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	<title>V&#233;lotextes</title>
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	<description>Lire celles et ceux qui ont fait du v&#233;lo un bienfait social, moyen de d&#233;placement et de tourisme&#160;: Paul de Vivie dit V&#233;locio, Capitaine Perrache dit l'homme de la montagne, Carlo Bourlet...
Histoire du v&#233;lo
Site de Laurent Vigniel</description>
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		<title>V&#233;lotextes</title>
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		<title>En allant au Puy Mary (1922)</title>
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		<dc:subject>Allagnon</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;&#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#8239;Mes occupations ne m'ayant pas permis de suivre de bout en bout les cinq &#233;preuves sur route de la Semaine d'Auvergne, je tenais cependant &#224; me rendre compte, de &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;visu&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;, de la fa&#231;on dont les machines et leurs pilotes se comporteraient dans les passages les plus durs de l'itin&#233;raire. &lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;&lt;/p&gt;

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&lt;a href="http://velotextes.fr/spip.php?rubrique37" rel="directory"&gt;1914-1930 P&#233;riode meetings, exp&#233;riences et r&#233;miniscences&lt;/a&gt;

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&lt;a href="http://velotextes.fr/spip.php?mot143" rel="tag"&gt;Allier&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://velotextes.fr/spip.php?mot144" rel="tag"&gt;Loire&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://velotextes.fr/spip.php?mot145" rel="tag"&gt;Allagnon&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt; &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;En allant au Puy Mary&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;, V&#233;locio, Le Cycliste, septembre-octobre 1922,	p. 82-91, Archives d&#233;partementales de la Loire cote	PER1328_13&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mes occupations ne m'ayant pas permis de suivre de bout en bout les cinq &#233;preuves sur route de la Semaine d'Auvergne, je tenais cependant &#224; me rendre compte, de &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;visu&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;, de la fa&#231;on dont les machines et leurs pilotes se comporteraient dans les passages les plus durs de l'itin&#233;raire. La journ&#233;e du 6&#160;juillet, pendant laquelle les concurrents devaient aller d'Aurillac au pas de Peyrol (ait. 1.582 m.), par Salers, me parut la plus dure et je m'arrangeai pour assister au passage de ce col que le puy Mary domine &#224; peine de 150 m&#232;tres. J'y &#233;tais d&#233;j&#224; all&#233; en 1911 avec mon compagnon fid&#232;le, Ch..., &#224; l'occasion d'une excursion dans le massif central, de l'&lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;A. C.&lt;/span&gt; P., que nous rencontr&#226;mes &#224; Saint-Cernin. C'&#233;tait le bon temps, on &#233;tait jeune alors et le lourd manteau d'angoisse de la terrible guerre, qui nous &#233;crase aujourd'hui, ne pesait pas sur nos &#233;paules.&lt;br class='autobr' /&gt;
Je partais seul cette fois et je r&#233;solus de suivre le m&#234;me itin&#233;raire qu'il y a onze ans, afin de constater l'influence de ce laps de temps sur mon rendement. Cet itin&#233;raire est d'ailleurs le plus court et permet &#224; de bons randonneurs d'aller de Saint-Etienne &#224; Murat en une demi-&#233;tape, tandis que par Le Puy et les monts de la Margeride il faut compter une bonne journ&#233;e.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le 5&#160;juillet, je me mis donc en route &#224; 5 h., apr&#232;s avoir tr&#232;s soigneusement mis au point ma l&#233;g&#232;re randonneuse, sur laquelle j'essayai &#224; cette occasion un nouveau mode d'attache de roue libre au moyeu. Tous les cyclistes savent combien il est difficile de d&#233;visser une roue libre bloqu&#233;e par des milliers de coups de p&#233;dale&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; il est rare que, ce faisant, on ne d&#233;t&#233;riore pas irr&#233;m&#233;diablement la noix de ladite roue libre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des constructeurs, ont, &#224; toute &#233;poque, tent&#233; de fixer roues libres et m&#234;me pignons serves par d'autres moyens que le simple vissage. Il y a quelques ann&#233;es, l'Hirondelle reprit une id&#233;e mise en pratique d&#232;s 1889, en Angleterre, par Abingdon, et, rempla&#231;ant la partie filet&#233;e du moyeu par un huit pans, embo&#238;ta sa roue libre l&#224;-dessus &#224; frottement doux et l'y maint&#238;nt par un contre-&#233;crou. Mais ce dispositif n&#233;cessite un moyeu sp&#233;cial et une roue libre de grand diam&#232;tre, l'usage ayant d&#233;montr&#233; que les ar&#234;tes octogonales devaient &#234;tre assez accentu&#233;es sous peine d'&#234;tre rapidement effac&#233;es, au point de ne plus retenir suffisamment la roue libre et de la m&#233;tamorphoser en roue folle&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; ce dispositif n'&#233;tait, en outre pas applicable sur tous les moyeux et l'on h&#233;siterait a bon droit, pour jouir de l'avantage d'une roue libre ais&#233;ment d&#233;tachable, &#224; faire d&#233;monter et remonter une roue et &#224; troquer un moyeu dont on conna&#238;t le roulement contre un moyeu dont le roulement est ou peut &#234;tre douteux. J'avais donc d&#233;j&#224; r&#233;ussi &#224; fixer sur n'importe quel moyeu une roue libre de 18 dents au moyen de deux ou trois goujons de 3 millim&#232;tres, log&#233;s entre la noix et une rondelle filet&#233;e sur le moyeu m&#234;me, moiti&#233; dans l'une, moiti&#233; dans l'autre, comme qui dirait entre cuir et chair&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; un contre-&#233;crou emp&#234;chant la noix et les galets de s'esquiver. Cette solution est bonne et pratique et j'ai fait avec cela de longues et dures mont&#233;es sans inconv&#233;nient, apr&#232;s quoi je d&#233;tachais ma roue libre aussi ais&#233;ment qu'on cueille une fleur&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; il ne lui manque que d'&#234;tre adopt&#233;e par quelque constructeur d'importance mais les gros brasseurs du cyclone s'int&#233;ressent pas &#224; d'aussi minimes d&#233;tails de construction.&lt;br class='autobr' /&gt;
Cette fois, sur ma randonneuse, j'essayais un autre moyeu auquel j'avais &#233;t&#233; conduit quelques jours auparavant par la n&#233;cessit&#233;. En voulant d&#233;visser &#224; coups de marteau la roue libre de ma petite vitesse, on avait fait sauter en m&#234;me temps un manchon filet&#233; qui n'&#233;tait lui-m&#234;me fix&#233; sur le corps du moyeu que par un peu de soudure apr&#232;s emmanchage de force. Ce proc&#233;d&#233;, que l'on emploie avec les moyeux emboutis, para&#238;t pr&#233;caire, mais est n&#233;anmoins suffisant tant qu'on ne brutalise pas son pignon. Je me trouvais donc en pr&#233;sence d'un tube lisse sur lequel il s'agissait de faire tenir une roue libre et trop mince pour supporter un filetage. J'ajustai &#224; frottement doux la noix de ma roue libre &#224; travers laquelle je per&#231;ai deux trous de 3 millim&#232;tres tangents au tube et deux autres trous dans la joue du moyeu et je reliai par deux clous deux vulgaires clous de menuisier, noix et joue&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; le contre-&#233;crou du moyeu emp&#234;cha clous et roue libre de s'en aller et c'est moi qui pus m'en aller gr&#226;ce &#224; ce moyen de fortune qui ne vaut pas le pr&#233;c&#233;dent mais qui m'a permis d'aller au puy Mary, d'en revenir et de grimper depuis tous les jours aux grands bois. Un des clous s'est un peu tordu et l&#232;ve son moignon au ciel comme pour protester contre le barbare traitement qu'on lui fait subir &#224; chaque coup de p&#233;dale, mais l'autre n'a pas d&#233;vi&#233; d'une ligne&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; j'en conclus qu'il n'y en a qu'un qui travaille s&#233;rieusement, ainsi que cela se passe d'ailleurs dans tous les embrayages et dans toutes les roues libres o&#249; jamais ne travaillent ensemble, contrairement &#224; ce que bien des cyclistes pensent, dents, billes cliquets ou galets&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; quel que soit leur nombre, il n'y en a jamais qu'un qui supporte l'effort, les autres se tenant toujours pr&#234;ts &#224; le seconder s'il fl&#233;chit tant soit peu.&lt;br class='autobr' /&gt;
Il y a donc bien des moyens de fixer une roue libre sur un moyeu, de telle fa&#231;on qu'on puisse ais&#233;ment l'en d&#233;tacher et ce point particulier de construction pourrait &#234;tre mis en vedette dans un futur concours&#160;: d&#233;couvrir un moyen de fixation &#224; un moyeu quelconque d'une roue libre de 16 dents au pas 12,7, tel qu'on puisse l'enlever et la remettre en place, avec les moyens du bord, en moins de trois minutes, apr&#232;s huit jours de tourisme en montagne. Je ne crois pas que le simple vissage actuel, si gai soit-il, apr&#232;s le bloquage &#233;nergique d'un long p&#233;dalage &#224; forte pression puisse remplir la condition impos&#233;e.&lt;br class='autobr' /&gt;
Toutes ces r&#233;flexions que je fais en cours de route ne m'emp&#234;chent pas de p&#233;daler et je me trouve &#224; 6 heures au del&#224; du Pertuiset, en pleine rampe de Saint-Maurice-en-Gourgois, admirant une fois de plus ce site incomparable. A 150 m&#232;tres au-dessous de moi, la Loire se glisse, sinueuse, entre des montagnes qui ne seront bient&#244;t plus que des collines, car elle n'est plus ici bien loin de la plaine du Forez, mais qui, s'&#233;tageant en amont, finissent par s'&#233;lever &#224; une altitude imposante&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; de riants villages, de blanches maisons se d&#233;tachent en clair sur le vert sombre des prairies et des pin&#232;des et la vue s'&#233;tend d'autant plus loin que l'on monte davantage, jusqu'&#224; ce qu'une brusque d&#233;viation de la route vous emm&#232;ne sur le plateau de Saint-Maurice. La rampe est assez dure par moments et je ne trouve pas mon 3 m. 40 trop petit&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; que sera-ce donc quand il me faudra avec cela (car je n'ai pas de plus faible d&#233;veloppement) gravir les flancs du puy Mary&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;?&lt;br class='autobr' /&gt;
Sur le plateau d&#233;sert, je file assez vite&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; le temps est &#224; l'orage et quand le soleil se montre par intervalles il est d&#233;j&#224; piquant&#160;: le sol est sem&#233; de cailloux roulants et de t&#234;tes de chat que j'&#233;vite autant que possible&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; mes pneus souples de 35mm n'y r&#233;sisteraient pas longtemps&#160;: par contre, ni trous, ni orni&#232;res&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; les autos qui vont &#224; la Chaise-Dieu pr&#233;f&#232;rent suivre la grande route par Saint-Bonnet-le-Ch&#226;teau et Usson, que je ne rejoins qu'apr&#232;s Saint-Pal-de-Chalancon et qui est, d'ailleurs, tr&#232;s bien entretenue et tr&#232;s roulante en ce moment.&lt;br class='autobr' /&gt;
Je d&#233;gringolais, &#224; la vitesse limite, sur Pon-tempeyrat quand l'orage &#233;clate sur le massif de Pierre-sur-Haute dont je ne suis pas tr&#232;s &#233;loign&#233; &#224; vol d'oiseau. Le ciel s'obscurcit, le tonnerre gronde et quelques gouttes de pluie m'atteignent, mais j'en serai cette fois quitte pour la peur.&lt;br class='autobr' /&gt;
Je ne passe jamais &#224; Pontempeyrat sans me rem&#233;morer mon premier essai de cyclotourisme. C'&#233;tait en septembre 1881&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; nous &#233;tions partis deux la veille au soir de Saint-&#201;tienne et nous &#233;tions venus coucher &#224; Saint-Bonnet&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; nous avions ensuite fait la descente sur Pontempeyrat, que j'avais jug&#233;e effroyable&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; elle l'&#233;tait assur&#233;ment avec les outils rudimentaires dont nous nous servions en ce temps-l&#224;&#160;: bicycles en fer forg&#233; dont la roue motrice et directrice de 125 centim&#232;tres de diam&#232;tre roulait sur des coussinets lisses avec tant de jeu que le bandage en caoutchouc plein carr&#233;, coll&#233; et clou&#233; sur la jante plate en fer, venait frotter parfois contre la fourche. J'avais appris au printemps &#224; me tenir en &#233;quilibre sur un v&#233;lo Michaux et je m'&#233;tais offert pour 200 francs ce mis&#233;rable clou d'occasion.&lt;br class='autobr' /&gt;
De Saint-Bonnet nous avions pu, en faisant bien entendu &#224; pied toutes les mont&#233;es, &#234;tre &#224; Craponne &#224; 9 heures pour le petit d&#233;jeuner, puis &#224; la Chaise-Dieu &#224; midi et nous ne nous &#233;tions arr&#234;t&#233;s le soir qu'&#224; Olliergues, &#224; cent kilom&#232;tres environ de notre point de d&#233;part, ce dont nous ne f&#251;mes pas peu fiers&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! Le lendemain, nous nous content&#226;mes d'aller &#224; Pont-de-Dore prendre le train du retour, nous aurions pu &#224; cette &#233;poque &#234;tre bien mieux outill&#233;s, car les Anglais avaient d&#233;j&#224; amen&#233; le grand bi &#224; un degr&#233; de perfection qu'il ne d&#233;passa pas pendant les quelques ann&#233;es qui pr&#233;c&#233;d&#232;rent l'av&#232;nement de la bicyclette&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; mais nous &#233;tions alors bien loin du Saint-Etienne centre de l'industrie cycliste que nous voyons aujourd'hui et personne ne nous tenait au courant des progr&#232;s r&#233;alis&#233;s &#224; Coventry. Le &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;Cycliste&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; &#233;tait encore dans les limbes. Tous les d&#233;tails de cette premi&#232;re excursion me sont rest&#233;s dans la m&#233;moire et je me souviens aujourd'hui d'un assez long arr&#234;t que nous f&#238;mes sur les bords de l'Ance, avant de pousser nos instruments de torture, &#224; bout de bras, jusqu'&#224; Craponne, sous un soleil d&#233;j&#224; chaud.&lt;br class='autobr' /&gt;
Aujourd'hui &#8212; ah&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! que les temps sont chang&#233;s&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! &#8212; le temps est frais, j'ai ce qu'on peut avoir de mieux en fait de machine et je grimpe sans effort &#224; 12 &#224; l'heure, si bien qu'&#224; 8 h. 45 je m'assieds &#224; l'entr&#233;e de Craponne devant un copieux caf&#233; au lait avec beurre et pain exquis, co&#251;t 2 fr. 25&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; et ce n'&#233;tait pas trop cher, tant je fis honneur &#224; ce substantiel menu qui allait me conduire &#224; 80 kilom&#232;tres de l&#224; jusque sur les bords de l'Allagnon.&lt;br class='autobr' /&gt;
A 9 heures et quart, de nouveau sur la route, je me h&#226;te vers la Chaise-Dieu, mais le vent qui m'est contraire depuis le matin devient assez violent pour m'obliger &#224; baisser d'un cran mes d&#233;veloppements et &#224; me contenter de 5 m. 25 et de 4 m&#232;tres l&#224; o&#249; j'aurais pu prendre respectivement 7 m&#232;tres et 5 m. 25. On s'obstine quelquefois &#224; conserver sur tel tron&#231;on de route connu le d&#233;veloppement habituel, sans se rendre compte d'un surcro&#238;t de r&#233;sistance d&#251; au vent ou &#224; un sol moins roulant et l'on arrive ainsi inconsciemment &#224; se fatiguer plus que de raison&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; de telles erreurs ne sont permises qu'&#224; des d&#233;butants et j'ai bien souvent recommand&#233; de toujours s'efforcer de savoir contre lequel de nos ennemis nous avons &#224; lutter afin de nous armer en cons&#233;quence et de ne pas nous laisser d&#233;moraliser par une lutte contre une r&#233;sistance sournoise que nous d&#233;couvrons trop tard alors que nous sommes presque &#224; bout. Cette r&#233;sistance vient quelquefois de la bicyclette elle-m&#234;me. Il n'y a pas tr&#232;s longtemps, je p&#233;dalais gaillardement sur mon 7 m&#232;tres, &#224; une descente douce, vent favorable, quand je fus oblig&#233; de donner un bon coup de frein qui me fit &#233;viter un chien, et je me remis &#224; rep&#233;daler gaillardement sans me douter que ce coup de frein avait d&#233;clanch&#233; une de ces r&#233;sistances sournoises contre lesquelles je vous mets en garde&#160;: ma poign&#233;e de frein trop serr&#233;e avait jou&#233; le r&#244;le d'une poign&#233;e autoloc et les patins &#233;taient rest&#233;s en contact avec la jante&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; je ne m'en doutais pas, sinon, ou j'aurais remis mon frein en bon &#233;tat ou, si je ne l'avais pu faute d'outils, j'aurais abaiss&#233; mon d&#233;veloppement et je ne me serais pas fatigu&#233; plus que n&#233;cessaire. D'autres fois la r&#233;sistance suppl&#233;mentaire vient de l'estomac&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; on ne s'en aper&#231;oit que lorsque les jambes cotonnent, trop tard pour que l'abaissement du d&#233;veloppement puisse vous porter secours. En th&#232;se g&#233;n&#233;rale, quand approche l'heure prandiale, on gagne toujours &#224; prendre une plus petite multiplication, car on est &#224; ce moment-l&#224; d&#233;j&#224; loin du repas pr&#233;c&#233;dent et par cons&#233;quent plus ou moins vid&#233;. Les tr&#232;s grands d&#233;veloppements, j'entends de 7 &#224; 8 m&#232;tres, sont en somme plus agr&#233;ables qu'utiles et il ne faut pas en abuser.&lt;br class='autobr' /&gt;
Quelques kilom&#232;tres avant la Chaise-Dieu, la route change d'orientation et de contraire le vent devient favorable, &#224; moi mon 7 m&#232;tres&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! Sans effort, je tourne &#224; 80/90 tours, le sol est uni, la descente se joint au vent et le 35 &#224; l'heure ne me p&#232;se gu&#232;re. Le temps se met au beau&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; la force du vent nous pr&#233;servera de la pluie pour la journ&#233;e. Je travers la Chaise-Dieu &#224; 10 h. 1/2 et avant de me lancer &#224; la descente je m'assure que mes freins fonctionnent bien, car avec ce vent dans le dos ils vont &#234;tre &#224; l'ouvrage jusqu'&#224; Brioude.&lt;br class='autobr' /&gt;
On domine de l&#224;-haut une tr&#232;s grande &#233;tendue de prairies et de bois qui, de collines en collines descendent jusqu'&#224; une ligne impr&#233;cise pour mes faibles yeux mais qui doit &#234;tre limit&#233;e par la vall&#233;e de l'Allier, au del&#224; de laquelle l'horizon se rel&#232;ve avec les monts de la Margeride et du Cantal. Je ne puis du reste pas contempler longtemps le paysage, le sol caillouteux et les orni&#232;res appelant mon attention &#224; chaque instant&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; parfois un lacet me ram&#232;ne contre le vent et je suis forc&#233; de p&#233;daler, puis le vent me reprend et me pousse &#224; 30 &#224; l'heure.&lt;br class='autobr' /&gt;
Me voici &#224; une bifurcation&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; j'y trouve un cycliste qui me dissuade de passer par Champagnac et me recommande la route de Sistri&#232;res&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; je connais les deux et je n'ai pas de pr&#233;f&#233;rence&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; je me laisse donc ais&#233;ment convaincre. Par Sistri&#232;res, on &#233;vite une contre-pente assez dure et l'on traverse des coins tr&#232;s pittoresques&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; la distance est &#224; peu pr&#232;s la m&#234;me mais, si le vent avait souffl&#233; du nord ce jour-l&#224;, j'aurais pest&#233; contre mon conseilleur pendant les quelque dix kilom&#232;tres que l'on est oblig&#233; de faire dans la vall&#233;e pour gagner le pont de Brioude et qui me parurent longs m&#234;me avec bon vent parce que je m'&#233;tais mis dans l'esprit que, de la Chaise-Dieu &#224; Brioude. il n'y avait que 32 kilom&#232;tres alors qu'il y en a r&#233;ellement 42. Il ne faut jamais commettre d'erreurs de ce genre quand on est press&#233; et surtout quand l'estomac commence &#224; r&#233;clamer. Aussi &#233;tais-je un peu vex&#233;, en entrant &#224; Brioude &#224; midi, de constater que je n'avais march&#233; qu'&#224; 20 &#224; l'heure depuis la Chaise-Dieu, alors que j'estimais avoir tenu, m&#234;me en palier, une allure bien sup&#233;rieure. En fait, ma moyenne avait &#233;t&#233; de 27 &#224; l'heure, ce qui &#233;tait normal.&lt;br class='autobr' /&gt;
J'aurais d&#251; d&#233;jeuner &#224; Brioude, mais je m'&#233;tais promis de ne me mettre &#224; table que sur les bords de l'Allagnon et les derniers vingt kilom&#232;tres par Saint-Bauzire me furent p&#233;nibles&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; d'autant plus que la chaleur &#233;tait devenue tropicale, au point de m'obliger &#224; me couvrir le cr&#226;ne d'un mouchoir mouill&#233;. En quittant la ville, la route s'&#233;l&#232;ve d'abord assez longtemps, puis se succ&#232;dent quelques montagnes russes et enfin une bonne descente de 5 ou 6 kilom&#232;tres aboutit &#224; Grenier-Montgron, dans la vall&#233;e de l'Allagnon. Mont&#233;es et descentes ne sont pas dures et le sol est excellent, pas de mauvais virages, pas de circulation&#160;: quand tout va bien, on peut n&#233;gocier en une heure, dans un sens comme dans l'autre, ces 20 kilom&#232;tres, mais tout n'allait pas tr&#232;s bien pour moi &#224; ce moment-l&#224; et il me fallut une heure et demie pour arriver &#224; une modeste auberge o&#249; je pusse me restaurer. Il n'&#233;tait que temps, la fringale &#233;tait &#224; ma porte et la chaleur devenait d&#233;primante. N&#233;anmoins, j'avais pu appr&#233;cier &#224; sa valeur le paysage frais et verdoyant o&#249; les geais et les pies et autres oiseaux de ce genre semblent &#234;tre chez eux, qui caract&#233;rise ce passage entre les vall&#233;es de l'Allier et de l'Allagnon. En 1911, nous avions pass&#233; l&#224; en pleine nuit et nous n'avions pu constater qu'une chose, que toute cette r&#233;gion paraissait inhabit&#233;e&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; nous &#233;tions partis &#224; midi, et demi de Saint-&#201;tienne et nous arriv&#226;mes &#224; Massiac &#224; 21 h. 1/2. Parti aujourd'hui &#224; 5 h., j'arrive &#224; Grenier, &#224; 4 kilom&#232;tres de Massiac, &#224; 13 h. 1/2&#160;: je n'ai donc pas encore &#224; me plaindre du poids des ans et la formule, ni vin, ni viande, ni tabac a du bon.&lt;br class='autobr' /&gt;
Ce n'est pas qu'elle augmente la force des muscles et la puissance de l'effort, mais il m'appara&#238;t, aussi clair que 2 et 2 font 4, que l'endurance de l'organisme, la continuit&#233; de l'effort pendant des heures et des heures, des ann&#233;es et des ann&#233;es, sans diminution sensible du travail produit, en sont la cons&#233;quence imm&#233;diate. Le muscle n'est pas infect&#233;, ou il l'est beaucoup moins, d&#232;s qu'on s'abstient de le charger de sucs morbides que le vin, la viande et le tabac distillent dans le sang d'o&#249; ils passent dans tout le corps. Nous absorbons, sans le vouloir et sans le savoir, assez de poisons solides, liquides et gazeux. pour au moins rejeter de notre alimentation avant d'y &#234;tre condamn&#233; par la docte mais trop indulgente Facult&#233;, ces soi-disant aliments qui nous soutiennent &#224; peu pr&#232;s comme la corde soutient le pendu.&lt;br class='autobr' /&gt;
De quel travail musculaire un peu vif et soutenu, sont capables la plupart des hommes d'aujourd'hui, d&#232;s qu'ils ont franchi le cap de la soixantaine&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;? Et comment expliquer les causes de leur d&#233;ch&#233;ance autrement que par leur fa&#231;on de vivre&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;? Plus nous allons, plus nous vivons contrairement aux indications de la nature, dans une agitation continuelle, une surexcitation nerveuse pathologique qu'aggrave chaque pas en avant de la civilisation cr&#233;atrice de besoins factices dont la satisfaction ne s'obtient qu'au d&#233;triment de la sant&#233;. Or, qu'avons-nous de plus pr&#233;cieux que la sant&#233;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;? Rien. Nous le savons, nous le r&#233;p&#233;tons tous les jours aux enfants, et sit&#244;t que nous avons &#226;ge d'homme nous nous h&#226;tons de faire tout ce qu'il faut pour la perdre.&lt;br class='autobr' /&gt;
J'ai eu bien le temps d'&#233;piloguer sur cet in&#233;puisable sujet au cours des 150 kilom&#232;tres qui m'ont amen&#233; devant l'omelette, le morceau de fromage et quelques fruits dont la d&#233;glutition lente apr&#232;s ensalivation prolong&#233;e, suivant mon habitude, me retient jusqu'&#224; 15 heures.&lt;br class='autobr' /&gt;
Quand je m'&#233;loigne de Grenier, le soleil frappe sur mon cr&#226;ne avec une ardeur &#224; laquelle je fais momentan&#233;ment &#233;chec en p&#233;dalant sous une ombreuse alli&#233;e de tilleuls dont les fleurs jonchent le sol et embaument l'air&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; cela ne dure malheureusement pas et j'arrive &#224; Massiac, assomm&#233; par la temp&#233;rature s&#233;n&#233;galienne&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; je m'y fais servir &#224; l'ombre une tasse de caf&#233; que j'arrose de beaucoup d'eau. Pendant ce temps, ma randonneuse attire les curieux et j'entends vaguement les exclamations et les explications bizarres des connaisseurs devant les deux cha&#238;nes dont l'une pend presque jusqu'&#224; terre&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; je n'ai pas le courage de sortir de mon assoupissement pour satisfaire leur curiosit&#233;, mais &#224; 16 heures je me d&#233;cide &#224; partir&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; je franchis un pont et je m'engage &#224; gauche sur une route large, roulante et qui monte assez pour que, ne voulant pas me fatiguer, je prenne mon 3 m 40&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; je sais d'ailleurs que cela ne durera pas car je me souviens que la route qui remonte l'Allagnon est &#224; peu pr&#232;s plate. La r&#233;sistance de la p&#233;dale est faible et je grimpe toujours, somnolent, presque toujours &#224; l'ombre de la montagne et jouissant constamment d'une tr&#232;s jolie vue sur un vallon o&#249; je crois voir couler l'Allagnon et courir la voie ferr&#233;e. Or, apr&#232;s cinq kilom&#232;tres de ce travail, au moment d'aborder la descente, je m'aper&#231;ois &#224; une borne qu'au lieu d'aller &#224; Murat je vais &#224; Saint-Flour&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;!&lt;br class='autobr' /&gt;
Et moi qui comptais aller coucher &#224; Dienne&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! Me voil&#224; loin de compte. Tout au plus pourrai-je atteindre Murat. Il ne faut pas s'en faire, encore moins r&#233;criminer. Je plante l&#224; ma bicyclette, m'&#233;tends sous un arbre et je fais une sieste de 30 minutes qui me ragaillardit d'une fa&#231;on extraordinaire. Apr&#232;s un dernier regard sur le paysage qui est vraiment tr&#232;s beau, car je suis l&#224; en face des hauts sommets de la Margeride sur lesquels passe la route de Saint-Flour au Puy que nous suiv&#238;mes au retour en 1911, je me laisse descendre &#224; Massiac o&#249; je rentre dans mon itin&#233;raire. Un peu avant Molompize, dans un bief o&#249; l'eau claire coule sur de jolis galets, je prends un bain de jambes et m'ablutionne abondamment&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; les bornes m'apprennent que Murat n'est plus bien loin, 19, 18, 17 kilom&#232;tres, mais le vent continue &#224; &#234;tre contraire, je ne tiens pas essentiellement &#224; coucher &#224; Murat dont les h&#244;tels m'ont laiss&#233; de mauvais souvenirs, de sorte qu'&#224; 19 heures &#224; la borne 10 je bifurque sur Neussargues o&#249; les h&#244;tels ne doivent pas manquer, je suppose, puisqu'il y a l&#224; un n&#339;ud de voies ferr&#233;es important. Je trouve tout d'abord un village des plus primitifs, des huttes plut&#244;t que des maisons et rien qui ressemble &#224; un palace moderne&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; j'ai m&#234;me quelque peine &#224; d&#233;couvrir un indig&#232;ne qui me dirige sur Neussargues-gare &#224; un kilom&#232;tre de l&#224;. J'y descends &#224; l'h&#244;tel Rodier si je ne me trompe (le premier &#224; gauche) o&#249; le menu fut assez abondant pour qu'un v&#233;g&#233;tarien y trouv&#226;t de quoi satisfaire son app&#233;tit et ses principes. Jugez-en&#160;: potage aux l&#233;gumes, omelette, truite, haricots verts, caneton, salade, fromage et fruits. Je d&#238;nai &#224; c&#244;t&#233; de joyeux voyageurs de commerce qui m'&#233;vit&#232;rent la honte de ne pas vider mon demi-litre de pinard, ce qui m'aurait certainement d&#233;consid&#233;r&#233; aux yeux du ma&#238;tre de c&#233;ans&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; une excellente tasse de tilleul tr&#232;s parfum&#233;, une chambre tr&#232;s a&#233;r&#233;e, tr&#232;s propre et un bon lit. Que me fallait-il de plus apr&#232;s une journ&#233;e bien remplie&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;? Le tout me co&#251;ta 12 francs, c'est pour rien par le temps qui court.&lt;br class='autobr' /&gt;
J'&#233;tais maintenant &#224; pied d'&#339;uvre, &#224; 35 km. &#224; peine du puy Mary o&#249; je voulais voir passer les routiers dont le travail se terminait l&#224;, le reste de l'&#233;tape n'&#233;tant qu'une descente continue coup&#233;e de l'insignifiante mont&#233;e du Lioran. Je pris &#224; Murat le petit d&#233;jeuner a l'h&#244;tel des Messageries o&#249; l'avant-veille avait &#233;t&#233; tenu le contr&#244;le et o&#249; j'esp&#233;rais obtenir quelques d&#233;tails&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; mais ce passage des coureurs &#8212; le concours n'&#233;tait pour le public qu'une course &#8212; n'avait pas attir&#233; beaucoup l'attention et je n'appris rien d'int&#233;ressant. Je me mis donc &#224; grimper tranquillement sur mon 3 m. 40 qui, &#231;&#224; et l&#224;, dans Murat m&#234;me, o&#249; l'on me dirigeait toujours par les raccourcis les plus directs, me parut souvent trop grand. Je m'appliquais alors &#224; p&#233;daler bien rond en pensant aux deux clous qui tenaient ma roue libre et que je voulais m&#233;nager. On apercevait d&#233;j&#224; au loin des bandes de neige plaqu&#233;es au flanc des puys Mary et autres. Le ciel restait couvert, le vent devenait aigre, le temps se g&#226;tait visiblement et la temp&#233;rature ne ressemblait en rien &#224; celle de la veille. La montagne ne tarde pas &#224; prendre des allures d'alpe en miniature&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; de grands &#233;boulements dont les parois se sont rev&#234;tues d'herbe rase, des rochers d&#233;nud&#233;s, pas de for&#234;ts, des fissures profondes par lesquelles s'&#233;coulent des filets d'eau nourris maigrement par quelques tas de neige oubli&#233;s dans des creux que les rayons du soleil ont peine &#224; atteindre. C'est en tout petit Je spectacle que pr&#233;sentent les Alpes et les Pyr&#233;n&#233;es, et qu'on ne voit ni dans les Vosges, ni dans nos C&#233;vennes o&#249; tous les sommets sont couverts, de for&#234;ts ou de gras p&#226;turages.&lt;br class='autobr' /&gt;
Trois kilom&#232;tres de descente rapide me font bient&#244;t retomber de 1.210 m&#232;tres &#224; 1.050 et je franchis &#224; Dienne le ruisseau qui descend en droite ligne du puy Mary. D'abord presque en palier, la route ne tarde pas &#224; accentuer son pourcentage et le vent sa violence, de sorte qu'il faut en mettre pour avancer &#224; 8/10 &#224; l'heure. J'arrivais ainsi, pas bien vite, au refuge, quand j'ai le grand plaisir de rencontrer l'ami Chevalier, venu de Bordeaux avec un de ses disciples pour prendre contact avec le concours auquel il avait failli participer avec sa 6 vitesses par moyeu 3 vitesses et flottante Chelloise dont il se sert ainsi que son compagnon avec une maestria remarquable. Je m'attendais &#224; trouver beaucoup de monde, et, en 1902. plus de cent cyclistes auraient &#233;t&#233; l&#224;, tant, &#224; cette &#233;poque, ce premier concours de bicyclettes de voyage avait &#233;t&#233; attendu et suivi avec int&#233;r&#234;t. Or, nous &#233;tions bien en tout une demi-douzaine. A quoi tient cette indiff&#233;rence des cyclotouristes&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;? Ne serait-ce pas &#224; ce qu'on soup&#231;onne, chez les dirigeants du &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;T. C.&lt;/span&gt; F., le d&#233;sir de faire triompher co&#251;te que co&#251;te, des id&#233;es pr&#233;con&#231;ues, de r&#233;compenser, quoi qu'il advienne, tels et tels syst&#232;mes qui semblent pr&#233;f&#233;rables &#224; quelques-uns, mais qui sont indiff&#233;rents au grand public. Celui-ci aimerait que le champ f&#251;t ouvert &#224; n'importe quels syst&#232;mes, &#224; n'importe quelles machines pouvant servir au cyclotourisme. Du moment o&#249; vous excluez les mono et les bimultipli&#233;es, c'est donc que vous craignez d'&#234;tre forc&#233;s d'en reconna&#238;tre la sup&#233;riorit&#233; sur les routes du cyclotourisme qu'il vous est loisible pourtant de choisir assez longues et assez accident&#233;es pour que s'&#233;liminent d'elles-m&#234;mes les bicyclettes impropres &#224; ce service. J'ai entendu tenir ce raisonnement et je n'ai rien trouv&#233; &#224; r&#233;pondre, si ce n'est que les concours du &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;T.C.F.&lt;/span&gt; n'&#233;taient actuellement dirig&#233;s que vers le perfectionnement de certains d&#233;tails, de certains accessoires de nos machines, mais que, au grand concours d&#233;finitif qui aura lieu un jour, tous les outils propres &#224; nous v&#233;hiculer par nos propres moyens seront admis &#224; concourir entre eux. Les concours actuels ne sont donc que des &#233;tapes pr&#233;liminaires. Il est manifeste que celui d'Auvergne a simplement voulu mettre en vedette les d&#233;railleurs, afin de faire comprendre au public que le fait, pour une cha&#238;ne, de grimper sur des pignons au grand dam de ses flasques et de ses rivets, puis de tirer obliquement sur au moins la moiti&#233; des 4, 6 ou 8 d&#233;veloppements que comportent la plupart des d&#233;railleurs, que tous ces d&#233;fauts, dis-je, d'un dispositif que les juges des premiers concours de 1902 et de 1905 n'auraient pas voulu m&#234;me examiner, qu'ils auraient m&#233;pris&#233; comme antim&#233;canique au premier chef, n'emp&#234;chaient pourtant pas les bicyclettes qui en &#233;taient munies de se comporter merveilleusement sur toutes les routes si dures soient-elles.&lt;br class='autobr' /&gt;
Cette intention secr&#232;te, peut-&#234;tre m&#234;me inconsciente, du dernier jury d'examen &#233;tait cependant si formelle que le malheureux pignon extensible de Pernot sur lequel la cha&#238;ne ne d&#233;raille pas, ne fatigue par cons&#233;quent ni ses rivets, ni ses flasques anormalement et ne peut &#234;tre qualifi&#233;e d'antim&#233;canique, a &#233;t&#233; conspu&#233;e de la belle fa&#231;on quoiqu'il se f&#251;t tr&#232;s bien comport&#233; au cours de l'&#233;preuve sur route et que les moyeux anglais &#224; 3 vitesses, qui s'&#233;taient &#233;galement tr&#232;s bien comport&#233;s, ont joui &#224; peu pr&#232;s du m&#234;me traitement&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; mais pour eux du moins, la faute en est manifestement &#224; Lloyd Georges.&lt;br class='autobr' /&gt;
Je m'efforce &#224; d&#233;couvrir les motifs pour lesquels les cyclistes susceptibles de devenir des cyclotouristes &#8212; car il y en a encore beaucoup quoi qu'on en dise ne s'int&#233;ressent pas aux concours du &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;T. C. F.&lt;/span&gt; autant qu'au Tour de France et pourquoi l'id&#233;e que la bicyclette des Tour-de-France est la meilleure, m&#234;me pour cyclotourister, se propage de plus en plus dans tous les milieux.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#201;videmment, les Tour-de-France se sont depuis quelques ann&#233;es rapproch&#233;s de nous, en polyxant de plus en plus leurs outils, qui ont couramment aujourd'hui 2, 3 et m&#234;me 4 vitesses par syst&#232;me primitif (d&#233;placement de la cha&#238;ne &#224; la main)&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; il est m&#234;me d'ores et d&#233;j&#224; certain que des Belges, &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;omnium gal-orum fortissimi&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;, comme les consid&#233;rait d&#233;j&#224; C&#233;sar, il y a 2.000 ans, courront l'an prochain avec deux jeux de vitesses en marche, gr&#226;ce &#224; un ing&#233;nieux d&#233;raillement invent&#233; par un St&#233;phanois, mais cela ne suffit pas &#224; expliquer l'engouement de certains cyclotouristes et surtout des n&#233;ocyclistes, pour la bicyclette de course l&#233;g&#232;re, &#224; boyaux minuscules, priv&#233;e de tout confortable et m&#234;me monox&#233;e. Je crois qu'il faut chercher la cause de cette &#233;volution clans la campagne que m&#232;ne depuis longtemps le Docteur Ruffier dans l' &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;Auto&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; et dans beaucoup de journaux sportifs, en faveur de la l&#233;g&#232;re monox&#233;e et contre la confortable poly dont il raille volontiers la majestueuse lenteur. A force de frapper sur un clou on finit par le faire entrer, surtout quand on sait que la premi&#232;re impression est favorable. Si l'on essaie concurremment sur un terrain convenable une mono l&#233;g&#232;re &#224; boyaux de 28 et une poly &#224; gros pneus, on n'h&#233;site pas un instant, c'est &#224; la mono qu'on donne la pr&#233;f&#233;rence. Que mille cyclistes contre un optent donc pour la premi&#232;re, qu'il y a-t-il d'&#233;tonnant&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;? C'est le fait de la bouch&#233;e de pain qui, d'abord peu savoureuse, devient, quand on l'avale bien mastiqu&#233;e, excellente, compar&#233;e &#224; la p&#226;tisserie qui, d&#233;lectable en entrant dans la bouche, laiss&#233; un arri&#232;re-go&#251;t d&#233;sagr&#233;able et m&#234;me suspect&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; cependant les enfants et beaucoup de grandes personnes pr&#233;f&#232;rent celle-ci. En g&#233;n&#233;ral dans la vie, on se laisse trop prendre aux apparences&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; on se jette sur la devanture sans songer &#224; ce qu'il y a derri&#232;re, comme les poissons se pr&#233;cipitent sur l'app&#226;t sans soup&#231;onner l'hame&#231;on. Il s'agit donc de regarder ce qu'il y a r&#233;ellement derri&#232;re la bicyclette Tour-de-France que l'on nous offre pour nos longs voyages par monts et par vaux. Ce qu'il y a, c'est l'&#233;reintement complet, la surfatigue nerveuse et musculaire et l'obligation de s'arr&#234;ter en plein voyage pour faire d'urgence une cure de repos..., &#224; moins que l'on ne soit un athl&#232;te, une fa&#231;on de Belge du Tour de France. Certes, nous serions, nous aussi, enchant&#233;s d'avoir une bicyclette qu'on puisse porter &#224; bras tendu, rapide au d&#233;marrage, solide pour r&#233;sister aux descentes &#224; la vitesse limite et ne nous imposant pas les r&#233;sistances passives d'un changement de vitesse en marche&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; bien souvent depuis trente ans nous sommes all&#233;s de&lt;br class='autobr' /&gt;
son c&#244;t&#233;, mais nous avons toujours &#233;t&#233; ramen&#233;s je ne dis pas vers la machine inutilement lourde, mais vers la machine confortable &#224; pneus gros mais souples, l&#233;gers et rendant bien, &#224; selle bien suspendue, &#224; guidon permettant de modifier la position des mains, j'ajoute aussi &#224; des p&#233;dales caoutchout&#233;es, enfin et surtout &#224; une bonne gamme de vitesses en marche. Les exp&#233;riences f&#226;cheuses que nous avons faites avec la mono l&#233;g&#232;re, nous voudrions simplement les &#233;viter aux autres, voil&#224; pourquoi nous insistons sur la n&#233;cessit&#233; d'instituer des concours de bicyclettes de voyage moins &#233;troits, plus int&#233;ressants pour le public, ouverts &#224; toutes les machines mues par la force humaine, depuis cette mono l&#233;g&#232;re qu'on nous jette &#224; tout propos dans les jambes jusqu'&#224; la plus compliqu&#233;e et la plus lourde des polyx&#233;es. Pourquoi ne ferait on pas le tour de France de l'&#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;Auto&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; par &#233;tapes quotidiennes d'environ 200 kilom&#232;tres, tant&#244;t plus, tant&#244;t moins, selon les difficult&#233;s du terrain, de fa&#231;on &#224; liquider en vingt-cinq jours ces 5.000 kilom&#232;tres&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;?&lt;br class='autobr' /&gt;
Le malheur est que personne n'est int&#233;ress&#233; &#224; d&#233;penser un sou pour la mise eu faveur aupr&#232;s du public de la bicyclette rationnelle&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; les constructeurs ne demandent qu'&#224; standardiser un type facile &#224; &#233;tablir, facile &#224; vendre &#224; tout le monde, &#224; la campagne comme &#224; la ville. Par les courses sur route ils font &#224; un type unique une vaste r&#233;clame et la foule suit moutonni&#232;re. Les constructeurs de bicyclettes polyx&#233;es et sp&#233;cialis&#233;es sont submerg&#233;s par le flot montant des demandes de machines Tour-de-France et sont sollicit&#233;s par leur propre int&#233;r&#234;t &#224; ne pas perdre trop de temps &#224; satisfaire les loufoqueries, comme disent nos adversaires, des cyclotouristes, encore moins celles des randonneurs st&#233;phanois, qui croient que la bicyclette est faite pour aller loin, vite et longtemps sans fatigue ni pour elle, ni pour eux.&lt;br class='autobr' /&gt;
Tels &#233;taient les propos que nous &#233;changions en attendant, au sommet du col, les premi&#232;res arriv&#233;es. Chevalier avait tenu &#224; me faire grimper l&#224;-haut avec mon 3 m. 40 et je suis sur qu' &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;in petto &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;il s'attendait &#224; voir sauter sous l'effort les deux clous de ma roue libre&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; il n'eut pas cette satisfaction, bien que, oblig&#233; par une pointe d'essoufflement (je venais de d&#233;jeuner) a marquer une halte &#224; mi-c&#244;te, je dus ensuite d&#233;marrer dans du 10 1/2&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;%, aggrav&#233; par un sol mou. Il soufflait l&#224;-haut un vent qui vous jetait des pierres &#224; la figure&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; nous d&#251;mes nous d&#233;filer &#224; droite derri&#232;re un mamelon herbeux o&#249; v&#238;nt bient&#244;t nous rejoindre un cycliste parisien que nous avions vu grimper gaillardement derri&#232;re nous.&lt;br class='autobr' /&gt;
Notre attente ne fut pas longue&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; il &#233;tait pr&#232;s de 10 h. 1/2 et le d&#233;part ayant &#233;t&#233; donn&#233; &#224; 7 h. &#224; Aurillac, les 70 kilom&#232;tres et 1.000 m&#232;tres d'&#233;l&#233;vation qu'avaient eu &#224; franchir les concurrents n'exigeaient pas plus de 3 h. 1/2. Notez que P&#233;lissier dans la course du mont Agel (14 km. et 1.100 m. d'&#233;l&#233;vation) qu'il b&#226;cle en 54 minutes fournit un travail &#224; la seconde autrement consid&#233;rable que n'en a produit Grange en venant d'Aurillac au puy Mary en 200 minutes&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; il le fournit, il est vrai, pendant moins longtemps&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; mais on peut affirmer que s'il avait pris part au concours sur sa machine de course et si son d&#233;veloppement lui avait permis de faire en machine les derniers deux kilom&#232;tres de rampe &#224; 13&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;%, il nous aurait fourni une belle d&#233;monstration de la puissance du moteur humain dont le Docteur Ruffier aurait pu faire &#233;tat pour sa propagande en faveur de la l&#233;g&#232;re mono &#224; boyaux de 28&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! Seulement, tout le monde n'a pas les muscles et le c&#339;ur de P&#233;lissier et c'est ce qu'on oublie. Tout le monde n'a pas non plus les muscles du jeune professionnel st&#233;phanois qui nous apparut tout &#224; coup au virage, fon&#231;ant sur le col avec une vitesse croissante qui prouvait qu'il y avait encore des r&#233;serves dans le moteur. Sa bicyclette, une Royal-Cycle, de Saint-&#201;tienne et son changement de vitesse Chemineau, ne furent certainement pas m&#233;nag&#233;s pas plus &#224; la mont&#233;e qu'&#224; la descente et j'ai &#233;t&#233; &#233;merveill&#233; d'apprendre que cette machine avait accompli les cinq &#233;tapes du concours sans encourir la moindre p&#233;nalisation&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! Pourquoi diable alors, se demande le public simpliste, n'a-t-elle pas obtenu le grand prix&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;? Patience, le rapport nous le dira et nous esp&#233;rons qu'il en fournira de bonnes raisons. Je voudrais que les &#233;preuves d'un concours fussent assez dures et suffisamment prolong&#233;es pour qu'&#224; la fin, l'&#233;tat seul des machines perm&#238;t de les classer, alors le public comprendrait. Voyez ce qui se passe dans le Tour de France&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; il n'y a pas de machine qui n'arrive plus ou moins d&#233;molie&#160;: fourche, cadre, selle, cha&#238;ne, p&#233;dale, tout a &#233;t&#233; cass&#233; et tant bien que mal r&#233;par&#233; deux fois plut&#244;t qu'une&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; il est facile alors de reconna&#238;tre la moins mauvaise&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;!&lt;br class='autobr' /&gt;
Quand Grange eut disparu &#224; 60 &#224; l'heure dans la descente &#224; 10&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;%, on put supposer pendant 20 minutes qu'il n'y avait pas eu, ce jour-l&#224;, d'autres partants&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; comme le froid devenait p&#233;n&#233;trant et que le brouillard s'&#233;levait, nous redescend&#238;mes au refuge o&#249; arriv&#232;rent presque en m&#234;me temps que nous Lacolle et Lebrun sur Automoto &#224; pignon extensible&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; ces deux coureurs semblaient bien un peu vex&#233;s de se trouver si loin du premier, mais ils avou&#232;rent qu'ayant moins que Grange l'habitude des polyx&#233;es, ils ne savaient peut-&#234;tre pas changer toujours, &#224; propos, de d&#233;veloppement.&lt;br class='autobr' /&gt;
Et c'est une chose importante, m&#234;me pour un cyclotouriste, que de savoir prendre &#224; propos le d&#233;veloppement qui convient &#224; la r&#233;sistance qu'on a &#224; vaincre&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; il ne faut pas se tenir ce raisonnement&#160;: qu'on doit abaisser son d&#233;veloppement seulement quand on ne peut plus pousser sur le grand, comme je le vis faire un jour &#224; la mont&#233;e des grands bois par un futur ing&#233;nieur qui, ayant 6 m., 4 m. et 3 m. &#224; sa disposition, p&#233;dalait sur 6 m&#232;tres pendant les deux premiers kilom&#232;tres &#224; 7&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;%&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; il prenait alors 4 m.&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; &#8212; j'&#233;prouve ainsi, me disait-il, un v&#233;ritable soulagement et je comprends les avantages de la polyxion&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! &#8212; Il gardait ses 4 m&#232;tres pendant les 4 kilom&#232;tres &#224; 6&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;% et n'&#233;prouvait le besoin de passer sur 3 m&#232;tres qu'en abordant le dernier kilom&#232;tre &#224; 4&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;%. Malheureusement, ses muscles ayant &#224; ce moment perdu toute &#233;lasticit&#233;, comme des ressorts que l'on a trop tendus, le brave gar&#231;on &#233;tait incapable d'utiliser sur le palier son grand d&#233;veloppement&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; il continuait tout doucement sur 3 m&#232;tres parce que, disait-il, ce moindre effort le reposait de la mont&#233;e&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; les th&#233;oriciens ont r&#233;ponse &#224; tout. Nous qui, d&#232;s le pied de la c&#244;te, nous servions de nos petits d&#233;veloppements et qui avions m&#234;me grimp&#233; plus vite, nous prenions alors notre grande vitesse et nous le laissions faire sa cure de repos.&lt;br class='autobr' /&gt;
Si l'on veut aller longtemps et aller vite sans se fatiguer, il faut faire varier le d&#233;veloppement &#224; mesure que varie la r&#233;sistance et ne pas attendre d'&#234;tre r&#233;duit &#224; quia&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; c'est au raisonnement et non &#224; la fatigue qu'on doit ob&#233;ir.&lt;br class='autobr' /&gt;
Apr&#232;s les trois professionnels, j'eus le plaisir de voir descendre du col &#224; bonne allure Bouillet, Roche et Gravier, trois de nos bons routiers&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; le dernier m'avoue qu'il avait d&#251; faire &#224; pied les 2 km. &#224; 13&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;% parce que le plus petit d&#233;veloppement (3 m. 75) de son Chemineau &#233;tait encore trop fort (la marche &#224; pied avait &#233;t&#233; autoris&#233;e sous peine de dix points de p&#233;nalisation)&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; il avait estim&#233; pr&#233;f&#233;rable de pousser &#224; pied sa machine &#224; vive allure plut&#244;t que de se reposer tous les 2 ou 300 m&#232;tres, ainsi que firent quelques concurrents qui allaient ainsi bien moins vite qu'&#224; pied. Bouillet et Roche, tenants de la &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;R. P. F.&lt;/span&gt; et de l'As, avaient eu soin d'aller pr&#233;alablement reconna&#238;tre le terrain et s'&#233;taient empress&#233;s en rentrant de faire placer aux machines de l'&#233;quipe &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;R. P. F.&lt;/span&gt; des d&#233;veloppements appropri&#233;s &#224; cette rampe exceptionnellement dure. Il n'y eut en somme que sept concurrents qui la firent &#224; pied faute d'un d&#233;veloppement convenable et. j'estime qu'il n'aurait pas fallu permettre d'aller &#224; pied, pas plus que de s'arr&#234;ter pour reprendre haleine ailleurs qu'&#224; des points d&#233;sign&#233;s d'avance, ceci pour faciliter le contr&#244;le.&lt;br class='autobr' /&gt;
Bimbenet arriva ensuite et j'admirai l'ing&#233;niosit&#233; du p&#233;dalier baladeur qu'Erpelding avait sorti pour le concours. Boizot avait imagin&#233; avant la guerre de faire coulisser sur l'axe du p&#233;dalier un groupe de roues dent&#233;es analogue au groupe de pignons que Terrot, Audouard et Hervier font coulisser sur l'axe du moyeu, mais Erpelding d&#233;place, par le moyen d'une rampe h&#233;lico&#239;dale le p&#233;dalier lui-m&#234;me qui est mobile transversalement dans la bo&#238;te du cadre. Il y a l&#224; une question d'ajustage de pr&#233;cision qui ne peut &#234;tre r&#233;solue que par un tr&#232;s bon constructeur, car le p&#233;dalier est une des parties de la bicyclette &#224; laquelle il faut conserver le plus de fixit&#233; possible. En tout cas, le fait d'avoir r&#233;sist&#233; &#224; des pressions comme celles que Bimbenet, routier remarquablement vigoureux et entra&#238;n&#233;, peut mettre sur une p&#233;dale, suffit &#224; premi&#232;re vue pour qu'on fasse confiance &#224; ce nouveau d&#233;railleur.&lt;br class='autobr' /&gt;
Apr&#232;s Bimbenet nous v&#238;mes encore arriver assez pr&#232;s les uns des autres et dans l'ordre&#160;: Rugraff. Moulin, Lavergne et Raimond, les quatre autres tenants de &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;R. P. F.&lt;/span&gt; et de l'As. Pr&#233;c&#233;dant Lavergne de peu, Kayser, bon coureur lyonnais, avait pr&#233;sent&#233; sa r&#233;trodirecte Hirondelle au contr&#244;le et &#233;tait reparti dare dare pendant que j'&#233;changeais les paroles de bienvenue avec M.&#160;G. Cl&#233;ment, administrateur du &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;T. C. F.&lt;/span&gt; qui, depuis les quelques mois qu'il est entr&#233; au Conseil de la puissante institution de tourisme, lui a fait faire plus d'efforts en faveur du cyclotourisme qu'elle n'en avait fait pendant dix-ans. M.&#160;Cl&#233;ment compte parmi les plus anciens amis du &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;Cycliste&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; et il est de ceux qui &#233;coutent plus volontiers les critiques que les compliments. Je le f&#233;licitais du grand succ&#232;s qu'obtenait le concours dont la pr&#233;paration et l'organisation &#233;taient son &#339;uvre personnelle et lui fis part des espoirs que faisait na&#238;tre chez tous les cyclotouristes son intelligente initiative. Tout cela un peu pr&#233;cipitamment, car M.&#160;Cl&#233;ment suivait l'&#233;preuve en auto et &#233;tait attendu &#224; Murat. J'assistais encore &#224; l'arriv&#233;e de deux bons routiers st&#233;phanois&#160;: Janicaud et Mathevon, tenants du Chemineau, et nous part&#238;mes &#224; notre tour, Chevalier, son ami et moi qui &#233;tait vraiment ravi, en ma qualit&#233; de fondateur de l'&#201;cole St&#233;phanoise, d'avoir vu, de mes yeux vu, dix de nos bons routiers de l'E. S., parmi les quatorze premiers, professionnels inclus. Les bonnes p&#233;dales ne manquaient pourtant pas parmi les trente autres comp&#233;titeurs, mais moins habitu&#233;s que les n&#244;tres &#224; gravir les longues rampes, elles se trouvaient ce jour-l&#224; handicap&#233;es. Lejeune Parisien qui reprocha, en 1902. &#224; l'E. S., d'avoir failli &#224; sa r&#233;putation, n'aurait pu cette fois lui adresser le m&#234;me reproche, qui &#233;tait d'ailleurs imm&#233;rit&#233;, puisqu'une jeune fille, M&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;lle&lt;/sup&gt; M.&#160;Hesse, que j'accompagnais, avait pu, gr&#226;ce &#224; sa 3 vitesses, gravir enti&#232;rement en machine la c&#244;te du Tourmalet, alors que les professionnels &#233;taient forc&#233;s d'en faire &#224; pied de nombreux kilom&#232;tres.&lt;br class='autobr' /&gt;
Je m'&#233;tais promis d'attendre au col les deux tandems mixtes et M&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;lle&lt;/sup&gt; Juliette Garnier, qui pilotait une Desvages&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; j'aurais &#233;t&#233; heureux de f&#233;liciter ces trois dames de l'&#233;nergie dont elles faisaient preuve en participant &#224; l'&#233;preuve de bout en bout sans avoir recours &#224; des rempla&#231;antes comme le r&#232;glement les y autorisait et comme le firent quelques cyclistes. On m'annon&#231;a &#8212; faussement, je l'ai su plus tard &#8212;que je devais attendre deux heures au moins et mon temps &#233;tait malheureusement limit&#233;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; qu'elles me permettent de leur pr&#233;senter ici mes excuses et mes regrets.&lt;br class='autobr' /&gt;
On descendit &#224; Dienne en trombe dans un tourbillon de vent qui, en quelques instants, couvrit les sommets de noires nu&#233;es, d'o&#249; la pluie se mit incontinent &#224; tomber&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; nous nous arr&#234;t&#226;mes &#224; Dienne&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; il eut &#233;t&#233; imprudent de continuer car on ne savait trop ce qui allait arriver tant &#224; un moment la rafale fut violente&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; le brouillard d&#233;ferlait sur la montagne&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; il pourrait bien neiger, nous dit le patron de l'h&#244;tel o&#249; nous avions command&#233; un d&#233;jeuner quelconque. Au col il pleuvait ferme&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; les coureurs passaient couverts de leurs imperm&#233;ables&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; l'&#233;quipe Audouard s'engouffra dans la salle &#224; manger au moment o&#249; nous allions partir et je pus encore serrer la main de mes amis de Paris. &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;MM&lt;/span&gt;.&#160;Prat, Lavenu, Maliverne et de plusieurs St&#233;phanois. Le mauvais temps mettait partout un peu de h&#226;te et de confusion et chacun &#233;tait press&#233; ou de partir, ou d'entrer, ou de se pr&#233;munir contre la douche c&#233;leste qui s'annon&#231;ait copieuse. Pour mon compte, je rev&#234;tis ma pelerine sans devant derri&#232;re, comme d'habitude, et mon veston bien a l'abri dans le capuchon, je suivis mes deux compagnons. Le vent nous poussait, nous f&#238;mes tranquillement les trois kilom&#232;tres de mont&#233;e que j'avais descendus le matin et qui ne me parurent pas bien durs apr&#232;s l'ascension du puy Mary&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; tout s'estime en effet par comparaison. Au sommet, pr&#232;s d'une baraque de cantonnier. on quitte les manteaux&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; il ne pleuvait plus que par intermittence. La descente nous entra&#238;nait &#224; belle allure quand nous entend&#238;mes les appels imp&#233;ratifs d'un appareil avertisseur sonore, comme disent ces messieurs de la mar&#233;chauss&#233;e&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; nous nous range&#226;mes pour laisser passer un des concurrents qui p&#233;dalait a une cadence vertigineuse. Zimmermann l'aurait envi&#233;, lui qui tournait &#224; 160 tours aussi ais&#233;ment qui vous et moi tournons &#224; 60. C'&#233;tait le n&#176;&#160;16 qui pilotait un moyeu 3 vitesses et qui ayant voulu sans doute disposer de 2 m. 50 pour la rampe du puy Mary &#233;tait condamn&#233; &#224; p&#233;daler dans les circonstances les plus favorables sur 4 m. 40. C'est le d&#233;faut de ces moyeux anglais de ne pas donner une gamme de vitesses convenant a tous les terrains, d&#233;faut auquel les deux Bordelais que j'accompagnais avaient rem&#233;di&#233; en doublant la gamme du moyeu par la flottante. On peut la doubler, la tripler, voir la quadrupler, par bien des moyens que j'ai souvent indiqu&#233;s, jusqu'&#224; obtenir par une seule cha&#238;ne 168 d&#233;veloppements&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;!&lt;br class='autobr' /&gt;
A 16 heures, nous nous s&#233;par&#226;mes &#224; Murat dont nous avions eu une tr&#232;s belle vue au cours de la descente&#160;: les gamins nous avaient pris naturellement pour des coureurs et nous avaient acclam&#233;s. Les raidillons par lesquels on passe de la partie haute de la ville &#224; la partie liasse, sont plus impressionnants &#224; la descente qu'&#224; la mont&#233;e et la disposition des lieux est telle qu'on ne pourra jamais les att&#233;nuer&#160;: j'y avais vu, le matin, des cyclistes du pays les descendre &#224; pied et c'est le parti le plus sage quand on trouve en pleine ville des rues d'une telle d&#233;clivit&#233;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; qu'un frein vous casse dans les doigts et. Mais, me dites-vous, un frein ne doit jamais casser&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;!&lt;br class='autobr' /&gt;
Mes amis allaient &#224; Aurillac vent dans le nez et j'allais &#224; Brioude vent dans le dos&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; cela fait une belle diff&#233;rence. Je connaissais la route, j'&#233;tais talonn&#233; par la crainte de la pluie imminente&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; je pris mon 7 m&#232;tres et j'en mis un coup&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; &#224; 18 h. j'&#233;tais &#224; Brioude&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; malgr&#233; les quelques kilom&#232;tres de rampe apr&#232;s Grenier-Montgon, j'avais pu tenir la moyenne de 24 &#224; l'heure&#160;: le vent est un bien agr&#233;able adjuvant&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; il est, par malheur, souvent abattu par la pluie et je m'en aper&#231;us en entrant a Brioude sous une averse carabin&#233;e qui, mena&#231;ant de s'&#233;terniser, m'interdisait tout espoir d'aller coucher &#224; La Chaise-Dieu pour, selon mon programme, rentrer le lendemain dans la matin&#233;e &#224; Saint-&#201;tienne. Le P.-L.-M.&#160;&#233;tait l&#224;, heureusement, pour me rapatrier promptement&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; l'horaire consult&#233; m'apprit que je pouvais, par Saint-Georges-d'Aurac et le Puy, &#234;tre chez moi &#224; 7 heures du matin, c'&#233;tait parfait mais il fallut d&#233;chanter&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! Il ne faut, pas compter sur le grand fr&#232;re quand on est press&#233;. Sans que nous sachions pourquoi, nous commen&#231;ons par rester deux heures dans un train fig&#233; en gare de Brioude, sans que la moindre casquette blanche ou galonn&#233;e vienne s'informer de la destination des voyageurs que l'on tenait ainsi parqu&#233;s. On part enfin et l'on arrive &#224; Saint-Georges. Nous nous pr&#233;cipitons vers le train du Puy qui devait assurer la correspondance&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; un employ&#233; nous apprend qu'il est parti depuis longtemps mais qu'il y en a un autre le lendemain matin. Nous &#233;tions bien quarante en d&#233;tresse dans cette gare perdue au milieu d'une lande o&#249; l'on ne trouve pas d'autres habitations que celles des employ&#233;s du chemin de fer et un h&#244;tel sans chambres disponibles. Vous entendez d'ici le tapage&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; on r&#233;clame le chef de gare, il &#233;tait absent comme par hasard&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; un employ&#233; a l'air de trouver nos cris de mauvais go&#251;t&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; on parle aussit&#244;t de le passer &#224; tabac et mettre le feu &#224; la gare, tant et si bien qu'une autre casquette s'efforce de nous apaiser en nous annon&#231;ant qu'il va t&#233;l&#233;phoner pour demander qu'on nous envoie au Puy en autobus. Cela calme un instant les plus exalt&#233;s. Drin-drrin, all&#244;, all&#244;, le t&#233;l&#233;phone fonctionne, on se voit d&#233;j&#224; en route. Cela nous amuse bien 30 minutes&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; tant&#244;t l'autobus va partir, tant&#244;t on n'attend que le chauffeur, puis arrive une contre-ordre, bref l'auto n'arrive pas et il est pr&#232;s de minuit&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; nos rangs s'&#233;claircissent&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; le personnel a allum&#233; du feu dans les salles d'attente et les dames qui criaient le plus fort sont install&#233;es dans les fauteuils et commencent &#224; somnoler. Dans le bureau du chef, la discussion continuait et tournait sur elle-m&#234;me&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; le spectacle &#233;tait tout de m&#234;me amusant par la vari&#233;t&#233; des personnages et des id&#233;es. Je finis par demander le livre des r&#233;clamations qui me fut apport&#233; avec empressement et j'y formulai une demande de dommages pour le pr&#233;judice caus&#233;, puis j'allai m'&#233;tendre sur une banquette o&#249; je dormis assez bien&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; les autres firent comme moi et la com&#233;die fut termin&#233;e. Ne croyez-vous pas que, si le chef de gare de Brioude avait &#233;t&#233; &#224; la hauteur de sa fonction, il se serait d'abord inform&#233; du nombre de voyageurs allant au Puy et, avant de permettre le d&#233;part du train de correspondance de Saint-Georges, il nous aurait fait transporter en auto &#224; la gare de Saint-Georges, peu distante en somme de Brioude et o&#249; je serais bien all&#233; a bicyclette, malgr&#233; la pluie, si j'avais pu pr&#233;voir une telle n&#233;gligence dont toute la responsabilit&#233; incombe &#224; ce chef de gare qui m&#233;riterait pour sa p&#233;nitence d'&#234;tre permut&#233; avec celui de Saint-Georges.&lt;br class='autobr' /&gt;
J'ai voyag&#233; autrefois en Allemagne et le chef de train savait le nombre exact des voyageurs qui devaient prendre telle et telle correspondance et il s'employait &#224; ne pas la leur faire manquer. Puisque nous ne pouvons pas prendre aux Boches de quoi payer nos r&#233;parations, si nous leur prenions, faute de mieux, leurs bonnes m&#233;thodes&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;!&lt;br class='autobr' /&gt;
Et voil&#224; comment je revins du puy Mary beaucoup moins vite et surtout moins agr&#233;ablement par le P.-L.-M.&#160;que je n'en serais revenu a bicyclette si je n'avais eu peur de me mouiller. Je m&#233;ritais d'&#234;tre puni.&lt;br class='autobr' /&gt;
V&#233;locio.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>De Clermont-Ferrand &#224; Rochegude en remontant l'Allier, terminus Dr&#244;me (2022), et de Clermont-Ferrand &#224; Moulins, (2023)</title>
		<link>http://velotextes.fr/spip.php?article718</link>
		<guid isPermaLink="true">http://velotextes.fr/spip.php?article718</guid>
		<dc:date>2022-07-29T08:32:29Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>velovi</dc:creator>


		<dc:subject>cyclotourisme, cyclocamping</dc:subject>
		<dc:subject>Allier</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;En suivant la V70 (r&#233;alis&#233;e ou en projet en amont de Langogne), puis &#224; la Bastide Saint-Laurent, bascule vers les C&#233;vennes et les gorges du Chassezac, puis descente de la C&#232;ze jusqu'au village de Rochegude, enfin travers&#233;e de la vall&#233;e du Rh&#244;ne vers la Dr&#244;me proven&#231;ale. De belles routes tr&#232;s tranquilles.
&lt;br class='autobr' /&gt;
Idem vers Moulins.&lt;/p&gt;


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&lt;a href="http://velotextes.fr/spip.php?rubrique41" rel="directory"&gt;Ici et l&#224;&lt;/a&gt;

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&lt;a href="http://velotextes.fr/spip.php?mot9" rel="tag"&gt;cyclotourisme, cyclocamping&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://velotextes.fr/spip.php?mot143" rel="tag"&gt;Allier&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;En suivant la V70 (r&#233;alis&#233;e ou en projet en amont de Langogne), puis &#224; la Bastide Saint-Laurent, bascule vers les C&#233;vennes et les gorges du Chassezac, puis descente de la C&#232;ze jusqu'au village de Rochegude, enfin travers&#233;e de la vall&#233;e du Rh&#244;ne vers la Dr&#244;me proven&#231;ale. De belles routes tr&#232;s tranquilles.&lt;br class='autobr' /&gt;
Idem vers Moulins.&lt;/p&gt;
&lt;div class='nivoSlider-wrap nav-bullet p' style=&#034;max-width:1300px;max-height:800px&#034;&gt; &lt;div id=&#034;slider_01c127ab&#034; class=&#034;nivoSlider&#034; data-slider=&#034;{ effect:'random', slices:15, boxCols: 8, boxRows: 4, animSpeed:500, pauseTime:3000, startSlide: 0, directionNav:true, controlNav:false, pauseOnHover: true, manualAdvance: false, prevText: 'Pr&#233;c&#233;dent', nextText: 'Suivant', randomStart: false }&#034;&gt; &lt;img src='http://velotextes.fr/local/cache-gd2/84/64b337c50e9a072e3889731494d414.jpg?1788168064' width='1300' height='800' alt='' title='' class='no_image_filtrer no-adapt-img' /&gt; &lt;img src='data:image/gif;base64,R0lGODlhAQABAIAAAP///wAAACH5BAEAAAAALAAAAAABAAEAAAICRAEAOw==' width='1300' height='800' alt='' title='' data-src='local/cache-gd2/1a/517cdcc1d54fa94df1e99ff70ec57e.jpg?1788168065' class='no_image_filtrer no-adapt-img' /&gt; &lt;img src='data:image/gif;base64,R0lGODlhAQABAIAAAP///wAAACH5BAEAAAAALAAAAAABAAEAAAICRAEAOw==' width='1300' height='800' alt='' title='' data-src='local/cache-gd2/04/fe6ba6eb665fb2547683b51f3a44cd.jpg?1788168065' class='no_image_filtrer no-adapt-img' /&gt; &lt;img src='data:image/gif;base64,R0lGODlhAQABAIAAAP///wAAACH5BAEAAAAALAAAAAABAAEAAAICRAEAOw==' width='1300' height='800' alt='' title='' data-src='local/cache-gd2/c4/b63239798304909bc049d871033276.jpg?1788168065' class='no_image_filtrer no-adapt-img' /&gt; &lt;img src='data:image/gif;base64,R0lGODlhAQABAIAAAP///wAAACH5BAEAAAAALAAAAAABAAEAAAICRAEAOw==' width='1300' height='800' alt='' title='' data-src='local/cache-gd2/1f/46834b5ea90e9811cb82bd0f63a072.jpg?1788168065' class='no_image_filtrer no-adapt-img' /&gt; &lt;img src='data:image/gif;base64,R0lGODlhAQABAIAAAP///wAAACH5BAEAAAAALAAAAAABAAEAAAICRAEAOw==' width='1300' height='800' alt='' title='' data-src='local/cache-gd2/99/67d7087472dee29748908dd13b2ef6.jpg?1788168066' class='no_image_filtrer no-adapt-img' /&gt; &lt;img src='data:image/gif;base64,R0lGODlhAQABAIAAAP///wAAACH5BAEAAAAALAAAAAABAAEAAAICRAEAOw==' width='1300' height='800' alt='' title='' data-src='local/cache-gd2/1c/1449089fc3df6dfbf2d09bbf7e9174.jpg?1788168066' class='no_image_filtrer no-adapt-img' /&gt; &lt;img src='data:image/gif;base64,R0lGODlhAQABAIAAAP///wAAACH5BAEAAAAALAAAAAABAAEAAAICRAEAOw==' width='1300' height='800' alt='' title='' data-src='local/cache-gd2/7e/a13a62715821f6577207c3ae8ffd85.jpg?1788168066' class='no_image_filtrer no-adapt-img' /&gt; &lt;img src='data:image/gif;base64,R0lGODlhAQABAIAAAP///wAAACH5BAEAAAAALAAAAAABAAEAAAICRAEAOw==' width='1300' height='800' alt='' title='' data-src='local/cache-gd2/dd/ef3f4190e4632928b9582244820a49.jpg?1788168067' class='no_image_filtrer no-adapt-img' /&gt; &lt;img src='data:image/gif;base64,R0lGODlhAQABAIAAAP///wAAACH5BAEAAAAALAAAAAABAAEAAAICRAEAOw==' width='1300' height='800' alt='' title='' data-src='local/cache-gd2/8a/24192136877afaef6c8f4d4069acf5.jpg?1788168067' class='no_image_filtrer no-adapt-img' /&gt; &lt;img src='data:image/gif;base64,R0lGODlhAQABAIAAAP///wAAACH5BAEAAAAALAAAAAABAAEAAAICRAEAOw==' width='1300' height='800' alt='' title='' data-src='local/cache-gd2/e1/36ab9b9793ae8f468ffe5d0259173e.jpg?1788168067' class='no_image_filtrer no-adapt-img' /&gt; &lt;img src='data:image/gif;base64,R0lGODlhAQABAIAAAP///wAAACH5BAEAAAAALAAAAAABAAEAAAICRAEAOw==' width='1300' height='800' alt='' title='' data-src='local/cache-gd2/21/330ca66f3239d710333a2ec4589edd.jpg?1788168068' class='no_image_filtrer no-adapt-img' /&gt; &lt;img src='data:image/gif;base64,R0lGODlhAQABAIAAAP///wAAACH5BAEAAAAALAAAAAABAAEAAAICRAEAOw==' width='1300' height='800' alt='' title='' data-src='local/cache-gd2/36/251d7ec4c4bf146bbe67e2e608e01f.jpg?1788168068' class='no_image_filtrer no-adapt-img' /&gt; &lt;img src='data:image/gif;base64,R0lGODlhAQABAIAAAP///wAAACH5BAEAAAAALAAAAAABAAEAAAICRAEAOw==' width='1300' height='800' alt='' title='' data-src='local/cache-gd2/55/27fe401fe5b18b2cc0ffb323c6415e.jpg?1788168068' class='no_image_filtrer no-adapt-img' /&gt; &lt;img src='data:image/gif;base64,R0lGODlhAQABAIAAAP///wAAACH5BAEAAAAALAAAAAABAAEAAAICRAEAOw==' width='1300' height='800' alt='' title='' data-src='local/cache-gd2/78/8e730930a4c96a83d6a9a54b2b2106.jpg?1788168068' class='no_image_filtrer no-adapt-img' /&gt; &lt;img src='data:image/gif;base64,R0lGODlhAQABAIAAAP///wAAACH5BAEAAAAALAAAAAABAAEAAAICRAEAOw==' width='1300' height='800' alt='' title='' data-src='local/cache-gd2/0d/79aea9d51a460d922e59e8dad45f4d.jpg?1788168069' class='no_image_filtrer no-adapt-img' /&gt; &lt;img src='data:image/gif;base64,R0lGODlhAQABAIAAAP///wAAACH5BAEAAAAALAAAAAABAAEAAAICRAEAOw==' width='1300' height='800' alt='' title='' data-src='local/cache-gd2/16/f01ae11a19b3e0e9b78a8fea915207.jpg?1788168069' class='no_image_filtrer no-adapt-img' /&gt; &lt;img src='data:image/gif;base64,R0lGODlhAQABAIAAAP///wAAACH5BAEAAAAALAAAAAABAAEAAAICRAEAOw==' width='1300' height='800' alt='' title='' data-src='local/cache-gd2/ff/857b528badd05416a225c474bcd328.jpg?1788168069' class='no_image_filtrer no-adapt-img' /&gt; &lt;img src='data:image/gif;base64,R0lGODlhAQABAIAAAP///wAAACH5BAEAAAAALAAAAAABAAEAAAICRAEAOw==' width='1300' height='800' alt='' title='' data-src='local/cache-gd2/a4/7debe451a035ebb5486c8c9522075a.jpg?1788168070' class='no_image_filtrer no-adapt-img' /&gt; &lt;img src='data:image/gif;base64,R0lGODlhAQABAIAAAP///wAAACH5BAEAAAAALAAAAAABAAEAAAICRAEAOw==' width='1300' height='800' alt='' title='' data-src='local/cache-gd2/b9/66805cd069fe28b80d4c93027ced75.jpg?1788168070' class='no_image_filtrer no-adapt-img' /&gt; &lt;img src='data:image/gif;base64,R0lGODlhAQABAIAAAP///wAAACH5BAEAAAAALAAAAAABAAEAAAICRAEAOw==' width='1300' height='800' alt='' title='' data-src='local/cache-gd2/5e/9039e5188d4587031aee68124b7e76.jpg?1788168070' class='no_image_filtrer no-adapt-img' /&gt; &lt;img src='data:image/gif;base64,R0lGODlhAQABAIAAAP///wAAACH5BAEAAAAALAAAAAABAAEAAAICRAEAOw==' width='1300' height='800' alt='' title='' data-src='local/cache-gd2/29/0d216ca899318b62b199764cc51194.jpg?1788168071' class='no_image_filtrer no-adapt-img' /&gt; &lt;img src='data:image/gif;base64,R0lGODlhAQABAIAAAP///wAAACH5BAEAAAAALAAAAAABAAEAAAICRAEAOw==' width='1300' height='800' alt='' title='' data-src='local/cache-gd2/5d/7330c186975336f1e4194f12f0ab39.jpg?1788168071' class='no_image_filtrer no-adapt-img' /&gt; &lt;img src='data:image/gif;base64,R0lGODlhAQABAIAAAP///wAAACH5BAEAAAAALAAAAAABAAEAAAICRAEAOw==' width='1300' height='800' alt='' title='' data-src='local/cache-gd2/2c/30c72bf00ff98192c51e1a67387dec.jpg?1788168071' class='no_image_filtrer no-adapt-img' /&gt; &lt;img src='data:image/gif;base64,R0lGODlhAQABAIAAAP///wAAACH5BAEAAAAALAAAAAABAAEAAAICRAEAOw==' width='1300' height='800' alt='' title='' data-src='local/cache-gd2/38/a274442184ffa191ad95bc38202233.jpg?1788168071' class='no_image_filtrer no-adapt-img' /&gt; &lt;img src='data:image/gif;base64,R0lGODlhAQABAIAAAP///wAAACH5BAEAAAAALAAAAAABAAEAAAICRAEAOw==' width='1300' height='800' alt='' title='' data-src='local/cache-gd2/64/f566034d369f31bc0916c6ae671487.jpg?1788168071' class='no_image_filtrer no-adapt-img' /&gt; &lt;img src='data:image/gif;base64,R0lGODlhAQABAIAAAP///wAAACH5BAEAAAAALAAAAAABAAEAAAICRAEAOw==' width='1300' height='800' alt='' title='' data-src='local/cache-gd2/94/92a82200d2e1b4ed2e7c273d769373.jpg?1788168071' class='no_image_filtrer no-adapt-img' /&gt; &lt;img src='data:image/gif;base64,R0lGODlhAQABAIAAAP///wAAACH5BAEAAAAALAAAAAABAAEAAAICRAEAOw==' width='1300' height='800' alt='' title='' data-src='local/cache-gd2/33/333f3c2ceb6e919dea6ef9ed7cd42a.jpg?1788168072' class='no_image_filtrer no-adapt-img' /&gt; &lt;img src='data:image/gif;base64,R0lGODlhAQABAIAAAP///wAAACH5BAEAAAAALAAAAAABAAEAAAICRAEAOw==' width='1300' height='800' alt='' title='' data-src='local/cache-gd2/72/da83c43f8d21f41dacdac76c25df02.jpg?1788168072' class='no_image_filtrer no-adapt-img' /&gt; &lt;img src='data:image/gif;base64,R0lGODlhAQABAIAAAP///wAAACH5BAEAAAAALAAAAAABAAEAAAICRAEAOw==' width='1300' height='800' alt='' title='' data-src='local/cache-gd2/63/ac69dc913c2e5f7e74d5fa8db5a799.jpg?1788168072' class='no_image_filtrer no-adapt-img' /&gt; &lt;img src='data:image/gif;base64,R0lGODlhAQABAIAAAP///wAAACH5BAEAAAAALAAAAAABAAEAAAICRAEAOw==' width='1300' height='800' alt='' title='' data-src='local/cache-gd2/b7/94fb64c35b5cf5bc03cf488e4a7af0.jpg?1788168072' class='no_image_filtrer no-adapt-img' /&gt; &lt;img src='data:image/gif;base64,R0lGODlhAQABAIAAAP///wAAACH5BAEAAAAALAAAAAABAAEAAAICRAEAOw==' width='1300' height='800' alt='' title='' data-src='local/cache-gd2/a6/b70ba3201b52047a5acaa290e53883.jpg?1788168072' class='no_image_filtrer no-adapt-img' /&gt; &lt;img src='data:image/gif;base64,R0lGODlhAQABAIAAAP///wAAACH5BAEAAAAALAAAAAABAAEAAAICRAEAOw==' width='1300' height='800' alt='' title='' data-src='local/cache-gd2/6c/6af4c6b2c0988692d8482e9904206d.jpg?1788168072' class='no_image_filtrer no-adapt-img' /&gt; &lt;img src='data:image/gif;base64,R0lGODlhAQABAIAAAP///wAAACH5BAEAAAAALAAAAAABAAEAAAICRAEAOw==' width='1300' height='800' alt='' title='' data-src='local/cache-gd2/02/8c9692c3ca1adf8dd6372109deb6b9.jpg?1788168073' class='no_image_filtrer no-adapt-img' /&gt; &lt;img src='data:image/gif;base64,R0lGODlhAQABAIAAAP///wAAACH5BAEAAAAALAAAAAABAAEAAAICRAEAOw==' width='1300' height='800' alt='' title='' data-src='local/cache-gd2/75/ef7c365c5db7a030edf7b05a3d25db.jpg?1788168073' class='no_image_filtrer no-adapt-img' /&gt; &lt;img src='data:image/gif;base64,R0lGODlhAQABAIAAAP///wAAACH5BAEAAAAALAAAAAABAAEAAAICRAEAOw==' width='1300' height='800' alt='' title='' data-src='local/cache-gd2/b0/67565977757e571fee142d61674ca7.jpg?1788168073' class='no_image_filtrer no-adapt-img' /&gt; &lt;img src='data:image/gif;base64,R0lGODlhAQABAIAAAP///wAAACH5BAEAAAAALAAAAAABAAEAAAICRAEAOw==' width='1300' height='800' alt='' title='' data-src='local/cache-gd2/31/f7da21cf2e9fad1d0e88307445bd5f.jpg?1788168073' class='no_image_filtrer no-adapt-img' /&gt; &lt;img src='data:image/gif;base64,R0lGODlhAQABAIAAAP///wAAACH5BAEAAAAALAAAAAABAAEAAAICRAEAOw==' width='1300' height='800' alt='' title='' data-src='local/cache-gd2/da/dd38ebbe4fd9b70c95c52d394a8f59.jpg?1788168073' class='no_image_filtrer no-adapt-img' /&gt; &lt;img src='data:image/gif;base64,R0lGODlhAQABAIAAAP///wAAACH5BAEAAAAALAAAAAABAAEAAAICRAEAOw==' width='1300' height='800' alt='' title='' data-src='local/cache-gd2/4c/06ef3d65909fc915f048076ce5d41a.jpg?1788168073' class='no_image_filtrer no-adapt-img' /&gt; &lt;img src='data:image/gif;base64,R0lGODlhAQABAIAAAP///wAAACH5BAEAAAAALAAAAAABAAEAAAICRAEAOw==' width='1300' height='800' alt='' title='' data-src='local/cache-gd2/52/432612aa577142879cdfc66305a96d.jpg?1788168074' class='no_image_filtrer no-adapt-img' /&gt; &lt;img src='data:image/gif;base64,R0lGODlhAQABAIAAAP///wAAACH5BAEAAAAALAAAAAABAAEAAAICRAEAOw==' width='1300' height='800' alt='' title='' data-src='local/cache-gd2/93/6a6a7e49bd24d06536440738dabb54.jpg?1788168074' class='no_image_filtrer no-adapt-img' /&gt; &lt;img src='data:image/gif;base64,R0lGODlhAQABAIAAAP///wAAACH5BAEAAAAALAAAAAABAAEAAAICRAEAOw==' width='1300' height='800' alt='' title='' data-src='local/cache-gd2/02/c26669eaf1c2831eb55183ad8004e9.jpg?1788168074' class='no_image_filtrer no-adapt-img' /&gt; &lt;img src='data:image/gif;base64,R0lGODlhAQABAIAAAP///wAAACH5BAEAAAAALAAAAAABAAEAAAICRAEAOw==' width='1300' height='800' alt='' title='' data-src='local/cache-gd2/a8/b93349a7708869449a6646bfcc7cf0.jpg?1788168074' class='no_image_filtrer no-adapt-img' /&gt; &lt;a href='http://velotextes.fr/spip.php?D'Espinassous,&#171;RoutedeSerre&#187;LeCycliste,juillet1901' &gt; &lt;img src='data:image/gif;base64,R0lGODlhAQABAIAAAP///wAAACH5BAEAAAAALAAAAAABAAEAAAICRAEAOw==' width='1300' height='800' alt='' title='' data-src='local/cache-gd2/b3/0b76e73b9231bd5113af19ff2170e7.jpg?1788168075' class='no_image_filtrer no-adapt-img' /&gt; &lt;/a&gt; &lt;img src='data:image/gif;base64,R0lGODlhAQABAIAAAP///wAAACH5BAEAAAAALAAAAAABAAEAAAICRAEAOw==' width='1300' height='800' alt='' title='' data-src='local/cache-gd2/df/d0a93b1b7ac65d0a8910585ee64cc5.jpg?1788168075' class='no_image_filtrer no-adapt-img' /&gt; &lt;img src='data:image/gif;base64,R0lGODlhAQABAIAAAP///wAAACH5BAEAAAAALAAAAAABAAEAAAICRAEAOw==' width='1300' height='800' alt='' title='' data-src='local/cache-gd2/03/fac3c3dbdd153a58bac9a1ee7b9121.jpg?1788168076' class='no_image_filtrer no-adapt-img' /&gt; &lt;img src='data:image/gif;base64,R0lGODlhAQABAIAAAP///wAAACH5BAEAAAAALAAAAAABAAEAAAICRAEAOw==' width='1300' height='800' alt='' title='' data-src='local/cache-gd2/9b/fdd9c9f0c02b1d7470dd6bc5c9239c.jpg?1788168076' class='no_image_filtrer no-adapt-img' /&gt; &lt;img src='data:image/gif;base64,R0lGODlhAQABAIAAAP///wAAACH5BAEAAAAALAAAAAABAAEAAAICRAEAOw==' width='1300' height='800' alt='' title='' data-src='local/cache-gd2/7c/ce3fa781ca81b4cb91ce9efbfce7b8.jpg?1788168076' class='no_image_filtrer no-adapt-img' /&gt; &lt;img src='data:image/gif;base64,R0lGODlhAQABAIAAAP///wAAACH5BAEAAAAALAAAAAABAAEAAAICRAEAOw==' width='1300' height='800' alt='' title='' data-src='local/cache-gd2/30/d0dd50fd934a0a761e99dde5989601.jpg?1788168076' class='no_image_filtrer no-adapt-img' /&gt; &lt;img src='data:image/gif;base64,R0lGODlhAQABAIAAAP///wAAACH5BAEAAAAALAAAAAABAAEAAAICRAEAOw==' width='1300' height='800' alt='' title='' data-src='local/cache-gd2/98/067cafb554c2b3bb4838afa5d1ca27.jpg?1788168077' class='no_image_filtrer no-adapt-img' /&gt; &lt;img src='data:image/gif;base64,R0lGODlhAQABAIAAAP///wAAACH5BAEAAAAALAAAAAABAAEAAAICRAEAOw==' width='1300' height='800' alt='' title='' data-src='local/cache-gd2/63/bfd244661f420f987cd4b51af7fb21.jpg?1788168077' class='no_image_filtrer no-adapt-img' /&gt; &lt;img src='data:image/gif;base64,R0lGODlhAQABAIAAAP///wAAACH5BAEAAAAALAAAAAABAAEAAAICRAEAOw==' width='1300' height='800' alt='' title='' data-src='local/cache-gd2/46/fb13b7a76f0531db9599bf89a04e80.jpg?1788168077' class='no_image_filtrer no-adapt-img' /&gt; &lt;img src='data:image/gif;base64,R0lGODlhAQABAIAAAP///wAAACH5BAEAAAAALAAAAAABAAEAAAICRAEAOw==' width='1300' height='800' alt='' title='' data-src='local/cache-gd2/7f/4298c7f5142f7293f222a937277bfb.jpg?1788168078' class='no_image_filtrer no-adapt-img' /&gt; &lt;img src='data:image/gif;base64,R0lGODlhAQABAIAAAP///wAAACH5BAEAAAAALAAAAAABAAEAAAICRAEAOw==' width='1300' height='800' alt='' title='' data-src='local/cache-gd2/21/55d2eeb2570a077591551499b72805.jpg?1788168078' class='no_image_filtrer no-adapt-img' /&gt; &lt;img src='data:image/gif;base64,R0lGODlhAQABAIAAAP///wAAACH5BAEAAAAALAAAAAABAAEAAAICRAEAOw==' width='1300' height='800' alt='' title='' data-src='local/cache-gd2/88/f9ea87aab27596d92c8f02e3158524.jpg?1788168078' class='no_image_filtrer no-adapt-img' /&gt; &lt;img src='data:image/gif;base64,R0lGODlhAQABAIAAAP///wAAACH5BAEAAAAALAAAAAABAAEAAAICRAEAOw==' width='1300' height='800' alt='' title='' data-src='local/cache-gd2/40/4e9684697705c95769f37b090352bc.jpg?1788168078' class='no_image_filtrer no-adapt-img' /&gt; &lt;img src='data:image/gif;base64,R0lGODlhAQABAIAAAP///wAAACH5BAEAAAAALAAAAAABAAEAAAICRAEAOw==' width='1300' height='800' alt='' title='' data-src='local/cache-gd2/be/daff39494cc62f92c2d83a8806a0f6.jpg?1788168079' class='no_image_filtrer no-adapt-img' /&gt; &lt;img src='data:image/gif;base64,R0lGODlhAQABAIAAAP///wAAACH5BAEAAAAALAAAAAABAAEAAAICRAEAOw==' width='1300' height='800' alt='' title='' data-src='local/cache-gd2/e3/f3c93cf9dea888935ba6f27c6b78d2.jpg?1788168079' class='no_image_filtrer no-adapt-img' /&gt; &lt;img src='data:image/gif;base64,R0lGODlhAQABAIAAAP///wAAACH5BAEAAAAALAAAAAABAAEAAAICRAEAOw==' width='1300' height='800' alt='' title='' data-src='local/cache-gd2/bf/47e4aab80391765b822a9f9fd91a52.jpg?1788168079' class='no_image_filtrer no-adapt-img' /&gt; &lt;img src='data:image/gif;base64,R0lGODlhAQABAIAAAP///wAAACH5BAEAAAAALAAAAAABAAEAAAICRAEAOw==' width='1300' height='800' alt='' title='' data-src='local/cache-gd2/8b/342c06cb790fde5b7bae6acaca56fc.jpg?1788168080' class='no_image_filtrer no-adapt-img' /&gt; &lt;img src='data:image/gif;base64,R0lGODlhAQABAIAAAP///wAAACH5BAEAAAAALAAAAAABAAEAAAICRAEAOw==' width='1300' height='800' alt='' title='' data-src='local/cache-gd2/86/f12c28c1358b60b260d9ace0505565.jpg?1788168080' class='no_image_filtrer no-adapt-img' /&gt; &lt;img src='data:image/gif;base64,R0lGODlhAQABAIAAAP///wAAACH5BAEAAAAALAAAAAABAAEAAAICRAEAOw==' width='1300' height='800' alt='' title='' data-src='local/cache-gd2/3e/2c23f7ca6ff619e3d90965b6f32674.jpg?1788168080' class='no_image_filtrer no-adapt-img' /&gt; &lt;img src='data:image/gif;base64,R0lGODlhAQABAIAAAP///wAAACH5BAEAAAAALAAAAAABAAEAAAICRAEAOw==' width='1300' height='800' alt='' title='' data-src='local/cache-gd2/93/4b5657bb6ea7d638c38eeada87b919.jpg?1788168080' class='no_image_filtrer no-adapt-img' /&gt; &lt;img src='data:image/gif;base64,R0lGODlhAQABAIAAAP///wAAACH5BAEAAAAALAAAAAABAAEAAAICRAEAOw==' width='1300' height='800' alt='' title='' data-src='local/cache-gd2/81/5cc933329d0e9925e6c098a8a89c13.jpg?1788168081' class='no_image_filtrer no-adapt-img' /&gt; &lt;img src='data:image/gif;base64,R0lGODlhAQABAIAAAP///wAAACH5BAEAAAAALAAAAAABAAEAAAICRAEAOw==' width='1300' height='800' alt='' title='' data-src='local/cache-gd2/8c/13c41125fd9038da3115e68cf547db.jpg?1788168081' class='no_image_filtrer no-adapt-img' /&gt; &lt;img src='data:image/gif;base64,R0lGODlhAQABAIAAAP///wAAACH5BAEAAAAALAAAAAABAAEAAAICRAEAOw==' width='1300' height='800' alt='' title='' data-src='local/cache-gd2/c8/df91f050977c93107f101c8957f6cd.jpg?1788168081' class='no_image_filtrer no-adapt-img' /&gt; &lt;img src='data:image/gif;base64,R0lGODlhAQABAIAAAP///wAAACH5BAEAAAAALAAAAAABAAEAAAICRAEAOw==' width='1300' height='800' alt='' title='' data-src='local/cache-gd2/7a/2f0f0e02e0e035c5709d070395f83c.jpg?1788168081' class='no_image_filtrer no-adapt-img' /&gt; &lt;img src='data:image/gif;base64,R0lGODlhAQABAIAAAP///wAAACH5BAEAAAAALAAAAAABAAEAAAICRAEAOw==' width='1300' height='800' alt='' title='' data-src='local/cache-gd2/7f/fbde3c60457237ba12dd31ff7e1697.jpg?1788168082' class='no_image_filtrer no-adapt-img' /&gt; &lt;img src='data:image/gif;base64,R0lGODlhAQABAIAAAP///wAAACH5BAEAAAAALAAAAAABAAEAAAICRAEAOw==' width='1300' height='800' alt='' title='' data-src='local/cache-gd2/47/71c8b5e7069b0137dc0e54e418feaf.jpg?1788168082' class='no_image_filtrer no-adapt-img' /&gt; &lt;img src='data:image/gif;base64,R0lGODlhAQABAIAAAP///wAAACH5BAEAAAAALAAAAAABAAEAAAICRAEAOw==' width='1300' height='800' alt='' title='' data-src='local/cache-gd2/9c/dea173d46cd6d94309daadf2a3b752.jpg?1788168082' class='no_image_filtrer no-adapt-img' /&gt; &lt;img src='data:image/gif;base64,R0lGODlhAQABAIAAAP///wAAACH5BAEAAAAALAAAAAABAAEAAAICRAEAOw==' width='1300' height='800' alt='' title='' data-src='local/cache-gd2/d7/fc43d763492b1b16cacb478bf4ede8.jpg?1788168082' class='no_image_filtrer no-adapt-img' /&gt; &lt;img src='data:image/gif;base64,R0lGODlhAQABAIAAAP///wAAACH5BAEAAAAALAAAAAABAAEAAAICRAEAOw==' width='1300' height='800' alt='' title='' data-src='local/cache-gd2/76/61a6793ed8860b81b870cfc4b38cf6.jpg?1788168083' class='no_image_filtrer no-adapt-img' /&gt; &lt;img src='data:image/gif;base64,R0lGODlhAQABAIAAAP///wAAACH5BAEAAAAALAAAAAABAAEAAAICRAEAOw==' width='1300' height='800' alt='' title='' data-src='local/cache-gd2/f7/d8d2c7494b2920dca5cea77dc63d76.jpg?1788168083' class='no_image_filtrer no-adapt-img' /&gt; &lt;img src='data:image/gif;base64,R0lGODlhAQABAIAAAP///wAAACH5BAEAAAAALAAAAAABAAEAAAICRAEAOw==' width='1300' height='800' alt='' title='' data-src='local/cache-gd2/f4/b463c340d831c71f57b012e2c0f6f7.jpg?1788168083' class='no_image_filtrer no-adapt-img' /&gt; &lt;img src='data:image/gif;base64,R0lGODlhAQABAIAAAP///wAAACH5BAEAAAAALAAAAAABAAEAAAICRAEAOw==' width='1300' height='800' alt='' title='' data-src='local/cache-gd2/ca/5fc242e83bfb9e983cc773c979aae3.jpg?1788168084' class='no_image_filtrer no-adapt-img' /&gt; &lt;a href='http://velotextes.fr/spip.php?D'Espinassous,&#171;RoutedeSerre&#187;,LeCycliste,juillet1901' &gt; &lt;img src='data:image/gif;base64,R0lGODlhAQABAIAAAP///wAAACH5BAEAAAAALAAAAAABAAEAAAICRAEAOw==' width='1300' height='800' alt='' title='' data-src='local/cache-gd2/e6/dbd31c5afe083b1348f5f807ac1bd4.jpg?1788168084' class='no_image_filtrer no-adapt-img' /&gt; &lt;/a&gt; &lt;img src='data:image/gif;base64,R0lGODlhAQABAIAAAP///wAAACH5BAEAAAAALAAAAAABAAEAAAICRAEAOw==' width='1300' height='800' alt='' title='' data-src='local/cache-gd2/f0/ef3c5f47e43ab261be681fa6f28dee.jpg?1788168084' class='no_image_filtrer no-adapt-img' /&gt; &lt;img src='data:image/gif;base64,R0lGODlhAQABAIAAAP///wAAACH5BAEAAAAALAAAAAABAAEAAAICRAEAOw==' width='1300' height='800' alt='' title='' data-src='local/cache-gd2/ab/86e5115a5de7333840adfdfe02e48c.jpg?1788168085' class='no_image_filtrer no-adapt-img' /&gt; &lt;img src='data:image/gif;base64,R0lGODlhAQABAIAAAP///wAAACH5BAEAAAAALAAAAAABAAEAAAICRAEAOw==' width='1300' height='800' alt='' title='' data-src='local/cache-gd2/bf/e0b5c6381e664d7d91214a2ba54172.jpg?1788168085' class='no_image_filtrer no-adapt-img' /&gt; &lt;img src='data:image/gif;base64,R0lGODlhAQABAIAAAP///wAAACH5BAEAAAAALAAAAAABAAEAAAICRAEAOw==' width='1300' height='800' alt='' title='' data-src='local/cache-gd2/12/f005e30b91b4bcb896557ee47f6209.jpg?1788168085' class='no_image_filtrer no-adapt-img' /&gt; &lt;img src='data:image/gif;base64,R0lGODlhAQABAIAAAP///wAAACH5BAEAAAAALAAAAAABAAEAAAICRAEAOw==' width='1300' height='800' alt='' title='' data-src='local/cache-gd2/c7/f6d6eb4025490177df5b4ba1dadbbc.jpg?1788168086' class='no_image_filtrer no-adapt-img' /&gt; &lt;img src='data:image/gif;base64,R0lGODlhAQABAIAAAP///wAAACH5BAEAAAAALAAAAAABAAEAAAICRAEAOw==' width='1300' height='800' alt='' title='' data-src='local/cache-gd2/2e/08f76af373a5c39aa6302fe53637ac.jpg?1788168086' class='no_image_filtrer no-adapt-img' /&gt; &lt;img src='data:image/gif;base64,R0lGODlhAQABAIAAAP///wAAACH5BAEAAAAALAAAAAABAAEAAAICRAEAOw==' width='1300' height='800' alt='' title='' data-src='local/cache-gd2/0d/8f70c5ee5c5ca190710869d65ac3dc.jpg?1788168086' class='no_image_filtrer no-adapt-img' /&gt; &lt;img src='data:image/gif;base64,R0lGODlhAQABAIAAAP///wAAACH5BAEAAAAALAAAAAABAAEAAAICRAEAOw==' width='1300' height='800' alt='' title='' data-src='local/cache-gd2/c2/ba94425d12202a3c2883a30977a1a1.jpg?1788168086' class='no_image_filtrer no-adapt-img' /&gt; &lt;img src='data:image/gif;base64,R0lGODlhAQABAIAAAP///wAAACH5BAEAAAAALAAAAAABAAEAAAICRAEAOw==' width='1300' height='800' alt='' title='' data-src='local/cache-gd2/52/fc6b6dcd2e2a574c953d3ce964f625.jpg?1788168087' class='no_image_filtrer no-adapt-img' /&gt; &lt;/div&gt; &lt;div class=&#034;base64javascript10461889546add39b48627e9.25330226&#034; title=&#034;PHNjcmlwdD4vKjwhW0NEQVRBWyovdmFyIG5pdm9zbGlkZXJwYXRoID0gJ3BsdWdpbnMvYXV0by9uaXZvc2xpZGVyLWUyMzExLW5pdm9zbGlkZXItdjQuMS4xL25pdm9zbGlkZXItdjQuMS4xL2phdmFzY3JpcHQvanF1ZXJ5Lm5pdm8uc2xpZGVyLnBhY2suanM/MTc4ODE2NzUwOSc7Cgl2YXIgbml2b3NsaWRlcmxvYWRlcjsKaWYodHlwZW9mIG5pdm9zbGlkZXJsb2FkZXI9PSJ1bmRlZmluZWQiKXsKbml2b3NsaWRlcmxvYWRlcj1qUXVlcnkuZ2V0U2NyaXB0KG5pdm9zbGlkZXJwYXRoLGZ1bmN0aW9uKCl7CihmdW5jdGlvbigkKXsKZnVuY3Rpb24gbG9hZF9uZXh0KHNsaWRlcil7CnZhciB2YXJzPXNsaWRlci5kYXRhKCduaXZvOnZhcnMnKTsKdmFyICRpbWdzPSQoImltZyIsc2xpZGVyKTsKZm9yKHZhciBpPXZhcnMuY3VycmVudFNsaWRlO2k8dmFycy5jdXJyZW50U2xpZGUrMjtpKyspewp2YXIgJGltZz0kaW1ncy5lcShpKTsKaWYoJGltZy5sZW5ndGgmJiRpbWcuaXMoJzpub3QoLmxvYWRlZClbZGF0YS1zcmNdJykpewokaW1nLmF0dHIoJ3NyYycsJGltZy5hdHRyKCdkYXRhLXNyYycpKS5hdHRyKCdkYXRhLXNyYycsJycpLmFkZENsYXNzKCdsb2FkZWQnKTsKfQp9Cn0KZnVuY3Rpb24gaW5pdCgpewokKCcubml2b1NsaWRlcicpLmVhY2goZnVuY3Rpb24oKXsKdmFyIG1lPSQodGhpcyk7CnZhciBvcHRpb25zPWV2YWwoJ29wdGlvbnM9JyttZS5hdHRyKCdkYXRhLXNsaWRlcicpKyc7Jyk7CmlmKG9wdGlvbnMpewpvcHRpb25zPSQuZXh0ZW5kKHsKYWZ0ZXJMb2FkOmZ1bmN0aW9uKCl7bG9hZF9uZXh0KG1lKX0sCmFmdGVyQ2hhbmdlOmZ1bmN0aW9uKCl7bG9hZF9uZXh0KG1lKX0sCmJlZm9yZUNoYW5nZTpmdW5jdGlvbigpe2xvYWRfbmV4dChtZSl9Cn0sb3B0aW9ucyk7Cm1lLm5pdm9TbGlkZXIob3B0aW9ucyk7Cn0KfSk7Cn0KaW5pdCgpOwokKGluaXQpOwpvbkFqYXhMb2FkKGluaXQpOwp9KShqUXVlcnkpOwp9KTsKfQovKl1dPiovPC9zY3JpcHQ+&#034;&gt;&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Dans le Cantal (1911)</title>
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		<dc:date>2022-03-28T12:50:16Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>velovi</dc:creator>


		<dc:subject>Paul de Vivie, dit V&#233;locio</dc:subject>
		<dc:subject>cyclotourisme, cyclocamping</dc:subject>
		<dc:subject>Entre 1900 et 1914</dc:subject>
		<dc:subject>polymultipli&#233;e</dc:subject>
		<dc:subject>Hotel, auberge, caf&#233;, restaurant</dc:subject>
		<dc:subject>Cantal</dc:subject>
		<dc:subject>Allier</dc:subject>
		<dc:subject>Loire</dc:subject>
		<dc:subject>Allagnon</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;&#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#8239;Nous allons rarement de ce c&#244;t&#233;, attir&#233;s comme nous le sommes par le voisinage des Alpes et nous avons tort&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; le Massif central n'a rien de banal et les sites les plus divers s'y succ&#232;dent peut-&#234;tre plus rapidement que dans les Alpes.&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;&lt;/p&gt;

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&lt;a href="http://velotextes.fr/spip.php?rubrique36" rel="directory"&gt;1901-1914 P&#233;riode &#201;cole st&#233;phanoise&lt;/a&gt;

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&lt;a href="http://velotextes.fr/spip.php?mot1" rel="tag"&gt;Paul de Vivie, dit V&#233;locio&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://velotextes.fr/spip.php?mot9" rel="tag"&gt;cyclotourisme, cyclocamping&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://velotextes.fr/spip.php?mot11" rel="tag"&gt;Entre 1900 et 1914&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://velotextes.fr/spip.php?mot23" rel="tag"&gt;polymultipli&#233;e&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://velotextes.fr/spip.php?mot55" rel="tag"&gt;Hotel, auberge, caf&#233;, restaurant&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://velotextes.fr/spip.php?mot101" rel="tag"&gt;Cantal&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://velotextes.fr/spip.php?mot143" rel="tag"&gt;Allier&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://velotextes.fr/spip.php?mot144" rel="tag"&gt;Loire&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://velotextes.fr/spip.php?mot145" rel="tag"&gt;Allagnon&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;Par Paul de Vivie alias V&#233;locio, Le Cycliste, 1911, p.127-130, Source Archives d&#233;partementales de la Loire, cote 1328_11&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous allons rarement de ce c&#244;t&#233;, attir&#233;s comme nous le sommes par le voisinage des Alpes et nous avons tort&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; le Massif central n'a rien de banal et les sites les plus divers s'y succ&#232;dent peut-&#234;tre plus rapidement que dans les Alpes. On n'y voit pas de glaciers, mais la neige, &#224; cette &#233;poque, n'y manque pas et elle y persiste, nous a-t-on dit, jusqu'&#224; fin juin. La principale des causes qui tiennent les cyclotouristes de notre r&#233;gion &#233;loign&#233;s des montagnes cantaliennes est incontestablement la difficult&#233; d'y acc&#233;der par voie ferr&#233;e. Alors que de Paris on peut, en partant le soir, grimper le lendemain de bonne heure au puy Mary, il faudrait partir &#224; midi de Saint-&#201;tienne et aller coucher &#224; pied d'&#339;uvre pour pouvoir en faire autant.&lt;br class='autobr' /&gt;
Dans ces conditions, mieux vaut tout faire par la route, mais il nous faut alors plus de temps que pour aller p&#233;daler dans le Vercors et, dame&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! le temps c'est ce qui nous manque le plus.&lt;br class='autobr' /&gt;
Cependant, en deux jours et demi un cyclotouriste quelque peu doubl&#233; d'un randonneur peut s'offrir le joli tour qu'&#224; deux nous venons de faire et dont voici l'horaire et les grandes lignes.&lt;br class='autobr' /&gt;
D&#233;part la veille de la Pentec&#244;te &#224; midi et demi de Saint-&#201;tienne, place Jacquard. Le temps est gris, la pluie imminente et le vent, assez fort, souffle du midi&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; nous l'auront donc contre nous jusqu'au soir. Par Roche-la-Moli&#232;re nous descendons au Pertuiset, et avant Saint-Maurice la pluie nous force &#224; rev&#234;tir jambi&#232;res et imperm&#233;ables. Sur le plateau ondul&#233; qui court jusqu'&#224; Saint-Pal-en-Chalencon il a plu abondamment et le sol est tr&#232;s boueux, mais le temps para&#238;t s'am&#233;liorer et nous p&#233;dalons gaiement, malgr&#233; le vent qui jusqu'&#224; la Chaise-Dieu nous retardera d'une heure sur nos pr&#233;visions. Nous nous y arr&#234;tons d'ailleurs pour nous restaurer et p&#233;troler une roue libre qui devient folle par moments, et nous n'en partons qu'&#224; 18 heures.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le ciel se d&#233;gage de plus en plus, du bleu appara&#238;t &#231;&#224; et l&#224; et le soleil perce enfin les nuages. La descente nous entra&#238;ne rapidement, mais dans les bois la boue est atroce, puis la route devient id&#233;alement roulante et nous traversons des paysages d&#233;licieux, d'une fra&#238;cheur toute printani&#232;re.&lt;br class='autobr' /&gt;
Une forte contrepente nous emm&#232;ne hors d'une gorge o&#249; nous &#233;tions tomb&#233;s et nous traversons Champagnac &#224; 17 heures, mais un moment apr&#232;s une premi&#232;re crevaison nous arr&#234;te et nous vaut deux d&#233;montages successifs. Nous n'entrons &#224; Brioude qu'&#224; vingt heures, pour y allumer nos lanternes et continuer dans la direction de Massiac, o&#249; nous nous arr&#234;tons &#224; 21 heures et demie &#224; l'h&#244;tel de la Poste, simple, mais bon et bon march&#233;.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#192; 4 heures, le lendemain, nous sommes sur la route qui remonte l'Allagnon jusqu'&#224; Murat, que nous atteignons &#224; 6 heures, affam&#233;s et tremp&#233;s par une pluie fine, contre laquelle nous n'avions pas jug&#233; utile de nous d&#233;fendre. On se r&#233;chauffe en d&#233;jeunant solidement dans un caf&#233;-restaurant que nous d&#233;couvrons pr&#232;s de la gare, apr&#232;s avoir fait le tour de la ville&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; on ne se l&#232;ve pas de grand matin &#224; Murat. Par mesure de pr&#233;caution, nous p&#233;trolons encore la roue libre et nous partons &#224; 6 h. 45 pour le puy Mary, dont la route d&#233;bute dans Murat m&#234;me par un raidillon carabin&#233;, compliqu&#233; d'un virage qui doit joliment g&#234;ner les autos. Nos petits d&#233;veloppements nous permettent toujours de franchir ces passages avec le sourire et en causant avec d&#233;sinvolture, ce qui &#233;pate pas mal de gens, tant &#224; Murat qu'&#224; Paris, et partout o&#249; l'on ne sait pas encore appr&#233;cier les m&#233;rites de la polymultiplication. Ce raidillon est d'ailleurs tr&#232;s court et nous nous &#233;levons par une pente raisonnable jusqu'&#224; un col d'o&#249; une descente rapide nous emm&#232;ne dans une autre vall&#233;e en nous faisant perdre pr&#232;s de 200 m&#232;tres d'altitude. Dans cette vall&#233;e il a plu sans doute copieusement, &#224; en juger par la boue que nous y trouvons&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; mais tout cela n'est rien&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; depuis Murat le vent nous est favorable et le temps inqui&#233;tant le matin semble s'&#233;lever de plus en plus. Nous aussi, du reste, puisque nous voici &#224; 9 heures devant l'h&#244;tel du Puy-Mary, &#224; 1.400 m&#232;tres. Le patron qui nous voit arriver, cr&#226;ne et torse nus, s'effare et nous menace de la pleur&#233;sie&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! Nous avons adopt&#233; depuis quelques ann&#233;es &#224; l'&#201;cole st&#233;phanoise, pour les ascensions en haute montagne, cette tenue simple, hygi&#233;nique et, j'ose dire, plus d&#233;cente, plus correcte, plus conforme &#224; la dignit&#233; humaine que la tenue d&#233;braill&#233;e qui d&#233;pare tant de cyclotouristes qu'on voit passer manches retrouss&#233;es, chemise entr'ouverte et baveuse de sueur. D'ailleurs, l'hygi&#232;ne avant tout, et le bain d'air en haute montagne, l'&#233;piderme fouett&#233; par le vent, cingl&#233; par la pluie, les pores ouverts par la sueur aux balsamiques effluves des hautes altitudes, le sang &#224; fleur de peau s'offrant &#224; l'action microbicide du soleil, rien qui vous nettoie et qui vous r&#233;g&#233;n&#232;re un organisme comme cela, et je regrette que l'invention de la pudeur nous emp&#234;che pour le moment de nous d&#233;v&#234;tir davantage.&lt;br class='autobr' /&gt;
M&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;me&lt;/sup&gt;&#160;L&#233;oty est tr&#232;s affair&#233;e au moment o&#249; nous entrons &#8212; en tenue de ville, bien entendu &#8212; dans la cuisine o&#249; tout est sens dessus dessous. Pensez donc, elle a r&#233;ouvert depuis deux jours seulement son h&#244;tel et &#224; midi elle aura vingt convives, dont le couvert est dress&#233; dans la salle voisine, d&#233;j&#224; atti&#233;die par un po&#234;le ronflant. Mais ce qui ne veut pas ronfler, c'est le fourneau, en d&#233;pit de brindilles arros&#233;es d'alcool dont on le bourre. En attendant le tilleul que nous avons demand&#233;, nous feuilletons le livre des touristes, nous nous y inscrivons m&#234;me, ce qui permettra &#224; M.&#160;le docteur G.... du Breil-sur-Merize, abonn&#233; et collaborateur du Cycliste, qui passa ce jour-l&#224; m&#234;me au puy Mary, de constater notre passage. Les cyclotouristes parisiens que l'on attend seront bien trait&#233;s&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; le menu, qui commence par des escargots et finit par une cr&#232;me Chantilly, est copieux et sera cuit &#224; point, car le fourneau se d&#233;cide &#224; ronfler et nous pouvons enfin boire notre tilleul&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; mais le temps a fui, il est pr&#232;s de 10 heures et nous devons &#224; midi et demi rencontrer &#224; Saint-Cemin un autre groupe de cyclotouristes parisiens, qui passeront &#224; leur tour, le jour suivant, &#224; l'h&#244;tel du Puy-Mary, qui vraiment n'aura pas &#224; se plaindre, pendant ces deux jours, de la raret&#233; des clients.&lt;br class='autobr' /&gt;
Vite en selle et enlevons &#224; 10 &#224; l'heure les deux derniers kilom&#232;tres &#224; 9 ou 10&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;% qui nous s&#233;parent du pas du Peyrol. &#192; 10 heures nous sommes au col, et comme il est probable que les vagabonds ne fr&#233;quentent gu&#232;re par l&#224;, nous confions nos montures &#224; la borne indicatrice et nous grimpons par une pente assez roide, mais tr&#232;s facile, au sommet, &#224; 1.787 m&#232;tres d'altitude. Les nuages qui nous avaient cach&#233; les points extr&#234;mes toute la matin&#233;e se sont &#233;lev&#233;s et nous pouvons apercevoir le Sancy. Nous aurions pu apercevoir, sur la route du Clairs au col de S&#232;vres, la th&#233;orie des vingt cyclotouristes attendus &#224; l'h&#244;tel, si nous les avions cherch&#233;s de ce c&#244;t&#233;, mais nous pensions les rencontrer sur la route de Salers.&lt;br class='autobr' /&gt;
La route bonne jusqu'au col du c&#244;t&#233; de Murat, est ex&#233;crable du c&#244;t&#233; de Salers pendant deux ou trois kilom&#232;tres&#160;: la pente est aussi beaucoup plus forte et je crois que nous aurions d&#251; en faire &#224; pied une partie si nous &#233;tions mont&#233;s de ce c&#244;t&#233;. Tout s'am&#233;liore d&#232;s que nous entrons sous les bois de h&#234;tres d'un vert tendre et l&#233;ger qui tapissent le flanc de la montagne&#160;: bient&#244;t, laissant &#224; droite une route qui gagne le fond de la vall&#233;e, nous nous &#233;levons un peu et nous courons en corniche au-dessus de cette vall&#233;e, que nous finissons par dominer de tr&#232;s haut et qui e&#251;t fort belle, tr&#232;s bois&#233;e et tr&#232;s peupl&#233;e. Tout &#224; coup, notre route s'infl&#233;chit &#224; gauche, passe dans une autre vall&#233;e pas bois&#233;e du tout, encore moins habit&#233;e, mais d&#233;j&#224; profonde et le tableau est merveilleux&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; le sol est tr&#232;s roulant et la pente tr&#232;s douce autorise, sans le moindre danger, la vitesse limite&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; nous ne nous en privons pas, d'autant plus que l'heure nous presse, que je veux m'arr&#234;ter &#224; Salers pour t&#226;cher de remplacer mon raccord de pompe que j'ai perdu, ce qui me rend et me rendra pendant tout le voyage tributaire de mon compagnon, car, &#224; Salers, pas de raccord qui s'adapte &#224; ma pompe Bluemel. Nous profitons n&#233;anmoins de l'arr&#234;t pour tremper quelques croissants dans du caf&#233;&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; midi sonne et 30 kilom&#232;tres encore nous s&#233;parent de Saint-Cernin. Vous me croirez si vous voulez, mais nous les avons b&#226;cl&#233;s en une heure et quart, malgr&#233; trois contrepentes assez longues, mais peu dures.&lt;br class='autobr' /&gt;
Nous arrivons en retard, mais nous ne sommes pas les derniers&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; l'on ne se mit &#224; table qu'&#224; 14 heures. Le menu de l'h&#244;tel Cambefort vaut mieux encore que celui du Puy-Mary, pourtant il n'y a pas, de cr&#232;me Chantilly ni d'escargots, ni de truites... Ah&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! pourquoi n'ai-je pas &#233;t&#233; pr&#233;venu &#224; temps, regrette M.&#160;Cambefort, dont l'h&#244;tel est tr&#232;s bien tenu et dont les prix sont cependant rest&#233;s mod&#233;r&#233;s. Le repas fut &#233;gay&#233; par les apostrophes les plus v&#233;h&#233;mentes et les plus comiques que se lanc&#232;rent sans interruption les deux groupes, les partisans du moindre effort qui n'avaient fait le matin qu'une quarantaine de kilom&#232;tres faciles, juste ce qu'il fallait pour se mettre en app&#233;tit, et les randonneurs qui s'&#233;taient trac&#233; un itin&#233;raire de 60 kilom&#232;tres h&#233;riss&#233; de difficult&#233;s telles que quelques-uns ne purent les surmonter et n'arriv&#232;rent pas &#224; Saint-Cernin. On nous cita le cas d'un jeune monomultipli&#233; qui d&#232;s la premi&#232;re c&#244;te un peu rude l&#226;cha pied au bout de quelques kilom&#232;tres et pr&#233;f&#233;ra filer vers Salers.&lt;br class='autobr' /&gt;
Seize heures allaient sonner quand nous nous s&#233;par&#226;mes&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; nos amis de Paris se proposaient de fouiller jusque dans leurs replis les vall&#233;es qui descendent du puy Mary, qu'ils se r&#233;servaient d'ascensionner le lendemain, et nous devions monter au Lioran. Route superbe jusqu'&#224; Aurillac, que nous traversons &#224; 17 heures et d'o&#249;, par une rampe insensible et une route toujours tr&#232;s belle, on s'&#233;l&#232;ve pendant 38 kilom&#232;tres&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; un seul raidillon, d'environ 500 m&#232;tres, nous oblige &#224; prendre le petit d&#233;veloppe ment de 3 m&#232;tres, mais trois crevaisons successives en cinq kilom&#232;tres&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! &#8212; guigne et chance ne sont pas de vains mots&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! &#8212; ralentissent assez notre marche pour que nous n'arrivions qu'&#224; la nuit &#224; l'entr&#233;e du tunnel, o&#249; nous p&#233;n&#233;trons juste au moment o&#249; un train venant d'Aurillac p&#233;n&#232;tre sous le sien.&lt;br class='autobr' /&gt;
Faute de nous &#234;tre pr&#233;alablement renseign&#233;s&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; nous descendons &#224; l'h&#244;tel de la Compagnie d'Orl&#233;ans, au lieu d'aller &#224; c&#244;t&#233;, &#224; l'h&#244;tel du Lioran, qui convient mieux aux bourses modestes et o&#249; l'on est, para&#238;t-il, aussi bien sinon mieux trait&#233;. La Compagnie d'Orl&#233;ans estampe le voyageur, qui est d'ailleurs imm&#233;diatement renseign&#233; par une pancarte accroch&#233;e dans chaque chambre, sur le sort qui l'attend&#160;: 5 francs le logement et 4 fr. 50 le d&#238;ner, c'est pour rien et l'on peut se croire aux h&#244;tels suisses des grandes altitudes.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#192; Massiac nous avions heureusement fait des &#233;conomies et la d&#233;pense pr&#233;vue (20 francs) pour notre excursion pentecostale n'a pas &#233;t&#233; d&#233;pass&#233;e.&lt;br class='autobr' /&gt;
Pour n'avoir pas de concurrent, la Compagnie aurait voulu acheter son voisin, elle ne l'a pas pu, alors qu'a-t-elle fait&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;? Elle l'a parqu&#233; chez lui derri&#232;re une barri&#232;re et l'a priv&#233; de la vue sur la montagne par deux constructions interpos&#233;es. Tant et si bien, que l'h&#244;tel du Lioran, &#224; c&#244;t&#233; de son puissant voisin, a l'air quelque peu mis&#233;rable, mais il ne faut pas le juger d'apr&#232;s les apparences, et nous avons vu s'y arr&#234;ter le soir m&#234;me une luxueuse automobile, dont le propri&#233;taire savait sans doute &#224; quoi s'en tenir. Souhaitons donc, cyclistes, que ce petit concurrent tienne bon et descendons &#224; l'h&#244;tel du Lioran. Que diable, nous ne posons pas pour les Carnegie et les Rockfeller&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! Apr&#232;s tout, si vous &#234;tes un raffin&#233; de la civilisation, un amateur du luxe et du confort, que vous pr&#233;f&#233;riez comme baignoire une cuvette &#233;maill&#233;e au lit d'un torrent et les W.-C. du Touring &#224; la mousse des bois ombreux, si votre bourse est bien garnie, allez &#224; l'h&#244;tel de la Compagnie, rien ne s'y oppose, vous y serez tr&#232;s bien. Je m'y trouvai m&#234;me si bien dans ma chambrette claire, o&#249; l'air entrait &#224; flots par la porte grande ouverte sur un balcon orn&#233; du pavillon du &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;T. C.&lt;/span&gt; F., je m'y trouvai si bien que je m'attardai une heure enti&#232;re dans l&#224; contemplation de la for&#234;t inond&#233;e de lumi&#232;re par le soleil levant et je n'&#233;veillai mon compagnon qu'&#224; 5 heures. Nous partions un instant apr&#232;s, et comme nous avions gard&#233; un excellent souvenir du d&#233;jeuner de la veille et qu'il &#233;tait inutile d'arriver &#224; Murat avant 6 heures, nous interromp&#238;mes le cours de la descente en roue libre pour ob&#233;ir &#224; l'invitation d'un poteau, et nous all&#226;mes visiter les gorges de l'Allagnon,, qui grondait &#224; 100 m&#232;tres au-dessous de la route. Mes sandales de capucin ne conviennent pas pr&#233;cis&#233;ment &#224; ce genre de travail, pas plus qu'&#224; l'ascension des puys Mary et autres, aussi les ai-je ramen&#233;es en piteux &#233;tat.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#192; 7 heures, solidement lest&#233;s, nous tournons le dos &#224; Murat et &#224; la boucle splendide que nous venions de boucler en 24 heures, et qui ne le c&#232;de en rien &#224; tout ce qu'on peut voir dans le m&#234;me temps, n'importe o&#249;, et nous n'avons plus que Saint-&#201;tienne comme objectif. Nous n'en avons pas moins vu du coin de l'&#339;il des sites ravissants.&lt;br class='autobr' /&gt;
Entre Murat et Saint-Flour belle vue d'en-semble sur le Massif central, du Plomb au puy Mary dont les sommets se reconnaissent ais&#233;ment aux lambeaux de neige qu'ils retiennent encore. De Saint-Flour &#224; V&#233;drines-Saint-Loup paysage gentil sans rien de saillant, la route s'&#233;l&#232;ve en corniche au-dessus de la plaine ensoleill&#233;e&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; au cours de cette mont&#233;e de 6 kilom&#232;tres, un incident nous distrait un moment. Un cycliste de Saint-Flour nous accompagnait et nous discutions des avantages de la poly que notre homme ne saisissait pas bien. Il &#233;tait &#224; bicyclette tous les jours et allait m&#234;me aux alentours du puy Mary, dans les burons, vendre des machines &#224; coudre. &#8212; Oh&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! disait-il, pour moi il n'y a qu'une machine qui vaille, une Peugeot &#224; un seul d&#233;veloppement, 6 m&#232;tres, et je passe partout&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; j'en ai pourtant essay&#233; des machines depuis dix ans&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! votre fourbi de cha&#238;nes, de moyeux, &#231;a fait du poids et c'est compliqu&#233;, &#231;a ne m'irait pas. Le fait est que nos machines, la mienne avec ses bagages, son moyeu &#224; 2 vitesses, ses deux cha&#238;nes, celle de mon compagnon avec ses trois cha&#238;nes, paraissaient un peu encombr&#233;es et encombrantes &#224; c&#244;t&#233; de la mono Peugeot.&lt;br class='autobr' /&gt;
Nous venions de d&#233;passer une carriole l&#233;g&#232;re et nous continuions &#224; causer sans h&#226;ter le pas, quand le conducteur s'avisa de fouetter son cheval pour nous d&#233;passer &#224; son tour. &#8212; Bon, fis-je, voil&#224; un imb&#233;cile qui va &#233;reinter sa b&#234;te, activons un peu pour le d&#233;courager. &#8212; C'est &#231;a, dit le mono local, d'un ton l&#233;g&#232;rement narquois, activez un peu.&lt;br class='autobr' /&gt;
Nous poussons, il nous suit&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; le cheval fouaill&#233; pousse aussi et &#231;a dura deux ou trois cents m&#232;tres&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; le cheval reprend le pas et notre homme met pied &#224; terre et pousse sa mono. La route revenant deux ou trois fois sur elle-m&#234;me, nous le v&#238;mes longtemps et toujours &#224; pied. Nous en f&#251;mes donc r&#233;duits &#224; lui souhaiter de loin bon voyage.&lt;br class='autobr' /&gt;
Je souhaite qu'il ait compris qu'il y a autre chose que du poids et des complications dans une polymultipli&#233;e.&lt;br class='autobr' /&gt;
De V&#233;drines, o&#249; du reste l'on ne passe pas, &#224; Lavoute-Chilhac, on suit d'abord les sinuosit&#233;s d'un ravin dont les deux pentes sont bois&#233;es du haut en bas en un tel fouillis de verdure qu'on n'y voit pas un brin de terre, de prairie ou de roche&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; et, dans ce nid, sur un promontoire que contourne le ruisseau, appara&#238;t soudain un mignon castel moderne flanqu&#233; de tourelles, id&#233;ale demeure de r&#234;ve, confortable th&#233;ba&#239;de o&#249; l'on ne risque pas d'&#234;tre troubl&#233; par les importuns.&lt;br class='autobr' /&gt;
Puis la route regrimpe &#224; flanc de coteau, en plein soleil, pour passer dans une autre vall&#233;e plus d&#233;couverte mais plus fertile et finit &#224; Lavoute, o&#249; nous traversons l'Allier sur un pont &#224; une arche qui rappelle celui de Vieille-Brioude. Nous allons rejoindre &#224; Saint-Georges-d'Aurac la route de Brioude au Puy, admirablement trac&#233;e, bord&#233;e d'arbres qui nous abritent du soleil d&#233;j&#224; bien chaud. Il est onze heures et demie bien sonn&#233;es quand nous quittons Saint-Georges, apr&#232;s nous &#234;tre d&#233;salt&#233;r&#233;s. Nous grimpons &#224; l'allure r&#233;guli&#232;re de 15/16 &#224; l'heure, avec le d&#233;veloppement de 5 m&#232;tres et nous avons t&#244;t fait d'arriver &#224; Lachaud, o&#249; je me souviens d'avoir autrefois d&#233;jeun&#233; dans une ferme-restaurant.&lt;br class='autobr' /&gt;
D'abord des ablutions abondantes, puis un d&#233;jeuner simple mais substantiel, apr&#232;s quoi, pendant qu'on nous pr&#233;pare du caf&#233; tout frais, nous consolidons la r&#233;paration faite la veille un peu trop vite au pneu de mon compagnon. Tout cela nous conduit &#224; 13 h. 45. D&#233;cid&#233;ment nous fl&#226;nons trop et nous paierons cela le soir m&#234;me. La route continue &#224; monter doucement et &#224; &#234;tre tr&#232;s roulante&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; nous avons constamment sous les yeux un. paysage reposant de prairies entrecoup&#233;es de bois de sapins et parfois de h&#234;tres au clair feuillage&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; cela ressemble, beaucoup &#224; ce que nous avons vu entre Salers et Aurillac sauf les ruisseaux qui sont ici insignifiants.&lt;br class='autobr' /&gt;
L'atmosph&#232;re est d'une limpidit&#233; extraordinaire quand nous arrivons au Puy. Je n'ai jamais vu aussi nettement le rocher de Polignac et les mille et une bastides qui jettent leur gai coloris, murs blancs et toits rouges, parmi les prairies et les coteaux verdoyants&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; je crois m&#234;me d&#233;couvrir une nouvelle fois la ville f&#233;erique, merveilleuse entre toutes, &#224; laquelle d'un commun accord on a donn&#233; la palme de l'originalit&#233; pittoresque.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#192; 16 heures nous en sortons par la route des bords de la Loire qui, apr&#232;s tout ce que nous venons de voir, &#233;veillent encore et retiennent notre attention. On a beau dire que nous p&#233;dalons sans voir quoi que ce soit, mais nous ne faisons pas autre chose que regarder et nous ralentissons et nous nous arr&#234;tons m&#234;me quelquefois pour mieux voir. Nous d&#233;cidons de revenir par Rozi&#232;res, Baux, Bas et Aurec. &#192; Bas, dernier arr&#234;t &#224; 19 heures. Je perds l&#224; tout espoir de rentrer avant la nuit, la route est, par surcro&#238;t, en r&#233;paration et on ne peut y passer qu'&#224; pied pendant des centaines de m&#232;tres. &#192; Aurec, il faut allumer les lanternes et ce m'est un supplice que d'aller, ainsi jusqu'au Pertuiset sur une route encombr&#233;e de pi&#233;tons et de voitures qui se d&#233;rangent quand &#231;a leur pla&#238;t. Au Pertuiset nous bouclons le huit que nous venons de tracer autour de Murat et &#224; 22 heures enfin nous r&#233;int&#233;grons nos domiciles respectifs.&lt;br class='autobr' /&gt;
En r&#233;capitulant, nous trouvons pour le samedi, demi-&#233;tape de transport de Saint-&#201;tienne &#224; Massiac, 150 kilom&#232;tres&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; pour le dimanche &#233;tape d'excursion de Massiac au Lioran, par le puy Mary, 180 kilom&#232;tres, et pour le lundi &#233;tape-transport du Lioran &#224; Saint-&#201;tienne, 200 kilom&#232;tres.&lt;br class='autobr' /&gt;
D&#233;pense totale par t&#234;te&#160;: 19 fr . 40.&lt;br class='autobr' /&gt;
Fait incroyable mais v&#233;ridique&#160;: nous n'avons pas, de Saint-Etienne &#224; Aurillac, rencontr&#233; sur route une seule voiture automobile. Ce n'est pas pour m'en plaindre que je dis cela, c'est pour montrer que les cyclistes n'ont pas &#224; redouter, tant qu'on veut bien le dire, ces d&#233;sagr&#233;ables et dangereux v&#233;hicules.&lt;br class='autobr' /&gt;
V&#201;&lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;LOCIO&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>EXCURSIONS DOMINICALES DE V&#201;LOCIO (juin 1900)</title>
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		<dc:date>2019-12-04T12:15:51Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>velovi</dc:creator>


		<dc:subject>Paul de Vivie, dit V&#233;locio</dc:subject>
		<dc:subject>Entre 1900 et 1914</dc:subject>
		<dc:subject>1900</dc:subject>
		<dc:subject>Col de Rousset</dc:subject>
		<dc:subject>Allier</dc:subject>
		<dc:subject>Dr&#244;me</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;&#8220;Notre excursion de la Pentec&#244;te dans le Vercors a &#233;t&#233; contrari&#233;e par le mauvais temps qui nous a oblig&#233; de l'&#233;courter et de supprimer les deux crochets facultatifs sur la for&#234;t de Saou et sur Autrans-Villard de Lans.&#8221;&lt;/p&gt;

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&lt;a href="http://velotextes.fr/spip.php?rubrique35" rel="directory"&gt;1896-1900 P&#233;riode h&#233;ro&#239;que&lt;/a&gt;

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&lt;a href="http://velotextes.fr/spip.php?mot1" rel="tag"&gt;Paul de Vivie, dit V&#233;locio&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://velotextes.fr/spip.php?mot11" rel="tag"&gt;Entre 1900 et 1914&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://velotextes.fr/spip.php?mot76" rel="tag"&gt;1900&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://velotextes.fr/spip.php?mot85" rel="tag"&gt;Col de Rousset&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://velotextes.fr/spip.php?mot143" rel="tag"&gt;Allier&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://velotextes.fr/spip.php?mot147" rel="tag"&gt;Dr&#244;me&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;Par V&#233;locio, Le Cycliste, 1900,&lt;br class='autobr' /&gt;
Source Archives D&#233;partementales de la Loire&lt;br class='autobr' /&gt;
Per1328_7&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;3 et 4&#160;juin.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Notre excursion de la Pentec&#244;te dans le Vercors a &#233;t&#233; contrari&#233;e par le mauvais temps qui nous a oblig&#233; de l'&#233;courter et de supprimer les deux crochets facultatifs sur la for&#234;t de Saou et sur Autrans - Villard de Lans.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le d&#233;part, fix&#233; d'abord &#224; 2 heures du matin, n'a eu lieu, &#224; cause de la pluie, qu'&#224; 7 heures&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; nous passons au col du Grand-Bois &#224; 8 heures 1/2 (mont&#233;e p&#233;nible, &#224; cause de la boue)&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; sur l'autre versant, la route est tr&#232;s bonne&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; aussi est-il possible de rattraper un peu le temps perdu et nous sommes &#224; Andance (53 kilom&#232;tres) par Boulieu, &#224; 9 heures 45&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; &#224; Tournon, o&#249; nous franchissons le Rh&#244;ne, &#224; 10 heures 40, et &#224; Valence (92 kilom&#232;tres), &#224; 11 heures et demie.&lt;br class='autobr' /&gt;
Pendant que nous traversons lentement la ville, la pluie commence &#224; tomber&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; nous continuons cependant &#224; 11 heures 50 et la boue contre laquelle nous n'avons pas de protection nous force &#224; aller lentement jusqu'&#224; Crest (123 kilom&#232;tres), o&#249; nous faisons halte pour d&#233;jeuner de 2 &#224; 3 heures&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; la pluie persiste, nous nous munissons de garde-boue de fortune en carton qui remplissent bien leur fonction et nous permettent d'accentuer l'allure et d'arriver &#224; Die (150 kilom&#232;tres) &#224; 5 heures 1/2.&lt;br class='autobr' /&gt;
La pluie a cess&#233;&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; il faut que nous grimpions encore avant la nuit au refuge du col de Rousset (180 kilom&#232;tres), &#224; 1.400 m&#232;tres d'altitude, o&#249; nous trouverons le g&#238;te et la table.&lt;br class='autobr' /&gt;
Die n'est qu'&#224; 400 m&#232;tres, il s'agit donc de s'&#233;lever d'un trait de 900 m&#232;tres en 13 kilom&#232;tres, car jusqu'&#224; Chamaloc, on ne s'&#233;l&#232;ve que de 100 m&#232;tres environ. &#192; 8 heures (multiplication 3m,30) nous atteignons le bout des intermi&#173;nables lacets que fait au flanc de la montagne cette route tr&#232;s dangereuse &#224; la descente, si l'on n'est pas arm&#233; en cons&#233;quence. Nous sommes surpris de ne trouver l&#224;-haut aucun autre touriste&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; quatre cyclistes lyonnais ont pass&#233; le matin, c'est tout et c'est bien peu pour un jour de Pentec&#244;te.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le lundi matin d&#233;part &#224; 5 heures, travers&#233;e du tunnel de 600 m&#232;tres (tr&#232;s d&#233;sagr&#233;able) et entr&#233;e dans le Vercors&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; les routes de ce c&#244;t&#233; sont encore boueuses&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; descente presque ininterrompue jusqu'&#224; Pont-en-Royans (38 kilom&#232;tres), o&#249; nous trouvons la Bourne que nous allons remonter jusqu'&#224; la Balme de Rencurel. La boue &#233;paisse et collante, les orni&#232;res profondes rendent la route presque impraticable et nous occasionnent de nombreuses glissades. Arr&#234;t &#224; la Balme (50 kilom&#232;tres), de 9 heures 15 &#224; 10 heures et petit d&#233;jeuner. En quittant la Balme, nous prenons &#224; gauche le chemin du col de Romeyre, &#233;troit, pierreux, mais exempt de boue. Mont&#233;e de 8 kilo&#173;m&#232;tres, puis descente de 14 kilom&#232;tres jusqu'&#224; Saint-Gervais par le Pas de l'&#201;chelle qui est le clou de cette excursion si riche pourtant en beaut&#233;s naturelles. Arr&#234;t pour d&#233;jeuner de 1 heure &#224; 2 heures 1/2 &#224;l'Albene (78 kilom&#232;tres).&lt;br class='autobr' /&gt;
Retour par Vinay, Saint-&#201;tienne de saint- Geoirs, Moras, Andance, Boulieu (170 kilom&#232;tres), Bourg-Argental, La R&#233;publique et rentr&#233;e Saint-&#201;tienne (210 kilom&#232;tres) &#224; minuit.&lt;br class='autobr' /&gt;
D&#233;pense totale par personne pour les deux jours 9 fr. 75.&lt;br class='autobr' /&gt;
Incidents Deux perforations de pneumatiques et une p&#233;dale fauss&#233;e dans une chute sous le tunnel, occasionnent trois arr&#234;ts forc&#233;s d'environ 30 minutes chacun, pendant la matin&#233;e de lundi.&lt;br class='autobr' /&gt;
Rencontres Un assez grand nombre de cyclistes parmi lesquels deux groupes de 8 &#224; 10 personnes grimpant au col de Rousset et un groupe de 5 ou 6 cyclistes st&#233;phanois descendant &#224; Pont-en-Royans&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; de nombreux excursionnistes &#224; pied ou en voiture&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; pas un seul chauffeur, tricycle ou automobile.&lt;br class='autobr' /&gt;
Cet itin&#233;raire est un des plus int&#233;ressants &#224; la port&#233;e des cyclistes st&#233;phanois, surtout si, favoris&#233;s par le temps, ils peuvent visiter la for&#234;t de Saou et remonter jusqu'&#224; Villard-de-Lans et Autrans.&lt;br class='autobr' /&gt;
Ses principales attractions sont la vall&#233;e de la Dr&#244;me, la vue sur le massif du Saou. le col du Rousset et son magnifique panorama, les prairies et les for&#234;ts du Vercors, les Goulets, Pont-en-Royans, les Gorges-de-la-Bourne de Choranche &#224; la Balme qui en maints endroits ne le c&#232;dent en rien &#224; la partie comprise entre le Pont-de-Goule-Noire et le plateau sup&#233;rieur qu'on fera bien n&#233;anmoins, si l'on n'a pas le temps de monter &#224; Villard-de-Lans, d'aller visiter avant de s'&#233;loigner de la Balme&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; il ne faut pour cela qu'une petite heure.&lt;br class='autobr' /&gt;
Mais la curiosit&#233; la plus remarquable est incontestablement le Pas-de-l'&#201;chelle d'o&#249; la vue s'&#233;tend fort loin par dessus la vall&#233;e de l'Is&#232;re.&lt;br class='autobr' /&gt;
La route de la Balme &#224; Saint-Gervais est tr&#232;s v&#233;lo&#231;able, sauf en quelques passages un peu encombr&#233;s par les &#233;boulements et o&#249; il est prudent, &#224; la descente, de ralentir. Belle descente, de plusieurs kilom&#232;tres pour arriver &#224; Saint-&#201;tienne-de-Saint-Geoirs.&lt;br class='autobr' /&gt;
Toutes les mont&#233;es de ce parcours sont faisables avec de faibles d&#233;veloppements, avec un bon frein et une grande multiplication&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; &#224; plus forte raison avec un frein &#224; roue libre, les descentes peuvent &#234;tre rapidement exp&#233;di&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;17&#160;juin&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'excursion du 17&#160;juin dans la Haute-Loire, favoris&#233;e par un tr&#232;s beau temps, a r&#233;uni 4 cyclotouristes qui sont rentr&#233;s sans fatigue anormale.&lt;br class='autobr' /&gt;
Nous partons trois de Bellevue, &#224; 2 heures et demie du matin&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; premier d&#233;jeuner &#224; Saint-Maurice-de-Lignon, la mont&#233;e du Pont-de-Lignon (2 kilom&#232;tres pente moyenne de 13&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;%) a &#233;t&#233; enlev&#233;e, malgr&#233; le sol ravin&#233;, avec d&#233;veloppement de 3m,30&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; passage &#224; Yssingeaux, Le Pertuis, Saint-Julien-Chapteuil, sans autres arr&#234;ts que ceux occasionn&#233;s par des accidents successifs&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; &#224; Boussoulet, au pied du Meygal, second d&#233;jeuner de l&#224; mes deux compagnons filent directement par les Barraques et le Pont de Mars sur Saint-Agr&#232;ve o&#249; ils arrivent &#224; 11 heures et quart, pendant que je vais visiter le lac de Saint Front, altitude 1.230 (quelques kilom&#232;tres de chemin tr&#232;s rocailleux), rallier ensuite &#224; travers champs, &#224; 1.300 m&#232;tres d'altitude, la route de Saint-Front aux Estables dont je suis &#224; 11 kilom&#232;tres de route &#224; peu pr&#232;s plate, tandis que 6 kilom&#232;tres &#224; peine me s&#233;parent en ligne directe du mont Mezenc o&#249; j'aper&#231;ois encore quelques lambeaux de neige&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; je descends le Lignon pendant quelques kilom&#232;tres, monte &#224; Fay-le-Froid et m'engage sur une tr&#232;s belle route qui, par une descente rapide et ininterrompue de 12 &#224; 15 kilom&#232;tres m'am&#232;ne dans la vall&#233;e de l'Erieux entre Saint-Martin-de-Valamas et Saint-Julien-de-Bouti&#232;re (altitude 600 m&#232;tres)&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; il me faut alors remonter (tant&#244;t avec 4m,40 tant&#244;t avec 3m,30, vitesse de marche, 11 kilom&#232;tres &#224; l'heure) en plein soleil &#224; Saint-Agr&#232;ve (altitude 1.110 m&#232;tres) o&#249; j'arrive &#224; midi et demi.&lt;br class='autobr' /&gt;
Notre quatri&#232;me compagnon, muni de trois d&#233;veloppements et de la roue libre, parti de Bellevue &#224; 5 heures et demie, d&#233;barque &#224; son tour &#224; Saint-Agr&#232;ve au moment o&#249; nous nous mettons &#224; table&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; il nous avait poursuivis obte&#173;nant &#231;&#224; et l&#224; quelques renseignements sur notre passage, d&#233;jeunait &#224; Yssingeaux, descendait, conform&#233;ment au programme, du Pertuis &#224; Brives-Charensac, aux portes du Puy, et revenait &#224; Saint-Julien-Chapteuil o&#249; il retrouvait nos traces momentan&#233;ment perdues. Il monte alors &#224; Boussoulet par la nouvelle route plus courte et bien meilleure que l'ancienne, d&#233;laiss&#233;e, que nous avions eu le tort de prendre, et le voici enfin &#224; Saint-Agr&#232;ve, apr&#232;s avoir fourni, sans accident et &#224; une tr&#232;s belle allure, une &#233;tape bien rude.&lt;br class='autobr' /&gt;
D&#233;part g&#233;n&#233;ral de Saint-Agr&#232;ve &#224; deux heures et demie&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; retour par Tence (arr&#234;t), Montfaucon, Riotord, Marlhes (arr&#234;t), Saint-Genest-Malifaux et rentr&#233;e &#224; Saint-&#201;tienne &#224; 7 heures et demie du soir, avec 193 kilom&#232;tres au compteur.&lt;br class='autobr' /&gt;
D&#233;pense totale par personne 3 fr. 70.&lt;br class='autobr' /&gt;
Incidents Trois perforations de pneus, une cha&#238;ne saut&#233;e en pleine descente faussant le cadre, une correction administr&#233;e &#224; quelques garnements que nous surprenons barrant la route &#224; notre intention, entre Duni&#232;re et Riotord, avec d'&#233;normes pierres que nous leur f&#238;mes enlever nous caus&#232;rent environ deux heures d'arr&#234;ts impr&#233;vus avec lesquels, au cours d'une longue excursion, il faut toujours compter.&lt;br class='autobr' /&gt;
Rencontres Quelques cyclistes locaux, isol&#233;s, un cyclotouriste &#224; Marlhes, mais pas plus de chauffeurs que si l'automobile et le motocycle n'&#233;taient pas invent&#233;s&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; au lac de Saint-Front, deux cyclistes &#233;taient venus le matin faire provi&#173;sion de poissons.&lt;br class='autobr' /&gt;
Cet itin&#233;raire est un des plus p&#233;nibles mais en m&#234;me temps un des plus pittoresques que je connaisse. Les pentes y sont fort roides et, seules, des bicyclettes munies de plusieurs d&#233;veloppements et de bons freins, surtout de freins-&#224;-roue-libre, permettent de gravir toutes les rampes et de faire les descentes &#224; bonne allure sans danger et sans se fatiguer &#224; contre-p&#233;daler. &#192; cette &#233;poque de l'ann&#233;e, les pr&#233;s verts, les arbres touffus, les eaux abondantes contribuent beaucoup &#224; la beaut&#233; du paysage&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; les masses rocheuses, les pains de sucre tant&#244;t bois&#233;s, tant&#244;t arides qui se dressent de toutes parts donnent &#224; cette r&#233;gion un aspect tout particulier.&lt;br class='autobr' /&gt;
Les passages suivants m&#233;ritent d'&#234;tre signal&#233;s le pont de Lignon, le tron&#231;on de route entre Yssingeaux et le Pertuis, la descente du Pertuis &#224; Saint-Julien-Chapteuil, le lac de Saint-Front (ce lac est tr&#232;s poissonneux et l'on peut manger sur place chez le fermier de la p&#234;che de superbes truites), le panorama tr&#232;s rapproch&#233; du Mezenc et de ses satellites, la vue autour de Fay-le-Froid perch&#233; sur un promontoire, enfin les gorges de l'Erieux.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le sol des routes de la Haute-Loire est en g&#233;n&#233;ral tr&#232;s dur et cruel pour les pneumatiques&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; le &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;T. C. F.&lt;/span&gt; a fait placer des poteaux &#224; tous les passages dangereux et l'on fera bien d'en tenir compte.&lt;br class='autobr' /&gt;
La facilit&#233; avec laquelle nous avons accompli ce parcours, nous fit penser qu'il serait tr&#232;s facile de faire dans une journ&#233;e l'aller et retour de Saint-&#201;tienne au sommet du Mezenc et peut-&#234;tre m&#234;me au Gerbier-des-Joncs&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; nous tenterons l'exp&#233;rience le mois prochain.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;24&#160;juin&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Puy (3 heures) &#8212; Lac du Bouchet (4 h. 25 &#224; 5 h. 5) &#8212; Saint-Haon &#8212; Chapeauroux (5 h. 45) Ch&#226;teauneuf-de-Randon &#8212; L'Habitarelle 7 h. 40) &#8212; Col de la Tourette &#8212; Sainte-H&#233;l&#232;ne (8 h. 50 &#224; 9 h. 25) &#8212; Bagnols-les-Bains &#8212; Col des Tribes (10 h. 40) &#8212; Astier &#8212; Villefort (midi &#224; 1 h. 35) &#8212; Pr&#233;vench&#232;res &#8212; Luc &#8212; Langogne (6 h. 5 &#224; 6 h. 25) Pradelles &#8212; Bifurcation (7 h. &#224; 7 h. 10) &#8212; Costaros &#8212; Le Puy (8h 30). &#8212; 241 kilom&#232;tres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est une simple excursion dominicale que je vais vous conter l&#224;, mais elle en vaut la peine d'autant plus qu'elle traverse des r&#233;gions peu connues encore des lecteurs du Cycliste, et dignes de l'&#234;tre, tant au point de vue touriste sites, paysages, curiosit&#233;s naturelles, souvenirs histo&#173;riques, qu'au point de vue cycliste routes bien trac&#233;es et sol excellent.&lt;br class='autobr' /&gt;
Nous sommes arriv&#233;s &#224; un col de 1.100 &#224; 1.200 m&#232;tres d'altitude, sans nous en apercevoir, et nous avons grimp&#233; de l'altitude 700 &#224; l'altitude 1.265 &#224; l'allure de 20 kilom&#232;tres &#224; l'heure, tout comme si c'e&#251;t &#233;t&#233; plat&amp;#8239&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;!&lt;br class='autobr' /&gt;
Voil&#224; des routes faites pour les cyclistes ou je ne m'y connais pas&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; mais nous avons eu aussi le revers de la m&#233;daille et apr&#232;s avoir joui du meilleur, nous avons souffert du pire, pendant la m&#234;me journ&#233;e.&lt;br class='autobr' /&gt;
Partant du Puy &#224; 3 heures du matin le 24&#160;juin, nous nous dirigeons sur le lac du Bouchet &#224; 20 kilom&#232;tres. La mont&#233;e de Taulhac assez dure pour que des cyclistes locaux lev&#233;s avant nous la fassent &#224; pied, ne p&#232;se pas une once &#224; nos faibles d&#233;veloppements.&lt;br class='autobr' /&gt;
B... qui m'accompagna aux Maures et &#224; l'Esterel, est avec moi et nous avons nos m&#234;mes montures (voir Le Cycliste du 31&#160;mai, page 105).&lt;br class='autobr' /&gt;
&#192; Montagnac nous tournons &#224; droite guid&#233;s par un poteau que le Syndicat du Velay qui fait de louables efforts pour faire conna&#238;tre aux touristes les merveilleux sites des C&#233;vennes, a plac&#233; &#224; la bifurcation. Nous continuons &#224; monter l&#233;g&#232;rement mais &#231;&#224; et l&#224; des raidillons tr&#232;s vifs nous aiguisent les muscles&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; l'air est frais, le soleil va se lever et colore d'une admirable teinte vieux cuivre, des nuages d'un gris souris tr&#232;s d&#233;licat&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; cet effet de lumi&#232;re est tellement remarquable qu'&#224; chaque instant nous nous retournons sur la selle pour en mieux jouir au risque d'aller droit dans le foss&#233;, car le chemin n'est pas tr&#232;s large. Quel peintre pourra jamais reproduire de telles richesses de coloris&amp;#8239&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! Nous atteignons quelques maisons entour&#233;es de fumier et un peu plus loin nous traversons le village de Cayres. Un fort raidillon nous am&#232;ne alors au chemin du lac du Bouchet qui d&#233;bute par 200 m&#232;tres que nous ferons &#224; pied ne voulant pas pour si peu abaisser notre d&#233;veloppement&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; puis le chemin redevient v&#233;lo&#231;able malgr&#233; quelques passages tr&#232;s encombr&#233;s de pierres, d'orni&#232;res et m&#234;me de tas de terre&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; d&#232;s que nous p&#233;n&#233;trons dans les bois tr&#232;s &#233;pais qui entourent le lac et tapissent les bords de l'ancien crat&#232;re, une pente douce nous entra&#238;ne et tout &#224; coup nous apercevons &#224; travers les arbres l'eau miroitante, calme et profonde. Encore quelques coups de p&#233;dale et nous voici au bord du lac en vue du chalet am&#233;nag&#233; par le Syndicat du Velay pour le service des excursionnistes qui y trouvent &#224; des prix mod&#233;r&#233;s d'excellentes consommations.&lt;br class='autobr' /&gt;
Bien qu'il soit exactement 4 heures 25, tout le monde est sur pied et l'on a d&#233;j&#224; p&#234;ch&#233; &#224; coups de fusil quelques poissons. Il n'y a pas de lait, de sorte que nous devons nous contenter d'une tasse de caf&#233;. Quoique nous n'ayons rien pris avant de partir, l'app&#233;tit n'est pas encore bien ouvert et nous pouvons attendre.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le site est tr&#232;s agreste, la nappe d'eau presque ronde s'&#233;tend &#224; 20 ou 30 m&#232;tres au-dessous des bords extr&#234;mes de l'entonnoir d'o&#249; jaillissaient jadis des laves ardentes. Les bois descendent jusqu'au ras de l'eau, de l'ensemble se d&#233;gage &#224; cette heure o&#249; l'obscurit&#233; n'est pas encore dissip&#233;e, une impression de vie calme, tranquille, sans horizon, en dehors du monde.&lt;br class='autobr' /&gt;
Nous reprenons &#224; 5 heures nos bicyclettes et en sortant des bois nous rentrons soudainement dans la lumi&#232;re, le soleil ayant profit&#233; de notre s&#233;jour dans le crat&#232;re pour monter rapidement et nous avertir que nous sommes loin du terme de notre voyage.&lt;br class='autobr' /&gt;
Bah&amp;#8239&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! la descente n'est pas loin et nous allons rattraper le temps perdu&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; sit&#244;t le village tr&#232;s sale de Bouchet-Saint-Nicolas franchi, la pente tr&#232;s forte, nous entra&#238;ne &#224; une vitesse d'express, les pieds au repos&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; le sol est dur et &#231;&#224; et l&#224; sem&#233; de grosses pierres oubli&#233;es par les charretiers. Nous &#233;vitons tous les obstacles dont les moindres ne sont pas les indig&#232;nes lents &#224; se d&#233;ranger&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; nous laissons &#224; gauche Saint-Haon sur la hauteur et, nous serrons les freins, car la descente bien qu'elle n'ait pas encore de poteau du &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;T. C. F.&lt;/span&gt; devient superlativement dangereuse. Nous dominions d'assez haut un ravin vulgaire et nous avions, par moments, de belles &#233;chapp&#233;es sur le plateau oppos&#233;, quand &#224; un tournant, nous arrivons presque &#224; pic au-dessus de la vall&#233;e &#233;troite o&#249; coule l'Allier. Une admirable vue, en v&#233;rit&#233;&amp;#8239&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! le lit tr&#232;s large de la rivi&#232;re, et qui laisse supposer qu'&#224; certaines &#233;poques les crues sont formidables, occupe tout le fond de la gorge, ne laissant aucune place pour la culture&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; des routes partent de tous les c&#244;t&#233;s, deux ponts tr&#232;s longs sont d'un assez bel effet. Nous mettons naturellement pied &#224; terre pour admirer &#224; loisir&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; &#224; la descente, m&#234;me lorsqu'on va lentement, on ne peut, sans s'exposer, que surveiller la route et ses alentours imm&#233;diats, &#224; peine parvient-on &#224; jeter quelques furtifs regards sur le paysage ce n'est pas suffisant quand le paysage en vaut la peine.&lt;br class='autobr' /&gt;
Apr&#232;s avoir pass&#233; la rivi&#232;re on entre dans la Loz&#232;re o&#249; notre itin&#233;raire va se d&#233;velopper pendant 160 kilom&#232;tres. Nous allons remonter le Chapeauroux puis le ruisseau de la Boutaresse jusqu'&#224; la Pierre Plant&#233;e. 47 kilom&#232;tres de mont&#233;e si douce que sans nous en apercevoir nous l'enl&#232;verons &#224; 20 kilom&#232;tres &#224; l'heure en moyenne.&lt;br class='autobr' /&gt;
Sans &#234;tre de premier ordre, le paysage est gentil et le sol est si bon que nous p&#233;dalons avec d&#233;lices, passant tant&#244;t sur la rive gauche, tant&#244;t sur la rive droite du ruisseau, ici et le plus souvent &#224; l'ombre, l&#224; au soleil qui n'est pas encore bien chaud.&lt;br class='autobr' /&gt;
Nous avons les d&#233;veloppements respectifs de 4m,40 et 4m,80, mais peu apr&#232;s Auroux, joli village &#233;tag&#233; sur le bord de la route, je prends 6 m&#232;tres et l'allure s'acc&#233;l&#232;re.&lt;br class='autobr' /&gt;
Bient&#244;t &#224; notre droite, dominant une colline tr&#232;s bois&#233;e, se profile sur le ciel bleu un mignon castel qu'on dirait pos&#233; l&#224;-haut tout expr&#232;s pour embellir le d&#233;cor&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; les sinuosit&#233;s de la route nous le montrent sous diff&#233;rents aspects et nous finissons par le laisser derri&#232;re nous. On doit avoir de ces tourelles une jolie vue et il ferait bon d'y vivre... quelques jours&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;? oh non, tout au plus de s'y reposer quelques heures. Nous pr&#233;f&#233;rons encore l'espace et les horizons toujours changeants et l'ivresse des folles descentes et la fatigue des montres ardues &#224; la molle oisivet&#233; d'une existence s&#233;dentaire.&lt;br class='autobr' /&gt;
Nous poussons un peu et nous voici en vue de Ch&#226;teauneuf de Randon, perch&#233; sur un mamelon dont nous faisons presque le tour un bourg devant lequel on passerait indiff&#233;rent si l&#224;-haut les ruines encore imposantes, les larges murs &#233;ventr&#233;s du vieux ch&#226;teau ne rappelaient aux voyageurs que Du Guesclin, le vaillant chevalier qui courut sus aux Anglais d'un bout de la France &#224; l'autre, trouva l&#224; une mort glorieuse. Nous avons donc devant nous les m&#234;mes vallons, les m&#234;mes collines, les m&#234;mes rochers, les m&#234;mes ruisseaux, tout ce que virent les yeux de ce h&#233;ros et, par la pens&#233;e, il nous est facile de nous reporter aux sc&#232;nes des autrefois dont ces lieux furent les t&#233;moins impassibles.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#192; un kilom&#232;tre de l&#224;, &#224; l'Habitarelle o&#249; se croisent plusieurs routes, nous faisons une courte halte autour du monument comm&#233;moratif &#233;lev&#233;, en je ne sais quelle ann&#233;e, &#224; la m&#233;moire de Du Guesclin.&lt;br class='autobr' /&gt;
C'est une sorte de sarcophage, un amas de grosses pierres contenues dans de larges et longues pierres plates, vaguement ma&#231;onn&#233;es et fortement &#233;ventr&#233;es le toit, presque plat, s'est affaiss&#233; et ne tardera pas &#224; glisser enti&#232;rement&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; nous n'y avons relev&#233; aucune inscription.&lt;br class='autobr' /&gt;
On se demande comment des lieux aussi retir&#233;s, aussi ignor&#233;s, purent devenir le th&#233;&#226;tre d'une guerre assez s&#233;rieuse pour n&#233;cessiter la pr&#233;sence du meilleur lieutenant du roi de France.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#192; quelques si&#232;cles d'intervalle, ces l&#233;gions furent de nouveau ensanglant&#233;es par les guerres de religion et les fameuses dragonnades des C&#233;venncs pass&#232;rent aussi par l&#224;. Et cela recommencera, car il serait fou d'esp&#233;rer que les hommes cesseront de s'entre-tuer, et contre cette rage fratricide, les pays les plus pauvres ne seront m&#234;me pas prot&#233;g&#233;s par leur pauvret&#233;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Nous quittions &#224; peine l'Habitarelle quand d&#233;bouche &#224; cent m&#232;tres de nous une bicyclette &#224; p&#233;trole venant de Mende et marchant &#224; la des&#173;cente &#224; 25 kilom&#232;tres &#224; l'heure environ sans trop de bruit ni de relent de p&#233;trole. C'est le seul cyclotouriste que nous v&#238;mes de la journ&#233;e&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; il allait de Mende &#224; Langogne o&#249; l'on nous en parla le soir m&#234;me il fait assez souvent ce trajet de 98 kilom&#232;tres aller et retour, qu'il serait bien emp&#234;ch&#233; de faire dans la m&#234;me journ&#233;e par tout autre moyen de transport que la bicyclette ou l'automobile. Mais avec la bicyclette &#224; p&#233;trole le kilom&#232;tre lui co&#251;te au bas mot cinq centimes tandis qu'avec la bicyclette pure et simple il lui reviendrait &#224; peine &#224; un demi-centime et la fatigue serait moindre, car il ne faut pas croire que, tricycles ou bicyclettes &#224; p&#233;trole, cela va toujours tout seul&amp;#8239&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;!&lt;br class='autobr' /&gt;
&#192; droite un vaste plateau en rampe douce parsem&#233; de d&#233;bris de rocher entre lesquels pousse une herbe rare et maigre, c'est le commencement de ce que l'on appelle Le Plateau du Roi qui s'&#233;tend &#224; l'altitude moyenne de 1.350 m&#232;tres au centre de la Margeride&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; &#224; gauche un amoncellement de collines termin&#233;es &#224; l'horizon par des sommets assez &#233;lev&#233;s, mais qui, pr&#232;s de nous s'abaissent vers le Midi&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; devant nous, comme une barri&#232;re infranchissable, une montagne court de l'Est &#224; l'Ouest au flanc de laquelle &#224; belle hauteur serpente une route... Est-ce la n&#244;tre et nous faudra-t-il apr&#232;s avoir plong&#233; dans la gorge qui nous en s&#233;pare, remonter en plein soleil jusque l&#224;-haut&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;?&lt;br class='autobr' /&gt;
Telle est la vue que nous avons en commen&#231;ant, pieds au repos, une tr&#232;s belle et tr&#232;s longue des&#173;cente qui, du col de la Pierre Plant&#233;e va nous amener sur les bords du Lot. Nous filons bon train&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; malheureusement, des troupeaux de b&#339;ufs nous barrent &#224; plusieurs reprises le chemin et, plus malheureusement encore, une &#233;norme voiture de d&#233;m&#233;nagement que nous croisons au haut de la c&#244;te a laiss&#233; derri&#232;re elle, au beau milieu de la route, plus de vingt couples de grosses pierres plac&#233;es l&#224; pour caler les roues et sur lesquelles nous risquerions fort de nous briser&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; nous devons donc nous servir souvent du frein. Au cours de cette descente nous avons, par moments, une tr&#232;s belle vue sur la vall&#233;e du Lot et nous apercevons dans le fond quelques tron&#231;ons de la route qui la remonte et que nous allons suivre&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; nous n'aurons donc pas &#224; regrimper vers ce ruban ensoleill&#233; qui nous domine maintenant et qui repr&#233;sente l'ancienne route de Mende &#224; Bagnols-les-Bains.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#192; 8 heures 1/2 nous arrivons au col de la Tourette, &#224; 10 kilom&#232;tres de Mende et &#224; 50 kilom&#232;tres de Villefort, nous apprend une plaque indicatrice bien d&#233;labr&#233;e&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; nous venons de faire, depuis Chapeauroux 59 kilom&#232;tres en 2 heures 43 et le besoin de d&#233;jeuner se fait sentir imp&#233;rieusement&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; or &#224; ce col qui n'a de col que le nom et qui ressemble plut&#244;t &#224; un coupe-gorge, il n'y a pas la plus petite auberge&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; une maison abandonn&#233;e, muette comme un s&#233;pulcre, des rochers blancs qui r&#233;tr&#233;cissent la route et c'est tout, pas un filet d'eau auquel on puisse se d&#233;salt&#233;rer. Nous n'avons qu'&#224; filer au plus vite jusqu'au prochain village, &#224; Sainte-H&#233;l&#232;ne, &#224; 5 kilom&#232;tres de l&#224; o&#249; nous obtenons d'excellents caf&#233;s au lait avec beurre frais dans une infime guinguette de mis&#233;rable apparence qui gagnerait &#224; &#234;tre plus propre&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; mais la propret&#233; parait &#234;tre par l&#224; le moindre des soucis.&lt;br class='autobr' /&gt;
La route monte lentement mais constamment avec &#231;&#224; et l&#224; un peu de palier et m&#234;me de descente nous passons devant Bagnols-les-Bains, &#233;tage sur la rive gauche du Lot que nous traversons ici m&#234;me, un village qui semble un peu plus ais&#233; que les autres mais ne r&#233;pondant en aucune fa&#231;on &#224; l'id&#233;e qu'on se fait actuellement d'une ville d'eau on ne vient l&#224; certainement que lorsqu'on est r&#233;ellement malade, d'autant plus que les communications ne semblent pas tr&#232;s faciles il faut encore avoir recours, soit de Mende, soit de Villefort, &#224; l'antique patache. Un peu plus loin, apr&#232;s Saint-Julien de-Tournel, nous tombons en arr&#234;t devant un site tout &#224; fait remarquable la route est barr&#233;e par un monticule de rochers et de verdure qui s'avance jusque dans la rivi&#232;re et sur lequel se dresse le squelette d'un vieux castel. Nous passons sous un tunnel et de l'autre c&#244;t&#233; les vieux murs et la tour d&#233;cr&#233;pite se profilent encore sur le ciel bleu&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; l'eau claire et froide coule en abondance de tous les c&#244;t&#233;s et nous invite &#224; prendre un bain de pieds qui nous ragaillardit.&lt;br class='autobr' /&gt;
Ce site a d&#251; tenter plus d'un photographe.&lt;br class='autobr' /&gt;
Bient&#244;t apr&#232;s nous arrivons &#224; la hauteur du Bleymard et nous retraversons le Lot pr&#232;s de sa source &#224; ce point la rampe s'accentue et nous nous attendons, d'un instant &#224; l'autre, &#224; voir se d&#233;rouler devant nous les lacets d'une forte mont&#233;e pour atteindre le col des Tribes. Nous essayions&lt;br class='autobr' /&gt; encore de nous rendre compte de la position du col en question, quand un poteau du &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;T. C. F.&lt;/span&gt; attire notre attention. Allons nous donc redescendre pour remonter de plus belle&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;? Pas du tout, car sans nous en douter, nous &#233;tions au col des Tribes, et gr&#226;ce au trac&#233; parfait de la route, nous nous &#233;tions &#233;lev&#233;s, sans nous en apercevoir, d'environ 300 m&#232;tres.&lt;br class='autobr' /&gt;
Pendant 28 kilom&#232;tres nous allons maintenant descendre, d'abord vivement pendant 6 kilom&#232;tres, ensuite faiblement jusqu'&#224; Villefort. Les toits brillants de mica d'un village tout au fond de la vall&#233;e font un joli effet&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; les roches de ce pays s'effeuillent en lamelles plates dont on se sert en guise de tuiles et pour enclore les jardins&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; elles &#233;tincellent au soleil comme si elles &#233;taient faites de diamants et nous exprimerons maintes fois notre &#233;tonnement, surtout entre Villefort et Luc, devant les brillants jeux de lumi&#232;re qui r&#233;sultent du choc des rayons solaires sur ces pierres &#233;tincelantes.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le sol, toujours tr&#232;s roulant, ne nous cause aucune pr&#233;occupation et nous avons tout le temps d'admirer le paysage un joli ch&#226;teau &#224; tourelles s'&#233;l&#232;ve non loin de la route avec laquelle il communique par une chauss&#233;e qui a un faux air de pont-levis&#160;: puis nous admirons un viaduc assez haut sur lequel passe le chemin de fer et nous mettons pied &#224; terre &#224; la bifurcation de la route que nous suivrons le soir m&#234;me et que nous voyons se d&#233;velopper &#224; 200 m&#232;tres au-dessus de nous. Pour le moment, c'est &#224; droite que nous tournons, vers Villefort que l'on n'aper&#231;oit qu'en y entrant, apr&#232;s avoir travers&#233; un tunnel dont la fra&#238;cheur contraste agr&#233;ablement avec l'atmosph&#232;re surchauff&#233;e de l'ext&#233;rieur.&lt;br class='autobr' /&gt;
Nous descendons &#224; l'h&#244;tel Balme o&#249; nous d&#233;jeunons tr&#232;s simplement, beurre, omelette, pommes de terre et cerises, &#224; c&#244;t&#233; de deux fonctionnaires &#224; qui notre r&#233;gime parait faire piti&#233;&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; l'un d'eux pourtant se rend &#224; nos arguments et avoue qu'il se passerait volontiers de viande et qu'il consentirait &#224; boire de l'eau. Quant &#224; l'autre, plus &#226;g&#233; et plus imbu des pr&#233;jug&#233;s courants, il ne veut rien entendre et trouve surprenant que nous osions, apr&#232;s avoir si peu mang&#233;, entreprendre de rentrer au Puy le soir m&#234;me par une route aussi p&#233;nible.&lt;br class='autobr' /&gt;
Ce qui serait surprenant, ce serait que nous pussions faire seulement 50 kilom&#232;tres apr&#232;s avoir d&#238;n&#233; aussi copieusement que notre honorable contradicteur n&#233;crophagique.&lt;br class='autobr' /&gt;
Aborder comme nous le f&#238;mes, imm&#233;diatement apr&#232;s d&#238;ner, &#224; une heure et demie, sous un soleil tropical, la c&#244;te de La Garde-Gu&#233;rin, il y avait l&#224; de quoi tuer net un mangeur de cadavre, tandis que, mangeurs de l&#233;gumes, nous n'en f&#251;mes m&#234;me pas incommod&#233;s.&lt;br class='autobr' /&gt;
Avec nos petits d&#233;veloppements, 3m,20 et 3m,30, nous grimpions all&#232;grement &#224; 10 ou 12 kilom&#232;tres &#224; l'heure et &#224; mesure que nous nous &#233;levions, nous &#233;tions r&#233;compens&#233;s par une vue merveilleuse sur des ravins &#233;tonnamment farouches.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le sol est tr&#232;s mauvais et cette route parait &#234;tre peu fr&#233;quent&#233;e cependant le &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;T. C. F.&lt;/span&gt; n'a pas manqu&#233; d'y faire placer &#224; tous les endroits dangereux, et il n'en manque pas, des poteaux tut&#233;laires&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; &#224; l'endroit le plus d&#233;sert et le plus d&#233;sol&#233;, une bo&#238;te de secours a m&#234;me &#233;t&#233; d&#233;pos&#233;e dans la maison du cantonnier, ce qui tendrait &#224; laisser supposer que cette route n'est pas aussi n&#233;glig&#233;e par les touristes que par l'administration des Ponts et Chauss&#233;es. Que celle-ci &#224; son tour fasse donc montre d'un beau z&#232;le et qu'elle nous donne l&#224; une route comme celle de Mende &#224; Villefort.&lt;br class='autobr' /&gt;
La Garde-Gu&#233;rin, hameau de quelques feux, est plac&#233; sur un promontoire qui domine un ravin abrupt, profond, sauvage comme oncques nous n'en v&#238;mes&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; une haute tour le domine et surveille l'horizon. Il est certain que pendant les guerres de religion, cette position de sentinelle avanc&#233;e fut mise &#224; contribution par les bellig&#233;rants et que de cette tour qui aujourd'hui encore semble monter la garde les belliqueux appels du tocsin durent tomber souvent.&lt;br class='autobr' /&gt;
Aujourd'hui tout est calme et les maisons sous leurs toits luisants dorment au soleil sur le bord de la route, d'un cimeti&#232;re, bien humble, bien &#233;troit, surgissent quelques croix, quelques marbres, quelques arbustes effar&#233;s que les vents du Nord et du Midi secouent impitoyablement et emp&#234;chent de cro&#238;tre.&lt;br class='autobr' /&gt;
Notre route se d&#233;roule au flanc de la montagne en suivant les sinuosit&#233;s du ravin qu'elle surplombe en quelques endroits&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; &#231;&#224; et l&#224; nous apercevons les travaux d'art du chemin de fer, d'abord au-dessous, puis tout &#224; coup, &#224; Pr&#233;ven- ch&#232;res, au-dessus de nous. En sortant de ce village nous attaquons une deuxi&#232;me mont&#233;e presque aussi p&#233;nible que la premi&#232;re et qui nous conduit &#224; une belle altitude, 1.100 m&#232;tres, o&#249; nous nous maintenons quelque temps&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; c'est dans ces parages que se trouve la bo&#238;te de secours du &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;T. C. F.&lt;/span&gt;&#224; c&#244;t&#233; d'une source &#224; laquelle nous f&#238;mes un large emprunt&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; la mont&#233;e et le soleil nous avaient alt&#233;r&#233;s et, dans ces conditions, boire &#224; petites gorg&#233;es en m&#234;me temps qu'on s'ablutionne le cou, le cr&#226;ne et les bras est une bonne pratique hygi&#233;nique. Cinq cents m&#232;tres de descente rapide nous entra&#238;nent dans un village assez important La Bastide, que nous traversons de part en part et dont nous sortons par un absurde raidillon &#224; 15&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;% tr&#232;s court du reste, mais qui a d&#251; causer d&#233;j&#224; pas mal d'accidents.&lt;br class='autobr' /&gt;
Jusqu'&#224; pr&#233;sent nous n'avons pas eu &#224; nous plaindre du destin aucun accident, aucun incident d&#233;sagr&#233;able&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; il va falloir maintenant d&#233;chanter.&lt;br class='autobr' /&gt;
Voici tout d'abord qu'&#224; peu de distance de La Bastide, au cours d'une descente assez vive, mon pneu d'avant s'affaisse rendant mon unique frein inutile, j'ai recours &#224; l'application du pied sur la roue directrice et je puis m'arr&#234;ter en quelques m&#232;tres. Je ne saurais trop engager les cyclotouristes &#224; se familiariser avec ce proc&#233;d&#233; qui dans le cas o&#249; les freins viendraient &#224; manquer tous &#224; la fois, les pr&#233;servera d'un accident grave.&lt;br class='autobr' /&gt;
Un des embouts de ma chambre &#224; air vient de se fendiller sans rime ni raison&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; c'est l&#224;, comme chacun sait, un des graves inconv&#233;nients des chambres Michelin parce qu'on ne peut r&#233;parer solidement sur le caoutchouc, d'une nature sp&#233;ciale, des embouts. J'ai dans mon sac, heureusement, une chambre de rechange que je me d&#233;cide &#224; utiliser apr&#232;s avoir constat&#233; l'impuissance de la pastille que j'ai coll&#233;e sur l'embout malade. Nous passons l&#224; en plein soleil vingt minutes bien d&#233;sagr&#233;ables et ce n'est que le commencement&amp;#8239&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;!&lt;br class='autobr' /&gt;
Encore un absurde raidillon un peu plus long, mais que nous faisons &#224; pied cette fois, le sol &#233;tant d&#233;testable. Nous aurions d&#251; faire &#233;galement la descente &#224; pied, car nous sommes terriblement secou&#233;s&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; on n'a pas id&#233;e de pareilles routes nationales s'il vous pla&#238;t&amp;#8239&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! &#192; Luc cependant le sol devient meilleur, mais c'est au tour de mon pneumatique d'arri&#232;re de talonner&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; j'en extirpe un &#233;norme clou qui a perc&#233; de part en part ma pauvre chambre la r&#233;paration est facile &#224; faire, mais je m'aper&#231;ois en regonflant que j'ai un rayon de cass&#233; et que ma jante est voil&#233;e suffisamment pour que le bandage frottant contre le tube de fourche soit d&#233;j&#224; s&#233;rieusement entam&#233;.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#199;a, c'est plus grave. Mon voyage risque d'&#234;tre interrompu, et rentrer du Luc au Puy par le train qui va passer &#224; Saint-Georges-d'Aurac, j'en aurais pour jusqu'au lendemain, d'autant plus qu'un train, le dernier probablement, a pass&#233; pendant que je r&#233;parais.&lt;br class='autobr' /&gt;
Comme il ne faut jamais se h&#226;ter de jeter le manche apr&#232;s la cogn&#233;e, je me mets en mesure de recentrer ma roue, op&#233;ration d&#233;licate en cours de route, et, d&#233;tendant ici un rayon, en retendant un autre l&#224;, j'arrive au bout d'un quart d'heure &#224; &#233;loigner assez le bandage de la fourche pour que je puisse continuer &#224; rouler, lentement et prudemment jusqu'&#224; Langogne o&#249; nous nous arr&#234;tons de 6 heures &#224; 6 heures 25 pour nous lester de pain tremp&#233; dans du caf&#233;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le paysage, depuis La Bastide, n'a pas &#233;t&#233; tr&#232;s int&#233;ressant nous avons suivi l'Allier qui est l&#224; une rivi&#232;re assez forte d&#233;j&#224; mais bien tranquille et &#224; mesure qu'on descend, l'horizon tout &#224; l'heure tr&#232;s &#233;tendu se restreint beaucoup. En sortant de Langogue, nous retraversons l'Allier et nous commen&#231;ons &#224; grimper&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; la route est bonne et la pente ne d&#233;passe gu&#232;re 5&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;%, sauf en quelques passages&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; j'ai 4m,40, mon compagnon commence avec 3m.20, reprend ensuite 4m,80 pour revenir enfin &#224; 3m,20, ce qui lui fait perdre 10 minutes. Pour cette pente et &#224; la fin de la journ&#233;e, le meilleur d&#233;veloppement e&#251;t &#233;t&#233; 4 m&#232;tres. Avec 4m,40 j'ai d&#251; faire de fr&#233;quents appels &#224; la selle oscillante. Peu apr&#232;s Pradelles, on rejoint la route des gorges de l'Ard&#232;che &#224; 1.232 m&#232;tres d'altitude (Langogne est &#224; 800 environ) et l'on se trouve &#224; 3 ou 4 kilom&#232;tres de la fameuse auberge de Peyrebeille. Pour l'instant nous allons du c&#244;t&#233; oppos&#233; et, d'apr&#232;s un poteau indicateur, 33 kilom&#232;tres nous s&#233;parent du Puy o&#249; il s'agit de rentrer avant la nuit or, il est 7 h. 10 et &#224; 8 h. 1/2. bien que nous soyons aux plus longs jours de l'ann&#233;e, il ne fait pas tr&#232;s clair.&lt;br class='autobr' /&gt;
Nous d&#233;cidons de ne plus nous arr&#234;ter et de ne plus nous attendre avant Le Puy&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; c'&#233;tait une faute&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; m&#234;me lorsqu'on est press&#233; de rentrer et que tout accident grave est improbable, on a tort de se s&#233;parer. Quoi qu'il en soit, je prends les devants et, la route descendant presque constamment, puisque de 1250 m&#232;tres on tombe au Puy &#224; 625 m&#232;tres, malgr&#233; quelques mont&#233;es enlev&#233;es sans ralentissement apparent, nous filons sans nous perdre de vue, &#224; une allure qui souvent frise le 30 &#224; l'heure. Mon rayon cass&#233; ne m'inqui&#232;te plus et la roue tourne aussi bien que le matin. Sur ce plateau, les chiens sont nombreux, hargneux et harc&#232;lent les cyclistes les automobiles nous rendraient service en allant en &#233;craser quelques-uns. Un peu avant Costaros, un de ces animaux se pr&#233;cipite sur le mollet de mon compagnon qu'il pince fortement, sans l'entamer, (car un mollet de v&#233;g&#233;tarien est plus dur qu'on ne pense et le bas seul est d&#233;chir&#233;), puis se pr&#233;cipite sous la machine dont les triples rang&#233;es de pignons lui cassent les reins. Cependant, &#233;branl&#233; par l'&#233;motion autant que par le choc, R... vide les p&#233;dales et se laisse choir sur la route pendant que sa canicide b&#233;cane (par abr&#233;viation b&#233;canicide) va se balader dans le foss&#233;.&lt;br class='autobr' /&gt;
R... n'a pas d'autre mal qu'une &#233;corchure insignifiante au coude&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; la bicyclette est indemne, seul l'ennemi est bless&#233; &#224; mort. All right&amp;#8239&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;!&lt;br class='autobr' /&gt;
Je n'avais rien vu, rien entendu et je filais de plus en plus vite. J'arrive assez t&#244;t pour pouvoir faire pieds au repos sans danger la descente de Taulhac qui, en pleine nuit, m'aurait &#233;t&#233; p&#233;nible et je suis &#224; 8 heures 30 devant la gare du Puy. R... arrive quelques minutes plus tard et nous nous octroyons un d&#238;ner bien gagn&#233; dont voici le menu potage au vermicelle &#233;paissi avec du pain, petits pois, pommes de terre, salade et cerises, le tout accompagn&#233; de beaucoup de pain. Nous f&#238;mes dans le Puy une promenade postprandiale au cours de laquelle nous assist&#226;mes &#224; de fantastiques farandoles autour de feux de joie allum&#233;s sur les places et nous b&#251;mes en rentrant une tasse de th&#233; avant d'aller dormir.&lt;br class='autobr' /&gt;
Nous avions men&#233; &#224; bonne fin une excursion dominicale que j'avais, en la pr&#233;parant sur la carte, consid&#233;r&#233;e comme plus facile &#224; combiner qu'&#224; effectuer et apport&#233; ainsi une grosse pierre de plus &#224; la colonne que nous &#233;levons &#224; la gloire du v&#233;g&#233;tarisme et du cyclotourisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;V&#233;locio.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#233;part de Saint-&#201;tienne &#8212; Tence &#8212; Fay-le- Froid &#8212; Les Estables &#8212; Ascension du Mezenc &#8212; Les Estables &#8212; Fay-le-Froid (d&#233;jeuner) &#8212; Tence &#8212; Saint-&#201;tienne. 186 kilom&#232;tres &#224; bicyclette.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#233;part du Puy &#8212; Costaros &#8212; Peyrebeille &#8212; Lanarce &#8212; La B&#233;gude &#8212; Vals &#8212; M&#233;zillac &#8212; Source de la Loire et si possible ascension du Gerbier des Joncs &#8212; Le B&#233;age &#8212; Monastier &#8212; Le Puy. 200 kilom&#232;tres environ.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#233;part de Saint-&#201;tienne &#8212; Les Grands-Bois &#8212; Annonay &#8212; Saint-Bonnet-le-Froid &#8212; La Louvesc &#8212; Lamastrc &#8212; Tournon &#8212; Andance &#8212; Bourg-Argental &#8212; Saint-&#201;tienne 210 kilom&#232;tres environ.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#233;part de Saint-&#201;tienne &#8212; Andance &#8212; Tournon &#8212; Romans &#8212; Saint-Jean-en-Royans &#8212; For&#234;t de Lente &#8212; Col de Rousset &#8212; Les Goulets &#8212; Pont-en-Royans &#8212; Romans &#8212; Andance &#8212; Saint-&#201;tienne environ 325 kilom&#232;tres. D&#233;part le samedi soir &#224; 6 heures, rentr&#233;e le lundi matin &#224; 8 heures.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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