<?xml
version="1.0" encoding="utf-8"?>
<rss version="2.0" 
	xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/"
	xmlns:content="http://purl.org/rss/1.0/modules/content/"
	xmlns:atom="http://www.w3.org/2005/Atom"
>

<channel xml:lang="fr">
	<title>V&#233;lotextes</title>
	<link>http://velotextes.fr/</link>
	<description>Lire celles et ceux qui ont fait du v&#233;lo un bienfait social, moyen de d&#233;placement et de tourisme&#160;: Paul de Vivie dit V&#233;locio, Capitaine Perrache dit l'homme de la montagne, Carlo Bourlet...
Histoire du v&#233;lo
Site de Laurent Vigniel</description>
	<language>fr</language>
	<generator>SPIP - www.spip.net</generator>
	<atom:link href="http://velotextes.fr/spip.php?id_mot=41&amp;page=backend" rel="self" type="application/rss+xml" />

	<image>
		<title>V&#233;lotextes</title>
		<url>http://velotextes.fr/local/cache-vignettes/L144xH126/1000080154-53246-7fc51.jpg?1788904391</url>
		<link>http://velotextes.fr/</link>
		<height>126</height>
		<width>144</width>
	</image>



<item xml:lang="fr">
		<title>TOUR DE FRANCE ET POLYMULTIPLICATION (1911)</title>
		<link>http://velotextes.fr/spip.php?article1132</link>
		<guid isPermaLink="true">http://velotextes.fr/spip.php?article1132</guid>
		<dc:date>2026-07-27T14:22:54Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>velovi</dc:creator>


		<dc:subject>Col du Galibier</dc:subject>
		<dc:subject>Paul de Vivie, dit V&#233;locio</dc:subject>
		<dc:subject>Entre 1900 et 1914</dc:subject>
		<dc:subject>Alpes</dc:subject>
		<dc:subject>sport, courses</dc:subject>
		<dc:subject>polymultipli&#233;e</dc:subject>
		<dc:subject>La bicyclette de tourisme</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Je terminais l'an dernier un article sur ce m&#234;me sujet par cette ligne&#160;: &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;La polymultiplication est entr&#233;e dans le Tour de France et elle n'en sortira plus.&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; &lt;br class='autobr' /&gt;
Ses progr&#232;s ont &#233;t&#233; plus rapides encore que je ne le pr&#233;voyais et l'&#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;Auto&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; nous a appris que cette ann&#233;e tous les coureurs, &#224; de rares exceptions pr&#232;s, s'&#233;taient polymultipli&#233;s&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; quelques-uns m&#234;me sont all&#233;s jusqu'aux changements de vitesse en marche, moyeux &#224; deux ou &#224; trois vitesses et Whippet de divers syst&#232;mes. &lt;br class='autobr' /&gt;
Je ne sais&#160;(&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="http://velotextes.fr/spip.php?rubrique36" rel="directory"&gt;1901-1914 P&#233;riode &#201;cole st&#233;phanoise&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="http://velotextes.fr/spip.php?mot114" rel="tag"&gt;Col du Galibier&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://velotextes.fr/spip.php?mot1" rel="tag"&gt;Paul de Vivie, dit V&#233;locio&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://velotextes.fr/spip.php?mot11" rel="tag"&gt;Entre 1900 et 1914&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://velotextes.fr/spip.php?mot41" rel="tag"&gt;Alpes&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://velotextes.fr/spip.php?mot8" rel="tag"&gt;sport, courses&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://velotextes.fr/spip.php?mot23" rel="tag"&gt;polymultipli&#233;e&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://velotextes.fr/spip.php?mot14" rel="tag"&gt;La bicyclette de tourisme&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Je terminais l'an dernier un article sur ce m&#234;me sujet par cette ligne&#160;: &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;La polymultiplication est entr&#233;e dans le Tour de France et elle n'en sortira plus.&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ses progr&#232;s ont &#233;t&#233; plus rapides encore que je ne le pr&#233;voyais et l'&#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;Auto&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; nous a appris que cette ann&#233;e tous les coureurs, &#224; de rares exceptions pr&#232;s, s'&#233;taient polymultipli&#233;s&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; quelques-uns m&#234;me sont all&#233;s jusqu'aux changements de vitesse en marche, moyeux &#224; deux ou &#224; trois vitesses et Whippet de divers syst&#232;mes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je ne sais pas jusqu'&#224; quel point les changements de vitesse en marche pourront accro&#238;tre le rendement de ces hommes exceptionnels qui r&#233;ussissent &#224; faire une moyenne de 27 &#224; l'heure dans une &#233;tape de 366 kilom&#232;tres, telle que Chamonix-Grenoble par le col des Aravis et le col du Galibier&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;!&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Certes, si quelque Georget s'entra&#238;nait, tout sp&#233;cialement en vue du Tour de France, sur une bi-cha&#238;ne dont les d&#233;veloppements pourraient &#234;tre modifi&#233;s au d&#233;but de chaque &#233;tape, cet homme-l&#224; accident de route &#224; part serait imbattable et arriverait dans un &#233;tat de fra&#238;cheur remarquable parce qu'il ne se serait jamais surfatigu&#233;. Mais je ne crois pas que sa moyenne horaire s'am&#233;liorerait beaucoup&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; par contre, il pourrait durer plus longtemps et sans doute aller d'un trait de Perpignan &#224; Bayonne, ne faisant ainsi qu'une bouch&#233;e des deux &#233;tapes pyr&#233;n&#233;ennes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les changements de vitesse en marche sont un pas vers le confortable plut&#244;t que vers le rendement, et je me rappelle avoir fait, avec la poly Tour de France, qui consiste &#224; d&#233;placer la cha&#238;ne &#224; la main sur des pignons juxtapos&#233;s, des vitesses commerciales que je n'ai d&#233;pass&#233;es avec aucun de mes changements de vitesse en marche.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La plupart des coureurs pr&#233;f&#232;rent retourner la roue motrice munie d'un pignon de chaque c&#244;t&#233;, plut&#244;t que de placer, comme nous le faisons, deux couples de pignons du m&#234;me c&#244;t&#233;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; c'est leur affaire, mais il leur faut deux minutes, alors que dix secondes nous suffisent pour changer de multiplication et je ne comprends pas qu'ils s'attardent, eux pour qui le temps est pr&#233;cieux, en ces vieux errements.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela ne s'explique gu&#232;re que par l'instinct d'imitation qui caract&#233;rise le &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;genus homo&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; Georget leur fit, en 1910, la premi&#232;re d&#233;monstration pratique des avantages de la poly, au Ballon d'Alsace, en retournant sa roue pour placer sa cha&#238;ne sur un plus faible d&#233;veloppement, et Georget gagna l'&#233;tape, donc, ils imitent Georget et ils l'imiteront jusqu'&#224; ce qu'un autre coureur gagne une autre &#233;tape avec un autre syst&#232;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Tour de France est, on le sait, une course d'hommes et non pas un concours de machines. Cependant, les machines sont poin&#231;onn&#233;es dans leurs parties essentielles, ce qui laisserait supposer, au premier abord, que toute machine avari&#233;e est mise hors course&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; il n'en est pourtant rien, car, &#224; chaque instant, il est question dans l' &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;Auto&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; d'accidents de machines et de r&#233;parations cons&#233;cutives.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cependant, les comptes rendus, laissant enti&#232;rement dans l'ombre les particularit&#233;s des machines gr&#226;ce auxquelles les coureurs arrivent au but plus ou moins vite, ne mentionnent que les prouesses de ceux-ci, comme si leurs outils ne les aidaient en rien &#224; les accomplir. Chaque coureur est suppos&#233; assez intelligent pour avoir su choisir le meilleur outil et il n'entre pas dans les vues des organisateurs du Tour de France de discuter, &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;coram populo&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;, des avantages et des inconv&#233;nients des machines, comme on le ferait dans un concours du &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;T. C. F.&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;/span&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Les lecteurs de l'&#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;Auto&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; n'ont besoin d'&#234;tre instruits que du fait que le vainqueur montait une bicyclette X ou Y, rouge ou verte, bleue ou jaune.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour obtenir des renseignements plus d&#233;taill&#233;s, il faut que nous allions les qu&#233;rir sur place et j'avais form&#233; le projet d'aller l'&#233;tape Chamonix-Grenoble. Une chute malencontreuse o&#249; mon &#233;paule droite fut malmen&#233;e, m'emp&#234;cha de partir, mais je fus suppl&#233;&#233; par mes amis de l'&lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;E. S.&lt;/span&gt; qui sont revenus &#233;merveill&#233;s des progr&#232;s accomplis en quelques ann&#233;es par les professionnels dans l'ascension des c&#244;tes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Autant les coureurs parurent inf&#233;rieurs &#224; leur t&#226;che quand ils firent en 1903 et 1904 la mont&#233;e de nos Grands Bois, autant ils grimpent aujourd'hui avec aisance dans le dix pour cent du Galibier et d'ailleurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mon collaborateur, Ch. R., a fait quelques kilom&#232;tres, entre Valloire et le Galibier, &#224; c&#244;t&#233; de Georget et il a &#233;t&#233; &#233;merveill&#233; de la souplesse avec laquelle ce coureur qui pourtant avait d&#233;j&#224;, depuis le matin, accompli un travail formidable, maniait ses p&#233;dales, allant droit comme un i, avec un imperceptible ba-lancement du buste qui s'accentuait aux virages ou pour enlever un passage plus dur, causant m&#234;me volontiers&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; pas d'essoufflement, pas m&#234;me de sueur, on e&#251;t dit un ouvrier accomplissant sa t&#226;che quotidienne. Tout cela gr&#226;ce au petit d&#233;veloppement dont il savait se servir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A Plan-de-Lacha, Georget mit pied &#224; terre pour discr&#232;tement se livrer &#224; l'abri des regards, &#224; une petite op&#233;ration que les Belges, &#224; l'instar de leur M&#228;nnkenpiss, font g&#233;n&#233;ralement en plein contr&#244;le au risque d'attraper une amende quand Desgranges les pince en flagrant d&#233;lit. Georget s'arr&#234;tant, Ch. R. s'arr&#234;te aussi, pas pour le m&#234;me motif, et la voiture officielle qui suit les coureurs et v&#233;hicule des hommes g&#233;-n&#233;ralement gras s'arr&#234;te aussi...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et un cousin de Bibendum mettant le nez &#224; la porti&#232;re reprocha en termes in&#233;l&#233;gants &#224; mon collaborateur d'avoir pr&#233;c&#233;d&#233; et, par cons&#233;quent, entra&#238;n&#233; Georget, contrairement au r&#232;glement. Il n'en &#233;tait rien et tout d'abord Ch. R. se contenta de dire qu'il avait suivi, accompagn&#233;, mais non pr&#233;c&#233;d&#233;. L'autre insistant incongr&#251;ment, Ch. R. se facha&#160;: &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;Et tout d'abord, Monsieur Bibendum, avez-vous lou&#233; la route&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;? Vous n'aviez, pour bien voir si j'&#233;tais devant ou derri&#232;re, qu'&#224; p&#233;daler &#224; mes c&#244;t&#233;s depuis Saint-Michel, cela vous aurait d&#233;gonfl&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Georget &#233;tait d&#233;j&#224; reparti quand Duboc, &#233;galement d&#233;multipli&#233;, passa &#224; une assez vive allure qu'il ne put soutenir, car il arriva au col un bon quart d'heure apr&#232;s le premier, qui fit toute la mont&#233;e en machine. Mais tous ces coureurs t&#228;tonnent encore et ne trouveront que petit &#224; petit les d&#233;veloppements qui conviennent pour telles et telles rampes. Les renseignements officiels faisant absolument d&#233;faut, nous ne pouvons faire &#233;tat que des informations officieuses que nous parvenons &#224; recueillir, en regrettant que le temps nous manque pour aller &#224; chaque &#233;tape nous rendre compte &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;de visu&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;, aux points critiques du parcours, de ce qui se passe sur la route.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les Bibendums officiels, peu experts en cyclotechnique, ne voient que les c&#244;t&#233;s sportifs, le bel effort de l'homme que cet homme soit mont&#233; sur une bicyclette ou sur un manche &#224; balai, qu'il p&#233;dale ou qu'il coure &#224; pied en poussant son outil, pour eux c'est kif-kif. Nous nous efforcerions, au contraire, si nous suivions la course, de distinguer dans le r&#233;sultat final ce qui appartient &#224; l'homme et ce qui appartient &#224; la machine&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; pourquoi, par exemple, dans la m&#234;me &#233;tape, Lapize, un des t&#233;nors, &#233;cc&#339;ur&#233; par le train et par les mont&#233;es, abandonne, alors que Brocco, une doublure, l&#226;che le peloton et m&#232;ne seul la danse &#224; plus de 30 &#224; l'heure..... Mais revenons &#224; nos moutons.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quelques minutes plus tard survenait Garrigou qui avait conserv&#233; 5, m,50 et qui s'ext&#233;nuait copieusement, avec des &#229;&#229;han&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! de mitron &#224; chaque coup de p&#233;dale. Sa bicyclette avan&#231;ait par saccades et, le corps hors de la selle, en un ridicule d&#233;hanchement qui jetait alternativement &#224; droite et &#224; gauche son buste sur le guidon, ce nauvre athl&#232;te zigzaguait &#224; travers la route et avan&#231;ait bien plus lentement que Georget, en laissant l'impression qu'il se fatiguait beaucoup plus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais enfin, obiecteront les irr&#233;ductibles partisans de la mono, Garrigou est tout de m&#234;me venu &#224; bout de cette &#233;tape et tous ceux qui ont fait &#224; pied le Galibier en sont aussi venus &#224; bout, donc on peut bien s'en passer, de vos polymultipli&#233;es&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;!&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et, parbleu, on peut aussi se passer de bicyclette pour aller de Chamonix &#224; Grenoble, on mettra un peu plus de temps, voil&#224; tout. On pourrait aussi revenir aux v&#233;n&#233;rables draisiennes ou aux v&#233;los Michaux&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! Mais nous voulons, au contraire, des bicyclettes qui nous permettent d'aller plus vite en tous pays en nous fatiguant moins. Chacun son go&#251;t&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; c'est pour cela que nous pr&#233;f&#233;rons les polys aux monos et la m&#233;thode de Georget &#224; celle de Garrigou. Mais vous verrez que Garrigou ne s'obstinera pas cette ann&#233;e &#224; gravir le Tourmalet avec 5 m,50 et qu'il adorera bient&#244;t ce qu'il m&#233;prise encore&#160;: la poly&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des coureurs munis de changements de vitesse en marche, nous ne savons pas encore grand chose.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034; Petit-Breton &#034; qui gagna quelques &#233;tapes du Tour d'Italie, gr&#226;ce &#224; un moyeu &#224; trois vitesses. et qui a r&#233;cemment avou&#233;, dans une confession motiv&#233;e, &#234;tre enti&#232;rement converti &#224; l'id&#233;e de la polymultiplication, &#233;tait parti pour le Tour de France avec un moyeu Sturmey&#160;: le malheur a voulu qu'une chute le mit hors de combat d&#232;s la premi&#232;re &#233;tape.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Brocco fait le Tour avec un moyeu &#224; deux vitesses, Cornet aussi, mais ce dernier ne sait gu&#232;re s'en servir puisqu'il jugea &#224; propos de faire, avec son petit d&#233;veloppement de 3 m&#232;tres environ, les deux kilom&#232;tres &#224; 5% de la bifurcation de la route du Galibier au col du Lautaret&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! Il perdit, de ce fait, cinq bonnes minutes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quant &#224; Brocco, il fit merveille dans l'&#233;tape Belfort-Chamonix pendant les 200 kilom&#232;tres les plus p&#233;nibles qu'il parcourut, seul, avec quinze minutes d'avance sur le peloton de t&#234;te, pour venir &#233;chouer piteusement &#224; 8 kilom&#232;tres du but, vaincu, dit-on, par la fringale, ou pour d'autres motifs. Ce succ&#232;s relatif tend tout de m&#234;me &#224; prouver que son moyeu ne le handicapait pas beaucoup puisque l'allure moyenne de cette &#233;tape montagneuse d&#233;passa 30 &#224; l'heure.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;H. Alavoine est muni d'un Whippet svs-t&#232;me P. d'A. C'est un isol&#233; qui a pour mission de ramener sa machine &#224; Paris, en se contentant d'am&#233;liorer lentement sa place dans le classement g&#233;n&#233;ral. Il s'en acquitte fort bien. Ce coureur pilotait, l'an dernier, un p&#233;dalier Tilhet et il commence naturellement &#224; savoir se servir d'une poly. Il a fait le Galibier et il fera tous les autres cols &#224; bicyclette, mais sans se presser, en touriste, envi&#233; par les autres isol&#233;s moins bien mont&#233;s, qui s'&#233;reintent &#224; pousser sur des d&#233;veloppements trop forts ou &#224; tra&#238;ner p&#233;niblement leur outil.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Somme toute, cette ann&#233;e les polymultipli&#233;s ne sont plus consid&#233;r&#233;es par les professionnels comme de doux maniaques&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; ils forment, d'ailleurs, la majorit&#233; et Faber lui-m&#234;me, le g&#233;ant de Colombes, n'h&#233;site plus &#224; mettre pied &#224; terre au pied de la c&#244;te et &#224; retourner sa roue pour changer de d&#233;veloppement&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; il l'a fait des deux c&#244;t&#233;s du Ballon d'Alsace et il nous l'a dit dans l'&#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;Auto&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;. Les toquards, cette ann&#233;e, sont ceux qui n'ont qu'un d&#233;veloppement &#224; leur service.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est un grand pas de fait et d&#233;sormais, d'ann&#233;e en ann&#233;e, nous verrons l'id&#233;e d'avoir deux et m&#234;me trois d&#233;veloppements s'implanter de plus en plus dans l'esprit des coureurs sur route qui nous aideront &#224; trouver et &#224; obtenir des constructeurs des syst&#232;mes de changement de vitesse de plus en plus parfaits.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les moyeux et les p&#233;daliers actuels &#224; deux et trois vitesses sont-ils assez robustes pour r&#233;sister jusqu'au bout aux 5.600 kilom&#232;tres du Tour de France&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les Whippet &#224; d&#233;raillement de cha&#238;ne, imitation plus ou moins heureuse du mod&#232;le H de Terrot et qui foisonnent sur le march&#233;, vaudront-ils mieux que les syst&#232;mes &#224; transmission superpos&#233;e&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les polycha&#238;nes qui fournissent une solution si simple du probl&#232;me des deux et trois vitesses en marche, en prise directe, feront-ils un jour la pige &#224; leurs concurrents&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ou bien, enfin, les d&#233;placements de cha&#238;ne &#224; la main, soit sur pignons juxtapos&#233;s en mettant pied &#224; terre, soit en marche en s'aidant d'un simple tendeur et en faisant sauter la cha&#238;ne sur trois pignons accol&#233;s au p&#233;dalier, conserveront-ils l'avance qu'ils ont prise&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous comptons sur le Tour de France pour nous faire conna&#238;tre le fort et le faible de tous ces syst&#232;mes, en attendant qu'un concours du Touring-Club mette chacun d'eux &#224; sa place et nous r&#233;v&#232;le &#224; c&#244;t&#233; des polys &#224; grand rendement qui seules seront appr&#233;ci&#233;es par les Tour de France et les randonneurs, les polys &#224; grand confortable qui conviennent &#224; la cat&#233;gorie infiniment plus nombreuse et plus int&#233;ressante des touristes. Ceux-ci voyagent non pour kilom&#233;trer, mais pour se distraire agr&#233;ablement et hygi&#233;niquement, sans se pr&#233;occuper de savoir s'ils peuvent ou non tenir pied aux pedards qui passent. Dans ce concours, se mettront en ligne, avec d'&#233;gales chances de succ&#232;s, r&#233;trodirectes et l&#233;vocyclettes qui ne figureront jamais dans le Tour de France et qui n'en sont pas moins, pour beaucoup de cyclistes, les meilleures bicyclette de voyage.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; V.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(Apr&#232;s l'&#233;tape du Galibier.)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Cols muletiers (Dolin)</title>
		<link>http://velotextes.fr/spip.php?article1109</link>
		<guid isPermaLink="true">http://velotextes.fr/spip.php?article1109</guid>
		<dc:date>2025-11-01T21:30:33Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>velovi</dc:creator>


		<dc:subject>Alpes</dc:subject>
		<dc:subject>H. Dolin</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Ce chapitre est sp&#233;cialement d&#233;di&#233; au Club Alpin, association qui fut la premi&#232;re &#224; s'occuper des Alpes et &#224; les faire connaitre. &lt;br class='autobr' /&gt;
J'esp&#232;re rappeler d'agr&#233;ables souvenirs &#224; mes vieux coll&#232;gues de la Soci&#233;t&#233; en leur pr&#233;sentant le graphique de sentiers qu'ils ont si souvent parcourus &#224; la recherche de pics alors inviol&#233;s. Aux nouveaux, aux jeunes, j'esp&#232;re &#234;tre utile en leur fournissant des renseignements pr&#233;cis, dont leurs ain&#233;s ont eu souvent &#224; d&#233;plorer l'absence. &lt;br class='autobr' /&gt;
Dans les chapitres&#160;(&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="http://velotextes.fr/spip.php?rubrique14" rel="directory"&gt;Grand tourisme, Randonn&#233;es, Promenades et Excursions&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="http://velotextes.fr/spip.php?mot41" rel="tag"&gt;Alpes&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://velotextes.fr/spip.php?mot80" rel="tag"&gt;H. Dolin&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='http://velotextes.fr/local/cache-vignettes/L121xH150/pxl_20251101_160720863_2-12c58-357a1.jpg?1789644250' class='spip_logo spip_logo_right' width='121' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_2374 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='http://velotextes.fr/IMG/jpg/pxl_20251101_160720863_2.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='http://velotextes.fr/local/cache-vignettes/L500xH619/pxl_20251101_160720863_2-19f10.jpg?1788127416' width='500' height='619' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Ce chapitre est sp&#233;cialement d&#233;di&#233; au Club Alpin, association qui fut la premi&#232;re &#224; s'occuper des Alpes et &#224; les faire connaitre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'esp&#232;re rappeler d'agr&#233;ables souvenirs &#224; mes vieux coll&#232;gues de la Soci&#233;t&#233; en leur pr&#233;sentant le graphique de sentiers qu'ils ont si souvent parcourus &#224; la recherche de pics alors inviol&#233;s. Aux nouveaux, aux jeunes, j'esp&#232;re &#234;tre utile en leur fournissant des renseignements pr&#233;cis, dont leurs ain&#233;s ont eu souvent &#224; d&#233;plorer l'absence.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans les chapitres pr&#233;c&#233;dents, surtout dans le massif de la Chartreuse, j'ai donn&#233; quelques sentiers muletiers.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Etablis &#224; la m&#234;me &#233;chelle que les routes, ces profils paraissent repr&#233;senter des pentes presque verticales et donnent l'impression d'obstacles infranchissables. Ceux repr&#233;sent&#233;s dans ce chapitre ont un aspect beaucoup plus d&#233;bonnaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ne pas se fier aux apparences, car les pr&#233;c&#233;dents, si pointus, seraient aussi &#233;mouss&#233;s s'ils avaient &#233;t&#233; dessin&#233;s &#224; la m&#234;me &#233;chelle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour les routes, les profils ont &#233;t&#233; &#233;tablis au pour les longueurs et au pour les hauteurs&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; c'est-&#224;-dire que, sur le papier, un centim&#232;tre repr&#233;sente 2 kilom&#232;tres en longueur et seulement 160 m&#232;tres en hauteur, soit 12 fois et demie moins de distance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans les nouveaux profils muletiers, les hauteurs ne sont plus qu'au 1/40000&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; le centim&#232;tre repr&#233;sente toujours 2 kilom&#232;tres en longueur, mais seulement 5 fois moins en hauteur, soit 400 m&#232;tres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans ce chapitre, on trouvera, pour la partie carrossable, la valeur des pentes inscrite d'apr&#232;s les principes ordinaires, mais, le plus souvent, sur des lignes trac&#233;es au-dessus du profil.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au-dessus de la grande ligne inf&#233;rieure, des chiffres 1, 2, 3, etc., sont marqu&#233;s &#224; des distances variables&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; au-dessous, les m&#234;mes chiffres 1, 2, 3, etc., sont indiqu&#233;s en sens inverse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si on &#233;l&#232;ve au-dessus du chiffre une perpendiculaire, le point de rencontre avec le profil indiquera l'endroit qu'aura atteint le touriste au bout d'une heure de marche &#224; pied.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les distances que ce m&#234;me touriste atteindra, apr&#232;s 2, 3, 4 heures de marche, sont indiqu&#233;es pareillement par les perpendiculaires &#233;lev&#233;es au-dessus des chiffres 2, 3 et 4.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le marcheur traversant le col en sens oppos&#233; sera renseign&#233; de m&#234;me, en se servant uniquement des chiffres plac&#233;s au-des-sous de la ligne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cet horaire est minutieusement &#233;tabli par quart d'heure, d'apr&#232;s l'allure moyenne en plaine de 5 k. 2 &#224; l'heure.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La vitesse a &#233;t&#233; r&#233;duite dans les pentes en tenant math&#233;matiquement compte de l'altitude, et corrig&#233;e par un l&#233;ger coefficient variable avec la viabilit&#233; du sentier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cet horaire est sup&#233;rieur &#224; ceux qui l'ont pr&#233;c&#233;d&#233;s, parce qu'il peut &#233;galement servir &#224; des touristes de marche tr&#232;s diff&#233;rente.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En effet, au bout de la premi&#232;re heure, le touriste, suivant son allure, se trouvera en avance ou en retard sur l'horaire indiqu&#233;. S'il a une marche constante, il pourra imm&#233;diatement calculer le temps qui lui sera n&#233;cessaire pour arriver &#224; l'&#233;tape, en retranchant ou additionnant, &#224; chaque heure de marche indiqu&#233;e, le nombre de minutes qu'il a gagn&#233;es ou perdues pendant la premi&#232;re heure.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour la travers&#233;e d'un autre col, le m&#234;me touriste sera fix&#233; 117 d'avance sur la dur&#233;e du parcours, l'horaire de marche ayant &#233;t&#233; &#233;tabli pour tous les sentiers d'apr&#232;s les m&#234;mes r&#232;gles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les heures indiqu&#233;es sur le protil pour le passage d'un col concorderont d'une fa&#231;on presque absolue avec les temps employ&#233;s par le touriste sage, qui, marchant lentement, tr&#232;s lentement m&#234;me, conservera la m&#234;me allure et ne s'arr&#234;tera dans les fortes rampes que les quelques minutes n&#233;cessaires au r&#233;tablissement du rythme normal de sa respiration.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Remarques&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour le cycliste qui, dans l'intention bien naturelle de fuir un moment la civilisation et la poussi&#232;re des autos, se d&#233;cide &#224; remonter jusqu'au bout nos vall&#233;es alpines, pour le cycliste dis-je, se pose la grave question&#160;: l'extr&#233;mit&#233; de la vall&#233;e, une fois atteinte, devra-t-il refaire en sens contraire le chemin de la veille ou bien sa machine &#224; la main peut-il envisager la possibilit&#233; d'arriver par un sentier de col &#224; la vall&#233;e adjacente&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;? Peut-il, enfin, se transporter avec sa b&#233;cane, sans fatigue exag&#233;r&#233;e, sur ce terrain qui para&#238;t exclusivement r&#233;serv&#233; &#224; l'alpiniste&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Oui, tous les sentiers o&#249; peuvent passer les mulets sont facilement accessibles au cycliste qui tra&#238;ne sa machine et je crois fermement que les personnes qui feront ces travers&#233;es de col n'&#233;prouveront aucune d&#233;sillusion, si elles lisent attentivement les quelques lignes qui suivent et mettent &#224; profit les conseils qui y sont renferm&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'en parle avec connaissance de cause car, dans tous ces sentiers, j'ai pouss&#233; &#224; la main ma bicyclette munie d'un compteur kilom&#233;trique&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; c'est par ce moyen que j'ai pu noter la longueur de chaque pente et d&#233;terminer tous les &#233;l&#233;ments n&#233;cessaires &#224; l'&#233;tablissement des profils.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'horaire &#233;tabli pour les marcheurs peut aussi servir pour l'homme qui pousse sa machine. Il suffit pour cela de l'augmenter d'un cinqui&#232;me, c'est-&#224;-dire que si l'horaire marque 4 heures pour l'ascension d'un col par un pi&#233;ton, il en faudra 5 pour le cycliste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;12 minutes par heure, &#224; la mont&#233;e, repr&#233;sentent done la surchage impos&#233;e au touriste par sa machine&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; &#224; la descente, le poids a moins d'importance et ne r&#233;duit que de tr&#232;s peu la vitesse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans ces conditions, le cycliste n'&#233;prouvera pas une fatigue-horaire plus grande que le marcheur, il devra seulement, semble-t-il, arriver apr&#232;s lui &#224; l'&#233;tape.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Or, presque toujours, le contraire a lieu et c'est le cycliste qui arrive le premier. La surchage qui lui est impos&#233;e par le poids de sa machine, ne se fait sentir que dans les parties exclusivement muleti&#232;res.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans la plupart des cas, la voie de communication qui relie deux vall&#233;es entre elles commence par &#234;tre carrossable ou au moins accessible aux chariots, puis devient muleti&#232;re sur les deux versants aux approches du col et redevient praticable dans la descente sur le fond de la vall&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En p&#233;dalant sur les rampes cyclables de la premi&#232;re partie du parcours, le cycliste gagnera avec peine quelques minutes d'avance sur le marcheur, mais les perdra bien vite en sentier muletier lorsqu'il lui faudra pousser sa machine. Seul le chemin praticable en descente lui donnera une grande sup&#233;riorit&#233;, et, suivant sa longueur, lui permettra de rattraper le pi&#233;ton et souvent de le devancer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le cycliste qui affronte pour la premi&#232;re fois les sentiers des Alpes, imitera le touriste sage qui marche lentement, tr&#232;s lentement&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; il devra, puisqu'il traine sa machine, diminuer encore sa vitesse et conserver scrupuleusement cette allure tr&#232;s ralentie&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; il veillera soigneusement &#224; sa respiration et &#233;vitera&lt;br class='autobr' /&gt;
l'essoufflement complet qui d&#233;moralise et n&#233;cessite les longs arr&#234;ts.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ne jamais partir sans emporter des provisions&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; manger tr&#232;s souvent, mais peu &#224; la fois&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; &#233;viter de faire un gros repas si la mont&#233;e n'est pas termin&#233;e&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; dans les courses longues, partir de tr&#232;s bonne heure, de fa&#231;on &#224; &#233;viter la grande chaleur, si p&#233;nible dans les fortes mont&#233;es et &#224; pouvoir prendre un long repos au milieu de la journ&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le cycliste devra autant que possible avoir une tr&#232;s petite multiplication, pour pouvoir gravir sans trop de fatigue les rampes&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; la roue libre, qui &#233;vitera dans les sentiers &#233;troits les choes douloureux &#224; la machine et aux jambes de celui qui la pousse&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; le frein ralentisseur, presque indispensable, parce qu'il supprime, dans les descentes, le poids de la machine et permet &#224; son conducteur, qui n'est plus entra&#238;n&#233; par elle, de descendre avec facilit&#233; les pentes les plus inclin&#233;es. Lorsque l'excursion doit durer plusieurs jours, &#233;viter autant que possible de faire dans la m&#234;me journ&#233;e des diff&#233;rences de niveau de plus de 1.500 m&#232;tres et pr&#233;parer son itin&#233;raire de mani&#232;re &#224; couper les rampes trop longues en couchant &#224; une altitude d&#233;j&#224; &#233;lev&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enfin, le cycliste devra se connaitre assez lui-m&#234;me pour se rendre compte si la course est au-dessus de ses moyens. La fatigue que produit la montagne n'est pas sup&#233;rieure mais &#233;gale &#224; celle qui est produite par la marche en plaine. Il serait donc imprudent pour un touriste d'entreprendre en montagne une excursion qui doit durer 10 heures, s'il n'est capable de faire en plaine, &#224; pied ou en bicyclette, un trajet comportant un temps de m&#234;me dur&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_2375 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='http://velotextes.fr/IMG/jpg/pxl_20251105_140011693_2.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='http://velotextes.fr/local/cache-vignettes/L500xH291/pxl_20251105_140011693_2-7fb43.jpg?1788127416' width='500' height='291' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_2376 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='http://velotextes.fr/IMG/jpg/pxl_20251105_140037177_2.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='http://velotextes.fr/local/cache-vignettes/L500xH317/pxl_20251105_140037177_2-0e935.jpg?1788127416' width='500' height='317' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_2393 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='http://velotextes.fr/IMG/jpg/pxl_20251105_140043851_2.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='http://velotextes.fr/local/cache-vignettes/L500xH308/pxl_20251105_140043851_2-6e64a.jpg?1788127417' width='500' height='308' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_2377 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='http://velotextes.fr/IMG/jpg/pxl_20251105_140101707_2.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='http://velotextes.fr/local/cache-vignettes/L500xH327/pxl_20251105_140101707_2-0d05c.jpg?1788127417' width='500' height='327' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_2378 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='http://velotextes.fr/IMG/jpg/pxl_20251105_140108157_2.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='http://velotextes.fr/local/cache-vignettes/L500xH315/pxl_20251105_140108157_2-69fd1.jpg?1788127417' width='500' height='315' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_2379 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='http://velotextes.fr/IMG/jpg/pxl_20251105_140119151_2.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='http://velotextes.fr/local/cache-vignettes/L500xH319/pxl_20251105_140119151_2-92d00.jpg?1788127417' width='500' height='319' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_2380 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='http://velotextes.fr/IMG/jpg/pxl_20251105_140134494_2.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='http://velotextes.fr/local/cache-vignettes/L500xH290/pxl_20251105_140134494_2-efff3.jpg?1788127417' width='500' height='290' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_2381 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='http://velotextes.fr/IMG/jpg/pxl_20251105_140146605_2.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='http://velotextes.fr/local/cache-vignettes/L500xH313/pxl_20251105_140146605_2-1927d.jpg?1788127418' width='500' height='313' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_2382 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='http://velotextes.fr/IMG/jpg/pxl_20251105_140153494_2.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='http://velotextes.fr/local/cache-vignettes/L500xH305/pxl_20251105_140153494_2-cbe6a.jpg?1788127418' width='500' height='305' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_2383 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='http://velotextes.fr/IMG/jpg/pxl_20251105_140158323_2.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='http://velotextes.fr/local/cache-vignettes/L500xH317/pxl_20251105_140158323_2-364f1.jpg?1788127418' width='500' height='317' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div class='spip_document_2394 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='http://velotextes.fr/IMG/jpg/pxl_20251105_140203532_2.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='http://velotextes.fr/local/cache-vignettes/L500xH292/pxl_20251105_140203532_2-a2e3a.jpg?1788127418' width='500' height='292' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_2384 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='http://velotextes.fr/IMG/jpg/pxl_20251105_140208637_2.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='http://velotextes.fr/local/cache-vignettes/L500xH315/pxl_20251105_140208637_2-717e8.jpg?1788127418' width='500' height='315' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_2385 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='http://velotextes.fr/IMG/jpg/pxl_20251105_140213152_2.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='http://velotextes.fr/local/cache-vignettes/L500xH317/pxl_20251105_140213152_2-d7ab0.jpg?1788127419' width='500' height='317' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_2386 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='http://velotextes.fr/IMG/jpg/pxl_20251105_140217583_2.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='http://velotextes.fr/local/cache-vignettes/L500xH320/pxl_20251105_140217583_2-a4797.jpg?1788127419' width='500' height='320' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_2387 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='http://velotextes.fr/IMG/jpg/pxl_20251105_140225062_2.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='http://velotextes.fr/local/cache-vignettes/L500xH313/pxl_20251105_140225062_2-3740e.jpg?1788127419' width='500' height='313' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_2388 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='http://velotextes.fr/IMG/jpg/pxl_20251105_140227960_2.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='http://velotextes.fr/local/cache-vignettes/L500xH303/pxl_20251105_140227960_2-67b01.jpg?1788127419' width='500' height='303' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_2389 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='http://velotextes.fr/IMG/jpg/pxl_20251105_140234836_2.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='http://velotextes.fr/local/cache-vignettes/L500xH306/pxl_20251105_140234836_2-3ff17.jpg?1788127419' width='500' height='306' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_2390 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='http://velotextes.fr/IMG/jpg/pxl_20251105_140238031_2.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='http://velotextes.fr/local/cache-vignettes/L500xH302/pxl_20251105_140238031_2-7db91.jpg?1788127419' width='500' height='302' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_2391 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='http://velotextes.fr/IMG/jpg/pxl_20251105_140242609_2.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='http://velotextes.fr/local/cache-vignettes/L500xH272/pxl_20251105_140242609_2-d70cb.jpg?1788127420' width='500' height='272' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_2392 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='http://velotextes.fr/IMG/jpg/pxl_20251105_140245326_2.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='http://velotextes.fr/local/cache-vignettes/L500xH318/pxl_20251105_140245326_2-01db9.jpg?1788127420' width='500' height='318' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Le Col de Rh&#232;mes-Goletta</title>
		<link>http://velotextes.fr/spip.php?article1107</link>
		<guid isPermaLink="true">http://velotextes.fr/spip.php?article1107</guid>
		<dc:date>2025-10-15T18:32:05Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>velovi</dc:creator>


		<dc:subject>Alpes</dc:subject>
		<dc:subject>Cyclo-muletier</dc:subject>
		<dc:subject>cyclo-alpinisme</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Le Cycliste, 1939 &lt;br class='autobr' /&gt;
Depuis que les 2.770 m&#232;tres du Col de l'Iseran furent franchis &#224; bicyclette, ainsi que certains passages muteliers par des moyens de fortune, il fallait trouver un autre taire pour le cycliste &#233;clectique. Ainsi naquit le cyclisme-alpinisme, c'est-&#224;-dire le franchissement de cols au-dessus de 3.000 m&#232;tres, en utilisant rocs et glaciers. &lt;br class='autobr' /&gt;
D&#233;barqu&#233; &#224; Bourg-Saint-Maurice le 3&#160;ao&#251;t 1937, je prends avec tout mon attirail de haute montagne cette route fameuse de l'Iseran. &lt;br class='autobr' /&gt;
A&#160;(&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="http://velotextes.fr/spip.php?rubrique14" rel="directory"&gt;Grand tourisme, Randonn&#233;es, Promenades et Excursions&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="http://velotextes.fr/spip.php?mot41" rel="tag"&gt;Alpes&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://velotextes.fr/spip.php?mot151" rel="tag"&gt;Cyclo-muletier&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://velotextes.fr/spip.php?mot181" rel="tag"&gt;cyclo-alpinisme&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;Le Cycliste, 1939&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis que les 2.770 m&#232;tres du Col de l'Iseran furent franchis &#224; bicyclette, ainsi que certains passages muteliers par des moyens de fortune, il fallait trouver un autre taire pour le cycliste &#233;clectique. Ainsi naquit le cyclisme-alpinisme, c'est-&#224;-dire le franchissement de cols au-dessus de 3.000 m&#232;tres, en utilisant rocs et glaciers.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#233;barqu&#233; &#224; Bourg-Saint-Maurice le 3&#160;ao&#251;t 1937, je prends avec tout mon attirail de haute montagne cette route fameuse de l'Iseran.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A Tignes, je retrouve mon coll&#232;que du &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;C. A. F.&lt;/span&gt; Andr&#233; Tuaillon. C'est un jeune alpiniste, infatigable, poss&#233;dant d&#233;j&#224; une s&#233;rieuse technique de glaci&#233;riste et de rochassier&#160;:&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;plant&#233; son piolet et pouss&#233; ses skis jusque sur les plus envi&#233;es de nos cimes. Des r&#233;f&#233;rences telles que&#160;: Pic du Thabor, Grande Sassi&#232;re, Grande Motte, Grand Paradis, Grande Casse, Mont Blanc, sans parler de premi&#232;re en vue, me dispensent de plus amples commentaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 4&#160;ao&#251;t, mont&#233;e au Refuge du Saut-de-la-Sassi&#232;re (2.296 m.), par le versant du Franchet, o&#249; notre arriv&#233;e provoque l'&#233;tonnement sympathique du g&#233;rant et d'une cord&#233;e parisienne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 5&#160;ao&#251;t, &#224; la lueur d'une lanterne, nous nous acheminons vers le Plan de la Sassi&#232;re o&#249; l'on peut cycler montagnes russes, raidillons, sentier &#224; flanc de pente. Puis nous longeons le Lac de la Sassi&#232;re, dont nous admirons les eaux moir&#233;es refl&#233;tant l'extraordinaire d&#233;chiqueture du D&#244;me de Val d'Is&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A partir de ce lac, on entre dans une zone de resserrement o&#249; l'alpage fait peu &#224; peu place &#224; la rocaille, puis au rocher. La petite reine ob&#233;it assez bien aux directives de son pilote, mais dans les &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;pas &#034; scabreux et au passage des torrents il faut la porter. Apr&#232;s une marche sur la moraine de la Goletta, une courte escalade rocheuse nous d&#233;pose au pied de la pente glaciaire terminale. Dans le bas, chute de s&#233;racs, rimaye vers la Tsantaleina.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est la premi&#232;re fois qu'une bicyclette enti&#232;re atteint l'altitude de 3.000 m&#232;tres en Europe et aborde un vrai glacier. Celui-ci, assez redress&#233; au d&#233;but et durci, nous oblige &#224; porter notre pr&#233;cieuse coll&#232;gue et &#224; utiliser le piolet, mais en son milieu la rampe s'humanise, le soleil ramollit sa surface, et, apr&#232;s avoir &#233;vit&#233; trois crevasses et gravi la derni&#232;re partie redress&#233;e &#224; nouveau, nous atteignons le col de Rh&#234;mes-Goletta, tant d&#233;sir&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Notre souveraine roul&#233;e sur la ligne fronti&#232;re est imm&#233;diatement entour&#233;e d'une petite cour.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le place nous manque pour d&#233;crire ce cr&#233;neau glaciaire, un des plus r&#233;put&#233;s passages de cette cha&#238;ne, ainsi que ses admirables points de vue. Contentons-nous d'appr&#233;cier la superbe chape de glace de la Tsanteleina, la formidable muraille de la Granta Par&#233; et au loin le puissant massif du Grand Paradis.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_2370 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='http://velotextes.fr/IMG/jpg/pxl_20251015_115045258_2.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='http://velotextes.fr/local/cache-vignettes/L500xH446/pxl_20251015_115045258_2-5d0e8.jpg?1788124287' width='500' height='446' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s une s&#233;ance originale et amusante de p&#233;dalage sur glacier, nous nous encordons, Andr&#233; Tuaillon, &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;Duralumine&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; et moi pour la descente sur le Glacier de Goletta, assez dangereux, et o&#249; il faut louvoyer pour &#233;viter le plus possible de crevasses.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le glacier travers&#233;, franchissement d'une ar&#234;te et d'une barre rocheuse de la Granta Par&#233;, ainsi que d'un promontoire, puis descente dans une large chemin&#233;e tournante. L&#224;, je me s&#233;pare avec &#233;motion du d&#233;vou&#233; Andr&#233; Tuaillon qui remonte au col, &#233;tant retenu le lendemain pour une course &#224; ski vers la Pointe Pers.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_2371 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='http://velotextes.fr/IMG/png/screenshot_2025-10-15_at_20-18-59_cyclo_alpinisme_et_muletier_-_google_drive.png' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/png&#034;&gt; &lt;img src='http://velotextes.fr/local/cache-vignettes/L500xH623/screenshot_2025-10-15_at_20-18-59_cyclo_alpinisme_et_muletier_-_google_drive-451b0.png?1788124287' width='500' height='623' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;De ressauts en ressauts, de couloirs en couloirs, une ar&#234;te herbeuse long&#233;e, un torrent travers&#233; - descente dure avec un v&#233;lo - j'atteins le Poste-Refuge &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;G. F.&lt;/span&gt; Benevolo (2.350 m. environ), o&#249; mon arriv&#233;e cause une vive sensation. Mais, apr&#232;s avoir re&#231;u des f&#233;licitations, je suis arr&#234;t&#233; par un lieutenant italien de la milice fronti&#232;re, descendu de son observatoire, et cela pour avoir franchi un col fronti&#232;re interdit, m&#234;me avec toutes mes pi&#232;ces en r&#232;gle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avec maints &#233;gards, conduit &#224; Aosta sur-le-champ avec une escorte arm&#233;e par la Vall&#233;e de Rh&#233;mes, tant&#244;t &#224; pied, tant&#244;t &#224; v&#233;lo, je me suis pr&#233;sent&#233; &#224; la Questure, puis &#224; la Pr&#233;fecture. Ma bonne foi ayant &#233;t&#233; contr&#244;l&#233;e, je fus, le lendemain, laiss&#233; libre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A le suite de cette aventure, je montai, le 6, &#224; Ollomont (1340 m.), dans la vall&#233;e de la Valpelline - dernier village italien avant le fronti&#232;re italo-suisse - qui vit ainsi, pour la Premi&#232;re fois, l'arriv&#233;e d'un cycliste &#233;tranger.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s une ascension tr&#232;s r&#233;ussie au Mont V&#233;lan (3.765 m.). je reliai le lendemain, d'une seule p&#233;dal&#233;e, les confins italo-suisses &#224; la France, par le Petit-Saint-Bernard.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis notre performance, des coll&#232;gues ont d&#233;pass&#233; l&#233;g&#232;rement, avec v&#233;lo, notre cote 3.120 m.&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; d'autres monteront sans doute plus haut encore, mais nous r&#233;clamons pour notre gracieuse Petite Reine l'honneur d'avoir &#233;t&#233; la premi&#232;re en Europe &#224; grimper au-dessus de de 3.100 m. et &#224; traverser 2 glaciers, et pour nous la satisfaction de l'avoir pilot&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Rapha&#235;l &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;DULAC&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;de la Section Lyonnaise du Club Alpin Fran&#231;ais.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Le col de l'Infernet</title>
		<link>http://velotextes.fr/spip.php?article1106</link>
		<guid isPermaLink="true">http://velotextes.fr/spip.php?article1106</guid>
		<dc:date>2025-10-15T18:07:32Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>velovi</dc:creator>


		<dc:subject>Alpes</dc:subject>
		<dc:subject>Cyclo-muletier</dc:subject>
		<dc:subject>cyclo-alpinisme</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Le Cycliste, 1939 &lt;br class='autobr' /&gt;
Ce col, qui fait communiquer La Grave (Le Chazelet) et Saint-Jean d'Arves (Entraignes) a &#233;t&#233; franchi, le 23&#160;octobre 1938, par cinq membres du V&#233;lo-Touristique Grenoblois&#160;: M&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;me&lt;/sup&gt;&#160;Marmonnier, &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;MM&lt;/span&gt;.&#160;Marmonnier, Curtet, Cherfils, Schassmann. Son ascension pr&#233;sente certaines difficult&#233;s et demande un entra&#238;nement pr&#233;alable sur les cols muletiers plus faciles. Sens recommand&#233;&#160;: La Grave-Entraignes. &lt;br class='autobr' /&gt;
Jusqu'au Chazelet (1.800 m.), bonne route&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; du Chazelet &#224; la Buffe (1.950 m.),&#160;(&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="http://velotextes.fr/spip.php?rubrique14" rel="directory"&gt;Grand tourisme, Randonn&#233;es, Promenades et Excursions&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="http://velotextes.fr/spip.php?mot41" rel="tag"&gt;Alpes&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://velotextes.fr/spip.php?mot151" rel="tag"&gt;Cyclo-muletier&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://velotextes.fr/spip.php?mot181" rel="tag"&gt;cyclo-alpinisme&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;Le Cycliste, 1939&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_2369 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='http://velotextes.fr/IMG/jpg/pxl_20251015_120504319_2.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='http://velotextes.fr/local/cache-vignettes/L500xH419/pxl_20251015_120504319_2-ebb88.jpg?1788124287' width='500' height='419' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Ce col, qui fait communiquer La Grave (Le Chazelet) et Saint-Jean d'Arves (Entraignes) a &#233;t&#233; franchi, le 23&#160;octobre 1938, par cinq membres du V&#233;lo-Touristique Grenoblois&#160;: M&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;me&lt;/sup&gt;&#160;Marmonnier, &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;MM&lt;/span&gt;.&#160;Marmonnier, Curtet, Cherfils, Schassmann. Son ascension pr&#233;sente certaines difficult&#233;s et demande un entra&#238;nement pr&#233;alable sur les cols muletiers plus faciles. Sens recommand&#233;&#160;: La Grave-Entraignes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jusqu'au Chazelet (1.800 m.), bonne route&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; du Chazelet &#224; la Buffe (1.950 m.), chemin de chars avec nombreuses et dures contrepentes. Au del&#224;, sentier non muletier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le sentier part, peu apr&#232;s les chalets de la Buffe, vers une maison isol&#233;e (croix en bois) situ&#233;e au confluent de la vall&#233;e et du torrent de l'Infernet (voir carte E.M.). Il longe la rive droite (attention&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;!) du torrent. Peu apr&#232;s une cascade, on franchit le torrent pour remonter une croupe herbeuse tr&#232;s raide. Remarquer dans ces parages des inscriptions grav&#233;es sur une pierre. Le sentier disparait par moments. Traces de b&#233;tail. Les p&#226;turages font place aux schistes et l'on arrive au col par une pente tr&#232;s raide.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De la Buffe au col, 2 h. 30, arr&#234;ts compris. Portage presque continuel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pendant toute la mont&#233;e, vue splendide sur la Meije et le Massif du Pelvoux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le col forme une sorte de plateau dans les schistes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A l'autre extr&#233;mit&#233; du plateau, vue subite sur les Aiguilles d'Arves, toutes proches (la vue est encore plus belle d'un peu plus bas) et sur le Mont-Blanc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Suivre le torrent qui descend du col. Marche de flanc dans le talweg. Pas de sentier trac&#233;. On arrive en vue d'un chalet &#224; moiti&#233; ruin&#233;. Inutile d'aller jusqu'au chalet&#160;: 100 m&#232;tres avant celui-ci, un sentier franchit le torrent et remonte &#224; gauche dans les p&#226;turages pour &#233;viter les c&#244;nes d'&#233;rosion. A partir de l&#224;, il suffit de suivre ce sentier sans crainte de se tromper.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans la vall&#233;e de l'Arvette (Arvellaz sur la Michelin), tr&#232;s mauvais sentier (&#233;boul&#233; par endroits, avec contrepentes nombreuses) jusqu'&#224; Vallonnet.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De l&#224;, sentier cyclable jusqu'&#224; Entraignes. Ensuite, route de la Croix de Fer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Du col &#224; Entraignes, 3 h. 20, arr&#234;ts compris. Portage intermittent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A noter que, pour coucher, le dernier hameau o&#249; l'on puisse trouver un h&#244;tel est le Chazelet (H&#244;tel Gravier).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au total, et malgr&#233; les difficult&#233;s, une des plus belles travers&#233;es alpestres, et bien digne de tenter les cyclo-alpinistes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;P. &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;CURTET&lt;/span&gt; (Grenoble).&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Le col de Chavi&#232;res</title>
		<link>http://velotextes.fr/spip.php?article1101</link>
		<guid isPermaLink="true">http://velotextes.fr/spip.php?article1101</guid>
		<dc:date>2025-10-05T21:30:16Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>velovi</dc:creator>


		<dc:subject>Alpes</dc:subject>
		<dc:subject>Cyclo-muletier</dc:subject>
		<dc:subject>cyclo-alpinisme</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Le Cycliste, avril 1947 &lt;br class='autobr' /&gt;
Le col relie Pralognan-la-Vanoise &#224; Modane. Franchi sans doute pour la premi&#232;re fois en 1938 par les cyclomuletiers Gu&#233;rin et Koening, puis en 1943 par Chatelain, d'Annecy, il ne figure pas sur les profils Dolin. La travers&#233;e la plus facile s'effectue dans le sens Pralognan-Modane. On gagne Pralognan de Moutiers par une route assez dure, notamment &#224; partir du Villard-du-Planay et par-dessus le march&#233; en certains endroits en tr&#232;s mauvais &#233;tat. Malgr&#233; des ressources&#160;(&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="http://velotextes.fr/spip.php?rubrique14" rel="directory"&gt;Grand tourisme, Randonn&#233;es, Promenades et Excursions&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="http://velotextes.fr/spip.php?mot41" rel="tag"&gt;Alpes&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://velotextes.fr/spip.php?mot151" rel="tag"&gt;Cyclo-muletier&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://velotextes.fr/spip.php?mot181" rel="tag"&gt;cyclo-alpinisme&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_2356 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='http://velotextes.fr/IMG/jpg/pxl_20251005_112902240_5.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='http://velotextes.fr/local/cache-vignettes/L500xH197/pxl_20251005_112902240_5-aa8a8.jpg?1788124288' width='500' height='197' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Le Cycliste, avril 1947&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le col relie Pralognan-la-Vanoise &#224; Modane. Franchi sans doute pour la premi&#232;re fois en 1938 par les cyclomuletiers Gu&#233;rin et Koening, puis en 1943 par Chatelain, d'Annecy, il ne figure pas sur les profils Dolin. La travers&#233;e la plus facile s'effectue dans le sens Pralognan-Modane. On gagne Pralognan de Moutiers par une route assez dure, notamment &#224; partir du Villard-du-Planay et par-dessus le march&#233; en certains endroits en tr&#232;s mauvais &#233;tat. Malgr&#233; des ressources h&#244;teli&#232;res assez abondantes, il est difficile de trouver un lit &#224; Pralognan, du 15&#160;juillet &#224; d&#233;but septembre, c'est-&#224;-dire pendant la p&#233;riode ou le col de Chavi&#232;res peut &#234;tre travers&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En sortant de Pralognan, on traverse le Doron-de-Chavi&#232;res et apr&#232;s un kilom&#232;tre de plat on atteint de fortes rampes en lacets qu'on peut vaincre avec le petit braquet du petit plateau ou &#224; pied&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! puis on traverse les chalets de la Choli&#232;res, ceux du Planes et des Priaux. Peu apr&#232;s, la marche en v&#233;lo devient impossible, mais une fois de vastes prairies atteintes on peut cycler de nouveau. Ce n'est que lorsqu'on arrive &#224; un &#233;criteau&#160;: &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;Col de Chavi&#232;res&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; qu'il faut troquer les souliers cyclistes contre les chaussures &#224; clous, la travers&#233;e avec des chaussures cyclistes &#224; semelles renforc&#233;es n'est pas impossible, mais fortement d&#233;conseill&#233;e &#224; cause des n&#233;v&#233;s tr&#232;s nombreux jusqu'&#224; mi-ao&#251;t. Sentier bien trac&#233; et facile qui permet d'atteindre en moins de 3 h. 30 de Pralognan le refuge Peclet-Poiset du &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;C.A.F.&lt;/span&gt;&#224; 2.500 m&#232;tres d'altitude (refuge gard&#233;).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De ce refuge le col est nettement visible au sud, mais il convient de suivre le sentier qui oblique d'abord nettement &#224; l'est puis, prend la direction du col - passe &#224; c&#244;t&#233; d'un petit lac, tr&#232;s belle vue sur les glaciers - puis dispara&#238;t le plus souvent sous les n&#233;v&#233;s et atteint le col par des lacets taill&#233;s dans du schiste en d&#233;com-position.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On a effectu&#233; alors la partie qui peine le plus, et en outre d'une fa&#231;on tr&#232;s agr&#233;able car la mont&#233;e est tr&#232;s facile.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La descente est d'abord assez rapide, les n&#233;v&#233;s subsistent moins longtemps sur ce versant expos&#233; au midi. On traverse un vaste plateau couvert d'&#233;clats d'obus (champ de tir) o&#249; le sentier dispara&#238;t&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; on laisse nettement &#224; gauche le lac de la Partie et lorsqu'on aper&#231;oit le torrent qui descend du glacier du Poiset par de belles cascades, et les premiers m&#233;l&#232;zes, on descend dans leur direction. On aper&#231;oit d'ailleurs les traces d'un sentier qui devient presque cyclable en longeant une falaise rocheuse et gagne par des pentes accentu&#233;es le hameau de Poiset (1.800 m.). On entre &#224; nouveau dans la for&#234;t et apr&#232;s la Perri&#232;re le chemin est si caillouteux, pentu et malais&#233; qu'il vous d&#233;go&#251;tera des travers&#233;es cyclomuleti&#232;res pendant au moins... une semaine&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! On peut remettre les souliers cyclistes 600 m&#232;tres avant Modane o&#249; l'on entre par la rue de Chavi&#232;res. Temps total mis pour la travers&#233;e (arr&#234;t compris)&#160;: 10 heures.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Chatelain en 1943 a suivi un itin&#233;raire qui doit raccourcir la descente d'une bonne demi-heure et doit &#234;tre beaucoup plus facile. Apr&#232;s avoir travers&#233; le Polset (hameau), on descend vers le torrent que l'on traverse sur une passerelle. Un sentier permet d'atteindre la route du Fort du Sappey et de descendre dans la vall&#233;e de l'Arc par Saint-Andr&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Renseignements communiqu&#233;s par Jacques L. &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;KAZO&lt;/span&gt; Cyclotouriste Aixois, Cyclomuletiers Savoyards.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_2355 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='http://velotextes.fr/IMG/jpg/pxl_20251005_113018548_2.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='http://velotextes.fr/local/cache-vignettes/L500xH437/pxl_20251005_113018548_2-11da7.jpg?1788124288' width='500' height='437' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Le Couffourenc (1903)</title>
		<link>http://velotextes.fr/spip.php?article343</link>
		<guid isPermaLink="true">http://velotextes.fr/spip.php?article343</guid>
		<dc:date>2024-10-02T10:55:47Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>velovi</dc:creator>


		<dc:subject>cyclotourisme, cyclocamping</dc:subject>
		<dc:subject>Entre 1900 et 1914</dc:subject>
		<dc:subject>Alpes</dc:subject>
		<dc:subject>d'Espinassous</dc:subject>
		<dc:subject>V&#233;g&#233;tarisme</dc:subject>
		<dc:subject>Marthe Hesse</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;&#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#8239;Il y a une dizaine d'ann&#233;es, j'abandonnai le tourisme &#224; pied pour les joies du cyclisme. Un habile cycliste d'Alais M.&#160;C., devenu aujourd'hui le plus intr&#233;pide des chauffeurs, guida mes premiers pas. Je montrais disait-il des dispositions &#233;tonnantes. En r&#233;alit&#233; je fus un &#233;l&#232;ve pitoyable et, comme les chevaliers malheureux dans les tournois, je mordis souvent la poussi&#232;re.&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;&lt;/p&gt;

-
&lt;a href="http://velotextes.fr/spip.php?rubrique42" rel="directory"&gt;A. D'Espinassous&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="http://velotextes.fr/spip.php?mot9" rel="tag"&gt;cyclotourisme, cyclocamping&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://velotextes.fr/spip.php?mot11" rel="tag"&gt;Entre 1900 et 1914&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://velotextes.fr/spip.php?mot41" rel="tag"&gt;Alpes&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://velotextes.fr/spip.php?mot51" rel="tag"&gt;d'Espinassous&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://velotextes.fr/spip.php?mot54" rel="tag"&gt;V&#233;g&#233;tarisme&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://velotextes.fr/spip.php?mot111" rel="tag"&gt;Marthe Hesse&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;Paru dans Le Cycliste, Octobre 1903&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;section class=&#034;sommaire-section sommaire-section_niveau1 sommaire-section_h3&#034; aria-labelledby=&#034;NOTES-DE-VOYAGE&#034;&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034; id='NOTES-DE-VOYAGE'&gt;&#8212;&lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;NOTES&lt;/span&gt; &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;DE&lt;/span&gt; &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;VOYAGE&lt;/span&gt; &#8212; &lt;/h3&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt; &#224; l'h&#233;ro&#239;ne du Tourmalet,&lt;br class='autobr' /&gt; &#224; Mademoiselle Marthe Hesse.&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Parti de Livron &#224; 4 heures, je ne suis arriv&#233; &#224; Die qu'&#224; midi. Pourquoi le dieu des touristes qui s'&#233;tait toujours comport&#233; envers moi en homme du monde, s'est-il aujourd'hui conduit en v&#233;ritable Apache&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;? Huit heures pour faire 56 kilom&#232;tres&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! Que d'incidents, grands dieux, et pas un d'agr&#233;able&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! Enfants me jetant leurs cerceaux de fer dans mes rayons, chiens trop caressants, vieille sorci&#232;re zigzaguant et finissant par se jeter sous ma roue, &#233;crou perdu, montre oubli&#233;e dans ma chambre et me for&#231;ant &#224; retourner d'Allex &#224; Livron, poussi&#232;re &#233;paisse, chaleur atroce, rien ne m'a manqu&#233;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Marchant prudemment avec une roue branlante, je suis arriv&#233; &#224; Crest o&#249; j'ai pu r&#233;parer. Enfin &#224; midi je descends devant l'h&#244;tel des Alpes. Le d&#233;jeuner m'a fait oublier ces mis&#233;rables anicroches. Je suis parti &#224; une heure, sous un soleil implacable. Je m'arr&#234;te 10 minutes &#224; Luc. Je comptais y voir un disciple de Kuhne, exemple miraculeux de cette extraordinaire m&#233;thode. Je joue de malheur, il est &#224; Paris.&lt;br class='autobr' /&gt;
2 kilom&#232;tres apr&#232;s Luc, viaduc du Clap... Tr&#232;s joli site. La route s'insinue entre les gigantesques rochers de l'&#233;boulement du Clap. Chaque bloc a la grandeur d'une maison. Ils sont entass&#233;s dans un d&#233;sordre, un pittoresque incroyables.&lt;br class='autobr' /&gt;
Il me rappelle dans des proportions infiniment plus grandes le moulin des pierres pr&#232;s de Ch&#226;tillon-de-Michaille. Apr&#232;s ce chaos, mont&#233;e et tunnel creus&#233; par les moines o&#249; se pr&#233;cipite la Dr&#244;me. Ensuite plaine mar&#233;cageuse, plate, longue, ennuyeuse comme un voyage en Sardaigne. J'arrive &#224; Beauri&#232;res. Impossible de trouver du lait. Une jeune femme au c&#339;ur compatissant, &#233;mue de ma d&#233;tresse m'en donne une tasse.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#192; Beauri&#232;res commence la c&#244;te de 10 kilom&#232;tres qui me conduira au col de Cabres. Mont&#233;e monotone, fastidieuse, sol sablonneux et en plein soleil. Quelle sotte id&#233;e ont eue les ing&#233;nieurs d'y planter des peupliers d'Italie&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! Il &#233;tait si simple d'y mettre des &#233;rables ou des noyers. Je domine le chemin de fer et ses nombreux tunnels. Dans l'un d'eux la voie tourne compl&#232;tement. Je pense au Gotthard et ne fais plus attention au paysage. J'aper&#231;ois enfin une chemin&#233;e qui fume furieusement. C'est le refuge. Pas de lait, pas de caf&#233;. Je tire mon &#233;tui &#224; cigarettes et fais comme la chemin&#233;e.&lt;br class='autobr' /&gt;
Je descends &#224; toute allure sur la Baume. Pass&#233; ce village, la route est en pente douce jusqu'&#224; Saint-Pierre-d'Argenson. Je passe devant la villa mauresque de la &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#8239;Dame myst&#233;rieuse&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;. Le vent s'est lev&#233; violent. Je ne donne pas un coup de p&#233;dale. Tout &#224; coup j'aper&#231;ois une mauvaise pancarte portant : passage dangereux &#224; 200 m. Je me m&#233;fie. C'est le plus horrible caniveau que j'aie jamais vu&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! La nuit c'&#233;tait la chute s&#251;re. Pour un automobile la fin certaine de ses ressorts. De Saint-Pierre &#224; Veynes courtes et rudes mont&#233;es. &#192; signaler le passage &#224; niveau de la Croix-St-Luc. On y arrive en descente rapide. La barri&#232;re est peinte en brun clair, ce qui la rend presque invisible. Il la faudrait blanche. J'aper&#231;ois enfin dans la nuit les feux de couleur de la gare de Veynes. Je descends au buffet de la gare. Les chambres sont vernies, les lits en cuivre, le d&#238;ner r&#233;parateur.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-center&#034; style=&#034;text-align:center;&#034;&gt;&#8258;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Vallouise, h&#244;tel des &#201;crins, 21&#160;juillet.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je suis parti de Veynes &#224; 5 heures. Il fait froid sur le plateau. &#192; la Roche, vue superbe sur les monts du D&#233;voluy. La route longe des marais. &#192; la Freyssinouse longue descente sur Gap. Admirable panorama. &#192; Gap, longue halte. Jusqu'&#224; Chorges route agr&#233;able, nombreuses ondulations. Arr&#234;t &#224; la fontaine de ce village. Le poteau du &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;T. C.&lt;/span&gt; portant route &#224; &#233;viter est ridiculement plac&#233;. Tout chauffeur marchant rapidement ne peut le voir. Caus&#233; un instant avec un habitant fort pr&#233;venant : c'est le d&#233;l&#233;gu&#233; du &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;T. C.&lt;/span&gt; Je prends la route des Molettes et suis bient&#244;t sur les bords de la Durance. Jusqu'&#224; Savines lignes droites. Ensuite, route accident&#233;e. Par une derni&#232;re c&#244;te assez raide, j'arrive &#224; Embrun.&lt;br class='autobr' /&gt;
Les souvenirs du docteur Julliard, les miens, me poussent &#224; fuir les h&#244;tels de cette ville. Un gendarme habilement interrog&#233; m'indique un petit restaurant. Il est parfait. Je d&#238;ne avec une jeune et jolie institutrice venue pour un int&#233;rim. Apr&#232;s d&#233;jeuner je vais revoir la cath&#233;drale. Je ne d&#233;col&#232;re pas. Cette admirable &#233;glise b&#226;tie en pierres blanches et noires qui formaient certains dessins a &#233;t&#233; badigeonn&#233;e&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! De magnifiques boiseries noircies, jolies par le temps, ont &#233;t&#233; vernies&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! Et partout abondent des fleurs artificielles, des feuilles dor&#233;es, des saints et saintes polychromes. C'est hideux. Je voudrais que tout cur&#233;, &#224; part son examen th&#233;ologique, pass&#226;t un examen artistique. Des merveilles comme la cath&#233;drale d'Embrun ne seraient pas ainsi d&#233;shonor&#233;es.&lt;br class='autobr' /&gt;
Il est une heure. Que faire jusqu'&#224; deux&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;? Il n'y a plus rien &#224; voir. J'ouvre l'annuaire du &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;T. C.&lt;/span&gt; Le d&#233;l&#233;gu&#233; est M.&#160;G. sous-pr&#233;fet. Allons voir le sous-pr&#233;fet. Je lui demanderai comme entr&#233;e en mati&#232;re un renseignement sur une route quelconque. S'il est touriste, nous nous entendrons fort bien. Il me racontera des histoires sur Embrun et raillera &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#8239;l'administration&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;. J'ai remarqu&#233; qu'on avait un singulier plaisir &#224; dire du mal de son ma&#238;tre, et se moquer de son sup&#233;rieur a toujours &#233;t&#233; la joie et la compensation du subalterne. Je sonne donc &#224; la sous-pr&#233;fecture.
&lt;br /&gt;&#8212; M.&#160;G. demandai-je &#224; l'employ&#233; est-il chez lui&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;? Veuillez lui porter ma carte.&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; L'employ&#233; me regarde avec &#233;tonnement, puis sourit largement.
&lt;br /&gt;&#8212; M.&#160;G. n'est plus ici. Il y a dix-huit mois qu'on lui a &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#8239;fendu l'oreille&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! me r&#233;pond-il.&lt;br class='autobr' /&gt;
Pas respectueux pour un marav&#233;dis cet employ&#233;&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! Mais quel contentement il a d&#251; &#233;prouver &#224; me faire cette r&#233;ponse.&lt;br class='autobr' /&gt;
Je quitte Embrun &#224; 2 heures. Superbe route. L&#233;g&#232;res mont&#233;es et agr&#233;ables descentes jusqu'&#224; Montdauphin. Ennuyeuse mont&#233;e de Saint-Cr&#233;pin. Remarqu&#233; &#224; la Roche le lac couleur d'&#233;meraude&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; de l'autre c&#244;t&#233; de la Durance, les ruines de Rame et la montagne rouge&#226;tre de Pallon. J'aper&#231;ois la mont&#233;e que je gravirai demain. Sa pente me para&#238;t formidable.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#192; la Bess&#233;e, rencontre d'un cur&#233; qui me demande l'heure du courrier de Vallouise. J'ouvre mon indicateur : &#8212; Quatre heures lui dis-je. La route d&#233;bute par une longue et dure mont&#233;e. J'aper&#231;ois la muraille des h&#233;ro&#239;ques Vaudois. Je dis, h&#233;ro&#239;ques&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! car lorsqu'on se bat pour une id&#233;e ou une croyance et non pour un int&#233;r&#234;t, on l'est&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; et mourir pour la libert&#233; de penser est une des plus nobles morts.&lt;br class='autobr' /&gt;
La mont&#233;e finie, la route court en palier, dominant et suivant la Gyronde. &#192; gauche, le paysage est tr&#232;s vert et devient de plus en plus alpestre.&lt;br class='autobr' /&gt;
J'avais d&#233;j&#224; fait 6 &#224; 8 kilom&#232;tres quand je croise un cantonnier. Sans m'arr&#234;ter je l'interpelle.
&lt;br /&gt;&#8212; Suis-je encore loin de Vallouise&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;?
&lt;br /&gt;&#8212; Vous n'&#234;tes qu'&#224; un kilom&#232;tre de la ville aux petits hommes me r&#233;pond-il en &#233;clatant de rire.&lt;br class='autobr' /&gt;
Voil&#224;, me dis-je, un cantonnier fac&#233;tieux et d'humeur plaisante, mais je ne compris sa plaisanterie que plus tard, en remarquant la taille minuscule des habitants de Vallouise.&lt;br class='autobr' /&gt;
Enfin un clocher pointe &#224; travers les arbres, je passe un pont et je mets pied &#224; terre devant l'h&#244;tel des &#201;crins.&lt;br class='autobr' /&gt;
Apr&#232;s une rapide toilette je vais voir le cur&#233;. &lt;br /&gt;&#8212; M.&#160;le cur&#233; ne rentrera qu'&#224; dix heures du soir me r&#233;pond une vieille domestique.&lt;br class='autobr' /&gt;
Je me rabats sur le juge de paix. Absent lui aussi. Je crois me rappeler que M.&#160;H. percepteur &#224; Vallouise est d&#233;l&#233;gu&#233; du &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;T. C.&lt;/span&gt; Erreur de m&#233;moire, j'ai confondu Vallouise avec un autre village. Je me pr&#233;sente &#224; la perception. M.&#160;H. est fort aimable. Malheureusement il ne sait rien n'&#233;tant ici que depuis peu. Il m'offre de me pr&#234;ter l'ouvrage de Whymper sur le Pelvoux &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#8239;Tr&#232;s curieux, me dit-il, et relatant toutes les vieilles coutumes du pays&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;. Ce livre a quarante ans de date, il ne doit plus &#234;tre exact.&lt;br class='autobr' /&gt;
Je fais part &#224; M.&#160;H. de ma d&#233;convenue de n'avoir pu trouver le juge de paix chez lui.
&lt;br /&gt;&#8212; Mais il joue aux boules devant la poste&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! me r&#233;pond-il. Venez sur le balcon, vous l'apercevrez faisant sa partie dans le pr&#233;.&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; Je remercie le percepteur et me dirige vers le pr&#233;.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#192; mon approche, le juge de paix qui s'appr&#234;tait &#224; lancer sa boule retient son bras. Tr&#232;s maigre, de taille moyenne, il accuse 30 &#224; 35 ans.
&lt;br /&gt;&#8212; M.&#160;le juge de paix, lui dis-je, je me suis pr&#233;sent&#233; chez vous il y a une demi-heure. J'ai eu le regret de ne pas vous y trouver. Pourriez-vous, apr&#232;s votre partie, me donner quelques minutes d'entretien.
&lt;br /&gt;&#8212; Mais tout de suite et non apr&#232;s ma partie, me r&#233;pond-il. Je suis &#224; vous. D'ailleurs cette partie est peu int&#233;ressante. (Il devait perdre &#233;videmment.) Voulez-vous que nous allions chez moi&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;?
&lt;br /&gt;&#8212; Ce n'est pas n&#233;cessaire. Promenons, si vous le voulez bien, sur ce chemin.&lt;br class='autobr' /&gt;
Nous quittons le jeu de boules, passons devant la poste et tout en marchant, je l'interroge sur la vall&#233;e.
&lt;br /&gt;&#8212; Vallouise, lui dis-je, est une des plus jolies vall&#233;es des Alpes. Elle a &#233;t&#233;, vous le savez, le th&#233;&#226;tre de cruelles et d'horribles luttes. L'h&#233;ro&#239;sme des Vaudois l'a &#224; jamais rendue c&#233;l&#232;bre. Mais ce n'est pas sur ces luttes que je d&#233;sire avoir des renseignements. Ici le souvenir en a p&#233;ri. Je voudrais savoir si les anciens usages fort curieux de Vallouise se sont conserv&#233;s jusqu'&#224; aujourd hui. Quelle est la mani&#232;re de vivre des montagnards&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;? Les noces, les bapt&#234;mes, les fian&#231;ailles offrent-ils quelques traits de m&#339;urs particuliers &#224; cette vall&#233;e&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;?&lt;br class='autobr' /&gt;
Le juge de paix qui m'&#233;coutait attentivement s'est arr&#234;t&#233;. Sa figure se rembrunit et devient soucieuse. Il me regarde fixement et, surmontant enfin un sentiment d'h&#233;sitation, me dit :
&lt;br /&gt;&#8212; Ces questions, ces demandes, Monsieur, m'&#233;tonnent. Jamais un touriste, et il en vient beaucoup ici, ne me les avait adress&#233;es. Et quoique nous soyons en paix avec l'Italie, je d&#233;sirerais, avant de vous r&#233;pondre, savoir qui vous &#234;tes. Voudriez-vous me montrer vos papiers&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;?&lt;br class='autobr' /&gt;
Je reste stup&#233;fait. Il y a largement de quoi. Mon premier mouvement est de tourner le dos &#224; ce vigilant magistrat de notre d&#233;licieux gouvernement. Le second, vu le caract&#232;re ridicule qu'auraient pu avoir les suites de mon refus &#8212; t&#233;l&#233;gramme au sous-pr&#233;fet annon&#231;ant l'habile arrestation d'un espion dangereux, entr&#233;e &#224; bicyclette &#224; Brian&#231;on entre deux gendarmes, etc., etc. &#8212; est de lui pr&#233;senter ma carte du &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;T. C.&lt;/span&gt; Tout de suite j'ai vu que l'incident se pr&#233;sentait mal. D'ailleurs il avait un c&#244;t&#233; d'op&#233;rette qui me d&#233;plaisait.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le juge de paix lit attentivement ma carte au verso et au recto. Il me la rend en souriant aimablement.
&lt;br /&gt;&#8212; Je vois que vous &#234;tes Fran&#231;ais, me dit-il. Je peux donc vous r&#233;pondre en toute franchise. Eh bien, Monsieur, Vallouise n'a conserv&#233; aucun des usages du pass&#233;, du moins que je sache. Il n'y a rien&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! absolument rien.&lt;br class='autobr' /&gt;
Apr&#232;s m'&#234;tre ressaisi du profond ahurissement o&#249; cette int&#233;ressante communication m'avait plong&#233;, je remercie vivement le juge de paix et prends cong&#233; de lui. Je dois ajouter que nous nous s&#233;parons dans les meilleurs termes.&lt;br class='autobr' /&gt;
Voil&#224;, me dis-je en rentrant &#224; l'h&#244;tel, une &#233;tonnante aventure. J'aurais compris, &#224; la rigueur, ces soup&#231;ons, si mes questions avaient port&#233; sur le nombre des chevaux, des mulets de la vall&#233;e&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; si je l'avais interrog&#233; sur les sentiers par lesquels on franchit les cols de l'Oisan ou du Valgaudemar&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; ou encore sur les r&#233;serves de fourrages, le nombre des moutons, etc., etc. Mais sur des demandes touchant les m&#339;urs, flairer un espion&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! le cas est fabuleux. D&#233;cid&#233;ment Vallouise est bien gard&#233;e&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;!&lt;br class='autobr' /&gt;
Myst&#232;res de la pens&#233;e&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! Pourquoi &#224; ce moment ai-je entrevu de hautes murailles flanqu&#233;es de tours carr&#233;es et ai-je song&#233; au Capitole&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;?...&lt;br class='autobr' /&gt;
Il est six heures. Le d&#238;ner n'est que pour huit. Je monte jusqu'au Po&#235;t. Sur le chemin, je croise le cur&#233; rencontr&#233; &#224; la Bess&#233;e. Nous &#233;changeons quelques paroles. L'eau de la Gyronde me tente... de la glace pure&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! &#192; huit heures je rentre &#224; l'h&#244;tel. Nous sommes quatre &#224; table : le cur&#233;, deux jeunes Marseillaises et moi. Le d&#238;ner est excellent. Des pommes de terre en sont le seul plat maigre. La faim aiguis&#233;e par le bain et l'air vif du soir, je donne le plus magistral coup de canif, que dis-je, de poignard, dans mon contrat v&#233;g&#233;tarien.&lt;br class='autobr' /&gt;
Je raconte au cur&#233; ma visite &#224; la cath&#233;drale d'Embrun. Il me para&#238;t un peu embarrass&#233; de ma sortie sur les saints peintur&#233;s de couleurs criardes. Il doit avoir au moins douze saints Antoine et six saintes Gertrude sur la conscience.
&lt;br /&gt;&#8212; Vous parlez en artiste, me r&#233;pond-il, et la d&#233;votion malheureusement n'est pas leur fort. Je vous avouerai pourtant que dans certaines &#233;glises il y a abus. Mais que de gens, disons-mieux, toute la masse, trouveraient une &#233;glise d&#233;pouill&#233;e de ses ornements affreusement laide. Nous sommes des Latins, ne l'oubliez pas, et l'aust&#233;rit&#233; du nord nous para&#238;trait trop froide. Il faut que nos yeux, nos sens, vibrent dans une &#233;glise et cette &#233;motion nous pr&#233;pare au recueillement de la pri&#232;re. Ainsi parle le cur&#233;, peut-&#234;tre &#224; ce point de vue a-t-il raison.&lt;br class='autobr' /&gt;
Apr&#232;s le d&#238;ner la conversation se poursuit sur la terrasse. Les Marseillaises sont charmantes. Elles viennent d'Abri&#232;s. Le cur&#233; raconte qu'il a lou&#233; un mulet pour le conduire &#224; Ailefroide, il compte aller jusqu'au pr&#233; de M&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;me&lt;/sup&gt;&#160;Carle. &#192; 9 heures poign&#233;e de main au cur&#233; et je me retire. Ma chambre est s&#251;rement celle d'un abb&#233;. Un prie-Dieu, de nombreux livres de pi&#233;t&#233;, des saintes aux c&#339;urs sanguinolents en sont de suffisants indices. Je feuillette quelques livres. Je tombe sur les &#339;uvres compl&#232;tes de Massillon, de Fl&#233;chier. Ce sont les &#233;ditions originales reli&#233;es en peau fauve du temps. J'ai perdu en route les journaux achet&#233;s, &#224; Embrun. Rien donc &#224; lire.&lt;br class='autobr' /&gt;
Assis pr&#232;s de la fen&#234;tre, j'&#233;coute le bruit du torrent, un magnifique clair de lune illumine la vall&#233;e. Ma pens&#233;e revient en arri&#232;re et s'arr&#234;te &#224; ces malheureux Vaudois si atrocement pers&#233;cut&#233;s. J'&#233;voque ces luttes sans merci pour la libert&#233; de pens&#233;e, luttes fratricides qui, sous diff&#233;rentes formes, se continueront toujours ici-bas&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; j'admire ces h&#233;ros qui mouraient pour la libert&#233; de conscience, la premi&#232;re de nos libert&#233;s.&lt;br class='autobr' /&gt;
Les intelligences variant, naturellement les opinions, les croyances varient aussi, et vouloir courber tous les esprits sous un m&#234;me joug me para&#238;t folie et utopie.&lt;br class='autobr' /&gt;
Et c'est plut&#244;t avec une indulgence faite de piti&#233; que je pense aux bourreaux de ces pauvres Vaudois. Nous ne pouvons les juger. Torqu&#233;mada lui-m&#234;me a pu &#234;tre sinc&#232;re&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;N.D.W.&#160;: Question que la litt&#233;rature du 19e se posait &#224; propos de la figure (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; et son &#339;uvre de feu et de sang, aux yeux de Dieu peut &#234;tre m&#233;ritoire. La sinc&#233;rit&#233;, voil&#224; la pierre de touche de nos actions. C'est par elle que nous serons jug&#233;s.&lt;br class='autobr' /&gt;
Nobles et malheureux Vaudois&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! Et je revois le temps o&#249;, aux lueurs rouges de l'incendie qui d&#233;vorait leurs pauvres chaumi&#232;res, ils s'enfuyaient, traqu&#233;s dans les bois sombres&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; je les vois, atteints, terrass&#233;s, frapp&#233;s par une rage aveugle&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; mourants, je les entends s'&#233;crier, levant leurs mains sanglantes vers le ciel : &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#8239;P&#232;re&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! P&#232;re&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! Pardonne-leur...&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-center&#034; style=&#034;text-align:center;&#034;&gt;&#8258;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Serres, 22&#160;juillet.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je suis parti de Vallouise &#224; 3 h. 30. L'h&#244;teli&#232;re s'&#233;tait lev&#233;e pour me pr&#233;parer du caf&#233; noir. Avant mon d&#233;part j'ai d&#251; signer sur un grand-livre. Je l'ai feuillet&#233; et y ai relev&#233; des noms connus. &#192; 5 heures je d&#233;jeune &#224; la Bess&#233;e dans une petite auberge sur la route, que je connais depuis longtemps. &#192; 6 h. 30 j'arrive pr&#232;s de la Roche. Je tourne &#224; droite, passe le pont de bois de la Durance et me voici devant la rampe de Pallon. Je n'ai jamais vu, hormis sur une certaine route d'Auvergne une pente pareille. Je mets 45 minutes pour gravir ces deux kilom&#232;tres. Halte au haut de la c&#244;te. Vue de toute beaut&#233;. J'aper&#231;ois au loin Vars dans ses prairies. La route est bord&#233;e de rochers &#233;normes. Leur coloration rouge vif est &#233;tonnante. Ce sont les roches de l'Esterel.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#192; 8 heures je suis &#224; Pallon. Je me fais faire du caf&#233; par le g&#233;rant d'un v&#233;ritable bazar. C'est d'ailleurs le seul magasin du village.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#192; 8 heures et quart je frappe &#224; la porte de la maison de M.&#160;L... le p&#232;re d'un de mes amis, qui, je l'esp&#232;re, me documentera sur la vall&#233;e de Freyssini&#232;res. Il est malheureusement &#224; Gap et ne rentrera que ce soir. M&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;lle&lt;/sup&gt; L... que j'avais d&#233;j&#224; l'honneur de conna&#238;tre me re&#231;oit et me pr&#233;sente &#224; M&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;me&lt;/sup&gt;&#160;L... Je refuse une invitation &#224; d&#233;jeuner, &#233;tant ce soir attendu &#224; Serres.
&lt;br /&gt;&#8212; C'est plut&#244;t une apparition qu'une visite, dis-je &#224; M&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;me&lt;/sup&gt;&#160;L., mais je n'ai pas voulu passer &#224; la Roche sans venir vous pr&#233;senter mes hommages.
&lt;br /&gt;&#8212; Vous ne partirez pas, me r&#233;pond aimablement M&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;lle&lt;/sup&gt; L.., avant d'avoir vu le Couffourenc. C'est une curiosit&#233; unique. Une heure nous suffira. Je vais mettre des souliers ferr&#233;s. Voulez-vous, en m'attendant, voir notre jardin&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;?&lt;br class='autobr' /&gt;
Des souliers ferr&#233;s&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! et je jetai des regards inquiets sur mes minces souliers de cycliste. Un sort cruel s&#251;rement les attend.&lt;br class='autobr' /&gt;
J'allai dans le jardin. Un grand cerisier charg&#233; d'&#233;normes cerises, m&#251;res &#224; point, fut la premi&#232;re chose que je d&#233;couvris. Une &#233;chelle &#233;tait appuy&#233;e contre le tronc. Un v&#233;g&#233;tarien, a &#233;crit un touriste avec qui j'ai eu parfois de violents d&#233;m&#234;l&#233;s, a toujours vingt ans. &#192; ce moment je me rappelai cet aphorisme... Ces cerises &#233;taient d&#233;licieuses.&lt;br class='autobr' /&gt;
J'admirais une magnifique corbeille de fleurs quand M&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;lle&lt;/sup&gt; L.. appara&#238;t.
&lt;br /&gt;&#8212; Voici, me dit-elle, une canne de ch&#234;ne, et maintenant suivez-moi&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;!&lt;br class='autobr' /&gt;
Traversant des champs, des landes, nous arrivons bient&#244;t sur le bord d'un effroyable ab&#238;me au fond duquel mugissait et grondait un torrent.
&lt;br /&gt;&#8212; Voil&#224; le Couffourenc, me dit M&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;lle&lt;/sup&gt; L.., mais pour le bien voir, il nous faut y descendre.&lt;br class='autobr' /&gt;
Je regarde les parois presque perpendiculaires :
&lt;br /&gt;&#8212; Descendre l&#224;, Mademoiselle, une ch&#232;vre reculerait&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;!
&lt;br /&gt;&#8212; Effet d'optique, suivez-moi toujours, Monsieur&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;, et M&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;lle&lt;/sup&gt; L.., agile et l&#233;g&#232;re, s'&#233;lance sur les &#233;boulis. Son pied s&#251;r et aguerri les effleure &#224; peine, elle ne descend pas, elle glisse vers le gouffre b&#233;ant. Je m'&#233;lance &#224; mon tour sur ces pentes vertigineuses, je me cramponne aux rochers, aux rares buissons, aux moindres touffes d'herbe, et de bond en bond, de glissade en glissade, j'arrive au fond du gouffre, tout &#233;tonn&#233; d'y &#234;tre avec mes quatre membres intacts.&lt;br class='autobr' /&gt;
Nous suivons la Biaisse sur un sentier glissant, souvent interrompu. Escaladant une roche, je passe sur un petit pont de bois jet&#233; sur le torrent. L&#224; le tableau est f&#233;erique.&lt;br class='autobr' /&gt;
J'&#233;tais au fond d'une gorge d&#233;chir&#233;e, d'un pittoresque, d'une sauvagerie fantastiques. D'une hauteur de plus de cent m&#232;tres, ses abruptes parois tr&#232;s rapproch&#233;es surplombaient dans le haut, ne laissant entre elles qu'une &#233;troite fente par o&#249; s'apercevait le ciel. On aurait dit le vaisseau d'une immense cath&#233;drale.&lt;br class='autobr' /&gt;
Ces gigantesques parois &#233;taient rev&#234;tues de couleurs prodigieuses. Il y avait des rouges ardents, des carmins, des violets, des lilas, toute la gamme des jaunes, du bistre, du noir&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; et sur ces teintes violentes, &#233;clatantes, se d&#233;tachaient des guirlandes, des bouquets de verdure. Des arbustes s'accrochaient aux moindres anfractuosit&#233;s, croissant m&#234;me au sommet de la vo&#251;te.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le torrent, d'un vert glauque, se ruait dans sa course furieuse sur les &#233;normes blocs qui obstruaient son lit, les couvrant d'&#233;cume resplendissante. Il s'&#233;chappait en bondissant d'une grotte obscure, myst&#233;rieuse, d'o&#249; l'on ne pouvait approcher.&lt;br class='autobr' /&gt;
De tr&#232;s haut, du fa&#238;te de ces farouches escarpements, se pr&#233;cipitait une mince chute d'eau. Le soleil l'&#233;clairait, l'irisait, et elle faisait l'effet d'une merveilleuse cascade lumineuse se brisant en poussi&#232;re multicolore.&lt;br class='autobr' /&gt;
C'&#233;tait une d&#233;bauche, une orgie de couleurs heurt&#233;es, puissantes, mais s'enharmonisant dans un ensemble d'une indescriptible beaut&#233;. Sur le pont de bois lngresse se serait suicid&#233;, mais Delacroix aurait &#233;t&#233; en extase.
&lt;br /&gt;&#8212; C'est admirable, dis-je &#224; Mademoiselle L..., et je ne sais comment vous remercier d'avoir bien voulu me faire conna&#238;tre le Couffourenc. Je n'ai jamais rien vu de pareil. Voyez, Mademoiselle, comme ces hautes roches d'un rouge si vif sont illumin&#233;es par le soleil&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; elles flamboient sous ses rayons. Remarquez combien, &#224; c&#244;t&#233; de ces &#233;clats rutilants, ces noirs paraissent sinistres dans l'ombre, et ces rouges sataniques. En v&#233;rit&#233;, si j'&#233;tais peintre, je ne repr&#233;senterais pas autrement un d&#233;fil&#233; de l'enfer.
&lt;br /&gt;&#8212; Et vous auriez tort. Monsieur, me r&#233;pondit en souriant Mademoiselle L..., puisque un coin du ciel se voit encore&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;!&lt;br class='autobr' /&gt;
La mont&#233;e ou plut&#244;t la grimp&#233;e fut p&#233;nible. &#192; chaque instant une glissade, un &#233;boulement me faisaient perdre la hauteur conquise. Enfin je me hisse au haut du gouffre et remonte &#224; Pallon. Je prends cong&#233; de M&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;me&lt;/sup&gt;&#160;et de M&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;lle&lt;/sup&gt; L... et je me remets en route24 .&lt;br class='autobr' /&gt;
Bient&#244;t me voici devant la descente de la Roche et pour la premi&#232;re fois, dans ma vie de touriste, j'h&#233;site, disons le mot, j'ai peur.&lt;br class='autobr' /&gt;
Ne pas avoir peur, c'est la plupart du temps ne pas croire au danger et dans ces conditions on peut sans aucun m&#233;rite faire preuve d'un courage, d'une t&#233;m&#233;rit&#233; surprenants.&lt;br class='autobr' /&gt;
Daudet, dans Tartarin sur les Alpes a tr&#232;s bien observ&#233; et analys&#233; ce sentiment. Qui ne se rappelle le m&#233;morable entretien sur l'Axenstrasse de Tartarin et de Bompard, o&#249; ce dernier r&#233;v&#232;le que la Suisse est enti&#232;rement truqu&#233;e&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;? De danger il n'en existait nulle part. Tous les cas &#233;taient pr&#233;vus. Aussi Tartarin ne croyant pas au danger fait-il preuve dans son ascension &#224; la Jungfrau d'un courage h&#233;ro&#239;que, stup&#233;fiant d'admiration ses trois guides.&lt;br class='autobr' /&gt;
L'observation est tr&#232;s exacte. J'ai eu l'occasion de l'&#233;tudier sur moi-m&#234;me. Il y a une dizaine d'ann&#233;es, j'abandonnai le tourisme &#224; pied pour les joies du cyclisme. Un habile cycliste d'Alais M.&#160;C., devenu aujourd'hui le plus intr&#233;pide des chauffeurs, guida mes premiers pas. Je montrais disait-il des dispositions &#233;tonnantes. En r&#233;alit&#233; je fus un &#233;l&#232;ve pitoyable et, comme les chevaliers malheureux dans les tournois, je mordis souvent la poussi&#232;re.&lt;br class='autobr' /&gt;
Cet aimable touriste voulut bien m'aider dans le choix d'une bicyclette. Bien plus&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! il la choisit lui-m&#234;me. C'&#233;tait une machine anglaise Eadie, d&#233;veloppant 4m,65.
&lt;br /&gt;&#8212; Je l'ai choisie sans frein, me dit-il. Un frein g&#226;terait ses lignes impeccables. Regardez&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! quelle puret&#233; de dessin&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! d'ailleurs un cycliste qui se respecte ne s'en sert jamais. Rien n'est plus vulgaire. Il a recours uniquement au bout de son pied qu'il appuie l&#233;g&#232;rement sur le bandage de la roue avant. Cette pratique apprise, le danger n'existe plus et vous pourrez vous risquer partout. Je vous en r&#233;ponds absolument.
&lt;br /&gt;&#8212; Ne g&#226;tons pas ces lignes, r&#233;pondis-je, ce serait vraiment dommage, et respectons leur puret&#233;. De plus j'ai aussi le respect de moi-m&#234;me. Vous avez donc sagement agi en supprimant ce ridicule accessoire.&lt;br class='autobr' /&gt;
Et s&#251;r de moi, apr&#232;s une quinzaine d'essais, ne croyant pas au danger, je partis pour les Hautes-Alpes. J'allai &#224; Lettret pr&#232;s de Tallard et je revins par le col Bayard et la Mure. La descente de Laye malgr&#233; sa pente se fit admirablement et je rendis hommage &#224; la sagesse et &#224; la science de mon Mentor.&lt;br class='autobr' /&gt;
Quelle superfluit&#233; que le frein me disais-je et quelle heureuse id&#233;e de le supprimer&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! et je jetais des regards de piti&#233; sur les touristes dont les machines en &#233;taient munies.&lt;br class='autobr' /&gt;
La descente des &#201;gats fut moins admirable et le tournant &#224; angle aigu faillit m'&#234;tre fatal. J'accusai un instant de distraction. Le lendemain, j'abordai la descente de Laffrey d'un c&#339;ur l&#233;ger et j'arrivai &#224; Vizille le dessous du brodequin compl&#232;tement us&#233;. Comme compensation, le bottier chez qui j'achetai des chaussures me parut enthousiasm&#233; par la puissance et la simplicit&#233; h&#233;ro&#239;que de ce frein.&lt;br class='autobr' /&gt;
Maintenant, je connais le danger et, gr&#226;ce &#224; mes deux freins, je passe &#224; peu pr&#232;s partout. Eh bien, malgr&#233; ces deux freins, aujourd'hui j'h&#233;site. Cette descente de deux kilom&#232;tres presque en ligne droite a une pente invraisemblable et aboutit &#224; la Durance faisant un angle droit avec le pont. &#192; droite, des pentes de 50&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;% d'une hauteur de 300 m&#232;tres. Je n'h&#233;site plus. Je mets pied &#224; terre et la pente est si forte, que pour ne pas &#234;tre entra&#238;n&#233; par ma machine, je dois serrer continuellement le frein.&lt;br class='autobr' /&gt;
Arriv&#233; sur la grande route, je marche tr&#232;s rapidement. Le vent m'est favorable. &#192; midi je descends &#224; une petite auberge situ&#233;e &#224; deux pas de la gare de Montdauphin. Quelles &#233;tudes de m&#339;urs on pourrait y faire&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! Impossible de r&#234;ver un caract&#232;re plus ex&#233;crable, plus infernal, que celui de la jeune h&#244;teli&#232;re.&lt;br class='autobr' /&gt;
Je prends le caf&#233; sous la tonnelle et je cause avec un employ&#233; de la gare. Il fait tr&#232;s chaud et le vent soul&#232;ve des tourbillons de poussi&#232;re sur la route.
&lt;br /&gt;&#8212; &#192; votre place, me dit-il, je prendrais le train jusqu'&#224; Gap et, la grosse chaleur pass&#233;e, je remonterais &#224; bicyclette.
&lt;br /&gt;&#8212; Vous parlez d'or, r&#233;pondis-je, et vous avez lu dans ma pens&#233;e et &#224; 2 heures le m&#234;me employ&#233; me donne un billet pour Gap. De mon vagon je suis la route ensoleill&#233;e dont cette heureuse id&#233;e m'a pr&#233;serv&#233;.&lt;br class='autobr' /&gt;
J'arrive &#224; Gap &#224; 3h. 40. Je repars &#224; 6 heures. Je monte lentement la c&#244;te de la Freyssinouse. Ensuite rapide allure jusqu'&#224; Veynes o&#249; je m'arr&#234;te quelques minutes.&lt;br class='autobr' /&gt;
La chaleur a enfin disparu. La fra&#238;cheur du soir est fort agr&#233;able. Le soleil vient de se coucher et les hautes montagnes ont encore leurs cimes, &#233;clair&#233;es. Tout le couchant est embras&#233;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Et je pense &#224; ces admirables vers du plus grand des po&#232;tes cyclistes :&lt;br class='autobr' /&gt;
..... beaux soirs aux horizons sauvages &lt;br class='autobr' /&gt; O&#249; sur les monts vermeils on voit mourir de l'or&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;!&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;d'Espinassous&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Rectificatif paru dans Le Cycliste de Novembre 1903 :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans mon r&#233;cit sur le Couffourenc (Cycliste du 31&#160;octobre 1903) j'ai commis une erreur.&lt;br class='autobr' /&gt;
Sur la foi d'un habitant de la Roche j'ai indiqu&#233; le chemin des ruines de Rame comme conduisant au Couffourenc, alors qu'il n'existe que celui de Pallon.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le touriste devra donc se r&#233;signer &#224; monter la dure c&#244;te. J'ai grand peur que les r&#233;tro elles-m&#234;mes &#8212; surtout les r&#233;tro devrais-je dire &#8212; ne s'y brisent les dents.&lt;br class='autobr' /&gt;
Je recommande la visite du Couffourenc (de 8 &#224; 10 heures du matin) aux touristes peintres et aquarellistes. Comme couleur, pittoresque, sauvagerie, le Couffourenc est unique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;d'Espinassous&lt;/p&gt;&lt;/section&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;&lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;N.D.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;W.&#160;: Question que la litt&#233;rature du 19&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; se posait &#224; propos de la figure de l'inquisiteur, voir&#160;&lt;i&gt;Torquemada&lt;/i&gt; de Victor Hugo (1882), et&#160;&lt;i&gt;Le Grand Inquisiteur&lt;/i&gt; de Dosto&#239;evski, r&#233;cit pr&#233;sent dans Les fr&#232;res karamazov (1880).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Le Col de Porte (1901)</title>
		<link>http://velotextes.fr/spip.php?article341</link>
		<guid isPermaLink="true">http://velotextes.fr/spip.php?article341</guid>
		<dc:date>2024-10-02T10:55:30Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>velovi</dc:creator>


		<dc:subject>cyclotourisme, cyclocamping</dc:subject>
		<dc:subject>Entre 1900 et 1914</dc:subject>
		<dc:subject>Alpes</dc:subject>
		<dc:subject>d'Espinassous</dc:subject>
		<dc:subject>Col de Grand Bois, Col de la r&#233;publique</dc:subject>
		<dc:subject>Pilat</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;&#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#8239;&#8212; Je vous pardonne votre interruption en faveur du mot. Je continue. Ils sont, me dis-je, &#224; l'ombre des grands bois, sous chaque sapin brillera une bicyclette. Dans les grands bois, brillaient seules les gouttes de ros&#233;e, et &#224; l'auberge, ils ne fourmillaient pas. En r&#233;fl&#233;chissant, je calculai qu'avec le train furibond qui caract&#233;rise les cyclistes de ce pays, ils devaient &#234;tre non seulement &#224; Bourg-Argental, mais en revenir, et je descendais avec la plus grande prudence, de crainte de collision, la longue c&#244;te. Les steppes de la Sib&#233;rie pullulent &#224; c&#244;t&#233;. &#192; 8 heures, j'arrivai &#224; Bourg-Argental, et pendant que sur le devant d'un caf&#233; je d&#233;jeunais, je fus fort &#233;gay&#233; par trois cyclistes qui tournaient sur la place, se livrant &#224; l'acrobatie ordinaire que vous savez. Inutile de dire qu'ils n'&#233;taient pas de Saint-&#201;tienne. Apr&#232;s Bourg-Argental, le d&#233;sert recommen&#231;a.&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;&lt;/p&gt;

-
&lt;a href="http://velotextes.fr/spip.php?rubrique42" rel="directory"&gt;A. D'Espinassous&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="http://velotextes.fr/spip.php?mot9" rel="tag"&gt;cyclotourisme, cyclocamping&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://velotextes.fr/spip.php?mot11" rel="tag"&gt;Entre 1900 et 1914&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://velotextes.fr/spip.php?mot41" rel="tag"&gt;Alpes&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://velotextes.fr/spip.php?mot51" rel="tag"&gt;d'Espinassous&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://velotextes.fr/spip.php?mot83" rel="tag"&gt;Col de Grand Bois, Col de la r&#233;publique&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://velotextes.fr/spip.php?mot87" rel="tag"&gt;Pilat&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt; Paru dans Le Cycliste, Novembre 1901, Source archives d&#233;partementales de la Loire, cote Per132_7&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le lendemain, &#224; 3 heures nous &#233;tions pr&#234;ts &#224; nous mettre en selle. Comme la veille, le touriste rouge me demanda si j'avais pass&#233; une heureuse nuit, si je n'avais pas eu de cauchemars.&lt;br class='autobr' /&gt; &#8212; Je vous remercie de votre attention, mais, &#8212; et remarquez que c'est l'indice infaillible d'une conscience pure &#8212; je ne fais jamais de mauvais r&#234;ves.&lt;br class='autobr' /&gt; &#8212; Pas m&#234;me dans Le Cycliste&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;? r&#233;pliqua-t-il malicieusement, et son sourire...&lt;br class='autobr' /&gt; &#8212; Votre perfide insinuation, mon ami, constitue, une provocation au premier chef, c'est un v&#233;ritable casus belli. Ne soyez pas surpris, si je me consid&#232;re en &#233;tat de l&#233;gitime d&#233;fense. D&#233;sormais toutes les repr&#233;sailles me seront permises.&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; Et je compris alors le secret mobile de cette sollicitude qui m'&#233;tonnait. Hier matin, le c&#339;ur lui avait probablement manqu&#233; pour ce coup de Jarnac.&lt;br class='autobr' /&gt; &#8212; Je suis encore votre d&#233;biteur, reprit-il, et je d&#233;sesp&#232;re presque de m'acquitter envers vous. Cependant, soyez s&#251;r que je ferai tout ce que je pourrai pour cela.&lt;br class='autobr' /&gt; La rampe de la Placette, d'une longueur de 5 kilom&#232;tres, offre une pente moyenne continue de 7&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;%, qu'avec le d&#233;veloppement de 2m,90 on gravit tr&#232;s facilement. Quant &#224; mon compagnon, avec 5m,60 c'&#233;tait pour lui un simple jeu. Nous montions c&#244;te &#224; c&#244;te en causant.&lt;br class='autobr' /&gt; &#8212; Voulez-vous que nous marchions un ou deux kilom&#232;tres, me dit-il, la vue est si belle que c'est un crime de l&#232;se-tourisme d'aller aussi vite. &#192; pied, nous pourrons mieux jouir de cette superbe &#233;chapp&#233;e sur la vall&#233;e de l'Is&#232;re.&lt;br class='autobr' /&gt; Nous montions donc &#224; pied, &#233;changeant nos impressions, nous arr&#234;tant souvent pour contempler la merveilleuse vue. Tout &#224; coup, nous f&#251;mes d&#233;pass&#233;s par un quadricycle. &#192; peine si nous e&#251;mes le temps d'entrevoir une jeune femme plac&#233;e devant le chauffeur.&lt;br class='autobr' /&gt; &#8212; Ne trouvez-vous pas &#233;trange que depuis Nyons, nous n'ayons pas rencontr&#233; un touriste &#224; bicyclette&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;?&lt;br class='autobr' /&gt; &#8212; Non, et j'y suis habitu&#233;, r&#233;pondis-je, le contraire m'&#233;tonnerait. Le m&#234;me fait s'est produit dans mon voyage en Auvergne. Le touriste &#224; bicyclette est destin&#233; &#224; devenir bient&#244;t un objet de curiosit&#233;. Votre question me rappelle un &#233;pisode de mon excursion.&lt;br class='autobr' /&gt; Je vous ai racont&#233; les incidents de route d'Issoire &#224; Clermont par le col de Dyanne, ainsi que ceux de Clermont &#224; Saint-&#201;tienne par Ambert et Viverols. M.&#160;de X..., avec qui je passai une fort agr&#233;able soir&#233;e, me conseilla l'itin&#233;raire Grand'Croix, P&#233;lussin, Chavanay.&lt;br class='autobr' /&gt; &#8212; Le dimanche, ajouta-t-il, nos routes sont sillonn&#233;es de cyclistes, le plateau de la R&#233;publique, les Grands-Bois en fourmillent.&lt;br class='autobr' /&gt; Pourquoi, me dis-je, ne passerais-je pas par Planfoy&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;? Cela me permettra, et je n'en serai pas f&#226;ch&#233;, de voir la tournure des cyclistes st&#233;phanois. Et pr&#233;cis&#233;ment le lendemain &#233;tait un dimanche. Malheureusement, je m'oubliai, et ne quittai Saint-&#201;tienne qu'&#224; 5 heures 30. Les rues &#233;taient vides de cyclistes.&lt;br class='autobr' /&gt; Je me suis lev&#233; trop lard, pensai-je, et j'admirai l'entrain matinal des touristes de cette ville. La mont&#233;e de Planfoy &#233;tait chang&#233;e en d&#233;sert, le plateau de la R&#233;publique &#233;galement. Je ne rencontrai &#226;me qui vive.&lt;br class='autobr' /&gt; &#8212; Pas m&#234;me le n&#232;gre de miss Symour22&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;?&lt;br class='autobr' /&gt; &#8212; Pas m&#234;me de touriste noir. Je ne vis qu'un affreux chien qui me poursuivit avec une pers&#233;v&#233;rance digne d'un meilleur sort, car je fus oblig&#233; de lui tirer une cartouche de sel caustique. Il s'enfuit en hurlant.&lt;br class='autobr' /&gt; &#8212; Vous voyagez donc toujours avec un revolver&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;?&lt;br class='autobr' /&gt; &#8212; Non, seulement dans mes grandes courses. Le voici : il est tr&#232;s petit mais d'une puissance extraordinaire. C'est une arme faite sp&#233;cialement pour les touristes par Galand. C'est sa derni&#232;re cr&#233;ation.&lt;br class='autobr' /&gt; &#8212; Le fait est qu'il est du &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#8239;dernier galant&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;!&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;&lt;br class='autobr' /&gt; &#8212; Je vous pardonne votre interruption en faveur du mot. Je continue. Ils sont, me dis-je, &#224; l'ombre des grands bois, sous chaque sapin brillera une bicyclette. Dans les grands bois, brillaient seules les gouttes de ros&#233;e, et &#224; l'auberge, ils ne fourmillaient pas. En r&#233;fl&#233;chissant, je calculai qu'avec le train furibond qui caract&#233;rise les cyclistes de ce pays, ils devaient &#234;tre non seulement &#224; Bourg-Argental, mais en revenir, et je descendais avec la plus grande prudence, de crainte de collision, la longue c&#244;te. Les steppes de la Sib&#233;rie pullulent &#224; c&#244;t&#233;. &#192; 8 heures, j'arrivai &#224; Bourg-Argental, et pendant que sur le devant d'un caf&#233; je d&#233;jeunais, je fus fort &#233;gay&#233; par trois cyclistes qui tournaient sur la place, se livrant &#224; l'acrobatie ordinaire que vous savez. Inutile de dire qu'ils n'&#233;taient pas de Saint-&#201;tienne. Apr&#232;s Bourg-Argental, le d&#233;sert recommen&#231;a.&lt;br class='autobr' /&gt; Je fumais une cigarette &#224; la bifurcation de Boulieu, quand au moment o&#249; je partais, j'aper&#231;us enfin sur la route d'Annonay deux touristes accompagn&#233;s d'une cyclettiste, dont la gracieuse apparition fut le sourire cycliste de cette journ&#233;e. De Boulieu &#224; Andance rien, et ce ne fut qu'&#224; Sarras que je fus d&#233;pass&#233; par deux autres touristes, dont l'un, ing&#233;nieur en chef des ponts et chauss&#233;es, &#233;tait bien le plus &#233;tonnant cycliste que j'aie rencontr&#233;. Il p&#233;dalait en planant &#224; chaque instant, et soutenait un train de 20 &#224; 25 kilom&#232;tres &#224; l'heure. Jusqu'&#224; Tournon il me servit d'entra&#238;neur. J'&#233;tais aussi bien aise de voir dans quel &#233;tat il descendrait de machine. Ce fut lamentable, rouge, congestionn&#233;, il ruisselait, tandis que son compagnon et moi &#233;tions en somme fort pr&#233;sentables. Sur une route &#224; pentes insensibles, les planements sont une pure folie.&lt;br class='autobr' /&gt; &#8212; Ce sport, en tant que tourisme, tend en effet &#224; dispara&#238;tre. Il est trop dur pour les jeunes gens eff&#233;min&#233;s de notre &#233;poque, qui se sont pr&#233;cipit&#233;s sur les automobiles, la n&#233;gation absolue, jusqu'&#224; maintenant, de l'ind&#233;pendance si ch&#232;re aux vrais touristes.&lt;br class='autobr' /&gt; &#8212; Je le regrette pour eux. Ils ignorent une des plus grandes jouissances qu'il soit possible de go&#251;ter sur notre pauvre plan&#232;te, o&#249;, comme les cyclistes &#224; Planfoy, elles ne pullulent pas.&lt;br class='autobr' /&gt; Tout en causant, nous &#233;tions arriv&#233;s &#224; la Placette. L'auberge &#233;tait ouverte, et dans l'air vif du matin nous nous sent&#238;mes en tr&#232;s bonnes dispositions pour d&#233;jeuner. Je ne sais comment la conversation tomba sur la Revue.&lt;br class='autobr' /&gt; &#8212; J'esp&#232;re bien, me dit le touriste rouge, que vous ne recommencerez pas votre agr&#233;able plaisanterie de la Croix-Haute, et que je ne risque rien &#224; aller &#224; la Grande Chartreuse avec vous. Vous ne sauriez croire, quand je revis votre r&#233;cit et que je m'aper&#231;us que j'en &#233;tais le h&#233;ros, combien je fus &#233;tonn&#233;&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; je fus m&#234;me un instant furieux de votre trahison, mais &#231;a ne dura pas. Vous n'aviez pas &#233;t&#233;, j'en conviens, bien m&#233;chant, et je finis par rire franchement. &#192; vrai dire, vous n'aviez raill&#233; que mes imperfections physiques, ou plut&#244;t ce que vous croyez en &#234;tre. Rappelez-vous Saint-Julien-en-Beauch&#232;ne&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! et puis, me dis-je &#8212; c'&#233;tait le corollaire naturel de votre r&#233;cit &#8212; je dois &#234;tre irr&#233;prochable au moral. J'avoue que cette hypoth&#232;se me s&#233;duisit un instant. Je n'ai pas besoin de vous dire que ma modestie eut vite raison de cette pens&#233;e, et j'accusai votre peu de clairvoyance. En somme, vous ne m'aviez rien promis, je ne vous avais rien demand&#233;, vous &#233;tiez donc parfaitement libre.&lt;br class='autobr' /&gt; &#8212; Comme aujourd'hui.&lt;br class='autobr' /&gt; &#8212; Comment&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! comme aujourd'hui&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;?&lt;br class='autobr' /&gt; &#8212; Hier soir, &#224; Serres, pendant que vous dormiez, je notais h&#226;tivement nos incidents de route. Vous imaginez-vous que c'&#233;tait pour moi seul que je luttais contre le sommeil.&lt;br class='autobr' /&gt; &#8212; Vous ne dormiez pas&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! encore une trahison&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! &#224; qui donc se lier&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;!&lt;br class='autobr' /&gt; &#8212; Vous reconna&#238;trez que j'ai respect&#233; votre incognito : ni votre nom, ni la ville que vous habitez, rien dans mon r&#233;cit ne peut le faire supposer.&lt;br class='autobr' /&gt; &#8212; Et mes jambes&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! et ma malheureuse moustache&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! Je crains toujours de rencontrer un abonn&#233; du Cycliste s'&#233;criant &#224; ma vue : Voil&#224; l'homme rouge qui passe&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;!...&lt;br class='autobr' /&gt; &#8212; N'ayez pas cette crainte. Les abonn&#233;s de la Revue sont trop bien &#233;lev&#233;s pour cela. Je dirai m&#234;me plus : je pourrais vous en citer et non des moins aimables &#8212; qui seraient enchant&#233;s de vous conna&#238;tre.&lt;br class='autobr' /&gt; &#8212; Vous me g&#226;tez mon excursion. Encore, si vous me promettiez d'avoir la main l&#233;g&#232;re. Mais aussi, quelle extraordinaire id&#233;e avez-vous eue de collaborer au Cycliste&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;!&lt;br class='autobr' /&gt; &#8212; Extraordinaire, je vous l'accorde, et j'en suis encore plus &#233;tonn&#233; que vous. C'est cette infernale Croix de Chabourey qui en est cause.&lt;br class='autobr' /&gt; &#8212; Quelle responsabilit&#233;&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! Je suis surpris qu'elle soit encore debout, interrompit-il d'un air p&#233;n&#233;tr&#233;, en joignant les mains.&lt;br class='autobr' /&gt; &#8212; Elle est m&#234;me tr&#232;s solide, pourtant, n'essayez pas de lui d&#233;dier un sonnet, les bras lui en tomberaient et ce serait vraiment dommage. Je poursuis. M.&#160;de Vivie m'a rendu le plus grand service qu'un touriste puisse rendre &#224; un autre, en me r&#233;v&#233;lant la puissance de la petite multiplication &#224; laquelle je ne croyais pas. J'ai voulu, par quelques r&#233;cits &#233;crits d'une main inhabile &#8212; ils seront mis au nombre de mes p&#233;ch&#233;s de jeunesse &#8212; le remercier. Voyez, comme vous vous trompiez, quand vous m'accusiez de n'&#234;tre pas reconnaissant&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! J'&#233;tais bien aise en m&#234;me temps d'orienter les touristes vers des pays peu connus, et si j'ai pu donner le go&#251;t du tourisme &#224; quelques cyclistes, si j'ai pu en arracher, ne serait-ce qu'un, aux joies malsaines de la ville, je m'estimerai suffisamment d&#233;dommag&#233;. Je me suis permis, mon cher ami, de vous associer &#224; cette bonne &#339;uvre.&lt;br class='autobr' /&gt; &#8212; Je n'ai plus rien &#224; dire, si ce n'est que pour me fermer la bouche, votre derni&#232;re raison est d'une habilet&#233; extr&#234;me. Mais pour l'avenir, vous engagez-vous&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;? Serai-je pr&#232;s de vous en s&#251;ret&#233;&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;?&lt;br class='autobr' /&gt; &#8212; Je vous le promets. Le touriste rouge ne para&#238;tra plus dans Le Cycliste, et pour vous le prouver, voulez-vous, le mois prochain, venir &#224; Valsenestre&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;?&lt;br class='autobr' /&gt; &#8212; &#192; cette condition, je le veux bien. Un t&#233;l&#233;gramme et j'accours. La Placette d&#233;pass&#233;e, la route descend rapidement dans la vall&#233;e de l'H&#233;r&#233;tang. Nous arriv&#226;mes vite &#224; Saint-Laurent-du-Pont o&#249; nous ne nous arr&#234;t&#226;mes pas. Au pont de Saint-Bruno, je changeai de multiplication et nous roul&#226;mes &#224; une modeste allure.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; la bifurcation de la Croix-Verte nous m&#238;mes pied &#224; terre pour gravir la pente &#224; 15% qui nous amena au couvent.&lt;br class='autobr' /&gt; Il &#233;tait exactement 7h. 40 quand nous sonn&#226;mes &#224; la porte. La visite ayant lieu &#224; 8 heures, nous utilis&#226;mes le temps qui nous restait &#224; d&#233;jeuner. Notre collation &#224; la Placette &#233;tait pass&#233;e &#224; l'&#233;tat de souvenir. &#192; 8 heures un fr&#232;re vint nous chercher.&lt;br class='autobr' /&gt; &#8212; Je vous attendrai au-dehors, sur la pelouse. Je suis venu au couvent plusieurs fois, ce serait pour moi une corv&#233;e. Vous me ferez part de votre impression&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;, et je le laissai.&lt;br class='autobr' /&gt; J'attendis longtemps. La grande porte enfin s'ouvrit et le touriste rouge apparut.&lt;br class='autobr' /&gt; &#8212; Eh bien, lui dis-je, avez-vous &#233;t&#233; s&#233;duit par la vue int&#233;rieure du couvent&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;? Vous sentez-vous des dispositions &#224; devenir chartreux&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;?&lt;br class='autobr' /&gt; &#8212; Chartreux&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! jamais de la vie, et la mortelle tristesse de ce clo&#238;tre me ferait fuir &#224; cent lieues. Sa visite m'a peu int&#233;ress&#233;. Ce n'est pas le premier que je vois, et &#224; part quelques d&#233;tails, c'est toujours la m&#234;me chose. Nous n'&#233;tions que cinq touristes, ce qui m'a paru peu. Le fr&#232;re qui nous conduisait avait une v&#233;ritable mine d'asc&#232;te et dans ses yeux sombres luisait l'ardeur mystique de sa vocation. &#201;videmment, il croyait par ses mac&#233;rations gagner le ciel. Il me regardait presque tout le temps : ma maigreur de simple la&#239;que devait lui porter ombrage.&lt;br class='autobr' /&gt; &#8212; Que vous puissiez porter ombrage &#224; quelqu'un&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! Ah, mon ami, ne l'esp&#233;rez pas. Que ce soit &#224; un fil&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! Et encore&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! Ce n'est pas &#224; vous que l'on dira jamais : &#244;te-toi de mon soleil&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! le spectre solaire compterait seulement une raie de plus. Enfin, je suis fort heureux que vous ayez trouv&#233; votre pareil. Je croyais bien que vous monopolisiez.&lt;br class='autobr' /&gt; &#8212; Vous vous vengez... Je ne r&#233;pondrai pas. Le voisinage de ce couvent a sur vous une d&#233;testable influence. Partirai-je seul&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;? D'ailleurs, votre mani&#232;re de vous nourrir vous a tr&#232;s bien pr&#233;par&#233; &#224; cette vie aust&#232;re.&lt;br class='autobr' /&gt; &#8212; Quittez ce souci. Je n'ai jamais envi&#233; la vie monastique. Pour moi, vie est synonyme de mouvement, et les seuls ordres qui m'eussent attir&#233;, ce sont ces ordres mendiants du moyen &#226;ge, dont les moines, la besace au dos, le b&#226;ton &#224; la main, parcouraient toute l'Europe. Ils couchaient un jour dans un ch&#226;teau, le lendemain sous le chaume, parfois m&#234;me en pleine for&#234;t. Ces moines-l&#224; sont nos anc&#234;tres, ce sont les premiers touristes.&lt;br class='autobr' /&gt; &#8212; Oui, mais ils ont disparu. Quant aux ordres existants aujourd'hui, je n'en comprends aucun et les couvents sont, &#224; mes yeux, un v&#233;ritable anachronisme. Les hommes sont faits pour vivre ensemble, pour s'aider, et non pour s'isoler. Je ne con&#231;ois pas au &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;XX&lt;/span&gt;&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle un homme se faisant moine.&lt;br class='autobr' /&gt; &#8212; Je ne suis pas de votre avis. Je pense aux vaincus de la vie, &#224; ceux qui, meurtris, demandent gr&#226;ce. Le couvent, c'est l'&#233;vasion qui les soustrait aux trahisons du monde, &#224; la m&#233;chancet&#233; des hommes. En proie aux mille jouvences de cette terre, ils go&#251;tent l&#224; le repos, l'oubli&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; c'est le port sauveur qui abrite leur d&#233;tresse.&lt;br class='autobr' /&gt; &#8212; Non, votre retraite n'est qu'une fuite. Vous &#233;vitez le combat, vous rendez les armes. Le c&#339;ur vous a manqu&#233; pour lutter, vous avez d&#233;sert&#233;, et si vous voulez conna&#238;tre le fond de ma pens&#233;e, la vie monacale n'est qu'une des formes de l'&#233;go&#239;sme.&lt;br class='autobr' /&gt; &#8212; Mais enfin, s'il me pla&#238;t &#224; moi de fuir le monde, en quoi cela regarde-t-il quelqu'un&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;? Au nom de la libert&#233;, j'ai le droit de penser et d'agir comme il me conviendra.&lt;br class='autobr' /&gt; Commen&#231;ant ainsi, nous ne pouvions nous entendre. Nous discut&#226;mes longtemps en pure perte. Esprit g&#233;n&#233;reux, c&#339;ur d&#233;vou&#233;, ne connaissant pas les mis&#232;res de la vie, le touriste rouge ne pouvait comprendre cette s&#233;paration absolue, cette claustration dans laquelle se sont r&#233;fugi&#233;s certains de nos semblables.&lt;br class='autobr' /&gt; Rien de tel qu'une discussion anim&#233;e pour ouvrir l'app&#233;tit.&lt;br class='autobr' /&gt; &#8212; Savez-vous qu'il est onze heures&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;? Si nous allions d&#233;jeuner&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;? me dit mon compagnon.&lt;br class='autobr' /&gt; &#8212; Allons d&#233;jeuner. D'ailleurs, ce que nous disons est loin d'&#234;tre fol&#226;tre.&lt;br class='autobr' /&gt; &#8212; Cela vous serait-il &#233;gal que nous filions sur Saint-Pierre&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;? Le menu serait moins s&#233;v&#232;re et nous n'aurions aucun pr&#233;texte &#224; rouvrir cette discussion. Ensuite, nous avons en perspective la rampe du col de Porte et je crains que ce maigre auquel je ne suis pas habitu&#233;...&lt;br class='autobr' /&gt; &#8212; Comme vous voudrez. Je ne tiens pas plus que vous &#224; rester ici. L'h&#244;tel du D&#233;sert est fort bon, rien ne nous retient plus, partons.&lt;br class='autobr' /&gt; Et prenant nos bicyclettes, nous saut&#226;mes en selle.&lt;br class='autobr' /&gt; La route de Saint-Pierre-de-Chartreuse, qui d'abord descend mod&#233;r&#233;ment, ne tarde pas &#224; s'accentuer terriblement. Malgr&#233; mon insistance, mon ami ne voulut pas mettre pied &#224; terre et nous f&#238;mes la folie de faire en machine la section &#224; 10&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;%. &#202;tre le dieu des cyclistes ne doit pas constituer pr&#233;cis&#233;ment une sin&#233;cure&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;!&lt;br class='autobr' /&gt; Arriv&#233;s sur les bords du Guiers nous respir&#226;mes.&lt;br class='autobr' /&gt; &#8212; &#199;a s'est tr&#232;s bien pass&#233;, me dit-il, et pourquoi voulez-vous que je suive vos conseils, quand vous-m&#234;me vous ne les suivez pas&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;?&lt;br class='autobr' /&gt; Il n'y avait rien &#224; r&#233;pondre &#224; cette judicieuse remarque. Je me tus.&lt;br class='autobr' /&gt; Nous f&#251;mes vite &#224; l'h&#244;tel du D&#233;sert. Un touriste &#8212; l'esp&#232;ce offre une vari&#233;t&#233; infinie &#8212; install&#233; dans un grand fauteuil pr&#232;s de la fen&#234;tre, &#224; une chambre du second &#233;tage, tenait &#224; la main une canne &#224; p&#234;che. La longue cordelette flottait sur la rivi&#232;re, et sans se d&#233;ranger, surveillant de tr&#232;s haut les mouvements du bouchon multicolore, il p&#234;chait.&lt;br class='autobr' /&gt; &#8212; C'est ce qui s'appelle un &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#8239;p&#234;cheur en chambre&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;, observa le touriste rouge.&lt;br class='autobr' /&gt; Dans la salle &#224; manger d&#233;j&#224; nombre de touristes d&#233;jeunaient. Nous nous ass&#238;mes &#224; une petite table isol&#233;e : nous voulions pouvoir causer tranquillement. Malheureusement, deux cyclistes qui d&#238;naient pr&#232;s de nous s'entretenaient bruyamment et leur conversation ne tarda pas &#224; nous amuser beaucoup. Le verbe haut, l'allure insolente, ils parlaient surtout pour la galerie. L'un d'eux avait une passion f&#226;cheuse pour les citations, les mots historiques qu'il pla&#231;ait &#224; tort et &#224; travers, ce qui produisait un effet qu'il ne pr&#233;voyait pas sans doute.&lt;br class='autobr' /&gt; Ils nous fatigu&#232;rent bient&#244;t, et notre repas termin&#233;, nous quitt&#226;mes la salle et f&#238;mes apporter le caf&#233; sur la terrasse que longe le Guiers.&lt;br class='autobr' /&gt; &#8212; Quels stupides touristes&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! ils reculent les bornes de la b&#234;tise humaine.&lt;br class='autobr' /&gt; &#8212; Ce ne sont pas des touristes, r&#233;pondis-je, ce sont tout simplement des &#233;chapp&#233;s de quelque grande ville qui &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#8239;font&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; la Chartreuse, s'il m'est permis de me servir de la langue de leur corporation. D'ailleurs, avez-vous remarqu&#233; leurs costumes&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;? Leur carcan de toile blanche&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;? Un touriste amant de la belle nature et qui voudra par cons&#233;quent la caresser de pr&#232;s, pourrait-il s'astreindre &#224; un pareil accoutrement&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;? R&#232;gle invariable, le touriste se reconna&#238;t &#224; la commodit&#233; et au laisser-aller de son v&#234;tement. Le m&#233;pris de la mode est le commencement du tourisme.&lt;br class='autobr' /&gt; &#8212; Votre explication me comble d'aise. Voyez la poussi&#232;re qui nous couvre, nos feutres de meunier...&lt;br class='autobr' /&gt; &#8212; Nous avons la tenue r&#233;glementaire. Je ne me souviens plus o&#249; j'ai lu qu'un touriste rempla&#231;ait, &#224; table d'h&#244;te, son faux-col absent par l'exquise distinction de ses mani&#232;res. Avez-vous remarqu&#233; l'heureux emploi qu'a fait notre voisin de table du mot de Siey&#232;s&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;?&lt;br class='autobr' /&gt; &#8212; Je l'ai savour&#233; en silence comme doivent se savourer toutes les choses rares. Il me rappelle un incident de voyage presque identique qui m'est arriv&#233; encore dans votre d&#233;partement.&lt;br class='autobr' /&gt; &#8212; Dans mon d&#233;partement&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! D&#233;cid&#233;ment vous lui en voulez.&lt;br class='autobr' /&gt; &#8212; Amieus Plato...&lt;br class='autobr' /&gt; &#8212; Ne continuez pas. Elle est compl&#232;tement us&#233;e, tout &#224; fait hors de service.&lt;br class='autobr' /&gt; &#8212; Je passe donc. Parti le matin de Saint-Guilhem-le-D&#233;sert, j'arrivai &#224; midi &#224; X... o&#249; je d&#233;jeunai. Ensuite, j'entrai dans le caf&#233; o&#249; se r&#233;unissaient les notables de l'endroit. &#192; une table voisine de la mienne &#233;tait assis un personnage que plusieurs personnes entouraient, l'appelant c&#233;r&#233;monieusement M.&#160;le suppl&#233;ant.&lt;br class='autobr' /&gt; Il tenait le d&#233; de la conversation et toutes ses paroles &#233;taient soulign&#233;es de gestes et de sourires approbateurs. Nourri &#233;videmment du suc le plus pur de l'antiquit&#233;, il se risquait parfois, lui aussi, &#224; des citations v&#233;ritablement extraordinaires. Sa personne surtout l'occupait. Il daigna conter le menu de son d&#233;jeuner, d&#233;jeuner succulent, para&#238;t-il, car il termina ainsi : &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#8239;Enfin, Messieurs, j'ai fait un vrai festin de Sucullus&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;!&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;&lt;br class='autobr' /&gt; L'auditoire en entier s'inclina sans comprendre, muet d'admiration devant un pareil faste. Seul, un jeune homme qui se trouvait plac&#233; &#224; c&#244;t&#233; du suppl&#233;ant ne m'avait pas paru partager l'all&#233;gresse g&#233;n&#233;rale. Il osa &#8212; les jeunes gens ont toutes les audaces &#8212; hasarder timidement :&lt;br class='autobr' /&gt; &#8212; Vous voulez sans doute dire de Lucullus&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;? Le suppl&#233;ant stup&#233;fait, le regarda un moment saisi de sa hardiesse. Ensuite, s&#251;r de lui, et souriant avec la sup&#233;riorit&#233; que donne le vrai savoir, il laissa tomber ces m&#233;morables paroles :&lt;br class='autobr' /&gt; &#8212; J'ai dit Sucullus. D'ailleurs Lucullus n'aurait aucun sens&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;!&lt;br class='autobr' /&gt; Le jeune imprudent ne protesta pas. Fut-il convaincu, n'osa-t-il rien dire&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;? &#201;tait-ce un surnum&#233;raire ambitieux&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;? Il se tut.&lt;br class='autobr' /&gt; Quant &#224; moi, j'admirai les fruits &#233;tonnants de l'instruction obligatoire. Et dire que ce sera cet &#234;tre-l&#224;, juge de paix probablement &#224; cette heure, qui me jugera et m'appliquera le maximum en cas de contravention cycliste&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! Il &#233;tait petit, replet, bouffi, et quand on aime les festins de Sucullus, on est s&#251;rement v&#233;lophobe.&lt;br class='autobr' /&gt; &#8212; Le ciel nous pr&#233;serve de ses consid&#233;rants&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;!&lt;br class='autobr' /&gt; La route du col de Porte remonte par des pentes tr&#232;s dures le vallon de Saint-Hughes. Les sections &#224; 10% n'y sont pas rares, aussi nous arr&#234;t&#226;mes-nous souvent. Sous les sapins, des amas de neige se voyaient encore. Dans une clairi&#232;re, nous aper&#231;&#251;mes des soldats attisant un feu sur lequel, suspendue &#224; trois piquets, bouillait une marmite, espoir de leur d&#238;ner. Arriv&#233;s au col, vu l'heure, nous d&#233;cid&#226;mes de faire une grande halte, et cherchant un endroit abrit&#233;, nous nous ass&#238;mes en plein soleil.&lt;br class='autobr' /&gt; Homme de pr&#233;caution, le touriste rouge sortit de son sac tout ce qu'il fallait pour constituer un tr&#232;s agr&#233;able go&#251;ter. Le secret d'un court conciliabule avec le ma&#238;tre d'h&#244;tel de Saint-Pierre me fut ainsi r&#233;v&#233;l&#233;. Apr&#232;s lui avoir vol&#233; les f&#233;licitations qu'il m&#233;ritait, je tirai mon &#233;tui &#224; cigarettes et nous nous m&#238;mes &#224; fumer et &#224; causer.&lt;br class='autobr' /&gt; Collectionneur passionn&#233; d'eaux-fortes, je lui expliquais les diff&#233;rents &#233;tats d'une planche, je lui disais les difficult&#233;s, les &#233;motions, les p&#233;rip&#233;ties de la poursuite de l'&#233;preuve rarissime, de celle tir&#233;e sur Japon ou parchemin, avant la gravure de la Remarque, sous les yeux de l'artiste, &#224; un ou deux exemplaires seulement&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; &#233;tat occulte presque impossible &#224; se procurer et que le graveur garde jalousement, quand tout &#224; coup il m'interrompit :&lt;br class='autobr' /&gt; &#8212; Voyez le joli sujet que cela ferait, et il me montra un groupe venant vers nous.&lt;br class='autobr' /&gt; L'homme, un b&#251;cheron, son sac derri&#232;re le dos, portait sur le bras, une fillette encore toute jeune. Il babillait avec elle, tant&#244;t lui faisant les gros yeux, enflant la voix, tant&#244;t l'embrassant, et sa moustache aux poils rudes piquait les joues ros&#233;es de l'enfant qui riait aux larmes. &#192; dix pas suivait la m&#232;re lourdement charg&#233;e &#233;galement, que deux enfants un peu plus &#226;g&#233;s se faisant remorquer, tenaient par un pan de sa robe : attentive au man&#232;ge de son mari, sa figure refl&#233;tait une joie attendrie.&lt;br class='autobr' /&gt; &#8212; Que ces gens paraissent heureux&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! me dit-il, la fortune ne fait pas le bonheur. Et il les regardait ravi.&lt;br class='autobr' /&gt; &#8212; Vous avez bien raison, ni l'or, ni la grandeur ne nous rendent heureux. Ne croyez-vous pas qu'il soit temps de partir&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;?&lt;br class='autobr' /&gt; &#8212; Oui, me r&#233;pondit-il en souriant, il n'est que temps.&lt;br class='autobr' /&gt; Et se levant &#224; son tour, il prit sa bicyclette. Il allait se mettre en selle quand je l'arr&#234;tai.&lt;br class='autobr' /&gt; &#8212; &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;II&lt;/span&gt; ne faut pas songer ici &#224; tra&#238;ner un fagot, nous serions s&#251;rs du proc&#232;s-verbal. Les pentes &#233;tant fort raides, et cette route tr&#232;s fr&#233;quent&#233;e, nous nous s&#233;parerons. Vous me devancerez, si vous voulez, de 500 m&#232;tres, mais comme il importe que nous restions en communication, voici ce que je vous propose : c'est de nous servir d'un syst&#232;me de signaux que j'ai imagin&#233;. Vous passerez le premier. Venant de vous, trois coups de trompe signifieront que vous mettez pied &#224; terre, soit pour vous reposer, soit pour un danger quelconque&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; deux coups, que la route est mauvaise.&lt;br class='autobr' /&gt; Venant de moi, &#224; mes trois coups vous devez imm&#233;diatement sauter de machine et m'attendre, c'est l'arr&#234;t absolu. Deux coups signifieront : allez lentement, je veux vous rattraper. Quant au coup de trompe seul, il restera l'avertissement pour les voitures et les pi&#233;tons. Ces trois signaux r&#233;pondent &#224; tous les cas. Dans mes voyages alpins avec le touriste de Glanges dont je vous ai si souvent parl&#233;, ils nous ont rendu les plus grands services.&lt;br class='autobr' /&gt; &#8212; Compris. &#202;tes-vous pr&#234;t&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;? Je pars.&lt;br class='autobr' /&gt; La route &#233;tait ce jour-l&#224; presque d&#233;serte et nous marchions &#224; 25 ou 30 kilom&#232;tres &#224; l'heure. Celle vitesse n'est pas excessive et de temps en temps, nous ralentissions par de brefs coups de frein quand notre machine s'emportait.&lt;br class='autobr' /&gt; Le touriste rouge peu &#224; peu augmentait son avance, et de temps &#224; autre je l'entrevoyais filant comme une fl&#232;che. Bient&#244;t, la route tourna et je le perdis de vue. Tout &#224; coup, trois appels de trompe, nerveux, saccad&#233;s, retentirent au loin. J'activais ma marche quand le signal se r&#233;p&#233;ta. Quelque chose d'insolite &#233;videmment s'&#233;tait pass&#233;. J'aper&#231;us enfui mon ami assis sur le parapet du chemin.&lt;br class='autobr' /&gt; &#8212; Que vous est-il arriv&#233;&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! lui dis-je en sautant de machine, comme vous &#234;tes p&#226;le, votre figure est toute boulevers&#233;e. Qu'y a-t-il donc&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;?&lt;br class='autobr' /&gt; &#8212; Jamais je n'ai vu la mort de plus pr&#232;s, et je suis encore tout &#233;mu du danger auquel je viens d'&#233;chapper. Je descendais, &#224; vive allure, quand soudain je ressentis une secousse formidable et, sans m'en rendre compte, je me trouvai debout sur la route &#224; deux pas de cet ab&#238;me. Ma cha&#238;ne &#8212; pourquoi ne vous ai-je pas &#233;cout&#233; &#8212; trop peu tendue, avait accroch&#233; l'extr&#233;mit&#233; de la manivelle bloquant brusquement la roue motrice. Voyez la profonde trace qu'elle a laiss&#233;e dans la poussi&#232;re. C'est un v&#233;ritable miracle que sous le choc mon cadre ne se soit pas tordu et que je n'aie pas &#233;t&#233; jet&#233; &#224; droite dans ce pr&#233;cipice. Vous comprenez maintenant mon &#233;motion.&lt;br class='autobr' /&gt; &#8212; Tenez, dis-je, prenant dans mon sac un flacon d'arnica, humectez ce sucre et buvez ensuite une gorg&#233;e.&lt;br class='autobr' /&gt; Apr&#232;s, le touriste rouge se sentit mieux.&lt;br class='autobr' /&gt; &#8212; Nous pouvons nous remettre en route, me dit-il.&lt;br class='autobr' /&gt; &#8212; Non, faisons &#224; pied un ou deux kilom&#232;tres, la marche activera la circulation du sang et vous fera grand bien.&lt;br class='autobr' /&gt; Nous arriv&#226;mes ainsi au col de Vence. L&#224;, apr&#232;s de courtes ablutions &#224; la fontaine, il retendit sa cha&#238;ne.&lt;br class='autobr' /&gt; &#8212; Quelle r&#233;clame pour le constructeur de ma bicyclette&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! Voil&#224; l'avantage d'avoir une machine de marque. Je me sens maintenant tout &#224; fait bien. Nous pouvons, je crois, repartir.&lt;br class='autobr' /&gt; &#8212; En selle donc.&lt;br class='autobr' /&gt; Je partis deux minutes apr&#232;s lui. Le panorama du col est sans doute admirable, mais la route, offrant une pente tr&#232;s forte et des tournants assez dangereux, toute mon attention s'y portait. Pourtant, pris par la merveilleuse vue, j'eus un moment de distraction et brusquement apparut, &#224; huit ou dix m&#232;tres, une charrette charg&#233;e de tonneaux, dont les chevaux arr&#234;t&#233;s coupaient obliquement la route, la barrant enti&#232;rement. Je serrai mes deux freins et pus sauter &#224; terre juste sous les naseaux du premier cheval.&lt;br class='autobr' /&gt; Furieux, je sortis de mon caract&#232;re, mon sang de m&#233;ridional l'emporta et j'apostrophai le charretier, lui reprochant son imprudence.&lt;br class='autobr' /&gt; &#8212; C'est miraculeux, m'&#233;criai-je, que je ne sois pas tomb&#233; sous les pieds de vos chevaux&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;!&lt;br class='autobr' /&gt; L'air placide, souriant, assis comme Bacchus sur son tonneau, le charretier me regardait sans rien dire. Ensuite, sans se presser, il prit un petit tonnelet de 3 &#224; 4 litres et le tenant des deux mains, but lentement, toujours me fixant.&lt;br class='autobr' /&gt; J'&#233;tais stup&#233;fait, apais&#233; presque par le sang-froid vraiment magnifique qu'il d&#233;ployait.&lt;br class='autobr' /&gt; Tout pourtant a une fin, m&#234;me la soif d'un charretier. Et quand il eut assez bu :&lt;br class='autobr' /&gt; &#8212; Voudriez-vous boire&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;? me dit-il avec un bon sourire, et il me tendit le tonnelet.&lt;br class='autobr' /&gt; Je trouvai la situation si dr&#244;le que subitement ma col&#232;re s'&#233;vanouit ou bien, par une loi myst&#233;rieuse, mon esprit subit l'influence du sien, et je souris. Quel philosophe&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! me dis-je, quel oubli des injures&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! La col&#232;re ne m&#232;ne &#224; rien, et du moment que j'&#233;tais sain et sauf, &#224; quoi bon me plaindre&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;? J'ai eu tort de m'emporter. Je voyage pour mon agr&#233;ment, lui a charg&#233; ces lourdes futailles et se r&#244;tit depuis deux heures sous ce soleil de plomb. Pourquoi moi, un heureux de ce monde, ai-je tant cri&#233; pour une petite inadvertance de ce brave homme&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;? Et j'accusai le soleil&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; on n'aime pas &#224; avouer ses torts. Soyons tol&#233;rants les uns pour les autres : excellent conseil sans doute, mais plus facile &#224; donner qu'&#224; suivre.&lt;br class='autobr' /&gt; Et je levai le bras, pris le tonnelet et le portai &#224; mes l&#232;vres.&lt;br class='autobr' /&gt; Nous nous s&#233;par&#226;mes dans les meilleurs termes.&lt;br class='autobr' /&gt; Je rattrapai le temps perdu, la rampe fut vite descendue, et j'aper&#231;us le touriste rouge qui m'attendait sur la route.&lt;br class='autobr' /&gt; &#8212; Nous en sommes enfin sortis, me dit-il, quelle abominable descente&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! J'ai la main encore tout engourdie du serrage du frein.&lt;br class='autobr' /&gt; &#8212; Vous rendriez jaloux J&#233;r&#233;mie&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! Le pass&#233; n'existe pas, pensons donc au pr&#233;sent. Savez-vous qu'il est 6 heures et qu'il n'est rien de tel que les &#233;motions pour ouvrir l'app&#233;tit.&lt;br class='autobr' /&gt; &#8212; Jamais pens&#233;e plus juste, plus vraie, et votre arnica est un puissant ap&#233;ritif.&lt;br class='autobr' /&gt; J'admirais la vigueur, la robustet&#233; qui se cachaient sous sa fr&#234;le apparence, quand, tout &#224; coup, une id&#233;e me traversa l'esprit.&lt;br class='autobr' /&gt; &#8212; Les Grecs, mon ami, &#224; la fin d'un voyage heureusement termin&#233;, remerciaient les dieux qui leur avaient &#233;t&#233; favorables en leur offrant un sacrifice. Les fortun&#233;s immolaient une g&#233;nisse, d'autres une brebis, les plus pauvres enfin un coq...&lt;br class='autobr' /&gt; &#8212; O&#249; voulez-vous en venir&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;?&lt;br class='autobr' /&gt; &#8212; Attendez. Ne croyez-vous pas qu'il serait convenable d'offrir une victime au dieu du tourisme qui nous a prot&#233;g&#233;s et qui a &#233;t&#233; si plein d'&#233;gards pour nous&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;?&lt;br class='autobr' /&gt; &#8212; Oui, mais laquelle&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;? je ne pense pas que...&lt;br class='autobr' /&gt; &#8212; Je vous propose d'immoler le v&#233;g&#233;tarisme et de faire ce soir ce que dans le langage des cours on appelle un d&#238;ner de gala.&lt;br class='autobr' /&gt; &#8212; La triomphante id&#233;e&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! J'accepte avec transport&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! Vous avez compl&#232;tement raison. Comment n'y ai-je pas pens&#233;&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! c'est une question de tact, de convenance, de savoir-vivre, nous devons nous montrer reconnaissants. Je me charge du menu et si le dieu des touristes n'est pas content, il sera difficile&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;!&lt;br class='autobr' /&gt; Nous nous m&#238;mes en selle, et, dix minutes plus tard, nous descendions sur la place Grenette.&lt;br class='autobr' /&gt; Je serai tr&#232;s bref sur notre d&#238;ner. Dire qu'il fut aust&#232;re, serait par trop rester au-dessous de la v&#233;rit&#233;. Le menu du touriste rouge fut parfait. Il avait d&#233;cid&#233;ment la fibre de la reconnaissance.&lt;br class='autobr' /&gt; Quelles jolies et amusantes histoires il me conta&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! Il &#233;tait en verve et fut, ce soir, &#233;tincelant, &#233;blouissant. Jamais je ne savourai mieux la vie, et jamais, par contre, les heures ne pass&#232;rent plus vite.&lt;br class='autobr' /&gt; &#192; un certain moment, la conversation tomba sur une c&#233;l&#233;brit&#233; litt&#233;raire, contemporaine, Madame X..., que, par le plus grand des hasards, j'avais rencontr&#233;e nagu&#232;re, en chemin de fer.&lt;br class='autobr' /&gt; &#8212; Ce qui m'a le plus &#233;tonn&#233; chez elle, ajoutai-je, c'est son allure de puritaine. Je me la figurais tout autre. Vous me direz que les apparences...
&lt;br /&gt;&#8212; Connaissez-vous ce quatrain&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;? me r&#233;pondit-il, il n'est pas de moi. Il vous est donc loisible de le trouver charmant :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Il &#233;tait une Romaine. &lt;br class='autobr' /&gt; Qui filait avec passion.&lt;br class='autobr' /&gt; Le matin, c'&#233;tait de la laine.&lt;br class='autobr' /&gt; Le soir, c'&#233;tait de la maison.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Et le d&#238;ner continua dans sa folle gaiet&#233;. Il eut pourtant une fin.&lt;br class='autobr' /&gt; &#8212; Je me permettrai, mon cher ami, dis-je en me levant de table, de vous remettre en m&#233;moire cette admirable pens&#233;e que vous avez burin&#233;e &#224; Rosans sous une non moins admirable forme, et dont nous venons de faire une si heureuse application : La sobri&#233;t&#233; est la vertu cardinale du cycliste&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;!&lt;br class='autobr' /&gt; C'&#233;tait un coup droit. Il le para.&lt;br class='autobr' /&gt; &#8212; Quelle bizarre co&#239;ncidence&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! Je cherchais &#224; me rappeler o&#249; j'avais rencontr&#233; le touriste qui me donna cet excellent conseil : Soyez tr&#232;s sobre, soyez v&#233;g&#233;tarien, que l'eau soit votre unique boisson. Ne serait-ce pas sur la route du Valgaudemar&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;?&lt;br class='autobr' /&gt; &#8212; Parlons d'autre chose. Voyez comme ces fleurs ont des nuances d&#233;licates.&lt;br class='autobr' /&gt; &#192; neuf heures, nous sort&#238;mes de l'h&#244;tel, et apr&#232;s le th&#233;, nous nous dirige&#226;mes en fumant vers la gare, o&#249; le touriste rouge devait prendre l'express de Lyon de 10 h. 18. La bicyclette enregistr&#233;e, nous nous promen&#226;mes sur le quai attendant l'heure du d&#233;part.&lt;br class='autobr' /&gt; Toujours un peu de m&#233;lancolie, un peu de tristesse se m&#234;le aux adieux. Notre entrain &#233;tait loin et c'est presque &#233;mus que nous nous serr&#226;mes les mains. Mon ami monta en wagon, choisi un coin et pla&#231;a sac et journaux dans le filet. Puis se penchant &#224; la porti&#232;re :&lt;br class='autobr' /&gt; &#8212; T&#233;l&#233;graphiez-moi pour Valsenestre. Je vous promets de venir.&lt;br class='autobr' /&gt; Tout &#224; coup, au sifflet aigu du chef de gare, r&#233;pondirent la trompe au son rauque du chef de train, le cri strident de la locomotive, une derni&#232;re poign&#233;e de main et le train se mit lentement en marche.&lt;br class='autobr' /&gt; &#8212; &#192; Valsenestre&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;!&lt;br class='autobr' /&gt; &#8212; &#192; Valsenestre&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! adieu&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! adieu&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;!&lt;br class='autobr' /&gt; Le train avait franchi le grand hall &#233;clair&#233; de la gare, sa masse noire d'instant en instant devenait moins distincte, et bient&#244;t je n'aper&#231;us plus qu'un triangle rouge qui fuyait dans la nuit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;d'Espinassous&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Un voyage</title>
		<link>http://velotextes.fr/spip.php?article985</link>
		<guid isPermaLink="true">http://velotextes.fr/spip.php?article985</guid>
		<dc:date>2024-05-31T10:13:56Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>velovi</dc:creator>


		<dc:subject>Avant 1900</dc:subject>
		<dc:subject>Alpes</dc:subject>
		<dc:subject>Maurice Martin</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Notre confr&#232;re Maurice Martin est d&#233;cid&#233;ment infatigable. Il est parti samedi en compagnie de M.&#160;Joseph Briol, tr&#233;sorier du cercle des sports de Bordeaux, et de M.&#160;Hakemeyer, pour un long et beau voyage dans les Alpes. &lt;br class='autobr' /&gt;
Nous donnons ci-dessous l'itin&#233;raire adopt&#233; par les trois voyageurs&#160;: de Bordeaux &#224; Valence en chemin de fer. &lt;br class='autobr' /&gt;
A bicyclette&#160;: &lt;br class='autobr' /&gt;
Valence, Romans, Pont-en-Royans, Villars-de-Lans, Grenoble, La Grande-Chartreuse, Yenne, col de Chevelu, Aix-les-Bains, Annecy, Faverges, Ugine,&#160;(&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="http://velotextes.fr/spip.php?rubrique13" rel="directory"&gt;Grand Tourisme&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="http://velotextes.fr/spip.php?mot10" rel="tag"&gt;Avant 1900&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://velotextes.fr/spip.php?mot41" rel="tag"&gt;Alpes&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://velotextes.fr/spip.php?mot57" rel="tag"&gt;Maurice Martin&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Notre confr&#232;re Maurice Martin est d&#233;cid&#233;ment infatigable. Il est parti samedi en compagnie de M.&#160;Joseph Briol, tr&#233;sorier du cercle des sports de Bordeaux, et de M.&#160;Hakemeyer, pour un long et beau voyage dans les Alpes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous donnons ci-dessous l'itin&#233;raire adopt&#233; par les trois voyageurs&#160;: de Bordeaux &#224; Valence en chemin de fer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A bicyclette&#160;:&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Valence, Romans, Pont-en-Royans, Villars-de-Lans, Grenoble, La Grande-Chartreuse, Yenne, col de Chevelu, Aix-les-Bains, Annecy, Faverges, Ugine, Saint-Gervais-les- Bains, Chamonix, col de Balme (2,200 m&#232;tres d'altitude), Saint-Maurice, Villeneuve, Vevey, Bulle, Ch&#226;teau-d'OEx, Spietz, Interlaken, col de Br&#252;nig, Lucerne, Altdorf, An- dermatt, col du St-Gothard, Faido, Bellinzona, Locarno, Pallanza, Isola Bella, Laveno, Lugano, Monte-Generoso, Come, Bellagio, Lecco, Milan, G&#234;nes, Savone, San-Remo, Vintimille, Menton, Monte-Carlo, Monaco et Nice. De Nice &#224; Bordeaux en chemin de fer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au total une douzaine de jours de route et 1,200 kilom&#232;tres. Nos meilleurs v&#339;ux accompagnent les trois touristes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La bicyclette, 1893&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>&#201;PILOGUONS (1897)</title>
		<link>http://velotextes.fr/spip.php?article227</link>
		<guid isPermaLink="true">http://velotextes.fr/spip.php?article227</guid>
		<dc:date>2024-05-22T07:34:19Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>velovi</dc:creator>


		<dc:subject>Paul de Vivie, dit V&#233;locio</dc:subject>
		<dc:subject>Avant 1900</dc:subject>
		<dc:subject>polymultipli&#233;e</dc:subject>
		<dc:subject>Alpes</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;&#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#8239;Je n'ai pas, ce mois-ci, d'exp&#233;riences &#224; conter, bien que j'ai essay&#233;, le 15&#160;ao&#251;t, d'en placer une autre, et une bonne, &#224; l'actif des machines &#224; multiples d&#233;veloppements, en allant de Lyon au Col du Lautaret. Malheureusement, ce jour-l&#224;, la guigne m'a poursuivi et, comme disait un Alsacien de mes amis, tous mes brochets ont &#233;t&#233; d&#233;truits&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;&lt;/p&gt;

-
&lt;a href="http://velotextes.fr/spip.php?rubrique35" rel="directory"&gt;1896-1900 P&#233;riode h&#233;ro&#239;que&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="http://velotextes.fr/spip.php?mot1" rel="tag"&gt;Paul de Vivie, dit V&#233;locio&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://velotextes.fr/spip.php?mot10" rel="tag"&gt;Avant 1900&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://velotextes.fr/spip.php?mot23" rel="tag"&gt;polymultipli&#233;e&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://velotextes.fr/spip.php?mot41" rel="tag"&gt;Alpes&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;Par Paul de Vivie, Le Cycliste, Ao&#251;t 1897, republi&#233; en Septembre 1947&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je n'ai pas, ce mois-ci, d'exp&#233;riences &#224; conter, bien que j'ai essay&#233;, le 15&#160;ao&#251;t, d'en placer une autre, et une bonne, &#224; l'actif des machines &#224; multiples d&#233;veloppements, en allant de Lyon au Col du Lautaret. Malheureusement, ce jour-l&#224;, la guigne m'a poursuivi et, comme disait un Alsacien de mes amis, tous mes brochets ont &#233;t&#233; d&#233;truits. Parti de Lyon &#224; 4 h. 30 j'aurais d&#251; &#234;tre &#224; Grenoble &#224; 10 h. et je n'&#233;tais arriv&#233; qu'&#224; midi, un peu tard pour aller, telle &#233;tait mon intention, d&#233;jeuner &#224; Bourg-d'Oisans&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; puis il faisait chaud, mais chaud &#224; vous donner des vapeurs et &#224; vous coucher insol&#233; sur la route ensoleill&#233;e&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; enfin pour finir de me mettre en d&#233;route, un orage s'amassait visiblement sur les hauts sommets et des nuages gonfl&#233;s d'eau galopaient les uns sur les autres. Ce n'&#233;tait pas le cas d'aller &#224; 2.000 m. d'altitude jouir du coup d'&#339;il.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et cette coquine de route m'avait-elle assez fatigu&#233;&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! Je ne la connaissais pas et je me la figurais, doux r&#234;ve, plate ou &#224; peine ondul&#233;e d'un bout &#224; l'autre, et par cons&#233;quent tr&#232;s facile&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; Ah&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! ouiche, Jean, va-t-en voir s'ils viennent&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! Jusqu'&#224; Bourgoin, o&#249;, en passant &#224; 6 h. 30, je donne un matinal bonjour &#224; un vieil ami, &#231;a va tout seul, mais apr&#232;s Nilovat, hol&#224;&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! D'abord ce n'est pas effrayant, mont&#233;e constante mais faible, que mes 4. m. 40 enl&#232;vent tr&#232;s ais&#233;ment&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; ensuite, c'est-&#224;-dire de La Combe &#224; Eclose et m&#234;me un peu au del&#224;, &#231;a devient piment&#233;, et j'aurais bien fait de me mettre &#224; 3 m. 35, mais persuad&#233; que &#231;a ne durera pas, je m'obstine et je passe avec 4 m. 40 p&#233;niblement&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; r&#233;sultat : muscles distendus peu apr&#232;s &#224; la grimpette du Lautaret. Avant d'arriver &#224; La Frette, nouveaux petits raidillons courts et secs qui me font pester contre les ing&#233;nieurs responsables d'une route aussi malhonn&#234;te.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La travers&#233;e de la plaine de Bi&#232;vre me repose un peu, mais, en arrivant &#224; Rives, je mets pr&#233;cipitamment pied &#224; terre&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; quelle pente, grand dieux, il y a de quoi vous faire casser dix fois le cou&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; la remont&#233;e de l'autre c&#244;t&#233; est faisable avec une petite multiplication, puis je remets pied &#224; terre devant une autre descente raide, avant d'arriver &#224; Moirans. Voil&#224; un coin o&#249; les sans-freins feront bien de ne pas trop fr&#233;quenter&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; il leur en cuirait certainement un jour ou l'autre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De telles routes sont stupides, s'&#233;crierait P. d'Allabile, qui a partout son franc-parler, et ceux qui les ont construites sont des &#226;nes&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! Amen.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De Moirans &#224; Grenoble, &#224; l'exception du crochet sur Voreppe, c'est plat sous tous les rapports, et si l'on n'avait &#224; contempler les &#224;-pics des massifs du Vercors &#224; droite et de la Chartreuse &#224; gauche, on s'emb&#234;terait ferme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce jour-l&#224;, dans cette gorge, le soleil &#233;tait d'un accablant&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! Je n'eus pas m&#234;me, apr&#232;s d&#233;jeuner, le courage d'aller &#224; Pont-de-Claix, ne fut-ce que pour voir le commencement de la route, du Lautaret que je ferai, je l'esp&#232;re, en septembre, en partant cette fois de Grenoble, car de Lyon au Lautaret en un jour, &#231;a me para&#238;t tout de m&#234;me un peu trop charg&#233; en kilom&#232;tres et en mont&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Velocio.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Bicyclette n&#176;5 (&#224; petites roues de 50 cm)</title>
		<link>http://velotextes.fr/spip.php?article943</link>
		<guid isPermaLink="true">http://velotextes.fr/spip.php?article943</guid>
		<dc:date>2024-05-18T10:30:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>velovi</dc:creator>


		<dc:subject>Paul de Vivie, dit V&#233;locio</dc:subject>
		<dc:subject>Entre 1900 et 1914</dc:subject>
		<dc:subject>Alpes</dc:subject>
		<dc:subject>Rh&#244;ne </dc:subject>
		<dc:subject>n&#176;5</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;&#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#8239;Un peu partout, ma machine liliputienne excite l'&#233;tonnement et les cris des enfants. Les V&#233;&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! Qu'&#232;s aco&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! et autres exclamations proven&#231;ales me saluaient dans chaque village.&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;&lt;/p&gt;

-
&lt;a href="http://velotextes.fr/spip.php?rubrique65" rel="directory"&gt;L'&#233;curie de V&#233;locio&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="http://velotextes.fr/spip.php?mot1" rel="tag"&gt;Paul de Vivie, dit V&#233;locio&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://velotextes.fr/spip.php?mot11" rel="tag"&gt;Entre 1900 et 1914&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://velotextes.fr/spip.php?mot41" rel="tag"&gt;Alpes&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://velotextes.fr/spip.php?mot61" rel="tag"&gt;Rh&#244;ne &lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://velotextes.fr/spip.php?mot156" rel="tag"&gt;n&#176;5&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;section class=&#034;sommaire-section sommaire-section_niveau1 sommaire-section_h3&#034; aria-labelledby=&#034;ANTHOLOGIE-DU-CYCLISTE-EPOQUE-VELOCIO-1921&#034;&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034; id='ANTHOLOGIE-DU-CYCLISTE-EPOQUE-VELOCIO-1921'&gt;&lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;ANTHOLOGIE&lt;/span&gt; &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;DU&lt;/span&gt; &#8220;&lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;CYCLISTE&lt;/span&gt;&#8221;, &#201;&lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;POQUE&lt;/span&gt; &#8220;&lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;VELOCIO&lt;/span&gt;&#8221;, 1921&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#8239;Hauteur des roues, forme des jantes, grosseur des pneus, moyeux, rayons... autant de points qui s'offrent &#224; notre examen, et ce que j'en vais dire, aujourd'hui, n'a que la valeur d'une opinion personnelle, que la discussion pourra confirmer, rejeter ou modifier. &lt;br class='autobr' /&gt;
C'est en 1904 seulement que je commen&#231;ai &#224; me demander s'il &#233;tait vraiment n&#233;cessaire d'avoir des roues de 70 cm de diam&#232;tre, et si nous ne pourrions pas obtenir des machines plus l&#233;g&#232;res, plus robustes, moins encombrantes, plus maniables, tout aussi roulantes en r&#233;duisant autant que possible ce diam&#232;tre de 70 cm, qui avait, d&#233;j&#224;, &#233;t&#233; standardis&#233;, on n'a jamais d'ailleurs su pourquoi. C'est ainsi que j'eus successivement un tandem et une bicyclette avec des roues de 60 cm, une autre bicyclette avec des roues de 50 cm seulement, tous garnis de pneumatiques souples et minces de 45 &#224; 50 mm de diam&#232;tre, machines qui furent, je dois le dire, celles que j'ai toujours pr&#233;f&#233;r&#233;es, tant qu'il m'a &#233;t&#233; possible de me procurer des bandages de ce calibre, lequel me semble d'autant plus n&#233;cessaire que les roues sont d'un plus petit diam&#232;tre. C'est m&#234;me avec ma monture n&#176;&#8239;5, &#224; roues de 50 cm avec pneus de 50 mm que j'ai obtenu mes meilleurs r&#233;sultats en fait de vitesse de marche, et allant en cinq heures, sans vent favorable, d'Andance &#224; Orange, s&#233;par&#233;s par cent trente-quatre kilom&#232;tres, au cours d'une de mes habituelles randonn&#233;es vers la M&#233;diterran&#233;e, durant lesquelles je ne manquais jamais de comparer les m&#233;rites respectifs de mes nombreux essais de polyxion, par diff&#233;rents syst&#232;mes. &#192; l'actif de ma no&#8239;4, &#224; roues de 60 cm, je trouve une belle &#233;tape de trois cent soixante et un kilom&#232;tres, de Saint-&#201;tienne &#224; Flassans, effectu&#233;e, avec vent favorable, en dix-sept heures, non sans plusieurs arr&#234;ts pour cause de crevaisons survenues &#224; mon &#233;quipier, car je ne roulais pas en solitaire ce jour-l&#224;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Aux descentes, avec de petites roues, je n'ai jamais &#233;t&#233; inf&#233;rieur &#224; mes compagnons les mieux mont&#233;s, avec des roues de 70 cm, malgr&#233; que j'eusse trois roues libres sans billes &#224; mes moyeux&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; car les trois machines, dont il est question, &#233;taient munies de trois vitesses en marche par trois cha&#238;nes et deux d&#233;brayages au pied. Ni le d&#233;railleur, ni la cha&#238;ne flottante n'avaient encore vu le jour en ce temps recul&#233;, et nous ne jurions &#224; notre &#201;cole St&#233;phanoise, que par la polychaine qui, aujourd'hui encore, compte de nombreux partisans. La difficult&#233;, que j'&#233;prouvais &#224; un certain moment, &#224; obtenir des pneus &#224; ces dimensions sp&#233;ciales, me for&#231;a &#224; revenir aux roues de 65 et 70 cm de diam&#232;tre, aux calibres de 35 et 38 mm quand je me fis construire mes machines suivantes, les n&#176;&#8239;6, 7... Il n'en reste pas moins ancr&#233;, dans mon esprit, que pour une bicyclette de grand tourisme &#8212; destin&#233;e &#224; passer partout et &#224; rouler presque dans le lit des torrents &#8212; comme le voulait le Capitaine Perrache &#224; l'&#233;poque, des roues de 500 X 50 mm sont nettement pr&#233;f&#233;rables &#224; celles de 700 x 28 mm des mod&#232;les &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;Tour de France&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;, et m&#234;me aux roues standardis&#233;es de 700 X 35 mm qu'on essaie de nous imposer si (et cela doit &#234;tre) on fait entrer en ligne de compte, dans le rendement d'un outil, la fatigue de celui qui s'en sert. Cette derni&#232;re consid&#233;ration est-il vrai, indiff&#233;rente aux coureurs de Henri Desgrange et de L'Auto, et aux jeunes utilitaires, ignorant tout du probl&#232;me, qui montent les machines standardis&#233;es du commerce, mais elle ne l'est pas pour nous qui avons, en vue de longs voyages, le meilleur rendement et la moindre fatigue.&lt;br class='autobr' /&gt;
Par exemple, il faut bien comprendre que le calibre du pneumatique doit augmenter en m&#234;me temps que diminue le diam&#232;tre de la roue : si l'on admet, je suppose, que le calibre de 38 mm vaut pour la roue de 700 mm, il faut envisager au moins 42 mm pour une roue de 650 mm, 45 mm pour celle de 600 mm, enfin le calibre de 50 mm pour une roue de 500 mm de diam&#232;tre.&lt;br class='autobr' /&gt;
On peut d'ailleurs se r&#233;f&#233;rer &#224; ce qui s'est pass&#233; dans l'automobile, en ce qui concerne le m&#234;me probl&#232;me. &#192; l'origine, les roues de 125 cm de hauteur &#233;taient monnaie courante, peu &#224; peu, on en est venu a des diam&#232;tres de 90, 80, 65 et m&#234;me 55 cm aujourd'hui. Si bien, qu'actuellement, on est &#233;tonn&#233; en comparant l'&#233;normit&#233;, la masse, la hauteur de la superstructure d'un autocar ou d'une limousine aux roues minuscules qui les supportent, &#224; la bicyclette et ses roues hautes et minces, laquelle parait bien fr&#234;le, et l'est en effet, tout compte fait, car de telles roues se voilent pour un rien, les jantes se bossellent, les rayons se d&#233;tendent quand ils ne cassent point, d&#233;sagr&#233;ments qui ne sont jamais arriv&#233;s &#224; mes roues de 500 mm dont les rayons sont d'autant plus courts &#8212; partant, plus solides &#8212; quoique moins nombreux et dont les jantes sont d'autant plus prot&#233;g&#233;es que les pneus sont plus gros.&lt;br class='autobr' /&gt;
Que l'on ne croit pas, pour autant, qu'on n'ait jamais fait des bicyclettes &#224; petites roues&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! Dans la d&#233;cade 1890-1900, on a, je le r&#233;p&#232;te encore une fois, tout essay&#233;, et j'ai toujours &#233;t&#233; &#233;tonn&#233; de ne pas y avoir encore d&#233;couvert un embryon de &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#8239;cha&#238;ne flot&#173;tante&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;. Vers 1897, nous v&#238;mes une bicyclette de fabrication allemande, destin&#233;e, par son inventeur, au service de l'arm&#233;e et munie de roues de 30 cm cela s'appelait le &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#8239;Colibri&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;, et avait des pneu&#173;matiques de 35 et 38 mm de diam&#232;tre, d&#233;faut r&#233;dhibitoire. La &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#8239;Pliante&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; du Capitaine G&#233;rard, destin&#233;e en premier lieu &#224; l'arm&#233;e fran&#231;aise, vint plus tard avec des roues de 600 mm, toujours avec de petits pneus. Il y a quelque six ans, une de nos grandes manufactures de bicyclettes mit sur le march&#233;, un mod&#232;le &#224; roues de 600 mm avec des pneus minuscules : une tige de selle &#224; ressort prot&#233;geait bien quelque peu le cavalier, mais les jantes, les rayons, le cadre souffraient terriblement. Si cette bicyclette avait eu des pneumatiques souples de 45 mm, elle aurait obtenu beaucoup de succ&#232;s. Pour mon compte, je reste persuad&#233; qu'on peut aller, sans inconv&#233;nient, jusqu'au diam&#232;tre de 500 mm, &#224; condition d'adopter des enveloppes de 50 mm. Il y a, ici comme en toutes choses, des limites. Quos ultra citraque nequit consistere rectum...&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;i&gt;V&#233;locio, Le Cycliste, 1921, Anthologie du &#8220;Cycliste&#8221;, Cahier no 11, Mai-juin 1968, p.163-165&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;/p&gt;
&lt;/section&gt;&lt;section class=&#034;sommaire-section sommaire-section_niveau1 sommaire-section_h3&#034; aria-labelledby=&#034;Autour-du-Concours-1905&#034;&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034; id='Autour-du-Concours-1905'&gt;[Autour du Concours, 1905]&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;Dans les questions cyclotechniques plus que partout ailleurs, la recherche de l'absolu est inutile, il faut se contenter du relatif, d'un rendement relatif, d'un confortable relatif. Et ce relatif varie d'un homme &#224; l'autre &#224; tel point qu'une bicyclette franchement bonne pour Pierre est franchement mauvaise pour Paul&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; j'en fais souvent l'exp&#233;rience avec les machines que je monte et qui sont construites d'apr&#232;s mes id&#233;es personnelles constamment modifi&#233;es par la pratique quoti- dienne de la route et les r&#233;flexions dont j'accompagne mes d&#233;ambulations le plus souvent solitaire. &lt;br class='autobr' /&gt;
Ainsi, ma monture actuelle de pr&#233;dilection ne conviendrait sans doute pas &#224; un cycliste sur cent, et pourtant elle me va &#224; merveille. Ce n'est pas que j'en attende les allures tr&#232;s vives de mes polycyclettes &#224; grand rendement, mais je la trouve essentiellement confortable&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; or, en vieillissant j'aspire plut&#244;t au confortable qu'&#224; la vitesse et mes id&#233;es se modifiant dans ce sens, mes machines prennent des formes nouvelles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Vous en jugerez par la minutieuse description suivante&#160;: J'ai adopt&#233; les raccords du dernier mod&#232;le &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;B.S. A.&lt;/span&gt; de course extrapiste qui se fait avec roue de 60 centim&#232;tres parce que j'ai pu, avec ces raccords, sans que le p&#233;dalier f&#251;t trop pr&#232;s du sol, utiliser les roues de 50 centim&#232;tres munies de gros pneus extra-souples, &#224; toile apparente, de 50 millim&#232;tres avec lesquelles je veux d&#233;montrer une bonne fois que la fameuse loi du coefficient de r&#233;sistance au roulement inversement proportionnel au diam&#232;tre des roues, ne saurait s'appliquer aux roues munies de pneumatiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le p&#233;dalier est donc &#224; 25 centim&#232;tres au-dessus du sol et des manivelles de 15 1/2 centim&#232;tres passent ais&#233;ment. Je trouve tr&#232;s confortables des manivelles courtes accompagn&#233;es naturellement de d&#233;veloppements courts aussi. Le cadre tr&#232;s bas (40 centim&#232;tres) conviendrait &#224; un enfant de dix ans, et quoique je ne sois pas de bien haute taille (1,65) je suis oblig&#233; &#224; une tige de selle qui &#233;merge de 16 centim&#232;tres au-dessus du cadre. Les raccords de ce mod&#232;le de piste &#233;tant faits pour tube sup&#233;rieur plongeant, j'ai &#233;t&#233; conduit &#224; une douille de direction tr&#232;s courte, ce dont je ne suis pas enchant&#233;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; par le fait, la forme trap&#233;zo&#239;dale des cadres ordinaires est devenue Exactement triangulaire&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; certains penseront qu'elle n'en est que plus solide&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; l'&#233;v&#233;nement nous le dira.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur le guidon droit ordinaire s'appuient les deux branches d'un guidon relev&#233; de 20 centim&#232;tres entre lesquelles et en avant j'ai log&#233; une planchette o&#249; mon bagage se trouve fort &#224; l'aise&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; ma lanterne se dissimule sous cette planchette.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'avoue que l'avant de cette polycyclette avec une telle superstructure, surprend au premier abord et semble disgracieux. A la v&#233;rit&#233;, peu m'en chaut s'il est pratique, et je crois qu'il l'est, malgr&#233; ma pelle d'Ensu&#233;s au printemps dernier que j'attribuai en partie &#224; la trop grande surcharge du guidon, mais rien ne m'a, depuis lors, confirm&#233; dans cette pens&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avec mon n&#186; 5 (c'est le num&#233;ro d'ordre de ma nouvelle machine), malgr&#233; son avant ainsi encombr&#233; et charg&#233;, je pratique le lache-main avec une facilit&#233; remarquable et n&#233;gocie les virages en vitesse sans le moindre embarras attribuable &#224; une direction trop lourde. Je n'ai encore, il est vrai, plac&#233; que 500 kilom&#232;tres &#224; son actif, mais elle en aura, je l'esp&#232;re, plus de 1.500 &#224; la fin de l'ann&#233;e, car ce sera essentiellement ma machine d'hiver. A cet effet, je l'ai munie de vastes garde-boue, de deux couvre- cha&#238;nes &#224; l'avant, d'un bouclier de cuir tr&#232;s large derri&#232;re lequel mes pieds sont enti&#232;rement &#224; l'abri des &#233;claboussures que projette la roue en passant dans les flaques d'eau&#160;: &#224; l'arri&#232;re, de deux housses lat&#233;rales qui prot&#232;gent aussi le bas des jambes contre la boue entra&#238;n&#233;e par la roue motrice. Ces appareils protecteurs sont, bien entendu, d&#233;tachables et, l&#233;gers, n'alourdissent que l'aspect de la machine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Deux freins sur jantes, l'un &#224; main sur roue &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;AV&lt;/span&gt;, l'autre &#224; contrep&#233;dale sur roue &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;AR&lt;/span&gt;, me donnent toute s&#233;curit&#233; dans les descentes les plus scabreuses. En fait de polymultiplication, j'ai trois d&#233;veloppements par trois cha&#238;nes et deux em- brayages au pied&#160;: 6 m&#232;tres, 3,80 et 2, 40. Ces faibles d&#233;veloppements, combin&#233;s avec de courtes manivelles (155 mm.), me permettent une cadence assez vive pour qu'il me soit facile de tenir en plaine l'allure de 25 &#224; l'heure et, &#224; la mont&#233;e, &#224; tr&#232;s peu pr&#232;s mes allures habituelles&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; mais il me serait p&#233;nible de monter aux allures de 20% su- p&#233;rieures que me permet encore mon n&#186;1 &#224;grand rendement avec son d&#233;veloppement de 7&#034;.40, ses manivelles de 178 mm. et le p&#233;dalage en force (position verticale sur le p&#233;dalier et p&#233;dales chauss&#233;es jusqu'au talon).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela n'a pas d'importance puisque, comme je l'ai dit. j'ai eu en vue le confortable plut&#244;t que le rendement optime en construisant mon n&#186; 5 sur lequel j'ai bien rarement recours au p&#233;da- lage en force.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce qu'il y a de plus caract&#233;ristique dans cette minuscule machine, c'est la selle, une m&#233;chante selle qu'on ne se donnerait m&#234;me pas la peine de ramasser si on la trouvait sur la route et que j'ai d&#233;couverte dans les riblons. Tr&#232;s longue.puisq ue I le cuir n'a pas moins de 30 centim&#232;tres, elle est mont&#233;e sur deux ressorts, droits et parall&#232;les pendant 15 centim&#232;tres qui la soutiennent par les deux extr&#233;mit&#233;s &#224; la fa&#231;on des selles &#034;Hamac du bon vieux temps. Ces deux ressorts coulissent de toute leur longueur dans le collier porte-selle ordinaire l&#233;g&#232;rement modifi&#233;, de fa&#231;on que la selle peut &#234;tre d&#233;plac&#233;e d'arri&#232;re en avant de 15 centim&#232;tres et occuper toutes les positions interm&#233;diaires&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour obtenir le d&#233;placement en marche.je me sers d'une simple courroie fix&#233;e par une extr&#233;- mit&#233; au bec de la selle, par l'autre extr&#233;mit&#233; au plongeur du guidon et munie d'une glissi&#232;re &#224; serrage automatique &#224; bascule du type que l'on voit commun&#233;ment sur les bretelles. Cela fone- tionne parfaitement, bien que la correction des lignes de selle &#224; d&#233;placement Nicolas, Terrot et Hirondelle soit enti&#232;rement m&#233;connue et que le d&#233;placement soit rigoureusement horizontal, alors que j'eusse pr&#233;f&#233;r&#233; m'abaisser en me reculant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La position tr&#232;s en arri&#232;re est d&#233;licieuse pour les descentes, la m&#233;diane parfaite pour le p&#233;da- lage en souplesse et la position avant, verticale sur l'axe du p&#233;dalier, indispensable pour le p&#233;dalage en force, mais tr&#232;s d&#233;fectueuse pendant les descentes, &#224; cause, sans doute, du trop de poids jet&#233; sur la roue &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;AV&lt;/span&gt; dont la direction, j'ai failli m'en apercevoir &#224; mes d&#233;pens, devenait presque dangereuse. Mon n&#186; 5 est tr&#232;s court, comparativement aux bicyclettes usuelles&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; 38 centim&#232;tres de l'axe &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;AR&lt;/span&gt; &#224; l'axe p&#233;dalier, et 50 centim&#232;tres de celui-ci &#224; l'axe &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;AV&lt;/span&gt; font 88 centi- m&#232;tres entre les deux points de contact sur le sol. Une bicyclette &#224; roues de 70 centim&#232;tres a g&#233;n&#233;ralement 115 centim&#232;tres d'emp&#226;tement et 185 centim&#232;tres de pneu &#224; pneu au lieu de 138 centim&#232;tres que mesure la mienne. A l'&#339;il, la diff&#233;rence semble plus grande encore. Telle que je viens de la d&#233;crire avec ponts en acier forg&#233; tr&#232;s larges pour le passage des pneus, tubes et fourreaux renforc&#233;s par des fourrures int&#233;rieures, sacoche &#224; outils bien garnie, ma polycyclette de tourisme pour 1906 p&#232;se exacte- ment 16 kilos 570. Ce n'est pas une plume, et comme j'esp&#233;rais avoir une monture aussi l&#233;g&#232;re que possible, j'ai &#233;t&#233; d&#233;&#231;u de ce c&#244;t&#233;. Aussi, pour savoir o&#249; tout ce poids se logeait et si l'on pouvait le r&#233;duire, me suis-je empress&#233; de peser s&#233;par&#233;- ment&#160;:&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1&#186; La roue directrice..&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1.530gr.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2&#176; La roue motrice avec ses trois roues&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;libres, 2:210&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;3&#186; Le guidon &#224; deux &#233;tages avec sa&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;planchette porte-bagages...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1.630&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;4&#186; Les deux manivelles avec les p&#233;dales, les trois roues dent&#233;es, les deux embrayages et les clavettes...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2.760&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A reporter.....&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;8.120&lt;br class='autobr' /&gt;
Report............&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;8.120&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;5&#186; La selle, avec son tube porte-selle et son appareil de d&#233;placement....&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1.450&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;6&#186; Les trois cha&#238;nes....&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;980&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;70-Le cadre proprement dit avec les garde-boue, les couvre-cha&#238;ne, les freins et la sacoche garnie.....&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;6.020&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;TOTAL&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;16 570&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;R&#233;duisant&#224; leur plus simple expression le cadre &#224; 4 kilogrammes, le guidon &#224; 500grammes, la selle et sa tige &#224; 600 grammes, nous obtiendrions une 3 vitesses en marche, pesant 12 kg. 500, capable de porter sans d&#233;faillance les plus lourds cyclo- touristes, car (j'allais oublier de le rappeler), le grand, le vrai m&#233;rite de ma polycyclette n&#186; 5, c'est d'&#234;tre, quoique plus l&#233;g&#232;re. beaucoup plus forte que ses s&#339;urs &#224; roues de 70&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; j'ose dire que ses roues de 50 centim&#232;tres &#224; 40 et 36 rayons et &#229; pneus de 50 centim&#232;tres d&#233;bordant largement les jantes acier qui, sous aucun pr&#233;texte, ne peuvent &#234;tre mordues par les cailloux&#160;: je dis que de telles roues sont invoilables et qu'un cadre constitu&#233; par denx triangles est ind&#233;for- mable. Je sens d'ailleurs, quand je d&#233;vale l&#224;- dessus du 7% &#224; 40 &#224; l'heure, que je suis &#224; cheval sur un bloc, rigide par sa membrure trapue, souple par ses pneus extra minces qui, en fin de compte, n'ont pas l'air de crever plus que les triples toiles d'&#233;reintant&#233; m&#233;moire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'ai fini, mais n'allez pas supposer que j'ai voulu vous faire l'article et vous sugg&#233;rer l'id&#233;e de suivre mes traces et d'adopter mon dernier avatar. Le temps n'est pas encore venu d'un changement aussi radical&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; et puis, pour tout dire, il est peut-&#234;tre pr&#233;somptueux d'affirmer qu'un nouveau-n&#233; qui n'a fait encore que quelques pas, marchera mieux que ses a&#238;n&#233;s qui ont, eux, des 50 et 60 mille kilom&#232;tres derri&#232;re eux. Je connais des bicyclettes de 1896 qui en sont l&#224; et qui, comme le n&#232;gre l&#233;gendaire... continuent. J'ai voulu simplement montrer que des go&#251;ts et des couleurs il ne faut pas trop discuter, surtout chez les cyclotouristes pratiquants et exp&#233;riment&#233;s et que le jour o&#249; l'on voudr&#225; m&#233;dailler la meilleure machine, le Jury aura plus de peine qu'on ne le pense.&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;VELOCIO&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;https://velotextes.fr/spip.php?article272&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;i&gt;&lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;NO&lt;/span&gt;&#203;L &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;AU&lt;/span&gt; &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;SOLEIL&lt;/span&gt;, 1905&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#8239;Supposant &#8212; mais j'ai &#233;t&#233; cette fois cruellement d&#233;tromp&#233; &#8212; que l'hiver, dans le Midi, &#233;tait toujours plus cl&#233;ment que dans nos montagnes, le 23&#160;d&#233;cembre dernier, je tournais vers Marseille les guidons de ma bicyclette no 5, impatiente de terminer ses &#233;preuves par un grand voyage. Je n'allais pas seulement vers le soleil, j'allais vers des compagnons de route que leur &#233;loignement ne me permet pas de rencontrer aussi souvent que je le voudrais, vers des sites que je ne me lasse pas de revoir.&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;&lt;br class='autobr' /&gt;
[&#8230;]&lt;br class='autobr' /&gt;
&#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#8239;Un peu partout, ma machine liliputienne excite l'&#233;tonnement et les cris des enfants. Les V&#233;&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! Qu'&#232;s aco&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! et autres exclamations proven&#231;ales me saluaient dans chaque village.&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;&lt;br class='autobr' /&gt;
[&#8230;]&lt;br class='autobr' /&gt;
&#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#8239;Mon n&#176;&#160;5 se tirait &#224; son avantage de cette premi&#232;re &#233;preuve de transport. Si r&#233;ellement le coefficient de r&#233;sistance au roulement avait &#233;t&#233;, comme le pr&#233;tendent les th&#233;oriciens, de 30&#8239;% plus &#233;lev&#233; que pour une autre machine, &#224; roues de 70 centim&#232;tres, il est douteux que j'eusse pu, sans la moindre fatigue appr&#233;ciable, effectuer un tel parcours &#224; l'allure moyenne de presque 22 kilom&#232;tres. Il est vrai que je ne m'&#233;tais pour ainsi dire pas arr&#234;t&#233;&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; j'avais v&#233;cu uniquement sur mes provisions et j'&#233;tais seul, deux conditions essentielles pour aller vite et d'un train r&#233;gulier.&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;&lt;br class='autobr' /&gt;
[&#8230;]&lt;br class='autobr' /&gt;
&#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#8239;Mon n&#176;&#8239;5, qui compte dans ce total pour 1.514 kilom&#232;tres couverts en d&#233;cembre, c'est-&#224;-dire pendant un des plus mauvais mois de l'ann&#233;e, s'est parfaitement comport&#233; au cours de sa premi&#232;re randonn&#233;e, et de telle fa&#231;on que, pour moi, les grandes roues et les grands pignons n'ont plus de raison d'&#234;tre au point de vue du meilleur roulement et du rendement optime. Avec des roues de 50 centim&#232;tres et un tout petit pignon de 12 dents au pas de 12,7, lequel combin&#233; avec 46 dents au p&#233;dalier me donne mon grand d&#233;veloppement de 6 m&#232;tres, j'ai pu marcher aux allures habituelles sans plus de difficult&#233;s qu'avec les immenses pignons de 60 et 72 dents que les th&#233;oriciens nous conseill&#232;rent jadis. Je ne note plus aussi exactement qu'au d&#233;but de mes randonn&#233;es l'horaire de mes &#233;tapes-transport, cependant j'ai not&#233; mon temps entre Donz&#232;re et Orange, 38 kilom&#232;tres que j'ai couverts en 1&#8239;h.&#8239;35, du 24 &#224; l'heure sans le moindre vent. Je n'ai mieux fait avec grands pignons et grands d&#233;veloppements qu'avec vent favorable. Il m'a sembl&#233; pourtant que je tournais &#224; mon maximum et que si j'avais eu le mistral derri&#232;re moi je n'aurais pu en profiter pour activer l'allure en augmentant la cadence, &#224; moins d'en arriver &#224; une d&#233;pense anormale de calories. Donc puisque nous pouvons, en r&#233;duisant les diam&#232;tres des roues et des pignons, obtenir plus de l&#233;g&#232;ret&#233;, plus de solidit&#233; et moins d'encombrement sans renoncer &#224; aucun des avantages de nos polycyclettes de tourisme, nous aurions, ce me semble, tort de ne pas le faire.&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;i&gt;V&#233;locio, &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#8239;No&#235;l au soleil&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;, Le Cycliste, d&#233;cembre 1905, Page 224 &#224; 230, Source Archives D&#233;partementales de la Loire, cote PER1328_8&lt;/i&gt;&lt;br class='autobr' /&gt; &lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_219 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;39&#034; data-legende-lenx=&#034;x&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='http://velotextes.fr/IMG/jpg/moton1.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='http://velotextes.fr/local/cache-vignettes/L500xH792/moton1-3f5d2.jpg?1788126846' width='500' height='792' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre crayon document-titre-219 '&gt;&lt;strong&gt;N&#176;5
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif crayon document-descriptif-219 '&gt;La bicyclette n&#176;5, 1907
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/section&gt;&lt;section class=&#034;sommaire-section sommaire-section_niveau1 sommaire-section_h3&#034; aria-labelledby=&#034;Sur-la-cote-d-azur-1906&#034;&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034; id='Sur-la-cote-d-azur-1906'&gt;Sur la c&#244;te d'azur, 1906&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;Et voyez jusqu'o&#249; allait ma guigne&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; j'&#233;tais parti avec une telle confiance dans la hausse barom&#233;trique que j 'avais enlev&#233; les garde-boue de mon n&#176;&#160;5 &#224; roues de 50 centim. et &#224; gros pneus de 50 millim., que je vous ai pr&#233;sent&#233; il y a 4 mois et qui fait mes d&#233;lices plus que jamais. Ce petit outil, peu encombrant et roulant comme un charme, a le d&#233;faut, commun &#224; beaucoup de bicyclettes, de d&#233;raper dans la boue, surtout dans la boue des routes du Midi, faites de pl&#226;tre, de ciment et d'argile.&lt;br class='autobr' /&gt;
Jusqu'&#224; Pierrelatte je filai cependant grand train en serrant les arbres de pr&#232;s et je m'appr&#234;tais &#224; bifurquer &#224; gauche vers la gare, quand il me sembla que la pluie s'arr&#234;tait. Allons donc jusqu'&#224; la Croisi&#232;re-de-Boll&#232;ne consulter l'horaire du P.-L.-M.&lt;br class='autobr' /&gt;
Cinq minutes plus tard, la pluie redoublait et la crainte du d&#233;rapage m'obligeait &#224; r&#233;duire de moiti&#233; mon allure, si bien que je n'entrai &#224; la gare de la Croisi&#232;re qu'&#224; 19 h. 1/2, ruisselant&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; mes deux cha&#238;nes d&#233;j&#224; couvertes de boue craquaient &#224; qui mieux mieux et la nuit allait &#234;tre l&#224;.&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;&lt;/p&gt;
&lt;/section&gt;&lt;section class=&#034;sommaire-section sommaire-section_niveau1 sommaire-section_h3&#034; aria-labelledby=&#034;Du-Sud-au-Nord-1908&#034;&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034; id='Du-Sud-au-Nord-1908'&gt;&lt;a href=&#034;https://velotextes.fr/spip.php?article281&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Du Sud au Nord&lt;/a&gt; (1908)&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;1&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;re&lt;/sup&gt; journ&#233;e, 11&#160;juillet (Beaucaire, Orgon, La Roque dAnth&#233;ron, Pont de Mirabeau, Moustiers-Sainte-Marie, Castellane, 200 kilom&#232;tres).&lt;br class='autobr' /&gt;
En 1905, pour la Pentec&#244;te, nous f&#238;mes &#224; trois une excursion, qui m&#233;ritait, certes, d'&#234;tre cont&#233;e dans Le Cycliste, et qui ne le fut pas, par la faute de celui de nous trois que nous avions charg&#233; de ce soin.&lt;br class='autobr' /&gt;
Nous &#233;tions all&#233;s, d'abord, de Saint-Etienne &#224; Barcelonnette par Valence, Die et Gap, pour, le jour suivant, aller prendre, au col d'Allos, le Verdon &#224; sa source, le descendre jusqu'au pont de Mirabeau, o&#249; il se jette dans la Durance, et aller, de l&#224;, coucher au Pertuis, d&#233;roulant ainsi, un ruban de route de 210 kilom&#232;tres, au bas mot, &#224; travers des sites dont le souvenir ne cessa, depuis, de me hanter.&lt;br class='autobr' /&gt;
C'est pourquoi, profitant cette ann&#233;e des trois jours que nous apporta le 14&#160;juillet, je r&#233;solus de refaire le col d'Allos, en le compl&#233;tant par le col de Vars que je ne connaissais pas et en finissant par le col du Lautaret dont on ne se lasse jamais.&lt;br class='autobr' /&gt;
Et je partis de Beaucaire, le 12&#160;juillet, &#224; 3 heures, en compagnie de mon ami A., de Beaucaire, et d'un jeune cycliste de Maillane, patrie de l'illustre Mistral, o&#249;, soit dit entre parenth&#232;ses, la polymultiplication est tr&#232;s en honneur.&lt;br class='autobr' /&gt;
Nos polycyclettes &#233;taient bien faites pour attirer l'attention des passants. A. montait une trois vitesses en marche dont deux directes et une r&#233;tro &#224; roues de 50 centim&#232;tres et &#224; pneus de 50 m/m&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; le jeune Roumanille &#233;tait mont&#233; de la m&#234;me fa&#231;on, mais sur roues de 60 centim&#232;tres et pneus de 50 m/m&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; seulement le r&#233;tro &#233;tait sur un d&#233;veloppement moyen de quatre m&#232;tres, contrairement &#224; l'habitude qui rejette toujours le r&#233;tro sur le plus faible d&#233;veloppement.&lt;br class='autobr' /&gt;
J'avais choisi pour cette excursion mon n&#176;&#160;5 &#224; trois vitesses en marche : 2 m. 40, 3 m. 80 et 6 m&#232;tres, par trois cha&#238;nes directes et deux embrayages au pied&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; &#224; d&#233;faut de ses pneumatiques Ordinaires de 50 m/m &#224; toile apparente, qui sont pour le moment hors de service, j'avais emprunt&#233; &#224; une petite motorette &#224; roues de 50 centim&#232;tres, que je pr&#233;pare, ses pneus de 55 m/m, et je semblais avoir, en guise de roues, deux bou&#233;es de sauvetage.&lt;br class='autobr' /&gt;
Ces pneus de moto, bien que souples dans une certaine mesure, diminuaient beaucoup le rendement de mon n&#176;&#160;5 et r&#233;duisirent sensiblement mon allure&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; mais, en compensation, quelle d&#233;licieuse sensation de s&#233;curit&#233; et de confortable dans les descentes les plus scabreuses, sauf dans la boue cependant qui me g&#234;na singuli&#232;rement.&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;Ma petite bicyclette courte avec ses roues basses, ses gros pneus, la position haute du double guidon, la selle oscillante qui me permet me tenir les mains hautes et tr&#232;s en arri&#232;re avec son frein puissant &#224; contrep&#233;dales sur la jante arri&#232;re, son autre frein &#224; serrage continu ou instantan&#233; sur la jante avant, mon n&#176;&#160;5 est le vrai type de machine qui convient &#224; des descentes aussi scabreuses que celle du col de Vars o&#249; la pente oscille, constamment entre 10 et 14%. J'y suis comme dans un fauteuil. Je prends une telle avance sur l'auto que je ne l'entends m&#234;me plus mais ce n'est pas l'heure de s'amuser &#224; matcher des chauffeurs.. J'ai sous les yeux, depuis un moment, un panorama d'une ampleur, d'une vari&#233;t&#233; de de vues, tant en hauteur qu'en profondeur, tel que je ne crois pas qu'on puisse trouver son &#233;gal&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; de plus, la route court comme sur une ar&#234;te entre deux ravins de fort belle venue et je ne puis admirer ce site incomparable qu'&#224; la d&#233;rob&#233;e pendant quelques rares lignes droites. Mais voici apr&#232;s quelques lacets fort raides une sorte de balcon circulaire o&#249; je mets pied &#224; terre. Il y a l&#224; vraiment de quoi arracher des cris d'admiration &#224; des barbares, et il faut &#234;tre chauffeur pour ne pas s'arr&#234;ter au moins une fois pendant les six derniers kilom&#232;tres de la descente du col de Vars.&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; V&#233;locio, Le Cycliste, 1908, p. 136 &#224; 138, Source Archives d&#233;partementales de la Loire, cote &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;PER&lt;/span&gt; 1328_10&lt;/p&gt;
&lt;/section&gt;&lt;section class=&#034;sommaire-section sommaire-section_niveau1 sommaire-section_h3&#034; aria-labelledby=&#034;t5-JOURS-EN-MONTAGNE-1909&#034;&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034; id='t5-JOURS-EN-MONTAGNE-1909'&gt;&lt;a href=&#034;https://velotextes.fr/spip.php?article299&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;5 &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;JOURS&lt;/span&gt; &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;EN&lt;/span&gt; &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;MONTAGNE&lt;/span&gt;&lt;/a&gt;, 1909&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#8239;Se rapprocher de Lyon le plus possible dans la soir&#233;e afin de r&#233;int&#233;grer Saint-&#201;tienne le lendemain d'aussi bonne heure que possible, tel est notre nouveau programme.&lt;br class='autobr' /&gt;
Et d'abord, dans une brasserie connue, sur le quai, d&#233;jeunons solidement&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; le gar&#231;on qui nous sert a examin&#233; nos machines et il me demande tout &#224; coup pourquoi je n'ai pas ma bicyclette &#224; roues de 50 centim&#232;tres, mon no&#8239;5. Stup&#233;faction&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! Il m'a vu circuler &#224; Saint-&#8239;&#201;tienne sur cette machine liliputienne qui, entre parenth&#232;se, est une de mes meilleures et &#224; laquelle je reviendrai.&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;i&gt;V&#233;locio, &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#8239;5 jours en montagne&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;, Le Cycliste, 1911, p. 228 &#224; 232 et 249 &#224; 251, Source Archives D&#233;partementales de la Loire, cote PER1328_11&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En janvier 1907, le sujet de discussion d'une excursion dominicale dans le Forez fut : De l'influence de la hauteur des roues sur le roulement d'une bicyclette.&lt;/p&gt;
&lt;/section&gt;&lt;section class=&#034;sommaire-section sommaire-section_niveau1 sommaire-section_h3&#034; aria-labelledby=&#034;L-ECOLE-STEPHANOISE-JANVIER-1907&#034;&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034; id='L-ECOLE-STEPHANOISE-JANVIER-1907'&gt;
&lt;a href=&#034;https://velotextes.fr/spip.php?article657&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;L'&#201;&lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;COLE&lt;/span&gt; &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;ST&lt;/span&gt;&#201;&lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;PHANOISE&lt;/span&gt;&lt;/a&gt;, &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;JANVIER&lt;/span&gt; 1907&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#8239;La discussion sur la hauteur des roues souffrit de la temp&#233;rature polaire, car nous ne pouvions parler qu'&#224; gla&#231;ons rompus, tant la bise obstruait de v&#233;ritables banquises notre orifice buccal, pourtant j'ai cru comprendre que la majorit&#233; se rangeait &#224; cet avis que le roulement des roues munies de pneumatiques &#233;tait, sur routes normalement entretenues, ind&#233;pendant de leur diam&#232;tre, contrairement &#224; l'opinion g&#233;n&#233;ralement admise, laquelle veut qu'une roue roule d'autant mieux qu'elle est de plus grand diam&#232;tre. Cela peut &#234;tre vrai pour des roues cercl&#233;es de fer, donc &#224; surface de roulement ind&#233;formable : mais les pneumatique buveurs d'obstacles ont modifi&#233; la question du tout au tout.&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;i&gt;V&#233;locio, &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#8239;L'&#201;cole st&#233;phanoise&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;, Le Cycliste, Janvier 1907, p.10-12, Source Archives d&#233;partementales de la Loire, cote PER1328_9&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/section&gt;&lt;section class=&#034;sommaire-section sommaire-section_niveau1 sommaire-section_h3&#034; aria-labelledby=&#034;Defendons-nous-1929&#034;&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034; id='Defendons-nous-1929'&gt;D&#233;fendons-nous 1929&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Nous ne sommes pas encore fix&#233;s sur la hauteur des roues qui conviennent &#224; la bicyclette utilitaire et de tourisme, mais il est certain que la tendance vers la roue de plus en plus petite qui s'est manifest&#233;e d&#232;s la naissance de la bicyclette et qui nous a pouss&#233;s, des roues initiales de 80, voire 90 (h&#233;ritage du grand-bi), vers les roues de 75, 70 et enfin, aujourd'hui, 65 centim&#232;tres, nous poussera plus loin encore dans cette voie qui conduit &#224; plus de l&#233;g&#232;ret&#233;, p.us de solidit&#233; et moins d'encombrement, en nous m&#233;nageant, cependant, le cas &#233;ch&#233;ant, beaucoup plus de place disponible pour loger du bagage, un bagage de campeur par exemple.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En ce moment, j'exp&#233;rimente la roue de 500 que j'ai d&#233;j&#224; essay&#233;e avec succ&#232;s sur mon n&#176;&#160;5 en 1905, en m&#234;me temps que celle de 600. A la condition expresse d'augmenter le calibre des pneus &#224; mesure qu'on diminue la hauteur de la roue, afin de conserver autour des jantes &#224; peu pr&#232;s le m&#234;me cube d'air, je crois la roue de 500, avec ballons de 60, aussi confortable et aussi rapide que celle de 650 avec ballons de 50. Je viens de reconstituer mon vieux n&#176;&#160;5 en lui pr&#234;tant les roues de ma trottinette des Vieilles Gloires et j'ai d&#233;j&#224; fait quelques essais comparatifs entre le cadre de mon n&#186; 5 et celui de ma trottinette. Ils ne sont pas pr&#233;cis&#233;ment &#224; l'avantage du dernier, taill&#233; pourtant sur le nouveau mod&#232;le mis &#224; la mode par les cou- reurs italiens, et dont la caract&#233;ristique est le redressement du tube de selle qui n'est plus qu'&#224; quelques degr&#233;s de la verticale, ce qui n'aurait, en v&#233;rit&#233;, aucune importance si le tube de direction ne suivait son exemple et, en se redressant, ne d&#233;truisait toute la stabilit&#233; de la direction que l'on se donna tant de peine &#224; conqu&#233;rir aux d&#233;buts de la bicyclette et qui se reconna&#238;t &#224; la facilit&#233; du l&#226;che-mains. A cette &#233;poque lointaine, les conceptions les plus saugrenues se donnaient libre cours et l'on vit des cadres de tout genre parmi lesquels l'exp&#233;rience nous amena &#224; choisir ceux o&#249; le prolon- gement du tube de direction tombait de 5 &#224; 10 centim&#232;tres en avant du point de contact de la roue directrice sur le sol. Cette ligne id&#233;ale et non pas la courbure plus ou moins fantaisiste de la fourche repr&#233;sentait la chasse d'une machine et on l'obtenait tout aussi bien avec une fourche droite qui fut tr&#232;s go&#251;t&#233;e pendant quelque temps qu'avec une fourche courbe, plus gracieuse &#224; l'&#339;il et plus souple, plus &#233;lastique, pr&#233;f&#233;rable en tout cas pour une machine de tourisme. Mais une bonne stabilit&#233; de direction ne se reconnaissait pas &#224; la forme de la fourche, elle se r&#233;v&#233;lait par le plus ou moins d'aisance avec laquelle on pouvait diriger la machine, m&#234;me sans toucher le guidon. On disait alors que la machine avait une bonne chasse. Aujourd'hui, on fait des fourches de direction dont la partie inf&#233;rieure s'allonge &#224; en devenir presque horizontale et l'on tend &#224; faire le tube de direction vertical, deux tendances qui am&#232;nent la ligne id&#233;ale de la direction de plus en plus en arri&#232;re du point de contact de la roue sur le sol et il faut &#234;tre un v&#233;ritable acrobate pour l&#226;cher les mains. Laissons aux Italiens et &#224; leurs machines de course cette lubie contraire &#224; la loi bas&#233;e sur l'exp&#233;rimentation directe qui domine toute la cyclotechnie et conservons &#224; nos machines de tourisme la stabilit&#233; de la direction. Nous nous sommes trop longtemps laiss&#233; man&#339;uvrer par les fantaisies des coureurs appuy&#233;es d'une r&#233;clame effr&#233;n&#233;e. Les cyclotouristes et les utilitaires ont assez d'exp&#233;rience pour d&#233;couvrir eux-m&#234;mes ce qui leur convient et il ferait beau voir que les Mussoliniens nous imposent leurs marottes et pr&#233;tendent nous conduire et nous museler.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tel est le premier effet &#8211; un acc&#232;s d'anti-muselinisme &#8211; de la premi&#232;re comparaison sur le terrain entre mon vieux cadre &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;B. S. A.&lt;/span&gt; de 1905 &#224; tube de direction inclin&#233; &#224; 65&#176; et le cadre de ma tr&#232;s moderne trottinette redress&#233; &#224; presque 90&#176;.&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_2401 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://velotextes.fr/local/cache-vignettes/L204xH273/20240122_233032_2-c5a50.jpg?1788126846' width='204' height='273' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/section&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>



</channel>

</rss>
