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	<title>V&#233;lotextes</title>
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	<description>Lire celles et ceux qui ont fait du v&#233;lo un bienfait social, moyen de d&#233;placement et de tourisme&#160;: Paul de Vivie dit V&#233;locio, Capitaine Perrache dit l'homme de la montagne, Carlo Bourlet...
Histoire du v&#233;lo
Site de Laurent Vigniel</description>
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		<title>V&#233;lotextes</title>
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		<title>En Diois et en D&#233;voluy (mai 1904)</title>
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		<dc:date>2022-09-23T16:56:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>velovi</dc:creator>


		<dc:subject>Paul de Vivie, dit V&#233;locio</dc:subject>
		<dc:subject>Entre 1900 et 1914</dc:subject>
		<dc:subject>L&#233;vocyclette</dc:subject>
		<dc:subject>R&#233;trodirecte</dc:subject>
		<dc:subject>polymultipli&#233;e</dc:subject>
		<dc:subject>Rh&#244;ne </dc:subject>
		<dc:subject>La Gauloise</dc:subject>
		<dc:subject>Col de Grand Bois, Col de la r&#233;publique</dc:subject>
		<dc:subject>col de Grimone</dc:subject>
		<dc:subject>Dr&#244;me</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;&#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;L'un d'eux, suivi de son chien, &#224; l'&#339;il vif et intelligent, attentif au moindre signe, me fraye un passage dans cette cohue qui se referme aussit&#244;t derri&#232;re moi. Nous sommes &#224; l'&#233;poque o&#249; les troupeaux du midi remontent vers les hauts plateaux o&#249; ils vont passer tout l'&#233;t&#233; &#224; la belle &#233;toile.&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;&lt;/p&gt;

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&lt;a href="http://velotextes.fr/spip.php?rubrique36" rel="directory"&gt;1901-1914 P&#233;riode &#201;cole st&#233;phanoise&lt;/a&gt;

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&lt;a href="http://velotextes.fr/spip.php?mot1" rel="tag"&gt;Paul de Vivie, dit V&#233;locio&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://velotextes.fr/spip.php?mot11" rel="tag"&gt;Entre 1900 et 1914&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://velotextes.fr/spip.php?mot19" rel="tag"&gt;L&#233;vocyclette&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://velotextes.fr/spip.php?mot21" rel="tag"&gt;R&#233;trodirecte&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://velotextes.fr/spip.php?mot23" rel="tag"&gt;polymultipli&#233;e&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://velotextes.fr/spip.php?mot61" rel="tag"&gt;Rh&#244;ne &lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://velotextes.fr/spip.php?mot71" rel="tag"&gt;La Gauloise&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://velotextes.fr/spip.php?mot83" rel="tag"&gt;Col de Grand Bois, Col de la r&#233;publique&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://velotextes.fr/spip.php?mot109" rel="tag"&gt;col de Grimone&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://velotextes.fr/spip.php?mot147" rel="tag"&gt;Dr&#244;me&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;Par Paul de Vivie, alias V&#233;locio, Le Cycliste, mai 1904, Source Archives d&#233;partementales de la Loire, mai 1904&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'ai fini par y p&#233;n&#233;trer, dans ce pays d&#233;sh&#233;rit&#233; dont j'ai si souvent long&#233; les remparts presque inaccessibles d'o&#249; &#233;mergent, sentinelles farouches, le pic de Bure, la t&#234;te de l'Obiou et quelques autres sommets non moins r&#233;barbatifs.&lt;br class='autobr' /&gt;
J'avais pens&#233; un instant &#224; faire du D&#233;voluy le but d'une de nos excursions dominicales, mais c'e&#251;t &#233;t&#233; par trop p&#233;nible, m&#234;me pour les plus entra&#238;n&#233;s de l'&#201;cole St&#233;phanoise, m&#234;me pour un r&#233;tro&#239;ste de l'&#201;cole Perrache, ce qui n'est pas peu dire&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;!&lt;br class='autobr' /&gt;
Mieux valait donc profiter des deux jours et demi de cong&#233; que nous apporte r&#233;guli&#232;rement la Pentec&#244;te et faire le tour plus complet en y ajoutant la partie la plus int&#233;ressante du Diois, le col de Grimone.&lt;br class='autobr' /&gt;
Dans ce projet, la partie transport &#233;tait forc&#233;ment tr&#232;s importante, mais plus nous allons, plus cette partie est destin&#233;e &#224; tenir une grande place dans nos randonn&#233;es, car nous commen&#231;ons &#224; conna&#238;tre tout ce qu'il y a d'int&#233;ressant au point de-vue cyclotourisme dans un rayon de 100 kilom&#232;tres autour de Saint-&#201;tienne. Il nous faut donc &#234;tre en mesure, pour excursionner pendant 50 kilom&#232;tres, de nous transporter pendant 200 kilom&#232;tres. Ce n'est pas toujours tr&#232;s amusant, j'en conviens&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; mais ce ne l'est gu&#232;re non plus de prendre un train patache qui, apr&#232;s maints transbordements, vous d&#233;barque &#233;nerv&#233; aupr&#232;s de votre bicyclette endommag&#233;e par tant de manipulations successives. Que de fois j'ai vu de superbes projets finir en queue de poisson &#224; la suite d'une avarie de bicyclette survenue pendant le transport.&lt;br class='autobr' /&gt;
Et puis, nous pr&#233;tendons voyager &#224; tr&#232;s peu de frais et mettre ainsi &#224; la port&#233;e de tous les excursions lointaines&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; ce n'est pas en prenant le train &#224; tout propos que nous y arriverons.&lt;br class='autobr' /&gt;
Enfin, tels cas peuvent se pr&#233;senter o&#249; il est mat&#233;riellement impossible de se servir du chemin de fer pour se rendre en temps utile sur le terrain d'excursion.&lt;br class='autobr' /&gt;
Ceux de nos amis, par exemple, qui ne devaient &#234;tre libres qu'&#224; 19 heures la veille de la Pentec&#244;te, n'auraient pu arriver &#224; Crest, lieu de rendez-vous, qu'&#224; 8 heures le lendemain par le P.-L.-M., tandis qu'&#224; bicyclette ils y arriv&#232;rent &#224; 1 heure, ce qui leur permit de prendre quelque repos avant le d&#233;part qui eut lieu &#224; 4 heures.&lt;br class='autobr' /&gt;
Pour toutes ces raisons, je continuerai donc, tant que j'en aurai la force et tant que les circonstances me le permettront, &#224; faire par la route la partie transport de mes excursions. Bien que je traverse ainsi des r&#233;gions d&#233;j&#224; vues maintes fois, il m'arrive souvent de les trouver encore int&#233;ressantes, gr&#226;ce &#224; des co&#239;ncidences impr&#233;vues, un orage, un effet de lumi&#232;re, une coloration particuli&#232;re et rare du ciel, que sais-je&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! La nature est si changeante qu'on ne la revoit pour ainsi dire jamais sous le m&#234;me aspect.&lt;br class='autobr' /&gt;
Mais il ne faudrait pas que les &#233;tapes de transport devinssent pr&#233;judiciables aux &#233;tapes d'excursion, ce qui arriverait fatalement si nous n'&#233;tions pas mont&#233;s de fa&#231;on &#224; lutter victorieusement et sans effort excessif contre tous les obstacles de temps et de terrain, et si notre moteur n'&#233;tait pas aliment&#233; convenablement pour donner son rendement maximum.&lt;br class='autobr' /&gt;
Les cyclistes qui bl&#226;ment notre mani&#232;re de faire parce qu'ils ne peuvent pas l'imiter, n'ont su pour la plupart choisir ni la monture, ni l'alimentation qui les rendraient capables d'en faire autant que nous. C'est donc sur eux que retombent leurs bl&#226;mes.&lt;br class='autobr' /&gt;
Il s'agissait pour moi, qui pr&#233;c&#233;dais de quelques heures le groupe principal, d'aller coucher &#224; Die. Je pus partir &#224; 13 heures et, selon toutes probabilit&#233;s, je devais par le col des Grands Bois, Andance, Valence, Crest et Saillans, arriver &#224; Die (162 kilom&#232;tres) &#224; 21 heures.&lt;br class='autobr' /&gt;
Des accidents de pneumatique, un premier orage et la crainte d'en essuyer un second dans la vall&#233;e de la Dr&#244;me, o&#249; depuis Valence je voyais se d&#233;cha&#238;ner une v&#233;ritable temp&#234;te, me retard&#232;rent et m'engag&#232;rent &#224; prendre le train &#224; Lyon.&lt;br class='autobr' /&gt;
Ma demi-&#233;tape se r&#233;duisit donc &#224; 112 kilom&#232;tres.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le train emportait un certain nombre de cyclistes que la section lyonnaise du &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;T. C. F.&lt;/span&gt; avait r&#233;unis en vue d'une imposante manifestation dans le Vercors. Tous se concentraient &#224; Die par la voie la plus rapide et des voitures avaient &#233;t&#233; retenues pour hisser au col du Rousset les monomultipli&#233;s que les 1.000 m&#232;tres d'&#233;l&#233;vation de Die au col effrayaient beaucoup. J'ai su, depuis, que les poly multipli&#233;s &#233;taient nombreux aussi, qui grimp&#232;rent au Refuge, &#224; bicyclette.&lt;br class='autobr' /&gt;
Nous n'arriv&#226;mes &#224; destination qu'&#224; 23 heures, avec plus d'une heure de retard, et j'eus le d&#233;pit de constater que l'orage dont j'avais eu peur n'avait s&#233;vi que sur les environs de Crest, que j'aurais eu ensuite une route et un temps superbes si j'avais bravement continu&#233; &#224; p&#233;daler jusqu'&#224; Die. Une le&#231;on pour l'avenir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;22 et 23&#160;mai. &#8212; Ch&#226;tillon-en-Diois, col de Grimone, col de la Croix-Haute, Lalley, Mens, col Saint-S&#233;bastien, Croix-de -la-Pigne, Saint-Didier. Saint-Etienne-en-D&#233;voluy, col du Noyer, ChaufTayer, Corps, Pont-Haut, La Mure, 170 kilom&#232;tres.&lt;br class='autobr' /&gt;
Laffrey, Grenoble, Moirans, Saint-Etienne-de-Saint-Geoirs. Andance, Annonay, Saint-Etienne, 185 kilom&#232;tres.&lt;br class='autobr' /&gt;
Entre 4 heures et 20 heures, je fis le premier jour une rude &#233;tape.&lt;br class='autobr' /&gt;
Tout d'abord, ce fut charmant. La gorge &#233;troite et tr&#232;s encaiss&#233;e qui pr&#233;c&#232;de la mont&#233;e proprement dite du col de Grimone me parut, dans l'ombre et la fra&#238;cheur du matin, tr&#232;s agr&#233;able. Je p&#233;dalais mollement en jetant &#224; droite et &#224; gauche des regards curieux&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; dans les parois abruptes qui enserrent la route et le ruisseau se creusent soudain des fissures profondes au fond desquelles se tortille un ruisselet, car nous ne sommes pas ici dans un puissant massif capable d'alimenter des torrents.&lt;br class='autobr' /&gt;
Par quelques lacets bien sentis, la route s'&#233;l&#232;ve soudain d'&#224; peu pr&#232;s 200 m&#232;tres et m'am&#232;ne presque au sommet des rochers dont je longeai tout &#224; l'heure la base. Joli point de vue sur la gorge d'o&#249; l'on sort et qui, vue de l&#224;-haut, semble &#224; son tour une simple fissure.&lt;br class='autobr' /&gt; Quelques maisons dans un creux, &#224; droite&#160;: c'est Glandage&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; une l&#233;g&#232;re pente m'entra&#238;nait quand je suis oblig&#233; de mettre pied &#224; terre devant, ou plut&#244;t derri&#232;re un troupeau de cinq cents moutons qui d&#233;ambule paisiblement sous la conduite de quelques chiens et de deux bergers. L'un d'eux, suivi de son chien, &#224; l'&#339;il vif et intelligent, attentif au moindre signe, me fraye un passage dans cette cohue qui se referme aussit&#244;t derri&#232;re moi. Nous sommes &#224; l'&#233;poque o&#249; les troupeaux du midi remontent vers les hauts plateaux o&#249; ils vont passer tout l'&#233;t&#233; &#224; la belle &#233;toile. Ces moutons viennent d'Arles et vont dans la commune de Lalley. Le D&#233;voluy en h&#233;berge plusieurs milliers et se fait ainsi quelques revenus d'autant plus pr&#233;cieux que le pays est plus pauvre.&lt;br class='autobr' /&gt;
La pente se dessine&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; la route barre la montagne en face et l'on entrevoit l'emplacement du col&#160;: quelques flaques de neige sont encore visibles sur les sommets voisins, mais la route est libre et en bon &#233;tat.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le col de Grimone (1 325 m&#232;tres), bien que plus &#233;lev&#233; de 200 m&#232;tres que le col de Cabre, m'a paru &#234;tre d'un acc&#232;s plus facile. Il est vrai que la temp&#233;rature fra&#238;che et le vent me favorisaient. J'avais d'ailleurs, entre les trois jeux de deux d&#233;veloppements en marche dont je disposais, &#224; savoir&#160;: 7 et 3, 7 et 4m,40, 5 et 3, choisi le plus petit, 5 m&#232;tres et 3 m&#232;tres.&lt;br class='autobr' /&gt;
Ces deux d&#233;veloppements conviennent admirablement pour une journ&#233;e d'excursion comme celle que j'avais &#224; faire.&lt;br class='autobr' /&gt;
Au cours de la descente vers Lus-la-Croix-Haute se d&#233;roule devant moi le panorama des pics du D&#233;voluy tachet&#233;s de neige. On s'y croirait en pleines Alpes et il y aurait encore, dit-on, dans un recoin de la t&#234;te de l'Obiou que le soleil n'a pu r&#233;ussir &#224; nettoyer &#224; fond une miniature de glacier.&lt;br class='autobr' /&gt;
Au col de la Croix-Haute, j'eus le plaisir de rencontrer M.&#160;D.., de Gap, qui voulut bien m'accompagner jusqu'&#224; Mens. J'&#233;tais seul depuis le d&#233;part, je devais &#234;tre seul jusqu'au retour&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; cette rencontre me fut d'autant plus agr&#233;able. M.&#160;comme beaucoup de cyclistes, en cette ann&#233;e de gr&#226;ce 1904, a l'intention de sacrifier au r&#233;trop&#233;dalage. C'est un effet des d&#233;clamations &#233;pileptiques de certains auteurs qui, sans trop savoir ce qu'ils disent, et surtout sans avoir fait les moindres exp&#233;riences comparatives, affirment que la R&#233;tro est, pour tout le monde indistinctement, la solution unique, parfaite, hors de laquelle il n'y a point de salut.&lt;br class='autobr' /&gt;
Que le r&#233;trop&#233;dalage convienne &#224; certains individus que la nature a dou&#233;s de muscles ad hoc, je l'admets, j'en ai eu des preuves sous les yeux. Mais j'ai eu aussi, et bien plus souvent, la preuve du contraire.&lt;br class='autobr' /&gt;
Que l'on matche les meilleurs champions de la directe avec les meilleurs champions de la r&#233;tro, qu'on leur impose la m&#234;me multiplication ou qu'on laisse chacun libre de choisir son d&#233;veloppement, qu'on leur donne du plat ou des c&#244;tes, et quelles c&#244;tes que ce soit, je suis persuad&#233; que sur le terrain la directe l'emportera toujours en vitesse&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; en lenteur je n'en sais rien, mais y a-t-il progr&#232;s &#224; aller de plus en plus lentement&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par contre, dans les exp&#233;riences de laboratoire qu'affectionnent les th&#233;oriciens, la r&#233;tro l'emporterait en ce qu'elle permettrait de vaincre une r&#233;sistance qu'en directe on ne pourrait surmonter.&lt;br class='autobr' /&gt;
Placez, par exemple, la roue A B de votre bicyclette sur un support de fa&#231;on que vous puissiez p&#233;daler &#224; vide, puis au moyen d'un frein sur jante, augmentez successivement la r&#233;sistance. Un moment viendra o&#249;, nous assure-t-on, vous ne pourrez plus p&#233;daler en directe tandis qu'en r&#233;tro vous pourrez encore entretenir le mouvement.&lt;br class='autobr' /&gt;
Cela tient, toujours au dire des r&#233;tro&#239;stes, &#224; ce que, en directe, vous n'avez pas cette d&#233;tente finale de la jambe qui, en r&#233;tro, chasse en avant la p&#233;dale arriv&#233;e au bas de sa course et lui fait franchir l'angle de moindre puissance. En directe, c'est par le jeu de la cheville, par la pouss&#233;e en avant sur le cale-pied, et surtout par la vitesse acquise que vous franchissez ce m&#234;me angle. Or, d'une part la vitesse acquise ne vous fait jamais d&#233;faut sur le terrain et, d'autre part, quand la r&#233;sistance augmente, vous avez, en directe, le moyen d'augmenter aussi par la traction des bras sur le guidon la pression du pied sur la p&#233;dale. En r&#233;tro, cette traction est nulle, et quand vous avez mis tout votre poids sur la p&#233;dale, si la machine n'avance pas, il ne vous reste qu'&#224; mettre pied &#224; terre. Il faudrait savoir maintenant de combien la d&#233;tente finale de la jambe dans le coup de p&#233;dale r&#233;tro pour le r&#233;tro&#239;ste et la traction des bras sur le guidon pour le directiste augmentent la puissance effective du cycliste contre les r&#233;sistances habituelles de la route. Si la r&#233;tro ne devait avoir quelque avantage d&#233;cisif &#8212; ce qu'il faudrait encore d&#233;montrer&#8212; que dans les rampes &#224; 30&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;% j'estime qu'il n'y aurait pas lieu d'y attacher trop d'importance. Nous sommes des hommes de pratique et non de th&#233;orie, et avant que ce que je viens d'&#233;crire soit sous les yeux des lecteurs du Cycliste, nous aurons fait, j'esp&#232;re, des exp&#233;riences d&#233;cisives sur le terrain contre les champions de la r&#233;tro.&lt;br class='autobr' /&gt;
On a eu raison de dire que l'on a du col de la Croix-Haute un panorama de montagnes sans &#233;gal. Je ne puis, toutes les fois que je passe par l&#224;, en rassasier mes yeux.&lt;br class='autobr' /&gt;
Nous nous laissons aller sans trop de h&#226;te, bien que le d&#233;sir de d&#233;jeuner au plus vite nous talonne&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; la route est bonne, mais quelques virages un peu secs avant Lalley nous rappellent que nous sommes dans un pays excessivement accident&#233;. &#192; Lalley nous obtenons un excellent d&#233;jeuner, &#339;ufs, beurre et caf&#233; au lait pour un prix tr&#232;s mod&#233;r&#233;. Il est neuf heures quand nous nous remettons en selle et la chaleur est d&#233;j&#224; p&#233;nible&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; il y a de forage dans l'air.&lt;br class='autobr' /&gt;
Jusqu'&#224; l'&#201;bron, torrent qui sort du D&#233;voluy, descente rapide puis remont&#233;e dure suivie de nouvelles descentes et de nouvelles mont&#233;es jusqu'&#224; Mens o&#249; mon compagnon est oblig&#233; de me quitter. Il descend &#224; Vif par le col des Accarias et le pont de Brion, itin&#233;raire tr&#232;s int&#233;ressant, tandis que je vais, en plein soleil, attaquer le roi Saint-S&#233;bastien qui me vaut une bonne su&#233;e, quoiqu'il ne soit ni dur, ni long, mais je me trouve sans doute &#224; la p&#233;riode de d&#233;pression musculaire qui se fait sentir chaque jour &#224; un moment donn&#233;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Une descente douce, du plat, puis une plong&#233;e rapide dans deux ravins successifs dont les pentes nues et st&#233;riles il y a cinq ans, quand j'y passai pour la premi&#232;re fois, commencent &#224; verdoyer par les soins de l'administration foresti&#232;re, et j'arrive sur le plateau de Pellafol, vestibule du D&#233;voluy.&lt;br class='autobr' /&gt;
On ne tarde pas &#224; dominer de tr&#232;s haut le torrent qui se d&#233;roule au pied de formidables falaises de rochers gris&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; la route &#233;troite et sinueuse, munie de parapets aux endroits les plus dangereux, court &#224; flanc du coteau et oblige &#224; une attention soutenue. Le ciel se couvre de nuages&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; le D&#233;voluy, r&#233;gion sauvage et triste, ne veut pas se montrer sous un soleil riant et je me h&#226;te de crainte que l'orage ne me surprenne dans cette gorge o&#249; les abris sont rares. Une masse d'eau &#233;gale au moins en volume &#224; celle de la Souloise, o&#249; elle se jette, jaillit du pied de la montagne&#160;: j'aurais aim&#233; aller voir de pr&#232;s cette source, mais il doit &#234;tre dangereux de circuler au fond du ravin &#224; cause des pierres qui tombent fr&#233;quemment des parois &#224; pic qui le dominent. Je me contente de me rafra&#238;chir &#224; une fontaine bien dispos&#233;e sur le bord de la route, puis celle-ci de plus en plus rocailleuse m'entra&#238;ne vers le torrent que je traverse une premi&#232;re fois presque au ras de l'eau&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; &#224; ma droite, taill&#233;e dans la paroi rocheuse de la montagne, une coupure horizontale que je prenais d'abord pour une route. C'est le canal d'irrigation de la plaine de Pellafol qui emprunte ses eaux &#224; la Souloise. Creuser ce canal dans cette paroi verticale n'a pas &#233;t&#233; un petit travail.&lt;br class='autobr' /&gt;
La faim recommence &#224; me talonner&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; il me tarde d'&#234;tre &#224; Saint-Didier qui m'apparait soudain dans un coin de verdure contrastant avec l'aridit&#233; des pierres d'o&#249; je sors. L'&#233;glise est en contrebas de la route, et sur la place transform&#233;e en boulodrome, on joue aux boules. Je n'aurais pas cru que ce jeu lyonnais, ou plut&#244;t remis en honneur par la presse lyonnaise, f&#251;t pratiqu&#233; aussi assid&#251;ment dans ces pays perdus&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; quand il n'y a pas de place, on joue sur la route et je faillis &#224; Corps recevoir une boule dans mes roues&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; un danger de plus pour les cyclistes.&lt;br class='autobr' /&gt;
Je puis me faire servir &#224; Saint-Didier un bon repas v&#233;g&#233;tarien arros&#233; de lait excellent et je repars &#224; 13 heures sous un soleil ardent celte lois.&lt;br class='autobr' /&gt;
Toute crainte de pluie pour la soir&#233;e est dissip&#233;e, mais l'atmosph&#232;re reste orageuse&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; ce sera pour le lendemain.&lt;br class='autobr' /&gt;
En sortant de Saint-Didier, deux routes se pr&#233;sentent, l'une &#224; droite me permettrait de m'&#233;chapper plus facilement, par Agni&#232;res et La Cluse, de ce cirque que dominent des pics mena&#231;ants, des escarpements farouches, entre lesquels on se sent angoiss&#233;&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; l'autre &#224; gauche me conduira aux &#201;troits et &#224; Saint-&#201;tienne-en-D&#233;voluy, chef-lieu de ce canton mis&#233;rable. Je tourne &#224; gauche&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; une vieille tour en ruines se d&#233;tache sur le ciel bleu. De Saint-Didier, on m'a montr&#233; l'&#233;chancrure par laquelle passe le col du Noyer&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; l'altitude n'en parait pas excessive.&lt;br class='autobr' /&gt;
Les &#201;troits du D&#233;voluy o&#249; j'arrive bient&#244;t ne me donnent pas l'impression que j'en attendais&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; sous le soleil de midi ce passage resserr&#233; n'a rien de tr&#232;s farouche. Le torrent gronde au fond d'une fissure excessivement &#233;troite, aux parois verd&#226;tres, entre lesquelles il doit monter comme le lait sur le feu, &#224; l'&#233;poque des grandes fontes de neige. Aujourd'hui, il y a relativement peu d'eau. Mes compagnons qui pass&#232;rent l&#224; dans la soir&#233;e ressentirent plus que moi l'impression de tristesse et de d&#233;couragement qu'on retrouve dans les r&#233;cits de quelques voyageurs, tant il est vrai que l'&#233;clairage, l'heure, les circonstances exag&#232;rent ou rapetissent les proportions et le caract&#232;re de bien des sites c&#233;l&#232;bres.&lt;br class='autobr' /&gt;
Quelques maisons group&#233;es autour d'une modeste &#233;glise, je suis &#224; Saint-&#201;tienne en D&#233;voluy. De quelque c&#244;t&#233; que l'on regarde, on ne voit que des montagnes anguleuses, grises, ray&#233;es largement par la neige aupr&#232;s de laquelle je vais passer avant d'atteindre le col.&lt;br class='autobr' /&gt;
Je mets pied &#224; terre au pied de la rampe finale&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; l'&#233;pici&#232;re qui me vend quelques cartes postales m'informe que plusieurs cyclistes, parmi lesquels se trouvait une dame, ont assist&#233; le matin &#224; la messe et doivent &#234;tre encore &#224; l'h&#244;tel&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; &#224; l'entr&#233;e m&#234;me du D&#233;voluy, j'avais crois&#233; un autre cycliste qui en sortait, et en montant au col o&#249; pass&#232;rent la nuit mes six compagnons retard&#233;s par divers accidents, j'allais suivre les traces d'un confr&#232;re pass&#233;, me dit le cantonnier, trois heures avant moi. Jamais, au dire de ce brave homme, le D&#233;voluy et surtout le col du Noyer ne vit passer le m&#234;me jour tant de cyclotouristes. Enfin, comme dit l'autre, dans La Revue du &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;T. C.&lt;/span&gt; F., la montagne n'est plus l'apanage des champions&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! Mais le f&#251;t-elle jamais&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;? Les Fischer, Garin, Terront et autres bouffeurs de records encombr&#232;rent-ils jamais les cols du Noyer, du Galibier et du Parpaillon&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;? Que de gens &#233;crivent pour ne rien dire et font faire &#224; chaque ligne faillite au simple bon sens&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;!&lt;br class='autobr' /&gt;
Inutile, n'est-ce pas, de vous confier que je pris pour cette escalade &#224; travers sable et cailloux, mon plus faible d&#233;veloppement, 3 m&#232;tres, et si j'en avais eu un plus petit je me le serais offert sans fausse honte.&lt;br class='autobr' /&gt;
Bien que p&#233;dalant sans pr&#233;cipitation (les tours &#224; la minute n'ont jamais convenu &#224; mes pauvres vieilles jambes), je ne tardai pas &#224; rattraper un brave paysan qui courait apr&#232;s un mulet et qui me pria de le faire arr&#234;ter au col par le cantonnier&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; car, me dit-il, vous arriverez avant moi.&lt;br class='autobr' /&gt;
Voil&#224;, pensai-je, un homme qui se fait une juste id&#233;e de la sup&#233;riorit&#233; de la polymultiplication et qui n'a jamais connu la d&#233;finition du cycliste monomultipli&#233;&#160;: un monsieur qui se prom&#232;ne en poussant &#224; c&#244;t&#233; de lui un v&#233;locip&#232;de. Cette d&#233;finition remonte &#224; 1869&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; elle est malheureusement toujours exacte pour les trois quarts des cyclistes, ainsi que je m'en suis rendu compte ce matin m&#234;me &#224; l'occasion d'une course d'automobiles &#224; la mont&#233;e de Planfoy. Cet &#233;v&#233;nement avait attir&#233; vers la montagne les cohortes de banlieusards qui ne fr&#233;quentent que la plaine et qui, apr&#232;s une vaine tentative d'enlever de haute lutte les 6 kilom&#232;tres &#224; 6 1/4&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;%, avaient pris le train.&lt;br class='autobr' /&gt;
Dans un avenir sans doute prochain, gr&#226;ce aux efforts combin&#233;s des r&#233;tro&#239;stes et des l&#233;vocyclettistes, on pourra s'offrir pour la mont&#233;e des c&#244;tes un train moins rapide encore. Les r&#233;tro&#239;stes parlaient de 4 kilom&#232;tres et demi &#224; l'heure et se croyaient bien malins, mais les levi&#233;ristes ont d&#233;j&#224; abaiss&#233; le record &#224; 3 kilom&#232;tres 600. C'est de La Revue du &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;T. C. F.&lt;/span&gt; de ce mois que nous tirons ces derniers hauts faits des hommes qui ont jur&#233; de pousser jusqu'aux extr&#234;mes limites, usque ad absurdum, les perfectionnements de la bicyclette. Au lieu de prendre le train onze qui fait encore du 5 &#224; l'heure, on prendra le train r&#233;tro qui sera bient&#244;t, je l'esp&#232;re, &#224; 4, ou le train levo qui est actuellement &#224; 3 1/2 kilom&#232;tres, toujours &#224; l'heure, entendons-nous bien.&lt;br class='autobr' /&gt;
Et l'&#201;cole St&#233;phanoise qui s'&#233;tait imagin&#233;e que les perfectionnements devaient tendre &#224; augmenter la vitesse de marche sans augmenter la fatigue, m&#234;me et surtout &#224; la mont&#233;e des routes v&#233;lo&#231;ables les plus dures, qui s'applaudissait de faire le 10&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;% &#224; 10 et le 15&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;% &#224; 8 &#224; l'heure et d'avoir gravi le Ventoux en deux heures et demie&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;!&lt;br class='autobr' /&gt;
Pas de &#231;a, Lisette, le progr&#232;s consiste &#224; faire &#224; bicyclette le Ventoux (22 kilom&#232;tres) en 6 heures, moins vite que les pi&#233;tons qui le font en cinq heures.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le col du Noyer est de la cat&#233;gorie des cols d&#233;cevants, de ces cols que l'on croit tenir alors qu'on en est encore loin, tels le Stelvio en venant de Santa Maria ou de Bormio, le Gothard du c&#244;t&#233; d'Hospenthal. Ce sont des cols &#224; deux &#233;tages s&#233;par&#233;s par un palier ou une pente moindre qui, pendant qu'on gravit la premi&#232;re partie, &#233;loigne et dissimule la seconde. Mon pneu, qui depuis le matin se comportait honn&#234;tement, partage ma d&#233;convenue au point d'en perdre le souffle. Je le sens qui talonne&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; vite un coup de pompe&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; je r&#233;parerai au sommet, mais il faut me livrer deux ou trois fois en un quart d'heure &#224; ce peu agr&#233;able exercice.&lt;br class='autobr' /&gt;
Ah&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! que j'ai chaud&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! pas d'autre ombre que celle des poteaux du t&#233;l&#233;graphe, pas d'autre eau que celle d'un ruisselet qui court &#224; travers un champ de cailloux en contrebas de la route&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; un soleil tropical, une su&#233;e &#224; ne me laisser que les os et la peau. Je rencontre pourtant une cr&#233;ature humaine qui sue encore plus que moi.&lt;br class='autobr' /&gt;
Derri&#232;re le mulet que j'&#233;tais charg&#233; d'arr&#234;ter, trotte une femme dont le visage ruisselle, dont les cheveux coll&#233;s aux tempes &#233;carlates ont perdu toute pr&#233;tention &#224; l'&#233;l&#233;gance. Je la f&#233;licite d'avoir rattrap&#233; le fuyard. &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;C'est que &#231;a vaut de l'argent, une b&#234;te comme &#231;a, me r&#233;pond-elle&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Elle voulait plut&#244;t dire que ce mulet lui &#233;tait utile et valait du travail. C'est &#224; mon avis une fa&#231;on de parler erron&#233;e et f&#226;cheuse que de toujours estimer en argent la valeur utile, c'est-&#224;-dire la valeur de production ou de consommation des objets que l'on poss&#232;de. Cela donne &#224; l'id&#233;e de l'argent consid&#233;r&#233; comme monnaie, dans l'esprit des gens peu cultiv&#233;s, une importance qu'il n'a pas, au pr&#233;judice de l'id&#233;e de travail qui est la seule importante.&lt;br class='autobr' /&gt;
La route, pas fameuse d&#232;s le d&#233;but, finit par n'&#234;tre &#224; quelques endroits qu'un lit de cailloux&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; on n'avance que par sauts et la roue motrice patine fr&#233;quemment. Je c&#244;toie une belle flaque de neige qui alimente un petit bassin o&#249; viennent boire quelques troupeaux &#233;pars &#224; travers les pierres&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; les bergers m'annoncent que je serai bient&#244;t au bout de mes peines. Cela se voit et cela se sent, car l'air devient vif et m&#234;me froid.&lt;br class='autobr' /&gt;
La maison du cantonnier, massive, aux murs &#233;pais, est l&#224; juste au sommet. Mon pneu est plat, je renverse ma machine et proc&#232;de &#224; une inspection m&#233;ticuleuse. Accident bizarre, je trouve, sortant de la chambre &#224; air, tout pr&#232;s de la valve, une mince ar&#234;te de fer rouill&#233;, longue de cinq centim&#232;tres&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! L'enveloppe est intacte, l'ar&#234;te est d'ailleurs entr&#233;e dans la chambre du c&#244;t&#233; de la jante et elle a fait trois petits trous sur le c&#244;t&#233; diam&#233;tralement oppos&#233; pendant que je talonnais. Ce morceau de fer avait d&#251; p&#233;n&#233;trer sous l'enveloppe sans l&#233;ser d'abord la chambre, il avait d&#251; se loger quelque temps tr&#232;s innocemment dans le fond de la jante d'o&#249;, sous une influence inconnue, il avait peu &#224; peu, en se redressant, perc&#233; la chambre et l'emp&#226;ture de la valve qui est en caoutchouc moul&#233;. Je r&#233;pare avec tous les soins possibles, mais &#224; cet endroit-l&#224; les r&#233;parations sont peu durables et j'aurai jusqu'au soir &#224; regonfler souvent ce pneumatique. Peut-&#234;tre aurais-je pr&#233;venu cet accident en passant la main sous mon enveloppe lors du pr&#233;c&#233;dent d&#233;montage&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; c'est une op&#233;ration qu'on devrait toujours faire et au cours de laquelle on trouve parfois une pointe d'&#233;pine, un gravier ou tout autre objet meurtrier &#224; la longue pour la chambre &#224; air. Faute d'avoir pris cette pr&#233;caution, je dus d&#233;monter encore une fois le lendemain matin pour remplacer la pastille coll&#233;e sur l'emp&#226;ture et regonfler ensuite toutes les deux heures jusqu'&#224; mon retour. Que mon exemple puisse servir de le&#231;on &#224; ceux qui se pressent toujours trop en r&#233;parant un pneumatique. Pendant que je travaille, aid&#233; par la femme du cantonnier, une accorte petite brunette, le cantonnier r&#233;pond &#224; mes questions.&lt;br class='autobr' /&gt;
Il est claquemur&#233; par la neige pendant quatre mois sans pouvoir sortir et ce n'est pas tr&#232;s gai l'existence dans cette solitude o&#249; il ne fait vraiment beau comme aujourd'hui que 15 jours par an. Je me f&#233;licite d'avoir choisi un de ces quinze jours-l&#224;. &lt;br /&gt;&#8212; Avez-vous vu passer des automobiles&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;?
&lt;br /&gt;&#8212; Oui, l'an dernier deux petites voitures qui venaient de Gap, et je m'&#233;tonne qu'elles aient pu arriver sans encombre.&lt;br class='autobr' /&gt;
Je m'en suis &#233;tonn&#233; aussi quand j'ai fait, un instant apr&#232;s, la descente sur le Noyer.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le cantonnier donne &#224; boire, &#224; manger, et peut m&#234;me mettre quelques lits &#224; la disposition des voyageurs.&lt;br class='autobr' /&gt;
Mes six compagnons qui n'arriv&#232;rent le soir m&#234;me l&#224;-haut qu'&#224; 20 heures pass&#233;es, en furent enchant&#233;s&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; car ils n'auraient pu, dans l'obscurit&#233;, entreprendre la descente.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#192; leur arriv&#233;e, le cantonnier qui &#233;tait d&#233;j&#224; couch&#233; &#8212; dame, les distractions vesp&#233;rales manquent au col du Noyer &#8212; ne se d&#233;termina &#224; ouvrir qu'apr&#232;s avoir minutieusement inspect&#233; les arrivants. Avec des &#339;ufs, des pommes de terre et du fromage, on improvisa un repas v&#233;g&#233;tarien o&#249; il entra pourtant, m'a-t-on dit, un peu de jambon et l'on eut trois lits pour six.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#192; 15 heures, je commen&#231;ai la descente que je comparerai volontiers &#224; celle du col du Parpaillon vers la vall&#233;e de l'Ubaye par son trac&#233; au flanc d'une montagne d'o&#249; les coul&#233;es de pierres sont chose fr&#233;quente. &#199;&#224; et l&#224;, on trouve la route barr&#233;e par un &#233;boulis&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; on peut passer &#224; la rigueur, mais il est plus prudent de mettre pied &#224; terre. D&#232;s qu'on a franchi les premiers lacets encore bien garnis de neige en cette saison, on aper&#231;oit, l&#224;-bas tout au fond, le village du Noyer o&#249; vraiment il me tardait d'arriver.&lt;br class='autobr' /&gt;
La vue, pendant la descente, s'&#233;tend jusqu'aux sommets du Pelvoux, mais les alentours imm&#233;diats sont bien moins impressionnants qu'au Parpaillon o&#249; il semble qu'on va plonger dans un ab&#238;me insondable quand le brouillard, comme le jour o&#249; nous y pass&#226;mes, masque le fond de l'&#233;troite gorge. Au Noyer, tout le monde est dehors&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; je me fais indiquer la route de Lacoue, marqu&#233;e en pointill&#233; sur ma carte au 1/200 000, mais que le cantonnier m'avait assur&#233; &#234;tre aussi bonne sinon meilleure que celle de Poligny. &#192; la v&#233;rit&#233;, elle n'est pas fameuse et elle a des passages tout &#224; fait d&#233;testables. Enfin, l'on peut rouler et j'arrive cahin caha &#224; la belle route de Gap &#224; la Mure o&#249; je me console de mes tribulations en me laissant filer &#224; la vitesse limite jusqu'au pont sur le Drac.&lt;br class='autobr' /&gt;
De l&#224; &#224; Corps, c'est une succession de raidillons, de descentes rapides, de mont&#233;es longues, de passages ensabl&#233;s &#224; c&#244;t&#233; d'autres passages admirablement roulants, &#224; lasser les monomultipli&#233;s les plus tenaces. Un changement en marche est aussi rendu obligatoire, car les in&#233;galit&#233;s du terrain se succ&#232;dent rapidement.&lt;br class='autobr' /&gt;
Si j'avais eu deux heures de plus, j'aurais fait une incursion rapide dans le Valgaudemar, mais je dus me contenter de jeter un regard d'envie vers cette gorge d'o&#249; sort un torrent presque aussi important que le Drac et par laquelle on p&#233;n&#232;tre jusqu'au c&#339;ur du massif du Pelvoux. Apr&#232;s Corps, la route descend plus qu'elle ne monte, bien que les contrepentes ne manquent pas, et l'on arrive au Pont-Haut apr&#232;s une descente fatigante pour les freins qu'il faut tenir serr&#233;s &#224; cause du mauvais &#233;tat du sol et des sinuosit&#233;s incessantes de la route qui obligent &#224; beaucoup de prudence. Cela n'a pourtant rien de comparable avec la descente du Noyer.&lt;br class='autobr' /&gt;
De Pont-Haut est situ&#233; au fond d'un curieux entassement de montagnes &#233;ventr&#233;es, qui m'avait frapp&#233; quand je passai l&#224; pour la premi&#232;re fois en 1902 en allant au col d'Ornon.&lt;br class='autobr' /&gt;
Tout doucement, je grimpe &#224; la Mure (4500 m&#232;tres et 300 m&#232;tres d'&#233;l&#233;vation) et je descends &#224; 20 heures plus repos&#233; assur&#233;ment que je ne l'&#233;tais en arrivant au col du Noyer, &#224; l'ancien h&#244;tel de la gare d&#233;nomm&#233; maintenant h&#244;tel de la paix.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le nouvel h&#244;tel de la gare, toujours dirig&#233; par M.&#160;Marron, se trouve &#224; c&#244;t&#233; de la gare. Deux de mes amis venant du Vercors y descendaient &#224; la m&#234;me heure et nous pass&#226;mes ainsi la nuit sans nous en douter &#224; cent m&#232;tres les uns des autres.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#192; 2 h. 1/2, r&#233;veil en musique&#160;: vent, pluie, tonnerre, &#233;clairs, toutes les cordes de la lyre vibraient &#224; la fois&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; je me h&#226;tai de fermer les volets et, malgr&#233; le bruit, je ne tardai pas &#224; refermer les yeux. La pluie paraissant devoir durer, je renon&#231;ai &#224; allonger mon itin&#233;raire de retour qui passait par Vinay, Roybon et Saint-Vallier et je me d&#233;cidai de rentrer par le plus court. Grenoble, Saint-Etienne de Saint-Geoirs et Andance. J'avais donc du temps de reste et je pouvais dormir tranquillement.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#192; 7 heures, il pleuvait encore, &#224; 8 heures il pleuvait toujours&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; mais &#224; 9 heures le soleil fit une risette et je partis. Un kilom&#232;tre plus loin je dus d&#233;rouler le manteau et la pluie se remit &#224; tomber plus drue que jamais. La route &#233;tait d&#233;fonc&#233;e, ravin&#233;e, pleine d'eau&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; la descente Laffrey-Vizille me parut longue, interminable&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; je la fis sous la pluie &#224; une allure de tortue&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; mes deux freins sur jante tinrent bon heureusement, mais j'&#233;tais dans les transes. Assis tr&#232;s en arri&#232;re, presque sur mon porte-bagage, j'avais fort &#224; faire pour &#233;viter les trop profondes orni&#232;res, et pour ne pas d&#233;raper dans le sable que la plaie avait amoncel&#233; et qui parfois barrait compl&#232;tement la route. De temps en temps, je m'arr&#234;tai pour laisser mes jantes se refroidir et mes nerfs se calmer et j'en profitai pour admirer, malgr&#233; la brume et la pluie, au-dessous de moi, l'&#233;troit vallon de la Romanche et V&#239;zille se rapprochant de plus en plus. La pluie me laissa quelque r&#233;pit jusqu'&#224; Grenoble que je traversai de 11 heures et demie &#224; midi, mais elle recommen&#231;a ensuite de plus belle. Bref, de 9 heures &#224; 15 heures, je p&#233;dalai sous les cataractes c&#233;lestes et ne m'en portai pas plus mal pour cela. &#192; 19 heures, j'&#233;tais &#224; Annonay ou j'oubliais les p&#233;rip&#233;ties de mon excursion aupr&#232;s de l'aimable famille de mon ami F&#233;asson, un r&#233;tro&#239;ste de la premi&#232;re heure, plus convaincu que jamais de la sup&#233;riorit&#233; de la r&#233;trodirecte, mais admettant cependant que le r&#233;trop&#233;dalage peut ne pas &#234;tre &#233;galement avantageux pour tous les cyclistes.&lt;br class='autobr' /&gt;
La peste soit des gens qui, ayant enfourch&#233; un dada, veulent que tout le monde monte en croupe et traitent plus ou moins ouvertement d'&#226;nes b&#226;t&#233;s les r&#233;calcitrants&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! C'est contre eux que se retournent leurs railleries enfantines. Que penseriez-vous de moi si, parce que je suis satisfait de la tige de selle oscillante, je pr&#233;tendais que tous les cyclistes doivent l'adopter&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;?&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title> Meeting d'&#233;t&#233; (Juillet-Ao&#251;t 1921)</title>
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		<dc:date>2020-07-31T09:35:14Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>velovi</dc:creator>


		<dc:subject>Paul de Vivie, dit V&#233;locio</dc:subject>
		<dc:subject>Entre 1918 et 1939</dc:subject>
		<dc:subject>L&#233;vocyclette</dc:subject>
		<dc:subject>R&#233;trodirecte</dc:subject>
		<dc:subject>Roue libre</dc:subject>
		<dc:subject>polymultipli&#233;e</dc:subject>
		<dc:subject>Acat&#232;ne</dc:subject>
		<dc:subject>Mono</dc:subject>
		<dc:subject>Pilat</dc:subject>
		<dc:subject>Bicyclette &#224; moteur adjacent</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;&#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#8239;Une l&#233;vocyclette apparut, toujours majestueuse, puis trois ou quatre r&#233;tros, parmi lesquelles la v&#233;n&#233;rable monture du capitaine Perrache, qui date de 1904, mais qui entre les mains de son propri&#233;taire, M.&#160;F.., d'Annonay, conserve et conservera longtemps encore l'&#233;clat de la jeunesse&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; elle effaroucha un peu les tout jeunes par sa roue libre de 42 dents&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! car elle naquit au temps o&#249; l'on ne jurait que par les pignons d'immense envergure.&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;&lt;/p&gt;

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&lt;a href="http://velotextes.fr/spip.php?rubrique37" rel="directory"&gt;1914-1930 P&#233;riode meetings, exp&#233;riences et r&#233;miniscences&lt;/a&gt;

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&lt;a href="http://velotextes.fr/spip.php?mot1" rel="tag"&gt;Paul de Vivie, dit V&#233;locio&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://velotextes.fr/spip.php?mot12" rel="tag"&gt;Entre 1918 et 1939&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://velotextes.fr/spip.php?mot19" rel="tag"&gt;L&#233;vocyclette&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://velotextes.fr/spip.php?mot21" rel="tag"&gt;R&#233;trodirecte&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://velotextes.fr/spip.php?mot22" rel="tag"&gt;Roue libre&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://velotextes.fr/spip.php?mot23" rel="tag"&gt;polymultipli&#233;e&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://velotextes.fr/spip.php?mot25" rel="tag"&gt;Acat&#232;ne&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://velotextes.fr/spip.php?mot60" rel="tag"&gt;Mono&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://velotextes.fr/spip.php?mot87" rel="tag"&gt;Pilat&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://velotextes.fr/spip.php?mot95" rel="tag"&gt;Bicyclette &#224; moteur adjacent&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;Par Paul de Vivie alias V&#233;locio, Le Cycliste, Juillet-Ao&#251;t 1921, source Archives d&#233;partementales de la Loire, cote &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;IJ871&lt;/span&gt;/3&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Le Cycliste&lt;/i&gt; a de bons amis, de tr&#232;s bons amis qui, de loin comme de pr&#232;s, ne laissent passer aucune occasion de lui &#234;tre agr&#233;able ou de lui rendre service.&lt;br class='autobr' /&gt;
Tels ceux qui alimentent son budget de propagande ou qui, un peu sur tous les points du territoire, et surtout &#224; Paris, se donnent la peine de lui conqu&#233;rir des abonn&#233;s, de le faire conna&#238;tre autour d'eux, d'en parler au cours de leurs voyages, &#224; tel point que nous recevons souvent des demandes ainsi formul&#233;es&#160;: &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;Un touriste rencontr&#233; par hasard m'a assur&#233; que &lt;i&gt;Le Cycliste&lt;/i&gt; m'int&#233;resserait. Veuillez donc m'en adresser un sp&#233;cimen.&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;&lt;br class='autobr' /&gt;
Tels encore ceux qui, collaborateurs absolument d&#233;sint&#233;ress&#233;s, apr&#232;s avoir fait quelques excursions int&#233;ressantes ou quelques observations utiles, passent de longues heures &#224; en tirer des r&#233;cits, &#224; en d&#233;duire des commentaires, dont tous les lecteurs feront ensuite leur profit, ceux qui en un mot font &lt;i&gt;Le Cycliste&lt;/i&gt;, il lui donnent tout son int&#233;r&#234;t, sa seule raison d'&#234;tre.&lt;br class='autobr' /&gt;
Tels aussi ceux qui nous sacrifient un dimanche pour se rendre &#224; nos meetings, m&#234;me quand nous les fixons en des lieux d'acc&#232;s assez difficile, comme l'est actuellement le Cr&#234;t-de-la-Perdrix, &#224; cause du mauvais entretien des routes qui y conduisent.&lt;br class='autobr' /&gt;
Et ces derniers ont &#233;t&#233; le 24&#160;juillet deux, trois fois plus nombreux que nous n'&#233;tions en droit de l'esp&#233;rer. Plus de deux cents cyclotouristes ont &#233;volu&#233;, entre 6 heures et 12 heures, autour de la Jasserie du Pil&#226;t, venant de tous les points de l'horizon et dont beaucoup, pour ne point manquer le lever du soleil, qui entre parenth&#232;ses a plut&#244;t &#233;t&#233; terne, avaient d&#251; passer la nuit dans le foin, qui au Bessat, qui aux Grands Bois, qui &#224; la Valla, ceux-ci dans une ferme isol&#233;e, ceux-l&#224; &#224; la Jasserie m&#234;me, faute de place dans les h&#244;tels.&lt;br class='autobr' /&gt;
Nous ne v&#238;mes pas le moindre essai de campement, et deux jeunes abonn&#233;s du &lt;i&gt;Cycliste&lt;/i&gt;, qui pass&#232;rent deux jours auparavant &#224; Saint-&#201;tienne, auraient obtenu un grand succ&#232;s s'ils avaient eu la bonne id&#233;e de faire co&#239;ncider leur passage dans nos montagnes avec le jour du meeting. Ces jeunes gens portaient sur leurs machines une compl&#232;te installation de camping, comprenant une vaste tente triangulaire, avec porte et deux fen&#234;tres munies de moustiquaires, lampe Primus et batterie de cuisine, sacs de couchage tr&#232;s chauds et tr&#232;s l&#233;gers. Joignez &#224; cela vivres, effets de rechange, appareils photographiques, et vous ne serez pas Surpris du poids global de 26 kilos qu'emmenait gaillardement chaque cycliste depuis dix jours, &#224; travers les Alpes, le Vercors et les C&#233;vennes. On campait chaque soir, tant&#244;t dans&lt;br class='autobr' /&gt; un bois, tant&#244;t sur le bord d'un lac ou d'une rivi&#232;re, on vivait des provisions achet&#233;es&#160;: lait, &#339;ufs et fruits, dans le dernier village, et la d&#233;pense quotidienne ne d&#233;passait jamais dix francs par t&#234;te.&lt;br class='autobr' /&gt;
Aurions-nous tous &#233;t&#233; surpris et ravis de trouver une aussi compl&#232;te et confortable installation dans le dernier petit bouquet de bois qui domine la jasserie, et qui s'y pr&#234;tait d'ailleurs admirablement&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! Vraiment, si j'&#233;tais un peu plus ma&#238;tre de mon temps, je tenterais d'organiser l&#224; un campement &#224; l'anglaise, o&#249; l'on pourrait venir passer &#224; tour de r&#244;le, les uns quelques jours, les autres une semaine, o&#249;, chacun &#224; son tour, on aurait &#224; pourvoir &#224; l'ordinaire et &#224; garder le camp. Ce retour &#224; la vie primitive ne manquerait pas de charme&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; les excursions, la cueillette des airelles, les causeries, peut-&#234;tre m&#234;me quelques concerts, et enfin la sonnerie matinale appelant au Cr&#234;t de la Perdrix les admirateurs du soleil levant, suffiraient &#224; remplir la journ&#233;e, sans parler des cures d'air, de vent et de soleil que l'on pourrait s'offrir dans les profondeurs des bois solitaires. Les ruisseaux, &#224; la v&#233;rit&#233;, sont un peu loin, mais les truites y foisonnent, et des cascades d'importance, comme celle du Saut-du-Gier, offrent des douches gratuites et fra&#238;ches &#224; souhait par ces temp&#233;ratures caniculaires.&lt;br class='autobr' /&gt;
Les dames &#233;taient nombreuses, comme toujours, mais les tandems furent rares&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; les appareils propres &#224; transporter les enfants se r&#233;duisirent. &#224; deux&#160;: le double porte-b&#233;b&#233; de M.&#160;M..., de Bourg-Argental, et la tr&#232;s confortable remorque de Vavitto d'Essantes, que nos lecteurs connaissent, depuis longtemps. Ni la roue porteuse, ni la roue lat&#233;rale motrice, ni la monodame, ni enfin aucun des nombreux mod&#232;les de side-cars pour enfants qu'un constructeur parisien s'efforce de lancer et qui, de plus en plus nombreux en Angleterre, commencent &#224; &#234;tre fr&#233;quemment rencontr&#233;s autour de la capitale. Le Pil&#226;t est un peu haut et ses voies d'acc&#232;s sont trop peu engageantes pour qu'on ose s'y aventurer en remorquant des fardeaux pr&#233;cieux.&lt;br class='autobr' /&gt;
Inutile de dire que la polyxion fut brillamment repr&#233;sent&#233;e et que deux ou trois monos a peine os&#232;rent se montrer, apr&#232;s avoir &#233;t&#233; pouss&#233;es &#224; la c&#244;te par leurs propri&#233;taires, jeunes pourtant et vigoureux&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; alors que gr&#226;ce &#224; sa six vitesses par whippet Chemineau, notre aimable doyen, M.&#160;G..., dans sa 73&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; ann&#233;e, avait pu grimper gaillardement de Saint-&#201;tienne au Cr&#234;t-de-la-Perdrix, o&#249; il fit tout le jour notre &#233;tonnement et notre joie par son entrain, son brio, sa bonne humeur qui, ne se d&#233;mentant pas un instant, t&#233;moigna, tr&#232;s clairement qu'avec une bonne poly, un trois quarts de si&#232;cle peut cyclotourister sans fatigue, m&#234;me en haute montagne&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; j'esp&#232;re pouvoir dans quatre ans confirmer &#224; mon tour cette v&#233;rit&#233; .&lt;br class='autobr' /&gt;
Faut-il redire une fois de plus que, dans notre r&#233;gion du moins, les whippets ou d&#233;railleurs de cha&#238;ne tiennent toujours le premier rang. Il y aurait eu, parmi les deux cents et quelques bicyclettes pr&#233;sentes, plus de cinquante Chemineau, comme on me l'a assur&#233;, que je n'en serais pas &#233;tonn&#233;, tant on en voyait dans tous les coins. Les Audouard &#233;taient venus moins nombreux que d'habitude, mais les &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;As&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; qui se multiplient prodigieusement, ont combl&#233; le d&#233;ficit, et l'on m'en a fait compter seize, alors qu'au pr&#233;c&#233;dent meeting du 10&#160;avril nous en avions vu seulement quatre. Les d&#233;railleurs P. d'A, Boizot, Hervier, Alpin, Gauloise, &#233;taient aussi repr&#233;sent&#233;s le 24&#160;juillet, quelquefois, il est vrai, par une seule machine, qui n'en avait que plus de m&#233;rite &#224; nos yeux, car ce sont l&#224; syst&#232;mes oubli&#233;s, que la r&#233;clame aux cent trompettes ne conna&#238;t pas. La 4 ou 8 vitesses &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;H. T.&lt;/span&gt; de Terrot, qui r&#233;unit le cachet et le luxe de la grande marque &#224; la &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;practicability&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; du d&#233;mocratique d&#233;railleur, se montrait ou plut&#244;t se laissait voir en nombreux exemplaires. Ce qui s'oppose un peu au prompt d&#233;veloppement des syst&#232;mes Terrot, Hervier, Audouard et Boizot, c'est qu'ils ne s'adaptent pas aussi facilement &#224; n'importe quelle machine, qu'ils obligent &#224; remplacer le moyeu de l'arri&#232;re-train, ce qui ne se fait pas en un clin d'&#339;il et sans frais. Tandis que le Chemineau et l'As, pour ne parler que des survivants de la grande guerre, s'adaptent en quelques heures aux bicyclettes de toutes marques&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; ainsi, j'ai vu une Cl&#233;ment de course, c'est-&#224;-dire &#224; arri&#232;re tr&#232;s &#233;troit, qui le samedi matin n'&#233;tait encore qu'une vulgaire et &#233;reintante mono, et qui le samedi soir pouvait grimper au Pil&#226;t munie d'un Chemineau &#224; six vitesses&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! Voil&#224; le secret de la propagation rapide de ce syst&#232;me, avec lequel seul l'As peut rivaliser sous ce rapport en ne donnant, il est vrai, que 4 vitesses&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; mais pour un bon randonneur est-ce que 4 vitesses bien choisies de 3 m&#232;tres &#224; 6 m,35, ne suffisent pas&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;? Vous allez me r&#233;pondre peut-&#234;tre que j'ai souvent engag&#233; les cyclotouristes &#224; avoir &#224; leur disposition une plus compl&#232;te &#233;chelle de 2 m&#232;tres &#224; 7 m&#232;tres, afin d'&#234;tre toujours en &#233;tat de r&#233;pondre &#224; toutes les provocations de la route. Je l'avoue, mais j'&#233;tablis quelque diff&#233;rence entre randonneur et cyclotouriste.&lt;br class='autobr' /&gt;
Les moyeux &#224; 2 et 3 vitesses &#233;taient tr&#232;s nombreux, seuls ou combin&#233;s avec la flottante ou la bi-cha&#238;ne&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; ces deux derniers dispositifs se voyaient aussi seuls, ou li&#233;s ensemble, sur une trentaine de bicyclettes. Ce sont l&#224;, et surtout&lt;br class='autobr' /&gt; la flottante, syst&#232;mes que ni la r&#233;clame, ni les succ&#232;s sportifs, ne mettront jamais en vedette, mais qui se maintiendront et se propageront par la seule force du bon sens. Une l&#233;vocyclette apparut, toujours majestueuse, puis trois ou quatre r&#233;tros, parmi lesquelles la v&#233;n&#233;rable monture du capitaine Perrache, qui date de 1904, mais qui entre les mains de son propri&#233;taire, M.&#160;F.., d'Annonay, conserve et conservera longtemps encore l'&#233;clat de la jeunesse&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; elle effaroucha un peu les tout jeunes par sa roue libre de 42 dents&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! car elle naquit au temps o&#249; l'on ne jurait que par les pignons d'immense envergure. Il y aurait eu une touricyclette si j'avais amen&#233; la mienne, mais j'avais pr&#233;f&#233;r&#233; monter avec une l&#233;g&#232;re randonneuse&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; sans cela toutes les laur&#233;ates des concours &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;T. C. F.&lt;/span&gt; auraient &#233;t&#233; repr&#233;sent&#233;es.&lt;br class='autobr' /&gt;
Pour cette fois, la Loire l'emporta de beaucoup par le nombre sur tous les d&#233;partements voisins&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; cependant le Rh&#244;ne nous envoya un tr&#232;s fort contingent, l'Ard&#232;che et la Dr&#244;me, l'Ain et la Haute-Loire d&#233;l&#233;gu&#232;rent quelques unit&#233;s, et quand tous, apr&#232;s le lever du soleil, furent r&#233;unis &#224; la Jasserie, il ne nous manqua qu'un orateur de plein air, capable de nous entretenir pendant dix minutes des bienfaits de la Polyx&#233;e, ne f&#251;t-ce que pour faire pi&#232;ce aux nouveaux pontifes du Touring qui la d&#233;clarent inutile et m&#234;me dangereuse&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;!&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;!&lt;br class='autobr' /&gt;
A d&#233;faut de discours, on obtint &#224; la ferme d'excellent caf&#233; au lait, de bonne soupe, des &#339;ufs, du pinard, de la bi&#232;re, du caf&#233;, tout ce qui pouvait compl&#233;ter heureusement les provisions apport&#233;es, et l'on d&#233;jeuna joyeusement. Par petits groupes ou isol&#233;ment, des cyclistes arrivaient encore, en m&#234;me temps que d'autres partaient, et il en arriva ainsi jusqu'&#224; 13 heures.&lt;br class='autobr' /&gt;
Bref, par le nombre des participants, ce meeting a battu de loin tous les pr&#233;c&#233;dents, mais par le nombre et l'int&#233;r&#234;t des nouveaut&#233;s y amen&#233;es il leur a &#233;t&#233; inf&#233;rieur. Un cyclotracteur avait essay&#233; d'y grimper, mais une panne d'allumage avait oblig&#233; son propri&#233;taire &#224; pousser sa machine et son moteur pendant plusieurs heures. Ces moteurs adjuvants n'aiment pas les dures et longues rampes.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#192; ce propos, permettez-moi de comparer en quelques lignes les m&#233;thodes de vulgarisation des nouveaut&#233;s fran&#231;aises et &#233;trang&#232;res. Quand les moyeux Sturmey, Pedersen (anglais), Torp&#233;do (allemand), parurent, je priai les constructeurs de me pr&#234;ter un de leurs moyeux pour que je puisse me faire une opinion motiv&#233;e de leurs m&#233;rites, afin de renseigner en connaissance de cause Les lecteurs du &lt;i&gt;Cycliste&lt;/i&gt;. Ils m'en confi&#232;rent imm&#233;diatement des &#233;chantillons.&lt;br class='autobr' /&gt;
La Sv&#233;a, &#224; Stockholm, me confia plus tard une l&#233;vo, la Touricyclette &#224; Paris, Terrot &#224; Dijon, me mirent &#224; m&#234;me d'essayer longuement l'une son acat&#232;ne &#224; deux vitesses, l'autre son d&#233;railleur H.&lt;br class='autobr' /&gt;
Je pensais donc que le Cyclotracteur et le Sicam, qui se disputent en ce moment les faveurs des cyclistes qui d&#233;sirent s'aider d'un petit cheval de renfort, me fourniraient l'occasion de faire quelques essais personnels et me donneraient des adresses de cyclistes habitant notre r&#233;gion accident&#233;e, et se servant d&#233;j&#224; de ces appareils. Mais ces constructeurs ne m'ont r&#233;pondu que par l'envoi d'un bulletin de commande, sans le moindre commentaire. Pour agir ainsi, il faut bien &#234;tre certains qu'un syst&#232;me ne peut manquer de donner satisfaction &#224; tout le monde, ou bien n'avoir pas soi-m&#234;me confiance dans ce que l'on vend, et n'avoir d'autre but que de d&#233;biter sa camelote sans se soucier de ce qu'il en adviendra&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;!&lt;br class='autobr' /&gt;
Nous avions eu l'intention, ob&#233;issant en cela aux indications de notre ami F..., d'Annonay, de fixer le meeting d'automne &#224; Saint-Maurice-l'Exil, sur la rive gauche du Rh&#244;ne, entre les Roches-de-Condrieu &#224; 7 kilom&#232;tres, et le P&#233;age-du-Roussillon, &#224; 3 kilom&#232;tres. Le site est parait-il, charmant et l'on y a une tr&#232;s belle vue, de bas en haut, sur toute la cha&#238;ne du Pilat. R&#233;flexion faite, nous croyons pr&#233;f&#233;rable de garder pour un meeting de printemps ce site champ&#234;tre qui, apr&#232;s l'&#233;t&#233; que nous subissons, sera plut&#244;t dans quelques semaines aride et br&#251;l&#233; du soleil, et qui gagnera &#224; &#234;tre vu au moment o&#249; les bords de notre grand fleuve se couvrent de verdure et de fleurs.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le dimanche 23&#160;octobre prochain, nous nous r&#233;unirons donc, de 9 &#224; 14 heures, au col de Pavezin, situ&#233; &#224; peu pr&#232;s &#224; &#233;gale distance de Lyon et de Saint-&#201;tienne, entre Rive-de-Gier et Condrieu.&lt;br class='autobr' /&gt;
Nous nous y sommes d&#233;j&#224; r&#233;unis souvent avant la guerre, et nous avons tous conserv&#233; de ces meetings un excellent souvenir, car ce col minuscule est un tr&#232;s beau belv&#233;d&#232;re ouvert sur les Alpes et sur la vall&#233;e du Rh&#244;ne.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le prochain num&#233;ro du &lt;i&gt;Cycliste&lt;/i&gt; ne devant para&#238;tre qu'en octobre, nous prions les lecteurs d'inscrire d&#232;s maintenant sur leur agenda la date du 23&#160;octobre, de crainte que nous ne puis-sons la leur rappeler &#224; temps.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; V&#233;locio.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>LEVOCYCLETTES LA &#8220; SVEA &#8221; (1904)</title>
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		<dc:date>2020-06-12T11:45:38Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>velovi</dc:creator>


		<dc:subject>Paul de Vivie, dit V&#233;locio</dc:subject>
		<dc:subject>Entre 1900 et 1914</dc:subject>
		<dc:subject>L&#233;vocyclette</dc:subject>
		<dc:subject>Svea</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;&#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#8239;Je viens de parcourir exactement 2.510 kilom&#232;tres sur une levocyclette Svea mise gracieusement &#224; ma disposition pour tous et tels essais qu'il me plairait de faire. Ces kilom&#232;tres ont &#233;t&#233; faits sur routes de toute cat&#233;gorie, bonnes, mauvaises, en mont&#233;es, en descentes, sur les pav&#233;s, sous la pluie et dans la boue, une mac&#233;doine des plus vari&#233;es.&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;&lt;/p&gt;

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&lt;a href="http://velotextes.fr/spip.php?rubrique36" rel="directory"&gt;1901-1914 P&#233;riode &#201;cole st&#233;phanoise&lt;/a&gt;

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&lt;a href="http://velotextes.fr/spip.php?mot1" rel="tag"&gt;Paul de Vivie, dit V&#233;locio&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://velotextes.fr/spip.php?mot11" rel="tag"&gt;Entre 1900 et 1914&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://velotextes.fr/spip.php?mot19" rel="tag"&gt;L&#233;vocyclette&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://velotextes.fr/spip.php?mot99" rel="tag"&gt;Svea&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;Par Paul de Vivie, alias V&#233;locio, Le Cycliste, Octobre 1904, source Archives d&#233;partemetnales de la Loire, Cote PER1328_8&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je viens de parcourir exactement 2.510 kilom&#232;tres sur une levocyclette Svea mise gracieusement &#224; ma disposition pour tous et tels essais qu'il me plairait de faire. Ces kilom&#232;tres ont &#233;t&#233; faits sur routes de toute cat&#233;gorie, bonnes, mauvaises, en mont&#233;es, en descentes, sur les pav&#233;s, sous la pluie et dans la boue, une mac&#233;doine des plus vari&#233;es. J'aurais voulu terminer ces essais par l'ascension du Ventoux qui devient le crit&#233;rium des grimpeurs, mais j'eus la malchance de choisir un mauvais jour, et une pluie diluvienne m'emp&#234;cha d'aller au-del&#224; de Mont&#233;limar.&lt;br class='autobr' /&gt;
Je puis donc, il me semble, parler de la Svea en connaissance de cause. C'est une machine de tourisme parfaite&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; elle est confortable, elle est reposante, comme me l'&#233;crivait r&#233;cemment un abonn&#233; du &lt;i&gt;Cycliste&lt;/i&gt;&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; elle permet de d&#233;penser tr&#232;s peu de force..., mais ce n'est pas une machine de combat, de match, de lutte, ce n'est pas un outil de course. Et les gens de bon sens comprendront que c'est justement pour cela que les levocyclettes bien construites (car j'en ai essay&#233; de pitoyables) s'imposeront t&#244;t ou tard comme de v&#233;ritables bicyclettes de tourisme, gr&#226;ce &#224; leur changement de d&#233;veloppement qu'on peut sans hyperbole qualifier de progressif.&lt;br class='autobr' /&gt;
Il y aura d'autres excellentes machines de tourisme, mais je pr&#233;tends que les levocyclettes du type Svea seront parmi les meilleures.&lt;br class='autobr' /&gt;
En effet, je veux combattre ici, &#224; propos de la Svea, et tr&#232;s vigoureusement, le pr&#233;jug&#233; qui veut qu'en vertu du pseudo axiome &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#8239;qui peut le plus peut le moins&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;, la polymultipli&#233;e capable de vaincre ses rivales sur le terrain sportif, les vaincra &#224; fortiori sur le terrain du tourisme. Cela ne serait vrai que si les polymultipli&#233;es de combat offraient &#224; c&#244;t&#233; de leurs qualit&#233;s sportives, tous les avantages que nous rencontrons chez les polymultipli&#233;es de voyage.	&lt;br class='autobr' /&gt;
Tel n'est point le cas. Alors que l'une est oblig&#233;e de fuir les complications et de se contenter de deux d&#233;veloppements en marche par deux cha&#238;nes directes, l'autre a besoin, m&#234;me au prix de quelques complications et de quelques r&#233;sistances passives, d'un grand nombre de d&#233;veloppements.	&lt;br class='autobr' /&gt;
Je ne vois gu&#232;re quel parti pourrait tirer le meilleur professionnel, dans une course en terrain accident&#233;, d'une bicyclette sur laquelle un p&#233;dalier &#224; deux ou trois vitesses aurait &#233;t&#233; ajout&#233; &#224; un moyeu idem dans le but d'obtenir les 4 ou 5 d&#233;veloppements en marche dont les touristes comprennent de plus en plus l'utilit&#233;. Plus les muscles sont affaiblis, le c&#339;ur et les art&#232;res fragiles, plus il faut &#224; chaque instant diminuer la r&#233;sistance de la p&#233;dale afin que l'effort &#224; faire soit toujours uniforme. Or, le seul moyen qu'on ait trouv&#233; de r&#233;aliser ce desideratum, &#231;'a &#233;t&#233; d'ajouter &#224; la bicyclette de l'athl&#232;te, extra simple &#224; rendement parfait, des cha&#238;nes, des engrenages, puis des roues libres et des freins, c'est-&#224;-dire beaucoup de poids et de complications. Et il s'est m&#234;me trouv&#233; de simples amateurs pour battre, &#224; l'aide de ces camions les sveltes montures des coureurs de profession lors du premier concours du &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;T. C. F.&lt;/span&gt; au Tourmalet. Cela n'aurait pas eu lieu &#233;videmment si les dits coureurs de profession avaient eu des bimultipli&#233;es et &#224; deux cha&#238;nes directes et s'ils avaient surtout appris &#224; s'en servir, car, &#224; mon avis, la polymultipli&#233;e de course qui ne tardera pas &#234;tre accept&#233;e dans les courses sur route en pays tr&#232;s accident&#233;, n'aura que deux vitesses en marche (de 3 &#224; 4 m&#232;tres et de 6 &#224; 7 m&#232;tres) par un moyeu ou un p&#233;dalier &#224; d&#233;brayage et deux cha&#238;nes.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le circuit Forez-Velay, auquel je viens de prendre part, m'a confirm&#233; dans cette opinion.&lt;br class='autobr' /&gt;
Du moment qu'on est athl&#232;te, on peut faire avec un premier d&#233;veloppement de 3 &#224; 4 m&#232;tres ce qu'un cyclotouriste de force moyenne fera avec 2m,50, 3m,50 et 5 m&#232;tres, et avec un second d&#233;veloppement de 6 &#224; 7 m&#232;tres, ce que le m&#234;me cyclo-touriste fera avec 5 m&#232;tres,m&#232;tres et 7m,50.&lt;br class='autobr' /&gt;
3m,50 et 6m,50 me semblent &#234;tre les meilleurs chiffres pour une polymultipli&#233;e de course en pays accident&#233; et pour un professionnel moyen.&lt;br class='autobr' /&gt;
Avec une telle machine harnach&#233;e un peu plus confortablement que la b&#233;cane de piste dont sont toqu&#233;s nos je&#251;nes p&#233;dards, un cyclotouriste quelconque d&#233;sirant utiliser tout son effort et atteindre sur un parcours donn&#233; son rendement maximum, obtiendra s&#251;rement une plus grande vitesse qu'avec une de nos polymultipli&#233;es de tourisme &#224; cinq ou six d&#233;veloppements, r&#233;tro ou levo&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; mais par contre, il se fatiguera, tout aussi s&#251;rement davantage&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; de cela malheureusement, il ne pourra se rendre compte qu'apr&#232;s maintes exp&#233;riences comparatives pouss&#233;es tr&#232;s loin et voil&#224; ce qui fausse le jugement de beaucoup de bons esprits qui h&#233;siteront &#224; accepter la levocyclette polymultipli&#233;e parce que, avec elle, ils ne pourront aller aussi vite de Grenoble &#224; Chamb&#233;ry par exemple, qu'avec la bimultipli&#233;e dont je parlais tout &#224; l'heure.	&lt;br class='autobr' /&gt;
Le facteur fatigue est toujours tr&#232;s difficile &#224; &#233;valuer, m&#234;me lorsqu'on est sinc&#232;re avec soi-m&#234;me. Qu'est-ce donc alors, quand on est entich&#233; d'une id&#233;e qu'on veut faire triompher envers et contre tous&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;? On marche jusqu'au vannage le plus complet avec le sourire sur les l&#232;vres, et deux minutes ayant de tomber d'&#233;puisement sur la route, on assure qu'on n'a jamais &#233;t&#233; aussi frais et dispos&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;!&lt;br class='autobr' /&gt;
Toutes les fois qu'avec une Svea j'ai &#233;t&#233; seul, je l'ai trouv&#233;e tr&#232;s allante et tr&#232;s peu fatigante&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; le trajet archi-connu Saint-&#201;tienne-Lyon par exemple, 60 kilom&#232;tres dont 15 de pav&#233;s, ne demandait pas plus de temps qu'avec toute autre machine&#160;: 2h25, 2h45, 3 heures, selon le vent, l'&#233;tat de la route et mes propres dispositions. Apr&#232;s 200 kilom&#232;tres couverts sans arr&#234;t, il me semblait toujours &#234;tre moins fatigu&#233; qu'avec une autre polymultipli&#233;e de voyage et j'attribuais cela &#224; l'utilisation continuelle de changements de vitesse qui me permettaient de conserver la m&#234;me pression sur la p&#233;dale et la m&#234;me vitesse de jambes quelles que fussent les r&#233;sistances &#224; vaincre.&lt;br class='autobr' /&gt;
Cependant ma vitesse de marche, quand l'&#233;tape s'allongeait, baissait visiblement. Parfois je croyais avoir march&#233; &#224; 20 &#224; l'heure et la montre impitoyable indiquait du 17 &#224; 18 seulement. Rarement je pouvais, en m'y appliquant, faire du 30 &#224; l'heure pendant plusieurs kilom&#232;tres. Dans toutes mes tentatives de ce genre, j'&#233;tais vite ramen&#233; au coup de p&#233;dale profond mais lent que recommande d'ailleurs le fabricant comme celui qui convient le mieux &#224; la parfaite utilisation des muscles avec la Svea.&lt;br class='autobr' /&gt; D&#232;s le deuxi&#232;me jour, j'avais gravi en 52 minutes, en suant, il est vrai, d&#233;mesur&#233;ment, la mont&#233;e du barrage de la Valla &#224; la Croix de Chaubourey (10 kilom&#232;tres et 700 m&#232;tres d'&#233;l&#233;vation), un excellent terrain d'exp&#233;rimentation, que connaissent d&#233;j&#224; maints abonn&#233;s du &lt;i&gt;Cycliste&lt;/i&gt; qui s'y sont convertis &#224; la polymultiplication.&lt;br class='autobr' /&gt; Avec ma meilleure &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#8239;2 cha&#238;nes&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;, mon meilleur temps pour ces 10 kilom&#232;tres est de 45 minutes avec 3m,50. La Svea qui m'avait permis d'utiliser &#224; tour de r&#244;le ses trois faibles d&#233;veloppements, 2m,70, 3m,90 et 5m,30, n'&#233;tait donc pas inf&#233;rieure de beaucoup &#224; la &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#8239;2 cha&#238;nes&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; et j'&#233;tais en droit d'esp&#233;rer qu'apr&#232;s un mois de pratique il y aurait &#233;galit&#233;. Il n'en fut rien&#160;: j'eus m&#234;me beaucoup de peine &#224; refaire en 52 minutes avec la Svea ces 10 kilom&#232;tres &#224; 7&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;%. &lt;br class='autobr' /&gt;
J'essayai ensuite &#224; plusieurs reprises de lutter, &#224; la mont&#233;e de la R&#233;publique (6 k. 350 &#224; 6 1/4% avec mes compagnons d'excursion auxquels je tiens t&#234;te facilement d'habitude. La Svea fut toujours distanc&#233;e, de peu il est vrai, mais &#224; la condition de ne pas me m&#233;nager.&lt;br class='autobr' /&gt;
Enfin, je me hasardai &#224; accompagner un amis pendant une excursion dominicale assez dure&#160;: Saint-&#201;tienne, Yssingeaux, Le Puy, Craponne, Saint-&#201;tienne.&lt;br class='autobr' /&gt;
Au d&#233;but, je me d&#233;tendis bien, mais en d&#233;pensant beaucoup trop pour pouvoir durer longtemps et &#224; la mont&#233;e de Pont-de-Lignon, 2 kilom&#232;tres &#224; moyenne de 13&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;%, en d&#233;pit de tous mes efforts, je fus d&#233;finitivement l&#226;ch&#233;, au point que j'aurais rebrouss&#233; chemin si un de mes compagnons n'avait consenti &#224; &#233;changer de temps en temps, pour une dizaine de kilom&#232;tres, sa machine contre la mienne. Cela me reposait et me permettait de rester en contact avec le groupe.&lt;br class='autobr' /&gt;
Apr&#232;s cet expos&#233; v&#233;ridique et minutieux des r&#233;sultats obtenus avec la Svea, les esprits superficiels s'&#233;crieront&#160;: &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#8239;Mais c'est un clou, cette machine, et vous avez l'aplomb de la d&#233;clarer parfaite pour le tourisme&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;?&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;&lt;br class='autobr' /&gt;
Eh bien oui. j'ai cet aplomb-la&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;!&lt;br class='autobr' /&gt;
Pendant le mois qu'ont dur&#233; mes essais, j'ai fait 2.500 kilom&#232;tres en dehors des heures de travail r&#233;glementaire sans on &#233;prouver la moindre fatigue anormale&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; on peut donc affirmer que la Svea n'est pas une machine fatigante. Ce n'est pas une machine de record voil&#224; tout, et il s'agit de savoir la prendre et de ne pas lui demander ce qu'elle ne peut pas donner.&lt;br class='autobr' /&gt;
Pour en avoir le c&#339;ur net, j'&#233;crivis aux constructeurs &#224; Stockholm et leur demandai de me citer les meilleures performances de la Svea et de me dire ce qu'ils pensaient de ses qualit&#233;s de vitesse. Ils me r&#233;pondirent&#160;:&lt;br class='autobr' /&gt;
&#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#8239;La Svea est en usage en Su&#232;de depuis 1898. C'est la machine pour le tourisme et non pas pour la course. Cependant, le 14&#160;ao&#251;t 1898, M.&#160;Hjalmar Ljungberg parcourut sous contr&#244;le 72 kilom&#232;tres en 2 heures 8 minutes 35 secondes. Le terrain &#233;tait accident&#233; et M.&#160;Ljungberg un amateur expert&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Cette explication concordait bien avec mes propres conclusions&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; mais du moment o&#249; l'on renonce &#224; semer ses compagnons ou &#224; battre ses propres records, un &#233;tat d'&#226;me auquel l'&#226;ge me condamnera bient&#244;t, quel admirable outil de tourisme et de promenade que les levocyclettes du type Svea, &#224; changement de vitesse progressif&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! &#192; aucun moment vous ne sentez cro&#238;tre la r&#233;sistance puisque vous avez le pouvoir de la ramener sans cesse et instantan&#233;ment au niveau de la puissance et de r&#233;tablir ainsi l'&#233;quilibre en sacrifiant naturellement la vitesse de marche&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; car il faut toujours sacrifier quelque chose.&lt;br class='autobr' /&gt;
Avec la monomultipli&#233;e, on sacrifie les muscles qui se courbaturent, le c&#339;ur qui s'hypertrophie, les art&#232;res qui se tendent &#224; se rompre, tant&#244;t en appuyant d&#233;sesp&#233;r&#233;ment, tant&#244;t en tournoyant follement.&lt;br class='autobr' /&gt;
Avec les &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#8239;2 cha&#238;nes&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; directes qui permettent de tenir t&#234;te aux monos, muscles, c&#339;ur et art&#232;res sont aussi sacrifi&#233;s bien que dans une proportion beaucoup moindre. Avec la Svea, on sacrifie seulement la vitesse de marche et les organes sont toujours exerc&#233;s, jamais surmen&#233;s. C'est la gymnastique su&#233;doise appliqu&#233;e au cyclisme.&lt;br class='autobr' /&gt;
Pour tirer le meilleur parti de la Svea, il suffit de bien se conformer aux prescriptions du catalogue&#160;: p&#233;daler &#224; fond sans pr&#233;cipitation afin de ne pas sentir, au d&#233;but de chaque p&#233;dal&#233;e, le l&#233;ger flon qui pr&#233;c&#232;de l'attaque de la roue libre et par lequel on tend la cha&#238;ne. Celle-ci, ramen&#233;e en arri&#232;re et enroul&#233;e sur sa poulie-escargot par la p&#233;dale descendante flotte forc&#233;ment un peu entre le moment o&#249; s'arr&#234;te son mouvement en arri&#232;re et celui ou commence son mouvement en avant. C'est m&#234;me ce flottement qui s'oppose aux mouvements rapides des jambes auxquels une machine de course doit &#234;tre &#224; m&#234;me de r&#233;pondre, et c'est pour cela que les levocyclettes ne seront jamais des machines de course. Quand on pr&#233;cipite les mouvements, ce flottement n'a plus le temps d'&#234;tre absorb&#233; par la faible et souple pression de la pointe du pied qui, chez un bon p&#233;daleur, pr&#233;c&#232;de l'attaque vigoureuse de la p&#233;dale, et il semble qu'on agit sur une manivelle d&#233;clavet&#233;e. Cette sensation, renouvel&#233;e 70, 80, 100 fois &#224; la minute quand on poursuit un record ou un adversaire, n'a rien d'agr&#233;able, absorbe en pure perte une partie de l'effort musculaire et vous met promptement dans un &#233;tat d'inf&#233;riorit&#233; manifeste. On ne s'en aper&#231;oit pas lorsqu'on p&#233;dale, je ne dirai pas lentement, mais sans pr&#233;cipitation, et qu'on pousse &#224; fond. On &#233;pargne ainsi en m&#234;me temps les roues libres qui doivent avoir une rude sant&#233; pour r&#233;sister, pendant des milliers de kilom&#232;tres, &#224; 60 attaques plus ou moins brutales par minute. C'est ce qui m'a fait &#233;crire, le mois dernier, que je ne connaissais pas de roues libres comparables &#224; celles de la Svea.&lt;br class='autobr' /&gt;
D'ailleurs, c'est pour beaucoup &#224; la mauvaise qualit&#233; de leurs roues libres que la plupart des levocydettes ont &#233;chou&#233;. Une roue libre &#224; cliquets quelque bonne qu'elle soit sur une machine &#224; cha&#238;ne, ne vaudrait rien sur une machine &#224; levier &#224; cause du temps mort qui pr&#233;c&#232;de la prise des cliquets et qui, venant s'ajouter au flottement de la cha&#238;ne dont j'ai signal&#233; les inconv&#233;nients rendrait l'attaque de la p&#233;dale tr&#232;s d&#233;fectueuse. Quelques partisans de la levocyclette voulant, malgr&#233; tout, en faire une machine de course, ont pens&#233; qu'en poussant jusqu'&#224; l'extr&#234;me l'augmentation de d&#233;veloppement qu'autorise la longueur (26 centim&#232;tres) du levier-manivelle, on gagnerait de ce c&#244;t&#233; ce que l'on perd du c&#244;t&#233; &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#8239;vitesse des jambes&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; cela n'est vrai que dans une faible mesure, et les cinq d&#233;veloppements de la Svea permettent d'en faire l'exp&#233;rience.&lt;br class='autobr' /&gt;
Voici une rampe moyenne (6&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;%) que vous gravissez en directe avec 3 m. 50, en levo, vous l&#224; gravirez plus commod&#233;ment avec 4 m. 50 qu'avec 3 m. 50, mais si vous preniez 6 m., ce serait trop dur. Or, avec 4 m. 50 en levo, vous allez cependant moins vite qu'avec 3 m. 50 en directe. Non, voyez-vous, mettez-vous bien dans l'esprit qu'une levocyclette ne peut se mesurer, toutes autres choses &#233;gales, avec une directe, pas plus qu'un percheron ne peut lutter de vitesse avec un pur- sang. Ne l'engagez pas dans une voie o&#249; elle sera in&#233;vitablement battue. Le terrain du cyclotourisme o&#249; elle se montrera toujours &#224; son avantage lui suffit.&lt;br class='autobr' /&gt;
L&#224;, je puis dire que la Svea est parfaite&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; on s'y sent tr&#232;s &#224; l'aise comme dans un fauteuil&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; les mouvements des jambes sont automatiquement r&#233;gl&#233;s par la r&#233;sistance du terrain, tant&#244;t amples, tant&#244;t restreints&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; on en arrive, dans certains cas, &#224; pianoter sur les p&#233;dales, puis l'on allonge quelques grands coups de piston qui vous font bondir en avant, et entre ces deux fa&#231;ons extr&#234;mes de p&#233;daler, il y a tout une gamme de p&#233;dal&#233;es, vives ou lentes, courtes ou longues, et cela pour chacun des cinq d&#233;veloppements, de sorte que j'ai pu dire avec raison que dans l'ensemble le changement de vitesse de la Svea &#233;tait progressif&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;En p&#233;dalant &#224; droite sur 6m, 80, &#224; gauche sur 5m,30, on obtient le (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;br class='autobr' /&gt;
C'est une qualit&#233; qu'elle partage avec d'autres levocyclettes d'origine fran&#231;aise, le T&#233;l&#233;cycle par exemple, dont l'invention remonte &#224; pr&#232;s de dix ans, mais qui obligeait &#224; mettre pied &#224; terre pour passer d'un d&#233;veloppement &#224; l'autre. La Svea d&#233;rive directement du T&#233;l&#233;cycle et je ne comprends pas pourquoi ce dernier ne fut pas, &#224; son heure, lanc&#233; sur le march&#233; fran&#231;ais, car tel qu'il &#233;tait, il pouvait rendre bien des services, et puis on l'aurait perfectionn&#233; petit &#224; petit.&lt;br class='autobr' /&gt;
Encore un exemple apr&#232;s mille de notre ing&#233;niosit&#233;, de notre habilet&#233; &#224; concevoir, &#224; cr&#233;er de nouveaux types, et de notre maladresse d&#232;s qu'il s'agit d'exploiter ce que nous avons invent&#233;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Les &#233;trangers nous raflent nos id&#233;es, les mettent au point et viennent nous pr&#233;senter la machine pratique rest&#233;e chez nous &#224; l'&#233;tat d'embryon.&lt;br class='autobr' /&gt;
La Svea telle qu'on s'en sert en Su&#232;de poss&#232;de des freins sur bandages qui n'auraient aucune chance de plaire en France et que je me suis empress&#233; de remplacer par des freins sur jante&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; elle gagnera aussi &#224; &#234;tre modifi&#233;e dans quelques autres d&#233;tails, mais nous pouvons &#234;tre certains que tout sera fait pour le mieux, puisque c'est &#224; la maison Terrot et C&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;ie&lt;/sup&gt; de Dijon qu'a &#233;t&#233; confi&#233; le soin d'&#233;quiper la Svea &#224; la fran&#231;aise et de la pr&#233;senter en 1905 sur le march&#233; fran&#231;ais.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;V&#233;locio&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;En p&#233;dalant &#224; droite sur 6m, 80, &#224; gauche sur 5m,30, on obtient le d&#233;veloppement interm&#233;diaire de 6 m et l'on peut avoir recours avantageusement &#224; ce proc&#233;d&#233; quand on a une jambe plus fatigu&#233;e que l'autre par une crampe, une courbature ou meurtrie par une chute. On peut aussi avoir une jambe plus forte&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; ainsi j'ai toujours mieux p&#233;dal&#233; avec 8m,40 &#224; droite et 6m,40 &#224; gauche qu'avec 8m,40 partout&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; cela m'a laiss&#233; supposer que ma jambe gauche est plus faible.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>APRES LE CONCOURS D'AUVERGNE UNE OPINION AUTORIS&#201;E Celle de M.&#160;Gaston CL&#201;MENT</title>
		<link>http://velotextes.fr/spip.php?article383</link>
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		<dc:date>2019-12-10T20:09:57Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>velovi</dc:creator>


		<dc:subject>Entre 1918 et 1939</dc:subject>
		<dc:subject>L&#233;vocyclette</dc:subject>
		<dc:subject>R&#233;trodirecte</dc:subject>
		<dc:subject>polymultipli&#233;e</dc:subject>
		<dc:subject>Auvergne</dc:subject>
		<dc:subject>Gaston Cl&#233;ment</dc:subject>
		<dc:subject>Concours d'Auvergne (1934)</dc:subject>
		<dc:subject>Groupe Montagnard Parisien (&lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;G.M.&lt;/span&gt;P.)</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;&#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#8239;De 1904 &#224; 1912, je me suis servi de 3 monos l&#233;g&#232;res, 12 kg. compl&#232;tes, avec garde-boue, porte-bagage et pneus d&#233;montables de 35 mm. et d'une autre &#224; boyau, de 1911 &#224; 1914. Je sais donc ce qu'on peut demander &#224; des bicyclettes l&#233;g&#232;res, et r&#233;aliser d'agr&#233;able avec elles, dans un rayon d'action tr&#232;s &#233;tendu. Je sais aussi ce qu'il est prudent de ne pas exiger d'elles, sur certaines mauvaises routes.&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;&lt;/p&gt;

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&lt;a href="http://velotextes.fr/spip.php?rubrique62" rel="directory"&gt;Concours d'Auvergne 1934&lt;/a&gt;

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&lt;a href="http://velotextes.fr/spip.php?mot12" rel="tag"&gt;Entre 1918 et 1939&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://velotextes.fr/spip.php?mot19" rel="tag"&gt;L&#233;vocyclette&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://velotextes.fr/spip.php?mot21" rel="tag"&gt;R&#233;trodirecte&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://velotextes.fr/spip.php?mot23" rel="tag"&gt;polymultipli&#233;e&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://velotextes.fr/spip.php?mot34" rel="tag"&gt;Auvergne&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://velotextes.fr/spip.php?mot44" rel="tag"&gt;Gaston Cl&#233;ment&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://velotextes.fr/spip.php?mot119" rel="tag"&gt;Concours d'Auvergne (1934)&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://velotextes.fr/spip.php?mot150" rel="tag"&gt;Groupe Montagnard Parisien (&lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;G.M.&lt;/span&gt;P.)&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;Gaston Cl&#233;ment, Le Cycliste, 1934&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le parall&#232;le que nous nous proposions de faire entre le Concours d'Auvergne du G. M.&#160;P. et le Concours des Pyr&#233;n&#233;es du &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;T. C.&lt;/span&gt; F., qui furent deux grands &#233;v&#233;nements marquants de la saison 1934, ce parall&#232;le s'av&#232;re bien d&#233;licat&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; car, les deux &#233;preuves sont difficilement comparables, n'ayant eu ni le m&#234;me but, ni le m&#234;me r&#232;glement, ni les m&#234;mes cons&#233;quences. Nous essayerons, cependant, dans un prochain num&#233;ro, de tirer de ces deux manifestations des conclusions valables.&lt;br class='autobr' /&gt;
Aujourd'hui, nous voulons mettre sous les yeux de nos lecteurs, sans y changer un mot, une longue lettre adress&#233;e par M.&#160;Gaston Cl&#233;ment, &#224; l'un des organisateurs du Concours d'Auvergne. On le sait, il n'est pas en cette mati&#232;re d'opinion plus autoris&#233;e que celle de M.&#160;Gaston Cl&#233;ment, qui s'occupa, si longtemps et si activement, des concours du &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;T. C.&lt;/span&gt; F., et qui a gard&#233;, dans sa demi-retraite volontaire, l'amour de la bicyclette et une profonde &#233;rudition sur la question si d&#233;licate et si controvers&#233;e des Concours Techniques. Ses conclusions, &#233;tay&#233;es par un faisceau impressionnant d'arguments, sont le bon sens m&#234;me, et nous nous en voudrions d'y ajouter le moindre commentaire, si ce n'est pour faire remarquer que nous partageons enti&#232;rement les vues de M.&#160;Gaston Cl&#233;ment, au sujet de la machine de voyage ultra-l&#233;g&#232;re.&lt;br class='autobr' /&gt;
Ces conclusions, qui sont, redisons-le, celles du bon sens, ont d'ailleurs &#233;t&#233; celles de notre collaborateur &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;G. R.&lt;/span&gt;(voir le Cycliste de juillet)&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; elles ont &#233;galement &#233;t&#233; exprim&#233;es par maints chroniqueurs cyclotouristes, notamment M.&#160;A. Loyer, dans l'Etoile Sportive du Mans, et L. Clairet, dans le Forez-Sportif.&lt;br class='autobr' /&gt;
Laissons la parole &#224; M.&#160;G. Cl&#233;ment&#8239;&lt;br class='autobr' /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-center&#034; style=&#034;text-align:center;&#034;&gt;&#8258;&lt;/div&gt; &lt;p&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
J'attendais d'avoir pris connaissance des divers comptes rendus et commentaires du Concours d'Auvergne pour vous faire part de mes impressions.&lt;br class='autobr' /&gt;
D'abord, je vous f&#233;licite, ainsi que vos amis du Groupe Montagnard Parisien, pour la t&#226;che consid&#233;rable que vous avez vaillamment entreprise et parfaitement men&#233;e &#224; bien. En effet, je connais, par exp&#233;rience, le travail de longue haleine que ces manifestations exigent, aussi bien pour la pr&#233;paration que pour l'ex&#233;cution. Je sais ainsi appr&#233;cier l'esprit de d&#233;vouement continuel qu'il faut d&#233;ployer pendant des semaines, pendant des mois&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; d'ailleurs, presque toujours mai appr&#233;ci&#233; par les int&#233;ress&#233;s eux-m&#234;mes. Vous n'aurez certainement pas &#233;chapp&#233; &#224; ces difficult&#233;s. Je comprends que vous ayez &#233;t&#233; satisfait de voir s'achever cette &#233;preuve, laquelle n'est pas seulement p&#233;nible que pour les concurrents. Mais, les ann&#233;es passant, vous conserverez la satisfaction d'avoir contribu&#233;, selon vos possibilit&#233;s, &#224; la r&#233;alisation d'un progr&#232;s. Ce sera l&#224;, votre meilleure r&#233;compense.&lt;br class='autobr' /&gt;
Ayant suivi ou vu tous les Concours techniques qui ont contribu&#233;, depuis 1902, &#224; l'am&#233;lioration de la bicyclette, je ne pouvais, vous le comprenez, rester indiff&#233;rent &#224; l'exp&#233;rience du G. M.&#160;P. J'en ai donc suivi tous les d&#233;tails d'organisation, depuis fin ao&#251;t 1933, que votre manifestation fut annonc&#233;e dans Cyclo-Sport et dans La P&#233;dale Touristique. Le r&#232;glement paru d&#232;s novembre, et compl&#233;t&#233; en janvier 1934, attira toute mon attention. D&#232;s ce moment, j'avais une opinion faite, qui n'a pas &#233;t&#233; beaucoup modifi&#233;e par les r&#233;sultats des 20, 21 et 22&#160;mai dernier.&lt;br class='autobr' /&gt;
Je ne vous cacherai pas que je vous ai trouv&#233;s tr&#232;s audacieux, pour ne pas dire imprudents, d'avoir donn&#233; d'aussi grands avantages &#224; l'extr&#234;me l&#233;g&#232;ret&#233;. D'autre part, je n'ai pas compris l'utilit&#233; de certaines cotes impos&#233;es.&lt;br class='autobr' /&gt;
Je vois encore fr&#233;quemment une de mes anciennes machines. Je lui appliquai les cotations de votre R&#232;glement. Je fus surpris de constater qu'une des bicyclettes qui m'aient donn&#233; la meilleure satisfaction, tant comme excellente tenue de route, douceur de roulement, rendement, solidit&#233;, depuis 45 ans que je p&#233;dale, serait partie dans votre Concours avec 415 points de p&#233;nalisation pr&#233;alables. C'est une Cisteras avec d&#233;railleur Terrot H. T., Elle p&#232;se 17 kilogs, la longueur du cadre, &#224; l'arri&#232;re, est de 0 m. 51, la p&#233;dale basse, est &#224; 0 m. 13 au-dessus du sol, la largeur entre les axes des roues est de 119 cm. Cependant, je ne soulignerai jamais trop, toutes les satisfactions que cette bicyclette me donna, et le bien-&#234;tre que j'&#233;prouvais comme position en selle, et r&#233;sultats de rendement. De 1923 &#224; 1926, je r&#233;alisai avec elle pr&#232;s de 10.000 km., parmi lesquels il faut comprendre, en 1923, un voyage de 20 jours Chamonix, Nice, Cannes, Sisteron, Le Ventoux, Avignon 1.315 km. et 1.700 m&#232;tres d'&#233;l&#233;vation&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; en mai 1924, un tour dans le Dauphin&#233; 800 km. et 1.200 m&#232;tres d'&#233;l&#233;vation&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; en septembre 1924, un voyage de 20 jours Figeac, Toulouse, Luchon, Route des cols, Biarritz, Soulac, Bordeaux, 1.489 km. et 10.620 m&#232;tres d'&#233;l&#233;vation&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; en 1925, 2.300 km. sur la C&#244;te d'Azur, autour de Cannes, avec 15.300 m&#232;tres d'&#233;l&#233;vation&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; en 1926, 1.422 km. autour de Cannes, avec 10.300 m&#232;tres d'&#233;l&#233;vation. Cette machine roule toujours, un de mes amis s'en sert, depuis trois ans, pour aller &#224; son travail. Elle parcourt chaque jour une trentaine de km. C'est vous dire qu'elle a longuement fait ses preuves de tenue de route, de souplesse, de rendement el de dur&#233;e. &#201;tant donn&#233; les mesures et le poids cit&#233;s plus haut, elle n'en aurait pas moins pris le d&#233;part &#224; votre Concours, que lest&#233;e de 415 points de p&#233;nalisation. Sans parler du poids de 17 kg. qui l'aurait d&#233;j&#224; beaucoup handicap&#233;e, je n'ai pas tr&#232;s bien compris cette obligation d'un arri&#232;re tr&#232;s court, qui l'aurait p&#233;nalis&#233;e de 100 points, avec ses 0 m. 51 au lieu des 47 cm. 5, minimum demand&#233;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Certes, avec l'arri&#232;re ramass&#233;, l'utilisation de l'effort est peut-&#234;tre meilleure, mais la stabilit&#233; est certainement moins bonne. La p&#233;dale tr&#232;s basse a, certes, son charme, lorsqu'&#224; l'arr&#234;t, il faut mettre pied &#224; terre&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; mais dans les mauvais chemins avec orni&#232;res, avec pierres d&#233;bordantes, on encaisse plus facilement des coups de b&#233;liers formidables qui &#233;branlent tout l'organisme, si on se laisse surprendre &#224; les heurter, comme la p&#233;dale tr&#232;s basse le facilite. Mes machines actuelles ont les p&#233;dales &#224; 10 cm. du sol et, souvent, j'ai encaiss&#233;, de ce fait, des secousses formidables dans les mauvais chemins.&lt;br class='autobr' /&gt;
J'en arrive &#224; l'extr&#234;me l&#233;g&#232;ret&#233; impos&#233;e, la note dominante du Concours. Non sans raison, vous avez constat&#233;, vos amis et vous, qu'&#224; force d'am&#233;liorer les machines modernes avec des accessoires s&#233;rieux, elles avaient tendance &#224; s'alourdir de plus en plus, jusqu'&#224; atteindre 18 &#224; 20 kg.&lt;br class='autobr' /&gt;
Pour tenter d'y rem&#233;dier, vous avez plac&#233; votre Concours sous le r&#232;gne de la l&#233;g&#232;ret&#233;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Chacun des concours pr&#233;c&#233;dents s'&#233;tait ainsi fix&#233; une directive sp&#233;ciale, que leur r&#232;glement contribuait &#224; r&#233;aliser.&lt;br class='autobr' /&gt;
En 1902, Tarbes-Tourmalet, 250 km., 4.000 m&#232;tres d'&#233;l&#233;vation, fut pos&#233; officiellement par le &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;T. C. F.&lt;/span&gt;(Carlo Bourlet, rapporteur) le probl&#232;me de la polymultiplication des cycles. Il mit en valeur des syst&#232;mes de bi-cha&#238;nes, de tri-cha&#238;nes, avec d&#233;brayage, et d&#233;j&#224; des dispositifs de r&#233;tro-direct. Mais l'effort sportif domina le Concours. Certains concurrents couvrirent &#224; pied, dans les endroits escarp&#233;s, en courant, de 5 &#224; 18 km. On s'&#233;tait contenter d'interdire les entra&#238;neurs. Toutefois, la question &#233;tait pos&#233;e et l'attention fut d&#233;sormais fix&#233;e sur les changements de vitesse appliqu&#233;s aux cycles.&lt;br class='autobr' /&gt;
Quand, en 1905, le Touring-Club de France recommen&#231;a, de Grenoble &#224; Chamb&#233;ry et retour, les 14 et 15&#160;ao&#251;t, 240 km. et 8.000 m&#232;tres d'&#233;l&#233;vation, il interdit la marche &#224; pied, fixa des maximums d'allure, et surtout r&#233;glementa tr&#232;s s&#233;v&#232;rement la construction des machines tant &#224; propos des changements de vitesse, que des roues, des pneus, des jantes et jusqu'aux accessoires, garde-boue, freins, etc. De tous les Concours connus, ce fut certainement le plus scientifique. Le rapport publi&#233; dans la Revue fit honneur &#224; son auteur, le capitaine Perrache. Ce Concours diffusa beaucoup de syst&#232;mes de polymultiplication, dont quelques-uns existent encore la l&#233;vocyclette, le r&#233;tro-direct, le p&#233;dalier Magnat-Debon, les moyeux &#224; engrenages anglais, et les premiers d&#233;railleurs.&lt;br class='autobr' /&gt;
En 1913 et en 1914, l'&#233;preuve de Chanteloup, cr&#233;&#233;e et organis&#233;e par Louis Roudaire et l'Audax Club Parisien, sur 100 km. et 2.000 m&#232;tres d'&#233;l&#233;vation, contribua, par sa publicit&#233;, &#224; l'essor de la Poly. Elle reprit ses heureux effets en 1921, avec L'Echo des Sports et le &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;T. C.&lt;/span&gt; F., pour se continuer jusqu'&#224; maintenant. Mais elle a augment&#233; son parcours, qui est de 150 km. avec 3.000 m&#232;tres d'&#233;l&#233;vation.&lt;br class='autobr' /&gt;
L'&#233;preuve du Petit Journal, en juillet 1920, dans les Vosges lorraines et alsaciennes, en 8 &#233;tapes, 1.010 km. et 11.500 m&#232;tres d'&#233;l&#233;vation, reprit l'&#233;tude de la machine de tourisme, polymultipli&#233;e en marche et compl&#232;te avec tous ses accessoires indispensables.&lt;br class='autobr' /&gt;
Les Concours du &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;T. C.&lt;/span&gt; F., en juillet 1922, en Auvergne, 700 km., 9.000 m&#232;tres d'&#233;l&#233;vation, et de juin 1924, 620 km., 11.000 m&#232;tres d'&#233;l&#233;vation, dans le Dauphin&#233;, continu&#232;rent la m&#233;thode qui avait donn&#233; de bons r&#233;sultats, d&#232;s 1905, en Chartreuse.&lt;br class='autobr' /&gt;
On peut assurer que l'ensemble de ces manifestations contribua &#224; fixer des types de bicyclettes robustes et &#224; tr&#232;s bon rendement actuelles. Elles prouv&#232;rent notamment, que malgr&#233; leurs pneus d&#233;montables, d'au moins 38 mm., et les accessoires impos&#233;s, elles pouvaient r&#233;aliser en montagne, sur des routes difficiles, des moyennes horaires tr&#232;s acceptables. Les comparaisons avec les moyennes du Tour de France, sur des routes analogues, ne furent pas &#224; leur d&#233;savantage. Les unes et les autres atteignaient 21 &#224; 22 km. &#224; l'heure.&lt;br class='autobr' /&gt;
Signalons encore les manifestations de Saint-Etienne, en ao&#251;t 1923, 400 km., 5.500 m&#232;tres d'&#233;l&#233;vation&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; celle du Cyclotouriste, &#224; Lyon (Mont-Verdun), en ao&#251;t 1926, 90 km., 2.300 m&#232;tres d'&#233;l&#233;vation, et celle de Turin (Il Paese Sportivo), en mai 1928 et 1929, 95 km., 4.000 m&#232;tres d'&#233;l&#233;vation, &#233;preuves analogues &#224; celles de Chanteloup.&lt;br class='autobr' /&gt;
J'en arrive &#224; celle du &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;T. C.&lt;/span&gt; F., en juillet 1930, dans les Vosges 6 &#233;tapes, 900 km., 12.000 m&#232;tres d'&#233;l&#233;vation. Cette fois, le d&#233;sir d'&#233;prouver les machines au maximum fit donner une telle bonification &#224; la vitesse que, pratiquement, tous les points attribu&#233;s par l'examen technique pr&#233;alable, &#233;taient submerg&#233;s par la cotation vitesse. Autrement dit, la derni&#232;re machine du classement technique pouvait brillamment enlever le concours, pilot&#233;e par un as de la p&#233;dale. En son temps, j'avais essay&#233; de d&#233;montrer aux organisateurs les inconv&#233;nients de cette m&#233;thode appliqu&#233;e &#224; un concours de machines. Mes observations, cependant purement objectives, furent tax&#233;es de parti-pris. N'en parlons plus&amp;#8239&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;!&lt;br class='autobr' /&gt;
L'ensemble de tous ces concours de 1902 &#224; 1933, a r&#233;alis&#233; les types actuels de bicyclettes et de tandems. Chacun d'eux apporta des id&#233;es nouvelles ou diffusa des perfectionnements diff&#233;rents. Vous avez voulu, en 1934, apporter votre contribution &#224; la l&#233;g&#232;ret&#233;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Mais, en vous voyant lui accorder une telle pr&#233;pond&#233;rance, j'ai d'abord craint pour la s&#233;curit&#233; des pilotes, et puis, j'ai pens&#233; que la r&#233;alisation de cette extr&#234;me l&#233;g&#232;ret&#233; ne pouvait s'obtenir qu'en rognant de tous c&#244;t&#233;s et j'ai vu le retour vers les machines les plus r&#233;duites, depuis le pneu, et m&#234;me boyau, du plus petit diam&#232;tre (que vous avez heureusement conserv&#233; au minimum de 35 mm.), des fourches &#233;troites, ou passe tout juste ce diam&#232;tre (mais ou la boue s'engage &#224; la moindre pluie), des garde-boue fictifs, des portes-bagages honoraires, des appareils sonores illusoires, etc... Bref, le retour &#224; la machine arachn&#233;enne brise-os que, cependant, vous aviez, avec le G. M.&#160;P., contribu&#233; &#224; &#233;loigner du cyclotourisme.&lt;br class='autobr' /&gt;
Je sais bien que l'industrie a r&#233;alis&#233; de beaux progr&#232;s, que de nouveaux alliages de m&#233;taux tr&#232;s r&#233;sistants, permettent une plus grande l&#233;g&#232;ret&#233; des cadres, des fourches, et pi&#232;ces accessoires. Cependant, je ne voyais pas sans appr&#233;hension, vos concurrents s'engager, avec de fr&#234;les engins de 9 &#224; 10 kg., sur les pentes caillouteuses du Puy Mary et du Plomb du Cantal. Ce fut une exp&#233;rience scabreuse, dont concurrents et organisateurs se sont heureusement tir&#233;s &#224; leur honneur.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#192; l'analyse de votre r&#232;glement, j'en distinguai mieux les directives, compl&#232;tement nouvelles, faisant table rase du pass&#233;, en appliquant ses cotes d'examen technique, aux machines que j'avais sous les yeux.&lt;br class='autobr' /&gt;
Je vous ai d&#233;j&#224; parl&#233; de la bicyclette &#224; d&#233;railleur Terrot, 8 vitesses, qui aurait r&#233;colt&#233; 415 points de p&#233;nalisation. Il en fut de m&#234;me pour deux autres bicyclettes construites suivant les donn&#233;es des concours ant&#233;rieurs, c'est-&#224;-dire tr&#232;s solides dans leurs parties essentielles comme dans leurs accessoires, l'une et l'autre ayant longuement fait leurs preuves, non th&#233;oriquement, mais pratiquement, sur les mauvais chemins forestiers tr&#232;s accident&#233;s et sur des milliers de km. L'une et l'autre encore en tr&#232;s bon &#233;tat de service.&lt;br class='autobr' /&gt;
La premi&#232;re (6 vitesses Cyclo, pneus de 38) a totalis&#233; &#224; son actif 9.000 km. de 1926 &#224; 1930 (avec 45.000 m&#232;tres d'&#233;l&#233;vation dans la r&#233;gion de Cannes).&lt;br class='autobr' /&gt;
Quant &#224; la seconde (8 vitesses Cyclo, pneus ballon), elle m'a donn&#233; &#233;galement enti&#232;re satisfaction de 1931 &#224; 1934, (avec plus de 12.000 km. &#224; son actif et une &#233;l&#233;vation totale de 79.000 m&#232;tres sur la c&#244;te d'Azur, dans la r&#233;gion de Cannes, Est&#233;rel, Grasse et toute la cha&#238;ne des Alpes-Maritimes).&lt;br class='autobr' /&gt;
Excusez-moi de me lancer dans tous ces chiffres astronomiques, mais dans l'&#233;tude qui nous occupe, ce sont les chiffres rigoureusement rep&#233;r&#233;s et additionn&#233;s qui ont leur valeur et leur &#233;loquence, mieux que des appr&#233;ciations plus ou moins sympathiques, mais sans aucune pr&#233;cision.&lt;br class='autobr' /&gt;
Ainsi peut-on se rendre compte avec exactitude des grands services que peuvent rendre, surtout en pays accident&#233;s, des machines bien comprises, de l'effort qu'on peut leur demander, ainsi que de leur r&#233;sistance &#224; l'usage.&lt;br class='autobr' /&gt;
Sans parler des facilit&#233;s bien connues &#224; pr&#233;sent, qu'une bicyclette donne pour l'escalade des c&#244;tes, il ne faut pas n&#233;gliger non plus la s&#233;curit&#233; des descentes, gr&#226;ce &#224; une construction solide et &#224; de bons freins.&lt;br class='autobr' /&gt;
Ce fut le cas pour les trois machines cit&#233;es. Que de fantastiques descentes en roue libre ces &#233;l&#233;vations indiqu&#233;es repr&#233;sentent, non seulement sur des routes modernes goudronn&#233;es, mais aussi, et tr&#232;s souvent, sur les mauvais chemins forestiers de l'Est&#233;rel ou autres, aux d&#233;clivit&#233;s prononc&#233;es et au sol parsem&#233; de cailloux roulants. Cependant, malgr&#233; mes 85 kg., je suis aussi tranquille sur ces mauvais chemins que sur les belles routes, gr&#226;ce &#224; la qualit&#233; de ces machines. Il est vrai qu'elles atteignent le poids respectable de 17 et 18 kg. Aurai-je la m&#234;me assurance avec des machines de 9 kg. Je ne le crois pas&amp;#8239&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;!&lt;br class='autobr' /&gt;
Dix-huit kilos&amp;#8239&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! Reprenant votre R&#232;glement, il me faut bien constater que ces machines, qui cependant ont fait longuement leurs preuves d'une fa&#231;on indiscutable sur des routes escarp&#233;es et d'une viabilit&#233; d&#233;testable, auraient &#233;t&#233;, en raison de leur poids, pratiquement &#233;limin&#233;es du Concours d'Auvergne 1934. En supposant qu'elles aient &#233;t&#233; neuves et qu'on ait voulu les inscrire, la premi&#232;re aurait &#233;t&#233; p&#233;nalis&#233;e de 450 points, la seconde de 505 points. C'est autrement dire, que tous les enseignements ant&#233;rieurs, fruits de pr&#233;c&#233;dents Concours &#233;taient effac&#233;s ou plut&#244;t, repris sur des donn&#233;es compl&#232;tement nouvelles, dict&#233;es par la l&#233;g&#232;ret&#233;.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#201;videmment, cela n'enl&#232;ve rien des r&#233;sultats acquis ant&#233;rieurement. Les machines modernes actuelles, bien qu'un peu lourdes, il faut le reconna&#238;tre, ont tenu tout ce qu'elles avaient promis et m&#234;me davantage. On leur doit le bel &#233;lan de diffusion du cyclotourisme qui s'&#233;panouit sans cesse tous les ans. On a compris, gr&#226;ce &#224; elles, que le cyclotourisme est bien accessible &#224; tous et &#224; toutes, &#224; tous les &#226;ges, avec la m&#234;me s&#233;curit&#233; dans les r&#233;gions les plus difficiles d'acc&#232;s.&lt;br class='autobr' /&gt;
Est-ce &#224; dire que les r&#233;sultats d&#233;finitifs sont acquis dans la fabrication des cycles, et qu'il n'y a plus de perfections &#224; leur apporter. Franchement, non&amp;#8239&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! Et c'est l&#224; que votre Concours, faisant table rase des r&#233;sultats du pass&#233;, posant d'autres probl&#232;mes, sur des donn&#233;es nouvelles, &#233;tait int&#233;ressant, bien que tr&#232;s audacieux. Que nous r&#233;servent les mod&#232;les futurs&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;? L'avenir nous le dira.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-center&#034; style=&#034;text-align:center;&#034;&gt;&#8258;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Telles sont les objections qui m'ont &#233;t&#233; sugg&#233;r&#233;es par la lecture de votre R&#232;glement et son &#233;tude approfondie. Je n'aurais pas voulu vous les exprimer &#224; ce moment pour ne pas contrarier le succ&#232;s de vos travaux et de vos exp&#233;riences. D'ailleurs, j'en attendais le r&#233;sultat pour me faire une opinion.&lt;br class='autobr' /&gt;
D'apr&#232;s les communiqu&#233;s, 35 machines &#233;taient &#224; l'arriv&#233;e, ayant victorieusement triomph&#233; des des difficult&#233;s r&#233;parties sur 500 km. de route et 4.000 m&#232;tres d'&#233;l&#233;vation. C'est un beau r&#233;sultat. Je suis content, pour vous et vos amis, que tout se soit bien pass&#233; Les diff&#233;rentes notes parues sur Cyclo-Sport et sur La P&#233;dale Touristique confirment, en partie, mes objections exprim&#233;es plus haut.&lt;br class='autobr' /&gt;
Les nombreuses chutes signal&#233;es n'indiquent elles pas une stabilit&#233; d&#233;fectueuse, caus&#233;e pr&#233;cis&#233;ment par les arri&#232;res tr&#232;s ramass&#233;s, et une s&#233;curit&#233; plus compromise dans les virages et les mauvais chemins de montagne.&lt;br class='autobr' /&gt;
On a signal&#233; quantit&#233; de d&#233;boires caus&#233;s par des boyaux trop l&#233;gers. Je croyais cependant bien &#233;tabli, que le boyau n'&#233;tait pas &#224; recommander au cyclotouriste, &#224; plus forte raison des tubes l&#233;gers de 300 &#224; 400 grammes. C'est une des cons&#233;quences de la surench&#232;re &#224; la l&#233;g&#232;ret&#233;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Enfin, il parait (n'ayant vu aucune des machines du concours, je ne puis rien affirmer, mais seulement citer ce que j'ai lu), que beaucoup d'accessoires n'&#233;taient sur les machines qu'&#224; titre de figuration, sans aucune utilit&#233; pratique. C'est, ainsi que je le craignais, le retour vers ces machines de course camoufl&#233;es, que nous avions connues &#224; l'&#233;poque des premiers &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#8239;Chanteloup&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;, mais que des r&#232;glements pr&#233;cis avaient fait dispara&#238;tre.&lt;br class='autobr' /&gt;
On nous objecta, &#224; cette &#233;poque, que la qualit&#233; d'un accessoire n'influait en rien sur la qualit&#233; et le rendement d'une bicyclette&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; qu'on ne roulait, ni sur le porte-bagage, ni sur le garde-boue. Il n'emp&#234;che que ces articles, lorsqu'ils &#233;taient de qualit&#233; inf&#233;rieure, et pos&#233;s sans aucune &#233;tude pr&#233;alable, empoisonnaient le cycliste tant que la machine durait et, pour avoir la paix, le plus souvent, les accessoires &#233;taient supprim&#233;s. A ce moment, les accessoires anglais, bien conditionn&#233;s, faisaient prime, car ils donnaient satisfaction. Maintenant, sur les machines fran&#231;aises, on est arriv&#233; &#224; obtenir des accessoires fran&#231;ais s&#233;rieux, qui durent autant que la monture, sans jamais occasionner d'ennuis.&lt;br class='autobr' /&gt;
Il n'y a aucun int&#233;r&#234;t &#224; revenir &#224; l'&#233;poque du ferraillage, bruit intol&#233;rable des accessoires de fantaisie.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#201;videmment, les bicyclettes du Concours ont donn&#233; satisfaction sur l'itin&#233;raire impos&#233;. L&#224;, est l'essentiel et c'est un bon point. Il faut aussi tenir compte du poids des pilotes, et je vous pose la question, &#224; vous, qui avez chaque jour examin&#233; les bicyclettes une par une, ainsi que les tandems vous ont-elles donner l'impression de pouvoir prolonger ce service pendant 10.000 km. de routes analogues avec des p&#233;p&#233;res de plus de 80 kg.&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;?&lt;br class='autobr' /&gt;
Ne croyez pas que je critique en obstin&#233;, pour trouver mieux ce qui existait, j'ai assez roul&#233; moi-m&#234;me sur des machines l&#233;g&#232;res, en de multiples randonn&#233;es. De 1904 &#224; 1912, je me suis servi de 3 monos l&#233;g&#232;res, 12 kg. compl&#232;tes, avec garde-boue, porte-bagage et pneus d&#233;montables de 35 mm. et d'une autre &#224; boyau, de 1911 &#224; 1914. Je sais donc ce qu'on peut demander &#224; des bicyclettes l&#233;g&#232;res, et r&#233;aliser d'agr&#233;able avec elles, dans un rayon d'action tr&#232;s &#233;tendu. Je sais aussi ce qu'il est prudent de ne pas exiger d'elles, sur certaines mauvaises routes.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#201;videmment, je ne me place pas au m&#234;me point de vue que les organisateurs. Je pr&#233;conise toujours la machine solide, de tout repos, pouvant passer partout en toute s&#233;curit&#233;, m&#234;me par les plus mauvais chemins, et faire un long usage, tandis que le but du Concours d'Auvergne 1934, &#233;tait surtout de mettre en valeur la poly l&#233;g&#232;re &#224; grand rendement. Ce type de machines doit faire le bonheur des grands randonneurs, accomplissant les raids de 40 heures chers &#224; V&#233;locio, &#224; l'Ecole St&#233;phanoise et au G. M.&#160;P., ou des &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#8239;diagonales&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;, autres performances de longue haleine, les Brevets de 600 et 1.000 km., etc... Toutes ces manifestations ont lieu g&#233;n&#233;ralement sur des routes assez bonnes, et ce n'est d&#233;j&#224; plus qu'un cyclotourisme tr&#232;s relatif. Je me suis d&#233;j&#224; expliqu&#233; &#224; ce sujet.&lt;br class='autobr' /&gt;
Velocio qui, de temps en temps, affectionnait ces grandes randonn&#233;es, aimait &#224; s'&#233;quiper l&#233;g&#232;rement pour les mener &#224; bien. Ce qui ne l'emp&#234;chait pas de donner sa pr&#233;f&#233;rence &#224; ses &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#8239;carrosses de gala&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;, comme il appelait ses machines plus copieusement &#233;quip&#233;es, quand il avait &#224; affronter les routes mauvaises et difficiles, ce qui est souvent le cas en cyclotourisme, surtout en montagne.&lt;br class='autobr' /&gt;
Il est certain que ce Concours aura une influence heureuse sur l'all&#232;gement pratique des cycles, dans toutes les parties o&#249; la l&#233;g&#232;ret&#233; peut s'obtenir sans danger pour la s&#233;curit&#233;. On ne peut encore esp&#233;rer le v&#233;lo de tourisme &#233;quip&#233; convenablement arriver &#224; un poids de 9 &#224; 10 kg., mais gagnerait-on deux ou trois kg. sur les fabrications actuelles, pour ne pas d&#233;passer couramment 14 &#224; 15 kg., que le r&#233;sultat serait tr&#232;s appr&#233;ci&#233;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Pour terminer cette note sur le Concours d'Auvergne 1934, j'adresse mes compliments &#224; votre valeureuse &#233;quipe de jeunes organisateurs, qui a men&#233; &#224; bien cette manifestation.&lt;br class='autobr' /&gt;
La jeunesse a ses d&#233;fauts et ses qualit&#233;s, et, si, quelquefois, on se voit oblig&#233; de faire allusion aux uns, il ne faut pas manquer d'appr&#233;cier, de f&#233;liciter et d'encourager les autres.&lt;br class='autobr' /&gt;
Non seulement, en la circonstance, le Groupe Montagnard Parisien a fait &#339;uvre utile, mais il l'a r&#233;alis&#233;e dans des conditions particuli&#232;rement difficiles, de sa propre initiative, avec ses seules ressources, c'est-&#224;-dire avec des moyens financiers tout &#224; fait restreints. Le r&#233;sultat n'en est que plus remarquable et plus louable. Le G. M.&#160;P. a droit &#224; d'unanimes f&#233;licitations, qu'il faut adresser &#233;galement &#224; Cyclo-Sport et &#224; La P&#233;dale Touristique.&lt;br class='autobr' /&gt;
C'est avec satisfaction que l'on constate ce d&#233;vouement enflamm&#233; chez les jeunes. Il donne l'assurance que l'&#339;uvre commenc&#233;e par les pr&#233;curseurs du cyclotourisme les Paul de Vivie, Pierre Giffard, Baroncelli, Abel Ballif, Maurice Martin, etc., est en bonnes mains pour continuer &#224; se diffuser et &#224; prosp&#233;rer.&lt;br class='autobr' /&gt;
C'est aussi la preuve que la technique des cycles n'en est pas &#224; sa derni&#232;re phase. Que de chemin parcouru depuis la draisienne jusqu'aux bicycles et bicyclettes, et, pour ceux-ci, que de types vari&#233;s de machines, du v&#233;locip&#232;de Michaux, de 1867, jusqu'&#224; la bicyclette moderne et au v&#233;lo-v&#233;locar, de 1933.&lt;br class='autobr' /&gt;
Enfin, pour la polymultiplication des cycles, que de beaux r&#233;sultats obtenus en cyclotourisme, votre dernier Concours en est la preuve. C'est la r&#233;compense de la t&#233;nacit&#233; des hommes comme V&#233;locio et le r&#233;sultat des am&#233;liorations des d&#233;railleurs, moyeux, r&#233;tros&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; dispositifs &#224; pr&#233;sent compris et admis par tous les constructeurs.&lt;br class='autobr' /&gt;
Gaston Cl&#233;ment.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;N.D.L.R.&lt;/span&gt; M.&#160;Gaston Cl&#233;ment, apr&#232;s la r&#233;daction de cet article, a assist&#233; au Meeting organis&#233; au d&#233;but de juillet par le G. M.&#160;P., Meeting o&#249; &#233;taient expos&#233;es la plupart des machines du Concours d'Auvergne. Son opinion n'en a pas &#233;t&#233; modifi&#233;e pour cela, et il nous a autoris&#233;s &#224; publier sa lettre sans y rien changer.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>La bicyclette de route (Paul de Vivie, 1908)</title>
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		<dc:date>2018-08-03T16:37:34Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>velovi</dc:creator>


		<dc:subject>Paul de Vivie, dit V&#233;locio</dc:subject>
		<dc:subject>Entre 1900 et 1914</dc:subject>
		<dc:subject>La bicyclette de route</dc:subject>
		<dc:subject>L&#233;vocyclette</dc:subject>
		<dc:subject>R&#233;trodirecte</dc:subject>
		<dc:subject>Saint-Etienne</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;&#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#8239;La bicyclette de route sera polymultipli&#233;e ou elle ne sera pas.&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;&lt;/p&gt;

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&lt;a href="http://velotextes.fr/spip.php?rubrique36" rel="directory"&gt;1901-1914 P&#233;riode &#201;cole st&#233;phanoise&lt;/a&gt;

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&lt;a href="http://velotextes.fr/spip.php?mot1" rel="tag"&gt;Paul de Vivie, dit V&#233;locio&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://velotextes.fr/spip.php?mot11" rel="tag"&gt;Entre 1900 et 1914&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://velotextes.fr/spip.php?mot16" rel="tag"&gt;La bicyclette de route&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://velotextes.fr/spip.php?mot19" rel="tag"&gt;L&#233;vocyclette&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://velotextes.fr/spip.php?mot21" rel="tag"&gt;R&#233;trodirecte&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://velotextes.fr/spip.php?mot38" rel="tag"&gt;Saint-Etienne&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;Par Paul de Vivie, Touring-Club de France, Octobre 1908 &lt;/i&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;/br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il convient tout d'abord de d&#233;finir ce que nous devons entendre par bicyclette de route&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; car, pourrait-on nous objecter, toutes les bicyclettes, depuis celles du Tour de France jusqu'&#224; celles des Concours du &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;T. C.&lt;/span&gt; F., sont des bicyclettes de route.&lt;br class='autobr' /&gt;
Oui, certes, en donnant &#224; ce terme sa plus large acception. Mais nous voulons d&#233;crire un type moyen &#233;galement &#233;loign&#233; des deux extr&#234;mes que sont la bicyclette de course et la bicyclette de montagne, un type qui ne sera m&#234;me ni la bicyclette de promenade, ni la bicyclette de tourisme.&lt;br class='autobr' /&gt;
Voil&#224;, dira-t-on, bien des bicyclettes&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! Il y a vingt ans nous n'en connaissions pas autant. Nous n'en avions qu'une, et c'&#233;tait la bonne.&lt;br class='autobr' /&gt;
Nous n'en avions qu'une, en effet, mais ce n'&#233;tait pas la bonne et nous nous &#233;reintions consciencieusement d&#232;s que nous tentions de d&#233;passer les bornes tr&#232;s peu &#233;loign&#233;es entre lesquelles cette unique bicyclette nous permettait de nous mouvoir. Je me souviendrai toujours d'une tentative que je fis en 1891, &#224; l'&#233;poque o&#249; l'on ne parlait que de la future course Paris-Brest, pour aller en une matin&#233;e de Saint-&#201;tienne &#224; Clermont (145 kilom&#232;tres). Il me fallut la journ&#233;e enti&#232;re et j'arrivai vann&#233;. Aujourd'hui, presque sexag&#233;naire, je puis, gr&#226;ce aux perfectionnements r&#233;alis&#233;s, aller &#224; Clermont et en revenir dans la journ&#233;e, sans me surmener le moins du monde, en choisissant, bien entendu, une machine convenable qui n'est ni la bicyclette de course ni la bicyclette de montagne, mais un type interm&#233;diaire peu &#233;loign&#233; de celui que je con&#231;ois comme bicyclette de route.&lt;br class='autobr' /&gt;
Il faut donc sp&#233;cialiser l'outil quand on veut augmenter son rendement dans un sens d&#233;termin&#233;. Les jambes sont incontestablement le meilleur des outils &#224; tout faire, nager, grimper, sauter, courir, mais s'il ne s'agit que de courir sur un terrain favorable, la bicyclette, outil sp&#233;cialis&#233;, augmente de beaucoup le rendement des jambes et nous allons, gr&#226;ce &#224; elle, trois ou quatre fois plus vite ou plus loin qu'un pi&#233;ton dans le m&#234;me temps.&lt;br class='autobr' /&gt;
Donc l'objection que l'on m'a faite ne tient pas debout et l'unique bicyclette que nous connaissions il y a vingt ans n'&#233;tait pas la bonne.&lt;br class='autobr' /&gt;
Nous avons beaucoup mieux que cela aujourd'hui, quelque soit le but que nous poursuivions : course, transport, tourisme ou promenade.&lt;br class='autobr' /&gt;
La bicyclette de route, type moyen entre des extr&#234;mes nettement caract&#233;ris&#233;s, doit &#234;tre, par excellence, la monture du cycliste moyen circulant sur le terrain moyen qui est, en somme, celui des trois quarts de la France.&lt;br class='autobr' /&gt;
Cent kilom&#232;tres de terrain moyen repr&#233;sentent 60 kilom&#232;tres de palier, 35 kilom&#232;tres de pente &#224; 4 ou 5% et 5 kilom&#232;tres &#224; peine de raidillons que des cyclistes moyens auront tout avantage, dans l'int&#233;r&#234;t de leur sant&#233;, &#224; faire &#224; pied &#224; la mont&#233;e et en roue libre &#224; la descente.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le trajet de Lyon &#224; Nice, celui de Saint-&#201;tienne &#224; Paris, voil&#224; ce que nous entendons par terrain moyen.&lt;br class='autobr' /&gt;
Ce n'est plus la plaine infinie o&#249; une machine de course &#224; un seul d&#233;veloppement est parfaitement &#224; sa place, m&#234;me pour un cycliste &#224; tr&#232;s faible musculature, mais c'est encore bien loin de la haute montagne sur laquelle le &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;T. C. F.&lt;/span&gt; a toujours, avec raison, aiguill&#233; le cyclotourisme&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; je dis avec raison, parce que c'est l&#224; que la nature tient en r&#233;serve pour les cyclotouristes ses plus merveilleuses s&#233;ductions et leur offre, en compensation de la fatigue, bien anodine pour des polymultipli&#233;s, qu'elle leur impose, d'&#233;blouissantes visions, d'inoubliables sensations.&lt;br class='autobr' /&gt;
Ayant ainsi d&#233;fini ce que nous devons entendre par terrain moyen, il ne nous reste qu'&#224; consid&#233;rer le cycliste que nous visons et &#224; nous demander &#224; quelle longueur d'&#233;tape nous le taxerons entre les promeneurs du tour du lac et les randonneurs de L'&#201;cole St&#233;phanoise qui vont maintenant de Lyon &#224; Nice en une &#233;tape, de 24 heures il est vrai, tandis qu'un cycliste moyen ne consentira jamais &#224; p&#233;daler plus de huit heures par jour.&lt;br class='autobr' /&gt;
Ne vous semble-t-il pas raisonnable de fixer &#224; cent kilom&#232;tres l'&#233;tape quotidienne moyenne du cycliste que nous avons en vue, touristant sur le terrain moyen que nous avons d&#233;limit&#233; tout &#224; l'heure&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;?&lt;br class='autobr' /&gt;
Les donn&#233;es du probl&#232;me se trouvent maintenant nettement pos&#233;es et la solution va se pr&#233;senter d'elle-m&#234;me.&lt;br class='autobr' /&gt;
Les bicyclettes par trop perfectionn&#233;es et sp&#233;cialis&#233;es en vue d'un emploi restreint et particulier seront d'abord &#233;limin&#233;es. Qui dit perfectionnement ajoute complication, d&#233;licatesse de commande, apprentissage n&#233;cessaire, toutes choses qu'un cycliste, qui veut se servir de sa bicyclette sans plus d'embarras qu'il se servirait de sa canne, redoute par-dessus tout. Inutile de l'armer contre des &#233;ventualit&#233;s qui ne se produiront jamais pour lui.&lt;br class='autobr' /&gt;
Pourquoi lui donner un carter ou m&#234;me un simple couvre-cha&#238;ne, puisqu'il ne p&#233;dalera jamais sous la pluie ou dans la boue&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;? Et pourquoi munir des tr&#232;s gros pneumatiques que conseill&#232;rent toujours les Rapporteurs des concours du &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;T. C. F.&lt;/span&gt; une bicyclette qui se gardera bien de se hasarder sur ces routes de montagnes mal entretenues, v&#233;ritables lits de torrents dess&#233;ch&#233;s, o&#249; souvent m'a conduit le d&#233;sir d'explorer des r&#233;gions nouvelles&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;?&lt;br class='autobr' /&gt;
Nous nous garderons bien de lui imposer l'obligation de surveiller le r&#233;glage, la mise au point d'une bi-cha&#238;ne qui, outre la tension des cha&#238;nes, comprend l'entretien de deux roues libres ext&#233;rieures et d'un m&#233;canisme d'embrayage au pied ou &#224; la main. A plus forte raison &#233;loignerons-nous de lui les syst&#232;mes o&#249; le d&#233;placement de la cha&#238;ne et des pignons ou l'expansion des roues dent&#233;es ne peuvent s'obtenir qu'au moyen de dispositifs ext&#233;rieurs trop visibles, encombrants ou disgracieux, bien que ces syst&#232;mes-l&#224;, de m&#234;me que les bi-cha&#238;nes, soient, de l'avis g&#233;n&#233;ral, les moins afflig&#233;s de r&#233;sistances passives.&lt;br class='autobr' /&gt;
Admettrons-nous le syst&#232;me primitif par transport de cha&#238;ne sur couples de pignons et de roues dent&#233;es juxtapos&#233;es&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;? Jamais de la vie&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! Le terrain moyen sur lequel nous nous sommes cantonn&#233;s ne comporte ni longues mont&#233;es, ni paliers interminables, les accidents de terrain s'y succ&#232;dent fr&#233;quemment et sont assez sensibles pour forcer un homme qui n'est ni robuste, ni entra&#238;n&#233;, ou qui ne veut pas se d&#233;penser, &#224; changer fr&#233;quemment de d&#233;veloppement. Obliger, pour ce faire, &#224; mettre pied &#224; terre et &#224; se salir les doigts, un cycliste devant lequel nous nous effor&#231;ons, au contraire, d'aplanir tous les obstacles, de dissimuler tous les drawback (d&#233;savantages) de la polymultiplication, serait une mauvaise plaisanterie.&lt;br class='autobr' /&gt;
Si nous continuons &#224; &#233;liminer ainsi successivement tous les syst&#232;mes &#8212; et nous avons d&#233;j&#224; rejet&#233; les meilleurs &#8212; de changement de vitesse, nous allons bient&#244;t nous trouver accul&#233;s &#224; la monomultipli&#233;e d'antan, qui serait la pire des solutions &#224; cause de la trop grande fatigue qu'elle implique et qui d&#233;ciderait notre homme &#224; renoncer d&#232;s la premi&#232;re &#233;tape au cyclotourisme.&lt;br class='autobr' /&gt;
La bicyclette de route sera polymultipli&#233;e ou elle ne sera pas.&lt;br class='autobr' /&gt;
Nous n'avons d'ailleurs pas encore pass&#233; en revue tous les syst&#232;mes de polymultiplication&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; il nous reste &#224; examiner la l&#233;vocyclette, la touricyclette, la r&#233;trodirecte et la phalange des moyeux et p&#233;daliers &#224; transmissions superpos&#233;es.&lt;br class='autobr' /&gt;
L&#233;vos, touris et r&#233;tros peuvent convenir &#224; un certain nombre de cyclistes&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; ce sont des machines simples en somme ou dont les dispositifs d&#233;licats, cach&#233;s, &#233;chappent au contr&#244;le de ceux qui s'en servent et qui n'ont pas &#224; s'inqui&#233;ter de leur r&#233;glage et de leur entretien. Ici la commande du changement de vitesse est &#224; la port&#233;e des plus malhabiles et n'exige aucun apprentissage.&lt;br class='autobr' /&gt;
Quant &#224; savoir si l'on est ou si l'on n'est pas apte &#224; r&#233;tro ou &#224; l&#233;vo-p&#233;daler, c'est affaire toute personnelle et des conseils seraient hors de saison. C'est un peu comme la question insoluble de la meilleure selle. Essayer et se rendre compte par soi-m&#234;me, il n'y a pas &#224; sortir de l&#224;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Pour ceux &#224; qui le r&#233;trop&#233;dalage convient, le probl&#232;me de la meilleure bicyclette de route est r&#233;solu&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; c'est &#224; la r&#233;trodirecte qu'ils doivent donner la pr&#233;f&#233;rence. Et pour la m&#234;me raison ceux qui se trouvent bien du l&#233;vop&#233;dalage choisiront la l&#233;vocyclette. La question est ici d'ordre physiologique plut&#244;t que d'ordre m&#233;canique.&lt;br class='autobr' /&gt;
Je connais de tr&#232;s bons cyclistes qui, apr&#232;s avoir longtemps et consciencieusement essay&#233; tous les syst&#232;mes, l&#233;vos, r&#233;tros, touris, transmissions super et juxtapos&#233;es et m&#234;me des bi-cha&#238;nes &#224; grand rendement, se sont d&#233;cid&#233;s en parfaite connaissance de cause, en faveur, ceux-ci de la l&#233;vocyclette, ceux-l&#224; de la r&#233;trodirecte&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; ils en obtiennent non pas le meilleur rendement absolu, mais le meilleur rendement relatif, autrement dit leur meilleur rendement personnel.&lt;br class='autobr' /&gt;
Ainsi m'&#233;crivait l'un d'eux a pris essai d'une bi-cha&#238;ne arm&#233;e pour la course plut&#244;t que pour le tourisme : &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#8239;j'ai essay&#233; dimanche dernier la bicyclette &#224; grand rendement sur un parcours tr&#232;s dur de 180 kilom&#232;tres&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; en partant j'ai cru d'abord que j'allais battre les records, tant cela allait bien, mais apr&#232;s 100 kilom&#232;tres il a fallu d&#233;chanter&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; quelle d&#233;route&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! Et le soir en rentrant, quel vannage&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;!&lt;br class='autobr' /&gt;
J'en ai conclu que pour des hommes plut&#244;t souples que vigoureux, comme moi, il fallait plus de deux d&#233;veloppements et que le confortable est quelquefois sup&#233;rieur au rendement.&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;&lt;br class='autobr' /&gt;
Rien n'est plus vrai et ceux-l&#224; sont des sages qui, apr&#232;s s'&#234;tre rendu compte qu'avec telles machines l&#233;g&#232;res ils peuvent aller plus vite, n'en reviennent pas moins aux machines plus lourdes mais aussi plus confortables, l&#233;vos, r&#233;tros, voire touricyclettes avec lesquelles ils ne battront sans doute pas de records, mais ils touristeront longtemps, agr&#233;ablement et sans fatigue.&lt;br class='autobr' /&gt;
Mais ces sages sont encore le petit nombre et les bicyclettes de route un peu sp&#233;ciales que je viens de citer ont contre elles l'&#233;norme majorit&#233; des cyclistes qui, bien que de moyenne force, veulent &#224; l'occasion, quand ils se sentent bien dispos&#233;s, s'offrir une pointe de vitesse, un petit emballage&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; qui, de plus, tiennent &#224; ce que leur monture soit &#233;l&#233;gante et n'attire pas les regards et les quolibets par son originalit&#233;.&lt;br class='autobr' /&gt;
C'est en pensant &#224; cette grande majorit&#233; de cyclistes moyens que la monomultipli&#233;e &#233;reinte mais qui ne sont pas encore m&#251;rs pour la bicyclette &#224; grand confortable&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; qui, d'ailleurs, ne circuleront jamais que sur le terrain moyennement accident&#233; que nous avons d&#233;fini tout &#224; l'heure, c'est pour eux que j'en arrive &#224; cette conclusion : la bicyclette de route, type moyen entre les extr&#234;mes de course et de montagne, aura un changement de vitesse &#224; transmissions superpos&#233;es, moyeu ou p&#233;dalier &#224; engrenages diversement dispos&#233;s, avec une vitesse, quelquefois la grande, d'autres fois la moyenne ou la petite, en prise directe, et deux ou trois autres vitesses handicap&#233;es par l'intervention des pignons multiplicateurs ou d&#233;multiplicateurs.&lt;br class='autobr' /&gt;
N'allez pas au moins vous &#233;tonner qu'apr&#232;s avoir rejet&#233; des dispositifs qui ne sont compliqu&#233;s qu'en apparence mais simples au fond pour tout homme d'intelligence moyenne qui veut apprendre &#224; s'en servir, je vienne &#233;chouer sur ce qu'il y a de plus compliqu&#233; et de plus d&#233;licat en fait de changement de vitesse. Il est bien entendu que les merveilleuses pi&#232;ces de m&#233;canique de pr&#233;cision que sont devenus les moyeux et p&#233;daliers &#224; plusieurs vitesses, doivent &#234;tre consid&#233;r&#233;s comme un bloc intangible, ind&#233;r&#233;glable, ind&#233;montable, inaccessible &#224; qui s'en sert, comme un chronom&#232;tre que l'on ne s'avise jamais de r&#233;parer soi-m&#234;me&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; elles le m&#233;ritent du reste et on peut s'y fier. C'est &#224; cette condition seulement que nous en munirons les bicyclettes de route que nous allons mettre entre les mains de cyclistes &#224; qui nous ne demanderons qu'&#224; savoir abaisser et relever le levier de commande.&lt;br class='autobr' /&gt;
Par exemple, ne me demandez pas quel est celui, parmi les douzaines de moyeux et p&#233;daliers &#224; engrenages qu'on trouve actuellement sur le march&#233;, quel est celui qui conviendra le mieux &#224; la bicyclette de route, quel est, autrement dit, le meilleur. J'en ai essay&#233; beaucoup, ils m'ont tous paru tr&#232;s bons, tr&#232;s bien faits, tr&#232;s solides, &#224; commencer par le vieux Bi-Gear de 1894 qui fait encore bonne figure sur une de mes premi&#232;res bicyclettes de voyage. Je ne conseillerai pourtant pas cet anc&#234;tre, parce qu'il ne d&#233;multiplie que de 20 et ce n'est vraiment pas suffisant pour une &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#8239;2 vitesses&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;. Mais il n'en manque pas d'autres, ouvrez le premier catalogue venu, vous n'aurez que l'embarras du choix.&lt;br class='autobr' /&gt;
Je ne les &#233;num&#233;rerai pas, car je risquerais d'oublier les meilleurs, faute de les conna&#238;tre et l'on pourrait m'accuser de partialit&#233;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Supposons cependant qu'un de ces moyeux ou p&#233;daliers nous donne les trois d&#233;veloppements suivants : 3 m&#232;tres, 4 m. 25 et 6 m&#232;tres, avec prise directe sur 4 m. 25.&lt;br class='autobr' /&gt;
Voil&#224; celui que nous adopterons pour notre bicyclette de route qui, par ses autres c&#244;t&#233;s, diff&#233;rera tr&#232;s peu de toutes les monomultipli&#233;es que nous avons coutume de voir.&lt;br class='autobr' /&gt;
Guidon relev&#233;, selle confortable, roue libre, deux freins sur jante, pneus souples de 38 millim&#232;tres, garde-boue&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; il no lui faut rien de plus, le bagage peu volumineux sera accroch&#233; au guidon, sous la selle ou fix&#233; en paquets distincts sur le garde-boue m&#234;me&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; comme on ne circulera pas la nuit, une lanterne est inutile. N'oublions pas que les cyclistes &#224; qui nous destinons cette monture la refuseront si elle est lourde&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; abstenons-nous donc de toute surcharge inutile.&lt;br class='autobr' /&gt;
Ainsi &#233;quip&#233;e cette machine peut fort bien ne peser que 13 kilos sans que la solidit&#233;, qualit&#233; essentielle, y soit sacrifi&#233;e en quoi que ce soit.&lt;br class='autobr' /&gt;
Et la bicyclette de route ainsi comprise a ceci de particulier que son prix la rend accessible &#224; toutes les bourses.&lt;br class='autobr' /&gt;
De valeur pratique &#233;gale et ne diff&#233;rant entre elles que sur des points secondaires, purement de luxe, de cachet, de marque, de finition plus ou moins soign&#233;e, parfaite, &#233;l&#233;gante, on peut, d'ores et d&#233;j&#224;, trouver des bicyclettes de route du type que je viens de d&#233;crire, &#224; 200 francs comme &#224; 500 francs.&lt;br class='autobr' /&gt;
Ce n'est pas l&#224; un de leurs moindres m&#233;rites.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;P. &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;DE&lt;/span&gt; &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;VIVIE&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Le Concours du TCF (1902)</title>
		<link>http://velotextes.fr/spip.php?article132</link>
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		<dc:date>2017-11-28T11:21:17Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>velovi</dc:creator>


		<dc:subject>Paul de Vivie, dit V&#233;locio</dc:subject>
		<dc:subject>cyclotourisme, cyclocamping</dc:subject>
		<dc:subject>Entre 1900 et 1914</dc:subject>
		<dc:subject>La bicyclette de tourisme</dc:subject>
		<dc:subject>L&#233;vocyclette</dc:subject>
		<dc:subject>R&#233;trodirecte</dc:subject>
		<dc:subject>Roue libre</dc:subject>
		<dc:subject>polymultipli&#233;e</dc:subject>
		<dc:subject>Saint-Etienne</dc:subject>
		<dc:subject>Tarbes</dc:subject>
		<dc:subject>Pyr&#233;n&#233;es</dc:subject>
		<dc:subject>Concours de bicyclettes de tourisme 1902 (Pyr&#233;n&#233;es)</dc:subject>
		<dc:subject>col du Tourmalet</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;&#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#8239;Les occasions de faire des comparaisons sur une &#233;chelle aussi &#233;tendue sont rares, et tous ceux qui ont &#224; faire valoir quelques nouveaut&#233;s, bicyclettes &#224; levier ou r&#233;tro-directes sur lesquelles depuis quelque temps l'attention est si fortement attir&#233;e, devraient saisir celle que nous leur offrons.&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;&lt;/p&gt;

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&lt;a href="http://velotextes.fr/spip.php?rubrique59" rel="directory"&gt;Concours de bicyclette de tourisme 1902 (Pyr&#233;n&#233;es)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="http://velotextes.fr/spip.php?mot1" rel="tag"&gt;Paul de Vivie, dit V&#233;locio&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://velotextes.fr/spip.php?mot9" rel="tag"&gt;cyclotourisme, cyclocamping&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://velotextes.fr/spip.php?mot11" rel="tag"&gt;Entre 1900 et 1914&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://velotextes.fr/spip.php?mot14" rel="tag"&gt;La bicyclette de tourisme&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://velotextes.fr/spip.php?mot19" rel="tag"&gt;L&#233;vocyclette&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://velotextes.fr/spip.php?mot21" rel="tag"&gt;R&#233;trodirecte&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://velotextes.fr/spip.php?mot22" rel="tag"&gt;Roue libre&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://velotextes.fr/spip.php?mot23" rel="tag"&gt;polymultipli&#233;e&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://velotextes.fr/spip.php?mot38" rel="tag"&gt;Saint-Etienne&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://velotextes.fr/spip.php?mot40" rel="tag"&gt;Tarbes&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://velotextes.fr/spip.php?mot63" rel="tag"&gt;Pyr&#233;n&#233;es&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://velotextes.fr/spip.php?mot117" rel="tag"&gt;Concours de bicyclettes de tourisme 1902 (Pyr&#233;n&#233;es)&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://velotextes.fr/spip.php?mot122" rel="tag"&gt;col du Tourmalet&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;Par Velocio, Le cycliste, Ann&#233;e 1902, republi&#233; en 1952, coll. pers.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s avoir &#233;t&#233; des premiers &#224; annoncer &#224; nos lecteurs que le Touring Club de France compl&#233;terait son concours de freins de 1901 par un concours de bicyclettes de tourisme en 1902, nous avons attendu, pour parler plus longuement de ce projet, qui d&#232;s le premier jour nous a beaucoup souri, que l'heure de sa r&#233;alisation f&#251;t plus pr&#232;s de nous et que le r&#232;glement du concours f&#251;t d&#233;finitivement &#233;tabli. On trouvera dans ce num&#233;ro le r&#232;glement complet tel qu'il a &#233;t&#233; publi&#233;, il y a plusieurs mois, dans la revue du &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;T.C.F.&lt;/span&gt; et les seules modifications qu'il y ait lieu de pr&#233;voir, d'apr&#232;s les notes ins&#233;r&#233;es de mois en mois sous la m&#234;me rubrique, porteront sur la longueur et les difficult&#233;s de l'&#233;preuve sur route.&lt;br class='autobr' /&gt;
Quelques fabricants habitu&#233;s aux succ&#232;s relativement faciles des courses sur routes telles qu'elles ont &#233;t&#233; organis&#233;es jusqu'ici, avec grand renfort d'entra&#238;neurs, de machines, d'hommes sp&#233;cialement choisis et entra&#238;n&#233;s, ont vu de tr&#232;s mauvais &#339;il que le comit&#233; technique du &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;T.C.F.&lt;/span&gt; n'admettait aucun truquage, surveillerait de tr&#232;s pr&#232;s les concurrents et conserverait &#224; l'&#233;preuve sur route son caract&#232;re de concours de tourisme en montagne. Ces fabricants ont alors, para&#238;t-il&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; car si cela n'a pas &#233;t&#233; dit, on a pu ais&#233;ment le lire entre les lignes&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; estim&#233; que l'&#233;preuve sur route &#233;tait exag&#233;r&#233;e, qu'on ne prouverait personne pour la subir de bout en bout et qu'en voulant trop prouver on ne prouverait rien.&lt;br class='autobr' /&gt;
D'autres fabricants, au contraire, ceux qui d&#233;daignent de cueillir les lauriers trop frelat&#233;s des courses &#224; r&#233;clame, ravis de trouver enfin l'occasion de combattre &#224; armes &#233;gales, ont protest&#233; contre toute r&#233;duction de l'itin&#233;raire primitivement impos&#233; et ont m&#234;me demand&#233; qu'on aggrav&#226;t les difficult&#233;s de l'&#233;preuve sur route.&lt;br class='autobr' /&gt;
Puisqu'il s'agit, objectaient-ils avec raison, de r&#233;duire &#224; quia les machines pr&#233;sent&#233;es, afin de se rendre compte de leur force de r&#233;sistance, de la solidit&#233; des organes de d&#233;multiplication, des freins et des roues libres, les trois points de construction les plus sujets &#224; caution, pourquoi ne multiplierait-on pas les difficult&#233;s et ne referait-on pas trois ou quatre jours de suite l'&#233;tape indiqu&#233;e, quitte &#224; remplacer les hommes toutes et quantes fois le besoin s'en ferait sentir&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;? L'homme ne signifie rien dans une &#233;preuve de machines, et que l'on se mette &#224; deux ou &#224; trois pour parfaire l'&#233;tape, cela n'a pas d'importance au point de vue du r&#233;sultat cherch&#233;. L'important est de fatiguer la machine en lui imposant des rampes longues et dures des routes p&#233;nibles, des descentes rapides et des allures vives. C'est &#224; cette condition seulement qu'on reconna&#238;tra le bon grain de l'ivraie. Une simple promenade en terrain &#224; peu pr&#232;s plat ne nous apprendrait rien sur les m&#233;rites respectifs du Variand, du Hub Two Speed, du Bi-Gear, du Peugeot et autres syst&#232;mes &#224; transmission superpos&#233;e et des nombreux mod&#232;les d&#233;riv&#233;s du type &#224; deux cha&#238;nes qui remonta &#224; la plus haute antiquit&#233;, &#224; l'&#233;poque o&#249; florissaient les tricycles Sparkbrook, Salvo, Premier et Rudge &#224; direction lat&#233;rale.&lt;br class='autobr' /&gt;
Ce raisonnement para&#238;t, en fait, le seul Juste et raisonnable. Cependant il est juste aussi d'encourager le m&#234;me homme &#224; effectuer tout le parcours sans recourir aux services d'un auxiliaire&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; c'est pourquoi la Commission d'organisation a, de prime-abord, accord&#233; une indemnit&#233; &#224; tous les concurrents qui seront de retour &#224; Tarbes dans un temps maximum de 13 h. et demie. Ce temps est manifestement trop limit&#233;, et si le &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;T. C. F.&lt;/span&gt; devait s'y tenir strictement, je crois que les distributions d'indemnit&#233;s n'entameraient pas d'un centime son encaisse. J'ai, sur la carte, &#233;tudi&#233; d'assez pr&#232;s le parcours impos&#233; et l'&#233;l&#233;vation totale qui en r&#233;sulte. Tarbes est &#224; 300 m&#232;tres d'altitude, le Tourmalet &#224; 2.200 m&#232;tres, diff&#233;rence : 1.900 m.&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; mais tous ceux qui pratiquent la montagne savent que des rampes de cette longueur ne sont pas uniformes du commencement &#224; la fin et qu'il s'y rencontre des contrepentes qui les aggravent parfois singuli&#232;rement. Le profil que nous a promis le &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;T.C.F.&lt;/span&gt; nous fixera exactement sur ce point, mais en attendant, il n'y a rien d'excessif &#224; estimer &#224; 100 m&#232;tres d'&#233;l&#233;vation les contrepentes probables que nous trouverons entre Tarbes et le Pic du Tourmalet&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; l'&#233;l&#233;vation r&#233;elle est donc de 2.000 m&#232;tres. Or, on fait deux fois le parcours en ne partant, il est vrai, la seconde fois, que de Lourdes, dont l'altitude est de 360 m&#232;tres&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; total du double parcours : 3.940 m. Pour venir &#224; Lourdes reprendre l'itin&#233;raire, il faudra traverser par Loucrup le massif montagneux compris entre les vall&#233;es de l'Adour et du Gave de Pau qui descendent toutes les deux du Tourmalet et embrassent le Pic du Midi.&lt;br class='autobr' /&gt;
La travers&#233;e de ces contreforts, dont l'altitude varie entre 600 et 700 m&#232;tres, me semble comporter une &#233;l&#233;vation suppl&#233;mentaire de 250 &#224; 300 m. qui, ajout&#233;s au chiffre ci-dessus, portent l'&#233;l&#233;vation totale &#224; 4.200 m&#232;tres, et je ne fais pas entrer en ligne de compte les contrepentes qu'on rencontrera probablement au cours de la descente du col &#224; Bagn&#232;res&#160;de-Bigorre.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le travail repr&#233;sent&#233; par l'&#233;l&#233;vation de 80 kilos, poids moyen du cycliste et de sa machine, &#224; 4.200 m&#232;tres de hauteur, est de 336.000 kilo-qramm&#232;tres&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; si l'on ajoute celui qui repr&#233;sente la translation en terrain plat de ces m&#234;mes 80 kilos pendant 225 kilom&#232;tres, que je ne puis calculer faute de donn&#233;es suffisantes mais qui est au-dessus des forces de beaucoup de cyclistes, nous arriverons au alentour de 500 tonnes-m&#232;tres en compte rond. C'est beaucoup pour 13 heures et demie, repos compris, et l'on pourrait accorder 16 heures sans que le trou fait aux finances risque d'&#234;tre bien gros. Nous ne tarderons pas, d'ailleurs, d'&#234;tre fix&#233;s sur le temps n&#233;cessaire pour venir &#224; bout d'une &#233;tape de ce calibre. Comme Saint-Etienne sera largement repr&#233;sent&#233; au concours du &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;T.C.&lt;/span&gt;F., soit par nos fabricants de bicyclettes, soit par les cyclotouristes de l'Ecole St&#233;phanoise, j'ai pr&#233;par&#233;, pour notre excursion dominicale du 29&#160;juin prochain, un itin&#233;raire qui repr&#233;sente &#224; tr&#232;s peu de choses pr&#232;s, en longueur et en &#233;l&#233;vation, l'&#233;preuve du &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;T.C.F.&lt;/span&gt; A cette excursion peuvent d'ores et d&#233;j&#224; se consid&#233;rer comme invit&#233;s tous les cyclistes de la r&#233;gion et d'ailleurs que la question int&#233;resse.&lt;br class='autobr' /&gt;
En voici le trac&#233; qui traverse des r&#233;gions on ne peut plus int&#233;ressantes et riches en sites merveilleux.&lt;br class='autobr' /&gt;
D&#233;part de Saint-Etienne &#224; 3 heures, Montbrison, Saint-Bonnet - le - Courreau, Sauvin, Chalmazelles, col de B&#233;al (80 kilom&#232;tres, &#233;l&#233;vation 2.150 m&#232;tres) et descente sur Saint-Marcellin (160 kilom&#232;tres). De l&#224; 35 kilom&#232;tres ondul&#233;s et donnant une &#233;l&#233;vation totale de 250 m&#232;tres nous am&#232;neront, par Saint-Rambert, La Fouillouse et Lanqonan, &#224; Saint-Chamond. C'est au cours de ces 35 kilom&#232;tres tr&#232;s faciles que nous encourageons les excursionnistes &#224; se lester d'un substantiel repas, plut&#244;t v&#233;g&#233;tarien. Nous aurons donc, &#224; Saint-Chamond, parcouru 195 kilom&#232;tres, en nous &#233;levant de 2.400 m&#232;tres. Nous grimperons alors &#224; la Croix-d'Arqental par Gray et remonterons d'une haleine au col des Grands-Bois (247 kilom&#232;tres, &#233;l&#233;vation 3.900 m.)&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; nous reviendrons enfin &#224; Saint-Etienne (284 kilom&#232;tres) prendre un repos bien gagn&#233;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Tous les cyclistes &#224; qui j'ai soumis cet itin&#233;raire, et qui connaissent les routes qu'il comporte, s'accordent &#224; le trouver dur&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; mais le parcourir en 13 heures et demie&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! &#231;a, d&#233;clarent-ils avec un ensemble parfait, c'est impraticable, il faut de 16 &#224; 18 heures aux meilleurs d'entre nous. Et je les crois sans peine. Pour mon propre compte, si j'en viens &#224; bout sans fatigue anormale, &#231;a ne sera pas &#224; moins de 20 h., repos compris. Or, nous connaissons bien les routes et nous savons exactement quelles multiplications conviennent aux mont&#233;es vari&#233;es qui &#233;maillent le parcours. Que sera-ce lorsque nous nous trouverons en pr&#233;sence de routes inconnues&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;?&lt;br class='autobr' /&gt;
Il serait particuli&#232;rement int&#233;ressant que quelques-uns de ces cyclistes, aux muscles extraordinaires, qui assurent pouvoir tout faire avec un seul et unique d&#233;veloppement, de 5 &#224; 6 m&#232;tres, voulussent bien prendre part &#224; notre excursion du 29&#160;juin&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; j'ai comme un pressentiment qu'ils trouveraient l&#224; leur chemin de Damas. Ceux qui en sont encore &#224; nier les avantages de la roue libre, seraient aussi, j'imagine, bien &#233;branl&#233;s quand ils nous verraient faire les descentes &#224; l'allure que nous aimons et qui, gr&#226;ce aux freins puissants dont nos roues sont accompagn&#233;es, pr&#233;sente infiniment moins de danger que le contrep&#233;dalage. Ceci n'aura, il est vrai, qu'un int&#233;r&#234;t platonique, puisque dans le concours du &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;T.C.F.&lt;/span&gt; les descentes seront neutralis&#233;es.&lt;br class='autobr' /&gt;
Les motocyclettes pourraient &#233;galement venir nous montrer ce dont elles sont capables sur un terrain accident&#233;&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;!&lt;br class='autobr' /&gt;
Les occasions de faire des comparaisons sur une &#233;chelle aussi &#233;tendue sont rares, et tous ceux qui ont &#224; faire valoir quelques nouveaut&#233;s, bicyclettes &#224; levier ou r&#233;tro-directes sur lesquelles depuis quelque temps l'attention est si fortement attir&#233;e, devraient saisir celle que nous leur offrons. Nous nous instruirions ainsi mutuellement et les constructeurs de moyenne importance des r&#233;gions lyonnaises et st&#233;phanoises, qui se disposent &#224; concourir, puiseraient dans cette &#233;tude comparative des indications utiles pour lutter dans les meilleures conditions possibles contre leurs puissants confr&#232;res qui ont d&#233;j&#224; envoy&#233; leurs coureurs reconna&#238;tre le terrain des concours.&lt;br class='autobr' /&gt;
Je gagne que beaucoup de ceux constructeurs ou cyclotouristes qui se disposent &#224; subir l'&#233;preuve du &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;T.C.F.&lt;/span&gt; ne se rendront un compte exact de ce qu'elle repr&#233;sente de fatigue r&#233;elle pour la machine et pour l'homme que lorsqu'ils grimperont pour la seconde, peut-&#234;tre m&#234;me pour la premi&#232;re fois, de Bar&#232;ges au col du Tourmalet. Il semble y avoir l&#224;, surtout vers la fin, du 10&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;% pendant plusieurs kilom&#232;tres&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; &#224; moins de les faire &#224; pied, il faudra en mettre, au grand dam des minuscules engrenages de certains changements de vitesse et de ses propres muscles moteurs.&lt;br class='autobr' /&gt;
Mais sera-t-on autoris&#233; &#224; marcher &#224; pied en poussant sa machine sans encourir une mauvaise note&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;?&lt;br class='autobr' /&gt;
Toute r&#233;paration faite en cours de route devra &#234;tre signal&#233;e et ne devra m&#234;me, en principe, &#234;tre faite que devant un contr&#244;leur, afin que l'importance de l'avarie survenue inopin&#233;ment &#224; la machine puisse &#234;tre appr&#233;ci&#233;e. Or, pousser sa machine n'est-ce pas, en quelque sorte, reconna&#238;tre qu'elle est en mauvais &#233;tat et qu'on la juge incapable de r&#233;sister &#224; l'effort n&#233;cessaire pour hisser 80 kilos sur une rampe de 10&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;%&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;? Un concurrent avis&#233;, averti par des craquements sinistres, pr&#233;f&#233;rera renoncer aux quelques points qu'il gagnerait en arrivant parmi les premiers, afin d'en gagner de plus nombreux au moment de l'examen de la machine qu'il pourra pr&#233;senter en bien meilleur &#233;tat s'il ne l'a point forc&#233;e que s'il en a mis, comme nous avons &#224; l'&lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;E. S.&lt;/span&gt; l'habitude d'en mettre pour franchir quand m&#234;me les passages difficiles. Supposez un fabricant qui veuille faire triompher un syst&#232;me de changement de vitesse d&#233;licat, suffisant pour une bicyclette tour de lac, mais manifestement incapable de r&#233;sister, sous un vigoureux cycliste, &#224; l'&#233;preuve du 17&#160;ao&#251;t&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; supposez un autre fabricant d&#233;sireux de d&#233;montrer que les bicyclettes polymultipli&#233;es n'ont pas de raison d'&#234;tre, n'offrent aucun avantage, exposent leurs propri&#233;taires &#224; beaucoup d'inconv&#233;nients et qu'un seul d&#233;veloppement bien choisi suffit pour tout faire. Que feront-ils en l'occurrence&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;? Ils choisiront pour d&#233;fendre leurs couleurs des cyclistes qui seront surtout bien entra&#238;n&#233;s &#224; pied &#224; la mont&#233;e en poussant leur bicyclette, et j'en ai vus qui pouvaient tr&#232;s bien faire dans ces conditions, du 10 &#224; l'heure en gravissant des c&#244;tes &#224; 8 ou 10&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;% pendant une heure ou deux. Des bicyclettes ainsi m&#233;nag&#233;es arriveraient en un temps tr&#232;s convenable avec tous leurs organes en parfait &#233;tat et obtiendraient probablement le maximum de points &#224; l'examen technique qui suivra le concours puisque la cha&#238;ne elle-m&#234;me ne se serait pas allong&#233;e d'un millim&#232;tre.&lt;br class='autobr' /&gt;
Qu'est-ce que cela prouvera&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;? Les aptitudes sp&#233;ciales de coureurs qui les auront men&#233;es et rien autre. Or, les fabricants int&#233;ress&#233;s &#224; obtenir une bonne note au classement d&#233;finitif sont capables d'user de pareils subterfuges auxquels la Commission ne pourra raisonnablement rien objecter si elle n'assimile pas le fait de pousser sa machine en cours de route &#224; une r&#233;paration. Je crois donc qu'il serait rationnel de tenir compte du temps ou plut&#244;t du nombre de kilom&#232;tres pendant lesquels une machine aura &#233;t&#233; conduite &#224; la main.&lt;br class='autobr' /&gt;
Mais, apr&#232;s tout, l'&#233;preuve sur route ne tiendra dans l'ensemble du concours qu'une place secondaire puisque le maximum de points qu'on puisse obtenir en arrivant en bon rang est 20, alors que 80 points sont attribu&#233;s &#224; la machine elle-m&#234;me. Dans ses commentaires du r&#232;glement, M.&#160;C. Bourlet a soin d'insister sur cette consid&#233;ration.&lt;br class='autobr' /&gt;
Si, pour nous, l'&#233;preuve sur route a une importance capitale, c'est qu'elle nous permettra de d&#233;montrer d'une fa&#231;on irr&#233;futable ce que, depuis plusieurs ann&#233;es, nous ne cessons d'affirmer, &#224; savoir : que nos &#233;tapes de 250 kilom&#232;tres avec &#233;l&#233;vation de 2,500 m&#232;tres sont parfaitement accessibles &#224; tous les cyclistes v&#233;g&#233;tariens et polymultipli&#233;s. On pourra toujours discuter, nier m&#234;me le plaisir de telles &#233;tapes, mais on ne pourra plus nous objecter qu'elles sont impossibles. Oui, elles l'ont &#233;t&#233; jusqu'&#224; pr&#233;sent, impossibles aux cyclistes qui pr&#233;tendent passer partout avec la 5 m. 50&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; mais que ces cyclistes se servent de machines semblables aux n&#244;tres, qu'ils s'alimentent en cours de route comme nous nous alimentons et vous les verrez tous revenir de leur erreur. Que d'exemples nous pourrions citer, depuis trois ans, de ces conversions soudaines.&lt;br class='autobr' /&gt;
Au dernier moment, j'apprends par une note ins&#233;r&#233;e dans l'Auto-V&#233;lo, que la Commission du Touring-Club envoy&#233;e dans les Pyr&#233;n&#233;es pour arr&#234;ter d'une fa&#231;on d&#233;finitive l'itin&#233;raire de l'&#233;preuve sur route, a modifi&#233; comme suit l'itin&#233;raire primitif :&lt;br class='autobr' /&gt;
1&#176; L'&#233;preuve aura lieu le 18&#160;ao&#251;t&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;;&lt;br class='autobr' /&gt;
2&#176; Le trajet comprendra : Tarbes, Lourdes, Tourmalet, Bagn&#232;res-de-Bigorre et Tarbes&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;;&lt;br class='autobr' /&gt;
3&#176; Relais facultatif &#224; Lourdes pour les concurrents qu'effrayerait la dur&#233;e de cette &#233;preuve.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le nouvel itin&#233;raire est plus long de 20 kilom&#232;tres environ, mais diminue l'&#233;l&#233;vation totale de quelque 250 m&#232;tres. Cela ne tire pas &#224; cons&#233;quence.&lt;br class='autobr' /&gt;
Les concurrents fatigu&#233;s pourront se faire remplacer pour la derni&#232;re ascension au col du Tourmalet. Cette concession &#233;tait in&#233;vitable, vu la difficult&#233; de trouver en assez grand nombre des cyclistes v&#233;g&#233;tariens et habitu&#233;s aux machines polymultipli&#233;es, seuls capables de venir &#224; bout sans vannaqe complet, d'une &#233;tape de ce calibre&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; mais la t&#226;che de la Commission n'en sera rendue que plus difficile.&lt;br class='autobr' /&gt;
Il est, en effet, facile de pr&#233;voir que deux cyclistes de force moyenne, se partageant la besogne, pourront, avec un d&#233;veloppement unique de 5 m&#232;tres par exemple, effectuer le parcours en un temps assez court. Comme, d'autre part, une bicyclette toute simple aura, plus qu'une autre bicyclette munie de plusieurs d&#233;veloppements des chances de se retrouver &#224; l'arriv&#233;e aussi saine qu'au d&#233;part&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; le concours de bicyclettes de tourisme pourrait bien tourner &#224; la confusion des polymultipli&#233;es et &#224; la gloire de la mono-multipli&#233;e.&lt;br class='autobr' /&gt;
Des exp&#233;riences poursuivies pendant plusieurs ann&#233;es et auxquelles s'associent successivement des cyclotouristes de plus en plus nombreux me laissent craindre que la v&#233;rit&#233; ne soit pas l&#224;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;VELOCIO&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>O&#249; en est la l&#233;vocyclette ?</title>
		<link>http://velotextes.fr/spip.php?article83</link>
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		<dc:date>2017-08-15T14:02:56Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
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		<dc:subject>Entre 1900 et 1914</dc:subject>
		<dc:subject>L&#233;vocyclette</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;&#192; ceux de nos camarades qu'int&#233;resse particuli&#232;rement la question des bicyclettes &#224; levier et qui demandent, avec plus d'insistance que jamais, o&#249; elle en est, je voudrais faire, comme l'ann&#233;e derni&#232;re &#224; pareille &#233;poque, une courte r&#233;ponse collective.&lt;/p&gt;

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&lt;a href="http://velotextes.fr/spip.php?rubrique17" rel="directory"&gt;Inventions nouvelles, cyclotechnie&lt;/a&gt;

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&lt;a href="http://velotextes.fr/spip.php?mot11" rel="tag"&gt;Entre 1900 et 1914&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://velotextes.fr/spip.php?mot19" rel="tag"&gt;L&#233;vocyclette&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;Par D&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;r&lt;/sup&gt; Matthieu, Touring-Club de france, Juin 1905 &lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; ceux de nos camarades qu'int&#233;resse particuli&#232;rement la question des bicyclettes &#224; levier et qui demandent, avec plus d'insistance que jamais, o&#249; elle en est, je voudrais faire, comme l'ann&#233;e derni&#232;re &#224; pareille &#233;poque, une courte r&#233;ponse collective.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Elle sera forc&#233;ment tr&#232;s incompl&#232;te. Les inventeurs qui ont bien voulu m'entretenir de leurs projets restent naturellement seuls ma&#238;tres de les faire conna&#238;tre &#224; leur heure&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; et ils paraissent d&#233;cid&#233;s &#224; attendre pour cela qu'ils aient achev&#233; de les mener &#224; bonne ,fin et de les soumettre aux &#233;preuves probatoires n&#233;cessaires &#8212; y compris, si possible, celle du prochain Concours de machines de voyage.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au risque de d&#233;concerter un peu de l&#233;gitimes impatiences c'est encore le meilleur parti.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La substitution des leviers aux manivelles, du mouvement alternatif et &#224; peu pr&#232;s rectiligne des p&#233;dales &#224; leur mouvement circulaire est une modification de la bicyclette assez importante pour &#234;tre &#233;tudi&#233;e de tr&#232;s pr&#232;s. Sa solution rationnelle et pratique touche &#224; des questions de fond et de d&#233;tail complexes, exige des recherches, des exp&#233;riences, des retouches nombreuses et, par suite, beaucoup de temps.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voici seulement ce que je puis dire :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plusieurs des machines dont j'ai, ici, sommairement expos&#233; l'&#233;conomie d'apr&#232;s les indications de leurs auteurs ont &#233;t&#233; ou doivent &#234;tre avantageusement modifi&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'une fa&#231;on g&#233;n&#233;rale, les constructeurs de l&#233;vocyclettes tendent &#224; renoncer au syst&#232;me du changement de vitesse par variation du bras de levier de la puissance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il a, en effet, le double inconv&#233;nient de n&#233;cessiter, en m&#234;me temps que le changement de position des p&#233;dales, un d&#233;placement correspondant de la selle et d'enfermer dans des limites trop &#233;troites le champ et le nombre des vitesses. C'est ce que M.&#160;Perrache a tr&#232;s bien d&#233;montr&#233; dans la Revue d'avril dernier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La variation du bras de levier de la r&#233;sistance permet seule d'obtenir le changement de vitesse continu et progressif entre deux limites extr&#234;mes tr&#232;s &#233;loign&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ajoutez &#224; cela un dispositif permettant d'obtenir simultan&#233;ment de chaque c&#244;t&#233; la variation de longueur des leviers, et cela au moyen d'une commande pratique plac&#233;e sous la main&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; et vous serez bien pr&#232;s d'avoir la bicyclette &#224; levier id&#233;ale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est vers ces am&#233;liorations, et d'autres encore, que semblent converger les efforts de nos constructeurs. Suivant la mesure dans laquelle ces efforts aboutiront, leurs machines r&#233;aliseront un progr&#232;s plus ou moins appr&#233;ciable sur la &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#8239;Sv&#233;a&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;, la bicyclette su&#233;doise avec laquelle &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;MM&lt;/span&gt;.&#160;les commandants F. et L. ont obtenu, l'ann&#233;e derni&#232;re, des r&#233;sultats si remarquables et si inattendus (Revue du &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;T. C.&lt;/span&gt;F., mai 1904, page 217).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'autre part, les am&#233;liorations de la Sv&#233;a sont confi&#233;es &#224; la Maison Terrot, de Dijon, &#224; laquelle se sont &#233;galement adress&#233;s plusieurs inventeurs fran&#231;ais.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En sorte qu'&#224; l'heure actuelle il est &#224; peu pr&#232;s impossible de rien pr&#233;juger sur la valeur comparative des l&#233;vocyclettes nouvelles ou transform&#233;es &#8212; qui ne peuvent plus gu&#232;re, d'ailleurs, tarder &#224; se produire en plein jour.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est &#224; souhaiter d'en voir le plus possible entrer en lice au concours d'ao&#251;t. Sans doute y en aura-t-il au moins quelques-unes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s cela, l'opinion pourra &#234;tre fix&#233;e d'une fa&#231;on un peu plus pr&#233;cise sur leurs qualit&#233;s, leurs d&#233;fauts et leurs desiderata. On saura si elles r&#233;alisent les avantages qu'on est en droit d'attendre du syst&#232;me des leviers, ou s'il faudra lutter encore pour sa d&#233;fense contre l'in&#233;vitable hostilit&#233; de la triple et sainte alliance des int&#233;r&#234;ts, de la routine et des pr&#233;jug&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-center&#034; style=&#034;text-align:center;&#034;&gt;&#8258;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Pour moi, cette perspective ne m'effraie nullement&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; et j'ai l&#224;-dessus depuis longtemps une conviction arr&#234;t&#233;e : La v&#233;ritable machine de montagne sera celle o&#249; pourront &#234;tre pratiquement associ&#233;s le P&#233;dalage par propulsion directe (1), qui permet de monter en lenteur les c&#244;tes les plus dures, et la Roue libre, son ins&#233;parable compl&#233;ment, qui permet de les descendre en vitesse dans le repos complet.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Non, certes, que ce mode de p&#233;daler, que la transmission de l'effort du cycliste par leviers propulseurs (2) ait en soi une vertu propre, celle de produire, par exemple, plus de travail m&#233;canique que le p&#233;dalage circulaire. Mais il n'en est pas moins certain qu'il utilise cet effort d'une fa&#231;on plus compl&#232;te et surtout plus constante et plus uniforme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'o&#249; l' &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#8239;insensibilit&#233; absolue&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;, c'est-&#224;-dire la suppression de fait, et du temps mort et du point mort r&#233;duit &#224; une sorte d'expression math&#233;matique. D'o&#249; la facilit&#233; de monter toutes les c&#244;tes sans se presser et sans &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#8239;avoir le temps de tomber&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; (pour rappeler le mot du commandant L.).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le fait a &#233;t&#233; nettement &#233;tabli par les exp&#233;riences rappel&#233;es ci-dessus et principalement par l'&#233;preuve de la bicyclette Reyrol au Trocad&#233;ro.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tel est, &#224; mon avis, le caract&#232;re fondamental de la bicyclette &#224; levier, le plus essentiel de ses grands avantages - que r&#233;sume la trilogie suivante : Suppression pratique du point mort&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; Obtention possible de tous les changements de vitesses utiles&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; Variation facultative du d&#233;veloppement avec celle de l'amplitude d'oscillation des leviers.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces facult&#233;s nouvelles ne vont naturellement pas sans organes nouveaux, qu'on taxe &#224; premi&#232;re vue de complications, sans se demander ce qu'il peut y avoir dans ces complications d'apparent ou de r&#233;el.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La v&#233;rit&#233;, c'est que ces organes nouveaux donnent &#224; la bicyclette un aspect insolite. La belle affaire, en balance des r&#233;sultats qu'on en obtient&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;!&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De m&#234;me, l'allure du l&#233;vocycliste (qu'on me passe ces sortes de n&#233;ologismes en faveur de leur commodit&#233;) para&#238;tra d'abord un peu bizarre &#8212; pas plus toutefois que celle du cycliste dans les premiers temps. &#8212; Puis on s'y habituera et on finira par remarquer qu'elle se rapproche, en somme, davantage de celle du pi&#233;ton.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quant au l&#233;vocycliste, il s'apercevra tout de suite, et par l'inutilit&#233; d'un apprentissage quelconque et par le sentiment intime du meilleur fonctionnement de ses muscles et de ses poumons, que ce nouveau mode de p&#233;daler est r&#233;ellement plus naturel et moins fatigant que le p&#233;dalage rotatif.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;r&lt;/sup&gt; &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;MATTHIEU&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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