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	<title>V&#233;lotextes</title>
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	<description>Lire celles et ceux qui ont fait du v&#233;lo un bienfait social, moyen de d&#233;placement et de tourisme&#160;: Paul de Vivie dit V&#233;locio, Capitaine Perrache dit l'homme de la montagne, Carlo Bourlet...
Histoire du v&#233;lo
Site de Laurent Vigniel</description>
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		<title>V&#233;lotextes</title>
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		<title>Le br&#233;viaire cyclo-muletier (1939)</title>
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		<dc:creator>velovi</dc:creator>


		<dc:subject>Entre 1918 et 1939</dc:subject>
		<dc:subject>Cyclo-muletier</dc:subject>
		<dc:subject>cyclo-alpinisme</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;&#171;&#160;L'exp&#233;rience a montr&#233; que plus encore que sur la route le v&#233;lo du cyclo-muletier doit &#234;tre charg&#233; &#224; l'avant. Plus l'arri&#232;re est d&#233;charg&#233;, plus il est facile de conduire la machine dans un sentier rocailleux ou sur les &#233;boulis et de r&#233;duire ainsi le portage &#224; son strict minimum. Car qu'on veuille l'avouer ou non&#160;: le portage est bien la plaie du Cyclo-Muletier&#160;: heureusement qu'une savante technique et une certaine exp&#233;rience permettent de l'&#233;viter dans la plupart des cas et des cols.&#160;&#187;&lt;/p&gt;

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&lt;a href="http://velotextes.fr/spip.php?rubrique14" rel="directory"&gt;Grand tourisme, Randonn&#233;es, Promenades et Excursions&lt;/a&gt;

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&lt;a href="http://velotextes.fr/spip.php?mot12" rel="tag"&gt;Entre 1918 et 1939&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://velotextes.fr/spip.php?mot151" rel="tag"&gt;Cyclo-muletier&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://velotextes.fr/spip.php?mot181" rel="tag"&gt;cyclo-alpinisme&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='http://velotextes.fr/local/cache-vignettes/L133xH150/pxl_20251015_122032737_2-db60c-22a44.jpg?1788605998' class='spip_logo spip_logo_right' width='133' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Le Cycliste, 1939&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Fais du Cyclo-Muletier par amour de la nature grandiose, de la solitude, de l'effort physique et non pas parce que c'est la mode&#160;: la montagne se vengerait. Mais moque-toi du grincheux qui te prouve par a plus b qu'une b&#233;cane sur l'Alpe est une h&#233;r&#233;sie et que tu dois t'arr&#234;ter au terminus de la route goudronn&#233;e&#160;: la montagne te r&#233;compensera. Ne fais pas n'importe quoi pour corser ta &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;collection&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;. D&#233;daigne les cols o&#249;, sur l'ensemble du parcours, ton v&#233;lo est plus encombrant qu'utile. Tu te rends ridicule et tu discr&#233;dites notre mouvement. Montre-toi toujours digne de l'avantage que tu poss&#232;des sur l'automobiliste et le pi&#233;ton qui sont esclaves de leur v&#233;hicule ou des services de cars.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais surtout &#233;loigne-toi du col glaciaire ou rocheux. C'est aussi stupide que dangereux. Ou tu ne t'&#233;quipes pas sp&#233;cialement et ta tentative est une tentative de suicide, ou tu t'&#233;quipes convenablement et ta corde, ton piolet, tes crampons et ton sac tyrolien genre &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;armoire &#224; glace&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; te g&#234;neront sur la route aussi terriblement que ton v&#233;lo te g&#234;nera sur le glacier. Contente-toi des superbes passages sans nombre qui te conduisent par ta seule endurance et sans acrobatie ni danger de la vall&#233;e du Giffre dans celle de l'Arve, des Bauges dans le Beaufortain, de la Tarentaise en Maurienne et dans l'Oisans.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avant de partir, pr&#233;pare-toi minutieusement au triple point de vue itin&#233;raire-horaire, de mat&#233;riel et d'entra&#238;nement. Sache que la montagne peut te r&#233;server de terribles surprises si tu l'abordes en galopin.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour aborder un col inconnu, il est indispensable de poss&#233;der, d'amener en course et de savoir lire la carte au 50.000&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; en couleurs ou les plans directeurs au 20.000&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt;. Les cartes routi&#232;res ne valent rien pour les cols muletiers, les cartes en hachures pas grand-chose. Pour cent sous de cotisation annuelle, les Cyclo-Muletiers Savoyards te procurent sur simple demande itin&#233;raire et horaire standard et tous les tuyaux d&#233;sirables des principaux cols des deux Savoies. Indispensables sont &#233;galement des v&#234;tements en pr&#233;vision du mauvais temps&#160;: blouson imperm&#233;able ou veste-temp&#234;te &#224; cagoule, un chandail en grosse laine pouvant servir, entortill&#233; autour du tube horizontal, de coussinet pour prot&#233;ger l'&#233;paule au portage, gants chauds ou mouffles, visi&#232;res pour les binoclards. Une boussole peut rendre de fiers services en cas de brouillard. Le reste de l'&#233;quipement varie avec les &#233;coles, la force physique, les bourses, les app&#233;tits. Le v&#233;lo lourd n'est pas d'office un d&#233;savantage&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; il reprendra du poil de la b&#234;te en roulant l&#224; o&#249; le &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;Tout Dural&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; portera sa monture. Les souliers uniques, c'est-&#224;-dire des souliers bas l&#233;g&#232;rement ferr&#233;s ont leurs adeptes&#160;: nous leur pr&#233;f&#233;rons n&#233;anmoins la solution plus lourde, godasses de montagne pour les cols. N'oublie pas l'appareil photo, car si tu veux obtenir l'insigne des Cyclo-Muletiers Savoyards ou Dauphinois, il te faut des documents. Mais le meilleur appareil du monde ne sert &#224; rien s'il n'y a pas de pellicule dedans&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;!&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au point de vue d'entra&#238;nement, nous attirons ton attention sur le fait qu'une d&#233;faillance en montagne est beaucoup plus d&#233;sagr&#233;able que partout ailleurs&#160;: elle y peut &#234;tre dangereuse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En toute saison, m&#234;me au mois d'ao&#251;t, tu peux rencontrer au-dessus de 2.000 m&#232;tres de la neige fra&#238;che tomb&#233;e de la nuit. Ce n'est pas une raison pour rebrousser chemin, &#224; moins que tu n'y enfonces jusqu'aux genoux&#160;: l'essentiel est de ne pas perdre la direction et de ne pas te tromper de &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;col&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;. Mais m&#233;fie-toi comme de la peste des &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;n&#233;v&#233;s&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; au d&#233;but de saison&#160;: si tu ne peux pas les &#233;viter, prends au moins toutes les pr&#233;cautions&#160;: traverse vite sans pi&#233;tiner et sans t'arr&#234;ter, au besoin d'abord sans v&#233;lo pour faire la trace. Un simple petit glissement de neige peut affreusement t'empoisonner.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'exp&#233;rience a montr&#233; que plus encore que sur la route le v&#233;lo du cyclo-muletier doit &#234;tre charg&#233; &#224; l'avant. Plus l'arri&#232;re est d&#233;charg&#233;, plus il est facile de conduire la machine dans un sentier rocailleux ou sur les &#233;boulis et de r&#233;duire ainsi le portage &#224; son strict minimum. Car qu'on veuille l'avouer ou non&#160;: le portage est bien la plaie du Cyclo-Muletier&#160;: heureusement qu'une savante technique et une certaine exp&#233;rience permettent de l'&#233;viter dans la plupart des cas et des cols.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et, pour finir, un tuyau de bon copain qui t'&#233;vitera mainte am&#232;re d&#233;ception&#160;: n'essaye pas de questionner les montagnards &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;Combien de temps jusqu'au col&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;?&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;, car ils te donneront de bonne foi les indications les plus diff&#233;rentes&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; mais surtout, si tu ne veux pas &#233;branler ton moral, abstiens-toi de demander si &#231;a passe. D'apr&#232;s eux, tu ne passeras jamais&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;!&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Eh bien, nous y avons tous pass&#233;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;!&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;LE&lt;/span&gt; &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;BOUQUE&lt;/span&gt;-&lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;TAIN&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_2368 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='http://velotextes.fr/IMG/jpg/pxl_20251015_122032737_2.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='http://velotextes.fr/local/cache-vignettes/L500xH566/pxl_20251015_122032737_2-85ca5.jpg?1788124287' width='500' height='566' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;(L&#233;gende de la photo)&#160;: Le pr&#233;sident qui donne l'exemple, M.&#160;P. Gu&#233;rin, pr&#233;sident des Cyclo-Muletiers Savoyards au col de Chavi&#232;res (Photo Hans Konig.)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Lettre d'Am&#233;rique (1939)</title>
		<link>http://velotextes.fr/spip.php?article1108</link>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>velovi</dc:creator>


		<dc:subject>Entre 1918 et 1939</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Lorsque, de retour en France, en octobre dernier, j'ai utilis&#233; ici pour la premi&#232;re fois les deux bicyclettes que j'avais ramen&#233;es, j'ai obtenu, croyez-le, un certain succ&#232;s de curiosit&#233;. &lt;br class='autobr' /&gt;
La bicyclette de course sur laquelle j'ai effectu&#233; mon voyage en France n'a pas trop retenu l'attention&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; elle est, en effet, semblable aux autres v&#233;los de course&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; par contre, la Randonneuse Hurtu a &#233;t&#233; &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#233;pluch&#233;e&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; en d&#233;tail et n'a pas manqu&#233; de faire beaucoup d'envieux. &lt;br class='autobr' /&gt;
Pour bien comprendre &#224; quel&#160;(&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="http://velotextes.fr/spip.php?rubrique11" rel="directory"&gt;D&#233;bats, soci&#233;t&#233;, sport&lt;/a&gt;

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&lt;a href="http://velotextes.fr/spip.php?mot12" rel="tag"&gt;Entre 1918 et 1939&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Lorsque, de retour en France, en octobre dernier, j'ai utilis&#233; ici pour la premi&#232;re fois les deux bicyclettes que j'avais ramen&#233;es, j'ai obtenu, croyez-le, un certain succ&#232;s de curiosit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La bicyclette de course sur laquelle j'ai effectu&#233; mon voyage en France n'a pas trop retenu l'attention&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; elle est, en effet, semblable aux autres v&#233;los de course&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; par contre, la Randonneuse Hurtu a &#233;t&#233; &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#233;pluch&#233;e&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; en d&#233;tail et n'a pas manqu&#233; de faire beaucoup d'envieux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour bien comprendre &#224; quel point votre fabrication peut surprendre les Am&#233;ricains, il faut que vous sachiez que nos bicyclettes ici n'ont rien de commun avec les v&#244;tres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Certes, nous avons quelques repr&#233;sentants de la construction anglaise&#160;: Raleigh, Phillips, Hercules, qui pr&#233;sentent des mod&#232;les se rapprochant comme lignes &#224; vos machines, mais la majorit&#233; des v&#233;los am&#233;ricains sont d'allure, si je puis dire, &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;motoris&#233;e&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_2372 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='http://velotextes.fr/IMG/jpg/pxl_20251015_121838011_4.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='http://velotextes.fr/local/cache-vignettes/L500xH393/pxl_20251015_121838011_4-316df.jpg?1788127379' width='500' height='393' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Examinons aujourd'hui la production de la Maison Huffmann. Aucun mod&#232;le ne peut &#234;tre compar&#233; aux bicyclettes fran&#231;aises&#160;: un seul souci semble avoir guid&#233; le constructeur&#160;: l'a&#233;rodynamisme&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; qu'importe que les machines p&#232;sent 16 &#224; 20 kilos, pourvu que toutes les lignes soient fuyantes et que tous les cadres poss&#232;dent un faux r&#233;servoir donnant ainsi au v&#233;lo une allure de moto.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour parfaire cette pr&#233;sentation, la selle est du type &#224; ressorts multiples, le guidon voit ses deux bras r&#233;unis par une barre de renforcement... Quant aux pneus, ce sont de vrais ballons de 60 mm. de section&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;!&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De plus, la maison Huffmann a cr&#233;&#233; un dispositif de suspension appel&#233; &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;Twin-Flex&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; comportant 2 ressorts, un sous la selle et un sur la direction&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; en fait, dans ce syst&#232;me, les deux roues sont mont&#233;es sur fourche &#224; ressort, suivant le poids du cycliste, les ressorts se r&#232;glent &#224; volont&#233; et le disposition peut ainsi donner son rendement maximum, aussi bien avec un enfant de 35 kilos qu'avec un homme de 90 kilos... (Les prix de ces machines varient entre 1.500 et 2.000 francs.)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La pr&#233;sentation est plaisante, couleurs tons sur tons, chrome flamboyant donnent &#224; la machine une fort belle allure, mais de telles bicyclettes ne permettent pas de longs parcours, aussi ne sont-elles gu&#232;re utilis&#233;es que par des jeunes gens effectuant de courtes promenades.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;B. F. KEINARD.&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Randonn&#233;es d'automne (1929)</title>
		<link>http://velotextes.fr/spip.php?article433</link>
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		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>velovi</dc:creator>


		<dc:subject>Paul de Vivie, dit V&#233;locio</dc:subject>
		<dc:subject>Entre 1918 et 1939</dc:subject>
		<dc:subject>Ballon n&#176;2</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Velocio, Le Cycliste, Nov.dec. 1929, p.99-103, Source Archives d&#233;partementales de la Loire, cote &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;IJ871&lt;/span&gt;/4 &lt;br class='autobr' /&gt;
A la Toussaint, un pont de trois jours, le temps d'aller serrer la main &#224; nos amis du Midi, jusqu'&#224; Marseille... Pluie et vent nous en emp&#234;ch&#232;rent. C'e&#251;t &#233;t&#233; pourtant une belle occasion d'essayer sur 600 km. nos trottinettes, dont trois exemplaires trottent d&#233;j&#224;, et avec quel succ&#232;s&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! dans notre ville. Seul le bouillant L... brava les &#233;l&#233;ments, et on le vit une fois de plus dans la&#160;(&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="http://velotextes.fr/spip.php?rubrique37" rel="directory"&gt;1914-1930 P&#233;riode meetings, exp&#233;riences et r&#233;miniscences&lt;/a&gt;

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&lt;a href="http://velotextes.fr/spip.php?mot1" rel="tag"&gt;Paul de Vivie, dit V&#233;locio&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://velotextes.fr/spip.php?mot12" rel="tag"&gt;Entre 1918 et 1939&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://velotextes.fr/spip.php?mot158" rel="tag"&gt;Ballon n&#176;2&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Velocio, Le Cycliste, Nov.dec. 1929, p.99-103, Source Archives d&#233;partementales de la Loire, cote &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;IJ871&lt;/span&gt;/4&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A la Toussaint, un pont de trois jours, le temps d'aller serrer la main &#224; nos amis du Midi, jusqu'&#224; Marseille... Pluie et vent nous en emp&#234;ch&#232;rent. C'e&#251;t &#233;t&#233; pourtant une belle occasion d'essayer sur 600 km. nos trottinettes, dont trois exemplaires trottent d&#233;j&#224;, et avec quel succ&#232;s&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! dans notre ville. Seul le bouillant L... brava les &#233;l&#233;ments, et on le vit une fois de plus dans la vall&#233;e du Rh&#244;ne, sur ma &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#8239;Vieille gloire&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Ensuite, f&#234;te de la Saint-Martin, f&#234;tes de l'armistice, deux jours de libert&#233; et du beau temps en perspective. Seulement, les jours sont courts, nous devrons nous contenter du proche Midi. Le but de notre randonn&#233;e automnale sera donc la Trappe d'Aiguebelle, mais nos trottinettes n'en seront pas&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; ce qu'elles veulent, c'est le grand voyage du Midi, qui couronna toujours les &#233;preuves de toutes mes nouvelles montures, et auquel elles ont droit&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; maintenant qu'elles ont le certificat d'&#233;tudes, il leur faut le bac, et tout ce qui ressemble &#224; une simple promenade ne les int&#233;resse pas.&lt;br class='autobr' /&gt;
Aucune publicit&#233; ne fut faite autour de notre projet, et pourtant nous nous trouv&#226;mes (hasard ou t&#233;l&#233;pathie) quatorze cyclotouristes, le 10&#160;novembre, &#224; l'h&#244;tellerie de la Trappe, un vrai petit meeting. Quatre venaient de Montpellier, trois de Maillane ou d'Arles, et nous &#233;tions sept St&#233;phanois venus chacun de son c&#244;t&#233;, les uns par la montagne, les autres par Givors. Pour moi qui ne puis pas rouler la nuit, j'&#233;tais all&#233; par le premier train jusqu'&#224; Givors, et j'en revins &#233;galement par le train, le lendemain soir&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; c'est une excellente combinaison.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je quittai donc Givors &#224; 6 heures et quart, avec, devant moi, un ruban de 152 km. de routes faciles. Je devais trouver &#224; la descente du train deux compagnons venus par la route, mais je n'en trouvai point, je les crus derri&#232;re, ils &#233;taient devant&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; cela n'avait d'ailleurs aucune importance&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; le rendez-vous g&#233;n&#233;ral &#233;tait, de 14 &#224; 16 heures, &#224; Aiguebelle.&lt;br class='autobr' /&gt;
Il avait plu la veille, il avait plu la nuit, la route &#233;tait mouill&#233;e et le ciel brumeux, le vent nul et parfois contraire. J'ai ma Ballon n&#176;&#160;2, &#224; cadre ouvert, pneus fa&#231;on mains, trois vitesses&#160;: 6 m. 50, 5 m. et 3 rn. 30, par flottante. Comme d'habitude, j'emporte une enveloppe et une chambre de rechange, et je conseille &#224; tous les ballonnistes d'en faire autant, car il est vain d'esp&#233;rer pouvoir se ravitailler en pneus en cours de route, pas plus en B qu'en C. Une enveloppe roul&#233;e convenablement sur elle-m&#234;me en une couronne de 30 cm. et fix&#233;e sur le garde-boue, sous la selle, occupe peu de place, ne me g&#234;ne pas et me sert m&#234;me de porte-bagage. Jusqu'ici, je n'avais jamais eu besoin de m'en servir, mais cette fois je fus bien aise de la trouver, apr&#232;s une f&#226;cheuse collision avec un tesson de bouteille qui, aux environs de Mont&#233;limar, trancha net mon pneu avant&#160;: chambre et enveloppe furent entaill&#233;es de 8 cm. et ne pouvaient &#234;tre r&#233;par&#233;es sur place.&lt;br class='autobr' /&gt;
La route de la rive droite, que j'avais vue si d&#233;testable il y a quelques ann&#233;es, est devenue parfaite, et filer l&#224;-dessus &#224; 25 &#224; l'heure avec 6 m. 50, ce n'est m&#234;me pas aller vite. Nous n'avons plus rien &#224; envier &#224; ces belles routes macadamis&#233;es d'avant les automobiles, qui permirent les grandes randonn&#233;es de L'&#201;cole st&#233;phanoise, quand Thorsonnax reliait Lyon &#224; Nice en vingt-quatre heures&#160;: que Bussod faisait, en dix-sept heures, Lvon-Lautaret-Lyon, et Dupuy, Saint-Etienne-Gen&#232;ve-Saint-Etienne dans une petite journ&#233;e. La seule diff&#233;rence, c'est qu'aujourd'hui les routes sont noires au lieu d'&#234;tre blanches, et que nos machines ne rapportent plus du Midi la preuve manifeste de leur voyage qu'&#233;tait pour elles la poussi&#232;re tenace, caract&#233;ristique des routes rhodaniennes, qui se collait partout.&lt;br class='autobr' /&gt;
Je venais de d&#233;passer Sainte-Colombe, quand je croise un tandem&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; ce sont deux abonn&#233;s du Cycliste qui ont p&#233;dal&#233; toute la nuit pour aller d'Al&#232;s &#224; Saint-&#201;tienne &#224; l'occasion de la Semaine du Cycle. Nous causons un instant, ils sont enchant&#233;s du tandem, qui leur permet de faire sans fatigue de longues randonn&#233;es&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; ils rentreront demain de St-Etienne &#224; Al&#232;s, &#233;galement par la route, voyageant ainsi &#224; tr&#232;s peu de frais et tr&#232;s agr&#233;ablement. La vogue du tandem cro&#238;t en France de plus en plus&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; en Angleterre, elle est ph&#233;nom&#233;nale.&lt;br class='autobr' /&gt;
Je m'applique &#224; p&#233;daler r&#233;guli&#232;rement, heureux de pouvoir quitter la route des yeux et m'absorber dans les souvenirs qui se l&#232;vent &#224; chaque tournant. &#199;&#224; et l&#224; cependant, quelques r&#233;parations me rappellent &#224; l'ordre&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; &#224; Condrieu, &#224; Serri&#232;res, j'aborde en vitesse un sol boueux et d&#233;rapant o&#249; il faut ouvrir l'&#339;il&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; le raidillon de Saint-Pierre-de-B&#339;uf me surprend&lt;br class='autobr' /&gt;
et me para&#238;t dur avec mon grand d&#233;veloppement. Je suis &#224; Andance &#224; 8 h. 4, &#224; la bifurcation de la route n&#176;&#160;82, qui vient de Saint-&#201;tienne par le col des Grands-Bois, et enfin &#224; Valence, devant la gare, &#224; 10 h. 40. J'ai d&#233;j&#224; p&#233;dal&#233; dans quatre d&#233;partements&#160;: de 23 &#224; 24 km. dans le Rh&#244;ne&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; de 11 &#224; 12 km. dans la Loire, 37 dans l'Ard&#232;che et 20 dans, la Dr&#244;me. Ma moyenne s'est maintenue &#224; 20 &#224; l'heure&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; sans vent favorable, c'est du bon transport&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; avec vent favorable, on pourrait faire cette demi-&#233;tape &#224; 25 &#224; l'heure. Avouez que la bicyclette est un merveilleux outil de transport, rapid&#233;conommohygi&#233;nique. Je me suis, pendant quatre heures et demie, oxyg&#233;n&#233; &#224; fond les poumons, cela ne m'a pas co&#251;t&#233; un centime&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; l'exercice mod&#233;r&#233; que j'ai fait, la sudation l&#233;g&#232;re qui l'a accompagn&#233; ont d&#233;barrass&#233; l'organisme de pas mal de toxines et ma vitalit&#233; en a &#233;t&#233; intensifi&#233;e&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; cela non plus ne m'a pas co&#251;t&#233; un centime, aussi ai-je fait le pari d'aller, l'an prochain, de Saint-&#201;tienne &#224; Marseille sans d&#233;penser plus de vingt sous, et d'y arriver mieux portant qu'au d&#233;part.&lt;br class='autobr' /&gt;
Je trouve &#224; Valence un premier groupe de deux cyclotouristes st&#233;phanois, partis de Saint-&#201;tienne &#224; 3 heures et qui ont fait comme moi, mais par la route, le tour par Givors&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; ils ont d&#233;j&#224; 130 km. dans les jambes, ils viennent de d&#233;jeuner et je repars avec eux &#224; 11 heures, apr&#232;s m'&#234;tre lest&#233; d'un solide caf&#233; au lait et de cinq croissants de belle taille, de quoi aller sans r&#233;cidiver jusqu'&#224; la Trappe, qui n'est plus qu'&#224; 62 km.&lt;br class='autobr' /&gt;
Les 44 km. qui s&#233;parent Valence de Mont&#233;limar sont faciles et amusants par les l&#233;gers vallonnements qu'on y trouve, surtout apr&#232;s Loriol et qui se terminent par des descentes faibles en ligne droite, que l'on n&#233;gocie avec mistral dans le dos &#224; des allures vertigineuses&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; ils m'ont toujours plu beaucoup, d'autant plus que le paysage, toujours apr&#232;s Loriol, retient agr&#233;ablement les yeux. Aujourd'hui, le mistral est boucl&#233; par Eole dans les cavernes profondes&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; seul, un tr&#232;s faible vent du midi nous retarde un peu et nous rafra&#238;chit. Le soleil a perc&#233; le plafond brumeux qui jusqu'&#224; Valence avait attrist&#233; la nature, et le beau temps &#233;tait assur&#233;, tout au moins pour la soir&#233;e. Nous ne p&#233;dalions donc qu'avec plus d'entrain derri&#232;re un jeune cycliste qui se d&#233;menait comme un diable pour conserver entre lui et nous une bonne distance. Mais nous &#233;tions trois et nous pouvions nous mener le train, tandis qu'il &#233;tait seul &#224; lutter contre le vent , il fut donc rattrap&#233; avant Livron, o&#249; il s'arr&#234;ta. Ce petit incident nous avait mis en train, et nous arriv&#226;mes &#224; Mont&#233;limar &#224; 13 h. 10. Mes compagnons auraient pu aller beaucoup plus vite, mais ils avaient tenu &#224; r&#233;gler leur allure sur la mienne. J'ai, toute ma vie, eu la malchance de retarder mes compagnons qui, autrefois, avaient toujours de vingt &#224; vingt-cinq ans de moins que moi et qui aujourd'hui en ont de quarante-cinq &#224; cinquante, ce qui n'am&#233;liore pas la situation. C'est pourquoi j'ose de moins en moins demander des compagnons de route, car je sais trop que rien n'est fatigant comme d'&#234;tre oblig&#233;, au cours d'une &#233;tape-transport, de freiner constamment son allure pour suivre ou attendre un escargot. Avec les routes actuelles, un jeune cyclotou riste convenablement entra&#238;n&#233; et outill&#233;, peut pr&#233;tendre &#224; une moyenne commerciale de 25 &#224; l'heure entre Lyon ou Saint-&#201;tienne et la mer. Et ce serait d&#233;montrer irr&#233;futablement la grande valeur de la bicyclette en tant qu'outil de voyage que de pouvoir, au pied lev&#233;, aller de Lyon &#224; Marseille en deux heures, ou &#224; Nice en vingt heures. C'est ce que j'esp&#233;rais de la jeune g&#233;n&#233;ration actuelle quand j'&#233;crivais, il y a un quart de si&#232;cle, apr&#232;s avoir pos&#233; quelques jalons que je suis forc&#233; de donner encore comme exemple, que nos successeurs feraient beaucoup mieux que nous. Mais l'automobile est venue&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; puis, les gros salaires, 1&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;er&lt;/sup&gt; profits plus gros encore, les gains faciles de sp&#233;culation, la force m&#233;canique mise &#224; la port&#233;e de tous, les progr&#232;s de la science eux-m&#234;mes ont contribu&#233; &#224; rejeter au dernier plan la force humaine qu'on rougira bient&#244;t d'exercer et, d'employer &#224; des fins utiles. On dira d'un homme qu'il a r&#233;ussi lorsque, par des moyens artificiels, il pourra se faire transporter comme un colis &#224; de longues distances. Il sera rest&#233; pour tout le monde un pauvre diable s'il peut s'y transporter par ses propres moyens naturels. Ce que devient dans tout cela la sant&#233; du corps et de l'esprit, on s'en rend compte ais&#233;ment en constatant que pour une population stationnaire, le nombre des m&#233;decins, des h&#244;pitaux, des asiles d'ali&#233;n&#233;s, va progressant de jour en jour et a pour le moins quintupl&#233; depuis cinquante ans.&lt;br class='autobr' /&gt;
Nous avons eu pourtant, cette ann&#233;e, en Angleterre. un exemple frappant de l'am&#233;lioration de la race cycliste, de l'augmentation de valeur r&#233;alis&#233;e en vingt ans par le moteur humain. Un cycliste anglais, Rossiter, a pu se transporter de l'extr&#234;me sud &#224; l'extr&#234;me nord de l'Angleterre, en 61 heures. Il a couvert ainsi 1.385 kilom&#232;tres &#224; la moyenne commerciale de 22 km. &#224; l'heure, seul contre les &#233;l&#233;ments qui ne l'ont pas m&#233;nag&#233;, la pluie l'ayant accompagn&#233; pendant trente-six heures&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; il n'avait pour l'aider ni l'abri d'un peloton, ni l'&#233;mulation que donne la course en comp&#233;tition, ni les applaudissements des spectateurs. Il faisait purement et simplement du transport &#224; bicyclette dans un but int&#233;ress&#233;, je vous l'accorde, avec l'espoir d'en tirer quelque profit, mais sans autre stimulant que sa volont&#233;. Il randonnait comme on randonnait &#224; l'E.S., de 1900 &#224; 1910. Et en randonnant ainsi, Rossiter a battu de six heures et demie, c'est-&#224;-dire de 10&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;%, du meilleur temps pr&#233;c&#233;dent pour la m&#234;me distance. Voil&#224; le progr&#232;s que j'attendais r&#233;alis&#233; en Angleterre&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; quand le sera-t-il en France&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;? La course en comp&#233;tition, avec les combinaisons, on peut dire les canailleries qu'elle permet, fausse compl&#232;tement les r&#233;sultats, sinon l'&#233;preuve d&#233;cennale Paris-Brest-Paris, qui se d&#233;roulera pour la cinqui&#232;me fois en 1931, pourrait nous apporter un fait &#224; mettre en parall&#232;le avec celui de Rossiter. Quant au Tour de France, tant qu'on n'en fera qu'une r&#233;clame grand orchestre, c'est une plaisanterie. Faire 5.000 km. &#224; la moyenne commerciale de 7 &#224; 8 &#224; l'heure et &#224; grands frais, ne me semble pas une preuve bien convaincante de la sup&#233;riorit&#233; rapid&#233;conommodygi&#233;nique de la bicyclette comme outil de transport. &lt;br class='autobr' /&gt;
Et si nous revenions &#224; Mont&#233;limar&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! o&#249; nous venons d'arriver &#224; 13 h. 10, mis, par le repas pris &#224; Valence, en &#233;tat de continuer sans arr&#234;t jusqu'&#224; la Trappe o&#249; nous aurions &#233;t&#233; &#224; 14 h. si nous n'avions &#233;t&#233; h&#233;l&#233;s au passage par le deuxi&#232;me groupe st&#233;phanois, celui-l&#224; m&#234;me que je devais trouver &#224; Givors &#224; l'arriv&#233;e du train. Il aurait pu d&#233;jeuner comme nous &#224; Valence. mais il avait pr&#233;f&#233;r&#233; pousser jusqu'&#224; Mont&#233;limar, o&#249; nous le trouvons &#224; table. Nous nous arr&#234;t&#226;mes donc aussi et j'eus la surprise agr&#233;able de rencontrer au m&#234;me instant M.&#160;B..., de Mont&#233;limar, fid&#232;le abonn&#233; du Cycliste, qui nous r&#233;v&#233;la que le vrai nougat de Mont&#233;limar &#233;tait comme la clairette de Die, de plus en plus introuvable. Il en est sans doute de m&#234;me des berlingots de Carpentras&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! On ne vous vend plus que des &#233;tiquettes, sous lesquelles il n'y a rien de ce qu'elles annoncent. C'est comme le pneu standard&#160;: il mesurait &#224; l'origine 38mm, il en mesure aujourd'hui 32, et il devrait &#234;tre marqu&#233; Brise-os plut&#244;t que Standard-route. Il se peut que nous aimions &#224; &#234;tre tromp&#233;s, comme le prouverait l'anecdote du professeur de m&#233;decine qui, voyant un de ses &#233;l&#232;ves vendre sur la place publique des flacons d'eau pure en guise de rem&#232;de, ne put s'emp&#234;cher de l'apostropher&#160;:
&lt;br /&gt;&#8212; Non te pudet vulgum sic decipere&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;?
&lt;br /&gt;&#8212; Confiteor, sed parce, Domine, Vulgus decipi vult.&lt;br class='autobr' /&gt;
Tune decipiatur&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! conclut le ma&#238;tre en tournant les talons.&lt;br class='autobr' /&gt;
Pendant que nous bavardons ainsi devant une tasse de caf&#233;, en attendant que nos amis aient fini de d&#233;jeuner, survient le tandem mixte R..., de Maillane, escort&#233; d'un jeune Arl&#233;sien, sympathique trio qui venait de d&#233;jeuner &#224; Aiguebelle, o&#249; nous le ramenons illico&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; on ne vient pas de si loin pour ne se voir qu'au vol, et nous voulons passer ensemble le plus d'heures possible.&lt;br class='autobr' /&gt;
Nous voil&#224; d&#233;j&#224; huit&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; les deux derniers St&#233;phanois n'arriveront qu'&#224; la nuit avec la quadrette montpelli&#233;raine.&lt;br class='autobr' /&gt;
Dix-huit kilom&#232;tres seulement s&#233;parent Mont&#233;limar de la Trappe&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; le temps &#233;tait merveilleux pour la saison&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; ce fut une promenade charmante. Autour, du tandem, &#233;voluaient la bicyclette, et la jeune Th&#233;r&#232;se R..., qui est bien la plus enthousiaste cycliste que je connaisse, &#233;tait l'animatrice de notre groupe. Les projets d'excursions les plus audacieux &#233;taient mis sur le tapis&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; les Alpes et les Pyr&#233;n&#233;es n'ont qu'&#224; bien se tenir&#160;: le Ventoux et le Parpaillon ne sont que taupini&#232;res, et il est heureux pour l'Himalaya d'&#234;tre si loin de nous. La Colite est de plus en plus &#224; la mode parmi nous&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; avec raison d'ailleurs, car la fr&#233;quentation des hautes altitudes &#233;l&#232;ve l'&#226;me par l'admiration qui s'en d&#233;gage, en m&#234;me temps que le corps par l'effort salutaire auquel elle l'oblige.&lt;br class='autobr' /&gt;
Les trois kilom&#232;tres de mont&#233;e &#224; 6&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;% apr&#232;s Allan, furent enlev&#233;s au pas de charge par les jeunes gens, plus paisiblement par le tandem et par moi-m&#234;me et, avant de plonger dans le vallon o&#249; s'est blottie l'abbaye avec ses d&#233;pendances, nous nous arr&#234;t&#226;mes pour jouir d'un panorama impressionnant, qui n'est born&#233; que par les montagnes de l'Ard&#232;che, derri&#232;re lesquelles le soleil allait dispara&#238;tre.&lt;br class='autobr' /&gt;
Nous f&#251;mes re&#231;us &#224; bras ouverts par le bon Fr&#232;re F&#233;lix, qui fut certainement le plus navr&#233; quand il dut nous appliquer la r&#232;gle s&#233;v&#232;re du couvent, qui ne re&#231;oit &#224; la villa des dames que les parentes des religieux&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; si bien qu'a-pr&#232;s le d&#238;ner, qui fut comme toujours app&#233;tissant et copieux, le tandem mixte dut, escort&#233; par quelques-uns des n&#244;tres, aller jusqu'&#224; Grignan, &#224; onze kilom&#232;tres, pour trouver un logement. On d&#238;ne heureusement de bonne heure &#224; la Trappe, si bien qu'&#224; 21 heures, l'escorte &#233;tait d&#233;j&#224; de retour. Pendant son absence, nous nous &#233;tions promen&#233;s autour du couvent o&#249; le silence r&#233;gnait &#224; tel point qu'il en &#233;tait presque inqui&#233;tant, et quand nous pass&#226;mes devant la villa des dames, qui est tr&#232;s isol&#233;e et assez &#233;loign&#233;e pour qu'on y puisse appeler au secours sans &#234;tre entendu, je me demandais si notre jeune compagne aurait &#233;t&#233; bien contente de se trouver ainsi abandonn&#233;e et si la r&#232;gle que nous avions trouv&#233;e g&#234;nante n'avait pas &#233;t&#233; au contraire, cette fois, tr&#232;s opportune. Non loin de l&#224;, trois cierges br&#251;laient dans une grotte ferm&#233;e par une grille, devant un autel rustique, et de temps en temps une cloche annon&#231;ait quelque phase des pri&#232;res qui s'&#233;l&#232;vent &#224; toute heure de ce coin de terre sanctifi&#233; par des si&#232;cles d'humilit&#233;, de travail et d'abn&#233;gation.&lt;br class='autobr' /&gt;
Quand nous rentr&#226;mes, le temps paraissait avoir chang&#233;, le ciel se d&#233;couvrait, les nuages inqui&#233;tants qui, au cr&#233;puscule, nous avaient menac&#233;s de pluie et m&#234;me d'orage, avaient disparu, mais la temp&#233;rature devenait plus froide d'heure en heure et le vent du nord se levait, qui n'allait pas tarder &#224; devenir un v&#233;ritable mistral.&lt;br class='autobr' /&gt;
A 7 heures, le lendemain, nous op&#233;rions notre jonction avec les tand&#233;mistes, lev&#233;s avant nous et qui nous donn&#232;rent un avant-go&#251;t de la force du vent. Il leur avait fallu p&#233;daler m&#234;me &#224; la descente, pour venir de Grignan &#224; Aiguebelle. Alors, qu'est-ce que nous allions prendre pour remonter &#224; Saint-&#201;tienne&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! Ce pendant, nous donnant l'exemple, M... s'&#233;lance le premier, d&#233;cid&#233; &#224; lutter jusqu'au bout et, de fait, il arriva chez lui &#224; 18 heures, sans s'&#234;tre aid&#233; du grand fr&#232;re, ayant eu la bonne id&#233;e de remonter par la rive droite, mieux abrit&#233;e.&lt;br class='autobr' /&gt;
Quant aux autres St&#233;phanois, dont j'&#233;tais, nous pr&#238;mes tranquillement le train jusqu'&#224; St-Vallier o&#249; nous nous s&#233;par&#226;mes, mes compagnons pr&#233;f&#233;rant rentrer par la montagne, tandis que j'allais &#224; Givors utiliser mon billet de retour. La distance est exactement la m&#234;me, mais on &#233;vite par ce d&#233;tour la fatigue de la mont&#233;e, et nous r&#233;int&#233;gr&#226;mes, tous, nos domiciles respectifs entr&#233; 18 heures et 18 h. 1/2, avec nos sacs pleins de bo&#238;tes de chocolat et de flacons d'eau de m&#233;lisse de la Trappe.&lt;br class='autobr' /&gt;
Nos amis de Maillane furent ramen&#233;s chez eux tambour battant par le mistral &#224; des allures folles&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; les cyclotouristes de Montpellier, disposant de plus de temps, ne devaient rentrer que plus tard par le chemin des &#233;coliers.&lt;br class='autobr' /&gt;
Cette petite excursion automnale termine, pour moi tout au moins, la saison 1929 qui a &#233;t&#233;, bien remplie, sans pouvoir le comparer &#224; celles d'avant guerre, celle de 1912, par exemple. Mais le poids des ans se fait sentir&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; si je ne parviens pas &#224; le combattre l'an prochain, par la l&#233;g&#232;ret&#233; de mes trottinettes, je finirai par en &#234;tre &#233;cras&#233;&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;!	&lt;br class='autobr' /&gt;
V&#233;locio.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Trottinette</title>
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		<dc:date>2024-05-10T17:22:33Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>velovi</dc:creator>


		<dc:subject>Paul de Vivie, dit V&#233;locio</dc:subject>
		<dc:subject>Entre 1918 et 1939</dc:subject>
		<dc:subject>Trottinette</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;&#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#8239;Je vais donc, d&#232;s cette fin de saison, comparer avec m&#233;thode, sur mes terrains d'exp&#233;rience, les r&#233;sultats que me donne ma Ballon des vieilles gloires qui se caract&#233;rise par des roues de 500 &#224; boyaux de 50 et la compression de toutes ses parties, par quoi l'on est arriv&#233; &#224; en r&#233;duire le poids &#224; onze kilos et &#224; lui donner l'air d'une trottinette.&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;&lt;/p&gt;

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&lt;a href="http://velotextes.fr/spip.php?rubrique65" rel="directory"&gt;L'&#233;curie de V&#233;locio&lt;/a&gt;

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&lt;a href="http://velotextes.fr/spip.php?mot1" rel="tag"&gt;Paul de Vivie, dit V&#233;locio&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://velotextes.fr/spip.php?mot12" rel="tag"&gt;Entre 1918 et 1939&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://velotextes.fr/spip.php?mot163" rel="tag"&gt;Trottinette&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_1479 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='http://velotextes.fr/IMG/jpg/pxl_20240509_124624958_3.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='http://velotextes.fr/local/cache-vignettes/L500xH700/pxl_20240509_124624958_3-5b3ce.jpg?1788127288' width='500' height='700' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;section class=&#034;sommaire-section sommaire-section_niveau1 sommaire-section_h3&#034; aria-labelledby=&#034;Vieilles-Gloires&#034;&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034; id='Vieilles-Gloires'&gt;Vieilles Gloires&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#8239;Je vais donc, d&#232;s cette fin de saison, comparer avec m&#233;thode, sur mes terrains d'exp&#233;rience, les r&#233;sultats que me donne ma Ballon des vieilles gloires qui se caract&#233;rise par des roues de 500 &#224; boyaux de 50 et la compression de toutes ses parties, par quoi l'on est arriv&#233; &#224; en r&#233;duire le poids &#224; onze kilos et &#224; lui donner l'air d'une trottinette.&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_317 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;230&#034; data-legende-lenx=&#034;xxx&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://velotextes.fr/local/cache-vignettes/L300xH409/dscf7625_2_-ba342.jpg?1788127288' width='300' height='409' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre crayon document-titre-317 '&gt;&lt;strong&gt;&#034;V&#233;locio prend part au championnat des &#171;&#160;vieilles Gloires&#160;&#187;
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif crayon document-descriptif-317 '&gt;&#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;V&#233;locio prend part au championnat des &#171;&#160;vieilles Gloires&#160;&#187; en 1929, &#224; gauche J. Barellon, &#224; droite Gorges Grillot.&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;
&lt;/div&gt; &lt;div class='spip_doc_credits crayon document-credits-317 '&gt;Le Cycliste, Octobre 1954
&lt;/div&gt;
&lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div class='spip_document_1260 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;35&#034; data-legende-lenx=&#034;x&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='http://velotextes.fr/IMG/jpg/img_20230902_0002.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='http://velotextes.fr/local/cache-vignettes/L500xH770/img_20230902_0002-a7331.jpg?1788127288' width='500' height='770' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif crayon document-descriptif-1260 '&gt;V&#233;locio aux vieilles gloires
&lt;/div&gt; &lt;div class='spip_doc_credits crayon document-credits-1260 '&gt;1929
&lt;/div&gt;
&lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/section&gt;&lt;section class=&#034;sommaire-section sommaire-section_niveau1 sommaire-section_h3&#034; aria-labelledby=&#034;Meeting-d-automne-1929&#034;&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034; id='Meeting-d-automne-1929'&gt;Meeting d'automne, 1929&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#8239;Le poids des machines, peut-&#234;tre &#224; la suite de la campagne entreprise par notre Revue en faveur de la bicyclette &#233;quip&#233;e pour le tourisme et ne pesant pourtant que 10 kg., est la question qui attire le plus aujourd'hui l'attention des cyclotouristes et les pr&#233;occupations des constructeurs. Nous avons vu &#224; Pavezin un type de bicyclette r&#233;pondant au type envisag&#233;, avec m&#234;me deux jeux de trois vitesses en marche, et ne pesant que 13 kg., alors que jusqu'ici les machines du m&#234;me type ont pes&#233; de 14 &#224; 15 kg. C'est un progr&#232;s, mais nous sommes loin de notre id&#233;al qui &#8212; il n'est pas superflu de le rappeler et tout cela a &#233;t&#233; dit &#224; Pavezin &#8212; doit, malgr&#233; sa l&#233;g&#232;ret&#233;, pouvoir subir sans dommage les efforts, les brutalit&#233;s m&#234;me, d'un cycliste grand, lourd et fort comme celui que nous voyons ici mont&#233; sur ma trottinette &#224; laquelle il vient de faire faire &#224; la moyenne de 23 &#224; l'heure, le trajet Saint-Etienne-Avignon, sans que rien n'ait bronch&#233;. Notons en passant, pendant que nous avons la photo sous les yeux, que l'ensemble n'a rien de disgracieux. Donc, l&#233;g&#232;ret&#233; ne doit pas exclure solidit&#233;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; sinon il serait facile en rognant de tous les c&#244;t&#233;s de ramener &#224; 10 kg. le poids d'une bicyclette qui ne pourrait convenir alors qu'&#224; un val&#233;tudinaire de 50 kg., incapable d'appuyer &#224; plus de 10 kg. et de tourner &#224; plus de 50 tours. Aux premiers &#226;ges de la bicyclette&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; il se trouva tout comme aujourd'hui, des hommes qui d&#233;sir&#232;rent des machines proportionn&#233;es &#224; leur l&#233;g&#232;ret&#233; et &#224; leur faiblesse, et on leur en fit qui ne pesaient m&#234;me pas 10 kg., car il n'&#233;tait pas question alors de changements de vitesse&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; mais les constructeurs n'accompagnaient ces machines exceptionnelles ni de leur signature, ni de leur garantie&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; avec raison &#224; mon avis, car les cyclistes &#224; qui elles &#233;taient destin&#233;es pouvaient un beau jour s'en d&#233;faire en faveur de quelques poids lourds capables d'appuyer &#224; 40 kg. et de tourner &#224; 120 tours. Ce que serait devenue la fr&#234;le bicyclette entre de pareilles mains, vous vous en faites une id&#233;e&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! Et le fabricant aurait vu sa r&#233;putation bien compromise. Le plus sage &#233;tait donc, et est encore, de ne point mettre de marque de fabrique sur des machines qui ne conviennent qu'&#224; un tr&#232;s petit nombre d'originaux, si vous voulez, mais qui peuvent &#234;tre aussi les pionniers d'un v&#233;ritable perfectionnement.&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;&lt;/p&gt;&lt;/section&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Naturisme/costume</title>
		<link>http://velotextes.fr/spip.php?article963</link>
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		<dc:creator>velovi</dc:creator>


		<dc:subject>Paul de Vivie, dit V&#233;locio</dc:subject>
		<dc:subject>Entre 1918 et 1939</dc:subject>
		<dc:subject>Pavezin</dc:subject>
		<dc:subject>Costume </dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Le Cycliste, 1929 En r&#233;ponse &#224; un courrier de lecteur &lt;br class='autobr' /&gt;
Notre correspondant a raison&#160;: il faut avoir de la tenue, et je m'accuse tout le premier d'en manquer quelquefois et, chose triste, due sans doute &#224; ma myopie, je ne m'en aper&#231;ois que trop tard &#224; l'inspection des photographies qui me sont envoy&#233;es apr&#232;s chaque meeting. Ainsi, &#224; notre dernier meeting d'automne, suis-je rest&#233; en bras de chemise, alors que tous les assistants avaient endoss&#233; le veston. La temp&#233;rature &#233;tait si douce et mon&#160;(&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="http://velotextes.fr/spip.php?rubrique37" rel="directory"&gt;1914-1930 P&#233;riode meetings, exp&#233;riences et r&#233;miniscences&lt;/a&gt;

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&lt;a href="http://velotextes.fr/spip.php?mot1" rel="tag"&gt;Paul de Vivie, dit V&#233;locio&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://velotextes.fr/spip.php?mot12" rel="tag"&gt;Entre 1918 et 1939&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://velotextes.fr/spip.php?mot103" rel="tag"&gt;Pavezin&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://velotextes.fr/spip.php?mot152" rel="tag"&gt;Costume &lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;Le Cycliste, 1929&lt;/i&gt;&lt;i&gt; En r&#233;ponse &#224; un courrier de lecteur&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Notre correspondant a raison&#160;: il faut avoir de la tenue, et je m'accuse tout le premier d'en manquer quelquefois et, chose triste, due sans doute &#224; ma myopie, je ne m'en aper&#231;ois que trop tard &#224; l'inspection des photographies qui me sont envoy&#233;es apr&#232;s chaque meeting. Ainsi, &#224; notre dernier meeting d'automne, suis-je rest&#233; en bras de chemise, alors que tous les assistants avaient endoss&#233; le veston. La temp&#233;rature &#233;tait si douce et mon &#233;piderme si heureux d'&#234;tre en prise directe avec l'air pur du col de Pavezin que je me suis oubli&#233; dans une tenue n&#233;glig&#233;e dont je m'excuse tardivement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une chose doit &#234;tre la tenue devant la nature, pendant le travail. Pour rester hygi&#233;nique et profitable &#224; la sant&#233;, elle doit se rapprocher de celle des nudistes. Une autre chose aussi doit &#234;tre la tenue du cycliste qui rentre dans le convenu social. Le difficile est d'imaginer un v&#234;tement qui nous permette d'&#234;tre presque au m&#234;me instant, nu et habill&#233;. Je me suis donn&#233; quelque peine pour y parvenir. Avant eu le tort de ne jamais p&#233;daler jambes nues et en simple cale&#231;on, comme le font de nos jours avec beaucoup de raison nos jeunes compagnons, je reste toujours &#224; peu pr&#232;s pr&#233;sentable jusqu'&#224; la ceinture, en commen&#231;ant naturellement par en bas, mais en commen&#231;ant par en haut, je suis tout simplement nudiste, ce qui me valut d'&#234;tre un jour rappel&#233; au decorum par une m&#251;re et digne dame auto&#239;ste &#224; qui je ne trouvai rien &#224; r&#233;pondre, si ce n'est que si elle me voyait ainsi, c'&#233;tait par sa faute. Ma faute fit-elle, presque courrouc&#233;e, car elle n'avait certainement jamais faut&#233; qu'osez-vous dire l&#224;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;? Eh&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! madame, la v&#233;rit&#233; ne nous mettez-vous pas au monde dans une tenue encore plus l&#233;g&#232;re que celle qui vous offusque&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Malheureusement de telles raisons d'ordre naturiste ne sont pas admises par ceux qui ont besoin du tailleur pour embellir leur anatomie. J'ai donc imagin&#233; plusieurs moyens de passer en un clin d'&#339;il de l'&#233;tat nature &#224; l'&#233;tat sociable, et celui qui me donna le meilleur r&#233;sultat fut une p&#232;lerine courte &#224; manches, en tissu l&#233;ger, qui retenue au cou par un lien l&#226;che pouvant &#234;tre resserr&#233; et former faux col, flottait autour de moi, ramen&#233; tant&#244;t sur la poitrine et tant&#244;t sur le dos, exposant successivement au soleil le torse nu en toutes ses parties. D&#232;s que l'ennemi apparaissait, en deux temps et trois mouvements et sans cesser de p&#233;daler, je d&#233;ployais la p&#232;lerine, enfilais les manches, resserrais le col et ma tenue n'avait plus rien d'offusquant pour les nobles, grandes et honnestes dames dont Brant&#244;me s'amusa jadis &#224; nous montrer les dessous, j'entends, du caract&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Que cette manie que nous avons de dissimuler le corps humain, qui est un pur chef-d'&#339;uvre, sous des v&#234;tements souvent ridicules, est d&#233;plorable pour la sant&#233;, et combien nous nous d&#233;fendrions mieux contre les d&#233;formations physiques, si nous ne pouvions les cacher.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enfin, nous ne vivons pas parmi les sauvages, n'est-ce pas&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;? Demandons donc &#224; nos tailleurs un v&#234;tement qui nous permette d'&#234;tre, presque au m&#234;me instant, nu et habill&#233;, et que Fr&#233;gori leur vienne en aide.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>P&#226;ques en Provence 1929-1930</title>
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		<dc:creator>velovi</dc:creator>


		<dc:subject>Paul de Vivie, dit V&#233;locio</dc:subject>
		<dc:subject>Entre 1918 et 1939</dc:subject>
		<dc:subject>Georges Grillot</dc:subject>
		<dc:subject>Provence</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;&#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;Je le vois encore, coiff&#233;, pour une fois, de sa casquette anglaise, p&#233;dalant en sandales sur une machine &#224; pneus ballons, grande nouveaut&#233; de l'&#233;poque. M.&#160;de Vivie, malgr&#233; les &#233;l&#233;ments d&#233;cha&#238;n&#233;s, nous fit n&#233;anmoins parcourir une centaine de kilom&#232;tres en cinq heures, mais nous d&#233;clara, &#224; Orange, qu'il lui paraissait impossible d'atteindre, le soir m&#234;me, la Sainte-Beaume, qu'il renon&#231;ait m&#234;me &#224; pousser jusque-l&#224;.&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;&lt;/p&gt;

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&lt;a href="http://velotextes.fr/spip.php?rubrique14" rel="directory"&gt;Grand tourisme, Randonn&#233;es, Promenades et Excursions&lt;/a&gt;

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&lt;a href="http://velotextes.fr/spip.php?mot93" rel="tag"&gt;Provence&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;COMBIEN&lt;/span&gt; d'ann&#233;es d&#233;j&#224;, depuis qu'un matin de P&#226;ques, nous quittions M.&#160;de Vivie, Ph. Marre et moi, la petite place de la gare &#224; Valence. Nous descendions en Provence, vers le Meeting de la Sainte-Beaume, o&#249; Velocio avait fix&#233; rendez-vous &#224; quelques amis et aux lecteurs du Cycliste. Je me souviendrai longtemps de cette randonn&#233;e contre le vent du Sud, sous la pluie battante, depuis bien avant Mont&#233;limar, peinant presque pour suivre le vieux Ma&#238;tre, mon a&#238;n&#233; de 50 ans. Je le vois encore, coiff&#233;, pour une fois, de sa casquette anglaise, p&#233;dalant en sandales sur une machine &#224; pneus ballons, grande nouveaut&#233; de l'&#233;poque. M.&#160;de Vivie, malgr&#233; les &#233;l&#233;ments d&#233;cha&#238;n&#233;s, nous fit n&#233;anmoins parcourir une centaine de kilom&#232;tres en cinq heures, mais nous d&#233;clara, &#224; Orange, qu'il lui paraissait impossible d'atteindre, le soir m&#234;me, la Sainte-Beaume, qu'il renon&#231;ait m&#234;me &#224; pousser jusque-l&#224;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avec le recul des ann&#233;es, on peut entrer dans la voie des aveux&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! Pour mon compte, je dois d&#233;clarer que la d&#233;cision de notre vieil ami me combla d'aise. Je me demandais, en effet, comment, sur mon v&#233;lo &#224; pneus crayons, d&#233;muni de changement de vitesse, j'allais pouvoir suivre encore pendant cent cinquante kilom&#232;tres, cet infernal vieillard de 74 ans qui ne s'arr&#234;te jamais, d&#233;jeune de trois olives noires, d'un quignon de pain arros&#233; d'un verre d'eau. Quel soulagement&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! oui, messieurs, je l'avoue bien humblement, envahit ma personne &#233;reint&#233;e quand Velocio communiqua sa d&#233;cision de ne pas aller &#224; la Sainte-Beaume par ce temps de chien. Il nous laissa &#224; Orange, press&#233; de retrouver de bons amis &#224; Bompas. Ce soir-l&#224;, Velocio coucha &#224; Lambesc, et nous en Avignon, apr&#232;s un confortable d&#233;jeuner &#224; Orange.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En cette ann&#233;e mil neuf cent vingt-huit, je revoyais, pour la premi&#232;re fois, depuis la guerre, la Provence &#224; P&#226;ques. Je l'avais travers&#233;e pourtant en 1925, sans retrouver les impressions grav&#233;es dans ma m&#233;moire depuis 1918, date &#224; laquelle, fuyant les bombes d'avions et les obus de la Bertha, ma famille s'&#233;tait fix&#233;e aux environs de l'Estaque. Dix ann&#233;es apr&#232;s je devais retrouver dans le sillage de M.&#160;de Vivie mes impressions d'enfant, surtout cette odeur de plantes proven&#231;ales, comme il y en avait tant dans le parc o&#249; nous nous &#233;battions, ma s&#339;ur et moi, sans soucis, pendant que nos a&#238;n&#233;s s'entretuaient, l&#224;-haut sur le front.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'avais donc retrouv&#233; le pays r&#234;v&#233;, en cette triste journ&#233;e du Samedi Saint 1928, et si cette date marque le dernier rendez-vous pascal de M.&#160;de Vivie, elle fut pour moi le point de d&#233;part d'une propagande par la p&#233;dale, la plume, la parole et les projections photographiques&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; une propagande, dis-je, destin&#233;e &#224; fourrer dans la t&#234;te des Parisiens l'id&#233;e fixe de descendre, &#224; P&#226;ques, en Provence. Il faut dire que cette fameuse id&#233;e fixe, Philippe Marre me l'avait inculqu&#233;e, l'ann&#233;e pr&#233;c&#233;dente, et il la tenait lui-m&#234;me de M.&#160;de Vivie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'annn&#233;e suivante, la F&#233;d&#233;ration Fran&#231;aise des Soci&#233;t&#233;s de Cyclo-tourisme commen&#231;ait &#224; faire du bruit, et Velocio nous avait vivement incit&#233; &#224; continuer la tradition. Andr&#233; de Boubers, alors pr&#233;sident, d&#233;cida donc de r&#233;unir, en 1929, les amis du Cycliste et de la &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;F.F.S.&lt;/span&gt;C., une nouvelle fois, &#224; la Sainte-Beaume, le dimanche et le lundi &#224; Toulon. M.&#160;Charles Bernard et le Cyclo-Touring-Club Varois, se chargaient de l'organisation. Depuis, P&#226;ques en Provence a fait son chemin les noms des Baux, de Nimes, de Pernes, d'Arles, de Vaison, St-R&#233;my... furent autant de succ&#232;s, de grands succ&#232;s m&#234;me &#224; l'actif du &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;G.M.P.&lt;/span&gt; et de la F&#233;d&#233;ration. Que les jeunes recrues, partant vers cette r&#233;gion b&#233;nie, rapportent les impressions fortes d'une belle randonn&#233;e, d'un voyage inoubliable...., comme moi, en somme, voici d&#233;j&#224; dix ans, quand je d&#233;couvris P&#226;ques en Provence, gr&#226;ce &#224; M.&#160;de Vivie.&lt;br class='autobr' /&gt;
Pourquoi ai-je repris une plume inactive depuis si longtemps et terriblement rouill&#233;e&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;? Longeant, l'autre jour, le quai de Passy, par un matin de mars, comme on n'en voit pas souvent &#224; Paris, ti&#232;de, non pas parfum&#233;, mais baignant dans une lumi&#232;re d'or les fa&#231;ades encore intactes des pavillons du Centre R&#233;gional de l'ex-Exposition Universelle, &#224; tel point qu'avec un peu d'imagination, on pouvait &#233;voquer le coude du Rh&#244;ne devant le palais des Papes. Vint &#224; passer un tandem, violet comme nagu&#232;re le Paris-Toulon, mont&#233; par deux jeunes gens, comme nous &#233;tions Marre et moi voici neuf ans. Il n'en fallut pas davantage pour me rappeler le fameux raid pascal de 29, et, disons-le, me plonger dans le regret de ne plus pouvoir voyager sur deux roues.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'&#233;tait, il y a neuf ans, nous venions de cr&#233;er le Bulletin de la &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;F.F.S.C.&lt;/span&gt; sous la forme d'une Revue, qui prit plus tard, sur la proposition de Jacques Oudard, son nom actuel Cyclotourisme. J'&#233;tais alors plein de feu, les vieux cyclotouristes s'en souviennent, et il ne fallait pas, devant moi, dire que la F&#233;d&#233;ration &#233;tait une soci&#233;t&#233; &#224; la noix&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! Petite, d'accord, mais elle deviendrait grande de fait, elle est devenue grande. P&#226;ques en Provence, &#224; d&#233;faut de Velocio, passait organisation f&#233;d&#233;rale par la gr&#226;ce du &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;G.M.&lt;/span&gt;P., il s'agissait d'amener la foule, pour le grand renom de l'organisatrice. M.&#160;Charles Bernard et son &#233;tat-major s'occup&#232;rent, sur place, des itin&#233;raires, des r&#233;ceptions, bref, du meeting proprement dit plusieurs Parisiens se d&#233;cid&#232;rent &#224; venir, Lyon, Saint-Etienne, Marseille, Nice, donn&#232;rent &#224; pleins tubes comme on dit au Bourget&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; la &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;F.F.S.C.&lt;/span&gt; remportait son premier grand succ&#232;s, P&#226;ques en Provence, ch&#232;res &#224; M.&#160;de Vivie, &#233;taient lanc&#233;es. Nous avions d&#233;cid&#233;, Marre et moi, de frapper un grand coup en essayant de joindre Paris &#224; Toulon en une seule &#233;tape de 830 km. Notre z&#232;le intempestif fit rater le raid. De fait, nous fimes ce qu'il fallait pour &#233;chouer. D'abord, un entra&#238;nement excessif nous fatigua avant le d&#233;part&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; ensuite, celui-ci retard&#233;, on ne sait pourquoi, jusqu'&#224; quatorze heures (la matin&#233;e fut pass&#233;e &#224; tuer le temps&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;!)&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; enfin, le remplacement des pneus fa&#231;on main par de lourds vulcanis&#233;s. Le d&#233;part fut enfin pris. Je nous revois encore, discutant sur le trottoir, devant la boutique de Louis Pitard, le constructeur du bi-place&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; enfin, le d&#233;collage &#224; l'heure H de la lourde machine, arr&#234;t&#233;e d&#233;j&#224; &#224; Montgeron par une crevaison, stoppant une heure et demie &#224; Montargis, parce que l'horaire pr&#233;voyait cel&#224;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; je revois Marre tripotant le d&#233;railleur &#224; Cosne, devant les globes lumineux d'un Caf&#233; du Commence ou de l'Agriculture&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; le petit jour, avant Moulins&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; le passage atroce de St-G&#233;rand-le-Puy, o&#249; le tandem roulait d'un bord &#224; l'autre de la route, parmi les fondri&#232;res au fond desquelles la roue arri&#232;re sonnait lamentablement. Le Paradis, enfin, &#224; St-Martin-d'Estreaux, le biplace vole &#224; 60 &#224; l'heure dans la d&#233;clivit&#233;, propuls&#233; en outre par un &#233;norme braquet de huit m&#232;tres. A Roanne, retard sur l'horaire. La c&#244;te de Vendranges, je m'en souviens encore, et puis &#224; La Fouillouse, une d&#233;l&#233;gation&#160;: M.&#160;et M&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;me&lt;/sup&gt;&#160;Bullo, accompagn&#233;s de St&#233;phanois envoy&#233;s &#224; notre rencontre par M.&#160;Albert Raimond, le constructeur du Cyclo le grand ami des cyclotouristes. St-Etienne, un repas nous attend, il est 18 heures, nous roulons donc depuis 28 heures cons&#233;cutives. La mont&#233;e du Grand-Bois dans la nuit, quand on est fatigu&#233;, que la route est mauvaise, parsem&#233;e de neige, c'est un souvenir qui reste, comme le d&#233;vouement de M.&#160;Bullo, qui tint &#224; nous accompagner jusqu'au sommet du Col, o&#249; un fameux souper &#233;tait servi, toujours sur l'ordre de M.&#160;Raimond. Ici, une parenth&#232;se. Les premiers fanions du Parpaillon me furent remis &#224; St-Etienne, ce jour-l&#224;, ils gagn&#232;rent Toulon sur le tandem, avant de revenir &#224; Paris, d'o&#249;, par la suite, je devais les faire parvenir aux laur&#233;ats. Les trente ou quarante premiers titulaires eurent donc des pavois inaugur&#233;s on ne peut mieux. Laissant M.&#160;Bullo &#224; l'H&#244;tellerie du Grand-Bois, nous piquons sur le il est pr&#232;s de onze heures du soir la seconde nuit sans dormir allait commencer. Au froid terrible de la montagne, la ti&#233;deur de la vall&#233;e du Rh&#244;ne nous assomma&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; &#224; Valence, atteinte &#224; 2 h. 30 (36 heures de route), pas un caf&#233; ouvert, c'est l'estocade finale&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! Pas encore, &#224; Mont&#233;limar, nous reprenons du poil de la b&#234;te le mistral souffle, seulement nos yeux se ferment. Pierrelatte, nous rencontrons M.&#160;Panel, constructeur du d&#233;railleur Le Chemineau, il nous r&#233;conforte et, au besoin, pourra dire que nous n'effectuons pas nos raids par le train. Il n'est pas mauvais de rencontrer, &#224; l'improviste, des gens sur la route, surtout en 1929, &#233;poque o&#249; les grandes randonn&#233;es n'&#233;taient pas courantes, m&#234;me exceptionnelles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La pression est en baisse, au large d'Avignon. Dans un patelin perdu, nomm&#233; Montjavet, nous for&#231;ons les feux &#224; coups de Pernod&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! Nous arrivons sur la route d'Aix &#224; 45 &#224; l'heure&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; mais, &#224; St-Andiol, les machines sont de nouveau au ralenti, et le chef timonier gouverne plut&#244;t de travers. C'est le foss&#233; dans toute son horreur. Nous y restons deux heures. A dix-huit heures quarante-deux, nous entrons majestueusement &#224; Aix, moins fatigu&#233;s que nous l'aurions cru. 750 km &#233;taient parcourus en 52 h. 42, arr&#234;ts compris, mais sans dormir. Nous appelions cela le record de distance en ligne droite sans escale. Il devait, malgr&#233; sa m&#233;diocrit&#233;, tenir sept ans. A P&#226;ques 1936, Louis Cointepas, accompagn&#233; du tandem Greux-Berthoux, s'attaqu&#232;rent au morceau. Ils l'aval&#232;rent le cycliste en 33 heures juste, le tandem en 33 heures 35.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En attendant, nous avions rat&#233; Paris-Toulon en une &#233;tape. Le solde, soit Aix-Toulon, fut liquid&#233; d&#232;s le lendemain matin, en un peu plus de trois heures&#160;: la liaison directe demeurait n&#233;anmoins bris&#233;e, et j'enrage encore aujourd'hui de n'avoir pas quitt&#233; Paris &#224; 8 heures du matin plut&#244;t qu'apr&#232;s d&#233;jeuner.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette randonn&#233;e, malgr&#233; l'&#233;chec, fut le point de d&#233;part d'une s&#233;rie de Paris-Avignon, de Paris-Nimes, de Paris-Pernes, qui illustr&#232;rent les meetings des ann&#233;es suivantes. Ils attir&#232;rent l'attention des cyclos parisiens sur P&#226;ques en Provence, sur la &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;F.F.S.C.&lt;/span&gt; m&#234;me, pour le plus grand renom de celle-ci.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On pourra, certes, critiquer les randonn&#233;es et les randonneurs, on n'emp&#234;chera pas que ceux-ci ont montr&#233; le chemin aux autres sur la route Proven&#231;ale, que Velocio lui-m&#234;me ne parcourait pas en trainassant. Moi-m&#234;me, qui, si souvent jadis, ai br&#251;l&#233; le macadam de la vall&#233;e, je pr&#233;tends conna&#238;tre, appr&#233;cier et aimer la Provence, cette Provence aux sites vari&#233;s, aux villes lourdes de gloire antique, cette Provence o&#249; l'on aime fl&#226;ner sur des chemins bord&#233;s de cypr&#232;s, parmi les mas aux tuiles d&#233;color&#233;es, et, pourquoi ne pas le dire, go&#251;ter son Ch&#226;teauneuf parfum&#233; d'encens, son Tavel aux reflets d'or vert, assis sur une terrasse de la Barthelasse, jusqu'&#224; ce que le soleil sombrant derri&#232;re les hauteurs du Gard &#233;teigne la fa&#231;ade du Palais des Papes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout n'est plus pour moi que souvenirs d'une &#233;poque heureuse&#160;: randonn&#233;es &#224; tandem, voyages &#224; bicyclette, voil&#224;, pour qui les a aim&#233;s, de quoi &#233;voquer une vie durant, les moments pass&#233;s &#224; p&#233;daler, &#224; ouvrir les yeux sur les merveilles de la France, voil&#224; qui aide &#224; passer les mauvaises heures de l'existence.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;P&#226;ques en Provence&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! Que de souvenirs pour moi. J'ai eu tant de plaisir &#224; les &#233;voquer, que l'on pardonnera un peu &#224; ma plume fatigu&#233;e...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8224;&lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;G. GRILLOT.&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>RANDONN&#201;E PASCALE 1928</title>
		<link>http://velotextes.fr/spip.php?article617</link>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>velovi</dc:creator>


		<dc:subject>Paul de Vivie, dit V&#233;locio</dc:subject>
		<dc:subject>Entre 1918 et 1939</dc:subject>
		<dc:subject>Ballon n&#176;1 Aumon</dc:subject>
		<dc:subject>Ballon n&#176;2</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;&#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;C'aurait d&#251; &#234;tre aussi un meeting&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; malheureusement pour moi, le mauvais temps en a fait une randonn&#233;e comme celles d'avant guerre, o&#249; nous ne partions que pour secouer la torpeur hivernale, pour faire kilom&#232;tres sur kilom&#232;tres, pour boire de l'air, de l'espace du soleil, du vent et de la pluie, tout ce qui se pr&#233;sentait, et pour rentrer enfin avec un meilleur coefficient de sant&#233;. Or, depuis la guerre, nous avons pris la douce habitude de rencontrer, au bout de la premi&#232;re &#233;tape, des amis, des samideanoi, et la randonn&#233;e finit en meeting. Mais pour que tout aille bien, il ne faut pas fixer trop loin le lieu au meeting et, cette ann&#233;e, nous avons &#233;t&#233; trop t&#233;m&#233;raire en nous supposant capable d'aller d'un seul coup d'aile de Saint-&#201;tienne &#224; la Sainte-Baume, malgr&#233; vents et mar&#233;es, &#224; quelque 340 km., et assez pr&#233;somptueux pour y donner rendez-vous &#224; nos amis du Midi qui sont venus vainement attendre les St&#233;phanois, dont un seul, le Chemineau Hormuth, en s'aidant sagement du grand fr&#232;re, entre Saint-Vallier et Avignon, et en p&#233;dalant ensuite toute la nuit, a r&#233;ussi, bien que parti douze heures apr&#232;s nous, &#224; arriver bon premier &#224; l'h&#244;tellerie de la Sainte-Baume, le jour de P&#226;ques, &#224; 8 heures.&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;&lt;/p&gt;

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&lt;a href="http://velotextes.fr/spip.php?mot12" rel="tag"&gt;Entre 1918 et 1939&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://velotextes.fr/spip.php?mot157" rel="tag"&gt;Ballon n&#176;1 Aumon&lt;/a&gt;, 
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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;Randonn&#233;e pascale&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;,	V&#233;locio, Le Cycliste, mars-avril 1928, p. 31-33, Source Archives d&#233;partementales de la Loire, cote PER1328_15&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'aurait d&#251; &#234;tre aussi un meeting&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; malheureusement pour moi, le mauvais temps en a fait une randonn&#233;e comme celles d'avant guerre, o&#249; nous ne partions que pour secouer la torpeur hivernale, pour faire kilom&#232;tres sur kilom&#232;tres, pour boire de l'air, de l'espace du soleil, du vent et de la pluie, tout ce qui se pr&#233;sentait, et pour rentrer enfin avec un meilleur coefficient de sant&#233;. Or, depuis la guerre, nous avons pris la douce habitude de rencontrer, au bout de la premi&#232;re &#233;tape, des amis, des samideanoi, et la randonn&#233;e finit en meeting. Mais pour que tout aille bien, il ne faut pas fixer trop loin le lieu au meeting et, cette ann&#233;e, nous avons &#233;t&#233; trop t&#233;m&#233;raire en nous supposant capable d'aller d'un seul coup d'aile de Saint-&#201;tienne &#224; la Sainte-Baume, malgr&#233; vents et mar&#233;es, &#224; quelque 340 km., et assez pr&#233;somptueux pour y donner rendez-vous &#224; nos amis du Midi qui sont venus vainement attendre les St&#233;phanois, dont un seul, le Chemineau Hormuth, en s'aidant sagement du grand fr&#232;re, entre Saint-Vallier et Avignon, et en p&#233;dalant ensuite toute la nuit, a r&#233;ussi, bien que parti douze heures apr&#232;s nous, &#224; arriver bon premier &#224; l'h&#244;tellerie de la Sainte-Baume, le jour de P&#226;ques, &#224; 8 heures. Nous p&#251;mes ainsi sauver la face, mais il me reste le regret de n'avoir pu, &#224; cause de mes principes qui m'interdisent d'aller autrement qu'&#224; bicyclette &#224; un meeting cycliste, causer quelques heures avec mes amis de Montpellier, de Marseille, de Toulon, de Nice, d'Avignon, de N&#238;mes, de Maillane, de Paris&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; car, attir&#233;s par la r&#233;putation de la Sainte-Baume, il en &#233;tait venu de tous c&#244;t&#233;s, et ce meeting compta une quarantaine de cyclistes, tous polyx&#233;s, cela va sans dire, et presque tous par d&#233;railleur Chemineau, ce qui fit qu'on y parla beaucoup de Saint-&#201;tienne et des efforts que nous faisons vers le perfectionnement incessant de la bicyclette de tourisme.&lt;br class='autobr' /&gt;
Nous nous &#233;tions pourtant trouv&#233;s douze au d&#233;part, &#224; 2 heures, au col des Grands-Bois, mais la pluie et le vent contraires, qui ne nous firent pas gr&#226;ce un instant, d&#233;courag&#232;rent les uns apr&#232;s les autres tous mes compagnons, et je finis par &#233;chouer seul, &#224; 18 h. et quart, &#224; Lambesc, arr&#234;t&#233; par la nuit&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; j'eus beaucoup de peine &#224; trouver un lit et je ne l'obtins qu'&#224; la condition de ne partir le lendemain qu'&#224; 6 heures, attendu qu'au Lion-d'Or les voyageurs sont boud&#233;s comme dans une prison, que tout est ferm&#233;, verrouill&#233;, cadenass&#233;, gard&#233; par des chiens f&#233;roces, jusqu'&#224; 6 heures bien sonn&#233;es&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; cette condition draconienne m'enlevait ma derni&#232;re chance d'arriver &#224; la Sainte-Baume. S'il avait fait beau temps, en parlant comme la veille &#224; 2 heures, le hasard m'aurait fait trouver sur la route Hormth, qui passa justement &#224; 2 heures &#224; Lambesc, et je serais arriv&#233; avec lui &#224; l'H&#244;tellerie. Mais Jupiter Pluvius en avait d&#233;cid&#233; autrement et il me r&#233;servait un dernier tour de sa fa&#231;on pour vaincre mon ent&#234;tement &#224; vouloir quand m&#234;me arriver &#224; la Sainte-Baume et pour m'obliger &#224; tourner bride.&lt;br class='autobr' /&gt;
Parti, en effet, &#224; 6 heures et quart, en m&#234;me temps qu'un automobiliste qui venait de Roanne et qui m'apprit, par son compteur, que j'avais fait la veille. 280 km., ce qui le surprit fort, vu qu'il n'en avait fait que 80 de plus que moi et qu'il avait trouv&#233; l'&#233;tape bien longue, je me trouvais une heure plus tard aux portes d'Aix. J'entends par l&#224; le sommet de la descente rapide et dangereuse (une auto s'y &#233;tait &#233;crabouill&#233;e la veille) qui, de ce c&#244;t&#233;, am&#232;ne les voyageurs au c&#339;ur de la vieille ville romaine.&lt;br class='autobr' /&gt;
J'avais eu jusque-l&#224;, encore plus que la veille, le vent et la pluie contre moi et j'avais pu franchir Saint-Gannat, ce que je tiens pour un haut fait, vu l'&#233;tat de la chauss&#233;e pendant la travers&#233;e de ce village. Un &#233;clair brilla soudain&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; j'avais d&#233;j&#224; entendu un lointain grondement&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; la menace se pr&#233;cisait&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; je n'h&#233;sitai pas une seconde&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; je sais ce qu'est un orage dans le Midi&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; je fis demi-tour, et le vent, devenu enfin favorable, me fit refaire &#224; 70 &#224; l'heure les quelques kilom&#232;tres que je venais de faire p&#233;niblement &#224; 15 &#224; l'heure, qui me s&#233;paraient d'un caf&#233; que j'avais rep&#233;r&#233; en passant.&lt;br class='autobr' /&gt;
Deux, trois &#233;clairs fus&#232;rent encore, suivis de coups de tonnerre de plus en plus rapproch&#233;s, et j'entrai sous l'auvent protecteur au moment o&#249; la pluie torrentielle se d&#233;clenchait, entrem&#234;l&#233;e de gr&#234;lons et accompagn&#233;e d'un tintamarre inqui&#233;tant. Je d&#233;jeunai, je vis passer un train, car il y avait l&#224; une petite gare et, &#224; 8 heures, ayant dit adieu d&#233;finitivement au meeting pascal de 1928, je me laissai pousser par le vent dont l'orage avait encore augment&#233; la violence. Puisque je suis condamn&#233; &#224; randonner, me dis-je, randonnons et rentrons par la route&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; ce me sera l'occasion de soumettre &#224; plus rude &#233;preuve ma bicyclette Ballon n&#176;&#160;2 dont c'&#233;tait le premier long voyage. Ma Ballon n&#176;&#160;1 est mon Aumon qui, depuis f&#233;vrier 1927, a mis a son actif, d'abord en mono, puis en flottante, ensuite en d&#233;railleur, plus de 9.000 km. Je me suis fait construire pour cette ann&#233;e une Gauloise &#224; p&#233;dalier tr&#232;s bas, arri&#232;re court, cadre ouvert qui en permet l'acc&#232;s aux dames, aux eccl&#233;siastiques et surtout aux cyclistes &#226;g&#233;s qui aiment pouvoir s'arr&#234;ter sans quitter la selle et se d&#233;gager rapidement&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; au lieu du col de cygne simple ou double qui caract&#233;rise les bicyclettes de dame, j'ai repris le dispositif des Gauloises de dame d'il y a vingt-cinq et trente ans dont je retrouve quelques squelettes dans mon grenier et auquel les Anglais sont venus l'an dernier&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; les tubes cintr&#233;s sont remplac&#233;s par deux tubes droits parall&#232;les qui rendent un cadre ouvert &#224; peu pr&#232;s aussi rigide que le cadre actuel des bicyclettes d'hommes. Ma Ballon n&#176;&#160;2 est trix&#233;e&#160;: 6 m. 60, 5 m. et 3 m. 30, par flottante, elle a des ballons fa&#231;on main, demi-couverts, de luxe, sur jantes acier de 650 C. Elle p&#232;se, avec ses larges garde-boue, ses deux freins Roc, une vulgaire selle 4 fils qui est pour moi la meilleure selle du monde, ses p&#233;dales &#224; scie, larges, pour recevoir les semelles d&#233;bordantes de mes sandales, son guidon Trial et sa pompe, juste 15 kg.&lt;br class='autobr' /&gt;
Je l'avais mise au point par quelques sorties pr&#233;alables et, la veille du d&#233;part, M&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;me&lt;/sup&gt;&#160;Masson m'ayant fait, comme il y a deux ans, la bonne surprise de venir de Paris &#224; l'improviste, prendre part &#224; notre excursion pascale avec deux de ses camarades du club des Audax, nous all&#226;mes l'apr&#232;s-midi &#224; Rochetaill&#233;e, et ma Ballon n&#176;&#160;2 termina l&#224; ses cent premiers kilom&#232;tres. Les montures de mes trois compagnons, qu'un incident malencontreux retarda tellement le lendemain que je ne pus les avoir un seul instant &#224; mes c&#244;t&#233;s, diff&#233;raient essentiellement de la mienne. M&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;me&lt;/sup&gt;&#160;Masson elle-m&#234;me, que j'avais vue munie pour donner l'assaut, et avec quel brio, au Ventoux, d'un d&#233;railleur &#224; six vitesses, ne montait cette ann&#233;e qu'un poly primitive &#224; retournement de roue, la machine &#224; la mode sans doute &#224; Paris, que j'aurais aim&#233; pouvoir juger &#224; l'&#339;uvre le lendemain. J'ai donc doublement regrett&#233; qu'une fatigue stomacale d'un des leurs ait emp&#234;ch&#233; ce trio de bonnes p&#233;dales de me rejoindre &#224; 7 heures &#224; Valence.&lt;br class='autobr' /&gt;
Cinq autres cyclistes st&#233;phanois dont quatre en tandem, et parmi ces quatre, M&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;me&lt;/sup&gt;&#160;Barri&#232;re, une de nos meilleures p&#233;dales, me d&#233;pass&#232;rent avant Tournon, je les vis s'arr&#234;ter &#224; Tain pour d&#233;jeuner et ne les revis plus&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; ce groupe devait subir, au retour, de dures &#233;preuves&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; une collision de son tandem avec un chien de forte taille, laissa M&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;me&lt;/sup&gt;&#160;Barri&#232;re sans connaissance sur la route et l'on craignit un instant une fracture du cr&#226;ne. Il n'en fut rien heureusement&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; M&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;me&lt;/sup&gt;&#160;Barri&#232;re est aujourd'hui hors de danger. Le second tandem fut embouti par une auto, presque aux portes de Saint-&#201;tienne et les deux &#233;quipiers assez gravement atteints. Un autre de mes compagnons eut de longs et fr&#233;quents d&#233;m&#234;l&#233;s avec ses chambres &#224; air, et les deux derniers me quitt&#232;rent &#224; Orange, vers 13 heures, las de lutter contre une pluie et un vent qui devenaient d'autant plus acharn&#233;s qu'on descendait davantage vers le pays du soleil, qu'ils ne reconnaissaient pas sous un tel d&#233;guisement. Seul, je pers&#233;v&#233;rai, car ce pays est le mien, et je l'aime m&#234;me quand il y pleut, j'avais d'ailleurs donn&#233; rendez-vous &#224; 14 heures, au pont de Bonpas, &#224; mes amis de Maillane qui m'y attendirent deux heures&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; je n'y arrivai qu'&#224; 15 heures et quart&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; ils m'accompagn&#232;rent jusqu'au Plan-d'Orgon o&#249; nous nous s&#233;par&#226;mes &#224; 16 h. 45, et j'allai &#233;chouer &#224; la nuit tombante &#224; Lambesc, &#224; l'h&#244;tel du Lion-d'Or o&#249;, si les lits sont bons, la cuisine laisse beaucoup &#224; d&#233;sirer.&lt;br class='autobr' /&gt;
Ma Ballon n&#176;&#160;2 m'avait amen&#233; jusque-l&#224; sans me causer le moindre d&#233;sagr&#233;ment&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; la pluie, la boue n'emp&#234;chaient pas la cha&#238;ne flottante de fonctionner et mes d&#233;licats Ballons de luxe se comportaient aussi bien qu'auraient pu le faire des ultravulcanis&#233;s. Il en fut d'ailleurs de m&#234;me jusqu'&#224; mon retour et aujourd'hui encore, apr&#232;s le premier millier de kilom&#232;tres, je n'ai pas remarqu&#233; chez eux la moindre d&#233;faillance et (cela c'est une chance) pas eu de crevaison, pas m&#234;me un coup de pompe &#224; leur donner. Je traverse sans doute une p&#233;riode de veine et, d&#232;s demain peut-&#234;tre, vais-je crever coup sur coup. Avec les pneus, il faut s'attendre &#224; ces retours de fortune et je souris quand j'entends un cycliste se f&#233;liciter de la qualit&#233; de ses pneus parce qu'il n'a pas encore crev&#233;. Des pneus indiff&#233;rents aux clous et aux &#233;pines ne seraient pas plus souples que des Ducasble et cr&#232;veraient le cycliste &#224; tous les tours de roue&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; ce serait autrement pire que d'user tout un sachet de rustines&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! Des pneus souples, minces et l&#233;gers comme je ne cesse de les conseiller doivent &#234;tre, au contraire, tr&#232;s sensibles aux perforations et, s'ils ne cr&#232;vent pas, c'est simplement parce qu'ils n'ont pas rencontr&#233; de corps perforants sur leur route. On peut pourtant, part des arrache-clous judicieusement plac&#233;s, les prot&#233;ger contre les attaques brutales des clous, et j'avais pris la pr&#233;caution de placer avant mon d&#233;part sur ma Ballon n&#176;&#160;2, les cha&#238;nes crois&#233;es de mon ami Durieu &#224; qui je suis redevable aussi (si ce n'est &#224; lui, c'est &#224; son fr&#232;re) de la vieille touricyclette qui me sert depuis 1905. pendant la p&#233;riode hivernale o&#249; la neige et la boue rendent nos routes presque inaccessibles aux machines &#224; cha&#238;ne. Je finis aussi par croire, tant j'ai peu crev&#233; pendant les 9.000 km. de ma Ballon n&#176;&#160;1 qui n'eut jamais, elle, d'arrache-clous, que les pneus Ballons comme les Conforts des autos, &#233;chappent, gr&#226;ce &#224; leur souplesse, aux morsures des silex, des pointes de verre et m&#234;me des clous&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; seuls sont &#224; redouter les pin&#231;ons, les &#233;pines... et les &#233;pingles de la malveillance.&lt;br class='autobr' /&gt;
J'ai donc tout lieu d'&#234;tre satisfait de ma Ballon n&#176;&#160;2, comme je l'ai &#233;t&#233; de ma n&#176;&#160;1. Aussi je songe d&#233;j&#224; &#224; m'en construire une troisi&#232;me avec des roues de 550mm, des ballons de 60mm, un cadre de forme toute nouvelle pour ceux qui n'ont pas connu le cadre Holbein&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; et cette Ballon n&#176;&#160;3 p&#232;sera, s'il ne d&#233;pend que de moi, dix kilos, comme ma Sumbeam de 1892, sans pourtant avoir recours &#224; ces nouveaux alliages, Conlov ou Duralumin, qui sont cassants comme du verre et qui, s'ils all&#232;gent de 20&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;% une bicyclette, la rendent de 50&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;% plus fragile &#224; ce qu'on m'assure, car je n'en ai pas fait encore l'exp&#233;rience.&lt;br class='autobr' /&gt;
Mon retour &#224; Saint-&#201;tienne, que l'aide constante du vent rendit facile, n'a pas d'histoire. A midi, le dimanche de P&#226;ques, je d&#233;jeunai &#224; Maillane chez mes amis Roumanille et passai la nuit &#224; Pierrelatte &#224; l'h&#244;tel Terminus, apr&#232;s 170 km.&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; il m'en restait autant &#224; faire pour le lundi&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; je pris &#224; Mont&#233;limar mon caf&#233; au lait, je d&#233;jeunai &#224; 11 heures &#224; Sarras &#224; l'h&#244;tel du Commerce et je franchis le col des Grands-Bois &#224; 17 heures, apr&#232;s avoir musard&#233; dans la d&#233;licieuse vall&#233;e de la Cance qui, grossie par les pluies des jours pr&#233;c&#233;dents, grondait au fond de sa gorge &#233;troite, comme un torrent alpestre. La petite route qui la suit et la domine parfois d'assez haut est tr&#232;s bonne en ce moment. Elle ne laisse pas cependant d'&#234;tre dangereuse par son &#233;troitesse, quelques orni&#232;res impr&#233;vues et ses nombreux tournants derri&#232;re lesquels on risque toujours de se trouver nez &#224; nez avec une auto. La prudence y est donc de rigueur. Bien qu'elle allonge un peu le chemin du retour, tout comme apr&#232;s Bourg-Argental, le d&#233;tour par Saint-Sauveur, on s'y attarde avec plaisir&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; car, apr&#232;s avoir subi le charme de la riante garrigue proven&#231;ale, on ne go&#251;te que mieux la s&#233;duction plus aust&#232;re de nos montagnes.&lt;br class='autobr' /&gt;
V&#233;locio.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Le tour du M&#233;zenc (1919)</title>
		<link>http://velotextes.fr/spip.php?article206</link>
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		<dc:date>2024-02-26T11:19:22Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>velovi</dc:creator>


		<dc:subject>Paul de Vivie, dit V&#233;locio</dc:subject>
		<dc:subject>Entre 1918 et 1939</dc:subject>
		<dc:subject>Saint-Etienne</dc:subject>
		<dc:subject>Loire</dc:subject>
		<dc:subject>Flottante de 1912</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;&#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#8239;Ah&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! le temps n'est plus o&#249; les cycles qui venaient de loin prendre part &#224; nos excursions &#233;taient si mal outill&#233;s que la premi&#232;re venue de mes &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#8239;poly&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; suffisait &#224; leur d&#233;montrer, en les vannant compl&#232;tement avant la fin de la journ&#233;e, que de faibles muscles arm&#233;s de bons outils &#233;taient sup&#233;rieurs &#224; des muscles puissants mais mal arm&#233;s.&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;&lt;/p&gt;

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&lt;a href="http://velotextes.fr/spip.php?mot1" rel="tag"&gt;Paul de Vivie, dit V&#233;locio&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://velotextes.fr/spip.php?mot12" rel="tag"&gt;Entre 1918 et 1939&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://velotextes.fr/spip.php?mot38" rel="tag"&gt;Saint-Etienne&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://velotextes.fr/spip.php?mot144" rel="tag"&gt;Loire&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://velotextes.fr/spip.php?mot161" rel="tag"&gt;Flottante de 1912&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Par Velocio, Le Cycliste 1919, reparu dans Le cycliste F&#233;vrier 1971, coll. pers.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une randonn&#233;e diff&#232;re d'une excursion en ceci qu'elle est men&#233;e rondement, sans le souci d'entrer dans les d&#233;tails des sites parcourus et qu'elle a simplement pour but de pr&#233;parer les programmes de futures excursions. La randonn&#233;e ressemble assez &#224; l'&#233;tape-transport qui va droit au but, au terme du voyage, comme si on y allait par le chemin de fer, l'automobile ou tout autre moyen de transport rapide&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; elle n'en diff&#232;re qu'en ce point qu'elle doit fournir au randonneur une succession de sites vari&#233;s qu'il se gravera dans la m&#233;moire. Si l'&#233;tape-transport est souvent monotone, parce que g&#233;n&#233;ralement effectu&#233;e sur des itin&#233;raires peu int&#233;ressants et maintes fois parcourus, la randonn&#233;e, elle, tient constamment l'esprit en &#233;veil&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; elle traverse toujours des r&#233;gions qui m&#233;ritent une inspection plus minutieuse et qu'on ne visite pas souvent parce qu'elles ne se trouvent pas align&#233;es le long des grandes voies de communication.&lt;br class='autobr' /&gt;
En tant que centre de cyclotourisme, notre ville de Saint-&#201;tienne nous offre de tr&#232;s beaux itin&#233;raires pour randonn&#233;es simplement dominicales, mais en offrira de plus beaux encore quand la semaine anglaise sera bien entr&#233;e dans les m&#339;urs.&lt;br class='autobr' /&gt;
En voici quelques-unes, devenues classiques &#224; notre &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#8239;&#201;cole st&#233;phanoise&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; : le tour du M&#233;zenc, le tour de Pierre-sur-Haute, le col du Rousset, celui des Echarmeaux, les monts de la Madeleine, Vichy, Clermont-Ferrand, les lacs d'Auvergne, le Velay, le Vivarais, les monts du Lyonnais... Nous n'avons que l'embarras du choix. Des randonneurs tels que Bussod et Thorsonnax &#8212; qui n'ont pas laiss&#233; de successeurs, dommage&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! &#8212; recul&#232;rent jusqu'au col du Lautaret, jusqu'&#224; Gen&#232;ve, jusqu'au col des Aravis, les bornes de nos randonn&#233;es simplement dominicales.&lt;br class='autobr' /&gt;
Nous avons choisi pour renouer, apr&#232;s les cinq terribles ann&#233;es de la guerre, le lien entre nos anciennes et futures randonn&#233;es, le Tour du M&#233;zenc entre l'Ard&#232;che et la Haute-Loire, relativement facile lorsqu'on n'y ajoute pas l'aller et le retour de M&#233;zillac &#224; Vals-les-Bains qui, sur ses quarante-cinq kilom&#232;tres, fait perdre et regagner environ huit cents m&#232;tres de d&#233;nivellation, lesquels, s'ajoutant aux trois mille m&#232;tres d'&#233;l&#233;vation du circuit, corsent singuli&#232;rement l'&#233;tape... Par ailleurs, la plupart de nos randonneurs venant &#224; peine d'&#234;tre d&#233;mobilis&#233;s, n'ont pas encore recouvr&#233; leur forme d'avant-guerre et nous ne pouvons pas songer aux grandes randonn&#233;es avant l'ann&#233;e prochaine.&lt;br class='autobr' /&gt;
Comme je l'expliquai dans &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#8239;Le M&#233;morial&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;, afin qu'on ne nous accus&#226;t pas de fuir les r&#233;jouissances patriotiques : &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#8239;Pour f&#234;ter la victoire et la paix chacun, le 14&#160;juillet, se r&#233;jouira &#224; sa mani&#232;re : les amis de la bouteille boiront quelques flacons de plus&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; ceux qui ne vivent que pour manger s'octroieront une bonne indigestion et les bouffis de vanit&#233; s'efforceront d'&#233;blouir le populaire par l'&#233;clat de leurs dorures toutes fra&#238;ches. C'est pourquoi nous irons, comme autrefois, respirer l'air pur des hautes altitudes...&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;&lt;br class='autobr' /&gt;
Ainsi nous nous trouv&#226;mes ce jour-l&#224;, &#224; 3 heures pr&#233;cises du matin, &#224; la Digonni&#232;re : un jeune Parisien, qui pourrait &#234;tre rang&#233; parmi les meilleurs randonneurs, montait une machine de course &#224; boyaux, munie simplement de l&#233;gers garde-boue, de deux freins et de six vitesses par moyeu &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;B.S.&lt;/span&gt;A., plus une &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#8239;cha&#238;ne flottante&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;. Une tr&#232;s bonne p&#233;dale aussi, originaire de la Charente, r&#233;sidant &#224; Saint-&#201;tienne depuis quelques ann&#233;es (l'&#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#8239;&#201;cole st&#233;phanoise&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; s'infuse de sang nouveau) avait une &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#8239;routi&#232;re&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; l&#233;g&#232;re, avec simplement 3,30 m, 4,30 m et 5,75 m de d&#233;veloppement de son&lt;br class='autobr' /&gt;
moyeu &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;B.S.A.&lt;/span&gt;&#233;galement. Pour mon compte, sur ma vieille &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#8239;Flottante&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; de 1912, je disposais de 3,35 m, 4,75 m et 6,10 m, trois vitesses bien &#233;chelonn&#233;es, mais syst&#232;me de changement de vitesse trop lent &#224; c&#244;t&#233; de l'instantan&#233;it&#233; de la man&#339;uvre du &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;B.S.A.&lt;/span&gt; et trop incertain &#224; cause de l'&#233;tat du sol qui, souvent, m'obligea &#224; mettre pied &#224; terre pour replacer ma cha&#238;ne qu'un cahot soudain faisait sauter hors des &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#8239;doigts d'acier&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; qui la guident. Cela et le pneu de &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#8239;facteur&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; que j'avais &#224; ma roue avant firent que, toute la journ&#233;e, je fus une cause de moindre allure pour tout le groupe. Ah&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! le temps n'est plus o&#249; les cycles oui venaient de loin prendre part &#224; nos excursions &#233;taient si mal outill&#233;s que la premi&#232;re venue de mes &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#8239;poly&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; suffisait &#224; leur d&#233;montrer, en les vannant compl&#232;tement avant la fin de la journ&#233;e, que de faibles muscles arm&#233;s de bons outils &#233;taient sup&#233;rieurs &#224; des muscles puissants mais mal arm&#233;s.&lt;br class='autobr' /&gt;
Pour en revenir &#224; notre randonn&#233;e, partis &#224; 3 heures pr&#233;cises, nous arrivons &#224; 5 heures, par Saint-Genest et Marlhes, &#224; Duni&#232;res, avec une ongl&#233;e carabin&#233;e, tant nous avions eu froid dans la descente. Il y a, sur cette route entre Marlhes et Duni&#232;res, un tron&#231;on d'environ deux kilom&#232;tres qui jamais, depuis trente ans que je le connais, n'a &#233;t&#233; si peu que ce soit entretenu. Ce bout de route n'appartient-il donc &#224; aucun d&#233;partement&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;? &#224; aucune commune&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;? Il ressemble actuellement &#224; un lit de torrent, d'&#233;normes cailloux, des bancs de sable l'obstruent et nous obligent &#224; mettre pied &#224; terre. J'y fausse m&#234;me ma roue directrice, que nous devons r&#233;parer &#224; Duni&#232;res. Le reste de la route, avant et apr&#232;s, est tr&#232;s convenable, et l'on est d'autant plus d&#233;sagr&#233;ablement surpris quand on arrive &#224; grande allure dans ces orni&#232;res.&lt;br class='autobr' /&gt;
De Duni&#232;res &#224; Montfaucon, tr&#232;s joli paysage matinal, avec brume dans les bas-fonds, pr&#233;sage de beau temps&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; route tr&#232;s bonne aussi. De Montfaucon &#224; Tence, route meilleure encore, &#233;troite, plus jolie, avec des &#233;chapp&#233;es lointaines. Notre jeune Parisien en est enchant&#233;, et les pr&#233;s fleuris qu'arrose la Seine lui semblent bien plats &#224; c&#244;t&#233; de nos montagnes (1). L'air vif lui a ouvert l'app&#233;tit et il parle d&#233;j&#224; de d&#233;jeuner&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; mais ni &#224; Monfaucon, ni &#224; Tence, les caf&#233;s ne sont ouverts. Au Mazet-Saint-Voy, c'est tout juste, et nous essuyons d'abord un refus. Heureusement qu'une bonne dame compatit &#224; notre d&#233;tresse et nous indique un autre h&#244;tel o&#249;, mieux accueillis, nous obtenons caf&#233; au lait, miel, beurre. Ainsi restaur&#233;s, nous sommes vite &#224; Fay-le-Froid. Le vent s'est lev&#233; et nous est favorable, le sol n'est pas trop mauvais et nous sommes ainsi aux Estables &#224; 9 heures.&lt;br class='autobr' /&gt;
Ces premiers quatre-vingt-dix kilom&#232;tres ont &#233;t&#233; n&#233;goci&#233;s en six heures, arr&#234;ts compris. Je ne les avais jamais faits aussi vite. Le trajet des Estables au Gerbier-de-Jonc est le clou de cette randonn&#233;e. Apr&#232;s les Baraques, o&#249; notre route croise celle de Saint-Agr&#232;ve au Puy, le paysage a pris un caract&#232;re plus aust&#232;re : on entre, cela se sent, dans une r&#233;gion moins fertile, les bois disparaissent, les champs sont parsem&#233;s de blocs de rocher qui semblent autant d'&#233;clats d'un gigantesque obus sorti d'un immense &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#8239;crapouillot&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; volcanique. Et, certes, c'est bien ainsi qu'ils furent projet&#233;s, il y a des milliers et des milliers d'ann&#233;es, du sein de la terre. Jusqu'aux Estables, nous ne verrons plus que des prairies &#233;maill&#233;es de fleurs qui ondoient sous les caresses un peu brutales d'un vent du nord d&#233;sagr&#233;able.&lt;br class='autobr' /&gt;
En m&#234;me temps que nous, arrivait aux Estables un groupe familial de quatre cyclotouristes venant du Puy, les seuls que nous rencontr&#226;mes au cours de cette randonn&#233;e. &#192; peine a-t-on fait quelques kilom&#232;tres sur la route du Gerbier, que l'impression triste, qu'on a depuis les Baraques, dispara&#238;t. &#192; notre droite, un frais vallon bois&#233; se creuse, d'o&#249; s'&#233;chappe un gros ruisseau qui fuit dans une gorge de plus en plus profonde. L&#224; fut fond&#233;e, je ne sais &#224; quelle &#233;poque, une chartreuse qui en vit de cruelles au temps des guerres de religion. Les huguenots s'en empar&#232;rent par surprise, en ao&#251;t 1569, et assassin&#232;rent quelques religieux, mais bient&#244;t, surpris &#224; leur tour par les catholiques, ils furent massacr&#233;s jusqu'au dernier et jet&#233;s p&#234;le-m&#234;le dans un grand trou encore appel&#233; aujourd'hui &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#8239;lou traou dos higonaous&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;. Nous avons vu tout cela d'un peu haut, d'un peu loin, d'un peu vite, mais ce site m&#233;rite de devenir le but d'une excursion.&lt;br class='autobr' /&gt;
Nous entrons sous bois, des bois d&#233;licieux, d'un vert tendre tr&#232;s agr&#233;able aux yeux. Le sol est roulant, l'ombre &#233;paisse, le vent semble apais&#233; et nous cheminons en file indienne, sans effort, bien que la mont&#233;e soit assez sensible sur nos petits d&#233;veloppements. Soudain, devant nous, la route se d&#233;robe&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; la vue, born&#233;e tout &#224; l'heure par des bois et des prairies, se perd dans le vide&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; il nous semble que nous allons, en avan&#231;ant, plonger dans l'infini. On &#233;prouve vraiment une sensation bizarre, qui n'est pas loin du vertige, en arrivant &#224; l'improviste sur le bord de l'immense d&#233;pression qu'a creus&#233;e, au pied du rocher des Pradoux, quelque puissante secousse volcanique. La route tourne brusquement &#224; droite et fait le tour de cette d&#233;pression&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; une ferme est l&#224; qui doit, en hiver, se trouver bien isol&#233;e. Le site est trop remarquable pour que notre Parisien n&#233;glige de le photographier, et nous servirons, le coll&#232;gue st&#233;phanois et moi, de premier plan.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le Gerbier-de-Jonc, dont nous avons d&#233;j&#224; aper&#231;u la pointe, se rapproche &#224; vue d'&#339;il, et nous mettons bient&#244;t pied &#224; terre devant la source de la Loire, qui attend toujours le monument qu'on doit y &#233;riger depuis bien longtemps. Le chalet du syndicat d'initiative est ferm&#233; et plus d&#233;labr&#233; que jamais&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; durant la guerre, il a servi &#224; loger des prisonniers allemands qui, entre autres travaux, ont proc&#233;d&#233; &#224; la r&#233;fection des routes environnantes, tr&#232;s bonnes aujourd'hui, si on les compare &#224; ce qu'elles &#233;taient autrefois, celle surtout du Gerbier &#224; M&#233;zilhac. Le vent est froid comme glace et, pendant que mes compagnons font l'ascension du Gerbier, je me prom&#232;ne, peu v&#234;tu, autour du chalet, et j'y attrape un bon rhume. &#192; la ferme de la Loire, o&#249; nous aurions volontiers bu et mang&#233; quelque chose de chaud, on nous refuse nettement quoi que ce soit. Ces gens-l&#224; sont, peu hospitaliers&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; la dure existence qu'ils m&#232;nent, l&#224;-haut, est leur excuse, mais notez bien que leur isolement ne les emp&#234;che pas de conna&#238;tre exactement les prix du beurre, des &#339;ufs et du reste&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;!... Pourtant, comme le petit d&#233;jeuner du Mazet est d&#233;j&#224; loin, nous nous installons sur un banc install&#233; par le &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#8239;Touring-Club de France&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;, &#224; l'abri du vent, et nous attaquons les provisions tir&#233;es des sacs.&lt;br class='autobr' /&gt;
Apr&#232;s une bonne heure pass&#233;e ainsi, nous filons sur M&#233;zilhac et nous e&#251;mes, pendant ces dix-huit &#224; vingt kilom&#232;tres, deux pneus &#224; r&#233;parer, seuls accidents de route de la journ&#233;e. Nous ne voulions, &#224; M&#233;zilhac, que prendre une omelette et du caf&#233;, mais on nous servit un repas complet, devant lequel nous ne recul&#226;mes pas. Rien ne fut d&#233;daign&#233; : hors-d'&#339;uvre, omelette, pommes de terre, truite, dessert. Notre Parisien d&#233;vorait tout, surtout le beurre, avec son bel app&#233;tit de vingt ans&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; notre St&#233;phanois ne boudait pas &#224; la besogne&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; je suivais de mon mieux, &#224; table comme sur la route.&lt;br class='autobr' /&gt;
On s'attarda &#224; parler cyclotechnie et cyclotourisme et je fus seul &#224; soutenir la cause de la monoserve (le pignon fixe) &#224; laquelle, pendant la guerre, je me suis r&#233;habitu&#233;, et qui me parait avoir, en tant que machine d'entra&#238;nement, de r&#233;els avantages. Elle apprend en effet &#224; tourner vite et &#224; appuyer fort&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; elle combat ainsi la paresse naturelle &#224; l'homme que la poly favorise au contraire, en nous invitant &#224; pousser les manettes du changement de vitesse d&#232;s que la p&#233;dale devient un peu dure ou un peu fuyante. Avec la monoserve, n'e&#251;t-on que le faible d&#233;veloppement de 4,50 m &#8212; celui que j'ai sur mon &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#8239;Ouragan&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; de 1891 &#8212; quand la rampe s'accentue et passe de 5 &#224; 7, 8 voire 9&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;%, il n'y a pas &#224; dire, il faut augmenter l'effort, il faut en mettre sur la p&#233;dale pour avancer, et la force des muscles cyclomoteurs est ainsi entretenue. Quand, d'autre part, on a devant soi une pente douce ou derri&#232;re soi un bon vent favorable, ou quand la machine tend &#224; s'emballer aux fortes descentes, il ne s'agit pas de l&#226;cher les p&#233;dales, mais de tourner &#224; 80, 100, 120, 140 tours/minute, et l'on entretient ainsi la souplesse du moteur humain. Et depuis que je m'entra&#238;ne sur cette monoserve jusqu'&#224; faire des excursions de deux cents kilom&#232;tres dans la journ&#233;e, j'ai constat&#233; une notable augmentation de ma vitesse de jambes. J'ai constat&#233; aussi que, sur les mauvaises routes, je puis plus ais&#233;ment, en roue serve, entretenir une allure un peu vive, car l'&#233;lan de la machine, me relevant forc&#233;ment les jambes, m'emp&#234;che de sentir autant les chocs en m'obligeant &#224; p&#233;daler, alors qu'en roue libre, je serais tent&#233; de rester immobile sur les p&#233;dales pour franchir un mauvais passage.&lt;br class='autobr' /&gt;
J'ai eu maintes fois l'occasion de comparer roue libre et roue serve au cours de mes fr&#233;quents voyages de Saint-&#201;tienne &#224; Lyon et retour et, sur cette route d&#233;testable entre toutes, sillonn&#233;e comme elle l'est sans cesse par les autos et les camions, je ne vais pas moins vite, d'un bout &#224; l'autre, en monoserve qu'en poly libre et, sur certains tron&#231;ons (les plus mauvais) je vais plus vite en monoserve, tandis que, sur certains autres (les meilleurs) je vais plus vite en poly libre. Mais un point sur lequel il ne saurait y avoir la moindre discussion, c'est que la bicyclette destin&#233;e au cyclotourisme ne saurait &#234;tre comprise autrement qu'&#224; roue libre et &#224; plusieurs vitesses (au moins trois : 3, 4,50 et 6 m de d&#233;veloppement). L'id&#233;al, pour mon compte, serait que la moyenne, de pr&#233;f&#233;rence, soit en roue serve. Nous e&#251;mes cela autrefois, &#224; l'&#233;poque de transition qui pr&#233;c&#233;da le triomphe complet et d&#233;finitif de la roue libre. Un moyeu anglais &#224; deux vitesses &#8212; le &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#8239;Fagan&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;, si j'ai bonne m&#233;moire &#8212; nous &#233;tait offert avec roue libre au grand d&#233;veloppement en prise directe, roue serve au petit et roue folle entre les deux. &#192; la place de cette derni&#232;re &#8212; qui n'&#233;tait que dangereuse &#8212; nous adaptions &#224; ce moyeu, par une seconde cha&#238;ne, un troisi&#232;me pignon plus petit que les deux autres et sur roue libre&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; le petit d&#233;veloppement du moyeu devenait donc la moyenne vitesse, et nous avions exactement ce que je r&#233;clame aujourd'hui. Mais nous ne connaissions pas alors notre bonheur &#8212; comme souvent &#8212; et la roue serve semblait de plus en plus une h&#233;r&#233;sie, un vestige des temps barbares. &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#8239;Roue libre partout&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; &#233;tait devenue la formule, comme l'avait &#233;t&#233;, quinze ans auparavant, la formule &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#8239;billes partout&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;. Pas plus l'une que l'autre, ces formules ne sont des v&#233;rit&#233;s absolues.&lt;br class='autobr' /&gt;
Cependant quand, en 1915, je m'avisai de retirer de mon mus&#233;e des antiques mon &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#8239;Ouragan&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; de 1891, j'&#233;tais bien loin de croire que la roue serve avait toutes les qualit&#233;s que je lui ai d&#233;couvertes depuis&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; je lui demandais simplement de me permettre, en hiver, de m'&#233;chauffer un peu en redescendant des Grands-Bois &#224; Saint-&#201;tienne o&#249;, en&lt;br class='autobr' /&gt;
roue libre, j'arrivais toujours transi de froid. Peu &#224; peu, par une pratique soutenue et des essais comparatifs, j'ai d&#233;couvert dans cette r&#233;pudi&#233;e, des qualit&#233;s que je ne veux ni d&#233;daigner ni surestimer, mais qui font que mon &#233;curie renfermera, toujours, une bicyclette &#224; roue serve.&lt;br class='autobr' /&gt;
Ainsi ai-je fait pour le tandem, cet autre m&#233;connu, et ferai-je pour le tricycle, cet incompris. C'est en proc&#233;dant &#224; des comparaisons incessantes sur le terrain, &#224; des exp&#233;riences qui semblent parfois incoh&#233;rentes et conduites &#224; tort et &#224; travers, que l'on parvient &#224; une conception plus juste des c&#244;t&#233;s forts et des c&#244;t&#233;s faibles de chaque chose.&lt;br class='autobr' /&gt;
Cette longue discussion nous d&#233;montre combien les heures passent vite quand on se met &#224; discuter entre cycles autour d'une tasse de bon caf&#233; apr&#232;s un excellent repas&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; c'est pourquoi nous ne quitt&#226;mes M&#233;zilhac qu'&#224; 14 heures, en m&#234;me temps qu'un automobiliste qui semblait attendre &#224; la porte que nous nous mettions en route pour d&#233;marrer lui-m&#234;me, et qui nous pr&#233;c&#233;da de peu jusqu'au Cheylard. Une heure pour descendre au Cheylard (22 km), deux heures pour remonter &#224; Saint-Agr&#232;ve (25 km) et nous nous retrouvons &#224; table dans un petit caf&#233; de cette bourgade que peu d'ann&#233;es ont suffi pour mettre &#224; la mode et pour transformer en v&#233;ritable station estivale mondaine. Au cours de la longue mont&#233;e coup&#233;e de quelques paliers, mes compagnons se sont r&#233;ciproquement t&#226;t&#233;s, et ils en ont mis &#224; qui mieux mieux, le St&#233;phanois se montrant sup&#233;rieur quand la rampe s'accentuait, alors que le Parisien gagnait du terrain sur le plat, r&#233;sultat facile &#224; concevoir, puisque l'un &#233;tait plus habitu&#233; &#224; la montagne et l'autre mieux pr&#233;par&#233; et mieux arm&#233; aussi pour la vitesse en palier.&lt;br class='autobr' /&gt;
Un peu d'&#233;mulation entre randonneurs &#224; la fin de l'&#233;tape n'est pas pour me d&#233;plaire, bien que mon &#226;ge, toujours de beaucoup sup&#233;rieur &#224; celui de mes compagnons de route, ne m'ait jamais permis de prendre part &#224; ces joutes courtoises. C'est pourquoi, en sortant de Saint-Agr&#232;ve, je les invitai &#224; prendre les devants et &#224; me laisser finir seul et &#224; l'allure convenable pour rentrer avant la nuit, la fin du parcours jusqu'aux Grands-Bois.&lt;br class='autobr' /&gt;
J'aime beaucoup, quand rien ne me presse, terminer en promenade de pur agr&#233;ment une randonn&#233;e au cours de laquelle je ne me suis pas m&#233;nag&#233; afin de ne pas trop voir baisser l'allure g&#233;n&#233;rale. Les heures vesp&#233;rales sont fra&#238;ches et reposantes pour l'&#233;piderme surchauff&#233; par l'exercice et le soleil. C'est &#224; ces moments-l&#224;, alors qu'une sorte de volupt&#233; subtile se glisse dans mes veines, que je plains sinc&#232;rement les pauvres gens qui, ne s'&#233;tant pas fatigu&#233;s, n'appr&#233;cient pas la douceur du repos, qui, n'ayant pas eu chaud dans le milieu du jour, qui, n'ayant pas connu la faim, la soif, le sommeil qu'engendr&#233; le travail ou l'effort sportif p&#233;nible et soutenu, ne conna&#238;tront jamais l'exquise sensation de bien-&#234;tre que la satisfaction de ces besoins nous procure.&lt;br class='autobr' /&gt;
Mes compagnons partirent donc et furent bient&#244;t hors de vue&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; mais pour diff&#233;rents motifs, ils durent s'arr&#234;ter &#224; plusieurs reprises et, somme toute, nous ne f&#251;mes jamais &#224; plus d'un kilom&#232;tre les uns des autres&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; nous arriv&#226;mes ensemble &#224; l'H&#244;tel du Grand-Bois, exactement &#224; l'heure fix&#233;e. D'avoir eu, le matin, tant de beaux spectacles constamment sous les yeux, nuisit certainement &#224; ceux qui, de M&#233;zilhac &#224; Saint-Agr&#232;ve et de Saint-Agr&#232;ve au Grand-Bois, se d&#233;roul&#232;rent devant nous. Cependant, il faut rendre justice &#224; cette magnifique haute vall&#233;e de l'Eyrieux, qui n'a pas vol&#233; sa r&#233;putation, et que couronne si dignement le belv&#233;d&#232;re de Saint-Agr&#232;ve, d'o&#249; nous avons contempl&#233;, dans toute son &#233;tendue, le massif du M&#233;zenc, que notre itin&#233;raire contournait en une vaste ellipse de deux cent quarante kilom&#232;tres.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le plateau qui, par Devesset, s'&#233;tend jusqu'&#224; Saint-Bonnet-le-Froid, domine, tant &#224; droite qu'&#224; gauche, de vastes &#233;tendues&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; un de mes anciens compagnons de grandes balades que les vicissitudes de l'existence ont, apr&#232;s la guerre, amen&#233; &#224; pr&#233;f&#233;rer l'Afrique &#224; l'Europe, Oran &#224; Saint-&#201;tienne, ne manquait jamais, quand nous passions ensemble sur ce plateau, de me montrer, &#224; l'horizon, ou le mont Blanc ou Roche-courbe, ou je ne sais quels autres sommets, que je ne pouvais naturellement pas apercevoir &#224; cause de ma myopie. Mais il les voyait et cela me suffisait et cela me suffit encore aujourd'hui pour dire qu'il vaut mieux revenir de Saint-Agr&#232;ve par notre chemin que par Le Chambon-de-Tence, dont la route est pourtant jolie et offre, &#231;a et l&#224;, des sous-bois, des &#233;chapp&#233;es dans la vall&#233;e du Lignon, qui ne sont pas sans charme. En r&#233;alit&#233;, tous les environs de Saint-&#201;tienne sont int&#233;ressants et retiennent l'attention des cyclotouristes qui les d&#233;couvrent. L'Ard&#232;che, la Haute-Loire, l'Is&#232;re et le Puy-de-D&#244;me mettent &#224; la port&#233;e de nos randonn&#233;es dominicales les plus beaux circuits de montagne qu'on puisse souhaiter, abstraction faite des Alpes et des Pyr&#233;n&#233;es, et les autres limitrophes : Rh&#244;ne, Sa&#244;ne-et-Loire, Allier, nous offrent, dans les m&#233;andres de leurs collines, des vall&#233;es, d&#233;licieuses o&#249; le sol, en g&#233;n&#233;ral tr&#232;s bon, invite aux grandes allures. Nous sommes donc tr&#232;s bien partag&#233;s et nous aurions tort de n&#233;gliger le cyclotourisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;VELOCIO&lt;/span&gt; (1919)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Chronique cyclotouristique (Concours des pyr&#233;n&#233;s 1934)</title>
		<link>http://velotextes.fr/spip.php?article44</link>
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		<dc:date>2024-02-21T11:55:49Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>velovi</dc:creator>


		<dc:subject>cyclotourisme, cyclocamping</dc:subject>
		<dc:subject>Entre 1918 et 1939</dc:subject>
		<dc:subject>La bicyclette de tourisme</dc:subject>
		<dc:subject>V&#233;lo couch&#233;, v&#233;locar, recumbent</dc:subject>
		<dc:subject>polymultipli&#233;e</dc:subject>
		<dc:subject>Bois</dc:subject>
		<dc:subject>Acier</dc:subject>
		<dc:subject>Aluminium</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;&#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;la jante en bois, d&#233;laiss&#233;e pendant quelque temps, semble devoir regagner du terrain.&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;&lt;/p&gt;

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&lt;a href="http://velotextes.fr/spip.php?rubrique63" rel="directory"&gt;Concours des Pyr&#233;n&#233;es 1934&lt;/a&gt;

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&lt;a href="http://velotextes.fr/spip.php?mot14" rel="tag"&gt;La bicyclette de tourisme&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://velotextes.fr/spip.php?mot17" rel="tag"&gt;V&#233;lo couch&#233;, v&#233;locar, recumbent&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://velotextes.fr/spip.php?mot23" rel="tag"&gt;polymultipli&#233;e&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://velotextes.fr/spip.php?mot26" rel="tag"&gt;Bois&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://velotextes.fr/spip.php?mot27" rel="tag"&gt;Acier&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://velotextes.fr/spip.php?mot28" rel="tag"&gt;Aluminium&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;Par E. Erpelding, revue du Touring-Club de France, Novembre 1934 &lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les enseignements techniques du Concours de bicyclettes de tourisme des Pyr&#233;n&#233;es&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il en est de la bicyclette comme de l'automobile : loin que la technique en soit stabilis&#233;e, le progr&#232;s ne perd pas ses droits et nous nous trouvons constamment en pr&#233;sence de nouveaux perfectionnements.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est incontestable que les conditions s&#233;v&#232;res inscrites au r&#232;glement des concours techniques ou des &#233;preuves sportives auxquels ils prennent part, obligent les constructeurs &#224; rechercher sans cesse des am&#233;liorations, tant au point de vue de l'&#233;quipement et de la pr&#233;sentation des machines, qu'au point de vue de leur conception m&#234;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par ailleurs, les ressources nouvelles qu'offre la m&#233;tallurgie sont largement mises &#224; contribution dans la construction cycliste, et si l'on cherche &#224; gagner du poids, c'est aussi bien par l'emploi de m&#233;taux l&#233;gers que par une nouvelle forme des organes. C'est que, pour le cycliste aussi, le poids est l'ennemi&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; quelques grammes gagn&#233;s par-ci par-l&#224; finissent, en se totalisant, pour atteindre un chiffre appr&#233;ciable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est donc rationnel de remplacer l'acier par l'alliage l&#233;ger, partout o&#249; cette substitution peut &#234;tre r&#233;alis&#233;e sans compromettre la r&#233;sistance de la pi&#232;ce.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Toutes les machines de notre Concours des Pyr&#233;n&#233;es &#233;taient &#233;quip&#233;es de freins en alliage l&#233;ger, qui ont donn&#233; enti&#232;re satisfaction. On n'eut &#224; enregistrer aucune p&#233;nalisation pour mauvais fonctionnement ou accident de frein, ce qui est tout de m&#234;me un crit&#233;rium, surtout si l'on tient compte du fait que, par ses longues descentes, le parcours impos&#233; constituait &#224; cet &#233;gard un banc d'&#233;preuve extraordinairement dur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ne parlons que pour m&#233;moire des garde-boue pour lesquels on peut &#233;videmment abandonner sans inconv&#233;nient l'acier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En ce qui concerne les jantes, des essais sont faits &#233;galement avec l'alliage l&#233;ger. Mais, &#224; en juger par les r&#233;sultats du Concours des Pyr&#233;n&#233;es, la jante en bois, d&#233;laiss&#233;e pendant quelque temps, semble devoir regagner du terrain.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Elle pr&#233;sente sur la jante en acier l'avantage d'un poids moindre et, en m&#234;me temps, d'une grande r&#233;sistance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au surplus, avec la g&#233;n&#233;ralisation des freins &#224; tambour elle n'est plus expos&#233;e &#224; l'usure et aux d&#233;formations. Notre opinion semble confirm&#233;e par le fait que les machines, munies de jantes en bois, ont termin&#233; sans d&#233;formation ni accident aux jantes, alors que les jantes en alliage l&#233;ger se ressentirent durement des chocs subis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voyons maintenant les manivelles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ici encore l'alliage l&#233;ger peut trouver un emploi judicieux, bien que nous croyions devoir faire une petite r&#233;serve.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La manivelle subit des efforts consid&#233;rables, surtout &#224; l'endroit de la liaison avec l'axe de p&#233;dalier, et dans le &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#8239;montage &#224; carr&#233;&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; &#8212; moins encore dans le montage &#224; clavette &#8212; elle n'a pas une r&#233;sistance suffisante. L'axe en acier &#233;tant plus dur que l'alliage l&#233;ger de la manivelle, le trou d'axe mont&#233; sur le &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#8239;carr&#233; conique&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;, finit par &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#8239;s'&#233;gueuler&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;. D'ailleurs pourquoi un &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#8239;carr&#233; conique&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;? Pour rattraper le jeu&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;?&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_26 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://velotextes.fr/local/cache-vignettes/L500xH398/cadredroit-ed2dc.jpg?1788127401' width='500' height='398' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;La bicyclette &#224; cadre droit marque Schulz.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ne parlons pas du montage &#224; clavette pour lequel la manivelle en alliage l&#233;ger est &#224; proscrire. La preuve est faite de son manque de r&#233;sistance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L&#224; o&#249; on pourrait sans inconv&#233;nient utiliser l'alliage l&#233;ger, ce serait pour les &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#8239;manivelles &#224; cloche&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;, comme on les monte dans certains pays &#233;trangers. Mais pas pour le &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#8239;montage &#224; carr&#233;&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; ou &#224; clavette. Nous verrions mieux les manivelles en acier au chrome nickel, plus fines, plus l&#233;g&#232;res, et combien plus r&#233;sistantes. D'ailleurs, les concurrents qui les utilis&#232;rent n'eurent pas &#224; s'en plaindre. Avec ces manivelles, et un bon clavetage, le cycliste peut p&#233;daler pendant des ann&#233;es, sans craindre le jeu ni l'usure.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le pignon de p&#233;dalier, en m&#233;tal l&#233;ger s'est &#233;galement bien comport&#233;. L'avenir nous fixera sur sa dur&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour la p&#233;dale aussi, du moins pour la cage, l'alliage peut &#234;tre recommand&#233;, restant bien entendu qu'axe et roulement sont en acier. L'axe creux en acier au chrome nickel r&#233;alise d'ailleurs un gain de poids suppl&#233;mentaire, tout comme l'axe de p&#233;dalier trait&#233; de la m&#234;me sorte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et nous arrivons au guidon. Eh bien&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! non, pas d'alliage l&#233;ger ici.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ne faisons pas &#233;tat de la rupture d'un guidon que nous e&#251;mes &#224; enregistrer&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; attirons simplement l'attention sur le fait suivant que trop souvent l'on perd de vue : le guidon est un tube.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Or, si l'on peut facilement surveiller et entretenir la surface ext&#233;rieure de ce tube, il n'en va pas de m&#234;me de l'int&#233;rieur. Sous l'action de l'air et de l'humidit&#233; le m&#233;tal s'alt&#232;re, se corrode, et, s'il n'est pas absolument homog&#232;ne, il se produira peu &#224; peu des points faibles&#160;: d'o&#249; diminution de r&#233;sistance et par suite, l'existence de ces points de moindre r&#233;sistance ne se r&#233;v&#233;lant pas &#224; l'ext&#233;rieur, risque de rupture brusque impossible &#224; pr&#233;voir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le danger est le m&#234;me pour le cadre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Du reste aucun fabricant ne s'est montr&#233; assez audacieux pour engager un cadre en alliage l&#233;ger dans une &#233;preuve aussi concluante que devait l'&#234;tre le Concours des Pyr&#233;n&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous r&#233;sumerons donc comme suit notre opinion sur l'emploi des alliages l&#233;gers dans la construction cycliste : Oui, pour les pi&#232;ces &#224; section pleine, et travaillant &#224; la traction ou &#224; la compression&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;NON&lt;/span&gt; pour les pi&#232;ces tubulaires et celles qui travaillent au cisaillement ou &#224; la flexion.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-center&#034; style=&#034;text-align:center;&#034;&gt;&#8258;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Deux changements de vitesse se trouv&#232;rent en pr&#233;sence : 1&#176; Cyclo-Tank, dont nous n'avons plus &#224; dire les qualit&#233;s, et dont le grand avantage r&#233;side dans le d&#233;montage instantan&#233; de la roue libre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2&#176; Funiculo, qui constituait la principale nouveaut&#233; pr&#233;sent&#233;e au concours. Ce syst&#232;me compte quatre vitesses&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; il est le seul &#224; l'heure actuelle qui permette des diff&#233;rences de d&#233;veloppement aussi grandes, gr&#226;ce au montage astucieux du balladeur.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-center&#034; style=&#034;text-align:center;&#034;&gt;&#8258;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Nous avons parl&#233; plus haut des freins. Ajoutons ici, que sur des machines destin&#233;es &#224; circuler en haute montagne, un frein &#224; tambour est indispensable. Voici pourquoi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il ne chauffe pas la jante, donc ne risque pas de faire &#233;clater le pneu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il garde son efficacit&#233; en cas de pluie, ce qui n'est pas toujours le cas avec le frein sur jante.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est probablement pour ces deux raisons que tous les concurrents avaient mont&#233;, en plus de deux freins sur jantes, un frein &#224; tambour &#224; l'arri&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous ne sommes pas partisan du frein &#224; tambour &#224; l'avant, o&#249; il a l'inconv&#233;nient de sa qualit&#233;. Entendons-nous : Tr&#232;s efficace, il risque de provoquer la torsion de la fourche vers l'arri&#232;re, la masse de la machine et du pilote se trouvant projet&#233;e, lors d'un coup de frein, vers le point d'attache et de but&#233;e. D'ailleurs, aucune machine n'en &#233;tait munie &#224; l'avant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Signalons encore, parmi les nouveaut&#233;s pr&#233;sent&#233;es au Concours des Pyr&#233;n&#233;es, une bicyclette d'une conception diff&#233;rente des mod&#232;les existant couramment : il s'agit, non pas pr&#233;cis&#233;ment d'une nouveaut&#233; puisque nous avons connu les bicyclettes &#224; cadre droit, mais d'une machine pr&#233;sentant des analogies avec celles-ci et dont le tube a &#233;t&#233; consid&#233;rablement renforc&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_27 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://velotextes.fr/local/cache-vignettes/L500xH660/portage-7aed9.jpg?1788127401' width='500' height='660' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Le portage de la bicyclette &#224; cadre droit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette machine, que nous reproduisons ci-contre, para&#238;t &#234;tre avantag&#233;e&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;au point de vue de la souplesse et aussi de la facilit&#233; du portage&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; elle &#233;tait &#233;quip&#233;e avec un changement de vitesses Funiculo dont nous avons parl&#233; ci-dessus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'autre part, le v&#233;lo-v&#233;locar, autrement dit la bicyclette &#224; p&#233;dalage horizontal, &#233;tait repr&#233;sent&#233; par une machine&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; c'&#233;tait la premi&#232;re fois que ce type de machine, dont nous avons reproduit le mod&#232;le dans notre num&#233;ro de f&#233;vrier 1934, &#224; la page 56, affrontait une &#233;preuve de montagne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On doit dire que cette machine s'est tr&#232;s bien comport&#233;e, m&#234;me dans les c&#244;tes tr&#232;s dures.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour terminer, nous tenons &#224; exprimer ici, &#224; tous les concurrents, nos vives f&#233;licitations pour la belle pr&#233;sentation des machines engag&#233;es, et pour les efforts que tous ont accomplis en vue de l'am&#233;lioration de la qualit&#233; et du rendement de la bicyclette de tourisme, &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;E. ERPELDING.&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;P. S.&lt;/span&gt;&#8212; A titre d'indication et pour r&#233;pondre &#224; un grand nombre de demandes, nous rappelons ci-dessous les noms et adresses des constructeurs dont les machines ont &#233;t&#233; class&#233;es lors du Concours des Pyr&#233;n&#233;es. Cette liste est donn&#233;e par ordre alphab&#233;tique : &#8212; Bourotte, 52, fg du Temple, Paris.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8212; Mochet, 68, rue Roque de Fillol, &#224; Puteaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8212; Pitard, 45, rue de Javel, Paris.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8212; &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;R. P.&lt;/span&gt; F., 17, rue C&#233;sar Bertholon, Saint-&#201;tienne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8212; Schulz, 12 bis, rue de Plaisance, La Garenne-Colombes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8212; Uldry, 1, rue H&#233;g&#233;sippe-Moreau, Paris.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Changements de vitesse : &#8212; Cyclo, M.&#160;Raimond, 5, rue de la Pr&#233;fecture, Saint-&#201;tienne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Funiculo, M.&#160;Schulz, 12 bis, rue de Plaisance, La Garenne-Colombes.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Mon 14&#160;juillet (1923)</title>
		<link>http://velotextes.fr/spip.php?article436</link>
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		<dc:date>2023-07-14T14:01:35Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>velovi</dc:creator>


		<dc:subject>Paul de Vivie, dit V&#233;locio</dc:subject>
		<dc:subject>cyclotourisme, cyclocamping</dc:subject>
		<dc:subject>Entre 1918 et 1939</dc:subject>
		<dc:subject>polymultipli&#233;e</dc:subject>
		<dc:subject>Hotel, auberge, caf&#233;, restaurant</dc:subject>
		<dc:subject>Rh&#244;ne </dc:subject>
		<dc:subject>Col de Grand Bois, Col de la r&#233;publique</dc:subject>
		<dc:subject>Dr&#244;me</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Mon 14&#160;juillet, V&#233;locio, Le Cycliste, Sept.-Oct. 1923, p.89-92, Archives d&#233;partementales de la Loire cote &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;IJ871&lt;/span&gt;/4 &lt;br class='autobr' /&gt;
Pour cette fois, je l'avoue, le soleil et le siroco ont eu raison de ma t&#233;nacit&#233; et j'ai d&#251; m'arr&#234;ter &#224; 18 heures, ayant d&#233;j&#224; tourn&#233; le dos au but que je m'&#233;tais propos&#233;. N'avais-je pas form&#233; le projet pr&#233;somptueux d'aller, le 14&#160;juillet, coucher &#224; Embrun, pour, le lendemain, passer de bonne heure le Lautaret et redescendre ensuite &#224; Grenoble d'o&#249; quelque train de nuit m'aurait&#160;(&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="http://velotextes.fr/spip.php?rubrique37" rel="directory"&gt;1914-1930 P&#233;riode meetings, exp&#233;riences et r&#233;miniscences&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="http://velotextes.fr/spip.php?mot1" rel="tag"&gt;Paul de Vivie, dit V&#233;locio&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://velotextes.fr/spip.php?mot9" rel="tag"&gt;cyclotourisme, cyclocamping&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://velotextes.fr/spip.php?mot12" rel="tag"&gt;Entre 1918 et 1939&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://velotextes.fr/spip.php?mot23" rel="tag"&gt;polymultipli&#233;e&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://velotextes.fr/spip.php?mot55" rel="tag"&gt;Hotel, auberge, caf&#233;, restaurant&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://velotextes.fr/spip.php?mot61" rel="tag"&gt;Rh&#244;ne &lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://velotextes.fr/spip.php?mot83" rel="tag"&gt;Col de Grand Bois, Col de la r&#233;publique&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://velotextes.fr/spip.php?mot147" rel="tag"&gt;Dr&#244;me&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;Mon 14&#160;juillet, V&#233;locio, Le Cycliste, Sept.-Oct. 1923, p.89-92, Archives d&#233;partementales de la Loire cote &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;IJ871&lt;/span&gt;/4 &lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour cette fois, je l'avoue, le soleil et le siroco ont eu raison de ma t&#233;nacit&#233; et j'ai d&#251; m'arr&#234;ter &#224; 18 heures, ayant d&#233;j&#224; tourn&#233; le dos au but que je m'&#233;tais propos&#233;.&lt;br class='autobr' /&gt;
N'avais-je pas form&#233; le projet pr&#233;somptueux d'aller, le 14&#160;juillet, coucher &#224; Embrun, pour, le lendemain, passer de bonne heure le Lautaret et redescendre ensuite &#224; Grenoble d'o&#249; quelque train de nuit m'aurait rapatri&#233;&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! Ce parcours, plus Grenoble-Givors, m'avait servi de terrain d'exp&#233;rience pour une de ces &#233;tapes de 40 heures qu'on taxait alors d'impossibles et qu'aujourd'hui les audax parisiens font pour ainsi dire en se jouant et en groupe, partant douze pour arriver onze&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! ce qui est tout simplement merveilleux et d&#233;montre la grande valeur des cyclistes de la capitale.&lt;br class='autobr' /&gt;
Je pars donc &#224; 3 h. 1/2 et franchis le col des grands bois &#224; 4 h. 45', il faisait assez clair pour que j'eusse pu n&#233;gocier la descente &#224; bonne allure malgr&#233; ma myopie, aggrav&#233;e par le fait que, depuis six mois, je ne porte plus ni lorgnon, ni lunettes, heureux d'avoir pu, sur mes vieux jours, me soustraire &#224; une obligation qui m'a souvent paru lourde. On m'avait bien dit qu'en vieillissant la myopie s'att&#233;nuait&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; je commence &#224; le croire, tant qu'il ne s'agit que de lire et d'&#233;crire, mais pour tout le reste j'y vois tout de m&#234;me moins qu'avec des lunettes et je ne reconnais pas mon propre fils &#224; plus de trois m&#232;tres. Aussi je m'expose &#224; passer sans les voir aupr&#232;s de mes meilleurs amis et je m'en excuse ici publiquement, car je ne voudrais pas, &#224; cause d'une infirmit&#233; dont je suis le premier &#224; souffrir, &#234;tre tax&#233; d'impolitesse ou simplement d'indiff&#233;rence, surtout par les dames que je revois toujours avec plus de plaisir aux meetings du Cycliste.&lt;br class='autobr' /&gt;
Malheureusement, cette belle et bonne route du col &#224; Andance a &#233;t&#233; ab&#238;m&#233;e par un rechargement maladroit. L'Administration a eu l'id&#233;e d'y semer au printemps des cailloux noirs qui paraissent d'origine volcanique et qui n'ont pu &#234;tre amen&#233;s l&#224; qu'&#224; grands frais. En quelques semaines, ces cailloux ont &#233;t&#233; arrach&#233;s, dispers&#233;s et ont transform&#233; la chauss&#233;e en un lit de torrent&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; jusqu'ici on avait recharg&#233; avec les pierres de la r&#233;gion, qui s'&#233;crasent plut&#244;t qu'elles ne se d&#233;chaussent et qui ont sans doute plus de coh&#233;sion entre elles et plus d'adh&#233;rence avec la substruction de la route, car un rechargement donnait, au moins pendant une ann&#233;e et &#224; moins de frais, une surface de roulement convenable.&lt;br class='autobr' /&gt;
Facile &#224; comprendre que, dans ces conditions, je n'ai pu aller bien vite &#224; la descente, et ces 37 km., que j'ai souvent b&#226;cl&#233;s en une heure et demie, me demandent aujourd'hui deux heures. Je ne trouve sur les bords du Rh&#244;ne aucune fra&#238;cheur&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; le vent du midi, dont la force va cro&#238;tre rapidement et me retarder beaucoup, est d&#233;j&#224; chaud&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; jusqu'&#224; Tournon, route acceptable, mais de Tain &#224; Valence, le sol a &#233;t&#233; ravag&#233; et les bas-c&#244;t&#233;s o&#249; j'avais pu rouler facilement le 1&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;er&lt;/sup&gt;&#160;avril, sont maintenant pleins de sable&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; oblig&#233; de rester sur la chauss&#233;e, je suis rudement secou&#233; et je ne pourrai presque jamais utiliser la 4&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; vitesse de ma randonneuse bi-cha&#238;ne-flottante. Apr&#232;s Tain, la chaleur est accablante, quoiqu'il soit &#224; peine 7 heures, et ma lutte contre le vent me vide assez pour que je sois oblig&#233; de d&#233;jeuner &#224; Pont-d'Is&#232;re (bi&#232;re et fromage, &#224; d&#233;faut du traditionnel caf&#233; au lait impossible &#224; obtenir l&#224;). Je ne quitte Valence qu'&#224; 9 h. 30 en tenue ultral&#233;g&#232;re et, d&#233;j&#224; sur le cr&#226;ne, la serviette mouill&#233;e des grands jours caniculaires, qu'il faudra tous les dix kilom&#232;tres retremper dans l'eau tant est rapide l'&#233;vaporation. Je vais &#224; Crest par Beaumont et Montmeyran, jolie petite route dont, avec temps frais et l&#233;ger vent du nord, on a vite franchi les 30 km. Mais ne songeons pas aujourd'hui &#224; ces pr&#233;cieux adjuvants&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;!&lt;br class='autobr' /&gt;
Il faut, sous un soleil de feu, contre la poussi&#232;re br&#251;lante que le siroco me souffle au visage, arracher p&#233;niblement kilom&#232;tre par kilom&#232;tre&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; les plus l&#233;g&#232;res mont&#233;es m'obligent &#224; recourir &#224; ma 1&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;re&lt;/sup&gt; vitesse de 3 m. 40 et, fatigu&#233; par cette lutte incessante, je me repose un instant sur l'herbe r&#244;tie &#224; l'ombre d'un arbre isol&#233;, en pensant aux frais ombrages et aux ruisseaux d'eau vive que j'ai laiss&#233;s aux grands bois. De l'eau&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! apr&#232;s Montmeyran, je n'en verrai plus jusqu'&#224; Crest, o&#249; je puis enfin m'ablutionner abondamment. J'ach&#232;te une livre d'abricots d&#233;licieux et je continue. Surprise charmante, le vent, de contraire me devient favorable dans cette belle vall&#233;e de la Dr&#244;me qui me pla&#238;t beaucoup, je ne sais pourquoi&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; peut-&#234;tre parce que la route y est toujours en tr&#232;s bon &#233;tat ou qu'elle me rappelle le Midi avec ses cigales assourdissantes, ses moissons rutilantes, ses luzernes vert sombre qui attestent la fertilit&#233; de son sol bien arros&#233; par les d&#233;rivations de la rivi&#232;re.&lt;br class='autobr' /&gt;
Je m'&#233;tais dit en partant&#160;: Tu finiras ce soir l'&#233;tape dans un de ces petits villages &#233;chelonn&#233;s apr&#232;s Embrun, o&#249; la Provence envoie ses estivants et tu n'auras demain que la grimpette du Lautaret puis la fl&#226;nerie des 90 km. de descente jusqu'&#224; Grenoble. Mais il fallait en rabattre&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; d&#232;s Valence, je n'esp&#233;rais plus atteindre qu'Embrun&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; &#224; Crest, je m'estimais heureux si je pouvais arriver le soir &#224; Gap et pendant que je d&#233;jeunais dans un petit restaurant au del&#224; d'Aouste, pr&#232;s d'un pont fra&#238;chement reconstruit, dont la disparition deux ans auparavant avait failli me jouer un mauvais tour, je ne me voyais plus terminer l'&#233;tape qu'&#224; Veynes d'o&#249;, par un train matinal, j'aurais gagn&#233; Brian&#231;on le lendemain. Ainsi s'effilochaient mes projets au souffle du siroco&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! Une omelette, un peu de fromage et les abricots de Crest, d'excellent pain, de la bi&#232;re et du caf&#233; furent les &#233;l&#233;ments de ce repas qui ne me fut compt&#233; que 3 francs, alors qu'on me fit payer ailleurs, dans une infime auberge, 1 fr. 50 pour une trempette de pain dans un bol d'eau sucr&#233;e, rougie d'un demi-verre de vin&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! Les prix aujourd'hui ne sont plus bas&#233;s sur la valeur vraie de l'objet qu'on vous vend, sur son prix de revient, mais sur le degr&#233; de rapacit&#233; du marchand et sa perspicacit&#233; &#224; deviner combien l'acheteur en a besoin.&lt;br class='autobr' /&gt;
Voil&#224;, ce me semble, une d&#233;finition acceptable de ce funeste esprit de mercantilisme qui restera la caract&#233;ristique des temps pr&#233;sents. Profiter des besoins urgents des consommateurs, les faire na&#238;tre au besoin et les intensifier par la rar&#233;faction voulue et astucieusement organis&#233;e des produits, puis hausser les prix &#224; l'extr&#234;me limite accessible aux ressources des malheureux qu'on pressure, qu'on &#233;gorge en les condamnant &#224; des privations cruelles, quitte &#224; jeter &#224; l'&#233;gout les stocks invendus. Ainsi, pendant tout l'hiver dernier, on a vendu les pommes de terre &#224; des prix trois ou quatre fois plus &#233;lev&#233;s que ne le comportait l'abondance de la r&#233;colte&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; de ce fait, la consommation en a &#233;t&#233; restreinte et des milliers de bouches n'ont pu manger &#224; leur faim, mais au printemps, les quantit&#233;s accapar&#233;es et tenues en r&#233;serve restaient si consid&#233;rables qu'on a d&#251; les offrir &#224; vil prix, les donner aux porcs et les jeter au fumier. Le paysan lui-m&#234;me devient mercanti et trouve qu'il est pr&#233;f&#233;rable de vendre mille kilos de pommes de terre &#224; cinquante centimes que trois mille &#224; trois sous&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; car, s'il est oblig&#233; de transformer en fumier les deux mille kilos invendus, il aura encore eu du b&#233;n&#233;fice et il se sera donn&#233; trois fois moins de peine.&lt;br class='autobr' /&gt;
A 14 heures, je rentrais dans la fournaise, sans enthousiasme, et le voisinage de Roche-courbe, dont le profil caract&#233;ristique s'aper&#231;oit si nettement de nos montagnes, ne m'emballe pas. Je cherchais un coin de pr&#233; bien ombrag&#233; o&#249; j'aurais volontiers pris une heure de repos. Faute de grives, on se contente de merles et, faute d'un pr&#233;, je finis par m'&#233;tendre sur le talus de la route o&#249; je ne demeurai pas longtemps pour cause d'inconfortabilit&#233;. Une bouteille, de limonade absorb&#233;e &#224; Saillans me remit un peu de fra&#238;cheur dans le sang et je b&#226;clais assez vivement les 22 km. qui me s&#233;paraient encore de Die o&#249; je passais &#224; 16 heures en commen&#231;ant &#224; douter assez fortement d'&#234;tre &#224; Veynes avant la nuit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le vent s'&#233;tait un peu calm&#233;, mais le soleil me semblait encore plus chaud qu'&#224; midi et les 18 km. de Die &#224; Luc, qui n'ont d'ailleurs rien d'int&#233;ressant, me parurent bien longs, tant et si bien qu'&#224; Luc je m'avouai vaincu et fis un t&#234;te-&#224;-queue qui me ramena tr&#232;s vite, car le vent devenait ainsi favorable, &#224; l'h&#244;tel qu'on trouve en face de la gare de Die, o&#249; j'ai toujours &#233;t&#233; bien re&#231;u. Il &#233;tait 18 heures, j'aurais eu le temps de grimper au col du Rousset et peut-&#234;tre l'aurais-je fait si le flanc de la montagne o&#249; serpentent les lacets bien connus avaient &#233;t&#233; dans l'ombre&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; or, dans cette gorge resserr&#233;e, comme dans un creuset, le soleil dardait ses flammes, j'aurais &#233;t&#233; cuit, volatilis&#233; avant d'arriver &#224; mi-chemin et mon &#233;tape du 14&#160;juillet, qui devait &#234;tre de 300 km., se r&#233;duisit &#224; 200&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; mais s'il est vrai qu'une longue exposition au soleil permet au corps humain d'emmagasiner de la chaleur pour longtemps, je n'aurai pas besoin d'acheter du charbon cet hiver.&lt;br class='autobr' /&gt;
Or, au m&#234;me moment, dans des r&#233;gions o&#249; la temp&#233;rature &#233;tait peut-&#234;tre encore plus s&#233;n&#233;galienne que dans la vall&#233;e de la Dr&#244;me, les coureurs du Tour de France, impassibles et indiff&#233;rents &#224; l'excessive chaleur, comme ils l'avaient &#233;t&#233; l'an dernier, au Galibier, aux rigueurs d'un froid hivernal, accomplissaient sans d&#233;faillance leurs rudes t&#226;ches quotidiennes&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! Quels hommes, tout de m&#234;me&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;!&lt;br class='autobr' /&gt;
De fra&#238;ches et abondantes ablutions, un repas substantiel ing&#233;r&#233; sans pr&#233;cipitation, un bon sommeil que les bruits de la f&#234;te nationale ne purent troubler, et je me r&#233;veillai le lendemain, d&#232;s la pointe du jour plus dispos que jamais ne fus, satisfait m&#234;me d'avoir &#233;t&#233; si fortement &#233;prouv&#233; par un temps aussi exceptionnel et d'avoir tenu bon. Je pouvais ainsi fermer sans inqui&#233;tude la fen&#234;tre que j'avais ouverte sur mon organisme, il n'y avait encore rien de trop pourri dans le Danemark et j'en fus quitte pour faire peau neuve partout o&#249; le soleil m'avait trop cruellement mordu.&lt;br class='autobr' /&gt;
Je crois de plus en plus que l'exercice pouss&#233; tr&#232;s loin, et principalement la randonn&#233;e &#224; bicyclette, est un moyen d'investigation que la Facult&#233; devrait tenir pour &#233;gal sinon pr&#233;f&#233;rable &#224; tout autre, auscultation, radiographie, etc. Quand je commen&#231;ai, il y a vingt-cinq ans de cela, &#224; randonner un peu fort, on me mena&#231;a des pires catastrophes, le c&#339;ur finirait par l&#226;cher, l'estomac par se d&#233;labrer, etc., etc., tant et si bien qu'un peu troubl&#233; par ces noires perspectives, j'allais r&#233;guli&#232;rement, quand j'avais fait d'arrache-pied le dimanche une forte &#233;tape de 250 ou 300 km. en haute montagne, me soumettre le lundi &#224; l'examen de mon docteur. Il s'int&#233;ressait du reste &#224; mon cas et, comme j'&#233;tais d&#233;j&#224; v&#233;g&#233;tarien depuis quelques ann&#233;es, il me demandait parfois de pr&#233;lever un peu de mes sucs gastriques, ce &#224; quoi je me refusais &#233;nergiquement&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! L'excellent homme me tapait sur l'abdomen, sur l'estomac, me pin&#231;ait la r&#233;gion du foie, m'appliquai&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! ses instruments sur le c&#339;ur, entre les &#233;paules, bref il ne laissait pas un coin inexplor&#233;. Il me dit longtemps que &#231;a n'allait, en tout cas pas plus mal et il finit par m'avouer, apr&#232;s quinze ou vingt examens, que &#231;a allait d&#233;cid&#233;ment de mieux en mieux. Puis, en 1906, il mourut et, depuis lors, je suis mon propre m&#233;decin et je me contente de m'examiner moi-m&#234;me. Or, j'ai remarqu&#233; qu'apr&#232;s mes &#233;tapes les plus p&#233;nibles, celles o&#249; j'&#233;tais all&#233; tr&#232;s pr&#232;s de la fatigue anormale, je dormais d'un sommeil de plomb et m'&#233;veillais le lendemain, parfois un peu tard, dans un &#233;tat de bien-&#234;tre tr&#232;s agr&#233;able. Des soldats m'ont dit avoir &#233;prouv&#233; pendant la guerre cette m&#234;me sensation. Les choses &#233;tant ainsi, il n'y a qu'&#224; continuer et se dire que notre meilleur m&#233;decin c'est nous-m&#234;me. Je ne fais pas fi de la Facult&#233;, Dieu m'en garde, mais je constate que ses enseignements et ses formules sont bien changeants&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; pour la science m&#233;dicale comme pour toutes les sciences dont l'objet est l'&#233;tude des ph&#233;nom&#232;nes o&#249; deux et deux ne font pas toujours quatre, ce qui &#233;tait v&#233;rit&#233; hier est erreur aujourd'hui et ce qui est aujourd'hui v&#233;rit&#233; sera peut-&#234;tre bien &#224; son tour erreur avant peu de temps. Il y a des myst&#232;res que nous ne pouvons p&#233;n&#233;trer, des probl&#232;mes inaccessibles &#224; l'intelligence humaine. Parties infimes du grand Tout, nous &#233;voluons dans l'infini sans parvenir &#224; le comprendre. Cultivons donc notre jardin, c'est-&#224;-dire notre sant&#233; physique et mentale, surtout mentale (l'un d'ailleurs ne va pas sans l'autre)&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; nous ne poss&#233;dons pas de bien plus pr&#233;cieux et qui nous mette mieux en &#233;tat de faire ici-bas notre bonheur et celui de ceux qui nous entourent.&lt;br class='autobr' /&gt;
Donc, en m'&#233;veillant le 15&#160;juillet, &#224; la pointe du jour, apr&#232;s huit heures de bon sommeil, je me t&#226;tai, m'&#233;tirai et tout en faisant mes ablutions, m'auscultai &#224; ma fa&#231;on. Les parties du corps qui avaient &#233;t&#233;, la veille, en prise directe avec Ph&#233;bus, le bras gauche surtout, &#233;taient rouge-sang et douloureuses au contact du v&#234;tement&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; l'&#233;ryth&#232;me allait &#233;voluer normalement, tout &#233;tait pour le mieux, toute trace de mon accablement de la veille avait disparu. A 4 h. 1/2, j'&#233;tais sur la route et ne tardai pas &#224; filer grand train sur mon 7 m&#232;tres. En moins d'une heure, je passais &#224; Saillans (22 km.) et &#224; 8 h. je prenais mon caf&#233; au lait &#224; Valence (70 km.). La rive gauche m'avait, la veille, f&#226;cheusement impressionn&#233; par son mauvais sol et je remontai par la rive droite, en ce moment en meilleur &#233;tat, jusqu'&#224; Andance o&#249; j'abordai avec mon petit 3 m. 40 les 1.100 m&#232;tres d'&#233;l&#233;vation qui devaient m'amener au col des grands bois. Tout allait, ce jour-l&#224;, comme sur des roulettes, bien que le soleil et le vent fussent tout aussi chauds que la veille, mais le vent &#233;tait favorable. Nous jugeons de toutes choses par comparaison et Dempsey, habitu&#233; &#224; recevoir sur le nez des coups de poing de cent kilos, doit croire qu'on le caresse quand on se contente de le gifler. A midi, je m'arr&#234;tai pour d&#233;jeuner &#224; Dav&#233;zieux (118 km.)&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; je n'avais plus &#224; me presser, nos grands bois frais et ombreux dont le souvenir m'avait fait soupirer la veille &#233;taient en vue et, somme toute, je me f&#233;licitai d'&#234;tre l&#224; plut&#244;t qu'&#224; Grenoble avec la perspective de huit heures de transport dans des trains bond&#233;s de voyageurs. Nous n'avons qu'&#224; nous laisser aller au gr&#233; des &#233;v&#233;nements pour que tout arrive &#224; notre avantage. Le tout est de bien distinguer jusqu'o&#249; nous pouvons ob&#233;ir &#224; notre volont&#233; et &#224; quel moment nous devons c&#233;der &#224; la pression des obstacles &#233;ventuels. Nous gagnerons toujours &#224; nous soumettre aux choses plut&#244;t qu'&#224; vouloir nous soumettre les choses. Je me f&#233;licitais, entre autres d&#233;tails, de n'avoir pas eu le moindre accident de bicyclette au cours des 300 km. que j'avais parcourus, pas une crevaison, pas un &#233;crou &#224; serrer. Mais que vois-je Seigneur, au moment de me mettre en selle&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! L'enveloppe de la roue directrice fendue en longueur sur la surface m&#234;me du roulement, une fente de dix centim&#232;tres dont les l&#232;vres baillaient et laissaient voir les fils biais d&#233;j&#224; us&#233;s en partie par le frottement sur le sol&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;? Il Il n'est que temps de r&#233;parer, et s&#233;rieusement pour pouvoir rentrer sans &#233;clatement. Un large pi&#232;ce de toile &#224; l'int&#233;rieur et, &#224; l'ext&#233;rieur, un morceau de chambre &#224; air de longueur convenable que j'avais, par chance, dans mon sac, enveloppant la chappe et pouvant &#234;tre pinc&#233;e par les tringles, le tout coll&#233; soigneusement (ma dissolution y passa presque toute), me tir&#232;rent de ce mauvais pas. Je proc&#233;dai m&#233;thodiquement, laissai s&#233;cher longtemps, si bien que je ne quittai Dav&#233;zieux qu'&#224; 15 heures, avec la perspective d'un orage &#224; bref d&#233;lai. En effet, quatre kilom&#232;tres plus loin, &#224; Boulieu, je dus me r&#233;fugier dans un jeu de boules&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; il pleuvait &#224; torrent, le tonnerre grondait de tous les c&#244;t&#233;s et je vis, &#224; peu de distance, quelques &#233;clairs merveilleux. Quels que soient ses caprices, qu'elle se fasse caressante ou agressive, la nature nous attire et nous charmera toujours, en attendant qu'elle nous engloutisse.&lt;br class='autobr' /&gt;
Je gravissais tranquillement la rampe du bourg au col, heureux de revoir &#224; droite et &#224; gauche des vallons et des collines, des ruisseaux et des rochers, des maisons m&#234;me et des bois entourant des prairies et des moissons jaunissantes, que je connais par le menu depuis trente ans, depuis que, gr&#226;ce &#224; la Poly, je tourne plus volontiers mon guidon du c&#244;t&#233; de la montagne que du c&#244;t&#233; de la plaine. Soudain, surgit pr&#232;s de moi une jeune femme &#224; bicyclette, monomultipli&#233;e s'il vous pla&#238;t, mais qui poussait son unique 5 m&#232;tres avec autant de force que de gr&#226;ce&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; j'avais mon 3 m. 40 et je trouvais que c'&#233;tait bien suffisant. Je fus d'abord un peu surpris et, s'il faut &#234;tre sinc&#232;re, mortifi&#233;, mais mon &#233;tonnement cessa quand je reconnus M&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;me&lt;/sup&gt;&#160;D... qui, &#224; la journ&#233;e V&#233;locio, avait &#233;tabli le record de la s&#233;rie ouverte aux dames en 53' 50&#8221; sur cette m&#234;me bicyclette.&lt;br class='autobr' /&gt;
Nous caus&#226;mes un instant en attendant M.&#160;D..., qui, muni d'un d&#233;railleur Chemineau, suivait moins vite mais avait de bonnes et honorables raisons pour justifier sa moindre allure. M.&#160;D..., grand bless&#233; de guerre, est unijambiste et monte au col aussi bien d'un c&#244;t&#233; que de l'autre, plus vite encore que bien des cyclistes munis de leurs deux jambes. J'eus beaucoup de plaisir &#224; terminer &#224; ses c&#244;t&#233;s les cinq ou six kilom&#232;tres qui nous restaient &#224; faire pour atteindre le col et nous march&#226;mes bel et bien &#224; 10 &#224; l'heure&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; M&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;me&lt;/sup&gt;&#160;D..., accompagn&#233;e de son fr&#232;re et de son neveu, gar&#231;onnet de 13 &#224; 14 ans, avait pris les devants et le 15 &#224; l'heure dans le 4 | et 5&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;% semblait son allure normale. M.&#160;D... m'expliqua que, sa jambe gauche ayant &#233;t&#233; coup&#233;e au-dessus de genou, il s'&#233;tait ing&#233;ni&#233; &#224; combiner un dispositif qui lui perm&#238;t d'utiliser le moignon qui lui restait et l'articulation de la hanche pour agir sur la p&#233;dale gauche. Il y avait r&#233;ussi &#224; tel point que non seulement il pouvait facilement franchir l'angle mort, mais la jambe mutil&#233;e fournissait un effort suffisant pour qu'il p&#251;t, en palier, entretenir le mouvement sans l'aide de la jambe valide. Voil&#224; un exemple dont beaucoup de mutil&#233;s de guerre, dans le m&#234;me cas, pourraient faire leur profit et que je suis heureux de signaler, tout comme celui de M&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;me&lt;/sup&gt;&#160;D..., qui d&#233;montre p&#233;remptoirement que la femme peut aussi bien que l'homme excursionner et m&#234;me randonner &#224; bicyclette, j'ajoute polyx&#233;e, car il n'est permis qu'&#224; tr&#232;s peu de femmes de grimper sans danger au col des grands bois avec 5 m., et M&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;me&lt;/sup&gt;&#160;D... m'a elle-m&#234;me avou&#233; qu'elle ne partirait pas pour de longues randonn&#233;es accident&#233;es sans un changement de vitesse.&lt;br class='autobr' /&gt;
V&#201;&lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;LOCIO&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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