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	<title>V&#233;lotextes</title>
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	<description>Lire celles et ceux qui ont fait du v&#233;lo un bienfait social, moyen de d&#233;placement et de tourisme&#160;: Paul de Vivie dit V&#233;locio, Capitaine Perrache dit l'homme de la montagne, Carlo Bourlet...
Histoire du v&#233;lo
Site de Laurent Vigniel</description>
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		<title>V&#233;lotextes</title>
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		<title>Mon 14&#160;juillet (1923)</title>
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		<dc:date>2023-07-14T14:01:35Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>velovi</dc:creator>


		<dc:subject>Paul de Vivie, dit V&#233;locio</dc:subject>
		<dc:subject>cyclotourisme, cyclocamping</dc:subject>
		<dc:subject>Entre 1918 et 1939</dc:subject>
		<dc:subject>polymultipli&#233;e</dc:subject>
		<dc:subject>Hotel, auberge, caf&#233;, restaurant</dc:subject>
		<dc:subject>Rh&#244;ne </dc:subject>
		<dc:subject>Col de Grand Bois, Col de la r&#233;publique</dc:subject>
		<dc:subject>Dr&#244;me</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Mon 14&#160;juillet, V&#233;locio, Le Cycliste, Sept.-Oct. 1923, p.89-92, Archives d&#233;partementales de la Loire cote &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;IJ871&lt;/span&gt;/4 &lt;br class='autobr' /&gt;
Pour cette fois, je l'avoue, le soleil et le siroco ont eu raison de ma t&#233;nacit&#233; et j'ai d&#251; m'arr&#234;ter &#224; 18 heures, ayant d&#233;j&#224; tourn&#233; le dos au but que je m'&#233;tais propos&#233;. N'avais-je pas form&#233; le projet pr&#233;somptueux d'aller, le 14&#160;juillet, coucher &#224; Embrun, pour, le lendemain, passer de bonne heure le Lautaret et redescendre ensuite &#224; Grenoble d'o&#249; quelque train de nuit m'aurait&#160;(&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="http://velotextes.fr/spip.php?rubrique37" rel="directory"&gt;1914-1930 P&#233;riode meetings, exp&#233;riences et r&#233;miniscences&lt;/a&gt;

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&lt;a href="http://velotextes.fr/spip.php?mot1" rel="tag"&gt;Paul de Vivie, dit V&#233;locio&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://velotextes.fr/spip.php?mot9" rel="tag"&gt;cyclotourisme, cyclocamping&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://velotextes.fr/spip.php?mot12" rel="tag"&gt;Entre 1918 et 1939&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://velotextes.fr/spip.php?mot23" rel="tag"&gt;polymultipli&#233;e&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://velotextes.fr/spip.php?mot55" rel="tag"&gt;Hotel, auberge, caf&#233;, restaurant&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://velotextes.fr/spip.php?mot61" rel="tag"&gt;Rh&#244;ne &lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://velotextes.fr/spip.php?mot83" rel="tag"&gt;Col de Grand Bois, Col de la r&#233;publique&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://velotextes.fr/spip.php?mot147" rel="tag"&gt;Dr&#244;me&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;Mon 14&#160;juillet, V&#233;locio, Le Cycliste, Sept.-Oct. 1923, p.89-92, Archives d&#233;partementales de la Loire cote &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;IJ871&lt;/span&gt;/4 &lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour cette fois, je l'avoue, le soleil et le siroco ont eu raison de ma t&#233;nacit&#233; et j'ai d&#251; m'arr&#234;ter &#224; 18 heures, ayant d&#233;j&#224; tourn&#233; le dos au but que je m'&#233;tais propos&#233;.&lt;br class='autobr' /&gt;
N'avais-je pas form&#233; le projet pr&#233;somptueux d'aller, le 14&#160;juillet, coucher &#224; Embrun, pour, le lendemain, passer de bonne heure le Lautaret et redescendre ensuite &#224; Grenoble d'o&#249; quelque train de nuit m'aurait rapatri&#233;&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! Ce parcours, plus Grenoble-Givors, m'avait servi de terrain d'exp&#233;rience pour une de ces &#233;tapes de 40 heures qu'on taxait alors d'impossibles et qu'aujourd'hui les audax parisiens font pour ainsi dire en se jouant et en groupe, partant douze pour arriver onze&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! ce qui est tout simplement merveilleux et d&#233;montre la grande valeur des cyclistes de la capitale.&lt;br class='autobr' /&gt;
Je pars donc &#224; 3 h. 1/2 et franchis le col des grands bois &#224; 4 h. 45', il faisait assez clair pour que j'eusse pu n&#233;gocier la descente &#224; bonne allure malgr&#233; ma myopie, aggrav&#233;e par le fait que, depuis six mois, je ne porte plus ni lorgnon, ni lunettes, heureux d'avoir pu, sur mes vieux jours, me soustraire &#224; une obligation qui m'a souvent paru lourde. On m'avait bien dit qu'en vieillissant la myopie s'att&#233;nuait&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; je commence &#224; le croire, tant qu'il ne s'agit que de lire et d'&#233;crire, mais pour tout le reste j'y vois tout de m&#234;me moins qu'avec des lunettes et je ne reconnais pas mon propre fils &#224; plus de trois m&#232;tres. Aussi je m'expose &#224; passer sans les voir aupr&#232;s de mes meilleurs amis et je m'en excuse ici publiquement, car je ne voudrais pas, &#224; cause d'une infirmit&#233; dont je suis le premier &#224; souffrir, &#234;tre tax&#233; d'impolitesse ou simplement d'indiff&#233;rence, surtout par les dames que je revois toujours avec plus de plaisir aux meetings du Cycliste.&lt;br class='autobr' /&gt;
Malheureusement, cette belle et bonne route du col &#224; Andance a &#233;t&#233; ab&#238;m&#233;e par un rechargement maladroit. L'Administration a eu l'id&#233;e d'y semer au printemps des cailloux noirs qui paraissent d'origine volcanique et qui n'ont pu &#234;tre amen&#233;s l&#224; qu'&#224; grands frais. En quelques semaines, ces cailloux ont &#233;t&#233; arrach&#233;s, dispers&#233;s et ont transform&#233; la chauss&#233;e en un lit de torrent&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; jusqu'ici on avait recharg&#233; avec les pierres de la r&#233;gion, qui s'&#233;crasent plut&#244;t qu'elles ne se d&#233;chaussent et qui ont sans doute plus de coh&#233;sion entre elles et plus d'adh&#233;rence avec la substruction de la route, car un rechargement donnait, au moins pendant une ann&#233;e et &#224; moins de frais, une surface de roulement convenable.&lt;br class='autobr' /&gt;
Facile &#224; comprendre que, dans ces conditions, je n'ai pu aller bien vite &#224; la descente, et ces 37 km., que j'ai souvent b&#226;cl&#233;s en une heure et demie, me demandent aujourd'hui deux heures. Je ne trouve sur les bords du Rh&#244;ne aucune fra&#238;cheur&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; le vent du midi, dont la force va cro&#238;tre rapidement et me retarder beaucoup, est d&#233;j&#224; chaud&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; jusqu'&#224; Tournon, route acceptable, mais de Tain &#224; Valence, le sol a &#233;t&#233; ravag&#233; et les bas-c&#244;t&#233;s o&#249; j'avais pu rouler facilement le 1&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;er&lt;/sup&gt;&#160;avril, sont maintenant pleins de sable&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; oblig&#233; de rester sur la chauss&#233;e, je suis rudement secou&#233; et je ne pourrai presque jamais utiliser la 4&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; vitesse de ma randonneuse bi-cha&#238;ne-flottante. Apr&#232;s Tain, la chaleur est accablante, quoiqu'il soit &#224; peine 7 heures, et ma lutte contre le vent me vide assez pour que je sois oblig&#233; de d&#233;jeuner &#224; Pont-d'Is&#232;re (bi&#232;re et fromage, &#224; d&#233;faut du traditionnel caf&#233; au lait impossible &#224; obtenir l&#224;). Je ne quitte Valence qu'&#224; 9 h. 30 en tenue ultral&#233;g&#232;re et, d&#233;j&#224; sur le cr&#226;ne, la serviette mouill&#233;e des grands jours caniculaires, qu'il faudra tous les dix kilom&#232;tres retremper dans l'eau tant est rapide l'&#233;vaporation. Je vais &#224; Crest par Beaumont et Montmeyran, jolie petite route dont, avec temps frais et l&#233;ger vent du nord, on a vite franchi les 30 km. Mais ne songeons pas aujourd'hui &#224; ces pr&#233;cieux adjuvants&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;!&lt;br class='autobr' /&gt;
Il faut, sous un soleil de feu, contre la poussi&#232;re br&#251;lante que le siroco me souffle au visage, arracher p&#233;niblement kilom&#232;tre par kilom&#232;tre&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; les plus l&#233;g&#232;res mont&#233;es m'obligent &#224; recourir &#224; ma 1&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;re&lt;/sup&gt; vitesse de 3 m. 40 et, fatigu&#233; par cette lutte incessante, je me repose un instant sur l'herbe r&#244;tie &#224; l'ombre d'un arbre isol&#233;, en pensant aux frais ombrages et aux ruisseaux d'eau vive que j'ai laiss&#233;s aux grands bois. De l'eau&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! apr&#232;s Montmeyran, je n'en verrai plus jusqu'&#224; Crest, o&#249; je puis enfin m'ablutionner abondamment. J'ach&#232;te une livre d'abricots d&#233;licieux et je continue. Surprise charmante, le vent, de contraire me devient favorable dans cette belle vall&#233;e de la Dr&#244;me qui me pla&#238;t beaucoup, je ne sais pourquoi&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; peut-&#234;tre parce que la route y est toujours en tr&#232;s bon &#233;tat ou qu'elle me rappelle le Midi avec ses cigales assourdissantes, ses moissons rutilantes, ses luzernes vert sombre qui attestent la fertilit&#233; de son sol bien arros&#233; par les d&#233;rivations de la rivi&#232;re.&lt;br class='autobr' /&gt;
Je m'&#233;tais dit en partant&#160;: Tu finiras ce soir l'&#233;tape dans un de ces petits villages &#233;chelonn&#233;s apr&#232;s Embrun, o&#249; la Provence envoie ses estivants et tu n'auras demain que la grimpette du Lautaret puis la fl&#226;nerie des 90 km. de descente jusqu'&#224; Grenoble. Mais il fallait en rabattre&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; d&#232;s Valence, je n'esp&#233;rais plus atteindre qu'Embrun&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; &#224; Crest, je m'estimais heureux si je pouvais arriver le soir &#224; Gap et pendant que je d&#233;jeunais dans un petit restaurant au del&#224; d'Aouste, pr&#232;s d'un pont fra&#238;chement reconstruit, dont la disparition deux ans auparavant avait failli me jouer un mauvais tour, je ne me voyais plus terminer l'&#233;tape qu'&#224; Veynes d'o&#249;, par un train matinal, j'aurais gagn&#233; Brian&#231;on le lendemain. Ainsi s'effilochaient mes projets au souffle du siroco&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! Une omelette, un peu de fromage et les abricots de Crest, d'excellent pain, de la bi&#232;re et du caf&#233; furent les &#233;l&#233;ments de ce repas qui ne me fut compt&#233; que 3 francs, alors qu'on me fit payer ailleurs, dans une infime auberge, 1 fr. 50 pour une trempette de pain dans un bol d'eau sucr&#233;e, rougie d'un demi-verre de vin&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! Les prix aujourd'hui ne sont plus bas&#233;s sur la valeur vraie de l'objet qu'on vous vend, sur son prix de revient, mais sur le degr&#233; de rapacit&#233; du marchand et sa perspicacit&#233; &#224; deviner combien l'acheteur en a besoin.&lt;br class='autobr' /&gt;
Voil&#224;, ce me semble, une d&#233;finition acceptable de ce funeste esprit de mercantilisme qui restera la caract&#233;ristique des temps pr&#233;sents. Profiter des besoins urgents des consommateurs, les faire na&#238;tre au besoin et les intensifier par la rar&#233;faction voulue et astucieusement organis&#233;e des produits, puis hausser les prix &#224; l'extr&#234;me limite accessible aux ressources des malheureux qu'on pressure, qu'on &#233;gorge en les condamnant &#224; des privations cruelles, quitte &#224; jeter &#224; l'&#233;gout les stocks invendus. Ainsi, pendant tout l'hiver dernier, on a vendu les pommes de terre &#224; des prix trois ou quatre fois plus &#233;lev&#233;s que ne le comportait l'abondance de la r&#233;colte&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; de ce fait, la consommation en a &#233;t&#233; restreinte et des milliers de bouches n'ont pu manger &#224; leur faim, mais au printemps, les quantit&#233;s accapar&#233;es et tenues en r&#233;serve restaient si consid&#233;rables qu'on a d&#251; les offrir &#224; vil prix, les donner aux porcs et les jeter au fumier. Le paysan lui-m&#234;me devient mercanti et trouve qu'il est pr&#233;f&#233;rable de vendre mille kilos de pommes de terre &#224; cinquante centimes que trois mille &#224; trois sous&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; car, s'il est oblig&#233; de transformer en fumier les deux mille kilos invendus, il aura encore eu du b&#233;n&#233;fice et il se sera donn&#233; trois fois moins de peine.&lt;br class='autobr' /&gt;
A 14 heures, je rentrais dans la fournaise, sans enthousiasme, et le voisinage de Roche-courbe, dont le profil caract&#233;ristique s'aper&#231;oit si nettement de nos montagnes, ne m'emballe pas. Je cherchais un coin de pr&#233; bien ombrag&#233; o&#249; j'aurais volontiers pris une heure de repos. Faute de grives, on se contente de merles et, faute d'un pr&#233;, je finis par m'&#233;tendre sur le talus de la route o&#249; je ne demeurai pas longtemps pour cause d'inconfortabilit&#233;. Une bouteille, de limonade absorb&#233;e &#224; Saillans me remit un peu de fra&#238;cheur dans le sang et je b&#226;clais assez vivement les 22 km. qui me s&#233;paraient encore de Die o&#249; je passais &#224; 16 heures en commen&#231;ant &#224; douter assez fortement d'&#234;tre &#224; Veynes avant la nuit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le vent s'&#233;tait un peu calm&#233;, mais le soleil me semblait encore plus chaud qu'&#224; midi et les 18 km. de Die &#224; Luc, qui n'ont d'ailleurs rien d'int&#233;ressant, me parurent bien longs, tant et si bien qu'&#224; Luc je m'avouai vaincu et fis un t&#234;te-&#224;-queue qui me ramena tr&#232;s vite, car le vent devenait ainsi favorable, &#224; l'h&#244;tel qu'on trouve en face de la gare de Die, o&#249; j'ai toujours &#233;t&#233; bien re&#231;u. Il &#233;tait 18 heures, j'aurais eu le temps de grimper au col du Rousset et peut-&#234;tre l'aurais-je fait si le flanc de la montagne o&#249; serpentent les lacets bien connus avaient &#233;t&#233; dans l'ombre&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; or, dans cette gorge resserr&#233;e, comme dans un creuset, le soleil dardait ses flammes, j'aurais &#233;t&#233; cuit, volatilis&#233; avant d'arriver &#224; mi-chemin et mon &#233;tape du 14&#160;juillet, qui devait &#234;tre de 300 km., se r&#233;duisit &#224; 200&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; mais s'il est vrai qu'une longue exposition au soleil permet au corps humain d'emmagasiner de la chaleur pour longtemps, je n'aurai pas besoin d'acheter du charbon cet hiver.&lt;br class='autobr' /&gt;
Or, au m&#234;me moment, dans des r&#233;gions o&#249; la temp&#233;rature &#233;tait peut-&#234;tre encore plus s&#233;n&#233;galienne que dans la vall&#233;e de la Dr&#244;me, les coureurs du Tour de France, impassibles et indiff&#233;rents &#224; l'excessive chaleur, comme ils l'avaient &#233;t&#233; l'an dernier, au Galibier, aux rigueurs d'un froid hivernal, accomplissaient sans d&#233;faillance leurs rudes t&#226;ches quotidiennes&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! Quels hommes, tout de m&#234;me&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;!&lt;br class='autobr' /&gt;
De fra&#238;ches et abondantes ablutions, un repas substantiel ing&#233;r&#233; sans pr&#233;cipitation, un bon sommeil que les bruits de la f&#234;te nationale ne purent troubler, et je me r&#233;veillai le lendemain, d&#232;s la pointe du jour plus dispos que jamais ne fus, satisfait m&#234;me d'avoir &#233;t&#233; si fortement &#233;prouv&#233; par un temps aussi exceptionnel et d'avoir tenu bon. Je pouvais ainsi fermer sans inqui&#233;tude la fen&#234;tre que j'avais ouverte sur mon organisme, il n'y avait encore rien de trop pourri dans le Danemark et j'en fus quitte pour faire peau neuve partout o&#249; le soleil m'avait trop cruellement mordu.&lt;br class='autobr' /&gt;
Je crois de plus en plus que l'exercice pouss&#233; tr&#232;s loin, et principalement la randonn&#233;e &#224; bicyclette, est un moyen d'investigation que la Facult&#233; devrait tenir pour &#233;gal sinon pr&#233;f&#233;rable &#224; tout autre, auscultation, radiographie, etc. Quand je commen&#231;ai, il y a vingt-cinq ans de cela, &#224; randonner un peu fort, on me mena&#231;a des pires catastrophes, le c&#339;ur finirait par l&#226;cher, l'estomac par se d&#233;labrer, etc., etc., tant et si bien qu'un peu troubl&#233; par ces noires perspectives, j'allais r&#233;guli&#232;rement, quand j'avais fait d'arrache-pied le dimanche une forte &#233;tape de 250 ou 300 km. en haute montagne, me soumettre le lundi &#224; l'examen de mon docteur. Il s'int&#233;ressait du reste &#224; mon cas et, comme j'&#233;tais d&#233;j&#224; v&#233;g&#233;tarien depuis quelques ann&#233;es, il me demandait parfois de pr&#233;lever un peu de mes sucs gastriques, ce &#224; quoi je me refusais &#233;nergiquement&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! L'excellent homme me tapait sur l'abdomen, sur l'estomac, me pin&#231;ait la r&#233;gion du foie, m'appliquai&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! ses instruments sur le c&#339;ur, entre les &#233;paules, bref il ne laissait pas un coin inexplor&#233;. Il me dit longtemps que &#231;a n'allait, en tout cas pas plus mal et il finit par m'avouer, apr&#232;s quinze ou vingt examens, que &#231;a allait d&#233;cid&#233;ment de mieux en mieux. Puis, en 1906, il mourut et, depuis lors, je suis mon propre m&#233;decin et je me contente de m'examiner moi-m&#234;me. Or, j'ai remarqu&#233; qu'apr&#232;s mes &#233;tapes les plus p&#233;nibles, celles o&#249; j'&#233;tais all&#233; tr&#232;s pr&#232;s de la fatigue anormale, je dormais d'un sommeil de plomb et m'&#233;veillais le lendemain, parfois un peu tard, dans un &#233;tat de bien-&#234;tre tr&#232;s agr&#233;able. Des soldats m'ont dit avoir &#233;prouv&#233; pendant la guerre cette m&#234;me sensation. Les choses &#233;tant ainsi, il n'y a qu'&#224; continuer et se dire que notre meilleur m&#233;decin c'est nous-m&#234;me. Je ne fais pas fi de la Facult&#233;, Dieu m'en garde, mais je constate que ses enseignements et ses formules sont bien changeants&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; pour la science m&#233;dicale comme pour toutes les sciences dont l'objet est l'&#233;tude des ph&#233;nom&#232;nes o&#249; deux et deux ne font pas toujours quatre, ce qui &#233;tait v&#233;rit&#233; hier est erreur aujourd'hui et ce qui est aujourd'hui v&#233;rit&#233; sera peut-&#234;tre bien &#224; son tour erreur avant peu de temps. Il y a des myst&#232;res que nous ne pouvons p&#233;n&#233;trer, des probl&#232;mes inaccessibles &#224; l'intelligence humaine. Parties infimes du grand Tout, nous &#233;voluons dans l'infini sans parvenir &#224; le comprendre. Cultivons donc notre jardin, c'est-&#224;-dire notre sant&#233; physique et mentale, surtout mentale (l'un d'ailleurs ne va pas sans l'autre)&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; nous ne poss&#233;dons pas de bien plus pr&#233;cieux et qui nous mette mieux en &#233;tat de faire ici-bas notre bonheur et celui de ceux qui nous entourent.&lt;br class='autobr' /&gt;
Donc, en m'&#233;veillant le 15&#160;juillet, &#224; la pointe du jour, apr&#232;s huit heures de bon sommeil, je me t&#226;tai, m'&#233;tirai et tout en faisant mes ablutions, m'auscultai &#224; ma fa&#231;on. Les parties du corps qui avaient &#233;t&#233;, la veille, en prise directe avec Ph&#233;bus, le bras gauche surtout, &#233;taient rouge-sang et douloureuses au contact du v&#234;tement&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; l'&#233;ryth&#232;me allait &#233;voluer normalement, tout &#233;tait pour le mieux, toute trace de mon accablement de la veille avait disparu. A 4 h. 1/2, j'&#233;tais sur la route et ne tardai pas &#224; filer grand train sur mon 7 m&#232;tres. En moins d'une heure, je passais &#224; Saillans (22 km.) et &#224; 8 h. je prenais mon caf&#233; au lait &#224; Valence (70 km.). La rive gauche m'avait, la veille, f&#226;cheusement impressionn&#233; par son mauvais sol et je remontai par la rive droite, en ce moment en meilleur &#233;tat, jusqu'&#224; Andance o&#249; j'abordai avec mon petit 3 m. 40 les 1.100 m&#232;tres d'&#233;l&#233;vation qui devaient m'amener au col des grands bois. Tout allait, ce jour-l&#224;, comme sur des roulettes, bien que le soleil et le vent fussent tout aussi chauds que la veille, mais le vent &#233;tait favorable. Nous jugeons de toutes choses par comparaison et Dempsey, habitu&#233; &#224; recevoir sur le nez des coups de poing de cent kilos, doit croire qu'on le caresse quand on se contente de le gifler. A midi, je m'arr&#234;tai pour d&#233;jeuner &#224; Dav&#233;zieux (118 km.)&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; je n'avais plus &#224; me presser, nos grands bois frais et ombreux dont le souvenir m'avait fait soupirer la veille &#233;taient en vue et, somme toute, je me f&#233;licitai d'&#234;tre l&#224; plut&#244;t qu'&#224; Grenoble avec la perspective de huit heures de transport dans des trains bond&#233;s de voyageurs. Nous n'avons qu'&#224; nous laisser aller au gr&#233; des &#233;v&#233;nements pour que tout arrive &#224; notre avantage. Le tout est de bien distinguer jusqu'o&#249; nous pouvons ob&#233;ir &#224; notre volont&#233; et &#224; quel moment nous devons c&#233;der &#224; la pression des obstacles &#233;ventuels. Nous gagnerons toujours &#224; nous soumettre aux choses plut&#244;t qu'&#224; vouloir nous soumettre les choses. Je me f&#233;licitais, entre autres d&#233;tails, de n'avoir pas eu le moindre accident de bicyclette au cours des 300 km. que j'avais parcourus, pas une crevaison, pas un &#233;crou &#224; serrer. Mais que vois-je Seigneur, au moment de me mettre en selle&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! L'enveloppe de la roue directrice fendue en longueur sur la surface m&#234;me du roulement, une fente de dix centim&#232;tres dont les l&#232;vres baillaient et laissaient voir les fils biais d&#233;j&#224; us&#233;s en partie par le frottement sur le sol&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;? Il Il n'est que temps de r&#233;parer, et s&#233;rieusement pour pouvoir rentrer sans &#233;clatement. Un large pi&#232;ce de toile &#224; l'int&#233;rieur et, &#224; l'ext&#233;rieur, un morceau de chambre &#224; air de longueur convenable que j'avais, par chance, dans mon sac, enveloppant la chappe et pouvant &#234;tre pinc&#233;e par les tringles, le tout coll&#233; soigneusement (ma dissolution y passa presque toute), me tir&#232;rent de ce mauvais pas. Je proc&#233;dai m&#233;thodiquement, laissai s&#233;cher longtemps, si bien que je ne quittai Dav&#233;zieux qu'&#224; 15 heures, avec la perspective d'un orage &#224; bref d&#233;lai. En effet, quatre kilom&#232;tres plus loin, &#224; Boulieu, je dus me r&#233;fugier dans un jeu de boules&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; il pleuvait &#224; torrent, le tonnerre grondait de tous les c&#244;t&#233;s et je vis, &#224; peu de distance, quelques &#233;clairs merveilleux. Quels que soient ses caprices, qu'elle se fasse caressante ou agressive, la nature nous attire et nous charmera toujours, en attendant qu'elle nous engloutisse.&lt;br class='autobr' /&gt;
Je gravissais tranquillement la rampe du bourg au col, heureux de revoir &#224; droite et &#224; gauche des vallons et des collines, des ruisseaux et des rochers, des maisons m&#234;me et des bois entourant des prairies et des moissons jaunissantes, que je connais par le menu depuis trente ans, depuis que, gr&#226;ce &#224; la Poly, je tourne plus volontiers mon guidon du c&#244;t&#233; de la montagne que du c&#244;t&#233; de la plaine. Soudain, surgit pr&#232;s de moi une jeune femme &#224; bicyclette, monomultipli&#233;e s'il vous pla&#238;t, mais qui poussait son unique 5 m&#232;tres avec autant de force que de gr&#226;ce&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; j'avais mon 3 m. 40 et je trouvais que c'&#233;tait bien suffisant. Je fus d'abord un peu surpris et, s'il faut &#234;tre sinc&#232;re, mortifi&#233;, mais mon &#233;tonnement cessa quand je reconnus M&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;me&lt;/sup&gt;&#160;D... qui, &#224; la journ&#233;e V&#233;locio, avait &#233;tabli le record de la s&#233;rie ouverte aux dames en 53' 50&#8221; sur cette m&#234;me bicyclette.&lt;br class='autobr' /&gt;
Nous caus&#226;mes un instant en attendant M.&#160;D..., qui, muni d'un d&#233;railleur Chemineau, suivait moins vite mais avait de bonnes et honorables raisons pour justifier sa moindre allure. M.&#160;D..., grand bless&#233; de guerre, est unijambiste et monte au col aussi bien d'un c&#244;t&#233; que de l'autre, plus vite encore que bien des cyclistes munis de leurs deux jambes. J'eus beaucoup de plaisir &#224; terminer &#224; ses c&#244;t&#233;s les cinq ou six kilom&#232;tres qui nous restaient &#224; faire pour atteindre le col et nous march&#226;mes bel et bien &#224; 10 &#224; l'heure&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; M&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;me&lt;/sup&gt;&#160;D..., accompagn&#233;e de son fr&#232;re et de son neveu, gar&#231;onnet de 13 &#224; 14 ans, avait pris les devants et le 15 &#224; l'heure dans le 4 | et 5&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;% semblait son allure normale. M.&#160;D... m'expliqua que, sa jambe gauche ayant &#233;t&#233; coup&#233;e au-dessus de genou, il s'&#233;tait ing&#233;ni&#233; &#224; combiner un dispositif qui lui perm&#238;t d'utiliser le moignon qui lui restait et l'articulation de la hanche pour agir sur la p&#233;dale gauche. Il y avait r&#233;ussi &#224; tel point que non seulement il pouvait facilement franchir l'angle mort, mais la jambe mutil&#233;e fournissait un effort suffisant pour qu'il p&#251;t, en palier, entretenir le mouvement sans l'aide de la jambe valide. Voil&#224; un exemple dont beaucoup de mutil&#233;s de guerre, dans le m&#234;me cas, pourraient faire leur profit et que je suis heureux de signaler, tout comme celui de M&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;me&lt;/sup&gt;&#160;D..., qui d&#233;montre p&#233;remptoirement que la femme peut aussi bien que l'homme excursionner et m&#234;me randonner &#224; bicyclette, j'ajoute polyx&#233;e, car il n'est permis qu'&#224; tr&#232;s peu de femmes de grimper sans danger au col des grands bois avec 5 m., et M&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;me&lt;/sup&gt;&#160;D... m'a elle-m&#234;me avou&#233; qu'elle ne partirait pas pour de longues randonn&#233;es accident&#233;es sans un changement de vitesse.&lt;br class='autobr' /&gt;
V&#201;&lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;LOCIO&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Embouchure de la Dr&#244;me prise du Rh&#244;ne au niveau de rochemaure (Juin 1901)</title>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>velovi</dc:creator>


		<dc:subject>Dr&#244;me</dc:subject>

		<description>

-
&lt;a href="http://velotextes.fr/spip.php?rubrique47" rel="directory"&gt;Alexandre Nozal au fil du Rh&#244;ne&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="http://velotextes.fr/spip.php?mot147" rel="tag"&gt;Dr&#244;me&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_894 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;193&#034; data-legende-lenx=&#034;xxx&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='http://velotextes.fr/IMG/jpg/image_nozal_alexandre_carnet_de_dessins_ndeg22_ppd5670_1667919.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='http://velotextes.fr/local/cache-vignettes/L500xH173/image_nozal_alexandre_carnet_de_dessins_ndeg22_ppd5670_1667919-98736.jpg?1788127343' width='500' height='173' alt='Fleuve Rh&#244;ne, montagne du Diois &#224; l'horizon.' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre crayon document-titre-894 '&gt;&lt;strong&gt;Embouchure de la Dr&#244;me prise du Rh&#244;ne au niveau de rochemaure (Juin 1901)
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif crayon document-descriptif-894 '&gt;dans les carnets n&#176;22
&lt;/div&gt; &lt;div class='spip_doc_credits crayon document-credits-894 '&gt;Alexandre Nozal, &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;CC0&lt;/span&gt; Paris Mus&#233;es /Petit Palais, mus&#233;e des Beaux-Arts de la Ville de Paris
&lt;/div&gt;
&lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>En Diois et en D&#233;voluy (mai 1904)</title>
		<link>http://velotextes.fr/spip.php?article547</link>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>velovi</dc:creator>


		<dc:subject>Paul de Vivie, dit V&#233;locio</dc:subject>
		<dc:subject>Entre 1900 et 1914</dc:subject>
		<dc:subject>L&#233;vocyclette</dc:subject>
		<dc:subject>R&#233;trodirecte</dc:subject>
		<dc:subject>polymultipli&#233;e</dc:subject>
		<dc:subject>Rh&#244;ne </dc:subject>
		<dc:subject>La Gauloise</dc:subject>
		<dc:subject>Col de Grand Bois, Col de la r&#233;publique</dc:subject>
		<dc:subject>col de Grimone</dc:subject>
		<dc:subject>Dr&#244;me</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;&#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;L'un d'eux, suivi de son chien, &#224; l'&#339;il vif et intelligent, attentif au moindre signe, me fraye un passage dans cette cohue qui se referme aussit&#244;t derri&#232;re moi. Nous sommes &#224; l'&#233;poque o&#249; les troupeaux du midi remontent vers les hauts plateaux o&#249; ils vont passer tout l'&#233;t&#233; &#224; la belle &#233;toile.&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;&lt;/p&gt;

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&lt;a href="http://velotextes.fr/spip.php?rubrique36" rel="directory"&gt;1901-1914 P&#233;riode &#201;cole st&#233;phanoise&lt;/a&gt;

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&lt;a href="http://velotextes.fr/spip.php?mot1" rel="tag"&gt;Paul de Vivie, dit V&#233;locio&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://velotextes.fr/spip.php?mot11" rel="tag"&gt;Entre 1900 et 1914&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://velotextes.fr/spip.php?mot19" rel="tag"&gt;L&#233;vocyclette&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://velotextes.fr/spip.php?mot21" rel="tag"&gt;R&#233;trodirecte&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://velotextes.fr/spip.php?mot23" rel="tag"&gt;polymultipli&#233;e&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://velotextes.fr/spip.php?mot61" rel="tag"&gt;Rh&#244;ne &lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://velotextes.fr/spip.php?mot71" rel="tag"&gt;La Gauloise&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://velotextes.fr/spip.php?mot83" rel="tag"&gt;Col de Grand Bois, Col de la r&#233;publique&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://velotextes.fr/spip.php?mot109" rel="tag"&gt;col de Grimone&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://velotextes.fr/spip.php?mot147" rel="tag"&gt;Dr&#244;me&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;Par Paul de Vivie, alias V&#233;locio, Le Cycliste, mai 1904, Source Archives d&#233;partementales de la Loire, mai 1904&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'ai fini par y p&#233;n&#233;trer, dans ce pays d&#233;sh&#233;rit&#233; dont j'ai si souvent long&#233; les remparts presque inaccessibles d'o&#249; &#233;mergent, sentinelles farouches, le pic de Bure, la t&#234;te de l'Obiou et quelques autres sommets non moins r&#233;barbatifs.&lt;br class='autobr' /&gt;
J'avais pens&#233; un instant &#224; faire du D&#233;voluy le but d'une de nos excursions dominicales, mais c'e&#251;t &#233;t&#233; par trop p&#233;nible, m&#234;me pour les plus entra&#238;n&#233;s de l'&#201;cole St&#233;phanoise, m&#234;me pour un r&#233;tro&#239;ste de l'&#201;cole Perrache, ce qui n'est pas peu dire&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;!&lt;br class='autobr' /&gt;
Mieux valait donc profiter des deux jours et demi de cong&#233; que nous apporte r&#233;guli&#232;rement la Pentec&#244;te et faire le tour plus complet en y ajoutant la partie la plus int&#233;ressante du Diois, le col de Grimone.&lt;br class='autobr' /&gt;
Dans ce projet, la partie transport &#233;tait forc&#233;ment tr&#232;s importante, mais plus nous allons, plus cette partie est destin&#233;e &#224; tenir une grande place dans nos randonn&#233;es, car nous commen&#231;ons &#224; conna&#238;tre tout ce qu'il y a d'int&#233;ressant au point de-vue cyclotourisme dans un rayon de 100 kilom&#232;tres autour de Saint-&#201;tienne. Il nous faut donc &#234;tre en mesure, pour excursionner pendant 50 kilom&#232;tres, de nous transporter pendant 200 kilom&#232;tres. Ce n'est pas toujours tr&#232;s amusant, j'en conviens&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; mais ce ne l'est gu&#232;re non plus de prendre un train patache qui, apr&#232;s maints transbordements, vous d&#233;barque &#233;nerv&#233; aupr&#232;s de votre bicyclette endommag&#233;e par tant de manipulations successives. Que de fois j'ai vu de superbes projets finir en queue de poisson &#224; la suite d'une avarie de bicyclette survenue pendant le transport.&lt;br class='autobr' /&gt;
Et puis, nous pr&#233;tendons voyager &#224; tr&#232;s peu de frais et mettre ainsi &#224; la port&#233;e de tous les excursions lointaines&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; ce n'est pas en prenant le train &#224; tout propos que nous y arriverons.&lt;br class='autobr' /&gt;
Enfin, tels cas peuvent se pr&#233;senter o&#249; il est mat&#233;riellement impossible de se servir du chemin de fer pour se rendre en temps utile sur le terrain d'excursion.&lt;br class='autobr' /&gt;
Ceux de nos amis, par exemple, qui ne devaient &#234;tre libres qu'&#224; 19 heures la veille de la Pentec&#244;te, n'auraient pu arriver &#224; Crest, lieu de rendez-vous, qu'&#224; 8 heures le lendemain par le P.-L.-M., tandis qu'&#224; bicyclette ils y arriv&#232;rent &#224; 1 heure, ce qui leur permit de prendre quelque repos avant le d&#233;part qui eut lieu &#224; 4 heures.&lt;br class='autobr' /&gt;
Pour toutes ces raisons, je continuerai donc, tant que j'en aurai la force et tant que les circonstances me le permettront, &#224; faire par la route la partie transport de mes excursions. Bien que je traverse ainsi des r&#233;gions d&#233;j&#224; vues maintes fois, il m'arrive souvent de les trouver encore int&#233;ressantes, gr&#226;ce &#224; des co&#239;ncidences impr&#233;vues, un orage, un effet de lumi&#232;re, une coloration particuli&#232;re et rare du ciel, que sais-je&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! La nature est si changeante qu'on ne la revoit pour ainsi dire jamais sous le m&#234;me aspect.&lt;br class='autobr' /&gt;
Mais il ne faudrait pas que les &#233;tapes de transport devinssent pr&#233;judiciables aux &#233;tapes d'excursion, ce qui arriverait fatalement si nous n'&#233;tions pas mont&#233;s de fa&#231;on &#224; lutter victorieusement et sans effort excessif contre tous les obstacles de temps et de terrain, et si notre moteur n'&#233;tait pas aliment&#233; convenablement pour donner son rendement maximum.&lt;br class='autobr' /&gt;
Les cyclistes qui bl&#226;ment notre mani&#232;re de faire parce qu'ils ne peuvent pas l'imiter, n'ont su pour la plupart choisir ni la monture, ni l'alimentation qui les rendraient capables d'en faire autant que nous. C'est donc sur eux que retombent leurs bl&#226;mes.&lt;br class='autobr' /&gt;
Il s'agissait pour moi, qui pr&#233;c&#233;dais de quelques heures le groupe principal, d'aller coucher &#224; Die. Je pus partir &#224; 13 heures et, selon toutes probabilit&#233;s, je devais par le col des Grands Bois, Andance, Valence, Crest et Saillans, arriver &#224; Die (162 kilom&#232;tres) &#224; 21 heures.&lt;br class='autobr' /&gt;
Des accidents de pneumatique, un premier orage et la crainte d'en essuyer un second dans la vall&#233;e de la Dr&#244;me, o&#249; depuis Valence je voyais se d&#233;cha&#238;ner une v&#233;ritable temp&#234;te, me retard&#232;rent et m'engag&#232;rent &#224; prendre le train &#224; Lyon.&lt;br class='autobr' /&gt;
Ma demi-&#233;tape se r&#233;duisit donc &#224; 112 kilom&#232;tres.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le train emportait un certain nombre de cyclistes que la section lyonnaise du &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;T. C. F.&lt;/span&gt; avait r&#233;unis en vue d'une imposante manifestation dans le Vercors. Tous se concentraient &#224; Die par la voie la plus rapide et des voitures avaient &#233;t&#233; retenues pour hisser au col du Rousset les monomultipli&#233;s que les 1.000 m&#232;tres d'&#233;l&#233;vation de Die au col effrayaient beaucoup. J'ai su, depuis, que les poly multipli&#233;s &#233;taient nombreux aussi, qui grimp&#232;rent au Refuge, &#224; bicyclette.&lt;br class='autobr' /&gt;
Nous n'arriv&#226;mes &#224; destination qu'&#224; 23 heures, avec plus d'une heure de retard, et j'eus le d&#233;pit de constater que l'orage dont j'avais eu peur n'avait s&#233;vi que sur les environs de Crest, que j'aurais eu ensuite une route et un temps superbes si j'avais bravement continu&#233; &#224; p&#233;daler jusqu'&#224; Die. Une le&#231;on pour l'avenir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;22 et 23&#160;mai. &#8212; Ch&#226;tillon-en-Diois, col de Grimone, col de la Croix-Haute, Lalley, Mens, col Saint-S&#233;bastien, Croix-de -la-Pigne, Saint-Didier. Saint-Etienne-en-D&#233;voluy, col du Noyer, ChaufTayer, Corps, Pont-Haut, La Mure, 170 kilom&#232;tres.&lt;br class='autobr' /&gt;
Laffrey, Grenoble, Moirans, Saint-Etienne-de-Saint-Geoirs. Andance, Annonay, Saint-Etienne, 185 kilom&#232;tres.&lt;br class='autobr' /&gt;
Entre 4 heures et 20 heures, je fis le premier jour une rude &#233;tape.&lt;br class='autobr' /&gt;
Tout d'abord, ce fut charmant. La gorge &#233;troite et tr&#232;s encaiss&#233;e qui pr&#233;c&#232;de la mont&#233;e proprement dite du col de Grimone me parut, dans l'ombre et la fra&#238;cheur du matin, tr&#232;s agr&#233;able. Je p&#233;dalais mollement en jetant &#224; droite et &#224; gauche des regards curieux&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; dans les parois abruptes qui enserrent la route et le ruisseau se creusent soudain des fissures profondes au fond desquelles se tortille un ruisselet, car nous ne sommes pas ici dans un puissant massif capable d'alimenter des torrents.&lt;br class='autobr' /&gt;
Par quelques lacets bien sentis, la route s'&#233;l&#232;ve soudain d'&#224; peu pr&#232;s 200 m&#232;tres et m'am&#232;ne presque au sommet des rochers dont je longeai tout &#224; l'heure la base. Joli point de vue sur la gorge d'o&#249; l'on sort et qui, vue de l&#224;-haut, semble &#224; son tour une simple fissure.&lt;br class='autobr' /&gt; Quelques maisons dans un creux, &#224; droite&#160;: c'est Glandage&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; une l&#233;g&#232;re pente m'entra&#238;nait quand je suis oblig&#233; de mettre pied &#224; terre devant, ou plut&#244;t derri&#232;re un troupeau de cinq cents moutons qui d&#233;ambule paisiblement sous la conduite de quelques chiens et de deux bergers. L'un d'eux, suivi de son chien, &#224; l'&#339;il vif et intelligent, attentif au moindre signe, me fraye un passage dans cette cohue qui se referme aussit&#244;t derri&#232;re moi. Nous sommes &#224; l'&#233;poque o&#249; les troupeaux du midi remontent vers les hauts plateaux o&#249; ils vont passer tout l'&#233;t&#233; &#224; la belle &#233;toile. Ces moutons viennent d'Arles et vont dans la commune de Lalley. Le D&#233;voluy en h&#233;berge plusieurs milliers et se fait ainsi quelques revenus d'autant plus pr&#233;cieux que le pays est plus pauvre.&lt;br class='autobr' /&gt;
La pente se dessine&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; la route barre la montagne en face et l'on entrevoit l'emplacement du col&#160;: quelques flaques de neige sont encore visibles sur les sommets voisins, mais la route est libre et en bon &#233;tat.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le col de Grimone (1 325 m&#232;tres), bien que plus &#233;lev&#233; de 200 m&#232;tres que le col de Cabre, m'a paru &#234;tre d'un acc&#232;s plus facile. Il est vrai que la temp&#233;rature fra&#238;che et le vent me favorisaient. J'avais d'ailleurs, entre les trois jeux de deux d&#233;veloppements en marche dont je disposais, &#224; savoir&#160;: 7 et 3, 7 et 4m,40, 5 et 3, choisi le plus petit, 5 m&#232;tres et 3 m&#232;tres.&lt;br class='autobr' /&gt;
Ces deux d&#233;veloppements conviennent admirablement pour une journ&#233;e d'excursion comme celle que j'avais &#224; faire.&lt;br class='autobr' /&gt;
Au cours de la descente vers Lus-la-Croix-Haute se d&#233;roule devant moi le panorama des pics du D&#233;voluy tachet&#233;s de neige. On s'y croirait en pleines Alpes et il y aurait encore, dit-on, dans un recoin de la t&#234;te de l'Obiou que le soleil n'a pu r&#233;ussir &#224; nettoyer &#224; fond une miniature de glacier.&lt;br class='autobr' /&gt;
Au col de la Croix-Haute, j'eus le plaisir de rencontrer M.&#160;D.., de Gap, qui voulut bien m'accompagner jusqu'&#224; Mens. J'&#233;tais seul depuis le d&#233;part, je devais &#234;tre seul jusqu'au retour&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; cette rencontre me fut d'autant plus agr&#233;able. M.&#160;comme beaucoup de cyclistes, en cette ann&#233;e de gr&#226;ce 1904, a l'intention de sacrifier au r&#233;trop&#233;dalage. C'est un effet des d&#233;clamations &#233;pileptiques de certains auteurs qui, sans trop savoir ce qu'ils disent, et surtout sans avoir fait les moindres exp&#233;riences comparatives, affirment que la R&#233;tro est, pour tout le monde indistinctement, la solution unique, parfaite, hors de laquelle il n'y a point de salut.&lt;br class='autobr' /&gt;
Que le r&#233;trop&#233;dalage convienne &#224; certains individus que la nature a dou&#233;s de muscles ad hoc, je l'admets, j'en ai eu des preuves sous les yeux. Mais j'ai eu aussi, et bien plus souvent, la preuve du contraire.&lt;br class='autobr' /&gt;
Que l'on matche les meilleurs champions de la directe avec les meilleurs champions de la r&#233;tro, qu'on leur impose la m&#234;me multiplication ou qu'on laisse chacun libre de choisir son d&#233;veloppement, qu'on leur donne du plat ou des c&#244;tes, et quelles c&#244;tes que ce soit, je suis persuad&#233; que sur le terrain la directe l'emportera toujours en vitesse&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; en lenteur je n'en sais rien, mais y a-t-il progr&#232;s &#224; aller de plus en plus lentement&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par contre, dans les exp&#233;riences de laboratoire qu'affectionnent les th&#233;oriciens, la r&#233;tro l'emporterait en ce qu'elle permettrait de vaincre une r&#233;sistance qu'en directe on ne pourrait surmonter.&lt;br class='autobr' /&gt;
Placez, par exemple, la roue A B de votre bicyclette sur un support de fa&#231;on que vous puissiez p&#233;daler &#224; vide, puis au moyen d'un frein sur jante, augmentez successivement la r&#233;sistance. Un moment viendra o&#249;, nous assure-t-on, vous ne pourrez plus p&#233;daler en directe tandis qu'en r&#233;tro vous pourrez encore entretenir le mouvement.&lt;br class='autobr' /&gt;
Cela tient, toujours au dire des r&#233;tro&#239;stes, &#224; ce que, en directe, vous n'avez pas cette d&#233;tente finale de la jambe qui, en r&#233;tro, chasse en avant la p&#233;dale arriv&#233;e au bas de sa course et lui fait franchir l'angle de moindre puissance. En directe, c'est par le jeu de la cheville, par la pouss&#233;e en avant sur le cale-pied, et surtout par la vitesse acquise que vous franchissez ce m&#234;me angle. Or, d'une part la vitesse acquise ne vous fait jamais d&#233;faut sur le terrain et, d'autre part, quand la r&#233;sistance augmente, vous avez, en directe, le moyen d'augmenter aussi par la traction des bras sur le guidon la pression du pied sur la p&#233;dale. En r&#233;tro, cette traction est nulle, et quand vous avez mis tout votre poids sur la p&#233;dale, si la machine n'avance pas, il ne vous reste qu'&#224; mettre pied &#224; terre. Il faudrait savoir maintenant de combien la d&#233;tente finale de la jambe dans le coup de p&#233;dale r&#233;tro pour le r&#233;tro&#239;ste et la traction des bras sur le guidon pour le directiste augmentent la puissance effective du cycliste contre les r&#233;sistances habituelles de la route. Si la r&#233;tro ne devait avoir quelque avantage d&#233;cisif &#8212; ce qu'il faudrait encore d&#233;montrer&#8212; que dans les rampes &#224; 30&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;% j'estime qu'il n'y aurait pas lieu d'y attacher trop d'importance. Nous sommes des hommes de pratique et non de th&#233;orie, et avant que ce que je viens d'&#233;crire soit sous les yeux des lecteurs du Cycliste, nous aurons fait, j'esp&#232;re, des exp&#233;riences d&#233;cisives sur le terrain contre les champions de la r&#233;tro.&lt;br class='autobr' /&gt;
On a eu raison de dire que l'on a du col de la Croix-Haute un panorama de montagnes sans &#233;gal. Je ne puis, toutes les fois que je passe par l&#224;, en rassasier mes yeux.&lt;br class='autobr' /&gt;
Nous nous laissons aller sans trop de h&#226;te, bien que le d&#233;sir de d&#233;jeuner au plus vite nous talonne&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; la route est bonne, mais quelques virages un peu secs avant Lalley nous rappellent que nous sommes dans un pays excessivement accident&#233;. &#192; Lalley nous obtenons un excellent d&#233;jeuner, &#339;ufs, beurre et caf&#233; au lait pour un prix tr&#232;s mod&#233;r&#233;. Il est neuf heures quand nous nous remettons en selle et la chaleur est d&#233;j&#224; p&#233;nible&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; il y a de forage dans l'air.&lt;br class='autobr' /&gt;
Jusqu'&#224; l'&#201;bron, torrent qui sort du D&#233;voluy, descente rapide puis remont&#233;e dure suivie de nouvelles descentes et de nouvelles mont&#233;es jusqu'&#224; Mens o&#249; mon compagnon est oblig&#233; de me quitter. Il descend &#224; Vif par le col des Accarias et le pont de Brion, itin&#233;raire tr&#232;s int&#233;ressant, tandis que je vais, en plein soleil, attaquer le roi Saint-S&#233;bastien qui me vaut une bonne su&#233;e, quoiqu'il ne soit ni dur, ni long, mais je me trouve sans doute &#224; la p&#233;riode de d&#233;pression musculaire qui se fait sentir chaque jour &#224; un moment donn&#233;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Une descente douce, du plat, puis une plong&#233;e rapide dans deux ravins successifs dont les pentes nues et st&#233;riles il y a cinq ans, quand j'y passai pour la premi&#232;re fois, commencent &#224; verdoyer par les soins de l'administration foresti&#232;re, et j'arrive sur le plateau de Pellafol, vestibule du D&#233;voluy.&lt;br class='autobr' /&gt;
On ne tarde pas &#224; dominer de tr&#232;s haut le torrent qui se d&#233;roule au pied de formidables falaises de rochers gris&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; la route &#233;troite et sinueuse, munie de parapets aux endroits les plus dangereux, court &#224; flanc du coteau et oblige &#224; une attention soutenue. Le ciel se couvre de nuages&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; le D&#233;voluy, r&#233;gion sauvage et triste, ne veut pas se montrer sous un soleil riant et je me h&#226;te de crainte que l'orage ne me surprenne dans cette gorge o&#249; les abris sont rares. Une masse d'eau &#233;gale au moins en volume &#224; celle de la Souloise, o&#249; elle se jette, jaillit du pied de la montagne&#160;: j'aurais aim&#233; aller voir de pr&#232;s cette source, mais il doit &#234;tre dangereux de circuler au fond du ravin &#224; cause des pierres qui tombent fr&#233;quemment des parois &#224; pic qui le dominent. Je me contente de me rafra&#238;chir &#224; une fontaine bien dispos&#233;e sur le bord de la route, puis celle-ci de plus en plus rocailleuse m'entra&#238;ne vers le torrent que je traverse une premi&#232;re fois presque au ras de l'eau&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; &#224; ma droite, taill&#233;e dans la paroi rocheuse de la montagne, une coupure horizontale que je prenais d'abord pour une route. C'est le canal d'irrigation de la plaine de Pellafol qui emprunte ses eaux &#224; la Souloise. Creuser ce canal dans cette paroi verticale n'a pas &#233;t&#233; un petit travail.&lt;br class='autobr' /&gt;
La faim recommence &#224; me talonner&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; il me tarde d'&#234;tre &#224; Saint-Didier qui m'apparait soudain dans un coin de verdure contrastant avec l'aridit&#233; des pierres d'o&#249; je sors. L'&#233;glise est en contrebas de la route, et sur la place transform&#233;e en boulodrome, on joue aux boules. Je n'aurais pas cru que ce jeu lyonnais, ou plut&#244;t remis en honneur par la presse lyonnaise, f&#251;t pratiqu&#233; aussi assid&#251;ment dans ces pays perdus&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; quand il n'y a pas de place, on joue sur la route et je faillis &#224; Corps recevoir une boule dans mes roues&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; un danger de plus pour les cyclistes.&lt;br class='autobr' /&gt;
Je puis me faire servir &#224; Saint-Didier un bon repas v&#233;g&#233;tarien arros&#233; de lait excellent et je repars &#224; 13 heures sous un soleil ardent celte lois.&lt;br class='autobr' /&gt;
Toute crainte de pluie pour la soir&#233;e est dissip&#233;e, mais l'atmosph&#232;re reste orageuse&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; ce sera pour le lendemain.&lt;br class='autobr' /&gt;
En sortant de Saint-Didier, deux routes se pr&#233;sentent, l'une &#224; droite me permettrait de m'&#233;chapper plus facilement, par Agni&#232;res et La Cluse, de ce cirque que dominent des pics mena&#231;ants, des escarpements farouches, entre lesquels on se sent angoiss&#233;&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; l'autre &#224; gauche me conduira aux &#201;troits et &#224; Saint-&#201;tienne-en-D&#233;voluy, chef-lieu de ce canton mis&#233;rable. Je tourne &#224; gauche&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; une vieille tour en ruines se d&#233;tache sur le ciel bleu. De Saint-Didier, on m'a montr&#233; l'&#233;chancrure par laquelle passe le col du Noyer&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; l'altitude n'en parait pas excessive.&lt;br class='autobr' /&gt;
Les &#201;troits du D&#233;voluy o&#249; j'arrive bient&#244;t ne me donnent pas l'impression que j'en attendais&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; sous le soleil de midi ce passage resserr&#233; n'a rien de tr&#232;s farouche. Le torrent gronde au fond d'une fissure excessivement &#233;troite, aux parois verd&#226;tres, entre lesquelles il doit monter comme le lait sur le feu, &#224; l'&#233;poque des grandes fontes de neige. Aujourd'hui, il y a relativement peu d'eau. Mes compagnons qui pass&#232;rent l&#224; dans la soir&#233;e ressentirent plus que moi l'impression de tristesse et de d&#233;couragement qu'on retrouve dans les r&#233;cits de quelques voyageurs, tant il est vrai que l'&#233;clairage, l'heure, les circonstances exag&#232;rent ou rapetissent les proportions et le caract&#232;re de bien des sites c&#233;l&#232;bres.&lt;br class='autobr' /&gt;
Quelques maisons group&#233;es autour d'une modeste &#233;glise, je suis &#224; Saint-&#201;tienne en D&#233;voluy. De quelque c&#244;t&#233; que l'on regarde, on ne voit que des montagnes anguleuses, grises, ray&#233;es largement par la neige aupr&#232;s de laquelle je vais passer avant d'atteindre le col.&lt;br class='autobr' /&gt;
Je mets pied &#224; terre au pied de la rampe finale&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; l'&#233;pici&#232;re qui me vend quelques cartes postales m'informe que plusieurs cyclistes, parmi lesquels se trouvait une dame, ont assist&#233; le matin &#224; la messe et doivent &#234;tre encore &#224; l'h&#244;tel&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; &#224; l'entr&#233;e m&#234;me du D&#233;voluy, j'avais crois&#233; un autre cycliste qui en sortait, et en montant au col o&#249; pass&#232;rent la nuit mes six compagnons retard&#233;s par divers accidents, j'allais suivre les traces d'un confr&#232;re pass&#233;, me dit le cantonnier, trois heures avant moi. Jamais, au dire de ce brave homme, le D&#233;voluy et surtout le col du Noyer ne vit passer le m&#234;me jour tant de cyclotouristes. Enfin, comme dit l'autre, dans La Revue du &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;T. C.&lt;/span&gt; F., la montagne n'est plus l'apanage des champions&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! Mais le f&#251;t-elle jamais&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;? Les Fischer, Garin, Terront et autres bouffeurs de records encombr&#232;rent-ils jamais les cols du Noyer, du Galibier et du Parpaillon&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;? Que de gens &#233;crivent pour ne rien dire et font faire &#224; chaque ligne faillite au simple bon sens&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;!&lt;br class='autobr' /&gt;
Inutile, n'est-ce pas, de vous confier que je pris pour cette escalade &#224; travers sable et cailloux, mon plus faible d&#233;veloppement, 3 m&#232;tres, et si j'en avais eu un plus petit je me le serais offert sans fausse honte.&lt;br class='autobr' /&gt;
Bien que p&#233;dalant sans pr&#233;cipitation (les tours &#224; la minute n'ont jamais convenu &#224; mes pauvres vieilles jambes), je ne tardai pas &#224; rattraper un brave paysan qui courait apr&#232;s un mulet et qui me pria de le faire arr&#234;ter au col par le cantonnier&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; car, me dit-il, vous arriverez avant moi.&lt;br class='autobr' /&gt;
Voil&#224;, pensai-je, un homme qui se fait une juste id&#233;e de la sup&#233;riorit&#233; de la polymultiplication et qui n'a jamais connu la d&#233;finition du cycliste monomultipli&#233;&#160;: un monsieur qui se prom&#232;ne en poussant &#224; c&#244;t&#233; de lui un v&#233;locip&#232;de. Cette d&#233;finition remonte &#224; 1869&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; elle est malheureusement toujours exacte pour les trois quarts des cyclistes, ainsi que je m'en suis rendu compte ce matin m&#234;me &#224; l'occasion d'une course d'automobiles &#224; la mont&#233;e de Planfoy. Cet &#233;v&#233;nement avait attir&#233; vers la montagne les cohortes de banlieusards qui ne fr&#233;quentent que la plaine et qui, apr&#232;s une vaine tentative d'enlever de haute lutte les 6 kilom&#232;tres &#224; 6 1/4&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;%, avaient pris le train.&lt;br class='autobr' /&gt;
Dans un avenir sans doute prochain, gr&#226;ce aux efforts combin&#233;s des r&#233;tro&#239;stes et des l&#233;vocyclettistes, on pourra s'offrir pour la mont&#233;e des c&#244;tes un train moins rapide encore. Les r&#233;tro&#239;stes parlaient de 4 kilom&#232;tres et demi &#224; l'heure et se croyaient bien malins, mais les levi&#233;ristes ont d&#233;j&#224; abaiss&#233; le record &#224; 3 kilom&#232;tres 600. C'est de La Revue du &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;T. C. F.&lt;/span&gt; de ce mois que nous tirons ces derniers hauts faits des hommes qui ont jur&#233; de pousser jusqu'aux extr&#234;mes limites, usque ad absurdum, les perfectionnements de la bicyclette. Au lieu de prendre le train onze qui fait encore du 5 &#224; l'heure, on prendra le train r&#233;tro qui sera bient&#244;t, je l'esp&#232;re, &#224; 4, ou le train levo qui est actuellement &#224; 3 1/2 kilom&#232;tres, toujours &#224; l'heure, entendons-nous bien.&lt;br class='autobr' /&gt;
Et l'&#201;cole St&#233;phanoise qui s'&#233;tait imagin&#233;e que les perfectionnements devaient tendre &#224; augmenter la vitesse de marche sans augmenter la fatigue, m&#234;me et surtout &#224; la mont&#233;e des routes v&#233;lo&#231;ables les plus dures, qui s'applaudissait de faire le 10&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;% &#224; 10 et le 15&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;% &#224; 8 &#224; l'heure et d'avoir gravi le Ventoux en deux heures et demie&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;!&lt;br class='autobr' /&gt;
Pas de &#231;a, Lisette, le progr&#232;s consiste &#224; faire &#224; bicyclette le Ventoux (22 kilom&#232;tres) en 6 heures, moins vite que les pi&#233;tons qui le font en cinq heures.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le col du Noyer est de la cat&#233;gorie des cols d&#233;cevants, de ces cols que l'on croit tenir alors qu'on en est encore loin, tels le Stelvio en venant de Santa Maria ou de Bormio, le Gothard du c&#244;t&#233; d'Hospenthal. Ce sont des cols &#224; deux &#233;tages s&#233;par&#233;s par un palier ou une pente moindre qui, pendant qu'on gravit la premi&#232;re partie, &#233;loigne et dissimule la seconde. Mon pneu, qui depuis le matin se comportait honn&#234;tement, partage ma d&#233;convenue au point d'en perdre le souffle. Je le sens qui talonne&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; vite un coup de pompe&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; je r&#233;parerai au sommet, mais il faut me livrer deux ou trois fois en un quart d'heure &#224; ce peu agr&#233;able exercice.&lt;br class='autobr' /&gt;
Ah&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! que j'ai chaud&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! pas d'autre ombre que celle des poteaux du t&#233;l&#233;graphe, pas d'autre eau que celle d'un ruisselet qui court &#224; travers un champ de cailloux en contrebas de la route&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; un soleil tropical, une su&#233;e &#224; ne me laisser que les os et la peau. Je rencontre pourtant une cr&#233;ature humaine qui sue encore plus que moi.&lt;br class='autobr' /&gt;
Derri&#232;re le mulet que j'&#233;tais charg&#233; d'arr&#234;ter, trotte une femme dont le visage ruisselle, dont les cheveux coll&#233;s aux tempes &#233;carlates ont perdu toute pr&#233;tention &#224; l'&#233;l&#233;gance. Je la f&#233;licite d'avoir rattrap&#233; le fuyard. &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;C'est que &#231;a vaut de l'argent, une b&#234;te comme &#231;a, me r&#233;pond-elle&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Elle voulait plut&#244;t dire que ce mulet lui &#233;tait utile et valait du travail. C'est &#224; mon avis une fa&#231;on de parler erron&#233;e et f&#226;cheuse que de toujours estimer en argent la valeur utile, c'est-&#224;-dire la valeur de production ou de consommation des objets que l'on poss&#232;de. Cela donne &#224; l'id&#233;e de l'argent consid&#233;r&#233; comme monnaie, dans l'esprit des gens peu cultiv&#233;s, une importance qu'il n'a pas, au pr&#233;judice de l'id&#233;e de travail qui est la seule importante.&lt;br class='autobr' /&gt;
La route, pas fameuse d&#232;s le d&#233;but, finit par n'&#234;tre &#224; quelques endroits qu'un lit de cailloux&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; on n'avance que par sauts et la roue motrice patine fr&#233;quemment. Je c&#244;toie une belle flaque de neige qui alimente un petit bassin o&#249; viennent boire quelques troupeaux &#233;pars &#224; travers les pierres&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; les bergers m'annoncent que je serai bient&#244;t au bout de mes peines. Cela se voit et cela se sent, car l'air devient vif et m&#234;me froid.&lt;br class='autobr' /&gt;
La maison du cantonnier, massive, aux murs &#233;pais, est l&#224; juste au sommet. Mon pneu est plat, je renverse ma machine et proc&#232;de &#224; une inspection m&#233;ticuleuse. Accident bizarre, je trouve, sortant de la chambre &#224; air, tout pr&#232;s de la valve, une mince ar&#234;te de fer rouill&#233;, longue de cinq centim&#232;tres&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! L'enveloppe est intacte, l'ar&#234;te est d'ailleurs entr&#233;e dans la chambre du c&#244;t&#233; de la jante et elle a fait trois petits trous sur le c&#244;t&#233; diam&#233;tralement oppos&#233; pendant que je talonnais. Ce morceau de fer avait d&#251; p&#233;n&#233;trer sous l'enveloppe sans l&#233;ser d'abord la chambre, il avait d&#251; se loger quelque temps tr&#232;s innocemment dans le fond de la jante d'o&#249;, sous une influence inconnue, il avait peu &#224; peu, en se redressant, perc&#233; la chambre et l'emp&#226;ture de la valve qui est en caoutchouc moul&#233;. Je r&#233;pare avec tous les soins possibles, mais &#224; cet endroit-l&#224; les r&#233;parations sont peu durables et j'aurai jusqu'au soir &#224; regonfler souvent ce pneumatique. Peut-&#234;tre aurais-je pr&#233;venu cet accident en passant la main sous mon enveloppe lors du pr&#233;c&#233;dent d&#233;montage&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; c'est une op&#233;ration qu'on devrait toujours faire et au cours de laquelle on trouve parfois une pointe d'&#233;pine, un gravier ou tout autre objet meurtrier &#224; la longue pour la chambre &#224; air. Faute d'avoir pris cette pr&#233;caution, je dus d&#233;monter encore une fois le lendemain matin pour remplacer la pastille coll&#233;e sur l'emp&#226;ture et regonfler ensuite toutes les deux heures jusqu'&#224; mon retour. Que mon exemple puisse servir de le&#231;on &#224; ceux qui se pressent toujours trop en r&#233;parant un pneumatique. Pendant que je travaille, aid&#233; par la femme du cantonnier, une accorte petite brunette, le cantonnier r&#233;pond &#224; mes questions.&lt;br class='autobr' /&gt;
Il est claquemur&#233; par la neige pendant quatre mois sans pouvoir sortir et ce n'est pas tr&#232;s gai l'existence dans cette solitude o&#249; il ne fait vraiment beau comme aujourd'hui que 15 jours par an. Je me f&#233;licite d'avoir choisi un de ces quinze jours-l&#224;. &lt;br /&gt;&#8212; Avez-vous vu passer des automobiles&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;?
&lt;br /&gt;&#8212; Oui, l'an dernier deux petites voitures qui venaient de Gap, et je m'&#233;tonne qu'elles aient pu arriver sans encombre.&lt;br class='autobr' /&gt;
Je m'en suis &#233;tonn&#233; aussi quand j'ai fait, un instant apr&#232;s, la descente sur le Noyer.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le cantonnier donne &#224; boire, &#224; manger, et peut m&#234;me mettre quelques lits &#224; la disposition des voyageurs.&lt;br class='autobr' /&gt;
Mes six compagnons qui n'arriv&#232;rent le soir m&#234;me l&#224;-haut qu'&#224; 20 heures pass&#233;es, en furent enchant&#233;s&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; car ils n'auraient pu, dans l'obscurit&#233;, entreprendre la descente.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#192; leur arriv&#233;e, le cantonnier qui &#233;tait d&#233;j&#224; couch&#233; &#8212; dame, les distractions vesp&#233;rales manquent au col du Noyer &#8212; ne se d&#233;termina &#224; ouvrir qu'apr&#232;s avoir minutieusement inspect&#233; les arrivants. Avec des &#339;ufs, des pommes de terre et du fromage, on improvisa un repas v&#233;g&#233;tarien o&#249; il entra pourtant, m'a-t-on dit, un peu de jambon et l'on eut trois lits pour six.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#192; 15 heures, je commen&#231;ai la descente que je comparerai volontiers &#224; celle du col du Parpaillon vers la vall&#233;e de l'Ubaye par son trac&#233; au flanc d'une montagne d'o&#249; les coul&#233;es de pierres sont chose fr&#233;quente. &#199;&#224; et l&#224;, on trouve la route barr&#233;e par un &#233;boulis&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; on peut passer &#224; la rigueur, mais il est plus prudent de mettre pied &#224; terre. D&#232;s qu'on a franchi les premiers lacets encore bien garnis de neige en cette saison, on aper&#231;oit, l&#224;-bas tout au fond, le village du Noyer o&#249; vraiment il me tardait d'arriver.&lt;br class='autobr' /&gt;
La vue, pendant la descente, s'&#233;tend jusqu'aux sommets du Pelvoux, mais les alentours imm&#233;diats sont bien moins impressionnants qu'au Parpaillon o&#249; il semble qu'on va plonger dans un ab&#238;me insondable quand le brouillard, comme le jour o&#249; nous y pass&#226;mes, masque le fond de l'&#233;troite gorge. Au Noyer, tout le monde est dehors&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; je me fais indiquer la route de Lacoue, marqu&#233;e en pointill&#233; sur ma carte au 1/200 000, mais que le cantonnier m'avait assur&#233; &#234;tre aussi bonne sinon meilleure que celle de Poligny. &#192; la v&#233;rit&#233;, elle n'est pas fameuse et elle a des passages tout &#224; fait d&#233;testables. Enfin, l'on peut rouler et j'arrive cahin caha &#224; la belle route de Gap &#224; la Mure o&#249; je me console de mes tribulations en me laissant filer &#224; la vitesse limite jusqu'au pont sur le Drac.&lt;br class='autobr' /&gt;
De l&#224; &#224; Corps, c'est une succession de raidillons, de descentes rapides, de mont&#233;es longues, de passages ensabl&#233;s &#224; c&#244;t&#233; d'autres passages admirablement roulants, &#224; lasser les monomultipli&#233;s les plus tenaces. Un changement en marche est aussi rendu obligatoire, car les in&#233;galit&#233;s du terrain se succ&#232;dent rapidement.&lt;br class='autobr' /&gt;
Si j'avais eu deux heures de plus, j'aurais fait une incursion rapide dans le Valgaudemar, mais je dus me contenter de jeter un regard d'envie vers cette gorge d'o&#249; sort un torrent presque aussi important que le Drac et par laquelle on p&#233;n&#232;tre jusqu'au c&#339;ur du massif du Pelvoux. Apr&#232;s Corps, la route descend plus qu'elle ne monte, bien que les contrepentes ne manquent pas, et l'on arrive au Pont-Haut apr&#232;s une descente fatigante pour les freins qu'il faut tenir serr&#233;s &#224; cause du mauvais &#233;tat du sol et des sinuosit&#233;s incessantes de la route qui obligent &#224; beaucoup de prudence. Cela n'a pourtant rien de comparable avec la descente du Noyer.&lt;br class='autobr' /&gt;
De Pont-Haut est situ&#233; au fond d'un curieux entassement de montagnes &#233;ventr&#233;es, qui m'avait frapp&#233; quand je passai l&#224; pour la premi&#232;re fois en 1902 en allant au col d'Ornon.&lt;br class='autobr' /&gt;
Tout doucement, je grimpe &#224; la Mure (4500 m&#232;tres et 300 m&#232;tres d'&#233;l&#233;vation) et je descends &#224; 20 heures plus repos&#233; assur&#233;ment que je ne l'&#233;tais en arrivant au col du Noyer, &#224; l'ancien h&#244;tel de la gare d&#233;nomm&#233; maintenant h&#244;tel de la paix.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le nouvel h&#244;tel de la gare, toujours dirig&#233; par M.&#160;Marron, se trouve &#224; c&#244;t&#233; de la gare. Deux de mes amis venant du Vercors y descendaient &#224; la m&#234;me heure et nous pass&#226;mes ainsi la nuit sans nous en douter &#224; cent m&#232;tres les uns des autres.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#192; 2 h. 1/2, r&#233;veil en musique&#160;: vent, pluie, tonnerre, &#233;clairs, toutes les cordes de la lyre vibraient &#224; la fois&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; je me h&#226;tai de fermer les volets et, malgr&#233; le bruit, je ne tardai pas &#224; refermer les yeux. La pluie paraissant devoir durer, je renon&#231;ai &#224; allonger mon itin&#233;raire de retour qui passait par Vinay, Roybon et Saint-Vallier et je me d&#233;cidai de rentrer par le plus court. Grenoble, Saint-Etienne de Saint-Geoirs et Andance. J'avais donc du temps de reste et je pouvais dormir tranquillement.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#192; 7 heures, il pleuvait encore, &#224; 8 heures il pleuvait toujours&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; mais &#224; 9 heures le soleil fit une risette et je partis. Un kilom&#232;tre plus loin je dus d&#233;rouler le manteau et la pluie se remit &#224; tomber plus drue que jamais. La route &#233;tait d&#233;fonc&#233;e, ravin&#233;e, pleine d'eau&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; la descente Laffrey-Vizille me parut longue, interminable&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; je la fis sous la pluie &#224; une allure de tortue&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; mes deux freins sur jante tinrent bon heureusement, mais j'&#233;tais dans les transes. Assis tr&#232;s en arri&#232;re, presque sur mon porte-bagage, j'avais fort &#224; faire pour &#233;viter les trop profondes orni&#232;res, et pour ne pas d&#233;raper dans le sable que la plaie avait amoncel&#233; et qui parfois barrait compl&#232;tement la route. De temps en temps, je m'arr&#234;tai pour laisser mes jantes se refroidir et mes nerfs se calmer et j'en profitai pour admirer, malgr&#233; la brume et la pluie, au-dessous de moi, l'&#233;troit vallon de la Romanche et V&#239;zille se rapprochant de plus en plus. La pluie me laissa quelque r&#233;pit jusqu'&#224; Grenoble que je traversai de 11 heures et demie &#224; midi, mais elle recommen&#231;a ensuite de plus belle. Bref, de 9 heures &#224; 15 heures, je p&#233;dalai sous les cataractes c&#233;lestes et ne m'en portai pas plus mal pour cela. &#192; 19 heures, j'&#233;tais &#224; Annonay ou j'oubliais les p&#233;rip&#233;ties de mon excursion aupr&#232;s de l'aimable famille de mon ami F&#233;asson, un r&#233;tro&#239;ste de la premi&#232;re heure, plus convaincu que jamais de la sup&#233;riorit&#233; de la r&#233;trodirecte, mais admettant cependant que le r&#233;trop&#233;dalage peut ne pas &#234;tre &#233;galement avantageux pour tous les cyclistes.&lt;br class='autobr' /&gt;
La peste soit des gens qui, ayant enfourch&#233; un dada, veulent que tout le monde monte en croupe et traitent plus ou moins ouvertement d'&#226;nes b&#226;t&#233;s les r&#233;calcitrants&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! C'est contre eux que se retournent leurs railleries enfantines. Que penseriez-vous de moi si, parce que je suis satisfait de la tige de selle oscillante, je pr&#233;tendais que tous les cyclistes doivent l'adopter&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;?&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Dr&#244;me </title>
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		<dc:creator>velovi</dc:creator>


		<dc:subject>Dr&#244;me</dc:subject>

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&lt;p&gt;Parmi les vall&#233;es qui rejoignent l'axe principal du Rh&#244;ne, il en est une qui fut tr&#232;s pris&#233;e de Paul de Vivie, la vall&#233;e de la Dr&#244;me. &#192; Die, le col du Rousset &#233;tait une porte appr&#233;ci&#233;e du Vercors, et son refuge dont nous devinons aujourd'hui les traces pr&#232;s de l'ancien tunnel &#233;tait fr&#233;quent&#233; par les premiers cyclotouristes. Paul de Vivie &#233;tait amateur de la clairette de l'&#233;tablissement, en exception &#224; son r&#233;gime alimentaire. Plus en amont de la vall&#233;e, les cols de Men&#233;e ou de Grimone&#160;(&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="http://velotextes.fr/spip.php?rubrique38" rel="directory"&gt;Paul de Vivie au fil du Rh&#244;ne&lt;/a&gt;

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&lt;a href="http://velotextes.fr/spip.php?mot147" rel="tag"&gt;Dr&#244;me&lt;/a&gt;

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 <content:encoded>&lt;img src='http://velotextes.fr/IMG/logo/valleedeladrome.jpg' class=&#034;spip_logo spip_logo_right&#034; alt=&#034;&#034; style='max-width: 150px;max-width: min(100%,150px); max-height: 150px' /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Parmi les vall&#233;es qui rejoignent l'axe principal du Rh&#244;ne, il en est une qui fut tr&#232;s pris&#233;e de Paul de Vivie, la vall&#233;e de la Dr&#244;me. &#192; Die, le col du Rousset &#233;tait une porte appr&#233;ci&#233;e du Vercors, et son refuge dont nous devinons aujourd'hui les traces pr&#232;s de l'ancien tunnel &#233;tait fr&#233;quent&#233; par les premiers cyclotouristes. Paul de Vivie &#233;tait amateur de la clairette de l'&#233;tablissement, en exception &#224; son r&#233;gime alimentaire. Plus en amont de la vall&#233;e, les cols de Men&#233;e ou de Grimone ouvraient aux grandes randonn&#233;es alpines de plusieurs journ&#233;es. Sur le tard de sa carri&#232;re, il appr&#233;ciait d'autant cette vall&#233;e que ses excursions vers le sud le portaient moins loin, et qu'il y retrouvait le soleil, parfois &#224; l'exc&#232;s comme lors de la journ&#233;e du 14&#160;juillet 1923.&lt;/p&gt;
&lt;section class=&#034;sommaire-section sommaire-section_niveau1 sommaire-section_h3&#034; aria-labelledby=&#034;PROMENADE-DE-SANTE-1914&#034;&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034; id='PROMENADE-DE-SANTE-1914'&gt;&lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;PROMENADE&lt;/span&gt; &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;DE&lt;/span&gt; &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;SANT&lt;/span&gt;&#201;, 1914&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#8239;Le massif de Rochecourbe qui, par ses murailles &#224; pic, d&#233;fend la for&#234;t de Saou, se profilait voil&#233; de brume, &#224; ma gauche, et la vue &#233;tait born&#233;e &#224; droite par les collines entre lesquelles la route se faufile. Un premier petit col m'amena au pied des derniers contreforts du massif, et la descente m'entra&#238;na rondement jusqu'&#224; Saou village flanqu&#233; de formidables escarpements, qui d&#233;fend l'entr&#233;e de la vall&#233;e o&#249; se r&#233;fugi&#232;rent, dit-on, les d&#233;bris de l'invasion sarrasine, apr&#232;s la victoire de Charles-Martel.&lt;br class='autobr' /&gt;
Mont&#233;e douce ensuite, le long d'un ruisseau jusqu'&#224; Bourdeaux, domin&#233; par des pans de murs mena&#231;ant ruine et qui indiquent qu'il y avait l&#224; un ch&#226;teau fort de quelque importance.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le facteur que je rencontre &#224; Crupies et &#224; qui je demande si je suis bien sur la route de Nyons, ne peut s'emp&#234;cher de s'&#233;crier que Nyons c'est bien loin et que la mont&#233;e est longue. Elle ne se fait vraiment sentir qu'apr&#232;s Bouvi&#232;re et le soleil aussi se fait sentir&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! Mais nombreux sont les ruisseaux, et l'eau est fra&#238;che&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; je me d&#233;salt&#232;re &#224; plusieurs reprises. Quelques derniers lacets dans un sol plein d'orni&#232;res et de cailloux, o&#249; l'on a de la peine &#224; se tenir, et me voici au col de la Sauce, passage assez fr&#233;quent&#233;, &#224; en juger par les routiers que j'y croise et les traces des charrois. La vue reste born&#233;e, de toutes parts s'&#233;l&#232;vent des collines derri&#232;re lesquelles on en devine d'autres.&lt;br class='autobr' /&gt;
Je me laisse aller sans trop de h&#226;te, afin de ne pas manquer le d&#233;fil&#233; des Trente Pas, que je dois traverser au cours de la descente. Le voici&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; un gendarme se profile sur l'horizon et annonce l'entr&#233;e du d&#233;fil&#233; qui n'est pas tr&#232;s impressionnant. Un vague tunnel, sous lequel je rencontre un autre facteur qui pousse sa bicyclette, quelques rochers surplombant la route, d'assez beaux &#224;-pics de l'autre c&#244;t&#233; du ruisseau, et c'est fini&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; m&#234;me en montant, ce ne doit pas &#234;tre long.&#8239;&lt;br class='autobr' /&gt;
Le vallon s'&#233;largit et j'entre dans la vall&#233;e de l'Aygues, &#224; quelques kilom&#232;tres de Nyons, que je laisse &#224; droite&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; mon itin&#233;raire me fait remonter l'Aygues jusqu'au ruisseau l'Ennuy&#233;, qui me conduit par une rampe insensible &#224; Sainte-Jalle, petit village ombrag&#233;, o&#249; l'eau est abondante, et o&#249; je suis tent&#233; de m'arr&#234;ter pour d&#233;jeuner&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; je n'y vois pas d'auberge proprette, un peu en dehors de l'agglom&#233;ration, qui me tente, et je passe sans me douter que j'allais m'&#233;lever dare dare de 400 m&#232;tres en plein soleil.&lt;br class='autobr' /&gt;
Dieu&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! que ce col de Dey m'a paru long et chaud&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! il fallut avoir recours &#224; la coiffure des jours caniculaires, le linge mouill&#233; sur le cr&#226;ne&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; la route, d'ailleurs tr&#232;s roulante, tourne et retourne, revient sur elle-m&#234;me, et l'on finit tout en haut par se trouver sur le bord d'un immense entonnoir, au fond duquel on aper&#231;oit les maisons grises de Saint-Jalle, tout cela inond&#233; d'une intense lumi&#232;re.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#192; peine a-t-on pass&#233; sur l'autre versant qu'on est clou&#233; sur place par le changement de d&#233;cor, &#224; se croire transport&#233; en pleines Alpes. Ce torrent aux eaux verd&#226;tres qu'on aper&#231;oit tout &#224; coup &#224; 400 m&#232;tres au-dessous de soi, n'est-ce pas le Verdon, roulant ses eaux &#233;cumantes au pied d'une montagne abrupte&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;? Ce n'est pourtant que l'Ouv&#232;ze.&lt;br class='autobr' /&gt;
Des lacets bien sentis m'emm&#232;nent rondement et m'obligent &#224; des coups de frein dont le f&#226;cheux effet sur mon pneu arri&#232;re ne tardera pas &#224; se manifester&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; mais je suis tout &#224; l'admiration de ce site impr&#233;vu. Pour gagner le fond de la gorge o&#249; l'Ouv&#232;ze se d&#233;bat entre les rochers et o&#249; je vois de tr&#232;s haut serpenter ma route, il me faut aller faire un long d&#233;tour &#224; gauche, si long que je crus un moment que je me trompais.&lt;br class='autobr' /&gt;
Je traverse enfin le torrent et me voici &#224; Buis-les-Baronnies, o&#249;, non contents de l'ombre &#233;paisse que r&#233;pandent des arbres centenaires, les habitants se logent dans des maisons pr&#233;c&#233;d&#233;es de vo&#251;tes sombres et obscure, plus semblables &#224; des caves qu'&#224; des portiques. De pareilles demeures sous notre ciel humide ne seraient bonnes qu'&#224; faire moisir les fromages&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; mais sous ce beau ciel ensoleill&#233; du Midi, les caves elles-m&#234;mes sont habitables.&lt;br class='autobr' /&gt;
Je ne sais pas au juste l'heure qu'il est&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; cependant, je sens que les deux croissants qui m'amen&#232;rent au col de la Sauce sont loin et qu'il est temps de mettre de l'huile dans la lampe. Je me mets donc, chemin faisant, &#224; chercher l'auberge isol&#233;e, proprette et avenante, qui me pla&#238;t plus que l'h&#244;tel et que je trouve juste &#224; l'entr&#233;e de la route que je dois suivre en quittant la vall&#233;e de l'Ouv&#232;ze, pour contourner &#224; l'est le mont Ventoux.&lt;br class='autobr' /&gt;
Halte d&#233;licieuse pendant 30 ou 40 minutes, &#224; l'ombre, devant une bouteille de bi&#232;re, une assiett&#233;e d'olives noires et quelques cerises, qu'une charmante enfant alla cueillir s&#233;ance tenante.&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;i&gt;V&#233;locio, &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#8239;Promenade de sant&#233;&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;, Le Cycliste, Mai 1914, p.130-134,Source Archives D&#233;partementales de la Loire, cote &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;IJ871&lt;/span&gt;/3&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/section&gt;&lt;section class=&#034;sommaire-section sommaire-section_niveau1 sommaire-section_h3&#034; aria-labelledby=&#034;RANDONNEES-EXPERIMENTALES-1921&#034;&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034; id='RANDONNEES-EXPERIMENTALES-1921'&gt;&lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;RANDONN&lt;/span&gt;&#201;&lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;ES&lt;/span&gt; &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;EXP&lt;/span&gt;&#201;&lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;RIMENTALES&lt;/span&gt;, 1921&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#8239;Jusqu'&#224; Tournon, la route avait &#233;t&#233; convenable, mais je m'attendais &#224; trouver bien mauvaise la rive gauche de Tain &#224; Valence&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; je fus donc agr&#233;ablement surpris en constatant que, sauf en quelques passages autour du Pont-d'Is&#232;re par exemple, on avait r&#233;par&#233; et qu'on pouvait rouler &#224; bonne allure sans inconv&#233;nient. De Valence, o&#249; je marque un petit arr&#234;t aupr&#232;s d'une fontaine, je file par Beaumont et Montmeyran&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; cailloux et t&#234;tes de chat m'obligent tout d'abord &#224; aller moins vite, mais peu &#224; peu, le sol s'am&#233;liore et, le vent aidant, j'arrive rapidement &#224; Crest o&#249; je trouve la toujours tr&#232;s belle route de la vall&#233;e de la Dr&#244;me. &#192; 8 heures, j'&#233;tais attabl&#233; dans un petit caf&#233;, &#224; Saillans, devant une tasse de caf&#233; chaud dans lequel je trempais un peu de pain tir&#233; du sac, co&#251;t : 30 centimes, le prix d'avant guerre&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! Cette route est jolie depuis Livron&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; la vall&#233;e qu'elle remonte, d'abord entre de modestes collines, puis entre des montagnes tr&#232;s escarp&#233;es qui la serrent parfois jusqu'&#224; l'&#233;trangler, &#224; gauche les sommets du Vercors, &#224; droite les escarpements de Rochecourbe, cette vall&#233;e est tr&#232;s fertile, tr&#232;s peupl&#233;e et par cons&#233;quent tr&#232;s cultiv&#233;e&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; les cigales, surtout apr&#232;s Saillans, y font un bruit &#233;tourdissant et l'on s'y croirait au pays des f&#233;libres&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; les moissons y sont d'un jaune dor&#233;, rutilant, flamboyant, c'est de l'or qui ondoie sous la brise&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; le pain fait d'un tel froment doit &#234;tre plus nourrissant, &#233;lus vivifiant que celui des p&#226;les &#233;pis de notre Forez moins ensoleill&#233;.&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;i&gt;V&#233;locio, &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#8239;Randonn&#233;es exp&#233;rimentales&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;, Le Cycliste, Sept 1921, p.65-70, Source Archives D&#233;partementales de la Loire, cote &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;IJ871&lt;/span&gt;/3&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/section&gt;&lt;section class=&#034;sommaire-section sommaire-section_niveau1 sommaire-section_h3&#034; aria-labelledby=&#034;MON-14-JUILLET-1923&#034;&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034; id='MON-14-JUILLET-1923'&gt;&lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;MON&lt;/span&gt; 14&#160;&lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;JUILLET&lt;/span&gt;, 1923&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#8239;Surprise charmante, le vent, de contraire me devient favorable dans cette belle vall&#233;e de la Dr&#244;me qui me pla&#238;t beaucoup, je ne sais pourquoi&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; peut-&#234;tre parce que la route y est toujours en tr&#232;s bon &#233;tat ou qu'elle me rappelle le Midi avec ses cigales assourdissantes, ses moissons rutilantes, ses luzernes vert sombre qui attestent la fertilit&#233; de son sol bien arros&#233; par les d&#233;rivations de la rivi&#232;re.&lt;br class='autobr' /&gt;
Je m'&#233;tais dit en partant : Tu finiras ce soir l'&#233;tape dans un de ces petits villages &#233;chelonn&#233;s apr&#232;s Embrun, o&#249; la Provence envoie ses estivants et tu n'auras demain que la grimpette du Lautaret puis la fl&#226;nerie des 90 km. de descente jusqu'&#224; Grenoble. Mais il fallait en rabattre&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; d&#232;s Valence, je n'esp&#233;rais plus atteindre qu'Embrun&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; &#224; Crest, je m'estimais heureux si je pouvais arriver le soir &#224; Gap et pendant que je d&#233;jeunais dans un petit restaurant au del&#224; d'Aouste, pr&#232;s d'un pont fra&#238;chement reconstruit, dont la disparition deux ans auparavant avait failli me jouer un mauvais tour, je ne me voyais plus terminer l'&#233;tape qu'&#224; Veynes d'o&#249;, par un train matinal, j'aurais gagn&#233; Brian&#231;on le lendemain. Ainsi s'effilochaient mes projets au souffle du sirocco&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! Une omelette, un peu de fromage et les abricots de Crest, d'excellent pain, de la bi&#232;re et du caf&#233; furent les &#233;l&#233;ments de ce repas qui ne me fut compt&#233; que 3 francs, alors qu'on me fit payer ailleurs, dans une infime auberge, 1 fr. 50 pour une trempette de pain dans un bol d'eau sucr&#233;e, rougie d'un demi-verre de vin&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;!&lt;br class='autobr' /&gt;
[...]&lt;br class='autobr' /&gt;
&#192; 14 heures, je rentrais dans la fournaise, sans enthousiasme, et le voisinage de Rochecourbe, dont le profil caract&#233;ristique s'aper&#231;oit si nettement de nos montagnes, ne m'emballe pas. Je cherchais un coin de pr&#233; bien ombrag&#233; o&#249; j'aurais volontiers pris une heure de repos. Faute de grives, on se contente de merles et, faute d'un pr&#233;, je finis par m'&#233;tendre sur le talus de la route o&#249; je ne demeurai pas longtemps pour cause d'inconfortabilit&#233;. Une bouteille, de limonade absorb&#233;e &#224; Saillans me remit un peu de fra&#238;cheur dans le sang et je b&#226;clais assez vivement les 22 km. qui me s&#233;paraient encore de Die o&#249; je passais &#224; 16 heures en commen&#231;ant &#224; douter assez fortement d'&#234;tre &#224; Veynes avant la nuit.&lt;br class='autobr' /&gt;
[...]&lt;br class='autobr' /&gt;
Le vent s'&#233;tait un peu calm&#233;, mais le soleil me semblait encore plus chaud qu'&#224; midi et les 18 km. de Die &#224; Luc, qui n'ont d'ailleurs rien d'int&#233;ressant, me parurent bien longs, tant et si bien qu'&#224; Luc je m'avouai vaincu et fis un t&#234;te-&#224;-queue qui me ramena tr&#232;s vite, car le vent devenait ainsi favorable, &#224; l'h&#244;tel qu'on trouve en face de la gare de Die, o&#249; j'ai toujours &#233;t&#233; bien re&#231;u. Il &#233;tait 18 heures, j'aurais eu le temps de grimper au col du Rousset et peut-&#234;tre l'aurais-je fait si le flanc de la montagne o&#249; serpentent les lacets bien connus avaient &#233;t&#233; dans l'ombre&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; or, dans cette gorge resserr&#233;e, comme dans un creuset, le soleil dardait ses flammes, j'aurais &#233;t&#233; cuit, volatilis&#233; avant d'arriver &#224; mi-chemin et mon &#233;tape du 14&#160;juillet, qui devait &#234;tre de 300 km., se r&#233;duisit &#224; 200&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; mais s'il est vrai qu'une longue exposition au soleil permet au corps humain d'emmagasiner de la chaleur pour longtemps, je n'aurai pas besoin d'acheter du charbon cet hiver.&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;i&gt;V&#233;locio, &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#8239;Mon 14&#160;juillet&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;, Le Cycliste, Sept.-Oct. 1923, p.89-92, Source Archives D&#233;partementales de la Loire, cote &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;IJ871&lt;/span&gt;/4&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/section&gt;&lt;section class=&#034;sommaire-section sommaire-section_niveau1 sommaire-section_h3&#034; aria-labelledby=&#034;EXCURSIONS-DU-CYCLISTE-SEPTEMBRE-OCTOBRE-1925&#034;&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034; id='EXCURSIONS-DU-CYCLISTE-SEPTEMBRE-OCTOBRE-1925'&gt;
&lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;EXCURSIONS&lt;/span&gt; &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;DU&lt;/span&gt; &#8220;&lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;CYCLISTE&lt;/span&gt;&#8221;, &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;SEPTEMBRE&lt;/span&gt; &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;OCTOBRE&lt;/span&gt; 1925&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#8239;Quant &#224; cette vall&#233;e de la Dr&#244;me, je ne m'en lasse pas&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; j'y trouve le ciel et les impressions du Midi, de mon pays natal, pas de cypr&#232;s, ni d'oliviers pourtant, mais des cigales, de la poussi&#232;re blanche et un soleil &#224; cuire les &#339;ufs : elle a, de plus que le Midi, les pics anguleux de Rochecourbe et du Vercors o&#249; les derni&#232;res neiges fondent sous les morsures de Ph&#233;bus qui me br&#251;le le cr&#226;ne&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! Ah&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! le coquin, qui m'obligea, le 14&#160;juillet, 1923, &#224; capituler, &#224; m'arr&#234;ter &#224; Die &#224; 16 heures, alors que j'&#233;tais parti pour une &#233;tape de 40 heures&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! Il est, certes, moins chaud aujourd'hui et il n'est pas aggrav&#233; par le sirocco qui, ce jour-l&#224;, embrasait l'atmosph&#232;re&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; il ne m'en force pas moins &#224; me doucher sous la fontaine &#224; Pontaix, curieux village dont les maisons baignent dans la rivi&#232;re qui finira, &#224; force d'en ronger les fondations, par les emporter&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; car elle n'y va pas de main morte aujourd'hui, grossie qu'elle est d&#233;j&#224; par les nombreux ruisseaux qu'elle a bus depuis son d&#233;part de Valdr&#244;me, qui n'est pas tr&#232;s loin. Elle me rappelle, par sa couleur caf&#233; au lait, une excursion que je fis en 1907 dans ces parages sur une motorette Terrot, qui marchait d'ailleurs &#224; ravir, mais qui m'obligeait &#224; ne pas quitter la route des yeux et &#224; m'occuper de son alimentation et de ses manettes, de sorte qu'en fait de paysage, je ne vis ce jour-l&#224; que la nuance caf&#233; au lait de la Dr&#244;me, o&#249; j'avais failli &#234;tre d&#233;barqu&#233;.&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;i&gt;V&#233;locio, &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#8239;Excursions du &#8220;Cycliste&#8221;&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;, Le Cycliste, sept-oct 1925, p.77-81, Source Archives D&#233;partementales de la Loire, cote &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;IJ871&lt;/span&gt;/4&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_307 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='http://velotextes.fr/IMG/jpg/b263626101_12k_r.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='http://velotextes.fr/local/cache-vignettes/L500xH376/b263626101_12k_r-4dbbc.jpg?1788127343' width='500' height='376' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.lempreinte.valenceromansagglo.fr/sortie-est-sur-la-route-nationale-n-93-vers-1905-le-grand-batiment-de-face-est-l-orphelinat,B263626101_12K.htm&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;https://www.lempreinte.valenceromansagglo.fr/sortie-est-sur-la-route-nationale-n-93-vers-1905-le-grand-batiment-de-face-est-l-orphelinat,B263626101_12K.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_310 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='http://velotextes.fr/IMG/jpg/b263626101_x65_r.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='http://velotextes.fr/local/cache-vignettes/L500xH376/b263626101_x65_r-6945a.jpg?1788127343' width='500' height='376' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt; &lt;p&gt;Le Refuge du col du Rousset&lt;br class='autobr' /&gt;
Source &lt;a href=&#034;http://www.lempreinte.valenceromansagglo.fr&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;www.lempreinte.valenceromansagglo.fr&lt;/a&gt;, cote b263626101_x65_r&lt;/p&gt;&lt;/section&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>EXCURSIONS DOMINICALES DE V&#201;LOCIO (juin 1900)</title>
		<link>http://velotextes.fr/spip.php?article417</link>
		<guid isPermaLink="true">http://velotextes.fr/spip.php?article417</guid>
		<dc:date>2019-12-04T12:15:51Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>velovi</dc:creator>


		<dc:subject>Paul de Vivie, dit V&#233;locio</dc:subject>
		<dc:subject>Entre 1900 et 1914</dc:subject>
		<dc:subject>1900</dc:subject>
		<dc:subject>Col de Rousset</dc:subject>
		<dc:subject>Allier</dc:subject>
		<dc:subject>Dr&#244;me</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;&#8220;Notre excursion de la Pentec&#244;te dans le Vercors a &#233;t&#233; contrari&#233;e par le mauvais temps qui nous a oblig&#233; de l'&#233;courter et de supprimer les deux crochets facultatifs sur la for&#234;t de Saou et sur Autrans-Villard de Lans.&#8221;&lt;/p&gt;

-
&lt;a href="http://velotextes.fr/spip.php?rubrique35" rel="directory"&gt;1896-1900 P&#233;riode h&#233;ro&#239;que&lt;/a&gt;

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&lt;a href="http://velotextes.fr/spip.php?mot1" rel="tag"&gt;Paul de Vivie, dit V&#233;locio&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://velotextes.fr/spip.php?mot11" rel="tag"&gt;Entre 1900 et 1914&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://velotextes.fr/spip.php?mot76" rel="tag"&gt;1900&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://velotextes.fr/spip.php?mot85" rel="tag"&gt;Col de Rousset&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://velotextes.fr/spip.php?mot143" rel="tag"&gt;Allier&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://velotextes.fr/spip.php?mot147" rel="tag"&gt;Dr&#244;me&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;Par V&#233;locio, Le Cycliste, 1900,&lt;br class='autobr' /&gt;
Source Archives D&#233;partementales de la Loire&lt;br class='autobr' /&gt;
Per1328_7&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;3 et 4&#160;juin.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Notre excursion de la Pentec&#244;te dans le Vercors a &#233;t&#233; contrari&#233;e par le mauvais temps qui nous a oblig&#233; de l'&#233;courter et de supprimer les deux crochets facultatifs sur la for&#234;t de Saou et sur Autrans - Villard de Lans.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le d&#233;part, fix&#233; d'abord &#224; 2 heures du matin, n'a eu lieu, &#224; cause de la pluie, qu'&#224; 7 heures&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; nous passons au col du Grand-Bois &#224; 8 heures 1/2 (mont&#233;e p&#233;nible, &#224; cause de la boue)&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; sur l'autre versant, la route est tr&#232;s bonne&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; aussi est-il possible de rattraper un peu le temps perdu et nous sommes &#224; Andance (53 kilom&#232;tres) par Boulieu, &#224; 9 heures 45&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; &#224; Tournon, o&#249; nous franchissons le Rh&#244;ne, &#224; 10 heures 40, et &#224; Valence (92 kilom&#232;tres), &#224; 11 heures et demie.&lt;br class='autobr' /&gt;
Pendant que nous traversons lentement la ville, la pluie commence &#224; tomber&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; nous continuons cependant &#224; 11 heures 50 et la boue contre laquelle nous n'avons pas de protection nous force &#224; aller lentement jusqu'&#224; Crest (123 kilom&#232;tres), o&#249; nous faisons halte pour d&#233;jeuner de 2 &#224; 3 heures&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; la pluie persiste, nous nous munissons de garde-boue de fortune en carton qui remplissent bien leur fonction et nous permettent d'accentuer l'allure et d'arriver &#224; Die (150 kilom&#232;tres) &#224; 5 heures 1/2.&lt;br class='autobr' /&gt;
La pluie a cess&#233;&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; il faut que nous grimpions encore avant la nuit au refuge du col de Rousset (180 kilom&#232;tres), &#224; 1.400 m&#232;tres d'altitude, o&#249; nous trouverons le g&#238;te et la table.&lt;br class='autobr' /&gt;
Die n'est qu'&#224; 400 m&#232;tres, il s'agit donc de s'&#233;lever d'un trait de 900 m&#232;tres en 13 kilom&#232;tres, car jusqu'&#224; Chamaloc, on ne s'&#233;l&#232;ve que de 100 m&#232;tres environ. &#192; 8 heures (multiplication 3m,30) nous atteignons le bout des intermi&#173;nables lacets que fait au flanc de la montagne cette route tr&#232;s dangereuse &#224; la descente, si l'on n'est pas arm&#233; en cons&#233;quence. Nous sommes surpris de ne trouver l&#224;-haut aucun autre touriste&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; quatre cyclistes lyonnais ont pass&#233; le matin, c'est tout et c'est bien peu pour un jour de Pentec&#244;te.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le lundi matin d&#233;part &#224; 5 heures, travers&#233;e du tunnel de 600 m&#232;tres (tr&#232;s d&#233;sagr&#233;able) et entr&#233;e dans le Vercors&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; les routes de ce c&#244;t&#233; sont encore boueuses&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; descente presque ininterrompue jusqu'&#224; Pont-en-Royans (38 kilom&#232;tres), o&#249; nous trouvons la Bourne que nous allons remonter jusqu'&#224; la Balme de Rencurel. La boue &#233;paisse et collante, les orni&#232;res profondes rendent la route presque impraticable et nous occasionnent de nombreuses glissades. Arr&#234;t &#224; la Balme (50 kilom&#232;tres), de 9 heures 15 &#224; 10 heures et petit d&#233;jeuner. En quittant la Balme, nous prenons &#224; gauche le chemin du col de Romeyre, &#233;troit, pierreux, mais exempt de boue. Mont&#233;e de 8 kilo&#173;m&#232;tres, puis descente de 14 kilom&#232;tres jusqu'&#224; Saint-Gervais par le Pas de l'&#201;chelle qui est le clou de cette excursion si riche pourtant en beaut&#233;s naturelles. Arr&#234;t pour d&#233;jeuner de 1 heure &#224; 2 heures 1/2 &#224;l'Albene (78 kilom&#232;tres).&lt;br class='autobr' /&gt;
Retour par Vinay, Saint-&#201;tienne de saint- Geoirs, Moras, Andance, Boulieu (170 kilom&#232;tres), Bourg-Argental, La R&#233;publique et rentr&#233;e Saint-&#201;tienne (210 kilom&#232;tres) &#224; minuit.&lt;br class='autobr' /&gt;
D&#233;pense totale par personne pour les deux jours 9 fr. 75.&lt;br class='autobr' /&gt;
Incidents Deux perforations de pneumatiques et une p&#233;dale fauss&#233;e dans une chute sous le tunnel, occasionnent trois arr&#234;ts forc&#233;s d'environ 30 minutes chacun, pendant la matin&#233;e de lundi.&lt;br class='autobr' /&gt;
Rencontres Un assez grand nombre de cyclistes parmi lesquels deux groupes de 8 &#224; 10 personnes grimpant au col de Rousset et un groupe de 5 ou 6 cyclistes st&#233;phanois descendant &#224; Pont-en-Royans&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; de nombreux excursionnistes &#224; pied ou en voiture&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; pas un seul chauffeur, tricycle ou automobile.&lt;br class='autobr' /&gt;
Cet itin&#233;raire est un des plus int&#233;ressants &#224; la port&#233;e des cyclistes st&#233;phanois, surtout si, favoris&#233;s par le temps, ils peuvent visiter la for&#234;t de Saou et remonter jusqu'&#224; Villard-de-Lans et Autrans.&lt;br class='autobr' /&gt;
Ses principales attractions sont la vall&#233;e de la Dr&#244;me, la vue sur le massif du Saou. le col du Rousset et son magnifique panorama, les prairies et les for&#234;ts du Vercors, les Goulets, Pont-en-Royans, les Gorges-de-la-Bourne de Choranche &#224; la Balme qui en maints endroits ne le c&#232;dent en rien &#224; la partie comprise entre le Pont-de-Goule-Noire et le plateau sup&#233;rieur qu'on fera bien n&#233;anmoins, si l'on n'a pas le temps de monter &#224; Villard-de-Lans, d'aller visiter avant de s'&#233;loigner de la Balme&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; il ne faut pour cela qu'une petite heure.&lt;br class='autobr' /&gt;
Mais la curiosit&#233; la plus remarquable est incontestablement le Pas-de-l'&#201;chelle d'o&#249; la vue s'&#233;tend fort loin par dessus la vall&#233;e de l'Is&#232;re.&lt;br class='autobr' /&gt;
La route de la Balme &#224; Saint-Gervais est tr&#232;s v&#233;lo&#231;able, sauf en quelques passages un peu encombr&#233;s par les &#233;boulements et o&#249; il est prudent, &#224; la descente, de ralentir. Belle descente, de plusieurs kilom&#232;tres pour arriver &#224; Saint-&#201;tienne-de-Saint-Geoirs.&lt;br class='autobr' /&gt;
Toutes les mont&#233;es de ce parcours sont faisables avec de faibles d&#233;veloppements, avec un bon frein et une grande multiplication&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; &#224; plus forte raison avec un frein &#224; roue libre, les descentes peuvent &#234;tre rapidement exp&#233;di&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;17&#160;juin&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'excursion du 17&#160;juin dans la Haute-Loire, favoris&#233;e par un tr&#232;s beau temps, a r&#233;uni 4 cyclotouristes qui sont rentr&#233;s sans fatigue anormale.&lt;br class='autobr' /&gt;
Nous partons trois de Bellevue, &#224; 2 heures et demie du matin&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; premier d&#233;jeuner &#224; Saint-Maurice-de-Lignon, la mont&#233;e du Pont-de-Lignon (2 kilom&#232;tres pente moyenne de 13&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;%) a &#233;t&#233; enlev&#233;e, malgr&#233; le sol ravin&#233;, avec d&#233;veloppement de 3m,30&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; passage &#224; Yssingeaux, Le Pertuis, Saint-Julien-Chapteuil, sans autres arr&#234;ts que ceux occasionn&#233;s par des accidents successifs&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; &#224; Boussoulet, au pied du Meygal, second d&#233;jeuner de l&#224; mes deux compagnons filent directement par les Barraques et le Pont de Mars sur Saint-Agr&#232;ve o&#249; ils arrivent &#224; 11 heures et quart, pendant que je vais visiter le lac de Saint Front, altitude 1.230 (quelques kilom&#232;tres de chemin tr&#232;s rocailleux), rallier ensuite &#224; travers champs, &#224; 1.300 m&#232;tres d'altitude, la route de Saint-Front aux Estables dont je suis &#224; 11 kilom&#232;tres de route &#224; peu pr&#232;s plate, tandis que 6 kilom&#232;tres &#224; peine me s&#233;parent en ligne directe du mont Mezenc o&#249; j'aper&#231;ois encore quelques lambeaux de neige&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; je descends le Lignon pendant quelques kilom&#232;tres, monte &#224; Fay-le-Froid et m'engage sur une tr&#232;s belle route qui, par une descente rapide et ininterrompue de 12 &#224; 15 kilom&#232;tres m'am&#232;ne dans la vall&#233;e de l'Erieux entre Saint-Martin-de-Valamas et Saint-Julien-de-Bouti&#232;re (altitude 600 m&#232;tres)&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; il me faut alors remonter (tant&#244;t avec 4m,40 tant&#244;t avec 3m,30, vitesse de marche, 11 kilom&#232;tres &#224; l'heure) en plein soleil &#224; Saint-Agr&#232;ve (altitude 1.110 m&#232;tres) o&#249; j'arrive &#224; midi et demi.&lt;br class='autobr' /&gt;
Notre quatri&#232;me compagnon, muni de trois d&#233;veloppements et de la roue libre, parti de Bellevue &#224; 5 heures et demie, d&#233;barque &#224; son tour &#224; Saint-Agr&#232;ve au moment o&#249; nous nous mettons &#224; table&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; il nous avait poursuivis obte&#173;nant &#231;&#224; et l&#224; quelques renseignements sur notre passage, d&#233;jeunait &#224; Yssingeaux, descendait, conform&#233;ment au programme, du Pertuis &#224; Brives-Charensac, aux portes du Puy, et revenait &#224; Saint-Julien-Chapteuil o&#249; il retrouvait nos traces momentan&#233;ment perdues. Il monte alors &#224; Boussoulet par la nouvelle route plus courte et bien meilleure que l'ancienne, d&#233;laiss&#233;e, que nous avions eu le tort de prendre, et le voici enfin &#224; Saint-Agr&#232;ve, apr&#232;s avoir fourni, sans accident et &#224; une tr&#232;s belle allure, une &#233;tape bien rude.&lt;br class='autobr' /&gt;
D&#233;part g&#233;n&#233;ral de Saint-Agr&#232;ve &#224; deux heures et demie&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; retour par Tence (arr&#234;t), Montfaucon, Riotord, Marlhes (arr&#234;t), Saint-Genest-Malifaux et rentr&#233;e &#224; Saint-&#201;tienne &#224; 7 heures et demie du soir, avec 193 kilom&#232;tres au compteur.&lt;br class='autobr' /&gt;
D&#233;pense totale par personne 3 fr. 70.&lt;br class='autobr' /&gt;
Incidents Trois perforations de pneus, une cha&#238;ne saut&#233;e en pleine descente faussant le cadre, une correction administr&#233;e &#224; quelques garnements que nous surprenons barrant la route &#224; notre intention, entre Duni&#232;re et Riotord, avec d'&#233;normes pierres que nous leur f&#238;mes enlever nous caus&#232;rent environ deux heures d'arr&#234;ts impr&#233;vus avec lesquels, au cours d'une longue excursion, il faut toujours compter.&lt;br class='autobr' /&gt;
Rencontres Quelques cyclistes locaux, isol&#233;s, un cyclotouriste &#224; Marlhes, mais pas plus de chauffeurs que si l'automobile et le motocycle n'&#233;taient pas invent&#233;s&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; au lac de Saint-Front, deux cyclistes &#233;taient venus le matin faire provi&#173;sion de poissons.&lt;br class='autobr' /&gt;
Cet itin&#233;raire est un des plus p&#233;nibles mais en m&#234;me temps un des plus pittoresques que je connaisse. Les pentes y sont fort roides et, seules, des bicyclettes munies de plusieurs d&#233;veloppements et de bons freins, surtout de freins-&#224;-roue-libre, permettent de gravir toutes les rampes et de faire les descentes &#224; bonne allure sans danger et sans se fatiguer &#224; contre-p&#233;daler. &#192; cette &#233;poque de l'ann&#233;e, les pr&#233;s verts, les arbres touffus, les eaux abondantes contribuent beaucoup &#224; la beaut&#233; du paysage&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; les masses rocheuses, les pains de sucre tant&#244;t bois&#233;s, tant&#244;t arides qui se dressent de toutes parts donnent &#224; cette r&#233;gion un aspect tout particulier.&lt;br class='autobr' /&gt;
Les passages suivants m&#233;ritent d'&#234;tre signal&#233;s le pont de Lignon, le tron&#231;on de route entre Yssingeaux et le Pertuis, la descente du Pertuis &#224; Saint-Julien-Chapteuil, le lac de Saint-Front (ce lac est tr&#232;s poissonneux et l'on peut manger sur place chez le fermier de la p&#234;che de superbes truites), le panorama tr&#232;s rapproch&#233; du Mezenc et de ses satellites, la vue autour de Fay-le-Froid perch&#233; sur un promontoire, enfin les gorges de l'Erieux.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le sol des routes de la Haute-Loire est en g&#233;n&#233;ral tr&#232;s dur et cruel pour les pneumatiques&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; le &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;T. C. F.&lt;/span&gt; a fait placer des poteaux &#224; tous les passages dangereux et l'on fera bien d'en tenir compte.&lt;br class='autobr' /&gt;
La facilit&#233; avec laquelle nous avons accompli ce parcours, nous fit penser qu'il serait tr&#232;s facile de faire dans une journ&#233;e l'aller et retour de Saint-&#201;tienne au sommet du Mezenc et peut-&#234;tre m&#234;me au Gerbier-des-Joncs&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; nous tenterons l'exp&#233;rience le mois prochain.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;24&#160;juin&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Puy (3 heures) &#8212; Lac du Bouchet (4 h. 25 &#224; 5 h. 5) &#8212; Saint-Haon &#8212; Chapeauroux (5 h. 45) Ch&#226;teauneuf-de-Randon &#8212; L'Habitarelle 7 h. 40) &#8212; Col de la Tourette &#8212; Sainte-H&#233;l&#232;ne (8 h. 50 &#224; 9 h. 25) &#8212; Bagnols-les-Bains &#8212; Col des Tribes (10 h. 40) &#8212; Astier &#8212; Villefort (midi &#224; 1 h. 35) &#8212; Pr&#233;vench&#232;res &#8212; Luc &#8212; Langogne (6 h. 5 &#224; 6 h. 25) Pradelles &#8212; Bifurcation (7 h. &#224; 7 h. 10) &#8212; Costaros &#8212; Le Puy (8h 30). &#8212; 241 kilom&#232;tres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est une simple excursion dominicale que je vais vous conter l&#224;, mais elle en vaut la peine d'autant plus qu'elle traverse des r&#233;gions peu connues encore des lecteurs du Cycliste, et dignes de l'&#234;tre, tant au point de vue touriste sites, paysages, curiosit&#233;s naturelles, souvenirs histo&#173;riques, qu'au point de vue cycliste routes bien trac&#233;es et sol excellent.&lt;br class='autobr' /&gt;
Nous sommes arriv&#233;s &#224; un col de 1.100 &#224; 1.200 m&#232;tres d'altitude, sans nous en apercevoir, et nous avons grimp&#233; de l'altitude 700 &#224; l'altitude 1.265 &#224; l'allure de 20 kilom&#232;tres &#224; l'heure, tout comme si c'e&#251;t &#233;t&#233; plat&amp;#8239&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;!&lt;br class='autobr' /&gt;
Voil&#224; des routes faites pour les cyclistes ou je ne m'y connais pas&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; mais nous avons eu aussi le revers de la m&#233;daille et apr&#232;s avoir joui du meilleur, nous avons souffert du pire, pendant la m&#234;me journ&#233;e.&lt;br class='autobr' /&gt;
Partant du Puy &#224; 3 heures du matin le 24&#160;juin, nous nous dirigeons sur le lac du Bouchet &#224; 20 kilom&#232;tres. La mont&#233;e de Taulhac assez dure pour que des cyclistes locaux lev&#233;s avant nous la fassent &#224; pied, ne p&#232;se pas une once &#224; nos faibles d&#233;veloppements.&lt;br class='autobr' /&gt;
B... qui m'accompagna aux Maures et &#224; l'Esterel, est avec moi et nous avons nos m&#234;mes montures (voir Le Cycliste du 31&#160;mai, page 105).&lt;br class='autobr' /&gt;
&#192; Montagnac nous tournons &#224; droite guid&#233;s par un poteau que le Syndicat du Velay qui fait de louables efforts pour faire conna&#238;tre aux touristes les merveilleux sites des C&#233;vennes, a plac&#233; &#224; la bifurcation. Nous continuons &#224; monter l&#233;g&#232;rement mais &#231;&#224; et l&#224; des raidillons tr&#232;s vifs nous aiguisent les muscles&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; l'air est frais, le soleil va se lever et colore d'une admirable teinte vieux cuivre, des nuages d'un gris souris tr&#232;s d&#233;licat&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; cet effet de lumi&#232;re est tellement remarquable qu'&#224; chaque instant nous nous retournons sur la selle pour en mieux jouir au risque d'aller droit dans le foss&#233;, car le chemin n'est pas tr&#232;s large. Quel peintre pourra jamais reproduire de telles richesses de coloris&amp;#8239&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! Nous atteignons quelques maisons entour&#233;es de fumier et un peu plus loin nous traversons le village de Cayres. Un fort raidillon nous am&#232;ne alors au chemin du lac du Bouchet qui d&#233;bute par 200 m&#232;tres que nous ferons &#224; pied ne voulant pas pour si peu abaisser notre d&#233;veloppement&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; puis le chemin redevient v&#233;lo&#231;able malgr&#233; quelques passages tr&#232;s encombr&#233;s de pierres, d'orni&#232;res et m&#234;me de tas de terre&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; d&#232;s que nous p&#233;n&#233;trons dans les bois tr&#232;s &#233;pais qui entourent le lac et tapissent les bords de l'ancien crat&#232;re, une pente douce nous entra&#238;ne et tout &#224; coup nous apercevons &#224; travers les arbres l'eau miroitante, calme et profonde. Encore quelques coups de p&#233;dale et nous voici au bord du lac en vue du chalet am&#233;nag&#233; par le Syndicat du Velay pour le service des excursionnistes qui y trouvent &#224; des prix mod&#233;r&#233;s d'excellentes consommations.&lt;br class='autobr' /&gt;
Bien qu'il soit exactement 4 heures 25, tout le monde est sur pied et l'on a d&#233;j&#224; p&#234;ch&#233; &#224; coups de fusil quelques poissons. Il n'y a pas de lait, de sorte que nous devons nous contenter d'une tasse de caf&#233;. Quoique nous n'ayons rien pris avant de partir, l'app&#233;tit n'est pas encore bien ouvert et nous pouvons attendre.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le site est tr&#232;s agreste, la nappe d'eau presque ronde s'&#233;tend &#224; 20 ou 30 m&#232;tres au-dessous des bords extr&#234;mes de l'entonnoir d'o&#249; jaillissaient jadis des laves ardentes. Les bois descendent jusqu'au ras de l'eau, de l'ensemble se d&#233;gage &#224; cette heure o&#249; l'obscurit&#233; n'est pas encore dissip&#233;e, une impression de vie calme, tranquille, sans horizon, en dehors du monde.&lt;br class='autobr' /&gt;
Nous reprenons &#224; 5 heures nos bicyclettes et en sortant des bois nous rentrons soudainement dans la lumi&#232;re, le soleil ayant profit&#233; de notre s&#233;jour dans le crat&#232;re pour monter rapidement et nous avertir que nous sommes loin du terme de notre voyage.&lt;br class='autobr' /&gt;
Bah&amp;#8239&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! la descente n'est pas loin et nous allons rattraper le temps perdu&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; sit&#244;t le village tr&#232;s sale de Bouchet-Saint-Nicolas franchi, la pente tr&#232;s forte, nous entra&#238;ne &#224; une vitesse d'express, les pieds au repos&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; le sol est dur et &#231;&#224; et l&#224; sem&#233; de grosses pierres oubli&#233;es par les charretiers. Nous &#233;vitons tous les obstacles dont les moindres ne sont pas les indig&#232;nes lents &#224; se d&#233;ranger&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; nous laissons &#224; gauche Saint-Haon sur la hauteur et, nous serrons les freins, car la descente bien qu'elle n'ait pas encore de poteau du &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;T. C. F.&lt;/span&gt; devient superlativement dangereuse. Nous dominions d'assez haut un ravin vulgaire et nous avions, par moments, de belles &#233;chapp&#233;es sur le plateau oppos&#233;, quand &#224; un tournant, nous arrivons presque &#224; pic au-dessus de la vall&#233;e &#233;troite o&#249; coule l'Allier. Une admirable vue, en v&#233;rit&#233;&amp;#8239&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! le lit tr&#232;s large de la rivi&#232;re, et qui laisse supposer qu'&#224; certaines &#233;poques les crues sont formidables, occupe tout le fond de la gorge, ne laissant aucune place pour la culture&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; des routes partent de tous les c&#244;t&#233;s, deux ponts tr&#232;s longs sont d'un assez bel effet. Nous mettons naturellement pied &#224; terre pour admirer &#224; loisir&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; &#224; la descente, m&#234;me lorsqu'on va lentement, on ne peut, sans s'exposer, que surveiller la route et ses alentours imm&#233;diats, &#224; peine parvient-on &#224; jeter quelques furtifs regards sur le paysage ce n'est pas suffisant quand le paysage en vaut la peine.&lt;br class='autobr' /&gt;
Apr&#232;s avoir pass&#233; la rivi&#232;re on entre dans la Loz&#232;re o&#249; notre itin&#233;raire va se d&#233;velopper pendant 160 kilom&#232;tres. Nous allons remonter le Chapeauroux puis le ruisseau de la Boutaresse jusqu'&#224; la Pierre Plant&#233;e. 47 kilom&#232;tres de mont&#233;e si douce que sans nous en apercevoir nous l'enl&#232;verons &#224; 20 kilom&#232;tres &#224; l'heure en moyenne.&lt;br class='autobr' /&gt;
Sans &#234;tre de premier ordre, le paysage est gentil et le sol est si bon que nous p&#233;dalons avec d&#233;lices, passant tant&#244;t sur la rive gauche, tant&#244;t sur la rive droite du ruisseau, ici et le plus souvent &#224; l'ombre, l&#224; au soleil qui n'est pas encore bien chaud.&lt;br class='autobr' /&gt;
Nous avons les d&#233;veloppements respectifs de 4m,40 et 4m,80, mais peu apr&#232;s Auroux, joli village &#233;tag&#233; sur le bord de la route, je prends 6 m&#232;tres et l'allure s'acc&#233;l&#232;re.&lt;br class='autobr' /&gt;
Bient&#244;t &#224; notre droite, dominant une colline tr&#232;s bois&#233;e, se profile sur le ciel bleu un mignon castel qu'on dirait pos&#233; l&#224;-haut tout expr&#232;s pour embellir le d&#233;cor&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; les sinuosit&#233;s de la route nous le montrent sous diff&#233;rents aspects et nous finissons par le laisser derri&#232;re nous. On doit avoir de ces tourelles une jolie vue et il ferait bon d'y vivre... quelques jours&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;? oh non, tout au plus de s'y reposer quelques heures. Nous pr&#233;f&#233;rons encore l'espace et les horizons toujours changeants et l'ivresse des folles descentes et la fatigue des montres ardues &#224; la molle oisivet&#233; d'une existence s&#233;dentaire.&lt;br class='autobr' /&gt;
Nous poussons un peu et nous voici en vue de Ch&#226;teauneuf de Randon, perch&#233; sur un mamelon dont nous faisons presque le tour un bourg devant lequel on passerait indiff&#233;rent si l&#224;-haut les ruines encore imposantes, les larges murs &#233;ventr&#233;s du vieux ch&#226;teau ne rappelaient aux voyageurs que Du Guesclin, le vaillant chevalier qui courut sus aux Anglais d'un bout de la France &#224; l'autre, trouva l&#224; une mort glorieuse. Nous avons donc devant nous les m&#234;mes vallons, les m&#234;mes collines, les m&#234;mes rochers, les m&#234;mes ruisseaux, tout ce que virent les yeux de ce h&#233;ros et, par la pens&#233;e, il nous est facile de nous reporter aux sc&#232;nes des autrefois dont ces lieux furent les t&#233;moins impassibles.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#192; un kilom&#232;tre de l&#224;, &#224; l'Habitarelle o&#249; se croisent plusieurs routes, nous faisons une courte halte autour du monument comm&#233;moratif &#233;lev&#233;, en je ne sais quelle ann&#233;e, &#224; la m&#233;moire de Du Guesclin.&lt;br class='autobr' /&gt;
C'est une sorte de sarcophage, un amas de grosses pierres contenues dans de larges et longues pierres plates, vaguement ma&#231;onn&#233;es et fortement &#233;ventr&#233;es le toit, presque plat, s'est affaiss&#233; et ne tardera pas &#224; glisser enti&#232;rement&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; nous n'y avons relev&#233; aucune inscription.&lt;br class='autobr' /&gt;
On se demande comment des lieux aussi retir&#233;s, aussi ignor&#233;s, purent devenir le th&#233;&#226;tre d'une guerre assez s&#233;rieuse pour n&#233;cessiter la pr&#233;sence du meilleur lieutenant du roi de France.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#192; quelques si&#232;cles d'intervalle, ces l&#233;gions furent de nouveau ensanglant&#233;es par les guerres de religion et les fameuses dragonnades des C&#233;venncs pass&#232;rent aussi par l&#224;. Et cela recommencera, car il serait fou d'esp&#233;rer que les hommes cesseront de s'entre-tuer, et contre cette rage fratricide, les pays les plus pauvres ne seront m&#234;me pas prot&#233;g&#233;s par leur pauvret&#233;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Nous quittions &#224; peine l'Habitarelle quand d&#233;bouche &#224; cent m&#232;tres de nous une bicyclette &#224; p&#233;trole venant de Mende et marchant &#224; la des&#173;cente &#224; 25 kilom&#232;tres &#224; l'heure environ sans trop de bruit ni de relent de p&#233;trole. C'est le seul cyclotouriste que nous v&#238;mes de la journ&#233;e&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; il allait de Mende &#224; Langogne o&#249; l'on nous en parla le soir m&#234;me il fait assez souvent ce trajet de 98 kilom&#232;tres aller et retour, qu'il serait bien emp&#234;ch&#233; de faire dans la m&#234;me journ&#233;e par tout autre moyen de transport que la bicyclette ou l'automobile. Mais avec la bicyclette &#224; p&#233;trole le kilom&#232;tre lui co&#251;te au bas mot cinq centimes tandis qu'avec la bicyclette pure et simple il lui reviendrait &#224; peine &#224; un demi-centime et la fatigue serait moindre, car il ne faut pas croire que, tricycles ou bicyclettes &#224; p&#233;trole, cela va toujours tout seul&amp;#8239&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;!&lt;br class='autobr' /&gt;
&#192; droite un vaste plateau en rampe douce parsem&#233; de d&#233;bris de rocher entre lesquels pousse une herbe rare et maigre, c'est le commencement de ce que l'on appelle Le Plateau du Roi qui s'&#233;tend &#224; l'altitude moyenne de 1.350 m&#232;tres au centre de la Margeride&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; &#224; gauche un amoncellement de collines termin&#233;es &#224; l'horizon par des sommets assez &#233;lev&#233;s, mais qui, pr&#232;s de nous s'abaissent vers le Midi&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; devant nous, comme une barri&#232;re infranchissable, une montagne court de l'Est &#224; l'Ouest au flanc de laquelle &#224; belle hauteur serpente une route... Est-ce la n&#244;tre et nous faudra-t-il apr&#232;s avoir plong&#233; dans la gorge qui nous en s&#233;pare, remonter en plein soleil jusque l&#224;-haut&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;?&lt;br class='autobr' /&gt;
Telle est la vue que nous avons en commen&#231;ant, pieds au repos, une tr&#232;s belle et tr&#232;s longue des&#173;cente qui, du col de la Pierre Plant&#233;e va nous amener sur les bords du Lot. Nous filons bon train&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; malheureusement, des troupeaux de b&#339;ufs nous barrent &#224; plusieurs reprises le chemin et, plus malheureusement encore, une &#233;norme voiture de d&#233;m&#233;nagement que nous croisons au haut de la c&#244;te a laiss&#233; derri&#232;re elle, au beau milieu de la route, plus de vingt couples de grosses pierres plac&#233;es l&#224; pour caler les roues et sur lesquelles nous risquerions fort de nous briser&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; nous devons donc nous servir souvent du frein. Au cours de cette descente nous avons, par moments, une tr&#232;s belle vue sur la vall&#233;e du Lot et nous apercevons dans le fond quelques tron&#231;ons de la route qui la remonte et que nous allons suivre&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; nous n'aurons donc pas &#224; regrimper vers ce ruban ensoleill&#233; qui nous domine maintenant et qui repr&#233;sente l'ancienne route de Mende &#224; Bagnols-les-Bains.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#192; 8 heures 1/2 nous arrivons au col de la Tourette, &#224; 10 kilom&#232;tres de Mende et &#224; 50 kilom&#232;tres de Villefort, nous apprend une plaque indicatrice bien d&#233;labr&#233;e&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; nous venons de faire, depuis Chapeauroux 59 kilom&#232;tres en 2 heures 43 et le besoin de d&#233;jeuner se fait sentir imp&#233;rieusement&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; or &#224; ce col qui n'a de col que le nom et qui ressemble plut&#244;t &#224; un coupe-gorge, il n'y a pas la plus petite auberge&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; une maison abandonn&#233;e, muette comme un s&#233;pulcre, des rochers blancs qui r&#233;tr&#233;cissent la route et c'est tout, pas un filet d'eau auquel on puisse se d&#233;salt&#233;rer. Nous n'avons qu'&#224; filer au plus vite jusqu'au prochain village, &#224; Sainte-H&#233;l&#232;ne, &#224; 5 kilom&#232;tres de l&#224; o&#249; nous obtenons d'excellents caf&#233;s au lait avec beurre frais dans une infime guinguette de mis&#233;rable apparence qui gagnerait &#224; &#234;tre plus propre&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; mais la propret&#233; parait &#234;tre par l&#224; le moindre des soucis.&lt;br class='autobr' /&gt;
La route monte lentement mais constamment avec &#231;&#224; et l&#224; un peu de palier et m&#234;me de descente nous passons devant Bagnols-les-Bains, &#233;tage sur la rive gauche du Lot que nous traversons ici m&#234;me, un village qui semble un peu plus ais&#233; que les autres mais ne r&#233;pondant en aucune fa&#231;on &#224; l'id&#233;e qu'on se fait actuellement d'une ville d'eau on ne vient l&#224; certainement que lorsqu'on est r&#233;ellement malade, d'autant plus que les communications ne semblent pas tr&#232;s faciles il faut encore avoir recours, soit de Mende, soit de Villefort, &#224; l'antique patache. Un peu plus loin, apr&#232;s Saint-Julien de-Tournel, nous tombons en arr&#234;t devant un site tout &#224; fait remarquable la route est barr&#233;e par un monticule de rochers et de verdure qui s'avance jusque dans la rivi&#232;re et sur lequel se dresse le squelette d'un vieux castel. Nous passons sous un tunnel et de l'autre c&#244;t&#233; les vieux murs et la tour d&#233;cr&#233;pite se profilent encore sur le ciel bleu&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; l'eau claire et froide coule en abondance de tous les c&#244;t&#233;s et nous invite &#224; prendre un bain de pieds qui nous ragaillardit.&lt;br class='autobr' /&gt;
Ce site a d&#251; tenter plus d'un photographe.&lt;br class='autobr' /&gt;
Bient&#244;t apr&#232;s nous arrivons &#224; la hauteur du Bleymard et nous retraversons le Lot pr&#232;s de sa source &#224; ce point la rampe s'accentue et nous nous attendons, d'un instant &#224; l'autre, &#224; voir se d&#233;rouler devant nous les lacets d'une forte mont&#233;e pour atteindre le col des Tribes. Nous essayions&lt;br class='autobr' /&gt; encore de nous rendre compte de la position du col en question, quand un poteau du &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;T. C. F.&lt;/span&gt; attire notre attention. Allons nous donc redescendre pour remonter de plus belle&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;? Pas du tout, car sans nous en douter, nous &#233;tions au col des Tribes, et gr&#226;ce au trac&#233; parfait de la route, nous nous &#233;tions &#233;lev&#233;s, sans nous en apercevoir, d'environ 300 m&#232;tres.&lt;br class='autobr' /&gt;
Pendant 28 kilom&#232;tres nous allons maintenant descendre, d'abord vivement pendant 6 kilom&#232;tres, ensuite faiblement jusqu'&#224; Villefort. Les toits brillants de mica d'un village tout au fond de la vall&#233;e font un joli effet&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; les roches de ce pays s'effeuillent en lamelles plates dont on se sert en guise de tuiles et pour enclore les jardins&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; elles &#233;tincellent au soleil comme si elles &#233;taient faites de diamants et nous exprimerons maintes fois notre &#233;tonnement, surtout entre Villefort et Luc, devant les brillants jeux de lumi&#232;re qui r&#233;sultent du choc des rayons solaires sur ces pierres &#233;tincelantes.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le sol, toujours tr&#232;s roulant, ne nous cause aucune pr&#233;occupation et nous avons tout le temps d'admirer le paysage un joli ch&#226;teau &#224; tourelles s'&#233;l&#232;ve non loin de la route avec laquelle il communique par une chauss&#233;e qui a un faux air de pont-levis&#160;: puis nous admirons un viaduc assez haut sur lequel passe le chemin de fer et nous mettons pied &#224; terre &#224; la bifurcation de la route que nous suivrons le soir m&#234;me et que nous voyons se d&#233;velopper &#224; 200 m&#232;tres au-dessus de nous. Pour le moment, c'est &#224; droite que nous tournons, vers Villefort que l'on n'aper&#231;oit qu'en y entrant, apr&#232;s avoir travers&#233; un tunnel dont la fra&#238;cheur contraste agr&#233;ablement avec l'atmosph&#232;re surchauff&#233;e de l'ext&#233;rieur.&lt;br class='autobr' /&gt;
Nous descendons &#224; l'h&#244;tel Balme o&#249; nous d&#233;jeunons tr&#232;s simplement, beurre, omelette, pommes de terre et cerises, &#224; c&#244;t&#233; de deux fonctionnaires &#224; qui notre r&#233;gime parait faire piti&#233;&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; l'un d'eux pourtant se rend &#224; nos arguments et avoue qu'il se passerait volontiers de viande et qu'il consentirait &#224; boire de l'eau. Quant &#224; l'autre, plus &#226;g&#233; et plus imbu des pr&#233;jug&#233;s courants, il ne veut rien entendre et trouve surprenant que nous osions, apr&#232;s avoir si peu mang&#233;, entreprendre de rentrer au Puy le soir m&#234;me par une route aussi p&#233;nible.&lt;br class='autobr' /&gt;
Ce qui serait surprenant, ce serait que nous pussions faire seulement 50 kilom&#232;tres apr&#232;s avoir d&#238;n&#233; aussi copieusement que notre honorable contradicteur n&#233;crophagique.&lt;br class='autobr' /&gt;
Aborder comme nous le f&#238;mes, imm&#233;diatement apr&#232;s d&#238;ner, &#224; une heure et demie, sous un soleil tropical, la c&#244;te de La Garde-Gu&#233;rin, il y avait l&#224; de quoi tuer net un mangeur de cadavre, tandis que, mangeurs de l&#233;gumes, nous n'en f&#251;mes m&#234;me pas incommod&#233;s.&lt;br class='autobr' /&gt;
Avec nos petits d&#233;veloppements, 3m,20 et 3m,30, nous grimpions all&#232;grement &#224; 10 ou 12 kilom&#232;tres &#224; l'heure et &#224; mesure que nous nous &#233;levions, nous &#233;tions r&#233;compens&#233;s par une vue merveilleuse sur des ravins &#233;tonnamment farouches.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le sol est tr&#232;s mauvais et cette route parait &#234;tre peu fr&#233;quent&#233;e cependant le &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;T. C. F.&lt;/span&gt; n'a pas manqu&#233; d'y faire placer &#224; tous les endroits dangereux, et il n'en manque pas, des poteaux tut&#233;laires&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; &#224; l'endroit le plus d&#233;sert et le plus d&#233;sol&#233;, une bo&#238;te de secours a m&#234;me &#233;t&#233; d&#233;pos&#233;e dans la maison du cantonnier, ce qui tendrait &#224; laisser supposer que cette route n'est pas aussi n&#233;glig&#233;e par les touristes que par l'administration des Ponts et Chauss&#233;es. Que celle-ci &#224; son tour fasse donc montre d'un beau z&#232;le et qu'elle nous donne l&#224; une route comme celle de Mende &#224; Villefort.&lt;br class='autobr' /&gt;
La Garde-Gu&#233;rin, hameau de quelques feux, est plac&#233; sur un promontoire qui domine un ravin abrupt, profond, sauvage comme oncques nous n'en v&#238;mes&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; une haute tour le domine et surveille l'horizon. Il est certain que pendant les guerres de religion, cette position de sentinelle avanc&#233;e fut mise &#224; contribution par les bellig&#233;rants et que de cette tour qui aujourd'hui encore semble monter la garde les belliqueux appels du tocsin durent tomber souvent.&lt;br class='autobr' /&gt;
Aujourd'hui tout est calme et les maisons sous leurs toits luisants dorment au soleil sur le bord de la route, d'un cimeti&#232;re, bien humble, bien &#233;troit, surgissent quelques croix, quelques marbres, quelques arbustes effar&#233;s que les vents du Nord et du Midi secouent impitoyablement et emp&#234;chent de cro&#238;tre.&lt;br class='autobr' /&gt;
Notre route se d&#233;roule au flanc de la montagne en suivant les sinuosit&#233;s du ravin qu'elle surplombe en quelques endroits&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; &#231;&#224; et l&#224; nous apercevons les travaux d'art du chemin de fer, d'abord au-dessous, puis tout &#224; coup, &#224; Pr&#233;ven- ch&#232;res, au-dessus de nous. En sortant de ce village nous attaquons une deuxi&#232;me mont&#233;e presque aussi p&#233;nible que la premi&#232;re et qui nous conduit &#224; une belle altitude, 1.100 m&#232;tres, o&#249; nous nous maintenons quelque temps&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; c'est dans ces parages que se trouve la bo&#238;te de secours du &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;T. C. F.&lt;/span&gt;&#224; c&#244;t&#233; d'une source &#224; laquelle nous f&#238;mes un large emprunt&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; la mont&#233;e et le soleil nous avaient alt&#233;r&#233;s et, dans ces conditions, boire &#224; petites gorg&#233;es en m&#234;me temps qu'on s'ablutionne le cou, le cr&#226;ne et les bras est une bonne pratique hygi&#233;nique. Cinq cents m&#232;tres de descente rapide nous entra&#238;nent dans un village assez important La Bastide, que nous traversons de part en part et dont nous sortons par un absurde raidillon &#224; 15&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;% tr&#232;s court du reste, mais qui a d&#251; causer d&#233;j&#224; pas mal d'accidents.&lt;br class='autobr' /&gt;
Jusqu'&#224; pr&#233;sent nous n'avons pas eu &#224; nous plaindre du destin aucun accident, aucun incident d&#233;sagr&#233;able&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; il va falloir maintenant d&#233;chanter.&lt;br class='autobr' /&gt;
Voici tout d'abord qu'&#224; peu de distance de La Bastide, au cours d'une descente assez vive, mon pneu d'avant s'affaisse rendant mon unique frein inutile, j'ai recours &#224; l'application du pied sur la roue directrice et je puis m'arr&#234;ter en quelques m&#232;tres. Je ne saurais trop engager les cyclotouristes &#224; se familiariser avec ce proc&#233;d&#233; qui dans le cas o&#249; les freins viendraient &#224; manquer tous &#224; la fois, les pr&#233;servera d'un accident grave.&lt;br class='autobr' /&gt;
Un des embouts de ma chambre &#224; air vient de se fendiller sans rime ni raison&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; c'est l&#224;, comme chacun sait, un des graves inconv&#233;nients des chambres Michelin parce qu'on ne peut r&#233;parer solidement sur le caoutchouc, d'une nature sp&#233;ciale, des embouts. J'ai dans mon sac, heureusement, une chambre de rechange que je me d&#233;cide &#224; utiliser apr&#232;s avoir constat&#233; l'impuissance de la pastille que j'ai coll&#233;e sur l'embout malade. Nous passons l&#224; en plein soleil vingt minutes bien d&#233;sagr&#233;ables et ce n'est que le commencement&amp;#8239&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;!&lt;br class='autobr' /&gt;
Encore un absurde raidillon un peu plus long, mais que nous faisons &#224; pied cette fois, le sol &#233;tant d&#233;testable. Nous aurions d&#251; faire &#233;galement la descente &#224; pied, car nous sommes terriblement secou&#233;s&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; on n'a pas id&#233;e de pareilles routes nationales s'il vous pla&#238;t&amp;#8239&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! &#192; Luc cependant le sol devient meilleur, mais c'est au tour de mon pneumatique d'arri&#232;re de talonner&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; j'en extirpe un &#233;norme clou qui a perc&#233; de part en part ma pauvre chambre la r&#233;paration est facile &#224; faire, mais je m'aper&#231;ois en regonflant que j'ai un rayon de cass&#233; et que ma jante est voil&#233;e suffisamment pour que le bandage frottant contre le tube de fourche soit d&#233;j&#224; s&#233;rieusement entam&#233;.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#199;a, c'est plus grave. Mon voyage risque d'&#234;tre interrompu, et rentrer du Luc au Puy par le train qui va passer &#224; Saint-Georges-d'Aurac, j'en aurais pour jusqu'au lendemain, d'autant plus qu'un train, le dernier probablement, a pass&#233; pendant que je r&#233;parais.&lt;br class='autobr' /&gt;
Comme il ne faut jamais se h&#226;ter de jeter le manche apr&#232;s la cogn&#233;e, je me mets en mesure de recentrer ma roue, op&#233;ration d&#233;licate en cours de route, et, d&#233;tendant ici un rayon, en retendant un autre l&#224;, j'arrive au bout d'un quart d'heure &#224; &#233;loigner assez le bandage de la fourche pour que je puisse continuer &#224; rouler, lentement et prudemment jusqu'&#224; Langogne o&#249; nous nous arr&#234;tons de 6 heures &#224; 6 heures 25 pour nous lester de pain tremp&#233; dans du caf&#233;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le paysage, depuis La Bastide, n'a pas &#233;t&#233; tr&#232;s int&#233;ressant nous avons suivi l'Allier qui est l&#224; une rivi&#232;re assez forte d&#233;j&#224; mais bien tranquille et &#224; mesure qu'on descend, l'horizon tout &#224; l'heure tr&#232;s &#233;tendu se restreint beaucoup. En sortant de Langogue, nous retraversons l'Allier et nous commen&#231;ons &#224; grimper&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; la route est bonne et la pente ne d&#233;passe gu&#232;re 5&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;%, sauf en quelques passages&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; j'ai 4m,40, mon compagnon commence avec 3m.20, reprend ensuite 4m,80 pour revenir enfin &#224; 3m,20, ce qui lui fait perdre 10 minutes. Pour cette pente et &#224; la fin de la journ&#233;e, le meilleur d&#233;veloppement e&#251;t &#233;t&#233; 4 m&#232;tres. Avec 4m,40 j'ai d&#251; faire de fr&#233;quents appels &#224; la selle oscillante. Peu apr&#232;s Pradelles, on rejoint la route des gorges de l'Ard&#232;che &#224; 1.232 m&#232;tres d'altitude (Langogne est &#224; 800 environ) et l'on se trouve &#224; 3 ou 4 kilom&#232;tres de la fameuse auberge de Peyrebeille. Pour l'instant nous allons du c&#244;t&#233; oppos&#233; et, d'apr&#232;s un poteau indicateur, 33 kilom&#232;tres nous s&#233;parent du Puy o&#249; il s'agit de rentrer avant la nuit or, il est 7 h. 10 et &#224; 8 h. 1/2. bien que nous soyons aux plus longs jours de l'ann&#233;e, il ne fait pas tr&#232;s clair.&lt;br class='autobr' /&gt;
Nous d&#233;cidons de ne plus nous arr&#234;ter et de ne plus nous attendre avant Le Puy&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; c'&#233;tait une faute&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; m&#234;me lorsqu'on est press&#233; de rentrer et que tout accident grave est improbable, on a tort de se s&#233;parer. Quoi qu'il en soit, je prends les devants et, la route descendant presque constamment, puisque de 1250 m&#232;tres on tombe au Puy &#224; 625 m&#232;tres, malgr&#233; quelques mont&#233;es enlev&#233;es sans ralentissement apparent, nous filons sans nous perdre de vue, &#224; une allure qui souvent frise le 30 &#224; l'heure. Mon rayon cass&#233; ne m'inqui&#232;te plus et la roue tourne aussi bien que le matin. Sur ce plateau, les chiens sont nombreux, hargneux et harc&#232;lent les cyclistes les automobiles nous rendraient service en allant en &#233;craser quelques-uns. Un peu avant Costaros, un de ces animaux se pr&#233;cipite sur le mollet de mon compagnon qu'il pince fortement, sans l'entamer, (car un mollet de v&#233;g&#233;tarien est plus dur qu'on ne pense et le bas seul est d&#233;chir&#233;), puis se pr&#233;cipite sous la machine dont les triples rang&#233;es de pignons lui cassent les reins. Cependant, &#233;branl&#233; par l'&#233;motion autant que par le choc, R... vide les p&#233;dales et se laisse choir sur la route pendant que sa canicide b&#233;cane (par abr&#233;viation b&#233;canicide) va se balader dans le foss&#233;.&lt;br class='autobr' /&gt;
R... n'a pas d'autre mal qu'une &#233;corchure insignifiante au coude&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; la bicyclette est indemne, seul l'ennemi est bless&#233; &#224; mort. All right&amp;#8239&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;!&lt;br class='autobr' /&gt;
Je n'avais rien vu, rien entendu et je filais de plus en plus vite. J'arrive assez t&#244;t pour pouvoir faire pieds au repos sans danger la descente de Taulhac qui, en pleine nuit, m'aurait &#233;t&#233; p&#233;nible et je suis &#224; 8 heures 30 devant la gare du Puy. R... arrive quelques minutes plus tard et nous nous octroyons un d&#238;ner bien gagn&#233; dont voici le menu potage au vermicelle &#233;paissi avec du pain, petits pois, pommes de terre, salade et cerises, le tout accompagn&#233; de beaucoup de pain. Nous f&#238;mes dans le Puy une promenade postprandiale au cours de laquelle nous assist&#226;mes &#224; de fantastiques farandoles autour de feux de joie allum&#233;s sur les places et nous b&#251;mes en rentrant une tasse de th&#233; avant d'aller dormir.&lt;br class='autobr' /&gt;
Nous avions men&#233; &#224; bonne fin une excursion dominicale que j'avais, en la pr&#233;parant sur la carte, consid&#233;r&#233;e comme plus facile &#224; combiner qu'&#224; effectuer et apport&#233; ainsi une grosse pierre de plus &#224; la colonne que nous &#233;levons &#224; la gloire du v&#233;g&#233;tarisme et du cyclotourisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;V&#233;locio.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#233;part de Saint-&#201;tienne &#8212; Tence &#8212; Fay-le- Froid &#8212; Les Estables &#8212; Ascension du Mezenc &#8212; Les Estables &#8212; Fay-le-Froid (d&#233;jeuner) &#8212; Tence &#8212; Saint-&#201;tienne. 186 kilom&#232;tres &#224; bicyclette.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#233;part du Puy &#8212; Costaros &#8212; Peyrebeille &#8212; Lanarce &#8212; La B&#233;gude &#8212; Vals &#8212; M&#233;zillac &#8212; Source de la Loire et si possible ascension du Gerbier des Joncs &#8212; Le B&#233;age &#8212; Monastier &#8212; Le Puy. 200 kilom&#232;tres environ.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#233;part de Saint-&#201;tienne &#8212; Les Grands-Bois &#8212; Annonay &#8212; Saint-Bonnet-le-Froid &#8212; La Louvesc &#8212; Lamastrc &#8212; Tournon &#8212; Andance &#8212; Bourg-Argental &#8212; Saint-&#201;tienne 210 kilom&#232;tres environ.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#233;part de Saint-&#201;tienne &#8212; Andance &#8212; Tournon &#8212; Romans &#8212; Saint-Jean-en-Royans &#8212; For&#234;t de Lente &#8212; Col de Rousset &#8212; Les Goulets &#8212; Pont-en-Royans &#8212; Romans &#8212; Andance &#8212; Saint-&#201;tienne environ 325 kilom&#232;tres. D&#233;part le samedi soir &#224; 6 heures, rentr&#233;e le lundi matin &#224; 8 heures.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Le Vercors, les Gorges de la Bourne, le Pas de l'&#201;chelle</title>
		<link>http://velotextes.fr/spip.php?article328</link>
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		<dc:date>2019-09-14T10:14:34Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
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		<dc:subject>Vercors</dc:subject>
		<dc:subject>d'Espinassous</dc:subject>
		<dc:subject>Fagot</dc:subject>
		<dc:subject>Dr&#244;me</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;&#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#8239;Le mois dernier, j'&#233;tais all&#233; &#224; Saint-&#201;tienne voir le directeur du Cycliste et me rendre compte de ses machines &#224; plusieurs multiplications.&lt;br class='autobr' /&gt;
Aimablement accompagn&#233; par lui, j'&#233;tais, sur une de ses bicyclettes, mont&#233; de Saint-Chamond &#224; la Croix-de-Chabourey sans aucune fatigue, n'ayant m&#234;me pas mis pied &#224; terre pendant ces dix kilom&#232;tres de c&#244;te.&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;&lt;/p&gt;

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&lt;a href="http://velotextes.fr/spip.php?rubrique42" rel="directory"&gt;A. D'Espinassous&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="http://velotextes.fr/spip.php?mot49" rel="tag"&gt;Vercors&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://velotextes.fr/spip.php?mot51" rel="tag"&gt;d'Espinassous&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://velotextes.fr/spip.php?mot53" rel="tag"&gt;Fagot&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://velotextes.fr/spip.php?mot147" rel="tag"&gt;Dr&#244;me&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;Par d'Espinassous, Le Cycliste, Novembre 1899, Source Archives d&#233;partementales de la Loire, cote &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;PER&lt;/span&gt; 1328_6 &lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le mois dernier, j'&#233;tais all&#233; &#224; Saint-&#201;tienne voir le directeur du Cycliste et me rendre compte de ses machines &#224; plusieurs multiplications.&lt;br class='autobr' /&gt; Aimablement accompagn&#233; par lui, j'&#233;tais, sur une de ses bicyclettes, mont&#233; de Saint-Chamond &#224; la Croix-de-Chabourey sans aucune fatigue, n'ayant m&#234;me pas mis pied &#224; terre pendant ces dix kilom&#232;tres de c&#244;te.&lt;br class='autobr' /&gt; L'exp&#233;rience m'avait paru si d&#233;cisive, si concluante, qu'&#224; peine de retour de voyage, j'exp&#233;diai ma machine aux ateliers de la &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#8239;Gauloise&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;. Elle m'est revenue, il y a huit jours, avec deux multiplications, 5m,60 et 2m,90, et l'adaptation a &#233;t&#233; si habilement faite, que rien au simple coup d'&#339;il ne la r&#233;v&#232;le.&lt;br class='autobr' /&gt; J'avais grande h&#226;te de l'essayer sur un parcours assez &#233;tendu&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; aussi, apr&#232;s une course rapide dans le massif du mont Loz&#232;re, je voulus refaire une excursion qui m'est famili&#232;re, excursion pr&#233;sentant de dures et longues mont&#233;es : la travers&#233;e du Vercors et le Pas de l'&#201;chelle. Je partis donc pour Die o&#249; j'arrivai le soir. Le lendemain le temps est radieux, c'est une superbe journ&#233;e d'automne qui s'annonce.&lt;br class='autobr' /&gt; La route du Vercors tourne &#224; droite peu apr&#232;s la gare : trac&#233;e entre des vignes et des champs cultiv&#233;s elle est tr&#232;s monotone.&lt;br class='autobr' /&gt; Bient&#244;t une c&#244;te d'un aspect assez b&#233;nin, mais en r&#233;alit&#233; fort dure : je garde pourtant, vu son peu de longueur, ma grande multiplication.&lt;br class='autobr' /&gt; D'ailleurs, cette mont&#233;e, je puis l'annihiler, si je veux, et cette pens&#233;e me la rend moins p&#233;nible.&lt;br class='autobr' /&gt; Une descente insensible m'am&#232;ne sur le pont de la Comane : tout pr&#232;s appara&#238;t Chamaloc&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; tr&#232;s haut, comme un point blanc, le refuge.&lt;br class='autobr' /&gt; L&#224; commence la grande rampe du col du Rousset, rampe continue de 13 kilom&#232;tres, &#224; pente moyenne de 5&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;%, s'&#233;levant sur certaines sections jusqu'au 10&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;%.&lt;br class='autobr' /&gt; Prenant des gants tann&#233;s retenus par une courroie sur ma sacoche, je fais passer ma cha&#238;ne sur le petit pignon, ce qui me demande &#224; peine une minute.&lt;br class='autobr' /&gt; Je monte lentement, &#224; 9 kilom&#232;tres &#224; l'heure, sans aucune peine&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; je force si peu, je jouis d'un tel bien-&#234;tre, que je n'h&#233;site pas &#224; tirer une cigarette de mon &#233;tui et &#224; fumer : l'&#233;trange assertion de Paul de Vivie se r&#233;alise, je me repose en montant.&lt;br class='autobr' /&gt; Je me revois tel que j'&#233;tais &#224; mon avant-derni&#232;re excursion, le veston roul&#233; sur le guidon, le pare-nuque tremp&#233; de sueur, haletant, poussant ma machine, et ce souvenir me rend le moment pr&#233;sent plus agr&#233;able encore.&lt;br class='autobr' /&gt; C'est presque en me jouant que je m'&#233;l&#232;ve sur les lacets d&#233;crits par la route bord&#233;e de maigres taillis de ch&#234;nes.&lt;br class='autobr' /&gt; Tant&#244;t j'ai en face le roc de l'Aiglette, tant&#244;t le but Sapiau, rochers aigus, bizarres, mais d'un superbe effet&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; derri&#232;re, la vall&#233;e de la Dr&#244;me, les montagnes du Diois, la for&#234;t de Sao&#251;, les trois becs de Rochecourbe.&lt;br class='autobr' /&gt; Dominant tout le paysage, le massif du Glandaz aux pentes couvertes de sapins, d'o&#249; s'&#233;lance, comme un gigantesque ob&#233;lisque, la dent de Die. Ces for&#234;ts sont surmont&#233;es d'une immense ceinture de roches grises, v&#233;ritable rempart de Titans qui forme le fa&#238;te de l'&#233;norme montagne. Apr&#232;s un brusque tournant du chemin, j'aper&#231;ois soudain &#224; cinq cents m&#232;tres devant moi, la silhouette du courrier de Die que j'ai rattrap&#233;, et dont la capote &#233;tincelle sous les feux du nickel. Une patache nickel&#233;e, c'&#233;tait bien invraisemblable, aussi ne tardai-je pas &#224; distinguer, attach&#233;es &#224; l'arri&#232;re, deux bicyclettes.&lt;br class='autobr' /&gt; Je d&#233;passe la voiture : le conducteur est seul, les cyclistes ont d&#251; le devancer.&lt;br class='autobr' /&gt; En effet, un kilom&#232;tre plus loin, je les vois m&#233;lancoliquement assis sur l'herbe s'&#233;pongeant le front : il me regardent curieusement, moi de m&#234;me, et je passe.&lt;br class='autobr' /&gt; Tel un papillon rencontrant une chenille et se souvenant de son premier &#233;tat.&lt;br class='autobr' /&gt; Enfin, sous les rochers escarp&#233;s de Ch&#233;ronne je monte le dernier lacet : de l&#224;, la route se dirige droit sur le refuge et bient&#244;t je mets pied &#224; terre devant sa porte hospitali&#232;re.&lt;br class='autobr' /&gt; Ce refuge, poste de secours du &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;T. C.&lt;/span&gt; est habit&#233; par le cantonnier et sa femme&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; le touriste peut y s&#233;journer, les chambres, d'une propret&#233; hollandaise, sont blanchies &#224; la chaux, la table tr&#232;s convenable.&lt;br class='autobr' /&gt; Apr&#232;s un rapide d&#233;jeuner, je m'assieds sur la terrasse bordant le pr&#233;cipice, d'o&#249; l'on embrasse un immense panorama.&lt;br class='autobr' /&gt; Le paysage est grandiose, d'une beaut&#233; triste et aust&#232;re&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; le contraste avec le Vercors dont le tunnel me s&#233;pare, n'en sera que plus saisissant.&lt;br class='autobr' /&gt; La longue-vue du cantonnier en main, je suis la marche p&#233;destre des cyclistes, toutes les sinuosit&#233;s de la route se d&#233;roulant sous moi&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; ext&#233;nu&#233;s, ils sont mont&#233;s dans la voiture. Demi-heure apr&#232;s ils arrivent. Les bicyclettes sont d&#233;tach&#233;es et les deux touristes assis &#224; la m&#234;me table que moi se font servir du th&#233; bouillant.&lt;br class='autobr' /&gt; La conversation s'engage : naturellement compliments sur ma rare vigueur.&lt;br class='autobr' /&gt; Je rends &#224; la &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#8239;Gauloise&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; ce qui appartient &#224; la &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#8239;Gauloise&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; et leur montre l'adaptation des deux vitesses : ils sont s&#233;duits par la simplicit&#233; et la robusticit&#233; du syst&#232;me.&lt;br class='autobr' /&gt; Ces touristes montaient sur le Vercors avec un d&#233;veloppement de 6m,80.&lt;br class='autobr' /&gt; Press&#233; par l'heure, je les quitte et entre dans le tunnel.&lt;br class='autobr' /&gt; Il y fait froid, un froid humide et p&#233;n&#233;trant : la surface glissante du sol me force &#224; conduire ma machine &#224; la main et guid&#233; par le jour qui brille &#224; la sortie, je h&#226;te le pas.&lt;br class='autobr' /&gt; Ici, qu'on me permette un souvenir. L'ann&#233;e derni&#232;re, traversant le Vercors, j'&#233;tais arriv&#233; &#224; l'entr&#233;e du tunnel vers 10 heures du soir. La nuit &#233;tait tr&#232;s noire et je n'avais pas de lanterne, sous le pr&#233;texte qu'un cycliste ne doit pas marcher nuitamment.&lt;br class='autobr' /&gt; Nulle lumi&#232;re &#224; l'issue oppos&#233;e : aussi apr&#232;s une vingtaine de m&#232;tres, fus-je tout d&#233;sorient&#233;.&lt;br class='autobr' /&gt; Dans mon sac, heureusement, j'avais une bougie : je la pris ainsi qu'une bo&#238;te d'allumettes amorphes.&lt;br class='autobr' /&gt; La malchance voulut qu'elle gliss&#226;t de mes mains &#224; moiti&#233; ouverte, laissant &#233;chapper toutes les allumettes.&lt;br class='autobr' /&gt; Le terrain &#233;tait boueux, parsem&#233; de flaques d'eau&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; impossible d'allumer.&lt;br class='autobr' /&gt; Je cornai, j'appelai, mais les cris &#233;touff&#233;s par la route, s'&#233;teignaient &#224; br&#232;ve port&#233;e.&lt;br class='autobr' /&gt; Buttant contre les parois de gauche et de droite, je pus enfin sortir du tunnel&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; j'avais mis 45 m&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;n&lt;/sup&gt; pour faire 600 m&#232;tres.&lt;br class='autobr' /&gt; Je couchai au refuge, et le lendemain contai ma m&#233;saventure au cantonnier.&lt;br class='autobr' /&gt; N'aviez-vous pas un couteau, me dit-il, un simple couteau e&#251;t remplac&#233; votre bougie.&lt;br class='autobr' /&gt; Vous auriez coup&#233; une mince branche de h&#234;tre, d'une longueur d'environ 3 m&#232;tres, et, la prenant par un bout, fr&#244;lant le mur de l'autre, travers&#233; sans t&#226;tonnements le tunnel.&lt;br class='autobr' /&gt; Toujours l'&#339;uf de Christophe Colomb. Le souterrain est franchi : une magnifique for&#234;t de sapins et de h&#234;tres succ&#232;de aux pentes s&#232;ches, pierreuses, ensoleill&#233;es, de l'autre versant&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; la superbe vall&#233;e du Vercors appara&#238;t se perdant dans le lointain.&lt;br class='autobr' /&gt; Jusqu'&#224; St-Aignan la descente est constante, et l'on peut facilement se permettre du 30 &#224; l'heure, mais la for&#234;t est si belle que je garde une tr&#232;s petite allure.&lt;br class='autobr' /&gt; Un tournant : on aper&#231;oit les sources de la Vernaison, les sapins et les h&#234;tres font place aux prairies. La vall&#233;e est assez &#233;troite, de chaque c&#244;t&#233; les montagnes sont admirablement bois&#233;es.&lt;br class='autobr' /&gt; La route d&#233;crit jusqu'&#224; Rousset de brusques lacets, mais &#224; partir de ce village, court presque droit sur Saint-Aignan que j'atteins bient&#244;t.&lt;br class='autobr' /&gt; Ce qui frappe dans ces villages du Vercors, c'est d'abord l'aspect monumental des &#233;coles, ensuite l'installation postale.&lt;br class='autobr' /&gt; Dans chaque bureau, &#224; part le t&#233;l&#233;graphe on a le t&#233;l&#233;phone : ainsi La Chapelle, Saint-Aignan, Saint-Martin, Saint-Julien le poss&#232;dent&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; ce sont pourtant de tr&#232;s petites localit&#233;s. Le Buez et la Vernaison leur donnent la lumi&#232;re &#233;lectrique.&lt;br class='autobr' /&gt; Laissant &#224; Saint-Aignan le chemin de Saint-Martin, je monte &#224; La Chapelle o&#249; rien ne retient le touriste. Une descente de six kilom&#232;tres et me voici aux Baraques, &#224; l'entr&#233;e des Grands Goulets.&lt;br class='autobr' /&gt; Quelques maisons, la plupart auberges ou h&#244;tels, forment ce hameau.&lt;br class='autobr' /&gt; &#192; c&#244;t&#233; la Vernaison coule paisiblement au milieu de prairies&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; la vall&#233;e est tr&#232;s ouverte, tr&#232;s ensoleill&#233;e, l'ensemble est presque idyllique.&lt;br class='autobr' /&gt; La route s'engouffrant brusquement dans un tunnel &#233;chancr&#233; bient&#244;t par de larges baies, longe le torrent &#224; une hauteur de quatre &#224; cinq m&#232;tres &#224; peine : la rivi&#232;re extr&#234;mement resserr&#233;e roule ses eaux vertes d'une transparence merveilleuse entre la galerie et l'immense paroi &#224; pic d'une v&#233;g&#233;tation luxuriante&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; ce ne sont que foug&#232;res accroch&#233;es au mur, arbustes aux branches retombantes, rochers tapiss&#233;s de mousse&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; tout cela &#233;clair&#233; d'un demi-jour, car la fissure est si &#233;troite, si haute, qu'&#224; peine en se penchant peut-on apercevoir le bleu du ciel.&lt;br class='autobr' /&gt; Tout rev&#234;t un caract&#232;re myst&#233;rieux, on sent qu'on entre dans l'inconnu.&lt;br class='autobr' /&gt; De sourds grondements se font entendre&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; encore un tunnel, et un spectacle inoubliable s'offre &#224; nos yeux.&lt;br class='autobr' /&gt; La Vernaison a pass&#233; sous un pont, et, furieuse, mugissante, se pr&#233;cipite de cascades en cascades de 80 m&#232;tres de haut&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; elle bondit blanche d'&#233;cume sur cet escalier de g&#233;ants. La route taill&#233;e en encorbellement, dominant le torrent &#224; une hauteur vertigineuse, franchit en les trouant les &#233;perons des gigantesques rochers, toujours suspendue sur l'ab&#238;me. En face, d'immenses falaises d'un violet noir s'&#233;lancent d'un seul jet&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; l'ensemble est d'une incomparable grandeur, d'une beaut&#233; satanique&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; ce sont v&#233;ritablement les portes de l'enfer. Telle est l'admirable route des Goulets.&lt;br class='autobr' /&gt;
Ouverte vers 1853, elle a n&#233;cessit&#233; de prodigieux travaux, et les ouvriers ont d&#251; faire preuve d'une audace et d'une adresse extraordinaires.&lt;br class='autobr' /&gt; Pour forer les trous de mine, on les descendait suspendus &#224; une longue corde, et c'est dans le vide, parfois accroch&#233;s &#224; une mince saillie, qu'ils attaquaient la roche.&lt;br class='autobr' /&gt;
La mine charg&#233;e, on les hissait sur la cr&#234;te de la montagne.&lt;br class='autobr' /&gt; Dans le cours de ces travaux, un ouvrier insuffisamment remont&#233;, eut la corde qui le soutenait tranch&#233;e par un &#233;clat de pierre et s'ab&#238;ma dans la Vernaison.&lt;br class='autobr' /&gt; C'est &#224; pied que je fais ces deux kilom&#232;tres, m'arr&#234;tant souvent, reculant toujours le moment de partir.&lt;br class='autobr' /&gt; La pente qui &#233;tait de 5&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;% passe au 6,5&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;% apr&#232;s un tournant brusque suivi d'un second aussi mauvais&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; ce point dangereux d&#233;pass&#233; elle revient au 5.&lt;br class='autobr' /&gt; Le chemin descend &#224; travers des prairies plant&#233;es de noyers et d'arbres fruitiers&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; quelques maisons, des hameaux commencent &#224; se montrer.&lt;br class='autobr' /&gt; Apr&#232;s le pont sur lequel on franchit la Vernaison, une l&#233;g&#232;re rampe nous &#233;l&#232;ve bient&#244;t &#224; une grande hauteur au-dessus du torrent : un roc barre la route, nous sommes aux Petits Goulets. &lt;br class='autobr' /&gt; Cinq tunnels se suivant, sont s&#233;par&#233;s par de courtes &#233;chapp&#233;es, d'o&#249; l'on aper&#231;oit &#224; 150 m&#232;tres de profondeur l'&#233;troite coupure dans laquelle mugit la Vernaison : en face se dressant &#224; plus de 1.000 m&#232;tres, de gigantesques rochers gris&#226;tres stri&#233;s de blanc et de noir.&lt;br class='autobr' /&gt; Ce site est d'une &#226;pre et sauvage beaut&#233;.&lt;br class='autobr' /&gt; Le dernier tunnel est franchi, et &#233;clatant de lumi&#232;re, le Royannais est devant moi.&lt;br class='autobr' /&gt; Aux gorges resserr&#233;es, o&#249; la vue se brise &#224; chaque pas, a succ&#233;d&#233; un immense horizon.&lt;br class='autobr' /&gt; Sainte-Eulalie travers&#233;, une derni&#232;re descente avec un tournant tr&#232;s raide m'am&#232;ne &#224; Pont-en-Royans.&lt;br class='autobr' /&gt; Pont-en-Royans est b&#226;ti au confluent de la Bourne et de la Vernaison : accroch&#233;s aux roches bordant le gouffre, les maisons grimpent les unes sur les autres, les premi&#232;res suspendues sur la rivi&#232;re, les derni&#232;res sous le roc surplombant.&lt;br class='autobr' /&gt; Les deux &#233;normes rochers qui forment l'entr&#233;e du d&#233;fil&#233; ont d'admirables teintes : couleur de feu, avec de longues coul&#233;es bleu&#226;tres, ils flamboient sous le soleil.&lt;br class='autobr' /&gt; Je m'arr&#234;te assez longtemps &#224; Pont-en-Royans, voulant simplement achever l'&#233;tape &#224; Villard-de-Lans : &#224; quatre heures je me mets en selle.&lt;br class='autobr' /&gt; Pendant un kilom&#232;tre le chemin suit l'humide gorge, longeant la Bourne, la franchit de nouveau, et jusqu'&#224; Choranche, n'offre plus qu'un m&#233;diocre int&#233;r&#234;t.&lt;br class='autobr' /&gt; La vall&#233;e s'est &#233;largie.&lt;br class='autobr' /&gt; &#192; partir de ce village, la route va redevenir tr&#232;s belle jusqu'&#224; la Balme qu'elle atteindra par une rampe de 7 kilom&#232;tres &#224; 6.5&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;%.&lt;br class='autobr' /&gt; Je prends la petite multiplication.&lt;br class='autobr' /&gt; &#192; une allure de 9 kilom&#232;tres &#224; l'heure, on a le temps de voir le paysage&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; joignez-y l'absence de toute fatigue et vous percevez bien des d&#233;tails qui &#233;chappent au cycliste &#224; pied.&lt;br class='autobr' /&gt; Le chemin montant sans cesse, s'&#233;l&#232;ve tr&#232;s haut au-dessus de la Bourne&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; il est presque toujours en encorbellement suspendu parfois &#224; 300 m&#232;tres sur le torrent.&lt;br class='autobr' /&gt; &#192; gauche le roc abrupt.&lt;br class='autobr' /&gt; Les pentes du pr&#233;cipice sont couvertes d'arbustes, nuanc&#233;s des mille teintes de l'automne : dans les moindres anfractuosit&#233;s de la roche, des touffes de plantes vertes.&lt;br class='autobr' /&gt; Bient&#244;t on arrive devant le cirque de Saint-Julien : les immenses rochers qui le forment sont couleur de rouille, &#224; leur sommet finissent les for&#234;ts du Vercors.&lt;br class='autobr' /&gt; Les points de vue varient &#224; chaque instant, c'est un enchantement perp&#233;tuel.&lt;br class='autobr' /&gt; Encore un tunnel : je traverse la Balme, humble village b&#226;ti sur les bords de la Bourne.&lt;br class='autobr' /&gt; Pendant 2 kilom&#232;tres la pente est presque nulle et jusqu'&#224; Villard-de-Lans, ne d&#233;passera pas 5&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;%.&lt;br class='autobr' /&gt; Imm&#233;diatement apr&#232;s une longue courbe, le pont de Goule Noire, o&#249; on laisse &#224; droite le chemin direct de Grenoble aux Grands Goulets.&lt;br class='autobr' /&gt; Peu apr&#232;s, un &#233;boulement r&#233;cent obstrue le passage : ce mauvais pas &#233;vit&#233;, la gorge se resserre et se change en obscur d&#233;fil&#233;.&lt;br class='autobr' /&gt; La route est merveilleuse, ce ne sont encore qu'encorbellements, tunnels, vo&#251;tes, arceaux jet&#233;s hardiment sur le lit du torrent, partout une vraie d&#233;bauche de verdure, un ravissement pour les yeux.&lt;br class='autobr' /&gt; Le chemin domine la rivi&#232;re de cinq &#224; six m&#232;tres &#224; peine, la Bourne roule tumultueusement ses eaux &#224; travers des blocs &#233;normes, les brisant en gerbes d'&#233;cume.&lt;br class='autobr' /&gt; &#192; droite, une scierie mue par une turbine, est presqu'enti&#232;rement abrit&#233;e sous un gigantesque rocher.&lt;br class='autobr' /&gt; Le sombre couloir devient plus &#233;troit encore, de courts tunnels se succ&#232;dent : tout &#224; coup la vall&#233;e s'ouvre, nous sommes sortis des gorges de la Bourne.&lt;br class='autobr' /&gt; 3 kilom&#232;tres me s&#233;parent de Villard-de-Lans : un raidillon, me voici dans le bourg.&lt;br class='autobr' /&gt; La nuit est venue, la lumi&#232;re &#233;lectrique brille partout.&lt;br class='autobr' /&gt; Le lendemain de tr&#232;s bonne heure, je descends &#224; la Balme par le chemin parcouru la veille.&lt;br class='autobr' /&gt; Tournant &#224; droite &#224; l'entr&#233;e du village, je laisse la direction de Pont-en-Royan pour prendre celle de Romeyer.&lt;br class='autobr' /&gt; La rampe dure 8 kilom&#232;tres avec une moyenne de 6,5&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;%&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; c'est vous dire que je change de multiplication.&lt;br class='autobr' /&gt; La route monte en lacets, traverse les Gillets, village assez important : &#224; mesure que l'on s'&#233;l&#232;ve, les montagnes du Vercors apparaissent de chaque c&#244;t&#233; de la vall&#233;e des for&#234;ts d'&#233;pic&#233;as, surmont&#233;es d'une couronne de rochers.&lt;br class='autobr' /&gt; Le chemin est peu int&#233;ressant, il me tarde d'&#234;tre au col.&lt;br class='autobr' /&gt; Enfin 55 minutes apr&#232;s avoir quitt&#233; la Balme&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; la hauteur est atteinte. De l&#224; &#224; Saint-Gervais, je n'ai plus que 14 kilom&#232;tres de descente.&lt;br class='autobr' /&gt; Quelques maisons noir&#226;tres, aux toits en saillie, tel est Romeyer.&lt;br class='autobr' /&gt; La pente d'abord est tr&#232;s douce, mais s'accentue &#224; mesure que l'on s'abaisse vers les rives bord&#233;es d'aulnes de la Drevenne.&lt;br class='autobr' /&gt; Bient&#244;t la route c&#244;toie la rivi&#232;re coulant entre de magnifiques p&#226;turages et laisse &#224; droite un pont jet&#233; sur le torrent, qui conduit aux ruines du prieur&#233; des &#201;couges. Nous sommes au Pas de l'&#201;chelle. Un tunnel : &#224; la sortie, c'est un &#233;blouissement. Je suis devant le plus admirable spectacle qui puisse se contempler.&lt;br class='autobr' /&gt; Jamais plus prodigieux, plus f&#233;erique changement &#224; vue, n'a &#233;merveill&#233; mes yeux.&lt;br class='autobr' /&gt; Ne voulant pas &#234;tre tax&#233; d'exag&#233;ration je me permettrai deux citations.&lt;br class='autobr' /&gt; La premi&#232;re est extraite du Voyage en France d'Ardouin Dumazet.&lt;br class='autobr' /&gt; &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#8239;&#192; l'issue d'un des tunnels, on a une &#233;blouissante vision : &#224; plus de 500 m&#232;tres de profondeur appara&#238;t tout &#224; coup la vall&#233;e de l'Is&#232;re, verte, fleurie, remplie de noyers et de m&#251;riers, de l&#224; se dressent vertes aussi les hautes collines de la C&#244;te-Saint-Andr&#233;.&lt;br class='autobr' /&gt; Dans les arbres, par les champs, par les pr&#233;s, des hameaux, des villages, des bourgs, des petites villes aux toits rouges semblent sem&#233;s.&lt;br class='autobr' /&gt; C'est une vue sublime, une de celles dont le regard ne peut se d&#233;tacher.&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;&lt;br class='autobr' /&gt; Tous les cyclistes connaissent les guides de M.&#160;de Baroncelli : vous savez si ces guides, minutieusement exacts, sont secs et sobres de toute description.&lt;br class='autobr' /&gt; Eh bien, &#233;coutez l'auteur et, passez-moi l'expression, voyez &#224; quel point il s'est &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#8239;emball&#233;&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; :&lt;br class='autobr' /&gt; &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#8239;Ce passage v&#233;ritablement fantastique, d&#233;bouche au-del&#224; d'un tunnel, sur un balcon taill&#233; dans le roc &#224; une hauteur prodigieuse, offrant un panorama merveilleux des Alpes de Savoie et de la plaine de l'Is&#232;re.&lt;br class='autobr' /&gt; J'ajouterai quelques mots.&lt;br class='autobr' /&gt; Imaginez un immense rocher de 300 m&#232;tres de hauteur absolument vertical, et supposez qu'&#224; 200 m&#232;tres de la base on ait trac&#233; une rainure dans le roc&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; cette rainure c'est notre route, c'est le merveilleux balcon d'o&#249; l'on contemple le magique tableau.&lt;br class='autobr' /&gt; J'essaye de m'accouder sur le parapet, mais je sens le vertige s'emparer de moi et suis forc&#233; de reculer.&lt;br class='autobr' /&gt; Je remonte enfin en machine, mais la pente est de 8 &#224; 10&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;%, je n'ai qu'un frein, le fagot s'impose.&lt;br class='autobr' /&gt; Couper un fagot de 15 kilos avec un couteau de poche, m'a toujours paru plus facile &#224; conseiller qu'&#224; faire, aussi en g&#233;n&#233;ral est-ce un tronc d'arbre ou une grosse branche que je tra&#238;ne &#224; la remorque.&lt;br class='autobr' /&gt; Pr&#233;cis&#233;ment au bord du chemin je vois une branche molle : la corde attach&#233;e je descends &#224; une allure de 20 kilom&#232;tres &#224; l'heure, et d&#233;crivant une grande courbe, suis bient&#244;t aux pieds du gigantesque rocher.&lt;br class='autobr' /&gt; En face la Drevenne bondissant de 150 m&#232;tres de haut, forme une splendide cascade.&lt;br class='autobr' /&gt; Ce pont travers&#233;, la route trac&#233;e &#224; flanc de coteau ne tarde pas, par un dernier lacet, &#224; atteindre Saint-Gervais.&lt;br class='autobr' /&gt; De Saint-Gervais le cycliste peut se rendre &#224; Valence (62 kilom.), soit par l'Albene en franchissant l'Is&#232;re, soit par la rive gauche.&lt;br class='autobr' /&gt; J'arr&#234;te ici ces notes.&lt;br class='autobr' /&gt; De retour de cette excursion, je voulus me rendre compte du gain en temps procur&#233; par la petite multiplication.&lt;br class='autobr' /&gt; Le trajet Die, Pont-en-Royans, Villard-de-Lans, Saint-Gervais, en kilom&#232;tres, se fait tr&#232;s facilement dans un jour&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; on peut m&#234;me, suffisamment entra&#238;n&#233;, arriver le soir &#224; Valence.&lt;br class='autobr' /&gt; Mais supposons seulement que le touriste parti de Die le matin, se soit arr&#234;t&#233; le soir &#224; Saint-Gervais, et calculons son gain dans ce parcours de 111 kilom&#232;tres.&lt;br class='autobr' /&gt; J'admettrai pour le cycliste la vitesse de 9 kilom&#232;tre &#224; l'heure et pour le pi&#233;ton poussant sa machine celle de 3 kilom., 500, vitesse difficile &#224; d&#233;passer vu la chaleur et les petites haltes in&#233;vitables.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mont&#233;es/Kil/Tps du Cycliste/Tps du Pi&#233;ton&lt;br class='autobr' /&gt;
Col du Rousset/12km/ 1h20/3h25&lt;br class='autobr' /&gt;
Chorange de la Balme/ 7km/ 50mn/2h&lt;br class='autobr' /&gt;
Gorges de la Bourne/ 10km/1h10/2h50&lt;br class='autobr' /&gt;
Col de Romeyer/8 km/ 55mn/2h17/&lt;br class='autobr' /&gt;
Total 37 km/4h15/10h30&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Diff&#233;rence 6 heures 17 minutes.&lt;br class='autobr' /&gt; Le gain est &#233;norme : 6 h. 17&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; plus grand encore pour les forces qu'on aurait d&#233;pens&#233;es, les c&#244;tes seules &#224; bicyclettes, demandant de s&#233;rieux efforts.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; D&#233;sormais, les pays de montagne s'ouvrent devant nous, pas de hauteur qu'on ne puisse atteindre, pas de col qui ne puisse se franchir&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; quo non ascendam, l'alti&#232;re devise de Fouquet est devenue celle des cyclistes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; P.-S. - Je joins &#224; ce r&#233;cit un tableau de marche destin&#233; aux cyclistes-touristes de Saint-&#201;tienne.&lt;br class='autobr' /&gt; Cette excursion est une des plus proches et plus int&#233;ressantes : faite dans le sens indiqu&#233;, elle est incomparablement plus belle que dans le sens contraire.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Au col de Rousset (340 kilom&#232;tres). Excursion du 30&#160;juin 1901.</title>
		<link>http://velotextes.fr/spip.php?article394</link>
		<guid isPermaLink="true">http://velotextes.fr/spip.php?article394</guid>
		<dc:date>2019-09-13T09:50:18Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>velovi</dc:creator>


		<dc:subject>Paul de Vivie, dit V&#233;locio</dc:subject>
		<dc:subject>Entre 1900 et 1914</dc:subject>
		<dc:subject>Vercors</dc:subject>
		<dc:subject>Col de Rousset</dc:subject>
		<dc:subject>Dr&#244;me</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;&#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#8239;Sept cyclotouristes ont pris part &#224; cette excursion qui a &#233;t&#233; une des plus suivies et des plus go&#251;t&#233;es de la saison. C'est que le Vercors est un incomparable &#233;crin de beaut&#233;s naturelles&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; les sites pittoresques y abondent et les points de vue les plus inattendus y surprennent agr&#233;ablement les cyclistes, que les rampes dures et longues et les descentes dangereuses ne font pas reculer.&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;&lt;/p&gt;

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&lt;a href="http://velotextes.fr/spip.php?rubrique36" rel="directory"&gt;1901-1914 P&#233;riode &#201;cole st&#233;phanoise&lt;/a&gt;

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&lt;a href="http://velotextes.fr/spip.php?mot1" rel="tag"&gt;Paul de Vivie, dit V&#233;locio&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://velotextes.fr/spip.php?mot11" rel="tag"&gt;Entre 1900 et 1914&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://velotextes.fr/spip.php?mot49" rel="tag"&gt;Vercors&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://velotextes.fr/spip.php?mot85" rel="tag"&gt;Col de Rousset&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://velotextes.fr/spip.php?mot147" rel="tag"&gt;Dr&#244;me&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;Par Paul de Vivie, alias V&#233;locio, Excursions dominicales de V&#233;locio, Le Cycliste, 1901, Source Archives D&#233;partementales de la Loire&lt;br class='autobr' /&gt;
Per1328&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sept cyclotouristes ont pris part &#224; cette excursion qui a &#233;t&#233; une des plus suivies et des plus go&#251;t&#233;es de la saison. C'est que le Vercors est un incomparable &#233;crin de beaut&#233;s naturelles&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; les sites pittoresques y abondent et les points de vue les plus inattendus y surprennent agr&#233;ablement les cyclistes, que les rampes dures et longues et les descentes dangereuses ne font pas reculer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous allons donc, une fois de plus, d&#233;montrer que ce joyau des Alpes dauphinoises est &#224; la port&#233;e des p&#233;dales st&#233;phanoises et qu'elles peuvent ais&#233;ment traverser de part en part le Vercors du samedi soir au lundi matin. Voici comment :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; peine en retard sur notre programme, nous partons de La Digonni&#232;re samedi soir &#224; 6 heures&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; nous n'&#233;tions que deux &#224; ce moment-l&#224;&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; la fra&#238;cheur nous permet de monter &#224; bonne allure au col des Grands Bois (1.145 m&#232;tres), puis nous descendons en roue libre sur Bourg-Argental (12 kilom&#232;tres en 20 minutes), ensuite par Boulieu et Saint-Cyr &#224; Andance o&#249; nous mettons pied &#224; terre &#224; 9 heures moins le quart, autant pour souper que pour r&#233;parer une avarie de machine heureusement peu grave.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Du reste nous devons &#224; Andance nous rencontrer avec deux cyclistes descendus, par le col de Pavezin, l'un de Saint-Chamond, l'autre de Saint-Paul-en-Jarez&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; les voici bient&#244;t, ayant, eux aussi, une avarie (le voyage d&#233;bute bien&amp;#8239&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;!), un pneu crev&#233; qu'on r&#233;pare illico. Un serrurier complaisant et adroit vient &#224; bout de l'autre r&#233;paration et nous pouvons enfin nous mettre d'abord &#224; table, puis, &#224; 11h. 1/4 en selle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#232;s ce moment, en retard de deux heures, notre repos de la nuit est bien compromis. Cependant, nous filons bon train malgr&#233; un vent contraire assez accentu&#233; et, par Saint-P&#233;ray, nous arrivons &#224; Valence &#224; 1 heure du matin. En passant sur la place de Tournon, L. et J. d&#233;fendus par la nuit contre les regards indiscrets, ont pris un bain complet dans le bassin de la fontaine. Ces bains froids ou plut&#244;t ces immersions de quelques secondes sont tr&#232;s bienfaisantes pour les cyclo-touristes qui ont de longues &#233;tapes &#224; fournir. Elles agissent sur les muscles d'une fa&#231;on &#233;tonnante, et tel qui se sentait fatigu&#233; auparavant marche ensuite merveilleusement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;P. et moi nous nous en apercevons &#224; nos d&#233;pens au train que l'on nous fait mener de Tournon &#224; Valence. Nous abandonnons momentan&#233;ment nos jeunes compagnons &#224; la porte de l'h&#244;tel de la Poste. Aller se mettre dans un bon lit pour n'y dormir que deux heures, ne nous parait pas sagement raisonn&#233;. Nous pr&#233;f&#233;rons continuer et aller un peu plus loin dormir un instant &#224; la belle &#233;toile&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; nous d&#233;couvrons, &#224; 8 ou 10 kilom&#232;tres de l&#224;, des tas de luzerne s&#233;ch&#233;e au soleil et ti&#232;de encore de la chaleur du jour, moelleuse paillasse sur laquelle, pendant deux heures, bien envelopp&#233;s dans nos manteaux, nous dormons du sommeil du juste, malgr&#233; l'incessant va-et-vient d'une gare perdue au milieu de la campagne et n&#233;anmoins tr&#232;s importante &#224; en juger par le nombre de ses feux. &#192; peine &#233;tions-nous debout, toilette faite dans un ruisseau qui borde la route, que nos compagnons arrivent avec un troisi&#232;me cycliste, C. M.. de Lyon, qui &#233;tait venu nous attendre &#224; l'h&#244;tel de la Poste et qui nous accompagnera quelque temps.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous traversons imm&#233;diatement, dr&#244;le de co&#239;ncidence, un village, La Paillasse&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! T&#233;, mon bon, para&#238;trait que nous avons couch&#233; au grand h&#244;tel de la Paillasse et &#231;a ne nous a pas co&#251;t&#233; cher, tandis qu'&#224; Valence C. M., L. et J. ont dormi &#224; raison de 2 fr. 50 l'heure.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est &#233;crit que nous ne ferons jamais d'excursion sans commettre quelques erreurs de route, toujours &#224; notre pr&#233;judice, bien entendu. Au lieu de filer droit vers Alex, n'avons-nous pas la faiblesse d'&#233;couter J. qui nous assure qu'il faut aller passer par Livron&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! Ah&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! si nous avions pu les lui fourrer le soir dans les jambes les cinq ou six kilom&#232;tres qu'il nous a fait faire bien inutilement le matin&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;!&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous tenons enfin la Dr&#244;me, que, jusqu'&#224; Die, nous allons remonter. Halte &#224; Crest pour un premier petit d&#233;jeuner&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; cinq heures sonnent. Peu apr&#232;s Saillans, nous rattrapons un sixi&#232;me compagnon, M., de Saint-&#201;tienne, parti la veille &#224; midi et que nous supposions d&#233;j&#224; au col de Rousset&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; il a subi des retards successifs et finalement a manqu&#233; le train qu'il comptait prendre, et couch&#233; &#224; &#201;toiles, non pas comme nous &#224; la belle &#233;toile, mais chez un boulanger. On se d&#233;brouille comme on peut&amp;#8239&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;!&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tr&#232;s amusant de faire ainsi la boule de neige&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; nous serions six si, juste &#224; ce moment, C. M.&#160;ne nous abandonnait. &#192; l'entr&#233;e de Die, nous tournons &#224; gauche et, sous un soleil torride, nous abordons les 20 kilom&#232;tres de mont&#233;e qui doivent nous conduire au col. &#192; Chamaloc, o&#249; nous arrivons les uns apr&#232;s les autres, M.&#160;toujours bon dernier, nous absorbons chacun sous forme de caf&#233; au lait et d'eau fra&#238;che au moins deux litres de liquide, que le soleil nous soutirera bien vite pendant les 14 derniers kilom&#232;tres &#224; 6 1/2&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;%. Je ne dirai rien des lacets l&#233;gendaires par lesquels on s'&#233;l&#232;ve lentement &#224; 1.400 m&#232;tres d'altitude&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; J. et L. prennent vite les devants, P. et moi suivons plus lentement et M.&#160;forme l'arri&#232;re-garde&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; inutile d'expliquer que nous avons tous pris nos faibles d&#233;veloppements. Une heure et quart, une heure et demie et deux heures et demie ont &#233;t&#233; les temps respectifs des trois groupes. Bient&#244;t nous entendons les appels de nos amis d'Annonay, F. et B. qui nous ont pr&#233;c&#233;d&#233;s de deux heures et qui nous regardent grimper avec une joie que nous &#233;prouverions certainement si nous &#233;tions &#224; leur place et eux &#224; la n&#244;tre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ah qu'il est doux de ne rien faire&lt;br class='autobr' /&gt;
Et de voir travailler autrui&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;!&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enfin, nous y voil&#224;&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! Vite une immersion dans l'eau glac&#233;e de la fontaine, une pirouette au soleil pour nous s&#233;cher et fl&#226;nerie jusqu'&#224; l'heure du d&#238;ner&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; l'ombre l&#224;-haut fait malheureusement d&#233;faut.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Maintenant, nous sommes sept, et C. M., qui nous suit plus lentement, arrivera demi-heure apr&#232;s notre d&#233;part.&lt;br class='autobr' /&gt;
Nous avons joui depuis le matin d'un temps radieux et la remont&#233;e de la Dr&#244;me, de Livron &#224; Die, a &#233;t&#233; un continuel enchantement. La vue du col de Rousset s'&#233;tend fort loin, mais elle est bien g&#234;n&#233;e par la multitude des sommets qui se pressent les uns contre les autres et qui ne laissent entrevoir les lointains que par d'&#233;troites &#233;chapp&#233;es.&lt;br class='autobr' /&gt;
Nous faisons tous honneur &#224; un succulent repas v&#233;g&#233;tarien, dont un potage, compliqu&#233; &#224; l'exc&#232;s, et, j'ose le dire, de mon invention, forme le plat de r&#233;sistance&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; on se permit cependant un peu de clairette de Die, mais avec beaucoup d'eau.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;V&#233;locio.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_177 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;52&#034; data-legende-lenx=&#034;x&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='http://velotextes.fr/IMG/png/coldurousset.png' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/png&#034;&gt; &lt;img src='http://velotextes.fr/local/cache-vignettes/L500xH311/coldurousset-4a029.png?1788127343' width='500' height='311' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre crayon document-titre-177 '&gt;&lt;strong&gt;Col de Rousset
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;div class='spip_doc_credits crayon document-credits-177 '&gt;Profil Dolin, Les Alpes fran&#231;aises.
&lt;/div&gt;
&lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Le Col de Men&#233;e (1899)</title>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>velovi</dc:creator>


		<dc:subject>cyclotourisme, cyclocamping</dc:subject>
		<dc:subject>polymultipli&#233;e</dc:subject>
		<dc:subject>Vercors</dc:subject>
		<dc:subject>d'Espinassous</dc:subject>
		<dc:subject>Fagot</dc:subject>
		<dc:subject>1899</dc:subject>
		<dc:subject>Col de Men&#233;e</dc:subject>
		<dc:subject>Col du Lautaret</dc:subject>
		<dc:subject>Dr&#244;me</dc:subject>

		<description>&lt;div class='spip_document_164 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='http://velotextes.fr/IMG/png/coldemeneeblc-r90.png' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/png&#034;&gt; &lt;img src='http://velotextes.fr/IMG/png/coldemeneeblc-r90.png' width=&#034;2126&#034; height=&#034;812&#034; alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#8239;Tout en roulant, je pensais combien le cyclisme est redevable au capitaine Perrache, le savant et tenace champion de la petite multiplication, et de M.&#160;de Vivie, son infatigable vulgarisateur.&lt;br class='autobr' /&gt;
Je ne crois pas exag&#233;rer en disant que l'adjonction d'un second d&#233;veloppement &#224; une bicyclette a r&#233;volutionn&#233; le tourisme : plans, horaires, &#233;tapes, tout a &#233;t&#233; boulevers&#233;.&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;&lt;/p&gt;

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&lt;a href="http://velotextes.fr/spip.php?rubrique42" rel="directory"&gt;A. D'Espinassous&lt;/a&gt;

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&lt;a href="http://velotextes.fr/spip.php?mot9" rel="tag"&gt;cyclotourisme, cyclocamping&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://velotextes.fr/spip.php?mot23" rel="tag"&gt;polymultipli&#233;e&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://velotextes.fr/spip.php?mot49" rel="tag"&gt;Vercors&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://velotextes.fr/spip.php?mot51" rel="tag"&gt;d'Espinassous&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://velotextes.fr/spip.php?mot53" rel="tag"&gt;Fagot&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://velotextes.fr/spip.php?mot75" rel="tag"&gt;1899&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://velotextes.fr/spip.php?mot82" rel="tag"&gt;Col de Men&#233;e&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://velotextes.fr/spip.php?mot88" rel="tag"&gt;Col du Lautaret&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://velotextes.fr/spip.php?mot147" rel="tag"&gt;Dr&#244;me&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='http://velotextes.fr/local/cache-vignettes/L150xH57/coldemeneeblc-9f115.png?1788195712' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='57' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;Par d'Espinassous, paru dans le Cycliste, D&#233;cembre 1899, Janvier 1950&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Cinq heures sonnent quand je franchis le seuil de l'h&#244;tel, la nuit est encore tr&#232;s obscure dans l'int&#233;rieur de Die, les r&#233;verb&#232;res sont &#233;teints.&lt;br class='autobr' /&gt; &#192; la sortie de la ville, j'y vois &#224; peine pour monter en machine.&lt;br class='autobr' /&gt; Peu &#224; peu les &#233;toiles p&#226;lissent, le jour commence &#224; poindre&#160;: une l&#233;g&#232;re vapeur blanche s'&#233;l&#232;ve flottant sur la rivi&#232;re, l'air est tr&#232;s vif.&lt;br class='autobr' /&gt; La route, comme presque toutes celles des Alpes est bord&#233;e de peupliers d'Italie dont d&#233;j&#224; les feuilles sont tomb&#233;es&#160;: elle suit, la remontant, la vall&#233;e de la Dr&#244;me et abandonne &#224; Pont-de-Quart la direction du col de Cabre.&lt;br class='autobr' /&gt; Le soleil s'est lev&#233; sur un ciel empourpr&#233;, le signe est f&#226;cheux et malgr&#233; la s&#233;r&#233;nit&#233; du temps je crains qu'il ne pleuve&#160;: mais Grenoble n'est plus qu'&#224; 120 kilom&#232;tres, une simple promenade de touriste, all right.&lt;br class='autobr' /&gt; Le chemin monte, c&#244;toyant un ruisseau&#160;: &#224; gauche, le massif du Glandaz.&lt;br class='autobr' /&gt; Une heure apr&#232;s avoir quitt&#233; Die, j'arrive &#224; Ch&#226;tillon, village b&#226;ti sur les bords du Bez. Des pr&#233;s, des vergers, beaucoup de noyers lui donnent un aspect assez agr&#233;able.&lt;br class='autobr' /&gt; Deux cents m&#232;tres plus loin, la route de Clelles laisse &#224; droite celle du col de Grimone et contournant l'&#233;norme montagne ne tarde pas &#224; atteindre Men&#233;e.&lt;br class='autobr' /&gt; Pendant ce trajet le soleil s'est voil&#233;, des cr&#234;tes du Glandaz sortent des nuages rapidement chass&#233;s, le ciel envahi devient d'un gris de plomb, l'air se charge d'humidit&#233;, le vent cesse, un grand calme se fait.&lt;br class='autobr' /&gt; Bient&#244;t une pluie fine commence &#224; tomber.&lt;br class='autobr' /&gt; R&#233;fugi&#233; dans une modeste auberge, j'interroge anxieusement mon h&#244;te qui, l'air important, sort sur le pas de la porte, regarde &#224; plusieurs reprises le ciel, hoche la t&#234;te et finalement d&#233;cide que &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#231;a ne durera pas&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;.&lt;br class='autobr' /&gt; Men&#233;e, avec la pluie, est un s&#233;jour tr&#232;s triste, de hautes montagnes l'entourent&#160;: une d'elles, &#224; pic, a de magnifiques teintes rouge&#226;tres, mais sous le ciel gris tout est terne.&lt;br class='autobr' /&gt; Une demi-heure ne s'&#233;tait pas &#233;coul&#233;e que la pluie cesse, les nuages paraissent moins denses et entre leurs rares &#233;chancrures on voit un peu de bleu c'est le moment de partir.&lt;br class='autobr' /&gt; La longue rampe du col de Men&#233;e, rampe de 16 kilom&#232;tres, coup&#233;e par un seul et court palier de 500 m&#232;tres, part m&#234;me du milieu du village.&lt;br class='autobr' /&gt; La route s'&#233;l&#232;ve par de rapides lacets &#224; travers des taillis de ch&#234;nes, les pentes des montagnes sont nues, couvertes d'&#233;boulis&#160;: seules les roches flamboyantes de leurs cimes, au coloris d'une incroyable vivacit&#233;, attirent le regard. En somme, paysage peu int&#233;ressant.&lt;br class='autobr' /&gt; Arriv&#233; aux Noni&#232;res, la pluie reprend de plus belle et, complication impr&#233;vue, pas d'auberge.&lt;br class='autobr' /&gt; Abrit&#233; sous un hangar, j'attends, esp&#233;rant que ce ne sera qu'une ond&#233;e&#160;: cependant il pleut &#224; torrent, le ciel est lourd et noir.&lt;br class='autobr' /&gt; Je suis vite entour&#233; de quelques habitants aux Noni&#232;res, le passage d'un cycliste est encore chose rare et constitue une &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;great attraction&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;. Nouvelles interrogations&#160;: les avis sont partag&#233;s, mais la majorit&#233; assure que &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#8239;&#231;a ne peut durer&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;.&lt;br class='autobr' /&gt; La minorit&#233; avait tort &#8212; d'ailleurs de notre temps elle a toujours tort &#8212; car, apr&#232;s un redoublement de violence la pluie s'interrompt tout &#224; coup.&lt;br class='autobr' /&gt; Le chemin d&#233;crivant une immense boucle vient ensuite passer &#224; 100 m&#232;tres au-dessus du village&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; il traverse de maigres p&#226;turages o&#249; de pauvres chalets semblent sem&#233;s.&lt;br class='autobr' /&gt; &#192; droite, la vue descend dans le profond ravin o&#249; coule le torrent de Seyremont, sur l'autre rive des for&#234;ts de sapins.&lt;br class='autobr' /&gt; Je monte sans tr&#234;ve, les lacets succ&#232;dent aux lacets, jamais je n'arrive au tunnel.&lt;br class='autobr' /&gt; Dans un bois de pins je rencontre un berger&#160;: &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;Mais enfin ce tunnel o&#249; est-il&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;?&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; Souriant, il me le montre derri&#232;re moi &#224; plus de 3 kilom.., son orifice noir ressort sur les landes arides du sommet.&lt;br class='autobr' /&gt; Encore des lacets qui m'en &#233;loignent, voici pourtant le dernier et d&#233;sormais la route se dirige droit sur le col.&lt;br class='autobr' /&gt; J'avais d&#233;pass&#233; une ferme quand j'essuie une violente averse&#160;: acc&#233;l&#233;rant de plus en plus, je me r&#233;fugie sous la vo&#251;te. Naturellement la pluie cesse aussit&#244;t.&lt;br class='autobr' /&gt; Le tunnel travers&#233; (1466 m&#232;tres d'altitude), je trouve &#224; la sortie un brouillard tellement &#233;pais, tellement opaque, que la marche en machine n'est plus possible.&lt;br class='autobr' /&gt; Dans mes voyages, j'ai appris &#224; user d'un grand fond de philosophie contre l'hostilit&#233; des choses inanim&#233;es, toute lutte me para&#238;t vaine.&lt;br class='autobr' /&gt; &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;En amour, disait Napol&#233;on, la victoire c'est la fuite&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; ici, la victoire c'est l'inertie.&lt;br class='autobr' /&gt; Aussi, m'asseyant sur une pierre je prends dans mon sac du pain et des fruits, du caf&#233; noir termine ce frugal repas, ou comme disent les Suisses, cette &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;restauration&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;.&lt;br class='autobr' /&gt; Je fumais depuis une demi-heure quand le brouillard semble se dissiper, il devient plus transparent, plus mobile puis soudain se d&#233;chirant en grands voiles blancs qui s'envolent en tous sens, laisse entrevoir un ciel radieux.&lt;br class='autobr' /&gt; Jamais coup de th&#233;&#226;tre n'arriva plus &#224; point. La vue que l'on a du col est de toute beaut&#233;, le contraste avec le versant oppos&#233; est saisissant. Une superbe for&#234;t de sapins couvre les pentes escarp&#233;es de la montagne&#160;: de l'autre c&#244;t&#233; du vallon, dans une clairi&#232;re &#224; mi-c&#244;te, appara&#238;t un v&#233;ritable palais, ses toits aux tuiles multicolores, h&#233;riss&#233;s de fl&#232;ches et de campaniles, &#233;tincellent.&lt;br class='autobr' /&gt; Dans un site aussi d&#233;sert, aussi sauvage, l'effet de ce &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;ch&#226;teau de la belle au bois dormant&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; est extraordinaire.&lt;br class='autobr' /&gt; Sur les rochers au pied desquels est b&#226;tie cette luxueuse demeure, la for&#234;t recommence et monte jusqu'aux cr&#234;tes d&#233;chiquet&#233;es du sommet.&lt;br class='autobr' /&gt; Ma carte consult&#233;e n'indique qu'une chapelle, je questionnerai la premi&#232;re personne rencontr&#233;e. La route est excellente et va descendre continuellement pendant 19 kilom&#232;tres, jusqu'au pont de l'&#201;bron&#160;: le ciel est devenu d'un bleu intense, heureux de ma bonne fortune, je me mets en selle.&lt;br class='autobr' /&gt; &#192; peu de distance du tunnel, un &#233;boulement obstrue le chemin&#160;: le cantonnier, aid&#233; de quelques ouvriers, travaille &#224; r&#233;tablir le passage.&lt;br class='autobr' /&gt; Mettant pied &#224; terre, je l'interroge sur le myst&#233;rieux palais dont, &#224; travers les arbres, on voit briller les toits.&lt;br class='autobr' /&gt; &#8212; C'est, me dit-il, l'ermitage d'Esparon, aujourd'hui transform&#233; en couvent, et il me donne de nombreux d&#233;tails sur le monast&#232;re. Je ne m'y arr&#234;terai pas.&lt;br class='autobr' /&gt; Dans la for&#234;t, le sol est toujours bon, les courbes de grand rayon, aussi ma marche devient tr&#232;s rapide.&lt;br class='autobr' /&gt; Quand pendant deux heures on a gravi une c&#244;te avec une petite multiplication, la grande vous donne ensuite presque la sensation du vol, la transition est d&#233;licieuse.&lt;br class='autobr' /&gt; J'admirais sans me lasser les points de vue variant sans cesse, lorsque jetant les yeux sur la route, en ce moment en ligne droite, j'aper&#231;ois, loin devant moi, deux minces piquets plant&#233;s au milieu de la chauss&#233;e.&lt;br class='autobr' /&gt; Je passerai bien &#224; droite ou &#224; gauche me dis-je, et l'id&#233;e que le chemin f&#251;t barr&#233; ne me vint pas.&lt;br class='autobr' /&gt; Deux minutes apr&#232;s, j'arrive sur les piquets avec une vitesse d'au moins 25 kilom&#232;tres &#224; l'heure, la route est emport&#233;e sur une longueur de trois m&#232;tres.&lt;br class='autobr' /&gt; Dans ces moments-l&#224;, on n'a pas le temps de r&#233;fl&#233;chir.&lt;br class='autobr' /&gt; L'espace d'une seconde, je me trouve debout au bord m&#234;me de la crevasse, retenant par la selle ma bicyclette fr&#233;missante.&lt;br class='autobr' /&gt; En pareil cas, l'esprit du cycliste doit ob&#233;ir sans &#234;tre command&#233;, et de lui-m&#234;me, instantan&#233;ment envoyer l'ordre sauveur. Le danger pass&#233;, on s'en rend compte.&lt;br class='autobr' /&gt; L'alerte avait &#233;t&#233; vive et mon &#233;moi assez grand&#160;: pench&#233; sur les bords de la crevasse, qui aurait pu devenir une &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;solution de continuit&#233;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; de mon voyage, la regardant non sans un certain plaisir, je ne peux m'emp&#234;cher de penser qu'apr&#232;s les longs renseignements donn&#233;s sur le couvent par le verbeux cantonnier, quelques-uns sur l'&#233;tat du chemin n'eussent pas &#233;t&#233; superflus.&lt;br class='autobr' /&gt; Comme moralit&#233; de l'incident, je me promets le plus saint respect pour tous les piquets que je rencontrerai.&lt;br class='autobr' /&gt; Bient&#244;t la for&#234;t cesse, la route traverse des p&#226;turages.&lt;br class='autobr' /&gt; J'avais &#224; peine d&#233;pass&#233; le col du Lautaret, quand la plus merveilleuse, la plus fantastique apparition m'arr&#234;te net.&lt;br class='autobr' /&gt;
Au loin, au fond de la vall&#233;e, a surgi un monstrueux vaisseau de pierre&#160;: &#224; une hauteur prodigieuse, sa proue aigu&#235; d&#233;chire l'air. Devant moi s'est dress&#233; dans sa majest&#233; hautaine, le mont Aiguille.&lt;br class='autobr' /&gt; &#201;bloui, fascin&#233; par cette vue, ce n'est que lentement que j'arrive au bas de la c&#244;te.&lt;br class='autobr' /&gt; L'&#233;trange montagne m'attire. Il n'y a pas de chemin cyclable, j'irai &#224; pied.&lt;br class='autobr' /&gt; Laissant ma bicyclette &#224; Chichilianne, je suis, apr&#232;s une heure de marche, dans le profond couloir qui entoure le mont.&lt;br class='autobr' /&gt; S&#233;par&#233; de la cha&#238;ne du Vercors par une immense coupure, seul comme un gigantesque ob&#233;lisque, le mont Aiguille s'&#233;l&#232;ve dans le ciel.&lt;br class='autobr' /&gt; Ses formidables escarpements aux teintes rutilantes s'&#233;lancent d'un seul jet &#224; plus de deux mille m&#232;tres et devant ce colossal entassement de rocs, c'est d'abord un sentiment d'&#233;crasement que l'on &#233;prouve, ensuite d'admiratif &#233;tonnement.&lt;br class='autobr' /&gt; Tout est pierre, tout est rocher autour de moi, tout est silence &#233;galement. L'impression de grandeur est indescriptible.&lt;br class='autobr' /&gt; Un jour &#224; Zermalt, un Suisse dans un acc&#232;s de fiert&#233; helv&#233;tique, me montrant le Cervin s'&#233;criait&#160;: &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;Voyez&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! il poignarde le ciel&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;!&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;&lt;br class='autobr' /&gt; Le Mont Aiguille le soutient&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;!&lt;br class='autobr' /&gt; Vu de pr&#232;s, il pr&#233;sente un des plus surprenants, un des plus grandioses spectacles que le touriste puisse contempler.&lt;br class='autobr' /&gt; Les lecteurs du Cycliste trouvent peut-&#234;tre que je suis enthousiasme facilement, qu'ils se d&#233;trompent j'ai beaucoup voyag&#233;, beaucoup vu, et suis plut&#244;t un peu blas&#233;, je leur raconte simplement ce que je vois, je leur fais part de ce que je sens.&lt;br class='autobr' /&gt; De Chichilianne &#224; Clelles, la distance est courte, ce village travers&#233; la pente de la route s'accentue rapidement.&lt;br class='autobr' /&gt; La descente de Clelles est id&#233;ale comme sol, pente, trac&#233;, de plus, elle est d&#233;serte&#160;: lanc&#233; &#224; une allure de 35 &#224; 40 kilom&#232;tres &#224; l'heure, c'est avec une sorte d'ivresse que j'arrive sur le pont jet&#233; sur l'&#201;bron.&lt;br class='autobr' /&gt; Gris&#233; par la vitesse, le cycliste ressent une volupt&#233; sans pareille&#160;: fendant l'air, ne faisant qu'un avec sa machine, il se sent le roi de l'espace, il a retrouv&#233; le magique tapis des mille et une nuits.&lt;br class='autobr' /&gt; Cette sensation enivrante, je viens de l'&#233;prouver.&lt;br class='autobr' /&gt; Au pont de l'&#201;bron, commence la longue mont&#233;e de Mens.&lt;br class='autobr' /&gt; &#192; mesure que l'on approche de cette ville, un imposant b&#226;timent s'aper&#231;oit sur une &#233;l&#233;vation&#160;: c'est l'&#201;cole mod&#232;le protestante, Mens est un peu la Gen&#232;ve du Dauphin&#233;.&lt;br class='autobr' /&gt; Au haut de la c&#244;te, la vue n'est arr&#234;t&#233;e que par les montagnes de la Croix-Haute, du Vercors de la Dr&#244;me, sur lesquelles on distingue &#224; mi-flanc, les viaducs de la ligne de Gap, Mens, le Ch&#226;tel, alias bonnet de Calvin et l'Obiou, le grand pic du D&#233;voluy encore plaqu&#233; de neige.&lt;br class='autobr' /&gt; Il est midi moins dix quand je descends de machine, la ville me para&#238;t assez triste.&lt;br class='autobr' /&gt; Mon guide consult&#233;, elle n'offre rien de remarquable, Mens est un obscur et frileux village des Alpes.&lt;br class='autobr' /&gt; Mon guide se trompe, le nom de Mens est connu, la renomm&#233;e l'a port&#233; au loin, il est illustre, il est c&#233;l&#232;bre, et sa c&#233;l&#233;brit&#233; c'est la Boufette.&lt;br class='autobr' /&gt; Le nom n'est pas joli, mais la chose est exquise.&lt;br class='autobr' /&gt; Cr&#233;&#233;e par M&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;me&lt;/sup&gt;&#160;Baup, modeste p&#226;tissi&#232;re, la Boufette de Mens est simplement une bouch&#233;e de dame, blanche, glac&#233;e &#224; la vanille, renfermant une cr&#232;me merveilleuse d'un ar&#244;me d&#233;licieux et inconnu&#160;: c'est une friandise digne de l'Olympe, c'est l'ambroisie des dieux retrouv&#233;e.&lt;br class='autobr' /&gt; Elle s'exporte partout, l'hiver jusqu'au Caire le nom de M... Baup a franchi les mers.&lt;br class='autobr' /&gt; Rien ne creuse comme les &#233;motions, et depuis le col de Men&#233;e j'&#233;tais &#224; jeun, aussi me h&#226;tai-je de d&#233;jeuner.&lt;br class='autobr' /&gt; Je vous ferai gr&#226;ce de mon menu, je suis tr&#232;s sobre, et les menus d'un v&#233;g&#233;tarien n'ont rien de bien int&#233;ressant. Apr&#232;s avoir indiqu&#233; les mets que je d&#233;sirais, j'interrogeai mon ma&#238;tre d'h&#244;tel.&lt;br class='autobr' /&gt; &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;Je ne suis jamais venu &#224; Mens, lui dis-je, qu'y a-t-il de curieux&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;?&lt;br class='autobr' /&gt; &#8212; &#192; Mens, rien me r&#233;pondit-il, mais ses environs offrent de tr&#232;s jolies courses&#160;: le pont de Brion, de Ponsonnas, Tr&#233;minis, le Ch&#226;tel, l'OBiou, la Croix-Haute, le D&#233;voluy.&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;&lt;br class='autobr' /&gt; Je connaissais le col de la Croix-Haute, d'o&#249; l'on d&#233;couvre un des plus beaux panoramas qui soient au monde, le D&#233;voluy &#233;tait trop loin, le Ch&#226;let et l'Obiou trop hauts&#160;: restait le pont de Ponsonnas, pr&#233;cis&#233;ment situ&#233; sur la route que je devais suivre.&lt;br class='autobr' /&gt; Je me promenai &#224; pied autour de Mens et ce n'est qu'&#224; 2 heures que je partis.&lt;br class='autobr' /&gt; Le chemin de La Mure monte jusqu'au col des Accarias, d'o&#249; l'on domine toute la plaine mamelonn&#233;e du Tri&#232;ves, ensuite par une grande courbe atteint &#224; Saint-Jean-d'H&#233;rans. Pass&#233; ce village il descend tr&#232;s rapidement dans le lugubre ravin que le Drac a creus&#233;.&lt;br class='autobr' /&gt; Le paysage prend bient&#244;t un caract&#232;re d'&#233;trange et sauvage grandeur.&lt;br class='autobr' /&gt; La route est &#224; pic sur la sinistre gorge dans laquelle gronde le Drac. Ce sombre d&#233;fil&#233; de roches noires aux reflets violac&#233;s, est d'une effrayante profondeur et mes regards p&#233;n&#232;trent difficilement jusqu'aux eaux &#233;cumantes, qu'au fond de l'ab&#238;me l'intraitable et terrible torrent roule avec furie.&lt;br class='autobr' /&gt; &#192; droite, les hautes pentes sont couvertes d'&#233;pais taillis.&lt;br class='autobr' /&gt; L'ensemble est d'une saisissante horreur. Je descends prudemment, admirant &#224; chaque pas l'incroyable sauvagerie du site sur le pont, le spectacle devient d'une terrifiante et sublime beaut&#233;.&lt;br class='autobr' /&gt; De cette hauteur vertigineuse l'&#233;troite coupure o&#249; mugit le Drac m'appara&#238;t tout enti&#232;re, et c'est presque avec effroi que je suis la course rapide et tumultueuse de ses eaux grises, se brisant entre les rocs livides de cette br&#232;che de g&#233;ant.&lt;br class='autobr' /&gt; Je restai longtemps appuy&#233; sur le parapet du pont...&lt;br class='autobr' /&gt; Le pont du Drac est bien connu des lecteurs du Cycliste, c'est celui sur lequel son directeur, allant de La Mure &#224; Gap, consulta sa carte, afin de s'assurer qu'il &#233;tait bien dans le bon chemin. Mis en d&#233;faut par l'aspect trompeur de l'endroit, et se croyant au Pont-Haut, il grimpa all&#232;grement &#224; Saint-Jean d'H&#233;rans o&#249; sa m&#233;prise lui fut r&#233;v&#233;l&#233;e.&lt;br class='autobr' /&gt; Gr&#226;ce &#224; cette bienheureuse erreur, l'aimable conteur, dont les r&#233;cits font le charme du Cycliste, put voir les ponts du Sautet et de Ponsonnas, admirables mod&#232;les de &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;paysage farouche&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; ainsi qu'il l'a dit si excellemment.&lt;br class='autobr' /&gt; Jusqu'&#224; La Mure, longue c&#244;te &#224; travers des pr&#233;s et des champs cultiv&#233;s, la plupart bord&#233;s de haies d'ormes ou de fr&#234;ne.&lt;br class='autobr' /&gt; &#199;&#224; et l&#224;, quelques fermes &#224; moiti&#233; cach&#233;es dans les arbres.&lt;br class='autobr' /&gt; Tout en roulant, je pensais combien le cyclisme est redevable au capitaine Perrache, le savant et tenace champion de la petite multiplication, et de M.&#160;de Vivie, son infatigable vulgarisateur.&lt;br class='autobr' /&gt; Je ne crois pas exag&#233;rer en disant que l'adjonction d'un second d&#233;veloppement &#224; une bicyclette a r&#233;volutionn&#233; le tourisme&#160;: plans, horaires, &#233;tapes, tout a &#233;t&#233; boulevers&#233;.&lt;br class='autobr' /&gt; Quant &#224; la fatigue, elle n'existe plus. Je me permets d'envoyer par-dessus les monts qu'ils ont supprim&#233;s, un souvenir reconnaissant &#224; ces deux intr&#233;pides &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;niveleurs&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;.&lt;br class='autobr' /&gt; De La Mure &#224; Laffrey, le chemin traverse dans toute sa longueur le froid plateau de la Matheysine, balay&#233; presque toujours par un vent glacial. La route apr&#232;s Pierre-Ch&#226;tel, c&#244;toie les trois lacs de Laffrey, le paysage est devenu ravissant, je ne connais pas de vue aussi enchanteresse que celle de ces lacs.&lt;br class='autobr' /&gt; Laffrey d&#233;pass&#233;, le plus splendide panorama se d&#233;roule devant moi.&lt;br class='autobr' /&gt; Un immense ab&#238;me s'est tout &#224; coup ouvert sous mes pas, &#224; une profondeur de 600 m&#232;tres on aper&#231;oit toute la vall&#233;e de la Romanche et celle de Vaulnaveys jusqu'&#224; Uriage&#160;: au fond, les contreforts de Chamrousse et de Belledonne, le massif de la Chartreuse, sur le ciel la blanche dentelure de leurs cimes.&lt;br class='autobr' /&gt; Tr&#232;s bas, dans la plaine, Vizille avec ses toits rouges se distingue nettement, domin&#233; par les hautes murailles de son ch&#226;teau.&lt;br class='autobr' /&gt; Cette royale demeure fut b&#226;tie par Lesdigui&#232;res, dont le Dauphin&#233; &#233;tait presque devenu le fief.&lt;br class='autobr' /&gt; L'imp&#233;rieux vice-roi n'aurait jamais pu se procurer les sommes &#233;normes que n&#233;cessitait la construction du ch&#226;teau&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; aussi eut-il recours &#224; des proc&#233;d&#233;s un peu sommaires peut-&#234;tre, singuli&#232;rement s&#251;rs et rapides.&lt;br class='autobr' /&gt; Dans chaque commune, &#224; tour de r&#244;le, son envoy&#233; faisant assembler les habitants &#224; son de trompe, se contentait de leur donner lecture du message du duc&#160;:&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Viendrez ou br&#251;lerai.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; On ne r&#233;siste pas &#224; de pareils arguments, et pour ne pas voir leurs pauvres maisons incendi&#233;es, les paysans s'empressaient d'accourir au jour indiqu&#233;.&lt;br class='autobr' /&gt; Le conn&#233;table dont le nom est encore si populaire en Dauphin&#233; n'&#233;tait pas commode &#224; vivre, mais aujourd'hui, &#224; distance on ne voit que le c&#244;t&#233; brillant de sa personnalit&#233;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; les scories sont tomb&#233;es, l'or pur seul est demeur&#233;, et il ne reste plus que le souvenir de l'admirable soldat que fut Lesdigui&#232;res.&lt;br class='autobr' /&gt; C'est imm&#233;diatement apr&#232;s le village que commence la &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;terrible&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; rampe de Laffrey.&lt;br class='autobr' /&gt; Cette rampe, les lecteurs du Cycliste la connaissent de longue date, champ clos du tournoi Gr&#233;au-Perrache, dont ils se rappellent les p&#233;rip&#233;ties, la descente de Laffrey est le triomphe du fagot&#160;: c'est l&#224; que le cycliste appara&#238;t dans une aur&#233;ole, dans une gloire de poussi&#232;re.&lt;br class='autobr' /&gt; On a beaucoup exag&#233;r&#233; le danger de cette descente, d'abord elle est presqu'en ligne droite, ne pr&#233;sente aucun tournant brusque, et enfin une pente de 9&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;% n'est pas si terrifiante.&lt;br class='autobr' /&gt; Je l'ai descendue, alors cycliste novice, avec une machine d&#233;veloppant 4m,80 la grande multiplication de ce temps, et d&#233;pourvue de frein&#160;: le fabricant m'ayant assur&#233; que ce n'&#233;tait qu'un embarras et un vain ornement.&lt;br class='autobr' /&gt; N&#233;anmoins j'arrivai sans accident au bas de la c&#244;te, le brodequin appuy&#233; sur la roue directrice.&lt;br class='autobr' /&gt; Je venais de Gap par le col Bayard, j'&#233;tais tr&#232;s inexp&#233;riment&#233;, et pourtant ce simple frein me permit de faire toutes les rampes en machine.&lt;br class='autobr' /&gt; J'ajouterai que Saint Cr&#233;pin le voit d'un &#339;il tout &#224; fait bienveillant.&lt;br class='autobr' /&gt; Il faut environ 20 minutes pour descendre de Laffrey, et &#224; 5 heures, je franchis le pont de la Romanche.&lt;br class='autobr' /&gt; De Vizille &#224; Grenoble on a le choix entre deux itin&#233;raires, l'un par Uriage et la gorge du Sonnant, l'autre par le pont de Claix.&lt;br class='autobr' /&gt; Il est tard, le dernier est le plus court, c'est donc celui que je prends.&lt;br class='autobr' /&gt; La route au sortir de Vizille suit la Romanche, coupe aux Jarries la ligne de Veynes, et par une all&#233;e de peupliers atteint Claix.&lt;br class='autobr' /&gt; Maintenant, je suis la longue et magnifique avenue du cours Saint-Andr&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; L'ombre s'&#233;tend sur la plaine, le jour d&#233;cline le cr&#233;puscule tombe en l&#233;ger voile bleu.&lt;br class='autobr' /&gt; Sous l'&#233;paisse feuill&#233;e, la nuit est d&#233;j&#224; venue, et dans l'obscurit&#233;, je glisse &#224; toute allure.&lt;br class='autobr' /&gt; Les noires silhouettes des arbres fuient rapidement, pendant que tr&#232;s loin, sous la t&#233;n&#233;breuse vo&#251;te, j'entrevois comme une nu&#233;e de poussi&#232;re lumineuse.&lt;br class='autobr' /&gt; La route me para&#238;t sans fin.&lt;br class='autobr' /&gt; Peu &#224; peu de rares lueurs scintillent &#224; travers la ramure&#160;: bient&#244;t &#224; chaque pas s'accro&#238;t leur nombre.&lt;br class='autobr' /&gt; Des villas aux lampadaires allum&#233;s apparaissent, de hautes maisons aux fa&#231;ades &#233;clair&#233;es leur succ&#232;dent, puis la pleine et resplendissante lumi&#232;re, la foule&#160;: c'est Grenoble.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;d'Espinassous&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Profil Dolin&#160;:&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_164 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='http://velotextes.fr/IMG/png/coldemeneeblc-r90.png' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/png&#034;&gt; &lt;img src='http://velotextes.fr/local/cache-vignettes/L500xH191/coldemeneeblc-r90-c663b.png?1788126846' width='500' height='191' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Le refuge (1902)</title>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>velovi</dc:creator>


		<dc:subject>cyclotourisme, cyclocamping</dc:subject>
		<dc:subject>Entre 1900 et 1914</dc:subject>
		<dc:subject>Vercors</dc:subject>
		<dc:subject>d'Espinassous</dc:subject>
		<dc:subject>Fagot</dc:subject>
		<dc:subject>V&#233;g&#233;tarisme</dc:subject>
		<dc:subject>Hotel, auberge, caf&#233;, restaurant</dc:subject>
		<dc:subject>Dauphin&#233;</dc:subject>
		<dc:subject>Col de Rousset</dc:subject>
		<dc:subject>Dr&#244;me</dc:subject>

		<description>&lt;div class='spip_document_166 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='http://velotextes.fr/IMG/png/coldurousset2.png' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/png&#034;&gt; &lt;img src='http://velotextes.fr/IMG/png/coldurousset2.png' width=&#034;2126&#034; height=&#034;1324&#034; alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#8239;Le col de Rousset est un de ceux-l&#224;. Tr&#232;s connu des cyclistes r&#233;gionaux, il est peu fr&#233;quent&#233; par les autres. Il offre pourtant un admirable panorama, et, &#224; la sortie du tunnel, se produit un des plus &#233;tonnants changements &#224; vue qu'il soit possible de concevoir&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;&lt;/p&gt;

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&lt;a href="http://velotextes.fr/spip.php?rubrique42" rel="directory"&gt;A. D'Espinassous&lt;/a&gt;

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&lt;a href="http://velotextes.fr/spip.php?mot9" rel="tag"&gt;cyclotourisme, cyclocamping&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://velotextes.fr/spip.php?mot11" rel="tag"&gt;Entre 1900 et 1914&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://velotextes.fr/spip.php?mot49" rel="tag"&gt;Vercors&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://velotextes.fr/spip.php?mot51" rel="tag"&gt;d'Espinassous&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://velotextes.fr/spip.php?mot53" rel="tag"&gt;Fagot&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://velotextes.fr/spip.php?mot54" rel="tag"&gt;V&#233;g&#233;tarisme&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://velotextes.fr/spip.php?mot55" rel="tag"&gt;Hotel, auberge, caf&#233;, restaurant&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://velotextes.fr/spip.php?mot67" rel="tag"&gt;Dauphin&#233;&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://velotextes.fr/spip.php?mot85" rel="tag"&gt;Col de Rousset&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://velotextes.fr/spip.php?mot147" rel="tag"&gt;Dr&#244;me&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='http://velotextes.fr/local/cache-vignettes/L150xH93/coldurousset2-35b72.png?1788203519' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='93' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;D'Espinassous, Revue mensuelle du Touring-Club de France, Octobre 1902&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les voyages circulaires &#224; itin&#233;raires fixes sont d&#233;plorables au point de vue du tourisme. Ils cr&#233;ent de grands courants dont peu de touristes s'&#233;cartent, persuad&#233;s qu'il n'existe, en dehors d'eux, aucun site digne d'&#234;tre visit&#233;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Des sites tr&#232;s remarquables sont aussi sacrifi&#233;s et restent ignor&#233;s de la g&#233;n&#233;ralit&#233; des touristes. Le col de Rousset est un de ceux-l&#224;. Tr&#232;s connu des cyclistes r&#233;gionaux, il est peu fr&#233;quent&#233; par les autres.&lt;br class='autobr' /&gt;
Il offre pourtant un admirable panorama, et, &#224; la sortie du tunnel, se produit un des plus &#233;tonnants changements &#224; vue qu'il soit possible de concevoir.&lt;br class='autobr' /&gt;
Aux vertes prairies du Vercors, aux for&#234;ts de sapins et de h&#234;tres aux senteurs humides, a succ&#233;d&#233; brusquement un horizon sans bornes de montagnes et de vall&#233;es. C'est le Midi qui appara&#238;t dans sa chaude et &#233;clatante lumi&#232;re.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le paysage est s&#233;v&#232;re, aust&#232;re m&#234;me, mais rend le contraste avec l'autre versant encore plus saisissant. Le Refuge du col est un belv&#233;d&#232;re unique.&lt;br class='autobr' /&gt;
Un autre site du Vercors, familier aux alpinistes et aux touristes &#224; pied, est &#233;galement en dehors du chemin suivi par les cyclistes. J'en parlerai plus loin.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-center&#034; style=&#034;text-align:center;&#034;&gt;&#8258;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Parti de Die &#224; quatre heures du matin, j'arrivai bient&#244;t &#224; Chamaloc, o&#249; je mis pied &#224; terre pour d&#233;jeuner. Apr&#232;s avoir pris une tasse de lait, je fumais en causant avec l'aubergiste qui me donnait de tr&#232;s curieux renseignements sur le pays, quand, vers cinq heures et demie, un bruit de grelots se fit entendre et la diligence de Die s'arr&#234;ta devant l'auberge. Le courrier entra dans la salle, et, selon son habitude se fit servir &#224; d&#233;jeuner.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le courrier est un homme jeune, exub&#233;rant de force et de sant&#233;, et, comme tous les habitants du Midi, tr&#232;s communicatif.
&lt;br /&gt;&#8212; Montez-vous au col&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;? me dit-il, je vous offre une place. Ma voiture est vide aujourd'hui et votre bicyclette sera facilement log&#233;e.
&lt;br /&gt;&#8212; Je vous remercie, mais je compte faire toute la mont&#233;e sur ma bicyclette.&lt;br class='autobr' /&gt;
Un sourire d'incr&#233;dulit&#233; accueillit ma r&#233;ponse.
&lt;br /&gt;&#8212; Vous essayerez, r&#233;pliqua-t-il, mais vous en aurez vite assez. Les cyclistes la montent &#224; pied le soir avec la fra&#238;cheur, mais le matin je les porte tous.&lt;br class='autobr' /&gt;
S&#251;rement vous ne connaissez pas cette c&#244;te, elle est plus dure que vous ne pensez et je vais vous le prouver. Suivez bien mon raisonnement, ajouta-t-il d'un air persuasif.
&lt;br /&gt;&#8212; Je le suis, dis-je fort amus&#233;.
&lt;br /&gt;&#8212; La route a une pente moyenne de 5,5&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;% sur une longueur de 14 kilom&#232;tres. C'est vous dire qu'&#224; certains endroits vous trouverez du 7&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;%. De plus, comme vous vous en &#234;tes aper&#231;u depuis Die, la bise commence &#224; souffler. &#192; mesure que le soleil chauffera, sa violence s'accro&#238;tra et la pente ne sera plus du 5,5 mais du 7 pour le moins, Il n'est donc pas possible que vous en veniez &#224; bout.
&lt;br /&gt;&#8212; J'essayerai pourtant.&lt;br class='autobr' /&gt;
Et je jugeai compl&#232;tement inutile de lui r&#233;v&#233;ler la puissance du d&#233;veloppement de 2 m. 90. &lt;br /&gt;&#8212; Comme vous voudrez, je vous ai averti, reprit-il un peu d&#233;sappoint&#233;, mais je vous conseille de partir avant moi. Ainsi je vous &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#8239;ramasserai&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; sur la route quand vous serez fatigu&#233;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Ce courrier manquait &#233;videmment du tact le plus &#233;l&#233;mentaire, mais son intention &#233;tait bonne et je ne me formalisai pas du mot.
&lt;br /&gt;&#8212; Non, non, nous partirons ensemble, vous serez ainsi plus &#224; port&#233;e de me secourir. Et je me levai pour boucler mon sac.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#192; six heures, le courrier sortit de l'auberge. Je fis de m&#234;me, et, au moment o&#249; il montait sur son si&#232;ge, je sautai en machine.&lt;br class='autobr' /&gt; &#8212; Suivez-moi bien, lui dis-je &#224; mon tour.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En sortant de Chamaloc, la route monte durement et le courrier &#233;tait oblig&#233; d'aller au pas. Je pris donc assez rapidement une grande avance. Je ne me pressai pourtant pas, car, ainsi que je le constatai, je ne marchais qu'&#224; une vitesse de 7 kilom&#232;tres &#224; l'heure&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; mais, vu la longueur de la rampe, c'&#233;tait plus que suffisant. J'abordai bient&#244;t le premier lacet. Tr&#232;s loin sous moi, j'entrevis le courrier. Je ne m'en pr&#233;occupai plus.&lt;br class='autobr' /&gt;
Cette mont&#233;e du col de Rousset est une des plus d&#233;moralisantes que je connaisse. La maison blanche du Refuge s'aper&#231;oit constamment&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; des lacets vous en rapprochent, imm&#233;diatement d'autres vous en &#233;loignent&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; toujours on monte et jamais on n'arrive, et le cycliste jette des regards d'envie sur les coursi&#232;res qui, coupant tous les lacets, grimpent droit en abr&#233;geant de moiti&#233; le chemin. En outre, si l'on n'a pas eu la pr&#233;caution d'emporter une gourde, la soif vous tourmente, car, &#224; part une petite fontaine &#224; 4 kilom&#232;tres de Chamaloc, on ne rencontre pendant les dix derniers kilom&#232;tres pas une goutte d'eau, et, le matin, il fait dans cet entonnoir une chaleur torride.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#192; l'extr&#233;mit&#233; du grand lacet je descendis de machine. Je n'&#233;tais plus qu'&#224; 5 kil. du Refuge et j'&#233;tais bien aise de me reposer quelques minutes. De plus, j'avais aper&#231;u un cantonnier et j'aime assez &#224; faire causer ces braves gens. Je m'approchai, lui offris une cigarette, et assis sur une pierre, tout en fumant, l'interrogeai.
&lt;br /&gt;&#8212; Vous devez, lui dis-je, voir passer quelques automobiles, n'ont-elles pas de pannes&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;? ne leur est-il arriv&#233; aucun accident&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;?
&lt;br /&gt;&#8212; Non, me r&#233;pondit-il, elles descendent prudemment et il ne leur est jamais rien arriv&#233;. J'ai remarqu&#233; que presque toujours le chauffeur descend seul&#160;: ses compagnons passent par les raccourcis. La d&#233;fiance du chauffeur est le commencement de la sagesse, pensai-je.
&lt;br /&gt;&#8212; Et aux cyclistes&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;? demandai-je.
&lt;br /&gt;&#8212; Aux cyclistes&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;? rien non plus. Ils tra&#238;nent tous la branche de sapin&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; quelques-uns, mais bien peu, descendent &#224; pied.&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; Des p&#232;res de famille nombreuse probablement.
&lt;br /&gt;&#8212; Alors, jamais un accident&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;?
&lt;br /&gt;&#8212; Si, me dit-il en riant, mais c'est &#224; la mont&#233;e&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;!&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a un an, un professeur de Paris, avec quelques amis, montait au col. Il marchait seul, en retard, poussant p&#233;niblement sa bicyclette. &#192; cinq cents m&#232;tres d'ici, n'en pouvant plus, terrass&#233; par la chaleur, mourant de soif, il tomba sur la route, n'ayant pas m&#234;me la force d'appeler. Ses compagnons arriv&#233;s au Refuge l'aper&#231;urent enfin. Le domestique lui fut envoy&#233; avec une bouteille de limonade et une bouteille de bi&#232;re. Le professeur les but toutes les deux, et vous me croirez, Monsieur, si vous voulez, donna au domestique quarante sous&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;!&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;&lt;br class='autobr' /&gt;
Et la figure de l'honn&#234;te cantonnier exprimait la plus compl&#232;te admiration pour cette folle g&#233;n&#233;rosit&#233;.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#8239;Quand il eut bu, continua-t-il, au lieu de monter au col, il enfourcha sa bicyclette et descendit &#224; Die. Et il filait, Monsieur, il filait, il fallait voir &#231;a&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;!&lt;br class='autobr' /&gt;
Je ne crois pas qu'il revienne de sa vie au Refuge.&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;&lt;br class='autobr' /&gt;
Et &#224; ce souvenir il riait de plus belle.&lt;br class='autobr' /&gt;
Voil&#224;, me dis-je, un touriste fastueux qui fait honneur au Touring-Club. Il n'y a &#233;videmment qu'un membre du Touring qui puisse se permettre de pareilles largesses&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;!&lt;br class='autobr' /&gt;
J'allais adresser de nouvelles questions au cantonnier, quand tout &#224; coup j'entendis au-dessous de la route les grelots du courrier. Jugeant inutile de lui faire commettre le p&#233;ch&#233; d'orgueil, je me mis en selle. Je n'avais plus que deux lacets et le Refuge se rapprochait &#224; vue d'&#339;il.&lt;br class='autobr' /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-center&#034; style=&#034;text-align:center;&#034;&gt;&#8258;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Le Refuge du col de Rousset (1,411 m. d'altitude) est une petite maison blanche &#224; un seul &#233;tage. Sur un de ses murs brille le panonceau du &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;T. C.&lt;/span&gt; Au rez-de-chauss&#233;e se trouvent la cuisine et la salle &#224; manger, s&#233;par&#233;es par un corridor. Au premier &#233;tage, &#224; trois fen&#234;tres de fa&#231;ade, les chambres. Elles sont blanchies &#224; la chaux, les lits sont sans rideaux, la propret&#233; est hollandaise. L'air y est toujours tr&#232;s vif et tr&#232;s pur, l'eau abondante et glac&#233;e.&lt;br class='autobr' /&gt;
Accol&#233;es au Refuge, une remise et une &#233;curie.&lt;br class='autobr' /&gt;
Devant la maison une terrasse de plain-pied avec la route, bord&#233;e d'une balustrade de fer. Une tonnelle en planche y pr&#233;serve du soleil le touriste, qui, pench&#233; sur l'ab&#238;me, les jumelles en main, fouille la route dont les fantastiques lacets se d&#233;roulent tous sous lui.&lt;br class='autobr' /&gt;
Ce Refuge est relativement r&#233;cent. Avant 1888 il s'&#233;levait &#224; 3oo m&#232;tres du tunnel, sur la route de Die, &#224; l'endroit marqu&#233; aujourd'hui par quelques restes de murs en ruines. A c&#244;t&#233; coule une source. L'ancien Refuge &#233;tait b&#226;ti au bas d'une pente bois&#233;e de h&#234;tres. Le propri&#233;taire de cette h&#234;traie, un beau jour, la fit couper. L'administration &#8212; il faut avouer que parfois son intelligence &#8212; ne s'en pr&#233;occupa pas.&lt;br class='autobr' /&gt;
L'hiver de 1888 fut tr&#232;s rigoureux, et le 16&#160;f&#233;vrier une masse de neige se d&#233;tacha du sommet de la montagne, et, n'&#233;tant plus retenue ou divis&#233;e par les arbres, arriva en avalanche irr&#233;sistible sur le Refuge, qu'elle rasa.&lt;br class='autobr' /&gt;
Il &#233;tait 8 heures du matin. Le cantonnier F&#233;rialle fr&#232;re du cantonnier actuel &#8212; sa femme, ses trois enfants, leur jeune domestique, un second cantonnier, l'adjoint de Vassieux, p&#233;rirent sous les d&#233;combres. Seul un voyageur put s'&#233;chapper.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le nouveau Refuge, construit &#224; c&#244;t&#233; de l'entr&#233;e du tunnel, est prot&#233;g&#233; par les rochers &#224; pic qui s'&#233;l&#232;vent au-dessus. Sa position n'offre plus le moindre danger.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#192; 8 heures et demie, je mettais enfin pied &#224; terre devant le Refuge. Sur le seuil de la porte se tenait l'accorte h&#244;teli&#232;re, qui me souhaita la bienvenue et m'accueillit avec son sourire accoutum&#233;. C'est d&#233;j&#224; pour moi une vieille connaissance, car je ne passe pas une ann&#233;e sans traverser le Vercors.
&lt;br /&gt;&#8212; Vous savez, lui dis-je, si la mont&#233;e est &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#8239;creusante&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;, vous ne serez donc pas &#233;tonn&#233;e que j'aie grand'faim. Je vous saurais gr&#233; de me faire d&#233;jeuner &#224; 11 heures.&lt;br class='autobr' /&gt;
L'h&#244;teli&#232;re feignit une mine d&#233;sol&#233;e : &lt;br /&gt;&#8212; Mais je n'ai presque rien, Monsieur&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; avec ce froid je n'ai pas encore eu un seul touriste, et vous &#234;tes v&#233;g&#233;tarien&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! Vraiment, &#224; part des &#339;ufs, je ne sais que vous donner.&lt;br class='autobr' /&gt;
Et elle se mit &#224; r&#233;fl&#233;chir. J'attendais, plein de confiance, car je connais depuis longtemps l'habilet&#233; culinaire de l'h&#244;teli&#232;re.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#8239;Je pourrai, dit-elle enfin, vous offrir d'abord une truite.
&lt;br /&gt;&#8212; Une truite&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! une truite au col de Rousset&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;!
&lt;br /&gt;&#8212; Mais oui, une vraie truite, et qui p&#232;se bien une demi-livre.&lt;br class='autobr' /&gt;
Mon &#233;tonnement &#233;tait sans bornes. La pr&#233;sence d'une truite au Refuge &#233;tait en v&#233;rit&#233; une chose prodigieuse. Je n'ignore pas, certes, que la science fait tous les jours de grands progr&#232;s&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; que les savants ont parfois des fantaisies bizarres&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; qu'ils cr&#233;ent, par des croisements habiles, de nouvelles races plus robustes, appropri&#233;es &#224; des milieux nouveaux. mais quelle lutte pour l'existence sur ces rochers arides&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;!
&lt;br /&gt;&#8212; Voyons, dis-je &#224; l'h&#244;teli&#232;re, expliquez-moi la venue miraculeuse d'une truite au Refuge.
&lt;br /&gt;&#8212; C'est bien simple, r&#233;pondit-elle en souriant, je l'ai apport&#233;e avec deux autres des Goulets, et l'ai mise dans le petit bassin de la source, o&#249; elle a prosp&#233;r&#233;, comme vous verrez. Elle a m&#234;me des m&#339;urs &#233;tonnantes. Figurez-vous que depuis qu'elle est ici, c'est-&#224;-dire depuis novembre, elle a refus&#233; toute nourriture. Je ne sais de quoi elle vit. Elle se porte pourtant fort bien, et elle a donn&#233; le jour &#224; une nombreuse famille, qui, h&#233;las&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! n'a pas h&#233;rit&#233; de sa robusticit&#233;, car elle diminue tous les jours.&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;&lt;br class='autobr' /&gt;
Instinctivement je pensai &#224; Ugolin et j'entrevis la tour de Pise. &#192; elle aussi sa famille suffisait.
&lt;br /&gt;&#8212; Donc, reprit l'h&#244;teli&#232;re, vous aurez d'abord une truite. Ensuite.
&lt;br /&gt;&#8212; Ensuite&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! je ne veux plus rien savoir.&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; Et, compl&#232;tement rassur&#233; sur mon d&#233;jeuner, je sortis.&lt;br class='autobr' /&gt;
Je rentrai &#224; 11 heures.
&lt;br /&gt;&#8212; Vous &#234;tes servie, me dit l'h&#244;teli&#232;re, et son sourire satisfait &#233;tait gros de promesses.&lt;br class='autobr' /&gt;
Voici, &#224; titre de curiosit&#233;, le menu v&#233;g&#233;tarien de mon d&#233;jeuner :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;BEURRE&lt;/span&gt; &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;DE&lt;/span&gt; &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;VASSIEUX&lt;/span&gt; &lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;TRUITE&lt;/span&gt; &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;DE&lt;/span&gt; &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;LA&lt;/span&gt; &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;VERNAISON&lt;/span&gt; &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;POMMES&lt;/span&gt; &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;DE&lt;/span&gt; &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;TERRE&lt;/span&gt; &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;NOUVELLES&lt;/span&gt; &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;SAUT&lt;/span&gt;&#201;&lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;ES&lt;/span&gt; &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;PETITS&lt;/span&gt; &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;POIS&lt;/span&gt; A &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;LA&lt;/span&gt; &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;CR&lt;/span&gt;&#200;&lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;ME&lt;/span&gt; &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;ASPERGES&lt;/span&gt; &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;EN&lt;/span&gt; &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;BRANCHES&lt;/span&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Dessert &lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;GEL&lt;/span&gt;&#201;E &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;DE&lt;/span&gt; &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;FRAMBOISES&lt;/span&gt; &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;CERISES&lt;/span&gt; &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;MERINGUES&lt;/span&gt; &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;AU&lt;/span&gt; &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;CHOCOLAT&lt;/span&gt; &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;FLAN&lt;/span&gt; &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;AU&lt;/span&gt; &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;CARAMEL&lt;/span&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Vin &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;CLAIRETTE&lt;/span&gt; &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;DE&lt;/span&gt; &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;DIE&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8212; Ah&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! Monsieur, me dit l'h&#244;teli&#232;re, si vous aviez voulu manger comme tout le monde&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;!&lt;br class='autobr' /&gt;
Le touriste peut donc venir &#224; l'improviste au col de Rousset, il sait ce qui l'attend. J'ajouterai que la nuit, &#224; n'importe quelle heure, l'accueil est le m&#234;me. Je suis arriv&#233; parfois pass&#233; minuit et le d&#238;ner allait toujours de pair avec l'accueil. Il y a peu d'hospitalit&#233; dans les Alpes, aussi empress&#233;e, aussi cordiale, que celle du Refuge, et la blonde h&#244;teli&#232;re est justement populaire chez les touristes. C'est la plus aimablement accueillante de France et de Navarre&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;!&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-center&#034; style=&#034;text-align:center;&#034;&gt;&#8258;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Le caf&#233; pris, je me sentis si dispos, si peu fatigu&#233;, que, prenant les jumelles et le b&#226;ton du cantonnier, je r&#233;solus de faire l'ascension du pic de l'Aiglette.&lt;br class='autobr' /&gt;
C'est une des plus jolies excursions du Refuge.&lt;br class='autobr' /&gt;
On suit pendant trois ou quatre cents m&#232;tres la route de Die, puis on prend &#224; droite un chemin qui monte sur le flanc de la montagne. Tr&#232;s &#233;troit, il arrive bient&#244;t devant un gigantesque rocher, compl&#232;tement &#224; pic. Le roc a &#233;t&#233; entaill&#233;, une rainure a &#233;t&#233; creus&#233;e, et, sous la roche surplombante, la route passe. La vue sur l'ab&#238;me est vertigineuse. Ensuite, le chemin tourne, traverse un bois de sapins, et aboutit bient&#244;t &#224; des p&#226;turages. L&#224;, prenant une coursi&#232;re, sorte de chemin&#233;e qui grimpait en ligne droite par une pente tr&#232;s raide &#224; travers une h&#234;traie, j'atteignis d'autres p&#226;turages. Encore un effort sur l'herbe glissante, et je foulai enfin le sommet de l'Aiglette.&lt;br class='autobr' /&gt;
La vue y est de toute beaut&#233;. La vall&#233;e de la Dr&#244;me et ses nombreux villages, le Glandaz, les rochers d'Ambel, les trois pics aigus de Rochecourbe, la cha&#238;ne de la Moucherolle apparaissent. Je dominais une &#233;tendue infinie de pays.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le vent violent qui soufflait me for&#231;a bient&#244;t &#224; revenir, et je redescendis &#224; travers les p&#226;turages. &#192; ce moment, je regrettai d'avoir aussi mal profit&#233; de mes le&#231;ons de botanique. Je ramassai d'admirables fleurs, dont d'aucune je ne trouvai le nom&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; mais leurs couleurs n'en &#233;taient pas moins vives, leurs parfums moins doux, et peut-&#234;tre le nom barbare qu'elles portent me les aurait-il d&#233;pr&#233;ci&#233;es.&lt;br class='autobr' /&gt;
Au Refuge, on fait parfois de curieuses et d'amusantes rencontres. Il y a un an, je m'y trouvai avec deux charmantes Am&#233;ricaines. Ce soir-l&#224;, ce fut avec un couple &#233;trange.&lt;br class='autobr' /&gt;
J'avais fini de d&#238;ner, et je fumais dans la cuisine, pr&#232;s du po&#234;le, car le froid &#233;tait vif au dehors, quand la porte s'ouvrit et un homme et une femme entr&#232;rent.&lt;br class='autobr' /&gt;
C'&#233;tait vraiment un singulier couple. D'aspect minable, s'il en fut, l'homme paraissait harass&#233; de fatigue. Ses yeux brid&#233;s avaient une expression sauvage, presque d'&#233;garement. La femme, &#226;g&#233;e d'une quarantaine d'ann&#233;es, &#233;tait borgne et, pour rem&#233;dier &#224; ce d&#233;faut, assez grave chez une femme, minaudait constamment. La compensation me sembla insuffisante, et sa vue me fit comprendre les joies d'un aust&#232;re et rigoureux c&#233;libat. C'&#233;taient &#233;videmment deux chemineaux. L'h&#244;teli&#232;re le crut &#233;galement.
&lt;br /&gt;&#8212; Asseyez-vous, leur dit&#8212;elle, je vais vous donner deux assiett&#233;es de soupe.&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; &lt;br class='autobr' /&gt;
Au Refuge chaque pauvre re&#231;oit de la soupe et un verre de vin.
&lt;br /&gt;&#8212; Quelle est votre profession&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;? leur demanda-t-elle.
&lt;br /&gt;&#8212; Chanteurs populaires,&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; r&#233;pondit l'homme, et, d'un geste las, il posa &#224; terre son lourd paquet.&lt;br class='autobr' /&gt;
On leur servit une &#233;norme soupi&#232;re : ils mang&#232;rent en naufrag&#233;s de la M&#233;duse. Ensuite, remis de la fatigue de l'ascension, avec une grande loquacit&#233;, ils cont&#232;rent leur histoire et firent presque ainsi la monographie du chanteur ambulant.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le Midi, dirent-ils, aimait la romance sentimentale, mais l'Ard&#232;che n'appr&#233;ciait que les complaintes de crimes c&#233;l&#232;bres, de catastrophes. La complainte de la Martinique avait &#233;t&#233; un triomphe &#224; la Mastre et au Cheylard. Dix-sept francs, monsieur, dans deux heures&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! J'appris que le Dauphin&#233; vibrait sous la chanson patriotique&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; que la Dr&#244;me go&#251;tait la chansonnette comique&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; mais la Provence, la paresseuse Provence, restait la terre b&#233;nie de la chanson.&lt;br class='autobr' /&gt; &#8212; &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#8239;Ce que j'en ai vendu et chant&#233; de &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#8239;chansons d'amour&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;!&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; dit la femme. Et l'homme, tout fier du succ&#232;s de sa compagne, souriait, approuvant de la t&#234;te.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; ce moment, je regardai la femme. Infortun&#233;e Provence&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;!&lt;br class='autobr' /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-center&#034; style=&#034;text-align:center;&#034;&gt;&#8258;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Le lendemain, je partis de grand matin. Le vent soufflait aussi fort que la veille, mais le ciel sans nuages promettait une journ&#233;e radieuse. La travers&#233;e du tunnel fut, comme toujours, boueuse, mais, &#224; la sortie, une surprise m'attendait. Le vent s'&#233;tait compl&#232;tement calm&#233;, et pas le moindre souffle ne fit vaciller la flamme de l'allumette qui allumait ma cigarette.&lt;br class='autobr' /&gt;
La route descend &#224; travers une magnifique for&#234;t de sapins et de h&#234;tres. C'est une v&#233;ritable all&#233;e de parc. Bient&#244;t, &#224; un tournant, tout le Vercors apparut, vert, lumineux, avec sa ceinture de noires for&#234;ts, et c'&#233;tait dans un berceau de verdure que j'avan&#231;ais.&lt;br class='autobr' /&gt;
Je ne dirai rien du trajet : les Grands-Goulets, Saint-Martin, pont de Goule-Noire, gorges de la Bourne, Villard-de-Lans, tous les touristes le connaissent. De Villard-de-Lans &#224; Grenoble, la route suivie g&#233;n&#233;ralement traverse les gorges d'Engins et aboutit &#224; Sassenage. Je vais indiquer une variante, plus longue, il est vrai, de 8 kilom&#232;tres, mais dont la descente constitue, sans exag&#233;ration, la merveille du Dauphin&#233;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Cette route, famili&#232;re aux touristes &#224; pied et aux alpinistes qui font l'ascension du Moucherotte, est presque inconnue des cyclistes. Elle ne pr&#233;sente aucun danger, et, &#224; part une courte section &#224; 12 ou 13&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;%, la pente moyenne ne d&#233;passe pas 6&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;%.&lt;br class='autobr' /&gt;
Cette descente &#8212; j'insiste un peu, peut-&#234;tre, &#8212; vaut, &#224; elle seule, le voyage. Elle laissera au touriste des souvenirs ineffa&#231;ables, et n'a qu'un tort, &#224; mes yeux, c'est qu'elle le blasera &#224; jamais sur les beaut&#233;s d'un panorama. Je suivis cette route.&lt;br class='autobr' /&gt;
Arriv&#233; &#224; 11 heures &#224; Jaume, hameau plac&#233; &#224; la bifurcation des routes d'Autrans et de Lans, abandonnant celle de Grenoble, je tournai &#224; droite et pris le chemin de Saint-Nizier. Le village de Lans travers&#233;, la route s'&#233;l&#232;ve sur des collines et entre bient&#244;t dans une &#233;paisse for&#234;t. Une &#233;claircie me permit d'apercevoir la gorge profonde, aux roches violac&#233;es, o&#249; bondit le Furon. La vue commen&#231;ait &#224; devenir fort belle&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; les principaux sommets des Alpes apparaissaient.&lt;br class='autobr' /&gt;
La route, vu l'heure, me paraissait bien longue et aucun toit ne se rencontrait. Je regardai ma montre elle marquait 11 h. 45. Je ne devais pas &#234;tre loin de Saint-Nizier.&lt;br class='autobr' /&gt;
Tout &#224; coup, &#224; un d&#233;tour, je rencontrai un paysan conduisant un char attel&#233; de deux vaches. Forc&#233; par l'&#233;troitesse du chemin &#224; sauter de machine, je l'arr&#234;tai.
&lt;br /&gt;&#8212; Suis-je bien loin encore de Saint-Nizier&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;? demandai-je.
&lt;br /&gt;&#8212; Vous y &#234;tes. Encore un petit kilom&#232;tre.
&lt;br /&gt;&#8212; Voudriez-vous m'indiquer une bonne auberge&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;?&lt;br class='autobr' /&gt;
C'est la premi&#232;re fois que je passe par ici.
&lt;br /&gt;&#8212; Nous avons deux auberges, Geymond et Revollet, aussi bonnes l'une que l'autre. Mais n'allez pas chez Revollet, je ne vous le conseille pas. Allez plut&#244;t chez Geymond, la deuxi&#232;me maison &#224; gauche en entrant dans le village.
&lt;br /&gt;&#8212; Pourquoi me d&#233;conseillez-vous Revollet, si son auberge est aussi bonne que l'autre&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;? r&#233;pliquai-je, tout surpris.
&lt;br /&gt;&#8212; Pourquoi&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;? je m'en vais vous le dire.&lt;br class='autobr' /&gt;
Et baissant la voix, en confidence : &#8212; C'est qu'il est mort hier soir.&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; Et, de son long b&#226;ton piquant son attelage, il s'&#233;loigna.&lt;br class='autobr' /&gt;
Je m'empressai naturellement de mettre pied &#224; terre devant l'auberge Geymond et n'en fus pas f&#226;ch&#233;. Fort accueillante, l'h&#244;teli&#232;re, dont le mari est le facteur de Saint-Nizier, eut vite improvis&#233; un menu v&#233;g&#233;tarien.&lt;br class='autobr' /&gt;
Tout en me servant, elle se plaignait du temps : &#8212; Avec ce froid, me dit-elle, bien peu de touristes fran&#231;ais sont mont&#233;s au Moucherotte, mais jamais je n'ai vu autant d'Allemands.&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;&lt;br class='autobr' /&gt;
Apr&#232;s un rapide d&#233;jeuner, je m'appr&#234;tais &#224; me mettre en selle quand l'h&#244;teli&#232;re qui avait suivi mes pr&#233;paratifs de d&#233;part, intervint timidement.
&lt;br /&gt;&#8212; Ne descendez pas, me dit-elle, sans une branche de sapin. La route pr&#232;s de Pariset est trop rapide et les rares cyclistes qui la prennent n'ont garde d'oublier le fagot.&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; Et, avec mon assentiment, elle envoya un enfant couper une branche dans la for&#234;t voisine.&lt;br class='autobr' /&gt;
Sur ces entrefaites, le facteur arriva de sa tourn&#233;e.&lt;br class='autobr' /&gt;
Il voulut lui-m&#234;me adapter la branche. Il y fit une encoche circulaire, destin&#233;e &#224; recevoir la corde et &#224; la prot&#233;ger contre le frottement de la route, l'attacha au marchepied par un n&#339;ud solide, et, satisfait, me dit&#160;: &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#8239;Maintenant, vous ne risquerez rien.&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;&lt;br class='autobr' /&gt;
Je remerciai ces braves gens, que je recommande &#224; tous les touristes, et je partis.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#192; peine hors du village, brusquement je sautai de machine. Je venais de ressentir l'impression la plus subite, la plus violente de ma vie de touriste.&lt;br class='autobr' /&gt;
Ce que je d&#233;couvrais d&#233;passait toutes mes esp&#233;rances : c'&#233;tait pour mes yeux un &#233;merveillement, un &#233;blouissement.&lt;br class='autobr' /&gt;
J'&#233;tais sur le bord d'un formidable ab&#238;me, et sous moi apparaissait tout le Gr&#233;sivaudan. J'apercevais Grenoble avec ses toits rouges, les nombreux villages de la vall&#233;e, les innombrables ch&#226;teaux et villas entour&#233;s de verdure, l'Is&#232;re et le Drac qui scintillaient au soleil comme des rubans d'argent.&lt;br class='autobr' /&gt;
Les montagnes de la Chartreuse, la cha&#238;ne de Belledone, le Pelvoux, les monts du D&#233;voluy se dressaient en masses sombres et leurs cr&#234;tes aigu&#235;s se d&#233;tachaient sur le ciel en longue dentelure blanche.&lt;br class='autobr' /&gt;
Dans le lointain, derri&#232;re tous ces pics, surgissait le g&#233;ant des Alpes, et, comme un patriarche dont la t&#234;te a blanchi, il les dominait tous.&lt;br class='autobr' /&gt;
C'&#233;tait une merveilleuse carte en couleur d&#233;ploy&#233;e &#224; mille m&#232;tres de profondeur, et plus haut un admirable plan en relief du Dauphin&#233; que je voyais.&lt;br class='autobr' /&gt;
Immobile de saisissement, je ne me lassais pas de regarder l'incomparable vue. J'ai contempl&#233; bien des sites justement c&#233;l&#232;bres, aucun ne m'a plus &#233;mu, plus impressionn&#233;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Press&#233; par l'heure, je descendis rapidement les sinueux lacets trac&#233;s sur la verte muraille. Je passai au pied de la Tour-sans-Venin, devant Beauregard, traversai Seyssinet et enfin arrivai dans la plaine.&lt;br class='autobr' /&gt;
Je n'&#233;tais plus qu'&#224; trois kilom&#232;tres de Grenoble.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'&lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;ESPINASSOUS&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Profil Dollin :&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_166 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='http://velotextes.fr/IMG/png/coldurousset2.png' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/png&#034;&gt; &lt;img src='http://velotextes.fr/local/cache-vignettes/L500xH311/coldurousset2-9d2fc.png?1788127343' width='500' height='311' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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