettes commenc&#232;rent &#224; se couvrir d'une couche de poussi&#232;re tr&#232;s fine, blanch&#226;tre et collante dont nous e&#251;mes, au retour, beaucoup de peine &#224; les d&#233;barrasser et je crois qu'en bien cherchant on en trouverait encore la trace dans les recoins du British Star et du Rudge qui nous servirent de montures en ce m&#233;morable voyage.&lt;br class='autobr' /&gt;
Nous filions rondement, tant&#244;t c&#244;te &#224; c&#244;te, tant&#244;t l&#233;g&#232;rement espac&#233;s, le premier attendant son compagnon sit&#244;t qu'il y avait quelque chose &#224; voir ou quelque croisement de chemin &#224; reconna&#238;tre sur la carte.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le mistral nous poussait toujours et nous amena &#224; Pernes &#224; 10 heures, c'est-&#224;-dire 1 heure 1/2 apr&#232;s notre d&#233;part d'Orange, qui se trouvait alors &#224; 30 kilom&#232;tres derri&#232;re nous, de sorte que nous avions march&#233; depuis le matin &#224; plus de 20 kilom&#232;tres &#224; l'heure, si l'on tient compte des quelques minutes perdues &#231;&#224; et l&#224; en arr&#234;ts.&lt;br class='autobr' /&gt;
Pernes est un gros bourg qui para&#238;t avoir &#233;t&#233; autrefois fortifi&#233;, &#224; en juger par des vestiges de foss&#233;s et des ruines de murailles qui, &#224; l'&#233;poque&lt;br class='autobr' /&gt;
des arbal&#232;tes et des canons en bois, pouvaient a la rigueur passer pour des fortifications.&lt;br class='autobr' /&gt;
Nous stoppons un instant &#224; l'angle des routes de Carpentras et de l'Isle-sur-Sorgues, pour secouer la poussi&#232;re qui nous envahit &#224; l'int&#233;rieur comme &#224; l'ext&#233;rieur. A l'ext&#233;rieur, passe encore, le vent nous en enl&#232;ve autant qu'il nous en met, mais &#224; l'int&#233;rieur il faut absolument arroser. Du vin blanc muscat avec de la limonade (la derni&#232;re bouteille que poss&#232;de l'&#233;tablissement) nous fournissent un m&#233;lange d&#233;licieux que nous ingurgitons avec d&#233;lices.&lt;br class='autobr' /&gt;
Un rideau de cannes tr&#232;s serr&#233;es nous garantit du mistral qui secoue avec fureur les lanternes v&#233;nitiennes d&#233;j&#224; suspendues pour l'illumination du soir&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; les grands arbres d'une promenade qui monte en face de nous et qui va faire sans doute le tour de la ville se d&#233;m&#232;nent comme des poss&#233;d&#233;s et craquent lamentablement&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; pr&#232;s de nous coule &#224; gros bouillons, avec un bruit agr&#233;able, une fontaine intarissable, sortie sans doute du m&#234;me r&#233;servoir souterrain qui alimente la fontaine de Vaucluse, dont nous sommes &#224; peu de distance.&lt;br class='autobr' /&gt;
Pendant que Forest demande &#224; se rendre compte de la mani&#232;re dont sont construits dans le Midi les water-closets (il faut tout voir en voyage), je vais de mon c&#244;t&#233; faire un tour dans l'int&#233;rieur de la ville o&#249; je remarque d'autres fontaines tout aussi abondantes. Pernes est d&#233;cid&#233;ment une ville bien arros&#233;e. La mairie a l'air d'occuper l'emplacement d'un ancien monast&#232;re&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; il y a des vo&#251;tes, de gros murs, des ogives, un ensemble architectonique qui n'a rien de moderne et j'en conclus qu'il doit y avoir dans ce bourg perdu du Comtat Venaissin des &#233;tudes int&#233;ressantes &#224; faire.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#192; mon retour, je retrouve Forest, qui a fini son exploration et qui, se penchant &#224; mon oreille, m'en confie le r&#233;sultat d'un air navr&#233;&#160;: c'est &#233;pouvantable&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! Oh&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! fis-je, surpris, que me dites-vous&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;? Et je me levai&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; il crut que je voulais aller voir, et il me retint par le bras&#160;: N'y allez pas, malheureux, n'y allez pas, je vous dis que c'est horrible, mieux vaut la rase campagne.&lt;br class='autobr' /&gt;
L&#224;-dessus, nous remont&#226;mes en selle&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; il pouvait &#234;tre 10 heures 1/2, et nous fil&#226;mes comme deux traits dans la direction de l'Isle-sur-Sorgues. A gauche, des carri&#232;res de pl&#226;tre, &#224; droite quelques champs maigres, des lignes de hauts cypr&#232;s, des roseaux, des oliviers et dans l'air, tout autour de nous, le chant ininterrompu, incessant, alanguissant des cigales.&lt;br class='autobr' /&gt;
Je me souviens d'un &#233;tablissement d'hydroth&#233;rapie qui s'est nich&#233; par l&#224;, &#224; la hauteur d'un village qu'on m'a dit &#234;tre Vell&#233;ron. Enfoui sous la poussi&#232;re, il n'offrait rien d'agr&#233;able &#224; l'&#339;il et il faut &#234;tre bien malade pour venir s'enfermer l&#224;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Nous voici &#224; Vaucluse&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; la fontaine est pleine et l'eau atteint presque le pied du figuier coll&#233; &#224; la paroi verticale du rocher qui surplombe le gouffre. Je ne m'attarderai pas &#224; d&#233;crire cette curiosit&#233; naturelle que tous les touristes connaissent. Nous avons pu arriver sur nos machines &#224; quelques centaines de m&#232;tres de la source. Il n'y a pas un seul visiteur encore, et les restaurants &#233;tablis au bord de la Sorgue attendent impatiemment les d&#238;neurs qui ne viendront pas, car la f&#234;te nationale retient tout le monde &#224; la ville, &#224; Avignon.&lt;br class='autobr' /&gt;
Nous repartons bient&#244;t et cette fois le vent nous est l&#233;g&#232;rement contraire, mais l'h&#244;tel P&#233;trarque et Laure o&#249; nous devons d&#233;jeuner &#224; l'Isle-sur-Sorgues n'est qu'&#224; quelques kilom&#232;tres et l'app&#233;tit nous &#233;peronne.&lt;br class='autobr' /&gt;
Nous rencontrons &#224; ce moment le premier v&#233;locip&#233;diste que nous ayons vu depuis le matin&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; il est tr&#232;s surpris lui-m&#234;me d'apprendre qu'il n'y en a pas d'autres &#224; la fontaine qui est, para&#238;t-il, un centre de r&#233;union pour les velocemen de la r&#233;gion, les jours de f&#234;te.&lt;br class='autobr' /&gt;
Encore quelques coups de p&#233;dale et nous voici sous une longue promenade ombrag&#233;e qui aboutit &#224; l'Isle-sur-Sorgues&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; en plein midi, et apr&#232;s avoir absorb&#233; poussi&#232;re et chaleur par tous les pores, on &#233;prouve un sensible soulagement en se trouvant &#224; l'ombre et comme nous tenons le but et que rien ne nous presse puisque nous arriverons avant midi quoi qu'il advienne, nous diminuons la vitesse et nous &#233;changeons nos impressions sur le pays que nous avons parcouru depuis Orange.&lt;br class='autobr' /&gt;
Notre enthousiasme du matin s'est amoindri, notre curiosit&#233;, tout d'abord &#233;veill&#233;e par l'aspect d'une nature si diff&#233;rente de celle que nous avons coutume de voir, a &#233;t&#233; vite &#233;mouss&#233;e par la monotonie des sites et les cri-cris des cigales que la pens&#233;e des f&#233;libres dont on nous avait rebattu les oreilles &#224; Orange nous faisait accepter d'abord comme po&#233;tiques et harmonieux finissaient par nous para&#238;tre, ce qu'ils sont en r&#233;alit&#233;, assourdissants.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le midi perdait de son prestige&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; les montagnes &#233;taient trop nues, les champs trop secs, les oliviers trop blancs et les routes trop poussi&#233;reuses.&lt;br class='autobr' /&gt;
Je crois plut&#244;t que c'&#233;tait l'estomac qui &#233;tait trop creux et que nous &#233;tions en train de justifier le proverbe du ventre affam&#233;, sans oreilles et sans yeux.&lt;br class='autobr' /&gt;
L'h&#244;tel P&#233;trarque et Laure &#233;tait heureusement l&#224; et nous entr&#226;mes avec empressement dans sa vaste remise d'o&#249; s'&#233;lancent chaque jour sur toutes les routes du d&#233;partement plus de trente voitures, services publics ou services &#224; volont&#233;, car cet h&#244;tel a une grande client&#232;le d'excursionnistes.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le d&#233;jeuner qu'on nous y servit dans une salle &#224; manger sombre et fra&#238;che fut tr&#232;s bon et si la cuisine &#233;tait &#224; l'huile, je d&#233;clare que l'huile vaut bien le beurre.&lt;br class='autobr' /&gt;
Puis, nous err&#226;mes &#231;&#224; et l&#224; dans la ville, qui est tr&#232;s pittoresquement situ&#233;e sur la Sorgue et nous fin&#238;mes par &#233;chouer et prendre le caf&#233; sur une terrasse dont l'eau baignait le pied. C'&#233;tait le moment le plus accablant du jour et le mistral s'&#233;tant un peu apais&#233;, il y avait de l'&#233;touffement et de l'asphyxie dans l'air&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; cependant, la fra&#238;cheur de l'eau, l'opacit&#233; des ombrages sous lesquels nous &#233;tions assis, la transpir&#233;e incessante de la matin&#233;e, tout conspirait pour nous permettre de nous reposer fort agr&#233;ablement et trois heures allaient sonner que nous ne pensions point encore &#224; partir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est bizarre comme les id&#233;es changent quand l'estomac est satisfait&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; en remontant en selle, apr&#232;s avoir sommairement &#233;pousset&#233; nos bicyclettes, tout nous semblait rose&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; il &#233;tait 3 heures et nous roulions lentement sous une vo&#251;te de verdure que le soleil ne parvenait pas &#224; percer. Cela ne dura pas longtemps, malheureusement&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; soudain, nous nous trouv&#226;mes en face de la route d'Avignon, &#233;tincelante de lumi&#232;re&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; nous n'avions qu'une chose &#224; faire&#160;: prendre notre courage &#224; deux mains et marcher tout de suite &#224; une bonne allure.&lt;br class='autobr' /&gt;
J'ai l'habitude dans mes longues &#233;tapes, afin de conserver une vitesse r&#233;guli&#232;re, de fredonner de petits airs plus ou moins entra&#238;nants. Le Saucisson de Lyon, par exemple, a la vertu de me faire marcher d'un pas relev&#233;, &#224; raison de 60 &#224; 66 coups de p&#233;dale &#224; la minute, ce qui me donne &#224; la multiplication de 150 centim&#232;tres&#160;: 63 (moyenne) X 150 x 3.1416 centim&#232;tres = 297 m&#232;tres par minute, &#224; peu de chose pr&#232;s 18 kilom&#232;tres &#224; l'heure. J'entonnai donc &#224; ce moment le Saucisson de Lyon est toujours tr&#232;s bon et l'instant d'apr&#232;s nous filions gaillardement c&#244;te &#224; c&#244;te et bien &#224; notre aise, car la route &#233;tait &#224; cette heure absolument d&#233;serte.&lt;br class='autobr' /&gt;
Si nous avions &#233;t&#233; bien s&#251;rs de l'heure de notre passage &#224; l'Isle, nous n'aurions certes pas manqu&#233; d'en aviser &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;MM&lt;/span&gt;.&#160;Jugy et Saurel, lecteurs assidus&lt;br class='autobr' /&gt;
du Cycliste, et nous n'aurions, sans doute, pas quitt&#233; l'Isle-sur-Sorgues aussi solitairement, mais l'orage de la veille nous avait un peu d&#233;rout&#233;s et nous avions oubli&#233;, le matin, de lancer un t&#233;l&#233;gramme.&lt;br class='autobr' /&gt;
Petit &#224; petit, les kilom&#232;tres fuient derri&#232;re nous, et nous commen&#231;ons &#224; apercevoir l'horizon &#224; peu de distance, brusquement ferm&#233; par une colline, qu'il faut gravir&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; une fois en haut, quelques ondulations, puis un magnifique panorama sur la plaine avec Avignon visible dans le lointain&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; &#224; droite et &#224; gauche des oliviers, toujours des oliviers, blancs de poussi&#232;re et secou&#233;s par le mistral, qui a faibli pourtant consid&#233;rablement.&lt;br class='autobr' /&gt;
Pendant ce parcours de l'Isle &#224; Avignon, nous traversons plusieurs villages sans int&#233;r&#234;t et nous r&#233;capitulons la distance parcourue depuis le matin&#160;: d'Orange &#224; Pernes, 30 kilom&#232;tres&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; de Pernes &#224; la Fontaine, 14 environ&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; de la Fontaine &#224; l'Isle, 6&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; et de l'Isle &#224; Avignon, 21. Total, 71 kilom&#232;tres &#224; 4 heures 1/2 du soir, car nous voici sous les murs de la vieille cit&#233; papale. Nous longeons les remparts jusqu'&#224; un escalier qui grimpe au sommet de la ville, puis, tandis que je garde les machines, Forest, dont les jarrets sont infatigables, monte tout en haut pour avoir au moins une id&#233;e superficielle d'Avignon et des environs. Cela nous conduit &#224; 5 heures et nous retraversons enfin le Rh&#244;ne que nous avions franchi la veille &#224; Andance, &#224; peu pr&#232;s &#224; la m&#234;me heure&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; un pont qui n'en finit plus et qui n'est pas cependant ce fameux pont d'Avignon o&#249; l'on dansait en rond et dont il ne reste que des ruines.&lt;br class='autobr' /&gt;
Au bout du pont, nous sommes dans le Gard, et la route n'est pas bonne, sans compter qu'il faut grimper pendant quelques kilom&#232;tres, car nous allons &#224; N&#238;mes par Remoulins o&#249; nous verrons le c&#233;l&#232;bre pont du Gard. Au fur et &#224; mesure que nous avan&#231;ons, la route qui, comme je viens de le dire, n'&#233;tait pas fameuse devient simplement ex&#233;crable, et, chose bizarre, nous trouvons &#231;&#224; et l&#224; des passages tr&#232;s bien entretenus et sur lesquels on roule sup&#233;rieurement, ce qui, au lieu de nous consoler, nous fait pester encore plus contre le reste.&lt;br class='autobr' /&gt;
Arriv&#233;s au sommet de la c&#244;te, nous ne sommes plus sur une route&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; on dirait qu'une trombe s'est abattue l&#224;, fouillant et bouleversant le sol&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; des rochers &#233;mergent de 50 centim&#232;tres, d'&#233;normes cailloux sont sem&#233;s de tous les c&#244;t&#233;s, des trous profonds, des orni&#232;res tra&#238;tresses&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; c'&#233;tait &#224; d&#233;courager les plus vaillants et cela s'&#233;tendait &#224; perte de vue.&lt;br class='autobr' /&gt;
J'avais pris un peu d'avance sur mon compagnon, et navr&#233; d'&#234;tre, apr&#232;s une longue mont&#233;e, priv&#233; du plaisir d'une belle et facile descente, je mis pied &#224; terre, calai sur une pierre la p&#233;dale de ma bicyclette et allai m'&#233;tendre sur le gazon.&lt;br class='autobr' /&gt;
Ah&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! Excellente id&#233;e, et comme je retrouvai vite le calme et la patience philosophiques, qui sont qualit&#233;s de touriste et qui m'avaient abandonn&#233; un instant&#160;: un ciel d'une limpidit&#233; parfaite formait au-dessus de mon front une vo&#251;te azur&#233;e o&#249; les yeux ne se fatiguaient point&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; le soleil m'envoyait des rayons obliques encore chauds, mais la brise tr&#232;s fra&#238;che qui soufflait sur ces hauteurs les temp&#233;rait et me les rendait agr&#233;ables et utiles, car j'aurais eu froid sans cela.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le thym et toutes les plantes aromatiques qui croissent sur les sommets de ces rocailleuses collines, o&#249; l'on tue d'excellents lapins, embaumaient l'air autour de moi. La silhouette l&#233;g&#232;re de ma monture se dessinait sur l'horizon et j'allais certainement lui d&#233;cocher quelques stances rim&#233;es (car je sentais le d&#233;mon po&#233;tique s'agiter en mon cerveau) dans lesquelles je l'aurais compar&#233;e au char d'Apollon ou &#224; P&#233;gase, peut-&#234;tre aussi &#224; Buc&#233;phale&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; qui peut dire o&#249; s'arr&#234;tera, une fois lanc&#233;, un po&#232;te doubl&#233; d'un cycliste et &#224; quelles comparaisons invraisemblables il aura recours pour communiquer au lecteur l'enthousiasme dont il est d&#233;vor&#233;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le cornet de l'ami Forest vient &#224; propos m'enlever &#224; ces frivoles pr&#233;occupations, et nous nous engageons, en maugr&#233;ant, sur cette affreuse descente o&#249; nous sommes contraints d'aller d'un pas de tortue, sous peine de tout d&#233;molir, monture et cavalier.&lt;br class='autobr' /&gt;
Je vous ferai gr&#226;ce des d&#233;tails et vous dirai seulement&#160;: quand vous irez de ces c&#244;t&#233;s, t&#226;chez de trouver une autre route&#160;: A mi-chemin, les obstacles, devenant de plus en plus infranchissables, nous poussons nos machines pendant un petit kilom&#232;tre. Bref, nous serions arriv&#233;s &#224; Remoulins de fort mauvaise humeur si, &#224; mesure que nous nous en approchions, le sol ne s'&#233;tait pas de plus en plus am&#233;lior&#233; au point de nous fournir l'occasion de donner quelque vitesse et d'entonner triomphalement le Saucisson de Lyon, dont il n'avait plus &#233;t&#233; question depuis le pont d'Avignon.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#192; propos de pont, nous &#233;carquillons nos yeux en ce moment et cherchons de tous les c&#244;t&#233;s celui du Gard sur lequel, d'apr&#232;s le guide routier de M.&#160;de Baroncelli, passe la route d'Avignon &#224; Remoulins&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; mais, nous avons beau chercher, nous ne trouvons rien et nous demandons des nouvelles de cette merveille de construction romaine aux premiers indig&#232;nes que nous rencontrons. C'est plus loin, &#224; 3 kilom&#232;tres environ, sur la route de Remoulins &#224; Uz&#232;s, que nous d&#233;couvrons enfin le ruines tr&#232;s bien conserv&#233;es et entretenues du reste avec soin du gigantesque aqueduc qui amenait &#224; N&#238;mes l'eau pure des montagnes. Le Gardon passe dessous, tout au fond d'un ravin. Si l'on avait aujourd'hui de pareils travaux &#224; ex&#233;cuter, on s'adresserait &#224; M.&#160;Eiffel, qui jetterait tout simplement un tablier de fer d'une montagne &#224; l'autre. Ce serait moins monumental, mais beaucoup plus extraordinaire, surtout aux yeux (s'ils pouvaient se rouvrir) de l'architecte romain qui s'est donn&#233; tant de peine &#224; entasser arches sur arches, piles sur piles, P&#233;lion sur Ossa.&lt;br class='autobr' /&gt;
Il faut cependant songer au g&#238;te, la nuit approche et l'app&#233;tit est arriv&#233; depuis longtemps. Nous rebroussons chemin vers Remoulins et nous avisons une h&#244;tellerie qui dut &#234;tre autrefois un bruyant relais de poste, &#224; en juger par sa large remise et son immense cour, mais qui para&#238;t aujourd'hui calme, tranquille et hospitali&#232;re &#224; des touristes fatigu&#233;s comme nous&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; elle est un peu en dehors du village, &#224; l'angle des routes de N&#238;mes et d'Arles. Tout y para&#238;t propre et bien tenu&#160;: voil&#224; ce qu'il nous faut, me dit Forest, et nous nous introduisons dans ladite cour, o&#249; quelques voyageurs et voyageuses prenaient d&#233;j&#224; le frais, tous gens discrets, silencieux, glissant comme des ombres et parlant comme des muets. Nous arrivions exub&#233;rants, avec de grandes &#233;nergies d'expression sur le visage o&#249; l'on pouvait lire la fatigue saine de la journ&#233;e, la poussi&#232;re de nos 100 kilom&#232;tres, le d&#233;sir de la table et le besoin du lit, mais o&#249; l'on voyait par-dessus tout une bonne humeur sans bornes, une jovialit&#233;, un entrain dignes du Midi et des m&#233;ridionaux.&lt;br class='autobr' /&gt;
Un larbin s'approcha de nous avec des gestes de religieuse et s'enquit du motif de notre visite. &#8212; Boire, manger, dormir, tels sont nos motifs, et ils sont urgents. &#8212; Boniface se retira un peu effarouch&#233;, comme un homme qui trouve extraordinaire ce qu'on lui demande. Cependant nous allons remiser nos bicyclettes sous le hangar o&#249; la solitude &#233;tait compl&#232;te, pas une voiture. Tout cela commen&#231;ait &#224; nous para&#238;tre &#233;trange&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; dans la cour, les personnes, qui, tout &#224; l'heure, se promenaient deux &#224; deux ou solitairement, s'&#233;taient group&#233;es et paraissaient discuter avec plus d'animation qu'il ne convient &#224; des ombres. Nous &#233;tions, &#224; n'en pas douter, le sujet de la conversation et nous nous sentions d&#233;cid&#233;ment mal &#224; l'aise devant ces fa&#231;ons claustrales. Le larbin revint et nous informa qu'on ne pouvait nous recevoir, qu'on ne prenait que des pensionnaires et que.... Nous &#233;tions d&#233;j&#224; en selle. &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#8239;Mais c'est une maison de sant&#233;, votre h&#244;tel&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; ce n'est pas ce qu'il nous faut, et, pour pr&#233;venir semblables malentendus, nous vous conseillons, Boniface, de faire dessiner sur votre porte une seringue, afin qu'on ne puisse se m&#233;prendre sur la nature des services que vous &#234;tes capable de rendre, et qu'on ne vienne pas vous demander &#224; boire et &#224; manger.&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;&lt;br class='autobr' /&gt;
Nous rentrons dans Remoulins par le mauvais pont suspendu qui traverse l&#224; le Gardon et nous nous informons d'un h&#244;tel. Il n'y en a qu'un&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; on y est bien et ce n'est pas trop cher&#160;: c'est l' H&#244;tel du Nord.&lt;br class='autobr' /&gt;
Pendant le d&#238;ner, les premi&#232;res bombes de la f&#234;te nationale &#233;clatent, les fus&#233;es partent, les boites crachent, les p&#233;tards craqu&#232;tent, et ce bruit de la poudre est &#224; peine perceptible sous les clameurs, les hurlements, les formidables hourrahs de la population enthousiaste. Des chapelets de lampions sont suspendus d'arbre en arbre des deux c&#244;t&#233;s de la route qui forme l'unique rue du village.&lt;br class='autobr' /&gt;
Nous sortons apr&#232;s le repas, autant par hygi&#232;ne que par curiosit&#233;&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; il y a foule dans tous les caf&#233;s qui, pour la circonstance, ont envahi la chauss&#233;e et dispos&#233; en guise de tables suppl&#233;mentaires de longs plateaux sur des chevalets&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; tout cela est garni de consommateurs qui font du boucan et se querellent en patois proven&#231;al, cette belle langue des f&#233;libres dont nous ne comprenons que les intonations. De temps en temps, un loustic jette, en passant, un paquet de p&#233;tards sous une table&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; ils &#233;clatent entre les jambes des buveurs&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; on se l&#232;ve pr&#233;cipitamment, on crie de plus belle, on s'&#233;carte, et lorsque tout est &#233;teint chacun revient &#224; son verre, trop heureux s'il le retrouve, et si dans la bagarre un farceur ou un distrait, en s'asseyant sur le bout du plateau-table, n'a pas fait sauter en l'air verres et bouteilles.&lt;br class='autobr' /&gt;
Sur la place, un bal est organis&#233;, et l'on danse que c'est &#224; nous en faire passer des frissons dans les jambes. Si Forest savait parler patois, il se m&#234;lerait s&#251;rement &#224; la f&#234;te&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; mais il a peur qu'on ne le prenne pour un &#233;tranger, et comme le pays est, pour le quart d'heure, infest&#233; de boh&#233;miens, la qualit&#233; d'&#233;tranger ne nous serait pas favorable aupr&#232;s du beau sexe de Remoulins.&lt;br class='autobr' /&gt;
Assourdis par le tumulte, nous nous r&#233;fugions sur le pont du Gardon, absolument d&#233;sert &#224; ce moment&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; un clair de lune naissant donne aux rives tr&#232;s pittoresques du torrent un aspect &#233;trange par le contraste des ombres et des clairs. Nous go&#251;tons l&#224; quelques d&#233;licieuses minutes de repos, pendant que le fracas de la f&#234;te n'arrive &#224; nos oreilles que par intervalles et que, dans le lointain, nous apercevons des gerbes d'&#233;tincelles qui nous prouvent que le 14&#160;juillet est f&#234;t&#233; avec le m&#234;me entrain dans les villages environnants.&lt;br class='autobr' /&gt;
Puis, nos paupi&#232;res clignotent et le besoin de dormir se fait sentir imp&#233;rieusement&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; le couvent hydroth&#233;rapique o&#249; nous nous sommes fourvoy&#233;s est &#224; deux pas, enfoui sous la verdure&#160;: pas une lumi&#232;re aux fen&#234;tres, tout dort d&#233;j&#224; et le tonnerre des d&#233;tonations n'arrive pas jusqu'aux malades. Nous aurions peut-&#234;tre mal d&#238;n&#233; dans cette officine, mais, en revanche, comme nous aurions bien et paisiblement dormi&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! tandis que l&#224;-bas, en plein village, nous allons &#234;tre toute la nuit contrari&#233;s par le vacarme de la f&#234;te. Cette pens&#233;e m'enrage. &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#8239;Ah&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! vous dormez d&#233;j&#224;, fant&#244;mes que notre pr&#233;sence a effarouch&#233;s et qui nous avez fait expulser par cette face bl&#234;me de Boniface, eh bien&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! nous allons nous venger, nous allons vous r&#233;veiller&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;!&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; Nous nous insinuons jusque sous les murs du couvent, nous glissons dans nos revolvers de fortes cartouches &#224; blanc et nous faisons feu de nos douze coups. Il nous semble ou&#239;r des cris d'&#233;pouvante, des bruits de volets qu'on tire avec pr&#233;cipitation, des impr&#233;cations contre l'anniversaire de la prise de la Bastille et nous rentrons lentement en savourant notre vengeance.&lt;br class='autobr' /&gt;
Comme nous le pensions, la nuit fut mauvaise&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; le bruit incessant qu'on faisait sous nos fen&#234;tres et qui ne se calma qu'&#224; la pointe du jour nous emp&#234;cha litt&#233;ralement de fermer les yeux&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; nous &#233;tions debout d&#232;s 5 heures du matin, le lundi, et en route pour N&#238;mes, &#224; 20 kilom&#232;tres, par Saint-Gervasy. Route tr&#232;s monotone, vaguement ondul&#233;e et en mauvais &#233;tat, bord&#233;e de champs d'oliviers &#224; perte de vue. Nous arrivons naturellement d'assez bonne heure &#224; N&#238;mes que nous traversons par un d&#233;dale de rues &#233;troites jusqu'au boulevard. Le d&#233;jeuner, une visite aux curiosit&#233;s principales de la ville, &#224; la maison carr&#233;e, &#224; la fontaine, aux ar&#232;nes, du haut desquelles nous d&#233;couvrons un superbe panorama sur toute la ville, nous retiennent jusqu'&#224; 9 heures. Notre derni&#232;re visite a pour but la halle aux fruits o&#249; nous faisons provision de p&#234;ches, car nous avons remarqu&#233; que rien n'&#233;tait meilleur que ce fruit savoureux pour &#233;tancher la soif et rafra&#238;chir le palais.&lt;br class='autobr' /&gt;
Nous enfilons ensuite la grande route de Montpellier, abominablement d&#233;fonc&#233;e et poussi&#233;reuse, jusqu'&#224; 4 ou 5 kilom&#232;tres de N&#238;mes, mais parfaitement ombrag&#233;e, ce qui est une compensation tr&#232;s appr&#233;ciable par le soleil qu'il fait ce jour-l&#224;, un soleil torride.&lt;br class='autobr' /&gt;
Notre projet primitif &#233;tait d'aller de N&#238;mes droit &#224; Aigues-Mortes o&#249; nous pouvions tr&#232;s bien arriver en 2 heures, car la route est plate comme un billard jusqu'&#224; la mer&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; mais, chemin faisant, nous nous d&#238;mes que Lunel &#233;tait &#224; voir et que ce crochet ne nous retarderait gu&#232;re. Nous arrivons donc &#224; Lunel apr&#232;s avoir crois&#233; quelques jeunes velocemen en tenue de course qui allaient prendre part au championnat du Gard que l'on courait ce jour-l&#224; &#224; N&#238;mes et qui s'y rendaient soit &#224; bicycle, soit &#224; bicyclette en guise d'entra&#238;nement.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#192; Lunel, dans une rue (et c'&#233;tait, je crois, la rue principale) large comme un mouchoir de poche, ce qui permettait de tendre des toiles-parasol d'une maison &#224; l'autre, nous absorbons un peu de limonade et nous demandons divers renseignements, car une id&#233;e est venue &#224; Forest&#160;: il a des amis &#224; Castries, un chef-lieu de canton qui ne doit pas &#234;tre bien loin de Lunel&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; or, lorsqu'on est si loin de chez soi, et qu'on y est venu en v&#233;locip&#232;de, il n'y a rien de charmant comme d'aller surprendre des amis qui tombent des nues en vous voyant arriver en cet &#233;quipage et en apprenant que vous venez de faire 300 kilom&#232;tres et plus sur ces deux minces roues.&lt;br class='autobr' /&gt;
On nous indique la route la plus directe, et, jusque-l&#224;, c'est tr&#232;s bien&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; mais le hic, c'est que Castries est &#224; 20 kilom&#232;tres de Lunel dans la montagne&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; enfin, pourvu que la route soit bonne et ombrag&#233;e, m&#234;me en plein midi, 20 kilom&#232;tres ne sont pas pour nous faire reculer. Et nous voil&#224; partis grand train et toujours chantant notre pas redoubl&#233; de 18 kilom&#232;tres &#224; l'heure. Nous arrivons ainsi &#224; 7 ou 8 kilom&#232;tres de Lunel, &#224; un endroit dont j'ai oubli&#233; le nom, o&#249; la route de Montpellier traverse la voie ferr&#233;e et o&#249; d&#233;bouche &#224; droite la route, ou plut&#244;t le chemin de Castries, une ligne droite, blanche de poussi&#232;re incandescente, inabordable&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; pas un buisson qui y projette son ombre&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; dans le lointain, une ligne de collines qu'il nous faudra escalader et qui sont &#233;galement d&#233;pourvues d'ombrages. Douze kilom&#232;tres &#224; faire sur un pareil terrain et autant pour revenir nous paraissent une t&#226;che trop difficile pour des hommes qui ont l'intention bien arr&#234;t&#233;e de ne rien manger avant d'&#234;tre arriv&#233;s au Grau-du-Roi. Il est onze heures et demie&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; apr&#232;s en avoir d&#233;lib&#233;r&#233; avec le garde-barri&#232;re et avoir vu passer un train o&#249; il faisait chaud aussi, car par les porti&#232;res grandes ouvertes nous pouvions voir les voyageurs s'&#233;ponger avec fureur, nous d&#233;cidons de rebrousser chemin et nous revenons &#224; Lunel que nous contournons, cette fois, en suivant la route.&lt;br class='autobr' /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-center&#034; style=&#034;text-align:center;&#034;&gt;&#8258;&lt;/div&gt;&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;Midi, roi des &#233;t&#233;s, &#233;pandu dans la plaine,&lt;br class='autobr' /&gt;
Tombe en nappes d'argent des hauteurs du ciel bleu. &lt;br class='autobr' /&gt;
Tout se tait. L'air flamboie et br&#251;le sans haleine&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;;&lt;br class='autobr' /&gt;
La terre est assoupie en sa robe de feu.&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Ces vers de Leconte de Visio s'&#233;chappent de ma m&#233;moire en pr&#233;sence du ruban ensoleill&#233; qui doit nous conduire &#224; Aigues-Mortes et je vous assure qu'ils n'ont jamais mieux &#233;t&#233; de circonstance.&lt;br class='autobr' /&gt;
Il est midi, ni plus ni moins&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; le soleil darde d'aplomb sur notre t&#234;te, notre ombre est r&#233;duite &#224; la grosseur d'un poing et les &#233;chalas qui bordent la route avec gros comme une assiette de feuilles au sommet ne peuvent avoir la pr&#233;tention de l'ombrager. A seulement y penser, j'en fr&#233;mis encore&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; je ne m'&#233;tais jamais trouv&#233; devant une pareille fournaise. Si, pourtant, un jour, &#224; Istres, et il faut que je vous narre cela, quitte &#224; renvoyer au prochain num&#233;ro la fin du r&#233;cit de notre excursion au Pays du soleil.&lt;br class='autobr' /&gt;
C'&#233;tait en 1880, je n'avais pas touch&#233; ni m&#234;me vu un cycle de ma vie (mes d&#233;buts dans le noble sport ne datent que de 1881) et je ne puis donner ce nom &#224; l'odieux v&#233;locip&#232;de en bois qui a fait les d&#233;lices des hommes fin d'Empire et qui a retard&#233; de quinze &#224; vingt ans le d&#233;veloppement du cyclisme en France.&lt;br class='autobr' /&gt;
En plein mois d'ao&#251;t, nous avions profit&#233; des quelques jours de f&#234;te pour faire un pont de huit jours et prendre un billet circulaire avec Marseille pour but diam&#233;tral. Il nous restait un jour &#224; utiliser&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; nous avions visit&#233; la veille tous les monuments d'Arles, assist&#233; &#224; une course de taureaux dans les ar&#232;nes et nous avions un d&#233;sir intense de revoir la mer, les flots bleus et l'horizon infini avant de regagner nos montagnes. Il fut d&#233;cid&#233; que nous consacrerions cette derni&#232;re journ&#233;e &#224; une promenade en bateau sur l'&#233;tang de Berre. Nous nous embarquions &#224; 10 heures &#224; Saint-Chamas dans une vulgaire barque vermoulue de p&#234;cheur de moules. On erra &#231;&#224; et l&#224; toute la matin&#233;e sans but d&#233;termin&#233;&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; une sorte de r&#226;teau que l'on promenait sur les rochers, &#224; deux ou trois m&#232;tres sous l'eau, nous d&#233;crochait de temps en temps quelques malheureux coquillages que nous croquions sans nous faire prier, car il commen&#231;ait &#224; faire faim, l'air de la mer ayant, comme on le sait, des qualit&#233;s extraordinairement ap&#233;ritives.&lt;br class='autobr' /&gt;
Sous la surveillance du vieux p&#234;cheur, et malgr&#233; les protestations de tous les passagers, je pris un instant la barre et je m'exer&#231;ai &#224; diriger la barque&#160;: la voile &#233;tait trou&#233;e, le m&#226;t g&#233;missait, l'eau clapotait ferme contre le bordage et, comme le vent augmentait rapidement, il faillit coucher le bateau o&#249; il entra m&#234;me un peu d'eau, au grand effroi des jeunes femmes que nous accompagnions. Mais, sur l'avis du matelot, je parvins &#224; redresser la barque d'un vigoureux coup de barre et &#224; rectifier la direction&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; ce faisant, j'exposai aux caresses de la brise mes compagnons que la voile avait abrit&#233;s jusqu'alors et un chapeau fut enlev&#233; auquel il fallut ensuite faire la chasse. J'appris alors &#224; louvoyer, &#224; courir des bord&#233;es, &#224; prendre le vent tant&#244;t &#224; droite, tant&#244;t &#224; gauche, et, &#224; chaque fois que la voile se mettait &#224; fas&#233;ier, il me fallait l&#226;cher la corde qui a un nom sp&#233;cial que j'ai oubli&#233;, puis la tendre et l'attacher. Enfin, nous rattrap&#226;mes le chapeau qui dansait au sommet des petites vagues et qui &#233;tait &#224; peine mouill&#233;, tant les flots l'avaient berc&#233; d&#233;licatement.&lt;br class='autobr' /&gt;
Tout cela &#233;tait tr&#232;s amusant et les heures fuyaient, l'app&#233;tit grandissait &#224; vue d'&#339;il &#224; mesure que Saint-Chamas disparaissait. Bient&#244;t, il fallut tenir conseil&#160;: o&#249; irions-nous d&#238;ner&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;? Il &#233;tait midi, Saint-Chamas &#233;tait tr&#232;s loin et le p&#233;cheur nous assurait qu'il nous faudrait deux heures pour y arriver, &#224; cause du vent de traverse qui contrariait la marche. Il nous conseilla d'aller d&#233;jeuner &#224; Istres, qui se trouvait sur la droite, &#224; peu de distance du rivage, nous d&#233;barqua dans une petite crique o&#249; il amarra sa barque et se mit, en nous attendant, &#224; grignoter ses provisions et ses moules dont il avait fait une petite r&#233;colte.&lt;br class='autobr' /&gt;
Nous voil&#224; grimpant le long d'un sentier impossible pour aller rejoindre la route&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; il y avait l&#224; de magnifiques ceps charg&#233;s de raisins superbes et des figuiers pliant sous le poids des fruits m&#251;rs&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; il faisait chaud, nous avions soif&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; nous aper&#231;&#251;mes une femme qui semblait &#234;tre la propri&#233;taire de ce jardin et nous la pri&#226;mes de nous vendre des figues et des raisins&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; elle nous baragouina un refus malhonn&#234;te. Alors, dame, l'un de nous se baissa et cueillit quelques grappes qui ne nous co&#251;t&#232;rent rien, qu'une action de gr&#226;ce au Seigneur pour le remercier des bonnes choses qu'il avait plac&#233;es sur notre chemin et qui nous parurent doublement exquises.&lt;br class='autobr' /&gt;
La route que nous devions suivre pour aller &#224; Istres surplombe la mer pendant quelque temps, puis tourne brusquement &#224; droite et s'enfonce dans les terres, un peu encaiss&#233;e entre des rochers et un terrain calcaire sur lequel on cultive avec succ&#232;s les oliviers. Le soleil dardait l&#224;-dessus depuis le matin et il devait &#234;tre plus de midi quand nous d&#233;bouch&#226;mes du sentier.&lt;br class='autobr' /&gt;
La chaleur &#233;tait tellement intense, tellement concentr&#233;e entre ces murailles rocailleuses qui se renvoyaient les rayons calorifiques, que nous cr&#251;mes entrer dans un four.&lt;br class='autobr' /&gt;
Les ombrelles et les chapeaux aux vastes ailes &#233;taient impuissants &#224; nous d&#233;fendre. Certes, c'&#233;tait le cas de dire avec le po&#232;te&#160;:&lt;br class='autobr' /&gt;
La terre est assoupie en sa robe de feu&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;!&lt;br class='autobr' /&gt;
Nous cuisions litt&#233;ralement&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; on aurait dit que nous respirions un air embras&#233;&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; je n'oublierai jamais le kilom&#232;tre qui s&#233;pare Istres de l'&#233;tang. Sur l'eau, malgr&#233; l'ardeur du soleil, la brise marine entretenait une agr&#233;able fra&#238;cheur et l'on n'&#233;touffait pas, mais sur cette route, la brise elle-m&#234;me ajoutait &#224; nos tortures en nous couvrant de poussi&#232;re br&#251;lante.&lt;br class='autobr' /&gt;
Cette impression me revint, en pr&#233;sence de la route de Lunel &#224; Aigues-Mortes, Tout se taisait, sauf nos coussinets que nous avions n&#233;glig&#233;s le matin et qui faisaient des cuii prolong&#233;s. Un peu d'huile et nous repr&#238;mes notre train habituel sur l'air de Il y a la goutte &#224; boire l&#224;-haut, qui est tr&#232;s alerte et qui nous enlevait bien &#224; 20 kilom&#232;tres &#224; l'heure. Marcillargues, une v&#233;ritable oasis dans le d&#233;sert de feu que nous traversons, est le premier village rencontr&#233;, de grands arbres, de l'ombre &#224; profusion. C'est Capoue, mais, moins amollis que les soldats d'Annibal, nous ne nous endormons pas dans ses d&#233;lices. Plus loin, Saint-Laurent nous offre des rafra&#238;chissements et nous p&#233;dalons toujours &#224; grande allure. Il fait de plus en plus chaud&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; &#224; droite et &#224; gauche d'immenses champs de vignes depuis Lunel nous montrent ce ce que sait produire l'industrie humaine lorsque la loi de la n&#233;cessit&#233; l'y contraint. Ces terres &#233;taient, pour ainsi dire, incultes avant que le phyllox&#233;ra e&#251;t ruin&#233; les vignobles fran&#231;ais&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; depuis, le besoin de se retourner, de tirer parti de tout, de faire du vin fran&#231;ais quand m&#234;me, a mis en exploitation toute cette partie du territoire qu'on avait jusqu'alors jug&#233;e indigne d'une aussi noble culture.&lt;br class='autobr' /&gt;
Apr&#232;s Saint-Laurent, on ne rencontre plus le moindre hameau, quelques habitations perdues &#231;&#224; et l&#224;, puis la tour Carbonni&#232;re et enfin nous voyons se dresser &#224; l'horizon la silhouette singuli&#232;re d'Aigues-Mortes.&lt;br class='autobr' /&gt;
(&#192; suivre)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Randonn&#233;es d'automne (1929)</title>
		<link>http://velotextes.fr/spip.php?article433</link>
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		<dc:date>2024-10-31T15:16:24Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>velovi</dc:creator>


		<dc:subject>Paul de Vivie, dit V&#233;locio</dc:subject>
		<dc:subject>Entre 1918 et 1939</dc:subject>
		<dc:subject>Ballon n&#176;2</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Velocio, Le Cycliste, Nov.dec. 1929, p.99-103, Source Archives d&#233;partementales de la Loire, cote &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;IJ871&lt;/span&gt;/4 &lt;br class='autobr' /&gt;
A la Toussaint, un pont de trois jours, le temps d'aller serrer la main &#224; nos amis du Midi, jusqu'&#224; Marseille... Pluie et vent nous en emp&#234;ch&#232;rent. C'e&#251;t &#233;t&#233; pourtant une belle occasion d'essayer sur 600 km. nos trottinettes, dont trois exemplaires trottent d&#233;j&#224;, et avec quel succ&#232;s&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! dans notre ville. Seul le bouillant L... brava les &#233;l&#233;ments, et on le vit une fois de plus dans la&#160;(&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="http://velotextes.fr/spip.php?rubrique37" rel="directory"&gt;1914-1930 P&#233;riode meetings, exp&#233;riences et r&#233;miniscences&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="http://velotextes.fr/spip.php?mot1" rel="tag"&gt;Paul de Vivie, dit V&#233;locio&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://velotextes.fr/spip.php?mot12" rel="tag"&gt;Entre 1918 et 1939&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://velotextes.fr/spip.php?mot158" rel="tag"&gt;Ballon n&#176;2&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Velocio, Le Cycliste, Nov.dec. 1929, p.99-103, Source Archives d&#233;partementales de la Loire, cote &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;IJ871&lt;/span&gt;/4&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A la Toussaint, un pont de trois jours, le temps d'aller serrer la main &#224; nos amis du Midi, jusqu'&#224; Marseille... Pluie et vent nous en emp&#234;ch&#232;rent. C'e&#251;t &#233;t&#233; pourtant une belle occasion d'essayer sur 600 km. nos trottinettes, dont trois exemplaires trottent d&#233;j&#224;, et avec quel succ&#232;s&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! dans notre ville. Seul le bouillant L... brava les &#233;l&#233;ments, et on le vit une fois de plus dans la vall&#233;e du Rh&#244;ne, sur ma &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#8239;Vieille gloire&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Ensuite, f&#234;te de la Saint-Martin, f&#234;tes de l'armistice, deux jours de libert&#233; et du beau temps en perspective. Seulement, les jours sont courts, nous devrons nous contenter du proche Midi. Le but de notre randonn&#233;e automnale sera donc la Trappe d'Aiguebelle, mais nos trottinettes n'en seront pas&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; ce qu'elles veulent, c'est le grand voyage du Midi, qui couronna toujours les &#233;preuves de toutes mes nouvelles montures, et auquel elles ont droit&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; maintenant qu'elles ont le certificat d'&#233;tudes, il leur faut le bac, et tout ce qui ressemble &#224; une simple promenade ne les int&#233;resse pas.&lt;br class='autobr' /&gt;
Aucune publicit&#233; ne fut faite autour de notre projet, et pourtant nous nous trouv&#226;mes (hasard ou t&#233;l&#233;pathie) quatorze cyclotouristes, le 10&#160;novembre, &#224; l'h&#244;tellerie de la Trappe, un vrai petit meeting. Quatre venaient de Montpellier, trois de Maillane ou d'Arles, et nous &#233;tions sept St&#233;phanois venus chacun de son c&#244;t&#233;, les uns par la montagne, les autres par Givors. Pour moi qui ne puis pas rouler la nuit, j'&#233;tais all&#233; par le premier train jusqu'&#224; Givors, et j'en revins &#233;galement par le train, le lendemain soir&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; c'est une excellente combinaison.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je quittai donc Givors &#224; 6 heures et quart, avec, devant moi, un ruban de 152 km. de routes faciles. Je devais trouver &#224; la descente du train deux compagnons venus par la route, mais je n'en trouvai point, je les crus derri&#232;re, ils &#233;taient devant&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; cela n'avait d'ailleurs aucune importance&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; le rendez-vous g&#233;n&#233;ral &#233;tait, de 14 &#224; 16 heures, &#224; Aiguebelle.&lt;br class='autobr' /&gt;
Il avait plu la veille, il avait plu la nuit, la route &#233;tait mouill&#233;e et le ciel brumeux, le vent nul et parfois contraire. J'ai ma Ballon n&#176;&#160;2, &#224; cadre ouvert, pneus fa&#231;on mains, trois vitesses&#160;: 6 m. 50, 5 m. et 3 rn. 30, par flottante. Comme d'habitude, j'emporte une enveloppe et une chambre de rechange, et je conseille &#224; tous les ballonnistes d'en faire autant, car il est vain d'esp&#233;rer pouvoir se ravitailler en pneus en cours de route, pas plus en B qu'en C. Une enveloppe roul&#233;e convenablement sur elle-m&#234;me en une couronne de 30 cm. et fix&#233;e sur le garde-boue, sous la selle, occupe peu de place, ne me g&#234;ne pas et me sert m&#234;me de porte-bagage. Jusqu'ici, je n'avais jamais eu besoin de m'en servir, mais cette fois je fus bien aise de la trouver, apr&#232;s une f&#226;cheuse collision avec un tesson de bouteille qui, aux environs de Mont&#233;limar, trancha net mon pneu avant&#160;: chambre et enveloppe furent entaill&#233;es de 8 cm. et ne pouvaient &#234;tre r&#233;par&#233;es sur place.&lt;br class='autobr' /&gt;
La route de la rive droite, que j'avais vue si d&#233;testable il y a quelques ann&#233;es, est devenue parfaite, et filer l&#224;-dessus &#224; 25 &#224; l'heure avec 6 m. 50, ce n'est m&#234;me pas aller vite. Nous n'avons plus rien &#224; envier &#224; ces belles routes macadamis&#233;es d'avant les automobiles, qui permirent les grandes randonn&#233;es de L'&#201;cole st&#233;phanoise, quand Thorsonnax reliait Lyon &#224; Nice en vingt-quatre heures&#160;: que Bussod faisait, en dix-sept heures, Lvon-Lautaret-Lyon, et Dupuy, Saint-Etienne-Gen&#232;ve-Saint-Etienne dans une petite journ&#233;e. La seule diff&#233;rence, c'est qu'aujourd'hui les routes sont noires au lieu d'&#234;tre blanches, et que nos machines ne rapportent plus du Midi la preuve manifeste de leur voyage qu'&#233;tait pour elles la poussi&#232;re tenace, caract&#233;ristique des routes rhodaniennes, qui se collait partout.&lt;br class='autobr' /&gt;
Je venais de d&#233;passer Sainte-Colombe, quand je croise un tandem&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; ce sont deux abonn&#233;s du Cycliste qui ont p&#233;dal&#233; toute la nuit pour aller d'Al&#232;s &#224; Saint-&#201;tienne &#224; l'occasion de la Semaine du Cycle. Nous causons un instant, ils sont enchant&#233;s du tandem, qui leur permet de faire sans fatigue de longues randonn&#233;es&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; ils rentreront demain de St-Etienne &#224; Al&#232;s, &#233;galement par la route, voyageant ainsi &#224; tr&#232;s peu de frais et tr&#232;s agr&#233;ablement. La vogue du tandem cro&#238;t en France de plus en plus&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; en Angleterre, elle est ph&#233;nom&#233;nale.&lt;br class='autobr' /&gt;
Je m'applique &#224; p&#233;daler r&#233;guli&#232;rement, heureux de pouvoir quitter la route des yeux et m'absorber dans les souvenirs qui se l&#232;vent &#224; chaque tournant. &#199;&#224; et l&#224; cependant, quelques r&#233;parations me rappellent &#224; l'ordre&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; &#224; Condrieu, &#224; Serri&#232;res, j'aborde en vitesse un sol boueux et d&#233;rapant o&#249; il faut ouvrir l'&#339;il&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; le raidillon de Saint-Pierre-de-B&#339;uf me surprend&lt;br class='autobr' /&gt;
et me para&#238;t dur avec mon grand d&#233;veloppement. Je suis &#224; Andance &#224; 8 h. 4, &#224; la bifurcation de la route n&#176;&#160;82, qui vient de Saint-&#201;tienne par le col des Grands-Bois, et enfin &#224; Valence, devant la gare, &#224; 10 h. 40. J'ai d&#233;j&#224; p&#233;dal&#233; dans quatre d&#233;partements&#160;: de 23 &#224; 24 km. dans le Rh&#244;ne&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; de 11 &#224; 12 km. dans la Loire, 37 dans l'Ard&#232;che et 20 dans, la Dr&#244;me. Ma moyenne s'est maintenue &#224; 20 &#224; l'heure&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; sans vent favorable, c'est du bon transport&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; avec vent favorable, on pourrait faire cette demi-&#233;tape &#224; 25 &#224; l'heure. Avouez que la bicyclette est un merveilleux outil de transport, rapid&#233;conommohygi&#233;nique. Je me suis, pendant quatre heures et demie, oxyg&#233;n&#233; &#224; fond les poumons, cela ne m'a pas co&#251;t&#233; un centime&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; l'exercice mod&#233;r&#233; que j'ai fait, la sudation l&#233;g&#232;re qui l'a accompagn&#233; ont d&#233;barrass&#233; l'organisme de pas mal de toxines et ma vitalit&#233; en a &#233;t&#233; intensifi&#233;e&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; cela non plus ne m'a pas co&#251;t&#233; un centime, aussi ai-je fait le pari d'aller, l'an prochain, de Saint-&#201;tienne &#224; Marseille sans d&#233;penser plus de vingt sous, et d'y arriver mieux portant qu'au d&#233;part.&lt;br class='autobr' /&gt;
Je trouve &#224; Valence un premier groupe de deux cyclotouristes st&#233;phanois, partis de Saint-&#201;tienne &#224; 3 heures et qui ont fait comme moi, mais par la route, le tour par Givors&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; ils ont d&#233;j&#224; 130 km. dans les jambes, ils viennent de d&#233;jeuner et je repars avec eux &#224; 11 heures, apr&#232;s m'&#234;tre lest&#233; d'un solide caf&#233; au lait et de cinq croissants de belle taille, de quoi aller sans r&#233;cidiver jusqu'&#224; la Trappe, qui n'est plus qu'&#224; 62 km.&lt;br class='autobr' /&gt;
Les 44 km. qui s&#233;parent Valence de Mont&#233;limar sont faciles et amusants par les l&#233;gers vallonnements qu'on y trouve, surtout apr&#232;s Loriol et qui se terminent par des descentes faibles en ligne droite, que l'on n&#233;gocie avec mistral dans le dos &#224; des allures vertigineuses&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; ils m'ont toujours plu beaucoup, d'autant plus que le paysage, toujours apr&#232;s Loriol, retient agr&#233;ablement les yeux. Aujourd'hui, le mistral est boucl&#233; par Eole dans les cavernes profondes&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; seul, un tr&#232;s faible vent du midi nous retarde un peu et nous rafra&#238;chit. Le soleil a perc&#233; le plafond brumeux qui jusqu'&#224; Valence avait attrist&#233; la nature, et le beau temps &#233;tait assur&#233;, tout au moins pour la soir&#233;e. Nous ne p&#233;dalions donc qu'avec plus d'entrain derri&#232;re un jeune cycliste qui se d&#233;menait comme un diable pour conserver entre lui et nous une bonne distance. Mais nous &#233;tions trois et nous pouvions nous mener le train, tandis qu'il &#233;tait seul &#224; lutter contre le vent , il fut donc rattrap&#233; avant Livron, o&#249; il s'arr&#234;ta. Ce petit incident nous avait mis en train, et nous arriv&#226;mes &#224; Mont&#233;limar &#224; 13 h. 10. Mes compagnons auraient pu aller beaucoup plus vite, mais ils avaient tenu &#224; r&#233;gler leur allure sur la mienne. J'ai, toute ma vie, eu la malchance de retarder mes compagnons qui, autrefois, avaient toujours de vingt &#224; vingt-cinq ans de moins que moi et qui aujourd'hui en ont de quarante-cinq &#224; cinquante, ce qui n'am&#233;liore pas la situation. C'est pourquoi j'ose de moins en moins demander des compagnons de route, car je sais trop que rien n'est fatigant comme d'&#234;tre oblig&#233;, au cours d'une &#233;tape-transport, de freiner constamment son allure pour suivre ou attendre un escargot. Avec les routes actuelles, un jeune cyclotou riste convenablement entra&#238;n&#233; et outill&#233;, peut pr&#233;tendre &#224; une moyenne commerciale de 25 &#224; l'heure entre Lyon ou Saint-&#201;tienne et la mer. Et ce serait d&#233;montrer irr&#233;futablement la grande valeur de la bicyclette en tant qu'outil de voyage que de pouvoir, au pied lev&#233;, aller de Lyon &#224; Marseille en deux heures, ou &#224; Nice en vingt heures. C'est ce que j'esp&#233;rais de la jeune g&#233;n&#233;ration actuelle quand j'&#233;crivais, il y a un quart de si&#232;cle, apr&#232;s avoir pos&#233; quelques jalons que je suis forc&#233; de donner encore comme exemple, que nos successeurs feraient beaucoup mieux que nous. Mais l'automobile est venue&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; puis, les gros salaires, 1&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;er&lt;/sup&gt; profits plus gros encore, les gains faciles de sp&#233;culation, la force m&#233;canique mise &#224; la port&#233;e de tous, les progr&#232;s de la science eux-m&#234;mes ont contribu&#233; &#224; rejeter au dernier plan la force humaine qu'on rougira bient&#244;t d'exercer et, d'employer &#224; des fins utiles. On dira d'un homme qu'il a r&#233;ussi lorsque, par des moyens artificiels, il pourra se faire transporter comme un colis &#224; de longues distances. Il sera rest&#233; pour tout le monde un pauvre diable s'il peut s'y transporter par ses propres moyens naturels. Ce que devient dans tout cela la sant&#233; du corps et de l'esprit, on s'en rend compte ais&#233;ment en constatant que pour une population stationnaire, le nombre des m&#233;decins, des h&#244;pitaux, des asiles d'ali&#233;n&#233;s, va progressant de jour en jour et a pour le moins quintupl&#233; depuis cinquante ans.&lt;br class='autobr' /&gt;
Nous avons eu pourtant, cette ann&#233;e, en Angleterre. un exemple frappant de l'am&#233;lioration de la race cycliste, de l'augmentation de valeur r&#233;alis&#233;e en vingt ans par le moteur humain. Un cycliste anglais, Rossiter, a pu se transporter de l'extr&#234;me sud &#224; l'extr&#234;me nord de l'Angleterre, en 61 heures. Il a couvert ainsi 1.385 kilom&#232;tres &#224; la moyenne commerciale de 22 km. &#224; l'heure, seul contre les &#233;l&#233;ments qui ne l'ont pas m&#233;nag&#233;, la pluie l'ayant accompagn&#233; pendant trente-six heures&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; il n'avait pour l'aider ni l'abri d'un peloton, ni l'&#233;mulation que donne la course en comp&#233;tition, ni les applaudissements des spectateurs. Il faisait purement et simplement du transport &#224; bicyclette dans un but int&#233;ress&#233;, je vous l'accorde, avec l'espoir d'en tirer quelque profit, mais sans autre stimulant que sa volont&#233;. Il randonnait comme on randonnait &#224; l'E.S., de 1900 &#224; 1910. Et en randonnant ainsi, Rossiter a battu de six heures et demie, c'est-&#224;-dire de 10&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;%, du meilleur temps pr&#233;c&#233;dent pour la m&#234;me distance. Voil&#224; le progr&#232;s que j'attendais r&#233;alis&#233; en Angleterre&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; quand le sera-t-il en France&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;? La course en comp&#233;tition, avec les combinaisons, on peut dire les canailleries qu'elle permet, fausse compl&#232;tement les r&#233;sultats, sinon l'&#233;preuve d&#233;cennale Paris-Brest-Paris, qui se d&#233;roulera pour la cinqui&#232;me fois en 1931, pourrait nous apporter un fait &#224; mettre en parall&#232;le avec celui de Rossiter. Quant au Tour de France, tant qu'on n'en fera qu'une r&#233;clame grand orchestre, c'est une plaisanterie. Faire 5.000 km. &#224; la moyenne commerciale de 7 &#224; 8 &#224; l'heure et &#224; grands frais, ne me semble pas une preuve bien convaincante de la sup&#233;riorit&#233; rapid&#233;conommodygi&#233;nique de la bicyclette comme outil de transport. &lt;br class='autobr' /&gt;
Et si nous revenions &#224; Mont&#233;limar&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! o&#249; nous venons d'arriver &#224; 13 h. 10, mis, par le repas pris &#224; Valence, en &#233;tat de continuer sans arr&#234;t jusqu'&#224; la Trappe o&#249; nous aurions &#233;t&#233; &#224; 14 h. si nous n'avions &#233;t&#233; h&#233;l&#233;s au passage par le deuxi&#232;me groupe st&#233;phanois, celui-l&#224; m&#234;me que je devais trouver &#224; Givors &#224; l'arriv&#233;e du train. Il aurait pu d&#233;jeuner comme nous &#224; Valence. mais il avait pr&#233;f&#233;r&#233; pousser jusqu'&#224; Mont&#233;limar, o&#249; nous le trouvons &#224; table. Nous nous arr&#234;t&#226;mes donc aussi et j'eus la surprise agr&#233;able de rencontrer au m&#234;me instant M.&#160;B..., de Mont&#233;limar, fid&#232;le abonn&#233; du Cycliste, qui nous r&#233;v&#233;la que le vrai nougat de Mont&#233;limar &#233;tait comme la clairette de Die, de plus en plus introuvable. Il en est sans doute de m&#234;me des berlingots de Carpentras&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! On ne vous vend plus que des &#233;tiquettes, sous lesquelles il n'y a rien de ce qu'elles annoncent. C'est comme le pneu standard&#160;: il mesurait &#224; l'origine 38mm, il en mesure aujourd'hui 32, et il devrait &#234;tre marqu&#233; Brise-os plut&#244;t que Standard-route. Il se peut que nous aimions &#224; &#234;tre tromp&#233;s, comme le prouverait l'anecdote du professeur de m&#233;decine qui, voyant un de ses &#233;l&#232;ves vendre sur la place publique des flacons d'eau pure en guise de rem&#232;de, ne put s'emp&#234;cher de l'apostropher&#160;:
&lt;br /&gt;&#8212; Non te pudet vulgum sic decipere&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;?
&lt;br /&gt;&#8212; Confiteor, sed parce, Domine, Vulgus decipi vult.&lt;br class='autobr' /&gt;
Tune decipiatur&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! conclut le ma&#238;tre en tournant les talons.&lt;br class='autobr' /&gt;
Pendant que nous bavardons ainsi devant une tasse de caf&#233;, en attendant que nos amis aient fini de d&#233;jeuner, survient le tandem mixte R..., de Maillane, escort&#233; d'un jeune Arl&#233;sien, sympathique trio qui venait de d&#233;jeuner &#224; Aiguebelle, o&#249; nous le ramenons illico&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; on ne vient pas de si loin pour ne se voir qu'au vol, et nous voulons passer ensemble le plus d'heures possible.&lt;br class='autobr' /&gt;
Nous voil&#224; d&#233;j&#224; huit&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; les deux derniers St&#233;phanois n'arriveront qu'&#224; la nuit avec la quadrette montpelli&#233;raine.&lt;br class='autobr' /&gt;
Dix-huit kilom&#232;tres seulement s&#233;parent Mont&#233;limar de la Trappe&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; le temps &#233;tait merveilleux pour la saison&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; ce fut une promenade charmante. Autour, du tandem, &#233;voluaient la bicyclette, et la jeune Th&#233;r&#232;se R..., qui est bien la plus enthousiaste cycliste que je connaisse, &#233;tait l'animatrice de notre groupe. Les projets d'excursions les plus audacieux &#233;taient mis sur le tapis&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; les Alpes et les Pyr&#233;n&#233;es n'ont qu'&#224; bien se tenir&#160;: le Ventoux et le Parpaillon ne sont que taupini&#232;res, et il est heureux pour l'Himalaya d'&#234;tre si loin de nous. La Colite est de plus en plus &#224; la mode parmi nous&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; avec raison d'ailleurs, car la fr&#233;quentation des hautes altitudes &#233;l&#232;ve l'&#226;me par l'admiration qui s'en d&#233;gage, en m&#234;me temps que le corps par l'effort salutaire auquel elle l'oblige.&lt;br class='autobr' /&gt;
Les trois kilom&#232;tres de mont&#233;e &#224; 6&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;% apr&#232;s Allan, furent enlev&#233;s au pas de charge par les jeunes gens, plus paisiblement par le tandem et par moi-m&#234;me et, avant de plonger dans le vallon o&#249; s'est blottie l'abbaye avec ses d&#233;pendances, nous nous arr&#234;t&#226;mes pour jouir d'un panorama impressionnant, qui n'est born&#233; que par les montagnes de l'Ard&#232;che, derri&#232;re lesquelles le soleil allait dispara&#238;tre.&lt;br class='autobr' /&gt;
Nous f&#251;mes re&#231;us &#224; bras ouverts par le bon Fr&#232;re F&#233;lix, qui fut certainement le plus navr&#233; quand il dut nous appliquer la r&#232;gle s&#233;v&#232;re du couvent, qui ne re&#231;oit &#224; la villa des dames que les parentes des religieux&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; si bien qu'a-pr&#232;s le d&#238;ner, qui fut comme toujours app&#233;tissant et copieux, le tandem mixte dut, escort&#233; par quelques-uns des n&#244;tres, aller jusqu'&#224; Grignan, &#224; onze kilom&#232;tres, pour trouver un logement. On d&#238;ne heureusement de bonne heure &#224; la Trappe, si bien qu'&#224; 21 heures, l'escorte &#233;tait d&#233;j&#224; de retour. Pendant son absence, nous nous &#233;tions promen&#233;s autour du couvent o&#249; le silence r&#233;gnait &#224; tel point qu'il en &#233;tait presque inqui&#233;tant, et quand nous pass&#226;mes devant la villa des dames, qui est tr&#232;s isol&#233;e et assez &#233;loign&#233;e pour qu'on y puisse appeler au secours sans &#234;tre entendu, je me demandais si notre jeune compagne aurait &#233;t&#233; bien contente de se trouver ainsi abandonn&#233;e et si la r&#232;gle que nous avions trouv&#233;e g&#234;nante n'avait pas &#233;t&#233; au contraire, cette fois, tr&#232;s opportune. Non loin de l&#224;, trois cierges br&#251;laient dans une grotte ferm&#233;e par une grille, devant un autel rustique, et de temps en temps une cloche annon&#231;ait quelque phase des pri&#232;res qui s'&#233;l&#232;vent &#224; toute heure de ce coin de terre sanctifi&#233; par des si&#232;cles d'humilit&#233;, de travail et d'abn&#233;gation.&lt;br class='autobr' /&gt;
Quand nous rentr&#226;mes, le temps paraissait avoir chang&#233;, le ciel se d&#233;couvrait, les nuages inqui&#233;tants qui, au cr&#233;puscule, nous avaient menac&#233;s de pluie et m&#234;me d'orage, avaient disparu, mais la temp&#233;rature devenait plus froide d'heure en heure et le vent du nord se levait, qui n'allait pas tarder &#224; devenir un v&#233;ritable mistral.&lt;br class='autobr' /&gt;
A 7 heures, le lendemain, nous op&#233;rions notre jonction avec les tand&#233;mistes, lev&#233;s avant nous et qui nous donn&#232;rent un avant-go&#251;t de la force du vent. Il leur avait fallu p&#233;daler m&#234;me &#224; la descente, pour venir de Grignan &#224; Aiguebelle. Alors, qu'est-ce que nous allions prendre pour remonter &#224; Saint-&#201;tienne&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! Ce pendant, nous donnant l'exemple, M... s'&#233;lance le premier, d&#233;cid&#233; &#224; lutter jusqu'au bout et, de fait, il arriva chez lui &#224; 18 heures, sans s'&#234;tre aid&#233; du grand fr&#232;re, ayant eu la bonne id&#233;e de remonter par la rive droite, mieux abrit&#233;e.&lt;br class='autobr' /&gt;
Quant aux autres St&#233;phanois, dont j'&#233;tais, nous pr&#238;mes tranquillement le train jusqu'&#224; St-Vallier o&#249; nous nous s&#233;par&#226;mes, mes compagnons pr&#233;f&#233;rant rentrer par la montagne, tandis que j'allais &#224; Givors utiliser mon billet de retour. La distance est exactement la m&#234;me, mais on &#233;vite par ce d&#233;tour la fatigue de la mont&#233;e, et nous r&#233;int&#233;gr&#226;mes, tous, nos domiciles respectifs entr&#233; 18 heures et 18 h. 1/2, avec nos sacs pleins de bo&#238;tes de chocolat et de flacons d'eau de m&#233;lisse de la Trappe.&lt;br class='autobr' /&gt;
Nos amis de Maillane furent ramen&#233;s chez eux tambour battant par le mistral &#224; des allures folles&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; les cyclotouristes de Montpellier, disposant de plus de temps, ne devaient rentrer que plus tard par le chemin des &#233;coliers.&lt;br class='autobr' /&gt;
Cette petite excursion automnale termine, pour moi tout au moins, la saison 1929 qui a &#233;t&#233;, bien remplie, sans pouvoir le comparer &#224; celles d'avant guerre, celle de 1912, par exemple. Mais le poids des ans se fait sentir&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; si je ne parviens pas &#224; le combattre l'an prochain, par la l&#233;g&#232;ret&#233; de mes trottinettes, je finirai par en &#234;tre &#233;cras&#233;&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;!	&lt;br class='autobr' /&gt;
V&#233;locio.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
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		<title>Siestes</title>
		<link>http://velotextes.fr/spip.php?article610</link>
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		<dc:date>2024-07-19T17:13:37Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>velovi</dc:creator>


		<dc:subject>Paul de Vivie, dit V&#233;locio</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;&#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;J'avais pris un peu d'avance sur mon compagnon, et navr&#233; d'&#234;tre, apr&#232;s une longue mont&#233;e, priv&#233; du plaisir d'une belle et facile descente, je mis pied &#224; terre, calai sur une pierre la p&#233;dale de ma bicyclette et allai m'&#233;tendre sur le gazon. Ah &lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! Excellente id&#233;e, et comme je retrouvai vite le calme et la patience philosophiques, qui sont qualit&#233;s de touriste et qui m'avaient abandonn&#233; un instant&#160;: un ciel d'une limpidit&#233; parfaite formait au-dessus de mon front une vo&#251;te azur&#233;e o&#249; les yeux ne se fatiguaient point &lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; le soleil m'envoyait des rayons obliques encore chauds, mais la brise tr&#232;s fra&#238;che qui soufflait sur ces hauteurs les temp&#233;rait et me les rendait agr&#233;ables et utiles, car j'aurais eu froid sans cela.&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;&lt;/p&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Sieste du cyclotouriste ou sieste du randonneur&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;!&lt;/p&gt;
&lt;section class=&#034;sommaire-section sommaire-section_niveau1 sommaire-section_h3&#034; aria-labelledby=&#034;Au-pays-du-soleil-1989&#034;&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034; id='Au-pays-du-soleil-1989'&gt;Au pays du soleil 1989&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;J'avais pris un peu d'avance sur mon compagnon, et navr&#233; d'&#234;tre, apr&#232;s une longue mont&#233;e, priv&#233; du plaisir d'une belle et facile descente, je mis pied &#224; terre, calai sur une pierre la p&#233;dale de ma bicyclette et allai m'&#233;tendre sur le gazon. Ah &lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! Excellente id&#233;e, et comme je retrouvai vite le calme et la patience philosophiques, qui sont qualit&#233;s de touriste et qui m'avaient abandonn&#233; un instant&#160;: un ciel d'une limpidit&#233; parfaite formait au-dessus de mon front une vo&#251;te azur&#233;e o&#249; les yeux ne se fatiguaient point &lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; le soleil m'envoyait des rayons obliques encore chauds, mais la brise tr&#232;s fra&#238;che qui soufflait sur ces hauteurs les temp&#233;rait et me les rendait agr&#233;ables et utiles, car j'aurais eu froid sans cela. Le thym et toutes les plantes aromatiques qui croissent sur les sommets de ces rocailleuses collines, o&#249; l'on tue d'excellents lapins, embaumaient l'air autour de moi. La silhouette l&#233;g&#232;re de ma monture se dessinait sur l'horizon et j'allais certainement lui d&#233;cocher quelques stances rim&#233;es (car je sentais le d&#233;mon po&#233;tique s'agiter en mon cerveau) dans lesquelles je l'aurais compar&#233;e au char d'Apollon ou &#224; P&#233;gase, peut-&#234;tre aussi &#224; Buc&#233;phale &lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; qui peut dire o&#249; s'arr&#234;tera, une fois lanc&#233;, un po&#232;te doubl&#233; d'un cycliste et &#224; quelles comparaisons invraisemblables il aura recours pour communiquer au lecteur l'enthousiasme dont il est d&#233;vor&#233;.&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;&lt;/p&gt;
&lt;/section&gt;&lt;section class=&#034;sommaire-section sommaire-section_niveau1 sommaire-section_h3&#034; aria-labelledby=&#034;Randonnee-Pascale-1905&#034;&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034; id='Randonnee-Pascale-1905'&gt;Randonn&#233;e Pascale 1905&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;Il m'arriva ce jour-l&#224;, apr&#232;s d&#233;jeuner, d'&#234;tre atteint pendant une heure ou deux de la maladie du sommeil d'une fa&#231;on si imp&#233;rieuse que je fus sur le point d'&#234;tre forc&#233; de m'arr&#234;ter et de dormir un instant sur le bord de la route. J'avais mang&#233; deux paquets de radis roses, sans me m&#233;fier des propri&#233;t&#233;s soporifiques de ce hors-d'&#339;uvre dont la pelure contient, para&#238;t-il, une substance opiac&#233;e&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; la vertu dormitive de cette substance aurait bien pu m'&#234;tre fatale et c'est pour cela que j'attire l'attention sur cet incident minuscule. Rien n'est dangereux en effet de s'endormir ou simplement de s'assoupir quand on est &#224; bicyclette, surtout &#224; une descente et sur une route d&#233;serte o&#249; la crainte de collision ne vous tient pas sur vos gardes, une chute dans ces conditions est forc&#233;ment dangereuse, car on ne se garantit pas avec les mains et l'on tombe brutalement sur la t&#234;te.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je ne me suis laiss&#233; choir ainsi qu'une fois en revenant du Ventoux, apr&#232;s deux nuits blanches, sans cons&#233;quence grave, parce que le hasard me fit tomber dans l'herbe&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; mais voici que le m&#234;me accident vient d'arriver coup sur coup &#224; deux de mes amis que le hasard a conduits sur des tas de pierres o&#249; des passants les ont recueillis dormant toujours, &#224; demi-assomm&#233;s par le choc et couverts de sang, car la t&#234;te avait port&#233; et l'&#233;piderme &#233;tait s&#233;rieusement entam&#233;. La caract&#233;ristique de ces chutes-l&#224;, c'est que les bras et les mains qui &#233;copent toujours d'habitude sont indemnes, preuve &#233;vidente qu'on &#233;tait d&#233;j&#224; inconscient quand la chute a en lieu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Donc, quand vous vous sentirez sollicit&#233; par une imp&#233;rieuse envie de dormir, n'y r&#233;sister pas&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; mettez pied &#224; terre et dormez&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; il suffit d'un quart d'heure de repos pour vous remettre d'aplomb&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; seulement, si le besoin de sommeil est le r&#233;sultat de la fatigue plut&#244;t que celui d'une digestion laborieuse ou de l'ingestion d'une substance soporifique, vous risquerez de rester endormi plus d'un quart d'heure si vous n'avez personne aupr&#232;s de vous pour vous r&#233;veiller&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; mais nous toucherions alors &#224; la fatigue anormale &#224; laquelle on ne doit jamais arriver&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;&lt;/p&gt;
&lt;/section&gt;&lt;section class=&#034;sommaire-section sommaire-section_niveau1 sommaire-section_h3&#034; aria-labelledby=&#034;Mon-14-juillet-1923&#034;&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034; id='Mon-14-juillet-1923'&gt;Mon 14&#160;juillet 1923&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;A 14 heures, je rentrais dans la fournaise, sans enthousiasme, et le voisinage de Roche-courbe, dont le profil caract&#233;ristique s'aper&#231;oit si nettement de nos montagnes, ne m'emballe pas. Je cherchais un coin de pr&#233; bien ombrag&#233; o&#249; j'aurais volontiers pris une heure de repos. Faute de grives, on se contente de merles et, faute d'un pr&#233;, je finis par m'&#233;tendre sur le talus de la route o&#249; je ne demeurai pas longtemps pour cause d'inconfortabilit&#233;.&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Extraits&#160;: Le Cycliste, Source Archives d&#233;partementales de la Loire, cote Per 1328 et &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;IJ871&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;/section&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Mon cher Velocio</title>
		<link>http://velotextes.fr/spip.php?article154</link>
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		<dc:date>2024-06-14T14:53:31Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>velovi</dc:creator>


		<dc:subject>Paul de Vivie, dit V&#233;locio</dc:subject>
		<dc:subject>Capitaine Perrache</dc:subject>
		<dc:subject>Avant 1900</dc:subject>
		<dc:subject>Lyon</dc:subject>
		<dc:subject>Saint-Etienne</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;&#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#8239;Vous faites une derni&#232;re objection, sans grande conviction, d'ailleurs, &#224; propos des roues l&#233;g&#232;res. Je vais y r&#233;pondre.&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;&lt;/p&gt;

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&lt;a href="http://velotextes.fr/spip.php?mot38" rel="tag"&gt;Saint-Etienne&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;Par Capitaine Perrache, dit L'homme de la montagne, Le Cycliste, Janvier 1898&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mon cher V&#233;locio,&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Vous faites une derni&#232;re objection, sans grande conviction, d'ailleurs, &#224; propos des roues l&#233;g&#232;res. Je vais y r&#233;pondre.&lt;br class='autobr' /&gt;
Nous avons vu qu'un all&#233;gement de 1 kg obtenu sur les roues seules a, pour tout changement de la vitesse, autant d'influence qu'un all&#233;gement de 2 kgs obtenu sur le cadre.&lt;br class='autobr' /&gt;
Par suite, deux machines ayant des roues identiques et pesant l'une 14, l'autre 16 kgs, se comporteront, au point de vue qui nous occupe, comme deux autres dont la diff&#233;rence de poids serait 1 kg, cette diff&#233;rence portant exclusivement sur les roues.&lt;br class='autobr' /&gt;
Nous pouvons donc ne plus parler de roues et comparer, par exemple, deux machines identiques, l'une d'elles &#233;tant munie d'un poids suppl&#233;mentaire de 2 kgs. Soient 14 et 16 kgs leurs poids respectifs.&lt;br class='autobr' /&gt;
Pendant la dur&#233;e du coup de p&#233;dale la vitesse instantan&#233;e varie &#224; chaque instant, croissant tant que le travail moteur sur la p&#233;dale est sup&#233;rieur au travail des r&#233;sistances (roulement, air, transmission), d&#233;croissant dans le cas contraire.&lt;br class='autobr' /&gt;
Si le cycliste passe son temps &#224; d&#233;marrer puis &#224; ralentir pour d&#233;marrer &#224; nouveau et ainsi de suite, en donnant sur les p&#233;dales de l'une et l'autre machine exactement les m&#234;mes pressions et contrepressions, et par suite d&#233;pensant le m&#234;me travail, sur la machine de 14 kgs la vitesse maxima sera plus vite atteinte, c'est vrai, mais, par contre, cette vitesse d&#233;cro&#238;tra plus vite sous l'action des contrepressions et des r&#233;sistances. Quant &#224; la vitesse moyenne, elle ne changera pas.&lt;br class='autobr' /&gt;
La machine l&#233;g&#232;re, en un mot, sera plus docile aux impulsions communiqu&#233;es dans l'un ou l'autre sens. En pratique est-ce un avantage&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;? Oui et non. Avec la machine de poids moindre vous arr&#234;terez plus facilement devant un obstacle impr&#233;vu, vous acc&#233;l&#233;rerez plus rapidement pour doubler une voiture (pour d&#233;marrer en course). Par contre, le passage sur un cailloutis, sur un tas de boue, sur une bande d'accotement, le choc contre une pierre saillante vous ralentiront davantage.&lt;br class='autobr' /&gt;
Mais, en r&#233;alit&#233;, les variations possibles sur le poids des roues ne peuvent, vu la grandeur relative consid&#233;rable du poids total (cycliste et machine), influer sur la docilit&#233; de la machine qu'&#224; une &#233;chelle tout &#224; fait restreinte et les effets en sont &#224; peu pr&#232;s inappr&#233;ciables directement.&lt;br class='autobr' /&gt;
Vous &#234;tes all&#233; de Saint-Etienne &#224; Lyon avec un poids de 20 kgs suspendu au cadre. Vous aviez, bien entendu, un suppl&#233;ment de tirage r&#233;sultant de cet exc&#232;s de poids, mais la machine vous a-t-elle paru beaucoup moins maniable, moins docile&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;?&lt;br class='autobr' /&gt;
Elle se mettait en vitesse et se ralentissait moins facilement, sans doute, mais pensez-vous que pendant la marche elle-m&#234;me elle ait demand&#233; une d&#233;pense de travail autre que celle, r&#233;sultant de l'exc&#232;s de poids&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;?&lt;br class='autobr' /&gt;
Ce n'est gu&#232;re probable. Voyez plut&#244;t. Votre dur&#233;e de parcours a &#233;t&#233; de 3 h. 30, je crois, avec vitesse moyenne de 18 kilom&#232;tres et les 20 kgs vous ont fait perdre, m'avez-vous dit, vingt minutes.&lt;br class='autobr' /&gt;
Prenons ces chiffres qui, &#233;videmment, ne sont qu'approch&#233;s.&lt;br class='autobr' /&gt;
Perte : une minute par kilogramme en 3 h. 30, soit 86 m&#232;tres &#224; l'heure. Et dire qu'il y a des cyclistes qui se croient tr&#232;s avis&#233;s en se privant de tout pour all&#233;ger leurs machines&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;!&lt;br class='autobr' /&gt;
Si je cherche par l'&#233;ternelle formule quelle doit &#234;tre la perte sur un sol &#224; coefficient de frottement 0,01, je trouve 61 m&#232;tres &#224; l'heure.&lt;br class='autobr' /&gt;
Vous avez perdu plus, c'est vrai : mais il y a bien des raisons pour ne pas retrouver exactement le chiffre calcul&#233;.&lt;br class='autobr' /&gt;
En tout cas, vous voyez bien que vous n'avez gu&#232;re gaspill&#233; du fait des incessants d&#233;marrages &#224; chaque coup de p&#233;dale. Et cependant vous &#233;tiez dans le m&#234;me cas que si vous aviez fix&#233; &#224; chaque roue une surcharge de 5 kgs.&lt;br class='autobr' /&gt;
Votre &#233;norme surcharge vous a, en somme, autant aid&#233;, pouss&#233;, pendant les ralentissements qu'elle vous a retenu pendant les acc&#233;l&#233;rations.&lt;br class='autobr' /&gt;
H&#233;las&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! Je me doute de la fa&#231;on dont se font couramment les exp&#233;riences qui fixent l'opinion du plus grand nombre.&lt;br class='autobr' /&gt;
Voici un cycliste qui s'est offert &#224; grands frais une paire de roues en hydrog&#232;ne, ayant vaguement entendu dire que les r&#233;sultats en &#233;taient merveilleux.&lt;br class='autobr' /&gt;
Il saute en selle et cherche son record sur un parcours connu. Pendant toute sa course il ne cesse, &#233;videmment, de se r&#233;p&#233;ter : Dieu que ce serait b&#234;te de perdre une minute avec des roues qui, para&#238;t-il, font gagner des kilom&#232;tres, mais en tout cas m'ont co&#251;t&#233; fort cher.&lt;br class='autobr' /&gt;
Il p&#233;dale alors rageusement. Gain : quatre minutes. Conclusion : les roues l&#233;g&#232;res font gagner deux kilom&#232;tres &#224; l'heure. .&lt;br class='autobr' /&gt;
Ne lui demandez pas quelles pr&#233;cautions il a prises pour &#234;tre s&#251;r de ne pas fournir aux roues de ses r&#234;ves plus de travail qu'aux autres. Sa conviction est que le moteur humain r&#232;gle sa d&#233;pense &#224; un kilogramm&#232;tre pr&#232;s. Il suffit de le vouloir.&lt;br class='autobr' /&gt;
Mais s'il en &#233;tait ainsi, avec une m&#234;me machine, n'ayant sur soi ni montre, ni v&#233;locim&#232;tre, p&#233;dalant m&#234;me les yeux band&#233;s pour ne pas r&#233;gler sa vitesse &#224; vue, ne devrait-on pas couvrir en une heure sur une m&#234;me route, toujours rigoureusement le m&#234;me parcours &#224; quelques jours d'intervalle.&lt;br class='autobr' /&gt;
Eh bien&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! faites-en l'essai, et vous m'en direz des nouvelles.&lt;br class='autobr' /&gt;
Et d'ailleurs supposons que vous soyez arriv&#233; trois jours de suite &#224; &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#8239;faire&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; rigoureusement le m&#234;me temps.&lt;br class='autobr' /&gt;
Je vous r&#233;pondrai : pur hasard.&lt;br class='autobr' /&gt;
Vous n'avez donc pas remarqu&#233; que le premier jour le sol &#233;tait nettement plus humide que le troisi&#232;me. Le frottement de roulement &#233;tait alors plus fort : donc, ce jour-l&#224;, vous avez d&#233;pens&#233; plus.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le deuxi&#232;me jour vous avez &#233;t&#233; aid&#233; &#224; votre insu par un vent d'un m&#232;tre par seconde, dont vous n'aviez m&#234;me pas suppos&#233; l'existence. Le calcul montre qu'&#224; lui seul il devait vous faire gagner plusieurs kilom&#232;tres, si vous aviez r&#233;ellement fourni le m&#234;me travail. Mais, content de votre allure, vous avez fl&#226;n&#233; sans en avoir conscience.&lt;br class='autobr' /&gt;
Pendant les trois jours les pneus &#233;taient-ils toujours gonfl&#233;s exactement &#224; la m&#234;me pression, les roulements &#233;galement r&#233;gl&#233;s, la cha&#238;ne &#233;galement propre, etc., la pression atmosph&#233;rique, oui, la pression, &#233;tait-elle sensiblement constante&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;? Je n'en finirais pas.&lt;br class='autobr' /&gt;
Non : il faut en prendre son parti. L'exp&#233;rimentation directe, globale, est un proc&#233;d&#233; essentiellement primitif, grossier, barbare, &#233;tant donn&#233; surtout qu'elle a pour base le moteur humain, plus fantasque, plus quinteux que le moteur &#224; p&#233;trole lui-m&#234;me.&lt;br class='autobr' /&gt;
Avec elle on ne peut gu&#232;re songer qu'&#224; d&#233;couvrir des v&#233;rit&#233;s de La Palisse lorsqu'on n'arrive pas &#224; des conclusions rigoureusement fausses.&lt;br class='autobr' /&gt;
Elle est incapable d'&#233;clairer sur la valeur r&#233;elle ou relative de chacun des mille facteurs qui superposent, embrouillent leurs effets comme &#224; plaisir.&lt;br class='autobr' /&gt;
Seuls des essais sp&#233;ciaux, des exp&#233;riences de laboratoire, pour ainsi dire, peuvent aboutir. L&#224;, on torture les conditions de l'essai de fa&#231;on &#224; &#233;liminer dans la mesure du possible tout ce qui est &#233;tranger au point sp&#233;cial qu'on se propose d'&#233;lucider.&lt;br class='autobr' /&gt;
C'est ainsi, d'ailleurs, que l'on proc&#232;de dans toutes les branches de la science. La fameuse petite reine n'est, en somme, qu'un m&#233;canisme comme un autre et, par suite, soumis humblement, comme ses cong&#233;n&#232;res, aux lois g&#233;n&#233;rales de la m&#233;canique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;HOMME&lt;/span&gt; &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;DE&lt;/span&gt; &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;LA&lt;/span&gt; &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;MONTAGNE&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>PNEUS BALLONS</title>
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		<dc:subject>Paul de Vivie, dit V&#233;locio</dc:subject>
		<dc:subject>Ballon n&#176;1 Aumon</dc:subject>

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&lt;p&gt;Mettrons-nous des Ballons sur notre nouvelle monture, et lesquels&#160;: les fa&#231;on-main &#224; haut rendement, mais plus fragiles, ou les moul&#233;s &#224; moindre rendement, mais plus solides&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;? Cette question est plus que jamais &#224; l'ordre du jour chez les cyclotouristes, les randonneurs et surtout chez les utilitaires qui se servent journellement de la bicyclette pour aller et venir sur les pav&#233;s et les mauvais chemins. Or, je puis aujourd'hui m'appuyer sur d'autres exp&#233;riences que les miennes, ce qu'il&#160;(&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Mettrons-nous des Ballons sur notre nouvelle monture, et lesquels&#160;: les fa&#231;on-main &#224; haut rendement, mais plus fragiles, ou les moul&#233;s &#224; moindre rendement, mais plus solides&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;?&lt;br class='autobr' /&gt;
Cette question est plus que jamais &#224; l'ordre du jour chez les cyclotouristes, les randonneurs et surtout chez les utilitaires qui se servent journellement de la bicyclette pour aller et venir sur les pav&#233;s et les mauvais chemins.&lt;br class='autobr' /&gt;
Or, je puis aujourd'hui m'appuyer sur d'autres exp&#233;riences que les miennes, ce qu'il m'&#233;tait impossible de faire l'an dernier, et quoique mes conclusions, en ce qui me concerne, n'aient pas vari&#233;, je suis bien forc&#233; de tenir compte des conclusions auxquelles sont arriv&#233;s bon nombre de lecteurs du Cycliste qui, apr&#232;s un essai loyal des fa&#231;on-main et des moul&#233;s, se d&#233;clarent partisans de ceux-ci, malgr&#233; leur mauvais rendement.&lt;br class='autobr' /&gt;
Et pourquoi, leur ai-je demand&#233;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;? Parce que les fa&#231;on-main sont d&#233;licats, craignent l'humidit&#233; qui les d&#233;colle, les &#233;pines, les grains de silex et de verre qui s'incrustent dans la gomme tendre et s'y enfon&#231;ant peu &#224; peu, arrivent aux fils biais que l'eau, p&#233;n&#233;trant &#224; leur suite, noircit, d&#233;sunit et pourrit. A tons ces petits ennemis, le moul&#233; oppose son bouclier de caoutchouc durci au feu et reste plus longtemps invuln&#233;rable. C'est pourquoi nous concluons, disent les utilitaires, en faveur des pneus moul&#233;s qui nous prot&#232;gent autant que les fa&#231;on-main contre les tr&#233;pidations et qui ne nous g&#234;nent pas d'autre part, puisque nous ne tenons pas &#224; faire de la vitesse. Cependant, continuent-ils, si nous devions quelque jour nous servir de notre Bonne-&#224;-tout-faire pour les promenades du dimanche et quelques excursions estivales, nous aurions une autre paire d'enveloppes fa&#231;on-main, extra-souples et nous donnant cette sensation de l'envol sur le pav&#233;, caract&#233;ristique des vrais Ballons, et qui nous servirait en ces circonstances.&lt;br class='autobr' /&gt;
Voil&#224;, en effet, la bonne solution quand on ne veut pas avoir deux bicyclettes au garage, l'utilitaire et la randonneuse, solution incomparablement pr&#233;f&#233;rable pourtant, car ce n'est pas seulement par la qualit&#233; des pneus que ces deux bicyclettes doivent diff&#233;rer entre elles. La premi&#232;re doit &#234;tre avant tout simple et fruste, indiff&#233;rente &#224; la pluie et &#224; la boue et n'exigeant d'autre entretien que le graissage de la cha&#238;ne, monox&#233;e, ou, si le terrain l'exige, lux&#233;e par un syst&#232;me primitif quelconque ne r&#233;clamant jamais de soins, qu'on n'a pas le temps d'ailleurs de lui donner. La seconde, au contraire, devra &#234;tre munie de tous les perfectionnements imagin&#233;s pour en rendre |a propulsion plus facile, m&#234;me s'ils entra&#238;nent quelques complications, comme un grain sombre de vitesses en marche, ou quelque fragilit&#233;, comme des pneus Ballons de luxe, coll&#233;s &#224; la main et demi-couverts. La randonneuse exigera de vous plus d'attention, plus de soins&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; vous ne l'exposerez au mauvais temps que si vous ne pouvez faire autrement&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; vous devez ensuite la nettoyer et la remettre au point&#160;: m&#234;me en cours de route, vous devez lui accorder quelque attention et rechercher la cause du moindre bruit insolite. Bref, elle sera le d&#233;licat pur sang que son propri&#233;taire entoure de soins pour lui demander son maximum de temps en temps, tandis que l'utilitaire sera le robuste cheval de ferme qui va toujours son petit train r&#233;gulier, m&#234;me si on le n&#233;glige.&lt;br class='autobr' /&gt;
Deux montures bien distinctes ont donc leur raison d'&#234;tre, mais si l'on ne doit en avoir qu'une, qu'on s'arrange pour qu'on puisse en quelques minutes, en remplacer au moins les pneus qui, au point de vue du rendement, augmentent ou diminuent de 50 le coefficient de roulement d'une bicyclette de tourisme. V&#233;rit&#233; dont on ne commence &#224; se douter que lorsqu'on veut suivre jusqu'au soir un randonneur convenablement outill&#233; qui ne se sent bien en train qu'apr&#232;s deux cents kilom&#232;tres, et dont l'allure ensuite va crescendo. Les coureurs le savent bien et il faut voir avec quel soin minutieux ils font &#233;tablir leurs pneumatiques dont le calibre va en augmentant d'ann&#233;e en ann&#233;e et qui, nous dit-on, auront bient&#244;t eux aussi, peut-&#234;tre d&#232;s cette ann&#233;e, des Ballons sous forme de boyaux de 40, voire de 50mm, et ce ne seront pas des moul&#233;s, je vous l'assure.&lt;br class='autobr' /&gt;
Mais tr&#234;ve de ces consid&#233;rations g&#233;n&#233;rales&#160;: serrons la question de plus pr&#232;s et exposons l' exp&#233;riences que j'ai faites aux lieu et place de mes ordinaires promenades dominicales, pendant ce mois de janvier, pour t&#226;cher de d&#233;terminer le rendement respectif des deux qualit&#233;s de Ballons qu'on trouve sur le march&#233;&#160;: les fa&#231;on-main et les moul&#233;s, en attendant ceux de luxe extraordinairement l&#233;gers, &#224; super rendement, que nous entrevoyons dans les coulisses. Je me suis donc astreint &#224; parcourir tous les dimanches, entre 7 heures et midi, sur l'excellente route nationale 82, tant&#244;t 94, tant&#244;t 76 km., suivant que, &#233;tant parti de la borne 62, j'allais virer &#224; Balbigny devant la borne 22, ou &#224; Feurs, devant la borne 31. Il y a sur ce parcours 25 km. (de la borne 56 &#224; la borne 31) &#224; peu pr&#232;s plats qui, depuis longtemps, me servent de crit&#233;rium. Quand je les fais en une heure, sans vent appr&#233;ciable, je suis content de moi et de ma machine. Dans toutes ces exp&#233;riences, je me suis servis de la m&#234;me bicyclette Aumon et du m&#234;me d&#233;veloppement, 6 m. 12, afin que la diff&#233;rence de rendement ne port&#226;t que sur les pneus.&lt;br class='autobr' /&gt;
Avec les fa&#231;on-main, je fis, le 8&#160;janvier, les 25 km en 57 minutes, sans vent&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; le 15&#160;janvier, en 53 minutes avec l&#233;ger vent favorable Avec pneus moul&#233;s de tr&#232;s bonne marque, le 22&#160;janvier avec bon vent dans le dos, il me fallut 59 minutes. Pour ces m&#234;mes 25 km., et le 29&#160;janvier, avec vent favorable encore, mais moins fort, il me fallut 65 minutes. Ces deux derni&#232;res exp&#233;riences se termin&#232;rent &#224; Feurs, afin de n'avoir pas &#224; lutter trop longtemps contre le vent du midi dont la force, chaque fois, alla crescendo de 7 heures &#224; midi, si bien que ma vitesse horaire qui, les 8 et 15&#160;janvier, avait &#233;t&#233; de 19 km. pendant 94 km., tomba, les 22 et 29&#160;janvier, &#224; 14 &#224; l'heure 16 km.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pendant ces exp&#233;riences o&#249; je me d&#233;pensais comme j'ai l'habitude de le faire au cours de mes randonn&#233;es, je fis une autre exp&#233;rience qui, r&#233;p&#233;t&#233;e &#224; plusieurs reprises avec le m&#234;me r&#233;sultat me semble concluante. Sur le m&#234;me kilom&#232;tre &#224; l'aller, avec vent favorable, et au retour contre le m&#234;me vent, je comptai 163 tours de p&#233;dale dans le premier cas et 164 dans le second. Quand on appuie plus fortement sur la p&#233;dale, le pneu ballon mod&#233;r&#233;ment gonfl&#233;, s'&#233;crase davantage et le d&#233;veloppement se trouve par le fait diminu&#233;. Il est &#233;vident que si, au lieu de ballons, j'avais eu autour de mes jantes des lames de patin, ce ph&#233;nom&#232;ne ne se serait pas produit&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; non plus sans doute qu'avec un boyau minuscule gonfl&#233; &#224; bloc. On parle en Angleterre de faire des pistes de v&#233;lodrome en acier et de remplacer les pneus par des lames de patin justement&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; la vitesse en serait s&#251;rement augment&#233;e&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; en tous les cas, ce n'est pas sur ces pistes-l&#224; que les ballons auraient leur raison d'&#234;tre, et dame Routine, qui critique toutes les innovations &#224; tort et &#224; travers, triompherait.&lt;br class='autobr' /&gt;
Mais ce n'est pas pour la piste, ni m&#234;me pour les routes excellentes dont nous trouvons &#231;&#224; et l&#224; quelques &#233;chantillons, que nous disons les Ballons sup&#233;rieurs, c'est pour les quatre-vingt-dix-neuf centi&#232;mes des routes fran&#231;aises sur lesquelles, sans eux, ne peuvent p&#233;daler agr&#233;ablement, autrement qu'&#224; des allures de tortue, que les heureux mortels que les tr&#233;pidations n'affectent en aucune fa&#231;on et qui se retrouvent aussi dispos apr&#232;s avoir &#233;t&#233; secou&#233;s pendant 300 km. qu'&#224; leur d&#233;part. Mais de ces cyclistes-l&#224;, je n'en connais pas, et tous ceux que je connais se plaignent d'&#234;tre arr&#234;t&#233;s par les tr&#233;pidations, plut&#244;t que par la fatigue musculaire. Est-ce que les professionnels eux-m&#234;mes, les &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;as&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; du Tour de France, n'augmentent pas d'ann&#233;e en ann&#233;e le calibre de leurs boyaux&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;? Ne sont-ils pas d&#233;j&#224; aux boyaux de 36 et m&#234;me de 40&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;? Ne leur pr&#233;pare-t-on pas des boyaux Ballons&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;? Si les coureurs, rompus &#224; leur dur m&#233;tier, se d&#233;fendent ainsi contre les tr&#233;pidations dans le but d'augmenter leur allure commerciale, et du m&#234;me coup leur rendement final, les cyclotouristes et les randonneurs ne doivent-ils pas les imiter, soit pour pouvoir allonger leurs &#233;tapes, soit pour se fatiguer moins&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;? Nous les avons vus, ces coureurs et nous les verrons de plus en plus proportionner le calibre de leurs boyaux &#224; la surface de roulement des routes, comme ils proportionnent depuis longtemps leur d&#233;veloppement au profil de ces m&#234;mes routes&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; car il leur est permis de s'&#233;quiper diff&#233;remment pour chaque &#233;tape et m&#234;me pour des parties d'une m&#234;me &#233;tape. Pour une &#233;tape sur routes pav&#233;es, ils prendront des boyaux Ballons et pour une &#233;tape sur monolastic, des boyaux de 26. Ils constateront &#233;videmment, comme je l'ai constat&#233; moi-m&#234;me, que le Ballon ne leur permettra pas les d&#233;marrages foudroyants, mais qu'ils tiendront le coup beaucoup plus facilement et qu'ils n'auront pas besoin de d&#233;marrer &#224; l'arriv&#233;e contre des concurrents mont&#233;s sur des pneus brise-os, parce qu'ils les auront l&#226;ch&#233;s au train depuis longtemps.&lt;br class='autobr' /&gt;
Ce sont l&#224; des v&#233;rit&#233;s trop &#233;clatantes pour rester longtemps sous le boisseau, malgr&#233; les efforts des organisateurs des courses qui ont proscrit successivement tous les perfectionnements&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; d'abord la bicyclette, parce que sup&#233;rieure au grand Bi, puis le pneu sup&#233;rieur au plein, puis la roue libre, puis la poly&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; ils sont bien capables aujourd'hui de limiter la grosseur des boyaux et d'imposer aux for&#231;ats de la route des brise-os de 26mm&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! Tout cela pour que les huit millions de cyclistes fran&#231;ais ne r&#233;clament pas du toujours mieux et pour permettre aux constructeurs de fabriquer cycles et pneus &#224; la grosse. &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;R&#233;jouissez-vous, cyclistes grands et petits, nous a cri&#233; le &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;T. C.&lt;/span&gt; F., vous n'aurez plus qu'une seule hauteur de cadre&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! Esbaudissez-vous, cyclistes jeunes et vieux, aux membres souples ou raidis par l'&#226;ge, nous disent les gros caoutchoutiers, nous allons vous rationaliser, nous ne vous livrerons plus qu'un pneu standard que vous gonflerez d'autant plus dur qu'il sera plus petit et dont, nous diminuerons d'ann&#233;e en ann&#233;e le calibre, afin que vos d&#233;marrages soient de plus en plus impressionnants et que nous gagnions nous-m&#234;mes davantage.&lt;br class='autobr' /&gt;
Je fus, en ma jeunesse, employ&#233; dans une maison de commission qui avait, &#224; Constantinople, un client auquel on vendait &#224; tant le m&#232;tre un certain ruban qu'il revendait &#224; tant la pi&#232;ce&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; la pi&#232;ce comportait un rectangle de carton, entour&#233; d'un splendide chromo repr&#233;sentant une plantureuse odalisque&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; le ruban &#233;tait enroul&#233; sur la planchette et les deux derniers tours seulement se voyaient &#224; l'ext&#233;rieur encadrant la belle image. Il y avait eu autrefois jusqu'&#224; dix m&#232;tres de ruban &#224; la pi&#232;ce, c'&#233;tait la longueur r&#233;glementaire, mais, &#224; chaque commande, le Turc, roublard, avait rogn&#233; un ou deux m&#232;tres et il en &#233;tait arriv&#233; &#224; ne faire mettre sur la planchette que juste la longueur indispensable pour que l'on v&#238;t toujours sur l'&#233;tiquette les deux derniers tours&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; la pi&#232;ce ne contenait ainsi pas m&#234;me un m&#232;tre de ruban au lieu de dix&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; comme on revendait &#224; la pi&#232;ce et non au m&#232;tre, on ne pouvait prendre personne en d&#233;faut. Ainsi ont fait les fabricants de pneus&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; ils ne vendent plus du 38 ou du 35mm, ils vendent du standard, et le standard ne comportant pas d'obligation de calibre, ils le font de plus en plus petit et nous finirons par rouler sur la jante.&lt;br class='autobr' /&gt;
Il ne faudrait pas cependant que sous le fallacieux pr&#233;texte que plus le pneu est gros, plus il a de l'adh&#233;rence et plus il tire, on nous r&#233;duise &#224; cette extr&#233;mit&#233;. Plus le pneu est gros au contraire, mieux il roule, &#224; pression &#233;gale. Si vous gonflez &#224; bloc un standard et mollement un ballon, celui-ci d&#233;valera moins vite, et si vous gonflez &#224; bloc le ballon et mollement le standard, ce sera le contraire, et l'on sera par surcro&#238;t terriblement secou&#233;. Dans le Cycliste de f&#233;vrier 1898, le capitaine Perrache a publi&#233; une &#233;tude int&#233;ressante sur le tirage des pneus, &#224; la suite d'une s&#233;rie d'exp&#233;riences faites par lui avec la pr&#233;cision et la conscience qu'il apportait &#224; tous ses travaux. Il avait constat&#233;, par la m&#233;thode de la pente, que, sur un terrain ferme et uni, ce que nous appelons une bonne route, des gros pneus Michelin de 50mm (les ballons de l'&#233;poque), gonfl&#233;s &#224; bloc, atteignaient, au bout de 700 m&#232;tres, la vitesse horaire de 14 km. 700&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; gonfl&#233;s mod&#233;r&#233;ment, celle de 12 km. 700 et gonfl&#233;s juste assez pour ne pas talonner, celle de 11 km. 100. Chaque essai avait &#233;t&#233; r&#233;p&#233;t&#233; trois fois, et ces chiffres &#233;taient une moyenne. On peut donc les tenir pour exacts. Un abonn&#233; du Cycliste vient de m'&#233;crire, en me l'appelant cette &#233;tude du capitaine Perrache, qu'il voyait l&#224; la condamnation du Ballon. Je ne suis pas de cet avis. Perrache comparait entre eux diff&#233;rents &#233;tats d'un m&#234;me pneumatique&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; que celui-ci f&#251;t un ballon de 50mm ou un boyau de 28mm, les r&#233;sultats ne pouvaient qu'&#234;tre les m&#234;mes. Or, il s'agit pour nous de comparer sur le terrain par la m&#234;me m&#233;thode de la pente, les pneus Ballons avec les standard de 32/35mm ou les boyaux Ballons avec les boyaux crayon, les uns et les autres d'abord gonfl&#233;s &#224; bloc, puis mod&#233;r&#233;ment, et enfin aussi peu que possible. Cette exp&#233;rience a &#233;t&#233;, depuis un an, faite et refaite maintes fois, et toujours les Ballons fa&#231;on-main l'ont emport&#233; de beaucoup sur les standard et m&#234;me sur les boyaux&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; plus est rugueuse la pente sur laquelle on laisse descendre les uns et les autres, plus loin vont les Ballons, m&#234;me s'ils ne sont que mod&#233;r&#233;ment gonfl&#233;s et, sur le pav&#233;, leur sup&#233;riorit&#233; est &#233;crasante. Sur un sol forme et uni, une piste par exemple, le Ballon gonfl&#233; mod&#233;r&#233;ment perd son avantage, mais gonfl&#233; &#224; bloc comme ses adversaires, il finit par les battre quand la pente se termine en palier et que seul importe le coefficient de roulement, la r&#233;sistance de l'air se trouvant diminu&#233;e au fur et &#224; mesure du ralentissement.&lt;br class='autobr' /&gt;
Mais je n'ai jamais pr&#233;conis&#233; l'emploi du Ballon sur piste ni sur sol ferme et uni&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; je l'ai recommand&#233; pour la bicyclette de tourisme, qui roule plus souvent sur un terrain mou et raboteux que sur un billard. Et, sur ce terrain, il est imbattable, aussi bien &#224; la mont&#233;e et en palier qu'&#224; la descente.&lt;br class='autobr' /&gt;
Son plus grand avantage n'est pourtant pas dans son roulement sup&#233;rieur&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; il est dans le soulagement qu'il nous procure au cours et &#224; la fin d'une longue randonn&#233;e, en r&#233;duisant &#224; bien peu de chose la fatigue de la tr&#233;pidation et en nous permettant par cela m&#234;me de faire l'&#233;tape plus longue et d'arriver d'autant plus vite au but que ce but est plus &#233;loign&#233;, bien que pour cela nous ayons renonc&#233; au coefficient de 14,7 du gonflement &#224; bloc et que nous nous soyons content&#233;s du coefficient de 12,7. &lt;br class='autobr' /&gt;
Il serait, en effet, stupide de gonfler &#224; bloc un pneu ballon et, pour le mince avantage de ne pas se laisser d&#233;passer de temps &#224; autre sur tr&#232;s bonne route, de se condamner &#224; bondir et &#224; rebondir sur des pneus incapables de boire les obstacles et d'aplanir les mauvaises routes, parce que gonfl&#233;s trop dur.&lt;br class='autobr' /&gt;
Mais voyez comme il est facile &#224; qui que ce soit de se rendre compte personnellement de la r&#233;alit&#233; de mes assertions. Je suppose que vous poss&#233;diez une bicyclette d'autrefois &#224; fourches assez larges pour admettre des pneus de 50mm et des jantes C &#233;troites (35mm de bord &#224; bord). Sur ces jantes peuvent &#234;tre plac&#233;s des pneus de tout calibre, on en trouve encore heureusement, malgr&#233; la standardisation en jante B, qui a bien &#233;t&#233; la plus inutile, la plus absurde innovation, alors qu'on &#233;tait, depuis plus de vingt ans, standardis&#233; en jante G. En trente minutes, vous pouvez remplacer vos pneus et, tant&#244;t avec des 35mm, tant&#244;t avec des 42mm, tant&#244;t avec des 50mm, de qualit&#233; identique bien entendu, faites et refaites un m&#234;me trajet d'une centaine de kilom&#232;tres, en poussant comme si vous aviez le diable &#224; vos trousses&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; ne vous servez que d'un seul et m&#234;me d&#233;veloppement moyen&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; que d'un terrain d'&#233;preuve, tou-&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; jours le m&#234;me naturellement, soit quelque peu accident&#233; et que les conditions atmosph&#233;riques, de m&#234;me que l'&#233;bat du sol restent &#224; peu pr&#232;s semblables. En proc&#233;dant ainsi, apr&#232;s avoir chass&#233; de votre esprit tout pr&#233;jug&#233;, tout parti pris et tout amour propre, vous en viendrez &#224; cette conclusion &#224; laquelle je suis venu moi-m&#234;me en 1904, apr&#232;s maintes exp&#233;riences&#160;: que, pour faire de la route agr&#233;ablement avec le minimum de fatigue et le maximum de r&#233;sultats (vitesse commerciale et longueur d'&#233;tape), rien ne vaut le pneu de gros calibre, mince et l&#233;ger, souple et extensible dans tous les sens, c'est-&#224;-dire en fils biais tendus autour des tringles suivant un angle de 45&#176; avec le plan transversal de la jante, d&#233;couverts sur les c&#244;t&#233;s ou simplement prot&#233;g&#233;s contre l'humidit&#233; par de la feuille anglaise avec une bande de roulement de largeur convenable en pur para. Tel est le pneu qui se rapproche le plus du bandage id&#233;al&#160;: une couronne d'air comprim&#233; extensible dans tous les directions. Mais un id&#233;al ne peut &#234;tre qu'approch&#233; et nous nous en approchons aujourd'hui par trois types de pneus ballons entre lesquels il nous faut choisir&#160;: le moul&#233;, le fa&#231;on-main et le toile apparente. Ce dernier est un pneu de luxe qui co&#251;te sensiblement plus cher, est beaucoup plus l&#233;ger, mais peut-&#234;tre plus vuln&#233;rable et qui, pour toutes ces raisons, ne convient qu'aux dilettanti, &#224; ceux qui prennent leurs responsabilit&#233;s et courent leur chance&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; je me borne donc &#224; le signaler. Le moul&#233; semble, de tous, le plus robuste et quoique son rendement soit un peu moindre, il conviendra sans doute au plus grand nombre, aux cyclistes utilitaires qui se servent de leur v&#233;lo pour aller tous les jours &#224; l'atelier ou au bureau et, s'il en est parmi eux qui, le dimanche, utilisent leur machine pour excursionner, ils remplaceront comme d&#233;j&#224; dit, ce jour-l&#224;, les moul&#233;s par des fa&#231;on-main qui seront, eux, les pneus des cyclotouristes au long cours et des randonneurs &#224; la mode st&#233;phanoise. Tels sont ceux que j'ai trouv&#233;s sur la bicyclette que M.&#160;Aumon me confia, il y a juste un an, pour l'essayer &#224; fond sur tous les terrains o&#249; j'ai l'habitude de rouler et qui ne sont pas toujours des pistes, ah&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! fichtre non&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! et je ne crois pas qu'on puisse trouver actuellement sur d'autres routes nationales 54 km. d'affil&#233;e aussi coriaces que ceux qui s&#233;parent Saint-Etienne d'Andance, sur les bords du Rh&#244;ne et que je me vois forc&#233; de franchir &#224; l'aller comme au retour de mes fr&#233;quentes descentes dans la belle vall&#233;e rhodanienne. Cette bicyclette finit son premier cycle de douze mois, avec 7.000 km., un peu plus m&#234;me, parce que je l'ai souvent pr&#234;t&#233;e, sans tenir compte des kilom&#232;tres parcourus par les emprunteurs. Que la bicyclette elle-m&#234;me ait tenu bon, cela n'a rien de surprenant, et la plus modeste Gauloise, sans parler des grandes marques st&#233;phanoises, en ferait autant, mais je n'ai jamais chang&#233; les pneus que pour quelques essais comparatifs d'autres ballons moul&#233;s ou &#224; toile apparente. Voil&#224; donc des fa&#231;on-main qui ont r&#233;sist&#233; &#224; 7.000 km. et qui me semblent bons encore pour 3.000.&lt;br class='autobr' /&gt;
A la v&#233;rit&#233;, je les ai soign&#233;s et les petites am&#233;liorations que je leur ai apport&#233;es m'ont bien co&#251;t&#233; une vingtaine de francs. Quand je me suis aper&#231;u que la gomme se ger&#231;urait au niveau des rebords de la jante, &#224; la suite du fl&#233;chissement continu du boudin peu gonfl&#233;, j'ai fait coller des rubans de caoutchouc mince qui ont couvert ces ger&#231;ures par o&#249; l'on voyait d&#233;j&#224; la toile, et elles ne se sont plus reproduites&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; plus tard, j'ai constat&#233; que les fils biais eux-m&#234;mes souffraient de cette constante friction entre la jante et la tringle, que quelques-uns &#233;taient m&#234;me coup&#233;s et que si je n'y portais rem&#232;de, la chambre, bien que peu gonfl&#233;e, ne tarderait pas &#224; profiter de la porte ouverte et &#224; &#233;clater. J'ai fait alors placer &#224; cheval sur les tringles un ruban de toile sur celle des enveloppes o&#249; le fil biais avait d&#233;j&#224; &#233;t&#233; cisaill&#233;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; de caoutchouc mince sur celle qui avait r&#233;sist&#233; au cisaillement, et je crois avoir trouv&#233; le bon rem&#232;de. Je conseille donc aux fabricants et aux usagers des fa&#231;on-main de fixer, sans attendre que les fils biais soient us&#233;s ou la gomme craquel&#233;e, &#224; cheval sur les tringles, un ruban de caoutchouc mince assez large pour d&#233;border la tringle d'un centim&#232;tre &#224; l'int&#233;rieur et de deux centim&#232;tres &#224; l'ext&#233;rieur. L'incessant va et vient d'une enveloppe &#224; basse pression (et je roule toujours aussi peu gonfl&#233; que possible, sauf aux mont&#233;es et aux descentes pour des motifs diff&#233;rents&#160;: &#224; la mont&#233;e pour diminuer l'aplatissement du pneu sous la pression &#233;nergique, &#224; la descente pour &#233;chapper aux pin&#231;ons) fatigue &#233;norm&#233;ment le tissu et la gomme qui sont press&#233;s entre la tringle et le bord de la jante&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; il faut donc renforcer cette partie des enveloppes ballon, et les moul&#233;s eux-m&#234;mes, qui sont mieux immunis&#233;s par la pression &#224; chaud du caoutchouc et de la toile, gagneraient &#224; ce renforcement.&lt;br class='autobr' /&gt;
J'ai donc surveill&#233; mes Ballons et leur ai donn&#233; des soins qui me vaudront de les voir vivre pendant dix mille kilom&#232;tres&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; que tous les ballonnistes en fassent autant et ils ne d&#233;couvriront &#224; ces bandages, qui sont actuellement l'objet de tant de discussions et, chez quelques-uns, d'une opposition syst&#233;matique aussi incompr&#233;hensible que celle que l'on fit. il y a trente ans, dans les m&#234;mes milieux, &#224; la polyxion, que des qualit&#233;s et des avantages &#224; tous les points de vue, sauf un&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! M&#234;me en gonflant &#224; bloc, comme le fit Perrache dans ses exp&#233;riences sur le tirage des pneus, le d&#233;marrage avec Ballons sera toujours moins prompt qu'avec boyaux de petit calibre. Et, de ce d&#233;faut, je n'ai cure, car je ne d&#233;marre pas souvent et jamais brutalement, je m'applique &#224; conserver un train soutenu et je suis en cela puissamment aid&#233; par le jeu naturel des Ballons qui, &#224; chaque tour de p&#233;dale, me rendent par leur d&#233;tente au passage des angles de moindre puissance tout l'exc&#233;dent de force qu'aux passages des points de plus grande puissance je leur ai int&#233;rioris&#233;. Ces boudins d'air comprim&#233; se comportent comme des ressorts d'une sensibilit&#233; et d'une int&#233;grit&#233; parfaite&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; ils nous rendent honn&#234;tement, promptement et enti&#232;rement dans nos moments de faiblesse toute l'&#233;nergie que nous leur avons confi&#233;e dans nos moments de force. Avec eux, nous ne gaspillons jamais nos forces, notre allure reste constante, qu'elle soit de 20 ou de 30 &#224; l'heure&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; le soir venu, nou&#233; constatons que notre vitesse commerciale a &#233;t&#233; plus grande et que nous avons parcouru plus de chemin, que nous sommes moins fatigu&#233;s et que nous nous sentons plus dispos pour les &#233;tapes suivantes, parce que (mettez-vous bien cela dans la t&#234;te) nous n'avons pas &#233;t&#233; disloqu&#233;s par les tr&#233;pidations, cette plaie des pneus brise-os et tape-cul.&lt;br class='autobr' /&gt;
Je conseille donc &#224; tous les cyclistes qui ont l'intention d'acheter une nouvelle monture de la choisir avec fourches assez larges pour recevoir des Ballons de 50mm, avec des jantes de 650 ou de 700 (s'ils sont de tr&#232;s haute taille), du calibre C et &#233;troites. L'aspect ext&#233;rieur de la bicyclette n'en sera que tr&#232;s peu modifi&#233; et n'aura rien d'in&#233;l&#233;gant. Sur ces jantes ils pourront placer des pneus tape-cul de 35mm ou des brise-os de 32, ou des semi-ballons de 42, ou enfin des Ballons de 50mm. Ils seront ainsi bien arm&#233;s pour &#233;tudier la question et feront pendant une ann&#233;e moult exp&#233;riences comparatives sur le d&#233;marrage, le rendement, le confortable, la fatigue, l'effort, etc. Et je consens &#224; perdre les rares cheveux qui me restent s'ils ne deviennent pas tous des convaincus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'exemple des coureurs de profession les y aidera, et nous engageons nos lecteurs &#224; suivre de pr&#232;s les modifications que d'ann&#233;es en ann&#233;es ces messieurs, plus int&#233;ress&#233;s qu'aucun d'entre nous a am&#233;liorer leur rendement, apportent &#224; leurs montures. Ont-ils par exemple depuis vingt ans diminu&#233; ou augment&#233; le calibre de leurs boyaux&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;? Les stayers qui courent derri&#232;re motos et qui recherchent le train soutenu plus que le d&#233;marrage. ne se servent-ils pas de pneus plus gros que ceux des coureurs de vitesse. &#201;tudiez la question sous toutes ses aspects, comparez et jugez par vous-m&#234;me, et la v&#233;rit&#233; vous appara&#238;tra.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;V&#233;locio, Le Cycliste, 1928.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Ard&#232;che</title>
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		<dc:date>2024-05-29T17:19:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>velovi</dc:creator>


		<dc:subject>Paul de Vivie, dit V&#233;locio</dc:subject>
		<dc:subject>cyclotourisme, cyclocamping</dc:subject>
		<dc:subject>polymultipli&#233;e</dc:subject>
		<dc:subject>Ard&#232;che</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;&#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;Je m'&#233;tais arr&#234;t&#233; pourtant apr&#232;s deux kilom&#232;tres de ce rude travail pour faire mon quatri&#232;me repas de la journ&#233;e avec 100 grammes de pain et des figues, et me mettre &#224; l'ombre un instant sous quelques ch&#226;taigniers. On avait de l&#224; (un banc y &#233;tait m&#234;me dress&#233; &#224; l'usage des promeneurs) une jolie vue sur la vall&#233;e verdoyante qui va de Lamastre &#224; Desaignes et qui contrastait singuli&#232;rement avec les croupes arides que j'avais &#224; escalader. Les deux Ard&#232;che se confrontaient l&#224;, l'une riante, fertile et riche, l'autre triste, pierreuse et pauvre. C'est peut-&#234;tre pourquoi ce d&#233;partement est un des plus appr&#233;ci&#233;s par les touristes. &#201;troitement li&#233;e &#224; la Haute-Loire qu'elle compl&#232;te en lui ouvrant des d&#233;bouch&#233;s ensoleill&#233;s vers la vall&#233;e du Rh&#244;ne, vers le Midi, vers les terres prosp&#232;res, l'Ard&#232;che est un merveilleux terrain d'excursion. On peut y randonner pendant des centaines et des centaines de kilom&#232;tres, et nos itin&#233;raires l'ont fouill&#233;e dans toutes les directions sans en &#233;puiser les surprises.&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;&lt;/p&gt;

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&lt;a href="http://velotextes.fr/spip.php?rubrique38" rel="directory"&gt;Paul de Vivie au fil du Rh&#244;ne&lt;/a&gt;

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&lt;a href="http://velotextes.fr/spip.php?mot1" rel="tag"&gt;Paul de Vivie, dit V&#233;locio&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://velotextes.fr/spip.php?mot9" rel="tag"&gt;cyclotourisme, cyclocamping&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://velotextes.fr/spip.php?mot23" rel="tag"&gt;polymultipli&#233;e&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://velotextes.fr/spip.php?mot112" rel="tag"&gt;Ard&#232;che&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='http://velotextes.fr/IMG/logo/crussolrhone.jpg' class=&#034;spip_logo spip_logo_right&#034; alt=&#034;&#034; style='max-width: 150px;max-width: min(100%,150px); max-height: 150px' /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;L'Ard&#232;che a &#233;t&#233; tr&#232;s appr&#233;ci&#233;e d&#232;s les d&#233;buts du cyclotourisme, en voici les preuves&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;!&lt;/p&gt;
&lt;section class=&#034;sommaire-section sommaire-section_niveau1 sommaire-section_h3&#034; aria-labelledby=&#034;LA-LOUVESC-SARRAS-LYON-1899&#034;&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034; id='LA-LOUVESC-SARRAS-LYON-1899'&gt;&lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;LA&lt;/span&gt; &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;LOUVESC&lt;/span&gt; &#8211; &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;SARRAS&lt;/span&gt; &#8211; &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;LYON&lt;/span&gt;, 1899&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#8239;&#192; onze heures moins le quart, notre curiosit&#233; satisfaite, malgr&#233; l'invitation d'une aimable h&#244;tesse qui voudrait nous voir d&#233;jeuner &#224; La Louvesc, nous nous dirigeons sur Satillieu (12 kilom.) o&#249; nous devons nous s&#233;parer, mes deux compagnons rentrant &#224; Saint-&#201;tienne par Annonay.&lt;br class='autobr' /&gt;
Ces douze kilom&#232;tres en pente assez accentu&#233;e et que je comptais faire avec le d&#233;veloppement de 6 m&#232;tres sans aucune peine ont &#233;t&#233; au contraire aussi fatigants qu'une mont&#233;e, tellement il &#233;tait p&#233;nible d'&#233;viter, dans l'&#233;paisse couche de poussi&#232;re qui tient lieu de route, le d&#233;rapage de la roue motrice qu'&#224; chaque instant je sentais se d&#233;rober sous moi&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; les bras m'en font encore mal. Joignez &#224; cela les nuages de poussi&#232;re que le vent nous envoyait dans les yeux, la chaleur accablante, le danger des coudes brusques, des rencontres de voitures, rares heureusement, qui m'obligeaient quelquefois &#224; mettre pied &#224; terre, du c&#244;toiement incessant du pr&#233;cipice, et vous comprendrez avec quel soulagement nous entr&#226;mes &#224; midi et demi dans Satillieu, o&#249; mes amis d&#233;jeun&#232;rent, copieusement, parait-il, et &#224; un prix tr&#232;s mod&#233;r&#233;. Quant &#224; moi, je continuai &#224; descendre sur Sarras, route peu int&#233;ressante jusqu'&#224; Arboix, village moyen&#226;geux commandant l'entr&#233;e des gorges abruptes qui descendent dans la vall&#233;e du Rh&#244;ne. Des masses de terrains rocailleux calcin&#233;s par le soleil, d&#233;nud&#233;s, d'aspect farouche, &#231;&#224; et l&#224; couronn&#233;s de pans de murailles branlantes, vestiges mena&#231;ants et dangereux encore pour les passants, des repaires fortifi&#233;s d'o&#249;, sous le r&#233;gime f&#233;odal, de v&#233;ritables bandits s'&#233;lan&#231;aient sur les voyageurs et les ran&#231;onnaient &#224; qui mieux mieux. La route serpente &#224; flanc de rocher dominant presque &#224; pic le lit d'un torrent qui pour l'instant est pour ainsi dire &#224; sec, mais qui doit rugir formidablement &#224; l'&#233;poque des grandes eaux. Elle est bien &#233;troite cette route, bien caillouteuse, faiblement entretenue, tr&#232;s peu fr&#233;quent&#233;e et grill&#233;e par le soleil, mais elle a &#233;t&#233; sagement trac&#233;e et la pente en est douce.&lt;br class='autobr' /&gt;
Sarras est un village qui ressemble &#224; Andance, &#224; Ampuis, &#224; tous les gros bourgs et &#224; toutes les petites villes &#233;chelonn&#233;es sur la rive droite du Rh&#244;ne&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; c'est blanc, c'est coquet, c'est chaud&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; la vigne tapisse les coteaux et les arbres &#224; fruits, cerisiers, p&#234;chers et abricotiers principalement, enverdurent l'&#233;troite langue de terrain plat qui va du pied de la montagne aux sables du fleuve.&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;i&gt;V&#233;locio, &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#8239;La Louvesc &#8211; Sarras &#8211; Lyon&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;, Le Cycliste, 1899, p.114-117, Source Archives d&#233;partementales de la Loire, cote PER1328_6&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8195;&lt;/p&gt;
&lt;/section&gt;&lt;section class=&#034;sommaire-section sommaire-section_niveau1 sommaire-section_h3&#034; aria-labelledby=&#034;EXCURSIONS-DOMINICALES-DE-VELOCIO-22-JUILLET-1900&#034;&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034; id='EXCURSIONS-DOMINICALES-DE-VELOCIO-22-JUILLET-1900'&gt;&lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;EXCURSIONS&lt;/span&gt; &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;DOMINICALES&lt;/span&gt; &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;DE&lt;/span&gt; V&#201;&lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;LOCIO&lt;/span&gt; 22&#160;&lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;JUILLET&lt;/span&gt;, 1900&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#8239;Jusqu'au Mazet, le pays travers&#233; est bois&#233; et agr&#233;able&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; apr&#232;s le Mazet il devient aride et pr&#233;sente l'aspect particulier des hauts plateaux de la Haute-Loire et de la Loz&#232;re&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; &#231;&#224; et l&#224; de vastes prairies parsem&#233;es de rochers.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le p&#232;re Testud nous pr&#234;te des cannes et nous partons &#224; 9&#8239;h.&#8239;15 pour le M&#233;zenc&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; en coupant, par le plus court, droit &#224; travers les pr&#233;s, il nous a fallu exactement 48 minutes, malgr&#233; la g&#234;ne caus&#233;e par nos souliers cyclistes &#224; semelle mince, pour atteindre la pointe extr&#234;me (altitude 1754 m&#232;tres) o&#249; une pierre est dress&#233;e et d'o&#249; l'on a une vue tr&#232;s &#233;tendue&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; il y fait presque froid. La brume nous cache les grands lointains, mais nous distinguons ais&#233;ment tous les satellites du M&#233;zenc, les monts de la Loz&#232;re, les lacs de Saint-Front et d'Issarl&#232;s, etc.&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; les alentours &#233;mergent du sol au-dessous de nous comme d'une carte en relief&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; du c&#244;t&#233; de l'Ard&#232;che l'impression est saisissante.&lt;br class='autobr' /&gt;
Apr&#232;s avoir pass&#233; du sommet nord tr&#232;s &#233;troit au sommet sud assez large mais plus escarp&#233;, et mus&#233; quelque temps sur la plus haute cime des C&#233;vennes, nous redescendons vivement.&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;i&gt;V&#233;locio, &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#8239;Excursions dominicales de v&#233;locio&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;, (juillet), Le Cycliste, 1900, p. 141, 142, Source Archives D&#233;partementales de la Loire, Per1328_7&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/section&gt;&lt;section class=&#034;sommaire-section sommaire-section_niveau1 sommaire-section_h3&#034; aria-labelledby=&#034;RANDONNEES-STEPHANOISES-4-MAI-1902&#034;&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034; id='RANDONNEES-STEPHANOISES-4-MAI-1902'&gt;&lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;RANDONN&lt;/span&gt;&#201;&lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;ES&lt;/span&gt; &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;ST&lt;/span&gt;&#201;&lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;PHANOISES&lt;/span&gt;,&#8239;4&#160;&lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;MAI&lt;/span&gt; 1902&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#8239;Voil&#224; un tour que nous recommandons aux cyclistes qui aiment &#224; trouver r&#233;unis, sur un parcours relativement court, de grandes beaut&#233;s naturelles et des paysages vari&#233;s. Le moment est admirablement choisi pour visiter la haute Ard&#232;che, les eaux y sont tr&#232;s abondantes, les arbres par&#233;s de toutes les nuances de vert, depuis le vert tendre des pousses nouvelles jusqu'au vert sombre des sapins. Il est impossible de choisir parmi les sites travers&#233;s par cet itin&#233;raire de 235 kilom&#232;tres&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; cependant, les plus appr&#233;ci&#233;s ont &#233;t&#233; les gorges de l'Eyrieux, de leur d&#233;but au d&#233;bouch&#233; du plateau de Saint-Agr&#232;ve, jusqu'au Cheylard, et les gorges du Doux dans la partie comprise entre le Crestet et Tournon. On irait loin pour rencontrer des points de vue aussi prodigieusement pittoresques. Et penser que tant de touristes St&#233;phanois et Lyonnais ne les connaissent pas encore&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! L'Ard&#232;che est un merveilleux d&#233;partement pour les cyclotouristes qui aiment la montagne.&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;i&gt;V&#233;locio, &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#8239;Randonn&#233;es st&#233;phanoises&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;, 1902, Le Cycliste, 1902, republi&#233; en mai 1952, p.139&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8195;&lt;/p&gt;
&lt;/section&gt;&lt;section class=&#034;sommaire-section sommaire-section_niveau1 sommaire-section_h3&#034; aria-labelledby=&#034;LE-TOUR-DU-MEZENC-1919&#034;&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034; id='LE-TOUR-DU-MEZENC-1919'&gt;&lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;LE&lt;/span&gt; &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;TOUR&lt;/span&gt; &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;DU&lt;/span&gt; M&#201;&lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;ZENC&lt;/span&gt;, 1919&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#8239;Ces premiers quatre-vingt-dix kilom&#232;tres ont &#233;t&#233; n&#233;goci&#233;s en six heures, arr&#234;ts compris. Je ne les avais jamais faits aussi vite. Le trajet des Estables au Gerbier-de-Jonc est le clou de cette randonn&#233;e. Apr&#232;s les Baraques, o&#249; notre route croise celle de Saint-Agr&#232;ve au Puy, le paysage a pris un caract&#232;re plus aust&#232;re : on entre, cela se sent, dans une r&#233;gion moins fertile, les bois disparaissent, les champs sont parsem&#233;s de blocs de rocher qui semblent autant d'&#233;clats d'un gigantesque obus sorti d'un immense &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#8239;crapouillot&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; volcanique. Et, certes, c'est bien ainsi qu'ils furent projet&#233;s, il y a des milliers et des milliers d'ann&#233;es, du sein de la terre. Jusqu'aux Estables, nous ne verrons plus que des prairies &#233;maill&#233;es de fleurs qui ondoient sous les caresses un peu brutales d'un vent du nord d&#233;sagr&#233;able.&lt;br class='autobr' /&gt;
En m&#234;me temps que nous, arrivait aux Estables un groupe familial de quatre cyclotouristes venant du Puy, les seuls que nous rencontr&#226;mes au cours de cette randonn&#233;e. &#192; peine a-t-on fait quelques kilom&#232;tres sur la route du Gerbier, que l'impression triste, qu'on a depuis les Baraques, dispara&#238;t. &#192; notre droite, un frais vallon bois&#233; se creuse, d'o&#249; s'&#233;chappe un gros ruisseau qui fuit dans une gorge de plus en plus profonde. L&#224; fut fond&#233;e, je ne sais &#224; quelle &#233;poque, une chartreuse qui en vit de cruelles au temps des guerres de religion. Les huguenots s'en empar&#232;rent par surprise, en ao&#251;t 1569, et assassin&#232;rent quelques religieux, mais bient&#244;t, surpris &#224; leur tour par les catholiques, ils furent massacr&#233;s jusqu'au dernier et jet&#233;s p&#234;le-m&#234;le dans un grand trou encore appel&#233; aujourd'hui &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#8239;lou traou dos higonaous&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;. Nous avons vu tout cela d'un peu haut, d'un peu loin, d'un peu vite, mais ce site m&#233;rite de devenir le but d'une excursion.&lt;br class='autobr' /&gt;
Nous entrons sous bois, des bois d&#233;licieux, d'un vert tendre tr&#232;s agr&#233;able aux yeux. Le sol est roulant, l'ombre &#233;paisse, le vent semble apais&#233; et nous cheminons en file indienne, sans effort, bien que la mont&#233;e soit assez sensible sur nos petits d&#233;veloppements. Soudain, devant nous, la route se d&#233;robe&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; la vue, born&#233;e tout &#224; l'heure par des bois et des prairies, se perd dans le vide&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; il nous semble que nous allons, en avan&#231;ant, plonger dans l'infini. On &#233;prouve vraiment une sensation bizarre, qui n'est pas loin du vertige, en arrivant &#224; l'improviste sur le bord de l'immense d&#233;pression qu'a creus&#233;e, au pied du rocher des Pradoux, quelque puissante secousse volcanique. La route tourne brusquement &#224; droite et fait le tour de cette d&#233;pression&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; une ferme est l&#224; qui doit, en hiver, se trouver bien isol&#233;e. Le site est trop remarquable pour que notre Parisien n&#233;glige de le photographier, et nous servirons, le coll&#232;gue st&#233;phanois et moi, de premier plan.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le Gerbier-de-Jonc, dont nous avons d&#233;j&#224; aper&#231;u la pointe, se rapproche &#224; vue d'&#339;il, et nous mettons bient&#244;t pied &#224; terre devant la source de la Loire, qui attend toujours le monument qu'on doit y &#233;riger depuis bien longtemps. Le chalet du syndicat d'initiative est ferm&#233; et plus d&#233;labr&#233; que jamais&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; durant la guerre, il a servi &#224; loger des prisonniers allemands qui, entre autres travaux, ont proc&#233;d&#233; &#224; la r&#233;fection des routes environnantes, tr&#232;s bonnes aujourd'hui, si on les compare &#224; ce qu'elles &#233;taient autrefois, celle surtout du Gerbier &#224; M&#233;zilhac. Le vent est froid comme glace et, pendant que mes compagnons font l'ascension du Gerbier, je me prom&#232;ne, peu v&#234;tu, autour du chalet, et j'y attrape un bon rhume. &#192; la ferme de la Loire, o&#249; nous aurions volontiers bu et mang&#233; quelque chose de chaud, on nous refuse nettement quoi que ce soit. Ces gens-l&#224; sont peu hospitaliers&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; la dure existence qu'ils m&#232;nent, l&#224;-haut, est leur excuse, mais notez bien que leur isolement ne les emp&#234;che pas de conna&#238;tre exactement les prix du beurre, des &#339;ufs et du reste&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;!... Pourtant, comme le petit d&#233;jeuner du Mazet est d&#233;j&#224; loin, nous nous installons sur un banc install&#233; par le &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#8239;Touring-Club de France&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;, &#224; l'abri du vent, et nous attaquons les provisions tir&#233;es des sacs.&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;&lt;br class='autobr' /&gt;
[...]&lt;br class='autobr' /&gt;
&#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#8239;Mes compagnons partirent donc et furent bient&#244;t hors de vue&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; mais pour diff&#233;rents motifs, ils durent s'arr&#234;ter &#224; plusieurs reprises et, somme toute, nous ne f&#251;mes jamais &#224; plus d'un kilom&#232;tre les uns des autres&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; nous arriv&#226;mes ensemble &#224; l'H&#244;tel du Grand-Bois, exactement &#224; l'heure fix&#233;e. D'avoir eu, le matin, tant de beaux spectacles constamment sous les yeux, nuisit certainement &#224; ceux qui, de M&#233;zilhac &#224; Saint-Agr&#232;ve et de Saint-Agr&#232;ve au Grand-Bois, se d&#233;roul&#232;rent devant nous. Cependant, il faut rendre justice &#224; cette magnifique haute vall&#233;e de l'Eyrieux, qui n'a pas vol&#233; sa r&#233;putation, et que couronne si dignement le belv&#233;d&#232;re de Saint-Agr&#232;ve, d'o&#249; nous avons contempl&#233;, dans toute son &#233;tendue, le massif du M&#233;zenc, que notre itin&#233;raire contournait en une vaste ellipse de deux cent quarante kilom&#232;tres.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le plateau qui, par Devesset, s'&#233;tend jusqu'&#224; Saint-Bonnet-le-Froid, domine, tant &#224; droite qu'&#224; gauche, de vastes &#233;tendues&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; un de mes anciens compagnons de grandes balades que les vicissitudes de l'existence ont, apr&#232;s la guerre, amen&#233; &#224; pr&#233;f&#233;rer l'Afrique &#224; l'Europe, Oran &#224; Saint-&#201;tienne, ne manquait jamais, quand nous passions ensemble sur ce plateau, de me montrer, &#224; l'horizon, o&#249; le mont Blanc ou Roche-courbe, ou je ne sais quels autres sommets, que je ne pouvais naturellement pas apercevoir &#224; cause de ma myopie. Mais il les voyait et cela me suffisait et cela me suffit encore aujourd'hui pour dire qu'il vaut mieux revenir de Saint-Agr&#232;ve par notre chemin que par Le Chambon-de-Tence, dont la route est pourtant jolie et offre, &#231;&#224; et l&#224;, des sous-bois, des &#233;chapp&#233;es dans la vall&#233;e du Lignon, qui ne sont pas sans charme. En r&#233;alit&#233;, tous les environs de Saint-&#201;tienne sont int&#233;ressants et retiennent l'attention des cyclotouristes qui les d&#233;couvrent. L'Ard&#232;che, la Haute-Loire, l'Is&#232;re et le Puy-de-D&#244;me mettent &#224; la port&#233;e de nos randonn&#233;es dominicales les plus beaux circuits de montagne qu'on puisse souhaiter, abstraction faite des Alpes et des Pyr&#233;n&#233;es, et les autres limitrophes : Rh&#244;ne, Sa&#244;ne-et-Loire, Allier, nous offrent, dans les m&#233;andres de leurs collines, des vall&#233;es, d&#233;licieuses o&#249; le sol, en g&#233;n&#233;ral tr&#232;s bon, invite aux grandes allures. Nous sommes donc tr&#232;s bien partag&#233;s et nous aurions tort de n&#233;gliger le cyclotourisme.&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;i&gt;V&#233;locio, &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#8239;Le tour du M&#233;zenc&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;, Le Cycliste, 1919, R&#233;trospective 1969&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/section&gt;&lt;section class=&#034;sommaire-section sommaire-section_niveau1 sommaire-section_h3&#034; aria-labelledby=&#034;HYGIENE-ET-PHILOSOPHIE-1921&#034;&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034; id='HYGIENE-ET-PHILOSOPHIE-1921'&gt;&lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;HYGI&lt;/span&gt;&#200;&lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;NE&lt;/span&gt; &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;ET&lt;/span&gt; &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;PHILOSOPHIE&lt;/span&gt;, 1921&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#8239;&#192; midi pr&#233;cis, je suis de l'autre c&#244;t&#233; de St-Agr&#232;ve&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; il ne m'a donc pas fallu moins de cinq heures pour faire ces premiers 74 kilom&#232;tres que j'esp&#233;rais n&#233;gocier en quatre heures. Mais aussi que de mauvaises routes et combien d'incidents d&#233;sagr&#233;ables&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! Je me d&#233;dommage en contemplant une fois de plus les g&#233;ants des C&#233;vennes, du M&#233;zenc au Gerbier&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; une vague brume estompe les sommets et adoucit les ar&#234;tes. Est-ce pr&#233;sage de pluie ou de beau temps&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;? Je songe un instant &#224; rebrousser chemin, mais le d&#233;sir de revoir la belle vall&#233;e de l'Eyrieux qui, &#224; cette &#233;poque, est, du haut en bas de ses 1.200 m&#232;tres d'altitude, verdoyante, fleurie, abondamment arros&#233;e et qui se d&#233;veloppe en sinueux m&#233;andres le long de 75 kilom&#232;tres jusqu'&#224; la Voulte-sur-Rh&#244;ne, est plus fort que la crainte du mauvais temps&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; je me lance dans la longue descente, prudemment, car, d&#232;s le premier virage, je manque d&#233;raper dans un trou de sable. D'ailleurs, il est l'heure de se mettre &#224; table&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; mon d&#233;jeuner du matin, bien que tr&#232;s substantiel comme d'usage, est un peu loin et la hideuse fringale pourrait bien se montrer &#224; l'improviste &#224; la porte de mon estomac. J'ai dans mon sac 200 grammes de pain qui, mastiqu&#233;s soigneusement, assaisonn&#233;s d'air pur et de soleil, peut-&#234;tre aussi (car les voies de la nature sont imp&#233;n&#233;trables), des sels min&#233;raux de la poussi&#232;re, des ar&#244;mes vitalisants des fleurs, vont mettre dans mes muscles beaucoup plus de force que les menus officiels dont voici un sp&#233;cimen offert r&#233;cemment &#224; un malheureux ministre de passage &#224; Saint-&#201;tienne :&lt;br class='autobr' /&gt;
Mousse de foie gras truff&#233; Truites saumon&#233;es &#224; la Chambord Chaud-froid de grives au X&#233;r&#232;s Champignons truff&#233;s cr&#232;me Chantilly Poularde de Bresse &#224; la Souvaroff Salade &#224; la Parisienne Bombe &#201;lisabeth Dessert&lt;br class='autobr' /&gt;
Pouilly &#8212; Pontet-Canet &#8212; Musigny Saint-Marceau, Dry frapp&#233;&lt;br class='autobr' /&gt;
Allez donc pr&#234;cher aux masses la sobri&#233;t&#233; et l'&#233;conomie, quand les classes dirigeantes donnent de pareils exemples de goinfrerie et de d&#233;penses&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#8239;Plus occidit gula quam gladius&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;, r&#233;pondaient il y a 2.000 ans, les Romains &#224; qui l'on demandait la cause de l'excessive mortalit&#233; qui s&#233;vissait &#224; Rome en ce temps de proscriptions et de guerres civiles.&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;i&gt;V&#233;locio, &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#8239;Hygi&#232;ne et philosophie&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;, Le Cycliste, 1921, p.37-42, Source Archives D&#233;partementales de la Loire, cote &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;IJ871&lt;/span&gt;/3&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8195;&lt;/p&gt;
&lt;/section&gt;&lt;section class=&#034;sommaire-section sommaire-section_niveau1 sommaire-section_h3&#034; aria-labelledby=&#034;EXCURSIONS-DU-CYCLISTE-15-MAI-1927&#034;&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034; id='EXCURSIONS-DU-CYCLISTE-15-MAI-1927'&gt;&lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;EXCURSIONS&lt;/span&gt; &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;DU&lt;/span&gt; &#8220;&lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;CYCLISTE&lt;/span&gt;&#8221;, 15&#160;&lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;MAI&lt;/span&gt;, 1927&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#8239;Chose bizarre quand, au cours d'une randonn&#233;e, j'ai perdu du temps involontairement comme aujourd'hui, je ne demande ensuite qu'&#224; en perdre davantage. Ainsi mon intention n'&#233;tait pas de d&#233;jeuner &#224; Saint-Agr&#232;ve, puisque je venais de manger, mais, pendant que je r&#233;parais, l'envie me vint d'un bon caf&#233; au lait et d'une fl&#226;nerie agr&#233;able qui effa&#231;&#226;t de mon esprit l'impression f&#226;cheuse de cette halte forc&#233;e. Et je perdis encore &#224; bavarder 45 minutes dans un petit restaurant o&#249; je suis bien trait&#233; &#224; des prix honn&#234;tes, alors que les h&#244;tels o&#249; nous descendions autrefois dans cette bourgade devenue centre important de vill&#233;giature, font payer fort cher leurs moindres services. Pain, caf&#233; et lait furent excellents, et je fis l&#224; un plein qui devait m'amener &#224; plus de 50 km. Je ne repartis qu'&#224; 10 heures, la brume laissait &#224; peine entrevoir le Gerbier, le M&#233;zenc et les autres hauts sommets que des bandeaux de neige ceinturaient encore. &#192; 11&#8239;h.&#8239;15 j'&#233;tais au Cheylard : je n'&#233;tais pas all&#233; vite, malgr&#233; les sollicitations de mes Ballons, &#224; qui sans doute l'inexprimable beaut&#233; de la vall&#233;e haute de l'Eyrieux &#224; cette &#233;poque de l'ann&#233;e a &#233;t&#233; indiff&#233;rente. Il y avait, pourtant de quoi &#233;veiller ce jour-l&#224; l'attention des plus blas&#233;s, tant le soleil ajoutait de charme par ses effets d'ombre et de lumi&#232;re, &#224; un paysage que je connais par c&#339;ur et auquel je trouve toujours un nouvel attrait. Au d&#233;part, verdure tendre, gen&#234;ts en boutons, fleurs rares, c'est encore le printemps. Mais la gorge se creuse rapidement&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; par deux fois la route s'en &#233;loigne et va se perdre &#224; droite dans des montagnes arides, pel&#233;es, rocailleuses, pour franchir deux ruisseaux importants&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; quand elle revient au-dessus de l'Eyrieux qu'un viaduc traverse pr&#232;s de l&#224; en rejetant d&#233;finitivement la voie ferr&#233;e sur la rive gauche, d&#233;cor nouveau. Des gen&#234;ts couverts d'or se d&#233;gage un parfum capiteux, les prairies sont &#233;maill&#233;es de fleurs multicolores, les feuilles d'un vert dur jettent une ombre &#233;paisse sur le sol, c'est l'&#233;t&#233;. Ce matin, dans nos montagnes, c'&#233;tait l'hiver&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! En quelques heures j'ai v&#233;cu trois saisons&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! Ici la chaleur est d&#233;j&#224; trop forte&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; je ne tarderai pas &#224; la trouver excessive. Saint-Julien, Saint-Martin-de-Valamas d&#233;filent&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; je me rapproche de la rivi&#232;re qui n'est plus un torrent resserr&#233; dans une gorge &#233;troite, mais qui a &#233;largi son lit parmi des roches et des galets blancs au milieu d'un vallon fertile. Je la traverse au Cheylard et je m'&#233;l&#232;ve pendant dix kilom&#232;tres en rampe douce d'abord et qui va s'accentuant &#224; mesure qu'on s'en approche, jusqu'aux Noni&#232;res, village &#224; cheval sur la cr&#234;te o&#249; je croise la route de Saint-Agr&#232;ve &#224; Vernoux, que j'ai suivie un jour et qui m'a laiss&#233; le souvenir d'un trac&#233; en montagne russe, d'un sol tr&#232;s mauvais et de masures mis&#233;rables. Peut-&#234;tre tout cela a-t-il chang&#233;, gr&#226;ce &#224; l'aisance qui, depuis la guerre, s'est r&#233;pandue dans les campagnes. Je montais ce jour-l&#224;, c'&#233;tait en 1904, une L&#233;vo, et j'appr&#233;ciai beaucoup les avantages que me donnaient, pour venir &#224; bout d'une route aussi mal trac&#233;e, ses multiples d&#233;veloppements et la variation d'amplitude des p&#233;dal&#233;es.&lt;br class='autobr' /&gt;
Bien diff&#233;rente est la route que je suis aujourd'hui. Du Cheylard &#224; Lamastre, je me prom&#232;ne dans un parc verdoyant et convenablement bois&#233;&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; je cycle une avenue dont les sinuosit&#233;s gravissent sans la moindre contre-pente une montagne assez &#233;lev&#233;e et me ram&#232;nent sans descente dangereuse &#224; Lamastre o&#249; je retrouve l'altitude du Cheylard. L'eau y est abondante et je note avec plaisir des fontaines dispos&#233;es, &#231;&#224; et l&#224;, sur le bord de la route pour le bien des passants. On ne saurait trop louer ceux qui install&#232;rent ces fontaines et souhaiter qu'on les entretienne et qu'on en cr&#233;e de nouvelles. Que n'en ai-je trouv&#233; quelques instants plus tard quand je gravissais sous un soleil br&#251;lant la rude c&#244;te de dix kilom&#232;tres par laquelle d&#233;bute la route de Lamastre &#224; La Louvesc&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! Mais rien, pas un souffle d'air frais, pas un filet d'eau, pas le moindre ombrage, et j'entrai dans cette fournaise &#224; 12&#8239;h.&#8239;15'&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! Vous pensez bien que la su&#233;e lib&#233;ratrice des microbes nocifs qui pullulent dans le corps humain s'en donna &#224; plaisir et laissa mes muscles nets de toute surcharge morbide et adipeuse. Il me sembla m&#234;me qu'elle abusait de la permission, et j'arrivai &#224; Nozi&#232;res plus l&#233;ger certainement de quelques livres. Je m'&#233;tais arr&#234;t&#233; pourtant apr&#232;s deux kilom&#232;tres de ce rude travail pour faire mon quatri&#232;me repas de la journ&#233;e avec 100 grammes de pain et des figues, et me mettre &#224; l'ombre un instant sous quelques ch&#226;taigniers. On avait de l&#224; (un banc y &#233;tait m&#234;me dress&#233; &#224; l'usage des promeneurs) une jolie vue sur la vall&#233;e verdoyante qui va de Lamastre &#224; Desaignes et qui contrastait singuli&#232;rement avec les croupes arides que j'avais &#224; escalader. Les deux Ard&#232;che se confrontaient l&#224;, l'une riante, fertile et riche, l'autre triste, pierreuse et pauvre. C'est peut-&#234;tre pourquoi ce d&#233;partement est un des plus appr&#233;ci&#233;s par les touristes. &#201;troitement li&#233;e &#224; la Haute-Loire qu'elle compl&#232;te en lui ouvrant des d&#233;bouch&#233;s ensoleill&#233;s vers la vall&#233;e du Rh&#244;ne, vers le Midi, vers les terres prosp&#232;res, l'Ard&#232;che est un merveilleux terrain d'excursion. On peut y randonner pendant des centaines et des centaines de kilom&#232;tres, et nos itin&#233;raires l'ont fouill&#233;e dans toutes les directions sans en &#233;puiser les surprises. Je ne connaissais pas encore le bout de route d'une trentaine de kilom&#232;tres qui unit par le plus court Lamastre protestante &#224; La Louvesc catholique&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; encore un contraste, il y en a partout dans cette r&#233;gion, et c'est ce qui en fait le charme.&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;i&gt;V&#233;locio, &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#8239;Excursions du &#8220;Cycliste&#8221; (15&#160;mai). Saint-Agr&#232;ve, Le Cheylard, Lamastre, La Louvesc, Saint-&#8239;&#201;tienne&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;, Le Cycliste, juillet-ao&#251;t 1927, p. 65-69, Source Archives D&#233;partementales de la Loire, cote PER1328_15&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/section&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Randonn&#233;e pascale 1913</title>
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		<dc:creator>velovi</dc:creator>


		<dc:subject>Paul de Vivie, dit V&#233;locio</dc:subject>
		<dc:subject>cyclotourisme, cyclocamping</dc:subject>
		<dc:subject>Entre 1900 et 1914</dc:subject>
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		<dc:subject>Col de Grand Bois, Col de la r&#233;publique</dc:subject>
		<dc:subject>Randonn&#233;e Pascale</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;&#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#8239;Autrefois, je me chargeais d'un tas de choses, cette fois je n'emportai que trois mouchoirs dans une poche, du pain dans l'autre poche, ma sacoche &#224; outils et, dans un petit paquet roul&#233; derri&#232;re la selle, ma p&#232;lerine et une chambre &#224; air.&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;&lt;/p&gt;

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&lt;a href="http://velotextes.fr/spip.php?rubrique36" rel="directory"&gt;1901-1914 P&#233;riode &#201;cole st&#233;phanoise&lt;/a&gt;

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&lt;a href="http://velotextes.fr/spip.php?mot1" rel="tag"&gt;Paul de Vivie, dit V&#233;locio&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="http://velotextes.fr/spip.php?mot11" rel="tag"&gt;Entre 1900 et 1914&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://velotextes.fr/spip.php?mot23" rel="tag"&gt;polymultipli&#233;e&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="http://velotextes.fr/spip.php?mot83" rel="tag"&gt;Col de Grand Bois, Col de la r&#233;publique&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://velotextes.fr/spip.php?mot89" rel="tag"&gt;Randonn&#233;e Pascale&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;Par Paul de Vivie, alias V&#233;locio, Le Cycliste, R&#233;trospective 1913&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;P&#226;ques tombant le 24&#160;mars, tout allait bien&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; mais le 23 fut un jour &#224; ne pas mettre un chien dehors... Et nous ne f&#251;mes que trois, le dimanche matin, &#224; 3 heures. Il pleuvait encore comme il avait plu toute la nuit, comme il allait pleuvoir tout le jour.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous d&#233;cidons de retarder le d&#233;part jusqu'&#224; 6 h, d'autant plus qu'un boyau avait rendu l'&#226;me&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; nous r&#233;int&#233;grons les bureaux du Cycliste.. &#192; 6 h il pleut toujours... j'endosse mon caoutchouc &#8212; que je ne quitterai que ce soir &#224; 18 h, &#224; l'H&#244;tel Blanc, &#224; Loriol &#8212; et en route. Mes deux compagnons, deux jeunes et vaillants cyclotouristes parisiens, sont pitoyablement mont&#233;s pour affronter le mauvais temps&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; ils ont des machines &#224; boyaux, pas de garde-boue, un bagage r&#233;duit au strict minimum, trois vitesses par cha&#238;ne flottante &#8212; le pire des changements de vitesse dans ces conditions du fait de la projection de la boue sur une cha&#238;ne d&#233;tendue. J'avais aussi le m&#234;me changement de vitesse par cha&#238;ne flottante qui, gr&#226;ce &#224; mon garde-boue, ne m'a pas jou&#233; de vilains tours&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; comme quoi il faut que tout perfectionnement soit entour&#233; des pr&#233;cautions qui lui sont indispensables et prot&#233;g&#233; contre ses ennemis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous nous ralli&#226;mes une premi&#232;re fois &#224; la R&#233;publique autour d'un lait chaud qui fut le bienvenu, et nous allions repartir quand nous voyons arriver, venant de la vall&#233;e du Rh&#244;ne, notre but imm&#233;diat, un randonneur st&#233;phanois dont la bicyclette est couverte d'une belle couche de neige.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8212; Mais d'o&#249; sortez-vous&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;? O&#249; avez-vous trouv&#233; tant de neige, alors qu'ici nous n'avons que de la pluie&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;?...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8212; H&#233;las&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! s'&#233;crie-t-il, de l'autre c&#244;t&#233; de la montagne, o&#249; je m'attendais &#224; voir le soleil, je n'ai rencontr&#233; qu'une brume &#233;paisse et une neige aveuglante&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; j'ai lutt&#233; jusqu'&#224; Bourg-Argental, et je rentre d&#233;courag&#233;...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'avais bien envie d'en faire autant, mais je c&#232;de &#224; l'enthousiasme de mes compagnons, enchant&#233;s de cette occasion, rare pour eux, de voir la montagne sous la neige.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et certes ils ne furent pas d&#233;&#231;us. Les bois &#233;taient superbes sous leur manteau, et la terre &#233;tait, &#224; perte de vue, couverte de dix centim&#232;tres de neige, dans laquelle nous roulions tr&#232;s doucement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;R... filait devant quand un des boyaux de Cl... se d&#233;collant, nous obligea &#224; nous arr&#234;ter un bon quart d'heure, dans une ferme, pour remplacer le chatterton. Il faut remplacer ce ruban toutes les fois que l'on change de boyau et Cl..., le matin m&#234;me, avait n&#233;glig&#233; de le faire, si bien que son boyau glissa&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; peu &#224; peu, il commen&#231;a &#224; former hernie pr&#232;s de la valve. C'est l&#224; une pr&#233;caution &#224; ne pas n&#233;gliger et que doivent prendre tous ceux qui viennent au boyau, sinon ils s'exposeraient &#224; quelque accident.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous nous ralli&#226;mes une seconde fois &#224; Bourg-Argental, puis une nouvelle fois encore &#224; la bifurcation de Boulieu, car &#224; la descente, sous la pluie et dans la boue, de moment en moment plus &#233;paisse, on p&#233;dalait un peu en &#233;go&#239;ste. Nous navigu&#226;mes alors de compagnie, sans &#234;tre en aucune fa&#231;on g&#234;n&#233;s par les cyclistes ou par les autos jusqu'&#224; Andance, o&#249; le passage &#224; niveau ferm&#233; nous arr&#234;ta quelques minutes &#224; dix heures et quart&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; jusqu'&#224; Saint-Jean-de-Muzols, o&#249; un beau clou dans un coll&#233; de Cl... arr&#234;ta mes deux compagnons, qui n'all&#232;rent ensuite pas au-del&#224; de Valence... et bien ils firent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; tout hasard, avant de prendre cong&#233;, je leur explique que si, dans le vrai Midi, c'est-&#224;-dire apr&#232;s Donz&#232;re, je trouve le soleil, j'irai directement aux Baux, H&#244;tel de la Reine Jeanne, o&#249; je les attendrai jusqu'&#224; 22 heures&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; mais que si le temps, l&#224;-bas, est aussi mauvais qu'ici, je reviendrai sur mes pas jusqu'&#224; ce que je les rencontre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Puis, d&#233;pouillant la mentalit&#233; du randonneur par plaisir, j'endosse celle du randonneur par hygi&#232;ne, et cela suffit pour que de morose, je redevienne gai et que je rep&#233;dale avec plus d'entrain que jamais.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'avais emport&#233; deux cents grammes de pain complet, que je croquai lentement en mastiquant conscencieusement&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; &#224; Valence, j'achetai deux cent cinquante grammes de dattes et deux bananes avec quoi je m'alimentai jusqu'au soir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; Livron, &#224; Loriol, il pleut encore, puis j'ai un moment d'espoir, le ciel est moins charg&#233;&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; &#224; Mont&#233;limar, la pluie cesse et le mistral commence &#224; pousser vigoureusement, si bien qu'en trente-cinq minutes, j'enl&#232;ve les quatorze kilom&#232;tres &#8212; dont trois de mont&#233;e &#8212; qui me s&#233;parent de Donz&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a l&#224; une ligne de d&#233;marcation, tr&#232;s nette, entre la partie haute et la partie basse de la vall&#233;e du Rh&#244;ne, et l'on a souvent constat&#233; que beau temps en de&#231;&#224; des collines que le fleuve a &#233;ventr&#233;es entre Ch&#226;teauneuf et Viviers, signifie mauvais temps au-del&#224;. Aussi m'attendais-je presque &#224; voir le soleil &#224; Donz&#232;re, or je vis, ou pour mieux dire, j'y re&#231;us une averse torrentielle, et aussi loin que les regards pouvaient porter on n'apercevait, sur tout le Midi, que brumes, nuages et horizons z&#233;br&#233;s par la pluie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plus d'h&#233;sitation&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; les abonn&#233;s du Cycliste qui avaient bien voulu m'annoncer qu'ils se joindraient &#224; notre caravane n'ont pas d&#251; se d&#233;ranger &#224; cause du temps aussi mauvais chez eux que chez nous&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; il est d'ailleurs 15 h&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; tournons bride et rentrons. Je gravis non sans peine, sur une petite vitesse, ce que je venais de d&#233;valer en roue libre, &#224; quarante &#224; l'heure, puis je pla&#231;ai ma cha&#238;ne sur la moyenne vitesse et j'arrivai &#224; Loriol &#224; 18 h. Trente-six kilom&#232;tres en trois heures&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; le mistral n'est pas un mince adversaire et, par surcro&#238;t, la pluie faisait son apparition de plus belle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je passai dans un bon lit de l'H&#244;tel Blanc, la nuit que je m'&#233;tais propos&#233; de passer au clair de lune, et l'hygi&#232;ne y trouva sans doute son compte, car jamais je ne p&#233;dalai avec autant d'entrain et de plaisir que le lendemain pour rentrer de Loriol &#224; Saint-&#201;tienne, o&#249; j'arrivais &#224; 15 h, avec exactement trois cents kilom&#232;tres de plus &#224; l'actif de ma cha&#238;ne flottante.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est faible, en tant que randonn&#233;e, mais en tant que promenade hygi&#233;nique, c'est parfait, et je classe mon excursion pascale de 1913 parmi celles dont on se souvient longtemps.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'y ai d'ailleurs gagn&#233; quelque exp&#233;rience du point de vue du bagage &#224; emporter pour une randonn&#233;e de deux ou trois jours. Autrefois, je me chargeais d'un tas de choses, cette fois je n'emportai que trois mouchoirs dans une poche, du pain dans l'autre poche, ma sacoche &#224; outils et, dans un petit paquet roul&#233; derri&#232;re la selle, ma p&#232;lerine et une chambre &#224; air. Je regrettai seulement, &#224; cause de la pluie, de n'avoir pas emport&#233; mes jambi&#232;res caoutchout&#233;es. Simplifions et all&#233;geons.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Velocio.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_209 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;116&#034; data-legende-lenx=&#034;xx&#034;
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&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://velotextes.fr/local/cache-vignettes/L500xH129/velociosignature-6fd5d.jpg?1788126846' width='500' height='129' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre crayon document-titre-209 '&gt;&lt;strong&gt;Signature de V&#233;locio, 1892
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif crayon document-descriptif-209 '&gt;Signature de V&#233;locio, 1892
&lt;/div&gt; &lt;div class='spip_doc_credits crayon document-credits-209 '&gt;source Archives d&#233;partementales de la Loire, cote Per 1328_3
&lt;/div&gt;
&lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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