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	<title>V&#233;lotextes</title>
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	<description>Lire celles et ceux qui ont fait du v&#233;lo un bienfait social, moyen de d&#233;placement et de tourisme&#160;: Paul de Vivie dit V&#233;locio, Capitaine Perrache dit l'homme de la montagne, Carlo Bourlet...
Histoire du v&#233;lo
Site de Laurent Vigniel</description>
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		<title>V&#233;lotextes</title>
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		<title>Montagne et plaine retro et moto (1905)</title>
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		<dc:date>2023-09-05T08:04:19Z</dc:date>
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		<dc:creator>velovi</dc:creator>


		<dc:subject>Paul de Vivie, dit V&#233;locio</dc:subject>
		<dc:subject>Entre 1900 et 1914</dc:subject>
		<dc:subject>R&#233;trodirecte</dc:subject>
		<dc:subject>polymultipli&#233;e</dc:subject>
		<dc:subject>Chambery</dc:subject>
		<dc:subject>d'Espinassous</dc:subject>
		<dc:subject>Concours de bicyclettes de voyage (Grenoble-Chamb&#233;ry, 13 et 14&#160;Ao&#251;t 1905)</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Vendredi 12&#160;ao&#251;t 1905 Faisons comme Mahomet, ai-je conclu&#160;: &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;La Montagne ne venant pas &#224; nous, allons &#224; la Montagne. Le &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;T. C. F.&lt;/span&gt; nous y convie et nous y trouverons bien des amis.&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; Si les ann&#233;es se suivent et ne se ressemblent pas, les randonn&#233;es non plus. Aujourd'hui, c'est le convoi banal qui m'emm&#232;ne au concours de bicyclettes de voyage du &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;T. C. F.&lt;/span&gt; Assis dans le coin d'un wagon, je songe m&#233;lancoliquement, tandis que d&#233;filent les arbres, les villages, les rivi&#232;res, les poteaux du&#160;(&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="http://velotextes.fr/spip.php?rubrique61" rel="directory"&gt;Concours de bicyclette de tourisme 1905 (Chamb&#233;ry) &lt;/a&gt;

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&lt;a href="http://velotextes.fr/spip.php?mot1" rel="tag"&gt;Paul de Vivie, dit V&#233;locio&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://velotextes.fr/spip.php?mot11" rel="tag"&gt;Entre 1900 et 1914&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://velotextes.fr/spip.php?mot21" rel="tag"&gt;R&#233;trodirecte&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://velotextes.fr/spip.php?mot23" rel="tag"&gt;polymultipli&#233;e&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://velotextes.fr/spip.php?mot39" rel="tag"&gt;Chambery&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://velotextes.fr/spip.php?mot51" rel="tag"&gt;d'Espinassous&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://velotextes.fr/spip.php?mot118" rel="tag"&gt;Concours de bicyclettes de voyage (Grenoble-Chamb&#233;ry, 13 et 14&#160;Ao&#251;t 1905)&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Vendredi 12&#160;ao&#251;t 1905&lt;br class='autobr' /&gt;
Faisons comme Mahomet, ai-je conclu&#160;:&lt;br class='autobr' /&gt;
&#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;La Montagne ne venant pas &#224; nous, allons &#224; la Montagne. Le &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;T. C. F.&lt;/span&gt; nous y convie et nous y trouverons bien des amis.&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;&lt;br class='autobr' /&gt;
Si les ann&#233;es se suivent et ne se ressemblent pas, les randonn&#233;es non plus. Aujourd'hui, c'est le convoi banal qui m'emm&#232;ne au concours de bicyclettes de voyage du &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;T. C. F.&lt;/span&gt; Assis dans le coin d'un wagon, je songe m&#233;lancoliquement, tandis que d&#233;filent les arbres, les villages, les rivi&#232;res, les poteaux du t&#233;l&#233;graphe, et que s'estompent dans le cr&#233;puscule les molles ondulations des plaines, je songe au pass&#233; d&#233;j&#224; loin, &#224; ce premier concours o&#249;, n&#233;ophyte encore tout ardent, je me rendais, en vrai touriste, par la route. Que ces temps sont chang&#233;s et comme la fr&#233;quentation continue et forc&#233;e de la plaine monotone a t&#244;t fait de lasser les plus robustes convictions.&lt;br class='autobr' /&gt;
De la Pentec&#244;te date ma derni&#232;re excursion, ou tentative d'excursion, sur les bords de la Loire. Apr&#232;s une travers&#233;e d&#233;sesp&#233;rante de l'ingrate Beauce, aux routes droites, cahoteuses et d&#233;sertes, m'attendait, sur ces bords si vant&#233;s, une d&#233;sillusion &#224; vrai dire pr&#233;vue, devant ces ch&#226;teaux magnifiques sans doute, int&#233;ressants &#224; l'extr&#234;me pour les connaisseurs et pour ceux qui s'attardent aux menus d&#233;tails plus qu'&#224; l'impression d'ensemble d'un monument ou d'un paysage. Il faut presque une &#233;ducation touristique sp&#233;ciale pour appr&#233;cier vraiment ces beaut&#233;s architecturales, et il ne me semble pas que leur contemplation puisse compenser le d&#233;sagr&#233;ment de fastidieuses &#233;tapes-transport ou d'interminables voyages en chemin de fer.&lt;br class='autobr' /&gt;
Les amants de la montagne sont des romantiques&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; en fait de ch&#226;teaux, il les leur faut sur des rocs inaccessibles ou dominant des vall&#233;es profondes, et non b&#234;tement pos&#233;s &#224; m&#234;me le terrain plat et bourgeoisement entour&#233;s de plates-bandes r&#233;guli&#232;res et fleuries, comme des villas de banlieue.&lt;br class='autobr' /&gt;
Comme Jean-Jacques, un de leurs pr&#233;curseurs en somme, ils savent ce qu'ils entendent par un beau pays&#160;: &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;Jamais pays de plaine quelque beau qu'il f&#251;t, ne parut tel &#224; mes yeux. Il me faut des torrents, des rochers, des sapins, des bois noirs, des montagnes, des chemins raboteux &#224; monter et &#224; descendre, des pr&#233;cipices &#224; mes c&#244;t&#233;s qui me fassent bien peur&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; &lt;strong&gt;Confessions.&lt;/strong&gt;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Ce jour-l&#224;, il est vrai, le temps &#233;tait triste. Un orage violent m'avait, la veille, fait &#233;chouer &#224; Pithiviers dans le trajet de Moret &#224; Orl&#233;ans. Les membres de l'Audax-Club-Parisien, organisateurs de l'excursion, n'avaient pu s'embarquer pour Beaugency o&#249; je les attendis vainement au train du matin. Apr&#232;s une p&#233;nible lutte contre le vent d'ouest, &#224; peine avais-je d&#233;pass&#233; le ch&#226;teau de Chaumont, le seul qui soit un peu pittoresque, qu'une averse diluvienne me transper&#231;ant en un clin d'&#339;il malgr&#233; ma p&#232;lerine, vint mettre un terme &#224; mes perplexit&#233;s et me faire appr&#233;cier davantage le confortable des wagons de l'Orl&#233;ans.&lt;br class='autobr' /&gt;
Mais voici bien le comble&#160;: achevant ces vacances &#224; l'exposition d'Orl&#233;ans, en y feuilletant un beau volume, je tombai le nez en plein dans un &#233;loge dithyrambique de la plaine, dans une protestation exalt&#233;e en faveur de l'esth&#233;tique de la Beauce et de la Champagne pouilleuse. Un artiste, sans doute, l'auteur du bouquin, n'ayant pas le jugement un peu &#233;troit du cyclotouriste.&lt;br class='autobr' /&gt;
Depuis ce voyage d&#233;cevant, nulle sortie s&#233;rieuse, nul abatage de kilom&#232;tres persistant des heures enti&#232;res devant une nature trop peu vari&#233;e, ne sont venus donner &#224; mes muscles l'endurance n&#233;cessaire aux voyages au long cours. Contraint, bien contre mon gr&#233;, de m'incliner devant les m&#233;rites du grand fr&#232;re, ne finirai-je pas, au moins pour le transport, &#224; sacrifier &#224; cette m&#233;connue, cette trop m&#233;pris&#233;e&#160;: la motocyclette&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;?&lt;br class='autobr' /&gt;
Pr&#233;cis&#233;ment, on vient de m'en proposer une fort belle. Toute neuve, son &#233;mail impeccable, l'&#233;clat aveuglant de son nickel, les reflets de son vaste r&#233;servoir, les proportions imposantes de son moteur, l'innocente blancheur du cartel en aluminium, la souplesse de sa fourche &#233;lastique, le confortable de ses gros pneus, tout cela, prometteur de bonheurs in&#233;dits, de compensations indispensables, m'a s&#233;duit, &#233;branl&#233;, conquis, presque subjugu&#233;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! Je n'ai qu'un mot &#224; dire, qu'un geste &#224; faire, et elle est &#224; moi&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;!&lt;br class='autobr' /&gt;
Succomberai-je&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Samedi 13&#160;ao&#251;t&lt;br class='autobr' /&gt;
Il fait jour depuis un moment. A l'horizon surgissent enfin des collines, puis des monts, les premiers contreforts du Jura qui ne d&#233;passent pas 700 m&#232;tres d'altitude et me paraissent pourtant gigantesques.&lt;br class='autobr' /&gt;
Amb&#233;rieu. La ligne s'engage dans l'&#233;troite et superbe vall&#233;e du Rh&#244;ne. Que de villages populeux et industriels&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! Ah&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! si le destin....&lt;br class='autobr' /&gt;
Les sommets voisins s'&#233;l&#232;vent&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; je ne distingue plus le ciel qu'en me penchant, la paroi, presque &#224; pic, par instant nous menace. J'en suis ravi. Ah&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! je ne songe plus &#224; la motocyclette.&lt;br class='autobr' /&gt;
Culoz, puis, &#224; droite, le lac de Lamartine. Je n'ai pas assez d'yeux. Bient&#244;t, mon inaction me p&#232;se et il me tarde de gravir ces montagnes retrouv&#233;es. A Aix, je laisse filer ma machine &#224; Chamb&#233;ry et m'octroie une ballade p&#233;destre au bord du lac et sur les collines avoisinantes.&lt;br class='autobr' /&gt;
A Chamb&#233;ry, dans l'apr&#232;s-midi, je prends la route des Echelles. Je renais &#224; la vie, il y a si longtemps que je n'ai excursionn&#233; r&#233;ellement. Tout, dans cette route qui peut sembler tr&#232;s ordinaire &#224; ses habitu&#233;s, me plonge dans le ravissement. La pente est douce et je l'enl&#232;ve sans peine au grand d&#233;veloppement direct. Voici la belle cascade de Couz&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; elle me rappelle encore Jean-Jacques, qui, voulant passer entre la chute et le roc, s'y prit maladroitement et re&#231;ut la premi&#232;re douche et la plus copieuse qu'e&#251;t jamais prise un touriste. En v&#233;rit&#233;, ce fut bien un pr&#233;curseur.&lt;br class='autobr' /&gt;
Une ombre &#224; ce tableau&#160;: ce vestibule de la Montagne n'est point &#224; l'abri du fl&#233;au moderne, la poussi&#232;re (j'allais dire les automobiles, mais ne soyons pas r&#233;trograde, bien qu'encore r&#233;tro&#239;ste) Voil&#224; bien une douzaine de ces v&#233;hicules rapides qui me croisent ou me d&#233;passent. Quelle d&#233;sagr&#233;able r&#233;miniscence du pays des pneus crayons&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! O&#249; donc est le temps o&#249; ces machines capitulaient devant la moindre rampe, o&#249; le chauffeur e&#251;t souhait&#233; que la cascade de Couz se d&#233;vers&#226;t sur la route pour refroidir le moteur surchauff&#233;, comme une fontaine bienfaisante rafra&#238;chit le cr&#226;ne de V&#233;lo-cio&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! Inclinons-nous, c'est le progr&#232;s qui passe&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;!&lt;br class='autobr' /&gt;
Voici le col &#224; l'altitude de 612m. Depuis Chamb&#233;ry, sans m'en apercevoir, je me suis &#233;lev&#233; de plus de 300 m&#232;tres. Je n'en reviens pas&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! Peut-on concevoir une pareille chose au pays des Audax&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;? En a-t-on m&#234;me la notion &lt;strong&gt;J'oubliais la tour Eiffel &lt;/strong&gt;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;!&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;? Et dire que ceci n'est qu'une mis&#232;re, &#224; faire sourire de piti&#233; un St&#233;phanois&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;!&lt;br class='autobr' /&gt;
Je remets ma veste et file &#224; la descente &#224; une assez bonne allure. C'est divin, tout simplement. Ce planement silencieux et prolong&#233;, cette plong&#233;e dans des gorges verdoyantes, me p&#233;n&#232;trent d'un bonheur intense. Cela me para&#238;t invraisemblable, &#233;ternel, sans fin.&lt;br class='autobr' /&gt;
Plus invraisemblables encore me semblent les cyclistes que j'y croise&#160;: ils sont polymultipli&#233;s&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! Leurs machines &#224; l'ossature puissante, aux pneus robustes&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; sont surcharg&#233;es de bagages et ils montent all&#232;grement, sans effort apparent, &#224; une cadence normale. Quelle chose extraordinaire vraiment et qui me fait stopper de surprise&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! L'habitude avait fini par me faire croire le seul de mon esp&#232;ce...&lt;br class='autobr' /&gt;
Apr&#232;s avoir franchi le tunnel, contempl&#233; un moment la vall&#233;e et les cr&#234;tes que dore le soleil couchant, je reviens sur mes pas et d&#233;gringole par le vieux chemin des Echelles. Un petit chalet annexe d'un h&#244;tel des Echelles, me s&#233;duit par son air de simplicit&#233; et j'y termine cette premi&#232;re et bien faible &#233;tape...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dimanche 14&#160;ao&#251;t&lt;br class='autobr' /&gt;
De tr&#232;s bonne heure, me voici sur la route du Frou, que je gravis lentement, tant pour m&#233;nager mon pauvre entra&#238;nement de n&#233;o-banlieusard qu'afin d'arriver frais et dispos au col de Cuche-ron (1181m&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;!) o&#249; mou ami F.., l'ap&#244;tre de la r&#233;tro, qui prend une part active au Concours, doit me pr&#233;senter, &#224; 7 heures 45, &#224; M.&#160;d'E... Mais &#224; d&#233;faut d'entra&#238;nement, mon enthousiasme pour ces r&#233;gions quasi-nouvelles &#224; mes yeux, quoique m&#234;l&#233; de regret, me soutient mieux qu'un l&#233;ger caf&#233; absorb&#233; rapidement au r&#233;veil. Malgr&#233; un d&#233;veloppement un peu fort pour la r&#233;tro (3ra, 3&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;o&lt;/sup&gt;) sur de pareilles pentes, la c&#244;te est enlev&#233;e sans mettre pied &#224; terre. Sans m'arr&#234;ter, mais en ralentissant, je traversele Frou, puis St-Pierre-d'Entremont et me dirige sur le Cucheron o&#249; la pente s'accentue s&#233;rieusement. J'y dois mettre toute la science r&#233;tro&#239;ste dont je suis capable&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; c'est bien peu. N&#233;anmoins, je constate avec plaisir que je ne suis pas trop rouill&#233;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Deux ou trois cyclistes num&#233;rot&#233;s qui d&#233;valent &#224; toute allure me rappellent &#224; la question du jour. Diable, je ne pensais pas les rencontrer aussit&#244;t. Serais-je en retard&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;? Ma montre n'indique que 6 heures et demie, j'ai encore cinq bons quarts d'heure pour les quelque cinq ou six kilom&#232;tres d'ici au col. Ces cyclistes sont des gens press&#233;s&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; quelques-uns sont typiques, comme celui que je croise aux Vialles, je crois, &#224; un endroit o&#249; la descente diminue assez pour exiger quelques coups de p&#233;dale&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; il a tout l'air d'un coureur, avec son maillot, ses jambes nues jusqu'aux cuisses, le citron pendu &#224; son cou par une ficelle, un mouchoir dans les dents et l'air de ne pas &#234;tre l&#224; pour s'amuser&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! Plus loin, c'en est un autre, une t&#234;te &#224; d'Anglais, un de ces bons amis qui escomptent l'entente cordiale pour d&#233;crocher une belle r&#233;compense que pour ma part je refuserais carr&#233;ment &#224; l'affreux clou &#224; engrenages qu'il a le toupet de pr&#233;senter. Mais quelle prudence &#224; la descente&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;!&lt;br class='autobr' /&gt;
Celui-l&#224; ne compromettra certes pas le succ&#232;s de sa machine par une pelle intempestive&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! Du 3 &#224; l'heure, sans exag&#233;rer&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;!&lt;br class='autobr' /&gt;
Deux kilom&#232;tres apr&#232;s les Vialles, je laisse sur ma droite un sentier assez large, mais extr&#234;mement caillouteux, qui me rappelle une formidable su&#233;e lors du concours de freins, il y a quatre ans d&#233;j&#224;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! A St-Pierre, un faux renseignement donn&#233; fort obligeamment par un t&#233;c&#233;fiste nous f&#238;t prendre, M.&#160;Nicolas et moi, le sentier en. question, qui s'annon&#231;ait assez proprement, mais par du 13%. L'erreur vite reconnue, nous nous obstin&#226;mes quand m&#234;me, et l'amour-propre s'en m&#234;lant, je fis presque tout en machine &#224; travers un lit de cailloux. Que la pente du col me parut douce quand je la rejoignis&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;!&lt;br class='autobr' /&gt;
Le col ne doit plus &#234;tre loin&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; il est sept heures &#224; peine, j'aurai une bonne avance et pourrai me reposer, en compagnie certainement. A peine ai-je fait cette r&#233;flexion que tout &#224; coup, au tournant prochain, dans une chute de nickel, de grands gestes, d'exclamations, d&#233;bouche l'ami F...&lt;br class='autobr' /&gt;
&#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;Descendez&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! descendez, me crie-t-il, M.&#160;d'E... nous attend au col du Fr&#234;ne.&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;&lt;br class='autobr' /&gt;
Il ne doute de rien, ce r&#233;tro&#239;ste&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! Il me donne rendez-vous &#224; 8 heures moins un quart, et il se trompe tout simplement et de col et de trois quarts d'heure&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! Pour lui vraiment, la faillite des c&#244;tes n'est pas un vain mot.&lt;br class='autobr' /&gt;
Rapidement, je redescends, d&#233;passe l'Anglais extra-prudent, rattrape F... et l'attrape, ce qui peut lui chaut. Il ne comprend m&#234;me pas. Aller du col du Cucheron au col du Fr&#234;ne lui semble une chose si ais&#233;e, si courante&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! Et, sapristi, quelle vitesse de jambes&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! A l 'endroit o&#249; la route devient plate, je ne puis le suivre avec 5m,8&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;o&lt;/sup&gt;, et il p&#233;dale avec 3m,5&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;o&lt;/sup&gt; direct. Seraient-ce les fameux 115 tours tant pr&#244;n&#233;s par l'Homme de la Montagne&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;? Mais cela redescend et ferme&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! Je le d&#233;passe sans peine. Allons, je suis encore bon &#224; la descente.&lt;br class='autobr' /&gt;
Au contr&#244;le de St-Pierre,comme j'attends F... pour le semoncer vertement, j'aper&#231;ois un touriste d'un certain &#226;ge que, d'apr&#232;s divers renseignements, je crois reconna&#238;tre pour celui que nous attendons. J'en suis bien aise, car. sa rencontre ici repr&#233;sente une belle &#233;conomie de kilogramm&#232;tres.&lt;br class='autobr' /&gt;
Pr&#233;sentation faite, F&#233;asson file. Puis voici V&#233;locio qui passait sans s'arr&#234;ter et sans nous voir. Je le h&#232;le vivement. Vraiment, il a rajeuni, depuis deux ans. On croirait qu'il parcourt son deuxi&#232;me demi-si&#232;cle &#224; rebours. Voil&#224; du bon r&#233;tro&#239;sme.&lt;br class='autobr' /&gt;
V&#233;locio pr&#234;che d'exemple &#224; toute l'E. S., rajeunie aussi, elle, et qui brille cette ann&#233;e plus qu'au Tourmalet o&#249; elle tenta de se suicider. Tous font le parcours et le termineront entendons-nous bien, sans fatigue anormale.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;C'est-&#224;-dire &#233;reint&#233;s&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;!&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;, ajoute vivement M.&#160;d'E... &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;Car, enfin, s'ils n'&#233;taient pas &#233;reint&#233;s...&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;&lt;br class='autobr' /&gt;
V&#233;locio rit de bon c&#339;ur de cette boutade. M.&#160;d'E... est un cyclotouriste dont l'&#233;l&#233;ment touriste l'emporte de beaucoup sur l'&#233;l&#233;ment cycliste, &#224; l'inverse, il faut le reconna&#238;tre, de la plupart d'entre nous. Il d&#233;teste les randonn&#233;es, il ne peut comprendre les &#233;tapes-transport. Remercions-en le destin, car sa conception probablement plus rationnelle du cyclotourisme nous a donn&#233; un conteur trop go&#251;t&#233; jadis pour le silence qu'il observe maintenant.&lt;br class='autobr' /&gt;
C'est ce qu'&#224; br&#251;le-pourpoint vient lui d&#233;clarer un jeune concurrent, champion de la l&#233;vocyclette, M.&#160;St-A.., &#224; la tenue presque &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;tour de lac&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;, au b&#233;ret blanc bouffant tr&#232;s &#233;l&#233;gamment sur la t&#234;te, au col d'un blanc immacul&#233; encore et dont aucune transpiration n'a le moindrement du monde alt&#233;r&#233; la raideur toute britannique, ce dont il n'est pas peu fier &#8212; pas pour lui, mais pour sa machine.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;Ah&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! M.&#160;d'E., s'exclame-t-il sans cesser de grignoter la grappe dans laquelle il puise des calories v&#233;g&#233;tariennes, M.&#160;d'E.., j'ai un reproche sanglant &#224; vous faire&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;!
&lt;br /&gt;&#8212; Ah&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;!
&lt;br /&gt;&#8212; A une certaine &#233;poque, d&#233;j&#224; lointaine, et pendant un temps qui nous sembla court, vous nous avez charm&#233;s par votre plume. Et puis, tout d'un coup, plus rien&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! Ah&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! Monsieur, comme nous le regrettons et comme c'est mal de nous avoir abandonn&#233;s ainsi&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;!&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;&lt;br class='autobr' /&gt;
M.&#160;d'E.., est tout interloqu&#233; de ce coup droit, port&#233; par ce &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;hardi jeune homme&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;, comme il le qualifie un instant apr&#232;s, avec l'&#233;locution facile et brillante d'un avocat s&#251;r de gagner sa cause.&lt;br class='autobr' /&gt;
Mais bient&#244;t toute la phalange des bons routiers s'en va et V&#233;locio les suit.&lt;br class='autobr' /&gt;
M.&#160;d'E.., qui va &#224; St-B&#233;ron, me propose de l'accompagner. Je d&#233;cline, car je tiens, lui dis-je, &#224; revoir les coureurs &#224; l'&#233;tat &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;d'&#233;reintement&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; et aussi &#224; me m&#233;nager et &#224; fl&#226;ner. Ensuite, j'irai au Lautaret et au Galibier, ce p&#232;lerinage d&#233;j&#224; remis l'ann&#233;e derni&#232;re.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;Qu'allez-vous faire au Lautaret&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;? ce n'est pas int&#233;ressant&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! Tenez, je vais vous faire votre itin&#233;raire. Connaissez-vous le Queyras&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;?
&lt;br /&gt;&#8212; Oh&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! c'est bien trop loin.
&lt;br /&gt;&#8212; Enfin, voyons&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! Vous disposez de plusieurs jours , &#224; combien de kilom&#232;tres chacun&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;?
&lt;br /&gt;&#8212; Appliquant le troisi&#232;me principe, je me contenterai de trente.
&lt;br /&gt;&#8212; J'attendais mieux d'un pr&#233;tendu adepte de l'&lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;E. S.&lt;/span&gt; Mais comment donc occupez-vous vos journ&#233;es&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;?
&lt;br /&gt;&#8212; J'ai d&#233;cid&#233;, &#224; l'inverse de jadis, de ne pas faire plus&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; je veux fl&#226;ner et ne rien faire&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;!
&lt;br /&gt;&#8212; En somme, vous avez le cynisme de la paresse&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;?
&lt;br /&gt;&#8212; Je l'ai.&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;&lt;br class='autobr' /&gt;
C'est vrai. Quelque honte que j'&#233;prouve &#224; me l'avouer, depuis quelque temps, je ne fais plus rien de bon. C'est l'effet des plaines o&#249; j'habite, c'est aussi celui de la r&#233;tro. Oui, duss&#233;-je faire bondir ses coryph&#233;es, la r&#233;tro, par la facilit&#233; d&#233;risoire avec laquelle elle permet de s'attarder aux mont&#233;es, par le manque d'efforts qu'elle impose aux muscles, provoque chez ses pratiquants des attaques subites de... nonchalance. On finit par oublier les bonnes su&#233;es d'antan, les rampes enlev&#233;es avec d'autant plus d'imp&#233;tuosit&#233; qu'elles sont plus roides, les folles d&#233;penses d'&#233;nergie qu'interdit cette trop sage machine. On prend go&#251;t &#224; musarder, &#224; s'arr&#234;ter souvent. Le d&#233;marrage est si facile&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! Peu &#224; peu, les tissus s'engorgent, les graisses s'accumulent. Dix kilos, qui ne se sont point dissous dans ces sudations abondantes et dites hygi&#233;niques, sont venus grossir l'arm&#233;e des kilogramm&#232;tres n&#233;cessaires &#224; mon &#233;l&#233;vation&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; mes habits ne veulent plus subir le supplice de me contenir et mon tailleur rayonne.&lt;br class='autobr' /&gt;
O parents qui tremblez de voir vos fils s'ext&#233;nuer sur ces d&#233;testables montures qui les arrachent &#224; vos soins, les lib&#232;rent trop de votre tutelle inqui&#232;te, ne craignez plus si. &#233;coutant la parole de tant de proph&#232;tes, ils se tournent vers la r&#233;tro pour apaiser leur fringale de d&#233;ambulation&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! L'ardeur de leur jeune sang de poulain &#224; peine &#233;chapp&#233; de l'&#233;curie se muera vite en la bienfaisante placidit&#233; d'un cheval de fiacre&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; mais, au contraire de ce dernier, leurs traits anguleux s'&#233;paissiront, leur ventre s'arrondira, leurs muscles s'amolliront et ils deviendront bient&#244;t paresseux et bedonnants comme tant de bourgeois dont on admire la belle sant&#233;. Alors, las d'un exercice encore trop violent, ils s'adresseront &#224; la moto...&lt;br class='autobr' /&gt;
&#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;Il n'y a pas d'outil plus dangereux, s'&#233;crie M.&#160;d'E... d&#232;s que je lui confie cet avatar probable. Prenez plut&#244;t un revolver, vous avez des chances encore de vous manquer.
&lt;br /&gt;&#8212; Diable&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;!
&lt;br /&gt;&#8212; Ce sont les propres paroles d'une personne que je connais intimement&#160;: &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;Ces machines sont t&#244;t ou tard fatales &#224; leur possesseur.&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; Et cette personne en fabrique et en vend.
&lt;br /&gt;&#8212; C'est d'un bien grand criminel&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! Sans doute ces appr&#233;hensions sont justifi&#233;es en partie. Cependant, on entend peu parler d'accidents graves dus &#224; la motocyclette. Il me semble qu'avec une machine solide, connue, et de la prudence. beaucoup de prudence.... Enfin on verra.&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;&lt;br class='autobr' /&gt;
Comme M.&#160;d'E... me quitte, j'insiste encore sur les reproches du jeune l&#233;vi&#233;riste de tout &#224; l'heure.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;Eh bien soit&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! j'&#233;crirai encore dans Le Cycliste, conclut-il, mais en pensant&#160;: Au diable soient les importuns qui m'ont ent&#244;l&#233; de la sorte&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;!&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;&lt;br class='autobr' /&gt;
Sur le coup de midi reviennent pour d&#233;jeuner les contr&#244;leurs r&#233;partis sur les pentes voisines. Avec eux, M.&#160;Burdet, un des bons collaborateurs du Cycliste, qui ne bouge que lorsqu'il y a du nouveau, ce qui devient plut&#244;t rare pour un touriste comme lui&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; et parmi eux, M.&#160;d'Estang, collaborateur aussi, qui a la mauvaise habitude de ne signer ses r&#233;cits que par son num&#233;ro de t&#233;c&#233;fiste, ce qui ne me permet pas de me rem&#233;morer ses aventures.&lt;br class='autobr' /&gt;
Apr&#232;s d&#233;jeuner ne sachant que faire, M.&#160;Burdet et moi, nous grimpons du c&#244;t&#233; du Cucheron, au-dessus des premiers lacets &#224; 10&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;% tenir compagnie &#224; un contr&#244;leur Lyonnais d&#233;barquant de Cochinchine, sans doute tout expr&#232;s pour le concours, &#244; d&#233;vouement&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! Etendus sur l'herbe, au soleil, comme des l&#233;zards,
&lt;br /&gt;&#8212; Ah&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! qu'il est doux de ne rien faire Quand tout s'agite autour de nous&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! &#8212;&lt;br class='autobr' /&gt;
nous assistons au d&#233;fil&#233; des coureurs, bien diff&#233;rent de celui du Tourmalet. Tous enl&#232;vent la rampe en machine, plus ou moins gaillardement&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; les uns avec des efforts d&#233;sordonn&#233;s, les autres comme de paisibles p&#232;res de famille.&lt;br class='autobr' /&gt;
Tiens&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! voici une moto. Je n'ai rencontr&#233; jusqu'ici que deux motosacoches, sur lesquelles je n'ai trouv&#233; nulle part de renseignements&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; j'ignore ce qu'on peut en tirer. Mais celle qui vient s'&#233;l&#232;ve plus facilement qu'un r&#233;tro&#239;ste. C'est une moto grenobloise, bien appropri&#233;e &#224; la r&#233;gion et qui, para&#238;t-il, monte Laffrey sans le secours des p&#233;dales, bien que sa puissance soit normale. Cet outil devient vraiment pratique et n'est plus le jouet qu'il fut. Pourtant, il ne m'int&#233;resse qu'&#224; moiti&#233; en ce moment, o&#249; je sens des bouff&#233;es des ardeurs d'autrefois, devant ces belles montagnes que je me borne aujourd'hui &#224; contempler b&#233;atement.&lt;br class='autobr' /&gt;
Qu&#232;s aco&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;? Un coureur qui monte &#224; pied&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! Quel ph&#233;nom&#232;ne inattendu et que depuis une heure avec incons&#233;quence nous guettions.&lt;br class='autobr' /&gt;
Lorsqu'il arrive &#224; notre hauteur, remont&#233; d'ailleurs en machine, mais ramant d'une fa&#231;on lamtenable, le strict contr&#244;leur lui fait l'observation qu'il doit le signaler. Ces paroles sont le &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;coup dur&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; pour le pauvre gar&#231;on qui est ext&#233;nu&#233;. Et pourtant il n'a entrepris que la seconde demi-&#233;tape.&lt;br class='autobr' /&gt;
Tout s'explique&#160;: c'est un banlieusard pur-sang. Il n'a connu que les c&#244;tes de St-Germain et de Picardie, o&#249; il s'est entra&#238;n&#233; avec 2m40. Il a pu gravir, au prix de quelles souffrances&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! le premier de ces cols. Mais que voulez-vous qu'il f&#238;t contre trois&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;? Qu'il claqu&#226;t&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! Et il se lamente, se d&#233;sole d'avoir fait perdre la partie &#224; sa maison. Nous le remontons de notre mieux, lui expliquons les tol&#233;rances du r&#232;glement, et comme il lui faut rentrer &#224; Grenoble le soir m&#234;me, devant l'impossibilit&#233; mat&#233;rielle d'y parvenir &#224; temps par la route des cols, nous lui conseillons d'aller rejoindre la voie ferr&#233;e, quelque part, par la route du Frou o&#249; nous l'accompagnons un peu.&lt;br class='autobr' /&gt;
M.&#160;Burdet veut nous y faire entendre un &#233;cho extraordinaire, &#224; la sortie des tunnels. Et pendant un bon quart d'heure, il s'ext&#233;nue &#224; lancer d'&#233;normes quartiers de rocs dans le ravin&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; le bruit de leur chute et de leur rebondissement sur les parois devrait se r&#233;percuter contre les rochers surplombant la route et donner aux personnes passant &#224; cet instant l'impression d'une avalanche subite, au grand effroi de celles qui ne sont pas pr&#233;venues. Mais nous avons beau ouvrir en grand nos pavillons, nous ne pouvons saisir cet &#233;cho capricieux comme un carburateur r&#233;calcitrant. Tant d'efforts n'ont pour r&#233;sultat que d'avancer un peu la fatale &#233;poque du nivellement g&#233;n&#233;ral dont le d&#233;boisement nous menace.&lt;br class='autobr' /&gt;
La soir&#233;e s'ach&#232;ve &#224; St-Pierre, o&#249; M.&#160;Joly, un rural abonn&#233; du Cycliste, nous compte ses exp&#233;ditions en Italie et les pentes invraisemblables qu'il affronta dans les Abruzzes, pendant que les agapes bruyantes des contr&#244;leurs troublent &#224; peine le calme de cette belle nuit d'&#233;t&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lundi 15&#160;ao&#251;t&lt;br class='autobr' /&gt;
Nous venons &#224; peine de nous lever que d&#233;j&#224; les coureurs repassent. V&#233;locio repara&#238;t accompagn&#233; de M.&#160;Beno&#238;t, qui, dans la Provence sportive, s'est montr&#233; le plus fougueux adversaire de la r&#233;tro-directe. Ah&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! on ne badine pas, &#224; Marseille, et c'est en &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;cinq secs&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; qu'on vous y ex&#233;cute.&lt;br class='autobr' /&gt;
Auparavant est venue M&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;lle&lt;/sup&gt; D., parente de l'h&#233;ro&#239;ne du Tourmalet, de charmante m&#233;moire, qu'il est regrettable de ne pas voir sur la br&#232;che, comme d'ailleurs maints autres membres del'&lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;E.S.&lt;/span&gt; Que diable font-ils donc&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;? les uns auraient-ils renonc&#233; aux saines joies du tourisme et pr&#233;f&#233;reraient-ils papoter sur quelque plage &#224; la mode&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;? D'autres, vex&#233;s de ce que de plus jeunes r&#233;pondent mieux &#224; l'attente de V&#233;locio qu'ils ne le firent il y a trois ans, auraient-ils vol&#233; vers d'autres cieux&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;? Certains, dont la collaboration intime &#233;tait l'espoir des lecteurs du Cycliste, sont-ils embourb&#233;s &#224; n'en plus pouvoir sortir dans la m&#233;lasse conjugale ou planent-ils dans l'azur, d&#233;daigneux de nos vaines agitations&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;? Ether ou pot-au-feu&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;?...&lt;br class='autobr' /&gt;
Nous nous donnons rendez-vous, sauf M.&#160;Burdet, pour le soir, &#224; Grenoble au contr&#244;le du &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;T. C. F.&lt;/span&gt; Et les uns s'y rendent par les Echelles et le Gr&#233;sivaudan, les autres par la route des cols.&lt;br class='autobr' /&gt;
Ce dernier trajet, si merveilleux, est trop connu pour qu'on y insiste. On y croise quelquefois des autos et des motos&#160;: il s'en fourre partout. Un peu avant nous, un coupla de tand&#233;mistes r&#233;tro&#239;stes a pris la m&#234;me direction&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; je serais curieux de me rendre compte de la facilit&#233; de leur marche &#224; la mont&#233;e&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; je suis servi &#224; souhait&#160;: les voici en fiacre, l'outil aux bagages. Au col, ils laisseront la voiture et descendront en machine sur St-Pierre-de-Chartreuse. Puissent leurs freins &#234;tre puissants et les tournants point trop brusques&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! Mais est-ce ainsi que nos amis R., entendent le cyclotourisme en m&#233;nage&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;?&lt;br class='autobr' /&gt;
St-Pierre-de-Chartreuse, tr&#232;s fr&#233;quent&#233;, est ravissant et d'assez grandes b&#226;tisses qui en sont les h&#244;tels ne parviennent pas &#224; g&#226;ter son charme. Mais il para&#238;t que c'est insuffisant et qu'on veut cr&#233;er l&#224;, comme en maints autres endroits, je ne sais quel centre de tourisme pourvu de mirifiques &#233;tablissements, de savants h&#244;teliers, dipl&#244;m&#233;s et d&#233;plum&#233;s, et y faire pour attirer les foules, concurrence &#224; Trouville, Dauville et tutti quanti.&lt;br class='autobr' /&gt;
C'est fort bien, et ces efforts pour faire appr&#233;cier davantage la montagne ne peuvent qu'&#234;tre lou&#233;s en principe.&lt;br class='autobr' /&gt;
Mais la t&#226;che est d&#233;licate et demande, pour &#234;tre men&#233;e &#224; bien sans dommage, un tact parfait, un sentiment attentif des beaut&#233;s naturelles en m&#234;me temps qu'une connaissance exacte des desiderata des touristes.&lt;br class='autobr' /&gt;
D'abord, ne risque-t-on pas de g&#226;ter les plus belles parties de notre si belle France en organisant trop m&#233;thodiquement leur exploitation touristique&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;? Multiplier les ressources, c'est parfait. Mais qu'on prenne garde qu'en exag&#233;rant le d&#233;veloppement de cette nouvelle industrie, on ne d&#233;truise toute couleur locale, on ne massacre bien des sites on ne supprime tout impr&#233;vu, on ne nous fasse un Dauphin&#233; &#224; l'usage de Tartarin.&lt;br class='autobr' /&gt;
Et encore, &#224; ce propos, &#224; tant de beaux mais dangereux projets, ne semble-t-il pas qu'il se m&#234;le trop de pr&#233;occupations mercantiles, qu'on fait trop sonner aux oreilles des futurs tenanciers la musique all&#233;chante du bas de laine, qu'on les incite d'ores et d&#233;j&#224; &#224; pr&#233;parer leur outillage pour l'estampage magistral des touristes &#224; venir&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;? Je voudrais me tromper&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; mais ne s'inspire-t-on pas de consid&#233;rations insuffisamment d&#233;mocratiques, comme si le tourisme devait &#234;tre l'apanage des seuls fortun&#233;s&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;? La Revue du &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;T. C. F.&lt;/span&gt; n'encourage-t-elle pas les h&#244;teliers &#224; ne pas h&#233;siter devant aucun sacrifice pour assurer le plus grand confort &#224; leurs h&#244;tes, par la raison bien simple que les automobilistes ne regardent pas &#224; la d&#233;pense&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;? (Textuel.)&lt;br class='autobr' /&gt;
Evidemment, toutes les raisons donn&#233;es pour ce faire, sont justificatives. Il est raisonnable que les habitants d'un beau pays en tirent parti au m&#234;me titre que d'autres profitent des richesses enfouies dans le sol ou produites par un terrain fertile&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; il est pr&#233;f&#233;rable d'y drainer le superflu des gens riches plut&#244;t que de le laisser s'&#233;couler &#224; l'&#233;tranger qui a su &#234;tre habile de meilleure heure&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; il est &#233;quitable que des installations luxueuses et co&#251;teuses exigent d&#233; ceux qui en jouissent une r&#233;mun&#233;ration proportionnelle.&lt;br class='autobr' /&gt;
Mais si &#224; certains points de vue on a raison, on a tort de n'envisager que ceux-l&#224;, et la modeste pi&#232;ce de cent sous de la majorit&#233; des t&#233;c&#233;fistes s'&#233;tonne d'&#234;tre employ&#233;e &#224; faciliter l'existence de ceux pour qui elle n'offre aucune difficult&#233;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Combien, parmi eux, pourront faire s&#233;journer leurs familles s'arr&#234;ter m&#234;me dans ces h&#244;tels &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;chics&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; mais inabordables, les seuls pourtant que &#8212; toujours d'apr&#232;s la Revue &#8212; ils devront fr&#233;quenter.&lt;br class='autobr' /&gt;
On peut para&#238;tre mesquin en agitant ces questions. Ne sont-elles pas vitales, cependant, pour le cyclotourisme qui doit &#234;tre &#224; la port&#233;e de tous&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;? Et les articles partis dans Le Cycliste du 31&#160;juillet 1902 ne sont-ils pas toujours l'expression regrettable de la v&#233;rit&#233;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;?&lt;br class='autobr' /&gt;
Comme nous gravissons assez p&#233;niblement le col de Portes, sous le soleil ardent d'ao&#251;t, &#224; peine temp&#233;r&#233; par une brise l&#233;g&#232;re, un des coureurs de la 4&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; &#233;tape nous d&#233;passe. C'est Fourchotte, le professionnel, &#233;gar&#233; dans ces r&#233;gions avec un d&#233;veloppement de quatre m&#232;tres, aggrav&#233; par son changement de vitesse par pignons satellites dans le moyeu. Il est &#224; voir, debout sur les p&#233;dales, penchant alternativement le corps de droite et de gauche dans un d&#233;hanchement formidable et des ahans de boulanger. Quel tourisme et qu'est-ce que prennent les pauvres petits pignons mignons&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;!&lt;br class='autobr' /&gt;
Enfin, voici le col. J'&#233;prouve une intense satisfaction. tant d'&#234;tre venu &#224; bout &#224; peu pr&#232;s convenablement de cette rude ascension que de me sentir &#224; pareille altitude, &#224; plus de 1 3oo m&#232;tres au-dessus du niveau moyen de l'absinthe chez mes contemporains. Je me d&#233;lecte dans cette pens&#233;e orgueilleuse, en attendant mon ami F&#233;asson.&lt;br class='autobr' /&gt;
L'attente est longue, le premier coureur a une avance consid&#233;rable, pr&#232;s d'une heure, sur le second. Il a march&#233; comme un fou, voulant r&#233;habiliter les professionnels de son &#233;chec de la matin&#233;e, o&#249; l'&#233;reintement vraiment anormal du premier jour l'avait mis hors d'&#233;tat de partir malgr&#233; une nuit de soins et de repos.&lt;br class='autobr' /&gt;
Les contr&#244;leurs attendent placidement, ainsi que de rares touristes et deux motocyclistes grenoblois qui se mettent &#224; railler b&#234;tement l'enthousiasme et l'exub&#233;rance un peu m&#233;ridionale de certain r&#233;tro&#239;ste. En voil&#224;, certes, qui n'ont jamais franchi de montagne par leurs propres moyens, et s'ils sont &#224; ce col, c'est &#233;videmment qu'un constructeur a pu faire preuve de plus d'habilet&#233; qu'eux de bon sens. J'ai des vell&#233;it&#233;s de le leur dire, mais l'aimable M.&#160;C., de Grenoble, vient distraire mon attention.&lt;br class='autobr' /&gt;
Enfin, voici nos amateurs qui se succ&#232;dent rapidement et viennent m&#234;me parfois en groupe&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; il en est quatre qui ne se sont pas quitt&#233;s pendant tout le Concours et ce sont les plus gais et les plus frais. Tous, naturellement, St&#233;phanois ou presque, et disciples de V&#233;locio, remorquant qui des r&#233;tros, qui des l&#233;vos, qui des machines sans cha&#238;ne. L'un de ces derniers me confie dans le tuyau de l'oreille&#160;: &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;Ah&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! c'est bien l&#224; le fin camion&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;!&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;&lt;br class='autobr' /&gt;
F&#233;asson arrive presque en m&#234;me temps et tous,&lt;br class='autobr' /&gt;
nous d&#233;valons avec plaisir sur le Sappey. Entra&#238;n&#233; par l'exemple des jeunes, je ne tarde pas &#224; d&#233;gringoler &#224; toute vitesse, anticipant sur les joies plus probl&#233;matiques de la moto.&lt;br class='autobr' /&gt;
A Grenoble, j'ai quelque peine &#224; trouver le contr&#244;le, assez mal plac&#233;. Nous y voici tous, ainsi que l'ami Viviant qui, h&#233;las&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! n'a pu renouveler ses prouesses du Tourmalet et prendre &#224; la f&#234;te la part active qu'il s'&#233;tait tant promise. D'avoir trop exig&#233; de la r&#233;tro, le voici r&#233;duit &#224; demander des muscles ou des poumons au moteur &#224; p&#233;trole. Je crains bien qu'il n'ait &#233;t&#233; imprudent en installant un petit moteur sur une bicyclette ordinaire&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; il serait int&#233;ressant de savoir ce qu'il en a obtenu.&lt;br class='autobr' /&gt;
A l'instar du banquet trop officiel organis&#233; par le &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;T. C. F.&lt;/span&gt;&#224; Corenc, un petit festin v&#233;g&#233;tarien, dont nous avions vaguement &#233;bauch&#233; le projet &#224; St-Pierre-d'Entremont, aurait d&#251; nous r&#233;unir plus longuement. Mais l'entente ne se fait pas&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; les uns veulent se reposer&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; d'autres sont plut&#244;t press&#233;s de trouver un g&#238;te que l'affluence des voyageurs &#224; cette &#233;poque rend hypoth&#233;tique&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; d'aucuns m&#234;me qui la veille exigeaient qu'au menu figur&#226;t le poisson, sont charg&#233;s de fournir... le lapin.&lt;br class='autobr' /&gt;
Apr&#232;s d&#238;ner, V&#233;locio, M.&#160;Beno&#238;t et moi nous nous promenons et faisons de grands conciliabules avec certains membres du &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;T. C.&lt;/span&gt; F .au grand caf&#233; o&#249; nous sirotons des &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;boissons v&#233;g&#233;tariennes&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; qui intriguent fort le commandant F... De groupe en groupe, les discussions se prolongent et &#224; minuit pass&#233;, nous sommes encore sur la place, o&#249; nous trouvons plusieurs des h&#233;ros du jour point press&#233;s du moindre repos et qui sans vergogne se scandalisent d'y voir V&#233;locio.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;Comment, pas couch&#233;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;?&#8212; Eh non&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! voyez-vous, on &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;vadrouille&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! Et vous autres, donc&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;?&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;&lt;br class='autobr' /&gt;
Les cyclotouristes, &#224; ces heures indues, ont peu l'habitude en effet de se rencontrer... si ce n'est pour partir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mardi 16&#160;ao&#251;t&lt;br class='autobr' /&gt;
A d&#233;faut de la chaleur des banquets qui nous manqua hier, la paresse est communicative. Car le convoi peu rapide qui chaque jour d&#233;verse &#224; Bourg-d'Oisans, des flots de touristes, ou se croyant tels, nous emm&#232;ne &#224; une heure plut&#244;t tardive, dans la matin&#233;e, M&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;lle&lt;/sup&gt; D., V&#233;locio (voudra-t-on le croire&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;? ), un jeune Lyonnais ,s&#233;ide de l'E.S., et moi&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; notre excuse est que la route habituelle par Vizille est un peu fastidieuse et a de bien mauvais passages. Et cependant, si nous avions cela au pays des pneus-crayons&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;!...&lt;br class='autobr' /&gt;
Dans l'apr&#232;s-midi, nous filons sur la route du Lautaret. Irai-je au Galibier comme j'en avais l'intention, aujourd'hui m&#234;me, avec M.&#160;P... ou &#224; la B&#233;rarde avec M&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;lle&lt;/sup&gt; D. et V&#233;locio, excursion que le vague souvenir d'un r&#233;cit &#233;logieux nous a fait d&#233;cider en principe hier au soir&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;? Apr&#232;s une halte au pied de la mont&#233;e des Comm&#232;res, o&#249; deux indig&#232;nes sont convertis en un clin d '&#339;il &#224; la polymultiplication, j'opine finalement pour la B&#233;rarde qui m'est inconnue.&lt;br class='autobr' /&gt;
Mais le temps se couvre, ne fl&#226;nons plus. D&#233;j&#224; M&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;lle&lt;/sup&gt; D., partie en avant, revient &#233;tonn&#233;e de ne pas nous voir et presque effray&#233;e par le sauvage aspect des lieux. La route tr&#232;s sinueuse est d'abord assez bonne Des automobiles la descendent et nous surprennent &#224; certains tournants o&#249; la trompe devrait fonctionner sans cesse.&lt;br class='autobr' /&gt;
A Bourg-d'Arud, on nous apprend qu'il est impossible de continuer, qu'une voiture nous est n&#233;cessaire. Le temps sombre nous inqui&#232;te. Cependant, m&#233;fiant par exp&#233;rience des renseignements, souvent plus int&#233;ress&#233;s qu'int&#233;ressants, donn&#233;s par les indig&#232;nes, V&#233;locio pousse, de l'autre c&#244;t&#233; du village, une petite pointe en reconnaissance.&lt;br class='autobr' /&gt;
La route est possible. Nous partons, franchissons le V&#233;n&#233;on sur un pont rempli de cailloux. Sur l'autre rive commence aussit&#244;t le calvaire&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; la pente s'accentue terriblement, nous roulons dans un lit de pierres suivant des lacets invraisemblablement courts et dominant &#224; pic le V&#233;n&#233;on aux eaux verd&#226;tres, sans le moindre parapet. V&#233;locio, avec2m40. r&#233;ussit &#224; tout faire en machine&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; je le suis un moment, mais avec 3m3o r&#233;tro, cela me semble de l'acrobatie et j y renonce d'autant plus que M&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;lle&lt;/sup&gt; D. est rest&#233;e en arri&#232;re.&lt;br class='autobr' /&gt;
Au Plan-du-Lac, o&#249; nous refranchissons le V&#233;n&#233;on plus Calme et plus large, nous remontons un peu. Enfin, tant&#244;t &#224; pied, tant&#244;t en machine, nous atteignons St-Christophe, o&#249; V&#233;locio nous attend.&lt;br class='autobr' /&gt;
St-Christophe est un pauvre village accroch&#233; &#224; la pente rocailleuse des monts&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; on est tout surpris d'y trouver un petit h&#244;tel de peu d'apparence mais convenable et dont les chambres, tr&#232;s simples, sont tr&#232;s proprettes.&lt;br class='autobr' /&gt;
Une vierge, sur un rocher surplombant &#224; pic la route, domine le village et la vall&#233;e. L'approche en est facile, par des sentiers abrupts et vertigineux, franchissant sur un pont branlant un torrent imp&#233;tueux, pr&#232;s d'une masure pourrie par l'humidit&#233;, inhabitable et servant de magasin pour de bien pauvres r&#233;coltes. Les indig&#232;nes que nous rencontrons par l&#224;, tr&#232;s avenantes ma foi, se plaignent fort de leur pays sauvage et perdu, terrible l'hiver, c'est-&#224;-dire neuf mois sur douze. Quelle existence vraiment dans ces chaumi&#232;res isol&#233;es, loin de tout centre, au sein d'une nature presque toujours incl&#233;mente, rarement souriante, m&#234;me aux beaux jours&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;Mauvais pays&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;!&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; disent-elles. C'est tristement vrai&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; m&#234;me en ce moment, l'endroit nous para&#238;t peu s&#233;duisant, et pourtant, autre chose est d'y passer&lt;br class='autobr' /&gt;
quelques heures en curieux, autre chose d'y croupir sa vie enti&#232;re.&lt;br class='autobr' /&gt;
Quelques &#233;clairs, de violents coups de tonnerre. Nous achevons vite l'ascension. Un coup d'&#339;il rapide sur la vall&#233;e sinistre o&#249; bouillonne le V&#233;n&#233;on et nous descendons dare-dare &#224; l'h&#244;tel sous les premi&#232;res gouttes.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;En voil&#224; assez, dit V&#233;locio en rentrant, de ces menus trop cr&#233;ophages que notre paresse de volont&#233; nous laisse imposer. Il faut r&#233;agir.
&lt;br /&gt;&#8212; C'est cela, allez donc trouver le ma&#238;tre-queux et faites-lui la le&#231;on.&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;&lt;br class='autobr' /&gt;
Il va et l'interpelle&#160;:&lt;br class='autobr' /&gt;
&#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;Dites-donc, nous sommes v&#233;g&#233;tariens, nous ne voulons absolument pas de viande, que des l&#233;gumes, des fruits... Qu'y a-t-il ce soir au menu&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;?
&lt;br /&gt;&#8212; Il y a... euh... euh... une poule d'eau bouillie au gros sel.
&lt;br /&gt;&#8212; Ah&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! ah&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! ma foi, j'en prendrai bien tout de m&#234;me, surtout si elle est bien tendre. Vous pourrez nous en servir. Ensuite&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;?
&lt;br /&gt;&#8212; Ensuite... euh... euh... des croquettes de &#8226; langouste sauce tomate.
&lt;br /&gt;&#8212; Oh&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! oh&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! oh&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! voil&#224; qui n'est pas mauvais. Servez toujours.
&lt;br /&gt;&#8212; C'est bon, c'est bon, grommelle le chef, je vois la chose&#160;: les v&#233;g&#233;tariens ne crachent pas sur les bons morceaux&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;!&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; (sic).&lt;br class='autobr' /&gt;
Ah&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! c'en est un singulier parfois, que le directeur du Cycliste&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! La Soci&#233;t&#233; V&#233;g&#233;tarienne de France &#224; d&#233;faut de m&#233;daille d'or, lui d&#233;cernera peut-&#234;tre quelque jour un stock de m&#233;dailles de chocolat qui ne seraient pas &#224; d&#233;daigner dans les moments o&#249; la consigne devient trop difficile &#224; observer. Mais s'il veut avoir une fiche convenable, qu'il prenne garde&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! on ne sait jamais avec qui l'on se trouve, et les casseroles ne servent pas qu'&#224; faire bouillir les poules.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mercredi 17&#160;ao&#251;t&lt;br class='autobr' /&gt;
Le soleil n'est pas lev&#233; que nous partons, V&#233;locio et moi, &#224; la B&#233;rarde. M&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;lle&lt;/sup&gt; D. se repose. Ces trajets sont r&#233;ellement durs pour une femme, quelque intr&#233;pide soit elle.&lt;br class='autobr' /&gt;
Excursion p&#233;destre, &#233;videmment&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; le sentier muletier o&#249; nous nous engageons n'est absolument pas carrossable, bien que V&#233;locio y fasse le projet d'une bicyclette pliante minuscule, adjuvante de l'ascensionniste.&lt;br class='autobr' /&gt;
Munis d'une carte insuffisante, nous commen&#231;ons par une erreur de chemin, tout en restant dans la bonne direction g&#233;n&#233;rale, barr&#233;s comme nous le sommes des deux c&#244;t&#233;s parla montagne et le torrent dont les eaux maintenant bleu&#226;tres grondent en bas. Sur l'autre versant, cependant, s'ouvrent des failles &#233;normes, parfois rocheuses, parfois un peu bois&#233;es et d'o&#249; d&#233;gringolent avec fracas les torrenticules tributaires du V&#233;d&#233;on.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce sont ces failles qui nous rep&#232;rent sur la distance et elle nous para&#238;t longue. A chaque instant, nous nous croyons plus avanc&#233;s que nous ne le sommes r&#233;ellement. Le manque d'habitude du tourisme &#224; pied et les difficult&#233;s de la marche dans ces sentiers qui grimpent, descendent, regrimpent et redescendent constamment, qui tournent, remplis de pierres &#233;normes et branlantes tant&#244;t s&#232;ches, tant&#244;t humides et glissantes, et, fr&#233;quemment travers&#233;s de ruisseaux et de cascades, voisinent tr&#232;s souvent avec le ravin profond, nous ralentissent sensiblement. Malgr&#233; nos vell&#233;it&#233;s de cheminer. le nez au vent, les yeux en l'air, nous nous gardons bien de faire comme l'astronome. Nos pieds ne se posent qu'avec circonspection et le paysage n'est appr&#233;ci&#233; qu'&#224; la faveur de courts arr&#234;ts.&lt;br class='autobr' /&gt;
Un bonhomme qui sort d'une chaumi&#232;re &#8212; le maire du pays &#8212; nous apprend que nous aurions d&#251; suivre constamment les poteaux t&#233;l&#233;graphiques qu'il nous montre en bas, presqu'&#224; niveau du V&#233;n&#233;on. Remis en bonne voie, nous atteignons bient&#244;t les Etiages et, 4 kilom&#232;tres plus loin, la B&#233;rarde enfin.&lt;br class='autobr' /&gt;
La B&#233;rarde (1.738 m&#232;tres), un h&#244;tel et deux ou trois fermes, au pied d'immenses montagnes grises &#224; la t&#234;te blanche. L'endroit est infiniment triste et me rappelle la description du D&#233;voluy. Rien n'y peut retenir le touriste s'il n'est un enrag&#233; grimpeur. Notre impression est telle qu'apr&#232;s un court d&#233;jeuner dans la salle o&#249; se coudoient Allemands et Anglais, nous nous h&#226;tons de rentrer &#224; Saint-Christophe, ayant accompli une trentaine de kilom&#232;tres de marche difficile, avec nos minces souliers de cyclistes, voire, comme V&#233;locio, avec des sandales. C'est l&#224; ce qu'on entend par demi-journ&#233;e de repos, dans le cyclotourisme.&lt;br class='autobr' /&gt;
Personnellement, je suis, &#224; vrai dire, un peu d&#233;&#231;u. La course m'a paru plus p&#233;nible qu'int&#233;ressante, le paysage trop s&#233;v&#232;re et trop monotone. Peut-&#234;tre s'il s'agissait de franchir un col, de passer sur un autre versant pour y saisir d'autres aspects, ou si, s&#233;duits par le grand alpinisme, nous ne nous arr&#234;tions pas au seuil de la Montagne, si nous escaladions la Meije et le Pelvoux, peut-&#234;tre penserais-je autrement. Les for&#234;ts de l'Ile-de-France m'ont peut-&#234;tre g&#226;t&#233; la vue par trop de verdure constante, et la tristesse d'une nature aride me cause par suite une r&#233;pulsion instinctive que je n'&#233;prouvais pas au temps o&#249; j'habitais une ville enfum&#233;e. Ou est-ce tout bonnement la faute de mes chaussures trop &#233;troites pour la marche et qui m'ont un peu meurtri&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;?...&lt;br class='autobr' /&gt;
Rentr&#233;s &#224; l'h&#244;tel, nous apprenons que Mne D. est partie avec toute une bande de St&#233;phanois du Concours, venus dans la matin&#233;e. Nous nous pr&#233;cipitons sur nos montures pour les rejoindre&lt;br class='autobr' /&gt;
au plus vite. V&#233;locio cherche en vain la sienne quand il l'avise derri&#232;re un vaste &#233;criteau&#160;:&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;CLOU&lt;/span&gt; A &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;VENDRE&lt;/span&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
8 fr. 50&lt;br class='autobr' /&gt;
Vraiment, le respect s'en va&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! Voir qualifier ainsi &#8212; et, c'est bien l&#224; le comble, par ses propres adeptes &#8212; cette fameuse' bicyclette, synth&#232;se de tant d'efforts, d'essais, d'exp&#233;riences&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! O&#249; allons-nous&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! grand Dieu&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;!&lt;br class='autobr' /&gt;
Apr&#232;s une descente folle &#224; travers les cailloux o&#249; je tremble pour mes pauvres pneus, nous rallions toute l'irr&#233;v&#233;rencieuse bande &#224; Bourg-d'Oisans, &#224; l'h&#244;tel Ramel, recommand&#233; du &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;T. C.F.&lt;/span&gt; et recommandable.&lt;br class='autobr' /&gt;
Mais voici qu'il pleut. Et tous s'engouffrent dans le tramway pour retrouver le P.-L.-M.&#160;&#224; Grenoble.&lt;br class='autobr' /&gt;
Rest&#233; seul, un peu triste, j'attends une accalmie, malgr&#233; laquelle le temps n'engage gu&#232;re &#224; monter au Lautaret, si peu qu'&#224; peine en route l'averse recommence de plus belle et me contraint &#224; m'abriter dans une grange, &#224; Jouvence.&lt;br class='autobr' /&gt;
Que faire&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;? prendre le tramway&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;?&lt;br class='autobr' /&gt;
Non&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! Laissons cette honte &#224; d'autres. Est-ce le nom de ce hameau, est-ce un effet endosmotique qui m'a fait transmettre ma paresse premi&#232;re &#224; V&#233;locio et &#224; son &#233;cole en &#233;change de leur ardeur, est-ce la perspective d'une longue descente&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;? Mais je me sens un courage sans pareil.&lt;br class='autobr' /&gt;
Les nuages les plus mena&#231;ants s'&#233;loignent vers le col d'Ornon. En route, morbleu, et p&#233;dalons ferme... en roue libre.&lt;br class='autobr' /&gt;
Malgr&#233; un retour offensif des &#233;l&#233;ments, juste avant le P&#233;age, &#224; un endroit o&#249; la roche &#224; pic n'offre aucun abri, mon ardeur ne faiblit pas et je file sans arr&#234;t.&lt;br class='autobr' /&gt;
Cependant, vers Vizille, trois grosses motos &#224; l'arr&#234;t accrochent violemment mon attention. De belles montures, analogues &#224; celle que j'ai en vue. Toutefois, le moteur de l'une d'elles, &#224; deux cylindres, me para&#238;t de telles dimensions que j'en demande la puissance&#160;:&lt;br class='autobr' /&gt;
&#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;Sept chevaux, me r&#233;pond son heureux possesseur.
&lt;br /&gt;&#8212; Diable&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! Cela doit peser lourd&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;?
&lt;br /&gt;&#8212; Pas beaucoup, soixante-quinze &#224; quatre-vingts kilos.
&lt;br /&gt;&#8212; Et vous devez filer d'un bon train&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;?
&lt;br /&gt;&#8212; Du 100 &#224; l'heure, si je veux.
&lt;br /&gt;&#8212; N'est-ce pas un peu... beaucoup&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;?
&lt;br /&gt;&#8212; Oh&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! pour quelqu'un qui veut faire un peu de la route, il faut cela (sic)&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Un peu r&#234;veur, je m'enfuis&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! 80 kilos et du 100 &#224; l'heure&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! Et on appelle cela motocyclette.&lt;br class='autobr' /&gt;
Motocyclone plut&#244;t&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;!&lt;br class='autobr' /&gt;
Eh bien&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! non&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! Rien ne saurait pr&#233;valoir sur la bicyclette, et la r&#233;tro est le nec plus ultra&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! me dis-je. Et, pour appuyer &#233;nergiquement cette affirmation, il ne me faudra pas moins que la rampe de Laffrey&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;!&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jeudi 18&#160;ao&#251;t&lt;br class='autobr' /&gt;
Toute la nuit il a plu. Vers 7 heures, au moment o&#249; les voyageurs s'embarquent &#224; Saint-Georges-de-Commiers sur la ligne de la Mure, les nuages commencent &#224; se d&#233;tacher lentement du flanc des monts. L'atmosph&#232;re est humide et fra&#238;che, le sol tout d&#233;tremp&#233;. Quelle course fis-je, hier au soir, depuis Champ, sous la pluie fine, et comme la grimp&#233;e jusqu'&#224; Saint-Georges me parut stupide en descendant les lacets inverses conduisant vers la station&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! Enfin, le temps s'est purg&#233;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; mais le brouillard qui r&#232;gne encore dans la vall&#233;e du Drac se l&#232;vera-t-il assez t&#244;t pour nous laisser au moins entrevoir les beaut&#233;s de cette admirable ligne&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;?&lt;br class='autobr' /&gt;
Heureusement oui&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! Et &#224; midi, le convoi nous d&#233;pose &#224; la Mure, tout remplis d'admiration pour les splendeurs sauvages et pour la hardiesse de cette voie. Trajet sublime, trop bien d&#233;crit jadis dans le Cycliste pour qu'on ose y revenir.&lt;br class='autobr' /&gt;
Un tour dans le pays avant de d&#233;jeuner&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; je vais jusqu'&#224; la route de Gap, qui descend vertigineusement d&#232;s la sortie de la ville, plongeant vers la base des cr&#234;tes du D&#233;voluy, de l'Obiou magnifique &#224; la t&#234;te blanche. Que n'ai-je plus de temps et que cette route, d&#233;j&#224; parcourue en partie, me tente encore.&lt;br class='autobr' /&gt;
A l'h&#244;tel de la Gare, dont l'aspect simple et honn&#234;te me s&#233;duit, je retrouve une vieille connaissance des lecteurs du Cycliste, le patron, M.&#160;Marron, un excellent homme qui me parle en termes dithyrambiques d'un certain St&#233;phanois qui enleva d'assaut la rampe de Laffrey, il y a cinq ou six ans. Le connaissez-vous, mon cher V&#233;locio&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;? N'&#233;tait-ce pas le bon temps des premiers &#226;ges de la polymultiplication, des pignons accol&#233;s, dont le syst&#232;me nous paraissait si merveilleux, du frein &#224; sabot sur le pneu de la roue motrice, des descentes avec repose-pieds et de vos randonn&#233;es dont les r&#233;cits all&#232;gres ajoutaient &#224; leur charme propre celui de la nouveaut&#233; et l'enthousiasme d'une r&#233;v&#233;lation pour vos r&#233;cents lecteurs, dont j'&#233;tais.&lt;br class='autobr' /&gt;
Depuis ce temps, M.&#160;Marron ne vous a plus revu et il le regrette. Mais, maintenant, par l&#224; passent bien des cyclistes, touristes et coureurs m&#234;me, et parfois des motos.&lt;br class='autobr' /&gt;
Vers 13 heures et demie, je m'achemine vers les lacs.&lt;br class='autobr' /&gt;
Il fait un vent du nord froid et violent et le soleil frileux s'obstine &#224; ne pas se montrer. Malgr&#233; cela, le paysage est plein de charme. Je tourne le dos aux cimes neigeuses et les monts que j'aper&#231;ois n'ont rien de r&#233;barbatif.&lt;br class='autobr' /&gt;
Apr&#232;s d'assez fortes ondulations, rendues plus dures par le vent debout, mais qui n'inqui&#232;tent gu&#232;re la r&#233;tro, moins qu'elle-m&#234;me ne surprend les indig&#232;nes, &#224; mon grand &#233;tonnement &#8212; faut-il croire que les r&#233;tro&#239;stes de la r&#233;gion n'aient jamais os&#233; s'aventurer l&#224; &#8212; j'atteins Laffrey o&#249; je cherche en vain la plaque indiquant le passage de Napol&#233;on, plaque qu'il me semble avoir vu indiqu&#233;e dans quelque brochure. Mes souvenirs me servent mal, ou sans doute s'agissait-il de quelque r&#233;clame.&lt;br class='autobr' /&gt;
Et voici la fameuse rampe qu'hier, dans un acc&#232;s de... colite, je m'&#233;tais promis d'enlever. Mais, comme au pied du mur on voit le ma&#231;on, je r&#233;fl&#233;chis que je ne m'&#233;tais pas fix&#233; dans quel sens. Bien banale, d'ailleurs, cette rampe, et bien trop courue. Mes d&#233;veloppements n'y sont d'ailleurs pas appropri&#233;s et ne l'ai-je pas gravie il y a deux ans&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;? Ne vaut-il pas mieux d&#232;s lors la parcourir en sens inverse pour bien la conna&#238;tre&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;?&lt;br class='autobr' /&gt;
Et c'est ainsi que j'avais fil&#233; sur Saint-Georges-de-Commier.&lt;br class='autobr' /&gt;
Et puis, avouons-le, le cyclotouriste est semblable &#224; Tartarin.&lt;br class='autobr' /&gt;
Quel aveu cynique et d&#233;nu&#233; d'artifice&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;!...&lt;br class='autobr' /&gt;
Pardon&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! Les r&#233;cits du Cycliste, crions-le bien fort, n'ont rien de commun avec les histoires de chasse.&lt;br class='autobr' /&gt;
Expliquons-nous&#160;: le cyclotouriste, comme Tartarin, est la r&#233;sultante de deux forces, la combinaison de deux &#233;l&#233;ments&#160;: le cyclotouriste Don Quichotte et le cyclotouriste Sancho.&lt;br class='autobr' /&gt;
Au premier, l'enthousiasme, les emballements, les projets grandioses, les randonn&#233;es colossales... A l'autre, la douche refroidissante de la r&#233;flexion, la prudence, les modifications... et le grand fr&#232;re.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le cyclotouriste Don Quichotte veut partir de grand matin, pr&#233;pare la veille au soir sa monture, appr&#234;te son frugal d&#233;jeuner et monte &#224; fond le r&#233;veil.&lt;br class='autobr' /&gt;
Il a compt&#233; sans le cyclotouriste Sancho, qui fait la sourde oreille, s'&#233;tend, se retourne, b&#226;ille et se rendort.&lt;br class='autobr' /&gt;
L'un entreprend de grandes &#233;tapes, part &#224; plein train, suit rigoureusement son tableau de marche.&lt;br class='autobr' /&gt;
Mais bient&#244;t l'autre en a plein le dos, s'arr&#234;te... et consulte l'indicateur.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le premier est v&#233;g&#233;tarien&#160;: de l'eau, des fruits, du pain, il ne veut rien autre. Mais le second r&#233;clame&#160;: voici des victuailles et du bon vin qu'il serait vraiment dommage... Et il s'empiffre et Don Quichotte affal&#233; se voit forc&#233; de renoncer &#224; ses principes aust&#232;res.&lt;br class='autobr' /&gt;
C'est une lutte perp&#233;tuelle entre ces deux &#233;l&#233;ments qui constituent, &#224; doses tr&#232;s variables, l'essence de chaque cyclotouriste,&lt;br class='autobr' /&gt;
Tant&#244;t Sancho est le ma&#238;tre et l'on voit sa mine r&#233;jouie, fleurie, surmontant sa panse rebondie &#224; l'allure de citrouille. Tant&#244;t &#8212; comme &#224; l'&lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;E. S.&lt;/span&gt;&#8212; Don Quichotte l'emporte et le pauvre Sancho, mat&#233;, ahuri, abruti, ne souille mot, tandis qu'avec douleur il voit fondre sa graisse aux rampes du chemin. Mais alors, Don Quichotte a-t-il la moindre d&#233;faillance&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;? Aussit&#244;t le brave Sancho se r&#233;veille et c'est ainsi que certains se suicident au pied du Tourmalet, capitulent devant le Saint-Bernard, la rampe de Laffrey, la route de Bourg-d'Oisans... voire devant une poule d'eau bouillie.&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;G. B.&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;/span&gt;(A suivre.)	T. G F. 83.996.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Concours de freins 1901</title>
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		<dc:subject>Entre 1900 et 1914</dc:subject>
		<dc:subject>Chambery</dc:subject>
		<dc:subject>Alpes</dc:subject>
		<dc:subject>Concours de frein 1901 (Chamb&#233;ry)</dc:subject>

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&lt;a href="http://velotextes.fr/spip.php?rubrique60" rel="directory"&gt;Concours de frein 1901 (Chamb&#233;ry)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="http://velotextes.fr/spip.php?mot11" rel="tag"&gt;Entre 1900 et 1914&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://velotextes.fr/spip.php?mot39" rel="tag"&gt;Chambery&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://velotextes.fr/spip.php?mot41" rel="tag"&gt;Alpes&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://velotextes.fr/spip.php?mot116" rel="tag"&gt;Concours de frein 1901 (Chamb&#233;ry)&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_248 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;96&#034; data-legende-lenx=&#034;xx&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='http://velotextes.fr/IMG/jpg/concours1901fresne.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='http://velotextes.fr/local/cache-vignettes/L500xH421/concours1901fresne-0c601.jpg?1788124290' width='500' height='421' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre crayon document-titre-248 '&gt;&lt;strong&gt;Col du Fr&#234;ne
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif crayon document-descriptif-248 '&gt;Col du Fr&#234;ne - Contr&#244;le pour le plombage des machines
&lt;/div&gt; &lt;div class='spip_doc_credits crayon document-credits-248 '&gt;Revue mensuelle du &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;TCF&lt;/span&gt; 1901
&lt;/div&gt;
&lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_249 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;146&#034; data-legende-lenx=&#034;xxx&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='http://velotextes.fr/IMG/jpg/concours1901entemont.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='http://velotextes.fr/local/cache-vignettes/L500xH381/concours1901entemont-8eaff.jpg?1788124290' width='500' height='381' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre crayon document-titre-249 '&gt;&lt;strong&gt;Saint-Pierre D'Entremont - Concours de freins 1901
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif crayon document-descriptif-249 '&gt;Saint-Pierre D'Entremont - Chargement des voitures de bicyclettes
&lt;/div&gt; &lt;div class='spip_doc_credits crayon document-credits-249 '&gt;Revue mensuelle du &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;TCF&lt;/span&gt; 1901
&lt;/div&gt;
&lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>De Saint-&#201;tienne &#224; Chamb&#233;ry en v&#233;locip&#232;de (1887)</title>
		<link>http://velotextes.fr/spip.php?article390</link>
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		<dc:date>2020-06-19T09:45:15Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>velovi</dc:creator>


		<dc:subject>Paul de Vivie, dit V&#233;locio</dc:subject>
		<dc:subject>Avant 1900</dc:subject>
		<dc:subject>Chambery</dc:subject>
		<dc:subject>Alpes</dc:subject>
		<dc:subject>Gauthier</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;&#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#8239;Quoiqu'il en soit, en nous mettant &#224; six, nous arrivions &#224; comprendre que cela signifiait, &#224; peu de chose pr&#232;s : quand viendrez-vous &#224; Chamb&#233;ry en v&#233;locip&#232;de&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;?&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;&lt;/p&gt;

-
&lt;a href="http://velotextes.fr/spip.php?rubrique34" rel="directory"&gt;1887-1895 P&#233;riode tris et bicyclettes &lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="http://velotextes.fr/spip.php?mot1" rel="tag"&gt;Paul de Vivie, dit V&#233;locio&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://velotextes.fr/spip.php?mot10" rel="tag"&gt;Avant 1900&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://velotextes.fr/spip.php?mot39" rel="tag"&gt;Chambery&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://velotextes.fr/spip.php?mot41" rel="tag"&gt;Alpes&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://velotextes.fr/spip.php?mot100" rel="tag"&gt;Gauthier&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;Par Paul de Vivie, alias V&#233;locio, Le Cycliste, N&#176;1&#160;F&#233;vrier 1887, p. 4-5, Source Archives d&#233;partementales de la Loire, cote Per1328_1&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avant de se laisser claquemurer dans leurs quartiers d'hiver par le mauvais temps les routes empierr&#233;es et les jours de plus en plus courts, les cyclistes st&#233;phanois ont tenu &#224; mettre &#224; ex&#233;cution le projet longtemps caress&#233;, d'une excursion &#224; Chamb&#233;ry ou les hasards de la vie retiennent, depuis plusieurs mois, en exil, notre ex-tr&#233;sorier P...., &#224; qui ses fioritures v&#233;locip&#233;diques, ses larges favoris, ses bottes et son voile vert, ont valu tour &#224; tour les surnoms de Fantasio et d'Anglais de Valbenoite.&lt;br class='autobr' /&gt;
Or, toutes les fois que Fantasio avait mal dormi, il &#233;crivait &#224; V&#233;locio, son compagnon habituel dans plus d'une excursion m&#233;morable &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#8239;Quand me sera-t-il donner d'ou&#239;r le froissement des feuilles automnales sous vos cycles voluptueusement assoupis et &#233;teints dans l'enivrement de la passionn&#233;e et incessante caresse de leur ceinture br&#233;silienne.&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; (Entre nous je soup&#231;onne que ce cher Fantasio est devenu le correspondant savoisien du &lt;i&gt;D&#233;cadent&lt;/i&gt;.)&lt;br class='autobr' /&gt;
Quoiqu'il en soit, en nous mettant &#224; six, nous arrivions &#224; comprendre que cela signifiait, &#224; peu de chose pr&#232;s : quand viendrez-vous &#224; Chamb&#233;ry en v&#233;locip&#232;de&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et nous sommes enfin partis moi quatri&#232;me, samedi 23&#160;octobre, &#224; midi, roulant sans fatigue jusqu'&#224; Givors que nous quittions &#224; deux heures, pour &#234;tre une heure apr&#232;s &#224; Vienne, d'o&#249; nous exp&#233;dions &#224; Chamb&#233;ry un t&#233;l&#233;gramme ainsi con&#231;u&#160;: Serons demain, onze heures, aux &#201;chelles.&lt;br class='autobr' /&gt;
Puis nous laissons Vienne derri&#232;re nous&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; nous traversons Pont-&#201;v&#234;que sans nous en apercevoir. Malgr&#233; trois cartes d'&#233;tat-major qui devaient nous pr&#233;server de toute erreur, nous prenons &#224; droite au lieu de prendre &#224; gauche, et ce n'est qu'&#224; la D&#233;tourbe, &#224; quinze kilom&#232;tres plus loin, que nous nous apercevons de notre b&#233;vue, dont le b&#233;n&#233;fice net, toute illusion d&#233;duite, est d'allonger notre route de quatorze longs kilom&#232;tres en nous for&#231;ant &#224; passer par Beauvoir et Di&#233;moz, o&#249; la nuit nous surprend et nous oblige &#224; allumer nos lanternes.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#192; un kilom&#232;tre de Di&#233;moz nous rattrapons la bonne route de Vienne &#224; Bourgoin, que nous n'aurions jamais d&#251; perdre, et nous filons sur Vaux-Milieu, &#224; la lueur tremblotante de nos &lt;i&gt;kings of the road&lt;/i&gt;, qui nous permet d'&#233;viter tant bien que mal les empierrements trop fr&#233;quents dans ces parages.&lt;br class='autobr' /&gt;
Une l&#233;g&#232;re averse nous aiguillonne &#224; ce moment&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; nous acc&#233;l&#233;rons notre allure et nous nous trouvons &#224; sept heures, &#224; Vaux-Milieu, assis devant un d&#238;ner simple mais suffisamment copieux pour nous permettre de repartir &#224; neuf heures et d'aller, &#224; vingt-cinq kilom&#232;tres de l&#224;, coucher &#224; La Tour-du-Pin, h&#244;tel Neyret, que nous recommandons &#224; tous nos fr&#232;res en v&#233;locip&#233;die.&lt;br class='autobr' /&gt;
Il est onze heures, et nous prions de nous r&#233;veiller &#224; cinq heures et demie&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; mais, en d&#233;finitive, nous ne nous remettons en selle qu'&#224; huit heures, car il ne nous reste &#224; franchir que trente-quatre-kilom&#232;tres pour arriver aux &#201;chelles, et la route, nous assure-t-on, est continuellement bonne.&lt;br class='autobr' /&gt;
Nous traversons successivement Saint-Andr&#233;-le-Gaz, Les Abrets, Pont-de-Beauvoisin, point de partage de l'Is&#232;re et de la Savoie, et nous voici &#224; Saint-B&#233;ron, au pied d'une c&#244;te de quatre ou cinq kilom&#232;tres, que nous enlevons du reste tr&#232;s convenablement. Nous sommes r&#233;compens&#233;s de cet effort par une vue superbe sur toute la vall&#233;e du Guiers&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; puis la route longe une gorge profonde d'o&#249; monte, avec un fracas &#233;pouvantable, le bruit d'un torrent invisible. Tout cela est assur&#233;ment tr&#232;s beau, et cette mani&#232;re de voyager, qui nous permet de tout voir &#224; loisir, est incontestablement tr&#232;s agr&#233;able.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#192; onze heures moins le quart, nous tombons aux &#201;chelles, dans les bras de notre ami P..., qu'un de ses nouveaux coll&#232;gues du V&#233;lo-Club de Chamb&#233;ry a eu l'amabilit&#233; d'accompagner.&lt;br class='autobr' /&gt;
Je ne m'arr&#234;terai pas &#224; vous d&#233;crire les grottes des &#201;chelles, le tunnel de 300 m&#232;tres sous lequel passe la route de Chamb&#233;ry, la cascade de Coux, bien faite pour engager notre ami Kli..., du Club Alpin, &#224; y prendre une douche colossale, et surtout, je ne vous servirai aucune description de Chamb&#233;ry.&lt;br class='autobr' /&gt;
22 kilom&#232;tres s&#233;parent Chamb&#233;ry des &#201;chelles&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; nous les enlevons, apr&#232;s d&#238;ner, en une heure et demie, allure mod&#233;r&#233;e et faite pour activer la digestion sans la pr&#233;cipiter.&lt;br class='autobr' /&gt;
Nous sommes cordialement accueillis par le pr&#233;sident, le vice-pr&#233;sident et de nombreux soci&#233;taires du V&#233;lo-Club de Chamb&#233;ry, qui nous font passer une soir&#233;e charmante et nous font si bien oublier les 168 kilom&#232;tres que nous avons dans les jambes, que nous ne songeons &#224; aller nous mettre au lit qu'&#224; minuit&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; et, cependant, nous devons prendre le lendemain matin, &#224; 5 heures 30, le premier train jusqu'&#224; Saint-B&#233;ron&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;!&lt;br class='autobr' /&gt;
Nous remercions encore une fois &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;MM&lt;/span&gt;.&#160;les cyclistes chamb&#233;riens et tout particuli&#232;rement leur d&#233;vou&#233; pr&#233;sident, M.&#160;Galioz, et leur tr&#233;sorier, qui fut le n&#244;tre, l'excellent ami P..., et nous leur rappelons qu'ils nous ont promis de venir, au printemps prochain, nous rendre notre visite, en v&#233;locip&#232;de, bien entendu.&lt;br class='autobr' /&gt;
Qu'ajouterai-je &#224; ce rapide compte rendu&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;? Notre retour de Saint-B&#233;ron &#224; Givors, 85 kilom&#232;tres, s'est effectu&#233; entre 8 heures du matin et 5 heures du soir, tant&#244;t sous la pluie, tant&#244;t dans le brouillard, toujours dans la boue, un peu m&#233;lancoliquement, comme tous les retours, du reste.&lt;br class='autobr' /&gt;
Nos machines, un &lt;i&gt;cripper Eur&#234;ka&lt;/i&gt;, un &lt;i&gt;tandem Centaure&lt;/i&gt;, et une bicyclette Gauthier, se sont parfaitement comport&#233;es pendant tout le voyage.&lt;br class='autobr' /&gt;
V&#201;&lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;LOCIO&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Plaidoyer en faveur du p&#233;dalage horizontal (1935)</title>
		<link>http://velotextes.fr/spip.php?article921</link>
		<guid isPermaLink="true">http://velotextes.fr/spip.php?article921</guid>
		<dc:date>2018-01-26T13:43:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>velovi</dc:creator>


		<dc:subject>Entre 1918 et 1939</dc:subject>
		<dc:subject>V&#233;lo couch&#233;, v&#233;locar, recumbent</dc:subject>
		<dc:subject>polymultipli&#233;e</dc:subject>
		<dc:subject>Acier</dc:subject>
		<dc:subject>Chambery</dc:subject>
		<dc:subject>Alpes</dc:subject>
		<dc:subject>Dauphin&#233;</dc:subject>
		<dc:subject>Col de Men&#233;e</dc:subject>
		<dc:subject>Col de Rousset</dc:subject>
		<dc:subject>Col du Lautaret</dc:subject>
		<dc:subject>Col du Galibier</dc:subject>
		<dc:subject>Concours des Alpes 1935</dc:subject>
		<dc:subject>Ravat</dc:subject>
		<dc:subject>Concours des Alpes 1935 (L'Auto)</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#171;&#160;La mont&#233;e du col du Rousset (1.235 m&#232;tres), facile et ombrag&#233;e partiellement, r&#233;v&#232;le cependant maints &#233;clop&#233;s. Tunnel superbe et bien &#233;clair&#233;, de 500 m&#232;tres de long, &#224; la sortie duquel se d&#233;ploie un formidable lima&#231;on (voyez Michelin 77). Glissade vertigineuse et parfum&#233;e de lavande vers Die. A l'entr&#233;e de cette ville, Martin et Pitard qui repartent, nous rappellent que l'heure est propice &#224; un d&#233;jeuner r&#233;confortant. Nous sacrifions &#224; cette op&#233;ration 25 minutes, que la clairette de Die nous aidera &#224; r&#233;cup&#233;rer. Cette clairette de Die, je vous la recommande, elle seule justifie le relais....&#160;&#187;&lt;/p&gt;

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&lt;a href="http://velotextes.fr/spip.php?rubrique12" rel="directory"&gt;V&#233;lo couch&#233;, v&#233;locar, recumbent&lt;/a&gt;

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&lt;a href="http://velotextes.fr/spip.php?mot17" rel="tag"&gt;V&#233;lo couch&#233;, v&#233;locar, recumbent&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://velotextes.fr/spip.php?mot23" rel="tag"&gt;polymultipli&#233;e&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://velotextes.fr/spip.php?mot27" rel="tag"&gt;Acier&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://velotextes.fr/spip.php?mot39" rel="tag"&gt;Chambery&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://velotextes.fr/spip.php?mot41" rel="tag"&gt;Alpes&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://velotextes.fr/spip.php?mot67" rel="tag"&gt;Dauphin&#233;&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://velotextes.fr/spip.php?mot82" rel="tag"&gt;Col de Men&#233;e&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://velotextes.fr/spip.php?mot85" rel="tag"&gt;Col de Rousset&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://velotextes.fr/spip.php?mot88" rel="tag"&gt;Col du Lautaret&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://velotextes.fr/spip.php?mot114" rel="tag"&gt;Col du Galibier&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://velotextes.fr/spip.php?mot136" rel="tag"&gt;Concours des Alpes 1935&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://velotextes.fr/spip.php?mot137" rel="tag"&gt;Ravat&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://velotextes.fr/spip.php?mot141" rel="tag"&gt;Concours des Alpes 1935 (L'Auto)&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='http://velotextes.fr/local/cache-vignettes/L133xH150/pxl_20240126_101311172_2-14435.jpg?1788124308' class='spip_logo spip_logo_right' width='133' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;!--sommaire--&gt;&lt;div class=&#034;well nav-sommaire nav-sommaire-5&#034; id=&#034;nav6adb010263f8e4.53832513&#034;&gt;
&lt;h2&gt;Sommaire&lt;/h2&gt;&lt;ul class=&#034;spip&#034; role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; &lt;a id=&#034;s-t1o-ETAPE-143-kilometres-3-200-metres-d-elevation-Cinq-cols-a-franchir&#034;&gt;&lt;/a&gt;&lt;a href=&#034;#t1o-ETAPE-143-kilometres-3-200-metres-d-elevation-Cinq-cols-a-franchir&#034; class=&#034;spip_ancre&#034;&gt;1&#176; &#201;&lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;&lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;TAPE&lt;/span&gt;&lt;/span&gt; 143 kilom&#232;tres. 3.200 m&#232;tres d'&#233;l&#233;vation. Cinq cols &#224; franchir.&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;&lt;li&gt; &lt;a id=&#034;s-t2o-ETAPE-195-kilom-3-300-metres-d-elevation-a-franchir-par-cotes-ou-cols&#034;&gt;&lt;/a&gt;&lt;a href=&#034;#t2o-ETAPE-195-kilom-3-300-metres-d-elevation-a-franchir-par-cotes-ou-cols&#034; class=&#034;spip_ancre&#034;&gt;2&#176; &#201;&lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;&lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;TAPE&lt;/span&gt;&lt;/span&gt; 195 kilom., 3.300 m&#232;tres d'&#233;l&#233;vation &#224; franchir par c&#244;tes ou cols.&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;&lt;li&gt; &lt;a id=&#034;s-t3o-ETAPE-152-kilometres-2-100-metres-d-elevation-Grenoble-Saint-Jean-de-Maurie&#034;&gt;&lt;/a&gt;&lt;a href=&#034;#t3o-ETAPE-152-kilometres-2-100-metres-d-elevation-Grenoble-Saint-Jean-de-Maurie&#034; class=&#034;spip_ancre&#034;&gt;3&#176; &#201;&lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;&lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;TAPE&lt;/span&gt;&lt;/span&gt; 152 kilom&#232;tres. 2.100 m&#232;tres d'&#233;l&#233;vation. Grenoble-Saint-Jean-de-Maurienne&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;&lt;li&gt; &lt;a id=&#034;s-t4o-ETARE-153-kilom-2-900-metres-d-elevation-Saint-Jean-de-Maurienne-Grenoble&#034;&gt;&lt;/a&gt;&lt;a href=&#034;#t4o-ETARE-153-kilom-2-900-metres-d-elevation-Saint-Jean-de-Maurienne-Grenoble&#034; class=&#034;spip_ancre&#034;&gt;4&#176; &#201;&#1058;&#1040;&#1056;&#1045; 153 kilom., 2.900 m&#232;tres d'&#233;l&#233;vation Saint-Jean-de-Maurienne-Grenoble.&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;&lt;li&gt; &lt;a id=&#034;s-CONCLUSION-RELATIVE-A-LA-MACHINE-HORIZONTALE&#034;&gt;&lt;/a&gt;&lt;a href=&#034;#CONCLUSION-RELATIVE-A-LA-MACHINE-HORIZONTALE&#034; class=&#034;spip_ancre&#034;&gt;&lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;&lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;CONCLUSION&lt;/span&gt;&lt;/span&gt; &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;&lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;RELATIVE&lt;/span&gt;&lt;/span&gt; A &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;&lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;LA&lt;/span&gt;&lt;/span&gt; &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;&lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;MACHINE&lt;/span&gt;&lt;/span&gt; &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;&lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;HORIZONTALE&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;/div&gt;&lt;!--/sommaire--&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En abordant un sujet aussi consid&#233;rable dans le monde du cyclotourisme, que celui du Concours des Alpes, je me propose d'abord de renseigner les camarades int&#233;ress&#233;s par la participation &#224; ce concours des nouvelles bicyclettes &#224; p&#233;dalage horizontal, sur les conditions dans lesquelles ces machines et leurs pilotes, r&#233;alis&#232;rent la t&#226;che qui leur &#233;tait assign&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je t&#226;cherai, par la m&#234;me occasion, de donner un aper&#231;u des diverses p&#233;rip&#233;ties de la comp&#233;tition, qui ne sortirent pas du champ de mes investigations personnelles, afin de ne pas marcher sur les bris&#233;es des reporters officiels.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avant de sch&#233;matiser, en quelque sorte, la physionomie des &#233;tapes, je crois n&#233;cessaire de rappeler comment la cotation poids du Concours des Alpes, pla&#231;ait les deux machines horizontales&#160;: V&#233;loriz Ravat et Wonder, dans un tel &#233;tat d'inf&#233;riorit&#233; &#224; l'&#233;gard des autres concurrents, qu'il n'&#233;tait pas possible &#224; leurs pilotes de lutter efficacement pour un classement honorable et en relation avec leurs performances &#233;ventuelles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En effet, le V&#233;loriz Ravat (n&#176;&#160;35), du poids de 15 kg. 510, recevait, &#224; l'examen technique, 188 points de p&#233;nalisation. Le V&#233;loriz Wonder n&#176;&#160;36 &#233;tait grev&#233; de 147 points. En cons&#233;quence, l'&#233;cart avec les 30 premi&#232;res machines normales, au d&#233;part, &#233;tant de l'ordre de 70 &#224; 80 points minima, il est facile de se rendre compte que, m&#234;me si les pilotes des V&#233;loriz avaient accompli la moyenne la plus &#233;lev&#233;e, les 24 points de bonification ainsi obtenus n'&#233;taient susceptibles d'amener aucune modification au classement final du n&#176;&#160;35 et permettait seulement l'espoir probl&#233;matique du gain d'une ou deux places au V&#233;loriz 36, en cas de p&#233;nalisations encourues par les machines normales les plus lourdes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En fait, je constate, en &#233;crivant ces lignes, que, par suite d'une erreur inexplicable, le V&#233;loriz Wonder, qui termina le Concours sans aucune p&#233;nalisation m&#233;canique, re&#231;ut 20 points de plus qu'il n'aurait d&#251;, ce qui l'emp&#234;cha d'occuper la 30&#176; place. Pr&#233;judice minime, comme vous voyez, mais que je suppose d&#233;montr&#233; de la sorte&#160;:&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#233;compte des points n&#233;gatifs Poids 14 kg. 650 140 points&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; moyenne 16 km. 050 = 5 points. Total&#160;: 145 points.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#233;compte des points positifs d&#233;railleur au p&#233;dalier 8 points&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; dispositif permettant le changement de rayons 5 points. Total&#160;: 13 points.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Soit un bilan total de 14513 132 points, au lieu des 152 annonc&#233;s au classement g&#233;n&#233;ral pour la 31 place (1).&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;(1). N. D. L. R. Nous laissons &#233;videmment &#224; M.&#160;Sounalet l'enti&#232;re (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ayant expos&#233;, dans un article pr&#233;c&#233;dent, pour quelles raisons principales je trouvais n&#233;faste la cotation poids des concours en g&#233;n&#233;ral, et de celui des Alpes en particulier, l'exemple des V&#233;loriz me procure un nouvel argument.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Car le fait de mettre, en quelque sorte, hors comp&#233;tition des machines nouvelles, par suite de l'attribution d'un handicap insurmontable, me parait tout &#224; fait contraire &#224; l'esprit de progr&#232;s qui doit pr&#233;sider, au premier chef, &#224; l'&#233;laboration d'un r&#232;glement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le jury du &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;T.C.&lt;/span&gt;F., au Concours des Pyr&#233;n&#233;es 1934, avait fort bien admis cette n&#233;cessit&#233;, puisque, par des points de bonification attribu&#233;s &#224; l'id&#233;e nouvelle repr&#233;sent&#233;e par le v&#233;locar de 20 kilogs, il permit &#224; celui-ci d'occuper, &#224; l'issue du Concours, une place logiquement acquise par la performance athl&#233;tique de son pilote et celle technique de la machine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ceci dit, le lecteur n'aura aucune peine &#224; comprendre que, bien p&#233;n&#233;tr&#233;s par l'id&#233;e de l'inanit&#233; de leurs efforts et l'unique souci de consid&#233;rer la seule moyenne &#233;liminatoire au long de l'&#233;preuve, les deux pilotes des machines horizontales, avaient adopt&#233;e, au d&#233;part, la r&#233;solution de faire une manifestation d'ensemble et de r&#233;gularit&#233;, suivant un tableau de marche &#233;tabli sur la base de 15 kilo m&#232;tres. Moyenne suffisante pour pallier aux incidents de route &#233;ventuels.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En r&#233;alit&#233;, H. Martin, pilote du V&#233;loriz 35, se laissant, comme il &#233;tait &#224; pr&#233;voir, entra&#238;ner par son esprit combatif, fit, &#224; mainte reprises, des incursions magistrales... autant qu'improductives, dans le clan des as de la comp&#233;tition. Par contre, le signataire de ces lignes, d&#233;butant du p&#233;dalage horizontal en montagne, et partant avec quel que appr&#233;hension des difficult&#233;s &#224; surmonter, suivit sensiblement le programme qu'il s'&#233;tait trac&#233;, sans se laisser influencer aucunement par les fluctuations diverses de sa position dans la course. Ce programme men&#233; &#224; bonne fin, il lui est permis de dire que, si ses appr&#233;hensions &#233;taient vaines, tout au moins les difficult&#233;s furent r&#233;elles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et maintenant, voici quelques notes relev&#233;es au jour le jour pour situer l'atmosph&#232;re du Crit&#233;rium.&lt;/p&gt;
&lt;section class=&#034;sommaire-section sommaire-section_niveau1 sommaire-section_h3&#034; aria-labelledby=&#034;t1o-ETAPE-143-kilometres-3-200-metres-d-elevation-Cinq-cols-a-franchir&#034;&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034; id='t1o-ETAPE-143-kilometres-3-200-metres-d-elevation-Cinq-cols-a-franchir'&gt;1&#176; &#201;&lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;TAPE&lt;/span&gt; 143 kilom&#232;tres. 3.200 m&#232;tres d'&#233;l&#233;vation. Cinq cols &#224; franchir.&lt;a class='sommaire-back sommaire-back-5' href='#s-t1o-ETAPE-143-kilometres-3-200-metres-d-elevation-Cinq-cols-a-franchir' title='Retour au sommaire'&gt;&lt;/a&gt;&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Beau temps frais, d&#233;part rapide des 51 machines sur les 15 kilom&#232;tres de plat pr&#233;c&#233;dant Voreppe. Le train vif a quelque peu essouffl&#233; les v&#233;t&#233;rans et la mont&#233;e du col de la Placette accentue les &#233;carts. H. Martin, un moment attard&#233;, revient fort bien sur de nombreux concurrents et moulinant en souplesse un petit braquet (M.&#160;Quentin, voilez-vous la face ...), il passe sans vergogne son co&#233;quipier, oubliant en m&#234;me temps ses r&#233;solutions les plus solennelles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je monte &#224; ma main, me complaisant momentan&#233;ment en compagnie de Barra, R. L&#233;ger, Acher, et, constatant en m&#234;me temps avec satisfaction, comme je le ferai maintes fois par la suite, que de nombreux pilotes de machines normales doivent s'employer s&#233;rieusement pour suivre ma cadence en c&#244;te, pourtant, la plupart du temps, volontairement mod&#233;r&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Descente facile, verdoyante et prolong&#233;e sur Saint-Laurent-du-Pont. Ici, le V&#233;loriz 36 se mue automatiquement en entra&#238;neur, au seul profit des petit gabarits. Apr&#232;s les Echelles, quelques rudes bosses, dans un paysage de Normandie, ne m'emp&#234;chent pas d'&#234;tre &#224; Novalaise (contr&#244;le), en avance de 1 h. 20 sur mes pr&#233;visions. Tout va bien. Magnifique mais difficile mont&#233;e du col de l'&#201;pine, dans lequel, d&#233;j&#224;, commencent &#224; se r&#233;v&#233;ler des situations pr&#233;caires. Un redoutable passage en gravillon frais goudronn&#233;, nous distrait de la contemplation du panorama qui s'offre sur le lac d'Aiguebelette. Au sommet, grande &#233;mulation entre photographes officiels et officieux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plong&#233;e sur Chamb&#233;ry (contr&#244;le), pass&#233; &#224; 13 heures. Le V&#233;loriz Ravat me devance de 25 minutes. Interminable mont&#233;e du col du Granier (1.164 m&#232;tres) avec son tunnel-duperie, &#224; la sortie du quel, la rampe se poursuivant d&#233;sesp&#233;r&#233;ment, je vous fais juge du dialogue suivant&#160;: Le pilote 36&#160;: C'est encore loin le sommet du col&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;? Un excursionniste&#160;: Oh&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! non, six kilom&#232;tres... Le pilote 36&#160;:&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;!!!&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La descente se complique d'un froid vif. A la sortie de Saint-Pierre-d'Entremont, il faut r&#233;attaquer sans r&#233;pit le col de Cucheron. Je commence &#224; trouver cette premi&#232;re &#233;tape laborieuse, et, si j'en juge au nombre de machines &#224; gros num&#233;ros qui stationnent devant les portes des moindres auberges rencontr&#233;es sur le chemin, je ne suis pas le seul dans ce cas. Dans la descente sur Saint-Pierre- de-Chartreuse, je rejoins le pilote n 48. M.&#160;Michaud, qui, comme moi, grelotte litt&#233;ralement, nous absorbons un ravitaillement chaud avant d'entreprendre l'ultime obstacle de la journ&#233;e, col de Porte (1.350 m&#232;tres).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des nouvelles de H. Martin, apport&#233;es par une estafette motocycliste et b&#233;n&#233;vole, et suivant lesquelles mon co&#233;quipier ralentit, m'attendant, me donnent presque des ailes. Effectivement, au sommet de la derni&#232;re grimpette de 9 kilom&#232;tres, je rejoins mon camarade, lequel, franchissant aussit&#244;t le cercle habituel des curieux et des badauds qui entour&#232;rent les V&#233;loriz jusqu'au sommet des plus hautes montagnes, d&#233;vale comme un bolide vers la vall&#233;e de l'Is&#232;re, qu'&#224; mon tour j'aper&#231;ois bient&#244;t.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le vieux et accueillant gymnase est atteint &#224; 17 h. 59, Moyenne 15 km. 880. Contr&#244;le ferm&#233; &#224; 19 h. 25 sur 9 &#233;limin&#233;s. La majeure partie de ce d&#233;chet, qui s'augmentera le lendemain matin d'une unit&#233; ne prenant pas le de part, est occasionn&#233;e par l'excessive duret&#233; de cette premi&#232;re &#233;tape relativement &#224; la moyenne &#233;liminatoire de 14 kilom&#232;tres.&lt;/p&gt;
&lt;/section&gt;&lt;section class=&#034;sommaire-section sommaire-section_niveau1 sommaire-section_h3&#034; aria-labelledby=&#034;t2o-ETAPE-195-kilom-3-300-metres-d-elevation-a-franchir-par-cotes-ou-cols&#034;&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034; id='t2o-ETAPE-195-kilom-3-300-metres-d-elevation-a-franchir-par-cotes-ou-cols'&gt;2&#176; &#201;&lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;TAPE&lt;/span&gt; 195 kilom., 3.300 m&#232;tres d'&#233;l&#233;vation &#224; franchir par c&#244;tes ou cols.&lt;a class='sommaire-back sommaire-back-5' href='#s-t2o-ETAPE-195-kilom-3-300-metres-d-elevation-a-franchir-par-cotes-ou-cols' title='Retour au sommaire'&gt;&lt;/a&gt;&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;D&#233;part matinal, 6 heures. Une l&#233;g&#232;re brume promet la chaleur. La c&#244;te de Saint-Nizier, au pourcentage terrible presque d&#232;s le d&#233;part, occasionne &#224; son sommet, des &#233;carts extraordinaires&#160;: 1 heure entre le leader et la lanterne rouge, apr&#232;s 17 kilom&#232;tres seulement, Cyclo-Sport dixit. J'ai renou&#233; avec C. Bar&#233;taud, la tradition des Pyr&#233;n&#233;es, ce pendant que Martin, qui a grimp&#233; d'une fa&#231;on assez remarquable pour avoir droit au communiqu&#233; officiel journalistique, nous pr&#233;c&#232;de, &#224; Saint-Nizier, de 15 minutes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s Villard-de-Lans (contr&#244;le) commencent les impressionnantes et m&#234;me saisissantes gorges de la Bourne, car il r&#232;gne une fra&#238;cheur de cave. Remont&#233;e sur Saint-Julien-en-Vercors par une m&#233;chante rampe au sol affreux. Le soleil se montre d&#233;j&#224; chaud. A la bifurcation de l'&lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;I.C.&lt;/span&gt; 3 et de la N. 518, une &#233;quipe Alcyon nous croise, revenant &#224; grande allure vers le Pont-de-la-Goule-Noire, apr&#232;s une excursion involontaire &#224; Pont-en-Royans. Il faut toute l'assurance de Bar&#233;taud, carte en mains, pour remettre ces obstin&#233;s sur le bon itin&#233;raire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La mont&#233;e du col du Rousset (1.235 m&#232;tres), facile et ombrag&#233;e partiellement, r&#233;v&#232;le cependant maints &#233;clop&#233;s. Tunnel superbe et bien &#233;clair&#233;, de 500 m&#232;tres de long, &#224; la sortie duquel se d&#233;ploie un formidable lima&#231;on (voyez Michelin 77). Glissade vertigineuse et parfum&#233;e de lavande vers Die. A l'entr&#233;e de cette ville, Martin et Pitard qui repartent, nous rappellent que l'heure est propice &#224; un d&#233;jeuner r&#233;confortant. Nous sacrifions &#224; cette op&#233;ration 25 minutes, que la clairette de Die nous aidera &#224; r&#233;cup&#233;rer. Cette clairette de Die, je vous la recommande, elle seule justifie le relais.... D&#233;part &#224; 12 h. 25. Retard sur l'horaire pr&#233;vu&#160;: 10 minutes. Chaleur le long de la Dr&#244;me et du Bez devant la montagne Glandasse, qui domine la vall&#233;e. Ch&#226;tillon-en-Diois (contr&#244;le). Les officiels paraissent s'inqui&#233;ter du grand nombre de retardataires. D'o&#249; nous d&#233;duisons que notre situation n'est pas mauvaise. Col de Men&#233;e (1.466 m&#232;tres), ravin&#233;, d&#233;sertique, interminable&#160;: 17 kilom&#232;tres. Enfin, descente sur une &#233;paisse couche de gravier, ensuite s'am&#233;liorant jusqu'&#224; permettre de grandes vitesses. C'est l&#224; que Martin fit, &#224; l'usage des reporters officiels, une d&#233;monstration concluante de la maniabilit&#233; du V&#233;loriz 36 et de la virtuosit&#233; de son pilote. Abandonnant d'ailleurs, par le m&#234;me coup, Pitard, qui finit cependant d&#233;tach&#233;, devant un peloton compos&#233;, dans la mont&#233;e du col du Fau, derni&#232;re estocade, par Bar&#233;taud, Panel, Mazeyrat, oh, pardon... c'est de Gentil qu'il s'agit, du V&#233;loriz Wonder et d'un camarade anonyme qui est venu pendant trois &#233;tapes, assister, en fin de parcours et tr&#232;s sympathiquement, aux &#233;volutions de la ma chine horizontale n&#176;&#160;36.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Travers&#233;e en trombe de Monestier-de-Clermont, Vif. La moyenne remonte s&#233;rieusement. Pont-de- Claix, voie triomphale de 8 kilom&#232;tres. Unique dans mes annales. Quel dommage d'&#234;tre fatigu&#233; au point de la trouver monotone et fastidieuse. V&#233;rification ultime de la m&#233;canique avant la barri&#232;re, et arriv&#233;e simultan&#233;e au pare, &#224; 17 h. 55, Moyenne&#160;: 16 km. 360. Contr&#244;le ferm&#233; &#224; 20 heures sur 5 &#233;liminations ou abandons. Etape presque aussi dure que celle de la veille, &#224; cause de la dis tance et de la chaleur.&lt;/p&gt;
&lt;/section&gt;&lt;section class=&#034;sommaire-section sommaire-section_niveau1 sommaire-section_h3&#034; aria-labelledby=&#034;t3o-ETAPE-152-kilometres-2-100-metres-d-elevation-Grenoble-Saint-Jean-de-Maurie&#034;&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034; id='t3o-ETAPE-152-kilometres-2-100-metres-d-elevation-Grenoble-Saint-Jean-de-Maurie'&gt;3&#176; &#201;&lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;TAPE&lt;/span&gt; 152 kilom&#232;tres. 2.100 m&#232;tres d'&#233;l&#233;vation. Grenoble-Saint-Jean-de-Maurienne&lt;a class='sommaire-back sommaire-back-5' href='#s-t3o-ETAPE-152-kilometres-2-100-metres-d-elevation-Grenoble-Saint-Jean-de-Maurie' title='Retour au sommaire'&gt;&lt;/a&gt;&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Le d&#233;part de cette &#233;tape est donn&#233; &#224; 7 heures, sous le signe de l'optimisme g&#233;n&#233;ral. La perspective d'une journ&#233;e moins dure que les pr&#233;c&#233;dentes r&#233;jouit tous les rescap&#233;s, hormis peut-&#234;tre les terribles pourfendeurs qui ne r&#234;vent que plaies et bosses....&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Effectivement, les quelques 90 kilom&#232;tres de plat qui nous s&#233;parent du pied du Glandon, vont permettre une s&#233;rieuse avance sur la moyenne g&#233;n&#233;rale. D&#232;s le signal, la bagarre commence, Gi&#232;res est &#224; peine atteint que deux ou trois groupes sont d&#233;j&#224; form&#233;s. Le V&#233;loriz Ravat participe &#224; la fugue du premier, pendant qu'un deuxi&#232;me peloton, compos&#233; de Pitard, Darchieux, Bar&#233;taud, Husson et le V&#233;loriz 36, se montre r&#233;solument compact et homog&#232;ne jusqu'&#224; La Chambre-Saint-Avre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A Goncelin, la mont&#233;e sur Le Cheylas permet un superbe coup d'&#339;il sur la vall&#233;e du Gr&#233;sivaudan, remarquablement fertile et verdoyante. Comme les massifs montagneux qui la bordent n'ont pas de secret pour G. Darchieux, rest&#233; dans mon sillage, je profite de cette circonstance pour augmenter ma documentation orale et visuelle sur cette admirable r&#233;gion.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le contr&#244;le d'Allevard est ainsi atteint &#224; 8 h. 45. &#199;a n'a pas mal march&#233;. Route superbe et sans histoire, jusqu'au virage de Bourgneuf, puis, le long de l'Are, aux eaux bouillonnantes et troubles, par la N. 6, nous recommen&#231;ons &#224; prendre un peu d'altitude. A La Chambre-Saint-Avre, dislocation g&#233;n&#233;rale. Les uns attaquant sans r&#233;pit la mont&#233;e du col, les autres, dont je suis, se ravitaillant en commen&#231;ant par un substantiel casse-cro&#251;te.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A 10 h. 50, ces op&#233;rations &#233;tant termin&#233;es, reprise des hostilit&#233;s envers la montagne, qu'il s'agit d'aller franchir quelques 1.600 m&#232;tres plus haut et 25 kilom&#232;tres plus loin. Tout cela en pensant que nous ne sommes qu'&#224; 10 kilom&#232;tres de Saint-Jean-de-Maurienne, notre but final. D&#232;s Saint-Etienne-de-Guines, 460 m&#232;tres, la route s'&#233;l&#232;ve rudement dans l'&#233;troite gorge du torrentueux Glandon. A Saint-Colomban, la terrasse ombrag&#233;e d'un restaurant a s&#233;duit pas mal d'officiels et m&#234;me de concurrents, car je d&#233;nombre curieusement au passage les machines n 39, 40. 41. N'ayant pas le n&#176;&#160;42, je poursuis mon ascension, me souciant uniquement des points d'eau, assez fr&#233;quents d'ailleurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les derniers et formidables lacets, abord&#233;s sous un soleil de plus en plus ardent, me restituent 2 ou 3 pr&#233;d&#233;cesseurs, dont le v&#233;t&#233;ran G. Landrieux, qui, aujourd'hui, peine visiblement. Ce qui ne l'emp&#234;chera pus de faire des &#233;tincelles dans l'&#233;tape du Galibier... Ah&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! ces vieux champions...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'atteins le col (1.950 m&#232;tres), &#224; 14 h. 10, apprenant que H. Martin m'y a pr&#233;c&#233;d&#233; de pr&#232;s de 40 minutes. Le massif du Mont-Blanc se profile &#224; l'horizon, mais le col de La Croix-de-Fer (2.062 m&#232;tres) m'attend 2 km. 500 plus loin. Ces 100 m&#232;tres d'&#233;l&#233;vation suppl&#233;mentaires ne sont plus qu'une petite formalit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avant de plonger sur la vall&#233;e de la Maurienne, examen attentif de la m&#233;canique, principalement des freins. Puis descente, &#233;troite et p&#233;rilleuse au d&#233;part et s'am&#233;liorant rapidement ensuite jusqu'&#224; faire oublier qu'on est en haute montagne, ne se rait-ce la perspective, sur la droite, du gouffre dans lequel coule vraisemblablement l'Arve.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s les cinq tunnels et le fameux passage en goudronnage, dont V&#233;ron, Bar&#233;taud, Marmounier et tous autres, remport&#232;rent des souvenirs cuisants, la route remonte, &#224; ma grande stup&#233;faction, jusqu'aux quatre derniers kilom&#232;tres pr&#233;c&#233;dant Saint-Jean-de-Maurienne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enfin, voici quand m&#234;me la descente finale qui aboutit &#224; la superbe Salle des F&#234;tes, o&#249; m'accueillent aimablement fonctionnaires b&#233;n&#233;voles et officiels &#224; 16 h. 05&#160;: Moyenne 16 km. 730. Contr&#244;le ferm&#233; &#224; 17 h. 35 sur 3 nouveaux &#233;limin&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;/section&gt;&lt;section class=&#034;sommaire-section sommaire-section_niveau1 sommaire-section_h3&#034; aria-labelledby=&#034;t4o-ETARE-153-kilom-2-900-metres-d-elevation-Saint-Jean-de-Maurienne-Grenoble&#034;&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034; id='t4o-ETARE-153-kilom-2-900-metres-d-elevation-Saint-Jean-de-Maurienne-Grenoble'&gt;4&#176; &#201;&#1058;&#1040;&#1056;&#1045; 153 kilom., 2.900 m&#232;tres d'&#233;l&#233;vation Saint-Jean-de-Maurienne-Grenoble.&lt;a class='sommaire-back sommaire-back-5' href='#s-t4o-ETARE-153-kilom-2-900-metres-d-elevation-Saint-Jean-de-Maurienne-Grenoble' title='Retour au sommaire'&gt;&lt;/a&gt;&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;A 5 heures, r&#233;veil laborieux, cons&#233;quence de la r&#233;ception chaleureuse de la veille, ayant elle m&#234;me retard&#233; le d&#238;ner chez Lucullus, suivi de la visite habituelle au Parc-Exposition, o&#249; les dissertations agr&#233;ables de L. Clairet, M.&#160;Cherva et H. Martin, prolong&#232;rent la soir&#233;e jusqu'&#224; 23 heures. Beau temps plus que jamais. In&#233;vitable d&#233;part en trombe &#224; 6 heures, des 34 survivants de l'h&#233;catombe. Apr&#232;s 14 kilom&#232;tres de faux-plat, voici la vraie mont&#233;e du T&#233;l&#233;graphe. Je la trouve facile, tellement le site est riant et paisible au d&#233;but, puis grandiose et &#233;mouvant ensuite. J'atteins le tunnel a 8 h. 05, devant Martin, qui s'est arr&#234;t&#233; dans la vall&#233;e pour peu de chose, et Pitard, qui vient de r&#233;parer une crevaison. Un cyclotouriste, faisant pr&#233;s de moi le Galibier en dilettante, me recommande, &#224; Valloires, un h&#244;tel &#224; panonceaux flatteurs o&#249; je me ferais proprement fusiller 15 minutes plus tard, Payant 12 francs pour une omelette de trois &#339;ufs, un bol de lait et une bouteille d'eau min&#233;rale...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'attends mon co&#233;quipier afin de lui &#233;pargner pareil m&#233;compte et le dirige vers des lieux plus hospitaliers, au grand dam des mercantis confondus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette bonne action accomplie, j'entreprends, &#224; 8 h. 35, le c&#339;ur l&#233;ger, l'attaque du Galibier, &#233;pouvantail du Crit&#233;rium des Alpes. Mon compagnon provisoire m'embo&#238;te fid&#232;lement le pas. A la sortie de Valloire, un torrent, actuellement &#224; sec, a roul&#233; ses galets et ses roches sur le chemin, le spectacle est titanesque. La pente est d&#233;j&#224; s&#233;v&#232;re. Pittoresque digression fournie par les curieux costumes aux vives couleurs des montagnards qui se h&#226;tent vers l'&#233;glise pour l'office du dimanche. Pass&#233; les Verneys, la route est nue sous le soleil implacable. Plan-Lachat est atteint et &#231;a monte toujours. Les lacets photog&#233;niques, &#224; l'usage des reporters du Tour de France, sont l&#224; qui nous guettent. Leur r&#233;putation n'est pas surfaite, il y a vraiment des passages entre 14 et 18% qu'il faut enlever &#224; l'arrach&#233;, et je suis tout heureux que mon Cyclo-Le Chat, me permette 3 m. 50 pour remorquer mes quelques 18 kilogs de machine et bagages.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une grange, &#224; quatre kilom&#232;tres du sommet, offre la tentation d'un bol de lait frais tir&#233;. Mon compagnon de route, que ne pers&#233;cute pas la moyenne &#233;liminatoire, s'attarde sur le banc rustique et je repars &#224; la conqu&#234;te des cimes, sur la trace de Panel et V&#233;ron, qui viennent de passer. An loin, vers Plan-Lachat, trois laborieuses fourmis peuvent bien &#234;tre Pitard, Martin et le tandem Narcisse, d&#233;pass&#233; &#224; Valloire. Enfin, le sommet (2.638 m&#232;tres) et son affreux tunnel, glissant, d&#233;rapant, bringueballant, je chemine dans une obscurit&#233; qui me semble opaque, malgr&#233; mon phare, tellement le contraste est violent en quittant l'&#233;clatante lumi&#232;re ext&#233;rieure.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Contr&#244;le de la sortie atteint &#224; 10 h. 55. Innommable descente de 6 kilom&#232;tres, digne d'Aubisque 1934, jusqu'&#224; la route du Lautaret. Sur le bord du talus, je ne sais quel concurrent r&#233;pare une avarie, dont, pr&#233;occup&#233; par les fondri&#232;res de l'infernal passage, je ne puis discerner la nature.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Col du Lautaret (2.058 m&#232;tres). Un groupe de touristes grenoblois me salue &#224; grands cris. Au premier plan, M.&#160;Bridier, notre sympathique h&#244;te de la Pension du Moucherotte. Tout cet ar&#233;opage, consult&#233; au vol, m'assure que c'est bien le massif de la Melje qui s'offre majestueusement &#224; mes yeux. Je dis mentalement adieu aux neiges &#233;ternelles, car la descente de 30 kilom&#232;tres commence aussit&#244;t.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette fois, c'est du billard, je mets toute la sauce, distan&#231;ant sans r&#233;mission de nombreux cyclotouristes &#233;berlu&#233;s. Ce qui ne m'emp&#234;che pas d'admirer, &#224; gauche, la cascade de la Meije, puis, &#224; droite, celle de La Pisse, qui, tombant d'une hauteur vertigineuse, envoie des embruns jusque sur la route.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_1442 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='http://velotextes.fr/IMG/jpg/pxl_20240126_101311172_2.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='http://velotextes.fr/local/cache-vignettes/L500xH563/pxl_20240126_101311172_2-60445.jpg?1788124308' width='500' height='563' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Au barrage de La Romanche, appel&#233; aussi Lac du Chambon (voir Cycliste, juillet 1935), mon cher vieux camarade de fin d'&#233;tape m'apporte le r&#233;confort de sa pr&#233;sence et d'une canette qui n'attendait que moi. Apr&#232;s un coup d'&#339;il sur le gigantesque mur qui barre la vall&#233;e, nous franchissons le tunnel de l'Infernet, entra&#238;nant avec nous un cyclotouriste grenoblois qui rengaine pr&#233;cipitamment son appareil photo pour compl&#233;ter sa documentation par une exp&#233;rience visuelle des aptitudes du V&#233;loriz.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bourg-d'Oisans est franchi &#224; toute allure, en d&#233;pit du vent violent qui remonte la vall&#233;e. Et voici S&#233;chilienne (390 m.), qui rec&#232;le Panel, V&#233;ron ainsi que Teil et Bar&#233;taud... comme on se retrouve. Avec ces deux derniers qui repartent, je franchirai l'ultime obstacle de l'&#233;preuve, la c&#244;te de Laffrey. C'est presque le renouvellement de l'affaire de Saint-Nizier. Heureusement qu'une for&#234;t couvre les m&#233;andres de la route, dont le sol est franchement mauvais au d&#233;but, mais s'am&#233;liore ensuite ainsi que le pourcentage, au point de me permettre le grand braquet de 3 m. 50. Quel trou au-dessous de nous en &#233;mergeant du bois, et quel merveilleux spectacle que cette vall&#233;e de la Romanche, domin&#233;e de 5 &#224; 600 m&#232;tres. Un dernier virage en plein soleil et on aper&#231;oit Laffrey (910 m&#232;tres), espoir supr&#234;me et supr&#234;me pens&#233;e...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Contr&#244;le de Laffrey &#224; 15 h. 05, suivi du d&#233;boul&#233; extraordinaire sur Vizille d'un groupe imposant qui comprend toujours 3 concurrents, et, bient&#244;t, 5 ou 6 accompagnateurs divers. Uriage, contr&#244;le, 15 h. 35&#160;: Descente splendide, la plus belle de tout le parcours s&#251;rement... Et entr&#233;e bient&#244;t, &#224; Grenoble, pr&#233;c&#233;d&#233;e de la visite normale des machines. Sous la conduite diligente de notre guide de derni&#232;re heure, nous atteignons le parc du Gymnase &#224; 16 h. 04. Moyenne 15 km. 200. H. Martin arrive avec le tandem Narcisse, 10 minutes plus tard.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La fermeture du contr&#244;le am&#232;ne une derni&#232;re &#233;limination et les op&#233;rations du jury commenc&#233;es imm&#233;diatement ne port&#232;rent que sur 33 machines, soit une d&#233;chet total de 18 &#233;limin&#233;s&lt;/p&gt;
&lt;/section&gt;&lt;section class=&#034;sommaire-section sommaire-section_niveau1 sommaire-section_h3&#034; aria-labelledby=&#034;CONCLUSION-RELATIVE-A-LA-MACHINE-HORIZONTALE&#034;&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034; id='CONCLUSION-RELATIVE-A-LA-MACHINE-HORIZONTALE'&gt;&lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;CONCLUSION&lt;/span&gt; &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;RELATIVE&lt;/span&gt; A &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;LA&lt;/span&gt; &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;MACHINE&lt;/span&gt; &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;HORIZONTALE&lt;/span&gt;&lt;a class='sommaire-back sommaire-back-5' href='#s-CONCLUSION-RELATIVE-A-LA-MACHINE-HORIZONTALE' title='Retour au sommaire'&gt;&lt;/a&gt;&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s un usage quelque peu immod&#233;r&#233; de la bicyclette horizontale, il me reste &#224; dresser le bilan de mes impressions pour &#233;tablir la juste d&#233;marcation de ses possibilit&#233;s et de ses aptitudes, Contrairement &#224; l'impression procur&#233;e par un essai superficiel, je crois tr&#232;s sinc&#232;rement que le V&#233;loriz Ravat-Wonder peut rivaliser avantageusement avec la machine de cyclotourisme normale du poids de 12 &#224; 14 kilogs. Je dois dire aussi qu'il faut pour cela une certaine adaptation musculaire qui permet d'obtenir le rendement maximum de l'engin, par la possibilit&#233; de pousser sans fatigue de tr&#232;s grands d&#233;veloppements, ou de tourner en souplesse les petits braquets.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans les deux premi&#232;res &#233;tapes du Crit&#233;rium, o&#249; je ne poss&#233;dais pas cette adaptation, je dus m'accrocher s&#233;rieusement le premier jour pour r&#233;aliser mes 15 km. 880 de moyenne. Je n'&#233;tais pas le seul dans ce cas, il est vrai. En outre, mon entra&#238;nement pr&#233;alable &#224; l'&#233;preuve n'avait pas de pass&#233; 200 km., en y comprenant le galop d'essai du col des Grands-Bois. (Le tout sur machine normale)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La deuxi&#232;me journ&#233;e fut cependant meilleure, quoique p&#233;nible sur la fin. Mais le coup de p&#233;dale &#233;tait plus facile dans l'ensemble.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et enfin, les deux derniers jours, rassur&#233; sur l'issue de l'entreprise et muni de la cadence parfaite, je fis davantage du cyclotourisme que de la comp&#233;tition. Qu'il me soit permis de signaler aussi que, dans toutes les &#233;tapes, il y eut des concurrents derri&#232;re moi et que je fus m&#234;l&#233; avec des for tunes diverses, &#224; des &#233;l&#233;ments dont le contact &#233;tait particuli&#232;rement honorable pour le pilote du V&#233;loriz Wonder. J'en appelle au t&#233;moignage des coriaces Panel et Pitard, des valeureux Genty et Bar&#233;taud, ainsi qu'&#224; mon ma&#238;tre lui-m&#234;me. J'ai nomm&#233; H. Martin, qui ne me reprit pas une seule minute dans la derni&#232;re &#233;tape depuis Valloire.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_1443 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;92&#034; data-legende-lenx=&#034;xx&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='http://velotextes.fr/IMG/jpg/pxl_20240126_101357512_2.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='http://velotextes.fr/local/cache-vignettes/L500xH442/pxl_20240126_101357512_2-b403a.jpg?1788124308' width='500' height='442' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif crayon document-descriptif-1443 '&gt;L'arri&#232;re de la machine n&#176;&#160;13, gagnante du Crit&#233;rium Cyclotouristique des Alpes 1936.
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Il m'est agr&#233;able de reconna&#238;tre que je fus admirablement servi par la m&#233;canique, Le Cyclo 4 vitesses pour la roue libre de 14-17-19-26, et Le Chat pour le couple au p&#233;dalier de 46-30, fonctionn&#232;rent sur la route aussi bien qu'au laboratoire. Les extra-souples Barreau ne perc&#232;rent pas une seule fois au long des 650 kilom&#232;tres de montagne. Ce doit &#234;tre presque un record. Enfin, la cha&#238;ne r&#233;sista fort bien &#224; des efforts exceptionnels, dus &#224; l'appui dorsal. Tout ce qui concerne le reste de ma machine &#233;tait d'usinage Ravat-Wonder, je n'ai pas besoin d'insister, tous les connaisseurs auront compris.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est bien &#233;vident que le fait de terminer un parcours pareil dans une moyenne largement suffisante, et sans p&#233;nalisation m&#233;canique, est d&#233;j&#224; un r&#233;sultat appr&#233;ciable, qui a d&#251; modifier bien des pr&#233;ventions injustifi&#233;es, lesquelles feront place &#224; des adh&#233;sions de principe, lorsque, pour terminer. je dirai que, contrairement &#224; ce qui m'advint l'ann&#233;e derni&#232;re, o&#249; le Concours des Pyr&#233;n&#233;es me d&#233;go&#251;ta du v&#233;lo pour le reste de la saison, cette ann&#233;e, apr&#232;s une &#233;preuve qui, de l'avis des plus qualifi&#233;s, fut plus dure que la pr&#233;c&#233;dente, je n'ai &#233;prouv&#233; aucune fatigue anormale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ai-je tort d'attribuer ce r&#233;sultat au Veloriz Wonder...?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;G. &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;SOUNALET&lt;/span&gt; (4&#160;septembre 1935).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Cycliste&lt;/p&gt;&lt;/section&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;(1). &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;&lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;N. D. L. R.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt; Nous laissons &#233;videmment &#224; M.&#160;Sounalet l'enti&#232;re responsabilit&#233; de sa rectification, qu'il aurait sans doute &#233;t&#233; pr&#233;f&#233;rable d'adresser directement aux organisateurs.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
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		<title>Alpes fran&#231;aises (1906)</title>
		<link>http://velotextes.fr/spip.php?article362</link>
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		<dc:creator>velovi</dc:creator>


		<dc:subject>cyclotourisme, cyclocamping</dc:subject>
		<dc:subject>Entre 1900 et 1914</dc:subject>
		<dc:subject>Lyon</dc:subject>
		<dc:subject>Chambery</dc:subject>
		<dc:subject>Alpes</dc:subject>
		<dc:subject>Ventoux</dc:subject>
		<dc:subject>Vercors</dc:subject>
		<dc:subject>Rh&#244;ne </dc:subject>
		<dc:subject>Dauphin&#233;</dc:subject>
		<dc:subject>Queyras</dc:subject>
		<dc:subject>H. Dolin</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Cartes carnets H.Dolin&lt;/p&gt;

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&lt;a href="http://velotextes.fr/spip.php?rubrique30" rel="directory"&gt;Profils Dolin&lt;/a&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='http://velotextes.fr/IMG/logo/alpesnorddollin-19fa4.jpg' class=&#034;spip_logo spip_logo_right&#034; alt=&#034;&#034; style='max-width: 150px;max-width: min(100%,150px); max-height: 150px' /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_155 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='http://velotextes.fr/IMG/jpg/alpesnorddollin.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='http://velotextes.fr/local/cache-vignettes/L500xH332/alpesnorddollin-e23ff.jpg?1788127414' width='500' height='332' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div class='spip_document_154 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='http://velotextes.fr/IMG/jpg/alpesdusuddollin.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='http://velotextes.fr/local/cache-vignettes/L500xH302/alpesdusuddollin-94fdd.jpg?1788127415' width='500' height='302' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Cartes des carnets H. Dollin des Alpes fran&#231;aises&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Autour du Concours de frein (Octobre 1901)</title>
		<link>http://velotextes.fr/spip.php?article45</link>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>velovi</dc:creator>


		<dc:subject>Paul de Vivie, dit V&#233;locio</dc:subject>
		<dc:subject>Entre 1900 et 1914</dc:subject>
		<dc:subject>Saint-Etienne</dc:subject>
		<dc:subject>Chambery</dc:subject>
		<dc:subject>Concours de frein 1901 (Chamb&#233;ry)</dc:subject>
		<dc:subject>Capitaine Perrache</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;&#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;Les 32 bicyclettes inscrites pour le concours &#233;taient couch&#233;es dans le foss&#233; de gauche, et les 32 bicyclettes des contr&#244;leurs dans le foss&#233; de droite.&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;&lt;/p&gt;

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&lt;a href="http://velotextes.fr/spip.php?mot6" rel="tag"&gt;Capitaine Perrache&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;Par Paul de vivie, Octobre 1901, Touring-Club de France &lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quand on a, comme nous, pris la douce habitude de faire les descentes &#224; la vitesse limite &#8212; voir les tableaux de M.&#160;Bourlet &#8212; de se r&#233;jouir sit&#244;t qu'on aper&#231;oit un de ces poteaux rouge et bleu, sur fond blanc, que la maternelle pr&#233;voyance du &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;T. C. F.&lt;/span&gt; a fait placer au d&#233;but des pentes raides et de se laisser glisser le long de ces pentes, pieds au repos sur les p&#233;dales libres, on con&#231;oit l'utilit&#233; des freins souples et puissants, ob&#233;issants et infaillibles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est pourquoi la nouvelle que le &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;T. C. F.&lt;/span&gt; organisait un concours de freins remplit d'all&#233;gresse l'&#226;me des cyclotouristes polymultipli&#233;s qui ont adopt&#233; ma fa&#231;on de voyager, pour qui les &#233;tapes de 250 kilom&#232;tres en pays accident&#233;, voire tr&#232;s accident&#233;, n'ont plus de difficult&#233;s, dont quelques-uns, dans la force de l'&#226;ge, envisagent sans effarement qu'on a raison de dire que l'app&#233;tit vient en mangeant&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! &#8212; pour la saison prochaine, des journ&#233;es comme St-&#200;tienne-Turin, par le Lautaret et le mont Gen&#232;vre, 370 kilom&#232;tres&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;!&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et nous d&#233;cid&#226;mes de nous trouver &#224; Chamb&#233;ry le 18&#160;ao&#251;t, afin d'assister au moins aux deux premi&#232;res &#233;preuves qui devaient &#234;tre, du reste, d&#233;cisives.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous nous y rend&#238;mes par diff&#233;rents chemins&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; pour mon compte, disposant de trois jours de libert&#233;, je pris le chemin de l'&#233;cole et m'acheminai, le 15&#160;ao&#251;t, vers Chamb&#233;ry par Lyon, Hauteville, Ch&#226;tillon-de-Michaille, le col de la Faucille, Gen&#232;ve, Annecy, le col des Aravis, Chamonix et Albertville.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quoique ne venant que de Saint-&#201;tienne, nous avions ainsi dans les jambes et dans les jantes, ma bicyclette et moi, quand nous quitt&#226;mes Chamb&#233;ry, le 18&#160;ao&#251;t &#224; 5 heures du matin, en route pour le col du Fr&#234;ne, environ 600 kilom&#232;tres et nous n'en &#233;tions en aucune sorte incommod&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jamais, assur&#233;ment, le col du Fr&#234;ne n'avait vu tant de cyclistes &#224; la fois. Les 32 bicyclettes inscrites pour le concours &#233;taient couch&#233;es dans le foss&#233; de gauche, et les 32 bicyclettes des contr&#244;leurs dans le foss&#233; de droite. &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;MM&lt;/span&gt;.&#160;Bourlet, Perrache, le commandant Ferrus&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; aid&#233;s des commissaires, allaient, venaient, se multipliaient, discutaient, plombaient les freins de secours, pr&#233;paraient tout, r&#233;pondaient &#224; tous, et ce n'&#233;tait point une petite affaire&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; les concurrents arrivaient par paquets en voiture&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; des dames, des jeunes filles en toilettes claires, jetaient &#231;&#224; et l&#224; une note gaie&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; une auto avait amen&#233; la Commission.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Notre sympathique pr&#233;sident pr&#233;sidait la petite f&#234;te, ayant pour chacun un mot aimable, un shakehand cordial. M.&#160;Ballif avait tenu &#224; assister &#224; cette premi&#232;re importante manifestation du &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;T. C. F.&lt;/span&gt; en faveur du cyclotourisme et &#8212; si j'ose risquer ce n&#233;ologisme &#8212; de la cyclotechnie. C'&#233;tait en quelque sorte une inauguration, la premi&#232;re d'une s&#233;rie d'exp&#233;riences que le comit&#233; technique du &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;T. C. F.&lt;/span&gt; a r&#233;solu de faire pour aider au prompt et radical perfectionnement de la bicyclette propre au grand tourisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'ann&#233;e prochaine si j'en crois mes pressentiments, nous pourrions bien avoir, &#224; pareille &#233;poque, un concours de bicyclettes polymultipli&#233;es, auquel, du reste, les monomultipli&#233;s, ceux qui font tout avec 5 m&#232;tres, 5 m. 5&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;o&lt;/sup&gt; on 6 m&#232;tres et sans roue libre, pourront prendre part, si le c&#339;ur leur en dit, mais je doute fort que le c&#339;ur leur en dise si on laisse au capitaine Perrache le soin de dresser l'itin&#233;raire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce diable d'homme qui a beaucoup voyag&#233;, surtout en montagne, serait capable de nous &#8212; pourvu que Dieu nous pr&#234;te vie, nous serons de la f&#234;te mes amis et moi &#8212; de nous embarquer &#224; Port-Vendres pour Biarritz &#224; travers les Pyr&#233;n&#233;es dont les cols valent ceux des Alpes et sont m&#234;me plus durs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais n'anticipons pas sur des &#233;v&#233;nements tout hypoth&#233;tiques puisqu'ils ne reposent que sur des pressentiments et revenons au col du Fr&#234;ne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Les amateurs venus en simples curieux arrivent en assez grand nombre&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; les bicyclettes du groupe st&#233;phanois, charg&#233;es de pignons, de freins et de bagages contrastent singuli&#232;rement avec la plupart des autres machines, l&#233;g&#232;res, presque diaphanes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je passe rapidement en revue les freins de concours. Rien de franchement nouveau. La commande de quelques-uns est compliqu&#233;e &#224; plaisir&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; les poulies, les &#233;querres s'y multiplient et dans beaucoup de cas la simplicit&#233; ne para&#238;t pas avoir &#233;t&#233; l'objectif des inventeurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme je ne saurais ajouter aucun utile commentaire aux d&#233;cisions, observations et rapports de la Commission technique que nous avons tous lus avec int&#233;r&#234;t le mois dernier&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; que nous savons tous maintenant &#224; quoi nous en tenir sur l'efficacit&#233; des freins qui ont concouru, je me laisserai aller &#224; parler un peu plus longuement des freins qui n'ont pas concouru et qui m&#233;ritent pourtant qu'on ne les oublie pas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi qu'il m'avait &#233;t&#233; facile de le pronostiquer, les freins sur jante ont obtenu ais&#233;ment les honneurs du triomphe&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; sur dix pr&#233;sent&#233;s, dix ont m&#233;rit&#233; le brevet de frein de montagne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les freins sur bandages n'avaient pas &#233;t&#233; admis, on le sait.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les freins &#224; tambour bien qu'il y en e&#251;t quelques-uns de grand diam&#232;tre, n'ont pas brill&#233;. Sur quinze partants, quatre seulement ont pu aller jusqu'au bout et non sans difficult&#233;, &#224; en juger par les constatations qui ont &#233;t&#233; faites &#224; l'arriv&#233;e. Six freins de moyeu, genre Morrow, figuraient au d&#233;part&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; deux seulement ont acquis le brevet et les observations que le rapport leur adresse ne constituent pas ce qu'on pourrait appeler une mention honorable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'ai &#233;t&#233; quelque peu &#233;tonn&#233; de voir les freins sur jante &#224; contre-p&#233;dale class&#233;s apr&#232;s les m&#234;mes freins command&#233;s &#224; la main et ce r&#233;sultat s'accorde mal avec ceux que mes amis et moi obtenons depuis trois ans&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; cela tient sans doute &#224; ce que les freins &#224; contrep&#233;dale n'&#233;taient pas repr&#233;sent&#233;s au concours par leurs meilleurs sp&#233;cimens. Mais l'&#233;chec des freins &#224; tambour ne me surprend pas&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; celui des moyeux-freins &#224; roue libre m'a plus &#233;tonn&#233; car l'exp&#233;rience personnelle que j'ai de quelques-uns de ces moyeux, me les faisait supposer capables de r&#233;sister aux &#233;preuves du concours, quelque dures qu'elles fussent. Il est vrai que, dans la pratique, on ne pousse jamais un frein &#224; bout et, comme on en a plusieurs, on se sert tant&#244;t des uns tant&#244;t des autres, pour les m&#233;nager tous.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le frein &#224; tambour m&#234;me de tr&#232;s petit diam&#232;tre, le Lehut, par exemple, est un merveilleux frein d'arr&#234;t sur place, mais il ne vaut rien comme ralentisseur&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; par contre le Carloni ralentit merveilleusement, la descente serait-elle de 4&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;o&lt;/sup&gt; kilom&#232;tres, mais il n'arr&#234;te pas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les freins sur jante, eux, sont &#224; la fois des freins d'arr&#234;t et de ralentissement, et c'est pourquoi ils ont si ais&#233;ment triomph&#233;&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; cependant ils ne sont pas parfaits, et je ne m'embarquerai jamais pour mes grandes excursions, &#224; vive allure, tra los montes, avec seulement des freins sur jante. Il y a peu de temps encore, il m'est arriv&#233; en m&#234;me temps qu'&#224; deux de mes compagnons habituels, une aventure qui fera toucher du doigt &#224; tous nos camarades le d&#233;faut de la cuirasse de ces freins. La rencontre inopportune en pleine nuit de ces grosses pierres que les voituriers oublient sur la chauss&#233;e, faussa &#224; tel point nos jantes arri&#232;re, tr&#232;s fortes cependant, qu'il ne nous fut pas possible de les redresser suffisamment pour permettre &#224; nos freins (des num&#233;ros 1 du concours) de continuer leurs fonctions. Par leurs claquements, ils pouvaient bien, &#224; la rigueur, nous servir comme avertisseurs, mais compter sur eux comme freins, c'e&#251;t &#233;t&#233; s'exposer &#224; de graves accidents. Il fallut, pour finir la descente, nous rabattre sur les vulgaires patins sur bandage qui ne sont impuissants qu'en cas de d&#233;gonflement subit du pneumatique&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; or un pneu d&#233;gonfl&#233; emp&#234;che de rouler et oblige &#224; r&#233;parer imm&#233;diatement, tandis qu'une jante bossu&#233;e ne g&#234;ne gu&#232;re et n'est pas, du reste, facile &#224; r&#233;parer sur place&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; donc, on risque moins d'&#234;tre radicalement d&#233;sempar&#233; avec un frein sur bandage qu'avec un frein sur jante.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A tout prendre, si l'on me condamnait &#224; n'avoir qu'un seul et unique frein, c'est encore au patin sur le bandage de la roue avant que je voudrais confier mes os&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; mais je le choisirais long et bien enveloppant pour qu'il s'&#233;chauffe peu, je le fixerais &#224; l'extr&#233;mit&#233; d'une charni&#232;re assez longue au lieu de le piquer au bout du tube plongeur pour lui enlever sa rudesse, et je le ferais de caoutchouc ou de bois tendre ou de cuir afin qu'il n'&#233;corche pas le bandage, m&#234;me lorsque celui-ci a d&#233;j&#224; &#233;t&#233; mordu par les cailloux&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; j'attacherais le levier de commande au guidon par un fort anneau de caoutchouc qui, amen&#233; plus ou moins vers la poign&#233;e, exercerait sur le bandage une pression continue sans g&#234;ner en aucune fa&#231;on le serrage instantan&#233;, un moyen, que les vieux cyclistes connaissent bien et ont mis souvent en pratique, d'avoir, &#224; peu de frais, un frein de ralentissement et un frein d'arr&#234;t.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quand on doit compter beaucoup sur un frein de ce genre, il faut que l'enveloppe sur laquelle il agit soit toujours lisse et en bon &#233;tat&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; on y arrive en l'entourant d'un croissant protecteur que l'on remplace d&#232;s que les asp&#233;rit&#233;s du sol l'ont fendill&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voil&#224; donc ce que je ferais si l'on me condamnait &#224; n'avoir qu'un seul et unique frein&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; mais j'esp&#232;re bien n'en &#234;tre jamais r&#233;duit &#224; cette extr&#233;mit&#233; et pour le moment, apr&#232;s de nombreuses exp&#233;riences, voici comment j'ai r&#233;solu actuellement, pour mon compte personnel, cette question des freins dont l'importance ne le c&#232;de en rien pour la bicyclette de montagne &#224; la question des polymultiplications.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La bicyclette &#224; huit d&#233;veloppements qui m'avait amen&#233; au concours de freins du &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;T.C.F.&lt;/span&gt; est munie de trois freins ainsi distribu&#233;s : 1&#176; Un long patin de caoutchouc tendre sur la roue motrice, report&#233; tr&#232;s pr&#232;s du sol afin que la boue et la poussi&#232;re ne soient pas projet&#233;es sur les cha&#238;nes&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; une forte ficelle le tient appliqu&#233; sur le pneu, passe &#224; droite et &#224; gauche sur les marchepieds faisant office de poulies et vient se fixer par ses extr&#233;mit&#233;s &#224; l'arri&#232;re de ma selle oscillante&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; ce dispositif me permet d'avoir ainsi, &#224; volont&#233;, un frein d'arr&#234;t ou de ralentissement selon que je jette plus ou moins brusquement mon poids sur le bec de la selle, cette fa&#231;on de commander un frein n'est possible, &#233;videmment, que pour les cyclistes munis d'une selle oscillante, mais les autres peuvent amener les extr&#233;mit&#233;s de la ficelle jusque sur le guidon et les y assujettir par une baguette qui servira &#224; r&#233;gler, par torsion, l'action du patin.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des freins de ce genre ont le m&#233;rite de pouvoir &#234;tre confectionn&#233;s et mis en place en quelques minutes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2&#176; Un frein sur jante, genre du B S A, &#224; contrep&#233;dale, sans le ressort compensateur qui est un obstacle &#224; l'action rapide, brusque du pied, quand besoin est, et qui peut &#234;tre remplac&#233; avantageusement par la d&#233;licatesse du doigt&#233;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; ce frein n'a que deux points d'application, un de chaque c&#244;t&#233;, quand la p&#233;dale remontante est encore un peu au-dessous de l'horizontale&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; je puis ainsi balancer les pieds sur les p&#233;dales et changer de position sans agir sur le frein.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais ce frein n'est &#224; ma disposition que lorsque je suis en roue libre&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; or, sur mes huit d&#233;veloppements, quatre &#233;tant &#224; roue serve, j'ai toujours sous les pieds roue libre et roue serve &#224; volont&#233;&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; mais, telle &#233;ventualit&#233; peut se produire qui m'oblige &#224; freiner brusquement quand je me trouve en roue serve et avant d'avoir pu me mettre en roue libre. Il s'agissait donc de trouver un dispositif qui me permit d'agir sur mon frein de jante m&#234;me lorsque je serais en roue serve.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour ce faire, j'ai reli&#233; par une cordelette la fourchette du dit frein &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;AR&lt;/span&gt; &#224; mon 3&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; frein, lequel agit sur le bandage de la roue &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;AV&lt;/span&gt; et consiste en un large et long patin de bois doubl&#233; de cuir d&#233;j&#224; tr&#232;s puissant par lui-m&#234;me. Ce patin est libre de coulisser dans une rainure, si bien qu'&#224; peine arriv&#233; au contact de la roue, il est vivement entra&#238;n&#233; en avant&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; dans ce mouvement il tire &#224; son tour par la cordelette le frein sur jante &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;AR&lt;/span&gt;, de sorte que la vitesse de la roue motrice se trouve diminu&#233;e par la vitesse m&#234;me de la roue directrice&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; plus celle-ci tourne vite au moment de l'application du frein &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;AV&lt;/span&gt;, plus &#233;nergiquement est actionn&#233; le frein &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;AR&lt;/span&gt;, sans qu'il soit n&#233;cessaire de serrer tr&#232;s fort le levier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce dispositif a ceci d'excellent qu'il supprime, par surcro&#238;t tout danger de panache r&#233;sultant de l'application brutale du frein sur la roue directrice. En effet, en maintes circonstances, j'ai constat&#233; que toujours la roue motrice se trouvait bloqu&#233;e avant la roue directrice.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le jour m&#234;me du concours en descendant du col du Cucheron &#224; Saint-Pierre-de-Chartreuse, la ficelle de mon premier frein sur pneu &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;AR&lt;/span&gt; dont je me servais exclusivement &#224; ce moment, casse net, et je me sens tout &#224; coup lanc&#233; &#224; la poursuite de la vitesse limite qui, sur une pente de 11&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;%, doit &#234;tre assez dangereuse. D&#232;s que j'ai compris ce qui m'arrive, je serre d'instinct vigoureusement mon frein &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;AV&lt;/span&gt; qui agit encore plus vigoureusement, &#233;tant donn&#233; la vitesse que j'avais d&#233;j&#224; prise, sur mon frein de jante &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;AR&lt;/span&gt;, et je stoppe en quelques m&#232;tres sans le moindre &#233;cart &#224; droite ou &#224; gauche, tandis qu'en semblable occurrence, un an auparavant, j'avais bel et bien pass&#233; par dessus mon guidon.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je ne saurais donc trop engager les cyclotouristes &#224; disposer leurs freins de cette fa&#231;on et les inventeurs &#224; chercher dans cette voie des solutions simples. On peut faire agir la roue directrice sur la roue motrice par et sur des freins &#224; gorge ou &#224; tambour, des freins sur jantes ou des freins sur pneus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le concours du &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;T. C. F.&lt;/span&gt; a fait faire un grand pas &#224; la question des freins si importante pour nous qui, sous aucun pr&#233;texte, ne voulons nous fatiguer &#224; contrep&#233;daler&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; il a d&#233;montr&#233; incidemment les avantages de la roue libre, la s&#233;curit&#233; qu'elle donne dans les descentes les plus scabreuses, s&#233;curit&#233; telle que j'engage toujours mes compagnons qui n'ont pas de roue libre &#224; mettre leur cha&#238;ne dans la poche au d&#233;but des longues et dangereuses pentes. Voil&#224; donc d&#233;sormais acquis &#224; la bicyclette de tourisme en montagne deux perfectionnements auxquels on a longtemps fait la guerre, mais il faut qu'on les perfectionne et qu'on nous fournisse des roues libres parfaites, c'est-&#224;-dire sans rat&#233;s, qui ne nous l&#226;chent pas en pleine rampe sous pr&#233;texte que nous appuyons trop fort et des freins de plus en plus &#233;tudi&#233;s soit comme transmission, soit comme surface de frottement, soit comme facilit&#233; d'ajustage et de d&#233;montage.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;P. &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;DE&lt;/span&gt; &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;VIVIE&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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