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	<title>V&#233;lotextes</title>
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	<description>Lire celles et ceux qui ont fait du v&#233;lo un bienfait social, moyen de d&#233;placement et de tourisme&#160;: Paul de Vivie dit V&#233;locio, Capitaine Perrache dit l'homme de la montagne, Carlo Bourlet...
Histoire du v&#233;lo
Site de Laurent Vigniel</description>
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		<title>V&#233;lotextes</title>
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		<title>TOUR DE FRANCE ET POLYMULTIPLICATION (1911)</title>
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		<dc:date>2026-07-27T14:22:54Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>velovi</dc:creator>


		<dc:subject>Col du Galibier</dc:subject>
		<dc:subject>Paul de Vivie, dit V&#233;locio</dc:subject>
		<dc:subject>Entre 1900 et 1914</dc:subject>
		<dc:subject>Alpes</dc:subject>
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		<dc:subject>polymultipli&#233;e</dc:subject>
		<dc:subject>La bicyclette de tourisme</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Je terminais l'an dernier un article sur ce m&#234;me sujet par cette ligne&#160;: &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;La polymultiplication est entr&#233;e dans le Tour de France et elle n'en sortira plus.&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; &lt;br class='autobr' /&gt;
Ses progr&#232;s ont &#233;t&#233; plus rapides encore que je ne le pr&#233;voyais et l'&#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;Auto&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; nous a appris que cette ann&#233;e tous les coureurs, &#224; de rares exceptions pr&#232;s, s'&#233;taient polymultipli&#233;s&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; quelques-uns m&#234;me sont all&#233;s jusqu'aux changements de vitesse en marche, moyeux &#224; deux ou &#224; trois vitesses et Whippet de divers syst&#232;mes. &lt;br class='autobr' /&gt;
Je ne sais&#160;(&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="http://velotextes.fr/spip.php?rubrique36" rel="directory"&gt;1901-1914 P&#233;riode &#201;cole st&#233;phanoise&lt;/a&gt;

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&lt;a href="http://velotextes.fr/spip.php?mot114" rel="tag"&gt;Col du Galibier&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://velotextes.fr/spip.php?mot1" rel="tag"&gt;Paul de Vivie, dit V&#233;locio&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://velotextes.fr/spip.php?mot11" rel="tag"&gt;Entre 1900 et 1914&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://velotextes.fr/spip.php?mot41" rel="tag"&gt;Alpes&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://velotextes.fr/spip.php?mot8" rel="tag"&gt;sport, courses&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://velotextes.fr/spip.php?mot23" rel="tag"&gt;polymultipli&#233;e&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://velotextes.fr/spip.php?mot14" rel="tag"&gt;La bicyclette de tourisme&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Je terminais l'an dernier un article sur ce m&#234;me sujet par cette ligne&#160;: &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;La polymultiplication est entr&#233;e dans le Tour de France et elle n'en sortira plus.&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ses progr&#232;s ont &#233;t&#233; plus rapides encore que je ne le pr&#233;voyais et l'&#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;Auto&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; nous a appris que cette ann&#233;e tous les coureurs, &#224; de rares exceptions pr&#232;s, s'&#233;taient polymultipli&#233;s&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; quelques-uns m&#234;me sont all&#233;s jusqu'aux changements de vitesse en marche, moyeux &#224; deux ou &#224; trois vitesses et Whippet de divers syst&#232;mes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je ne sais pas jusqu'&#224; quel point les changements de vitesse en marche pourront accro&#238;tre le rendement de ces hommes exceptionnels qui r&#233;ussissent &#224; faire une moyenne de 27 &#224; l'heure dans une &#233;tape de 366 kilom&#232;tres, telle que Chamonix-Grenoble par le col des Aravis et le col du Galibier&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;!&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Certes, si quelque Georget s'entra&#238;nait, tout sp&#233;cialement en vue du Tour de France, sur une bi-cha&#238;ne dont les d&#233;veloppements pourraient &#234;tre modifi&#233;s au d&#233;but de chaque &#233;tape, cet homme-l&#224; accident de route &#224; part serait imbattable et arriverait dans un &#233;tat de fra&#238;cheur remarquable parce qu'il ne se serait jamais surfatigu&#233;. Mais je ne crois pas que sa moyenne horaire s'am&#233;liorerait beaucoup&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; par contre, il pourrait durer plus longtemps et sans doute aller d'un trait de Perpignan &#224; Bayonne, ne faisant ainsi qu'une bouch&#233;e des deux &#233;tapes pyr&#233;n&#233;ennes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les changements de vitesse en marche sont un pas vers le confortable plut&#244;t que vers le rendement, et je me rappelle avoir fait, avec la poly Tour de France, qui consiste &#224; d&#233;placer la cha&#238;ne &#224; la main sur des pignons juxtapos&#233;s, des vitesses commerciales que je n'ai d&#233;pass&#233;es avec aucun de mes changements de vitesse en marche.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La plupart des coureurs pr&#233;f&#232;rent retourner la roue motrice munie d'un pignon de chaque c&#244;t&#233;, plut&#244;t que de placer, comme nous le faisons, deux couples de pignons du m&#234;me c&#244;t&#233;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; c'est leur affaire, mais il leur faut deux minutes, alors que dix secondes nous suffisent pour changer de multiplication et je ne comprends pas qu'ils s'attardent, eux pour qui le temps est pr&#233;cieux, en ces vieux errements.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela ne s'explique gu&#232;re que par l'instinct d'imitation qui caract&#233;rise le &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;genus homo&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; Georget leur fit, en 1910, la premi&#232;re d&#233;monstration pratique des avantages de la poly, au Ballon d'Alsace, en retournant sa roue pour placer sa cha&#238;ne sur un plus faible d&#233;veloppement, et Georget gagna l'&#233;tape, donc, ils imitent Georget et ils l'imiteront jusqu'&#224; ce qu'un autre coureur gagne une autre &#233;tape avec un autre syst&#232;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Tour de France est, on le sait, une course d'hommes et non pas un concours de machines. Cependant, les machines sont poin&#231;onn&#233;es dans leurs parties essentielles, ce qui laisserait supposer, au premier abord, que toute machine avari&#233;e est mise hors course&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; il n'en est pourtant rien, car, &#224; chaque instant, il est question dans l' &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;Auto&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; d'accidents de machines et de r&#233;parations cons&#233;cutives.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cependant, les comptes rendus, laissant enti&#232;rement dans l'ombre les particularit&#233;s des machines gr&#226;ce auxquelles les coureurs arrivent au but plus ou moins vite, ne mentionnent que les prouesses de ceux-ci, comme si leurs outils ne les aidaient en rien &#224; les accomplir. Chaque coureur est suppos&#233; assez intelligent pour avoir su choisir le meilleur outil et il n'entre pas dans les vues des organisateurs du Tour de France de discuter, &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;coram populo&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;, des avantages et des inconv&#233;nients des machines, comme on le ferait dans un concours du &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;T. C. F.&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;/span&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Les lecteurs de l'&#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;Auto&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; n'ont besoin d'&#234;tre instruits que du fait que le vainqueur montait une bicyclette X ou Y, rouge ou verte, bleue ou jaune.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour obtenir des renseignements plus d&#233;taill&#233;s, il faut que nous allions les qu&#233;rir sur place et j'avais form&#233; le projet d'aller l'&#233;tape Chamonix-Grenoble. Une chute malencontreuse o&#249; mon &#233;paule droite fut malmen&#233;e, m'emp&#234;cha de partir, mais je fus suppl&#233;&#233; par mes amis de l'&lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;E. S.&lt;/span&gt; qui sont revenus &#233;merveill&#233;s des progr&#232;s accomplis en quelques ann&#233;es par les professionnels dans l'ascension des c&#244;tes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Autant les coureurs parurent inf&#233;rieurs &#224; leur t&#226;che quand ils firent en 1903 et 1904 la mont&#233;e de nos Grands Bois, autant ils grimpent aujourd'hui avec aisance dans le dix pour cent du Galibier et d'ailleurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mon collaborateur, Ch. R., a fait quelques kilom&#232;tres, entre Valloire et le Galibier, &#224; c&#244;t&#233; de Georget et il a &#233;t&#233; &#233;merveill&#233; de la souplesse avec laquelle ce coureur qui pourtant avait d&#233;j&#224;, depuis le matin, accompli un travail formidable, maniait ses p&#233;dales, allant droit comme un i, avec un imperceptible ba-lancement du buste qui s'accentuait aux virages ou pour enlever un passage plus dur, causant m&#234;me volontiers&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; pas d'essoufflement, pas m&#234;me de sueur, on e&#251;t dit un ouvrier accomplissant sa t&#226;che quotidienne. Tout cela gr&#226;ce au petit d&#233;veloppement dont il savait se servir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A Plan-de-Lacha, Georget mit pied &#224; terre pour discr&#232;tement se livrer &#224; l'abri des regards, &#224; une petite op&#233;ration que les Belges, &#224; l'instar de leur M&#228;nnkenpiss, font g&#233;n&#233;ralement en plein contr&#244;le au risque d'attraper une amende quand Desgranges les pince en flagrant d&#233;lit. Georget s'arr&#234;tant, Ch. R. s'arr&#234;te aussi, pas pour le m&#234;me motif, et la voiture officielle qui suit les coureurs et v&#233;hicule des hommes g&#233;-n&#233;ralement gras s'arr&#234;te aussi...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et un cousin de Bibendum mettant le nez &#224; la porti&#232;re reprocha en termes in&#233;l&#233;gants &#224; mon collaborateur d'avoir pr&#233;c&#233;d&#233; et, par cons&#233;quent, entra&#238;n&#233; Georget, contrairement au r&#232;glement. Il n'en &#233;tait rien et tout d'abord Ch. R. se contenta de dire qu'il avait suivi, accompagn&#233;, mais non pr&#233;c&#233;d&#233;. L'autre insistant incongr&#251;ment, Ch. R. se facha&#160;: &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;Et tout d'abord, Monsieur Bibendum, avez-vous lou&#233; la route&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;? Vous n'aviez, pour bien voir si j'&#233;tais devant ou derri&#232;re, qu'&#224; p&#233;daler &#224; mes c&#244;t&#233;s depuis Saint-Michel, cela vous aurait d&#233;gonfl&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Georget &#233;tait d&#233;j&#224; reparti quand Duboc, &#233;galement d&#233;multipli&#233;, passa &#224; une assez vive allure qu'il ne put soutenir, car il arriva au col un bon quart d'heure apr&#232;s le premier, qui fit toute la mont&#233;e en machine. Mais tous ces coureurs t&#228;tonnent encore et ne trouveront que petit &#224; petit les d&#233;veloppements qui conviennent pour telles et telles rampes. Les renseignements officiels faisant absolument d&#233;faut, nous ne pouvons faire &#233;tat que des informations officieuses que nous parvenons &#224; recueillir, en regrettant que le temps nous manque pour aller &#224; chaque &#233;tape nous rendre compte &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;de visu&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;, aux points critiques du parcours, de ce qui se passe sur la route.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les Bibendums officiels, peu experts en cyclotechnique, ne voient que les c&#244;t&#233;s sportifs, le bel effort de l'homme que cet homme soit mont&#233; sur une bicyclette ou sur un manche &#224; balai, qu'il p&#233;dale ou qu'il coure &#224; pied en poussant son outil, pour eux c'est kif-kif. Nous nous efforcerions, au contraire, si nous suivions la course, de distinguer dans le r&#233;sultat final ce qui appartient &#224; l'homme et ce qui appartient &#224; la machine&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; pourquoi, par exemple, dans la m&#234;me &#233;tape, Lapize, un des t&#233;nors, &#233;cc&#339;ur&#233; par le train et par les mont&#233;es, abandonne, alors que Brocco, une doublure, l&#226;che le peloton et m&#232;ne seul la danse &#224; plus de 30 &#224; l'heure..... Mais revenons &#224; nos moutons.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quelques minutes plus tard survenait Garrigou qui avait conserv&#233; 5, m,50 et qui s'ext&#233;nuait copieusement, avec des &#229;&#229;han&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! de mitron &#224; chaque coup de p&#233;dale. Sa bicyclette avan&#231;ait par saccades et, le corps hors de la selle, en un ridicule d&#233;hanchement qui jetait alternativement &#224; droite et &#224; gauche son buste sur le guidon, ce nauvre athl&#232;te zigzaguait &#224; travers la route et avan&#231;ait bien plus lentement que Georget, en laissant l'impression qu'il se fatiguait beaucoup plus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais enfin, obiecteront les irr&#233;ductibles partisans de la mono, Garrigou est tout de m&#234;me venu &#224; bout de cette &#233;tape et tous ceux qui ont fait &#224; pied le Galibier en sont aussi venus &#224; bout, donc on peut bien s'en passer, de vos polymultipli&#233;es&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;!&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et, parbleu, on peut aussi se passer de bicyclette pour aller de Chamonix &#224; Grenoble, on mettra un peu plus de temps, voil&#224; tout. On pourrait aussi revenir aux v&#233;n&#233;rables draisiennes ou aux v&#233;los Michaux&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! Mais nous voulons, au contraire, des bicyclettes qui nous permettent d'aller plus vite en tous pays en nous fatiguant moins. Chacun son go&#251;t&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; c'est pour cela que nous pr&#233;f&#233;rons les polys aux monos et la m&#233;thode de Georget &#224; celle de Garrigou. Mais vous verrez que Garrigou ne s'obstinera pas cette ann&#233;e &#224; gravir le Tourmalet avec 5 m,50 et qu'il adorera bient&#244;t ce qu'il m&#233;prise encore&#160;: la poly&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des coureurs munis de changements de vitesse en marche, nous ne savons pas encore grand chose.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034; Petit-Breton &#034; qui gagna quelques &#233;tapes du Tour d'Italie, gr&#226;ce &#224; un moyeu &#224; trois vitesses. et qui a r&#233;cemment avou&#233;, dans une confession motiv&#233;e, &#234;tre enti&#232;rement converti &#224; l'id&#233;e de la polymultiplication, &#233;tait parti pour le Tour de France avec un moyeu Sturmey&#160;: le malheur a voulu qu'une chute le mit hors de combat d&#232;s la premi&#232;re &#233;tape.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Brocco fait le Tour avec un moyeu &#224; deux vitesses, Cornet aussi, mais ce dernier ne sait gu&#232;re s'en servir puisqu'il jugea &#224; propos de faire, avec son petit d&#233;veloppement de 3 m&#232;tres environ, les deux kilom&#232;tres &#224; 5% de la bifurcation de la route du Galibier au col du Lautaret&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! Il perdit, de ce fait, cinq bonnes minutes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quant &#224; Brocco, il fit merveille dans l'&#233;tape Belfort-Chamonix pendant les 200 kilom&#232;tres les plus p&#233;nibles qu'il parcourut, seul, avec quinze minutes d'avance sur le peloton de t&#234;te, pour venir &#233;chouer piteusement &#224; 8 kilom&#232;tres du but, vaincu, dit-on, par la fringale, ou pour d'autres motifs. Ce succ&#232;s relatif tend tout de m&#234;me &#224; prouver que son moyeu ne le handicapait pas beaucoup puisque l'allure moyenne de cette &#233;tape montagneuse d&#233;passa 30 &#224; l'heure.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;H. Alavoine est muni d'un Whippet svs-t&#232;me P. d'A. C'est un isol&#233; qui a pour mission de ramener sa machine &#224; Paris, en se contentant d'am&#233;liorer lentement sa place dans le classement g&#233;n&#233;ral. Il s'en acquitte fort bien. Ce coureur pilotait, l'an dernier, un p&#233;dalier Tilhet et il commence naturellement &#224; savoir se servir d'une poly. Il a fait le Galibier et il fera tous les autres cols &#224; bicyclette, mais sans se presser, en touriste, envi&#233; par les autres isol&#233;s moins bien mont&#233;s, qui s'&#233;reintent &#224; pousser sur des d&#233;veloppements trop forts ou &#224; tra&#238;ner p&#233;niblement leur outil.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Somme toute, cette ann&#233;e les polymultipli&#233;s ne sont plus consid&#233;r&#233;es par les professionnels comme de doux maniaques&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; ils forment, d'ailleurs, la majorit&#233; et Faber lui-m&#234;me, le g&#233;ant de Colombes, n'h&#233;site plus &#224; mettre pied &#224; terre au pied de la c&#244;te et &#224; retourner sa roue pour changer de d&#233;veloppement&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; il l'a fait des deux c&#244;t&#233;s du Ballon d'Alsace et il nous l'a dit dans l'&#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;Auto&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;. Les toquards, cette ann&#233;e, sont ceux qui n'ont qu'un d&#233;veloppement &#224; leur service.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est un grand pas de fait et d&#233;sormais, d'ann&#233;e en ann&#233;e, nous verrons l'id&#233;e d'avoir deux et m&#234;me trois d&#233;veloppements s'implanter de plus en plus dans l'esprit des coureurs sur route qui nous aideront &#224; trouver et &#224; obtenir des constructeurs des syst&#232;mes de changement de vitesse de plus en plus parfaits.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les moyeux et les p&#233;daliers actuels &#224; deux et trois vitesses sont-ils assez robustes pour r&#233;sister jusqu'au bout aux 5.600 kilom&#232;tres du Tour de France&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les Whippet &#224; d&#233;raillement de cha&#238;ne, imitation plus ou moins heureuse du mod&#232;le H de Terrot et qui foisonnent sur le march&#233;, vaudront-ils mieux que les syst&#232;mes &#224; transmission superpos&#233;e&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les polycha&#238;nes qui fournissent une solution si simple du probl&#232;me des deux et trois vitesses en marche, en prise directe, feront-ils un jour la pige &#224; leurs concurrents&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ou bien, enfin, les d&#233;placements de cha&#238;ne &#224; la main, soit sur pignons juxtapos&#233;s en mettant pied &#224; terre, soit en marche en s'aidant d'un simple tendeur et en faisant sauter la cha&#238;ne sur trois pignons accol&#233;s au p&#233;dalier, conserveront-ils l'avance qu'ils ont prise&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous comptons sur le Tour de France pour nous faire conna&#238;tre le fort et le faible de tous ces syst&#232;mes, en attendant qu'un concours du Touring-Club mette chacun d'eux &#224; sa place et nous r&#233;v&#232;le &#224; c&#244;t&#233; des polys &#224; grand rendement qui seules seront appr&#233;ci&#233;es par les Tour de France et les randonneurs, les polys &#224; grand confortable qui conviennent &#224; la cat&#233;gorie infiniment plus nombreuse et plus int&#233;ressante des touristes. Ceux-ci voyagent non pour kilom&#233;trer, mais pour se distraire agr&#233;ablement et hygi&#233;niquement, sans se pr&#233;occuper de savoir s'ils peuvent ou non tenir pied aux pedards qui passent. Dans ce concours, se mettront en ligne, avec d'&#233;gales chances de succ&#232;s, r&#233;trodirectes et l&#233;vocyclettes qui ne figureront jamais dans le Tour de France et qui n'en sont pas moins, pour beaucoup de cyclistes, les meilleures bicyclette de voyage.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; V.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(Apr&#232;s l'&#233;tape du Galibier.)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
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		<title>Un Touriste (mai 1900)</title>
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		<dc:date>2024-10-26T19:27:00Z</dc:date>
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		<dc:creator>velovi</dc:creator>


		<dc:subject>cyclotourisme, cyclocamping</dc:subject>
		<dc:subject>Entre 1900 et 1914</dc:subject>
		<dc:subject>La bicyclette de tourisme</dc:subject>
		<dc:subject>polymultipli&#233;e</dc:subject>
		<dc:subject>d'Espinassous</dc:subject>
		<dc:subject>Fagot</dc:subject>
		<dc:subject>V&#233;g&#233;tarisme</dc:subject>
		<dc:subject>1900</dc:subject>
		<dc:subject>Gladiator</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;&#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt; &#8212; Je me contente dans un voyage de 8 &#224; 10 jours d'une moyenne de 120 kilom&#232;tres qui ne me co&#251;tent aucun effort. Exceptionnellement je puis pour une excursion d'un jour aller jusqu'&#224; 180 kilom&#232;tres, mais c'est d&#233;j&#224; excessif et je ne pourrais recommencer le lendemain sans fatigue.&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;&lt;/p&gt;

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&lt;a href="http://velotextes.fr/spip.php?rubrique42" rel="directory"&gt;A. D'Espinassous&lt;/a&gt;

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&lt;a href="http://velotextes.fr/spip.php?mot9" rel="tag"&gt;cyclotourisme, cyclocamping&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://velotextes.fr/spip.php?mot11" rel="tag"&gt;Entre 1900 et 1914&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://velotextes.fr/spip.php?mot14" rel="tag"&gt;La bicyclette de tourisme&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://velotextes.fr/spip.php?mot23" rel="tag"&gt;polymultipli&#233;e&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://velotextes.fr/spip.php?mot51" rel="tag"&gt;d'Espinassous&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://velotextes.fr/spip.php?mot53" rel="tag"&gt;Fagot&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://velotextes.fr/spip.php?mot54" rel="tag"&gt;V&#233;g&#233;tarisme&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://velotextes.fr/spip.php?mot76" rel="tag"&gt;1900&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://velotextes.fr/spip.php?mot79" rel="tag"&gt;Gladiator&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;Par D'Espinassous, paru dans Le Cycliste, Mai 1900, Source Archives D&#233;partementales de la Loire cote Per1328_7, licence ouverte 2.0 &#233;talab de r&#233;utilisation de l'information&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Je viens r&#233;pondre bri&#232;vement &#224; quelques questions que, dans le dernier num&#233;ro du Cycliste M.&#160;le commandant Collet me fait l'honneur de m'adresser. (1)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Machine. &#8212; Bicyclette Gladiator Roulements &#224; cuvettes ind&#233;r&#233;glables, &#224; mon avis, bien sup&#233;rieurs &#224; ceux &#224; c&#244;nes. Sur ma demande, frein ext&#233;rieur sur la roue avant. Sur la roue arri&#232;re, autre frein man&#339;uvr&#233; par un minuscule levier plac&#233; sous le bec de la selle.&lt;br class='autobr' /&gt; Ce frein que j'appellerai &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#8239;frein Philidet&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;, du nom de l'habile et ing&#233;nieux m&#233;canicien qui l'a con&#231;u et construit, est d'une extraordinaire puissance. Il peut dans un parcours de 4 &#224; 5 m&#232;tres caler la roue et la forcer &#224; patiner. Dans les descentes longues et rapides, mis &#224; un autre cran, il permet de les faire dans une s&#233;curit&#233; absolue, et remplace avantageusement le fagot aujourd'hui interdit en Dauphin&#233;. Ce frein reste constamment serr&#233; et ne se desserre qu'en pressant le ressort du d&#233;clenchement.&lt;br class='autobr' /&gt; Le frein Philidet se compose d'un secteur &#224; cr&#233;maill&#232;re fix&#233; par un collier sur le tube horizontal de la machine : un levier &#224; une dent mobile engrenant sur la cr&#233;maill&#232;re, est reli&#233; par une tige &#224; un patin de frein viss&#233; sous l'entretoise de la fourche arri&#232;re. Une pression imperceptible avec un seul doigt et quelle que soit la vitesse la machine est arr&#234;t&#233;e.&lt;br class='autobr' /&gt;
Comme pneumatiques, j'ai depuis quelques jours des bandages de 45 millim&#232;tres absolument imperforables et qui me permettront d'arriver d&#233;sormais s&#251;rement &#224; l'heure fix&#233;e. Je leur ai fait subir, avant de les adopter, une longue et &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#8239;&#233;pineuse&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; &#233;preuve&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; ils en sont sortis victorieux.&lt;br class='autobr' /&gt;
Ma selle est une selle Lamplugh 1899 n&#176;&#160;253. Je l'ai choisie tr&#232;s dure. Une selle dure ne blesse jamais et ses vibrations ne contrarient pas celles du pneumatique, ce qui n'est pas le cas pour les selles &#224; ressort &#224; boudins o&#249; l'on vibre continuellement &#224; contre-temps. Je monte haut et ma selle est plac&#233;e de telle sorte, que la jambe enti&#232;rement tendue, mon talon touche &#224; plat la p&#233;dale. Le bec de ma selle n'est pas plac&#233; perpendiculairement sur l'axe du p&#233;dalier, mais 0m,04 en arri&#232;re, position que je trouve plus favorable aux rapides allures. Mon guidon est droit et &#224; cintrage tr&#232;s court, j'ai deux multiplications 5m,60 et 2m,9O.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	R&#233;gime. &#8212; Absolument v&#233;g&#233;tarien&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; mais j'admets les &#339;ufs et le poisson, aliment tr&#232;s l&#233;ger qui contient beaucoup de phosphore. Je suis ce r&#233;gime d&#233;j&#224; depuis deux ans et m'en trouve merveilleusement. L'esprit se fait de plus en plus lucide, le corps est presque devenu une &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#8239;quantit&#233; n&#233;gligeable&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;, il n'existe pour ainsi dire pas. Toutefois je dois dire, par quelques exemples que j'ai autour de moi, que le v&#233;g&#233;tarisme ne para&#238;t pas convenir &#224; tous les temp&#233;raments. Le premier mois d'essai est particuli&#232;rement p&#233;nible. Je ne bois jamais de vin ni d'alcool et si par aventure il m'arrive de prendre un verre de vin &#233;tranger, je m'en repens toujours.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	R&#233;gime en marche. &#8212; Le matin &#224; 4 heures, deux tasses de caf&#233; noir tr&#232;s chaud, qui me permettent de faire 25 &#224; 30 kilom&#232;tres. Arr&#234;t ensuite d'une demi-heure pour prendre du caf&#233; au lait ou th&#233; au lait avec pain ou p&#226;tisseries. &#192; Midi, deux plats de l&#233;gumes ou &#339;ufs, fruits, caf&#233;. &#192; 4 heures fruits et pain ou lait chaud et brioches. Le soir &#224; d&#238;ner un plat de poisson, deux plats de l&#233;gumes, un entremets sucr&#233;, fruits et th&#233; bouillant &#8212; tr&#232;s peu de pain &#8212; je ne bois pas ou presque pas &#224; mes repas.&lt;br class='autobr' /&gt;
En marche je surveille mon estomac autant que la route : rien d'aussi d&#233;primant qu'une &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#8239;fringale&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; qui suffit souvent &#224; compromettre toute l'&#233;tape. Il faut dans les longues excursions faire patienter l'estomac &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#8239;l'amuser&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; jusqu'au repas du soir. Vous avez ainsi toutes vos forces disponibles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Hygi&#232;ne. &#8212; Se lever t&#244;t, se coucher de bonne heure. Le matin, &#224; d&#233;faut de tub, s'&#233;ponger tout le corps. En marche, si on a tr&#232;s chaud, immersion tr&#232;s froide et tr&#232;s rapide &#8212; une minute. &#8212; Le soir faire &#224; pied les derniers 500 m&#232;tres de l'&#233;tape, afin que la transition du mouvement et du repos soit moins brusque. Prendre en arrivant un bain tr&#232;s court ou une douche froide. Promener ensuite avant le d&#238;ner. Comme v&#234;tements laine ou flanelle, culottes ou pantalons en jersey.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Marche. &#8212; Je me contente dans un voyage de 8 &#224; 10 jours d'une moyenne de 120 kilom&#232;tres qui ne me co&#251;tent aucun effort. Exceptionnellement je puis pour une excursion d'un jour aller jusqu'&#224; 180 kilom&#232;tres, mais c'est d&#233;j&#224; excessif et je ne pourrais recommencer le lendemain sans fatigue.&lt;br class='autobr' /&gt; Quant &#224; l'allure, 15 kilom&#232;tres en plaine. 8 &#224; 9 aux c&#244;tes, aussi vite que je le peux aux descentes que je connais : je ne contre-p&#233;dale pas et laisse mes jambes inertes, &#233;tant absolument s&#251;r de mes freins. Je ne force jamais et reste toujours en de&#231;&#224; de mes moyens. L&#224; est le secret des grandes &#233;tapes.&lt;br class='autobr' /&gt; Le &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#8239;hasard de la vie&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; m'ayant donn&#233; de nombreux loisirs, je &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#8239;touriste&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; presque tout l'&#233;t&#233;, ce qui fait que je couvre annuellement de 10 &#224; 11.000 kilom&#232;tres : mon entra&#238;nement est donc continu.&lt;br class='autobr' /&gt; Je suis cycliste depuis six ans seulement, mais avant j'&#233;tais un touriste &#224; pied intr&#233;pide. Quant &#224; mon &#226;ge que M.&#160;le commandant Collet veut bien me demander &#8212; cet article est presque une confession &#8212; je n'&#233;prouve aucun embarras &#224; avouer que j'ai 48 ans, mais j'ajouterai que gr&#226;ce &#224; l'eau froide et au r&#233;gime suivi, j'ai toujours 20 ans.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; P.-S. Hier soir je lisais dans un journal :&lt;br class='autobr' /&gt; &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#8239;Les cyclistes, c'est ind&#233;niable, d&#233;pense beaucoup de force musculaire et doivent forc&#233;ment &#234;tre blind&#233;, si j'ose dire ainsi d'endurance. Or, il existe &#224; Londres un club de veloceman tr&#232;s connu dont tous les membres sans exception sont v&#233;g&#233;tariens, ne boivent que de l'eau, du lait ou du th&#233;, c'est le v&#233;g&#233;tarien cyclist Club. Il donnait derni&#232;rement un banquet et en t&#234;te se lisaient ces trois vers de Shelley : Que jamais plus le sang d'un oiseau ou d'une b&#234;te, Ne souille une f&#234;te humaine de son torrent empoisonn&#233;, Dont la fum&#233;e comme une accusation monte dans la puret&#233; des cieux&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;&lt;br class='autobr' /&gt; &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#8239;Dans le speech obligatoire du dessert, le pr&#233;sident &#8212; un docteur c&#233;l&#232;bre &#8212; &#233;num&#232;re les avantages de la temp&#233;rance et rappela judicieusement que les fameux athl&#232;tes de Rome et d'Ath&#232;nes, si puissant, si r&#233;sistant, vivaient &#224; l'entra&#238;nement de fruits secs, de froment, de laitage et d'huile.&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; (1) Je prie M.&#160;Roux, membre du Comit&#233; de la soci&#233;t&#233; v&#233;g&#233;tarienne de France, de vouloir bien consid&#233;rer cet article comme une r&#233;ponse &#224; l'aimable lettre qu'il m'a &#233;crite.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_220 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='http://velotextes.fr/IMG/jpg/despinassous.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='http://velotextes.fr/local/cache-vignettes/L500xH720/despinassous-aaff5.jpg?1788126846' width='500' height='720' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>La Croix-Haute (1902)</title>
		<link>http://velotextes.fr/spip.php?article186</link>
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		<dc:creator>velovi</dc:creator>


		<dc:subject>cyclotourisme, cyclocamping</dc:subject>
		<dc:subject>Entre 1900 et 1914</dc:subject>
		<dc:subject>Vercors</dc:subject>
		<dc:subject>d'Espinassous</dc:subject>
		<dc:subject>V&#233;g&#233;tarisme</dc:subject>
		<dc:subject>Dauphin&#233;</dc:subject>
		<dc:subject>col de Grimone</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;&#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#8239;Ar&#233;thuse &#233;tait probablement une cyclettiste, et il est assez naturel d'admettre que le jour de la f&#234;te de Diane, ses nymphes organisaient, en son honneur, une course de bicyclettes.&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;&lt;/p&gt;

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&lt;a href="http://velotextes.fr/spip.php?rubrique42" rel="directory"&gt;A. D'Espinassous&lt;/a&gt;

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&lt;a href="http://velotextes.fr/spip.php?mot9" rel="tag"&gt;cyclotourisme, cyclocamping&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://velotextes.fr/spip.php?mot11" rel="tag"&gt;Entre 1900 et 1914&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://velotextes.fr/spip.php?mot49" rel="tag"&gt;Vercors&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://velotextes.fr/spip.php?mot51" rel="tag"&gt;d'Espinassous&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://velotextes.fr/spip.php?mot54" rel="tag"&gt;V&#233;g&#233;tarisme&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://velotextes.fr/spip.php?mot67" rel="tag"&gt;Dauphin&#233;&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://velotextes.fr/spip.php?mot109" rel="tag"&gt;col de Grimone&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;Par D'Espinassous, revue mensuelle du Touring-Club de France, Juillet 1902&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; Monsieur le docteur Julliard.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est d'&#233;tranges rencontres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je quitte Die &#224; 4 heures. Le ciel, d'un bleu noir, resplendit d'&#233;toiles : sur le levant, une l&#233;g&#232;re lueur indique l'approche de l'aube. Les champs sont silencieux, pas le moindre fr&#233;missement sur les feuilles des hauts peupliers, la route est d&#233;serte, tout dort encore.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Insensiblement le ciel s'&#233;claire, les &#233;toiles p&#226;lissent, le jour para&#238;t : une d&#233;licieuse fra&#238;cheur succ&#232;de &#224; l'air lourd et chaud de la nuit, et sous les noyers de Ch&#226;tillon, dans la grande ombre du Glandaz, ma bicyclette court joyeuse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce village d&#233;pass&#233;, le chemin de Grimone, laissant &#224; gauche celui de Men&#233;e, franchit le Bez et ne tarde pas &#224; s'engager dans le d&#233;fil&#233; d'Aygat. D'un aspect tr&#232;s sauvage, ces gorges n'ont pas le pittoresque romantique de celles de la Bourne, et pr&#233;sentent un caract&#232;re plus m&#233;ridional. Sur leurs pentes escarp&#233;es, je n'entends ni la hache du b&#251;cheron, ni les clochettes du troupeau lointain. Nul bruit que celui du torrent roulant ses eaux sur les galets.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les roches ont de magnifiques colorations. Leur couleur dominante est le gris bleut&#233;, souvent tach&#233; de jaune, de bistre et de rouge. Des c&#233;p&#233;es de h&#234;tres au vert clair, se d&#233;tachant sur le noir des sapins att&#233;nuent l'aust&#233;rit&#233; du paysage. Cette route est fort agr&#233;able, surtout le matin, mais ne peut se comparer, &#224; mon avis, &#224; celles du Vercors ou de l'Arly.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s un court tunnel elle passe entre de gigantesques escarpements aux tons &#233;clatants : c'est la fin du d&#233;fil&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je m'assieds au bord du chemin, et levant les yeux, j'aper&#231;ois tr&#232;s haut, une ligne d'arbres d&#233;crivant de brusques lacets sur le flanc de la montagne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'&#233;tait la route qui se livrait &#224; une v&#233;ritable escalade.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au sommet, la vue sur l'ab&#238;me, o&#249; d'&#233;normes rochers se dressent en ob&#233;lisques, est vertigineuse. Je descends ensuite dans la verte vall&#233;e de Glandage et imm&#233;diatement commence la longue rampe du col.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je montais lentement la dure c&#244;te et venais de traverser Grimone, quand subitement, sans bruit, un cycliste me d&#233;passe. V&#234;tu de noir, tr&#232;s grand, tr&#232;s maigre, et comme particularit&#233;, cheveux ch&#226;tains et moustache rouge, il me parait d&#233;ployer une force peu commune. Un sac volumineux plac&#233; &#224; l'avant, une carte ouverte sur le guidon, indiquent un touriste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'essaye de r&#233;gler ma marche sur la sienne, j'acc&#233;l&#232;re l'allure, mais la distance qui nous s&#233;pare, au lieu de diminuer, augmente rapidement. Je suis &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#8239;sem&#233;&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;!&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'ai, il est vrai, la pente &#233;tant de 6&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;%, la petite multiplication, et malgr&#233; la duret&#233; de cette rampe, tous les mouvements du cycliste d&#233;notent une aisance extr&#234;me. Il remue doucement les jambes et sa machine vole : son d&#233;veloppement est &#233;videmment sup&#233;rieur &#224; 6 m&#232;tres. De temps en temps je l'entends corner, et il me semble que sa trompe a un son railleur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Est-ce vigueur exceptionnelle, est-ce bicyclette a m&#233;canisme inconnu qui lui permettent un pareil train&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;? Pourrai-je m'en rendre compte&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;? J'en doute fort, et tout espoir de le rattraper est d&#233;j&#224; bien compromis. Je viens de l'entrevoir sur ma t&#234;te, &#224; un d&#233;tour de la route&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; il n'a pas l'air de forcer le moins du monde et sa marche doit &#234;tre de 16 kilom&#232;tres &#224; l'heure.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avouons-le, un tel effort m'est impossible et je suis r&#233;ellement tr&#232;s intrigu&#233;. Jamais un touriste - je dis touriste et non coureur &#8212; ne m'avait laiss&#233; derri&#232;re lui avec cette facilit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Que de fois n'ai-je pas lu dans la Revue que les longues pentes &#224; 6 et 7&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;% &#233;taient inabordables &#224; la grande multiplication&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! Que de r&#233;cits de voyage elle a publi&#233;s, o&#249; les cyclistes avec des d&#233;veloppements de 5 m&#232;tres ou approchants, s'empressaient, dans une touchante entente, de mettre pied &#224; terre devant des rampes semblables&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;!&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Me faudra-t-il douter de ces r&#233;cits h&#233;riss&#233;s de racines carr&#233;es, agr&#233;ment&#233;s de sinus et cosinus, r&#233;cits d'une si captivante lecture&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;? Le doute envahirait-il mon &#226;me&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;? Douter des math&#233;matiques, c'est &#234;tre bien pr&#232;s de ne plus croire &#224; rien. &#8212; Doutez de la lumi&#232;re, me disait mon professeur de trigonom&#233;trie, doutez du ciel et de la terre, mais ne doutez pas d'une formule.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Chose navrante&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! Je sens mon respect, ma v&#233;n&#233;ration pour les sinus et cosinus s'envoler peu &#224; peu, et je crains m&#234;me qu'un juste et offensant d&#233;dain ne les remplace.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Que vaut l'aust&#232;re et froide th&#233;orie en pr&#233;sence de l'exp&#233;rience, et celle-ci est &#233;clatante : sous mes yeux une pente &#224; 6&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;% a &#233;t&#233; gravie &#224; 16 kilo &#224; l'heure sans aucune peine. Th&#233;oriquement, ce cycliste devait monter cette c&#244;te &#224; pied&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; pratiquement, c'est &#224; bicyclette&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! Pratique et th&#233;orie : deux mots qui souvent hurlent d'&#234;tre rapproch&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'aper&#231;ois au loin la noire silhouette du touriste se d&#233;tacher sur le blanc de la route, et ses longues jambes, comme de formidables bielles, impriment &#224; sa machine la plus rapide allure. Bient&#244;t il dispara&#238;t. Obs&#233;dante &#233;nigme&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! Ce cycliste fera-t-il une halte&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;? S'arr&#234;tera-t-il au refuge du col&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;? J'avance aussi vite que je peux, mais je le constate, en consultant ma montre aux bornes kilom&#233;triques, j'atteins &#224; peine 9 kil. &#224; l'heure.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je r&#233;fl&#233;chissais &#224; l'inanit&#233; de cette poursuite, quand je rencontre un cantonnier. Je l'interroge.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8212; N'avez-vous pas vu un cycliste&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8212; Avec des moustaches rouges&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8212; Pr&#233;cis&#233;ment.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8212; Il y a longtemps qu'il est pass&#233;, il marchait comme le vent&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! J'ai pu tout juste me garer&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi cette folle allure &#233;tait soutenue, c'&#233;tait l'allure ordinaire de ce touriste, digne d'&#234;tre class&#233; parmi les &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#8239;g&#233;ants de la route&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;!&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-center&#034; style=&#034;text-align:center;&#034;&gt;&#8258;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Le chemin continue &#224; s'&#233;lever entre des champs cultiv&#233;s et des gu&#233;rets. Je d&#233;passe des chars, des mulets charg&#233;s de fumier. Sur les terres inclin&#233;es, des b&#339;ufs tracent p&#233;niblement leur sillon, et le laboureur, de son aiguillon, stimule leur lenteur. Des femmes coiff&#233;es de grands chapeaux de paille noire, descendent ces pentes rapides, retenant par la bride les mulets, dont les b&#226;ts vides, &#224; chaque pas, se balancent sur leur &#233;chine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les montagnards que je croise ont le teint rouge brique, la carrure robuste, et, malgr&#233; leur abord un peu rude, r&#233;pondent complaisamment &#224; mes questions.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enfin l'interminable c&#244;te est finie, me voici devant le refuge. J'ai tr&#232;s chaud, mon pare-nuque ruisselle, et le vent est glacial&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; aussi, laissant la salle aux chromos c&#233;l&#233;brant l'alliance franco-russe, j'entre dans la cuisine et m'assieds pr&#232;s du po&#234;le.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'accueil de la femme du cantonnier est tr&#232;s empress&#233;. Je lui demande du lait : imm&#233;diatement, elle court apr&#232;s trois ch&#232;vres vagabondes qui broutaient sur les hauteurs voisines et ne tarde pas &#224; revenir, portant avec pr&#233;caution une grande jatte d&#233;bordante d'&#233;cume.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je m'enquiers de l'insaisissable touriste : elle ne l'a pas vu, il a d&#251; passer en coup de vent. Le dernier espoir est perdu. Je m'en console. Que de choses sur cette terre je n'ai pu expliquer : ce ne sera qu'une de plus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pourquoi, en me chauffant, le nom d'Ar&#233;thuse me vient-il &#224; l'esprit&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;? Quelle myst&#233;rieuse relation peut-il bien y avoir entre mon arriv&#233;e en moiteur au refuge et le sort infortun&#233; de la nymphe de Diane&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bient&#244;t, comme une bu&#233;e l&#233;g&#232;re, le voile dispara&#238;t, et je saisis le sens cach&#233; de l'histoire d'Ar&#233;thuse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est une all&#233;gorie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il n'y a rien de nouveau sous le soleil, a-t-on dit, et si nous connaissions la chronique du premier empire &#233;gyptien, appara&#238;trait tout un monde d'id&#233;es et de faits que nous croyons nouveaux. Les inventions se trouvent, se perdent dans les &#233;poques de barbarie et se retrouvent ensuite. Il est donc presque s&#251;r que le cycle a &#233;t&#233; connu dans des &#226;ges tr&#232;s recul&#233;s. D'ailleurs, sur les bas-reliefs assyriens, se voient d'&#233;tranges roues isol&#233;es, dont la signification ou l'usage sont encore un probl&#232;me pour les Champollion de nos jours.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ar&#233;thuse &#233;tait probablement une cyclettiste, et il est assez naturel d'admettre que le jour de la f&#234;te de Diane, ses nymphes organisaient, en son honneur, une course de bicyclettes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Malheureusement, les farouches guerriers de cette &#233;poque, absorb&#233;s par des questions de balistique ou peut-&#234;tre moins ing&#233;nieux que ceux des temps modernes, n'avaient pas devin&#233; la puissance de la petite multiplication, et Ar&#233;thuse montant &#224; toute allure sous le soleil br&#251;lant de l'Attique, une courte et dure c&#244;te, fut naturellement chang&#233;e en fontaine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La femme du cantonnier interrompt ma r&#234;verie en posant sur la table une tasse de lait fumant. Le pain est savoureux et les amateurs de pain complet n'ont qu'&#224; venir passer quelques jours au village de Grimone, ils y seront id&#233;alement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La vue du col est born&#233;e, mais &#224; peine a-t-on parcouru un kilom&#232;tre, qu'&#224; un brusque d&#233;tour de la route, elle devient saisissante. Du chemin suspendu sur le pr&#233;cipice, on domine les sauvages escarpements entre lesquels le torrent brise ses eaux contre d'&#233;normes rocs &#233;boul&#233;s&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; dans l'embrasure de la gorge appara&#238;t la vall&#233;e du Bu&#235;ch, aux p&#226;turages surmont&#233;s de for&#234;ts, et sur le ciel, se d&#233;coupe le noir h&#233;rissement des pics du D&#233;voluy.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La route de Gap &#224; Grenoble que l'on rejoint aux Lussettes, traverse depuis la Faurie, un pays pauvre, tr&#232;s triste, donnant une grande impression d'&#226;pret&#233; et de rudesse, et le touriste, soit qu'il vienne de Grimone ou de Veynes, aspire aux horizons lointains qui l'attendent &#224; la Croix-Haute. Au col, il descendra environ 5oo m&#232;tres, et pr&#233;cis&#233;ment &#224; l'endroit o&#249; est plant&#233; le poteau du &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;T. C.&lt;/span&gt; se d&#233;roulera devant lui un des plus beaux panoramas qu'il soit possible de contempler. Sous lui, il apercevra tout le Tri&#232;ves, et dans un immense h&#233;micycle se dresseront les monts du D&#233;voluy, du Valbonnais, de Belledone, le massif de la Chartreuse, o&#249; se distingue surtout la dent de Crolles. De chaque c&#244;t&#233; de l'&#233;troite gorge se pressent en rangs serr&#233;s, escaladant les pentes abruptes, des sapins dont le sombre feuillage, tranche sur le gris des rochers et le vert tendre des pelouses.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ordinairement r&#232;gne &#224; la Croix-Haute un vent violent, mais aujourd'hui, dans le calme d'une belle journ&#233;e d'automne, le silence est absolu et n'est interrompu &#224; de longs intervalles, que par le rauque essoufflement des machines remorquant p&#233;niblement un train.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a deux ans, passant &#224; Bourg-d'Oisans, je fis la connaissance d'un touriste et de sa femme qui y &#233;taient en vill&#233;giature. Apr&#232;s le d&#233;jeuner, nous caus&#226;mes en prenant du caf&#233; dans le jardin de l'h&#244;tel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce touriste me parut go&#251;ter m&#233;diocrement les charmes de la montagne et en appr&#233;cier seulement le climat. Sa femme, au contraire, ne tarissait pas sur les mille beaut&#233;s du Dauphin&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8212; Voulez-vous me permettre, Madame, lui dis-je, de vous demander quel est dans nos Alpes fran&#231;aises, le site qui vous a le plus frapp&#233;, celui dont vous gardez le plus vivant souvenir&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8212; C'est, me r&#233;pondit-elle sans h&#233;siter, la vue du col de la Croix-Haute.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et pendant que son mari fumait silencieusement une courte pipe de bruy&#232;re &#8212; le v&#233;ritable fumeur est taciturne &#8212; elle voulut bien me conter ce qu'elle appelait son &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#8239;odyss&#233;e&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Partis de Cannes pour Gen&#232;ve, ils voyageaient dans leur voiture, &#224; petites journ&#233;es. Ils avaient eu de nombreux incidents de route, mais leurs chevaux ne faisant qu'une quarantaine de kilom&#232;tres par jour, le temps leur avait paru un peu long, et &#224; la fin ils soupiraient apr&#232;s les eaux bleues du L&#233;man.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Franchir ainsi les Alpes est sans doute fort agr&#233;able, mais ce r&#233;cit confirme la sup&#233;riorit&#233; de la bicyclette.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je me suis assis sur l'herbe, en contre-bas de la route. Je regarde sans me lasser le lumineux tableau, et dans l'air si pur, sous le soleil qui brille, mon contentement atteint son extr&#234;me limite.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Admirable douceur des choses d&#233;j&#224; vues&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! puissance du souvenir&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! Je me suis arr&#234;t&#233;, il y a cinq ans, &#224; la Croix-Haute avec mon meilleur ami, et les moindres d&#233;tails de cette excursion me reviennent en foule : les &#233;clats de sa voix joyeuse, je crois les entendre encore. Cinq ans ont pass&#233; et il me semble que c'est hier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sensation &#233;trange que celle de ne pas vieillir, et suis-je assez heureux de l'&#233;prouver&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! les m&#234;mes plaisirs, les m&#234;mes joies que je ressentais autrefois, je les ressens avec la m&#234;me intensit&#233; aujourd'hui.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Est-ce l'hygi&#232;ne, est-ce le r&#233;gime que je suis qui, en conservant &#224; mon corps la vigueur et la souplesse de la jeunesse, en sont cause&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;? Existe-t-il dans tout homme un fond enfant qui ne se perd jamais&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;? Le physique r&#233;agit-il &#224; ce point sur le moral, et le proverbe latin peut-il s'&#233;crire : mens laeta in corpore sano&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quoi qu'il en soit, alors que la plupart des hommes de mon &#226;ge sont graves, &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#8239;orn&#233;s&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; d'embonpoint, tournent au &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#8239;burgrave&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;, j'ai encore l'insouciance et l'humeur voyageuse de mes vingt ans.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette gaiet&#233; de bon aloi, dont &#233;taient anim&#233;s nos p&#232;res, je ne la vois plus maintenant. Je n'aper&#231;ois que des gens pr&#233;occup&#233;s, soucieux, enfi&#233;vr&#233;s, se ruant &#224; la poursuite de la fortune qui, pour eux, personnifie le but de l'existence. Parvenus &#224; leurs fins, ils reconnaissent trop tard qu'ils ont poursuivi une chim&#232;re, un mirage trompeur&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; ils appartiennent &#224; leurs richesses plut&#244;t qu'elles ne leur appartiennent, et l'ind&#233;pendance, ce bien supr&#234;me, ils ne l'ont m&#234;me pas. Et peut-&#234;tre, du haut de leur sleeping, envient-ils le modeste touriste qui, sans souci, libre comme l'air qu'il fend d'une poitrine robuste, court heureux sur la route poudreuse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La fortune est un lourd fardeau. Peu d'hommes en font un noble usage, et il faut une &#194;me d'&#233;lite pour en &#234;tre digne et la supporter sans faiblir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bonheur de vivre&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! Seuls l'&#233;prouvent ceux dont le c&#339;ur ignore l'ambition et l'envie&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; ceux contents de leur sort, quelque humble, quelque modeste qu'il soit et qui ne demandent pas &#224; la vie plus qu'elle ne peut donner.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je l'ai marqu&#233; d'une croix d'or le jour o&#249; par pur hasard m'apprit le nom de Kneipp. J'&#233;tais abonn&#233; &#224; la Revue Encyclop&#233;dique et cette phrase me sauta aux yeux : Celui, dit le cur&#233; de V&#339;richoffen, qui sera sobre, qui tous les matins se baignera dans l'eau froide, celui-l&#224; ne conna&#238;tra jamais la maladie et conservera longtemps les forces de la jeunesse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et ces forces conserv&#233;es, quelle plus agr&#233;able mani&#232;re de les d&#233;penser qu'en excursionnant &#224; bicyclette&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! Je ne veux pas dire par l&#224; &#233;videmment qu'on doive toujours &#234;tre sur les grandes routes, rien ne serait plus &#233;loign&#233; de ma pens&#233;e, mais simplement que ce sport constitue un des meilleurs d&#233;lassements que je connaisse, le bonheur que ressent le cycliste est un bonheur complet : il est son ma&#238;tre, ne d&#233;pend absolument de personne et va librement ou sa fantaisie le pousse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il s'arr&#234;te, il marche, il vole, aspirant l'air pur &#224; pleins poumons, respirant l'ind&#233;pendance par tous les pores. R&#233; qu&#233; Dio&#249;, l'orgueilleuse devise des Talleyrand-P&#233;rigord, il peut la graver sur son guidon&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;!&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quelle jouissance infinie ne donne pas la contemplation d'un beau paysage, et que je plains l'homme dont le c&#339;ur est ferm&#233; &#224; de telles joies. Il est pass&#233; sur la terre, l'a habit&#233;e et ne l'a pas connue.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;XVIII&lt;/span&gt;&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle avait compris ce charme enivrant, et jamais ne furent plus nombreux qu'alors les &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#8239;amants de la nature&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; un peu trop enclins peut-&#234;tre &#224; la sensiblerie, mais cet exc&#232;s valait mieux que le froid et prosa&#239;que terre-&#224;-terre de nos jours. Le bruit sec de l'acier frappant sur la pierre me r&#233;veille &#224; moiti&#233; : c'est le cantonnier de la Croix-Haute qui casse des cailloux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;11 heures&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! Il y a deux heures que je r&#234;ve en proie &#224; cette griserie de l'&#226;me que bien des touristes ont ressenti. On est devenu un &#234;tre immat&#233;riel qui pense et n'appartient plus &#224; la terre&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; la notion de l'endroit pr&#233;cis o&#249; l'on est vous &#233;chappe&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; vous voyez seulement le vert des arbres, le bleu du ciel. et sur les ailes rapides de la pens&#233;e on s'envole au loin. Revenons &#224; la r&#233;alit&#233;, et puisqu'il est onze heures, il n'est que temps de se mettre en selle, &#224; la conqu&#234;te du d&#233;jeuner. A Clelles-station, je connais une auberge : &#224; c&#244;t&#233; coule une source glac&#233;e, en route donc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La bicyclette &#224; la main, je grimpe le talus et me trouve face &#224; face avec le cantonnier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;* *&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'aime ces modestes &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#8239;fonctionnaires&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; &#224; l'&#226;me simple, et si je n'ai qu'hautaine indiff&#233;rence pour les bureaucrates hi&#233;rarchis&#233;s, dont la tyrannique suffisance m'&#233;tonnera toujours dans une d&#233;mocratie, je suis heureux, en revanche, de serrer la main de l'humble cantonnier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Naturellement, je m'informe du touriste &#8212; N'avez-vous pas vu un cycliste habill&#233; de noir&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8212; Il en est bien &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#8239;descendu&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; un entre sept et huit heures, mais je n'ai fait que l'entrevoir. Il est pass&#233; comme un &#233;clair.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un &#233;clair&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! C'est lui. Trois heures d'avance, il doit &#234;tre &#224; Vif, si ce n'est &#224; Grenoble. N'y pensons plus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le cantonnier se tient debout devant moi, semblant attendre de nouvelles questions. C'est un homme d'une quarantaine d'ann&#233;es, robuste, le teint h&#226;l&#233; par son p&#233;nible labeur. Son air grave et r&#233;sign&#233; m'int&#233;resse. - Quelle destin&#233;e que la sienne, pensai-je, &#234;tre encha&#238;n&#233; &#224; ces rochers, voir chaque jour sur la route et sur les hauts remblais la vie joyeuse, insouciante, fortun&#233;e. qu'il doit les envier les heureux de ce monde&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;!&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8212; Vilain pays, l'hiver, lui dis-je - Rude, oui&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; vilain, non, r&#233;pondit-il, et sa figure s'&#233;claira d'un bon sourire. L'hiver, on se chauffe en famille, et devant une gaie flamb&#233;e de sapin ou de h&#234;tre, entre ma femme et mes enfants, je suis heureux. Ici, on se sent vivre, et la bise vaut mieux pour la sant&#233; que &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#8239;l'air des villes&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;. J'ai fait mon service &#224; Paris, et il me tardait de revoir mes montagnes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'&#233;tait moi qui me trompais. Le cantonnier me donne une le&#231;on de philosophie. Au fond, il a raison, le bonheur est relatif, on l'a en soi. On peut &#234;tre heureux partout, et puis surtout, il s'agit de se croire heureux pour l'&#234;tre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette bonhomie m'enchante. Sous cette poitrine velue doit battre un c&#339;ur loyal.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8212; Votre main, cantonnier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je la lui serre avec plaisir, et, accompagn&#233; des v&#339;ux et du &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#8239;bon voyage&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; de mon nouvel ami, je descends rapidement la c&#244;te de la Croix-Haute.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La pente est fort raide, du 6&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;% d'apr&#232;s le graphique, aussi suis-je vite au bas de la rampe. De l'ancienne maison de poste de Saint-Maurice &#224; Clelles, descente faible et ondulations. Bient&#244;t, &#224; un d&#233;tour de la route, appara&#238;t altier, mena&#231;ant, le mont Aiguille dont l'immense nef flotte sur une mer de nuages. Je l'ai constamment devant moi jusqu'&#224; Clelles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Arriv&#233; &#224; l'auberge, apr&#232;s une ablution &#224; la froide fontaine, je monte, la bicyclette sous le bras, les cinq ou six marches de la terrasse sur laquelle s'ouvre l'entr&#233;e. Assis &#224; une table se trouvait un cycliste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il se retourne : c'est lui&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! C'est le touriste rouge.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous nous saluons. Me voyant embarrass&#233; de ma bicyclette il m'indique tr&#232;s courtoisement la pi&#232;ce o&#249; &#233;tait remis&#233;e la sienne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'aspect de ce touriste ne r&#233;pond pas &#224; l'id&#233;e que je m'en faisais et d&#233;concerte mes pr&#233;visions. &#194;g&#233; d'une trentaine d'ann&#233;es environ, l'air timide, sa figure est empreinte d'une douceur m&#233;lancolique qui me surprend&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; mais dans ses yeux pensifs, je vois luire une droiture et une franchise qui me ravissent. Sa voix, tr&#232;s sympathique, est une de ces voix qui attirent et dont malgr&#233; soi on subit le charme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8212; Laissez-moi, monsieur, lui dis-je, en revenant sur la terrasse, vous complimenter de la mani&#232;re dont vous avez pass&#233; le col de Grimone. C'est absolument remarquable. Serais-je indiscret de vous demander votre d&#233;veloppement&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8212; Nullement, j'ai 6 m. 50 et je monte facilement jusqu'au 7&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;%. Apr&#232;s, c'est autre chose. Et maintenant veuillez m'excuser, je vous prie, si je n'ai pas fait route avec vous. En vous voyant marcher si lentement, je vous ai cru fatigu&#233; et ai suppos&#233; que vous graviriez bient&#244;t la longue c&#244;te &#224; pied. Je me suis d&#233;rob&#233; &#224; cette dure &#233;preuve.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8212; Savez-vous, repris-je, que votre performance r&#233;duit &#224; n&#233;ant les belles th&#233;ories d'illustres math&#233;maticiens&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8212; Je sais, r&#233;pliqua-t-il modestement, que mon cas est peu ordinaire, mais pr&#233;cis&#233;ment parce qu'il est exceptionnel, on ne doit pas s'y arr&#234;ter. Je n'ai, je vous assure, aucun m&#233;rite &#224; monter ainsi. Le dois-je &#224; ma maigreur, &#224; mon faible poids&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;? La longueur de mes jambes intervient-elle&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;? Je l'ignore.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais, je vous le r&#233;p&#232;te, de pareilles c&#244;tes sont un jeu pour moi. Je vous avouerai, et cela vous fera sans doute plaisir (s&#251;rement c'est un psychologue), j'ai &#233;chou&#233; devant la rampe de Laffrey.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je respirai. La petite multiplication l'emportait donc, la sainte th&#233;orie brillait de nouveau d'un &#233;clat incontest&#233;, et dans mon esprit un instant obscurci, sinus et cosinus faisaient un retour triomphal. Tout s'expliquait. J'avais simplement devant moi un cycliste ne pesant pas, tr&#232;s nerveux muni de leviers puissants : ce n'&#233;tait pas un &#234;tre miraculeux, et sa bicyclette ne recelait aucun m&#233;canisme inconnu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette conversation nous avait forc&#233;ment li&#233;s aussi conv&#238;nmes-nous de d&#233;jeuner ensemble. Le joyeux repas et comme nous nous entendions bien&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! Je lui laisse les plats de viande, lui ne touche pas aux l&#233;gumes. Son app&#233;tit est formidable. Les l&#233;gumes, il les d&#233;daigne heureusement&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; sans cela notre t&#234;te-&#224;-t&#234;te e&#251;t d&#233;g&#233;n&#233;r&#233; en v&#233;ritable struggle of life.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Naturellement je me garde bien de lui exposer les bienfaits et les avantages du v&#233;g&#233;tarisme. L'instinct de conservation inn&#233; dans tout homme m'en emp&#234;che. Plus tard je verrai. D'ailleurs comment oser soutenir &#224; quelqu'un d'une si invraisemblable maigreur que le v&#233;g&#233;tarisme contrarie l'ob&#233;sit&#233; et augmente l'endurance&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;? Le coup droit qu'il me porterait n'est que trop facile &#224; pr&#233;voir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le d&#233;jeuner s'ach&#232;ve gaiement, et, les cigarettes allum&#233;es, nous prenons le caf&#233; sur la terrasse. Le caf&#233; bu, le touriste se fait apporter une bouteille de chartreuse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8212; On ne saurait, dit-il gravement, trop encourager ces pieux c&#233;nobites.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'en est trop&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! Un cycliste abstinent laisserait-il passer sans protester de pareilles paroles&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! aussi, me levant, je fais une virulente sortie contre l'alcoolisme, vantant l'abstinence, la force qu'elle donne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8212; Mais enfin, objecta-t-il, comment expliquez-vous qu'un verre de liqueur accroisse ma vigueur et me permette d'accentuer l'allure&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8212; Le coup de fouet, r&#233;pondis-je, fait-il du bien au cheval, et pourtant il va plus vite. Vous &#234;tes dupe d'une illusion, et cette excitation que je ne nie pas, est toujours suivie d'une d&#233;pression qui n&#233;cessite un second petit verre pour la surmonter. Peu &#224; peu, on en vient &#224; doubler, &#224; tripler la dose excitatrice, jusqu'&#224; ce que le syst&#232;me nerveux, us&#233;, br&#251;l&#233;, vous refuse tout service.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8212; Vous pourriez bien avoir raison. Si je me suis arr&#234;t&#233; &#224; Clelles, c'est qu'une d&#233;faillance m'a pris : jamais je n'en avais &#233;prouv&#233;. Il serait bizarre qu'elle f&#251;t due aux petits verres que j'absorbe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et apr&#232;s un silence : Non&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! je ne le boirai pas&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! Je vais me priver de toute liqueur, faire un essai loyal, et comme en ce monde tout arrive, peut-&#234;tre me verrez-vous un jour membre de la Croix-Bleue&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;!&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-center&#034; style=&#034;text-align:center;&#034;&gt;&#8258;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Nous avons fini de fumer et faisons une courte promenade autour du hameau. la vue du mont Aiguille enthousiasme mon compagnon. Il veut en emporter une photographie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8212; Je la mettrai sur ma table de travail, elle me rappellera notre heureuse rencontre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je regarde sa haute taille, son extr&#234;me sveltesse : ce sera un &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#8239;portrait de famille&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce touriste va &#224; Grenoble, moi &#224; Uriage, nous ne nous s&#233;parerons donc qu'&#224; Vif. La route du Mon&#234;tier, apr&#232;s une courte mont&#233;e, descend tr&#232;s rapidement jusqu'au torrent que le chemin de fer franchit sur un hardi viaduc, ensuite plus mod&#233;r&#233;ment jusqu'au ravin de St-Michel. L&#224;, commence la rampe de 7 kilom&#232;tres du col du Fau. Les 3 premiers kilom&#232;tres sont particuli&#232;rement durs. La pente &#233;tant de 6&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;%, je saute de machine pour changer de d&#233;veloppement. Le touriste s'est &#233;galement arr&#234;t&#233; et suit mes mouvements avec un compatissant int&#233;r&#234;t. La cha&#238;ne est vite remise et j'ai quitt&#233; mes gants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8212; Quand vous voudrez.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8212; Eh bien, en selle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;H&#233;las, son indiscutable puissance s'affirme encore.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8212; Je ne puis vous &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#8239;tenir pied&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! je me fatiguerai&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! je vous attendrai au haut de la c&#244;te.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et il dispara&#238;t avec cette &#233;tonnante aisance qui me d&#233;sesp&#232;re A quoi bon se presser, le r&#233;sultat est acquis. Faisons plut&#244;t preuve de cette aimable philosophie avec laquelle se supporte la d&#233;faite, et montons avec l'agr&#233;able lenteur, l'insultante facilit&#233; que donne la petite multiplication.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enfin me voici au sommet de la rampe et j'aper&#231;ois le touriste nonchalamment couch&#233; sur l'herbe, &#224; l'ombre d'un pommier. Debout, pr&#232;s de lui, une jeune berg&#232;re dont le tablier rouge ressort sur le vert du pr&#233;, surveille ses brebis. C'est une pastorale de Lancret.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'avais perdu tout espoir&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! me cria-t-il de loin.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#233;cid&#233;ment, ce calme qu'il affecte, cette &#233;crasante sup&#233;riorit&#233; qu'il a sur moi sont exasp&#233;rants : heureusement, &#224; part cela, il est charmant. Et qui n'a pas de &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#8239;d&#233;fauts&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;!&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8212; J'ai mis, r&#233;pondis-je, un peu plus de temps que vous, il est vrai, mais je n'ai ressenti aucune fatigue&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; et pour me servir de votre phrase sur la Croix-Bleue, je vous dirai, moi aussi, que tout arrive... m&#234;me les bicyclettes d&#233;veloppant 2m 90.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au col nous nous arr&#234;tons quelques instants pour contempler la vue qui est tr&#232;s &#233;tendue. D'un c&#244;t&#233; appara&#238;t le cirque mamelonn&#233; du Tri&#232;ves avec son fond merveilleux de hautes cimes&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; de l'autre la fra&#238;che vall&#233;e de la Gresse, domin&#233;e par les cr&#234;tes rocheuses du Yercors.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est ici que commence la descente de 19 kilom&#232;tres qui nous am&#232;nera &#224; Vif&#160;: tr&#232;s raide jusqu'au Mon&#234;tier, elle s'adoucit &#224; la sortie du village. Bient&#244;t la ligne de Veynes, que la route longeait, s'enfonce dans la montagne, d&#233;crivant une immense boucle qui lui permettra de racheter la grande diff&#233;rence de niveau entre le Mon&#234;tier et Vif.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La pente ne tarde pas &#224; devenir plus rapide, notre allure &#233;galement, et c'est dans un v&#233;ritable enchantement que nous volons &#224; l'ombre des grands arbres. Tout &#224; coup, mon compagnon juge bon de mettre ses pieds sur la t&#234;te de fourche et de s'abandonner &#224; l'impulsion de sa machine. Je lui repr&#233;sente vainement le danger d'une pareille pratique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Impuissantes raisons&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! et devant moi, il part comme une fl&#232;che. Il a pass&#233;, par un vrai miracle, au milieu d'une troupe d'enfants&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; un chien le poursuit sans l'atteindre&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; les virages se font au petit bonheur et je le perds de vue.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je croise sur un pont, la voie ferr&#233;e dont la d&#233;clivit&#233; para&#238;t prodigieuse. Effet d'optique simplement, car la pente ne d&#233;passe pas 27 m/m par m&#232;tre. Un kilom&#232;tre plus loin, apr&#232;s un second lacet, elle franchit &#224; son tour la route sur un magnifique viaduc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sous l'arche, assis sur une borne, le touriste m'attendait.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8212; Eh bien, ces catastrophes dont vous me menaciez&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8212; Plus heureux que sage&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;, lui dis-je en mettant pied &#224; terre. En France, d'ailleurs, le succ&#232;s justifie tout.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; Vif, longue halte pendant laquelle nous projetons, au printemps prochain, une course &#224; la Grande Chartreuse. Je l'accompagne ensuite jusqu'&#224; la sortie du village.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8212; &#201;crirez-vous, me demanda-t-il, votre excursion &#224; la Croix-Haute&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;? Je vous saurais gr&#233; de vouloir bien me l'envoyer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8212; Tr&#232;s volontiers, r&#233;pondis-je en souriant, mais je doute fort qu'elle vous int&#233;resse. R&#233;ellement le sujet est trop mince.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une derni&#232;re poign&#233;e de mains, et bient&#244;t le touriste rouge dispara&#238;t dans la poussi&#232;re de la route.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;d'&lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;ESPINASSOUS&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Profil Dolin :&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_165 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='http://velotextes.fr/IMG/png/colcroixhaute.png' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/png&#034;&gt; &lt;img src='http://velotextes.fr/local/cache-vignettes/L500xH138/colcroixhaute-4ae35.png?1788126846' width='500' height='138' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Le Couffourenc (1903)</title>
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		<dc:date>2024-10-02T10:55:47Z</dc:date>
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		<dc:creator>velovi</dc:creator>


		<dc:subject>cyclotourisme, cyclocamping</dc:subject>
		<dc:subject>Entre 1900 et 1914</dc:subject>
		<dc:subject>Alpes</dc:subject>
		<dc:subject>d'Espinassous</dc:subject>
		<dc:subject>V&#233;g&#233;tarisme</dc:subject>
		<dc:subject>Marthe Hesse</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;&#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#8239;Il y a une dizaine d'ann&#233;es, j'abandonnai le tourisme &#224; pied pour les joies du cyclisme. Un habile cycliste d'Alais M.&#160;C., devenu aujourd'hui le plus intr&#233;pide des chauffeurs, guida mes premiers pas. Je montrais disait-il des dispositions &#233;tonnantes. En r&#233;alit&#233; je fus un &#233;l&#232;ve pitoyable et, comme les chevaliers malheureux dans les tournois, je mordis souvent la poussi&#232;re.&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;&lt;/p&gt;

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&lt;a href="http://velotextes.fr/spip.php?rubrique42" rel="directory"&gt;A. D'Espinassous&lt;/a&gt;

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&lt;a href="http://velotextes.fr/spip.php?mot9" rel="tag"&gt;cyclotourisme, cyclocamping&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://velotextes.fr/spip.php?mot11" rel="tag"&gt;Entre 1900 et 1914&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://velotextes.fr/spip.php?mot41" rel="tag"&gt;Alpes&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://velotextes.fr/spip.php?mot51" rel="tag"&gt;d'Espinassous&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://velotextes.fr/spip.php?mot54" rel="tag"&gt;V&#233;g&#233;tarisme&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://velotextes.fr/spip.php?mot111" rel="tag"&gt;Marthe Hesse&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;Paru dans Le Cycliste, Octobre 1903&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;section class=&#034;sommaire-section sommaire-section_niveau1 sommaire-section_h3&#034; aria-labelledby=&#034;NOTES-DE-VOYAGE&#034;&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034; id='NOTES-DE-VOYAGE'&gt;&#8212;&lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;NOTES&lt;/span&gt; &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;DE&lt;/span&gt; &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;VOYAGE&lt;/span&gt; &#8212; &lt;/h3&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt; &#224; l'h&#233;ro&#239;ne du Tourmalet,&lt;br class='autobr' /&gt; &#224; Mademoiselle Marthe Hesse.&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Parti de Livron &#224; 4 heures, je ne suis arriv&#233; &#224; Die qu'&#224; midi. Pourquoi le dieu des touristes qui s'&#233;tait toujours comport&#233; envers moi en homme du monde, s'est-il aujourd'hui conduit en v&#233;ritable Apache&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;? Huit heures pour faire 56 kilom&#232;tres&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! Que d'incidents, grands dieux, et pas un d'agr&#233;able&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! Enfants me jetant leurs cerceaux de fer dans mes rayons, chiens trop caressants, vieille sorci&#232;re zigzaguant et finissant par se jeter sous ma roue, &#233;crou perdu, montre oubli&#233;e dans ma chambre et me for&#231;ant &#224; retourner d'Allex &#224; Livron, poussi&#232;re &#233;paisse, chaleur atroce, rien ne m'a manqu&#233;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Marchant prudemment avec une roue branlante, je suis arriv&#233; &#224; Crest o&#249; j'ai pu r&#233;parer. Enfin &#224; midi je descends devant l'h&#244;tel des Alpes. Le d&#233;jeuner m'a fait oublier ces mis&#233;rables anicroches. Je suis parti &#224; une heure, sous un soleil implacable. Je m'arr&#234;te 10 minutes &#224; Luc. Je comptais y voir un disciple de Kuhne, exemple miraculeux de cette extraordinaire m&#233;thode. Je joue de malheur, il est &#224; Paris.&lt;br class='autobr' /&gt;
2 kilom&#232;tres apr&#232;s Luc, viaduc du Clap... Tr&#232;s joli site. La route s'insinue entre les gigantesques rochers de l'&#233;boulement du Clap. Chaque bloc a la grandeur d'une maison. Ils sont entass&#233;s dans un d&#233;sordre, un pittoresque incroyables.&lt;br class='autobr' /&gt;
Il me rappelle dans des proportions infiniment plus grandes le moulin des pierres pr&#232;s de Ch&#226;tillon-de-Michaille. Apr&#232;s ce chaos, mont&#233;e et tunnel creus&#233; par les moines o&#249; se pr&#233;cipite la Dr&#244;me. Ensuite plaine mar&#233;cageuse, plate, longue, ennuyeuse comme un voyage en Sardaigne. J'arrive &#224; Beauri&#232;res. Impossible de trouver du lait. Une jeune femme au c&#339;ur compatissant, &#233;mue de ma d&#233;tresse m'en donne une tasse.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#192; Beauri&#232;res commence la c&#244;te de 10 kilom&#232;tres qui me conduira au col de Cabres. Mont&#233;e monotone, fastidieuse, sol sablonneux et en plein soleil. Quelle sotte id&#233;e ont eue les ing&#233;nieurs d'y planter des peupliers d'Italie&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! Il &#233;tait si simple d'y mettre des &#233;rables ou des noyers. Je domine le chemin de fer et ses nombreux tunnels. Dans l'un d'eux la voie tourne compl&#232;tement. Je pense au Gotthard et ne fais plus attention au paysage. J'aper&#231;ois enfin une chemin&#233;e qui fume furieusement. C'est le refuge. Pas de lait, pas de caf&#233;. Je tire mon &#233;tui &#224; cigarettes et fais comme la chemin&#233;e.&lt;br class='autobr' /&gt;
Je descends &#224; toute allure sur la Baume. Pass&#233; ce village, la route est en pente douce jusqu'&#224; Saint-Pierre-d'Argenson. Je passe devant la villa mauresque de la &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#8239;Dame myst&#233;rieuse&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;. Le vent s'est lev&#233; violent. Je ne donne pas un coup de p&#233;dale. Tout &#224; coup j'aper&#231;ois une mauvaise pancarte portant : passage dangereux &#224; 200 m. Je me m&#233;fie. C'est le plus horrible caniveau que j'aie jamais vu&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! La nuit c'&#233;tait la chute s&#251;re. Pour un automobile la fin certaine de ses ressorts. De Saint-Pierre &#224; Veynes courtes et rudes mont&#233;es. &#192; signaler le passage &#224; niveau de la Croix-St-Luc. On y arrive en descente rapide. La barri&#232;re est peinte en brun clair, ce qui la rend presque invisible. Il la faudrait blanche. J'aper&#231;ois enfin dans la nuit les feux de couleur de la gare de Veynes. Je descends au buffet de la gare. Les chambres sont vernies, les lits en cuivre, le d&#238;ner r&#233;parateur.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-center&#034; style=&#034;text-align:center;&#034;&gt;&#8258;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Vallouise, h&#244;tel des &#201;crins, 21&#160;juillet.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je suis parti de Veynes &#224; 5 heures. Il fait froid sur le plateau. &#192; la Roche, vue superbe sur les monts du D&#233;voluy. La route longe des marais. &#192; la Freyssinouse longue descente sur Gap. Admirable panorama. &#192; Gap, longue halte. Jusqu'&#224; Chorges route agr&#233;able, nombreuses ondulations. Arr&#234;t &#224; la fontaine de ce village. Le poteau du &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;T. C.&lt;/span&gt; portant route &#224; &#233;viter est ridiculement plac&#233;. Tout chauffeur marchant rapidement ne peut le voir. Caus&#233; un instant avec un habitant fort pr&#233;venant : c'est le d&#233;l&#233;gu&#233; du &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;T. C.&lt;/span&gt; Je prends la route des Molettes et suis bient&#244;t sur les bords de la Durance. Jusqu'&#224; Savines lignes droites. Ensuite, route accident&#233;e. Par une derni&#232;re c&#244;te assez raide, j'arrive &#224; Embrun.&lt;br class='autobr' /&gt;
Les souvenirs du docteur Julliard, les miens, me poussent &#224; fuir les h&#244;tels de cette ville. Un gendarme habilement interrog&#233; m'indique un petit restaurant. Il est parfait. Je d&#238;ne avec une jeune et jolie institutrice venue pour un int&#233;rim. Apr&#232;s d&#233;jeuner je vais revoir la cath&#233;drale. Je ne d&#233;col&#232;re pas. Cette admirable &#233;glise b&#226;tie en pierres blanches et noires qui formaient certains dessins a &#233;t&#233; badigeonn&#233;e&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! De magnifiques boiseries noircies, jolies par le temps, ont &#233;t&#233; vernies&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! Et partout abondent des fleurs artificielles, des feuilles dor&#233;es, des saints et saintes polychromes. C'est hideux. Je voudrais que tout cur&#233;, &#224; part son examen th&#233;ologique, pass&#226;t un examen artistique. Des merveilles comme la cath&#233;drale d'Embrun ne seraient pas ainsi d&#233;shonor&#233;es.&lt;br class='autobr' /&gt;
Il est une heure. Que faire jusqu'&#224; deux&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;? Il n'y a plus rien &#224; voir. J'ouvre l'annuaire du &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;T. C.&lt;/span&gt; Le d&#233;l&#233;gu&#233; est M.&#160;G. sous-pr&#233;fet. Allons voir le sous-pr&#233;fet. Je lui demanderai comme entr&#233;e en mati&#232;re un renseignement sur une route quelconque. S'il est touriste, nous nous entendrons fort bien. Il me racontera des histoires sur Embrun et raillera &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#8239;l'administration&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;. J'ai remarqu&#233; qu'on avait un singulier plaisir &#224; dire du mal de son ma&#238;tre, et se moquer de son sup&#233;rieur a toujours &#233;t&#233; la joie et la compensation du subalterne. Je sonne donc &#224; la sous-pr&#233;fecture.
&lt;br /&gt;&#8212; M.&#160;G. demandai-je &#224; l'employ&#233; est-il chez lui&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;? Veuillez lui porter ma carte.&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; L'employ&#233; me regarde avec &#233;tonnement, puis sourit largement.
&lt;br /&gt;&#8212; M.&#160;G. n'est plus ici. Il y a dix-huit mois qu'on lui a &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#8239;fendu l'oreille&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! me r&#233;pond-il.&lt;br class='autobr' /&gt;
Pas respectueux pour un marav&#233;dis cet employ&#233;&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! Mais quel contentement il a d&#251; &#233;prouver &#224; me faire cette r&#233;ponse.&lt;br class='autobr' /&gt;
Je quitte Embrun &#224; 2 heures. Superbe route. L&#233;g&#232;res mont&#233;es et agr&#233;ables descentes jusqu'&#224; Montdauphin. Ennuyeuse mont&#233;e de Saint-Cr&#233;pin. Remarqu&#233; &#224; la Roche le lac couleur d'&#233;meraude&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; de l'autre c&#244;t&#233; de la Durance, les ruines de Rame et la montagne rouge&#226;tre de Pallon. J'aper&#231;ois la mont&#233;e que je gravirai demain. Sa pente me para&#238;t formidable.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#192; la Bess&#233;e, rencontre d'un cur&#233; qui me demande l'heure du courrier de Vallouise. J'ouvre mon indicateur : &#8212; Quatre heures lui dis-je. La route d&#233;bute par une longue et dure mont&#233;e. J'aper&#231;ois la muraille des h&#233;ro&#239;ques Vaudois. Je dis, h&#233;ro&#239;ques&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! car lorsqu'on se bat pour une id&#233;e ou une croyance et non pour un int&#233;r&#234;t, on l'est&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; et mourir pour la libert&#233; de penser est une des plus nobles morts.&lt;br class='autobr' /&gt;
La mont&#233;e finie, la route court en palier, dominant et suivant la Gyronde. &#192; gauche, le paysage est tr&#232;s vert et devient de plus en plus alpestre.&lt;br class='autobr' /&gt;
J'avais d&#233;j&#224; fait 6 &#224; 8 kilom&#232;tres quand je croise un cantonnier. Sans m'arr&#234;ter je l'interpelle.
&lt;br /&gt;&#8212; Suis-je encore loin de Vallouise&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;?
&lt;br /&gt;&#8212; Vous n'&#234;tes qu'&#224; un kilom&#232;tre de la ville aux petits hommes me r&#233;pond-il en &#233;clatant de rire.&lt;br class='autobr' /&gt;
Voil&#224;, me dis-je, un cantonnier fac&#233;tieux et d'humeur plaisante, mais je ne compris sa plaisanterie que plus tard, en remarquant la taille minuscule des habitants de Vallouise.&lt;br class='autobr' /&gt;
Enfin un clocher pointe &#224; travers les arbres, je passe un pont et je mets pied &#224; terre devant l'h&#244;tel des &#201;crins.&lt;br class='autobr' /&gt;
Apr&#232;s une rapide toilette je vais voir le cur&#233;. &lt;br /&gt;&#8212; M.&#160;le cur&#233; ne rentrera qu'&#224; dix heures du soir me r&#233;pond une vieille domestique.&lt;br class='autobr' /&gt;
Je me rabats sur le juge de paix. Absent lui aussi. Je crois me rappeler que M.&#160;H. percepteur &#224; Vallouise est d&#233;l&#233;gu&#233; du &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;T. C.&lt;/span&gt; Erreur de m&#233;moire, j'ai confondu Vallouise avec un autre village. Je me pr&#233;sente &#224; la perception. M.&#160;H. est fort aimable. Malheureusement il ne sait rien n'&#233;tant ici que depuis peu. Il m'offre de me pr&#234;ter l'ouvrage de Whymper sur le Pelvoux &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#8239;Tr&#232;s curieux, me dit-il, et relatant toutes les vieilles coutumes du pays&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;. Ce livre a quarante ans de date, il ne doit plus &#234;tre exact.&lt;br class='autobr' /&gt;
Je fais part &#224; M.&#160;H. de ma d&#233;convenue de n'avoir pu trouver le juge de paix chez lui.
&lt;br /&gt;&#8212; Mais il joue aux boules devant la poste&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! me r&#233;pond-il. Venez sur le balcon, vous l'apercevrez faisant sa partie dans le pr&#233;.&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; Je remercie le percepteur et me dirige vers le pr&#233;.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#192; mon approche, le juge de paix qui s'appr&#234;tait &#224; lancer sa boule retient son bras. Tr&#232;s maigre, de taille moyenne, il accuse 30 &#224; 35 ans.
&lt;br /&gt;&#8212; M.&#160;le juge de paix, lui dis-je, je me suis pr&#233;sent&#233; chez vous il y a une demi-heure. J'ai eu le regret de ne pas vous y trouver. Pourriez-vous, apr&#232;s votre partie, me donner quelques minutes d'entretien.
&lt;br /&gt;&#8212; Mais tout de suite et non apr&#232;s ma partie, me r&#233;pond-il. Je suis &#224; vous. D'ailleurs cette partie est peu int&#233;ressante. (Il devait perdre &#233;videmment.) Voulez-vous que nous allions chez moi&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;?
&lt;br /&gt;&#8212; Ce n'est pas n&#233;cessaire. Promenons, si vous le voulez bien, sur ce chemin.&lt;br class='autobr' /&gt;
Nous quittons le jeu de boules, passons devant la poste et tout en marchant, je l'interroge sur la vall&#233;e.
&lt;br /&gt;&#8212; Vallouise, lui dis-je, est une des plus jolies vall&#233;es des Alpes. Elle a &#233;t&#233;, vous le savez, le th&#233;&#226;tre de cruelles et d'horribles luttes. L'h&#233;ro&#239;sme des Vaudois l'a &#224; jamais rendue c&#233;l&#232;bre. Mais ce n'est pas sur ces luttes que je d&#233;sire avoir des renseignements. Ici le souvenir en a p&#233;ri. Je voudrais savoir si les anciens usages fort curieux de Vallouise se sont conserv&#233;s jusqu'&#224; aujourd hui. Quelle est la mani&#232;re de vivre des montagnards&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;? Les noces, les bapt&#234;mes, les fian&#231;ailles offrent-ils quelques traits de m&#339;urs particuliers &#224; cette vall&#233;e&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;?&lt;br class='autobr' /&gt;
Le juge de paix qui m'&#233;coutait attentivement s'est arr&#234;t&#233;. Sa figure se rembrunit et devient soucieuse. Il me regarde fixement et, surmontant enfin un sentiment d'h&#233;sitation, me dit :
&lt;br /&gt;&#8212; Ces questions, ces demandes, Monsieur, m'&#233;tonnent. Jamais un touriste, et il en vient beaucoup ici, ne me les avait adress&#233;es. Et quoique nous soyons en paix avec l'Italie, je d&#233;sirerais, avant de vous r&#233;pondre, savoir qui vous &#234;tes. Voudriez-vous me montrer vos papiers&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;?&lt;br class='autobr' /&gt;
Je reste stup&#233;fait. Il y a largement de quoi. Mon premier mouvement est de tourner le dos &#224; ce vigilant magistrat de notre d&#233;licieux gouvernement. Le second, vu le caract&#232;re ridicule qu'auraient pu avoir les suites de mon refus &#8212; t&#233;l&#233;gramme au sous-pr&#233;fet annon&#231;ant l'habile arrestation d'un espion dangereux, entr&#233;e &#224; bicyclette &#224; Brian&#231;on entre deux gendarmes, etc., etc. &#8212; est de lui pr&#233;senter ma carte du &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;T. C.&lt;/span&gt; Tout de suite j'ai vu que l'incident se pr&#233;sentait mal. D'ailleurs il avait un c&#244;t&#233; d'op&#233;rette qui me d&#233;plaisait.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le juge de paix lit attentivement ma carte au verso et au recto. Il me la rend en souriant aimablement.
&lt;br /&gt;&#8212; Je vois que vous &#234;tes Fran&#231;ais, me dit-il. Je peux donc vous r&#233;pondre en toute franchise. Eh bien, Monsieur, Vallouise n'a conserv&#233; aucun des usages du pass&#233;, du moins que je sache. Il n'y a rien&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! absolument rien.&lt;br class='autobr' /&gt;
Apr&#232;s m'&#234;tre ressaisi du profond ahurissement o&#249; cette int&#233;ressante communication m'avait plong&#233;, je remercie vivement le juge de paix et prends cong&#233; de lui. Je dois ajouter que nous nous s&#233;parons dans les meilleurs termes.&lt;br class='autobr' /&gt;
Voil&#224;, me dis-je en rentrant &#224; l'h&#244;tel, une &#233;tonnante aventure. J'aurais compris, &#224; la rigueur, ces soup&#231;ons, si mes questions avaient port&#233; sur le nombre des chevaux, des mulets de la vall&#233;e&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; si je l'avais interrog&#233; sur les sentiers par lesquels on franchit les cols de l'Oisan ou du Valgaudemar&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; ou encore sur les r&#233;serves de fourrages, le nombre des moutons, etc., etc. Mais sur des demandes touchant les m&#339;urs, flairer un espion&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! le cas est fabuleux. D&#233;cid&#233;ment Vallouise est bien gard&#233;e&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;!&lt;br class='autobr' /&gt;
Myst&#232;res de la pens&#233;e&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! Pourquoi &#224; ce moment ai-je entrevu de hautes murailles flanqu&#233;es de tours carr&#233;es et ai-je song&#233; au Capitole&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;?...&lt;br class='autobr' /&gt;
Il est six heures. Le d&#238;ner n'est que pour huit. Je monte jusqu'au Po&#235;t. Sur le chemin, je croise le cur&#233; rencontr&#233; &#224; la Bess&#233;e. Nous &#233;changeons quelques paroles. L'eau de la Gyronde me tente... de la glace pure&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! &#192; huit heures je rentre &#224; l'h&#244;tel. Nous sommes quatre &#224; table : le cur&#233;, deux jeunes Marseillaises et moi. Le d&#238;ner est excellent. Des pommes de terre en sont le seul plat maigre. La faim aiguis&#233;e par le bain et l'air vif du soir, je donne le plus magistral coup de canif, que dis-je, de poignard, dans mon contrat v&#233;g&#233;tarien.&lt;br class='autobr' /&gt;
Je raconte au cur&#233; ma visite &#224; la cath&#233;drale d'Embrun. Il me para&#238;t un peu embarrass&#233; de ma sortie sur les saints peintur&#233;s de couleurs criardes. Il doit avoir au moins douze saints Antoine et six saintes Gertrude sur la conscience.
&lt;br /&gt;&#8212; Vous parlez en artiste, me r&#233;pond-il, et la d&#233;votion malheureusement n'est pas leur fort. Je vous avouerai pourtant que dans certaines &#233;glises il y a abus. Mais que de gens, disons-mieux, toute la masse, trouveraient une &#233;glise d&#233;pouill&#233;e de ses ornements affreusement laide. Nous sommes des Latins, ne l'oubliez pas, et l'aust&#233;rit&#233; du nord nous para&#238;trait trop froide. Il faut que nos yeux, nos sens, vibrent dans une &#233;glise et cette &#233;motion nous pr&#233;pare au recueillement de la pri&#232;re. Ainsi parle le cur&#233;, peut-&#234;tre &#224; ce point de vue a-t-il raison.&lt;br class='autobr' /&gt;
Apr&#232;s le d&#238;ner la conversation se poursuit sur la terrasse. Les Marseillaises sont charmantes. Elles viennent d'Abri&#232;s. Le cur&#233; raconte qu'il a lou&#233; un mulet pour le conduire &#224; Ailefroide, il compte aller jusqu'au pr&#233; de M&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;me&lt;/sup&gt;&#160;Carle. &#192; 9 heures poign&#233;e de main au cur&#233; et je me retire. Ma chambre est s&#251;rement celle d'un abb&#233;. Un prie-Dieu, de nombreux livres de pi&#233;t&#233;, des saintes aux c&#339;urs sanguinolents en sont de suffisants indices. Je feuillette quelques livres. Je tombe sur les &#339;uvres compl&#232;tes de Massillon, de Fl&#233;chier. Ce sont les &#233;ditions originales reli&#233;es en peau fauve du temps. J'ai perdu en route les journaux achet&#233;s, &#224; Embrun. Rien donc &#224; lire.&lt;br class='autobr' /&gt;
Assis pr&#232;s de la fen&#234;tre, j'&#233;coute le bruit du torrent, un magnifique clair de lune illumine la vall&#233;e. Ma pens&#233;e revient en arri&#232;re et s'arr&#234;te &#224; ces malheureux Vaudois si atrocement pers&#233;cut&#233;s. J'&#233;voque ces luttes sans merci pour la libert&#233; de pens&#233;e, luttes fratricides qui, sous diff&#233;rentes formes, se continueront toujours ici-bas&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; j'admire ces h&#233;ros qui mouraient pour la libert&#233; de conscience, la premi&#232;re de nos libert&#233;s.&lt;br class='autobr' /&gt;
Les intelligences variant, naturellement les opinions, les croyances varient aussi, et vouloir courber tous les esprits sous un m&#234;me joug me para&#238;t folie et utopie.&lt;br class='autobr' /&gt;
Et c'est plut&#244;t avec une indulgence faite de piti&#233; que je pense aux bourreaux de ces pauvres Vaudois. Nous ne pouvons les juger. Torqu&#233;mada lui-m&#234;me a pu &#234;tre sinc&#232;re&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;N.D.W.&#160;: Question que la litt&#233;rature du 19e se posait &#224; propos de la figure (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; et son &#339;uvre de feu et de sang, aux yeux de Dieu peut &#234;tre m&#233;ritoire. La sinc&#233;rit&#233;, voil&#224; la pierre de touche de nos actions. C'est par elle que nous serons jug&#233;s.&lt;br class='autobr' /&gt;
Nobles et malheureux Vaudois&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! Et je revois le temps o&#249;, aux lueurs rouges de l'incendie qui d&#233;vorait leurs pauvres chaumi&#232;res, ils s'enfuyaient, traqu&#233;s dans les bois sombres&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; je les vois, atteints, terrass&#233;s, frapp&#233;s par une rage aveugle&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; mourants, je les entends s'&#233;crier, levant leurs mains sanglantes vers le ciel : &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#8239;P&#232;re&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! P&#232;re&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! Pardonne-leur...&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-center&#034; style=&#034;text-align:center;&#034;&gt;&#8258;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Serres, 22&#160;juillet.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je suis parti de Vallouise &#224; 3 h. 30. L'h&#244;teli&#232;re s'&#233;tait lev&#233;e pour me pr&#233;parer du caf&#233; noir. Avant mon d&#233;part j'ai d&#251; signer sur un grand-livre. Je l'ai feuillet&#233; et y ai relev&#233; des noms connus. &#192; 5 heures je d&#233;jeune &#224; la Bess&#233;e dans une petite auberge sur la route, que je connais depuis longtemps. &#192; 6 h. 30 j'arrive pr&#232;s de la Roche. Je tourne &#224; droite, passe le pont de bois de la Durance et me voici devant la rampe de Pallon. Je n'ai jamais vu, hormis sur une certaine route d'Auvergne une pente pareille. Je mets 45 minutes pour gravir ces deux kilom&#232;tres. Halte au haut de la c&#244;te. Vue de toute beaut&#233;. J'aper&#231;ois au loin Vars dans ses prairies. La route est bord&#233;e de rochers &#233;normes. Leur coloration rouge vif est &#233;tonnante. Ce sont les roches de l'Esterel.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#192; 8 heures je suis &#224; Pallon. Je me fais faire du caf&#233; par le g&#233;rant d'un v&#233;ritable bazar. C'est d'ailleurs le seul magasin du village.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#192; 8 heures et quart je frappe &#224; la porte de la maison de M.&#160;L... le p&#232;re d'un de mes amis, qui, je l'esp&#232;re, me documentera sur la vall&#233;e de Freyssini&#232;res. Il est malheureusement &#224; Gap et ne rentrera que ce soir. M&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;lle&lt;/sup&gt; L... que j'avais d&#233;j&#224; l'honneur de conna&#238;tre me re&#231;oit et me pr&#233;sente &#224; M&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;me&lt;/sup&gt;&#160;L... Je refuse une invitation &#224; d&#233;jeuner, &#233;tant ce soir attendu &#224; Serres.
&lt;br /&gt;&#8212; C'est plut&#244;t une apparition qu'une visite, dis-je &#224; M&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;me&lt;/sup&gt;&#160;L., mais je n'ai pas voulu passer &#224; la Roche sans venir vous pr&#233;senter mes hommages.
&lt;br /&gt;&#8212; Vous ne partirez pas, me r&#233;pond aimablement M&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;lle&lt;/sup&gt; L.., avant d'avoir vu le Couffourenc. C'est une curiosit&#233; unique. Une heure nous suffira. Je vais mettre des souliers ferr&#233;s. Voulez-vous, en m'attendant, voir notre jardin&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;?&lt;br class='autobr' /&gt;
Des souliers ferr&#233;s&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! et je jetai des regards inquiets sur mes minces souliers de cycliste. Un sort cruel s&#251;rement les attend.&lt;br class='autobr' /&gt;
J'allai dans le jardin. Un grand cerisier charg&#233; d'&#233;normes cerises, m&#251;res &#224; point, fut la premi&#232;re chose que je d&#233;couvris. Une &#233;chelle &#233;tait appuy&#233;e contre le tronc. Un v&#233;g&#233;tarien, a &#233;crit un touriste avec qui j'ai eu parfois de violents d&#233;m&#234;l&#233;s, a toujours vingt ans. &#192; ce moment je me rappelai cet aphorisme... Ces cerises &#233;taient d&#233;licieuses.&lt;br class='autobr' /&gt;
J'admirais une magnifique corbeille de fleurs quand M&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;lle&lt;/sup&gt; L.. appara&#238;t.
&lt;br /&gt;&#8212; Voici, me dit-elle, une canne de ch&#234;ne, et maintenant suivez-moi&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;!&lt;br class='autobr' /&gt;
Traversant des champs, des landes, nous arrivons bient&#244;t sur le bord d'un effroyable ab&#238;me au fond duquel mugissait et grondait un torrent.
&lt;br /&gt;&#8212; Voil&#224; le Couffourenc, me dit M&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;lle&lt;/sup&gt; L.., mais pour le bien voir, il nous faut y descendre.&lt;br class='autobr' /&gt;
Je regarde les parois presque perpendiculaires :
&lt;br /&gt;&#8212; Descendre l&#224;, Mademoiselle, une ch&#232;vre reculerait&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;!
&lt;br /&gt;&#8212; Effet d'optique, suivez-moi toujours, Monsieur&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;, et M&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;lle&lt;/sup&gt; L.., agile et l&#233;g&#232;re, s'&#233;lance sur les &#233;boulis. Son pied s&#251;r et aguerri les effleure &#224; peine, elle ne descend pas, elle glisse vers le gouffre b&#233;ant. Je m'&#233;lance &#224; mon tour sur ces pentes vertigineuses, je me cramponne aux rochers, aux rares buissons, aux moindres touffes d'herbe, et de bond en bond, de glissade en glissade, j'arrive au fond du gouffre, tout &#233;tonn&#233; d'y &#234;tre avec mes quatre membres intacts.&lt;br class='autobr' /&gt;
Nous suivons la Biaisse sur un sentier glissant, souvent interrompu. Escaladant une roche, je passe sur un petit pont de bois jet&#233; sur le torrent. L&#224; le tableau est f&#233;erique.&lt;br class='autobr' /&gt;
J'&#233;tais au fond d'une gorge d&#233;chir&#233;e, d'un pittoresque, d'une sauvagerie fantastiques. D'une hauteur de plus de cent m&#232;tres, ses abruptes parois tr&#232;s rapproch&#233;es surplombaient dans le haut, ne laissant entre elles qu'une &#233;troite fente par o&#249; s'apercevait le ciel. On aurait dit le vaisseau d'une immense cath&#233;drale.&lt;br class='autobr' /&gt;
Ces gigantesques parois &#233;taient rev&#234;tues de couleurs prodigieuses. Il y avait des rouges ardents, des carmins, des violets, des lilas, toute la gamme des jaunes, du bistre, du noir&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; et sur ces teintes violentes, &#233;clatantes, se d&#233;tachaient des guirlandes, des bouquets de verdure. Des arbustes s'accrochaient aux moindres anfractuosit&#233;s, croissant m&#234;me au sommet de la vo&#251;te.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le torrent, d'un vert glauque, se ruait dans sa course furieuse sur les &#233;normes blocs qui obstruaient son lit, les couvrant d'&#233;cume resplendissante. Il s'&#233;chappait en bondissant d'une grotte obscure, myst&#233;rieuse, d'o&#249; l'on ne pouvait approcher.&lt;br class='autobr' /&gt;
De tr&#232;s haut, du fa&#238;te de ces farouches escarpements, se pr&#233;cipitait une mince chute d'eau. Le soleil l'&#233;clairait, l'irisait, et elle faisait l'effet d'une merveilleuse cascade lumineuse se brisant en poussi&#232;re multicolore.&lt;br class='autobr' /&gt;
C'&#233;tait une d&#233;bauche, une orgie de couleurs heurt&#233;es, puissantes, mais s'enharmonisant dans un ensemble d'une indescriptible beaut&#233;. Sur le pont de bois lngresse se serait suicid&#233;, mais Delacroix aurait &#233;t&#233; en extase.
&lt;br /&gt;&#8212; C'est admirable, dis-je &#224; Mademoiselle L..., et je ne sais comment vous remercier d'avoir bien voulu me faire conna&#238;tre le Couffourenc. Je n'ai jamais rien vu de pareil. Voyez, Mademoiselle, comme ces hautes roches d'un rouge si vif sont illumin&#233;es par le soleil&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; elles flamboient sous ses rayons. Remarquez combien, &#224; c&#244;t&#233; de ces &#233;clats rutilants, ces noirs paraissent sinistres dans l'ombre, et ces rouges sataniques. En v&#233;rit&#233;, si j'&#233;tais peintre, je ne repr&#233;senterais pas autrement un d&#233;fil&#233; de l'enfer.
&lt;br /&gt;&#8212; Et vous auriez tort. Monsieur, me r&#233;pondit en souriant Mademoiselle L..., puisque un coin du ciel se voit encore&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;!&lt;br class='autobr' /&gt;
La mont&#233;e ou plut&#244;t la grimp&#233;e fut p&#233;nible. &#192; chaque instant une glissade, un &#233;boulement me faisaient perdre la hauteur conquise. Enfin je me hisse au haut du gouffre et remonte &#224; Pallon. Je prends cong&#233; de M&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;me&lt;/sup&gt;&#160;et de M&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;lle&lt;/sup&gt; L... et je me remets en route24 .&lt;br class='autobr' /&gt;
Bient&#244;t me voici devant la descente de la Roche et pour la premi&#232;re fois, dans ma vie de touriste, j'h&#233;site, disons le mot, j'ai peur.&lt;br class='autobr' /&gt;
Ne pas avoir peur, c'est la plupart du temps ne pas croire au danger et dans ces conditions on peut sans aucun m&#233;rite faire preuve d'un courage, d'une t&#233;m&#233;rit&#233; surprenants.&lt;br class='autobr' /&gt;
Daudet, dans Tartarin sur les Alpes a tr&#232;s bien observ&#233; et analys&#233; ce sentiment. Qui ne se rappelle le m&#233;morable entretien sur l'Axenstrasse de Tartarin et de Bompard, o&#249; ce dernier r&#233;v&#232;le que la Suisse est enti&#232;rement truqu&#233;e&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;? De danger il n'en existait nulle part. Tous les cas &#233;taient pr&#233;vus. Aussi Tartarin ne croyant pas au danger fait-il preuve dans son ascension &#224; la Jungfrau d'un courage h&#233;ro&#239;que, stup&#233;fiant d'admiration ses trois guides.&lt;br class='autobr' /&gt;
L'observation est tr&#232;s exacte. J'ai eu l'occasion de l'&#233;tudier sur moi-m&#234;me. Il y a une dizaine d'ann&#233;es, j'abandonnai le tourisme &#224; pied pour les joies du cyclisme. Un habile cycliste d'Alais M.&#160;C., devenu aujourd'hui le plus intr&#233;pide des chauffeurs, guida mes premiers pas. Je montrais disait-il des dispositions &#233;tonnantes. En r&#233;alit&#233; je fus un &#233;l&#232;ve pitoyable et, comme les chevaliers malheureux dans les tournois, je mordis souvent la poussi&#232;re.&lt;br class='autobr' /&gt;
Cet aimable touriste voulut bien m'aider dans le choix d'une bicyclette. Bien plus&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! il la choisit lui-m&#234;me. C'&#233;tait une machine anglaise Eadie, d&#233;veloppant 4m,65.
&lt;br /&gt;&#8212; Je l'ai choisie sans frein, me dit-il. Un frein g&#226;terait ses lignes impeccables. Regardez&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! quelle puret&#233; de dessin&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! d'ailleurs un cycliste qui se respecte ne s'en sert jamais. Rien n'est plus vulgaire. Il a recours uniquement au bout de son pied qu'il appuie l&#233;g&#232;rement sur le bandage de la roue avant. Cette pratique apprise, le danger n'existe plus et vous pourrez vous risquer partout. Je vous en r&#233;ponds absolument.
&lt;br /&gt;&#8212; Ne g&#226;tons pas ces lignes, r&#233;pondis-je, ce serait vraiment dommage, et respectons leur puret&#233;. De plus j'ai aussi le respect de moi-m&#234;me. Vous avez donc sagement agi en supprimant ce ridicule accessoire.&lt;br class='autobr' /&gt;
Et s&#251;r de moi, apr&#232;s une quinzaine d'essais, ne croyant pas au danger, je partis pour les Hautes-Alpes. J'allai &#224; Lettret pr&#232;s de Tallard et je revins par le col Bayard et la Mure. La descente de Laye malgr&#233; sa pente se fit admirablement et je rendis hommage &#224; la sagesse et &#224; la science de mon Mentor.&lt;br class='autobr' /&gt;
Quelle superfluit&#233; que le frein me disais-je et quelle heureuse id&#233;e de le supprimer&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! et je jetais des regards de piti&#233; sur les touristes dont les machines en &#233;taient munies.&lt;br class='autobr' /&gt;
La descente des &#201;gats fut moins admirable et le tournant &#224; angle aigu faillit m'&#234;tre fatal. J'accusai un instant de distraction. Le lendemain, j'abordai la descente de Laffrey d'un c&#339;ur l&#233;ger et j'arrivai &#224; Vizille le dessous du brodequin compl&#232;tement us&#233;. Comme compensation, le bottier chez qui j'achetai des chaussures me parut enthousiasm&#233; par la puissance et la simplicit&#233; h&#233;ro&#239;que de ce frein.&lt;br class='autobr' /&gt;
Maintenant, je connais le danger et, gr&#226;ce &#224; mes deux freins, je passe &#224; peu pr&#232;s partout. Eh bien, malgr&#233; ces deux freins, aujourd'hui j'h&#233;site. Cette descente de deux kilom&#232;tres presque en ligne droite a une pente invraisemblable et aboutit &#224; la Durance faisant un angle droit avec le pont. &#192; droite, des pentes de 50&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;% d'une hauteur de 300 m&#232;tres. Je n'h&#233;site plus. Je mets pied &#224; terre et la pente est si forte, que pour ne pas &#234;tre entra&#238;n&#233; par ma machine, je dois serrer continuellement le frein.&lt;br class='autobr' /&gt;
Arriv&#233; sur la grande route, je marche tr&#232;s rapidement. Le vent m'est favorable. &#192; midi je descends &#224; une petite auberge situ&#233;e &#224; deux pas de la gare de Montdauphin. Quelles &#233;tudes de m&#339;urs on pourrait y faire&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! Impossible de r&#234;ver un caract&#232;re plus ex&#233;crable, plus infernal, que celui de la jeune h&#244;teli&#232;re.&lt;br class='autobr' /&gt;
Je prends le caf&#233; sous la tonnelle et je cause avec un employ&#233; de la gare. Il fait tr&#232;s chaud et le vent soul&#232;ve des tourbillons de poussi&#232;re sur la route.
&lt;br /&gt;&#8212; &#192; votre place, me dit-il, je prendrais le train jusqu'&#224; Gap et, la grosse chaleur pass&#233;e, je remonterais &#224; bicyclette.
&lt;br /&gt;&#8212; Vous parlez d'or, r&#233;pondis-je, et vous avez lu dans ma pens&#233;e et &#224; 2 heures le m&#234;me employ&#233; me donne un billet pour Gap. De mon vagon je suis la route ensoleill&#233;e dont cette heureuse id&#233;e m'a pr&#233;serv&#233;.&lt;br class='autobr' /&gt;
J'arrive &#224; Gap &#224; 3h. 40. Je repars &#224; 6 heures. Je monte lentement la c&#244;te de la Freyssinouse. Ensuite rapide allure jusqu'&#224; Veynes o&#249; je m'arr&#234;te quelques minutes.&lt;br class='autobr' /&gt;
La chaleur a enfin disparu. La fra&#238;cheur du soir est fort agr&#233;able. Le soleil vient de se coucher et les hautes montagnes ont encore leurs cimes, &#233;clair&#233;es. Tout le couchant est embras&#233;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Et je pense &#224; ces admirables vers du plus grand des po&#232;tes cyclistes :&lt;br class='autobr' /&gt;
..... beaux soirs aux horizons sauvages &lt;br class='autobr' /&gt; O&#249; sur les monts vermeils on voit mourir de l'or&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;!&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;d'Espinassous&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Rectificatif paru dans Le Cycliste de Novembre 1903 :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans mon r&#233;cit sur le Couffourenc (Cycliste du 31&#160;octobre 1903) j'ai commis une erreur.&lt;br class='autobr' /&gt;
Sur la foi d'un habitant de la Roche j'ai indiqu&#233; le chemin des ruines de Rame comme conduisant au Couffourenc, alors qu'il n'existe que celui de Pallon.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le touriste devra donc se r&#233;signer &#224; monter la dure c&#244;te. J'ai grand peur que les r&#233;tro elles-m&#234;mes &#8212; surtout les r&#233;tro devrais-je dire &#8212; ne s'y brisent les dents.&lt;br class='autobr' /&gt;
Je recommande la visite du Couffourenc (de 8 &#224; 10 heures du matin) aux touristes peintres et aquarellistes. Comme couleur, pittoresque, sauvagerie, le Couffourenc est unique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;d'Espinassous&lt;/p&gt;&lt;/section&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;&lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;N.D.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;W.&#160;: Question que la litt&#233;rature du 19&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; se posait &#224; propos de la figure de l'inquisiteur, voir&#160;&lt;i&gt;Torquemada&lt;/i&gt; de Victor Hugo (1882), et&#160;&lt;i&gt;Le Grand Inquisiteur&lt;/i&gt; de Dosto&#239;evski, r&#233;cit pr&#233;sent dans Les fr&#232;res karamazov (1880).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
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	</item>
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		<title>Le Col de Porte (1901)</title>
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		<dc:subject>cyclotourisme, cyclocamping</dc:subject>
		<dc:subject>Entre 1900 et 1914</dc:subject>
		<dc:subject>Alpes</dc:subject>
		<dc:subject>d'Espinassous</dc:subject>
		<dc:subject>Col de Grand Bois, Col de la r&#233;publique</dc:subject>
		<dc:subject>Pilat</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;&#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#8239;&#8212; Je vous pardonne votre interruption en faveur du mot. Je continue. Ils sont, me dis-je, &#224; l'ombre des grands bois, sous chaque sapin brillera une bicyclette. Dans les grands bois, brillaient seules les gouttes de ros&#233;e, et &#224; l'auberge, ils ne fourmillaient pas. En r&#233;fl&#233;chissant, je calculai qu'avec le train furibond qui caract&#233;rise les cyclistes de ce pays, ils devaient &#234;tre non seulement &#224; Bourg-Argental, mais en revenir, et je descendais avec la plus grande prudence, de crainte de collision, la longue c&#244;te. Les steppes de la Sib&#233;rie pullulent &#224; c&#244;t&#233;. &#192; 8 heures, j'arrivai &#224; Bourg-Argental, et pendant que sur le devant d'un caf&#233; je d&#233;jeunais, je fus fort &#233;gay&#233; par trois cyclistes qui tournaient sur la place, se livrant &#224; l'acrobatie ordinaire que vous savez. Inutile de dire qu'ils n'&#233;taient pas de Saint-&#201;tienne. Apr&#232;s Bourg-Argental, le d&#233;sert recommen&#231;a.&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;&lt;/p&gt;

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&lt;a href="http://velotextes.fr/spip.php?rubrique42" rel="directory"&gt;A. D'Espinassous&lt;/a&gt;

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&lt;a href="http://velotextes.fr/spip.php?mot11" rel="tag"&gt;Entre 1900 et 1914&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="http://velotextes.fr/spip.php?mot87" rel="tag"&gt;Pilat&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt; Paru dans Le Cycliste, Novembre 1901, Source archives d&#233;partementales de la Loire, cote Per132_7&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le lendemain, &#224; 3 heures nous &#233;tions pr&#234;ts &#224; nous mettre en selle. Comme la veille, le touriste rouge me demanda si j'avais pass&#233; une heureuse nuit, si je n'avais pas eu de cauchemars.&lt;br class='autobr' /&gt; &#8212; Je vous remercie de votre attention, mais, &#8212; et remarquez que c'est l'indice infaillible d'une conscience pure &#8212; je ne fais jamais de mauvais r&#234;ves.&lt;br class='autobr' /&gt; &#8212; Pas m&#234;me dans Le Cycliste&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;? r&#233;pliqua-t-il malicieusement, et son sourire...&lt;br class='autobr' /&gt; &#8212; Votre perfide insinuation, mon ami, constitue, une provocation au premier chef, c'est un v&#233;ritable casus belli. Ne soyez pas surpris, si je me consid&#232;re en &#233;tat de l&#233;gitime d&#233;fense. D&#233;sormais toutes les repr&#233;sailles me seront permises.&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; Et je compris alors le secret mobile de cette sollicitude qui m'&#233;tonnait. Hier matin, le c&#339;ur lui avait probablement manqu&#233; pour ce coup de Jarnac.&lt;br class='autobr' /&gt; &#8212; Je suis encore votre d&#233;biteur, reprit-il, et je d&#233;sesp&#232;re presque de m'acquitter envers vous. Cependant, soyez s&#251;r que je ferai tout ce que je pourrai pour cela.&lt;br class='autobr' /&gt; La rampe de la Placette, d'une longueur de 5 kilom&#232;tres, offre une pente moyenne continue de 7&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;%, qu'avec le d&#233;veloppement de 2m,90 on gravit tr&#232;s facilement. Quant &#224; mon compagnon, avec 5m,60 c'&#233;tait pour lui un simple jeu. Nous montions c&#244;te &#224; c&#244;te en causant.&lt;br class='autobr' /&gt; &#8212; Voulez-vous que nous marchions un ou deux kilom&#232;tres, me dit-il, la vue est si belle que c'est un crime de l&#232;se-tourisme d'aller aussi vite. &#192; pied, nous pourrons mieux jouir de cette superbe &#233;chapp&#233;e sur la vall&#233;e de l'Is&#232;re.&lt;br class='autobr' /&gt; Nous montions donc &#224; pied, &#233;changeant nos impressions, nous arr&#234;tant souvent pour contempler la merveilleuse vue. Tout &#224; coup, nous f&#251;mes d&#233;pass&#233;s par un quadricycle. &#192; peine si nous e&#251;mes le temps d'entrevoir une jeune femme plac&#233;e devant le chauffeur.&lt;br class='autobr' /&gt; &#8212; Ne trouvez-vous pas &#233;trange que depuis Nyons, nous n'ayons pas rencontr&#233; un touriste &#224; bicyclette&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;?&lt;br class='autobr' /&gt; &#8212; Non, et j'y suis habitu&#233;, r&#233;pondis-je, le contraire m'&#233;tonnerait. Le m&#234;me fait s'est produit dans mon voyage en Auvergne. Le touriste &#224; bicyclette est destin&#233; &#224; devenir bient&#244;t un objet de curiosit&#233;. Votre question me rappelle un &#233;pisode de mon excursion.&lt;br class='autobr' /&gt; Je vous ai racont&#233; les incidents de route d'Issoire &#224; Clermont par le col de Dyanne, ainsi que ceux de Clermont &#224; Saint-&#201;tienne par Ambert et Viverols. M.&#160;de X..., avec qui je passai une fort agr&#233;able soir&#233;e, me conseilla l'itin&#233;raire Grand'Croix, P&#233;lussin, Chavanay.&lt;br class='autobr' /&gt; &#8212; Le dimanche, ajouta-t-il, nos routes sont sillonn&#233;es de cyclistes, le plateau de la R&#233;publique, les Grands-Bois en fourmillent.&lt;br class='autobr' /&gt; Pourquoi, me dis-je, ne passerais-je pas par Planfoy&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;? Cela me permettra, et je n'en serai pas f&#226;ch&#233;, de voir la tournure des cyclistes st&#233;phanois. Et pr&#233;cis&#233;ment le lendemain &#233;tait un dimanche. Malheureusement, je m'oubliai, et ne quittai Saint-&#201;tienne qu'&#224; 5 heures 30. Les rues &#233;taient vides de cyclistes.&lt;br class='autobr' /&gt; Je me suis lev&#233; trop lard, pensai-je, et j'admirai l'entrain matinal des touristes de cette ville. La mont&#233;e de Planfoy &#233;tait chang&#233;e en d&#233;sert, le plateau de la R&#233;publique &#233;galement. Je ne rencontrai &#226;me qui vive.&lt;br class='autobr' /&gt; &#8212; Pas m&#234;me le n&#232;gre de miss Symour22&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;?&lt;br class='autobr' /&gt; &#8212; Pas m&#234;me de touriste noir. Je ne vis qu'un affreux chien qui me poursuivit avec une pers&#233;v&#233;rance digne d'un meilleur sort, car je fus oblig&#233; de lui tirer une cartouche de sel caustique. Il s'enfuit en hurlant.&lt;br class='autobr' /&gt; &#8212; Vous voyagez donc toujours avec un revolver&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;?&lt;br class='autobr' /&gt; &#8212; Non, seulement dans mes grandes courses. Le voici : il est tr&#232;s petit mais d'une puissance extraordinaire. C'est une arme faite sp&#233;cialement pour les touristes par Galand. C'est sa derni&#232;re cr&#233;ation.&lt;br class='autobr' /&gt; &#8212; Le fait est qu'il est du &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#8239;dernier galant&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;!&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;&lt;br class='autobr' /&gt; &#8212; Je vous pardonne votre interruption en faveur du mot. Je continue. Ils sont, me dis-je, &#224; l'ombre des grands bois, sous chaque sapin brillera une bicyclette. Dans les grands bois, brillaient seules les gouttes de ros&#233;e, et &#224; l'auberge, ils ne fourmillaient pas. En r&#233;fl&#233;chissant, je calculai qu'avec le train furibond qui caract&#233;rise les cyclistes de ce pays, ils devaient &#234;tre non seulement &#224; Bourg-Argental, mais en revenir, et je descendais avec la plus grande prudence, de crainte de collision, la longue c&#244;te. Les steppes de la Sib&#233;rie pullulent &#224; c&#244;t&#233;. &#192; 8 heures, j'arrivai &#224; Bourg-Argental, et pendant que sur le devant d'un caf&#233; je d&#233;jeunais, je fus fort &#233;gay&#233; par trois cyclistes qui tournaient sur la place, se livrant &#224; l'acrobatie ordinaire que vous savez. Inutile de dire qu'ils n'&#233;taient pas de Saint-&#201;tienne. Apr&#232;s Bourg-Argental, le d&#233;sert recommen&#231;a.&lt;br class='autobr' /&gt; Je fumais une cigarette &#224; la bifurcation de Boulieu, quand au moment o&#249; je partais, j'aper&#231;us enfin sur la route d'Annonay deux touristes accompagn&#233;s d'une cyclettiste, dont la gracieuse apparition fut le sourire cycliste de cette journ&#233;e. De Boulieu &#224; Andance rien, et ce ne fut qu'&#224; Sarras que je fus d&#233;pass&#233; par deux autres touristes, dont l'un, ing&#233;nieur en chef des ponts et chauss&#233;es, &#233;tait bien le plus &#233;tonnant cycliste que j'aie rencontr&#233;. Il p&#233;dalait en planant &#224; chaque instant, et soutenait un train de 20 &#224; 25 kilom&#232;tres &#224; l'heure. Jusqu'&#224; Tournon il me servit d'entra&#238;neur. J'&#233;tais aussi bien aise de voir dans quel &#233;tat il descendrait de machine. Ce fut lamentable, rouge, congestionn&#233;, il ruisselait, tandis que son compagnon et moi &#233;tions en somme fort pr&#233;sentables. Sur une route &#224; pentes insensibles, les planements sont une pure folie.&lt;br class='autobr' /&gt; &#8212; Ce sport, en tant que tourisme, tend en effet &#224; dispara&#238;tre. Il est trop dur pour les jeunes gens eff&#233;min&#233;s de notre &#233;poque, qui se sont pr&#233;cipit&#233;s sur les automobiles, la n&#233;gation absolue, jusqu'&#224; maintenant, de l'ind&#233;pendance si ch&#232;re aux vrais touristes.&lt;br class='autobr' /&gt; &#8212; Je le regrette pour eux. Ils ignorent une des plus grandes jouissances qu'il soit possible de go&#251;ter sur notre pauvre plan&#232;te, o&#249;, comme les cyclistes &#224; Planfoy, elles ne pullulent pas.&lt;br class='autobr' /&gt; Tout en causant, nous &#233;tions arriv&#233;s &#224; la Placette. L'auberge &#233;tait ouverte, et dans l'air vif du matin nous nous sent&#238;mes en tr&#232;s bonnes dispositions pour d&#233;jeuner. Je ne sais comment la conversation tomba sur la Revue.&lt;br class='autobr' /&gt; &#8212; J'esp&#232;re bien, me dit le touriste rouge, que vous ne recommencerez pas votre agr&#233;able plaisanterie de la Croix-Haute, et que je ne risque rien &#224; aller &#224; la Grande Chartreuse avec vous. Vous ne sauriez croire, quand je revis votre r&#233;cit et que je m'aper&#231;us que j'en &#233;tais le h&#233;ros, combien je fus &#233;tonn&#233;&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; je fus m&#234;me un instant furieux de votre trahison, mais &#231;a ne dura pas. Vous n'aviez pas &#233;t&#233;, j'en conviens, bien m&#233;chant, et je finis par rire franchement. &#192; vrai dire, vous n'aviez raill&#233; que mes imperfections physiques, ou plut&#244;t ce que vous croyez en &#234;tre. Rappelez-vous Saint-Julien-en-Beauch&#232;ne&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! et puis, me dis-je &#8212; c'&#233;tait le corollaire naturel de votre r&#233;cit &#8212; je dois &#234;tre irr&#233;prochable au moral. J'avoue que cette hypoth&#232;se me s&#233;duisit un instant. Je n'ai pas besoin de vous dire que ma modestie eut vite raison de cette pens&#233;e, et j'accusai votre peu de clairvoyance. En somme, vous ne m'aviez rien promis, je ne vous avais rien demand&#233;, vous &#233;tiez donc parfaitement libre.&lt;br class='autobr' /&gt; &#8212; Comme aujourd'hui.&lt;br class='autobr' /&gt; &#8212; Comment&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! comme aujourd'hui&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;?&lt;br class='autobr' /&gt; &#8212; Hier soir, &#224; Serres, pendant que vous dormiez, je notais h&#226;tivement nos incidents de route. Vous imaginez-vous que c'&#233;tait pour moi seul que je luttais contre le sommeil.&lt;br class='autobr' /&gt; &#8212; Vous ne dormiez pas&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! encore une trahison&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! &#224; qui donc se lier&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;!&lt;br class='autobr' /&gt; &#8212; Vous reconna&#238;trez que j'ai respect&#233; votre incognito : ni votre nom, ni la ville que vous habitez, rien dans mon r&#233;cit ne peut le faire supposer.&lt;br class='autobr' /&gt; &#8212; Et mes jambes&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! et ma malheureuse moustache&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! Je crains toujours de rencontrer un abonn&#233; du Cycliste s'&#233;criant &#224; ma vue : Voil&#224; l'homme rouge qui passe&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;!...&lt;br class='autobr' /&gt; &#8212; N'ayez pas cette crainte. Les abonn&#233;s de la Revue sont trop bien &#233;lev&#233;s pour cela. Je dirai m&#234;me plus : je pourrais vous en citer et non des moins aimables &#8212; qui seraient enchant&#233;s de vous conna&#238;tre.&lt;br class='autobr' /&gt; &#8212; Vous me g&#226;tez mon excursion. Encore, si vous me promettiez d'avoir la main l&#233;g&#232;re. Mais aussi, quelle extraordinaire id&#233;e avez-vous eue de collaborer au Cycliste&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;!&lt;br class='autobr' /&gt; &#8212; Extraordinaire, je vous l'accorde, et j'en suis encore plus &#233;tonn&#233; que vous. C'est cette infernale Croix de Chabourey qui en est cause.&lt;br class='autobr' /&gt; &#8212; Quelle responsabilit&#233;&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! Je suis surpris qu'elle soit encore debout, interrompit-il d'un air p&#233;n&#233;tr&#233;, en joignant les mains.&lt;br class='autobr' /&gt; &#8212; Elle est m&#234;me tr&#232;s solide, pourtant, n'essayez pas de lui d&#233;dier un sonnet, les bras lui en tomberaient et ce serait vraiment dommage. Je poursuis. M.&#160;de Vivie m'a rendu le plus grand service qu'un touriste puisse rendre &#224; un autre, en me r&#233;v&#233;lant la puissance de la petite multiplication &#224; laquelle je ne croyais pas. J'ai voulu, par quelques r&#233;cits &#233;crits d'une main inhabile &#8212; ils seront mis au nombre de mes p&#233;ch&#233;s de jeunesse &#8212; le remercier. Voyez, comme vous vous trompiez, quand vous m'accusiez de n'&#234;tre pas reconnaissant&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! J'&#233;tais bien aise en m&#234;me temps d'orienter les touristes vers des pays peu connus, et si j'ai pu donner le go&#251;t du tourisme &#224; quelques cyclistes, si j'ai pu en arracher, ne serait-ce qu'un, aux joies malsaines de la ville, je m'estimerai suffisamment d&#233;dommag&#233;. Je me suis permis, mon cher ami, de vous associer &#224; cette bonne &#339;uvre.&lt;br class='autobr' /&gt; &#8212; Je n'ai plus rien &#224; dire, si ce n'est que pour me fermer la bouche, votre derni&#232;re raison est d'une habilet&#233; extr&#234;me. Mais pour l'avenir, vous engagez-vous&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;? Serai-je pr&#232;s de vous en s&#251;ret&#233;&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;?&lt;br class='autobr' /&gt; &#8212; Je vous le promets. Le touriste rouge ne para&#238;tra plus dans Le Cycliste, et pour vous le prouver, voulez-vous, le mois prochain, venir &#224; Valsenestre&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;?&lt;br class='autobr' /&gt; &#8212; &#192; cette condition, je le veux bien. Un t&#233;l&#233;gramme et j'accours. La Placette d&#233;pass&#233;e, la route descend rapidement dans la vall&#233;e de l'H&#233;r&#233;tang. Nous arriv&#226;mes vite &#224; Saint-Laurent-du-Pont o&#249; nous ne nous arr&#234;t&#226;mes pas. Au pont de Saint-Bruno, je changeai de multiplication et nous roul&#226;mes &#224; une modeste allure.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; la bifurcation de la Croix-Verte nous m&#238;mes pied &#224; terre pour gravir la pente &#224; 15% qui nous amena au couvent.&lt;br class='autobr' /&gt; Il &#233;tait exactement 7h. 40 quand nous sonn&#226;mes &#224; la porte. La visite ayant lieu &#224; 8 heures, nous utilis&#226;mes le temps qui nous restait &#224; d&#233;jeuner. Notre collation &#224; la Placette &#233;tait pass&#233;e &#224; l'&#233;tat de souvenir. &#192; 8 heures un fr&#232;re vint nous chercher.&lt;br class='autobr' /&gt; &#8212; Je vous attendrai au-dehors, sur la pelouse. Je suis venu au couvent plusieurs fois, ce serait pour moi une corv&#233;e. Vous me ferez part de votre impression&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;, et je le laissai.&lt;br class='autobr' /&gt; J'attendis longtemps. La grande porte enfin s'ouvrit et le touriste rouge apparut.&lt;br class='autobr' /&gt; &#8212; Eh bien, lui dis-je, avez-vous &#233;t&#233; s&#233;duit par la vue int&#233;rieure du couvent&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;? Vous sentez-vous des dispositions &#224; devenir chartreux&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;?&lt;br class='autobr' /&gt; &#8212; Chartreux&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! jamais de la vie, et la mortelle tristesse de ce clo&#238;tre me ferait fuir &#224; cent lieues. Sa visite m'a peu int&#233;ress&#233;. Ce n'est pas le premier que je vois, et &#224; part quelques d&#233;tails, c'est toujours la m&#234;me chose. Nous n'&#233;tions que cinq touristes, ce qui m'a paru peu. Le fr&#232;re qui nous conduisait avait une v&#233;ritable mine d'asc&#232;te et dans ses yeux sombres luisait l'ardeur mystique de sa vocation. &#201;videmment, il croyait par ses mac&#233;rations gagner le ciel. Il me regardait presque tout le temps : ma maigreur de simple la&#239;que devait lui porter ombrage.&lt;br class='autobr' /&gt; &#8212; Que vous puissiez porter ombrage &#224; quelqu'un&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! Ah, mon ami, ne l'esp&#233;rez pas. Que ce soit &#224; un fil&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! Et encore&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! Ce n'est pas &#224; vous que l'on dira jamais : &#244;te-toi de mon soleil&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! le spectre solaire compterait seulement une raie de plus. Enfin, je suis fort heureux que vous ayez trouv&#233; votre pareil. Je croyais bien que vous monopolisiez.&lt;br class='autobr' /&gt; &#8212; Vous vous vengez... Je ne r&#233;pondrai pas. Le voisinage de ce couvent a sur vous une d&#233;testable influence. Partirai-je seul&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;? D'ailleurs, votre mani&#232;re de vous nourrir vous a tr&#232;s bien pr&#233;par&#233; &#224; cette vie aust&#232;re.&lt;br class='autobr' /&gt; &#8212; Quittez ce souci. Je n'ai jamais envi&#233; la vie monastique. Pour moi, vie est synonyme de mouvement, et les seuls ordres qui m'eussent attir&#233;, ce sont ces ordres mendiants du moyen &#226;ge, dont les moines, la besace au dos, le b&#226;ton &#224; la main, parcouraient toute l'Europe. Ils couchaient un jour dans un ch&#226;teau, le lendemain sous le chaume, parfois m&#234;me en pleine for&#234;t. Ces moines-l&#224; sont nos anc&#234;tres, ce sont les premiers touristes.&lt;br class='autobr' /&gt; &#8212; Oui, mais ils ont disparu. Quant aux ordres existants aujourd'hui, je n'en comprends aucun et les couvents sont, &#224; mes yeux, un v&#233;ritable anachronisme. Les hommes sont faits pour vivre ensemble, pour s'aider, et non pour s'isoler. Je ne con&#231;ois pas au &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;XX&lt;/span&gt;&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle un homme se faisant moine.&lt;br class='autobr' /&gt; &#8212; Je ne suis pas de votre avis. Je pense aux vaincus de la vie, &#224; ceux qui, meurtris, demandent gr&#226;ce. Le couvent, c'est l'&#233;vasion qui les soustrait aux trahisons du monde, &#224; la m&#233;chancet&#233; des hommes. En proie aux mille jouvences de cette terre, ils go&#251;tent l&#224; le repos, l'oubli&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; c'est le port sauveur qui abrite leur d&#233;tresse.&lt;br class='autobr' /&gt; &#8212; Non, votre retraite n'est qu'une fuite. Vous &#233;vitez le combat, vous rendez les armes. Le c&#339;ur vous a manqu&#233; pour lutter, vous avez d&#233;sert&#233;, et si vous voulez conna&#238;tre le fond de ma pens&#233;e, la vie monacale n'est qu'une des formes de l'&#233;go&#239;sme.&lt;br class='autobr' /&gt; &#8212; Mais enfin, s'il me pla&#238;t &#224; moi de fuir le monde, en quoi cela regarde-t-il quelqu'un&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;? Au nom de la libert&#233;, j'ai le droit de penser et d'agir comme il me conviendra.&lt;br class='autobr' /&gt; Commen&#231;ant ainsi, nous ne pouvions nous entendre. Nous discut&#226;mes longtemps en pure perte. Esprit g&#233;n&#233;reux, c&#339;ur d&#233;vou&#233;, ne connaissant pas les mis&#232;res de la vie, le touriste rouge ne pouvait comprendre cette s&#233;paration absolue, cette claustration dans laquelle se sont r&#233;fugi&#233;s certains de nos semblables.&lt;br class='autobr' /&gt; Rien de tel qu'une discussion anim&#233;e pour ouvrir l'app&#233;tit.&lt;br class='autobr' /&gt; &#8212; Savez-vous qu'il est onze heures&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;? Si nous allions d&#233;jeuner&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;? me dit mon compagnon.&lt;br class='autobr' /&gt; &#8212; Allons d&#233;jeuner. D'ailleurs, ce que nous disons est loin d'&#234;tre fol&#226;tre.&lt;br class='autobr' /&gt; &#8212; Cela vous serait-il &#233;gal que nous filions sur Saint-Pierre&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;? Le menu serait moins s&#233;v&#232;re et nous n'aurions aucun pr&#233;texte &#224; rouvrir cette discussion. Ensuite, nous avons en perspective la rampe du col de Porte et je crains que ce maigre auquel je ne suis pas habitu&#233;...&lt;br class='autobr' /&gt; &#8212; Comme vous voudrez. Je ne tiens pas plus que vous &#224; rester ici. L'h&#244;tel du D&#233;sert est fort bon, rien ne nous retient plus, partons.&lt;br class='autobr' /&gt; Et prenant nos bicyclettes, nous saut&#226;mes en selle.&lt;br class='autobr' /&gt; La route de Saint-Pierre-de-Chartreuse, qui d'abord descend mod&#233;r&#233;ment, ne tarde pas &#224; s'accentuer terriblement. Malgr&#233; mon insistance, mon ami ne voulut pas mettre pied &#224; terre et nous f&#238;mes la folie de faire en machine la section &#224; 10&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;%. &#202;tre le dieu des cyclistes ne doit pas constituer pr&#233;cis&#233;ment une sin&#233;cure&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;!&lt;br class='autobr' /&gt; Arriv&#233;s sur les bords du Guiers nous respir&#226;mes.&lt;br class='autobr' /&gt; &#8212; &#199;a s'est tr&#232;s bien pass&#233;, me dit-il, et pourquoi voulez-vous que je suive vos conseils, quand vous-m&#234;me vous ne les suivez pas&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;?&lt;br class='autobr' /&gt; Il n'y avait rien &#224; r&#233;pondre &#224; cette judicieuse remarque. Je me tus.&lt;br class='autobr' /&gt; Nous f&#251;mes vite &#224; l'h&#244;tel du D&#233;sert. Un touriste &#8212; l'esp&#232;ce offre une vari&#233;t&#233; infinie &#8212; install&#233; dans un grand fauteuil pr&#232;s de la fen&#234;tre, &#224; une chambre du second &#233;tage, tenait &#224; la main une canne &#224; p&#234;che. La longue cordelette flottait sur la rivi&#232;re, et sans se d&#233;ranger, surveillant de tr&#232;s haut les mouvements du bouchon multicolore, il p&#234;chait.&lt;br class='autobr' /&gt; &#8212; C'est ce qui s'appelle un &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#8239;p&#234;cheur en chambre&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;, observa le touriste rouge.&lt;br class='autobr' /&gt; Dans la salle &#224; manger d&#233;j&#224; nombre de touristes d&#233;jeunaient. Nous nous ass&#238;mes &#224; une petite table isol&#233;e : nous voulions pouvoir causer tranquillement. Malheureusement, deux cyclistes qui d&#238;naient pr&#232;s de nous s'entretenaient bruyamment et leur conversation ne tarda pas &#224; nous amuser beaucoup. Le verbe haut, l'allure insolente, ils parlaient surtout pour la galerie. L'un d'eux avait une passion f&#226;cheuse pour les citations, les mots historiques qu'il pla&#231;ait &#224; tort et &#224; travers, ce qui produisait un effet qu'il ne pr&#233;voyait pas sans doute.&lt;br class='autobr' /&gt; Ils nous fatigu&#232;rent bient&#244;t, et notre repas termin&#233;, nous quitt&#226;mes la salle et f&#238;mes apporter le caf&#233; sur la terrasse que longe le Guiers.&lt;br class='autobr' /&gt; &#8212; Quels stupides touristes&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! ils reculent les bornes de la b&#234;tise humaine.&lt;br class='autobr' /&gt; &#8212; Ce ne sont pas des touristes, r&#233;pondis-je, ce sont tout simplement des &#233;chapp&#233;s de quelque grande ville qui &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#8239;font&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; la Chartreuse, s'il m'est permis de me servir de la langue de leur corporation. D'ailleurs, avez-vous remarqu&#233; leurs costumes&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;? Leur carcan de toile blanche&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;? Un touriste amant de la belle nature et qui voudra par cons&#233;quent la caresser de pr&#232;s, pourrait-il s'astreindre &#224; un pareil accoutrement&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;? R&#232;gle invariable, le touriste se reconna&#238;t &#224; la commodit&#233; et au laisser-aller de son v&#234;tement. Le m&#233;pris de la mode est le commencement du tourisme.&lt;br class='autobr' /&gt; &#8212; Votre explication me comble d'aise. Voyez la poussi&#232;re qui nous couvre, nos feutres de meunier...&lt;br class='autobr' /&gt; &#8212; Nous avons la tenue r&#233;glementaire. Je ne me souviens plus o&#249; j'ai lu qu'un touriste rempla&#231;ait, &#224; table d'h&#244;te, son faux-col absent par l'exquise distinction de ses mani&#232;res. Avez-vous remarqu&#233; l'heureux emploi qu'a fait notre voisin de table du mot de Siey&#232;s&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;?&lt;br class='autobr' /&gt; &#8212; Je l'ai savour&#233; en silence comme doivent se savourer toutes les choses rares. Il me rappelle un incident de voyage presque identique qui m'est arriv&#233; encore dans votre d&#233;partement.&lt;br class='autobr' /&gt; &#8212; Dans mon d&#233;partement&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! D&#233;cid&#233;ment vous lui en voulez.&lt;br class='autobr' /&gt; &#8212; Amieus Plato...&lt;br class='autobr' /&gt; &#8212; Ne continuez pas. Elle est compl&#232;tement us&#233;e, tout &#224; fait hors de service.&lt;br class='autobr' /&gt; &#8212; Je passe donc. Parti le matin de Saint-Guilhem-le-D&#233;sert, j'arrivai &#224; midi &#224; X... o&#249; je d&#233;jeunai. Ensuite, j'entrai dans le caf&#233; o&#249; se r&#233;unissaient les notables de l'endroit. &#192; une table voisine de la mienne &#233;tait assis un personnage que plusieurs personnes entouraient, l'appelant c&#233;r&#233;monieusement M.&#160;le suppl&#233;ant.&lt;br class='autobr' /&gt; Il tenait le d&#233; de la conversation et toutes ses paroles &#233;taient soulign&#233;es de gestes et de sourires approbateurs. Nourri &#233;videmment du suc le plus pur de l'antiquit&#233;, il se risquait parfois, lui aussi, &#224; des citations v&#233;ritablement extraordinaires. Sa personne surtout l'occupait. Il daigna conter le menu de son d&#233;jeuner, d&#233;jeuner succulent, para&#238;t-il, car il termina ainsi : &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#8239;Enfin, Messieurs, j'ai fait un vrai festin de Sucullus&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;!&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;&lt;br class='autobr' /&gt; L'auditoire en entier s'inclina sans comprendre, muet d'admiration devant un pareil faste. Seul, un jeune homme qui se trouvait plac&#233; &#224; c&#244;t&#233; du suppl&#233;ant ne m'avait pas paru partager l'all&#233;gresse g&#233;n&#233;rale. Il osa &#8212; les jeunes gens ont toutes les audaces &#8212; hasarder timidement :&lt;br class='autobr' /&gt; &#8212; Vous voulez sans doute dire de Lucullus&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;? Le suppl&#233;ant stup&#233;fait, le regarda un moment saisi de sa hardiesse. Ensuite, s&#251;r de lui, et souriant avec la sup&#233;riorit&#233; que donne le vrai savoir, il laissa tomber ces m&#233;morables paroles :&lt;br class='autobr' /&gt; &#8212; J'ai dit Sucullus. D'ailleurs Lucullus n'aurait aucun sens&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;!&lt;br class='autobr' /&gt; Le jeune imprudent ne protesta pas. Fut-il convaincu, n'osa-t-il rien dire&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;? &#201;tait-ce un surnum&#233;raire ambitieux&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;? Il se tut.&lt;br class='autobr' /&gt; Quant &#224; moi, j'admirai les fruits &#233;tonnants de l'instruction obligatoire. Et dire que ce sera cet &#234;tre-l&#224;, juge de paix probablement &#224; cette heure, qui me jugera et m'appliquera le maximum en cas de contravention cycliste&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! Il &#233;tait petit, replet, bouffi, et quand on aime les festins de Sucullus, on est s&#251;rement v&#233;lophobe.&lt;br class='autobr' /&gt; &#8212; Le ciel nous pr&#233;serve de ses consid&#233;rants&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;!&lt;br class='autobr' /&gt; La route du col de Porte remonte par des pentes tr&#232;s dures le vallon de Saint-Hughes. Les sections &#224; 10% n'y sont pas rares, aussi nous arr&#234;t&#226;mes-nous souvent. Sous les sapins, des amas de neige se voyaient encore. Dans une clairi&#232;re, nous aper&#231;&#251;mes des soldats attisant un feu sur lequel, suspendue &#224; trois piquets, bouillait une marmite, espoir de leur d&#238;ner. Arriv&#233;s au col, vu l'heure, nous d&#233;cid&#226;mes de faire une grande halte, et cherchant un endroit abrit&#233;, nous nous ass&#238;mes en plein soleil.&lt;br class='autobr' /&gt; Homme de pr&#233;caution, le touriste rouge sortit de son sac tout ce qu'il fallait pour constituer un tr&#232;s agr&#233;able go&#251;ter. Le secret d'un court conciliabule avec le ma&#238;tre d'h&#244;tel de Saint-Pierre me fut ainsi r&#233;v&#233;l&#233;. Apr&#232;s lui avoir vol&#233; les f&#233;licitations qu'il m&#233;ritait, je tirai mon &#233;tui &#224; cigarettes et nous nous m&#238;mes &#224; fumer et &#224; causer.&lt;br class='autobr' /&gt; Collectionneur passionn&#233; d'eaux-fortes, je lui expliquais les diff&#233;rents &#233;tats d'une planche, je lui disais les difficult&#233;s, les &#233;motions, les p&#233;rip&#233;ties de la poursuite de l'&#233;preuve rarissime, de celle tir&#233;e sur Japon ou parchemin, avant la gravure de la Remarque, sous les yeux de l'artiste, &#224; un ou deux exemplaires seulement&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; &#233;tat occulte presque impossible &#224; se procurer et que le graveur garde jalousement, quand tout &#224; coup il m'interrompit :&lt;br class='autobr' /&gt; &#8212; Voyez le joli sujet que cela ferait, et il me montra un groupe venant vers nous.&lt;br class='autobr' /&gt; L'homme, un b&#251;cheron, son sac derri&#232;re le dos, portait sur le bras, une fillette encore toute jeune. Il babillait avec elle, tant&#244;t lui faisant les gros yeux, enflant la voix, tant&#244;t l'embrassant, et sa moustache aux poils rudes piquait les joues ros&#233;es de l'enfant qui riait aux larmes. &#192; dix pas suivait la m&#232;re lourdement charg&#233;e &#233;galement, que deux enfants un peu plus &#226;g&#233;s se faisant remorquer, tenaient par un pan de sa robe : attentive au man&#232;ge de son mari, sa figure refl&#233;tait une joie attendrie.&lt;br class='autobr' /&gt; &#8212; Que ces gens paraissent heureux&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! me dit-il, la fortune ne fait pas le bonheur. Et il les regardait ravi.&lt;br class='autobr' /&gt; &#8212; Vous avez bien raison, ni l'or, ni la grandeur ne nous rendent heureux. Ne croyez-vous pas qu'il soit temps de partir&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;?&lt;br class='autobr' /&gt; &#8212; Oui, me r&#233;pondit-il en souriant, il n'est que temps.&lt;br class='autobr' /&gt; Et se levant &#224; son tour, il prit sa bicyclette. Il allait se mettre en selle quand je l'arr&#234;tai.&lt;br class='autobr' /&gt; &#8212; &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;II&lt;/span&gt; ne faut pas songer ici &#224; tra&#238;ner un fagot, nous serions s&#251;rs du proc&#232;s-verbal. Les pentes &#233;tant fort raides, et cette route tr&#232;s fr&#233;quent&#233;e, nous nous s&#233;parerons. Vous me devancerez, si vous voulez, de 500 m&#232;tres, mais comme il importe que nous restions en communication, voici ce que je vous propose : c'est de nous servir d'un syst&#232;me de signaux que j'ai imagin&#233;. Vous passerez le premier. Venant de vous, trois coups de trompe signifieront que vous mettez pied &#224; terre, soit pour vous reposer, soit pour un danger quelconque&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; deux coups, que la route est mauvaise.&lt;br class='autobr' /&gt; Venant de moi, &#224; mes trois coups vous devez imm&#233;diatement sauter de machine et m'attendre, c'est l'arr&#234;t absolu. Deux coups signifieront : allez lentement, je veux vous rattraper. Quant au coup de trompe seul, il restera l'avertissement pour les voitures et les pi&#233;tons. Ces trois signaux r&#233;pondent &#224; tous les cas. Dans mes voyages alpins avec le touriste de Glanges dont je vous ai si souvent parl&#233;, ils nous ont rendu les plus grands services.&lt;br class='autobr' /&gt; &#8212; Compris. &#202;tes-vous pr&#234;t&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;? Je pars.&lt;br class='autobr' /&gt; La route &#233;tait ce jour-l&#224; presque d&#233;serte et nous marchions &#224; 25 ou 30 kilom&#232;tres &#224; l'heure. Celle vitesse n'est pas excessive et de temps en temps, nous ralentissions par de brefs coups de frein quand notre machine s'emportait.&lt;br class='autobr' /&gt; Le touriste rouge peu &#224; peu augmentait son avance, et de temps &#224; autre je l'entrevoyais filant comme une fl&#232;che. Bient&#244;t, la route tourna et je le perdis de vue. Tout &#224; coup, trois appels de trompe, nerveux, saccad&#233;s, retentirent au loin. J'activais ma marche quand le signal se r&#233;p&#233;ta. Quelque chose d'insolite &#233;videmment s'&#233;tait pass&#233;. J'aper&#231;us enfui mon ami assis sur le parapet du chemin.&lt;br class='autobr' /&gt; &#8212; Que vous est-il arriv&#233;&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! lui dis-je en sautant de machine, comme vous &#234;tes p&#226;le, votre figure est toute boulevers&#233;e. Qu'y a-t-il donc&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;?&lt;br class='autobr' /&gt; &#8212; Jamais je n'ai vu la mort de plus pr&#232;s, et je suis encore tout &#233;mu du danger auquel je viens d'&#233;chapper. Je descendais, &#224; vive allure, quand soudain je ressentis une secousse formidable et, sans m'en rendre compte, je me trouvai debout sur la route &#224; deux pas de cet ab&#238;me. Ma cha&#238;ne &#8212; pourquoi ne vous ai-je pas &#233;cout&#233; &#8212; trop peu tendue, avait accroch&#233; l'extr&#233;mit&#233; de la manivelle bloquant brusquement la roue motrice. Voyez la profonde trace qu'elle a laiss&#233;e dans la poussi&#232;re. C'est un v&#233;ritable miracle que sous le choc mon cadre ne se soit pas tordu et que je n'aie pas &#233;t&#233; jet&#233; &#224; droite dans ce pr&#233;cipice. Vous comprenez maintenant mon &#233;motion.&lt;br class='autobr' /&gt; &#8212; Tenez, dis-je, prenant dans mon sac un flacon d'arnica, humectez ce sucre et buvez ensuite une gorg&#233;e.&lt;br class='autobr' /&gt; Apr&#232;s, le touriste rouge se sentit mieux.&lt;br class='autobr' /&gt; &#8212; Nous pouvons nous remettre en route, me dit-il.&lt;br class='autobr' /&gt; &#8212; Non, faisons &#224; pied un ou deux kilom&#232;tres, la marche activera la circulation du sang et vous fera grand bien.&lt;br class='autobr' /&gt; Nous arriv&#226;mes ainsi au col de Vence. L&#224;, apr&#232;s de courtes ablutions &#224; la fontaine, il retendit sa cha&#238;ne.&lt;br class='autobr' /&gt; &#8212; Quelle r&#233;clame pour le constructeur de ma bicyclette&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! Voil&#224; l'avantage d'avoir une machine de marque. Je me sens maintenant tout &#224; fait bien. Nous pouvons, je crois, repartir.&lt;br class='autobr' /&gt; &#8212; En selle donc.&lt;br class='autobr' /&gt; Je partis deux minutes apr&#232;s lui. Le panorama du col est sans doute admirable, mais la route, offrant une pente tr&#232;s forte et des tournants assez dangereux, toute mon attention s'y portait. Pourtant, pris par la merveilleuse vue, j'eus un moment de distraction et brusquement apparut, &#224; huit ou dix m&#232;tres, une charrette charg&#233;e de tonneaux, dont les chevaux arr&#234;t&#233;s coupaient obliquement la route, la barrant enti&#232;rement. Je serrai mes deux freins et pus sauter &#224; terre juste sous les naseaux du premier cheval.&lt;br class='autobr' /&gt; Furieux, je sortis de mon caract&#232;re, mon sang de m&#233;ridional l'emporta et j'apostrophai le charretier, lui reprochant son imprudence.&lt;br class='autobr' /&gt; &#8212; C'est miraculeux, m'&#233;criai-je, que je ne sois pas tomb&#233; sous les pieds de vos chevaux&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;!&lt;br class='autobr' /&gt; L'air placide, souriant, assis comme Bacchus sur son tonneau, le charretier me regardait sans rien dire. Ensuite, sans se presser, il prit un petit tonnelet de 3 &#224; 4 litres et le tenant des deux mains, but lentement, toujours me fixant.&lt;br class='autobr' /&gt; J'&#233;tais stup&#233;fait, apais&#233; presque par le sang-froid vraiment magnifique qu'il d&#233;ployait.&lt;br class='autobr' /&gt; Tout pourtant a une fin, m&#234;me la soif d'un charretier. Et quand il eut assez bu :&lt;br class='autobr' /&gt; &#8212; Voudriez-vous boire&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;? me dit-il avec un bon sourire, et il me tendit le tonnelet.&lt;br class='autobr' /&gt; Je trouvai la situation si dr&#244;le que subitement ma col&#232;re s'&#233;vanouit ou bien, par une loi myst&#233;rieuse, mon esprit subit l'influence du sien, et je souris. Quel philosophe&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! me dis-je, quel oubli des injures&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! La col&#232;re ne m&#232;ne &#224; rien, et du moment que j'&#233;tais sain et sauf, &#224; quoi bon me plaindre&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;? J'ai eu tort de m'emporter. Je voyage pour mon agr&#233;ment, lui a charg&#233; ces lourdes futailles et se r&#244;tit depuis deux heures sous ce soleil de plomb. Pourquoi moi, un heureux de ce monde, ai-je tant cri&#233; pour une petite inadvertance de ce brave homme&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;? Et j'accusai le soleil&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; on n'aime pas &#224; avouer ses torts. Soyons tol&#233;rants les uns pour les autres : excellent conseil sans doute, mais plus facile &#224; donner qu'&#224; suivre.&lt;br class='autobr' /&gt; Et je levai le bras, pris le tonnelet et le portai &#224; mes l&#232;vres.&lt;br class='autobr' /&gt; Nous nous s&#233;par&#226;mes dans les meilleurs termes.&lt;br class='autobr' /&gt; Je rattrapai le temps perdu, la rampe fut vite descendue, et j'aper&#231;us le touriste rouge qui m'attendait sur la route.&lt;br class='autobr' /&gt; &#8212; Nous en sommes enfin sortis, me dit-il, quelle abominable descente&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! J'ai la main encore tout engourdie du serrage du frein.&lt;br class='autobr' /&gt; &#8212; Vous rendriez jaloux J&#233;r&#233;mie&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! Le pass&#233; n'existe pas, pensons donc au pr&#233;sent. Savez-vous qu'il est 6 heures et qu'il n'est rien de tel que les &#233;motions pour ouvrir l'app&#233;tit.&lt;br class='autobr' /&gt; &#8212; Jamais pens&#233;e plus juste, plus vraie, et votre arnica est un puissant ap&#233;ritif.&lt;br class='autobr' /&gt; J'admirais la vigueur, la robustet&#233; qui se cachaient sous sa fr&#234;le apparence, quand, tout &#224; coup, une id&#233;e me traversa l'esprit.&lt;br class='autobr' /&gt; &#8212; Les Grecs, mon ami, &#224; la fin d'un voyage heureusement termin&#233;, remerciaient les dieux qui leur avaient &#233;t&#233; favorables en leur offrant un sacrifice. Les fortun&#233;s immolaient une g&#233;nisse, d'autres une brebis, les plus pauvres enfin un coq...&lt;br class='autobr' /&gt; &#8212; O&#249; voulez-vous en venir&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;?&lt;br class='autobr' /&gt; &#8212; Attendez. Ne croyez-vous pas qu'il serait convenable d'offrir une victime au dieu du tourisme qui nous a prot&#233;g&#233;s et qui a &#233;t&#233; si plein d'&#233;gards pour nous&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;?&lt;br class='autobr' /&gt; &#8212; Oui, mais laquelle&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;? je ne pense pas que...&lt;br class='autobr' /&gt; &#8212; Je vous propose d'immoler le v&#233;g&#233;tarisme et de faire ce soir ce que dans le langage des cours on appelle un d&#238;ner de gala.&lt;br class='autobr' /&gt; &#8212; La triomphante id&#233;e&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! J'accepte avec transport&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! Vous avez compl&#232;tement raison. Comment n'y ai-je pas pens&#233;&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! c'est une question de tact, de convenance, de savoir-vivre, nous devons nous montrer reconnaissants. Je me charge du menu et si le dieu des touristes n'est pas content, il sera difficile&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;!&lt;br class='autobr' /&gt; Nous nous m&#238;mes en selle, et, dix minutes plus tard, nous descendions sur la place Grenette.&lt;br class='autobr' /&gt; Je serai tr&#232;s bref sur notre d&#238;ner. Dire qu'il fut aust&#232;re, serait par trop rester au-dessous de la v&#233;rit&#233;. Le menu du touriste rouge fut parfait. Il avait d&#233;cid&#233;ment la fibre de la reconnaissance.&lt;br class='autobr' /&gt; Quelles jolies et amusantes histoires il me conta&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! Il &#233;tait en verve et fut, ce soir, &#233;tincelant, &#233;blouissant. Jamais je ne savourai mieux la vie, et jamais, par contre, les heures ne pass&#232;rent plus vite.&lt;br class='autobr' /&gt; &#192; un certain moment, la conversation tomba sur une c&#233;l&#233;brit&#233; litt&#233;raire, contemporaine, Madame X..., que, par le plus grand des hasards, j'avais rencontr&#233;e nagu&#232;re, en chemin de fer.&lt;br class='autobr' /&gt; &#8212; Ce qui m'a le plus &#233;tonn&#233; chez elle, ajoutai-je, c'est son allure de puritaine. Je me la figurais tout autre. Vous me direz que les apparences...
&lt;br /&gt;&#8212; Connaissez-vous ce quatrain&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;? me r&#233;pondit-il, il n'est pas de moi. Il vous est donc loisible de le trouver charmant :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Il &#233;tait une Romaine. &lt;br class='autobr' /&gt; Qui filait avec passion.&lt;br class='autobr' /&gt; Le matin, c'&#233;tait de la laine.&lt;br class='autobr' /&gt; Le soir, c'&#233;tait de la maison.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Et le d&#238;ner continua dans sa folle gaiet&#233;. Il eut pourtant une fin.&lt;br class='autobr' /&gt; &#8212; Je me permettrai, mon cher ami, dis-je en me levant de table, de vous remettre en m&#233;moire cette admirable pens&#233;e que vous avez burin&#233;e &#224; Rosans sous une non moins admirable forme, et dont nous venons de faire une si heureuse application : La sobri&#233;t&#233; est la vertu cardinale du cycliste&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;!&lt;br class='autobr' /&gt; C'&#233;tait un coup droit. Il le para.&lt;br class='autobr' /&gt; &#8212; Quelle bizarre co&#239;ncidence&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! Je cherchais &#224; me rappeler o&#249; j'avais rencontr&#233; le touriste qui me donna cet excellent conseil : Soyez tr&#232;s sobre, soyez v&#233;g&#233;tarien, que l'eau soit votre unique boisson. Ne serait-ce pas sur la route du Valgaudemar&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;?&lt;br class='autobr' /&gt; &#8212; Parlons d'autre chose. Voyez comme ces fleurs ont des nuances d&#233;licates.&lt;br class='autobr' /&gt; &#192; neuf heures, nous sort&#238;mes de l'h&#244;tel, et apr&#232;s le th&#233;, nous nous dirige&#226;mes en fumant vers la gare, o&#249; le touriste rouge devait prendre l'express de Lyon de 10 h. 18. La bicyclette enregistr&#233;e, nous nous promen&#226;mes sur le quai attendant l'heure du d&#233;part.&lt;br class='autobr' /&gt; Toujours un peu de m&#233;lancolie, un peu de tristesse se m&#234;le aux adieux. Notre entrain &#233;tait loin et c'est presque &#233;mus que nous nous serr&#226;mes les mains. Mon ami monta en wagon, choisi un coin et pla&#231;a sac et journaux dans le filet. Puis se penchant &#224; la porti&#232;re :&lt;br class='autobr' /&gt; &#8212; T&#233;l&#233;graphiez-moi pour Valsenestre. Je vous promets de venir.&lt;br class='autobr' /&gt; Tout &#224; coup, au sifflet aigu du chef de gare, r&#233;pondirent la trompe au son rauque du chef de train, le cri strident de la locomotive, une derni&#232;re poign&#233;e de main et le train se mit lentement en marche.&lt;br class='autobr' /&gt; &#8212; &#192; Valsenestre&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;!&lt;br class='autobr' /&gt; &#8212; &#192; Valsenestre&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! adieu&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! adieu&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;!&lt;br class='autobr' /&gt; Le train avait franchi le grand hall &#233;clair&#233; de la gare, sa masse noire d'instant en instant devenait moins distincte, et bient&#244;t je n'aper&#231;us plus qu'un triangle rouge qui fuyait dans la nuit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;d'Espinassous&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Randonn&#233;e pascale 1913</title>
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		<dc:subject>Paul de Vivie, dit V&#233;locio</dc:subject>
		<dc:subject>cyclotourisme, cyclocamping</dc:subject>
		<dc:subject>Entre 1900 et 1914</dc:subject>
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		<dc:subject>Col de Grand Bois, Col de la r&#233;publique</dc:subject>
		<dc:subject>Randonn&#233;e Pascale</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;&#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#8239;Autrefois, je me chargeais d'un tas de choses, cette fois je n'emportai que trois mouchoirs dans une poche, du pain dans l'autre poche, ma sacoche &#224; outils et, dans un petit paquet roul&#233; derri&#232;re la selle, ma p&#232;lerine et une chambre &#224; air.&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;&lt;/p&gt;

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&lt;a href="http://velotextes.fr/spip.php?rubrique36" rel="directory"&gt;1901-1914 P&#233;riode &#201;cole st&#233;phanoise&lt;/a&gt;

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&lt;a href="http://velotextes.fr/spip.php?mot1" rel="tag"&gt;Paul de Vivie, dit V&#233;locio&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://velotextes.fr/spip.php?mot9" rel="tag"&gt;cyclotourisme, cyclocamping&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://velotextes.fr/spip.php?mot11" rel="tag"&gt;Entre 1900 et 1914&lt;/a&gt;, 
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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;Par Paul de Vivie, alias V&#233;locio, Le Cycliste, R&#233;trospective 1913&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;P&#226;ques tombant le 24&#160;mars, tout allait bien&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; mais le 23 fut un jour &#224; ne pas mettre un chien dehors... Et nous ne f&#251;mes que trois, le dimanche matin, &#224; 3 heures. Il pleuvait encore comme il avait plu toute la nuit, comme il allait pleuvoir tout le jour.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous d&#233;cidons de retarder le d&#233;part jusqu'&#224; 6 h, d'autant plus qu'un boyau avait rendu l'&#226;me&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; nous r&#233;int&#233;grons les bureaux du Cycliste.. &#192; 6 h il pleut toujours... j'endosse mon caoutchouc &#8212; que je ne quitterai que ce soir &#224; 18 h, &#224; l'H&#244;tel Blanc, &#224; Loriol &#8212; et en route. Mes deux compagnons, deux jeunes et vaillants cyclotouristes parisiens, sont pitoyablement mont&#233;s pour affronter le mauvais temps&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; ils ont des machines &#224; boyaux, pas de garde-boue, un bagage r&#233;duit au strict minimum, trois vitesses par cha&#238;ne flottante &#8212; le pire des changements de vitesse dans ces conditions du fait de la projection de la boue sur une cha&#238;ne d&#233;tendue. J'avais aussi le m&#234;me changement de vitesse par cha&#238;ne flottante qui, gr&#226;ce &#224; mon garde-boue, ne m'a pas jou&#233; de vilains tours&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; comme quoi il faut que tout perfectionnement soit entour&#233; des pr&#233;cautions qui lui sont indispensables et prot&#233;g&#233; contre ses ennemis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous nous ralli&#226;mes une premi&#232;re fois &#224; la R&#233;publique autour d'un lait chaud qui fut le bienvenu, et nous allions repartir quand nous voyons arriver, venant de la vall&#233;e du Rh&#244;ne, notre but imm&#233;diat, un randonneur st&#233;phanois dont la bicyclette est couverte d'une belle couche de neige.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8212; Mais d'o&#249; sortez-vous&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;? O&#249; avez-vous trouv&#233; tant de neige, alors qu'ici nous n'avons que de la pluie&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;?...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8212; H&#233;las&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! s'&#233;crie-t-il, de l'autre c&#244;t&#233; de la montagne, o&#249; je m'attendais &#224; voir le soleil, je n'ai rencontr&#233; qu'une brume &#233;paisse et une neige aveuglante&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; j'ai lutt&#233; jusqu'&#224; Bourg-Argental, et je rentre d&#233;courag&#233;...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'avais bien envie d'en faire autant, mais je c&#232;de &#224; l'enthousiasme de mes compagnons, enchant&#233;s de cette occasion, rare pour eux, de voir la montagne sous la neige.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et certes ils ne furent pas d&#233;&#231;us. Les bois &#233;taient superbes sous leur manteau, et la terre &#233;tait, &#224; perte de vue, couverte de dix centim&#232;tres de neige, dans laquelle nous roulions tr&#232;s doucement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;R... filait devant quand un des boyaux de Cl... se d&#233;collant, nous obligea &#224; nous arr&#234;ter un bon quart d'heure, dans une ferme, pour remplacer le chatterton. Il faut remplacer ce ruban toutes les fois que l'on change de boyau et Cl..., le matin m&#234;me, avait n&#233;glig&#233; de le faire, si bien que son boyau glissa&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; peu &#224; peu, il commen&#231;a &#224; former hernie pr&#232;s de la valve. C'est l&#224; une pr&#233;caution &#224; ne pas n&#233;gliger et que doivent prendre tous ceux qui viennent au boyau, sinon ils s'exposeraient &#224; quelque accident.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous nous ralli&#226;mes une seconde fois &#224; Bourg-Argental, puis une nouvelle fois encore &#224; la bifurcation de Boulieu, car &#224; la descente, sous la pluie et dans la boue, de moment en moment plus &#233;paisse, on p&#233;dalait un peu en &#233;go&#239;ste. Nous navigu&#226;mes alors de compagnie, sans &#234;tre en aucune fa&#231;on g&#234;n&#233;s par les cyclistes ou par les autos jusqu'&#224; Andance, o&#249; le passage &#224; niveau ferm&#233; nous arr&#234;ta quelques minutes &#224; dix heures et quart&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; jusqu'&#224; Saint-Jean-de-Muzols, o&#249; un beau clou dans un coll&#233; de Cl... arr&#234;ta mes deux compagnons, qui n'all&#232;rent ensuite pas au-del&#224; de Valence... et bien ils firent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; tout hasard, avant de prendre cong&#233;, je leur explique que si, dans le vrai Midi, c'est-&#224;-dire apr&#232;s Donz&#232;re, je trouve le soleil, j'irai directement aux Baux, H&#244;tel de la Reine Jeanne, o&#249; je les attendrai jusqu'&#224; 22 heures&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; mais que si le temps, l&#224;-bas, est aussi mauvais qu'ici, je reviendrai sur mes pas jusqu'&#224; ce que je les rencontre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Puis, d&#233;pouillant la mentalit&#233; du randonneur par plaisir, j'endosse celle du randonneur par hygi&#232;ne, et cela suffit pour que de morose, je redevienne gai et que je rep&#233;dale avec plus d'entrain que jamais.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'avais emport&#233; deux cents grammes de pain complet, que je croquai lentement en mastiquant conscencieusement&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; &#224; Valence, j'achetai deux cent cinquante grammes de dattes et deux bananes avec quoi je m'alimentai jusqu'au soir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; Livron, &#224; Loriol, il pleut encore, puis j'ai un moment d'espoir, le ciel est moins charg&#233;&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; &#224; Mont&#233;limar, la pluie cesse et le mistral commence &#224; pousser vigoureusement, si bien qu'en trente-cinq minutes, j'enl&#232;ve les quatorze kilom&#232;tres &#8212; dont trois de mont&#233;e &#8212; qui me s&#233;parent de Donz&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a l&#224; une ligne de d&#233;marcation, tr&#232;s nette, entre la partie haute et la partie basse de la vall&#233;e du Rh&#244;ne, et l'on a souvent constat&#233; que beau temps en de&#231;&#224; des collines que le fleuve a &#233;ventr&#233;es entre Ch&#226;teauneuf et Viviers, signifie mauvais temps au-del&#224;. Aussi m'attendais-je presque &#224; voir le soleil &#224; Donz&#232;re, or je vis, ou pour mieux dire, j'y re&#231;us une averse torrentielle, et aussi loin que les regards pouvaient porter on n'apercevait, sur tout le Midi, que brumes, nuages et horizons z&#233;br&#233;s par la pluie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plus d'h&#233;sitation&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; les abonn&#233;s du Cycliste qui avaient bien voulu m'annoncer qu'ils se joindraient &#224; notre caravane n'ont pas d&#251; se d&#233;ranger &#224; cause du temps aussi mauvais chez eux que chez nous&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; il est d'ailleurs 15 h&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; tournons bride et rentrons. Je gravis non sans peine, sur une petite vitesse, ce que je venais de d&#233;valer en roue libre, &#224; quarante &#224; l'heure, puis je pla&#231;ai ma cha&#238;ne sur la moyenne vitesse et j'arrivai &#224; Loriol &#224; 18 h. Trente-six kilom&#232;tres en trois heures&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; le mistral n'est pas un mince adversaire et, par surcro&#238;t, la pluie faisait son apparition de plus belle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je passai dans un bon lit de l'H&#244;tel Blanc, la nuit que je m'&#233;tais propos&#233; de passer au clair de lune, et l'hygi&#232;ne y trouva sans doute son compte, car jamais je ne p&#233;dalai avec autant d'entrain et de plaisir que le lendemain pour rentrer de Loriol &#224; Saint-&#201;tienne, o&#249; j'arrivais &#224; 15 h, avec exactement trois cents kilom&#232;tres de plus &#224; l'actif de ma cha&#238;ne flottante.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est faible, en tant que randonn&#233;e, mais en tant que promenade hygi&#233;nique, c'est parfait, et je classe mon excursion pascale de 1913 parmi celles dont on se souvient longtemps.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'y ai d'ailleurs gagn&#233; quelque exp&#233;rience du point de vue du bagage &#224; emporter pour une randonn&#233;e de deux ou trois jours. Autrefois, je me chargeais d'un tas de choses, cette fois je n'emportai que trois mouchoirs dans une poche, du pain dans l'autre poche, ma sacoche &#224; outils et, dans un petit paquet roul&#233; derri&#232;re la selle, ma p&#232;lerine et une chambre &#224; air. Je regrettai seulement, &#224; cause de la pluie, de n'avoir pas emport&#233; mes jambi&#232;res caoutchout&#233;es. Simplifions et all&#233;geons.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Velocio.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_209 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;116&#034; data-legende-lenx=&#034;xx&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://velotextes.fr/local/cache-vignettes/L500xH129/velociosignature-6fd5d.jpg?1788126846' width='500' height='129' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre crayon document-titre-209 '&gt;&lt;strong&gt;Signature de V&#233;locio, 1892
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif crayon document-descriptif-209 '&gt;Signature de V&#233;locio, 1892
&lt;/div&gt; &lt;div class='spip_doc_credits crayon document-credits-209 '&gt;source Archives d&#233;partementales de la Loire, cote Per 1328_3
&lt;/div&gt;
&lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Randonn&#233;es st&#233;phanoises (1902)</title>
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		<dc:date>2024-05-22T07:35:27Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>velovi</dc:creator>


		<dc:subject>cyclotourisme, cyclocamping</dc:subject>
		<dc:subject>Entre 1900 et 1914</dc:subject>
		<dc:subject>Bois</dc:subject>
		<dc:subject>Saint-Etienne</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;&#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#8239;Il est impossible de choisir parmi les sites travers&#233;s par cet itin&#233;raire de 235 kilom&#232;tres&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; cependant, les plus appr&#233;ci&#233;s ont &#233;t&#233; les gorges de l'Erieux, de leur d&#233;but au d&#233;bouch&#233; du plateau de Saint-Agr&#232;ve, jusqu'au Cheylard, et les gorges du Doux dans la partie comprise entre le Crestet et Tournon.&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;&lt;/p&gt;

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&lt;a href="http://velotextes.fr/spip.php?rubrique36" rel="directory"&gt;1901-1914 P&#233;riode &#201;cole st&#233;phanoise&lt;/a&gt;

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&lt;a href="http://velotextes.fr/spip.php?mot9" rel="tag"&gt;cyclotourisme, cyclocamping&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://velotextes.fr/spip.php?mot11" rel="tag"&gt;Entre 1900 et 1914&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://velotextes.fr/spip.php?mot26" rel="tag"&gt;Bois&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://velotextes.fr/spip.php?mot38" rel="tag"&gt;Saint-Etienne&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;Dans &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;LE&lt;/span&gt; &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;CYCLISTE&lt;/span&gt;, Ann&#233;e 1902, reparu en mai 1952, coll. pers.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;EXCURSION&lt;/span&gt; &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;DU&lt;/span&gt; 27&#160;&lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;AVRIL&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'excursion du 27&#160;avril avait pour but Panissi&#234;res, Tarare, Saint-Symphoryen-de-Lay, L'H&#244;pital, Neulise, la Digue de Pinay, Saint-Germain-Laval, Bo&#235;n, Montrond, Saint-Etienne&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; parcours de 205 kilom&#232;tres, tr&#232;s accident&#233;. L'ont effectu&#233; de bout en bout, en une petite journ&#233;e, quatre cyclotouristes&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; dont une jeune cyclettiste, qui s'en est tir&#233;e avec une facilit&#233; surprenante, bien faite pour d&#233;montrer aux esprits les plus pr&#233;venus que le cyclotourisme, malgr&#233; toutes ses difficult&#233;s pr&#233;vues ou impr&#233;vues, est accessible aux femmes qui, somme toute, &#233;chappant encore aux funestes effets de l'alcool et du tabac sur l'organisme, ont une endurance sup&#233;rieure &#224; celle de la plupart des hommes.&lt;br class='autobr' /&gt;
Or, les difficult&#233;s de l'itin&#233;raire choisi ont &#233;t&#233; s&#233;rieuses&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; boue atroce sur plusieurs points et notamment de Salt-en-Donzy &#224; Panissi&#232;res, mont&#233;es de Sait au col de la Croix-de-Signy, de Tarare &#224; Pain-Bouchain, de l'H&#244;pital &#224; Neulise, de la digue de Pinay &#224; Saint-Georges-de-Baroilles, repr&#233;sentant une &#233;l&#233;vation totale de 1.600 &#224; 1.800 m&#232;tres, vent contraire et pluie au retour. Il y avait de quoi lasser bien des cyclistes du sexe fort qui en sont r&#233;duits pour ne pas s'avouer inf&#233;rieurs, &#224; railler l'&#233;nergie du sexe faible. Il leur serait pourtant si facile, en renon&#231;ant aux intoxications quotidiennes par le tabac, l'alcool et l'alimentation carn&#233;e, de reconqu&#233;rir leur sup&#233;riorit&#233; physique&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;!&lt;br class='autobr' /&gt;
Toutes les r&#233;gions travers&#233;es par l'itin&#233;raire ci-dessus sont, &#224; cette &#233;poque de l'ann&#233;e, ravissantes. Mais l'on est particuli&#232;rement impressionn&#233; par la belle descente sur Tarare et par le passage de la Loire entre Pinay et Saint-Georges. De la route, on domine les gorges sur une &#233;tendue de plusieurs Kilom&#232;tres, et la Loire, tr&#232;s grosse en ce moment, anime vigoureusement le paysage, d'ailleurs fort pittoresque. C'est une promenade &#224; refaire et elle sera plus compl&#232;te si l'on pousse une pointe jusqu'au ch&#226;teau de La Roche par le chemin de halage.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;EXCURSION&lt;/span&gt; &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;DOMINICALE&lt;/span&gt; &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;DU&lt;/span&gt; 4&#160;&lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;MAI&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;er&lt;/sup&gt; groupe, d&#233;part de La Digonni&#232;re (octroi) &#224; 4 heures, Saint-Genest-Malifaux. Montfaucon. Saint-Agr&#232;ve. Le Cheylard, Beauchastel, Saint-P&#233;ray. Tournon, Givors. Environ 250 kilom&#232;tres.&lt;br class='autobr' /&gt;
2&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;d&lt;/sup&gt; groupe, d&#233;part des bureaux du Cycliste &#224; 6 heures, Fontan&#232;s, Saint -Symphorien-sur-Coise. Izeron, Tassin, Brignais, Rive-de-Gier. Environ 120 kilom&#232;tres.&lt;br class='autobr' /&gt;
Les excursions de dimanche dernier ont &#233;t&#233; un peu mouill&#233;es mais n'en ont pas &#233;t&#233; pour cela moins agr&#233;ables. Le 2&#176; groupe comprenait cinq excursionnistes dont deux dames : l'itin&#233;raire indiqu&#233; par F&#244;ntan&#232;s. Izeron, Tassin et Rive-de-Gier a &#233;t&#233; suivi exactement et les sites travers&#233;s, quoique tr&#232;s connus, ont &#233;t&#233; fort appr&#233;ci&#233;s : les routes &#233;taient plut&#244;t m&#233;diocres, par suite de la persistance du mauvais temps.&lt;br class='autobr' /&gt;
Petit d&#233;jeuner &#224; Fontanes, d&#233;jeuner v&#233;g&#233;tarien aux D&#233;lices, pr&#232;s Charbonni&#232;res. inutile de dire que les 120 kilom&#232;tres du parcours n'ont laiss&#233;s aucune trace de fatigue chez les cinq promeneurs.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le 1&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;er&lt;/sup&gt; groupe s'en est tir&#233; avec 235 kilom&#232;tres, 3.100-m&#232;tres d'&#233;l&#233;vation (presque l'&#233;tape du prochain concours du &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;T.C.&lt;/span&gt;F.), deux averses s&#233;rieuses et des routes effroyablement boueuses sur de nombreux points du parcours, notamment entre Riotord et Pontforie, Montfaucon et Tence &#224; l'aller, Andance et St-Marcel-les-Annonay, la travers&#233;e des Grands-Bois au retour. L'horaire s'est ressenti de ces difficult&#233;s et les six cyclotouristes, parmi lesquels Mad Symour, notre vaillante collaboratrice, qui composaient ce groupe, partis &#224; 4 heures, ne sont rentr&#233;s qu'&#224; 24 heures, sans fatigue anormale &#224; la v&#233;rit&#233;. &#192; 7 heures on prenait le petit d&#233;jeun&#233; &#224; Montfaucon, on s'arr&#234;tait un instant &#224; St-Agr&#232;ve pour descendre &#224; toute allure au Cheylard. o&#249; l'on arrivait &#224; on&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;?e et cmart. Au lieu de continuer &#224; descendre sur Beauchastel on se d&#233;cidait &#224; revenir d&#233;jeuner &#224; Lamastre par le col des Noni&#232;res, afin d'avoir pour l'apr&#232;s-midi la belle descente sur Tournon.&lt;br class='autobr' /&gt;
De Tournon, &#224; 16 heures et quart, on se mettait en devoir de remonter le Rh&#244;ne Jusqu'&#224; Givors, mais &#224; Andance May Symour, que la plaine monotone ennuyait, demandait &#224; revenir par la montagne&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; on soupait de 20 &#224; 21 heures a Bourg-Argental et, &#224; la lueur d'une modeste lanterne, on grimpait en pleine nuit noire au col du Grand-Bois d'o&#249; l'on redescendait piano piano sur St-Etienne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voil&#224; un tour que nous recommandons aux cyclistes qui aiment &#224; trouver r&#233;unis, sur un parcours relativement court, de grandes beaut&#233;s naturelles et des paysages vari&#233;s. Le moment est admirablement choisi pour visiter la haute Ard&#232;che, les eaux y sont tr&#232;s abondantes, les arbres par&#233;s de toutes les nuances de vert, depuis le vert tendre des pousses nouvelles jusqu'au vert sombre des sapins. Il est impossible de choisir parmi les sites travers&#233;s par cet itin&#233;raire de 235 kilom&#232;tres&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; cependant, les plus appr&#233;ci&#233;s ont &#233;t&#233; les gorges de l'Erieux, de leur d&#233;but au d&#233;bouch&#233; du plateau de Saint-Agr&#232;ve, jusqu'au Cheylard, et les gorges du Doux dans la partie comprise entre le Crestet et Tournon. On irait loin pour rencontrer des points de vue aussi prodigieusement pittoresques. Et penser que tant de touristes St&#233;phanois et Lyonnais ne les connaissent pas encore&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! L'Ard&#232;che est un merveilleux d&#233;partement pour les cyclotouristes qui aiment la montagne, mais la France est d&#233;cid&#233;ment ce que, nous Fran&#231;ais, nous connaissons le moins. La d&#233;pense par t&#234;te s'est &#233;lev&#233;e &#224; 6 francs, soit 2 centimes et demi par kilom&#232;tre. Nous n'avons rencontr&#233; quelques cyclistes que sur les bords du Rh&#244;ne&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; partout ailleurs ni cycles ni automobiles, on dirait que les hautes altitudes les repoussent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;EXCURSION&lt;/span&gt; &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;DE&lt;/span&gt; L'&lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;ASCENSION&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#233;part de la Digonni&#232;re (octroi) &#224; 4 heures et demie : col des Grands-Bois, Andance, St-Vallier, remont&#233;e de la vall&#233;e de la Galaure, Le Grand-Serre, abbaye de Saint-Antoine, Beau-repaire, Vienne, Givors, Rive-de-Gier, rentr&#233;e par le train. Environ 200 kilom&#232;tres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; ***&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Malgr&#233; des menaces continuelles et des pluies qui durent, parfois toute la semaine, nos sorties dominicales ont pu, jusqu'&#224; pr&#233;sent, s'effectuer sans difficult&#233;s s&#233;rieuses. Celle de l'Ascension a pourtant &#233;t&#233; trop contrari&#233;e par le vent et par un accident (jante en bois &#233;clat&#233;e, par suite de la gel&#233;e, en pleine descente), heureusement sans cons&#233;quence grave pour la cyclettiste qui en a &#233;t&#233; la victime, pour qu'on ait pu aller plus loin que Le Grand-Serre.&lt;br class='autobr' /&gt;
La visite &#224; l'abbaye de Saint-Antoine a &#233;t&#233; renvoy&#233;e &#224; plus tard.&lt;br class='autobr' /&gt;
En deux groupes de six cyclistes ou cyclettistes, l'&#201;cole St&#233;phanoise s'&#233;branlait &#224; 4 h. 1/2 et &#224; 6 heures pour franchir le col des Grands-Bois o&#249; il gelait &#224; pierre fendre et o&#249; ont pass&#233;, avant 9 heures du matin, 18 cyclistes st&#233;phanois. Qu'on ne vienne plus nous dire que la montagne nous effraie. Le premier groupe, amput&#233; de deux membres par l'accident en question, s'augmentait en route de deux Annon&#233;ens et de trois Lyonnais, d&#233;jeunant copieusement au Grand-Serre et revenait, par Beau repaire et Vienne, &#224; Givors (cent cinquante kilom&#232;tres) o&#249; il retrouvait les deux retardataires descendus &#224; Sarras par la route de la Cance, charmante quoiqu'un tantinet dangereuse et valant la peine qu'on en fasse un but de promenade. On revoyait, en passant &#224; Bana, le 2&#176; groupe qui, descendu par Saint-Julien et Malleval et n'ayant que 90 kilom&#232;tres dans les jambes, &#233;prouvait le besoin de souper avant de rentrer&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;!&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Excursion du cycliste (1903)</title>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>velovi</dc:creator>


		<dc:subject>Paul de Vivie, dit V&#233;locio</dc:subject>
		<dc:subject>cyclotourisme, cyclocamping</dc:subject>
		<dc:subject>Entre 1900 et 1914</dc:subject>
		<dc:subject>polymultipli&#233;e</dc:subject>
		<dc:subject>Saint-Etienne</dc:subject>
		<dc:subject>V&#233;g&#233;tarisme</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;&#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#8239;Il me para&#238;t important que l'on sache bien, que l'on proclame tr&#232;s haut, que la bicyclette moderne permet de se d&#233;placer tout aussi bien que l'automobile, sans fatigue normale, mais &#224; tr&#232;s peu de frais&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; qu'un cycliste v&#233;g&#233;tarien peut aller de Lyon &#224; Marseille le premier jour, de Marseille &#224; Nice le lendemain en d&#233;pensant &#224; peine un centime par kilom&#232;tre, revenir en deux autres journ&#233;es, et sans plus de d&#233;penses, par Digne, &#224; son point de d&#233;part&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;&lt;/p&gt;

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&lt;a href="http://velotextes.fr/spip.php?rubrique36" rel="directory"&gt;1901-1914 P&#233;riode &#201;cole st&#233;phanoise&lt;/a&gt;

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&lt;a href="http://velotextes.fr/spip.php?mot1" rel="tag"&gt;Paul de Vivie, dit V&#233;locio&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://velotextes.fr/spip.php?mot9" rel="tag"&gt;cyclotourisme, cyclocamping&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://velotextes.fr/spip.php?mot11" rel="tag"&gt;Entre 1900 et 1914&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://velotextes.fr/spip.php?mot23" rel="tag"&gt;polymultipli&#233;e&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://velotextes.fr/spip.php?mot38" rel="tag"&gt;Saint-Etienne&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://velotextes.fr/spip.php?mot54" rel="tag"&gt;V&#233;g&#233;tarisme&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;Par Velocio, Le cycliste, Ann&#233;e 1903, republi&#233; en 1953, coll. pers.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1166 en janvier et 1.387 en f&#233;vrier, cela fait un total de 2.553 kilom&#232;tres pour les deux premiers mois de l'ann&#233;e, &#224; valoir sur les vingt mille dont je me suis promis de couronner le col de mon existence, la cinquanti&#232;me ann&#233;e &#233;tant, de l'avis g&#233;n&#233;ral, le point culminant de la vie, apr&#232;s lequel on d&#233;gringole plus vite, h&#233;las&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! qu'on n'a grimp&#233;, malgr&#233; tous les freins sur jante, &#224; tambour ou &#224; patins.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#192; vrai dire, de ces 2.553 kilom&#232;tres peu ont &#233;t&#233; int&#233;ressants au point de vue cyclotouriste&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; les jours sont encore trop courts pour permettre les envol&#233;es &#224; longue distance, et il s'agit plut&#244;t, &#224; cette &#233;poque de l'ann&#233;e, de se pr&#233;parer, par un entra&#238;nement progressif, aux grandes excursions du printemps et de l'&#233;t&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;N&#233;anmoins, je rel&#232;ve sur mon carnet de route quelques bonnes randonn&#233;es dominicales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 25&#160;janvier, 220 kilom&#232;tres en Forez o&#249; les routes et le temps &#233;taient parfaits et en Roannais o&#249; la boue et le brouillard me g&#234;n&#232;rent beaucoup&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 8&#160;f&#233;vrier, 178 kilom&#232;tres, de 6 h. 30 &#224; 17 heures, de Saint-&#201;tienne &#224; Tarare, Pin-Bouchain, Saint-Symphorien, L'H&#244;pital, Neulise et retour. Le passage du col de la Croix de Signy dans la neige, et la descente sur Tarare contrari&#233;e par des empierrements et des r&#233;sidus de cong&#232;res o&#249; la neige, la glace et la boue congel&#233;e nous mena&#231;aient de d&#233;rapages comme celui qui, le 1&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;er&lt;/sup&gt;&#160;janvier, m'avait mis si mal en point. Excursion fort agr&#233;able, n&#233;anmoins, par l'impr&#233;vu de sites que nous ne connaissions pas sous ce nouvel aspect. &lt;br class='autobr' /&gt;
Le 15&#160;f&#233;vrier, 260 kilom&#232;tres, de 4 h. &#224; 17 h. 30, de Saint-&#201;tienne &#224; Digoin et retour par Roanne et Saint-Jean. Temps froid et brumeux, gr&#233;sil et pluie de temps &#224; autre, mais routes g&#233;n&#233;ralement bonnes. Par contre, paysage peu s&#233;duisant, surtout apr&#232;s Roanne&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; de Marcigny &#224; Saint-Jean, interminable ligne droite avec l&#233;g&#232;res ondulations, tr&#232;s monotone.&lt;br class='autobr' /&gt;
Cette excursion &#233;tait en m&#234;me temps une d&#233;monstration sur le terrain, comme nous serons appel&#233; &#224; en faire souvent cette ann&#233;e pour convaincre les cyclotouristes sinc&#232;res de la sup&#233;riorit&#233; des bicyclettes de 20 kilos polymultipli&#233;es &#224; gros pneus, roue libre et freins puissants, sur les monomultipli&#233;es de 10 kilos &#224; pneus minuscules, &#224; roue serve et sans frein. Nous &#233;tions partis quatre : deux dix kilos et deux vingt kilos. Avant d'arriver &#224; Roanne, la d&#233;monstration &#233;tait faite : en plat, &#224; la mont&#233;e et &#224; la descente, les dix kilos &#233;taient battus et avouaient qu'ils ne comprenaient pas qu'avec des camions comme les n&#244;tres on p&#251;t enlever les rampes &#224; 25 &#224; l'heure. Quand ils auront essay&#233;, ils comprendront : car ce que nous faisons, je pr&#233;tends que tous les cyclistes bien portants, sobres v&#233;g&#233;tariens, outill&#233;s comme nous le sommes, peuvent le faire. La question de l'alimentation a de l'importance, surtout au point de vue de l'endurance, de la dur&#233;e de l'effort, mais non au point de vue de l'effort par lui-m&#234;me qui, pendant une demi-journ&#233;e, peut fort bien conserver la m&#234;me intensit&#233; chez un cr&#233;ophage et chez un v&#233;g&#233;tarien. On ne s'aper&#231;oit nettement de la diff&#233;rence entre ces deux r&#233;gimes alimentaires qu'apr&#232;s le d&#233;jeuner. Les cr&#233;ophages sont alors incapables de tenir t&#234;te aux v&#233;g&#233;tariens que la digestion n'incommode en aucune fa&#231;on. Que s'ils persistent en faisant appel &#224; toute leur &#233;nergie, le lendemain ils sont s&#251;rement claqu&#233;s.&lt;br class='autobr' /&gt;
Pour tous ceux qui ont voulu sinc&#232;rement se rendre compte, ce sont l&#224; d&#233;sormais des v&#233;rit&#233;s incontestables. Quant aux autres, nous nous tenons &#224; leur disposition pour le leur prouver sur le terrain.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 22&#160;f&#233;vrier, 235 kilom&#232;tres, de 5 h. 30 &#224; 18 h. 30, Saint-&#201;tienne au col des Echarmeaux par l'Arbresle. Tr&#232;s jolie promenade favoris&#233;e par un temps splendide, une v&#233;ritable journ&#233;e de printemps&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; nous n'avions pu avertir &#224; temps nos amis du Rh&#244;ne et de Sa&#244;ne-et-Loire que nous avons l'habitude de rencontrer l&#224;-haut, mais nous y retournerons d&#232;s que les buissons auront reverdi. Mon unique compagnon fut ce jour-l&#224; un jeune cycliste le 20 ans, d'apparence plut&#244;t fr&#234;le, qui n'avait en fait d'entra&#238;nement depuis le 1&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;er&lt;/sup&gt;&#160;janvier que 300 kilom&#232;tres &#224; son actif et qui p&#251;t suivre, malgr&#233; elle, un train soutenu de 24 &#224; l'heure jusqu'&#224; l'Arbresle, o&#249; nous passions &#224; 8 h. 1/2 (72 kilom&#232;tres en 3 heures petits arr&#234;ts compris). Cet exemple vient corroborer mon assertion de tout &#224; l'heure, que tous les cyclistes sont capables de faire ce que nous faisons.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La caract&#233;ristique de nos excursions para&#238;t devoir &#234;tre, cette ann&#233;e, un train de route tr&#232;s vif. L'allure moyenne, tous les arr&#234;ts compris, est souvent de 20 &#224; l'heure et ne descend jamais au-dessous de 18, cela signifie que la partie transport qui pr&#233;c&#232;de et qui suit la partie excursion proprement dite est n&#233;goci&#233;e &#224; 25 kilom&#232;tres &#224; l'heure en pays moyennement accident&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je ne me dissimule pas que beaucoup de lecteurs du &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#8239;Cycliste&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; vont, en lisant ceci, hausser les &#233;paules et s'&#233;crier : &#192; quoi bon&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;? Oui, &#224; quoi bon filer &#224; de telles allures et s'imposer des &#233;tapes de 250 &#224; 300 kilom&#232;tres&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'ai d&#233;j&#224; r&#233;pondu maintes fois &#224; cette objection.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je m'efforce de d&#233;montrer par le fait les possibilit&#233;s de la bicyclette, outil de locomotion, moyen de tourisme &#224; la port&#233;e de toutes les classes de la soci&#233;t&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les moins fortun&#233;s pouvant, gr&#226;ce &#224; elle, se procurer des plaisirs qui, jusqu'&#224; pr&#233;sent, ont &#233;t&#233; l'apanage des riches, les plus fortun&#233;s acqu&#233;rant ou conservant, gr&#226;ce &#224; elle, la sant&#233; qui est surtout, aujourd'hui, l'apanage des pauvres : voil&#224; la justification de mes efforts.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il me para&#238;t important que l'on sache bien, que l'on proclame tr&#232;s haut, que la bicyclette moderne permet de se d&#233;placer tout aussi bien que l'automobile, sans fatigue normale, mais &#224; tr&#232;s peu de frais&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; qu'un cycliste v&#233;g&#233;tarien peut aller de Lyon &#224; Marseille le premier jour, de Marseille &#224; Nice le lendemain en d&#233;pensant &#224; peine un centime par kilom&#232;tre, revenir en deux autres journ&#233;es, et sans plus de d&#233;penses, par Digne, &#224; son point de d&#233;part. Quelle plus agr&#233;able et plus hygi&#233;nique fa&#231;on de passer huit jours de cong&#233;&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;? Le plus modeste fonctionnaire, le surnum&#233;raire le moins appoint&#233;, l'employ&#233; &#224; 150 francs par mois et l'ouvrier &#224; cent sous par jour ont ainsi &#224; leurs port&#233;es des jouissances morales et mat&#233;rielles que les classes fortun&#233;es ont seules go&#251;t&#233;es jusqu'ici.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je ne m'adresse pas &#224; tous les hommes indistinctement, il en est d'ind&#233;crottables, d'enlis&#233;s jusqu'au menton dans les habitudes funestes contract&#233;es d&#232;s l'adolescence, entr&#233;es avec l'&#226;ge jusque dans la moelle, qui les vouent &#224; toutes les maladies, hontes de l'humanit&#233;, que la civilisation, en d&#233;pit des progr&#232;s de la science, aggrave et multiplie d'ann&#233;e en ann&#233;e.&lt;br class='autobr' /&gt;
Je m'adresse &#224; ceux qui ont assez d'&#233;nergie pour remonter le courant, pour rompre carr&#233;ment en visi&#232;re avec les pr&#233;jug&#233;s qui gouvernent le monde et pour revenir &#224; la vie simple, exempte des besoins factices dont tant d'hommes sont aujourd'hui esclaves et victimes. A ce point de vue &#233;lev&#233;, la bicyclette n'est pas seulement un outil de locomotion, elle devient encore un moyen d'&#233;mancipation, une arme de d&#233;livrance, elle lib&#232;re l'esprit et le corps des inqui&#233;tudes morales, des infirmit&#233;s physiques que l'existence moderne, toute d'ostentation, de convention, d'hypocrisie, o&#249; para&#238;tre est tout, &#234;tre n'&#233;tant rien, suscite, d&#233;veloppe, entretient au grand d&#233;triment de la sant&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais que nos randonn&#233;es, de 300 kilom&#232;tres n'emp&#234;chent pas de dormir les cyclotouristes qui s'estiment satisfaits d'&#233;tapes moindres de moiti&#233;. Ce n'est point de notre part une question d'amour-propre, ainsi que des esprits &#233;troits ont voulu l'insinuer. Nous nous effor&#231;ons simplement de faire une bonne fois la preuve de nos assertions, de rendre acquis et indiscutable ce fait important que tout homme de 20 &#224; 50 ans, peut-&#234;tre m&#234;me &#224; 60 ans, peut sans fatigue anormale se d&#233;placer pour son plaisir, pour ses affaires ou pour sa sant&#233;, &#224; raison de 200 &#224; 250 kilom&#232;tres par jour, avec &#231;a et l&#224; des &#233;tapes, &#233;ventuelles de 300 &#224; 350 kilom&#232;tres en 24 heures, &#224; la condition d'&#234;tre mont&#233; comme nous le sommes et aliment&#233; comme nous nous alimentons. Ces d&#233;placements peuvent, dans ces conditions, s'effectuer &#224; tr&#232;s peu de frais, &#224; si peu de frais que personne ne saurait valablement objecter l'insuffisance de ses ressources.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'adaptation du moteur humain &#224; la bicyclette devenant d'ann&#233;e en ann&#233;e plus parfaite il est fort probable que les chiffres ci-dessus seront dans dix ans, dans vingt ans, consid&#233;rablement augment&#233;s, quand les enfants d'aujourd'hui seront devenus hommes, que le r&#233;gime v&#233;g&#233;tarien aura rendu &#224; l'organisme sa puissance des &#226;ges primitifs et que nos machines auront &#233;t&#233; encore perfectionn&#233;es, mais il ne faut pas tout attendre de la perfection de l'outil, il faut que l'artisan se perfectionne &#224; son tour.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;VELOCIO&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title> LE COL DU ROUSSET &#224; 8 heures de Saint-Etienne (1905)</title>
		<link>http://velotextes.fr/spip.php?article427</link>
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		<dc:date>2024-05-22T07:35:13Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>velovi</dc:creator>


		<dc:subject>Paul de Vivie, dit V&#233;locio</dc:subject>
		<dc:subject>Entre 1900 et 1914</dc:subject>
		<dc:subject>Saint-Etienne</dc:subject>
		<dc:subject>Vercors</dc:subject>
		<dc:subject>Col de Rousset</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Le col du Rousset &#224; 8 heures de Saint-&#201;tienne, Le Cycliste, Ao&#251;t 1905, p.142-146, Source Archives d&#233;partementales de la Loire cote PER1328_8 &lt;br class='autobr' /&gt;
Avant de mourir au cyclotourisme actif, je m'occupe &#224; poser des jalons qui serviront &#224; mes successeurs pour juger du chemin parcouru, des progr&#232;s accomplis. Car j'esp&#232;re bien avoir des successeurs pour qui la mise en valeur du moteur humain sera la principale affaire, qui, sans faire fi des moteurs m&#233;caniques dont l'avenir est ailleurs, estimeront&#160;(&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="http://velotextes.fr/spip.php?rubrique36" rel="directory"&gt;1901-1914 P&#233;riode &#201;cole st&#233;phanoise&lt;/a&gt;

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&lt;a href="http://velotextes.fr/spip.php?mot1" rel="tag"&gt;Paul de Vivie, dit V&#233;locio&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://velotextes.fr/spip.php?mot11" rel="tag"&gt;Entre 1900 et 1914&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://velotextes.fr/spip.php?mot38" rel="tag"&gt;Saint-Etienne&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://velotextes.fr/spip.php?mot49" rel="tag"&gt;Vercors&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://velotextes.fr/spip.php?mot85" rel="tag"&gt;Col de Rousset&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;Le col du Rousset &#224; 8 heures de Saint-&#201;tienne, Le Cycliste, Ao&#251;t 1905, p.142-146, Source Archives d&#233;partementales de la Loire cote PER1328_8&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avant de mourir au cyclotourisme actif, je m'occupe &#224; poser des jalons qui serviront &#224; mes successeurs pour juger du chemin parcouru, des progr&#232;s accomplis. Car j'esp&#232;re bien avoir des successeurs pour qui la mise en valeur du moteur humain sera la principale affaire, qui, sans faire fi des moteurs m&#233;caniques dont l'avenir est ailleurs, estimeront qu'en fait de moyen de transport personnel il n'en est point de plus honorable que celui dont tous les hommes sont pourvus en venant au monde une paire de jambes.&lt;br class='autobr' /&gt;
J'ai entendu soutenir par des &#233;volutionnistes qui paraissaient encore jouir de leur raison mais, dont l'&#233;volution finale pourrait bien &#234;tre Charenton, que l'homme tendant &#224; devenir de plus en plus un colis transbordable de paquebot en auto, de vagon-lit en a&#233;ronef, de voiture d'enfant en pousse-pousse de cul-de-jatte. les si&#232;cles futurs verraient nos membres inf&#233;rieurs s'atrophier de plus en plus, se ratatiner et finalement dispara&#238;tre, comme disparaissent fatalement les organes qu'on n'exerce pas. Les hommes seraient ainsi r&#233;duits &#224; l'&#233;tat de boules, forme de colis &#233;minemment apte &#224; ces divers transbordements. Des machines ad hoc se les lanceraient &#224; travers&lt;br class='autobr' /&gt;
l'espace et l'on compterait, pour amortir les chocs, sur la couche de lard que l'inaction compl&#233;t&#233; jointe &#224; la voracit&#233; inlassable des gens quine font rien d&#233;velopperaient autour de ces boni-hommes.&lt;br class='autobr' /&gt;
Dans les ob&#232;ses de nos jours, nous avons d&#233;j&#224; un aper&#231;u de ce que seront nos descendants, &#224; en croire ces farceurs d'&#233;volutionnistes leurs petites et fr&#234;les jambes ressemblent &#224; deux allumettes plant&#233;es dans une courge et si, par m&#233;saventure, ils tombent sur le dos, ils sont incapables de se relever. C'est pour ces pots &#224; tabac qu'ont &#233;t&#233; invent&#233;es les automobiles. Ils nous servent cependant &#224; quelque chose, ces informes paquets de graisse, car la nature ne fait rien sans de bonnes raisons&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; ils nous servent de repoussoirs comme les ilotes ivres servaient aux jeunes Spartiates. Ils repr&#233;sentent le type abdominal auquel l'&#201;cole st&#233;phanoise s'efforce d'opposer le type thoracique si estim&#233; des grecs de la bonne &#233;poque et qui, pass&#233; la trentaine, tend &#224; devenir chez nous de plus en plus rare.&lt;br class='autobr' /&gt;
O&#249; en &#233;tais-je&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;?... Ah, m'y voici&#160;: je plante donc de temps en temps des jalons et je mets tels et tels points connus et appr&#233;ci&#233;s des cyclotouristes &#224; tant d'heures de Saint-&#201;tienne.&lt;br class='autobr' /&gt;
Arles &#224; 12 heures, Marseille &#224; 15 heures, Grenoble &#224; 6 heures, le Lautaret &#224; 14 heures (peut-&#234;tre ne sera-t-il bient&#244;t plus qu'&#224; 12 heures), etc. Ce ne sont pas l&#224; des heures de coureur professionnel courant t&#234;te basse, au service d'une puissante maison, vers quelques billets de mille francs&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; ce sont des heures de paisible cyclotouriste livr&#233; &#224; ses seules forces, voyageant pour son plaisir et pour sa sant&#233; avec armes et bagages et ne laissant pas &#233;chapper une occasion d'admirer en passant les manifestations de la nature si grandioses parfois et parfois si mignardes.&lt;br class='autobr' /&gt;
C'est avec intention que j'&#233;cris pour sa sant&#233; et pour son plaisir. D'abord, l'un ne va pas sans l'autre&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; o&#249; il n'y a pas de sant&#233;, il n'y a pas de plaisir. Puis, comme la plupart des hommes sont naturellement paresseux, s'il ne s'agissait que de plaisir et d'agr&#233;ment, on irait souvent &#224; tr&#232;s faible allure et l'on s'arr&#234;terait plus que de raison &#224; tous les coins de bois, aupr&#232;s de toutes les sources, &#224; l'ombre des moindres buissons l'on n'irait jamais, ou bien rarement, &#224; la bonne su&#233;e anti et postprandiale, ap&#233;ritive et digestive, hygi&#233;nique en un mot.&lt;br class='autobr' /&gt;
Or, j'estime que tous les jours un homme bien portant doit, par un exercice un peu vif, s'ouvrir les pores pour assurer le jeu normal des fonctions de la peau et, une fois au moins par semaine, proc&#233;der &#224; un complet lavage des tissus par une sudation abondante et une &#233;quivalente ingestion de liquide, j'entends par liquide l'eau pure des fontaines ou l'eau vitalis&#233;e des fruits et des l&#233;gumes.&lt;br class='autobr' /&gt;
Pour redouter le l&#233;ger effort qu'il faut faire, la p&#233;riode de l&#233;ger malaise qu'il faut traverser avant d'en arriver &#224; l'&#233;tat de moiteur qui pr&#233;c&#232;de imm&#233;diatement la su&#233;e dite hygi&#233;nique, il faut n'avoir jamais &#233;prouv&#233; la d&#233;licieuse sensation de bien-&#234;tre, cons&#233;quence d'un exercice assez &#233;nergique pour volatiliser en sueur les d&#233;chets qui encombrent nos tissus.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le cyclotouriste doit donc p&#233;daler pour sa sant&#233; autant que pour son plaisir, et celui-ci n'en sera que plus vif, plus p&#233;n&#233;trant, plus complet. Les sensations, les vibrations sont plus profondes dans un organisme excit&#233; par l'exercice pouss&#233; jusqu'&#224; la saine fatigue que dans un corps inerte et somnolent que les r&#233;sidus alimentaires inassimilables et inexpulsables &#233;touffent lentement mais s&#251;rement.&lt;br class='autobr' /&gt;
N'oublions pas notre devise Mens sana, corpus sanum.&lt;br class='autobr' /&gt;
Je plante donc des jalons qui auront le temps de devenir des poteaux, si je ne me h&#226;te de reprendre, pour ne plus le l&#226;cher, le fil de mon discours.&lt;br class='autobr' /&gt;
De temps en temps me vient une envie de faire quelque bonne &#233;tape, dans les 3oo kilom&#232;tres, je choisis un but et je pars. Depuis tant&#244;t six ans, il ne se passe pas de saison que je n'aille au col du Rousset au moins une fois&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; or, depuis le mois d'ao&#251;t 1904, je n'avais aper&#231;u le refuge que de loin, en passant dans la vall&#233;e de la Dr&#244;me, en route pour le col de Cabre, Gap et autres lieux. Allons donc au col du Rousset prendre des nouvelles de la blonde h&#244;teli&#232;re et, le cas &#233;ch&#233;ant, des jeunes Am&#233;ricaines dont on nous conta, dans Le Cycliste, les audaces ing&#233;nues. Nous y ferons, comme d'habitude, une l&#233;g&#232;re infraction au r&#233;gime s&#233;v&#232;re des v&#233;g&#233;tariens et go&#251;terons &#224; la clairette de Die .
&lt;br /&gt;&#8212; La clairette de Die&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! mais vous parlez d'avant le d&#233;luge&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; il y a beau temps qu'on ne fait plus de clairette &#224; Die, o&#249; vous n'en trouveriez pas une bouteille.
&lt;br /&gt;&#8212; Bah&amp;#8239&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! mais l'on en trouve partout, &#224; Lyon, &#224; Valence et au col du Rousset o&#249; elle est m&#234;me excellente, meilleure que partout ailleurs. Est-ce que par hasard...
&lt;br /&gt;&#8212; Je regrette d'avoir troubl&#233; votre digestion (car c'est &#224; mon retour qu'un Diois d'origine m'apprit cette nouvelle inqui&#233;tante), mais la clairette de Die est un mythe. Cette d&#233;licieuse sensation de raisins muscats &#233;cras&#233;s entre les l&#232;vres qui fit la r&#233;putation du vin de mon pays a disparu avec nos vignobles d'antan ruin&#233;s par le phyllox&#233;ra.
&lt;br /&gt;&#8212; Allez donc au col du Rousset, vous l'y retrouverez dans le joli vin blanc mousseux qu'on ne trouve sans doute plus que l&#224; et qui laisse justement dans la gorge ce bouquet dont vous parlez. Je me refuse &#224; croire que la chimie&lt;br class='autobr' /&gt;
intervienne l&#224; et transforme en clairette un quelconque vin blanc mousseux, et j'incline plut&#244;t &#224; penser que le bon cr&#251; d'autrefois n'a pas disparu pour tout le monde.
&lt;br /&gt;&#8212; Au fait, il n'y a que la foi qui sauve et quand je voudrai boire de la clairette du Die, j'irai, moi aussi, non plus &#224; Die, mais au col du Rousset.&lt;br class='autobr' /&gt;
Comme il s'agit d'un raid plut&#244;t que d'une excursion &#224; la papa, je choisis mon n&#176;&#160;1 qui me servit, il y a deux mois, pour le Lautaret. et je pars, seul, &#224; 5 h. 10&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; un peu tard, me ferez vous peut-&#234;tre observer, mais le temps &#233;tait incertain, le barom&#232;tre inqui&#233;tant et je tenais &#224; voir comment l'&#233;tat du ciel allait se modifier au lever du soleil. On devient observateur en voyageant, et nous savons tous que l'approche du soleil change souvent du tout au tout les pr&#233;sages du temps qu'il fera dans la journ&#233;e.&lt;br class='autobr' /&gt;
Je partis donc, rassur&#233;, et j'arrivai en 55 minutes au coi des grands bois que j'avais cru jusqu'ici n'&#234;tre qu'&#224; ^1165 m&#232;tres et qui se trouve bel et bien &#224; 1.165 m&#232;tres&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; par contre, la pente moyenne des six premiers kilom&#232;tres, que j'estimai &#224; 6,25%, n'est que de 6, 10&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;% . Je tiens ce renseignement des nouvelles bornes kilom&#233;triques sur lesquelles l'administration a eu l'excellente id&#233;e d'inscrire l'altitude. Les bornes du Ventoux &#233;taient d&#233;j&#224; ainsi cot&#233;es quand j'y grimpai pour la premi&#232;re fois, et j'avais alors exprim&#233; le d&#233;sir de voir se g&#233;n&#233;raliser cette fa&#231;on de mettre &#224; la raison les emball&#233;s et les h&#226;bleurs qui vous affirment avoir enlev&#233; &#224; belle allure du 15 ou du 20&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;% alors qu'il s'agit d'un modeste 7 ou 8&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;%. On leur mettra le nez sur les bornes, &#224; l'avenir, &#224; ces Tartarins.&lt;br class='autobr' /&gt;
Vingt minutes apr&#232;s, j'&#233;tais &#224; Bourg-Argental&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; le P.-L.-M., pour ce trajet de 29 kilom&#232;tres, ne nous demande pas moins de 3 heures&amp;#8239&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! Il est vrai, qu'il nous fait payer 3 fr. 40 et nous v&#233;hicule pendant 68 kilom&#232;tres&amp;#8239&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;!&lt;br class='autobr' /&gt;
Voil&#224; bien des parcours Saint-Etienne-Die, Saint- Etienne- Ambert, Saint-Etienne - Bourg-Argental, sur lesquels nous avons maintes fois constat&#233; que la bicyclette est notablement sup&#233;rieure au chemin de fer sous tous les rapports. Ce sont l&#224; des v&#233;rit&#233;s bonnes &#224; r&#233;p&#233;ter, car elles sont la justification de nos &#233;tapes-transport que continuent &#224; bl&#226;mer et &#224; trouver excessives les nombreux cyclotouristes qui ne veulent pas se mettre en &#233;tat de les faire sans fatigue et qui s'obstinent &#224; tout mesurer &#224; leur aune.&lt;br class='autobr' /&gt;
Au col, j'avais pass&#233; du petit jeu (5m,3&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;o&lt;/sup&gt; et3m,3&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;o&lt;/sup&gt;) au grand jeu (7m,40 et 5m,3&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;o&lt;/sup&gt;) et la pente douce m'entra&#238;nant, je filai apr&#232;s Bourg &#224; grande allure, tant et si bien que je passais &#224; Andance (54 kil.) &#224; 7 h. 23 et entrais dans Tournon (70 kilom.) &#224; 8 h. 10 juste 3 heures apr&#232;s mon d&#233;part. L&#224; aussi, il m'aurait &#233;t&#233; impossible d'arriver par le train qui va faire, par Givors, 40 kilom&#232;tres de plus. Cependant,la route autour d'Arras avait &#233;t&#233; coup&#233;e en maints endroits par les violents orages des jours pr&#233;c&#233;dents et m'obligeait &#224; de fr&#233;quents ralentissements&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; mais le temps frais me favorisait.&lt;br class='autobr' /&gt;
Je ne m'arr&#234;tai qu'&#224; Bourg-de-P&#233;age, &#224; 9 heures, pour acheter des raisins exquis qui suffirent &#224; me sustenter jusqu'&#224; midi.&lt;br class='autobr' /&gt;
Apr&#232;s Bourg-de-P&#233;age, le paysage devient int&#233;ressant la route c&#244;toie l'Is&#232;re qui roule ses eaux grises au pied de balmes verdoyantes diapr&#233;es de toits rouges et de murs blancs. Parfois, on descend presque au ras de l'eau et des guinguettes ont dress&#233; l&#224; des tables que je verrai le soir, &#224; mon retour, garnies d&#233; consommateurs&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; puis je m'&#233;l&#232;ve en m'&#233;loignant de l'Is&#232;re qui s'en va contourner &#224; gauche le massif du Vercors o&#249; je p&#233;n&#232;tre &#224; Saint-Nazaire. La Bourne en sort l&#224; en un tr&#232;s joli site, dont les cartes postales ne sauraient rendre le pittoresque qui est dans le contraste entre les eaux verd&#226;tres et les roches rouges comme les porphyres de l'Esterel. Pendant les 18 kilom&#232;tres de Bourg-de-P&#233;age &#224; Saint-Nazaire et les 10 kilom&#232;tres qui suivent, je m'arr&#234;te &#224; plusieurs reprises pour manger mes raisins tant et si bien que ma vitesse moyenne s'en ressent et que je ne traverse Pont-en-Royans (122 kil.) qu'&#224; 10 h. 40. Le sol, toujours tr&#232;s mauvais apr&#232;s Saint-Nazaire, me retarde aussi et ma moyenne qui, jusqu'&#224; Tournon avait &#233;t&#233; de 25 &#224; 1 heure, n'est plus que de 22 &#224; l'heure elle va s'abaisser encore car j'ai &#224; m'&#233;lever de 1.100 m&#232;tres en 38 kilom&#232;tres. Je reprends mon petit jeu (5m,3&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;o&lt;/sup&gt; et 3m,3&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;o&lt;/sup&gt;) et je me h&#226;te vers la toujours belle route des Goulets qui, par extraordinaire, n'est aujourd'hui ni boueuse, ni poussi&#233;reuse&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; &#231;&#224; et l&#224;, quelques cro&#251;tes, quelques orni&#232;res durcies auxquelles il faut prendre garde&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; les tunnels sont glissants et le ciel s'assombrit. Le Vercors, r&#233;gion fertile en pelles et en douches aussi abondantes qu'inatttendues, voudrait-il encore une fois justifier sa r&#233;putation &#224; mon d&#233;triment&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;? Je grimpe assez rapidement, ne rencontrant ni cyclistes, ni autos, ni cars&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; &#224; peine, &#231;&#224; et l&#224;, quelques pi&#233;tons.&lt;br class='autobr' /&gt;
On a beau voir et revoir chaque saison les Grands Goulets, on est forc&#233; de les admirer quand on les revoit encore et d'admirer aussi, &#224; c&#244;t&#233; de l'&#339;uvre de la nature, l'&#339;uvre de l'homme r&#233;ussissant &#224; se frayer un passage dans une fissure de rocher o&#249; le torrent seul semblait pouvoir passer non sans peine. Sans piti&#233; pour mon horaire, je fais &#224; pied une partie des Goulets, me penchant de temps &#224; autre au-dessus de l'ab&#238;me, o&#249; gronde la Vernaison, &#224; laquelle soudain la terre manque au moment o&#249; elle s'y attend le moins, si l'on en juge par son allure tranquille &#224; son entr&#233;e dans les Goulets.&lt;br class='autobr' /&gt;
Les h&#244;tels qui constituent le groupement des &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#8239;Barraques&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; attendent les d&#238;neurs qui risquent d'&#234;tre rares aujourd'hui. A force d'&#234;tre sollicit&#233;s dans toutes les directions par les nombreux syndicats d'initiative qui se sont cr&#233;&#233;s en France depuis quelques ann&#233;es, les touristes, dont le nombre s'accro&#238;t moins vite que les h&#244;tels, pensions, sanatoriums qui se les disputent, semblent aujourd'hui plus rares qu'il y a quelques ann&#233;es parce qu'ils sont plus diss&#233;min&#233;s.&lt;br class='autobr' /&gt;
Il est 11 h. 35, j'ai franchi la barri&#232;re de rochers qui entoure le tranquille vallon du Vercors que je vais remonter jusqu'au col du Rousset. Le temps sombre s'harmonise tr&#232;s bien avec ce paysage de pr&#233;s verdoyants, de for&#234;ts &#233;paisses et sombres d'o&#249; &#233;mergent, abruptes, d'&#233;normes masses rocheuses lav&#233;es par les pluies, effrit&#233;es par la foudre. Il me semble qu'on commence &#224; bien d&#233;boiser aussi de ces c&#244;t&#233;s et le &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;T. C. F.&lt;/span&gt; qui, avec beaucoup de raison, s'efforce d'user de son influence en faveur du reboisement de la France, aura sans doute bient&#244;t &#224; veiller sur les for&#234;ts du Vercors, &#224; les d&#233;fendre contre la hache aveugle des b&#251;cherons. Le joli ruban de route qui longe la Vernaison naissante et conduit &#224; Saint-Aignan et au Rousset, monte bien si vous voulez, mais si peu qu'avec 5m,3&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;o&lt;/sup&gt; on peut y p&#233;daler &#224; 20 &#224; l'heure, surtout quand on a le vent en poupe, et c'est mon cas.&lt;br class='autobr' /&gt;
Voici enfin un groupe de cyclotouristes, cinq ou six jeunes gens, suivis d'un mentor &#224; l'air grave&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; chacun d'eux emporte un petit paquet et, &#224; la file indienne, ils d&#233;valent bon train. Un coup d'&#339;il sur leurs montures monomultipli&#233;es me laisse penser que ces gaillards-l&#224; ont fait &#224; l&#224; c&#244;te les honneurs du pied et cela me sera confirm&#233; au refuge, C'est le courrier, qui a port&#233; les bicyclettes au col o&#249; les cyclistes ont grimp&#233; &#224; pied. Apr&#232;s tout, cela vaut mieux que de rester au caf&#233; &#224; fumer, boire et jouer, et peut-&#234;tre ne manque-t-il &#224; ces cyclistes qu'un boute-en-train qui les initie aux joies du grand tourisme &#224; la mode st&#233;phanoise. Il y a, dans tout cycliste qui aime l'excursion en montagne, l'&#233;toffe d'un futur adepte de l'E. S.&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; t&#244;t ou tard ce cycliste adoptera la polymultiplication et le v&#233;g&#233;tarisme, au moins en cours de route.&lt;br class='autobr' /&gt;
Au village du Rousset. humble entre tous, je constate la pr&#233;sence de vill&#233;giaturistes&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; on en trouve aujourd'hui dans les coins les plus ignor&#233;s et l'on m'a dit qu'en certaines r&#233;gions on prenait des pensionnaires &#224; raison de 2 fr. 5&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;o&lt;/sup&gt; par jour&#160;: voil&#224; bien la montagne mise &#224; la port&#233;e de toutes les bourses&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; je m'en r&#233;jouis pour la sant&#233; physique et morale du grand nombre qui visiblement s'&#233;tiole et s'affaiblit dans les villes.&lt;br class='autobr' /&gt;
La rampe finale de 5 kilom&#232;tres &#224; 6 se dessine d&#232;s qu'on a laiss&#233; le village derri&#232;re soi&#160;: d'abord en lacets superpos&#233;s, la route gagne par un grand coude &#224; droite le versant gauche de la vall&#233;e, revient au-dessus du Rousset et file en droite ligne jusqu'au tunnel, prenant au passage la roule de Vassieux par le col Saint-Alexis. Le sol est bon, mais, &#231;&#224; et l&#224;, des rigoles creus&#233;es en travers de la roule pour l'&#233;coulement des eaux vous donnent, quand on va vite, donc en descendant, de ces secousses dont on se souvient&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; il convient de s'en m&#233;fier.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le tunnel de 600 m&#232;tres &#233;tait pav&#233; de boue&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; il avait plu l&#224;-haut pendant plusieurs jours et l'eau suintait de tous les c&#244;t&#233;s. Je ne mis pas pied &#224; terre &#224; l'aller, mais au retour je pr&#233;f&#233;rai marcher&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; on gagne peu &#224; traverser ces tunnels en machine parce que la crainte du d&#233;rapage vous force &#224; aller tr&#232;s lentement et la tension nerveuse vous fatigue.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le ciel &#233;tait tr&#232;s noir dans le Vercors et j'avais m&#234;me senti quelques gouttes de pluie qui m'avaient fait activer, mais de l'autre c&#244;t&#233; du tunnel, j'apercevais, &#224; mesure que je m'approchais, une lumi&#232;re &#233;clatante et je m'arr&#234;tai &#224; quelques m&#232;tres de la sortie pour jouir de l'impression qu'&#233;prouvent tous ceux qui font cette route, dans ce sens, pour la premi&#232;re fois l'impression qu'on va se trouver &#224; pic sur un ab&#238;me. En face, la paroi rocheuse verticale de la montagne semble plonger dans le vide que l'on sent b&#233;ant &#224; quelques pas de soi. En approchant, cette sensation s'att&#233;nue quand on voit l&#233;s lacets de la route s'enchev&#234;trer sur les deux versants de la gorge au fond de laquelle on aper&#231;oit un coin de la vall&#233;e de la Dr&#244;me.&lt;br class='autobr' /&gt;
J'avais grand faim et le besoin de manger coupa court &#224; mon admiration. il &#233;tait 13 heures et quart&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; il m'avait donc fallu huit heures, tous les arr&#234;ts inclus, pour venir de Saint-&#201;tienne au col du Rousset (160 kilom.) en une demi-&#233;tape, mi-partie transport, mi-partie excursion. Je n'avais pas eu, il est vrai, le moindre accident de machine. L'air &#233;tait vif, mais le soleil brillait dans un ciel o&#249; le bleu s'&#233;largissait &#224; vue d'&#339;il. C'&#233;tait le beau temps assur&#233; pour le restant de la journ&#233;e.&lt;br class='autobr' /&gt;
Je fus accueilli avec l'habituelle cordialit&#233;, j'&#233;tais le seul h&#244;te l'h&#244;teli&#232;re me pr&#233;para un l&#233;ger repas v&#233;g&#233;tarien o&#249; le beurre, les &#339;ufs, les framboises, la confiture et un excellent fromage &#224; la cr&#232;me se succ&#233;d&#232;rent apr&#232;s un potage aux l&#233;gumes, qui fut un velours pour mon estomac et que j'absorbai lentement.&lt;br class='autobr' /&gt;
Je d&#233;jeunai &#224; la cuisine pr&#232;s du fourneau dont la chaleur n'&#233;tait pas &#224; d&#233;daigner et nous caus&#226;mes.
&lt;br /&gt;&#8212; Non, les Am&#233;ricaines ne sont pas revenues cette ann&#233;e, l'aimable conteur qui nous entretint d'elle non plus&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; il nous d&#233;laisse et nous ne comptions plus vous voir vous-m&#234;me, ajouta l'h&#244;teli&#232;re.
&lt;br /&gt;&#8212; Oh&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! moi, vous me verrez, revenir tous les ans. j'aime ce pays.
&lt;br /&gt;&#8212; Vous ne nous y trouverez peut-&#234;tre plus l'ann&#233;e prochaine&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; je ne me porte pas tr&#232;s bien et le service est tr&#232;s p&#233;nible en hiver pour mon mari.
&lt;br /&gt;&#8212; Bah&amp;#8239&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! mais l'hiver vous devez &#234;tre bloqu&#233;s par la neige et par le mauvais temps et personne ne passe, sans doute.
&lt;br /&gt;&#8212; Ah&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! que non pas&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! les gens de Vassieux et du Rousset et de plus loin descendent tout de m&#234;me &#224; Die et il faut souvent les aider &#224; passer m&#234;me dans la nuit quand la tourmente rage
&lt;br /&gt;&#8212; Bigre, ce ne doit pas &#234;tre gai, en effet.
&lt;br /&gt;&#8212; Oh&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! vous ne pouvez pas vous en faire une id&#233;e. Le vent accumule la neige &#224; l'entr&#233;e du tunnel et toutes les heures il faut la d&#233;blayer &lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; elle s'entasse &#224; certains endroits, il faut tailler des passages, on n'en finit jamais.
&lt;br /&gt;&#8212; Mais ne risquez-vous pas d'&#234;tre emport&#233;s par une avalanche comme le fut, je crois, dans la nuit, la famille enti&#232;re de votre pr&#233;d&#233;cesseur&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;?
&lt;br /&gt;&#8212; Non, le refuge &#233;tait mal plac&#233; autrefois, mais o&#249; il est maintenant, nous ne risquons rien.
&lt;br /&gt;&#8212; Tout de m&#234;me, ce doit &#234;tre ennuyeux de se voir si maltrait&#233; par le temps, quand on sait et qu'on voit d'ici qu'il fait beau dans la vall&#233;e.
&lt;br /&gt;&#8212; C'est bien pour cela que nous avons l'intention de quitter ce poste&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; nous avons &#224; Chamaloc une propri&#233;t&#233; que nous ferons valoir.
&lt;br /&gt;&#8212; Mais vous ne verrez plus les touristes de passage qui doivent &#234;tre pour vous des habitu&#233;s.
&lt;br /&gt;&#8212; C'est la seule raison qui nous retient encore. Il passe ici de plus en plus des touristes, en auto, &#224; bicyclette, &#224; pied, et bien souvent les m&#234;mes reviennent&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; on finit par se conna&#238;tre. Tenez, il vient beaucoup de Lyonnais et de St&#233;phanois&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; on me demande si telle ou telle personne est venue, et ce va-et-vient me distrait.
&lt;br /&gt;&#8212; Et pourquoi n'auriez-vous pas, comme j'en ai vu chez plusieurs de vos coll&#232;gues des hautes altitudes, un livre o&#249; les touristes s'inscriraient &#224; leur passage&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;? On aurait ainsi des nouvelles indirectes les uns des autres. Pour mon compte, j'ai &#233;t&#233; parfois agr&#233;ablement surpris de trouver de cette fa&#231;on la trace du passage de personnes que je ne croyais pas touristes au point d'aller, par exemple, au col d'Allos ou au col d'Izoard.
&lt;br /&gt;&#8212; Il en passe trop ici, et le livre serait vite plein.
&lt;br /&gt;&#8212; Surtout si quelques-uns, au lieu de dater et de signer simplement, ajoutaient une page de consid&#233;rations sur leur &#233;tat d'&#226;me.&lt;br class='autobr' /&gt;
Je terminai mon repas par une tasse de bon caf&#233; tr&#232;s sucr&#233;, et &#224; 15 heures moins le quart je repris le chemin par lequel j'&#233;tais venu.&lt;br class='autobr' /&gt;
La descente vers Die ne me pla&#238;t pas&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; d&#232;s qu'on est engag&#233; dans les lacets, la vue devient tr&#232;s born&#233;e et la vall&#233;e de la Dr&#244;me n'a rien d'ensorcelant, tandis que la descente de la Vernaison jusqu'&#224; Pont-en-Royans est toujours tr&#232;s int&#233;ressante. Sur le Vercors, le ciel s'obstinait &#224; rester couvert, mais d&#232;s que je fus &#224; Pont-en-Royans, le temps se mit carr&#233;ment au beau. En quittant Saint-Nazaire &#224; cinq heures, j'eus sous les yeux, gr&#226;ce &#224; un heureux concours de circonstances, un tableau merveilleux par sa couleur recoin de nature qu'on s'accorde &#224; trouver charmant m&#234;me sous la pluie (Et &#224; cette heure o&#249; le soleil s'inclinait d&#233;j&#224; sur l'horizon, splendide, &#233;blouissant. La Bourne verte, les terres empourpr&#233;es, les toits rouges, les murs blancs et gris, les pr&#233;s d'un vert cru et les bois lointains sombres et. plus lointaine encore la ligne ind&#233;cise des montagnes violettes... ce fut une magique apparition. J'en fus saisi au point de mettre pied &#224; terre et de m'absorber quelques minutes dans la contemplation de ce chef-d'&#339;uvre de la nature.&lt;br class='autobr' /&gt;
Je connais nombre de cyclistes qui pour rien au monde ne voudraient refaire une route d&#233;j&#224; faite deux ou trois fois. C'est en vain qu'on leur dit que la nature sait se parer de s&#233;ductions infinies et toujours diff&#233;rentes pour ceux qui l'appr&#233;cient et qu'il est bien rare de revoir deux fois absolument conforme un paysage quelconque. Ce n'est pas &#224; ces cyclistes que sont destin&#233;es les surprises comme celle qui m'attendait ce jour-l&#224; &#224; ce point pr&#233;cis o&#249; j'avais d&#233;j&#224; pass&#233; au moins une douzaine de fois sans y voir autre chose qu'un joli site.&lt;br class='autobr' /&gt;
Je m'&#233;loignai avec le regret de n'&#234;tre pas pas peintre pour rendre ce que j'avais sous les yeux&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; mais quelle palette serait assez riche pour fixer sur la toile l'extraordinaire coloris que le concours fortuit du soleil et des nuages, de l'ombre et de la lumi&#232;re, donnait, &#224; cette heure pr&#233;cise, &#224; tout ce que je pouvais embrasser d'un regard.&lt;br class='autobr' /&gt;
Inutile de dire que n'ayant plus en perspective que du transport en pays plat ou &#224; peine ondul&#233;, j'avais repris le jeu de 7m, 40 ci-de 5m,3&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;o&lt;/sup&gt; et que, tant&#244;t sur l'un tant&#244;t sur l'autre de ces d&#233;veloppements, je filai bon train.&lt;br class='autobr' /&gt;
Mais la nuit s'approchait, les routes &#233;taient encombr&#233;es de promeneurs&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; ici c'&#233;tait la vogue, l&#224;, on dansait sur la route, et dans ces conditions il est dangereux de vouloir passer quand m&#234;me &#224; grande allure, quand on est myope comme je le suis. Aussi, apr&#232;s Tournon mon allure tomba-t-elle tout &#224; coup &#224; 15 &#224; l'heure et je n'arrivai &#224; Andance (266 kilom.) qu'&#224; 17 heures et demie. J'y passai la nuit et rentrai le lendemain matin en trois heures (54 kilom.), ayant en somme atteint mon but en d&#233;montrant que l'excursion du Vercors jusqu'au col du Rousset inclusivement, pouvait &#234;tre rang&#233;e parmi les simples excursions dominicales de l'&lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;E. S.&lt;/span&gt; qui s'entendent avec d&#233;part &#224; 2 ou 3 heures et rentr&#233;e &#224; 17 ou 20 heures.&lt;br class='autobr' /&gt;
Et c'est une des plus attrayantes, soit que l'on choisisse comme point terminus le Villard-de-Lans, la for&#234;t de Lente ou le col du Rousset.&lt;br class='autobr' /&gt;
Vj&#233;eocio.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>Bicyclette n&#176;5 (&#224; petites roues de 50 cm)</title>
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		<dc:date>2024-05-18T10:30:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>velovi</dc:creator>


		<dc:subject>Paul de Vivie, dit V&#233;locio</dc:subject>
		<dc:subject>Entre 1900 et 1914</dc:subject>
		<dc:subject>Alpes</dc:subject>
		<dc:subject>Rh&#244;ne </dc:subject>
		<dc:subject>n&#176;5</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;&#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#8239;Un peu partout, ma machine liliputienne excite l'&#233;tonnement et les cris des enfants. Les V&#233;&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! Qu'&#232;s aco&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! et autres exclamations proven&#231;ales me saluaient dans chaque village.&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;&lt;/p&gt;

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&lt;a href="http://velotextes.fr/spip.php?rubrique65" rel="directory"&gt;L'&#233;curie de V&#233;locio&lt;/a&gt;

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&lt;a href="http://velotextes.fr/spip.php?mot1" rel="tag"&gt;Paul de Vivie, dit V&#233;locio&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://velotextes.fr/spip.php?mot11" rel="tag"&gt;Entre 1900 et 1914&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://velotextes.fr/spip.php?mot41" rel="tag"&gt;Alpes&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://velotextes.fr/spip.php?mot61" rel="tag"&gt;Rh&#244;ne &lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://velotextes.fr/spip.php?mot156" rel="tag"&gt;n&#176;5&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;section class=&#034;sommaire-section sommaire-section_niveau1 sommaire-section_h3&#034; aria-labelledby=&#034;ANTHOLOGIE-DU-CYCLISTE-EPOQUE-VELOCIO-1921&#034;&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034; id='ANTHOLOGIE-DU-CYCLISTE-EPOQUE-VELOCIO-1921'&gt;&lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;ANTHOLOGIE&lt;/span&gt; &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;DU&lt;/span&gt; &#8220;&lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;CYCLISTE&lt;/span&gt;&#8221;, &#201;&lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;POQUE&lt;/span&gt; &#8220;&lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;VELOCIO&lt;/span&gt;&#8221;, 1921&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#8239;Hauteur des roues, forme des jantes, grosseur des pneus, moyeux, rayons... autant de points qui s'offrent &#224; notre examen, et ce que j'en vais dire, aujourd'hui, n'a que la valeur d'une opinion personnelle, que la discussion pourra confirmer, rejeter ou modifier. &lt;br class='autobr' /&gt;
C'est en 1904 seulement que je commen&#231;ai &#224; me demander s'il &#233;tait vraiment n&#233;cessaire d'avoir des roues de 70 cm de diam&#232;tre, et si nous ne pourrions pas obtenir des machines plus l&#233;g&#232;res, plus robustes, moins encombrantes, plus maniables, tout aussi roulantes en r&#233;duisant autant que possible ce diam&#232;tre de 70 cm, qui avait, d&#233;j&#224;, &#233;t&#233; standardis&#233;, on n'a jamais d'ailleurs su pourquoi. C'est ainsi que j'eus successivement un tandem et une bicyclette avec des roues de 60 cm, une autre bicyclette avec des roues de 50 cm seulement, tous garnis de pneumatiques souples et minces de 45 &#224; 50 mm de diam&#232;tre, machines qui furent, je dois le dire, celles que j'ai toujours pr&#233;f&#233;r&#233;es, tant qu'il m'a &#233;t&#233; possible de me procurer des bandages de ce calibre, lequel me semble d'autant plus n&#233;cessaire que les roues sont d'un plus petit diam&#232;tre. C'est m&#234;me avec ma monture n&#176;&#8239;5, &#224; roues de 50 cm avec pneus de 50 mm que j'ai obtenu mes meilleurs r&#233;sultats en fait de vitesse de marche, et allant en cinq heures, sans vent favorable, d'Andance &#224; Orange, s&#233;par&#233;s par cent trente-quatre kilom&#232;tres, au cours d'une de mes habituelles randonn&#233;es vers la M&#233;diterran&#233;e, durant lesquelles je ne manquais jamais de comparer les m&#233;rites respectifs de mes nombreux essais de polyxion, par diff&#233;rents syst&#232;mes. &#192; l'actif de ma no&#8239;4, &#224; roues de 60 cm, je trouve une belle &#233;tape de trois cent soixante et un kilom&#232;tres, de Saint-&#201;tienne &#224; Flassans, effectu&#233;e, avec vent favorable, en dix-sept heures, non sans plusieurs arr&#234;ts pour cause de crevaisons survenues &#224; mon &#233;quipier, car je ne roulais pas en solitaire ce jour-l&#224;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Aux descentes, avec de petites roues, je n'ai jamais &#233;t&#233; inf&#233;rieur &#224; mes compagnons les mieux mont&#233;s, avec des roues de 70 cm, malgr&#233; que j'eusse trois roues libres sans billes &#224; mes moyeux&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; car les trois machines, dont il est question, &#233;taient munies de trois vitesses en marche par trois cha&#238;nes et deux d&#233;brayages au pied. Ni le d&#233;railleur, ni la cha&#238;ne flottante n'avaient encore vu le jour en ce temps recul&#233;, et nous ne jurions &#224; notre &#201;cole St&#233;phanoise, que par la polychaine qui, aujourd'hui encore, compte de nombreux partisans. La difficult&#233;, que j'&#233;prouvais &#224; un certain moment, &#224; obtenir des pneus &#224; ces dimensions sp&#233;ciales, me for&#231;a &#224; revenir aux roues de 65 et 70 cm de diam&#232;tre, aux calibres de 35 et 38 mm quand je me fis construire mes machines suivantes, les n&#176;&#8239;6, 7... Il n'en reste pas moins ancr&#233;, dans mon esprit, que pour une bicyclette de grand tourisme &#8212; destin&#233;e &#224; passer partout et &#224; rouler presque dans le lit des torrents &#8212; comme le voulait le Capitaine Perrache &#224; l'&#233;poque, des roues de 500 X 50 mm sont nettement pr&#233;f&#233;rables &#224; celles de 700 x 28 mm des mod&#232;les &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;Tour de France&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;, et m&#234;me aux roues standardis&#233;es de 700 X 35 mm qu'on essaie de nous imposer si (et cela doit &#234;tre) on fait entrer en ligne de compte, dans le rendement d'un outil, la fatigue de celui qui s'en sert. Cette derni&#232;re consid&#233;ration est-il vrai, indiff&#233;rente aux coureurs de Henri Desgrange et de L'Auto, et aux jeunes utilitaires, ignorant tout du probl&#232;me, qui montent les machines standardis&#233;es du commerce, mais elle ne l'est pas pour nous qui avons, en vue de longs voyages, le meilleur rendement et la moindre fatigue.&lt;br class='autobr' /&gt;
Par exemple, il faut bien comprendre que le calibre du pneumatique doit augmenter en m&#234;me temps que diminue le diam&#232;tre de la roue : si l'on admet, je suppose, que le calibre de 38 mm vaut pour la roue de 700 mm, il faut envisager au moins 42 mm pour une roue de 650 mm, 45 mm pour celle de 600 mm, enfin le calibre de 50 mm pour une roue de 500 mm de diam&#232;tre.&lt;br class='autobr' /&gt;
On peut d'ailleurs se r&#233;f&#233;rer &#224; ce qui s'est pass&#233; dans l'automobile, en ce qui concerne le m&#234;me probl&#232;me. &#192; l'origine, les roues de 125 cm de hauteur &#233;taient monnaie courante, peu &#224; peu, on en est venu a des diam&#232;tres de 90, 80, 65 et m&#234;me 55 cm aujourd'hui. Si bien, qu'actuellement, on est &#233;tonn&#233; en comparant l'&#233;normit&#233;, la masse, la hauteur de la superstructure d'un autocar ou d'une limousine aux roues minuscules qui les supportent, &#224; la bicyclette et ses roues hautes et minces, laquelle parait bien fr&#234;le, et l'est en effet, tout compte fait, car de telles roues se voilent pour un rien, les jantes se bossellent, les rayons se d&#233;tendent quand ils ne cassent point, d&#233;sagr&#233;ments qui ne sont jamais arriv&#233;s &#224; mes roues de 500 mm dont les rayons sont d'autant plus courts &#8212; partant, plus solides &#8212; quoique moins nombreux et dont les jantes sont d'autant plus prot&#233;g&#233;es que les pneus sont plus gros.&lt;br class='autobr' /&gt;
Que l'on ne croit pas, pour autant, qu'on n'ait jamais fait des bicyclettes &#224; petites roues&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! Dans la d&#233;cade 1890-1900, on a, je le r&#233;p&#232;te encore une fois, tout essay&#233;, et j'ai toujours &#233;t&#233; &#233;tonn&#233; de ne pas y avoir encore d&#233;couvert un embryon de &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#8239;cha&#238;ne flot&#173;tante&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;. Vers 1897, nous v&#238;mes une bicyclette de fabrication allemande, destin&#233;e, par son inventeur, au service de l'arm&#233;e et munie de roues de 30 cm cela s'appelait le &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#8239;Colibri&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;, et avait des pneu&#173;matiques de 35 et 38 mm de diam&#232;tre, d&#233;faut r&#233;dhibitoire. La &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#8239;Pliante&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; du Capitaine G&#233;rard, destin&#233;e en premier lieu &#224; l'arm&#233;e fran&#231;aise, vint plus tard avec des roues de 600 mm, toujours avec de petits pneus. Il y a quelque six ans, une de nos grandes manufactures de bicyclettes mit sur le march&#233;, un mod&#232;le &#224; roues de 600 mm avec des pneus minuscules : une tige de selle &#224; ressort prot&#233;geait bien quelque peu le cavalier, mais les jantes, les rayons, le cadre souffraient terriblement. Si cette bicyclette avait eu des pneumatiques souples de 45 mm, elle aurait obtenu beaucoup de succ&#232;s. Pour mon compte, je reste persuad&#233; qu'on peut aller, sans inconv&#233;nient, jusqu'au diam&#232;tre de 500 mm, &#224; condition d'adopter des enveloppes de 50 mm. Il y a, ici comme en toutes choses, des limites. Quos ultra citraque nequit consistere rectum...&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;i&gt;V&#233;locio, Le Cycliste, 1921, Anthologie du &#8220;Cycliste&#8221;, Cahier no 11, Mai-juin 1968, p.163-165&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;/section&gt;&lt;section class=&#034;sommaire-section sommaire-section_niveau1 sommaire-section_h3&#034; aria-labelledby=&#034;Autour-du-Concours-1905&#034;&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034; id='Autour-du-Concours-1905'&gt;[Autour du Concours, 1905]&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;Dans les questions cyclotechniques plus que partout ailleurs, la recherche de l'absolu est inutile, il faut se contenter du relatif, d'un rendement relatif, d'un confortable relatif. Et ce relatif varie d'un homme &#224; l'autre &#224; tel point qu'une bicyclette franchement bonne pour Pierre est franchement mauvaise pour Paul&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; j'en fais souvent l'exp&#233;rience avec les machines que je monte et qui sont construites d'apr&#232;s mes id&#233;es personnelles constamment modifi&#233;es par la pratique quoti- dienne de la route et les r&#233;flexions dont j'accompagne mes d&#233;ambulations le plus souvent solitaire. &lt;br class='autobr' /&gt;
Ainsi, ma monture actuelle de pr&#233;dilection ne conviendrait sans doute pas &#224; un cycliste sur cent, et pourtant elle me va &#224; merveille. Ce n'est pas que j'en attende les allures tr&#232;s vives de mes polycyclettes &#224; grand rendement, mais je la trouve essentiellement confortable&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; or, en vieillissant j'aspire plut&#244;t au confortable qu'&#224; la vitesse et mes id&#233;es se modifiant dans ce sens, mes machines prennent des formes nouvelles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Vous en jugerez par la minutieuse description suivante&#160;: J'ai adopt&#233; les raccords du dernier mod&#232;le &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;B.S. A.&lt;/span&gt; de course extrapiste qui se fait avec roue de 60 centim&#232;tres parce que j'ai pu, avec ces raccords, sans que le p&#233;dalier f&#251;t trop pr&#232;s du sol, utiliser les roues de 50 centim&#232;tres munies de gros pneus extra-souples, &#224; toile apparente, de 50 millim&#232;tres avec lesquelles je veux d&#233;montrer une bonne fois que la fameuse loi du coefficient de r&#233;sistance au roulement inversement proportionnel au diam&#232;tre des roues, ne saurait s'appliquer aux roues munies de pneumatiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le p&#233;dalier est donc &#224; 25 centim&#232;tres au-dessus du sol et des manivelles de 15 1/2 centim&#232;tres passent ais&#233;ment. Je trouve tr&#232;s confortables des manivelles courtes accompagn&#233;es naturellement de d&#233;veloppements courts aussi. Le cadre tr&#232;s bas (40 centim&#232;tres) conviendrait &#224; un enfant de dix ans, et quoique je ne sois pas de bien haute taille (1,65) je suis oblig&#233; &#224; une tige de selle qui &#233;merge de 16 centim&#232;tres au-dessus du cadre. Les raccords de ce mod&#232;le de piste &#233;tant faits pour tube sup&#233;rieur plongeant, j'ai &#233;t&#233; conduit &#224; une douille de direction tr&#232;s courte, ce dont je ne suis pas enchant&#233;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; par le fait, la forme trap&#233;zo&#239;dale des cadres ordinaires est devenue Exactement triangulaire&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; certains penseront qu'elle n'en est que plus solide&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; l'&#233;v&#233;nement nous le dira.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur le guidon droit ordinaire s'appuient les deux branches d'un guidon relev&#233; de 20 centim&#232;tres entre lesquelles et en avant j'ai log&#233; une planchette o&#249; mon bagage se trouve fort &#224; l'aise&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; ma lanterne se dissimule sous cette planchette.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'avoue que l'avant de cette polycyclette avec une telle superstructure, surprend au premier abord et semble disgracieux. A la v&#233;rit&#233;, peu m'en chaut s'il est pratique, et je crois qu'il l'est, malgr&#233; ma pelle d'Ensu&#233;s au printemps dernier que j'attribuai en partie &#224; la trop grande surcharge du guidon, mais rien ne m'a, depuis lors, confirm&#233; dans cette pens&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avec mon n&#186; 5 (c'est le num&#233;ro d'ordre de ma nouvelle machine), malgr&#233; son avant ainsi encombr&#233; et charg&#233;, je pratique le lache-main avec une facilit&#233; remarquable et n&#233;gocie les virages en vitesse sans le moindre embarras attribuable &#224; une direction trop lourde. Je n'ai encore, il est vrai, plac&#233; que 500 kilom&#232;tres &#224; son actif, mais elle en aura, je l'esp&#232;re, plus de 1.500 &#224; la fin de l'ann&#233;e, car ce sera essentiellement ma machine d'hiver. A cet effet, je l'ai munie de vastes garde-boue, de deux couvre- cha&#238;nes &#224; l'avant, d'un bouclier de cuir tr&#232;s large derri&#232;re lequel mes pieds sont enti&#232;rement &#224; l'abri des &#233;claboussures que projette la roue en passant dans les flaques d'eau&#160;: &#224; l'arri&#232;re, de deux housses lat&#233;rales qui prot&#232;gent aussi le bas des jambes contre la boue entra&#238;n&#233;e par la roue motrice. Ces appareils protecteurs sont, bien entendu, d&#233;tachables et, l&#233;gers, n'alourdissent que l'aspect de la machine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Deux freins sur jantes, l'un &#224; main sur roue &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;AV&lt;/span&gt;, l'autre &#224; contrep&#233;dale sur roue &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;AR&lt;/span&gt;, me donnent toute s&#233;curit&#233; dans les descentes les plus scabreuses. En fait de polymultiplication, j'ai trois d&#233;veloppements par trois cha&#238;nes et deux em- brayages au pied&#160;: 6 m&#232;tres, 3,80 et 2, 40. Ces faibles d&#233;veloppements, combin&#233;s avec de courtes manivelles (155 mm.), me permettent une cadence assez vive pour qu'il me soit facile de tenir en plaine l'allure de 25 &#224; l'heure et, &#224; la mont&#233;e, &#224; tr&#232;s peu pr&#232;s mes allures habituelles&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; mais il me serait p&#233;nible de monter aux allures de 20% su- p&#233;rieures que me permet encore mon n&#186;1 &#224;grand rendement avec son d&#233;veloppement de 7&#034;.40, ses manivelles de 178 mm. et le p&#233;dalage en force (position verticale sur le p&#233;dalier et p&#233;dales chauss&#233;es jusqu'au talon).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela n'a pas d'importance puisque, comme je l'ai dit. j'ai eu en vue le confortable plut&#244;t que le rendement optime en construisant mon n&#186; 5 sur lequel j'ai bien rarement recours au p&#233;da- lage en force.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce qu'il y a de plus caract&#233;ristique dans cette minuscule machine, c'est la selle, une m&#233;chante selle qu'on ne se donnerait m&#234;me pas la peine de ramasser si on la trouvait sur la route et que j'ai d&#233;couverte dans les riblons. Tr&#232;s longue.puisq ue I le cuir n'a pas moins de 30 centim&#232;tres, elle est mont&#233;e sur deux ressorts, droits et parall&#232;les pendant 15 centim&#232;tres qui la soutiennent par les deux extr&#233;mit&#233;s &#224; la fa&#231;on des selles &#034;Hamac du bon vieux temps. Ces deux ressorts coulissent de toute leur longueur dans le collier porte-selle ordinaire l&#233;g&#232;rement modifi&#233;, de fa&#231;on que la selle peut &#234;tre d&#233;plac&#233;e d'arri&#232;re en avant de 15 centim&#232;tres et occuper toutes les positions interm&#233;diaires&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour obtenir le d&#233;placement en marche.je me sers d'une simple courroie fix&#233;e par une extr&#233;- mit&#233; au bec de la selle, par l'autre extr&#233;mit&#233; au plongeur du guidon et munie d'une glissi&#232;re &#224; serrage automatique &#224; bascule du type que l'on voit commun&#233;ment sur les bretelles. Cela fone- tionne parfaitement, bien que la correction des lignes de selle &#224; d&#233;placement Nicolas, Terrot et Hirondelle soit enti&#232;rement m&#233;connue et que le d&#233;placement soit rigoureusement horizontal, alors que j'eusse pr&#233;f&#233;r&#233; m'abaisser en me reculant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La position tr&#232;s en arri&#232;re est d&#233;licieuse pour les descentes, la m&#233;diane parfaite pour le p&#233;da- lage en souplesse et la position avant, verticale sur l'axe du p&#233;dalier, indispensable pour le p&#233;dalage en force, mais tr&#232;s d&#233;fectueuse pendant les descentes, &#224; cause, sans doute, du trop de poids jet&#233; sur la roue &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;AV&lt;/span&gt; dont la direction, j'ai failli m'en apercevoir &#224; mes d&#233;pens, devenait presque dangereuse. Mon n&#186; 5 est tr&#232;s court, comparativement aux bicyclettes usuelles&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; 38 centim&#232;tres de l'axe &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;AR&lt;/span&gt; &#224; l'axe p&#233;dalier, et 50 centim&#232;tres de celui-ci &#224; l'axe &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;AV&lt;/span&gt; font 88 centi- m&#232;tres entre les deux points de contact sur le sol. Une bicyclette &#224; roues de 70 centim&#232;tres a g&#233;n&#233;ralement 115 centim&#232;tres d'emp&#226;tement et 185 centim&#232;tres de pneu &#224; pneu au lieu de 138 centim&#232;tres que mesure la mienne. A l'&#339;il, la diff&#233;rence semble plus grande encore. Telle que je viens de la d&#233;crire avec ponts en acier forg&#233; tr&#232;s larges pour le passage des pneus, tubes et fourreaux renforc&#233;s par des fourrures int&#233;rieures, sacoche &#224; outils bien garnie, ma polycyclette de tourisme pour 1906 p&#232;se exacte- ment 16 kilos 570. Ce n'est pas une plume, et comme j'esp&#233;rais avoir une monture aussi l&#233;g&#232;re que possible, j'ai &#233;t&#233; d&#233;&#231;u de ce c&#244;t&#233;. Aussi, pour savoir o&#249; tout ce poids se logeait et si l'on pouvait le r&#233;duire, me suis-je empress&#233; de peser s&#233;par&#233;- ment&#160;:&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1&#186; La roue directrice..&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1.530gr.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2&#176; La roue motrice avec ses trois roues&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;libres, 2:210&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;3&#186; Le guidon &#224; deux &#233;tages avec sa&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;planchette porte-bagages...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1.630&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;4&#186; Les deux manivelles avec les p&#233;dales, les trois roues dent&#233;es, les deux embrayages et les clavettes...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2.760&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A reporter.....&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;8.120&lt;br class='autobr' /&gt;
Report............&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;8.120&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;5&#186; La selle, avec son tube porte-selle et son appareil de d&#233;placement....&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1.450&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;6&#186; Les trois cha&#238;nes....&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;980&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;70-Le cadre proprement dit avec les garde-boue, les couvre-cha&#238;ne, les freins et la sacoche garnie.....&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;6.020&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;TOTAL&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;16 570&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;R&#233;duisant&#224; leur plus simple expression le cadre &#224; 4 kilogrammes, le guidon &#224; 500grammes, la selle et sa tige &#224; 600 grammes, nous obtiendrions une 3 vitesses en marche, pesant 12 kg. 500, capable de porter sans d&#233;faillance les plus lourds cyclo- touristes, car (j'allais oublier de le rappeler), le grand, le vrai m&#233;rite de ma polycyclette n&#186; 5, c'est d'&#234;tre, quoique plus l&#233;g&#232;re. beaucoup plus forte que ses s&#339;urs &#224; roues de 70&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; j'ose dire que ses roues de 50 centim&#232;tres &#224; 40 et 36 rayons et &#229; pneus de 50 centim&#232;tres d&#233;bordant largement les jantes acier qui, sous aucun pr&#233;texte, ne peuvent &#234;tre mordues par les cailloux&#160;: je dis que de telles roues sont invoilables et qu'un cadre constitu&#233; par denx triangles est ind&#233;for- mable. Je sens d'ailleurs, quand je d&#233;vale l&#224;- dessus du 7% &#224; 40 &#224; l'heure, que je suis &#224; cheval sur un bloc, rigide par sa membrure trapue, souple par ses pneus extra minces qui, en fin de compte, n'ont pas l'air de crever plus que les triples toiles d'&#233;reintant&#233; m&#233;moire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'ai fini, mais n'allez pas supposer que j'ai voulu vous faire l'article et vous sugg&#233;rer l'id&#233;e de suivre mes traces et d'adopter mon dernier avatar. Le temps n'est pas encore venu d'un changement aussi radical&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; et puis, pour tout dire, il est peut-&#234;tre pr&#233;somptueux d'affirmer qu'un nouveau-n&#233; qui n'a fait encore que quelques pas, marchera mieux que ses a&#238;n&#233;s qui ont, eux, des 50 et 60 mille kilom&#232;tres derri&#232;re eux. Je connais des bicyclettes de 1896 qui en sont l&#224; et qui, comme le n&#232;gre l&#233;gendaire... continuent. J'ai voulu simplement montrer que des go&#251;ts et des couleurs il ne faut pas trop discuter, surtout chez les cyclotouristes pratiquants et exp&#233;riment&#233;s et que le jour o&#249; l'on voudr&#225; m&#233;dailler la meilleure machine, le Jury aura plus de peine qu'on ne le pense.&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;VELOCIO&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;https://velotextes.fr/spip.php?article272&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;i&gt;&lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;NO&lt;/span&gt;&#203;L &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;AU&lt;/span&gt; &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;SOLEIL&lt;/span&gt;, 1905&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#8239;Supposant &#8212; mais j'ai &#233;t&#233; cette fois cruellement d&#233;tromp&#233; &#8212; que l'hiver, dans le Midi, &#233;tait toujours plus cl&#233;ment que dans nos montagnes, le 23&#160;d&#233;cembre dernier, je tournais vers Marseille les guidons de ma bicyclette no 5, impatiente de terminer ses &#233;preuves par un grand voyage. Je n'allais pas seulement vers le soleil, j'allais vers des compagnons de route que leur &#233;loignement ne me permet pas de rencontrer aussi souvent que je le voudrais, vers des sites que je ne me lasse pas de revoir.&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;&lt;br class='autobr' /&gt;
[&#8230;]&lt;br class='autobr' /&gt;
&#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#8239;Un peu partout, ma machine liliputienne excite l'&#233;tonnement et les cris des enfants. Les V&#233;&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! Qu'&#232;s aco&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! et autres exclamations proven&#231;ales me saluaient dans chaque village.&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;&lt;br class='autobr' /&gt;
[&#8230;]&lt;br class='autobr' /&gt;
&#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#8239;Mon n&#176;&#160;5 se tirait &#224; son avantage de cette premi&#232;re &#233;preuve de transport. Si r&#233;ellement le coefficient de r&#233;sistance au roulement avait &#233;t&#233;, comme le pr&#233;tendent les th&#233;oriciens, de 30&#8239;% plus &#233;lev&#233; que pour une autre machine, &#224; roues de 70 centim&#232;tres, il est douteux que j'eusse pu, sans la moindre fatigue appr&#233;ciable, effectuer un tel parcours &#224; l'allure moyenne de presque 22 kilom&#232;tres. Il est vrai que je ne m'&#233;tais pour ainsi dire pas arr&#234;t&#233;&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; j'avais v&#233;cu uniquement sur mes provisions et j'&#233;tais seul, deux conditions essentielles pour aller vite et d'un train r&#233;gulier.&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;&lt;br class='autobr' /&gt;
[&#8230;]&lt;br class='autobr' /&gt;
&#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#8239;Mon n&#176;&#8239;5, qui compte dans ce total pour 1.514 kilom&#232;tres couverts en d&#233;cembre, c'est-&#224;-dire pendant un des plus mauvais mois de l'ann&#233;e, s'est parfaitement comport&#233; au cours de sa premi&#232;re randonn&#233;e, et de telle fa&#231;on que, pour moi, les grandes roues et les grands pignons n'ont plus de raison d'&#234;tre au point de vue du meilleur roulement et du rendement optime. Avec des roues de 50 centim&#232;tres et un tout petit pignon de 12 dents au pas de 12,7, lequel combin&#233; avec 46 dents au p&#233;dalier me donne mon grand d&#233;veloppement de 6 m&#232;tres, j'ai pu marcher aux allures habituelles sans plus de difficult&#233;s qu'avec les immenses pignons de 60 et 72 dents que les th&#233;oriciens nous conseill&#232;rent jadis. Je ne note plus aussi exactement qu'au d&#233;but de mes randonn&#233;es l'horaire de mes &#233;tapes-transport, cependant j'ai not&#233; mon temps entre Donz&#232;re et Orange, 38 kilom&#232;tres que j'ai couverts en 1&#8239;h.&#8239;35, du 24 &#224; l'heure sans le moindre vent. Je n'ai mieux fait avec grands pignons et grands d&#233;veloppements qu'avec vent favorable. Il m'a sembl&#233; pourtant que je tournais &#224; mon maximum et que si j'avais eu le mistral derri&#232;re moi je n'aurais pu en profiter pour activer l'allure en augmentant la cadence, &#224; moins d'en arriver &#224; une d&#233;pense anormale de calories. Donc puisque nous pouvons, en r&#233;duisant les diam&#232;tres des roues et des pignons, obtenir plus de l&#233;g&#232;ret&#233;, plus de solidit&#233; et moins d'encombrement sans renoncer &#224; aucun des avantages de nos polycyclettes de tourisme, nous aurions, ce me semble, tort de ne pas le faire.&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;i&gt;V&#233;locio, &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#8239;No&#235;l au soleil&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;, Le Cycliste, d&#233;cembre 1905, Page 224 &#224; 230, Source Archives D&#233;partementales de la Loire, cote PER1328_8&lt;/i&gt;&lt;br class='autobr' /&gt; &lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_219 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;39&#034; data-legende-lenx=&#034;x&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='http://velotextes.fr/IMG/jpg/moton1.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='http://velotextes.fr/local/cache-vignettes/L500xH792/moton1-3f5d2.jpg?1788126846' width='500' height='792' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre crayon document-titre-219 '&gt;&lt;strong&gt;N&#176;5
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif crayon document-descriptif-219 '&gt;La bicyclette n&#176;5, 1907
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/section&gt;&lt;section class=&#034;sommaire-section sommaire-section_niveau1 sommaire-section_h3&#034; aria-labelledby=&#034;Sur-la-cote-d-azur-1906&#034;&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034; id='Sur-la-cote-d-azur-1906'&gt;Sur la c&#244;te d'azur, 1906&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;Et voyez jusqu'o&#249; allait ma guigne&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; j'&#233;tais parti avec une telle confiance dans la hausse barom&#233;trique que j 'avais enlev&#233; les garde-boue de mon n&#176;&#160;5 &#224; roues de 50 centim. et &#224; gros pneus de 50 millim., que je vous ai pr&#233;sent&#233; il y a 4 mois et qui fait mes d&#233;lices plus que jamais. Ce petit outil, peu encombrant et roulant comme un charme, a le d&#233;faut, commun &#224; beaucoup de bicyclettes, de d&#233;raper dans la boue, surtout dans la boue des routes du Midi, faites de pl&#226;tre, de ciment et d'argile.&lt;br class='autobr' /&gt;
Jusqu'&#224; Pierrelatte je filai cependant grand train en serrant les arbres de pr&#232;s et je m'appr&#234;tais &#224; bifurquer &#224; gauche vers la gare, quand il me sembla que la pluie s'arr&#234;tait. Allons donc jusqu'&#224; la Croisi&#232;re-de-Boll&#232;ne consulter l'horaire du P.-L.-M.&lt;br class='autobr' /&gt;
Cinq minutes plus tard, la pluie redoublait et la crainte du d&#233;rapage m'obligeait &#224; r&#233;duire de moiti&#233; mon allure, si bien que je n'entrai &#224; la gare de la Croisi&#232;re qu'&#224; 19 h. 1/2, ruisselant&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; mes deux cha&#238;nes d&#233;j&#224; couvertes de boue craquaient &#224; qui mieux mieux et la nuit allait &#234;tre l&#224;.&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;&lt;/p&gt;
&lt;/section&gt;&lt;section class=&#034;sommaire-section sommaire-section_niveau1 sommaire-section_h3&#034; aria-labelledby=&#034;Du-Sud-au-Nord-1908&#034;&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034; id='Du-Sud-au-Nord-1908'&gt;&lt;a href=&#034;https://velotextes.fr/spip.php?article281&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Du Sud au Nord&lt;/a&gt; (1908)&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;1&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;re&lt;/sup&gt; journ&#233;e, 11&#160;juillet (Beaucaire, Orgon, La Roque dAnth&#233;ron, Pont de Mirabeau, Moustiers-Sainte-Marie, Castellane, 200 kilom&#232;tres).&lt;br class='autobr' /&gt;
En 1905, pour la Pentec&#244;te, nous f&#238;mes &#224; trois une excursion, qui m&#233;ritait, certes, d'&#234;tre cont&#233;e dans Le Cycliste, et qui ne le fut pas, par la faute de celui de nous trois que nous avions charg&#233; de ce soin.&lt;br class='autobr' /&gt;
Nous &#233;tions all&#233;s, d'abord, de Saint-Etienne &#224; Barcelonnette par Valence, Die et Gap, pour, le jour suivant, aller prendre, au col d'Allos, le Verdon &#224; sa source, le descendre jusqu'au pont de Mirabeau, o&#249; il se jette dans la Durance, et aller, de l&#224;, coucher au Pertuis, d&#233;roulant ainsi, un ruban de route de 210 kilom&#232;tres, au bas mot, &#224; travers des sites dont le souvenir ne cessa, depuis, de me hanter.&lt;br class='autobr' /&gt;
C'est pourquoi, profitant cette ann&#233;e des trois jours que nous apporta le 14&#160;juillet, je r&#233;solus de refaire le col d'Allos, en le compl&#233;tant par le col de Vars que je ne connaissais pas et en finissant par le col du Lautaret dont on ne se lasse jamais.&lt;br class='autobr' /&gt;
Et je partis de Beaucaire, le 12&#160;juillet, &#224; 3 heures, en compagnie de mon ami A., de Beaucaire, et d'un jeune cycliste de Maillane, patrie de l'illustre Mistral, o&#249;, soit dit entre parenth&#232;ses, la polymultiplication est tr&#232;s en honneur.&lt;br class='autobr' /&gt;
Nos polycyclettes &#233;taient bien faites pour attirer l'attention des passants. A. montait une trois vitesses en marche dont deux directes et une r&#233;tro &#224; roues de 50 centim&#232;tres et &#224; pneus de 50 m/m&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; le jeune Roumanille &#233;tait mont&#233; de la m&#234;me fa&#231;on, mais sur roues de 60 centim&#232;tres et pneus de 50 m/m&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; seulement le r&#233;tro &#233;tait sur un d&#233;veloppement moyen de quatre m&#232;tres, contrairement &#224; l'habitude qui rejette toujours le r&#233;tro sur le plus faible d&#233;veloppement.&lt;br class='autobr' /&gt;
J'avais choisi pour cette excursion mon n&#176;&#160;5 &#224; trois vitesses en marche : 2 m. 40, 3 m. 80 et 6 m&#232;tres, par trois cha&#238;nes directes et deux embrayages au pied&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; &#224; d&#233;faut de ses pneumatiques Ordinaires de 50 m/m &#224; toile apparente, qui sont pour le moment hors de service, j'avais emprunt&#233; &#224; une petite motorette &#224; roues de 50 centim&#232;tres, que je pr&#233;pare, ses pneus de 55 m/m, et je semblais avoir, en guise de roues, deux bou&#233;es de sauvetage.&lt;br class='autobr' /&gt;
Ces pneus de moto, bien que souples dans une certaine mesure, diminuaient beaucoup le rendement de mon n&#176;&#160;5 et r&#233;duisirent sensiblement mon allure&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; mais, en compensation, quelle d&#233;licieuse sensation de s&#233;curit&#233; et de confortable dans les descentes les plus scabreuses, sauf dans la boue cependant qui me g&#234;na singuli&#232;rement.&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;Ma petite bicyclette courte avec ses roues basses, ses gros pneus, la position haute du double guidon, la selle oscillante qui me permet me tenir les mains hautes et tr&#232;s en arri&#232;re avec son frein puissant &#224; contrep&#233;dales sur la jante arri&#232;re, son autre frein &#224; serrage continu ou instantan&#233; sur la jante avant, mon n&#176;&#160;5 est le vrai type de machine qui convient &#224; des descentes aussi scabreuses que celle du col de Vars o&#249; la pente oscille, constamment entre 10 et 14%. J'y suis comme dans un fauteuil. Je prends une telle avance sur l'auto que je ne l'entends m&#234;me plus mais ce n'est pas l'heure de s'amuser &#224; matcher des chauffeurs.. J'ai sous les yeux, depuis un moment, un panorama d'une ampleur, d'une vari&#233;t&#233; de de vues, tant en hauteur qu'en profondeur, tel que je ne crois pas qu'on puisse trouver son &#233;gal&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; de plus, la route court comme sur une ar&#234;te entre deux ravins de fort belle venue et je ne puis admirer ce site incomparable qu'&#224; la d&#233;rob&#233;e pendant quelques rares lignes droites. Mais voici apr&#232;s quelques lacets fort raides une sorte de balcon circulaire o&#249; je mets pied &#224; terre. Il y a l&#224; vraiment de quoi arracher des cris d'admiration &#224; des barbares, et il faut &#234;tre chauffeur pour ne pas s'arr&#234;ter au moins une fois pendant les six derniers kilom&#232;tres de la descente du col de Vars.&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; V&#233;locio, Le Cycliste, 1908, p. 136 &#224; 138, Source Archives d&#233;partementales de la Loire, cote &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;PER&lt;/span&gt; 1328_10&lt;/p&gt;
&lt;/section&gt;&lt;section class=&#034;sommaire-section sommaire-section_niveau1 sommaire-section_h3&#034; aria-labelledby=&#034;t5-JOURS-EN-MONTAGNE-1909&#034;&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034; id='t5-JOURS-EN-MONTAGNE-1909'&gt;&lt;a href=&#034;https://velotextes.fr/spip.php?article299&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;5 &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;JOURS&lt;/span&gt; &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;EN&lt;/span&gt; &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;MONTAGNE&lt;/span&gt;&lt;/a&gt;, 1909&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#8239;Se rapprocher de Lyon le plus possible dans la soir&#233;e afin de r&#233;int&#233;grer Saint-&#201;tienne le lendemain d'aussi bonne heure que possible, tel est notre nouveau programme.&lt;br class='autobr' /&gt;
Et d'abord, dans une brasserie connue, sur le quai, d&#233;jeunons solidement&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; le gar&#231;on qui nous sert a examin&#233; nos machines et il me demande tout &#224; coup pourquoi je n'ai pas ma bicyclette &#224; roues de 50 centim&#232;tres, mon no&#8239;5. Stup&#233;faction&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! Il m'a vu circuler &#224; Saint-&#8239;&#201;tienne sur cette machine liliputienne qui, entre parenth&#232;se, est une de mes meilleures et &#224; laquelle je reviendrai.&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;i&gt;V&#233;locio, &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#8239;5 jours en montagne&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;, Le Cycliste, 1911, p. 228 &#224; 232 et 249 &#224; 251, Source Archives D&#233;partementales de la Loire, cote PER1328_11&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En janvier 1907, le sujet de discussion d'une excursion dominicale dans le Forez fut : De l'influence de la hauteur des roues sur le roulement d'une bicyclette.&lt;/p&gt;
&lt;/section&gt;&lt;section class=&#034;sommaire-section sommaire-section_niveau1 sommaire-section_h3&#034; aria-labelledby=&#034;L-ECOLE-STEPHANOISE-JANVIER-1907&#034;&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034; id='L-ECOLE-STEPHANOISE-JANVIER-1907'&gt;
&lt;a href=&#034;https://velotextes.fr/spip.php?article657&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;L'&#201;&lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;COLE&lt;/span&gt; &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;ST&lt;/span&gt;&#201;&lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;PHANOISE&lt;/span&gt;&lt;/a&gt;, &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;JANVIER&lt;/span&gt; 1907&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#8239;La discussion sur la hauteur des roues souffrit de la temp&#233;rature polaire, car nous ne pouvions parler qu'&#224; gla&#231;ons rompus, tant la bise obstruait de v&#233;ritables banquises notre orifice buccal, pourtant j'ai cru comprendre que la majorit&#233; se rangeait &#224; cet avis que le roulement des roues munies de pneumatiques &#233;tait, sur routes normalement entretenues, ind&#233;pendant de leur diam&#232;tre, contrairement &#224; l'opinion g&#233;n&#233;ralement admise, laquelle veut qu'une roue roule d'autant mieux qu'elle est de plus grand diam&#232;tre. Cela peut &#234;tre vrai pour des roues cercl&#233;es de fer, donc &#224; surface de roulement ind&#233;formable : mais les pneumatique buveurs d'obstacles ont modifi&#233; la question du tout au tout.&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;i&gt;V&#233;locio, &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#8239;L'&#201;cole st&#233;phanoise&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;, Le Cycliste, Janvier 1907, p.10-12, Source Archives d&#233;partementales de la Loire, cote PER1328_9&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/section&gt;&lt;section class=&#034;sommaire-section sommaire-section_niveau1 sommaire-section_h3&#034; aria-labelledby=&#034;Defendons-nous-1929&#034;&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034; id='Defendons-nous-1929'&gt;D&#233;fendons-nous 1929&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Nous ne sommes pas encore fix&#233;s sur la hauteur des roues qui conviennent &#224; la bicyclette utilitaire et de tourisme, mais il est certain que la tendance vers la roue de plus en plus petite qui s'est manifest&#233;e d&#232;s la naissance de la bicyclette et qui nous a pouss&#233;s, des roues initiales de 80, voire 90 (h&#233;ritage du grand-bi), vers les roues de 75, 70 et enfin, aujourd'hui, 65 centim&#232;tres, nous poussera plus loin encore dans cette voie qui conduit &#224; plus de l&#233;g&#232;ret&#233;, p.us de solidit&#233; et moins d'encombrement, en nous m&#233;nageant, cependant, le cas &#233;ch&#233;ant, beaucoup plus de place disponible pour loger du bagage, un bagage de campeur par exemple.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En ce moment, j'exp&#233;rimente la roue de 500 que j'ai d&#233;j&#224; essay&#233;e avec succ&#232;s sur mon n&#176;&#160;5 en 1905, en m&#234;me temps que celle de 600. A la condition expresse d'augmenter le calibre des pneus &#224; mesure qu'on diminue la hauteur de la roue, afin de conserver autour des jantes &#224; peu pr&#232;s le m&#234;me cube d'air, je crois la roue de 500, avec ballons de 60, aussi confortable et aussi rapide que celle de 650 avec ballons de 50. Je viens de reconstituer mon vieux n&#176;&#160;5 en lui pr&#234;tant les roues de ma trottinette des Vieilles Gloires et j'ai d&#233;j&#224; fait quelques essais comparatifs entre le cadre de mon n&#186; 5 et celui de ma trottinette. Ils ne sont pas pr&#233;cis&#233;ment &#224; l'avantage du dernier, taill&#233; pourtant sur le nouveau mod&#232;le mis &#224; la mode par les cou- reurs italiens, et dont la caract&#233;ristique est le redressement du tube de selle qui n'est plus qu'&#224; quelques degr&#233;s de la verticale, ce qui n'aurait, en v&#233;rit&#233;, aucune importance si le tube de direction ne suivait son exemple et, en se redressant, ne d&#233;truisait toute la stabilit&#233; de la direction que l'on se donna tant de peine &#224; conqu&#233;rir aux d&#233;buts de la bicyclette et qui se reconna&#238;t &#224; la facilit&#233; du l&#226;che-mains. A cette &#233;poque lointaine, les conceptions les plus saugrenues se donnaient libre cours et l'on vit des cadres de tout genre parmi lesquels l'exp&#233;rience nous amena &#224; choisir ceux o&#249; le prolon- gement du tube de direction tombait de 5 &#224; 10 centim&#232;tres en avant du point de contact de la roue directrice sur le sol. Cette ligne id&#233;ale et non pas la courbure plus ou moins fantaisiste de la fourche repr&#233;sentait la chasse d'une machine et on l'obtenait tout aussi bien avec une fourche droite qui fut tr&#232;s go&#251;t&#233;e pendant quelque temps qu'avec une fourche courbe, plus gracieuse &#224; l'&#339;il et plus souple, plus &#233;lastique, pr&#233;f&#233;rable en tout cas pour une machine de tourisme. Mais une bonne stabilit&#233; de direction ne se reconnaissait pas &#224; la forme de la fourche, elle se r&#233;v&#233;lait par le plus ou moins d'aisance avec laquelle on pouvait diriger la machine, m&#234;me sans toucher le guidon. On disait alors que la machine avait une bonne chasse. Aujourd'hui, on fait des fourches de direction dont la partie inf&#233;rieure s'allonge &#224; en devenir presque horizontale et l'on tend &#224; faire le tube de direction vertical, deux tendances qui am&#232;nent la ligne id&#233;ale de la direction de plus en plus en arri&#232;re du point de contact de la roue sur le sol et il faut &#234;tre un v&#233;ritable acrobate pour l&#226;cher les mains. Laissons aux Italiens et &#224; leurs machines de course cette lubie contraire &#224; la loi bas&#233;e sur l'exp&#233;rimentation directe qui domine toute la cyclotechnie et conservons &#224; nos machines de tourisme la stabilit&#233; de la direction. Nous nous sommes trop longtemps laiss&#233; man&#339;uvrer par les fantaisies des coureurs appuy&#233;es d'une r&#233;clame effr&#233;n&#233;e. Les cyclotouristes et les utilitaires ont assez d'exp&#233;rience pour d&#233;couvrir eux-m&#234;mes ce qui leur convient et il ferait beau voir que les Mussoliniens nous imposent leurs marottes et pr&#233;tendent nous conduire et nous museler.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tel est le premier effet &#8211; un acc&#232;s d'anti-muselinisme &#8211; de la premi&#232;re comparaison sur le terrain entre mon vieux cadre &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;B. S. A.&lt;/span&gt; de 1905 &#224; tube de direction inclin&#233; &#224; 65&#176; et le cadre de ma tr&#232;s moderne trottinette redress&#233; &#224; presque 90&#176;.&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_2401 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://velotextes.fr/local/cache-vignettes/L204xH273/20240122_233032_2-c5a50.jpg?1788126846' width='204' height='273' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/section&gt;&lt;/div&gt;
		
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