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	<title>V&#233;lotextes</title>
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	<description>Lire celles et ceux qui ont fait du v&#233;lo un bienfait social, moyen de d&#233;placement et de tourisme&#160;: Paul de Vivie dit V&#233;locio, Capitaine Perrache dit l'homme de la montagne, Carlo Bourlet...
Histoire du v&#233;lo
Site de Laurent Vigniel</description>
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		<title>V&#233;lotextes</title>
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		<title>Saint-Jean-la-V&#234;tre (Novembre 1922)</title>
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		<dc:subject>Flottante de 1912</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;&#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#8239;Encore un petit coin charmant qui manquait &#224; ma collection&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; on m'en avait dit beaucoup de bien&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; il en m&#233;rite davantage.&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;&lt;/p&gt;

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&lt;a href="http://velotextes.fr/spip.php?rubrique37" rel="directory"&gt;1914-1930 P&#233;riode meetings, exp&#233;riences et r&#233;miniscences&lt;/a&gt;

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&lt;a href="http://velotextes.fr/spip.php?mot161" rel="tag"&gt;Flottante de 1912&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;Paul de Vivie alias V&#233;locio, Le Cycliste, Novembre 1922, p.107-109. Source archives d&#233;partementales de la Loire cote &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;IJ871&lt;/span&gt;/3&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Encore un petit coin charmant qui manquait &#224; ma collection&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; on m'en avait dit beaucoup de bien&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; il en m&#233;rite davantage.&lt;br class='autobr' /&gt;
Quelques kilom&#232;tres apr&#232;s Bo&#235;n, quittez la route nationale 89, &#224; la hauteur de l'H&#244;pital-sous-Rochefort, et demandez la route de Saint-Jean-la-V&#234;tre. Vous entrerez imm&#233;diatement dans une gorge solitaire, riante plut&#244;t que farouche, et dont je n'avais jamais soup&#231;onn&#233; l'existence, bien que j'aie fait le trajet de Bo&#235;n &#224; Noir&#233;table plus de cinquante fois. Tel &#233;tait le but de notre excursion dominicale du 15&#160;octobre&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; nous ne pouvions l'atteindre que par une &#233;tape transport de 53 km., de Saint-Etienne &#224; Bo&#235;n, sur routes archi-connues, monotones et plus souvent mauvaises que passables. Ainsi devrons-nous, dit-on, passer par le Purgatoire pour arriver au Paradis.&lt;br class='autobr' /&gt;
Nous nous trouv&#226;mes quatre au d&#233;part &#224; 6 h. et, malgr&#233; le brouillard glac&#233;, on fila bon train, de sorte que nous touchions Montrond &#224; 7 h. 20 et Bo&#235;n &#224; 8 h. 40 par la traverse Magneux et Montverdun, au cours de laquelle mes trois compagnons m'avaient d'ailleurs quitt&#233;, les uns filant &#224; Peurs et l'autre &#224; Montbrison.&lt;br class='autobr' /&gt;
J'allais donc me trouver seul pendant la partie int&#233;ressante de l'excursion, ce qui ne me d&#233;pla&#238;t pas quand j'explore un nouvel itin&#233;raire. L'attention reste ainsi concentr&#233;e sur le paysage, dont peu de d&#233;tails vous &#233;chappent. En ce moment, je m'&#233;loigne de Saint-Laurent-sous-Rochefort en remontant un gros ruisseau dont les courts m&#233;andres se heurtent &#224; des rives gazonn&#233;es, ombrag&#233;es &#231;&#224; et l&#224; de quelques bouquets d'arbres. La vall&#233;e est tr&#232;s &#233;troite&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; &#224; droite s'&#233;l&#232;vent bient&#244;t des roches abruptes, veuves de toute v&#233;g&#233;tation, et la plus haute est couronn&#233;e des d&#233;bris de ce qui fut sans doute, autrefois, un manoir inexpugnable&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; &#224; c&#244;t&#233;, suivant la cr&#234;te de la colline, se d&#233;tachent en pleine lumi&#232;re les quelques maisons du village de Rochefort. Je suis le plus souvent &#224; l'ombre, abrit&#233; par les puissants contreforts du massif de Pierre-sur-Haute, r&#233;servoir d'eaux fra&#238;ches, limpides et abondantes qui se d&#233;versent dans ce vallon. La pente est mod&#233;r&#233;e, du 5&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;% au plus, et le sol est tr&#232;s bon&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; je n'ai donc pas besoin de recourir &#224; mon petit d&#233;veloppement et je me sers du moyen, 4 m. 80&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; il ne faut pas, d'ailleurs, si l'on veut rester bien entra&#238;n&#233;, refuser aux muscles l'occasion d'appuyer un peu, sinon l'on finirait par les rendre paresseux d'abord, d&#233;biles ensuite&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; la polymultiplication deviendrait ainsi un danger.&lt;br class='autobr' /&gt;
Mais voici que le ruisseau qui s'&#233;tait jusqu'ici tenu discr&#232;tement au fond de la gorge o&#249; je ne l'entendais plus, se rapproche de mon altitude par une s&#233;rie de bruyantes cascades&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; la gorge se r&#233;tr&#233;cit, je traverse quelques petits bois et, dans un site d&#233;licieux de fra&#238;cheur et de verdure, j'aper&#231;ois les b&#226;timents d'une scierie importante qui utilise la force hydraulique au bon endroit et dans les meilleures conditions possibles. Il n'a pas fallu creuser &#224; grands frais un canal de d&#233;rivation, dont tient lieu le lit m&#234;me du ruisseau.&lt;br class='autobr' /&gt;
Ma route passe, l&#224;, sur la rive gauche et la rampe s'accentue, pas assez cependant pour m'obliger &#224; changer de vitesse&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; elle oscille maintenant entre 5 et 6&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;%. Le vallon s'&#233;largit, les coteaux sont moins bois&#233;s, mais la vue s'&#233;tend &#224; gauche jusqu'&#224; des sommets couverts d&#233; for&#234;ts qui r&#233;v&#232;lent le voisinage de la haute montagne. Le soleil est chaud, la mont&#233;e est longue, je me f&#233;licite d'avoir, apr&#232;s Bo&#235;n, croqu&#233; cent grammes de pain qui me fournissent, en br&#251;lant, les calories n&#233;cessaires &#224; ce travail d'&#233;l&#233;vation qui, apr&#232;s douze bons kilom&#232;tres de rampe ininterrompue, prend fin &#224; un col que j'estime situ&#233; &#224; 900 m&#232;tres et d'o&#249; j'ai soudain une vue tr&#232;s &#233;largie. Deux ou trois kilom&#232;tres auparavant, &#224; la crois&#233;e de la Vierge, j'avais failli descendre &#224; Saint-Didier que, sur la foi des bornes kilom&#233;triques, je prenais pour Saint-Jean&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; je m'&#233;tais heureusement renseign&#233; aupr&#232;s d'un passant avant d'aller plus loin et j'en avais &#233;t&#233; quitte pour un kilom&#232;tre de rabiot&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; mais toutes les bornes m'annon&#231;aient Saint-Jean avant Saint-Didier, &#233;tait bien permis de prendre celui-ci pour celui, l&#224;&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; Qui-de-droit ferait bien de rectifier ces fausses indications.&lt;br class='autobr' /&gt;
Saint-Didier est un gros village nich&#233; dans le creux d'une combe qui fuit rapidement vers la route nationale 89 et Saint-Jean occupe le centre d'une vaste cuvette dans laquelle je vais plonger par quelques lacets bien sentis. Du sommet o&#249; je m'attarde un instant, je pourrais apercevoir, si j'avais de bons yeux, par dessus la croupe de Noir&#233;table, la ligne de partage des eaux entre l'Allier et la Loire, la trou&#233;e vers Thiers, vers la plaine de la Limagne&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; rien n'arr&#234;te la vue de ce c&#244;t&#233;, tandis qu'&#224; droite et &#224; gauche les molles ondulations de montagnes plus &#233;lev&#233;es bornent l'horizon.&lt;br class='autobr' /&gt;
Apr&#232;s Saint-Jean-la-V&#234;tre, le paysage devient quelconque jusqu'au moment o&#249; l'on approche de Noir&#233;table qui se pr&#233;sente bien dans un d&#233;cor verdoyant. Le raidillon par lequel on y acc&#232;de m'oblige &#224; prendre mon petit d&#233;veloppement et je puis ainsi me faufiler ais&#233;ment entre les groupes de bavards qui s'installent au beau milieu de la chauss&#233;e pour parler de leurs petites affaires. Je prends &#224; droite la route de Champoly avec l'intention de rentrer &#224; Bo&#235;n par Saint-Marcel-d'Urf&#233; et Saint-Martin-la-Sauvet&#233;, mais il fallut en rabattre, car, &#224; deux kilom&#232;tres environ de Champoly, en un brusque sursaut, je casse ma cha&#238;ne. Le temps d'aller &#224; pied &#224; Champoly, de chercher une r&#233;parateur, de faire la r&#233;paration et voil&#224; trois quarts d'heure perdus qui vont m'obliger &#224; rentrer par le plus court. Il est midi et demi, la descente m'entra&#238;ne &#224; bonne allure jusqu'&#224; Saint-Thurin quand, soudain, je suis d&#233;barqu&#233; sur un &#233;pais matelas de pierres et de mottes gazonn&#233;es couvrant toute la largeur de la chauss&#233;e&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; nouvelle et bizarre fa&#231;on de recharger les routes&amp;#8239&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! il y en a comme cela une dizaine, &#233;chelonn&#233;s de 50 en 50 m&#232;tres, puis le sol redevient propre et roulant. Ces rechargements partiels, dont rien ne nous avertit, sont de vrais traquenards pour les cyclistes.&lt;br class='autobr' /&gt; A Saint-Thurin, o&#249; je ne passe qu'&#224; 13 heures, je commence &#224; sentir la p&#233;dale un peu dure&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; cela tient &#224; deux causes le vent contraire contre lequel j'aurai &#224; lutter jusqu'au soir et le besoin de regarnir le foyer. Je m'&#233;tais bien promis de m'arr&#234;ter une heure &#224; l'h&#244;tel o&#249; je suis descendu maintes fois et d'y prendre un l&#233;ger repas, mais , les incidents de la matin&#233;e m'ont trop retard&#233; et je me contente d'acheter une demi-livre de pain dont je mange illico la moiti&#233; en me promenant au soleil sur le bord du ruisseau. Puis je me h&#226;te vers Bo&#235;n en utilisant tant&#244;t 6 m&#232;tres, tant&#244;t 4m. 80&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; il n'y a pas lieu, pendant ce trajet tr&#232;s faiblement ondul&#233;, de se servir du 3 m. 20 que j'utiliserai pas d'ailleurs de la journ&#233;e, de peur de recasser ma cha&#238;ne.&lt;br class='autobr' /&gt;
j'ai choisi pour cette promenade ma bicyclette &#224; frein dans le moyeu, qui vit le jour en 1902, et que je polyxai de maintes fa&#231;ons jusqu'en 1912 o&#249; elle devint ma premi&#232;re flottante &#224; 3 vitesses, &#224; la condition qu'on l'habille de bons pneus souples, cette machine rend bien et peut tenir lieu de randonneuse, j'ai fait sur elle, avant la guerre, maintes belles &#233;tapes&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; mais elle n'a maintenant que des pneus tr&#232;s ordinaires et je ne la prends que lorsque je m'en vais, seul, reconna&#238;tre, comme aujourd'hui, quelques bouts de routes nouvelles et que rien ne me presse. Quand on monte des machines qui diff&#232;rent les unes des autres, il est important de savoir ce qu'on peut demander &#224; chacune d'elles, au point de vue de la vitesse de marche et de ne pas lui demander davantage d&#232;s le d&#233;but de l'&#233;tape. Lorsqu'on part, on a tellement de force disponible qu'on risque d'en d&#233;penser trop en for&#231;ant une p&#233;dale poussive &#224; soutenir une allure qui n'est pas faite pour elle, on se claque ainsi en peu de temps et je me ressouviens aujourd'hui en approchant de Bo&#235;n d'une sortie que je fis, il y a quelque quinze ans, avec deux de mes &#233;l&#232;ves mont&#233;s sup&#233;rieurement, l'un, Thorsonnax, sur une bi-chaine, l'autre, Dupuy, sur une 4 vitesses Pernot &#224; pignon extensible, justement ce dispositif que M.&#160;Marcel Violette, le pr&#233;sident du Jury d'examen du concours d'Auvergne, a trait&#233; si injustement. J'avais, ce jour-l&#224; ma Touricyclette 21kg., pneus moyens, pignons de moulin &#224; caf&#233;. Je suivis le train pendant 80 km., sans me douter que je me vidais jusqu'&#224; la derni&#232;re goutte et, tout &#224; coup, je vis tout tourner autour de moi, au point que je dus mettre pied &#224; terre pr&#233;cipitamment pour m'&#233;tendre sur le bord de la route et laisser se dissiper ce vertige&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; nous &#233;tions, &#224; ce moment, entre St-Germain-Laval et Bo&#235;n&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; mes compagnons m'encadr&#232;rent et me remorqu&#232;rent jusqu'&#224; Bo&#235;n o&#249; je pris le train. Cette dure le&#231;on me fut tr&#232;s utile et je ne me mets jamais en route sans me la rappeler. Ainsi, quand je vais &#224; Lyon sur ma Touri, je m'octroie quatre heures pour l'aller et cinq heures pour le retour dans la m&#234;me journ&#233;e (moyenne 13 km. &#224; l'heure), alors qu'avec ma randonneuse je puis encore aller en trois heures et revenir en trois heures et demie (moyenne 19 km. &#224; l'heure). L'allure ou vitesse de marche d&#233;pend surtout de la machine, de ses pneus, de ses roulements, de son poids, de son dispositif de polyxion. L'homme est plus ou moins fort, plus ou moins entra&#238;n&#233;, mais son allure cro&#238;tra ou diminuera en proportion du rendement de son outil. On m'a fait beaucoup la guerre autrefois quand je soutenais que telles randonneuses me donnaient des ailes et me for&#231;aient presque &#224; marcher &#224; 25 &#224; l'heure, tandis que d'autres bicyclettes me collaient tellement au sol que je ne pouvais aller qu'&#224; 12 &#224; l'heure&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; rien n'est pourtant plus vrai. Puisqu'il y a fagots et fagots, il peut bien y avoir aussi bicyclettes et bicyclettes, pneus et pneus, etc. Connaissons seulement bien nos outils et nos forces , et nous ne conna&#238;trons jamais cette fatigue anormale qui me fit ce jour-l&#224; tomber sur la route.&lt;br class='autobr' /&gt;
En sortant de Bo&#235;n, qui m'a rappel&#233; ce f&#226;cheux souvenir, je me heurte &#224; un violent vent du sud, qui augmente joliment mon travail d'&#233;l&#233;vation jusqu'&#224; Marcilly-le-Pav&#233; et me fait regretter ma petite vitesse. Je dispose heureusement d'une selle oscillante et je puis ainsi peser commod&#233;ment de tout mon poids sur les p&#233;dales&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; j 'ai souvent constat&#233; que l'utilisation de la selle oscillante &#224; la mont&#233;e &#233;quivaut pour moi &#224; une r&#233;duction de 15 &#224; 20&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;% dans le d&#233;veloppement.&lt;br class='autobr' /&gt;
Avec 4 m. 80 et selle oscillante, j'obtiens un aussi bon r&#233;sultat qu'avec 4 m&#232;tres sans selle oscillante. Seul le raidillon par lequel on s'&#233;loigne de Marcilly m'oblige &#224; quelques efforts excessifs, mais la descente allait me permettre de me reposer et je ne me fis pas prier, d'autant plus qu'il y avait beaucoup de promeneurs et qu'on n'a pas l'habitude &#224; l'&lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;E. S.&lt;/span&gt; de capituler devant l'ennemi. Ah&amp;#8239&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! ce coquin d'amour-propre, il montre toujours le bout de l'oreille&amp;#8239&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;!&lt;br class='autobr' /&gt;
Quelques kilom&#232;tres avant Montbrison, je rencontre un de mes jeunes compagnons du matin, qui a eu l'aimable attention de venir m'attendre pour rentrer avec moi &#224; Saint-Etienne. Les trente et quelques kilom&#232;tres de Saint-Thurin &#224; Montbrison ont fait baisser fortement le niveau de mon r&#233;servoir d'&#233;nergie et, bien que l'heure nous presse, je m'arr&#234;te un quart d'heure pour tremper cent grammes de pain dans une tasse de caf&#233; chaud. Cela suffit pour me faire faire en deux heures les derniers trente-cinq kilom&#232;tres, qui comprennent les cinq bons kilom&#232;tres de mont&#233;e moyenne de Saint-Just, et j'ach&#232;ve, &#224; 18 heures, ma jolie ballade de 160 kilom&#232;tres.&lt;br class='autobr' /&gt;
Voil&#224; donc encore une exp&#233;rience d'alimentation en cours de route qui vient s'ajouter &#224; toutes celles que j'ai d&#233;j&#224; relat&#233;es. Le cyclotouriste peut fournir un travail consid&#233;rable sans faire de gros repas, disons m&#234;me, &#224; la condition de ne pas faire de ces gros repas qui fatiguent l'estomac et l'obligent &#224; une grande d&#233;pense &#233;nerg&#233;tique au d&#233;triment du travail musculaire. Quand on fait, au contraire, des repas l&#233;gers qui peuvent consister, comme on vient de le voir, en quelques centaines de grammes de pain soigneusement mastiqu&#233;s et absorb&#233;s juste au moment voulu, le travail n'est jamais interrompu, des calories neuves succ&#232;dent aux calories consomm&#233;es, comme, sur un champ de bataille, des troupes fra&#238;ches remplacent les troupes fatigu&#233;es, et l'&#233;tape se d&#233;roule, s'allonge et se termine sans fatigue anormale. Qu'un solide d&#233;jeuner le matin avant de partir et qu'un solide d&#238;ner le soir en arrivant encadrent les trois ou quatre casse-cro&#251;te de la journ&#233;e et vous pourrez mener &#224; bien les randonn&#233;es et les &#233;tapes de transport que l'Ecole st&#233;phanoise pr&#233;conise depuis vingt-cinq ans, dont dout&#232;rent alors tant de cyclistes qui, depuis, se sont d&#233;couverts capables de les faire en proc&#233;dant comme nous proc&#233;d&#226;mes.	V&#233;locio.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>Une de plus (1912)</title>
		<link>http://velotextes.fr/spip.php?article429</link>
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		<dc:subject>Flottante de 1912</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;V&#233;locio, Randonn&#233;es St&#233;phanoises, Une de plus&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;!, Le Cycliste, Juin 1912, p.125- 133, Source Archives d&#233;partementales de la Loire cote PER1328_12 &lt;br class='autobr' /&gt;
Une quoi&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;? Eh donc, une de ces &#233;tapes de 40 heures qui sont, pour tant de cyclistes, l'abomination de la d&#233;solation, parce qu'ils n'ont pas encore essay&#233; de les faire dans les conditions requises, c'est-&#224;-dire sans se fatiguer anormalement, selon la m&#233;thode de l'Ecole st&#233;phanoise. Le temps &#233;tait loin d'&#234;tre engageant quand nous part&#238;mes, mais&#160;(&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="http://velotextes.fr/spip.php?rubrique36" rel="directory"&gt;1901-1914 P&#233;riode &#201;cole st&#233;phanoise&lt;/a&gt;

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&lt;a href="http://velotextes.fr/spip.php?mot161" rel="tag"&gt;Flottante de 1912&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;V&#233;locio, Randonn&#233;es St&#233;phanoises, Une de plus&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;!, Le Cycliste, Juin 1912, p.125- 133, Source Archives d&#233;partementales de la Loire cote PER1328_12&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une quoi&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;? Eh donc, une de ces &#233;tapes de 40 heures qui sont, pour tant de cyclistes, l'abomination de la d&#233;solation, parce qu'ils n'ont pas encore essay&#233; de les faire dans les conditions requises, c'est-&#224;-dire sans se fatiguer anormalement, selon la m&#233;thode de l'Ecole st&#233;phanoise.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le temps &#233;tait loin d'&#234;tre engageant quand nous part&#238;mes, mais nous ne sommes pas libres de choisir notre heure et notre jour et les f&#234;tes de la Pentec&#244;te tombant les 26 et 27&#160;mai, nous devions p&#233;daler ces deux jours-l&#224; seulement.&lt;br class='autobr' /&gt;
Or, il plut, dans nos montagnes et dans la vall&#233;e du Rh&#244;ne, tr&#232;s abondamment jusqu'&#224; minuit et j'avais fix&#233; le d&#233;part &#224; 2 heures du matin&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;!&lt;br class='autobr' /&gt;
Le mauvais temps me valut de me trouver seul au d&#233;part de La Digonni&#232;re (2 h. 20) alors que nous devions &#234;tre trois. Ch., mon compagnon &#224; P&#226;ques, &#233;tait parti la veille et ne devait me rencontrer qu'entre Gap et Brian&#231;on, apr&#232;s avoir fait un circuit un peu plus long. Je devais aussi trouver en cours de route M.&#160;G., le jeune fonctionnaire qui nous avait accompagn&#233;s de Sisteron &#224; Pugel-Th&#233;niers, et un randonneur, lyonnais L., qui ne se montra point, mais qui passa pourtant au Lautaret peu de temps apr&#232;s nous. .&lt;br class='autobr' /&gt;
Mon programme consistait &#224; p&#233;daler pendant 40 heures autour du Dauphin&#233;, par Valence, Die, Gap, le Lautaret, Grenoble, Givors, et de rentrer &#224; Saint-Etienne avec 610 kilom&#232;tres de plus &#224; l'actif de ma cha&#238;ne flottante qui a vu d&#233;j&#224;, pas mal de pays.&lt;br class='autobr' /&gt;
J'emporte un kilo d'armes contre la pluie&#160;: p&#232;lerine, jambi&#232;res, tablier en toile cir&#233;e&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; un kilo d'armes contre la faim&#160;: g&#226;teau de riz, pain et fruits&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; et un kilo d'outils, chambre &#224; air et enveloppe de rechange&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; sacs, lanterne, carbure, timbre, cartes et menus objets font un quatri&#232;me kilo et l'ensemble p&#232;se 18 kilos&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; j'emporte toujours trop de choses.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le sol est tr&#232;s mou, les arbres d&#233;versent sur moi leur trop plein d'eau et je p&#233;n&#232;tre, d&#232;s la sortie de la ville, dans un brouillard intense &#224; ne pas voir quand je suis au milieu de la chauss&#233;e les bords de la route. A la mont&#233;e, cela n'a pas beaucoup d'importance, mais je n'en suis pas moins forc&#233; de mettre pied &#224; terre quand j'entends descendre une voiture. Ma lanterne m'est tr&#232;s utile&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; sans elle, j'aurais d&#251; monter &#224; pied.&lt;br class='autobr' /&gt;
Je sors du brouillard &#224; mi-descente et, &#224; parti de Bourg-Argental je puis marcher &#224; grande allure&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; le vent m'est et me restera favorable tant que je ne ferai pas face au nord.&lt;br class='autobr' /&gt;
Me voici &#224; Andance &#224; 5 heures, en retard de 25 minutes sur mon temps ordinaire&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; mais je traverse Valence &#224; 6 h. 30, Saillans &#224; 8 h. 35, apr&#232;s quoi le vent contraire me g&#234;ne quelque temps et je m'arr&#234;te pour la premi&#232;re fois &#224; Luc-en-Diois (178 kilom.) &#224; 11 heures. J'ai pu aller jusque-l&#224; sans manger ni boire, m'&#233;tant bien lest&#233;, au d&#233;part, d'un potage de flocons d'avoine au chocolat.&lt;br class='autobr' /&gt;
Quelques verres d'eau et 300 grammes de g&#226;teau de riz me remettent sous pression et les 25 kilom&#232;tres qui me s&#233;parent du col de Cabre sont enlev&#233;s en moins de 2 heures puisque je passe devant le refuge &#224; 13 heures moins le quart, en avance pour la premi&#232;re fois sur mon horaire. Je n'ai pas eu, il est vrai, le moindre accident de pneumatique, la moindre cause d'arr&#234;t, et malgr&#233; les 25 minutes perdues jusqu'&#224; Andance, malgr&#233; la boue collante que j'ai trouv&#233;e jusqu'&#224; Aouste, j'ai fait en 7h. 1/2 le trajet Saint-Etienne-Die. On ne marche jamais si bien que lorsqu'on est seul et qu'on marche &#224; sa guise. Cette remarque que je fais pour la centi&#232;me fois, tous les randonneurs l'ont faite et nous &#233;tablirons quelques jours nos itin&#233;raires de fa&#231;on &#224; p&#233;daler isol&#233;ment et &#224; ne nous rencontrer que de temps en temps &#224; des points-d&#233;-termin&#233;s.&lt;br class='autobr' /&gt;
Cette m&#233;thode aura un autre avantage. Nous embrasserons un plus grand espace, nous circulerons sur un plus grand nombre de routes et la propagande par le fait, que nous avons entreprise en faveur du cyclotourisme, s'exercera sur un terrain plus vaste.&lt;br class='autobr' /&gt;
Qu'il s'agisse, par exemple, de la pr&#233;sente randonn&#233;e et que notre premier point de concentration soit Gap&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; les uns, libres d&#232;s le samedi &#224; midi, gr&#226;ce &#224; la semaine anglaise, iront en une premi&#232;re demi-&#233;tape, coucher &#224; 160 ou 180 kilom&#232;tres de Saint-Etienne&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; les autres, ne pouvant partir qu'&#224; 17 ou 18 heures, franchiront la montagne et passeront la nuit &#224; 60 ou 80 kilom&#232;tres,&lt;br class='autobr' /&gt; comme nous le f&#238;mes le 12&#160;mai&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; alors que les derniers, retenus jusqu'au samedi soir par leurs occupations &#8212; et c'est encore chez nous le plus grand nombre &#8212; ne se mettront en route que le lendemain.&lt;br class='autobr' /&gt;
Supposez maintenant que ces trois groupes partent &#224; la m&#234;me heure, le dimanche matin. Le premier aura le temps de descendre plus avant dans le Midi, jusqu'&#224; Digne, de rallier le Verdon, de le remonter, de franchir le col d'Allos, peut-&#234;tre aussi le col de Vars et de venir rejoindre dans la vall&#233;e de l&#224; Durance entre Chorges et Mont-Dauphin. Le second groupe pourra descendre &#224; Mont&#233;limar, franchir un des nombreux cols qui s&#233;parent le Rh&#244;ne de la Durance, aboutir &#224; Sisteron, Lara-gnes ou Serres, et filer directement sur Gap, o&#249; le dernier groupe parti avec 160 et 80 kilom&#232;tres de retard se rendra par le plus court chemin, comme je le fais en ce moment.&lt;br class='autobr' /&gt;
De Gap &#224; Brian&#231;on et au Lautaret, il n'est gu&#232;re possible de se disperser dans des routes lat&#233;rale&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; cependant, en supposant que Chamb&#233;ry soit le second point de concentration, les plus vaillants pourront s'y rendre, soit par le&lt;br class='autobr' /&gt;
Galibier et la Maurienne, soit par le col du Glandon, tandis que les autres iront plus ais&#233;ment par Grenoble et le Graisivaudan.&lt;br class='autobr' /&gt;
Cette id&#233;e, dont je jette ici l'&#233;bauche, currente calamo, me s&#233;duit et j'organiserai cet &#233;t&#233; quelques randonn&#233;es sur ce th&#232;me.&lt;br class='autobr' /&gt;
J'ai form&#233; des &#233;l&#232;ves qui d&#233;passent naturellement le ma&#238;tre et que je ne puis plus accompagner sans les retarder ou, si je m'efforce de les suivre., sans me fatiguer. Il convient donc que chacun randonne &#224; son allure et tous alors, m&#234;me les plus faibles, iront plus vite en se fatiguant moins.&lt;br class='autobr' /&gt;
Il y a des heures o&#249; Pierre peut p&#233;daler plus vigoureusement que Paul, d'autres heures o&#249; c'est le contraire&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; or, nous n'ignorons pas qu'&#224; vouloir aller seulement 5&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;% plus vite qu'on n'en a envie, la fatigue cro&#238;t de dix, de vingt pour cent, davantage m&#234;me, car l'on est t&#244;t r&#233;duit a quia. La perte de rendement devient donc &#233;norme, non seulement pour chaque individu, mais m&#234;me pour l'ensemble.&lt;br class='autobr' /&gt;
Un autre avantage de ces randonn&#233;es &#224; itin&#233;raires convergents, c'est, qu'en se retrouvant on aura plus de choses &#224; se dire que si l'on avait constamment p&#233;dal&#233; c&#244;te &#224; c&#244;te, on aura fait plus de rencontre, on aura eu plus d'incidents. Et surtout on aura vu beaucoup mieux les r&#233;gions travers&#233;es, l'attention n'ayant pas &#233;t&#233; distraite par les propos &#233;chang&#233;s en cours de route et qui roulent, le plus souvent, sur des sujets &#233;trangers au cyclotourisme.&lt;br class='autobr' /&gt;
Quand je p&#233;dale en pays inconnu, je pr&#233;f&#232;re toujours &#234;tre seul je fais ainsi une moisson de souvenirs beaucoup plus riche, je note beaucoup plus de d&#233;tails qui m'&#233;chappent quand on bavarde &#224; mes c&#244;t&#233;s et que, malgr&#233; moi, je prends part &#224; la conversation..&lt;br class='autobr' /&gt;
Le randonneur diff&#232;re essentiellement du cyclotouriste et, tout ce que je viens d'exposer ne s'applique &#224; celui-ci en aucune fa&#231;on.....
&lt;br /&gt;&#8212; O&#249; diable &#233;tais-je donc&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;?
&lt;br /&gt;&#8212; Au col de Cabre.
&lt;br /&gt;&#8212; Ah&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! tr&#232;s bien&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; je fais donc comme le n&#232;gre, je continue, d'autant plus agr&#233;ablement que la descente m'entra&#238;ne rondement, tout comme il y a quarante jours quand nous descend&#238;mes &#224; Nice. Mais la note change lorsque &#224; la hauteur de Saint-Pierre-d'Argenson, il me faut cette fois tourner &#224; gauche, face au vent et &#224; quelques montagnes russes fort roides par o&#249; j'arrive &#224; Aspres et enfin &#224; Veynes (228 kilom&#232;tres) &#224; 14 h .20, exactement 12 heures apr&#232;s mon d&#233;part de Saint-&#201;tienne.&lt;br class='autobr' /&gt;
Au cours de la l&#233;g&#232;re mont&#233;e qui s&#233;pare &#224; Aspres le Buech de la Durance, j'ai d&#251; m'arr&#234;ter pour dire un mot &#224; mon g&#226;teau de riz et je juge &#224; propos, conform&#233;ment au pr&#233;cepte qui veut que l'on mange avant d'avoir faim, de faire &#224; Veynes une l&#233;g&#232;re collation. Un bol de lait froid, une omelette, des cerises, du caf&#233;&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; c'est peu, mais suffisant et conforme &#224; la m&#233;thode des repas l&#233;gers et fr&#233;quents s'il est n&#233;cessaire.&lt;br class='autobr' /&gt;
Je ne sais &#224; quoi tient aujourd'hui mon endurance stomacale, mais je mange certainement moins que d'habitude tout en marchant aussi bien qu'en mes meilleurs jours&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; question de temp&#233;rature peut-&#234;tre. Le moteur humain est comme le moteur &#224; p&#233;trole, il carbure tant&#244;t bien, tant&#244;t mal, mais il est plus difficile d'en p&#233;n&#233;trer les secrets et de rendre bon un mauvais carburateur.&lt;br class='autobr' /&gt;
A Gap, &#224; 16 heures, je suis plus que jamais dans mon horaire, au grand &#233;tonnement de G. qui m'a cueilli au passage devant le grand pic de Bure dont la masse imposante et le profil r&#233;barbatif domine l&#224; tout le paysage. C'est surtout de la Freyssinouze qu'on est effray&#233; de l'&#224;-pic formidable, de 800 m&#232;tres, dit-on, qui le termine. Quelle roche tarp&#233;&#239;enne&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;!&lt;br class='autobr' /&gt;
Et d'avoir, pour une fois, &#233;t&#233; dans mon horaire, va jouer un mauvais tour &#224; Ch. &#224; qui j'avais donn&#233; rendez-vous &#224; Savines.&lt;br class='autobr' /&gt;
Ch..., en effet, dont le plan primitif qui &#233;tait de coucher &#224; Die et d'arriver &#224; Savines par . Digne et Seyne, avait &#233;t&#233; contrari&#233; par le mauvais temps, s'&#233;tait arr&#234;t&#233; sous la pluie battante, &#224; Crest, alors qu'il aurait trouv&#233;, 6 kilom&#232;tres plus loin, beau temps et belles routes. .&lt;br class='autobr' /&gt;
De Crest, le dimanche matin, il s'&#233;tait content&#233; d'aller reconna&#238;tre une petite route qui s'amorce &#224; droite, un kilom&#232;tre avant Luc, dans la vall&#233;e de la Dr&#244;me, dessert plusieurs villages, franchit un col et se termine au sud sur la route de Rosans &#224; Serres, quelques kilom&#232;tres avant l'Epine (voyez la carte). Cette petite route est, para&#238;t-il, tr&#232;s int&#233;ressante&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; en ces r&#233;gions &#233;loign&#233;es du chemin de fer, si la bicyclette est tr&#232;s appr&#233;ci&#233;e, la poly y est encore inconnue et les locaux font &#224; pied les mont&#233;es.&lt;br class='autobr' /&gt;
Nous sortons de Gap &#224; 16 h. 15 et Ch... y entre &#224; 16 h. 20, la musique militaire se faisait entendre sous de frais ombrages et notre ami se dit qu'il serait l&#224;, pour m'attendre, beaucoup plus confortablement qu'&#224; Savines et il s'y arr&#234;ta une bonne heure. Cependant, nous luttions contre le vent jusqu'&#224; la B&#226;tie-Neuve o&#249; un clou per&#231;a mon pneu arri&#232;re, d'o&#249; halte forc&#233;e de 20 minutes&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; &#224; Chorges, nous descendons sans grande h&#226;te par la route des Moullettes, vers la Durance o&#249; un premier grain nous arrose. Cinq autos Cottin-Desgouttes qui se suivent &#224; 200 m&#232;tres nous croisent alors &#224; une allure vertigineuse. Ch... les rencontrera &#224; La B&#226;tie-Neuve. Et nous nous installons &#224; Savines toujours &#224; l'heure pr&#233;vue, 18 heures, pour attendre nos compagnons dont l'un, L..., &#233;tait probablement devant nous, alors que l'autre venait de quitter Gap.&lt;br class='autobr' /&gt;
Cette situation bizarre de gens qui se cherchent et qui ne se trouvent pas, tout en n'&#233;tant qu'&#224; quelques kilom&#232;tres les uns des autres, me fait penser &#224; une chose. Pourquoi n'emporte-rions-nous des confettis dont nous jetterions &#231;&#224; et l&#224; quelques poign&#233;es quand nous arriverions sur le terrain de concentration&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;? A leur forme, &#224; leur couleur, nous saurions par qui ils furent jet&#233;s et, &#224; leur effacement, s'ils le furent r&#233;cemment ou depuis longtemps. Cent grammes de confettis ne feraient pas une grosse surcharge et ce moyen de se reconna&#238;tre serait de beaucoup pr&#233;f&#233;rable aux renseignements souvent erron&#233;s que l'on obtient des passants. C'est en vain que Ch... essaya &#224; plusieurs reprises de savoir si nous &#233;tions pass&#233;s &#224; Savines m&#234;me o&#249; l'on nous avait pourtant bien vus et longtemps&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; il ne put rien apprendre&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; de sorte qu'il s'arr&#234;ta tranquillement &#224; Embrun et passa dans un bon lit les heures nocturnes que nous pass&#226;mes sur la route.&lt;br class='autobr' /&gt;
Nous traversons Ch&#226;teauroux entre chien et loup, sous une deuxi&#232;me et derni&#232;re averse, puis la lune se d&#233;gage et nous &#233;clair&#233; par intervalles j'allume ma lanterne &#224; Saint-Cl&#233;ment. Ces villages autrefois pauvres et sans importance sont devenus des stations estivales tr&#232;s fr&#233;quent&#233;es par les Marseillais&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; les h&#244;tels, les maisons meubl&#233;es y abondent et les prix sont tr&#232;s abordables. La vall&#233;e de la Durance n'a pourtant l&#224; rien d'attrayant, pas de for&#234;ts comme &#224; Savines o&#249; l'on a, chose rare en ce d&#233;partement, r&#233;ussi &#224; sauvegarder des bois de sapins qui, d'en bas, ressemblent &#224; une belle ceinture de velours noir suspendue aux flancs des rocs sourcilleux.&lt;br class='autobr' /&gt;
Sans pouvoir en distinguer les d&#233;tails et les fortifications, nous longeons le rocher de Mont-dauphin et pan. un des pneus-boyaux de mon compagnon &#233;clate sur un silex&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; le remplacement est vite effectu&#233;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Dans la nuit tant&#244;t plus obscure, tant&#244;t plus claire suivant que la lune se cache ou se montre, nous traversons un village, puis voici une usine qui jette de vives lueurs par toutes ses ouvertures&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; on y produit de l'acide sulfurique. Mais &#224; quoi attribuer ces puissants jets de flammes qui au loin illuminent l'horizon&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;? On dirait un vaste incendie, nous en voyons bient&#244;t le foyer, le feu semble jaillir de toutes les fen&#234;tres. C'est encore une usine, celle de Largenti&#232;re o&#249; l'on fabrique de l'aluminium dans des fours chauff&#233;s &#233;lectriquement jusqu'&#224; 3.000 degr&#233;s. Nos hauts fourneaux sont des chandelles &#224; c&#244;t&#233; de ces fus&#233;es de lumi&#232;re incandescente.&lt;br class='autobr' /&gt;
Il faut voir cela la nuit, le jour &#231;a doit &#234;tre terne et le soleil &#233;crase l'&#233;lectricit&#233;.&lt;br class='autobr' /&gt;
La Bess&#233;e devait &#234;tre un second point de concentration pour Ch..., au cas tr&#232;s probl&#233;matique o&#249; il aurait pu faire dans la journ&#233;e les cols d'Allos et de Vars. Je devais l'attendre l&#224; dans une auberge que l'on voit &#224; gauche d&#232;s les premi&#232;res maisons, jusqu'&#224; 22 heures. Il &#233;tait 21 h. 1/2&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; l'aubergiste allait se coucher&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; il consentit pourtant &#224; nous pr&#233;parer un repas et nous attend&#238;mes l&#224; deux heures comme nous avions attendu une heure &#224; Savines. Nous m&#238;mes ce temps &#224; profit pour examiner un de mes pneus qui, depuis Embrun, r&#233;clamait tous les dix kilom&#232;tres un bon coup de pompe. Il &#233;tait bel et bien perc&#233;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Au clair de la lune, &#224; 23 h. nous nous remettons en route&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; la mont&#233;e est assez rude pendant quelques kilom&#232;tres, nous nous &#233;levons au dessus sus de la rivi&#232;re qui passe l&#224; dans un d&#233;fil&#233; resserr&#233;, dans les gorges de la Bess&#233;e&lt;br class='autobr' /&gt;
surcharge et ce moyen de se reconna&#238;tre serait de beaucoup pr&#233;f&#233;rable aux renseignements souvent erron&#233;s que l'on obtient- des passants. C'est en vain que Ch... essaya &#224; plusieurs reprises de savoir si nous &#233;tions pass&#233;s &#224; Savines m&#234;me o&#249; l'on nous avait pourtant bien vus et longtemps&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; il ne put rien apprendre&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; de sorte qu'il s'arr&#234;ta tranquillement &#224; Embrun et passa dans un bon lit les heures nocturnes que nous pass&#226;mes sur la route.&lt;br class='autobr' /&gt;
Nous traversons Ch&#226;teauroux entre chien et loup, sous une deuxi&#232;me et derni&#232;re averse, puis la lune se d&#233;gage et nous &#233;claire par intervalles&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; j'allume ma lanterne &#224; Saint-Cl&#233;ment. Ces villages autrefois pauvres et sans importance sont devenus des stations estivales tr&#232;s fr&#233;quent&#233;es par les Marseillais&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; les h&#244;tels, les maisons meubl&#233;es y abondent et les prix.sont tr&#232;s abordables. La vall&#233;e de la Durance n'a pourtant l&#224; rien d'attrayant, pas de for&#234;ts comme &#224; Savines o&#249; l'on a, chose rare en ce d&#233;partement, r&#233;ussi &#224; sauvegarder des bois de sapins qui, d'en bas, ressemblent &#224; une belle ceinture de velours noir suspendue aux flancs des rocs sourcilleux.&lt;br class='autobr' /&gt;
Sans pouvoir en distinguer les d&#233;tails et les fortifications, nous longeons le rocher de Mont-dauphin et pan, un des pneus-boyaux de mon compagnon &#233;clate sur un silex&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; le remplacement est vite effectu&#233;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Dans la nuit tant&#244;t plus obscure, tant&#244;t plus claire suivant, que la lune se cache ou se montre, nous traversons un village, puis voici une usine qui jette, de vives lueurs par toutes ses ouvertures&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; on y produit de l'acide sulfurique. Mais &#224; quoi attribuer ces puissants jets de flammes qui au loin illuminent l'horizon&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;? On dirait un vaste incendie, nous en voyons bient&#244;t le foyer, le feu semble jaillir de toutes les fen&#234;tres. C'est encore une usine, celle de Largenti&#232;re o&#249; l'on fabrique de l'aluminium dans des fours chauff&#233;s &#233;lectriquement jusqu'&#224; 3.000 degr&#233;s. Nos haute fourneaux sont des chandelles &#224; c&#244;t&#233; de ces fus&#233;es de lumi&#232;re incandescente. &lt;br class='autobr' /&gt;
Il faut voir cela la nuit, le jour &#231;a doit &#234;tre terne et le soleil &#233;crase l'&#233;lectricit&#233;.&lt;br class='autobr' /&gt;
La Bess&#233;e devait &#234;tre un second point de concentration pour Ch..., au cas tr&#232;s probl&#233;matique o&#249; il aurait pu faire dans la journ&#233;e les cols d'Allos et de Vars. Je devais l'attendre l&#224; dans une auberge que l'on voit &#224; gauche d&#232;s les premi&#232;res maisons, jusqu'&#224; 22 heures. Il &#233;tait 21 h. &lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; l'aubergiste allait se coucher&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; il consentit pourtant &#224; nous pr&#233;parer un repas et nous attend&#238;mes l&#224; deux heures comme nous avions attendu une heure &#224; Savines. Nous m&#238;mes ce temps &#224; profit pour examiner un de mes pneus qui, depuis Embrun, r&#233;clamait tous les dix kilom&#232;tres un bon coup de pompe. Il &#233;tait bel et bien perc&#233;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Au clair de la lune, &#224; 23 h., nous nous remettons en route&#160;: la mont&#233;e est assez rude pendant quelques kilom&#232;tres, nous nous &#233;levons au-dessus de la rivi&#232;re qui passe l&#224; dans un d&#233;fil&#233; resserr&#233;, dans les gorges de la Bess&#233;e, qu'il e&#251;t &#233;t&#233; pr&#233;f&#233;rable de voir le jour&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; on y a aussi une belle vue sur le Pelvoux, vue dont, naturellement, nous ne p&#251;mes jouir.&lt;br class='autobr' /&gt;
En pleine rampe, nous nous heurtons tout &#224; coup &#224; d'&#233;normes pierres plac&#233;es au beau milieu de la chauss&#233;e par la malveillance peut-&#234;tre, ou bien par quelque &#233;boulement&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; il y en a bien une vingtaine et quelques-unes sont assez grosses pour qu'il faille les soulever &#224; deux mains. Nous en d&#233;barrassons la route.&lt;br class='autobr' /&gt;
C'est un devoir pour nous, cyclistes, que de nous rendre ainsi service mutuellement. A la mont&#233;e il, nous en co&#251;te peu de mettre pied &#224; terre et nous nous pr&#233;parons ainsi une descente sans danger. Si ceux qui vinrent ce m&#234;me jour de Brian&#231;on avaient fait comme nous, je n'aurais pas failli casser une roue et endommager peut-&#234;tre mon squelette, en heurtant avec violence, quelques kilom&#232;tres plus loin, de semblables cailloux qui me d&#233;sar&#231;onn&#232;rent. Il y a, au cours de cette descente, un virage bien mauvais et, la nuit, bien dangereux&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; mon compagnon me le signala et je le fis &#224; pied. Je m'&#233;tais accord&#233; 12 heures pour le parcours Gap-Lautaret (120 kilom&#232;tres)&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; nous avions du temps devant nous.&lt;br class='autobr' /&gt;
Nous contournons Brian&#231;on &#224; 1 heure, lundi matin. Tout y est silencieux et la vue de ce grand trou noir piqu&#233; de lumi&#232;res, qui en expriment encore mieux l'ampleur et la profondeur, nous impressionne quand, de la route du Lautaret, nous le dominons. La lune, glissant, dispara&#238;t derri&#232;re les sommets couverts de neige et la nuit se fait noire.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#199;a et l&#224;, les torrents ont ensabl&#233; la route&#160;: le jour on passerait&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; la nuit, il vaut mieux mettre pied &#224; terre.&lt;br class='autobr' /&gt;
Au Mon&#233;tier, &#224; 2 heures, je garnis et j'allume ma lanterne, quoique, &#224; cette altitude, l'aube se l&#232;ve de bonne heure et que les gendarmes dorment. Nous aurions pu &#233;viter cet arr&#234;t qui fut assez long, mais pourquoi se h&#226;ter&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;? Nous tenons &#224; voir le soleil se lever sur les glaciers et c'est m&#234;me cour cela que nous ne nous sommes pas couch&#233;s&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; car il faut que nous arrivions au Lautaret &#224; 4 heures, ni plus t&#244;t ni plus tard.&lt;br class='autobr' /&gt;
Et ce fut un spectacle merveilleux, somptueux&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; un magique lever de rideau, un de ces tableaux qu'aucun pinceau n'est capable de reproduire et que la nature nous place parfois &#224; l'improviste sous les yeux, comme pour entretenir le feu sacr&#233;, l'amour, l'enthousiasme que sa beaut&#233;, toujours changeante, a allum&#233; en l'&#226;me des touristes. Je me garderai bien d'essayer de vous d&#233;crire les glaciers rougissant sous les premiers feux du soleil, pendant que les nuages jaloux montent en rampant pour d&#233;rober promptement &#224; la vue des mortels les pics &#233;tincelants.&lt;br class='autobr' /&gt;
Et ce n'est pas long, un quart d'heure &#224; peine, mais c'est beau, c'est tr&#232;s beau&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; le Lautaret qui, cette ann&#233;e, a conserv&#233; sa parure hivernale plus longtemps que d'habitude, dont les prairies sont encore couvertes de neige, alors que, dans un mois, elles seront couvertes de fleurs m&#233;rite d'&#234;tre vu en ce moment.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En maints endroits la route est taill&#233;e dans des masses de neige dont quelques-unes ont bien 10 m&#232;tres de hauteur&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; n&#233;anmoins, le sol est simplement humide, l'eau de la fonte ayant &#233;t&#233; canalis&#233;e, et l'on peut rouler sans peine.&lt;br class='autobr' /&gt;
Contrairement aux pr&#233;visions, il ne fait pas du tout froid l&#224;-haut, un l&#233;ger vent du nord nous engage pourtant &#224; prendre les manteaux et, avant de commencer la descente, nous donnons le coup de gr&#226;ce &#224; nos provisions.&lt;br class='autobr' /&gt;
L'h&#244;tel est bien ouvert mais rien n'y bouge encore&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; d'ailleurs, payer vingt sous un bol de lait ne nous s&#233;duit gu&#232;re. Cette rage de coter &#224; des prix exorbitants les consommations les plus ordinaires, s&#233;vit dans toutes les r&#233;gions o&#249; fr&#233;quentent les touristes, surtout les automobilistes. A la Bess&#233;e, nous avons pay&#233; 3 francs, dans une auberge de routiers, un repas dont on ne nous aurait certainement pas demand&#233; 20 sous il y a 10 ans&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; au bourg d'Oisans, nous payons 1 franc un bol de chocolat qu'on paye partout-dans nos montagnes 50 centimes.&lt;br class='autobr' /&gt;
Nous devons de plus en plus r&#233;agir contre ces tendances qui suffiraient &#224; &#233;loigner du tourisme les petites et m&#234;me les moyennes bourses, en demandant d'abord les prix des repas et des lits et en n'h&#233;sitant pas &#224; d&#233;cliner les offres trop pr&#233;tentieuses, quitte a aller d&#233;jeuner de pain et de fruits au coin d'un bois, sur les bords d'un ruisseau. Bourse et sant&#233;, celle-ci surtout s'en trouveront beaucoup mieux.&lt;br class='autobr' /&gt;
C'est ainsi que Ch... s'alimenta pendant ces deux jours et c'est ainsi que je m'alimente presque toujours quand je suis seul. D&#232;s qu'on voyage &#224; plusieurs, je ne sais pourquoi l'on &#233;prouve le besoin de faire comme tout le monde et d'aller se faire peu ou prou empoisonner, &#224; grands frais&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;!&lt;br class='autobr' /&gt;
Qu'on a donc eu raison de l'&#233;crire&#160;:&lt;br class='autobr' /&gt;
De la France au P&#233;rou, de P&#233;kin jusqu'&#224; Rome, Le plus sot animal, &#224; mon avis, c'est l'homme&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;!&lt;br class='autobr' /&gt;
La descente du Lautaret &#224; Grenoble pla&#231;a successivement sous nos yeux les sites les plus vari&#233;s, trop connus de tous les cyclotouristes pour que je les signale ici. Les cascades m&#233;ritent pourtant une mention sp&#233;ciale. Je ne les vis jamais si riches de houille blanche et je crains qu'elles ne soient d&#233;j&#224; convoit&#233;es par les industriels dont la sp&#233;cialit&#233; est d'emprisonner les belles chutes d'eau dans ces hideux tuyaux dont on voit d&#233;j&#224; trop de sp&#233;cimens aux flancs des montagnes.&lt;br class='autobr' /&gt;
Les deux tunnels qui pr&#233;c&#232;dent La Grave me sont toujours odieux&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; comme d'habitude, je les fais &#224; pied bien qu'&#224; cette heure matinale les rencontres n'y soient pas &#224; redouter. Mon jeune compagnon s'en tire fort adroitement et cela bn permet de contempler la Meije un bon&lt;br class='autobr' /&gt; Le sommet n'est pas visible en son entier&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; les nuages l'entourent, le voilent plut&#244;t de ce myst&#232;re qui convient aux hautes cimes glac&#233;es et qui en &#233;loigna si longtemps les humains dont rien n'arr&#234;te aujourd'hui les empi&#233;tements sur le domaine de la nature.&lt;br class='autobr' /&gt;
Nous all&#226;mes de Vizille &#224; Grenoble par un chemin que je ne connaissais pas, qui, para&#238;t-il, est plus court, mais combien plus dur. Ce chemin d&#233;bute par un raidillon de 2 kilom&#232;tres &#224; 8 ou 10&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;% qui me parurent durs avec 3m,25 apr&#232;s&lt;br class='autobr' /&gt;
une nuit blanche&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; on passe &#224; Bri&#233; et l'on des cend sur Eybens, sol graveleux tout le temps&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; mieux vaut en somme passer par le Pont-de-Claix.&lt;br class='autobr' /&gt;
Ch... qui ne passa le col du Lautaret qu'&#224; 9 heures, se heurta pendant toute la descente et surtout dans la plaine de Bourg-d'Oisans, &#224; ce formidable vent de remont&#233;e qui commence &#224; se faire sentir d&#232;s que le soleil &#233;chauffant l'air des hautes altitudes attire l'air froid des bas-fonds qui s'engouffre alors dans les gorges &#233;troites comme celle de la Romanche.&lt;br class='autobr' /&gt;
Nous avions heureusement &#233;chapp&#233; &#224; cet adversaire et la descente nous avait &#233;t&#233; agr&#233;able jusqu'au bout.&lt;br class='autobr' /&gt;
A Grenoble, je me s&#233;parai de mon compagnon et j'allai d&#233;jeuner &#224; Voreppe. &#192; vrai dire, j'&#233;tais un peu somnolent. La r&#233;sistance au sommeil ne d&#233;pend pas seulement de la longueur du temps &#233;coul&#233; depuis le dernier somme&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; elle d&#233;pend aussi des difficult&#233;s du terrain parcouru. Passer la nuit &#224; p&#233;daler saris, effort sur les bonnes routes du Midi ou &#224; grimper au Lautaret, cela fait, le matin venu, une belle diff&#233;rence. Je crois bien m'&#234;tre endormi un instant entre deux services, car une truite qu'on avait d&#251; sans doute me servir chaude, se trouvait froide quand je m'avisai de la manger.&lt;br class='autobr' /&gt;
A 13 heures, j'&#233;tais de nouveau sur la route et, toute envie de dormir ayant disparu, je filai bon train jusqu'&#224; Givors o&#249; un train du soir me rapatria.&lt;br class='autobr' /&gt;
Les raidillons de Moirans et de .Rives me sembl&#232;rent moins durs que celui de Vizille&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; ils le sont pourtant davantage. Les variations du moteur humain ressemblent &#224; celles du moteur m&#233;canique&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; il y a des heures o&#249; l'on marche mieux, d'autres heures o&#249; l'on faiblit un peu. Dans ce dernier cas il faut bien se garder d'appeler &#224; l'aide le syst&#232;me nerveux pour forcer le syst&#232;me musculaire... &#224; marcher&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; il faut c&#233;der aux circonstances, aller moins vite, d&#233;penser moins.&lt;br class='autobr' /&gt;
Comprendre toujours jusqu'o&#249; peut &#234;tre pouss&#233; l'effort et ne jamais d&#233;passer la limite, telle est la r&#232;gle.&lt;br class='autobr' /&gt;
Deux crevaisons successives qui m'arr&#234;t&#232;rent trente minutes &#224; un moment o&#249; je n'avais plus de temps &#224; perdre, me permirent de constater que je terminais mon &#233;tape de 40 heures dans de bonnes conditions. Au lieu de rentrer &#224; la tranquille allure du cyclotouriste, je dus reprendre l'allure du randonneur afin de rattraper le temps perdu et couvrir les derniers 48 kilom&#232;tres. par Lieudieu, Saint-Jean-de-Bournay, Vienne et Givors en moins de 2 heures.&lt;br class='autobr' /&gt;
Au cours de cette randonn&#233;e de 570 kilom&#232;tres, ma cha&#238;ne pendante ne me causa pas le moindre d&#233;sagr&#233;ment, mais elle intrigua pas mal de cyclistes et j'entendis maintes r&#233;flexions bizarres, comme j'en ai tant entendu et comme j'en entends encore &#224; propos des polycha&#238;nes. Il y a de quoi &#234;tre &#233;tonn&#233; de l'ignorance o&#249; sont encore plong&#233;s tant de cyclistes, relativement aux divers syst&#232;mes de changements de vitesses.&lt;br class='autobr' /&gt;
Chemin faisant, j'ai eu le temps, car j'ai longtemps p&#233;dal&#233; seul pendant cette randonn&#233;e, d'&#233;laborer le plan d'un dispositif &#224; 4 vitesses en marche qui, je crois, conviendrait aux randonneurs mieux que la bi-cha&#238;ne d'une part, et que le Whippet &#224; cha&#238;ne flottante d'autre part, et qui donnerait 4 vitesses en marche, au choix. Il s'agit d'une combinaison de deux syst&#232;mes. Une cha&#238;ne &#224; droite, une cha&#238;ne &#224; gauche, d&#233;brayage au pied de la Gauloise&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; de chaque c&#244;t&#233;, deux roues dent&#233;es au p&#233;dalier, mais une seule roue libre au moyeu et le doigt d'acier.&lt;br class='autobr' /&gt;
J'aurai d'un c&#244;t&#233;, par exemple, 7 m&#232;tres et 5m,25 interchangeables entre eux par d&#233;placement de la cha&#238;ne &#224; la main, de l'autre c&#244;t&#233; 4 m&#232;tres et 2m ,80 interchangeables entre eux de la m&#234;me fa&#231;on. Sur 7 m&#232;tres et 4 m&#232;tres, cha&#238;ne normalement tendue, plut&#244;t trop peu que trop puisque le doigt d'acier sera l&#224; pour s'opposer aux inconv&#233;nients des cha&#238;nes trop l&#226;ches. Sur 5m,25 et 2m,80, le brin inf&#233;rieur de la cha&#238;ne flottera mais sans exc&#232;s, &#224; cause de la petite diff&#233;rence entre les deux d&#233;veloppements du grand et du petit jeu.&lt;br class='autobr' /&gt;
Suppression radicale, gr&#226;ce au doigt d'acier, des tendeurs de cha&#238;nes et de la difficult&#233; que l'on &#233;prouve &#224; tenir dans une polycha&#238;ne les cha&#238;nes &#233;galement tendues. Cela permettra aussi d'&#233;tablir des freins &#224; supports bras&#233;s sur la fourche, remarquablement, l&#233;gers, puissants et ind&#233;r&#233;glables.&lt;br class='autobr' /&gt;
Ainsi, sans introduire de r&#233;sistances passives dans la bi-cha&#238;ne, ce prototype des dispositifs de changement de vitesse &#224; prise essentiellement directe &#224; toutes les vitesses, j'obtiendrai en marche deux vitesses de plus.&lt;br class='autobr' /&gt;
Seule conservera encore th&#233;oriquement quelque sup&#233;riorit&#233;, la tri-cha&#238;ne., par l'avantage qu'elle donne de passer instantan&#233;ment de 7 m&#232;tres &#224; 5 m&#232;tres, c'est-&#224;-dire de la grande &#224; la moyenne vitesse, instantan&#233;it&#233; que ne pr&#233;sente pas le Whippet A&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; mais il faudra voir sur le terrain si cette sup&#233;riorit&#233; est r&#233;ellement justifi&#233;e.&lt;br class='autobr' /&gt;
Une &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#8239;4 vitesses&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; ainsi conditionn&#233;e pourrait ne peser que 13 kilos et dame&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! la machine l&#233;g&#232;re nous fait de plus en plus loucher de son c&#244;t&#233;, &#224; tel point que certains d'entre nous envisagent sans effroi le remplacement des pneus souples d&#233;montables par les coll&#233;s des coureurs, gr&#226;ce auxquels on r&#233;aliserait un gain d'un kilo presque&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; car ces coll&#233;s permettent de remplacer la jante bois et aluminium par la jante en bois lamin&#233;, la plus l&#233;g&#232;re qui existe. Et le changement d'un coll&#233; perfor&#233; demande&lt;br class='autobr' /&gt;
moins de temps qu'une r&#233;paration ou un changeaient de chambre &#224; air.&lt;br class='autobr' /&gt;
Bien entendu nos c&#226;bles seraient d'au moins 35 millim&#232;tres.&lt;br class='autobr' /&gt;
Tr&#232;s bien, mais... si vous emportez deux coll&#233;s de rechange et que vous ayez trois ou quatre crevaisons, qu'adviendra-t-il&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;?&lt;br class='autobr' /&gt;
Il y a bien les coll&#233;s &#224; boutons ou &#224; crochets, mais il n'ont pas, dit-on, le summum de souplesse et de l&#233;g&#232;ret&#233; et leur r&#233;paration exige un temps tr&#232;s appr&#233;ciable... Ah&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! qui nous donnera la m&#233;daille sans revers&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;? V&#233;locio.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Flottante de 1912</title>
		<link>http://velotextes.fr/spip.php?article948</link>
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		<dc:date>2024-04-18T09:57:10Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>velovi</dc:creator>


		<dc:subject>Flottante de 1912</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;La hantise de la l&#233;g&#232;ret&#233;, 1913 &lt;br class='autobr' /&gt;
&#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;Mais je ne monte pas que des randonneuses, j'ai une bicyclette un peu plus confortable, &#233;quip&#233;e pour le tourisme, ma vieille cha&#238;ne flottante souvent d&#233;crite dans Le Cycliste, dont le cadre n'est pas plus lourd que celui de mes quatre randonneuses, mais qui a des garde-boue en bois, une selle B 10, large et forte, des pneus d&#233;montables de 650 x 35, &#224; toile apparente sur jantes bois et aluminium, comme ceux de C, un moyeu genre New Departure avec frein &#224;&#160;(&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="http://velotextes.fr/spip.php?rubrique65" rel="directory"&gt;L'&#233;curie de V&#233;locio&lt;/a&gt;

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&lt;a href="http://velotextes.fr/spip.php?mot161" rel="tag"&gt;Flottante de 1912&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;section class=&#034;sommaire-section sommaire-section_niveau1 sommaire-section_h3&#034; aria-labelledby=&#034;La-hantise-de-la-legerete-1913&#034;&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034; id='La-hantise-de-la-legerete-1913'&gt;La hantise de la l&#233;g&#232;ret&#233;, 1913&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;Mais je ne monte pas que des randonneuses, j'ai une bicyclette un peu plus confortable, &#233;quip&#233;e pour le tourisme, ma vieille cha&#238;ne flottante souvent d&#233;crite dans Le Cycliste, dont le cadre n'est pas plus lourd que celui de mes quatre randonneuses, mais qui a des garde-boue en bois, une selle B 10, large et forte, des pneus d&#233;montables de 650 x 35, &#224; toile apparente sur jantes bois et aluminium, comme ceux de C, un moyeu genre New Departure avec frein &#224; contrep&#233;dale, un frein sur jante avant, sacoche garnie, timbre, porte-lanterne, et rien de plus, ma foi, pas le moindre porte-bagage... ce qui ne l'emp&#234;che pas de peser sur la balance un peu plus de 15 kilos.&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;&lt;/p&gt;
&lt;/section&gt;&lt;section class=&#034;sommaire-section sommaire-section_niveau1 sommaire-section_h3&#034; aria-labelledby=&#034;COL-DU-ROUSSET-FORET-DE-LENTE-1919&#034;&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034; id='COL-DU-ROUSSET-FORET-DE-LENTE-1919'&gt;&lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;COL&lt;/span&gt; &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;DU&lt;/span&gt; &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;ROUSSET&lt;/span&gt; &#8211; &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;FOR&lt;/span&gt;&#202;T &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;DE&lt;/span&gt; &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;LENTE&lt;/span&gt;, 1919&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#8239;On cause en p&#233;dalant et l'on a toujours beaucoup de choses &#224; se raconter entre cyclotouristes. Incidents de routes, r&#233;gions explor&#233;es, bagages, pneumatiques, machines, etc. &#192; propos de machines, les n&#244;tres sont assez distinctes. Ch. monte une six vitesses par moyeu &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;BSA&lt;/span&gt; et deux cha&#238;nes, de 2 m&#232;tres &#224; 7&#8239;m.&#8239;60, bonne marque anglaise&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; L... ne dispose sur son l&#233;ger routier que des trois vitesses de son moyeu, 3&#8239;m.&#8239;30, 4&#8239;m.&#8239;40 et 5&#8239;m.&#8239;85&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; &#201;mile C .. est le plus polyx&#233; des quatre&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; sa poly est arm&#233;e d'un moyeu &#224; trois vitesses et d'un whippet &#224; trois pignons&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; il poss&#232;de donc une &#233;chelle de neuf d&#233;veloppements qui commence au-dessous de 2 m&#232;tres et finit au-dessus de 8 m&#232;tres&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; j'ai ma vieille flottante de 1912 &#224; trois vitesses, 3&#8239;m.&#8239;35, 4&#8239;m.&#8239;75 et 6 m&#232;tres sur cadre de course sur route et moyeu roue libre et frein &#224; contrep&#233;dale.&lt;br class='autobr' /&gt;
Ch. et L... ont des pneus tr&#232;s souples &#224; toile apparente. &#201;mile C... et moi nous sommes moins bien partag&#233;s sous ce rapport et aux moindres descentes faites en roue libre, nous sommes promptement distanc&#233;s par nos compagnons. Je roule pourtant un peu mieux, parce que de mes deux pneus l'un est tr&#232;s souple et l'autre semblable &#224; ceux de C.&#8239;. Nous avons tr&#232;s bien pu constater ainsi l'influence des pneus sur le roulement, dont tant de cyclistes se doutent encore si peu.&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;&lt;br class='autobr' /&gt;
V&#233;locio, &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#8239;Trois exp&#233;riences&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;, Le Cycliste, Juin-Juillet 1919, p. 69-74, Source Archives D&#233;partementales de la Loire, cote PER1328_13&lt;/p&gt;
&lt;/section&gt;&lt;section class=&#034;sommaire-section sommaire-section_niveau1 sommaire-section_h3&#034; aria-labelledby=&#034;LE-TOUR-DU-MEZENC-1919&#034;&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034; id='LE-TOUR-DU-MEZENC-1919'&gt;&lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;LE&lt;/span&gt; &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;TOUR&lt;/span&gt; &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;DU&lt;/span&gt; M&#201;&lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;ZENC&lt;/span&gt;, 1919&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#8239;Pour mon compte, sur ma vieille &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#8239;Flottante&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; de 1912, je disposais de 3,35&#8239;m, 4,75&#8239;m et 6,10&#8239;m, trois vitesses bien &#233;chelonn&#233;es, mais syst&#232;me de changement de vitesse trop lent &#224; c&#244;t&#233; de l'instantan&#233;it&#233; de la man&#339;uvre du &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;B.S.A.&lt;/span&gt; et trop incertain &#224; cause de l'&#233;tat du sol qui, souvent, m'obligea &#224; mettre pied &#224; terre pour replacer ma cha&#238;ne qu'un cahot soudain faisait sauter hors des &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#8239;doigts d'acier&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; qui la guident. Cela et le pneu de &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#8239;facteur&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; que j'avais &#224; ma roue avant firent que, toute la journ&#233;e, je fus une cause de moindre allure pour tout le groupe.&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;&lt;br class='autobr' /&gt;
V&#233;locio, &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#8239;Le tour du M&#233;zenc&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;, Le Cycliste, 1919, R&#233;trospective 1971, p.17-19&lt;/p&gt;
&lt;/section&gt;&lt;section class=&#034;sommaire-section sommaire-section_niveau1 sommaire-section_h3&#034; aria-labelledby=&#034;Randonnee-experimentales-1921&#034;&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034; id='Randonnee-experimentales-1921'&gt;Randonn&#233;e exp&#233;rimentales 1921&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;J'avais cette fois, pour &#233;pargner un peu ses pneumatiques si &#233;prouv&#233;s par mes deux randonn&#233;es pr&#233;c&#233;dentes, laiss&#233; &#224; l'&#233;curie ma randonneuse &#224; grand rendement et j'avais choisi ma flottante de 1912 dont les pneus moins souples mais moins fragiles sont &#224; l'&#233;preuve d'une baignade prolong&#233;e. Cette machine ne me donne que 3 vitesses par d&#233;placement &#224; la main&#160;: 3 m. 30, 4 m. 75 et 6 m. Elle a donc moins de confortable et moins de rendement tout &#224; la fois. Si j'avais d&#251; p&#233;daler de compagnie, je ne l'aurais pas prise, mais quand on voyage seul, on ne s'aper&#231;oit gu&#232;re du plus ou moins de rendement de son outil&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; on va &#224; l'allure qu'il permet, voil&#224; tout.&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;&lt;/p&gt;
&lt;/section&gt;&lt;section class=&#034;sommaire-section sommaire-section_niveau1 sommaire-section_h3&#034; aria-labelledby=&#034;Saint-Jean-la-Vetre-1922&#034;&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034; id='Saint-Jean-la-Vetre-1922'&gt;Saint-Jean la V&#234;tre 1922&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;j'ai choisi pour cette promenade ma bicyclette &#224; frein dans le moyeu, qui vit le jour en 1902, et que je polyxai de maintes fa&#231;ons jusqu'en 1912 o&#249; elle devint ma premi&#232;re flottante &#224; 3 vitesses, &#224; la condition qu'on l'habille de bons pneus souples, cette machine rend bien et peut tenir lieu de randonneuse, j'ai fait sur elle, avant la guerre, maintes belles &#233;tapes&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; mais elle n'a maintenant que des pneus tr&#232;s ordinaires et je ne la prends que lorsque je m'en vais, seul, reconna&#238;tre, comme aujourd'hui, quelques bouts de routes nouvelles et que rien ne me presse. Quand on monte des machines qui diff&#232;rent les unes des autres, il est important de savoir ce qu'on peut demander &#224; chacune d'elles, au point de vue de la vitesse de marche et de ne pas lui demander davantage d&#232;s le d&#233;but de l'&#233;tape.&lt;/p&gt;&lt;/section&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Le tour du M&#233;zenc (1919)</title>
		<link>http://velotextes.fr/spip.php?article206</link>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>velovi</dc:creator>


		<dc:subject>Paul de Vivie, dit V&#233;locio</dc:subject>
		<dc:subject>Entre 1918 et 1939</dc:subject>
		<dc:subject>Saint-Etienne</dc:subject>
		<dc:subject>Loire</dc:subject>
		<dc:subject>Flottante de 1912</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;&#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#8239;Ah&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! le temps n'est plus o&#249; les cycles qui venaient de loin prendre part &#224; nos excursions &#233;taient si mal outill&#233;s que la premi&#232;re venue de mes &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#8239;poly&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; suffisait &#224; leur d&#233;montrer, en les vannant compl&#232;tement avant la fin de la journ&#233;e, que de faibles muscles arm&#233;s de bons outils &#233;taient sup&#233;rieurs &#224; des muscles puissants mais mal arm&#233;s.&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;&lt;/p&gt;

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&lt;a href="http://velotextes.fr/spip.php?rubrique37" rel="directory"&gt;1914-1930 P&#233;riode meetings, exp&#233;riences et r&#233;miniscences&lt;/a&gt;

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&lt;a href="http://velotextes.fr/spip.php?mot1" rel="tag"&gt;Paul de Vivie, dit V&#233;locio&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://velotextes.fr/spip.php?mot12" rel="tag"&gt;Entre 1918 et 1939&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://velotextes.fr/spip.php?mot38" rel="tag"&gt;Saint-Etienne&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://velotextes.fr/spip.php?mot144" rel="tag"&gt;Loire&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://velotextes.fr/spip.php?mot161" rel="tag"&gt;Flottante de 1912&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Par Velocio, Le Cycliste 1919, reparu dans Le cycliste F&#233;vrier 1971, coll. pers.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une randonn&#233;e diff&#232;re d'une excursion en ceci qu'elle est men&#233;e rondement, sans le souci d'entrer dans les d&#233;tails des sites parcourus et qu'elle a simplement pour but de pr&#233;parer les programmes de futures excursions. La randonn&#233;e ressemble assez &#224; l'&#233;tape-transport qui va droit au but, au terme du voyage, comme si on y allait par le chemin de fer, l'automobile ou tout autre moyen de transport rapide&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; elle n'en diff&#232;re qu'en ce point qu'elle doit fournir au randonneur une succession de sites vari&#233;s qu'il se gravera dans la m&#233;moire. Si l'&#233;tape-transport est souvent monotone, parce que g&#233;n&#233;ralement effectu&#233;e sur des itin&#233;raires peu int&#233;ressants et maintes fois parcourus, la randonn&#233;e, elle, tient constamment l'esprit en &#233;veil&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; elle traverse toujours des r&#233;gions qui m&#233;ritent une inspection plus minutieuse et qu'on ne visite pas souvent parce qu'elles ne se trouvent pas align&#233;es le long des grandes voies de communication.&lt;br class='autobr' /&gt;
En tant que centre de cyclotourisme, notre ville de Saint-&#201;tienne nous offre de tr&#232;s beaux itin&#233;raires pour randonn&#233;es simplement dominicales, mais en offrira de plus beaux encore quand la semaine anglaise sera bien entr&#233;e dans les m&#339;urs.&lt;br class='autobr' /&gt;
En voici quelques-unes, devenues classiques &#224; notre &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#8239;&#201;cole st&#233;phanoise&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; : le tour du M&#233;zenc, le tour de Pierre-sur-Haute, le col du Rousset, celui des Echarmeaux, les monts de la Madeleine, Vichy, Clermont-Ferrand, les lacs d'Auvergne, le Velay, le Vivarais, les monts du Lyonnais... Nous n'avons que l'embarras du choix. Des randonneurs tels que Bussod et Thorsonnax &#8212; qui n'ont pas laiss&#233; de successeurs, dommage&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! &#8212; recul&#232;rent jusqu'au col du Lautaret, jusqu'&#224; Gen&#232;ve, jusqu'au col des Aravis, les bornes de nos randonn&#233;es simplement dominicales.&lt;br class='autobr' /&gt;
Nous avons choisi pour renouer, apr&#232;s les cinq terribles ann&#233;es de la guerre, le lien entre nos anciennes et futures randonn&#233;es, le Tour du M&#233;zenc entre l'Ard&#232;che et la Haute-Loire, relativement facile lorsqu'on n'y ajoute pas l'aller et le retour de M&#233;zillac &#224; Vals-les-Bains qui, sur ses quarante-cinq kilom&#232;tres, fait perdre et regagner environ huit cents m&#232;tres de d&#233;nivellation, lesquels, s'ajoutant aux trois mille m&#232;tres d'&#233;l&#233;vation du circuit, corsent singuli&#232;rement l'&#233;tape... Par ailleurs, la plupart de nos randonneurs venant &#224; peine d'&#234;tre d&#233;mobilis&#233;s, n'ont pas encore recouvr&#233; leur forme d'avant-guerre et nous ne pouvons pas songer aux grandes randonn&#233;es avant l'ann&#233;e prochaine.&lt;br class='autobr' /&gt;
Comme je l'expliquai dans &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#8239;Le M&#233;morial&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;, afin qu'on ne nous accus&#226;t pas de fuir les r&#233;jouissances patriotiques : &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#8239;Pour f&#234;ter la victoire et la paix chacun, le 14&#160;juillet, se r&#233;jouira &#224; sa mani&#232;re : les amis de la bouteille boiront quelques flacons de plus&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; ceux qui ne vivent que pour manger s'octroieront une bonne indigestion et les bouffis de vanit&#233; s'efforceront d'&#233;blouir le populaire par l'&#233;clat de leurs dorures toutes fra&#238;ches. C'est pourquoi nous irons, comme autrefois, respirer l'air pur des hautes altitudes...&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;&lt;br class='autobr' /&gt;
Ainsi nous nous trouv&#226;mes ce jour-l&#224;, &#224; 3 heures pr&#233;cises du matin, &#224; la Digonni&#232;re : un jeune Parisien, qui pourrait &#234;tre rang&#233; parmi les meilleurs randonneurs, montait une machine de course &#224; boyaux, munie simplement de l&#233;gers garde-boue, de deux freins et de six vitesses par moyeu &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;B.S.&lt;/span&gt;A., plus une &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#8239;cha&#238;ne flottante&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;. Une tr&#232;s bonne p&#233;dale aussi, originaire de la Charente, r&#233;sidant &#224; Saint-&#201;tienne depuis quelques ann&#233;es (l'&#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#8239;&#201;cole st&#233;phanoise&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; s'infuse de sang nouveau) avait une &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#8239;routi&#232;re&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; l&#233;g&#232;re, avec simplement 3,30 m, 4,30 m et 5,75 m de d&#233;veloppement de son&lt;br class='autobr' /&gt;
moyeu &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;B.S.A.&lt;/span&gt;&#233;galement. Pour mon compte, sur ma vieille &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#8239;Flottante&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; de 1912, je disposais de 3,35 m, 4,75 m et 6,10 m, trois vitesses bien &#233;chelonn&#233;es, mais syst&#232;me de changement de vitesse trop lent &#224; c&#244;t&#233; de l'instantan&#233;it&#233; de la man&#339;uvre du &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;B.S.A.&lt;/span&gt; et trop incertain &#224; cause de l'&#233;tat du sol qui, souvent, m'obligea &#224; mettre pied &#224; terre pour replacer ma cha&#238;ne qu'un cahot soudain faisait sauter hors des &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#8239;doigts d'acier&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; qui la guident. Cela et le pneu de &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#8239;facteur&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; que j'avais &#224; ma roue avant firent que, toute la journ&#233;e, je fus une cause de moindre allure pour tout le groupe. Ah&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! le temps n'est plus o&#249; les cycles oui venaient de loin prendre part &#224; nos excursions &#233;taient si mal outill&#233;s que la premi&#232;re venue de mes &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#8239;poly&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; suffisait &#224; leur d&#233;montrer, en les vannant compl&#232;tement avant la fin de la journ&#233;e, que de faibles muscles arm&#233;s de bons outils &#233;taient sup&#233;rieurs &#224; des muscles puissants mais mal arm&#233;s.&lt;br class='autobr' /&gt;
Pour en revenir &#224; notre randonn&#233;e, partis &#224; 3 heures pr&#233;cises, nous arrivons &#224; 5 heures, par Saint-Genest et Marlhes, &#224; Duni&#232;res, avec une ongl&#233;e carabin&#233;e, tant nous avions eu froid dans la descente. Il y a, sur cette route entre Marlhes et Duni&#232;res, un tron&#231;on d'environ deux kilom&#232;tres qui jamais, depuis trente ans que je le connais, n'a &#233;t&#233; si peu que ce soit entretenu. Ce bout de route n'appartient-il donc &#224; aucun d&#233;partement&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;? &#224; aucune commune&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;? Il ressemble actuellement &#224; un lit de torrent, d'&#233;normes cailloux, des bancs de sable l'obstruent et nous obligent &#224; mettre pied &#224; terre. J'y fausse m&#234;me ma roue directrice, que nous devons r&#233;parer &#224; Duni&#232;res. Le reste de la route, avant et apr&#232;s, est tr&#232;s convenable, et l'on est d'autant plus d&#233;sagr&#233;ablement surpris quand on arrive &#224; grande allure dans ces orni&#232;res.&lt;br class='autobr' /&gt;
De Duni&#232;res &#224; Montfaucon, tr&#232;s joli paysage matinal, avec brume dans les bas-fonds, pr&#233;sage de beau temps&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; route tr&#232;s bonne aussi. De Montfaucon &#224; Tence, route meilleure encore, &#233;troite, plus jolie, avec des &#233;chapp&#233;es lointaines. Notre jeune Parisien en est enchant&#233;, et les pr&#233;s fleuris qu'arrose la Seine lui semblent bien plats &#224; c&#244;t&#233; de nos montagnes (1). L'air vif lui a ouvert l'app&#233;tit et il parle d&#233;j&#224; de d&#233;jeuner&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; mais ni &#224; Monfaucon, ni &#224; Tence, les caf&#233;s ne sont ouverts. Au Mazet-Saint-Voy, c'est tout juste, et nous essuyons d'abord un refus. Heureusement qu'une bonne dame compatit &#224; notre d&#233;tresse et nous indique un autre h&#244;tel o&#249;, mieux accueillis, nous obtenons caf&#233; au lait, miel, beurre. Ainsi restaur&#233;s, nous sommes vite &#224; Fay-le-Froid. Le vent s'est lev&#233; et nous est favorable, le sol n'est pas trop mauvais et nous sommes ainsi aux Estables &#224; 9 heures.&lt;br class='autobr' /&gt;
Ces premiers quatre-vingt-dix kilom&#232;tres ont &#233;t&#233; n&#233;goci&#233;s en six heures, arr&#234;ts compris. Je ne les avais jamais faits aussi vite. Le trajet des Estables au Gerbier-de-Jonc est le clou de cette randonn&#233;e. Apr&#232;s les Baraques, o&#249; notre route croise celle de Saint-Agr&#232;ve au Puy, le paysage a pris un caract&#232;re plus aust&#232;re : on entre, cela se sent, dans une r&#233;gion moins fertile, les bois disparaissent, les champs sont parsem&#233;s de blocs de rocher qui semblent autant d'&#233;clats d'un gigantesque obus sorti d'un immense &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#8239;crapouillot&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; volcanique. Et, certes, c'est bien ainsi qu'ils furent projet&#233;s, il y a des milliers et des milliers d'ann&#233;es, du sein de la terre. Jusqu'aux Estables, nous ne verrons plus que des prairies &#233;maill&#233;es de fleurs qui ondoient sous les caresses un peu brutales d'un vent du nord d&#233;sagr&#233;able.&lt;br class='autobr' /&gt;
En m&#234;me temps que nous, arrivait aux Estables un groupe familial de quatre cyclotouristes venant du Puy, les seuls que nous rencontr&#226;mes au cours de cette randonn&#233;e. &#192; peine a-t-on fait quelques kilom&#232;tres sur la route du Gerbier, que l'impression triste, qu'on a depuis les Baraques, dispara&#238;t. &#192; notre droite, un frais vallon bois&#233; se creuse, d'o&#249; s'&#233;chappe un gros ruisseau qui fuit dans une gorge de plus en plus profonde. L&#224; fut fond&#233;e, je ne sais &#224; quelle &#233;poque, une chartreuse qui en vit de cruelles au temps des guerres de religion. Les huguenots s'en empar&#232;rent par surprise, en ao&#251;t 1569, et assassin&#232;rent quelques religieux, mais bient&#244;t, surpris &#224; leur tour par les catholiques, ils furent massacr&#233;s jusqu'au dernier et jet&#233;s p&#234;le-m&#234;le dans un grand trou encore appel&#233; aujourd'hui &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#8239;lou traou dos higonaous&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;. Nous avons vu tout cela d'un peu haut, d'un peu loin, d'un peu vite, mais ce site m&#233;rite de devenir le but d'une excursion.&lt;br class='autobr' /&gt;
Nous entrons sous bois, des bois d&#233;licieux, d'un vert tendre tr&#232;s agr&#233;able aux yeux. Le sol est roulant, l'ombre &#233;paisse, le vent semble apais&#233; et nous cheminons en file indienne, sans effort, bien que la mont&#233;e soit assez sensible sur nos petits d&#233;veloppements. Soudain, devant nous, la route se d&#233;robe&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; la vue, born&#233;e tout &#224; l'heure par des bois et des prairies, se perd dans le vide&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; il nous semble que nous allons, en avan&#231;ant, plonger dans l'infini. On &#233;prouve vraiment une sensation bizarre, qui n'est pas loin du vertige, en arrivant &#224; l'improviste sur le bord de l'immense d&#233;pression qu'a creus&#233;e, au pied du rocher des Pradoux, quelque puissante secousse volcanique. La route tourne brusquement &#224; droite et fait le tour de cette d&#233;pression&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; une ferme est l&#224; qui doit, en hiver, se trouver bien isol&#233;e. Le site est trop remarquable pour que notre Parisien n&#233;glige de le photographier, et nous servirons, le coll&#232;gue st&#233;phanois et moi, de premier plan.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le Gerbier-de-Jonc, dont nous avons d&#233;j&#224; aper&#231;u la pointe, se rapproche &#224; vue d'&#339;il, et nous mettons bient&#244;t pied &#224; terre devant la source de la Loire, qui attend toujours le monument qu'on doit y &#233;riger depuis bien longtemps. Le chalet du syndicat d'initiative est ferm&#233; et plus d&#233;labr&#233; que jamais&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; durant la guerre, il a servi &#224; loger des prisonniers allemands qui, entre autres travaux, ont proc&#233;d&#233; &#224; la r&#233;fection des routes environnantes, tr&#232;s bonnes aujourd'hui, si on les compare &#224; ce qu'elles &#233;taient autrefois, celle surtout du Gerbier &#224; M&#233;zilhac. Le vent est froid comme glace et, pendant que mes compagnons font l'ascension du Gerbier, je me prom&#232;ne, peu v&#234;tu, autour du chalet, et j'y attrape un bon rhume. &#192; la ferme de la Loire, o&#249; nous aurions volontiers bu et mang&#233; quelque chose de chaud, on nous refuse nettement quoi que ce soit. Ces gens-l&#224; sont, peu hospitaliers&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; la dure existence qu'ils m&#232;nent, l&#224;-haut, est leur excuse, mais notez bien que leur isolement ne les emp&#234;che pas de conna&#238;tre exactement les prix du beurre, des &#339;ufs et du reste&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;!... Pourtant, comme le petit d&#233;jeuner du Mazet est d&#233;j&#224; loin, nous nous installons sur un banc install&#233; par le &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#8239;Touring-Club de France&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;, &#224; l'abri du vent, et nous attaquons les provisions tir&#233;es des sacs.&lt;br class='autobr' /&gt;
Apr&#232;s une bonne heure pass&#233;e ainsi, nous filons sur M&#233;zilhac et nous e&#251;mes, pendant ces dix-huit &#224; vingt kilom&#232;tres, deux pneus &#224; r&#233;parer, seuls accidents de route de la journ&#233;e. Nous ne voulions, &#224; M&#233;zilhac, que prendre une omelette et du caf&#233;, mais on nous servit un repas complet, devant lequel nous ne recul&#226;mes pas. Rien ne fut d&#233;daign&#233; : hors-d'&#339;uvre, omelette, pommes de terre, truite, dessert. Notre Parisien d&#233;vorait tout, surtout le beurre, avec son bel app&#233;tit de vingt ans&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; notre St&#233;phanois ne boudait pas &#224; la besogne&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; je suivais de mon mieux, &#224; table comme sur la route.&lt;br class='autobr' /&gt;
On s'attarda &#224; parler cyclotechnie et cyclotourisme et je fus seul &#224; soutenir la cause de la monoserve (le pignon fixe) &#224; laquelle, pendant la guerre, je me suis r&#233;habitu&#233;, et qui me parait avoir, en tant que machine d'entra&#238;nement, de r&#233;els avantages. Elle apprend en effet &#224; tourner vite et &#224; appuyer fort&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; elle combat ainsi la paresse naturelle &#224; l'homme que la poly favorise au contraire, en nous invitant &#224; pousser les manettes du changement de vitesse d&#232;s que la p&#233;dale devient un peu dure ou un peu fuyante. Avec la monoserve, n'e&#251;t-on que le faible d&#233;veloppement de 4,50 m &#8212; celui que j'ai sur mon &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#8239;Ouragan&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; de 1891 &#8212; quand la rampe s'accentue et passe de 5 &#224; 7, 8 voire 9&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;%, il n'y a pas &#224; dire, il faut augmenter l'effort, il faut en mettre sur la p&#233;dale pour avancer, et la force des muscles cyclomoteurs est ainsi entretenue. Quand, d'autre part, on a devant soi une pente douce ou derri&#232;re soi un bon vent favorable, ou quand la machine tend &#224; s'emballer aux fortes descentes, il ne s'agit pas de l&#226;cher les p&#233;dales, mais de tourner &#224; 80, 100, 120, 140 tours/minute, et l'on entretient ainsi la souplesse du moteur humain. Et depuis que je m'entra&#238;ne sur cette monoserve jusqu'&#224; faire des excursions de deux cents kilom&#232;tres dans la journ&#233;e, j'ai constat&#233; une notable augmentation de ma vitesse de jambes. J'ai constat&#233; aussi que, sur les mauvaises routes, je puis plus ais&#233;ment, en roue serve, entretenir une allure un peu vive, car l'&#233;lan de la machine, me relevant forc&#233;ment les jambes, m'emp&#234;che de sentir autant les chocs en m'obligeant &#224; p&#233;daler, alors qu'en roue libre, je serais tent&#233; de rester immobile sur les p&#233;dales pour franchir un mauvais passage.&lt;br class='autobr' /&gt;
J'ai eu maintes fois l'occasion de comparer roue libre et roue serve au cours de mes fr&#233;quents voyages de Saint-&#201;tienne &#224; Lyon et retour et, sur cette route d&#233;testable entre toutes, sillonn&#233;e comme elle l'est sans cesse par les autos et les camions, je ne vais pas moins vite, d'un bout &#224; l'autre, en monoserve qu'en poly libre et, sur certains tron&#231;ons (les plus mauvais) je vais plus vite en monoserve, tandis que, sur certains autres (les meilleurs) je vais plus vite en poly libre. Mais un point sur lequel il ne saurait y avoir la moindre discussion, c'est que la bicyclette destin&#233;e au cyclotourisme ne saurait &#234;tre comprise autrement qu'&#224; roue libre et &#224; plusieurs vitesses (au moins trois : 3, 4,50 et 6 m de d&#233;veloppement). L'id&#233;al, pour mon compte, serait que la moyenne, de pr&#233;f&#233;rence, soit en roue serve. Nous e&#251;mes cela autrefois, &#224; l'&#233;poque de transition qui pr&#233;c&#233;da le triomphe complet et d&#233;finitif de la roue libre. Un moyeu anglais &#224; deux vitesses &#8212; le &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#8239;Fagan&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;, si j'ai bonne m&#233;moire &#8212; nous &#233;tait offert avec roue libre au grand d&#233;veloppement en prise directe, roue serve au petit et roue folle entre les deux. &#192; la place de cette derni&#232;re &#8212; qui n'&#233;tait que dangereuse &#8212; nous adaptions &#224; ce moyeu, par une seconde cha&#238;ne, un troisi&#232;me pignon plus petit que les deux autres et sur roue libre&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; le petit d&#233;veloppement du moyeu devenait donc la moyenne vitesse, et nous avions exactement ce que je r&#233;clame aujourd'hui. Mais nous ne connaissions pas alors notre bonheur &#8212; comme souvent &#8212; et la roue serve semblait de plus en plus une h&#233;r&#233;sie, un vestige des temps barbares. &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#8239;Roue libre partout&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; &#233;tait devenue la formule, comme l'avait &#233;t&#233;, quinze ans auparavant, la formule &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#8239;billes partout&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;. Pas plus l'une que l'autre, ces formules ne sont des v&#233;rit&#233;s absolues.&lt;br class='autobr' /&gt;
Cependant quand, en 1915, je m'avisai de retirer de mon mus&#233;e des antiques mon &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#8239;Ouragan&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; de 1891, j'&#233;tais bien loin de croire que la roue serve avait toutes les qualit&#233;s que je lui ai d&#233;couvertes depuis&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; je lui demandais simplement de me permettre, en hiver, de m'&#233;chauffer un peu en redescendant des Grands-Bois &#224; Saint-&#201;tienne o&#249;, en&lt;br class='autobr' /&gt;
roue libre, j'arrivais toujours transi de froid. Peu &#224; peu, par une pratique soutenue et des essais comparatifs, j'ai d&#233;couvert dans cette r&#233;pudi&#233;e, des qualit&#233;s que je ne veux ni d&#233;daigner ni surestimer, mais qui font que mon &#233;curie renfermera, toujours, une bicyclette &#224; roue serve.&lt;br class='autobr' /&gt;
Ainsi ai-je fait pour le tandem, cet autre m&#233;connu, et ferai-je pour le tricycle, cet incompris. C'est en proc&#233;dant &#224; des comparaisons incessantes sur le terrain, &#224; des exp&#233;riences qui semblent parfois incoh&#233;rentes et conduites &#224; tort et &#224; travers, que l'on parvient &#224; une conception plus juste des c&#244;t&#233;s forts et des c&#244;t&#233;s faibles de chaque chose.&lt;br class='autobr' /&gt;
Cette longue discussion nous d&#233;montre combien les heures passent vite quand on se met &#224; discuter entre cycles autour d'une tasse de bon caf&#233; apr&#232;s un excellent repas&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; c'est pourquoi nous ne quitt&#226;mes M&#233;zilhac qu'&#224; 14 heures, en m&#234;me temps qu'un automobiliste qui semblait attendre &#224; la porte que nous nous mettions en route pour d&#233;marrer lui-m&#234;me, et qui nous pr&#233;c&#233;da de peu jusqu'au Cheylard. Une heure pour descendre au Cheylard (22 km), deux heures pour remonter &#224; Saint-Agr&#232;ve (25 km) et nous nous retrouvons &#224; table dans un petit caf&#233; de cette bourgade que peu d'ann&#233;es ont suffi pour mettre &#224; la mode et pour transformer en v&#233;ritable station estivale mondaine. Au cours de la longue mont&#233;e coup&#233;e de quelques paliers, mes compagnons se sont r&#233;ciproquement t&#226;t&#233;s, et ils en ont mis &#224; qui mieux mieux, le St&#233;phanois se montrant sup&#233;rieur quand la rampe s'accentuait, alors que le Parisien gagnait du terrain sur le plat, r&#233;sultat facile &#224; concevoir, puisque l'un &#233;tait plus habitu&#233; &#224; la montagne et l'autre mieux pr&#233;par&#233; et mieux arm&#233; aussi pour la vitesse en palier.&lt;br class='autobr' /&gt;
Un peu d'&#233;mulation entre randonneurs &#224; la fin de l'&#233;tape n'est pas pour me d&#233;plaire, bien que mon &#226;ge, toujours de beaucoup sup&#233;rieur &#224; celui de mes compagnons de route, ne m'ait jamais permis de prendre part &#224; ces joutes courtoises. C'est pourquoi, en sortant de Saint-Agr&#232;ve, je les invitai &#224; prendre les devants et &#224; me laisser finir seul et &#224; l'allure convenable pour rentrer avant la nuit, la fin du parcours jusqu'aux Grands-Bois.&lt;br class='autobr' /&gt;
J'aime beaucoup, quand rien ne me presse, terminer en promenade de pur agr&#233;ment une randonn&#233;e au cours de laquelle je ne me suis pas m&#233;nag&#233; afin de ne pas trop voir baisser l'allure g&#233;n&#233;rale. Les heures vesp&#233;rales sont fra&#238;ches et reposantes pour l'&#233;piderme surchauff&#233; par l'exercice et le soleil. C'est &#224; ces moments-l&#224;, alors qu'une sorte de volupt&#233; subtile se glisse dans mes veines, que je plains sinc&#232;rement les pauvres gens qui, ne s'&#233;tant pas fatigu&#233;s, n'appr&#233;cient pas la douceur du repos, qui, n'ayant pas eu chaud dans le milieu du jour, qui, n'ayant pas connu la faim, la soif, le sommeil qu'engendr&#233; le travail ou l'effort sportif p&#233;nible et soutenu, ne conna&#238;tront jamais l'exquise sensation de bien-&#234;tre que la satisfaction de ces besoins nous procure.&lt;br class='autobr' /&gt;
Mes compagnons partirent donc et furent bient&#244;t hors de vue&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; mais pour diff&#233;rents motifs, ils durent s'arr&#234;ter &#224; plusieurs reprises et, somme toute, nous ne f&#251;mes jamais &#224; plus d'un kilom&#232;tre les uns des autres&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; nous arriv&#226;mes ensemble &#224; l'H&#244;tel du Grand-Bois, exactement &#224; l'heure fix&#233;e. D'avoir eu, le matin, tant de beaux spectacles constamment sous les yeux, nuisit certainement &#224; ceux qui, de M&#233;zilhac &#224; Saint-Agr&#232;ve et de Saint-Agr&#232;ve au Grand-Bois, se d&#233;roul&#232;rent devant nous. Cependant, il faut rendre justice &#224; cette magnifique haute vall&#233;e de l'Eyrieux, qui n'a pas vol&#233; sa r&#233;putation, et que couronne si dignement le belv&#233;d&#232;re de Saint-Agr&#232;ve, d'o&#249; nous avons contempl&#233;, dans toute son &#233;tendue, le massif du M&#233;zenc, que notre itin&#233;raire contournait en une vaste ellipse de deux cent quarante kilom&#232;tres.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le plateau qui, par Devesset, s'&#233;tend jusqu'&#224; Saint-Bonnet-le-Froid, domine, tant &#224; droite qu'&#224; gauche, de vastes &#233;tendues&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; un de mes anciens compagnons de grandes balades que les vicissitudes de l'existence ont, apr&#232;s la guerre, amen&#233; &#224; pr&#233;f&#233;rer l'Afrique &#224; l'Europe, Oran &#224; Saint-&#201;tienne, ne manquait jamais, quand nous passions ensemble sur ce plateau, de me montrer, &#224; l'horizon, ou le mont Blanc ou Roche-courbe, ou je ne sais quels autres sommets, que je ne pouvais naturellement pas apercevoir &#224; cause de ma myopie. Mais il les voyait et cela me suffisait et cela me suffit encore aujourd'hui pour dire qu'il vaut mieux revenir de Saint-Agr&#232;ve par notre chemin que par Le Chambon-de-Tence, dont la route est pourtant jolie et offre, &#231;a et l&#224;, des sous-bois, des &#233;chapp&#233;es dans la vall&#233;e du Lignon, qui ne sont pas sans charme. En r&#233;alit&#233;, tous les environs de Saint-&#201;tienne sont int&#233;ressants et retiennent l'attention des cyclotouristes qui les d&#233;couvrent. L'Ard&#232;che, la Haute-Loire, l'Is&#232;re et le Puy-de-D&#244;me mettent &#224; la port&#233;e de nos randonn&#233;es dominicales les plus beaux circuits de montagne qu'on puisse souhaiter, abstraction faite des Alpes et des Pyr&#233;n&#233;es, et les autres limitrophes : Rh&#244;ne, Sa&#244;ne-et-Loire, Allier, nous offrent, dans les m&#233;andres de leurs collines, des vall&#233;es, d&#233;licieuses o&#249; le sol, en g&#233;n&#233;ral tr&#232;s bon, invite aux grandes allures. Nous sommes donc tr&#232;s bien partag&#233;s et nous aurions tort de n&#233;gliger le cyclotourisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;VELOCIO&lt;/span&gt; (1919)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>La hantise de la l&#233;g&#232;ret&#233; (1913)</title>
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		<dc:date>2022-08-17T10:51:41Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>velovi</dc:creator>


		<dc:subject>Paul de Vivie, dit V&#233;locio</dc:subject>
		<dc:subject>Flottante de 1912</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;&#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#8239;Vous voyez o&#249; l'on va en fait de poids global, m&#234;me en partant de la bicyclette de 9 kilos, qui me semble peu r&#233;ductible pour la route.&lt;br class='autobr' /&gt;
Mais je ne monte pas que des randonneuses, j'ai une bicyclette un peu plus confortable, &#233;quip&#233;e pour le tourisme, ma vieille cha&#238;ne flottante souvent d&#233;crite dans Le Cycliste, dont le cadre n'est pas plus lourd que celui de mes quatre randonneuses, mais qui a des garde-boue en bois, une selle B 10, large et forte, des pneus d&#233;montables de 650 x 35, &#224; toile apparente sur jantes bois et aluminium, comme ceux de C, un moyeu genre New Departure avec frein &#224; contrep&#233;dale, un frein sur jante avant, sacoche garnie, timbre, porte-lanterne, et rien de plus, ma foi, pas le moindre porte-bagage... ce qui ne l'emp&#234;che pas de peser sur la balance un peu plus de 15 kilos&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;&lt;/p&gt;

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&lt;a href="http://velotextes.fr/spip.php?rubrique65" rel="directory"&gt;L'&#233;curie de V&#233;locio&lt;/a&gt;

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&lt;a href="http://velotextes.fr/spip.php?mot1" rel="tag"&gt;Paul de Vivie, dit V&#233;locio&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://velotextes.fr/spip.php?mot161" rel="tag"&gt;Flottante de 1912&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;Par Paul de Vivie, alias V&#233;locio, Le cycliste, Avril 1913, p.76-77, Source archives d&#233;partementales de la Loire, cote PER1328_12&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un assez grand nombre de lecteurs du Cycliste paraissent en &#234;tre afflig&#233;s. Peut-&#234;tre bien en suis-je quelque peu responsable pour avoir trop souvent, en ces derni&#232;res ann&#233;es, pouss&#233; le cri de guerre&#160;: Le poids c'est l'ennemi.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le corollaire s'imposait de la l&#233;g&#232;ret&#233; &#224; tout prix. Mais, en ceci comme en tout, qui veut la fin doit accepter les moyens, et il faut se bien p&#233;n&#233;trer de cette v&#233;rit&#233; que la l&#233;g&#232;ret&#233; dans une bicyclette se paie forc&#233;ment par l'abandon de certaines autres qualit&#233;s.&lt;br class='autobr' /&gt;
Il serait par exemple tout &#224; fait illogique de dire&#160;: je veux que ma bicyclette ne p&#232;se pas plus de 12 kilos, et pourtant qu'elle ait les deux bons freins, les garde-boue, la selle et Les pneus &#224; talons de mon carrosse de gala., et surtout qu'elle n'ait pas moins de 6 vitesses en marche et le double guidon auquel je suis habitu&#233;, sans oublier les cale-pieds, la large bavette au garde-boue avant et le prolongement du garde-boue, en avant de la t&#234;te de fourche&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;!&lt;br class='autobr' /&gt;
Je ne contest&#233; pas que toutes ces exigences soient tr&#232;s raisonnables, mais elles ne s'accordent plus avec l'exigence premi&#232;re et principale de la l&#233;g&#232;ret&#233;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Peut-&#234;tre convient-il, afin qu'on ne s'attarde pas trop dans une voie sans issue, de dire ce qu'on peut et ce qu'on ne peut pas demander &#224; une bicyclette l&#233;g&#232;re.&lt;br class='autobr' /&gt;
Rien n'est si convaincant que les faits, et comme je suis entour&#233; de polycyclettes de tous poids, depuis 10 kilos jusqu'&#224; 21 kilos, je vais en faire passer quelques-unes parmi les l&#233;g&#232;res, sous les yeux des lecteurs.&lt;br class='autobr' /&gt;
Les cadres de mes randonneuses sont de diff&#233;rentes marques et p&#232;sent tous, &#224; 100 grammes pr&#232;s, le m&#234;me poids&#160;: 4.600 grammes&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; l&#224; dedans sont compris la fourche de direction mont&#233;e, le p&#233;dalier complet avec pignons 48 dents, manivelles de 17 centim&#232;tres et p&#233;dale &#224; scie, mais sans le guidon ni la tige de selle Ces cadres sont tous bras&#233;s et &#224; raccords visibles, courts &#224; l'arri&#232;re avec ponts cependant pour roues de 65 centim&#232;tres, et leur hauteur varie de 53 &#224; 55 centim&#232;tres&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; un seul d'entre eux est &#224; soudure autog&#232;ne et p&#232;se 100 grammes de moins. A tort ou &#224; raison, les cadres soud&#233;s &#224; l'autog&#232;ne et m&#234;me les cadres &#224; raccords invisibles, &#224; moins qu'ils ne portent la marque d'un constructeur de premier ordre, ne m'inspirent pas autant de confiance que les cadres bras&#233;s &#224; raccords ext&#233;rieurs. La paire de roues &#224; jantes bois, bords plats, boyaux recouverts de 650 x 28, avec roue libre de 16 dents, p&#232;se 2,900 grammes&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; la cha&#238;ne 400 grammes&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; le guidon simple, sans poign&#233;e, avec expandeur, la tige de selle et une selle, de course font ensemble 1.400 grammes, total 9.300 grammes pour la machine pr&#234;te &#224; rouler, &#233;quip&#233;e en monolibre sans frein. Or, ma randonneuse la plus simple a cependant deux vitesses par cha&#238;ne flottante, et le plus l&#233;ger frein &#224; tenaille sur roue avant que j'ai pu trouver et qui p&#232;se 400 grammes, si bien qu'elle p&#232;se compl&#232;te et telle que je m'en sers, 10 kilos bien ronds, et elle n'a ni garde-boue ni sacoche, ni avertisseur, ni perte-lanterne, bref, elle est nue autant que peut l'&#234;tre une polycyclette de randonneur. On m'a dit que sur le poids des boyaux je pourrais gagner 200 grammes en prenant des 26 millim&#232;tres demi-recouverts.&lt;br class='autobr' /&gt;
Je ne demande pas mieux que de m'all&#233;ger sous d'autres rapports, mais qu'on m'en donne le moyen.&lt;br class='autobr' /&gt;
Si l'on devait s'en servir en monoserve, cette m&#234;me bicyclette, pourrait apparemment ne peser que 9 kilos.&lt;br class='autobr' /&gt;
Une autre de mes randonneuses p&#232;se au total 11 kilos&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;;'elle diff&#232;re de la premi&#232;re en ce qu'elle a des roues de 70 centim&#232;tres, des boyaux &#224; toile apparente de 32 millim&#232;tres et un frein sur jante arri&#232;re gu&#232;re plus lourd que le pr&#233;c&#233;dent&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; mais elle a 3 vitesses par cha&#238;ne flottante. &#201;quip&#233;e en monolibre, elle fait 9 kg. 600 au lieu de 9 kg. 300 comme la pr&#233;c&#233;dente, que nous appellerons A, tandis que nous nommerons B cette deuxi&#232;me machine.&lt;br class='autobr' /&gt;
Une troisi&#232;me randonneuse C, a le cadre, le guidon, la selle de la machine A, dont elle diff&#232;re que par les jantes et les pneus, qui sont des d&#233;montables &#224; tringle, toile apparent&#233;e de 650 x 35, sur jantes bois et aluminium &#224; bords plats&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; elle a aussi 3 vitesses par cha&#238;ne au lieu de deux. De plus, les moyeux l&#233;gers sont remplac&#233;s par des moyeux &#224; roulement annulaires et &#224; broche permettant le retour ment rapide de la roue motrice qui porte &#224; gauche une deuxi&#232;me roue libre de 20 dents par quoi l'on obtient en retournant le deuxi&#232;me jeu de 3 vitesses. Cette randonneuse p&#232;se au total 12 kg. 260. Dans ce poids les roues comptent pour 4 kg. 650, le doigt d'acier pour 100 grammes et le cadre, avec selle, guidon, tige de selle, cha&#238;ne, poign&#233;es, frein sur jante avant, p&#233;dales, trois pignons au p&#233;dalier, d&#233;crocheur et guide cha&#238;ne pour 7 kg. 510. Voil&#224; des faits pr&#233;cis, des poids r&#233;els pris sur la balance.&lt;br class='autobr' /&gt; Ma quatri&#232;me randonneuse D ne diff&#232;re de A et de G que par ses roues et son changement de vitesse et p&#232;se 11 kg. 600. Elle a des boyaux de 650 x 28, &#224; toile apparente, au lieu des boyaux enti&#232;rement recouverts de A, mais elle a, &#224; gauche&#160;: trois roues dent&#233;es mont&#233;es sur manivelle &#224; embrayage au pied de la Gauloise, une cha&#238;ne, une roue libre de 16 dents et un doigt d'acier&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; &#224; droite&#160;: une roue dent&#233;e, une cha&#238;ne et une roue libre &#224; frein int&#233;rieur &#224; contrep&#233;dale (la machine n'a d'ailleurs pas d'autre frein). Cela fait au total quatre vitesses en marche&#160;: 7 m&#232;tres, 5m,20, 4 m&#232;tres &#224; gauche et 2m,90 &#224; droite.&lt;br class='autobr' /&gt;
Les moyeux &#224; roulements, annulaires et &#224; broche de C p&#232;sent, sans pignon, 760 grammes la paire, alors que les moyeux de A, de B et de D ne p&#232;sent, &#233;galement sans pignon, que 390 grammes la paire&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; cela explique un peu le poids de la paire de roues de C, 4 kg. 650. Mais si nous en d&#233;duisons ces 370 grammes de moyeu, et les 200 grammes de la deuxi&#232;me roue libre, cette paire de roues n'en est pas moins plus lourde, &#224; cause de ses jantes et pneus, auxquels seuls on peut imputer la diff&#233;rence entre 4.650 &#8212; 370 grammes &#8212; 200 grammes = 4.080 grammes, et les 2.900 grammes de A, soit 1.180 grammes.&lt;br class='autobr' /&gt;
Il n'est pas t&#233;m&#233;raire d'affirmer que la cha&#238;ne flottante est le plus l&#233;ger de tous les changements d&#233; vitesse en marche&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; donc, quel que soit le syst&#232;me donnant six vitesses ou deux jeux de trois vitesses en marche que nous lui substituerons, nous augmenterons le poids&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; des garde-boue l'augmenteront aussi&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; entre la selle de course de ces randonneuses et une bonne selle de touriste il y aurait 500 ou 600 grammes d'augmentation qu'il n'en faudrait pas &#234;tre &#233;tonn&#233;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; un deuxi&#232;me frein, c'est encore de 400 &#224; 500 grammes qu'on ajoute&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; des calepieds, cela n'est pas une plume&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; un guidon &#224; grande envergure et &#224; long plongeur p&#232;se 300 grammes de plus. Que le guidon droit tr&#232;s simple de mes quatre randonneuses, etc. etc.&lt;br class='autobr' /&gt;
Vous voyez o&#249; l'on va en fait de poids global, m&#234;me en partant de la bicyclette de 9 kilos, qui me semble peu r&#233;ductible pour la route.&lt;br class='autobr' /&gt;
Mais je ne monte pas que des randonneuses, j'ai une bicyclette un peu plus confortable, &#233;quip&#233;e pour le tourisme, ma vieille cha&#238;ne flottante souvent d&#233;crite dans Le Cycliste, dont le cadre n'est pas plus lourd que celui de mes quatre randonneuses, mais qui a des garde-boue en bois, une selle B 10, large et forte, des pneus d&#233;montables de 650 x 35, &#224; toile apparente sur jantes bois et aluminium, comme ceux de C, un moyeu genre New Departure avec frein &#224; contrep&#233;dale, un frein sur jante avant, sacoche garnie, timbre, porte-lanterne, et rien de plus, ma foi, pas le moindre porte-bagage... ce qui ne l'emp&#234;che pas de peser sur la balance un peu plus de 15 kilos.&lt;br class='autobr' /&gt;
Et maintenant, m&#233;ditez et concluez, vous tous qui avez la hantise de la l&#233;g&#232;ret&#233; &#224; outrance.&lt;br class='autobr' /&gt;
V&#201;&lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;LOCIO&lt;/span&gt;. .&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Randonn&#233;es exp&#233;rimentales (2de partie Vercors - 1921)</title>
		<link>http://velotextes.fr/spip.php?article504</link>
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		<dc:date>2022-08-04T08:12:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>velovi</dc:creator>


		<dc:subject>Paul de Vivie, dit V&#233;locio</dc:subject>
		<dc:subject>Entre 1918 et 1939</dc:subject>
		<dc:subject>polymultipli&#233;e</dc:subject>
		<dc:subject>Alpes</dc:subject>
		<dc:subject>Col de Rousset</dc:subject>
		<dc:subject>Flottante de 1912</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;&#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;Je ne me pressai donc pas et je ne quittai le Refuge qu'&#224; 14 heure, apr&#232;s avoir eu le tort de boire une bouteille de clairette, boisson toujours d&#233;licieuse, mais qui, ce jour-l&#224;, me laissa jusqu'au soir alt&#233;r&#233; et la bouche p&#226;teuse. La clairette de Die serait-elle par hasard un de ces faux plaisirs contre lesquels nous met en garde &#201;picure&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;?&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;&lt;/p&gt;

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&lt;a href="http://velotextes.fr/spip.php?rubrique37" rel="directory"&gt;1914-1930 P&#233;riode meetings, exp&#233;riences et r&#233;miniscences&lt;/a&gt;

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&lt;a href="http://velotextes.fr/spip.php?mot1" rel="tag"&gt;Paul de Vivie, dit V&#233;locio&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://velotextes.fr/spip.php?mot12" rel="tag"&gt;Entre 1918 et 1939&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://velotextes.fr/spip.php?mot23" rel="tag"&gt;polymultipli&#233;e&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://velotextes.fr/spip.php?mot41" rel="tag"&gt;Alpes&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://velotextes.fr/spip.php?mot85" rel="tag"&gt;Col de Rousset&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://velotextes.fr/spip.php?mot161" rel="tag"&gt;Flottante de 1912&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;Par Paul de Vivie, alias V&#233;locio, Le Cycliste, Septembre 1921, source Archives d&#233;partementales de la Loire, &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;IJ&lt;/span&gt;/871/3&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La deuxi&#232;me exp&#233;rience fut une &#233;preuve d'endurance tout court. N'ayant pu, le 19&#160;juin, faire le grand tour du Dauphin&#233; (le mauvais temps nous avait arr&#234;t&#233;s &#224; La Grave), je tenais &#224; savoir jusqu'&#224; quel point j'&#233;tais en &#233;tat de r&#233;sister &#224; la fatigue d'une longue &#233;tape men&#233;e un peu vite. C'est ce que j'appelle ouvrir sur l'organisme une fen&#234;tre par laquelle on voit si tout va bien encore ou s'il y a dans le Danemark quelque chose qui commence &#224; pourrir. Et je ne suis pas le seul &#224; agir ainsi, car j'ai lu r&#233;cemment dans l'Auto qu'un sportif dans sa 70&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; ann&#233;e n'h&#233;sitait pas &#224; tenter des prouesses qui me mettraient d'ailleurs sur le flanc, &#224; courir, par exemple, 100 m&#232;tres en 18 secondes. Il est vrai qu'&#224; l''&lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;E. S.&lt;/span&gt; nous n'avons jamais cultiv&#233; ni encourag&#233; l'effort sportif&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; c'est &#224; l'endurance, au travail long et soutenu que nous nous consacrons.&lt;br class='autobr' /&gt;
Je partis donc le 3&#160;juillet, &#224; 2 heures, dans la direction du Vercors, o&#249; je savais avoir des chances de rencontrer deux et peut-&#234;tre trois de mes compagnons habituels qui, par diff&#233;rentes voies, devaient passer vers midi au col du Rousset.&lt;br class='autobr' /&gt;
Pas de lune et ciel nuageux, nuit d'un noir d'encre par cons&#233;quent&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; j'avais une bonne vieille lanterne qui me sert depuis quinze ans et qui se comporta bien jusqu'&#224; Bourg-Argental o&#249; elle s'&#233;teignit parce que j'avais eu le tort de la garnir de ce carbure granul&#233; tr&#232;s fin qu'on vend partout et qui, sous l'influence des tr&#233;pidations incessantes, saute tant et si bien qu'il finit par former une couche de chaux imperm&#233;able &#224; l'eau, au-dessus des grains encore intacts. Je n'ai jamais souffert de cet inconv&#233;nient quand j'ai employ&#233; du carbure cass&#233; en gros morceaux, lesquels attaqu&#233;s successivement, me fournissent toujours 3 &#224; 4 heures de lumi&#232;re. Or, des Tours &#224; Bourg-Argental, on ne compte que 16 kilom&#232;tres, qui ne m'avaient pas retenu plus d'une heure, bien que je fusse all&#233; tr&#232;s prudemment. Sans feu, je redoublais naturellement de prudence, mais je constatais bient&#244;t que, mes yeux s'habituant &#224; l'obscurit&#233; &#8212; peut-&#234;tre aussi l'aube commen&#231;ait-elle &#224; se dessiner &#8212; je voyais mieux la route et que j'allais de plus en plus vite, si bien que les 26 kilom&#232;tres qui me s&#233;paraient l&#224; des bords du Rh&#244;ne furent b&#226;cl&#233;s en une heure et quart. Je traversai donc le passage &#224; niveau &#224; la gare d'Andance &#224; 4 h. 1/4 pr&#233;cises.&lt;br class='autobr' /&gt;
J'avais cette fois, pour &#233;pargner un peu ses pneumatiques si &#233;prouv&#233;s par mes deux randonn&#233;es pr&#233;c&#233;dentes, laiss&#233; &#224; l'&#233;curie ma randonneuse &#224; grand rendement et j'avais choisi ma flottante de 1912 dont les pneus moins souples mais moins fragiles sont &#224; l'&#233;preuve d'une baignade prolong&#233;e. Cette machine ne me donne que 3 vitesses par d&#233;placement &#224; la main&#160;: 3 m. 30, 4 m. 75 et 6 m. Elle a donc moins de confortable et moins de rendement tout &#224; la fois. Si j'avais d&#251; p&#233;daler de compagnie, je ne l'aurais pas prise, mais quand on voyage seul, on ne s'aper&#231;oit gu&#232;re du plus ou moins de rendement de son outil&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; on va &#224; l'allure qu'il permet, voil&#224; tout.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le soleil se leva bient&#244;t, au milieu de rouges nu&#233;es qui ne pr&#233;sageaient rien de bon. Soleil rouge le matin, pluie ou vent sont en chemin, dit-on avec raison. De vent, je n'en sentais point et les nuages s'amoncelaient&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; allais-je donc subir encore une journ&#233;e de pluie&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! &#192; Tournon, je franchis le Rh&#244;ne et je sentis que le vent du nord s'&#233;levait, c'&#233;tait le beau temps assur&#233;. Je r&#233;solus donc de laisser l&#224; la route directe et d'aborder le col du Rousset par Die&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; je pourrai voir ainsi si mon temps habituel, 7 h. 1/2, de Saint-&#201;tienne &#224; Dise (160 km.), est encore dans mes moyens.&lt;br class='autobr' /&gt;
Jusqu'&#224; Tournon, la route avait &#233;t&#233; convenable, mais je m'attendais &#224; trouver bien mauvaise la rive gauche de Tain &#224; Valence&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; je fus donc agr&#233;ablement surpris en constatant que, sauf en quelques passages autour du Pont-d'Is&#232;re par exemple, on avait r&#233;par&#233; et qu'on pouvait rouler &#224; bonne allure sans inconv&#233;nient. De Valence, o&#249; je marque un petit arr&#234;t aupr&#232;s d'une fontaine, je file par Beaumont et Montmeyran&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; cailloux et t&#234;tes de chat m'obligent tout d'abord &#224; aller moins vite, mais peu &#224; peu, le sol s'am&#233;liore et, le vent aidant, j'arrive rapidement &#224; Crest o&#249; je trouve la toujours tr&#232;s belle route de la vall&#233;e de la Dr&#244;me. &#192; 8 heures, j'&#233;tais attabl&#233; dans un petit caf&#233;, &#224; Saillans, devant une tasse de caf&#233; chaud dans lequel je trempais un peu de pain tir&#233; du sac, co&#251;t&#160;: 30 centimes, le prix d'avant guerre&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! Cette route est jolie depuis Livron&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; la vall&#233;e qu'elle remonte, d'abord entre de modestes collines, puis entre des montagnes tr&#232;s escarp&#233;es qui la serrent parfois jusqu'&#224; l'&#233;trangler, &#224; gauche les sommets du Vercors, &#224; droite les escarpements de Rochecourbe, cette vall&#233;e est tr&#232;s fertile, tr&#232;s peupl&#233;e et par cons&#233;quent tr&#232;s cultiv&#233;e&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; les cigales, surtout apr&#232;s Saillans, y font un bruit &#233;tourdissant et l'on s'y croirait au pays des f&#233;libres&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; les moissons y sont d'un jaune dor&#233;, rutilant, flamboyant, c'est de l'or qui ondoie sous la brise&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; le pain fait d'un tel froment doit &#234;tre plus nourrissant, plus vivifiant que celui des p&#226;les &#233;pis de notre Forez moins ensoleill&#233;. &#192; 9 h. 1/4, je suis &#224; Die et je bifurque vers le col du Rousset. J'ai donc couvert mes premiers 151 kilom&#232;tres en 7 h. 1/4, tous arr&#234;ts inclus&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; cela fait 8 heures de Saint-&#201;tienne, car les neuf premiers kilom&#232;tres que j'ai escamot&#233;s en partant des Tours me retiennent toujours trois quarts d'heure. Donc affaibli d'environ 30 minutes sur mon temps habituel et j'en accuse le moins bon rendement de mon outil, ce qui apr&#232;s tout est bien possible, car j'ai toujours aim&#233; sur ce parcours avoir &#224; ma disposition un d&#233;veloppement de 7 m&#232;tres dont j'ai &#233;t&#233; priv&#233; ce matin et qui m'est utile tant pour augmenter mon allure sur bonnes routes que pour me soustraire au contact p&#233;nible de la selle sur mauvaises routes.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#192; 10 heures moins le quart, je traverse Chamaloc o&#249; j'aurais d&#251; red&#233;jeuner, avant d'aborder les 14 km 1/2 de rampe &#224; moyenne de 6&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;% qui me s&#233;parent l&#224; du Refuge. Mais il me parut que tout allait si bien que je me voyais d&#233;j&#224; &#224; 11 heures devant le bon menu v&#233;g&#233;tarien que j'ai l'habitude de trouver l&#224;-haut. Je grimpais r&#233;guli&#232;rement avec 3 m. 30, mais &#224; mesure que je m'&#233;levais le vent devenait plus sauvage, le ciel plus sombre et la temp&#233;rature si chaude dans la vall&#233;e se refroidissait singuli&#232;rement deux circonstances d&#233;favorables qui allaient bient&#244;t me faire regretter de ne pas avoir mang&#233; avant d'avoir faim. J'&#233;tais ainsi pass&#233; de la borne 5 1/2 &#224; la borne 12 1/2, quand je rencontrai deux de mes compagnons qui, partis de Saint-&#201;tienne &#224; 22 heures, faisaient aussi le tour du Vercors, mais en sens inverse. Ils me confirm&#232;rent qu'il soufflait l&#224;-haut un vent violent et froid comme glace. Ce vent, tant&#244;t me poussait, tant&#244;t me retenait, selon que les lacets interminables pointaient vers le nord-ouest ou vers le sud-est. Tout &#224; coup, je compris que mon ardeur faiblissait et que je serais incapable de terminer l'ascension si je ne mangeais pas. Je m'arr&#234;tai donc et fis ce que j'aurais du faire &#224; Chamaloc. J'avais encore assez de pain dans mon sac pour combattre ce commencement de fringale, mais j'avais trop attendu et les forces ne revinrent que lentement, de sorte que je n'arrivai enfin au Refuge qu'&#224; midi.&lt;br class='autobr' /&gt;
Accueilli comme toujours, tr&#232;s cordialement&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; je n'eus pas le plaisir de voir la ma&#238;tresse de c&#233;ans qui &#233;tait all&#233;e &#224; Die. On m'y pr&#233;para le repas dont j'avais besoin et que, selon les r&#232;gles de l'hygi&#232;ne, j'absorbai lentement, car l'estomac ayant &#233;t&#233; un peu n&#233;glig&#233; le matin, il s'agissait de ne pas le fatiguer par une trop hative d&#233;glutition d'aliments insuffisamment mastiqu&#233;s et ensaliv&#233;s. Je ne me pressai donc pas et je ne quittai le Refuge qu'&#224; 14 heure, apr&#232;s avoir eu le tort de boire une bouteille de clairette, boisson toujours d&#233;licieuse, mais qui, ce jour-l&#224;, me laissa jusqu'au soir alt&#233;r&#233; et la bouche p&#226;teuse. La clairette de Die serait-elle par hasard un de ces faux plaisirs contre lesquels nous met en garde &#201;picure&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;? Le v&#233;ritable plaisir, nous enseigne ce ma&#238;tre, ne trouble ni l'estomac, ni la conscience&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; on en jouit dix ans, vingt ans apr&#232;s, autant qu'au moment, o&#249; on le go&#251;te&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; il ne laisse ni arri&#232;re-go&#251;t s'il s'agit d'un plaisir du corps, ni arri&#232;re-pens&#233;e s'il s'agit d'un plaisir de l'&#226;me, autrement dit ni indigestion, ni remords. Eh&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! bien, cette derni&#232;re bouteille de clairette qui m'avait si agr&#233;ablement caress&#233; le palais quand elle en humectait les papilles nerveuses ass&#233;ch&#233;es par 170 kilom&#232;tres, a &#233;t&#233; condamn&#233;e par l'estomac et je n'en boirai plus&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; l'eau du col du Rousset est encore meilleure que la clairette et, par &#201;picure lui-m&#234;me, elle serait class&#233;e parmi les plaisirs v&#233;ritables. Que n'avons-nous conserv&#233; l'instinct, ce don que la nature a fait &#224; tous les animaux et que nous avons perdu par notre faute&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; il nous reste bien l'intuition qu'on peut d&#233;finir l'instinct de l'intelligence, mais combien cette facult&#233; de l'esprit est inf&#233;rieure en ce qui concerne le choix des aliments &#224; l'instinct tout court&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;!&lt;br class='autobr' /&gt;
Avant de quitter le refuge, je voulus boire un peu de caf&#233; tr&#232;s chaud sur la terrasse d'o&#249; l'on a, par temps clair, une vue tr&#232;s &#233;tendue&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; le vent y &#233;tait si agressif que je dus battre en retraite. Que vais-je donc trouver &#224; l'autre bout du tunnel, me dis-je en entrant sous la vo&#251;te sombre o&#249; miroitaient au loin les flaques d'eau et de boue gluante qu'il me fallait traverser. J'allais &#224; pied naturellement&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; il faut &#234;tre &#233;quilibriste, poss&#233;der des yeux de lynx et une s&#251;ret&#233; de direction extraordinaire pour faire &#224; bicyclette ces 600 m&#232;tres que quatre ou cinq mauvaises lampes &#233;lectriques ont la pr&#233;tention d'&#233;clairer. &#192; cause du vent, les portes du c&#244;t&#233; du Vercors &#233;taient ferm&#233;es et, &#224; travers les ais disjoints, la bise sifflait &#224; vous effrayer. Je passai par le portillon et je fus surpris d'&#234;tre, de ce c&#244;t&#233;, si peut g&#234;n&#233; par le vent&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; le ciel &#233;tait, aussi moins nuageux et le soleil brillait au loin. J'ai souvent constat&#233; des diff&#233;rences de temps tr&#232;s grandes entre les deux c&#244;t&#233;s de ce tunnel, mais le plus mauvais temps &#233;tait, en g&#233;n&#233;ral, du c&#244;t&#233; Vercors, c'est aujourd'hui le contraire. Ce qui, par contre, est toujours plus mauvais de ce c&#244;t&#233;-ci c'est l'&#233;tat des routes et je ne tarde pas &#224; constater que c'est toujours et plus que jamais la m&#234;me chose, qu'il y a m&#234;me aggravation. En effet, les deux orni&#232;res dont je me suis d&#233;j&#224; plaint et qui partagent, la route en trois pistes vaguement cyclables se sont faites plus profondes, plus larges, plus tra&#238;tresses et quand on y tombe on n'en peut sortir que par un d&#233;rapage qui vous envoie &#224; droite ou &#224; gauche, tant&#244;t mesurer le pr&#233;, tant&#244;t nager dans le foss&#233; ou embrasser un poteau t&#233;l&#233;graphique. Ces trois fa&#231;ons d'&#234;tre d&#233;barqu&#233; me sont bient&#244;t impos&#233;es et je n'ose plus apr&#232;s Saint-Agnan rouler qu'&#224; tr&#232;s faible allure, je pousse m&#234;me tr&#232;s souvent ma machine. J'aurais mieux fait, m'a-t-on assur&#233;, de passer par la Chapelle, dont la route est mieux entretenue. J'arrive aux Baraques, tr&#232;s &#233;nerv&#233; par cet &#233;tat de choses et la travers&#233;e des Grands et des Petits Goulets n'est pas faite pour me calmer, non plus que le passage de Sainte-Eulalie &#224; Pont-en-Royans que je traverse &#224; pied, car c'est la f&#234;te du pays, &#224; 17 h. 1/4. Trois heures et quart pour faire 38 kilom&#232;tres de descente continue&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! Ce trajet est heureusement si pittoresque qu'il n'y aurait pas lieu de regretter de l'avoir ainsi parcouru, si le temps ne commen&#231;ait &#224; m'&#234;tre mesur&#233;. Mais de Pont-en-Royans &#224; Saint-Nazaire, il me faut encore pr&#232;s d'une heure tant la route est mauvaise et encombr&#233;e de promeneurs, d'autobus, de carrioles de tout genre.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le Vercors nous devient d&#233;sormais impraticable&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; avec de telles routes (celle des gorges de la Bourne est para&#238;t-il tout aussi mauvaise) les autos de tourisme elles-m&#234;mes h&#233;sitent &#224; s'y aventurer&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; tout au plus y verra-t-on des voitures am&#233;ricaines &#224; ch&#226;ssis sur&#233;lev&#233;, habitu&#233;es &#224; voyager &#224; travers steppes et pampas. En tout cas, ce jour-l&#224;, de Die aux Baraques, je n'en ai rencontr&#233; qu'une, et justement une Ford&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; quant &#224; des cyclistes, point, pas m&#234;me de locaux.&lt;br class='autobr' /&gt;
Il est donc plus de 18 heures et il me reste environ 50 kilom&#232;tres &#224; exp&#233;dier pour atteindre Sarras o&#249; je compte passer la nuit, car j'ai &#233;t&#233; trop retard&#233; pour achever l'&#233;tape aux grands bois, comme j'en avais eu l'intention. Depuis deux ans, nous &#233;vitons le parcours Saint-Nazaire-Bourg-de-P&#233;age qu'on ne parvenait pas &#224; remettre en &#233;tat &#8212; on y est enfin parvenu, m'a-t-on dit &#8212; en franchissant l'Is&#232;re sur le pont &#224; p&#233;age de Saint-Nazaire et en gagnant par un chemin de traverse la grande route de Saint-Marcellin &#224; Romans, non loin de Saint-Lattier. Je suis donc cet itin&#233;raire, entre parenth&#232;ses, ce pont est devenu franc et j'&#233;conomise le sou que l'on me r&#233;clamait encore l'an dernier&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; il y a donc enfin des services dont le prix n'augmente pas&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! Le petit chemin de traverse a &#233;t&#233; charg&#233; d'un lit de galets qui me semble une piste &#224; c&#244;t&#233; des routes que je viens de subir. Je me rapprochais &#224; bonne allure de Romans quand j'aper&#231;ois &#224; droite l'amorce tr&#232;s app&#233;tissante d'une petite route qui me para&#238;t aller dans ma direction. Je m'informe&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; cette route va bien, en effet, &#224; Saint-Vallier par Peyrins et Saint-Donnat, elle est un peu plus courte que celle par Romans et Tain, mais plus accident&#233;e. Je m'y engage dans l'espoir de trouver l&#224; une de ces bonnes petites voies de grande communication qui sont toujours si roulantes dans le Forez et le Lyonnais. J'ai &#233;t&#233; d&#233;&#231;u&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; cette route n'est peut-&#234;tre pas tr&#232;s usag&#233;e, mais elle est peu entretenue&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; cailloux &#233;pars et orni&#232;res y remplacent les trous et les bosses et, pour nous cyclistes, sont aussi d&#233;sagr&#233;ables les uns que les autres. &#192; Peyrins, je bois une bouteille de bi&#232;re, car l'eau que j'ai go&#251;t&#233;e &#231;&#224; et l&#224; ne me para&#238;t ni fra&#238;che ni de go&#251;t agr&#233;able, je n'en ai la bouche que plus p&#226;teuse&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; coquine de clairette&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! Apr&#232;s Peyrins, la route s'accidente, le soleil s'abaisse, la nuit approche, il ne s'agit plus de s'amuser. &#192; Saint-Donat, eaux abondantes, je me d&#233;salt&#232;re un instant dans la ville&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; &#224; la sortie, je me trompe sur un renseignement mal donn&#233; ou mal compris et file sur Tain. &#192; quelques kilom&#232;tres, je m'aper&#231;ois de mon erreur, reviens et reprends ma route de moins en moins bonne. Elle franchit quelques collines par des raidillons assez raides pour m'obliger &#224; prendre mon 3 m. 30&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; des excavations creus&#233;es dans le rocher tendre, restes peut-&#234;tre d'anciennes habitations troglodytiques, servent encore de d&#233;p&#244;t. Je ne m'y attarde d'ailleurs pas, le soleil est couch&#233;, l'obscurit&#233; n'est pas loin, je n'aurai ni lune ni lanterne, donc ne fl&#226;nons pas. Je venais de traverser un petit village et je commen&#231;ais &#224; belle allure une descente, quand apr&#232;s un grand bruit de ferraille mon pneu arri&#232;re s'affaisse. C'est mon premier accident de la journ&#233;e et il m'arriva &#224; un bien mauvais moment&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; j'y vois &#224; peine pour r&#233;parer h&#226;tivement. Une tige de fer longue de 10 centim&#232;tres a perfor&#233; d'un coup enveloppe et chambre, et s'est partag&#233;e en deux morceaux dont l'un a pass&#233; dans l'int&#233;rieur de la chambre et l'autre est rest&#233; dans l'enveloppe. Que je vais donc mal finir une journ&#233;e, si bien commenc&#233;e&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! La chambre est perc&#233;e en maints endroits, je n'arrive pas &#224; les couvrir tous et me voil&#224; oblig&#233; de regonfler tous les 4 ou 5 kilom&#232;tres. Quand j'entre dans la vall&#233;e de la Galaure &#8212; quelle gal&#232;re&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! &#8212; o&#249;, le &lt;a href=&#034;https://velotextes.fr/spip.php?article124&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;1&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;er&lt;/sup&gt;&#160;janvier 1903&lt;/a&gt;, j'en vis de cruelles et qui ne m'a jamais &#233;t&#233; favorable, il fait noir comme dans un four&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; le sol est tr&#232;s mauvais, je bondis de trous en trous, d&#233;rape sur des rails, me heurte &#224; de rares passants et je m'impatiente de n'&#234;tre pas encore &#224; Saint-Vallier. J'en aper&#231;ois enfin les premi&#232;res lumi&#232;res&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; mon pneu &#224; plat et la crainte de rencontrer des gendarmes me d&#233;terminent &#224; gagner Sarras &#224; pied et j'y descends &#224; plus de 22 heures &#224; l'h&#244;tel du Commerce, apr&#232;s &#234;tre rest&#233; plus de 20 heures sur le trimard.&lt;br class='autobr' /&gt;
Les p&#233;rip&#233;ties dont j'ai souffert l'apr&#232;s-midi ont d&#251; augmenter s&#233;rieusement la fatigue de cette &#233;tape de 271 kilom&#232;tres, qui ne m'en a cependant pas laiss&#233; d'anormale, car apr&#232;s un repas substantiel et un bon sommeil, je rentrai le lendemain matin en 4 heures et demie &#224; Saint-Etienne, 60 kilom&#232;tres et 1.200 m&#232;tres d'&#233;l&#233;vation, apr&#232;s avoir, bien entendu, proc&#233;d&#233; au remplacement de la chambre si cruellement atteinte.&lt;br class='autobr' /&gt;
Je ne sais s'il me sera encore, l'an prochain, permis, &#224; 70 ans, de faire des &#233;tapes de 40 heures&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; il faudrait en tout cas en pr&#233;parer l'itin&#233;raire de telle fa&#231;on que je n'aie &#224; p&#233;daler pendant la nuit que sur de tr&#232;s bonnes routes comme celle de Livron &#224; Digne ou &#224; Gap. Mais ces &#233;tapes deviendraient alors sans int&#233;r&#234;t, car elles n'avaient pour but que de nous amener &#224; peu de frais et rapidement dans les r&#233;gions int&#233;ressantes o&#249; nous avions l'intention de tourister et nous ne p&#233;dalions pendant la nuit que sur des routes tr&#232;s connues ou d&#233;nu&#233;es d'int&#233;r&#234;t. Telle n'est pas celle que je viens de citer et qui rentre dans la cat&#233;gorie des routes, qui, quoique faciles et permettant les vives allures, gagnent &#224; &#234;tre faites le jour par l'attrait des sites qu'elles traversent. Ainsi, M.&#160;Cl., de Paris, qui nous conte l'&#233;tape de 40 heures qui l'a conduit, par quelques d&#233;tours, de Pont-en-Royans &#224; Aurillac, a travers&#233; en pleine nuit la r&#233;gion la plus accident&#233;e du parcours, du Cheylard au Puy, par Fay-le-Froid, celle qui m&#233;ritait d'&#234;tre parcourue en touriste, tandis qu'il a fait en plein jour le ruban de Die au Cheylard qui pr&#233;sente un moindre int&#233;r&#234;t et qu'il est plus facile et moins dangereux de d&#233;rouler la nuit &#224; bonne allure.&lt;br class='autobr' /&gt;
Ces &#233;tapes de 40 heures, qu'on nous reprocha autrefois de pr&#233;coniser, sont pourtant &#224; la port&#233;e de tous les cyclistes, car elles n'entra&#238;nent pas de fatigue excessive. D'ailleurs, bien des gens en font sans s'en douter de ces &#233;tapes-l&#224;, quand, apr&#232;s avoir vaqu&#233; tout le jour &#224; leurs occupations habituelles, ils passent toute la nuit &#224; jouer, &#224; danser et &#224; s'amuser, et tout le lendemain &#224; se promener, &#224; chasser ou &#224; festoyer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;V&#233;locio.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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