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	<title>V&#233;lotextes</title>
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	<description>Lire celles et ceux qui ont fait du v&#233;lo un bienfait social, moyen de d&#233;placement et de tourisme&#160;: Paul de Vivie dit V&#233;locio, Capitaine Perrache dit l'homme de la montagne, Carlo Bourlet...
Histoire du v&#233;lo
Site de Laurent Vigniel</description>
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		<title>V&#233;lotextes</title>
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		<title>TOUR DE FRANCE ET POLYMULTIPLICATION (1911)</title>
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		<dc:date>2026-07-27T14:22:54Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>velovi</dc:creator>


		<dc:subject>Col du Galibier</dc:subject>
		<dc:subject>Paul de Vivie, dit V&#233;locio</dc:subject>
		<dc:subject>Entre 1900 et 1914</dc:subject>
		<dc:subject>Alpes</dc:subject>
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		<dc:subject>polymultipli&#233;e</dc:subject>
		<dc:subject>La bicyclette de tourisme</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Je terminais l'an dernier un article sur ce m&#234;me sujet par cette ligne&#160;: &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;La polymultiplication est entr&#233;e dans le Tour de France et elle n'en sortira plus.&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; &lt;br class='autobr' /&gt;
Ses progr&#232;s ont &#233;t&#233; plus rapides encore que je ne le pr&#233;voyais et l'&#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;Auto&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; nous a appris que cette ann&#233;e tous les coureurs, &#224; de rares exceptions pr&#232;s, s'&#233;taient polymultipli&#233;s&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; quelques-uns m&#234;me sont all&#233;s jusqu'aux changements de vitesse en marche, moyeux &#224; deux ou &#224; trois vitesses et Whippet de divers syst&#232;mes. &lt;br class='autobr' /&gt;
Je ne sais&#160;(&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="http://velotextes.fr/spip.php?rubrique36" rel="directory"&gt;1901-1914 P&#233;riode &#201;cole st&#233;phanoise&lt;/a&gt;

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&lt;a href="http://velotextes.fr/spip.php?mot114" rel="tag"&gt;Col du Galibier&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://velotextes.fr/spip.php?mot1" rel="tag"&gt;Paul de Vivie, dit V&#233;locio&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://velotextes.fr/spip.php?mot11" rel="tag"&gt;Entre 1900 et 1914&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://velotextes.fr/spip.php?mot41" rel="tag"&gt;Alpes&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://velotextes.fr/spip.php?mot8" rel="tag"&gt;sport, courses&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://velotextes.fr/spip.php?mot23" rel="tag"&gt;polymultipli&#233;e&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://velotextes.fr/spip.php?mot14" rel="tag"&gt;La bicyclette de tourisme&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Je terminais l'an dernier un article sur ce m&#234;me sujet par cette ligne&#160;: &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;La polymultiplication est entr&#233;e dans le Tour de France et elle n'en sortira plus.&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ses progr&#232;s ont &#233;t&#233; plus rapides encore que je ne le pr&#233;voyais et l'&#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;Auto&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; nous a appris que cette ann&#233;e tous les coureurs, &#224; de rares exceptions pr&#232;s, s'&#233;taient polymultipli&#233;s&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; quelques-uns m&#234;me sont all&#233;s jusqu'aux changements de vitesse en marche, moyeux &#224; deux ou &#224; trois vitesses et Whippet de divers syst&#232;mes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je ne sais pas jusqu'&#224; quel point les changements de vitesse en marche pourront accro&#238;tre le rendement de ces hommes exceptionnels qui r&#233;ussissent &#224; faire une moyenne de 27 &#224; l'heure dans une &#233;tape de 366 kilom&#232;tres, telle que Chamonix-Grenoble par le col des Aravis et le col du Galibier&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;!&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Certes, si quelque Georget s'entra&#238;nait, tout sp&#233;cialement en vue du Tour de France, sur une bi-cha&#238;ne dont les d&#233;veloppements pourraient &#234;tre modifi&#233;s au d&#233;but de chaque &#233;tape, cet homme-l&#224; accident de route &#224; part serait imbattable et arriverait dans un &#233;tat de fra&#238;cheur remarquable parce qu'il ne se serait jamais surfatigu&#233;. Mais je ne crois pas que sa moyenne horaire s'am&#233;liorerait beaucoup&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; par contre, il pourrait durer plus longtemps et sans doute aller d'un trait de Perpignan &#224; Bayonne, ne faisant ainsi qu'une bouch&#233;e des deux &#233;tapes pyr&#233;n&#233;ennes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les changements de vitesse en marche sont un pas vers le confortable plut&#244;t que vers le rendement, et je me rappelle avoir fait, avec la poly Tour de France, qui consiste &#224; d&#233;placer la cha&#238;ne &#224; la main sur des pignons juxtapos&#233;s, des vitesses commerciales que je n'ai d&#233;pass&#233;es avec aucun de mes changements de vitesse en marche.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La plupart des coureurs pr&#233;f&#232;rent retourner la roue motrice munie d'un pignon de chaque c&#244;t&#233;, plut&#244;t que de placer, comme nous le faisons, deux couples de pignons du m&#234;me c&#244;t&#233;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; c'est leur affaire, mais il leur faut deux minutes, alors que dix secondes nous suffisent pour changer de multiplication et je ne comprends pas qu'ils s'attardent, eux pour qui le temps est pr&#233;cieux, en ces vieux errements.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela ne s'explique gu&#232;re que par l'instinct d'imitation qui caract&#233;rise le &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;genus homo&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; Georget leur fit, en 1910, la premi&#232;re d&#233;monstration pratique des avantages de la poly, au Ballon d'Alsace, en retournant sa roue pour placer sa cha&#238;ne sur un plus faible d&#233;veloppement, et Georget gagna l'&#233;tape, donc, ils imitent Georget et ils l'imiteront jusqu'&#224; ce qu'un autre coureur gagne une autre &#233;tape avec un autre syst&#232;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Tour de France est, on le sait, une course d'hommes et non pas un concours de machines. Cependant, les machines sont poin&#231;onn&#233;es dans leurs parties essentielles, ce qui laisserait supposer, au premier abord, que toute machine avari&#233;e est mise hors course&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; il n'en est pourtant rien, car, &#224; chaque instant, il est question dans l' &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;Auto&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; d'accidents de machines et de r&#233;parations cons&#233;cutives.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cependant, les comptes rendus, laissant enti&#232;rement dans l'ombre les particularit&#233;s des machines gr&#226;ce auxquelles les coureurs arrivent au but plus ou moins vite, ne mentionnent que les prouesses de ceux-ci, comme si leurs outils ne les aidaient en rien &#224; les accomplir. Chaque coureur est suppos&#233; assez intelligent pour avoir su choisir le meilleur outil et il n'entre pas dans les vues des organisateurs du Tour de France de discuter, &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;coram populo&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;, des avantages et des inconv&#233;nients des machines, comme on le ferait dans un concours du &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;T. C. F.&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;/span&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Les lecteurs de l'&#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;Auto&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; n'ont besoin d'&#234;tre instruits que du fait que le vainqueur montait une bicyclette X ou Y, rouge ou verte, bleue ou jaune.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour obtenir des renseignements plus d&#233;taill&#233;s, il faut que nous allions les qu&#233;rir sur place et j'avais form&#233; le projet d'aller l'&#233;tape Chamonix-Grenoble. Une chute malencontreuse o&#249; mon &#233;paule droite fut malmen&#233;e, m'emp&#234;cha de partir, mais je fus suppl&#233;&#233; par mes amis de l'&lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;E. S.&lt;/span&gt; qui sont revenus &#233;merveill&#233;s des progr&#232;s accomplis en quelques ann&#233;es par les professionnels dans l'ascension des c&#244;tes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Autant les coureurs parurent inf&#233;rieurs &#224; leur t&#226;che quand ils firent en 1903 et 1904 la mont&#233;e de nos Grands Bois, autant ils grimpent aujourd'hui avec aisance dans le dix pour cent du Galibier et d'ailleurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mon collaborateur, Ch. R., a fait quelques kilom&#232;tres, entre Valloire et le Galibier, &#224; c&#244;t&#233; de Georget et il a &#233;t&#233; &#233;merveill&#233; de la souplesse avec laquelle ce coureur qui pourtant avait d&#233;j&#224;, depuis le matin, accompli un travail formidable, maniait ses p&#233;dales, allant droit comme un i, avec un imperceptible ba-lancement du buste qui s'accentuait aux virages ou pour enlever un passage plus dur, causant m&#234;me volontiers&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; pas d'essoufflement, pas m&#234;me de sueur, on e&#251;t dit un ouvrier accomplissant sa t&#226;che quotidienne. Tout cela gr&#226;ce au petit d&#233;veloppement dont il savait se servir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A Plan-de-Lacha, Georget mit pied &#224; terre pour discr&#232;tement se livrer &#224; l'abri des regards, &#224; une petite op&#233;ration que les Belges, &#224; l'instar de leur M&#228;nnkenpiss, font g&#233;n&#233;ralement en plein contr&#244;le au risque d'attraper une amende quand Desgranges les pince en flagrant d&#233;lit. Georget s'arr&#234;tant, Ch. R. s'arr&#234;te aussi, pas pour le m&#234;me motif, et la voiture officielle qui suit les coureurs et v&#233;hicule des hommes g&#233;-n&#233;ralement gras s'arr&#234;te aussi...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et un cousin de Bibendum mettant le nez &#224; la porti&#232;re reprocha en termes in&#233;l&#233;gants &#224; mon collaborateur d'avoir pr&#233;c&#233;d&#233; et, par cons&#233;quent, entra&#238;n&#233; Georget, contrairement au r&#232;glement. Il n'en &#233;tait rien et tout d'abord Ch. R. se contenta de dire qu'il avait suivi, accompagn&#233;, mais non pr&#233;c&#233;d&#233;. L'autre insistant incongr&#251;ment, Ch. R. se facha&#160;: &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;Et tout d'abord, Monsieur Bibendum, avez-vous lou&#233; la route&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;? Vous n'aviez, pour bien voir si j'&#233;tais devant ou derri&#232;re, qu'&#224; p&#233;daler &#224; mes c&#244;t&#233;s depuis Saint-Michel, cela vous aurait d&#233;gonfl&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Georget &#233;tait d&#233;j&#224; reparti quand Duboc, &#233;galement d&#233;multipli&#233;, passa &#224; une assez vive allure qu'il ne put soutenir, car il arriva au col un bon quart d'heure apr&#232;s le premier, qui fit toute la mont&#233;e en machine. Mais tous ces coureurs t&#228;tonnent encore et ne trouveront que petit &#224; petit les d&#233;veloppements qui conviennent pour telles et telles rampes. Les renseignements officiels faisant absolument d&#233;faut, nous ne pouvons faire &#233;tat que des informations officieuses que nous parvenons &#224; recueillir, en regrettant que le temps nous manque pour aller &#224; chaque &#233;tape nous rendre compte &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;de visu&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;, aux points critiques du parcours, de ce qui se passe sur la route.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les Bibendums officiels, peu experts en cyclotechnique, ne voient que les c&#244;t&#233;s sportifs, le bel effort de l'homme que cet homme soit mont&#233; sur une bicyclette ou sur un manche &#224; balai, qu'il p&#233;dale ou qu'il coure &#224; pied en poussant son outil, pour eux c'est kif-kif. Nous nous efforcerions, au contraire, si nous suivions la course, de distinguer dans le r&#233;sultat final ce qui appartient &#224; l'homme et ce qui appartient &#224; la machine&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; pourquoi, par exemple, dans la m&#234;me &#233;tape, Lapize, un des t&#233;nors, &#233;cc&#339;ur&#233; par le train et par les mont&#233;es, abandonne, alors que Brocco, une doublure, l&#226;che le peloton et m&#232;ne seul la danse &#224; plus de 30 &#224; l'heure..... Mais revenons &#224; nos moutons.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quelques minutes plus tard survenait Garrigou qui avait conserv&#233; 5, m,50 et qui s'ext&#233;nuait copieusement, avec des &#229;&#229;han&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! de mitron &#224; chaque coup de p&#233;dale. Sa bicyclette avan&#231;ait par saccades et, le corps hors de la selle, en un ridicule d&#233;hanchement qui jetait alternativement &#224; droite et &#224; gauche son buste sur le guidon, ce nauvre athl&#232;te zigzaguait &#224; travers la route et avan&#231;ait bien plus lentement que Georget, en laissant l'impression qu'il se fatiguait beaucoup plus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais enfin, obiecteront les irr&#233;ductibles partisans de la mono, Garrigou est tout de m&#234;me venu &#224; bout de cette &#233;tape et tous ceux qui ont fait &#224; pied le Galibier en sont aussi venus &#224; bout, donc on peut bien s'en passer, de vos polymultipli&#233;es&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;!&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et, parbleu, on peut aussi se passer de bicyclette pour aller de Chamonix &#224; Grenoble, on mettra un peu plus de temps, voil&#224; tout. On pourrait aussi revenir aux v&#233;n&#233;rables draisiennes ou aux v&#233;los Michaux&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! Mais nous voulons, au contraire, des bicyclettes qui nous permettent d'aller plus vite en tous pays en nous fatiguant moins. Chacun son go&#251;t&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; c'est pour cela que nous pr&#233;f&#233;rons les polys aux monos et la m&#233;thode de Georget &#224; celle de Garrigou. Mais vous verrez que Garrigou ne s'obstinera pas cette ann&#233;e &#224; gravir le Tourmalet avec 5 m,50 et qu'il adorera bient&#244;t ce qu'il m&#233;prise encore&#160;: la poly&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des coureurs munis de changements de vitesse en marche, nous ne savons pas encore grand chose.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034; Petit-Breton &#034; qui gagna quelques &#233;tapes du Tour d'Italie, gr&#226;ce &#224; un moyeu &#224; trois vitesses. et qui a r&#233;cemment avou&#233;, dans une confession motiv&#233;e, &#234;tre enti&#232;rement converti &#224; l'id&#233;e de la polymultiplication, &#233;tait parti pour le Tour de France avec un moyeu Sturmey&#160;: le malheur a voulu qu'une chute le mit hors de combat d&#232;s la premi&#232;re &#233;tape.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Brocco fait le Tour avec un moyeu &#224; deux vitesses, Cornet aussi, mais ce dernier ne sait gu&#232;re s'en servir puisqu'il jugea &#224; propos de faire, avec son petit d&#233;veloppement de 3 m&#232;tres environ, les deux kilom&#232;tres &#224; 5% de la bifurcation de la route du Galibier au col du Lautaret&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! Il perdit, de ce fait, cinq bonnes minutes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quant &#224; Brocco, il fit merveille dans l'&#233;tape Belfort-Chamonix pendant les 200 kilom&#232;tres les plus p&#233;nibles qu'il parcourut, seul, avec quinze minutes d'avance sur le peloton de t&#234;te, pour venir &#233;chouer piteusement &#224; 8 kilom&#232;tres du but, vaincu, dit-on, par la fringale, ou pour d'autres motifs. Ce succ&#232;s relatif tend tout de m&#234;me &#224; prouver que son moyeu ne le handicapait pas beaucoup puisque l'allure moyenne de cette &#233;tape montagneuse d&#233;passa 30 &#224; l'heure.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;H. Alavoine est muni d'un Whippet svs-t&#232;me P. d'A. C'est un isol&#233; qui a pour mission de ramener sa machine &#224; Paris, en se contentant d'am&#233;liorer lentement sa place dans le classement g&#233;n&#233;ral. Il s'en acquitte fort bien. Ce coureur pilotait, l'an dernier, un p&#233;dalier Tilhet et il commence naturellement &#224; savoir se servir d'une poly. Il a fait le Galibier et il fera tous les autres cols &#224; bicyclette, mais sans se presser, en touriste, envi&#233; par les autres isol&#233;s moins bien mont&#233;s, qui s'&#233;reintent &#224; pousser sur des d&#233;veloppements trop forts ou &#224; tra&#238;ner p&#233;niblement leur outil.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Somme toute, cette ann&#233;e les polymultipli&#233;s ne sont plus consid&#233;r&#233;es par les professionnels comme de doux maniaques&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; ils forment, d'ailleurs, la majorit&#233; et Faber lui-m&#234;me, le g&#233;ant de Colombes, n'h&#233;site plus &#224; mettre pied &#224; terre au pied de la c&#244;te et &#224; retourner sa roue pour changer de d&#233;veloppement&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; il l'a fait des deux c&#244;t&#233;s du Ballon d'Alsace et il nous l'a dit dans l'&#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;Auto&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;. Les toquards, cette ann&#233;e, sont ceux qui n'ont qu'un d&#233;veloppement &#224; leur service.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est un grand pas de fait et d&#233;sormais, d'ann&#233;e en ann&#233;e, nous verrons l'id&#233;e d'avoir deux et m&#234;me trois d&#233;veloppements s'implanter de plus en plus dans l'esprit des coureurs sur route qui nous aideront &#224; trouver et &#224; obtenir des constructeurs des syst&#232;mes de changement de vitesse de plus en plus parfaits.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les moyeux et les p&#233;daliers actuels &#224; deux et trois vitesses sont-ils assez robustes pour r&#233;sister jusqu'au bout aux 5.600 kilom&#232;tres du Tour de France&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les Whippet &#224; d&#233;raillement de cha&#238;ne, imitation plus ou moins heureuse du mod&#232;le H de Terrot et qui foisonnent sur le march&#233;, vaudront-ils mieux que les syst&#232;mes &#224; transmission superpos&#233;e&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les polycha&#238;nes qui fournissent une solution si simple du probl&#232;me des deux et trois vitesses en marche, en prise directe, feront-ils un jour la pige &#224; leurs concurrents&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ou bien, enfin, les d&#233;placements de cha&#238;ne &#224; la main, soit sur pignons juxtapos&#233;s en mettant pied &#224; terre, soit en marche en s'aidant d'un simple tendeur et en faisant sauter la cha&#238;ne sur trois pignons accol&#233;s au p&#233;dalier, conserveront-ils l'avance qu'ils ont prise&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous comptons sur le Tour de France pour nous faire conna&#238;tre le fort et le faible de tous ces syst&#232;mes, en attendant qu'un concours du Touring-Club mette chacun d'eux &#224; sa place et nous r&#233;v&#232;le &#224; c&#244;t&#233; des polys &#224; grand rendement qui seules seront appr&#233;ci&#233;es par les Tour de France et les randonneurs, les polys &#224; grand confortable qui conviennent &#224; la cat&#233;gorie infiniment plus nombreuse et plus int&#233;ressante des touristes. Ceux-ci voyagent non pour kilom&#233;trer, mais pour se distraire agr&#233;ablement et hygi&#233;niquement, sans se pr&#233;occuper de savoir s'ils peuvent ou non tenir pied aux pedards qui passent. Dans ce concours, se mettront en ligne, avec d'&#233;gales chances de succ&#232;s, r&#233;trodirectes et l&#233;vocyclettes qui ne figureront jamais dans le Tour de France et qui n'en sont pas moins, pour beaucoup de cyclistes, les meilleures bicyclette de voyage.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; V.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(Apr&#232;s l'&#233;tape du Galibier.)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
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		<title>Col du Glandon.&#160;Col du Galibier (1912)</title>
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		<dc:date>2022-07-13T14:51:28Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>velovi</dc:creator>


		<dc:subject>Paul de Vivie, dit V&#233;locio</dc:subject>
		<dc:subject>cyclotourisme, cyclocamping</dc:subject>
		<dc:subject>polymultipli&#233;e</dc:subject>
		<dc:subject>Alpes</dc:subject>
		<dc:subject>Col du Galibier</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;&#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#8239;L'excursion projet&#233;e &#224; l'occasion du passage du Tour de France au Galibier, ne comptait donc ni allures vives, ni longs parcours. Deux &#233;tapes moyennes&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; la premi&#232;re, de Saint-&#201;tienne au col du Glandon&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; la seconde, du col du Glandon &#224; Grenoble, par le Galibier. Nous devions en prendre &#224; notre aise&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; je dis nous, parce que l'un de nos randonneurs, ... et peut-&#234;tre m&#234;me 4&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; avaient promis de m'accompagner.&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;&lt;/p&gt;

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&lt;a href="http://velotextes.fr/spip.php?rubrique36" rel="directory"&gt;1901-1914 P&#233;riode &#201;cole st&#233;phanoise&lt;/a&gt;

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&lt;a href="http://velotextes.fr/spip.php?mot1" rel="tag"&gt;Paul de Vivie, dit V&#233;locio&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://velotextes.fr/spip.php?mot9" rel="tag"&gt;cyclotourisme, cyclocamping&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://velotextes.fr/spip.php?mot23" rel="tag"&gt;polymultipli&#233;e&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://velotextes.fr/spip.php?mot41" rel="tag"&gt;Alpes&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://velotextes.fr/spip.php?mot114" rel="tag"&gt;Col du Galibier&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;V&#233;locio, Le Cycliste, Septembre 1912, p.195-200. Source Archives d&#233;partementales de la Loire, cote PER1328_12&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;7 et 8&#160;juillet 1912,&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Instruit par l'exp&#233;rience, qui m'a d&#233;montr&#233; &#224; plusieurs reprises que les grandes chaleurs me sont contraires, j'ai pris l'habitude de clore &#224; fin juin ma saison randonni&#232;re et d'excursionner en juillet et ao&#251;t, tranquillement, quand j'excursionne, car, en pleine canicule, je pr&#233;f&#232;re encore l'ombre et la fra&#238;cheur de nos grands bois, aux routes poudreuses et ensoleill&#233;es. Cet &#233;t&#233;, par exemple&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;!...&lt;br class='autobr' /&gt;
L'excursion projet&#233;e &#224; l'occasion du passage du Tour de France au Galibier, ne comptait donc ni allures vives, ni longs parcours. Deux &#233;tapes moyennes&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; la premi&#232;re, de Saint-&#201;tienne au col du Glandon&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; la seconde, du col du Glandon &#224; Grenoble, par le Galibier. Nous devions en prendre &#224; notre aise&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; je dis nous, parce que l'un de nos randonneurs, ... et peut-&#234;tre m&#234;me 4&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; avaient promis de m'accompagner.&lt;br class='autobr' /&gt;
Tous, au dernier moment, eurent autre chose &#224; faire, et j'allais partir seul quand arriva &#224; Saint-&#201;tienne, M.&#160;V. B..., un jeune Anglais, qui m'of&#173;frit de venir avec moi, si toutefois il parvenait &#224; doubler son unique d&#233;veloppement de 5 m. 80 d'un petit pignon lui donnant environ 3 m. 50. Deux heures plus tard&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; c'&#233;tait chose faite, et nous grimpions entre chien et loup au col des Grands-Bois, o&#249; nous pass&#226;mes la nuit.&lt;br class='autobr' /&gt;
Je souhaite &#224; tous ceux qui cherchent le bon compagnon de route, d'en rencontrer d'aussi aimables et d'aussi &#233;rudits que M.&#160;Vernon Blake. Pourquoi ne le nommerai-je pas, puis&#173;que d&#233;j&#224; les lecteurs du Cycliste ont pu go&#251;ter le charme qui se d&#233;gage de ses r&#233;cits&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;?	&lt;br class='autobr' /&gt;
Et comme l'artiste est ici, chose rare, doubl&#233; d'un bon randonneur, jugez de mon agr&#233;able surprise.&lt;br class='autobr' /&gt;
Au d&#233;part, le dimanche matin, &#224; 3 heures et demie, temps douteux&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; nous avions vu la veille, des &#233;clairs lointains illuminer l'horizon, devant nous, &#224; droite, &#224; gauche, presque de tous les c&#244;t&#233;s. Des orages se d&#233;cha&#238;naient, dont nous ne tard&#226;mes pas &#224; trouver les traces, &#224; mesure que nous nous rapprochions de Grenoble par Andance, Moras, Marcilloles, Rives et Voreppe.&lt;br class='autobr' /&gt;
M.&#160;&lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;V. B.&lt;/span&gt; montait une bicyclette l&#233;g&#232;re, 12 kilos environ, avec boyaux de 28 mm., toile apparente, et il s'&#233;tait muni de deux boyaux de rechange, bien qu'il m'assur&#226;t qu'en cours de route, il pouvait tr&#232;s bien, en vingt minutes, faire une r&#233;paration.&lt;br class='autobr' /&gt;
Parfait&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! j'allais donc m'instruire, et, in petto, je souhaitais qu'un silex, clou, &#233;pine, ou tout autre ennemi des pneus, nous fournit bient&#244;t l'occasion de r&#233;parer un de ces boyaux.&lt;br class='autobr' /&gt;
Nous avions travers&#233; Grenoble, Vizille, et nous quittions le P&#233;age, quand je commence &#224; talonner. Je d&#233;monte&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; nous &#233;tions justement sur le bord d'un petit &#233;tang, mais il fut inutile de plonger la chambre dans l'eau&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; je mis de suite, h&#233;las&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! le doigt sur la perforation.&lt;br class='autobr' /&gt;
Depuis les m&#233;saventures que me caus&#232;rent, &#224; P&#226;ques 1911, mes pneumatiques, je me suis muni de chambres &#224; air interrompues, afin de n'avoir plus &#224; d&#233;monter de roues en cours de route. Ces chambres sont tr&#232;s commodes, il est f&#226;cheux qu'elles ne soient pas mieux fabriqu&#233;es et qu'elles cr&#232;vent d'elles-m&#234;mes, sans cause apparente, juste sur la ligne de partage entre la chambre proprement dite et les bouts inextensibles. A ce point pr&#233;cis, je d&#233;couvre &#8212; c'est la troisi&#232;me fois &#8212; un tout petit trou, le commencement d'une d&#233;chirure qui, sous la pastille obturatrice, ira s'&#233;largissant. Je ne fais ni une ni deux, je remplace cette chambre que je renverrai au fabricant avec pri&#232;re de trouver un rem&#232;de &#224; ce mal qui finirait par me ramener aux chambres continues. Et qu'il ne vienne pas me dire que l'accident est d&#251; &#224; un d&#233;faut de montage&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! excuse facile &#224; laquelle trop souvent ont recours nos fournisseurs.&lt;br class='autobr' /&gt;
Qu'ils fassent plut&#244;t leur profit des malfa&#231;ons que nous leur signalons, nous qui, &#224; nos frais, risques et p&#233;rils, exp&#233;rimentons sur route leurs produits, et qu'ils les perfectionnent.&lt;br class='autobr' /&gt;
Mais il en est qui se laisseraient couper la t&#234;te plut&#244;t que de reconna&#238;tre leur erreur.&lt;br class='autobr' /&gt;
Tr&#232;s satisfait, d&#232;s 1903, du rendement des pneus d'une grande marque anglaise, je n'en voulais plus d'autres, et, de saison en saison, j'en propageais davantage l'emploi parmi mes compagnons, quand j'en re&#231;us un jour une paire qui ne semblaient diff&#233;rer des pr&#233;c&#233;dents sous aucun rapport mais qui, sur route, me firent l'effet de boulets que j'aurais attach&#233;s &#224; mes roues. Je m'en pris &#224; tout avant d'accuser les pneumatiques, tant ma confiance &#233;tait grande en cette marque dont je n'avais eu qu'&#224; me louer depuis plusieurs ann&#233;es. Il fallut pourtant se rendre &#224; l'&#233;vidence et, pour en avoir le c&#339;ur net, je renvoyais cette paire de pneus en bois &#224; Edinburgh, &#224; mes frais, avec force explications, priant le fabricant d'enqu&#234;ter &#224; leur sujet, de les essayer sur route, comparativement &#224; d'autres, afin de pr&#233;venir de semblables surprises. On me r&#233;pondit poliment que j'avais d&#251; r&#234;ver, que ces pneus &#233;taient, de l'avis de &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;MM&lt;/span&gt;.&#160;les ing&#233;nieurs qui les avaient examin&#233;s, de pr&#232;s, en tous points conformes aux autres et qu'aucun fabricant n'en pouvait faire de meilleurs. J'en fus pour mes frais de port aller et retour&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; mais, ayant &#224; mon tour examin&#233;, et encore de plus pr&#232;s que &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;MM&lt;/span&gt;.&#160;les ing&#233;nieurs, ces pneumatiques, je d&#233;couvris le pourquoi de leur manque absolu de souplesse dans la duret&#233; des parois qui, quoique minces, manquaient totalement d'&#233;lasticit&#233;&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; un exc&#232;s de chaleur pendant la vulcanisation, ou toute autre malfa&#231;on en cours de fabrication avait enlev&#233; au fil biais toutes ses qualit&#233;s, tant et bien que la chambre &#233;tait emprisonn&#233;e entre deux parois rigides.&lt;br class='autobr' /&gt;
Il va sans dire que, depuis lors, je n'ai plus employ&#233; ni conseill&#233; ces pneumatiques, dont le fabricant est incapable de discerner les d&#233;fauts et les qualit&#233;s.&lt;br class='autobr' /&gt;
Pendant que je remplace ma chambre, mon compagnon croque des poires que nous avons achet&#233;es la veille. Quand j'ai fini et que nous allons repartir, son boyau arri&#232;re est &#224; plat&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! Et , c'est &#224; mon tour de croquer des poires en le re&#173;gardant travailler. Pour les raisons d&#233;j&#224; dites, cette r&#233;paration d'un boyau m'int&#233;resse et j'en ai not&#233; la dur&#233;e, 18 minutes. Gonflant tout d'abord &#224; bloc, on fait tourner le pneu &#224; fleur de l'eau, et l'on d&#233;couvre imm&#233;diatement le trou&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; le coupable, un morceau de verre, est encore dans l'enveloppe.&lt;br class='autobr' /&gt;
On d&#233;colle 5 centim&#232;tres d'un ruban coll&#233; sur les bords cousus du boyau, on d&#233;coud, on extirpe la chambre, on colle une pastille, on recolle, et c'est fini. Me voil&#224; fix&#233; sur la facilit&#233; de r&#233;paration d'un boyau en cours de route 18 minutes, c'est &#224; peu pr&#232;s le temps que je mets &#224; r&#233;parer un d&#233;montable&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; donc, il n'y a plus de raison pour que je ne me serve pas de boyaux sur mes randonneuses, mais je veux des boyaux d'au moins 35 mm., des pneus-crayons me secoueraient trop.&lt;br class='autobr' /&gt;
L'heure fuit&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; nous ne sommes &#233;videmment pas press&#233;s, cependant il faut de la mesure en tout, et nous sommes loin encore, surtout en hauteur, du col du Glandon. Nous n'allons pourtant pas bien loin sans que ce coquin de boyau soit &#224; plat de nouveau. La r&#233;paration a &#233;t&#233; sans doute trop h&#226;tive&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; regonflons de temps &#224; autre et arr&#234;tons-nous pour d&#233;jeuner &#224; S&#233;chilienne&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; il est d'ailleurs midi, l'heure prandiale.&lt;br class='autobr' /&gt;
Au dessert, M.&#160;&lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;V. B.&lt;/span&gt; se d&#233;cide &#224; examiner son pneu, &#224; le repasser dans l'eau&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; la r&#233;paration tient bien, mais il y a un autre trou, une autre pointe de verre&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; nouvelle r&#233;paration, aussi vite termin&#233;e que la premi&#232;re. D&#233;cid&#233;ment, les col&#173;l&#233;s montent en mon estime&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; je ne tarderai pas &#224; en avoir aussi et je d&#233;collerai, d&#233;coudrai et recoudrai, comme ces pauvres isol&#233;s du Tour de France que nous allons voir passer.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le temps se g&#226;te, quelques gouttes de pluie nous atteignent avant la plaine de Bourg-d'Oisans, et, pendant qu'&#224; droite, vers le col d'Ornon, le ciel reste d'azur, &#224; gauche, vers le col du Glandon, des nuages mena&#231;ants nous ca&#173;chent les sommets.&lt;br class='autobr' /&gt;
Aux Sables, nous entrons dans la partie ex&#173;cursion proprement dite&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; je ne suis jamais venu l&#224; et je me sens, d&#232;s le d&#233;but, favorable&#173;ment impressionn&#233; par la jolie position d'un village perch&#233; &#224; flanc de coteau, d'une gorge o&#249; gronde un vrai torrent, au milieu d'une ver&#173;dure exub&#233;rante&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; quelques escarpements, de la neige au loin, des cascades aupr&#232;s, aussi peu de civilisation que possible, il ne m'en faut pas davantage pour me faire trouver la nature tr&#232;s belle. Je vais &#234;tre servi &#224; souhait. Ce passage d'ouverture relativement r&#233;cente, entre les vall&#233;es de la Romanche et de l'Arc, est rest&#233; primitif, rude, farouche m&#234;me, surtout quand la brume en &#233;loigne le soleil.&lt;br class='autobr' /&gt;
Une usine &#233;lectrique de transport de force et de lumi&#232;re, un hameau, un pont, et voil&#224; la mont&#233;e qui commence. Qu'apercevons-nous premier d&#233;tour&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;? la montagne noy&#233;e dans une pluie intense, dont les premi&#232;res gouttes nous atteignent. Demi-tour vivement et allons nous abriter. Ce n'est pas l'heure de prendre un bain complet. Il fait presque froid, le soir approcha et nous n'aurons plus le soleil pour nous s&#233;cher. L'hydroth&#233;rapie en cours de route doit &#234;tre pratiqu&#233;e intelligemment. Quand on a de belles su&#233;es et des heures chaudes en perspective, il importe peu de se laisser mouiller et tremper jusqu'aux os par une pluie battante&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; mais quand la temp&#233;rature va fra&#238;chissant, mieux vaut se tenir au sec et au chaud.&lt;br class='autobr' /&gt;
Nous attendons longtemps, et il est plus de 17 heures quand le temps se rass&#233;r&#232;ne assez pour nous permettre de partir.&lt;br class='autobr' /&gt;
Avec le petit d&#233;veloppement, 2m,80, de ma cha&#238;ne flottante, la pente ne me para&#238;t excessive, mais, avec 3 m, 50, mon compagnon trouve la p&#233;dale assez dure pour qu'&#224; diverses reprises il soit oblig&#233; d'aller &#224; pied, ce qui ne l'emp&#234;che pas d'arriver aussit&#244;t que moi au Rivier, hameau de peu de feux, d'aspect bien sale et bien mis&#233;rable. Vous pourrez cependant y trouver fin g&#238;te quand la nuit vous y surpren&#173;dra. Les alpinistes qui descendent des Sept-Laux s'y arr&#234;tent assez souvent, et trois, cyclo- touristes st&#233;phanois qui firent Le Glandon huit jours apr&#232;s nous, pass&#232;rent la nuit au Rivier&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; ils y mang&#232;rent m&#234;me tr&#232;s bien. Notre projet &#233;tant de dormir &#224; 2.000 m&#232;tres d'altitude, nous continuons.&lt;br class='autobr' /&gt;
Non loin de l&#224;, un torrent sans g&#234;ne s'est empar&#233; de la route et nous Soumit l'occasion de prendre un bain de pieds&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; j'ai, par endroits de l'eau jusqu'aux genoux.	&lt;br class='autobr' /&gt;
V. B., alpiniste autant que cycliste, trouve le moyen de passer sans se d&#233;chausser et sans se mouiller, en sautant de pierre en pierre, de rocher en rocher, sa bicyclette l&#233;g&#232;re sous le bras. Vous aurez bien encore quelques petits ruisseaux &#224; traverser, nous annonce un montagnard qui suit son mulet et rentre dans un de ces burons accroch&#233;s aux flancs de la montagne comme nous en voyons, &#231;&#224; et l&#224;. Il faut vraiment bien aimer le coin de terre o&#249; l'on est n&#233; pour vivre en de telles solitudes. &lt;br class='autobr' /&gt;
Bien que nous ne soyons pas encore &#224; de bien hautes altitudes, nous c&#244;toyons des amoncellements de neige qui certainement r&#233;sisteront aux chaleurs de l'&#233;t&#233;. A un certain endroit o&#249; la route traverse sur un pont une de ces cong&#232;res, nous pouvons juger de son &#233;paisseur et de sa hauteur au-dessus du ruisseau qui en ronge la base. Le soleil doit p&#233;n&#233;trer difficilement au fond de cette gorge &#233;troite, d'o&#249; nous allons pourtant finir par &#233;merger. Loin et haut devant nous le torrent que nous remontons forme cascade et se pr&#233;cipite&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; la mont&#233;e s'accentue, puis s'adoucit et nous roulons en palier, &#224; c&#244;t&#233; d'un planiol o&#249; ces m&#234;mes eaux, que nous venons de voir &#233;cumer et bondir, s'alanguissent paresseuses parmi les longues herbes couch&#233;es. A droite, s'&#233;l&#232;vent d'assez hautes montagnes, abondamment pourvues de neige, et mon compagnon se sent redevenir alpiniste et parle d'y grimper. Grand bien lui fasse, ce n'est pas moi qui le suivrai&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! Herbe mouill&#233;e, brouillard, rochers glissants, neige tra&#238;tresse, je laisse &#224; d'autres ces agr&#233;ments et, pour l'instant, il me suffit de me d&#233;mener comme un diable sur un sol gazonn&#233;, &#224; orni&#232;res profondes, qui ne pr&#233;sente, en fait, de route cyclable, qu'une &#233;troite bande de terre &#224; peu pr&#232;s ferme dont il convient de ne pas s'&#233;carter.&lt;br class='autobr' /&gt; Une maison...... Serions-nous d&#233;j&#224; &#224; l'h&#244;tel&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;? &lt;br class='autobr' /&gt;
Que non pas&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! Nous en sommes encore &#224; 6 kilom&#232;tres. Ici, c'est la grande maison, nous apprend un gamin accouru pour nous voir passer. H&#226;tons-nous donc, car il sera nuit de borne heure aujourd'hui, &#224; cause de la brume qui par moments se r&#233;sout en pluies. Un mulet qui fl&#226;ne par la ne s'avise-t-il pas de nous suivre. La solitude lui p&#232;se sans doute&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; et plus nous p&#233;dalons, plus il trotte&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; son nez est sur mon &#233;paule il me souffle dans le dos, c'est tout de m&#234;me trop de familiarit&#233;. Je m'y soustrais en for&#231;ant l'allure et je laisse le mulet &#224; M.&#160;V. B., qui n'en sera d&#233;barrass&#233; qu'en arri&#173;vant au col&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; comprend-on cela&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;?&lt;br class='autobr' /&gt; La mont&#233;e finit dans les fleurs&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; la flore du Glandon est loin de celle du Parpaillon, mais elle a tout de m&#234;me quelque valeur&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; le sol redevient ferme &#224; mesure que le pourcentage de la rampe se rel&#232;ve.&lt;br class='autobr' /&gt;
Une maison d&#233;coiff&#233;e proprement de son toit t&#233;moigne de la violence du vent dans ces parages&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; la charpente en son entier, &#224; peine disloqu&#233;e, a &#233;t&#233; transport&#233;e &#224; cinquante m&#232;tres et d&#233;pos&#233;e bien &#224; plat dans la prairie. &lt;br class='autobr' /&gt;
Depuis la grande maison, nous voyons &#231;&#224; et l&#224;, des traces de bicyclettes toutes fra&#238;ches&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; allons-nous, par hasard, trouver des touristes au col&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;? Et ce col y suis-je bient&#244;t&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;? Je ne vois pas mon compagnon, ni son quadrup&#232;de garde du corps.	&lt;br class='autobr' /&gt;
Me voici maintenant en plein chantier, une maison en construction, des baraquements, des rails, des terres remu&#233;es, une forge en plein air et une &#233;quipe d'ouvriers baragouinant un ita&#173;lien panach&#233; de mauvais fran&#231;ais..&lt;br class='autobr' /&gt;
Je suis au d&#233;bouch&#233; de la route en construc&#173;tion qui, par la Croix de fer, ira du col du Glandon &#224; Saint-Jean-de-Maurienne, route uniquement touristique qui traverse, dit-on, de tr&#232;s baux sites.&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cette route a &#233;t&#233; ouverte &#224; la circulation peu de temps apr&#232;s notre passage (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Quant &#224; l'h&#244;tel dont aux Sables on nous avait annonc&#233; l'ouverture depuis huit jours, il n&#8216;y en a que les quatre murs, et il est tr&#232;s peu probable qu'il soit mis cette ann&#233;e en &#233;tat de recevoir des h&#244;tes.
&lt;br /&gt;&#8212; Alors, o&#249; coucherons-nous&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;?
&lt;br /&gt;&#8212; Voyez plus haut, chez le cantonnier.&lt;br class='autobr' /&gt; Allons plus haut, chez le cantonnier. Une toute petite maison carr&#233;e avec, sur la porte, un bel &#233;criteau : H&#244;tel recommand&#233; par le Club alpin&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! Nous entrons, le g&#233;rant nous explique la situation : En attendant que l'h&#244;tel soit cons&#173;truit, il s'est install&#233; dans la maison cantonni&#232;re o&#249; il recevra, tant bien que mal, les touristes de passage. C'est petit, c'est d&#233;labr&#233;, c'est encom&#173;br&#233; de tables, de chaises, de bouteilles&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; un lit occupe &#224; lui tout seul la moiti&#233; du rez-de-chaus&#173;s&#233;e. Pour tout personnel, une fillette et un ga&#173;min, mais de braves gens, qui tous font de leur mieux pour nous h&#233;berger.&lt;br class='autobr' /&gt;
Sit&#244;t que sont partis quelques terrassiers qui buvaient du pernod &#224; notre arriv&#233;e, la maison nous appartient&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; on allume du feu, l'un va chercher de l'eau, l'autre du lait, et je confec&#173;tionne promptement un potage aux nouilles et au lait assaisonn&#233; de gruy&#232;re. Il y en a pour tout le monde, et je re&#231;ois des &#233;loges, m&#233;rit&#233;s, j'ose te dire, pour la bonne mise au point de ce potage improvis&#233; auquel succ&#232;dent quelques &#339;ufs &#224; la coque et un peu de fromage. Vive la vie simple&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;!&lt;br class='autobr' /&gt;
J'aime peu avoir des compagnons de lit et j'aurais pr&#233;f&#233;r&#233; dormir sur une table, roul&#233; dans une couverture, mais il nous fallut bien, faute d'espace libre, nous contenter pour tous les deux du seul lit du cantonnier. Baste, une nuit est t&#244;t pass&#233;e quand on se couche &#224; 22 heures et qu'on se l&#232;ve &#224; 4 heures. Mais comment au&#173;rions-nous fait si les trois cyclistes dont nous avions suivi tes traces et qui &#233;taient pass&#233;s, sans heureusement s'arr&#234;ter, une heure avant nous, avaient aussi voulu dormir &#224; l'h&#244;tel du Glandon&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;?&lt;br class='autobr' /&gt;
Quel beau r&#233;veil&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! Un temps id&#233;al&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; un ciel d'un bleu profond, plein de lumi&#232;re&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; sur lequel se profilent des sommets parfois abrupts, mais le plus souvent arrondis, plaqu&#233;s de neige, s&#233;par&#233;s par des gorges que l'on devine et dont des flancs sont couverts de prairies. &lt;br class='autobr' /&gt;
Cela ressemble beaucoup au Lukmanier.&lt;br class='autobr' /&gt;
La descente emm&#232;ne bien&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; il faut ouvrir l'&#339;il, &#224; cause surtout du mauvais &#233;tat du sol ravin&#233; en maints endroits&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; des groupes de chalets sont pittoresquement dispos&#233;s &#231;&#224; et l&#224;, et l'on atteint rapidement Saint-Colomban qui m'a paru un lieu de vill&#233;giature d&#233;licieux&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; les h&#244;tels n'y manquent pas et les jolis sites, les buts de promenades vari&#233;s autant que pittoresques y foisonnent. Les femmes y sont coiff&#233;es de bonnets blancs &#224; ailes battantes, qui ne font pas mal dans le paysage.&lt;br class='autobr' /&gt;
Aux l&#233;g&#232;res vapeurs qui s'en d&#233;gagent et qui lui font comme un panache, on devine au loin la vall&#233;e de l'Arc que nous franchissons enfin &#224; La Chambre, pour rouler sur la route et dans la direction que vont suivre dans quelques ins&#173;tants, les coureurs du Tour de France.&lt;br class='autobr' /&gt;
A Saint-Jean-de-Maurienne, nous d&#233;jeunons et nous filons rondement jusqu'&#224; Saint-Michel. D&#233;j&#224; les soigneurs ont dress&#233; des tables et dispos&#233; les breuvages et les mixtures pr&#233;par&#233;s pour leurs poulains&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; la foule attend&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; les cham&#173;pions locaux p&#233;rorent et s'appr&#234;tent &#224; grimper derri&#232;re les g&#233;ants de la route.&lt;br class='autobr' /&gt;
Il est exactement 9 h. 20 quand j'aborde la mont&#233;e. M.&#160;&lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;V. B.&lt;/span&gt; a quelque chose &#224; d&#233;battre avec ses coll&#233;s et me laisse partir seul. Au bout de peu de temps, je trouve qu'il fait bien chaud et comme la route est d&#233;serte, je me mets en tenue l&#233;g&#232;re, je me rafra&#238;chis &#224; plusieurs sour&#173;ces et grimpant r&#233;guli&#232;rement avec 2 m.80, je passe &#224; 10 h. 25 devant un contr&#244;leur qui, de l'entr&#233;e du tunnel du T&#233;l&#233;graphe guette le pas&#173;sage des coureurs &#224; Saint-Michel. Il ne verra pas les premiers avant 10 h. 50 et il les verra monter ensuite un peu plus vite qu'il ne m'a vu grimper&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;!&lt;br class='autobr' /&gt;
J'en prends &#224; mon aise et m'arr&#234;te assez long&#173;temps &#224; Valloire&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; j'y red&#233;jeune &#224; tout hasard, ne sachant o&#249; je pourrai manger ensuite.&lt;br class='autobr' /&gt;
Mon projet &#233;tait d'attendre l&#224; les coureurs, d'en partir avec le premier, t&#226;chant de le suivre juste assez longtemps pour mesurer son d&#233;veloppement, de faire de m&#234;me avec le second, le troisi&#232;me, avec tous ceux qui me rattraperaient jusqu'&#224; 15 heures, heure &#224; laquelle je m'&#233;tais impos&#233; de quitter le Galibier pour ne pas man&#173;quer mon train de retour &#224; Grenoble.&lt;br class='autobr' /&gt;
Mais, on se lasse vite d'attendre et &#224; midi moins le quart, ne voyant rien poindre &#224; l'ho&#173;rizon, je continuai l'ascension m'attendant &#224; &#234;tre rattrap&#233; &#224; chaque instant. Des autos me d&#233;pas&#173;s&#232;rent&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; les coureurs n'&#233;taient donc pas bien loin. Ici et l&#224;, post&#233;s aux bons endroits, quel&#173;ques groupes de cyclistes, des officiers d'alpins, des touristes, guettent les arrivants&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; je cueille m&#234;me au passage de discrets encouragements et toujours seul je traverse le torrent au plan de Lacha. Mais, &#224; peine ai-je entam&#233; la mont&#233;e fi&#173;nale de 6 kilom&#232;tres &#224; 10&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;%, dont le premier la&#173;cet domine la route,que j'aper&#231;ois au-dessous de moi, un cycliste, suivi de deux ou trois voitures. J'ai de 500 &#224; 600 m&#232;tres d'avance et je suis rattrap&#233; apr&#232;s 3 kilom&#232;tres et demi, un peu avant les chalets du Galibier&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; j'ai le temps de constater que le d&#233;veloppement de Christophe est de 4 m&#232;tres &#224; 4 m. 20 et j'admire l'aisance du coup de p&#233;dale de ce jeune homme qui, sans le moindre d&#233;hanchement, &#224; peine pench&#233;, file, &#224; 10 &#224; l'heure environ, droit devant lui, sans zigzaguer.&lt;br class='autobr' /&gt;
La rampe est dure pourtant, le soleil chaud et le sol bien rocailleux&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; il n'a pas l'air de s'en apercevoir.&lt;br class='autobr' /&gt;
L'Auto nous a appris que Christophe a grimp&#233;, de Saint-Michel au col, 33 kilom&#232;tres, dont 5 de descente et 1 de presque palier, en 2 h. 33. L'an pass&#233;, Georget monta un peu plus vite, et il y a quelques ann&#233;es, un randonneur lyonnais, H. B., a fait ce m&#234;me trajet en avec, chose bizarre, le m&#234;me d&#233;veloppement, 4 m. 10, mais en touriste avec armes et bagages et des pneus d&#233;montables. Quant &#224; moi&lt;br class='autobr' /&gt;
d&#233;duisant mes arr&#234;ts &#224; Valloire et aux chalets du Galibier, j'ai mis exactement 3 h. 10. Bon nombre de coureurs ont mis plus longtemps que cela, pour s'&#233;lever de Saint-Michel au Galibier et, comme me l'&#233;crivait un abonn&#233; du Cycliste, qui est all&#233; voir passer le Tour de France au col d'Allos, il semble que, dans l'ensemble, les professionnels qui, en palier, contre le vent et m&#234;me aux mont&#233;es douces, sont si nettement sup&#233;rieurs de 25 &#224; 30&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;% aux randonneurs, leur sont tout juste &#233;gaux quand il s'agit de mont&#233;es dures et longues. Cela, n'est pas naturel, et la sup&#233;riorit&#233; de ces athl&#232;tes exceptionnels doit logiquement se manifester, aussi bien dans un cas que dans l'autre. Et je conclus que les coureurs du Tour de France ont encore &#224; faire des progr&#232;s dans l'ascension des c&#244;tes&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; je leur conseille, d'essayer de plus faibles d&#233;veloppements et de s'habituer surtout &#224; p&#233;daler &#224; peu pr&#232;s aussi vite dans le 10&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;% que sur le plat, avec le d&#233;veloppement convenable, bien entendu. Leur force, la cause r&#233;elle de leur sup&#233;riorit&#233;, r&#233;side, en somme, uniquement dans leur fantastique vitesse de jambes. Une ca&#173;dence de 100 tours, qui pour nous est exceptionnelle et nous essoufflerait &#224; bref d&#233;lai, leur est toute naturelle&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; or, Christophe tournait &#224; 40 tours environ quand il passa devant moi&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; avec 2m, 80, je tournais beaucoup plus vite que lui&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! Mais les coureurs ne se rendront &#224; l'&#233;vi&#173;dence de ce raisonnement que lorsqu'on offrira un prix a ceux qui, le jour du passage des Tours de France, et concurremment avec eux, feront Saint-Michel-Galibier dans le minimum de temps.&lt;br class='autobr' /&gt;
Qu'un g&#233;n&#233;reux sportsman offre 500 francs ou un objet d'art de cette valeur au recordman de ce trajet tr&#232;s sp&#233;cial, et je suis persuad&#233; qu'il se trouvera, ce jour-l&#224;, au pied de la c&#244;te, un bonne douzaine de cyclistes, dont quelques-uns pourraient bien &#234;tre de simples randonneurs st&#233;phanois, pr&#234;ts &#224; donner une le&#231;on de choses aux professionnels du Tour de France.&lt;br class='autobr' /&gt;
Cette randonn&#233;e annuelle devrait, pour rester int&#233;ressante, devenir le pr&#233;texte de d&#233;monstra&#173;tions de ce genre et l'occasion d'exp&#233;riences comparatives entre le syst&#232;me de polymultiplication adopt&#233; par les coureurs et les syst&#232;mes que nous croyons sup&#233;rieurs m&#234;me pour les coureurs.&lt;br class='autobr' /&gt;
Aux chalets du Galibier je trouve nombreuse assistance&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; j'y suis, d&#232;s mon arriv&#233;e, cordiale&#173;ment salu&#233; par des Audax parisiens que j'ai eu le plaisir de rencontrer l'an pass&#233; dans le Can&#173;tal.&lt;br class='autobr' /&gt;
Je vous prie de croire que j'ai chaud et que j'ai soif. Je devrais boire de l'eau pure, mais j'entends parler d'Asti spumante&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; j'ai un faible pour ce nectar transalpin, et, persuad&#233; que M.&#160;B. ne tardera pas &#224; surgir pour m'aider &#224; la vider, j'en demande une bouteille&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; c'est la vingt-cinqui&#232;me que d&#233;bite depuis deux heures le montagnard rus&#233; et bon enfant qui a eu l'id&#233;e d'installer un comptoir dans ces parages, concurremment avec le tenancier du blockhaus de l'autre versant.&lt;br class='autobr' /&gt;
Mais mon compagnon ne vient pas&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; une dizaine de coureurs ont d&#233;j&#224; pass&#233;, la plupart &#224; pied, et j'ai d&#233;j&#224; bu &#224; petites gorg&#233;e &#224; l&#224; moiti&#233; de la bouteille, en me disant, &#224; chaque coup, que je fais une b&#234;tise, que c'est stupide de s'alcooliser ainsi l'estomac vide et par cette, chaleur. H&#233;las&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! la chair est faible...&lt;br class='autobr' /&gt;
Le destin veillait heureusement sur moi et son messager survint sous la forme d'un coureur qui, sans mot dire &#8212; c'&#233;tait sans doute un &#233;tranger &#8212; empoigne le flacon, se le met sous le nez et en transvase en un clin d'&#339;il le contenu dans son carburateur.&lt;br class='autobr' /&gt;
Dieu soit lou&#233;&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! Me voici d&#233;barrass&#233; d'un grand souci, d'une grande crainte. Ce devait &#234;tre un italien connaissant le vin d'Asti et capable de l'appr&#233;cier. Il repartit aussit&#244;t, sans manifester d'opinion, pendant qu'un autre coureur s'emparait de la m&#234;me fa&#231;on, de la bouteille de limonade de mon voisin.&lt;br class='autobr' /&gt;
Ces fa&#231;ons sont excusables&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; le r&#232;glement d&#233;fend en effet &#224; tous les coureurs d'accepter quoi que ce soit d'un passant en cours de course&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; ils sont donc oblig&#233;s de prendre sans demander de permission, afin de n'&#234;tre pas p&#233;nalis&#233;. De fait, les contr&#244;leurs qui pointait l&#224; le passage, ne firent aucune observation, tandis je fus un peu plus tard t&#233;moin d'un incident p&#233;nible, au col m&#234;me du Galibier.	&lt;br class='autobr' /&gt;
Un pauvre diable de coureur, affam&#233;, ext&#233;&#173;nu&#233;, arrive p&#233;niblement et accepte un sandwich que lui tend un spectateur. Il y mordait &#224; plei&#173;nes dents quand un contr&#244;leur bien frais, bien rose, bien replet et fumant un cigare bagu&#233;, un type comme Faroux, mais moins gras tout de m&#234;me, ou comme Desmarets, mais moins long, le menace de p&#233;nalisation s'il continue &#224; manger et lui rappelle le r&#232;glement. &lt;br /&gt;&#8212; Mais on me l'a donn&#233; sans que le demande, r&#233;pliqua le malheureux.
&lt;br /&gt;&#8212; Vous ne deviez pas l'accepter. &lt;br /&gt;&#8212; Il faut donc mourir de faim&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;!&lt;br class='autobr' /&gt;
Et, avec le regard mouill&#233; d'un chien &#224; qui l'on arrache un os, il jette dans la neige son morceau de pain.&lt;br class='autobr' /&gt;
C'&#233;tait plut&#244;t triste, mais, en somme, le contr&#244;leur avait raison&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; quand on signe un contrat, il faut se conformer &#224; toutes les clauses. Seulement, &#224; mon, avis&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; ce rappel, &#224; l'ordre aurait d&#251; sortir d'un moins gros ventre.&lt;br class='autobr' /&gt;
Devant le tunnel, beaucoup d'officiels en au&#173;tomobile et une vingtaine de cyclistes. Entre les talus de neige, on peut circuler &#224; l'aise. Je suis entour&#233; de visages connus, Audax, venus de Paris, randonneurs st&#233;phanois&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; je serre avec plaisir les mains qui me sont tendues. On cause, les coureurs se succ&#232;dent et nous les regardons changer de d&#233;veloppement en retournant la roue motrice. On compte rapidement les dents des pignons&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; les d&#233;veloppements sont, &#224; peu de chose pr&#232;s, identiques, environ 5 m. 50 d'un c&#244;t&#233; et 4 m&#232;tres de l'autre c&#244;t&#233;. Quelques-uns ne changent pas au Galibier&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; ils changeront au Lautaret ou continueront jusqu'&#224; Grenoble avec leur petit d&#233;veloppement, &#224; cause de la roue libre, le grand d&#233;veloppement &#233;tant &#224; roue serve..&lt;br class='autobr' /&gt;
Il en est qui semblerait avoir roue libre sur les deux d&#233;veloppements&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; il est, en somme, impossible de savoir exactement comment chaque coureur est outill&#233;... J'ai suivi pendant quelque temps, &#224; la descente, entre le Dauphin et Le Freynet, le num&#233;ro 169, qui m'a sembl&#233; avoir conserv&#233; son petit d&#233;veloppement et qui prati&#173;quait la m&#233;thode des planements. En quelques p&#233;dal&#233;es rapides, il se lan&#231;ait, puis pelotonn&#233; sur son guidon et sur ses p&#233;dales, il filait en roue libre pendant cent, deux cents, trois cents m&#232;tres, pour recommencer incessamment le m&#234;me man&#232;ge.&lt;br class='autobr' /&gt; En man&#339;uvrant ainsi quand un coureur se trouve dans un peloton, il peut, en palier bien entendu, ou en descente douce&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; faire sans p&#233;daler des kilom&#232;tres comme dans un fau&#173;teuil&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; il lui suffit de reprendre contact par quelques vigoureuses lanc&#233;es, quand il est laiss&#233; distancer. Avec un grand d&#233;veloppement de 7 &#224; 8 m&#232;tres, il obtiendrait, m&#234;me avec une roue serve, le m&#234;me r&#233;sultat, &#224; la condition de pouvoir reprendre instantan&#233;ment un d&#233;velop&#173;pement moyen si quelque incident le privait du peloton coupe-vent.&lt;br class='autobr' /&gt;
Je donc suivi un moment le n&#176;&#160;169 et me suis rendu compte qu'avec un tr&#232;s faible d&#233;ve&#173;loppement il marchait n&#233;anmoins avec la m&#233;thode des planements, &#224; plus de 30 &#224; l'heure.&lt;br class='autobr' /&gt;
J'ai vu d'autres coureurs filer, &#224; la descente des Comm&#232;res, &#224; des allures folles&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; je les avais vus, en 1903 et 1904, malhabiles &#224; la des&#173;cente peu dangereuse de notre col des Grands- Bois, se laisser battre par de simples cyclotouristes. Ah&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! les gaillards ont fait des progr&#232;s&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;!&lt;br class='autobr' /&gt;
Il est difficile de comparer leur fa&#231;on de pro&#173;c&#233;der au cours de ces &#233;tapes en pays accident&#233; avec celle des randonneurs de l'&lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;E. S.&lt;/span&gt; sur le m&#234;me terrain. On ne compare pas des choses par trop dissemblables.&lt;br class='autobr' /&gt;
Alors que, m&#234;me quand nous sommes pres&#173;s&#233;s, nous ne perdons pas une occasion de voir ce qu'a d'int&#233;ressant le paysage, que nous ra&#173;lentissons souvent notre marche pour ce motif, que nous-causons entre nous, que nous nous attendons souvent les uns les autres, bref, que nous en prenons &#224; notre aise, les coureurs s'en vont vers le but avec une h&#226;te f&#233;brile, ils ne voient pas, ils ne parlent pas&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; toutes leurs &#233;nergies sont concentr&#233;es dans l'effort, dans l'espoir de rattraper le concurrent qui est de&#173;vant eux. S'ils desserrent parfois les l&#232;vres, c'est pour demander s'ils sont loin, s'ils sont pass&#233;s depuis longtemps&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; ils, c'est-&#224;-dire ceux qui sont en t&#234;te, ceux qui vont leur enlever le prix.&lt;br class='autobr' /&gt;
Cet &#233;tat d'&#226;me, que nous ignorons, est pour beaucoup dans les magnifiques r&#233;sultats des courses telles que le tour de France, o&#249; la vitesse commerciale se maintient le plus souvent autour de 28 &#224; l'heure, pour beaucoup aussi les soins re&#231;us en cours de route, l'all&#232;gement de la tenue, la position du corps, qui r&#233;duit au minimum la r&#233;sistance de l'air.&lt;br class='autobr' /&gt;
Avez-vous jamais essayer quand vous luttez avec &#233;nergie contre un vent violent, de vous coucher &#224; plat ventre sur le guidon&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;? Imm&#233;diatement, vous avez, alors senti la p&#233;dale deve&#173;nir plus l&#233;g&#232;re et vous avez tent&#233; d'augmenter le d&#233;veloppement. C'est &#224; moto, o&#249; la force du moteur est constante. qu'on se rend admirablement compte en pareil cas, de la diminution de la r&#233;sistance qui se traduit par une aug&#173;mentation tr&#232;s nette de l'allure. Si, buste bien droit, vous marchiez &#224; 25 &#224; l'heure, vous mar&#173;cherez, buste aplati sur le guidon, &#224; 30 &#224; l'heure.&lt;br class='autobr' /&gt;
Cette position du corps est trop incommode pour que nous la gardions longtemps, mais nous nous servons &#224; l'occasion, subter&#173;fuge, de ce truc, de ce j&#233;suitisme, comme dirait Desgranges, pendant nos randonn&#233;es. Des cou&#173;reurs, eux, truquent constamment. Ils nous sont surtout par l&#224; sup&#233;rieurs.&lt;br class='autobr' /&gt;
Cette ann&#233;e, un de nos jeunes randonneurs st&#233;phanois Panel, et parti, avec le n&#176;&#160;133, pour faire le Tour de France, tant pour se ren&#173;dre compte de ses difficult&#233;s que pour faire voir au milieu de tous ses coureurs en maillot et de ses bicyclette de course &#224; boyaux, un cyclo-touriste et une bicyclette de voyage &#233;quip&#233;e pour le voyage avec d&#233;montables, garde-boue, porte-bagages, etc.&lt;br class='autobr' /&gt;
On se moqua beaucoup de lui, para&#238;t-il, au d&#233;part, et la gavrocherie parisienne dauba sur le baudet qui s'attelait &#224; pareille charrette pour faire 5000 kilom&#232;tres. &lt;br class='autobr' /&gt;
Or, il advint que ce randonneur dama le pion d&#232;s la premi&#232;re &#233;tape &#224; pas mal de coureurs, qu'ils am&#233;liora encore son classement pendant la deuxi&#232;me &#233;tape &#224; pas mal de coureurs, de 390 kilom&#232;tres, et qu'&#224; la fin de la troisi&#232;me &#233;tape, &#224; Belfort, apr&#232;s le ballon d'Alsace, il ne se trouva plus bien loin des dix premiers de sa cat&#233;gorie qui, au d&#233;part de Paris comptait cent et quelques partants. On commen&#231;ait &#224; s'int&#233;resser &#224; cette charrette &#224; six d&#233;veloppements par Whippet et on ne trouvait plus si ridicule l'homme qui la faisait courir pendant des 300 et 400 kilom&#232;tres, &#224; la bonne moyenne de 25 &#224; l'heure. Car telle fut, de 24 &#224; 25 &#224; l'heure&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; l'allure commerciale de Panel pendant les trois premi&#232;res &#233;tapes. Et je suis bien certain qu'il ne se surmenait pas et que si l'on avait tenu compte pour le classement de la fatigue &#233;prouv&#233;e par l'organisme au cours de l'&#233;tape, Panel aurait &#233;t&#233; parmi les tout premiers.&lt;br class='autobr' /&gt;
A Belfort, un maladroit le bouscula si malheureusement que sa machine en rendit l'&#226;me, ou &#224; peu pr&#232;s, puisque malgr&#233; deux r&#233;parations successives, elle ne put l'emmener &#224; Chamonix qu'apr&#232;s la fermeture du contr&#244;le.&lt;br class='autobr' /&gt; C'est une exp&#233;rience &#224; recommencer, et ce jeune randonneur est un partant certain dans le tour de France 1913, si toutefois les isol&#233;s sont autoris&#233;s &#224; se servir de la roue libre, car sans roue libre, pas de Whippet, et Panel tient &#224; courir sur son Whippet &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#8239;le Chemineau&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;. &lt;br class='autobr' /&gt;
Cependant nous pouvons, de ce commencement d'exp&#233;rience comparative, retenir ceci : qu'un randonneur de l'&lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;E. S.&lt;/span&gt; voit son rendement, autrement dit son allure moyenne, augmenter, machine et toutes choses &#233;gales, d'environ 20&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;% d&#232;s que, au lieu de randonner &#224; la bonne franquette, comme nous faisons tous, il suit une course avec quelque pens&#233;e de perdre le moins de temps possible aux arr&#234;ts en cours de route et de bien se classer.&lt;br class='autobr' /&gt;
Pour qu'un tel r&#233;sultat soit possible, il faut ou bien que l'homme soit musculairement l'&#233;gal de ses concurrents, ou bien qu'il soit arm&#233; mieux qu'eux et qu'il arrive &#224; leur niveau, non par ses moyens personnels, mais gr&#226;ce &#224; un meilleur outil. Le bon outil, &#233;videmment, ne suffit pas &#224; faire le bon ouvrier, pas plus que l'habit ne suffit &#224; faire le moine&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; mais, on peut tr&#232;s raisonnablement soutenir que tel ouvrier m&#233;diocre fera, avec un bon outil, d'aussi bonne besogne qu'avec un mauvais outil en ferait un bon ouvrier.&lt;br class='autobr' /&gt;
L'opinion de Panel est que, s'il a si bien d&#233;&#173;fendu sa chance contre des gaillards autrement vigoureux que lui et des habitu&#233;s du Tour de France, c'est gr&#226;ce &#224; sa polymultipli&#233;e qui, en maintes occasions, lui a permis, tant&#244;t avec un grand, tant&#244;t avec un petit d&#233;veloppement, de d&#233;passer ses rivaux peinant &#224; la mont&#233;e en incapables avec leurs 5 m&#232;tres de suivre en pente douce ses 7 m. 50. Il ne s'est trouv&#233; en &#233;tat d'inf&#233;riorit&#233; que sur le terrain, favorable &#224; la mono l&#233;g&#232;re de 5 m&#232;tres&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; sur les rampes de 3 &#224; 5&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;%, courtes, et que les monos enlevaient &#224; grande allure, il &#233;tait de suite l&#226;ch&#233;, mais il rattrapait r&#233;guli&#232;rement &#224; la descente suivante.&lt;br class='autobr' /&gt;
Contrairement &#224; ce qu'on nous avait souvent dit des fa&#231;ons malveillantes et m&#234;me d&#233;loyales des coureurs entre eux, Panel n'a eu qu'&#224; se louer de ses camarades, tant group&#233;s qu'isol&#233;s, et les a toujours trouv&#233;s pr&#234;ts, &#224; lui rendre ser&#173;vice, du moment, bien entendu, o&#249; ils n'avaient rien &#224; craindre pour leur classement. Des group&#233;s lui ont m&#234;me donn&#233; parfois de quoi manger, car ils ne parviennent pas &#224; consom&#173;mer tout ce dont on bourre leur sac &#224; chaque contr&#244;le, et leurs voisins sur la route profitent du trop-plein.&lt;br class='autobr' /&gt;
Une circonstance fortuite lui a permis de constater l'importance &#233;norme des soins donn&#233;s au cours d'une &#233;tape et combien, entre un cou&#173;reur soign&#233; et un coureur livr&#233; &#224; ses seules res&#173;sources, entre un group&#233; et un isol&#233; v&#233;ritable car il y a des isol&#233;s qui ne le sont que dans les colonnes de l'Auto &#8212; la diff&#233;rence de ren&#173;dement est grande.	&lt;br class='autobr' /&gt;
Pendant l'&#233;tape Dunkerque-Longwy, Panel rattrape un group&#233; tr&#232;s mal en point, souffrant, gagnant et peu dispos&#233; &#224; faire du 35 &#224; l'heure. G&#233;n&#233;reusement, il lui propose de lui servir d'entra&#238;neur jusqu'au prochain contr&#244;le, o&#249; il pourrait se faire soigner. On fit ainsi une cin&#173;quantaine de kilom&#232;tres &#224; 25/26 &#224; l'heure, le group&#233; suivant roue dans roue l'isol&#233; et jouant sur sa roue libre l'air des planements ou fl&#226;nements qui d&#233;pla&#238;t si fort &#224; Ravaud.&lt;br class='autobr' /&gt;
Au contr&#244;le, le groupe s'arr&#234;te et Panel continue son 25/26 &#224; l'heure&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; mais il n'avait pas fait 20 kilom&#232;tres que le malade de tout &#224; l'heure le rattrape, gu&#233;ri comme par enchante&#173;ment et poussant comme un sourd. Il crie &#224; Panel :&lt;br class='autobr' /&gt; - Allons, colle &#224; ton tour. Tu m'as aid&#233;, je vais t'aider et nous allons gagner des places.&lt;br class='autobr' /&gt;
Panel suit donc avec son grand d&#233;veloppe&#173;ment, mais l'allure n'est plus celle des randon&#173;neurs, elle monte &#224; 30, &#224; 35, &#224; 40 kilom&#232;tres, et elle s'y maintient. On avait donn&#233; &#224; ce groupe quelque doping soign&#233;, et il filait comme s'il avait eu le feu sous la selle.&lt;br class='autobr' /&gt;
Si l'on gagne des places&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;? Il faut voir &#231;a&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! D&#232;s qu'un coureur est aper&#231;u &#224; quelque tournant de la route, on fonce sur lui&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; avant de le d&#233;&#173;passer, on reprend haleine, puis, en coup de vent, vlan l'on bondit &#224; dix m&#232;tres, afin de l'emp&#234;cher de coller&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; le p&#244;vre en est clou&#233; sur place.&lt;br class='autobr' /&gt;
Seulement ce jeu dure un peu trop longtemps pour Panel qui finit par planter l&#224; son entra&#238;&#173;neur, apr&#232;s l'avoir remerci&#233;, et l'autre continue &#224; gagner des places. Il m&#233;ritait d'arriver pre&#173;mier ce jour-l&#224;&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;!&lt;br class='autobr' /&gt;
En 1905, au deuxi&#232;me concours du Tour de France, je vis un professionnel, du nom de Fourchotte qui, le premier jour, fut tr&#232;s nette&#173;ment battu, tant &#224; l'aller, de Grenoble Chamb&#233;ry, qu'au retour, de Chamb&#233;ry-Grenoble, par de simples coll&#233;giens&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; ce qui affligea beaucoup ses patrons..&lt;br class='autobr' /&gt;
Le second jour, nous ne v&#238;mes pas Fourchotte &#224; l'aller, il se reposait&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; mais nous le v&#238;mes, au retour, escalader ce m&#234;me col du Fr&#234;ne qui, la veille l'avait r&#233;duit &#224;&lt;i&gt; quia&lt;/i&gt;, l'escalader, dis-je, &#224; une allure &#233;bouriffante, laissant sur place ses vainqueurs de la veille et gagnant pr&#232;s d'une heure sur le second&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! Ses patrons furent ravis et lui allou&#232;rent une gratification rondelette.&lt;br class='autobr' /&gt;
Voil&#224; les effets d'un doping soign&#233;&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! nos ran&#173;donneurs st&#233;phanois n'ont pas l'habitude de se droguer de cette fa&#231;on. Ils ont pour principe de ne jamais marcher par amour-propre et de rester toujours en dedans de leurs moyens. C'est pourquoi les tr&#232;s grandes allures ne sont point leur fait, si ce n'est pendant de courts instants.&lt;br class='autobr' /&gt;
Panel fit donc tr&#232;s bien de renoncer au b&#233;n&#233;&#173;fice du coupe-vent que les circonstances lui avaient offert et de reprendre son train ordi&#173;naire&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; il arriva frais et dispos, tandis que, pour gagner une heure, il serait arriv&#233; &#233;reint&#233;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Nous comprenons bien, par cet exemple, la diff&#233;rence qu'il y a entre un coureur et un ran&#173;donneur.&lt;br class='autobr' /&gt;
Je ne savais encore rien de la mise hors course de Panel, et j'esp&#233;rais, en descendant du Lautaret &#224; Grenoble, en compagnie de trois Audax parisiens, &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;MM&lt;/span&gt;.&#160;Cl... R... et Ch..., qui furent de charmants compagnons, le voir surgir tout &#224; coup. Je crois que l'&#233;tape du Galibier lui aurait &#233;t&#233; favorable, car le parcours ne pr&#233;sente gu&#232;re de ces rampes moyennes, o&#249; la poly est inf&#233;rieure &#224; la mono, et il abonde, au contraire, en rampes dures que nos faibles d&#233;veloppements nous rendent faciles. Mais Panel ne sur&#173;git pas, et pour cause.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#192; Grenoble, mon &#233;tape &#233;tait termin&#233;e, cepen&#173;dant je trouvai le moyen de rallonger de 85 kilom&#232;tres, gr&#226;ce &#224; un train de nuit que je signale aux cyclistes.&lt;br class='autobr' /&gt;
A 22 heures et demie environ, part de Gre&#173;noble un train de marchandises qui emm&#232;ne, cahin-caha, &#224; 25 &#224; l'heure, deux vagons de voya&#173;geurs et dont le terminus est Bourgoin, o&#249; il arrive entre 2 et 3 heures. On y peut toujours disposer d'une banquette et l'on y dort, pen&#173;dant trois bonnes heures, du sommeil du juste&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; si bien qu'en descendant &#224; Bourgoin on se sent frais et dispos pour rentrer, par Heyrieux et Givors &#224; Saint-Etienne, o&#249; l'on arrive ais&#233;ment &#224; 7 heures, car se sont l&#224; routes faciles. Il en r&#233;sulte pour nous, qui toujours nous effor&#231;ons d'abaisser le prix de revient de nos randonn&#233;es, une notable &#233;conomie et l'agr&#233;ment de rentrer par la route.&lt;br class='autobr' /&gt;
Et je termine ce long r&#233;cit, coup&#233; d'encore plus longues digressions, en posant de nouveau la question :&lt;br class='autobr' /&gt;
Pourquoi les constructeurs de polys, moyeux, Whippets, polycha&#238;nes, etc., ne se d&#233;cident-ils pas &#224; organiser un Tour de France ouvert &#224; tous les perfectionnements et qui serait bien autrement int&#233;ressant que celui de L'Auto&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;?&lt;br class='autobr' /&gt;
V&#233;locio.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mon cher V&#233;locio,&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Vous &#234;tes-vous demand&#233; ce que je suis devenu lorsque vous m'avez laiss&#233; au pied du col du T&#233;l&#233;graphe, en train d'explorer l'anatomie d'un boyau&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;? La fuite &#233;tait due &#224; l'usure de la chambre par la t&#234;te de la valve&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; j'ai essay&#233;, sans succ&#232;s d'ailleurs, d'y faire tenir une pi&#232;ce et j'ai fini par changer de pneu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Toutes ces petites diversions m'ayant co&#251;t&#233; pas mal de temps, je me vois attrap&#233; par Christophe &#224; Valloire, o&#249; je faisais escale pour m'approvisionner. Ensuite, j'accompagne pendant de courtes distances Alavoine, Lambot, Pratesi, Garrigou et d'autres jusqu'au milieu de la mont&#233;e du Galibier, o&#249; cessant d'&#234;tre cycliste, je poursuis mon chemin &#224; pied, faisant tout juste du quatre &#224; l'heure, en me vouant tout entier &#224; l'admiration des montagnes qui m'entourent. Sans doute vous &#233;tiez d&#233;j&#224; parti depuis un bon moment lorsque je suis arriv&#233; au tunnel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au virage du Lautaret, il n'y avait plus personne. La fl&#232;che pos&#233;e par l'Auto &#233;tait presque invisible, et, voyant un coureur revenir du c&#244;t&#233; de Brian&#231;on, je me d&#233;cidai &#224; rester quelque temps au tournant, afin d'emp&#234;cher que d'autres coureurs se trompent. En effet, presque tous allaient prendre la fausse direction. J'ai fini pourtant par avoir froid, et jetant un dernier coup d'&#339;il sur la f&#233;erie de la Meije, je me dirige sur Brian&#231;on et l'Argenti&#232;re, o&#249; je descends &#224; l'h&#244;tel Grand. La cuisine est tr&#232;s bonne, quoique un peu ch&#232;re pour un petit h&#244;tel ma note &#233;tait de 5 francs pour le d&#238;ner, la chambre et le petit d&#233;jeuner.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le mardi matin, je change ma valve de place, je fais une aquarelle et j'ex&#233;cute une &#233;tape nettement anti-st&#233;phanoise de 10 kilom&#232;tres, apr&#232;s laquelle je d&#233;jeune d'une... bouillabaisse&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! Des amis de l'h&#244;telier lui avaient exp&#233;di&#233; de Marseille du poisson frais et j'arrivais juste pour en profiter.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De l&#224;, je m'attaque au col de Vars. En sortant de Guillestre, la route monte en zigzags excessivement rapides sur les pentes d'une ancienne moraine. Heureusement pour moi, je ne fais pas partie de l'Ecole st&#233;phanoise que peut faire dans cette gal&#232;re un fl&#226;neur carnivore qui r&#234;vasse au lieu de p&#233;daler, et qui se prom&#232;ne avec tout juste deux d&#233;veloppements&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;? Cela me permet de mettre pied &#224; terre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A mes pieds, se dresse le clocher de Guillestre&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; au del&#224; de la ville, la Durance fuit sinueuse dans la vall&#233;e. Profil apr&#232;s profil, les montagnes tombent vers le lit du torrent n&#233; de ces pics lointains qui, de leurs murailles impassibles, arr&#234;tent la vue et montent en triomphe de glaciers et d'aiguilles vaporeurses dans le bleu argent&#233; du ciel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce col de Vars est vraiment beau, tant par cette vue du versant nord et par les belles for&#234;ts de pins, que par la descente vers Saint-Paul, en lacets serr&#233;s, au-dessous de la tour splendide du pic de Chamberon.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je regrette de ne pas avoir fait le col d'Izoard, dont je n'ai connu l'existence que trop tard. On m'assure qu'il est le plus sauvage de tous.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je passe la nuit &#224; Barcelonnette.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mercredi matin, je pars pour le col d'Allos, ou de Valjelaye (15 kilom.), que cette fois je monte avec mes 3,50, sauf une halte ou deux pour faire un dessin et pour manger.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les premiers coureurs me passent au moment o&#249; je me trouve immobilis&#233; par une crevaison, encore une halte pour la pluie &#224; Colmars (30 kilom.).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A Thorame-Haute (47 kilom.), Lafourcade, une ancienne connaissance, appara&#238;t et je continue en sa compagnie &#224; travers le col Saint Michel (53 kilom.), sous la pluie qui reprena lorsque nous sommes loin de tout abri, jusqu'&#224; quatre kilom&#232;tres de Puget-Th&#233;niers, o&#249; je cr&#232;ve de nouveau.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je me d&#233;cide alors &#224; rebrousser chemin et d'une &#233;tape de nuit je passe par Barr&#232;me (148 kilom.), Manosque (218 kilom.), Apt (259 kil.), Cavaillon (290 kilom.), et j'arrive de bonne heure le jeudi matin aux Baux (318 kilom.).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi se termina une agr&#233;able promenade &#224; travers les C&#233;vennes et les Alpes, car en partant des Baux je suis all&#233; &#224; Marvejols (environ 230 kilom.)&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; de l&#224;, une apr&#232;s-midi me m&#232;ne au Puy (140 kilom.), une matin&#233;e et je suis &#224; Saint-Etienne (86 kilom.), d'o&#249; je monte avec vous au Grand Bois (16 kilom.), pr&#234;t &#224; repartir le lendemain pour Grenoble et le Glandon (196 kilom.). Du Glandon &#224; l'Argenti&#232;re doit faire environ 115 kilom&#232;tres, je crois, et de ce dernier &#224; Barcelonnette, par le col de Vars, peut-&#234;tre 70 kilo-m&#232;tres qui, avec la derni&#232;re &#233;tape, porte le total &#224; 1.173 kilom&#232;tres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Vous m'avez demandez de l'information sur la dur&#233;e des boyaux. J'ai crev&#233; quatre fois - deux en m&#234;me temps sur du verre - un &#233;clatement d&#251; &#224; l'usure du fil biais par de la boue qui s'est introduite entre la chappe et la toile, une fuite &#224; c&#244;t&#233; de la valve, maladie commune aux boyaux et aux d&#233;montables. Le haut chiffre des malheurs est d&#251; au fait que j'ai beaucoup roul&#233; dans l'eau. J'avais deux boyaux de rechange avec moi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Vernon Blake&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Cette route a &#233;t&#233; ouverte &#224; la circulation peu de temps apr&#232;s notre passage&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; des cyclistes st&#233;phanois l'ont d&#233;j&#224; suivie et en sont revenus enchant&#233;s. v.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
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	</item>
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		<title>Plaidoyer en faveur du p&#233;dalage horizontal (1935)</title>
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		<dc:date>2018-01-26T13:43:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>velovi</dc:creator>


		<dc:subject>Entre 1918 et 1939</dc:subject>
		<dc:subject>V&#233;lo couch&#233;, v&#233;locar, recumbent</dc:subject>
		<dc:subject>polymultipli&#233;e</dc:subject>
		<dc:subject>Acier</dc:subject>
		<dc:subject>Chambery</dc:subject>
		<dc:subject>Alpes</dc:subject>
		<dc:subject>Dauphin&#233;</dc:subject>
		<dc:subject>Col de Men&#233;e</dc:subject>
		<dc:subject>Col de Rousset</dc:subject>
		<dc:subject>Col du Lautaret</dc:subject>
		<dc:subject>Col du Galibier</dc:subject>
		<dc:subject>Concours des Alpes 1935</dc:subject>
		<dc:subject>Ravat</dc:subject>
		<dc:subject>Concours des Alpes 1935 (L'Auto)</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#171;&#160;La mont&#233;e du col du Rousset (1.235 m&#232;tres), facile et ombrag&#233;e partiellement, r&#233;v&#232;le cependant maints &#233;clop&#233;s. Tunnel superbe et bien &#233;clair&#233;, de 500 m&#232;tres de long, &#224; la sortie duquel se d&#233;ploie un formidable lima&#231;on (voyez Michelin 77). Glissade vertigineuse et parfum&#233;e de lavande vers Die. A l'entr&#233;e de cette ville, Martin et Pitard qui repartent, nous rappellent que l'heure est propice &#224; un d&#233;jeuner r&#233;confortant. Nous sacrifions &#224; cette op&#233;ration 25 minutes, que la clairette de Die nous aidera &#224; r&#233;cup&#233;rer. Cette clairette de Die, je vous la recommande, elle seule justifie le relais....&#160;&#187;&lt;/p&gt;

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&lt;a href="http://velotextes.fr/spip.php?rubrique12" rel="directory"&gt;V&#233;lo couch&#233;, v&#233;locar, recumbent&lt;/a&gt;

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&lt;a href="http://velotextes.fr/spip.php?mot12" rel="tag"&gt;Entre 1918 et 1939&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="http://velotextes.fr/spip.php?mot23" rel="tag"&gt;polymultipli&#233;e&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="http://velotextes.fr/spip.php?mot67" rel="tag"&gt;Dauphin&#233;&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://velotextes.fr/spip.php?mot82" rel="tag"&gt;Col de Men&#233;e&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://velotextes.fr/spip.php?mot85" rel="tag"&gt;Col de Rousset&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://velotextes.fr/spip.php?mot88" rel="tag"&gt;Col du Lautaret&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://velotextes.fr/spip.php?mot114" rel="tag"&gt;Col du Galibier&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://velotextes.fr/spip.php?mot136" rel="tag"&gt;Concours des Alpes 1935&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://velotextes.fr/spip.php?mot137" rel="tag"&gt;Ravat&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://velotextes.fr/spip.php?mot141" rel="tag"&gt;Concours des Alpes 1935 (L'Auto)&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='http://velotextes.fr/local/cache-vignettes/L133xH150/pxl_20240126_101311172_2-14435.jpg?1788124308' class='spip_logo spip_logo_right' width='133' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;!--sommaire--&gt;&lt;div class=&#034;well nav-sommaire nav-sommaire-5&#034; id=&#034;nav6adca029a26489.26199816&#034;&gt;
&lt;h2&gt;Sommaire&lt;/h2&gt;&lt;ul class=&#034;spip&#034; role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; &lt;a id=&#034;s-t1o-ETAPE-143-kilometres-3-200-metres-d-elevation-Cinq-cols-a-franchir&#034;&gt;&lt;/a&gt;&lt;a href=&#034;#t1o-ETAPE-143-kilometres-3-200-metres-d-elevation-Cinq-cols-a-franchir&#034; class=&#034;spip_ancre&#034;&gt;1&#176; &#201;&lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;&lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;TAPE&lt;/span&gt;&lt;/span&gt; 143 kilom&#232;tres. 3.200 m&#232;tres d'&#233;l&#233;vation. Cinq cols &#224; franchir.&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;&lt;li&gt; &lt;a id=&#034;s-t2o-ETAPE-195-kilom-3-300-metres-d-elevation-a-franchir-par-cotes-ou-cols&#034;&gt;&lt;/a&gt;&lt;a href=&#034;#t2o-ETAPE-195-kilom-3-300-metres-d-elevation-a-franchir-par-cotes-ou-cols&#034; class=&#034;spip_ancre&#034;&gt;2&#176; &#201;&lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;&lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;TAPE&lt;/span&gt;&lt;/span&gt; 195 kilom., 3.300 m&#232;tres d'&#233;l&#233;vation &#224; franchir par c&#244;tes ou cols.&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;&lt;li&gt; &lt;a id=&#034;s-t3o-ETAPE-152-kilometres-2-100-metres-d-elevation-Grenoble-Saint-Jean-de-Maurie&#034;&gt;&lt;/a&gt;&lt;a href=&#034;#t3o-ETAPE-152-kilometres-2-100-metres-d-elevation-Grenoble-Saint-Jean-de-Maurie&#034; class=&#034;spip_ancre&#034;&gt;3&#176; &#201;&lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;&lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;TAPE&lt;/span&gt;&lt;/span&gt; 152 kilom&#232;tres. 2.100 m&#232;tres d'&#233;l&#233;vation. Grenoble-Saint-Jean-de-Maurienne&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;&lt;li&gt; &lt;a id=&#034;s-t4o-ETARE-153-kilom-2-900-metres-d-elevation-Saint-Jean-de-Maurienne-Grenoble&#034;&gt;&lt;/a&gt;&lt;a href=&#034;#t4o-ETARE-153-kilom-2-900-metres-d-elevation-Saint-Jean-de-Maurienne-Grenoble&#034; class=&#034;spip_ancre&#034;&gt;4&#176; &#201;&#1058;&#1040;&#1056;&#1045; 153 kilom., 2.900 m&#232;tres d'&#233;l&#233;vation Saint-Jean-de-Maurienne-Grenoble.&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;&lt;li&gt; &lt;a id=&#034;s-CONCLUSION-RELATIVE-A-LA-MACHINE-HORIZONTALE&#034;&gt;&lt;/a&gt;&lt;a href=&#034;#CONCLUSION-RELATIVE-A-LA-MACHINE-HORIZONTALE&#034; class=&#034;spip_ancre&#034;&gt;&lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;&lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;CONCLUSION&lt;/span&gt;&lt;/span&gt; &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;&lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;RELATIVE&lt;/span&gt;&lt;/span&gt; A &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;&lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;LA&lt;/span&gt;&lt;/span&gt; &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;&lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;MACHINE&lt;/span&gt;&lt;/span&gt; &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;&lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;HORIZONTALE&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;/div&gt;&lt;!--/sommaire--&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En abordant un sujet aussi consid&#233;rable dans le monde du cyclotourisme, que celui du Concours des Alpes, je me propose d'abord de renseigner les camarades int&#233;ress&#233;s par la participation &#224; ce concours des nouvelles bicyclettes &#224; p&#233;dalage horizontal, sur les conditions dans lesquelles ces machines et leurs pilotes, r&#233;alis&#232;rent la t&#226;che qui leur &#233;tait assign&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je t&#226;cherai, par la m&#234;me occasion, de donner un aper&#231;u des diverses p&#233;rip&#233;ties de la comp&#233;tition, qui ne sortirent pas du champ de mes investigations personnelles, afin de ne pas marcher sur les bris&#233;es des reporters officiels.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avant de sch&#233;matiser, en quelque sorte, la physionomie des &#233;tapes, je crois n&#233;cessaire de rappeler comment la cotation poids du Concours des Alpes, pla&#231;ait les deux machines horizontales&#160;: V&#233;loriz Ravat et Wonder, dans un tel &#233;tat d'inf&#233;riorit&#233; &#224; l'&#233;gard des autres concurrents, qu'il n'&#233;tait pas possible &#224; leurs pilotes de lutter efficacement pour un classement honorable et en relation avec leurs performances &#233;ventuelles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En effet, le V&#233;loriz Ravat (n&#176;&#160;35), du poids de 15 kg. 510, recevait, &#224; l'examen technique, 188 points de p&#233;nalisation. Le V&#233;loriz Wonder n&#176;&#160;36 &#233;tait grev&#233; de 147 points. En cons&#233;quence, l'&#233;cart avec les 30 premi&#232;res machines normales, au d&#233;part, &#233;tant de l'ordre de 70 &#224; 80 points minima, il est facile de se rendre compte que, m&#234;me si les pilotes des V&#233;loriz avaient accompli la moyenne la plus &#233;lev&#233;e, les 24 points de bonification ainsi obtenus n'&#233;taient susceptibles d'amener aucune modification au classement final du n&#176;&#160;35 et permettait seulement l'espoir probl&#233;matique du gain d'une ou deux places au V&#233;loriz 36, en cas de p&#233;nalisations encourues par les machines normales les plus lourdes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En fait, je constate, en &#233;crivant ces lignes, que, par suite d'une erreur inexplicable, le V&#233;loriz Wonder, qui termina le Concours sans aucune p&#233;nalisation m&#233;canique, re&#231;ut 20 points de plus qu'il n'aurait d&#251;, ce qui l'emp&#234;cha d'occuper la 30&#176; place. Pr&#233;judice minime, comme vous voyez, mais que je suppose d&#233;montr&#233; de la sorte&#160;:&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#233;compte des points n&#233;gatifs Poids 14 kg. 650 140 points&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; moyenne 16 km. 050 = 5 points. Total&#160;: 145 points.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#233;compte des points positifs d&#233;railleur au p&#233;dalier 8 points&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; dispositif permettant le changement de rayons 5 points. Total&#160;: 13 points.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Soit un bilan total de 14513 132 points, au lieu des 152 annonc&#233;s au classement g&#233;n&#233;ral pour la 31 place (1).&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;(1). N. D. L. R. Nous laissons &#233;videmment &#224; M.&#160;Sounalet l'enti&#232;re (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ayant expos&#233;, dans un article pr&#233;c&#233;dent, pour quelles raisons principales je trouvais n&#233;faste la cotation poids des concours en g&#233;n&#233;ral, et de celui des Alpes en particulier, l'exemple des V&#233;loriz me procure un nouvel argument.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Car le fait de mettre, en quelque sorte, hors comp&#233;tition des machines nouvelles, par suite de l'attribution d'un handicap insurmontable, me parait tout &#224; fait contraire &#224; l'esprit de progr&#232;s qui doit pr&#233;sider, au premier chef, &#224; l'&#233;laboration d'un r&#232;glement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le jury du &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;T.C.&lt;/span&gt;F., au Concours des Pyr&#233;n&#233;es 1934, avait fort bien admis cette n&#233;cessit&#233;, puisque, par des points de bonification attribu&#233;s &#224; l'id&#233;e nouvelle repr&#233;sent&#233;e par le v&#233;locar de 20 kilogs, il permit &#224; celui-ci d'occuper, &#224; l'issue du Concours, une place logiquement acquise par la performance athl&#233;tique de son pilote et celle technique de la machine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ceci dit, le lecteur n'aura aucune peine &#224; comprendre que, bien p&#233;n&#233;tr&#233;s par l'id&#233;e de l'inanit&#233; de leurs efforts et l'unique souci de consid&#233;rer la seule moyenne &#233;liminatoire au long de l'&#233;preuve, les deux pilotes des machines horizontales, avaient adopt&#233;e, au d&#233;part, la r&#233;solution de faire une manifestation d'ensemble et de r&#233;gularit&#233;, suivant un tableau de marche &#233;tabli sur la base de 15 kilo m&#232;tres. Moyenne suffisante pour pallier aux incidents de route &#233;ventuels.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En r&#233;alit&#233;, H. Martin, pilote du V&#233;loriz 35, se laissant, comme il &#233;tait &#224; pr&#233;voir, entra&#238;ner par son esprit combatif, fit, &#224; mainte reprises, des incursions magistrales... autant qu'improductives, dans le clan des as de la comp&#233;tition. Par contre, le signataire de ces lignes, d&#233;butant du p&#233;dalage horizontal en montagne, et partant avec quel que appr&#233;hension des difficult&#233;s &#224; surmonter, suivit sensiblement le programme qu'il s'&#233;tait trac&#233;, sans se laisser influencer aucunement par les fluctuations diverses de sa position dans la course. Ce programme men&#233; &#224; bonne fin, il lui est permis de dire que, si ses appr&#233;hensions &#233;taient vaines, tout au moins les difficult&#233;s furent r&#233;elles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et maintenant, voici quelques notes relev&#233;es au jour le jour pour situer l'atmosph&#232;re du Crit&#233;rium.&lt;/p&gt;
&lt;section class=&#034;sommaire-section sommaire-section_niveau1 sommaire-section_h3&#034; aria-labelledby=&#034;t1o-ETAPE-143-kilometres-3-200-metres-d-elevation-Cinq-cols-a-franchir&#034;&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034; id='t1o-ETAPE-143-kilometres-3-200-metres-d-elevation-Cinq-cols-a-franchir'&gt;1&#176; &#201;&lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;TAPE&lt;/span&gt; 143 kilom&#232;tres. 3.200 m&#232;tres d'&#233;l&#233;vation. Cinq cols &#224; franchir.&lt;a class='sommaire-back sommaire-back-5' href='#s-t1o-ETAPE-143-kilometres-3-200-metres-d-elevation-Cinq-cols-a-franchir' title='Retour au sommaire'&gt;&lt;/a&gt;&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Beau temps frais, d&#233;part rapide des 51 machines sur les 15 kilom&#232;tres de plat pr&#233;c&#233;dant Voreppe. Le train vif a quelque peu essouffl&#233; les v&#233;t&#233;rans et la mont&#233;e du col de la Placette accentue les &#233;carts. H. Martin, un moment attard&#233;, revient fort bien sur de nombreux concurrents et moulinant en souplesse un petit braquet (M.&#160;Quentin, voilez-vous la face ...), il passe sans vergogne son co&#233;quipier, oubliant en m&#234;me temps ses r&#233;solutions les plus solennelles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je monte &#224; ma main, me complaisant momentan&#233;ment en compagnie de Barra, R. L&#233;ger, Acher, et, constatant en m&#234;me temps avec satisfaction, comme je le ferai maintes fois par la suite, que de nombreux pilotes de machines normales doivent s'employer s&#233;rieusement pour suivre ma cadence en c&#244;te, pourtant, la plupart du temps, volontairement mod&#233;r&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Descente facile, verdoyante et prolong&#233;e sur Saint-Laurent-du-Pont. Ici, le V&#233;loriz 36 se mue automatiquement en entra&#238;neur, au seul profit des petit gabarits. Apr&#232;s les Echelles, quelques rudes bosses, dans un paysage de Normandie, ne m'emp&#234;chent pas d'&#234;tre &#224; Novalaise (contr&#244;le), en avance de 1 h. 20 sur mes pr&#233;visions. Tout va bien. Magnifique mais difficile mont&#233;e du col de l'&#201;pine, dans lequel, d&#233;j&#224;, commencent &#224; se r&#233;v&#233;ler des situations pr&#233;caires. Un redoutable passage en gravillon frais goudronn&#233;, nous distrait de la contemplation du panorama qui s'offre sur le lac d'Aiguebelette. Au sommet, grande &#233;mulation entre photographes officiels et officieux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plong&#233;e sur Chamb&#233;ry (contr&#244;le), pass&#233; &#224; 13 heures. Le V&#233;loriz Ravat me devance de 25 minutes. Interminable mont&#233;e du col du Granier (1.164 m&#232;tres) avec son tunnel-duperie, &#224; la sortie du quel, la rampe se poursuivant d&#233;sesp&#233;r&#233;ment, je vous fais juge du dialogue suivant&#160;: Le pilote 36&#160;: C'est encore loin le sommet du col&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;? Un excursionniste&#160;: Oh&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! non, six kilom&#232;tres... Le pilote 36&#160;:&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;!!!&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La descente se complique d'un froid vif. A la sortie de Saint-Pierre-d'Entremont, il faut r&#233;attaquer sans r&#233;pit le col de Cucheron. Je commence &#224; trouver cette premi&#232;re &#233;tape laborieuse, et, si j'en juge au nombre de machines &#224; gros num&#233;ros qui stationnent devant les portes des moindres auberges rencontr&#233;es sur le chemin, je ne suis pas le seul dans ce cas. Dans la descente sur Saint-Pierre- de-Chartreuse, je rejoins le pilote n 48. M.&#160;Michaud, qui, comme moi, grelotte litt&#233;ralement, nous absorbons un ravitaillement chaud avant d'entreprendre l'ultime obstacle de la journ&#233;e, col de Porte (1.350 m&#232;tres).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des nouvelles de H. Martin, apport&#233;es par une estafette motocycliste et b&#233;n&#233;vole, et suivant lesquelles mon co&#233;quipier ralentit, m'attendant, me donnent presque des ailes. Effectivement, au sommet de la derni&#232;re grimpette de 9 kilom&#232;tres, je rejoins mon camarade, lequel, franchissant aussit&#244;t le cercle habituel des curieux et des badauds qui entour&#232;rent les V&#233;loriz jusqu'au sommet des plus hautes montagnes, d&#233;vale comme un bolide vers la vall&#233;e de l'Is&#232;re, qu'&#224; mon tour j'aper&#231;ois bient&#244;t.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le vieux et accueillant gymnase est atteint &#224; 17 h. 59, Moyenne 15 km. 880. Contr&#244;le ferm&#233; &#224; 19 h. 25 sur 9 &#233;limin&#233;s. La majeure partie de ce d&#233;chet, qui s'augmentera le lendemain matin d'une unit&#233; ne prenant pas le de part, est occasionn&#233;e par l'excessive duret&#233; de cette premi&#232;re &#233;tape relativement &#224; la moyenne &#233;liminatoire de 14 kilom&#232;tres.&lt;/p&gt;
&lt;/section&gt;&lt;section class=&#034;sommaire-section sommaire-section_niveau1 sommaire-section_h3&#034; aria-labelledby=&#034;t2o-ETAPE-195-kilom-3-300-metres-d-elevation-a-franchir-par-cotes-ou-cols&#034;&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034; id='t2o-ETAPE-195-kilom-3-300-metres-d-elevation-a-franchir-par-cotes-ou-cols'&gt;2&#176; &#201;&lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;TAPE&lt;/span&gt; 195 kilom., 3.300 m&#232;tres d'&#233;l&#233;vation &#224; franchir par c&#244;tes ou cols.&lt;a class='sommaire-back sommaire-back-5' href='#s-t2o-ETAPE-195-kilom-3-300-metres-d-elevation-a-franchir-par-cotes-ou-cols' title='Retour au sommaire'&gt;&lt;/a&gt;&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;D&#233;part matinal, 6 heures. Une l&#233;g&#232;re brume promet la chaleur. La c&#244;te de Saint-Nizier, au pourcentage terrible presque d&#232;s le d&#233;part, occasionne &#224; son sommet, des &#233;carts extraordinaires&#160;: 1 heure entre le leader et la lanterne rouge, apr&#232;s 17 kilom&#232;tres seulement, Cyclo-Sport dixit. J'ai renou&#233; avec C. Bar&#233;taud, la tradition des Pyr&#233;n&#233;es, ce pendant que Martin, qui a grimp&#233; d'une fa&#231;on assez remarquable pour avoir droit au communiqu&#233; officiel journalistique, nous pr&#233;c&#232;de, &#224; Saint-Nizier, de 15 minutes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s Villard-de-Lans (contr&#244;le) commencent les impressionnantes et m&#234;me saisissantes gorges de la Bourne, car il r&#232;gne une fra&#238;cheur de cave. Remont&#233;e sur Saint-Julien-en-Vercors par une m&#233;chante rampe au sol affreux. Le soleil se montre d&#233;j&#224; chaud. A la bifurcation de l'&lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;I.C.&lt;/span&gt; 3 et de la N. 518, une &#233;quipe Alcyon nous croise, revenant &#224; grande allure vers le Pont-de-la-Goule-Noire, apr&#232;s une excursion involontaire &#224; Pont-en-Royans. Il faut toute l'assurance de Bar&#233;taud, carte en mains, pour remettre ces obstin&#233;s sur le bon itin&#233;raire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La mont&#233;e du col du Rousset (1.235 m&#232;tres), facile et ombrag&#233;e partiellement, r&#233;v&#232;le cependant maints &#233;clop&#233;s. Tunnel superbe et bien &#233;clair&#233;, de 500 m&#232;tres de long, &#224; la sortie duquel se d&#233;ploie un formidable lima&#231;on (voyez Michelin 77). Glissade vertigineuse et parfum&#233;e de lavande vers Die. A l'entr&#233;e de cette ville, Martin et Pitard qui repartent, nous rappellent que l'heure est propice &#224; un d&#233;jeuner r&#233;confortant. Nous sacrifions &#224; cette op&#233;ration 25 minutes, que la clairette de Die nous aidera &#224; r&#233;cup&#233;rer. Cette clairette de Die, je vous la recommande, elle seule justifie le relais.... D&#233;part &#224; 12 h. 25. Retard sur l'horaire pr&#233;vu&#160;: 10 minutes. Chaleur le long de la Dr&#244;me et du Bez devant la montagne Glandasse, qui domine la vall&#233;e. Ch&#226;tillon-en-Diois (contr&#244;le). Les officiels paraissent s'inqui&#233;ter du grand nombre de retardataires. D'o&#249; nous d&#233;duisons que notre situation n'est pas mauvaise. Col de Men&#233;e (1.466 m&#232;tres), ravin&#233;, d&#233;sertique, interminable&#160;: 17 kilom&#232;tres. Enfin, descente sur une &#233;paisse couche de gravier, ensuite s'am&#233;liorant jusqu'&#224; permettre de grandes vitesses. C'est l&#224; que Martin fit, &#224; l'usage des reporters officiels, une d&#233;monstration concluante de la maniabilit&#233; du V&#233;loriz 36 et de la virtuosit&#233; de son pilote. Abandonnant d'ailleurs, par le m&#234;me coup, Pitard, qui finit cependant d&#233;tach&#233;, devant un peloton compos&#233;, dans la mont&#233;e du col du Fau, derni&#232;re estocade, par Bar&#233;taud, Panel, Mazeyrat, oh, pardon... c'est de Gentil qu'il s'agit, du V&#233;loriz Wonder et d'un camarade anonyme qui est venu pendant trois &#233;tapes, assister, en fin de parcours et tr&#232;s sympathiquement, aux &#233;volutions de la ma chine horizontale n&#176;&#160;36.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Travers&#233;e en trombe de Monestier-de-Clermont, Vif. La moyenne remonte s&#233;rieusement. Pont-de- Claix, voie triomphale de 8 kilom&#232;tres. Unique dans mes annales. Quel dommage d'&#234;tre fatigu&#233; au point de la trouver monotone et fastidieuse. V&#233;rification ultime de la m&#233;canique avant la barri&#232;re, et arriv&#233;e simultan&#233;e au pare, &#224; 17 h. 55, Moyenne&#160;: 16 km. 360. Contr&#244;le ferm&#233; &#224; 20 heures sur 5 &#233;liminations ou abandons. Etape presque aussi dure que celle de la veille, &#224; cause de la dis tance et de la chaleur.&lt;/p&gt;
&lt;/section&gt;&lt;section class=&#034;sommaire-section sommaire-section_niveau1 sommaire-section_h3&#034; aria-labelledby=&#034;t3o-ETAPE-152-kilometres-2-100-metres-d-elevation-Grenoble-Saint-Jean-de-Maurie&#034;&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034; id='t3o-ETAPE-152-kilometres-2-100-metres-d-elevation-Grenoble-Saint-Jean-de-Maurie'&gt;3&#176; &#201;&lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;TAPE&lt;/span&gt; 152 kilom&#232;tres. 2.100 m&#232;tres d'&#233;l&#233;vation. Grenoble-Saint-Jean-de-Maurienne&lt;a class='sommaire-back sommaire-back-5' href='#s-t3o-ETAPE-152-kilometres-2-100-metres-d-elevation-Grenoble-Saint-Jean-de-Maurie' title='Retour au sommaire'&gt;&lt;/a&gt;&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Le d&#233;part de cette &#233;tape est donn&#233; &#224; 7 heures, sous le signe de l'optimisme g&#233;n&#233;ral. La perspective d'une journ&#233;e moins dure que les pr&#233;c&#233;dentes r&#233;jouit tous les rescap&#233;s, hormis peut-&#234;tre les terribles pourfendeurs qui ne r&#234;vent que plaies et bosses....&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Effectivement, les quelques 90 kilom&#232;tres de plat qui nous s&#233;parent du pied du Glandon, vont permettre une s&#233;rieuse avance sur la moyenne g&#233;n&#233;rale. D&#232;s le signal, la bagarre commence, Gi&#232;res est &#224; peine atteint que deux ou trois groupes sont d&#233;j&#224; form&#233;s. Le V&#233;loriz Ravat participe &#224; la fugue du premier, pendant qu'un deuxi&#232;me peloton, compos&#233; de Pitard, Darchieux, Bar&#233;taud, Husson et le V&#233;loriz 36, se montre r&#233;solument compact et homog&#232;ne jusqu'&#224; La Chambre-Saint-Avre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A Goncelin, la mont&#233;e sur Le Cheylas permet un superbe coup d'&#339;il sur la vall&#233;e du Gr&#233;sivaudan, remarquablement fertile et verdoyante. Comme les massifs montagneux qui la bordent n'ont pas de secret pour G. Darchieux, rest&#233; dans mon sillage, je profite de cette circonstance pour augmenter ma documentation orale et visuelle sur cette admirable r&#233;gion.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le contr&#244;le d'Allevard est ainsi atteint &#224; 8 h. 45. &#199;a n'a pas mal march&#233;. Route superbe et sans histoire, jusqu'au virage de Bourgneuf, puis, le long de l'Are, aux eaux bouillonnantes et troubles, par la N. 6, nous recommen&#231;ons &#224; prendre un peu d'altitude. A La Chambre-Saint-Avre, dislocation g&#233;n&#233;rale. Les uns attaquant sans r&#233;pit la mont&#233;e du col, les autres, dont je suis, se ravitaillant en commen&#231;ant par un substantiel casse-cro&#251;te.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A 10 h. 50, ces op&#233;rations &#233;tant termin&#233;es, reprise des hostilit&#233;s envers la montagne, qu'il s'agit d'aller franchir quelques 1.600 m&#232;tres plus haut et 25 kilom&#232;tres plus loin. Tout cela en pensant que nous ne sommes qu'&#224; 10 kilom&#232;tres de Saint-Jean-de-Maurienne, notre but final. D&#232;s Saint-Etienne-de-Guines, 460 m&#232;tres, la route s'&#233;l&#232;ve rudement dans l'&#233;troite gorge du torrentueux Glandon. A Saint-Colomban, la terrasse ombrag&#233;e d'un restaurant a s&#233;duit pas mal d'officiels et m&#234;me de concurrents, car je d&#233;nombre curieusement au passage les machines n 39, 40. 41. N'ayant pas le n&#176;&#160;42, je poursuis mon ascension, me souciant uniquement des points d'eau, assez fr&#233;quents d'ailleurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les derniers et formidables lacets, abord&#233;s sous un soleil de plus en plus ardent, me restituent 2 ou 3 pr&#233;d&#233;cesseurs, dont le v&#233;t&#233;ran G. Landrieux, qui, aujourd'hui, peine visiblement. Ce qui ne l'emp&#234;chera pus de faire des &#233;tincelles dans l'&#233;tape du Galibier... Ah&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! ces vieux champions...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'atteins le col (1.950 m&#232;tres), &#224; 14 h. 10, apprenant que H. Martin m'y a pr&#233;c&#233;d&#233; de pr&#232;s de 40 minutes. Le massif du Mont-Blanc se profile &#224; l'horizon, mais le col de La Croix-de-Fer (2.062 m&#232;tres) m'attend 2 km. 500 plus loin. Ces 100 m&#232;tres d'&#233;l&#233;vation suppl&#233;mentaires ne sont plus qu'une petite formalit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avant de plonger sur la vall&#233;e de la Maurienne, examen attentif de la m&#233;canique, principalement des freins. Puis descente, &#233;troite et p&#233;rilleuse au d&#233;part et s'am&#233;liorant rapidement ensuite jusqu'&#224; faire oublier qu'on est en haute montagne, ne se rait-ce la perspective, sur la droite, du gouffre dans lequel coule vraisemblablement l'Arve.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s les cinq tunnels et le fameux passage en goudronnage, dont V&#233;ron, Bar&#233;taud, Marmounier et tous autres, remport&#232;rent des souvenirs cuisants, la route remonte, &#224; ma grande stup&#233;faction, jusqu'aux quatre derniers kilom&#232;tres pr&#233;c&#233;dant Saint-Jean-de-Maurienne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enfin, voici quand m&#234;me la descente finale qui aboutit &#224; la superbe Salle des F&#234;tes, o&#249; m'accueillent aimablement fonctionnaires b&#233;n&#233;voles et officiels &#224; 16 h. 05&#160;: Moyenne 16 km. 730. Contr&#244;le ferm&#233; &#224; 17 h. 35 sur 3 nouveaux &#233;limin&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;/section&gt;&lt;section class=&#034;sommaire-section sommaire-section_niveau1 sommaire-section_h3&#034; aria-labelledby=&#034;t4o-ETARE-153-kilom-2-900-metres-d-elevation-Saint-Jean-de-Maurienne-Grenoble&#034;&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034; id='t4o-ETARE-153-kilom-2-900-metres-d-elevation-Saint-Jean-de-Maurienne-Grenoble'&gt;4&#176; &#201;&#1058;&#1040;&#1056;&#1045; 153 kilom., 2.900 m&#232;tres d'&#233;l&#233;vation Saint-Jean-de-Maurienne-Grenoble.&lt;a class='sommaire-back sommaire-back-5' href='#s-t4o-ETARE-153-kilom-2-900-metres-d-elevation-Saint-Jean-de-Maurienne-Grenoble' title='Retour au sommaire'&gt;&lt;/a&gt;&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;A 5 heures, r&#233;veil laborieux, cons&#233;quence de la r&#233;ception chaleureuse de la veille, ayant elle m&#234;me retard&#233; le d&#238;ner chez Lucullus, suivi de la visite habituelle au Parc-Exposition, o&#249; les dissertations agr&#233;ables de L. Clairet, M.&#160;Cherva et H. Martin, prolong&#232;rent la soir&#233;e jusqu'&#224; 23 heures. Beau temps plus que jamais. In&#233;vitable d&#233;part en trombe &#224; 6 heures, des 34 survivants de l'h&#233;catombe. Apr&#232;s 14 kilom&#232;tres de faux-plat, voici la vraie mont&#233;e du T&#233;l&#233;graphe. Je la trouve facile, tellement le site est riant et paisible au d&#233;but, puis grandiose et &#233;mouvant ensuite. J'atteins le tunnel a 8 h. 05, devant Martin, qui s'est arr&#234;t&#233; dans la vall&#233;e pour peu de chose, et Pitard, qui vient de r&#233;parer une crevaison. Un cyclotouriste, faisant pr&#233;s de moi le Galibier en dilettante, me recommande, &#224; Valloires, un h&#244;tel &#224; panonceaux flatteurs o&#249; je me ferais proprement fusiller 15 minutes plus tard, Payant 12 francs pour une omelette de trois &#339;ufs, un bol de lait et une bouteille d'eau min&#233;rale...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'attends mon co&#233;quipier afin de lui &#233;pargner pareil m&#233;compte et le dirige vers des lieux plus hospitaliers, au grand dam des mercantis confondus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette bonne action accomplie, j'entreprends, &#224; 8 h. 35, le c&#339;ur l&#233;ger, l'attaque du Galibier, &#233;pouvantail du Crit&#233;rium des Alpes. Mon compagnon provisoire m'embo&#238;te fid&#232;lement le pas. A la sortie de Valloire, un torrent, actuellement &#224; sec, a roul&#233; ses galets et ses roches sur le chemin, le spectacle est titanesque. La pente est d&#233;j&#224; s&#233;v&#232;re. Pittoresque digression fournie par les curieux costumes aux vives couleurs des montagnards qui se h&#226;tent vers l'&#233;glise pour l'office du dimanche. Pass&#233; les Verneys, la route est nue sous le soleil implacable. Plan-Lachat est atteint et &#231;a monte toujours. Les lacets photog&#233;niques, &#224; l'usage des reporters du Tour de France, sont l&#224; qui nous guettent. Leur r&#233;putation n'est pas surfaite, il y a vraiment des passages entre 14 et 18% qu'il faut enlever &#224; l'arrach&#233;, et je suis tout heureux que mon Cyclo-Le Chat, me permette 3 m. 50 pour remorquer mes quelques 18 kilogs de machine et bagages.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une grange, &#224; quatre kilom&#232;tres du sommet, offre la tentation d'un bol de lait frais tir&#233;. Mon compagnon de route, que ne pers&#233;cute pas la moyenne &#233;liminatoire, s'attarde sur le banc rustique et je repars &#224; la conqu&#234;te des cimes, sur la trace de Panel et V&#233;ron, qui viennent de passer. An loin, vers Plan-Lachat, trois laborieuses fourmis peuvent bien &#234;tre Pitard, Martin et le tandem Narcisse, d&#233;pass&#233; &#224; Valloire. Enfin, le sommet (2.638 m&#232;tres) et son affreux tunnel, glissant, d&#233;rapant, bringueballant, je chemine dans une obscurit&#233; qui me semble opaque, malgr&#233; mon phare, tellement le contraste est violent en quittant l'&#233;clatante lumi&#232;re ext&#233;rieure.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Contr&#244;le de la sortie atteint &#224; 10 h. 55. Innommable descente de 6 kilom&#232;tres, digne d'Aubisque 1934, jusqu'&#224; la route du Lautaret. Sur le bord du talus, je ne sais quel concurrent r&#233;pare une avarie, dont, pr&#233;occup&#233; par les fondri&#232;res de l'infernal passage, je ne puis discerner la nature.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Col du Lautaret (2.058 m&#232;tres). Un groupe de touristes grenoblois me salue &#224; grands cris. Au premier plan, M.&#160;Bridier, notre sympathique h&#244;te de la Pension du Moucherotte. Tout cet ar&#233;opage, consult&#233; au vol, m'assure que c'est bien le massif de la Melje qui s'offre majestueusement &#224; mes yeux. Je dis mentalement adieu aux neiges &#233;ternelles, car la descente de 30 kilom&#232;tres commence aussit&#244;t.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette fois, c'est du billard, je mets toute la sauce, distan&#231;ant sans r&#233;mission de nombreux cyclotouristes &#233;berlu&#233;s. Ce qui ne m'emp&#234;che pas d'admirer, &#224; gauche, la cascade de la Meije, puis, &#224; droite, celle de La Pisse, qui, tombant d'une hauteur vertigineuse, envoie des embruns jusque sur la route.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_1442 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='http://velotextes.fr/IMG/jpg/pxl_20240126_101311172_2.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='http://velotextes.fr/local/cache-vignettes/L500xH563/pxl_20240126_101311172_2-60445.jpg?1788124308' width='500' height='563' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Au barrage de La Romanche, appel&#233; aussi Lac du Chambon (voir Cycliste, juillet 1935), mon cher vieux camarade de fin d'&#233;tape m'apporte le r&#233;confort de sa pr&#233;sence et d'une canette qui n'attendait que moi. Apr&#232;s un coup d'&#339;il sur le gigantesque mur qui barre la vall&#233;e, nous franchissons le tunnel de l'Infernet, entra&#238;nant avec nous un cyclotouriste grenoblois qui rengaine pr&#233;cipitamment son appareil photo pour compl&#233;ter sa documentation par une exp&#233;rience visuelle des aptitudes du V&#233;loriz.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bourg-d'Oisans est franchi &#224; toute allure, en d&#233;pit du vent violent qui remonte la vall&#233;e. Et voici S&#233;chilienne (390 m.), qui rec&#232;le Panel, V&#233;ron ainsi que Teil et Bar&#233;taud... comme on se retrouve. Avec ces deux derniers qui repartent, je franchirai l'ultime obstacle de l'&#233;preuve, la c&#244;te de Laffrey. C'est presque le renouvellement de l'affaire de Saint-Nizier. Heureusement qu'une for&#234;t couvre les m&#233;andres de la route, dont le sol est franchement mauvais au d&#233;but, mais s'am&#233;liore ensuite ainsi que le pourcentage, au point de me permettre le grand braquet de 3 m. 50. Quel trou au-dessous de nous en &#233;mergeant du bois, et quel merveilleux spectacle que cette vall&#233;e de la Romanche, domin&#233;e de 5 &#224; 600 m&#232;tres. Un dernier virage en plein soleil et on aper&#231;oit Laffrey (910 m&#232;tres), espoir supr&#234;me et supr&#234;me pens&#233;e...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Contr&#244;le de Laffrey &#224; 15 h. 05, suivi du d&#233;boul&#233; extraordinaire sur Vizille d'un groupe imposant qui comprend toujours 3 concurrents, et, bient&#244;t, 5 ou 6 accompagnateurs divers. Uriage, contr&#244;le, 15 h. 35&#160;: Descente splendide, la plus belle de tout le parcours s&#251;rement... Et entr&#233;e bient&#244;t, &#224; Grenoble, pr&#233;c&#233;d&#233;e de la visite normale des machines. Sous la conduite diligente de notre guide de derni&#232;re heure, nous atteignons le parc du Gymnase &#224; 16 h. 04. Moyenne 15 km. 200. H. Martin arrive avec le tandem Narcisse, 10 minutes plus tard.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La fermeture du contr&#244;le am&#232;ne une derni&#232;re &#233;limination et les op&#233;rations du jury commenc&#233;es imm&#233;diatement ne port&#232;rent que sur 33 machines, soit une d&#233;chet total de 18 &#233;limin&#233;s&lt;/p&gt;
&lt;/section&gt;&lt;section class=&#034;sommaire-section sommaire-section_niveau1 sommaire-section_h3&#034; aria-labelledby=&#034;CONCLUSION-RELATIVE-A-LA-MACHINE-HORIZONTALE&#034;&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034; id='CONCLUSION-RELATIVE-A-LA-MACHINE-HORIZONTALE'&gt;&lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;CONCLUSION&lt;/span&gt; &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;RELATIVE&lt;/span&gt; A &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;LA&lt;/span&gt; &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;MACHINE&lt;/span&gt; &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;HORIZONTALE&lt;/span&gt;&lt;a class='sommaire-back sommaire-back-5' href='#s-CONCLUSION-RELATIVE-A-LA-MACHINE-HORIZONTALE' title='Retour au sommaire'&gt;&lt;/a&gt;&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s un usage quelque peu immod&#233;r&#233; de la bicyclette horizontale, il me reste &#224; dresser le bilan de mes impressions pour &#233;tablir la juste d&#233;marcation de ses possibilit&#233;s et de ses aptitudes, Contrairement &#224; l'impression procur&#233;e par un essai superficiel, je crois tr&#232;s sinc&#232;rement que le V&#233;loriz Ravat-Wonder peut rivaliser avantageusement avec la machine de cyclotourisme normale du poids de 12 &#224; 14 kilogs. Je dois dire aussi qu'il faut pour cela une certaine adaptation musculaire qui permet d'obtenir le rendement maximum de l'engin, par la possibilit&#233; de pousser sans fatigue de tr&#232;s grands d&#233;veloppements, ou de tourner en souplesse les petits braquets.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans les deux premi&#232;res &#233;tapes du Crit&#233;rium, o&#249; je ne poss&#233;dais pas cette adaptation, je dus m'accrocher s&#233;rieusement le premier jour pour r&#233;aliser mes 15 km. 880 de moyenne. Je n'&#233;tais pas le seul dans ce cas, il est vrai. En outre, mon entra&#238;nement pr&#233;alable &#224; l'&#233;preuve n'avait pas de pass&#233; 200 km., en y comprenant le galop d'essai du col des Grands-Bois. (Le tout sur machine normale)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La deuxi&#232;me journ&#233;e fut cependant meilleure, quoique p&#233;nible sur la fin. Mais le coup de p&#233;dale &#233;tait plus facile dans l'ensemble.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et enfin, les deux derniers jours, rassur&#233; sur l'issue de l'entreprise et muni de la cadence parfaite, je fis davantage du cyclotourisme que de la comp&#233;tition. Qu'il me soit permis de signaler aussi que, dans toutes les &#233;tapes, il y eut des concurrents derri&#232;re moi et que je fus m&#234;l&#233; avec des for tunes diverses, &#224; des &#233;l&#233;ments dont le contact &#233;tait particuli&#232;rement honorable pour le pilote du V&#233;loriz Wonder. J'en appelle au t&#233;moignage des coriaces Panel et Pitard, des valeureux Genty et Bar&#233;taud, ainsi qu'&#224; mon ma&#238;tre lui-m&#234;me. J'ai nomm&#233; H. Martin, qui ne me reprit pas une seule minute dans la derni&#232;re &#233;tape depuis Valloire.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_1443 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;92&#034; data-legende-lenx=&#034;xx&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='http://velotextes.fr/IMG/jpg/pxl_20240126_101357512_2.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='http://velotextes.fr/local/cache-vignettes/L500xH442/pxl_20240126_101357512_2-b403a.jpg?1788124308' width='500' height='442' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif crayon document-descriptif-1443 '&gt;L'arri&#232;re de la machine n&#176;&#160;13, gagnante du Crit&#233;rium Cyclotouristique des Alpes 1936.
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Il m'est agr&#233;able de reconna&#238;tre que je fus admirablement servi par la m&#233;canique, Le Cyclo 4 vitesses pour la roue libre de 14-17-19-26, et Le Chat pour le couple au p&#233;dalier de 46-30, fonctionn&#232;rent sur la route aussi bien qu'au laboratoire. Les extra-souples Barreau ne perc&#232;rent pas une seule fois au long des 650 kilom&#232;tres de montagne. Ce doit &#234;tre presque un record. Enfin, la cha&#238;ne r&#233;sista fort bien &#224; des efforts exceptionnels, dus &#224; l'appui dorsal. Tout ce qui concerne le reste de ma machine &#233;tait d'usinage Ravat-Wonder, je n'ai pas besoin d'insister, tous les connaisseurs auront compris.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est bien &#233;vident que le fait de terminer un parcours pareil dans une moyenne largement suffisante, et sans p&#233;nalisation m&#233;canique, est d&#233;j&#224; un r&#233;sultat appr&#233;ciable, qui a d&#251; modifier bien des pr&#233;ventions injustifi&#233;es, lesquelles feront place &#224; des adh&#233;sions de principe, lorsque, pour terminer. je dirai que, contrairement &#224; ce qui m'advint l'ann&#233;e derni&#232;re, o&#249; le Concours des Pyr&#233;n&#233;es me d&#233;go&#251;ta du v&#233;lo pour le reste de la saison, cette ann&#233;e, apr&#232;s une &#233;preuve qui, de l'avis des plus qualifi&#233;s, fut plus dure que la pr&#233;c&#233;dente, je n'ai &#233;prouv&#233; aucune fatigue anormale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ai-je tort d'attribuer ce r&#233;sultat au Veloriz Wonder...?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;G. &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;SOUNALET&lt;/span&gt; (4&#160;septembre 1935).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Cycliste&lt;/p&gt;&lt;/section&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb2-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;(1). &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;&lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;N. D. L. R.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt; Nous laissons &#233;videmment &#224; M.&#160;Sounalet l'enti&#232;re responsabilit&#233; de sa rectification, qu'il aurait sans doute &#233;t&#233; pr&#233;f&#233;rable d'adresser directement aux organisateurs.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
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