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	<title>V&#233;lotextes</title>
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	<description>Lire celles et ceux qui ont fait du v&#233;lo un bienfait social, moyen de d&#233;placement et de tourisme&#160;: Paul de Vivie dit V&#233;locio, Capitaine Perrache dit l'homme de la montagne, Carlo Bourlet...
Histoire du v&#233;lo
Site de Laurent Vigniel</description>
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		<title>V&#233;lotextes</title>
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		<title> La d&#233;finition juridique de la bicyclette (Mars 1896)</title>
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		<dc:date>2023-01-31T20:52:03Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>velovi</dc:creator>


		<dc:subject>Louis Baudry de Saunier</dc:subject>
		<dc:subject>Avant 1900</dc:subject>
		<dc:subject>1896</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;&#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#8239;Le sage esprit qui dirige la r&#233;daction de notre Revue a mis au concours il y a deux mois une question toute pleine d'&#233;pines, mais toute charg&#233;e aussi d'enseignements : la d&#233;finition de la bicyclette au point de vue juridique. Il s'agit, en d'autres termes, de d&#233;finir l'&#234;tre nouveau qu'est dans la circulation des rues et des routes le cycliste, de telle fa&#231;on qu'on d&#233;duise de cette d&#233;finition les droits qui lui appartiennent et les devoirs qui lui incombent.&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;&lt;/p&gt;

-
&lt;a href="http://velotextes.fr/spip.php?rubrique11" rel="directory"&gt;D&#233;bats, soci&#233;t&#233;, sport&lt;/a&gt;

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&lt;a href="http://velotextes.fr/spip.php?mot2" rel="tag"&gt;Louis Baudry de Saunier&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://velotextes.fr/spip.php?mot10" rel="tag"&gt;Avant 1900&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://velotextes.fr/spip.php?mot78" rel="tag"&gt;1896&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;Par Baudry de Saunier, Touring Club de France, Mars 1896&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le sage esprit qui dirige la r&#233;daction de notre Revue a mis au concours il y a deux mois une question toute pleine d'&#233;pines, mais toute charg&#233;e aussi d'enseignements : la d&#233;finition de la bicyclette au point de vue juridique. Il s'agit, en d'autres termes, de d&#233;finir l'&#234;tre nouveau qu'est dans la circulation des rues et des routes le cycliste, de telle fa&#231;on qu'on d&#233;duise de cette d&#233;finition les droits qui lui appartiennent et les devoirs qui lui incombent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'importance d'un tel sujet n'&#233;chappera &#224; aucun cycliste. Il est en effet devenu urgent pour nous d'obtenir, de ces entit&#233;s vagues qu'on appelle les pouvoirs publics, &#8212; de ces entit&#233;s qui voulaient l'an dernier encore rendre obligatoire &#224; la maigre bicyclette la corne des tramways &#8212; un r&#232;glement de circulation uniforme dans toute la France, d'&#233;chapper &#224; l'arbitraire des tribunaux qui nous jugent avec leurs nerfs et non avec des textes, bref d'indiquer, clairement, ce que nous sommes exactement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Que sommes-nous dans la circulation, des cavaliers ou des voitures&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si nous consultons la collection des jugements rendus &#224; notre sujet, nous trouvons que les tribunaux savent bien ce que nous ne sommes pas, mais qu'aucun ne se hasarde &#224; dire si nous sommes oiseaux ou souris&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;? Le juge de paix de Boulogne-sur-Mer d&#233;cide, le 6&#160;juillet 1891 &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#8239;qu'un v&#233;locip&#232;de n'est pas une voiture&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; &#8212; celui de Ch&#226;teau-Thierry, le 10&#160;septembre 1892, d&#233;clare &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#8239;qu'un cycle ne saurait &#234;tre consid&#233;r&#233; comme un v&#233;hicule&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; &#8212; etc., etc., bref la Cour de Cassation juge, le 1&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;er&lt;/sup&gt;&#160;juin 1894, que &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#8239;la bicyclette simple n'est pas une voiture.&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;* * *&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voiture&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! En effet le bon sens populaire qui juge vite et bien, sans raisonner, n'a jamais tax&#233; la bicyclette de voiture &#224; deux roues. Il la baptise &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#8239;v&#233;lo&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;, c'est-&#224;-dire donne une expression nouvelle &#224; cette chose nouvelle qu'est une machine cycliste. Il nous indique &#224; priori que ce l&#233;ger b&#226;ti de tubes qui p&#232;se cinq ou six fois moins que celui qui l'enfourche, ne saurait sans ridicule &#234;tre rapproch&#233; du cabriolet le plus svelte dont la masse attel&#233;e repr&#233;sente environ 1000 kilogs&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;? Je passe sous silence les &#233;normes caisses &#224; quatre roues et &#224; trois chevaux o&#249; quarante personnes empil&#233;es se font transporter tout d'un bloc et qui ressemblent autant &#224; des bicyclettes qu'un &#233;l&#233;phant &#224; une mouche&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;!&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Non, la bicyclette ne peut &#234;tre assimil&#233;e &#224; une voiture.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Elle n'en a ni l'aspect, ni le poids, ni la largeur. Elle ne transporte pas celui qui la monte : le cycliste se transporte lui-m&#234;me par elle &#8212; ce qui constitue &#224; la bicyclette une nature bien diff&#233;rente de celle de la voiture. Pour passer, il lui faut trois centim&#232;tres de terrain et la largeur en haut des &#233;paules de son cavalier, alors que la moindre voiture exige un m&#232;tre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais m'objectera-t-on, dans une campagne retentissante le V&#233;lo a jadis demand&#233; qu'on cri&#226;t bien fort et partout : &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#8239;Un v&#233;lo est une voiture&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;!&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; &#8212; commettant ainsi une incons&#233;quence flagrante avec la campagne pr&#233;c&#233;dente qu'il avait &#233;galement men&#233;e et r&#233;ussie : On doit dire monter &#224; bicyclette et non pas en&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! L'objection n'a de valeur qu'apparente. Entre deux maux en effet il faut choisir le moindre&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; entre la classification de voiture et celle de hors-la-loi que l'anarchie des r&#232;glements actuels offre au cycliste, le V&#233;lo a demand&#233; &#224; grands cris qu'on nous tax&#226;t de &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#8239;voitures&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;, et il a eu raison&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; d&#232;s que l'administration consentira &#224; nous donner notre v&#233;ritable d&#233;signation et un r&#232;glement fait &#224; notre taille, il abandonnera joyeusement la section des v&#233;hicules o&#249; il &#233;tait prudent que nous nous rangions et nous classifiera &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#8239;cyclistes&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; que nous sommes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce pis-aller de &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#8239;voitures&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; pour d&#233;signer les bicyclettes n'a d'ailleurs pas &#233;t&#233; seulement admis par le V&#233;lo, mais encore, remarquons-le, par la plupart des arr&#234;t&#233;s des maires et des ordonnances des pr&#233;fets, si bien qu'un cycliste voyageant la nuit sans lanterne ne serait pas condamn&#233; pour violation du r&#232;glement de police qui oblige les voitures au port d'une lanterne (la cour de cassation ayant jug&#233; qu'une bicyclette n'est pas une voiture)&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; mais pour violation d'un arr&#234;t&#233; municipal. Cette guerre sourde entre la cour supr&#234;me et les petits maires pourrait nous divertir si nous n'en payions les frais&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;!&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-center&#034; style=&#034;text-align:center;&#034;&gt;&#8258;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;La bicyclette n'&#233;tant pas voiture, est-elle du moins cheval&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ah&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! c'est cheval surtout qu'elle n'est pas, la pauvre diablesse, encore moins que voiture, s'il est possible&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;!&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'abord, les r&#232;glements actuels demandent qu'elle soit &#233;clair&#233;e, munie d'une plaque et d'un grelot, trois obligations auxquelles on ne pense pas &#224; soumettre une b&#234;te.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Elle n'est enfin qu'un ensemble de tubes l&#233;gers qui n'ont aucune vie par eux-m&#234;mes&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; elle constitue un petit instrument qui n'a pas de personnalit&#233; distincte, qui n'est, en somme, qu'un adjuvant de la locomotion personnelle, une canne savante, une chaussure perfectionn&#233;e, si bizarre que puisse para&#238;tre cette expression&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;!&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Elle n'est pas un cheval, parce qu'elle n'existe que lorsqu'elle est mont&#233;e&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; parce qu'elle ne transporte pas son cavalier, mais le supporte seulement&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; parce que bicyclette et cycliste ne font qu'une seule et m&#234;me personne, indivisible&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; parce que le cycliste est un pi&#233;ton, oui, &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;UN&lt;/span&gt; &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;PI&lt;/span&gt;&#201;&lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;TON&lt;/span&gt; A &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;ROUES&lt;/span&gt;, comme Mercure est un pi&#233;ton &#224; ailes&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;!&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pi&#233;ton, le cycliste n'est qu'un pi&#233;ton, et je d&#233;finirais ainsi la bicyclette : &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;UNE&lt;/span&gt; &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;PAIRE&lt;/span&gt; &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;DE&lt;/span&gt; &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;ROUES&lt;/span&gt; &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;QUI&lt;/span&gt; &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;PERMET&lt;/span&gt; &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;AU&lt;/span&gt; &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;PI&lt;/span&gt;&#201;&lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;TON&lt;/span&gt; D'&lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;AUGMENTER&lt;/span&gt; &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;SA&lt;/span&gt; &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;VITESSE&lt;/span&gt; &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;NATURELLE&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On me r&#233;pondra que c'est l&#224; un pi&#233;ton qui marche beaucoup plus vite que les autres&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! &#8212; Je l'accorde&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; mais d&#233;fend-on aux pi&#233;tons de courir&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;? Que c'est un pi&#233;ton augment&#233; d'une machine&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;? Mon Dieu, la machine p&#232;se de 10 &#224; 14 kilos&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; d&#233;fend-on &#224; un pi&#233;ton de 120 kilos de courir&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce n'est pas le poids de ce pi&#233;ton nouveau qui est &#224; redouter, c'est sa vitesse, et je ne doute pas que le prochain r&#232;glement &#224; intervenir ne mette un frein aux recordmen de rues.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais s'il fallait consid&#233;rer ici les dispositions qu'une bonne loi de circulation des v&#233;locip&#232;des devrait contenir, je sortirais du sujet actuel, qui n'est qu'une tentative de d&#233;finition juridique de la bicyclette.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je me permets d'insister sur ce point : que la bicyclette n'est qu'un accessoire, une addition, une commodit&#233; du simple pi&#233;ton, comme peut l'&#234;tre diff&#233;remment un patin ou un ski, ou, si vous voulez, une paire de bottes de sept lieues&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; et qu'elle ne peut modifier ses droits et ses devoirs de pi&#233;ton qu'en ce qu'elle le force &#224; rouler sur le terrain r&#233;serv&#233; aux voitures.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enfin, j'ajouterai qu'un r&#232;glement cycliste bien fait doit voir au-del&#224; de la bicyclette. La bicyclette&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! Savons-nous si elle existera encore dans trois ans&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;? Elle n'est qu'une forme, certainement passag&#232;re, de la v&#233;locip&#233;die qui seule demeurera. Mais qui assurerait que, dans cinq ans, nous ne voyagerons pas sur une seule roue, ou que, dans dix, le cycliste ne sera pas une sorte de patineur &#224; roulettes plus rapide qu'un oiseau&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;? Et apr&#232;s tout, peut-on r&#233;glementer le vol des oiseaux, et croyez-vous bien sinc&#232;rement qu'on pourra jamais ordonnancer la vitesse, le passage, les coups de p&#233;dale ail&#233;e des cyclistes&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;? Moi, je suis convaincu d'avance que nous passerons &#224; travers tous les r&#232;glements, &#8212; et que, juridiquement, notre droit sera, un jour, de circuler partout, et notre devoir, de ne tuer personne, ni nous-m&#234;mes&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;!&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L. &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;BAUDRY&lt;/span&gt; &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;DE&lt;/span&gt; &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;SAUNIER&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Ma course Paris-Brest (Les m&#233;moires de Terront, 1893)</title>
		<link>http://velotextes.fr/spip.php?article375</link>
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		<dc:creator>velovi</dc:creator>


		<dc:subject>Louis Baudry de Saunier</dc:subject>
		<dc:subject>sport, courses</dc:subject>
		<dc:subject>Avant 1900</dc:subject>
		<dc:subject>Paris</dc:subject>
		<dc:subject>Mono</dc:subject>
		<dc:subject>Extraits de livre</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;&#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt; Jiel-laval venait de passer 41 minutes avant moi. La foule &#224; Brest &#233;tait si compacte que je crus &#234;tre oblig&#233; de descendre de machine et que je fus, malgr&#233; l'envie de repartir sans m'arr&#234;ter, contraint d'attendre cinq minutes qu'on me servit un bouillon et qu'on fit s'&#233;carter pour me laisser le passage, la cohue qui me pressait de toutes parts.&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;&lt;/p&gt;

-
&lt;a href="http://velotextes.fr/spip.php?rubrique58" rel="directory"&gt;Charles Terront&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="http://velotextes.fr/spip.php?mot2" rel="tag"&gt;Louis Baudry de Saunier&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://velotextes.fr/spip.php?mot8" rel="tag"&gt;sport, courses&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://velotextes.fr/spip.php?mot10" rel="tag"&gt;Avant 1900&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://velotextes.fr/spip.php?mot36" rel="tag"&gt;Paris&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://velotextes.fr/spip.php?mot60" rel="tag"&gt;Mono&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://velotextes.fr/spip.php?mot96" rel="tag"&gt;Extraits de livre&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='http://velotextes.fr/IMG/logo/dscf5713.jpg' class=&#034;spip_logo spip_logo_right&#034; alt=&#034;&#034; style='max-width: 150px;max-width: min(100%,150px); max-height: 150px' /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;Chapitre 13, Les m&#233;moires de Terront, [...] revus et mis en ordre par Louis Baudry de Saunier, 1893&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aussit&#244;t que la course Paris-Brest fut annonc&#233;e par le petit journal, je m'&#233;criai : &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#8239;voil&#224; ma course&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;!&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; Je m'en allai trouver mes amis de Bayonne et en leur montrant le journal je leur dis : &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#8239;Elle est &#224; moi, celle l&#224;&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;!&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; Je pr&#233;voyais en effet qu'il fallait pour une telle &#233;preuve de grandes qualit&#233;s de r&#233;sistance et je sentis s'&#233;veiller en moi tout mon courage.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'appris en m&#234;me temps que les places seraient donn&#233;es au d&#233;part selon l'ordre d'inscription et j'envoyai par t&#233;l&#233;gramme mon engagement au petit journal. On m'en accusa r&#233;ception. J'avais le num&#233;ro 5.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je me mis imm&#233;diatement &#224; l'entra&#238;nement. Une course aussi longue et dans un pays aussi accident&#233; que la Bretagne demandait une assez dure pr&#233;paration. Je r&#233;solus de faire beaucoup de route surtout en Espagne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un jour d'entra&#238;nement, je revenais d'Espagne &#224; Bayonne avec Boyer et un autre v&#233;locip&#233;diste. On nous avait avertis qu'une bande de brigands log&#233;s dans les Pyr&#233;n&#233;es s'&#233;taient fait une sp&#233;cialit&#233; de d&#233;trousser les v&#233;locip&#233;distes. Leur moyen &#233;tait bien simple, ils tendaient une corde &#224; travers la route et quand la nuit un v&#233;locip&#233;diste passait, ils sautaient sur lui, lui enlevaient son argent, sa montre, quelques fois m&#234;me ses v&#234;tements et le laissaient partir plus ou moins nu sur la machine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je n'en voulais rien croire et d'ailleurs n'avais-je pas mon revolver&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;? Revenant donc ce soir l&#224; des courses de Pampelune, Boyer et son ami, loin en avant, je vis tout &#224; coup se dresser devant moi, deux hommes qui firent mine de se jeter sur ma machine. Je descendis vivement et leur demandai en patois ce qu'ils me voulaient, quand mes amis inquiets de ne pas me voir venir, retourn&#232;rent sur leur pas et arriv&#232;rent &#224; moi. Aussit&#244;t les deux hommes disparurent dans la nuit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je pris part, pour essayer mon entra&#238;nement, &#224; quelques courses. Mais dans le championnat de vitesse d'Agen, je pense que j'aurais &#233;t&#233; bien plac&#233; si une chute de Cottereau ne m'avait emp&#234;ch&#233; de passer au dernier tour.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un mois avant la course de Paris-Brest, je vins &#224; Paris. Je commen&#231;ai par faire de longues &#233;tapes. J'allai trois fois &#224; Vervins par la route, une fois &#224; Saint-Quentin. Je m'entra&#238;nai beaucoup aussi sur l'itin&#233;raire que j'allais avoir &#224; parcourir, itin&#233;raire que je connaissais en grande partie pour avoir fait mon service militaire &#224; Saint-Brieuc. J'allai jusqu'&#224; Dreux, puis un jour jusqu'&#224; Laval, d'o&#249; je reviens par le chemin de fer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enfin, trois jours avant la course, je me reposai absolument de fa&#231;on &#224; &#234;tre tout dispos pour l'heure fix&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'avais r&#233;fl&#233;chi &#224; la meilleure tactique &#224; employer. Je n'avais en somme que deux concurrents s&#233;rieux dans cette course : Jiel-Laval, qui avait fourni une assez bonne course dans Bordeaux-Paris et qui, en tous cas, serait sup&#233;rieurement entra&#238;n&#233; par la maison qui l'avait engag&#233;, et Jules Dubois, dont je connaissais de longue date la valeur et, qui, par son r&#233;cent record de Paris &#224; Rouen aller et retour en 11h43 (260 kilom&#232;tres), fait dix jours avant, montrait l'excellente forme dans laquelle il se trouvait.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais Jiel-Laval, bien entra&#238;n&#233; par de Civry, ne poss&#233;dait n&#233;anmoins pas de vitesse, et Dubois poss&#233;dant de la vitesse, ne serait certainement pas bien entra&#238;n&#233;. J'&#233;tais, moi, entra&#238;n&#233; par un de mes meilleurs camarades et un sportman de premier ordre, Duncan.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'avais entendu dire quelque temps auparavant &#224; Dubois : &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;Bah&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! qu'est ce que cela me fait d'&#234;tre engag&#233; le 363&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt;&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;? J'aurai tous les entra&#238;neurs de Terront&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;!&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; &#192; la course, c'est comme &#224; la guerre, chacun pour soi, et quelque regret que j'aie eu de ne pas &#234;tre agr&#233;able &#224; Dubois, je me jurai de faire en sorte qu'aucun de mes entra&#238;neurs ne p&#251;t lui servir.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-center&#034; style=&#034;text-align:center;&#034;&gt;***&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&#192; 6 h 55 du matin, le dimanche, M.&#160;Thomas, pr&#233;sident de la course, criait : &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#8239;Attention&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;!&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; et presque aussit&#244;t : &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#8239;Partez&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;!&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; J'&#233;tais sur la ligne de t&#234;te avec mon n&#176;5, tandis que mes concurrents &#233;taient tout &#224; fait en arri&#232;re, g&#234;n&#233;s par une cohue de v&#233;locip&#233;distes de qualit&#233; inf&#233;rieure qui se croyaient cependant des chances d'arriver le soir m&#234;me &#224; Brest.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je partis &#224; fond de train dans l'avenue du Bois-de-Boulogne et arrivai au Bois o&#249; Antony cach&#233; m'attendait. D'un train vigoureux il me fit travers le bois, Suresnes, monter la c&#244;te, et traverser Ville-D'Avray dans la direction de Versailles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais nous tenions une telle allure que, dans la c&#244;te de Picardie, Antony, fatigu&#233;, se laissa d&#233;passer par moi et fit des signes de d&#233;tresse &#224; un de mes amis, mon cousin Rollet qui &#233;tait venu me voir passer avant de prendre le chemin de fer pour aller m'attendre bien au del&#224;, &#224; Montauban-de-Bretagne. Rollet me conduisit jusqu'&#224; Versailles o&#249; nous entr&#226;mes comme des trombes entre deux haies de curieux, de dames m&#234;me, que l'heure matinale n'avait pas retenues au lit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans Versailles, je rencontrai tout &#224; coup un bon v&#233;locip&#233;diste que je connaissais, Thouvenin qui, me sachant seul avec Rollet qui devait prendre le chemin de fer, accepta de m'entra&#238;ner, et nous part&#238;mes, toujours &#224; toute vitesse vers Saint-Cyr.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De mes concurrents je n'avais encore aucune nouvelle. Il &#233;tait prudent n&#233;anmoins de conserver et m&#234;me d'augmenter, si possible, l'avance que je leur avais prise. Un accident pouvait m'arriver et les pneumatiques, encore &#224; leur enfance, pouvaient inspirer une l&#233;g&#232;re crainte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Thouvenin s'employa de son mieux et poussa le d&#233;vouement jusqu'&#224; me conduire par Trappes et Pont-Chartrain jusqu'&#224; la Queue-les-Yvelines. Le chemin de fer borde pendant assez longtemps la route, et comme nous marchions dans la direction de Dreux, un train arriva de Paris et nous c&#244;toya quelques instants. Aussit&#244;t des mouchoirs s'agitent aux porti&#232;res des wagons. C'est Pierre Giffard, Thomas, et plusieurs de mes entra&#238;neurs qui vont &#224; Dreux, soit pour nous voir passer, soit pour nous &#234;tre utile&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;!&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La Queue-les-Yvelines &#233;tait le premier point de contr&#244;le. Je signai le registre &#224; 8h 45. J'avais couvert les 50 premiers kilom&#232;tres en 1 h 50. Et je repartis vivement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; la Queue-les-Yvelines, je devais changer d'entra&#238;neur et &#234;tre pris par Dalvy. Mais Dalvy d&#233;jeunait avec quelques amis sur le bord de la route et ne m'attendait pas du tout de si bonne heure. Aussi passai-je devant lui &#224; sa grande surprise, et comme je d&#233;sirais gagner toujours et encore de la distance, je ne pris pas le temps de m'arr&#234;ter. Thouvenin m'avait quitt&#233;, j'&#233;tais seul. Mais bient&#244;t deux des amis de Dalvy qui s'&#233;taient mis en selle me rejoignirent &#224; grands coups de p&#233;dales et m'entra&#238;n&#232;rent. Bient&#244;t leur allure ne put plus me suffire et je passai devant, invertissant ainsi les r&#244;les.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'arrivai &#224; Dreux &#224; 9h 56. Le passage &#224; niveau &#233;tait ferm&#233;&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! Pendant le temps que la garde-barri&#232;re mit &#224; l'ouvrir, je me retournai machinalement pour voir si Dubois ou Jiel-Laval n'&#233;tait pas dans mes talons, mais personne ne venait&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! Presque aussit&#244;t, comme je songeais &#224; Dubois, je rencontrai un de ses entra&#238;neurs qui attendait son passage, Rouxel, qui eut l'amabilit&#233; de m'offrir un bouillon tandis que je montais la c&#244;te qui se trouve &#224; la sortie de la ville. C'&#233;tait le premier r&#233;confortant que je prenais.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-center&#034; style=&#034;text-align:center;&#034;&gt;***&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Un bon entra&#238;neur se chargea de moi &#224; partir de Dreux. C'&#233;tait Darboval, un coureur angevin qui, avec quelques amis m'emmena bon train jusqu'au second point de contr&#244;le, Mortagne, que j'atteignis &#224; 1 h 45. Je marchais depuis sept heures&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;!&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mortagne est situ&#233; au haut d'une c&#244;te. La foule des habitants, &#224; cette heure, et par le temps splendide qu'il faisait, s'&#233;tait pr&#233;cipit&#233;e &#224; l'entr&#233;e de la ville, et sans un service d'ordre bien organis&#233;, je ne fus jamais entr&#233; dans le pays&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;!&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les balcons avaient des guirlandes de fleurs et les toilettes sillonnaient les rues comme dans un jour de f&#234;te carillonn&#233;e. Je signai en h&#226;te le registre et repris ma course folle accompagn&#233; cette fois de M.&#160;Ren&#233; de Knyff, le directeur actuel de la Revue des sports.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Qu'&#233;taient devenus mes rivaux&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;? Je n'avais aucune nouvelle d'eux&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! Mais j'avais une telle crainte d'une perforation dans mes pneumatiques que, &#224; chaque fois que je pensais au clou qui d'un moment &#224; l'autre pouvait m'arr&#234;ter net sur la route, je me sentais pris d'un renouvellement d'&#233;nergie et il me semblait qu'en marchant tr&#232;s vite je retardais d'autant l'instant fatal.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De Knyff et moi part&#238;mes ainsi &#224; une allure tr&#232;s allong&#233;e, moi lui confiant mes craintes et lui me rassurant par la perspective de la victoire prochaine et de la belle performance que j'allais accomplir. Puis il se vit forc&#233; de me quitter &#224; quelques kilom&#232;tres d'Alen&#231;on, me laissant continuer la route avec les v&#233;locip&#233;distes r&#233;gionaux ou cantonaux qui ne m'ont jamais manqu&#233; presque pendant tous le parcours.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'&#233;tais &#224; Alen&#231;on &#224; 3h 20. La foule &#233;tait toujours compacte. Tout le monde voulait me voir de pr&#232;s et j'eus beaucoup de peine &#224; n'&#234;tre pas jet&#233; &#224; bas de ma machine. Mais je n'avais toujours pas de nouvelles de mes rivaux : &#233;taient-ils loin, &#233;taient-ils pr&#232;s&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;? Peut-&#234;tre Dubois et Jiel &#233;taient-ils tomb&#233;s&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;? Ils avaient renonc&#233; peut-&#234;tre&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! Peut-&#234;tre aussi ils accouraient &#224; 100 m&#232;tres de moi&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! Il me semblait dans cette incertitude terrible qu'une ombre courait apr&#232;s moi, sans formes, et que je n'avais qu'&#224; fuir, fuir, fuir toujours, au hasard, pour l'&#233;viter&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;!&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lamy et Suberbie me prirent aussit&#244;t &#224; Alen&#231;on et me conduisirent toujours plus vite, plus vite encore &#224; travers Saint-Denis-sur-Sarthon, jusqu'&#224; Pr&#233;-en-Pail o&#249; se tenait le troisi&#232;me contr&#244;le&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! Il &#233;tait 5 heures. La population &#233;tait mass&#233;e devant le Caf&#233; Parisien que le propri&#233;taire avait orn&#233; de drapeaux, de lanternes v&#233;nitiennes, de plantes vertes&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#8239;Terront, viens prendre un bock&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;!&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; crie un loustic. Tout le monde rit, moi aussi - et je reprends la fuite affol&#233;e devant cet ennemi invisible mais terrible : l'inconnu&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;!&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voici Saint-Cyr-en-Pail, puis Javron, puis le Ribay, puis Tricords, puis une &#233;norme descente de 10 kilom&#232;tres o&#249; la vitesse devient du vertige, o&#249; l'on p&#233;dale tant qu'on a de force, o&#249; une chute est presque probable, compromettant peut-&#234;tre sans retour la fin de la lutte&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! Voici Mayenne, dont les habitants ne voient passer dans la nuit qui tombe que les silhouettes rapides de quelques v&#233;locip&#233;distes poudreux qui s'enfuient&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! Fuir, fuir, tant qu'on a des jambes, je ne pensais qu'&#224; fuir devant le myst&#232;re qui me suivait derri&#232;re sur la route et qui avan&#231;ait toujours&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;!&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La nuit &#233;tait venue. La crainte de l'inconnu augmentait avec les t&#233;n&#232;bres et, sans regarder trop o&#249; je courais, je crois que ma vitesse s'&#233;tait accrue encore. Mes muscles ne poussaient plus seuls ma machine : mes nerfs travaillaient aussi et toute mon &#233;nergie surexcit&#233;e se concentrait sur mes p&#233;dales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout &#224; coup, je sens ma machine s'affaisser sous moi... Je suis crev&#233;&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! Ma roue d'arri&#232;re est d&#233;gonfl&#233;e&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! Je tremble d'&#233;motion, je descends, et, avec l'aide de mes entra&#238;neurs, je retire du caoutchouc un long clou tout neuf&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;!&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Que faire&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;? Nous n'&#233;tions qu'&#224; quelques kilom&#232;tres le Laval, au village de Louvern&#233; dont on apercevait les lumi&#232;res. Une r&#233;paration sur place &#233;tait probl&#233;matique. Mieux valait courir en machine jusqu'&#224; la ville et l&#224; peut-&#234;tre une r&#233;paration serait-elle faite plus rapidement qu'en pleins champs et la nuit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'arrivai &#224; Laval hors de moi. Il &#233;tait 8 h 36 du soir. Une foule &#233;norme encombrait encore la place de la ville, mais j'avais bien le temps de recevoir leurs compliments&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! Enfin au contr&#244;le, je trouvai, dans le caf&#233;, Duncan accompagn&#233; d'un ouvrier de la maison Michelin qui voyageaient tous les deux en avant de moi afin de r&#233;parer mes perforations s'il en &#233;tait besoin. L'ouvrier d&#233;monta le bandage, fit la r&#233;paration... L'op&#233;ration dura 40 minutes&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;!&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Moi, j'&#233;tais assis &#224; une table, ma t&#234;te sur mon poing, regardant en col&#232;re la maudite m&#233;canique qui me faisait perdre tant de temps, quand, subitement, un petit peloton de v&#233;locip&#233;distes arrive au contr&#244;le avec au centre, Jiel-Laval&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;!&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jiel-Laval descend de machine, signe le registre, remonte et repart. Et j'attendais toujours ma machine&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;!&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On m'apprit alors que de Civry &#233;tait arriv&#233; &#224; Laval quelques heures avant mon passage. Ce n'&#233;tait pas m'apporter pr&#233;cis&#233;ment une heureuse nouvelle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#201;tait-ce vrai&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;? Et pour un clou, fut-il neuf, devais-je abandonner la partie&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;? Jamais, jamais&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! Et je remontais vite en selle&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;!&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faisait nuit compl&#232;te. O&#249; &#233;tait Jiel-Laval&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;? Deux bons entra&#238;neurs, Tissieret et Lain&#233;, m'emmen&#232;rent comme une fl&#232;che &#224; travers les villages de Saint-Bertherin, de La Chapelle, de la Gravelle. Mais rien que la route longue, ind&#233;finie&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! Rien que des c&#244;tes et des descentes,rien que la nuit noire comme le charbon&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! O&#249; &#233;tait Jiel&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;? O&#249; &#233;tait Jiel&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Encore du courage&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! Marchons plus vite&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! Le village de Loutini&#232;re est pass&#233;. Il va &#234;tre minuit&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! Bient&#244;t dix-sept heurs de marche, de course insens&#233;e, d'emballages d&#233;sesp&#233;r&#233;s&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! Voici un pont devant un chemin de fer... Hourra&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! Les voil&#224; enfin &#224; 50 m&#232;tres&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! Encore un effort et je rejoins Jiel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Vitr&#233;. Quelques fanatiques nous ont attendus et nous applaudissent quand nous passons, mais le reste de la ville dort. Nous buvons ensemble ainsi que les v&#233;locip&#233;distes qui nous accompagnent, une cruche de lait, et nous repartons.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La fraternit&#233; vient-elle enfin entre nous, dans la nuit, dans cette &#233;pop&#233;e extraordinaire&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;? Si nous cessions quelques instants la lutte&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;? Faisons le voyage ensemble, c'est plus simple&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! Et mes entra&#238;neurs, Tissier et Fournier se joignent &#224; ceux de Jiel et nous derri&#232;re, roulant c&#244;te &#224; c&#244;te, nous suivons sans rien dire. Jiel semple harass&#233; de fatigue. Il ne parle pas et semble d&#233;j&#224; &#234;tre aux mains de ses entra&#238;neurs un objet inerte, &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;O&#249; coucheras-tu&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;?&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; lui demandai-je. - &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;Je ne sais pas o&#249; ils me feront coucher&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;!&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; me r&#233;pondit-il avec peine, et il continue son mouvement uniforme de p&#233;dales. Jusqu'&#224; Rennes, nous cheminons ainsi ensemble.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ga&#235;tan de Knyff se charge alors de moi, me m&#232;ne &#224; l'h&#244;tel, me fait prendre deux bouillons, tandis que Jiel s'arr&#234;te et se repose quelques instants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je veux repartir vite, t&#226;cher de regagner alors l'avance perdue&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! Ga&#235;tan de Kniff s'&#233;lance, mais ne voit pas un trottoir et y brise net sa machine. Alors deux v&#233;locip&#233;distes, Jarrier et Carpentier ont l'amabilit&#233; de m'entra&#238;ner rondement jusqu'&#224; Montauban-de-Bretagne, quatri&#232;me contr&#244;le.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est 2 h 15 du matin&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; le contr&#244;le est ferm&#233; et le contr&#244;leur est dans son lit&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! Nous frappons aux volets, on ne r&#233;pond point. Enfin, un bonnet de coton appara&#238;t et, apr&#232;s dix minutes, je puis signer la feuille&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! Ce temps avait suffi &#224; Jiel un peu repos&#233; pour arriver juste derri&#232;re moi. Nous nous retrouvions ensemble pour la deuxi&#232;me fois dans la m&#234;me nuit. Et ainsi pendant 50 kilom&#232;tres, jusqu'&#224; Lamballe, nous f&#238;mes c&#244;te &#224; c&#244;te encore le chemin, sans nous dire un mot, derri&#232;re nos entra&#238;neurs devenus communs, Charron, Rollet, Hamonic, etc&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;!&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais Jiel se repose encore. Je le quitte de nouveau entra&#238;n&#233; par Chevalier jusqu'&#224; Saint-Brieuc o&#249; j'arrive &#224; 6h 56 du matin. Je repars vite, sans la moindre halte, vigoureusement men&#233; par Girardin jusque vers Morlaix. J'estimais, &#224; l'allure que je menais et &#224; l'&#233;tat dans lequel je savais Jiel-Laval que je devais lui avoir regagn&#233; une vingtaine de minutes. Encourag&#233; par cette reprise, je p&#233;dalais fi&#233;vreusement quand, &#224; quelques kilom&#232;tres de la ville, ma machine s'affaisse encore une fois&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! Encore un clou, et neuf encore&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;!&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nouveau d&#233;sespoir&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! Je continue sur la jante et arrive au contr&#244;le o&#249; fort heureusement Duncan et l'ouvrier Michelin m'avaient pr&#233;c&#233;d&#233;. Tandis qu'on raccommode mon pneumatique, je prends un bain et je me rhabillais quand j'entends tout &#224; coup dehors crier : &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#8239;Vive Jiel&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;!&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; C'&#233;tait en effet Jiel qui, dans un bel effort, avait regagn&#233; un peu du temps que je lui avais pris et profitait de mon accident pour me d&#233;passer&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;!... Mal&#233;diction&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! Je n'arriverai jamais &#224; me d&#233;barrasser de mon rival&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;!&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Vite en selle&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! Il est pr&#232;s d'une heure de l'apr&#232;s-midi. Je l'aurai avant peu&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! Suberbie m'entra&#238;ne. Nous n'avons pas fait 6 kilom&#232;tres qu'en effet nous apercevons au loin un point noir qui s'en va, Jiel-Laval&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! Nous le tenons&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;!&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Crac&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! Encore un clou&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! Je suis encore crev&#233;&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;!&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un employ&#233; du t&#233;l&#233;graphe et un ouvrier qui passaient s'arr&#234;tent, d&#233;montent vivement ma roue et la r&#233;parent. Je constate avec plaisir qu'ils travaillent beaucoup plus adroitement que le sp&#233;cialiste qu'on m'avait envoy&#233;. Mais que de temps perdu&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! Et comment regarderai-je jamais, &#233;tant d&#233;j&#224; derri&#232;re mon adversaire, l'&#233;norme avance que cette nouvelle demi-heure lui a donn&#233;&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;N&#233;anmoins je repars, furieux, s'appuyant sur ma machine comme si je voulais la briser. &#201;chard est devant moi et s'emploie de son mieux &#224; m'encourager. &#192; Guipavas, une troupe de v&#233;locip&#233;distes nous croise&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; au milieu, Jiel-Laval&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! C'est Jiel-Laval qui vient de virer &#224; Brest et qui commence le retour vers Paris, alors que moi je termine seulement l'aller&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;!&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'arrive &#224; Brest dans un &#233;tat d'irritation complet. Un t&#233;l&#233;gramme adress&#233; &#224; cette &#233;poque au Petit Journal est ainsi con&#231;u :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#8239;Terront est arriv&#233; &#224; Brest &#224; 4 h 48. Comme Jiel-Laval, il a bu du bouillon, aval&#233; une poire et, apr&#232;s cinq ou six minutes d'arr&#234;t il est reparti. Il ne semble pas fatigu&#233;. Son accident de machine a seulement le don de l'exasp&#233;rer et il ne d&#233;col&#232;re pas en le racontant.&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jiel-laval venait de passer 41 minutes avant moi. La foule &#224; Brest &#233;tait si compacte que je crus &#234;tre oblig&#233; de descendre de machine et que je fus, malgr&#233; l'envie de repartir sans m'arr&#234;ter, contraint d'attendre cinq minutes qu'on me servit un bouillon et qu'on fit s'&#233;carter pour me laisser le passage, la cohue qui me pressait de toutes parts.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#201;chard me fait enfin sortir le la ville. La moiti&#233; du trajet &#233;tait donc fait&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! Mais o&#249; &#233;tait Jiel&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous partons, mon pneumatique se d&#233;gonfle &#224; vue d'&#339;il&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! Je descends de machine. Dans ma roue d'arri&#232;re est fich&#233;e une &#233;pingle&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! Je ne veux pas perdre encore du temps &#224; r&#233;parer&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; la piq&#251;re est petite : je regonfle, puis remonte, mais le pneumatique se d&#233;gonfle de nouveau&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! Je prends mon parti et roule jusqu'&#224; Landerneau. &#192; deux kilom&#232;tres de la ville, &#201;chard casse le boulon de sa cha&#238;ne. Me voil&#224; seul&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;!&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; Landerneau, on me r&#233;pare. Lamberjack, Fol et le fr&#232;re de Grossin, entra&#238;neurs qui attendent Jiel, me voient passer. Legoff m'entra&#238;ne. Je suis d&#233;sesp&#233;r&#233; et je me demande pourquoi je continue encore &#224; marcher.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous continuons ainsi jusqu'&#224; Morlaix. Il fait nuit noire. &#201;chard avec sa petite machine r&#233;par&#233;e est venu par le train me reprendre et m'emm&#232;ne vers Guingamp. Mais, &#233;pouvantable fatalit&#233;&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! &#192; Plouigneau, sa roue de devant cr&#232;ve, encore par un clou neuf. - &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#8239;Allons, va-t-en vite, adieu&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;!&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; me dit-il.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je pars, mais n'avais pas fait 100 m&#232;tres que ma roue arri&#232;re cr&#232;ve aussi&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! Toujours un clou&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! Des paysans viennent avec des lanternes et m'&#233;clairent. Ils me racontent qu'une demi-heure auparavant, malheur pareil au mien est arriv&#233; &#224; un autre v&#233;locip&#233;diste dont on est en train de r&#233;parer la machine. &#192; la description qu'ils m'en font, je comprends qu'il s'agit de Jiel Laval. Je reprends courage et au bout d'une heure je repartais sur mon caoutchouc r&#233;par&#233;. Guingamp &#233;tait &#224; 50 kilom&#232;tres et je n'avais pas d'entra&#238;neur, et il faisait nuit compl&#232;te&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;!&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un v&#233;locip&#233;diste qui passait sur la route, juch&#233; sur un bicycle de fer de l'antiquit&#233; eut piti&#233; de moi et m'accompagna jusqu'&#224; Pontout o&#249; il r&#233;veilla un de ses amis, adjoints au maire, ma&#238;tre d'&#233;cole et v&#233;locip&#233;diste fervent qui se fit un plaisir de me conduire jusqu'&#224; Belle-Ile. Lamy devait m'y prendre mais m'annon&#231;a que son pneumatique &#233;tait crev&#233; et qu'&#224; Guingamp je trouverai un entra&#238;neur. Je continuai donc seul le chemin&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;!&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'arrivai &#224; Guingamp &#224; 2 heures du matin et me rendis &#224; pied au caf&#233; o&#249;, selon les conventions, je devais trouver mon entra&#238;neur. J'y trouvai l&#224; en effet Ga&#235;tan de Knyff qui me raconta que Jiel-Laval, tr&#232;s fatigu&#233;, venait de se coucher&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;!&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jiel-Laval couch&#233;, quelle providence venait &#224; mon secours&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;? &#192; fond de train nous nous mettons en route sans que personne ait vu notre d&#233;part, et &#224; 3 h 35 du matin j'atteins Saint-Brieuc o&#249; Rollet et Chevallier se joignent &#224; mon entra&#238;neur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je savais que de Civry &#233;tait &#224; Lamballe o&#249; j'allais passer. Le chemin indiqu&#233; sur la carte &#233;tait, dans Lamballe, en face de la gare, sur le macadam. Je connaissais fort bien la ville, pour y &#234;tre venu souvent pendant mon service militaire, et je recommandai &#224; mes entra&#238;neurs de passer droit &#224; travers le pays, sur le pav&#233;, afin d'&#233;viter un caf&#233; o&#249; j'avais tout lieu de croire que se tenait de Civry. C'est cette man&#339;uvre qui explique que, au moment o&#249; ensuite Jiel-Laval arriva, de Civry se soit &#233;cri&#233; : &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#8239;Terront&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;? Il doit &#234;tre couch&#233; puisqu'il n'est pas pass&#233;&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;!&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; J'&#233;tais bien pass&#233;, mais non sous ses yeux&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;!&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-center&#034; style=&#034;text-align:center;&#034;&gt;***&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Plus loin je rencontrai des v&#233;locip&#233;distes qui, en me voyant arriver, cri&#232;rent &#224; toutes forces : &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#8239;Vive Jiel-Laval&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;!&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; &#192; Langouec, je bus du lait &#224; m&#234;me dans un seau. &#192; Broons, Gaetan de Knyff, qui m'avait rendu de si grands services me quitta et je restai en compagnie de Rollet et de Chevalier. Je m'&#233;tonnai de voir que depuis que j'avais d&#233;pass&#233; mon rival je ne rencontrais plus de clous, sur la route. J'atteignis enfin Montauban-de-Bretagne &#224; 7 h 40 du matin, le mardi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; Rennes, je me lavai, me fis frictionner et Carpentier, suivi d'une vingtaine de cyclistes, m'accompagna. De Civry, qui se trouvait alors chez un agent de Cl&#233;ment, Bousquet, entendant les trompes de cette petite cohorte, crut qu'une bande de cyclistes passait, lorsqu'il me reconnut il rentra vite dans le magasin. Je filai ainsi sans encombre jusqu'&#224; Vitr&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; Laval, j'arrivais &#224; 1h 32, la figure en sang&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! Un violent saignement de nez m'avait en effet pris &#224; quelques kilom&#232;tres et j'en &#233;prouvais plut&#244;t du soulagement. Je me d&#233;barbouillai, bus un bouillon et repartis. J'ignorais en effet si Jiel-Laval ne s'&#233;tait pas lev&#233; &#224; Guingamp aussit&#244;t que j'eus pass&#233; et si dans un effort d&#233;sesp&#233;r&#233;, il ne venait pas &#224; ma poursuite. Lain&#233; me servait d'entra&#238;neur alors, et &#224; 5 h 40 nous entrions dans le village de Pr&#233;-en-Pail.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L&#224; je fus aux mains de l'excellent sportman Ren&#233; de Knyff qui me fit frictionner et voulut, avec raison, me faire manger. Je pris donc une tartine de pain beurr&#233;, le premier aliment que je prenais depuis Paris, bus du bouillon et un peu de jus de viande, et en route&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! J'arrivai &#224; Alen&#231;on &#224; 7h10. L&#224; j'appris avec certitude que Jiel &#233;tait rest&#233; couch&#233; trois heures &#224; Guingamp et que j'avais deux heures et demie d'avance sur lui.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'avais donc enfin, presque sans conteste, &#224; moins d'un grave accident, la course gagn&#233;e. Je ne souffrais ni de la faim, ni de la fatigue, ni du sommeil, mais j'avais encore une nuit enti&#232;re &#224; passer&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;!&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au moment o&#249; je remontais en machine, arriva une d&#233;p&#234;che : Jiel-Laval n'&#233;tait plus qu'&#224; dix minutes de moi&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! La d&#233;p&#234;che &#233;tait fausse, je l'ai su plus tard, mais elle ne m'en donna pas moins des jambes&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! Par qui avait elle-&#233;t&#233; envoy&#233;e&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;? On ne me l'a jamais dit, mais en tout cas elle avait pour but de m'emp&#234;cher de me reposer. Mais venait-elle d'un ami ou d'un ennemi&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;? Je d&#233;talai au plus vite.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je change d'entra&#238;neur. Cette fois c'est M.&#160;de Balagu&#233; qui me m&#232;ne. Je voulais d&#238;ner &#224; Alen&#231;on, mais si Jiel est &#224; dix minutes, adieu l'app&#233;tit&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! Dans la c&#244;te qui pr&#233;c&#232;de Mortagne, Thouvenin vient &#224; ma rencontre avec une douzaine de v&#233;locip&#233;distes et nous fait escorte. Toute la ville de Mortagne est sur pied&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! On tire un feu d'artifice d&#232;s que j'arrive et, une jeune enfant, M&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;lle&lt;/sup&gt; Thorel, vient m'apporter un bouquet. J'embrasse la fillette qui n'a pas peur de ma figure noire et sale et je fausse compagnie aux milliers de spectateurs qui m'applaudissent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous voici de nouveau dans les t&#233;n&#232;bres. La route &#233;ternelle d&#233;file. Tout d'un coup je heurte dans la nuit une branche d'arbre, je tombe et casse une des manivelles de ma machine&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! Est-ce que la guigne allait me reprendre&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;? Impossible de continuer, et nous &#233;tions dans une descente&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! Je me mets &#224; pleurer&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! Mais pleurer me soulage. Je remonte et pousse d'un pied jusqu'&#224; une maison devant le village de Saint-Maurice dont mon entra&#238;neur, M.&#160;de Balagu&#233;, va pr&#233;venir le propri&#233;taire qui soupait joyeusement avec des amis en attendant le passage des coureurs&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;!&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'&#233;tait pr&#233;cis&#233;ment un forgeron&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! Je lui donne deux pi&#232;ces de 100 sous et lui dis de d&#233;claveter prestement la manivelle de la machine de mon entra&#238;neur, pendant que moi je d&#233;clavette le morceau de manivelle qui est rest&#233; &#224; mon p&#233;dalier. Mes mains fatigu&#233;es, &#233;nerv&#233;es, tremblent, mais en quelques minutes le mal est r&#233;par&#233;. Je replace la manivelle de mon entra&#238;neur sur ma machine et je reprends le galop&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! 10 kilom&#232;tres plus loin, pr&#232;s d'Armenti&#232;res, je rencontre, qui venaient au-devant de moi, Tappa et mon fr&#232;re Jules. Thouvenin m'avait d'ailleurs accompagn&#233; depuis Mortagne ainsi que je l'ai dit et ne me quitta pas jusqu'&#224; Verneuil.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'arrive &#224; Dreux, o&#249; je bois du champagne, puis &#224; l'avant-dernier contr&#244;le, la Queue-les-Yvelines, &#224; 3 h 30 du matin, o&#249; je bois un peu d'eau. Partout on me r&#233;p&#232;te que Jiel est &#224; mes trousses et va me d&#233;vorer&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! Impossible de contr&#244;ler les nouvelles. Le plus sage est de fuir, toujours, toujours&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;!&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#233;sormais les entra&#238;neurs ne manquent pas. Plus j'approche de Paris, plus les amateurs v&#233;locip&#233;distes tiennent &#224; m'accompagner. Voici Versailles. Il est 5 h 1/2 du matin&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! Le jour vient de se lever. Une centaine de cyclistes sont venus au-devant de moi et m'acclament. Je les salue, et au bas de la c&#244;te de Picardie, je bois une petite bouteille de champagne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je repars, monte la c&#244;te que d'autres &#224; c&#244;t&#233; de moi montent &#224; pied et je redescends &#224; toute allure vers Ville-d'Avray.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais comment entrerais-je dans Paris dans l'&#233;tat sale o&#249; je me trouvais&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;? Les saignements de nez ne m'avaient pas quitt&#233;. J'avais la figure bariol&#233;e par le sang et la poussi&#232;re&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! Je voulais &#224; tout prix me laver et changer de v&#234;tements et, comme la chose avait &#233;t&#233; convenue avant mon d&#233;part, ma m&#232;re m'attendait &#224; Ville-d'Avray avec des v&#234;tements propres. Mais l'ombre de Jiel-Laval me poursuivait toujours&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! Il arrive&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! Le voil&#224;&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! me r&#233;p&#233;tait-on, et je repartis &#224; toute allure sans attendre d'autres explications&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;!&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La foule des v&#233;locip&#233;distes s'accroissait toujours. Un r&#233;el r&#233;giment sur roues me suivait, criant sans cesser depuis Ville-d'Avray jusqu'&#224; Paris : &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#8239;Vive Terront&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;!... Vive Terront&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;!&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; Enfin, je traversai Suresnes, le bois de Boulogne et j'arrivai &#224; l'entr&#233;e du boulevard Maillot au bout duquel &#233;tait le but.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je ne d&#233;crirai pas l'&#233;norme quantit&#233; de curieux qui se pressaient de chaque c&#244;t&#233; de l'avenue. Cette ligne droite, blanche et entour&#233;e de noir de chaque c&#244;t&#233; semblait une immense carte de visite bord&#233;e de deuil&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;!&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le soleil brillait. Un millier de cyclistes criaient, entonnaient des hourras et des bravos&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! Je voulus faire une arriv&#233;e convenable et, baissant la t&#234;te sur le guidon, je commen&#231;ai &#224; emballer tant que je pus&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! Alors ce fut du d&#233;lire dans la foule qui se resserrait en courant derri&#232;re moi aussit&#244;t que j'&#233;tais pass&#233;, et je franchis le poteau&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;!&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On se pr&#233;cipite. On veut m'enlever de ma machine. Mais je descends tout seul. M.&#160;Thomas, pr&#233;sident de la course, me prend, m'embrasse et me m&#232;ne au contr&#244;le. Il est 6 h 12 du matin. Il y a soixante et onze heures et demie (71 h 35) que je suis en machine&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;!&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-center&#034; style=&#034;text-align:center;&#034;&gt;***&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;On conna&#238;t la fin de cette extraordinaire victoire, l'une des plus fantastiques de ma vie. Jiel-Laval n'&#233;tait pas &#224; mes trousses comme on me le disait, puisqu'il n'arriva qu'&#224; 3 h 40 de l'apr&#232;s-midi&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! Je dois ajouter que Jiel, qui a toujours &#233;t&#233; un loyal adversaire et un parfait sportsman est venu lui-m&#234;me, et tr&#232;s sinc&#232;rement, me complimenter. Sa poign&#233;e de main donna &#224; mon triomphe une valeur de plus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aussit&#244;t lav&#233; et frictionn&#233; &#224; l'eau de Cologne, je me mis au lit, mais je ne dormis point. J'&#233;tais trop &#233;nerv&#233;. L'extr&#233;mit&#233; de mes doigts, cramponn&#233;s si longtemps &#224; mon guidon, me faisait seule souffrir ainsi que mes yeux que la poussi&#232;re et la r&#233;verb&#233;ration du soleil avaient congestionn&#233;s. J'&#233;tais d'ailleurs hal&#233; comme un paysan.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ne pouvant dormir, je demandai &#224; manger et avalai l'un apr&#232;s l'autre un bol de chocolat gigantesque, une soupi&#232;re de soupe au fromage, deux &#339;ufs, un bifteck et une bouteille de Bordeaux. Le tout passa sans la moindre peine et deux jours apr&#232;s j'&#233;tais remis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dix-huit banquets successifs me furent offerts. Mon portrait parut dans presque tous les journaux de France et c'est de cette &#233;preuve gigantesque que date ma grande popularit&#233; dans notre pays.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-center&#034; style=&#034;text-align:center;&#034;&gt;***&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Cette extraordinaire performance, que je crois imbattable, &lt;i&gt;dans les m&#234;mes conditions&lt;/i&gt; ( machine de 21 kg, caoutchouc encore imparfaits, etc.) pouvant sembler &#224; quelques-uns d&#233;passer les forces humaines, j'ai tenu &#224; demander &#224; tous mes entra&#238;neurs d'affirmer sur leur honneur que ma course avait &#233;t&#233; loyale d'un bout &#224; l'autre et que je n'ai pas fait pendant tout le parcours, la moindre infraction soit &#224; la probit&#233; sportive, soit aux r&#232;glements m&#234;me sp&#233;ciaux &#224; cette course. Les voici donc par ordre :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Paris, le 27&#160;janvier 1893.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mon ch&#232;re Charles,&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tu me demandes un certificat&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; c'est avec grand plaisir que je t'envoie mon testimonial, quoique entre nous cela soit bien inutile, car plus de 10 000 personnes ont &#233;t&#233; &#224; m&#234;me de constater ce qui suit :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;Charles Terront a &#233;t&#233; entra&#238;n&#233; par moi pendant le parcours de Paris &#224; Versailles et je donne ma parole d'honneur qu'il a march&#233; de la fa&#231;on la plus loyale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;Au retour de Versailles &#224; Paris, j'&#233;tais &#233;galement son entra&#238;neur et je puis certifier la m&#234;me chose.&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; toi,&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Antony&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nancy, le 31&#160;janvier 1893.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mon cher Charley,&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je t'envoie le certificat que tu me demandes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je jure sur l'honneur d'avoir entra&#238;n&#233; Ch. Terront dans la course de Paris &#224; Brest du bas de la c&#244;te de Picardie &#224; la Queue-les-Yvelines. Pendant tout ce parcours, Charley a fait preuve du plus grand courage&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; nous &#233;tions accompagn&#233;s par &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;MM&lt;/span&gt;.&#160;de Balagu&#233;, Tappa, Jules Terront, Alderton, etc. Tout s'est pass&#233; avec la plus grande loyaut&#233;. Je m'en rapporte, du reste, aux personnes qui &#233;taient avec moi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Camille Thouvenin.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Angers, le 3&#160;f&#233;vrier 1893&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cher monsieur,&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est &#224; l'aller que je vous ai accompagn&#233;, entre Dreux et Alen&#231;on. Je montais une machine Humber demi-course avec de l&#233;g&#232;res-roues &#224; caoutchoucs creux ( ce d&#233;tail insignifiant a pourtant son importance). Vous souvenez-vous qu'en montant une c&#244;te rapide et tr&#232;s longue ( entre Dreux et Mortagne) vous vous &#234;tes plaints du poids de vos roues Michelin d&#233;savantageuses dans les c&#244;tes&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est alors que, sans r&#233;fl&#233;chir, je vous offris ma machine plus l&#233;g&#232;re et par cons&#233;quent plus avantageuse &#224; la c&#244;te.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Vous m'avez alors rappel&#233; la clause qui d&#233;fendait formellement tout changement de machine et, de mon c&#244;t&#233;, je vous demandai pardon d'avoir mis involontairement votre vertu &#224; l'&#233;preuve.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Veuillez agr&#233;er, cher monsieur, l'assurance de ma consid&#233;ration la plus distingu&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cordiale poign&#233;e de main et Bien &#224; vous&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;G. D'Arboval&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Paris, le 27&#160;janvier 1893&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je crois devoir apporter aussi mon testimonial, au sujet de la course Paris-Brest. Je t'ai entra&#238;n&#233; d'Alen&#231;on &#224; Mayenne &#224; l'aller et je me tiens &#224; ta disposition pour donner ma parole que pendant ce parcours, tu as march&#233; tr&#232;s loyalement en observant tous les r&#232;glements de la course.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je te serre la main et mes souhaits,&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; toi,&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L. Comiot.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Paris, le 20&#160;janvier 1893.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mon cher Terront,&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'affirme que durant les parties du parcours de Paris &#224; Brest sur lesquelles je t'ai servi d'entra&#238;neur, tu as couru absolument d'une fa&#231;on loyale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je t'ai accompagn&#233; de Mayenne &#224; Laval, puis de Morlaix &#224; Landivisiau, endroit o&#249; mon pneumatique s'&#233;tant crev&#233;, j'ai &#233;t&#233; forc&#233; d'abandonner.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je te serre cordialement la main.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L. Suberbie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Laval, le 17&#160;janvier 1893.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ayant entra&#238;n&#233; Charles Terront de Laval &#224; Rennes et de Laval &#224; Pr&#233;-en-Pail, pendant la course de Paris-Brest, je jure sur mon honneur que pendant tout le temps que je l'ai accompagn&#233;, nul de nous ne l'a pouss&#233; ni tir&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'ajouterai m&#234;me que dans la c&#244;te des Chemin&#233;es, situ&#233;e avant Pr&#233;-en-Pail, et une des plus fortes du parcours, il a absolument refus&#233; le concours de l'un de nous qui voulait l'aider &#224; gravir cette c&#244;te.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A. Lain&#233;, Champion de la Mayenne&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Paris, le 19&#160;janvier 1893.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mon cher Charles,&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je vous ai entra&#238;n&#233; de Mortagne &#224; Alen&#231;on &#224; l'aller et de Pr&#233;-en-Pail &#224; Alen&#231;on au retour&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; j'affirme sur l'honneur que pendant le temps que j'&#233;tais avec vous, vous avez couru de la mani&#232;re la plus loyale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien &#224; vous.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ren&#233; de Knyff.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Rennes, 16&#160;janvier 1893&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je soussign&#233;, E . Carpentier fils, demeurant &#224; Rennes, certifie avoir entra&#238;n&#233; dans la course Paris-Brest, Charles Terront, depuis Rennes jusqu'&#224; Montauban, dans l'aller, et le retour de rennes &#224; Laval.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'atteste par cette pr&#233;sente, que Charles Terront &#224; march&#233; avec la plus grande loyaut&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je le r&#233;p&#232;te : Charles a fait sa course loyalement et je me fais un devoir de lui remettre cette attestation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;E. Carpentier fils.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Saint-Brieuc, le 16&#160;janvier 1893.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Devant les accusations malveillantes &#224; ton &#233;gard, publi&#233;es derni&#232;rement par un journal de notre sport, je me fais un devoir de d&#233;clarer, et n'h&#233;site pas &#224; donner ma parole d'honneur que, pendant tout le temps que j'ai &#233;t&#233; avec toi, dans la course de Paris-Brest, tu as toujours march&#233; de la fa&#231;on la plus loyale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; l'aller, de Lamballe &#224; Saint-Brieuc, j'&#233;tais seul avec toi. &#192; partir de cette derni&#232;re localit&#233;, M.&#160;Girardin est venu se joindre &#224; nous et j'ai continu&#233; jusqu'&#224; Chatelaudren.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au retour, je t'ai accompagn&#233; de Saint-Brieuc &#224; Rennes (100 km) ainsi que Rollet. M.&#160;de Knyff qui partait avec nous de Saint-Brieuc s'&#233;tait, je crois, arr&#234;t&#233; &#224; Broons.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ton ami d&#233;vou&#233;,&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Chevalier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Paris, le 18&#160;janvier 1893.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je m'empresse de r&#233;pondre &#224; ce que tu me demandes dans ta lettre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je certifie sur l'honneur que, tant que je t'ai accompagn&#233; dans la course Paris-Brest, tu as couru avec une parfaite loyaut&#233; et que tu ne t'es nullement fait tirer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En attendant le plaisir de te voir, je te serre la main.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A. Girardin.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Paris, le 10&#160;f&#233;vrier 1893&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mon cher Terront,&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'atteste que pendant le parcours de Morlaix &#224; Landerneau et de Landerneau &#224; Morlaix, trajet pendant lequel j'ai eu le plaisir de vous accompagner, vous avez couru loyalement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A. Girardin.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Paris, le 10&#160;f&#233;vrier 1893.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mon cher Terront,&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'atteste que pendant le parcours de Morlaix &#224; Landerneau et de Landerneau &#224; Morlaix, trajet pendant lequel j'ai eu le plaisir de vous accompagner, vous avez couru loyalement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Votre tout d&#233;vou&#233;, Le Goff&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mon cher Charles,&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Selon ton d&#233;sir, je t'envoie l'attestation que tu me demandes, trop heureux de t'&#234;tre utile dans cette occasion.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'affirme sur l'honneur que tu as couru de la fa&#231;on la plus loyale pendant tout le temps o&#249; j'ai pu te servir d'entra&#238;neur dans Paris-Brest, c'est &#224; dire de Vitr&#233; &#224; Rennes, de Landerneau &#224; Brest, de Brest &#224; Landerneau, de Morlaix &#224; 10 kilom&#232;tres au del&#224; o&#249; je me suis arr&#234;t&#233; par suite de crevaison de pneu, &#224; 5 kilom&#232;tres de Landerneau, retour de Brest, j'ai d&#251; aussi te quitter, le boulon de ma cha&#238;ne s'&#233;tant bris&#233;, et je suis revenu de cette distance en voiture o&#249; une personne obligeante m'avait offert une place, toi me pr&#233;c&#233;dant de quelques centaines de m&#232;tres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien cordialement &#224; toi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;F. &#201;chard.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Paris, le 16&#160;f&#233;vrier 1893.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mon cher Terront,&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Je vous ai accompagn&#233;, lors de votre course Paris-Brest, au retour, de Guingamp &#224; Broons et de La Queue-les-Yvelines &#224; Versailles. Je suis pr&#234;t &#224; certifier que pendant tout le temps que vous avez &#233;t&#233; avec moi, vous avez march&#233; de la fa&#231;on la plus loyale et en vous conformant aux r&#232;glements de la course.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Veuillez croire, mon cher Terront, &#224; l'assurance de toute ma consid&#233;ration.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ga&#235;tan de Knyff.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Boulogne-sur-Seine, le 19&#160;janvier 1893&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'ai eu l'honneur d'entra&#238;ner Charles Terront dans sa belle course de Paris-Brest d'au-del&#224; de Verneuil-sur-Avre ( environ 20 kilom&#232;tres de cette ville ) jusqu'&#224; la jonction avec les nombreux v&#233;locip&#233;distes venus de Paris&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; quand je rencontrai l'ami Charley, il &#233;tait avec Thouvenin et ils marchaient c&#244;te &#224; c&#244;te en causant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'allure &#233;tait alors d'au moins 20 kilom&#232;tres &#224; l'heure et c'est ainsi que lui seul faisant les frais de la conversation, nous atteign&#238;mes Dreux&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; &#224; notre passage &#224; Verneuil, Charley, tr&#232;s frais et tr&#232;s dispos, a lui-m&#234;me regonfl&#233; son pneumatique en pr&#233;sence d'Echali&#233; et de Dupressoir, lesquels &#233;taient entra&#238;neurs de Jiel-Laval et attendaient ce coureur&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; il sautait de sa machine et y montait avec la plus grande facilit&#233; et s'occupait beaucoup plus de moi que de lui-m&#234;me, m'&#233;vitant ainsi plusieurs chutes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;P. Tappa&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Mon cher Charles,&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je t'ai entra&#238;n&#233;, en compagnie de ton fr&#232;re Jules, de Dreux &#224; Paris&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; je certifie que, non seulement tu as fait le parcours loyalement, mais que ton arriv&#233;e au dernier contr&#244;le a &#233;t&#233; particuli&#232;rement brillante, car, un kilom&#232;tre avant la queue, apr&#232;s avoir accentu&#233; ton allure, tu as sign&#233; au contr&#244;le avant que tes entra&#238;neurs aient pu descendre de machine. C'est l&#224; un petit incident dont tu te souviendras et que Alderton, qui &#233;tait avec toi, se rappellera assur&#233;ment.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voici donc ce qui te prouve mieux que n'importe quel pr&#233;texte que tu es arriv&#233; sur ta bicyclette.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je fais cette d&#233;claration non seulement sous la forme du serment mais sur mon honneur. Sois persuad&#233; que tu peux compter sur moi et sur mon concours en toute occasion o&#249; mon affirmation serait officiellement n&#233;cessaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;F. Barroch&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'ajouterai enfin cette derni&#232;re lettre de Charron, un des entra&#238;neurs les plus acharn&#233;s de Jiel-Laval, qui m'a accompagn&#233; pendant la fameuse nuit o&#249; nous marchions c&#244;te &#224; c&#244;te Jiel-Laval et moi :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mon Cher Charles,&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tu me demandes mon opinion sur ta course de Paris-Brest-Paris. Pour mon compte personnel, quoique j'entra&#238;nais ton concurrent Jiel-Laval, je ne puis que te donner l'assurance de ma consid&#233;ration la plus sinc&#232;re pour ta merveilleuse course, car j'ai fait environ 300 kilom&#232;tres avec toi, et j'ai pu me rendre compte et puis certifier que tu as couru loyalement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien &#224; toi,&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;F. Charron&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Qu'on me permette ici de remercier chaleureusement tous les amis, tous les camarades connus ou inconnus, tous les amateurs de sport qui, par leur assistance continuelle, m'ont puissamment aid&#233; dans ces trois dures journ&#233;es. Je dois &#224; mes entra&#238;neurs une grosse part de mon succ&#232;s et je tiens &#224; la leur donner.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_162 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;148&#034; data-legende-lenx=&#034;xxx&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='http://velotextes.fr/IMG/jpg/dscf5713.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='http://velotextes.fr/local/cache-vignettes/L500xH311/dscf5713-8b038.jpg?1788127423' width='500' height='311' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre crayon document-titre-162 '&gt;&lt;strong&gt;Le d&#233;part de la course Paris-Brest (devant le Petit Journal)
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif crayon document-descriptif-162 '&gt;Le petit journal, suppl&#233;ment illustr&#233;, samedi 12&#160;septembre 1891, p.8
&lt;/div&gt; &lt;div class='spip_doc_credits crayon document-credits-162 '&gt;Frehot et Julien
&lt;/div&gt;
&lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title> Le championnat de France de 1888, dernier bicycle et premi&#232;re bicyclette !</title>
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		<dc:subject>Louis Baudry de Saunier</dc:subject>
		<dc:subject>sport, courses</dc:subject>
		<dc:subject>Avant 1900</dc:subject>
		<dc:subject>Grand-bi</dc:subject>
		<dc:subject>Extraits de livre</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;&#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;La cha&#238;ne surtout avait mon antipathie.&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;&lt;/p&gt;

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&lt;a href="http://velotextes.fr/spip.php?rubrique58" rel="directory"&gt;Charles Terront&lt;/a&gt;

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&lt;a href="http://velotextes.fr/spip.php?mot96" rel="tag"&gt;Extraits de livre&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='http://velotextes.fr/IMG/logo/41182-1.jpg' class=&#034;spip_logo spip_logo_right&#034; alt=&#034;&#034; style='max-width: 150px;max-width: min(100%,150px); max-height: 150px' /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;Par Charles Terront, dans Les M&#233;moires de Terront, sa vie, ses perfomances, son mode d'entra&#238;nement, revus et mis en ordre par Louis Baudry de saunier, &#233;ditions L. Pochy, Paris,1893&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En f&#233;vrier 1888, je passai en Angleterre avec Jules Dubois et nous commen&#231;&#226;mes la s&#233;rie anglaise le 25 par une course de 50 miles donn&#233;e au Drile Hall. Les r&#233;unions sportives devenaient de plus en plus achaland&#233;es et les entr&#233;es &#233;taient de cinq mille personnes pour ce jour-l&#224;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'avais pour adversaire Battensby, English, Lamb, Young, Woodside et Dubois. Nous roulions depuis deux heures dans cet ordre : Woodside, Young, Battensby, Lamb et moi, quand un spectateur passa le buste par-dessus la corde en se penchant pour voir je ne sais quoi. Wooside, qui tenait la corde, s'&#233;carta brusquement devant cet obstacle et fit un crochet &#224; droite. Young, qui se trouvait pr&#232;s de lui, fut heurt&#233;, tomba, et par dessus lui Battensby, Lamb, et moi&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! Nous &#233;tions contusion&#233;s, et Lamb seul remonta en selle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans la course de six jours qui suivit, le 27, nous ne f&#251;mes gu&#232;re plus heureux. Battensby arriva premier, moi quatri&#232;me et Dubois sixi&#232;me. L'angleterre n'&#233;tait d&#233;cidement pas le pays qui nous convenait, non parce qu'elle poss&#233;dait des coureurs plus forts que les n&#244;tres, car de Civry, m&#233;dinger et Duncan (en France) &#233;taient certes sup&#233;rieurs &#224; Battensby, mais parce que le climat d&#233;sastreux de Londres nous mettait vite hors de forme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les courses d'Angoul&#234;me me d&#233;domag&#232;rent. Je courais l'internationale contre M&#233;dinger, B&#233;connais, Loste, etc. Le plus redoutable &#233;tait &#233;videmment M&#233;dinger, mais le moyen de le supprimer &#233;tait de lui mener un train tr&#232;s dur. Je n'y manquais pas. Au sixi&#232;me tour M&#233;dinger descendit de machine et je continuais &#224; toute vitesse pour distancer B&#233;connais. Au quatorzi&#232;me tour j'y avais r&#233;ussi. Le public enthousiasm&#233; m'applaudit longuement et j'arrivai premier avec une grande avance sur Loste deuxi&#232;me et B&#233;connais troisi&#232;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'avais encore battu M&#233;dinger &#224; Angoul&#234;me lorsqu'arriva le championnat de vitesse (10 000m) du sport v&#233;locip&#233;dique parisien auquel il ne prit pas part et que je gagnai sur Holley, Castillon et Vasseur en 20 min 50 sec.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enfin, apr&#232;s avoir vaincu &#224; nouveau dans la grande Internationale d'Angers, Dubois deuxi&#232;me et M&#233;dinger troisi&#232;me, je courus &#224; Longchamp le championnat de france de 100 kilom&#232;tres. Je montais encore un bicycle, mais Fol, M&#233;dinger et tappa montaient la nouvelle machine dont on parlait d&#233;j&#224; avec insistance : la bicyclette. L'allure fut vive sur tout le parcours, puisque, arrivant premier en 3 h 28 min 15 sec devant Cottereau &#224; 6 min derri&#232;re et M&#233;dinger &#224; 10 minutes, je battais la performance de 1886 de plus de 5 minutes et j'&#233;tablissais ainsi le record.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce championnat, que je gagnai, fut ma derni&#232;re course sur le grand bicycle. Le prochain championnat, celui de 1889, que je gagnerai encore, sera ma premi&#232;re grande course sur bicyclette.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je n'&#233;tait pas encore un partisan de la nouvelle machine. Je l'avais vue pour la premi&#232;re fois aux courses D'Auch, mont&#233;e par le coureur &#201;ole. Mais elle ne me plaisait gu&#232;re. La cha&#238;ne surtout avait mon antipathie. Il est juste d'ailleurs de dire que les premi&#232;res bicyclettes &#233;taient d'une fragilit&#233; inconcevable et quand je les comparais au simple et robuste bicycle, je me prenais &#224; pardonner &#224; celui-ci tous les panaches qu'il m'avait fait rire et tous les mauvais coups dont il avait &#233;t&#233; la cause.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plus tard, la fabrication s'am&#233;liorant, je me rendis &#224; l'&#233;vidence, et aujourd'hui, tout en conservant un peu de tendresse pour le bicycle, je lui pr&#233;f&#232;re certainement une bicyclette. Sur une bicycle, j'ai toujours eu une inf&#233;riorit&#233; &#233;vidente sur mes concurrents, car de Civry par exemple, qui monta souvent 1,41m de haut avait moins de vitesse de jambes &#224; fournir, on le comprend, pour donner la m&#234;me course, que moi qui ne put jamais monter au-dessus de 1m35&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! La bicyclette &#233;galisait pour moi les chances et je regrette qu'on ne l'ait pas invent&#233;e une dizaine d'ann&#233;es plus t&#244;t.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les courses d'Angers ne furent pas plus heureuses pour moi en 1889. Dans l'Internationale, je ne me pla&#231;ai que troisi&#232;me derri&#232;re Cottereau et m&#233;dinger et dans la course de quatre heures, second derri&#232;re Ch&#233;reau.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'&#233;tais mieux en forme &#224; la fin de l'ann&#233;e, ainsi que cela m'arriva presque continuellement et je gagnai le championnat de france de 100 kilom&#232;tres sur Dervil et B&#233;connais. Le train cette fois-ci avait &#233;t&#233; plus doux qu'en 1888 puisque j'arrivai 12 minutes apr&#232;s le temps que j'avais couvert auparavant, en 3 h 40 min 20 sec.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Signe des temps : en 1888 nous &#233;tions tous, sauf trois, mont&#233;s sur des bicycles, et en 1889, tous sauf deux (Charrai et Ch&#233;reau) mont&#233;s sur des bicyclettes.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
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		<title>Le cycliste doit &#234;tre prot&#233;g&#233; (Mars 1927)</title>
		<link>http://velotextes.fr/spip.php?article174</link>
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		<dc:date>2017-10-30T21:01:28Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>velovi</dc:creator>


		<dc:subject>Louis Baudry de Saunier</dc:subject>
		<dc:subject>Entre 1918 et 1939</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;&#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#8239;pourquoi ne pr&#233;l&#232;verait-il pas sur cette aubaine 2 ou 3 millions &#224; la r&#233;fection imm&#233;diate des &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#8239;pistes cyclables&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;, que l'absence d'entretien depuis la guerre a presque totalement ruin&#233;es, et &#224; la cr&#233;ation aussi de quelques centaines de kilom&#232;tres de pistes nouvelles&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;?&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;&lt;/p&gt;

-
&lt;a href="http://velotextes.fr/spip.php?rubrique15" rel="directory"&gt;Routes, chemins et sentiers cyclables&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="http://velotextes.fr/spip.php?mot2" rel="tag"&gt;Louis Baudry de Saunier&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://velotextes.fr/spip.php?mot12" rel="tag"&gt;Entre 1918 et 1939&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;Par Baudry de Saunier, Revue du Touring-Club de France, mars 1927&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les pistes cyclables doivent &#234;tre imm&#233;diatement r&#233;par&#233;es et consid&#233;rablement augment&#233;es&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est une poign&#233;e de v&#233;locip&#233;distes qui, en 1890, a fond&#233; le Touring-Club de France. Aussi, dans notre Association&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; aujourd'hui grandie jusqu'&#224; d&#233;passer le chiffre de 200.000 membres, qui pratiquent le tourisme par tous modes de locomotion imaginables, les cyclistes sont-ils demeur&#233;s toujours les camarades privil&#233;gi&#233;s. Il n'en est pas d'ailleurs qui m&#233;ritent mieux cette pr&#233;dilection.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Hier encore le &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;T. C. F.&lt;/span&gt; obtenait du Ministre des Finances, pour les cyclistes parisiens, un privil&#232;ge exceptionnel : celui de traverser le parc de Saint-Cloud sans bourse d&#233;lier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aujourd'hui le &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;T. C. F.&lt;/span&gt; se permet de sugg&#233;rer au Ministre des Travaux Publics, M.&#160;Tardieu, une id&#233;e dont la r&#233;alisation serait &#224; la fois une acte de bonne gestion des ressources de l'&#201;tat et d'&#233;quit&#233; &#224; l'&#233;gard des cyclistes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La voici&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; puisque le Minist&#232;re a obtenu du Parlement cette ann&#233;e un suppl&#233;ment de 130 millions sur les sommes qui lui &#233;taient allou&#233;es dans les exercices pr&#233;c&#233;dents pour l'entretien et l'amplification de notre r&#233;seau routier, pourquoi ne pr&#233;l&#232;verait-il pas sur cette aubaine 2 ou 3 millions &#224; la r&#233;fection imm&#233;diate des &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#8239;pistes cyclables&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;, que l'absence d'entretien depuis la guerre a presque totalement ruin&#233;es, et &#224; la cr&#233;ation aussi de quelques centaines de kilom&#232;tres de pistes nouvelles&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voila une entreprise qui pourrait, dans une mesure tr&#232;s sensible, att&#233;nuer tout de suite la crise de ch&#244;mage dont nous souffrons&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! Et quelle &#339;uvre utile l'&#201;tat r&#233;aliserait pour les cyclistes eux-m&#234;mes&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;!&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-center&#034; style=&#034;text-align:center;&#034;&gt;&#8258;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt; Car il y a l&#224;, prenons-y garde, une question vitale pour le cyclisme. Aux &#201;tats-Unis, la bicyclette a presque totalement disparu pour la raison que, dans les flots de la circulation moderne, rien n'avait &#233;t&#233; pr&#233;vu l&#224;-bas pour qu'elle p&#251;t se garer et continuer d'&#234;tre. Elle a fatalement disparu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il ne s'agit ici, pour ma vieille et ch&#232;re amie la bicyclette, ni de faire de la fanfaronnade ni de jouer sottement &#224; la dignit&#233;&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! Il s'agit de vivre ou de p&#233;rir, &#224; &#233;ch&#233;ance plus ou moins lointaine, mais certaine. Que l'automobile soit un appareil ha&#239;ssable, il se peut&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; mais en tout cas ce n'est pas ici le lieu d'en discuter&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! Et puis &#224; quoi bon discuter d'un fait aussi patent que l'existence m&#234;me du soleil&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;? L'automobile, m&#234;me odieuse si l'on veut, existe&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; les impr&#233;cations ne la d&#233;moliront pas. Or elle est redoutable, un peu pour tous les usagers de la route, et tr&#232;s particuli&#232;rement pour les cyclistes. Il suffit de voyager, et de consulter les statistiques, pour constater que la bicyclette et l'automobile, sur voies communes, sont aussi dangereuses r&#233;ciproquement l'une que l'autre : il est malheureusement aussi fr&#233;quent d'apercevoir une bicyclette broy&#233;e par une automobile que de voir une automobile qui a vers&#233; dans un foss&#233; de par la faute d'une bicyclette.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;* *&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A cette situation on peut proposer bien des rem&#232;des th&#233;oriques. Il n'en est qu'un seul qu'agr&#233;e le bon sens : puisque ces deux &#233;l&#233;ments de la circulation sont incompatibles sur une m&#234;me voie, essayons d'offrir &#224; chacun d'eux, autant que faire se pourra, une voie qui lui soit propre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'o&#249; l'id&#233;e de pistes qui c&#244;toyent la grande route, souvent m&#234;me coupent &#224; travers champs et bois, et qui soient exclusivement r&#233;serv&#233;es aux cyclistes. Par analogie, l'id&#233;e est dans bien des t&#234;tes, on le sait, de voies particuli&#232;res, des autoroutes, appel&#233;es autostrades en Italie o&#249; quelques-unes sont d&#233;j&#224; r&#233;alis&#233;es, qui ne seraient ouvertes qu'aux automobilistes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La place nous manque pour traiter dans tous leurs d&#233;tails la double question de la piste cyclable et de l'autoroute Mais il est n&#233;cessaire que d&#232;s aujourd'hui nous en entrevoyions nettement le principe essentiel : en toute hypoth&#232;se notre r&#233;seau routier g&#233;n&#233;ral demeurera toujours ouvert &#224; tous les modes de locomotion possibles&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; il n'est donc question d'en &#233;vincer jamais personne. Mais des voies sp&#233;cialis&#233;es sont offertes, et le seront de plus en plus, &#224; des appareils de locomotion bien d&#233;termin&#233;s : si la bicyclette veut circuler paisiblement et sans danger, elle adoptera la piste cyclable&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; si l'automobile veut franchir, avec le minimum possible de risques, dans le temps le plus court, la distance la plus grande, elle s'engagera sur l'autoroute.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais si toutes deux pr&#233;f&#232;rent par hasard continuer de voyager comme elles le font aujourd'hui, en camarades disproportionn&#233;es, mal assorties, mais camarades tout de m&#234;me, personne ne s'y opposera jamais. La France demeurera toujours le pays par excellence de toute libert&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais, quoi qu'en pensent ceux qui la connaissent mal, la France demeurera aussi toujours le pays de la sagesse&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;!&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et c'est pourquoi le &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;T. C. F.&lt;/span&gt; fait de grands efforts pour le d&#233;veloppement de la piste cyclable&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; c'est pourquoi il demande &#224; l'intelligent ministre actuel des Travaux Publics de consacrer &#224; cette &#339;uvre de progr&#232;s quelques millions. Car tous les sophismes et tous les articles th&#233;oriques de journaux s'effondrent devant ce simple fait : que trois millions de pots de terre ne peuvent pas voyager plus longtemps anse &#224; anse, avec huit cent mille pots de fer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;BAUDRY&lt;/span&gt; &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;DE&lt;/span&gt; &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;SAUNIER&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Le sentier cyclable doit &#234;tre officiellement reconnu (Octobre 1920)</title>
		<link>http://velotextes.fr/spip.php?article27</link>
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		<dc:date>2017-04-25T14:46:15Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
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		<dc:subject>Louis Baudry de Saunier</dc:subject>
		<dc:subject>v&#233;lo utilitaire</dc:subject>
		<dc:subject>Entre 1918 et 1939</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;&#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#8239;il importe qu'aucune d&#233;cision d'ex&#233;cution, en quelques cas que ce soit, ne soit prise sans qu'on ait envisag&#233; les besoins des cyclistes qui peuvent s'y rapporter .&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;&lt;/p&gt;

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&lt;a href="http://velotextes.fr/spip.php?rubrique15" rel="directory"&gt;Routes, chemins et sentiers cyclables&lt;/a&gt;

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&lt;a href="http://velotextes.fr/spip.php?mot2" rel="tag"&gt;Louis Baudry de Saunier&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://velotextes.fr/spip.php?mot7" rel="tag"&gt;v&#233;lo utilitaire&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://velotextes.fr/spip.php?mot12" rel="tag"&gt;Entre 1918 et 1939&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;Par Baudry de Saunier, Touring-Club de France, Octobre 1920 &lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;
&lt;/br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le d&#233;sarroi actuel de nos moyens de transport, en contre-partie de l'essence &#224; 3 francs le litre, la bicyclette, une des merveilles les plus surprenantes qu'ai engendr&#233;es le &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;XIX&lt;/span&gt;&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle, s'en va &#224; toute vitesse vers son apog&#233;e. Jamais le cycle n'a eu plus de partisans, jamais les courses qu'il suscite n'ont mieux contribu&#233; &#224; sa diffusion. Le cyclisme est enfin devenu une grande puissance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Allons-nous en France savoir le reconna&#238;tre et lui accorder toute la place qu'il m&#233;rite&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;? La place qu'il faut lui donner d&#233;sormais est un droit de circulation sur les routes, formel, l&#233;gal. Il lui faut des voies, reconnues siennes par une loi et sans conteste d&#233;sormais. Le nouveau Code de la route, qui actuellement chemine de minist&#232;re en minist&#232;re, devra rendre aux cyclistes la justice qui leur est due : c'est maintenant, aujourd'hui, que les amis de la bicyclettes doivent s'occuper le plus s&#233;rieusement de son avenir, et mettre en jeu toutes leurs influences pour que le sentier cyclable devienne une r&#233;alit&#233; officielle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est &#233;vident que la bicyclette se contente fort bien du sol de nos routes lorsque la circulation des voitures y est faible. Mais les exp&#233;riences des vingt derni&#232;res ann&#233;es a d&#233;montr&#233; que la bicyclette et l'automobile, lorsqu'elle sont en quantit&#233;, font un d&#233;plorable m&#233;nage : le cycliste a en haine l'automobiliste, et cette haine, souvent h&#233;las&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! n'est que trop justifi&#233;&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; et l'automobiliste, m&#234;me le plus prudent et le plus patient, s'irrite de l'&#233;tourderie de certaines p&#233;dales inconscientes. Si tous les hommes avaient en partage la sagesse et la bonne &#233;ducation, la pudeur seulement du respect d'autrui, les querelles et les accidents ne se produiraient pas&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; mais, pour tenir un guidon ou un volant nous n'am&#233;liorons pas notre notre nature, il ne faut pas chercher dans les nuages un rem&#232;de qui se trouve tout simplement sur les routes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Notre association l'a, d&#232;s l'origine, si bien compris qu'elle a invent&#233; le sentier cyclable : sur le bas c&#244;t&#233; de la route &#224; grand passage, le &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;T.C.F.&lt;/span&gt; &#224; sugg&#233;r&#233; l'id&#233;e de tracer des pistes sp&#233;ciales que suivent les bicyclettes, et de ses deniers, tant qu'il a pu, il a contribu&#233; &#224; l'&#233;tablissement de ces petits rubans de chemin.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La carte et la liste qu nous avons fait &#233;tablir pour l'&#233;dification de nos camarades leur montrera que cet effet a &#233;t&#233; fort important puisqu'il a obtenu plus de 1.000 kilom&#232;tres de sentiers, mais que ce r&#233;sultat semble cependant d&#233;risoire &#224; c&#244;t&#233; de celui qu'il nous faut atteindre de toute n&#233;cessit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#339;uvre des sentiers cyclables, telle qu'on doit l&#233;gitimement vouloir la r&#233;aliser, est extr&#234;mement grosse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De l'Office National des Routes, qui va incessamment na&#238;tre au minist&#232;re des travaux publics et qui, on le sait, renfermera &#224; c&#244;t&#233; des repr&#233;sentants des ponts et Chauss&#233;es, des repr&#233;sentants des usagers de la route, il faut en effet obtenir que le sentier cyclable soit constamment inscrit au programme de toute r&#233;fection ou de toute cr&#233;ation de route.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Certes, il ne s'agit pas d'exiger que nos 40.000 kilom&#232;tres de routes nationales et nos 600.000 kilom&#232;tres de chemins d&#233;partementaux et vicinaux s'ornent tous d'un sentier cyclable. Mais il importe qu'aucune d&#233;cision d'ex&#233;cution, en quelques cas que ce soit, ne soit prise sans qu'on ait envisag&#233; les besoins des cyclistes qui peuvent s'y rapporter et, si ces besoins n&#233;cessitent une solution sp&#233;ciale, sans qu'on la leur ait donn&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De plus, du Code de la Route actuellement en pr&#233;paration, il est indispensable que le sentier cyclable obtienne une reconnaissance officielle et un statut. Actuellement, si le pr&#233;fet du d&#233;partement n'y a mis bon ordre par un arr&#234;t&#233; consacrant le sentier au passage exclusif des cyclistes, un &#233;nergum&#232;ne peut ouvrir son pliant au travers du sentier et s'y asseoir pour lire un roman sans qu'aucun agent ait r&#233;guli&#232;rement le droit de le faire d&#233;guerpir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il importe donc que le Code de la route donne aux cycliste, et &#224; eux seuls, l'usage de leurs sentiers.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il va s'en dire que le &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;T.C.F.&lt;/span&gt; s'emploiera de son mieux pour faire aboutir ces v&#339;ux. Mais nous comptons sur tous les amis de la bicyclette pour que leur influence personnelle aupr&#232;s de leur s&#233;nateur, de leur d&#233;put&#233;s, de leur conseillers g&#233;n&#233;raux s'exerce imm&#233;diatement en faveur de la lib&#233;ration du cycle. Le sentier cyclable doit &#234;tre officiellement cr&#233;&#233;, officiellement entretenu, officiellement prot&#233;g&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Baudry de saunier&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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