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	<title>V&#233;lotextes</title>
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	<description>Lire celles et ceux qui ont fait du v&#233;lo un bienfait social, moyen de d&#233;placement et de tourisme&#160;: Paul de Vivie dit V&#233;locio, Capitaine Perrache dit l'homme de la montagne, Carlo Bourlet...
Histoire du v&#233;lo
Site de Laurent Vigniel</description>
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		<title>V&#233;lotextes</title>
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		<title>P&#226;ques en Provence 1929-1930</title>
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		<dc:creator>velovi</dc:creator>


		<dc:subject>Paul de Vivie, dit V&#233;locio</dc:subject>
		<dc:subject>Entre 1918 et 1939</dc:subject>
		<dc:subject>Georges Grillot</dc:subject>
		<dc:subject>Provence</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;&#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;Je le vois encore, coiff&#233;, pour une fois, de sa casquette anglaise, p&#233;dalant en sandales sur une machine &#224; pneus ballons, grande nouveaut&#233; de l'&#233;poque. M.&#160;de Vivie, malgr&#233; les &#233;l&#233;ments d&#233;cha&#238;n&#233;s, nous fit n&#233;anmoins parcourir une centaine de kilom&#232;tres en cinq heures, mais nous d&#233;clara, &#224; Orange, qu'il lui paraissait impossible d'atteindre, le soir m&#234;me, la Sainte-Beaume, qu'il renon&#231;ait m&#234;me &#224; pousser jusque-l&#224;.&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;&lt;/p&gt;

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&lt;a href="http://velotextes.fr/spip.php?rubrique14" rel="directory"&gt;Grand tourisme, Randonn&#233;es, Promenades et Excursions&lt;/a&gt;

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&lt;a href="http://velotextes.fr/spip.php?mot1" rel="tag"&gt;Paul de Vivie, dit V&#233;locio&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://velotextes.fr/spip.php?mot12" rel="tag"&gt;Entre 1918 et 1939&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://velotextes.fr/spip.php?mot58" rel="tag"&gt;Georges Grillot&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://velotextes.fr/spip.php?mot93" rel="tag"&gt;Provence&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;COMBIEN&lt;/span&gt; d'ann&#233;es d&#233;j&#224;, depuis qu'un matin de P&#226;ques, nous quittions M.&#160;de Vivie, Ph. Marre et moi, la petite place de la gare &#224; Valence. Nous descendions en Provence, vers le Meeting de la Sainte-Beaume, o&#249; Velocio avait fix&#233; rendez-vous &#224; quelques amis et aux lecteurs du Cycliste. Je me souviendrai longtemps de cette randonn&#233;e contre le vent du Sud, sous la pluie battante, depuis bien avant Mont&#233;limar, peinant presque pour suivre le vieux Ma&#238;tre, mon a&#238;n&#233; de 50 ans. Je le vois encore, coiff&#233;, pour une fois, de sa casquette anglaise, p&#233;dalant en sandales sur une machine &#224; pneus ballons, grande nouveaut&#233; de l'&#233;poque. M.&#160;de Vivie, malgr&#233; les &#233;l&#233;ments d&#233;cha&#238;n&#233;s, nous fit n&#233;anmoins parcourir une centaine de kilom&#232;tres en cinq heures, mais nous d&#233;clara, &#224; Orange, qu'il lui paraissait impossible d'atteindre, le soir m&#234;me, la Sainte-Beaume, qu'il renon&#231;ait m&#234;me &#224; pousser jusque-l&#224;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avec le recul des ann&#233;es, on peut entrer dans la voie des aveux&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! Pour mon compte, je dois d&#233;clarer que la d&#233;cision de notre vieil ami me combla d'aise. Je me demandais, en effet, comment, sur mon v&#233;lo &#224; pneus crayons, d&#233;muni de changement de vitesse, j'allais pouvoir suivre encore pendant cent cinquante kilom&#232;tres, cet infernal vieillard de 74 ans qui ne s'arr&#234;te jamais, d&#233;jeune de trois olives noires, d'un quignon de pain arros&#233; d'un verre d'eau. Quel soulagement&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! oui, messieurs, je l'avoue bien humblement, envahit ma personne &#233;reint&#233;e quand Velocio communiqua sa d&#233;cision de ne pas aller &#224; la Sainte-Beaume par ce temps de chien. Il nous laissa &#224; Orange, press&#233; de retrouver de bons amis &#224; Bompas. Ce soir-l&#224;, Velocio coucha &#224; Lambesc, et nous en Avignon, apr&#232;s un confortable d&#233;jeuner &#224; Orange.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En cette ann&#233;e mil neuf cent vingt-huit, je revoyais, pour la premi&#232;re fois, depuis la guerre, la Provence &#224; P&#226;ques. Je l'avais travers&#233;e pourtant en 1925, sans retrouver les impressions grav&#233;es dans ma m&#233;moire depuis 1918, date &#224; laquelle, fuyant les bombes d'avions et les obus de la Bertha, ma famille s'&#233;tait fix&#233;e aux environs de l'Estaque. Dix ann&#233;es apr&#232;s je devais retrouver dans le sillage de M.&#160;de Vivie mes impressions d'enfant, surtout cette odeur de plantes proven&#231;ales, comme il y en avait tant dans le parc o&#249; nous nous &#233;battions, ma s&#339;ur et moi, sans soucis, pendant que nos a&#238;n&#233;s s'entretuaient, l&#224;-haut sur le front.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'avais donc retrouv&#233; le pays r&#234;v&#233;, en cette triste journ&#233;e du Samedi Saint 1928, et si cette date marque le dernier rendez-vous pascal de M.&#160;de Vivie, elle fut pour moi le point de d&#233;part d'une propagande par la p&#233;dale, la plume, la parole et les projections photographiques&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; une propagande, dis-je, destin&#233;e &#224; fourrer dans la t&#234;te des Parisiens l'id&#233;e fixe de descendre, &#224; P&#226;ques, en Provence. Il faut dire que cette fameuse id&#233;e fixe, Philippe Marre me l'avait inculqu&#233;e, l'ann&#233;e pr&#233;c&#233;dente, et il la tenait lui-m&#234;me de M.&#160;de Vivie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'annn&#233;e suivante, la F&#233;d&#233;ration Fran&#231;aise des Soci&#233;t&#233;s de Cyclo-tourisme commen&#231;ait &#224; faire du bruit, et Velocio nous avait vivement incit&#233; &#224; continuer la tradition. Andr&#233; de Boubers, alors pr&#233;sident, d&#233;cida donc de r&#233;unir, en 1929, les amis du Cycliste et de la &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;F.F.S.&lt;/span&gt;C., une nouvelle fois, &#224; la Sainte-Beaume, le dimanche et le lundi &#224; Toulon. M.&#160;Charles Bernard et le Cyclo-Touring-Club Varois, se chargaient de l'organisation. Depuis, P&#226;ques en Provence a fait son chemin les noms des Baux, de Nimes, de Pernes, d'Arles, de Vaison, St-R&#233;my... furent autant de succ&#232;s, de grands succ&#232;s m&#234;me &#224; l'actif du &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;G.M.P.&lt;/span&gt; et de la F&#233;d&#233;ration. Que les jeunes recrues, partant vers cette r&#233;gion b&#233;nie, rapportent les impressions fortes d'une belle randonn&#233;e, d'un voyage inoubliable...., comme moi, en somme, voici d&#233;j&#224; dix ans, quand je d&#233;couvris P&#226;ques en Provence, gr&#226;ce &#224; M.&#160;de Vivie.&lt;br class='autobr' /&gt;
Pourquoi ai-je repris une plume inactive depuis si longtemps et terriblement rouill&#233;e&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;? Longeant, l'autre jour, le quai de Passy, par un matin de mars, comme on n'en voit pas souvent &#224; Paris, ti&#232;de, non pas parfum&#233;, mais baignant dans une lumi&#232;re d'or les fa&#231;ades encore intactes des pavillons du Centre R&#233;gional de l'ex-Exposition Universelle, &#224; tel point qu'avec un peu d'imagination, on pouvait &#233;voquer le coude du Rh&#244;ne devant le palais des Papes. Vint &#224; passer un tandem, violet comme nagu&#232;re le Paris-Toulon, mont&#233; par deux jeunes gens, comme nous &#233;tions Marre et moi voici neuf ans. Il n'en fallut pas davantage pour me rappeler le fameux raid pascal de 29, et, disons-le, me plonger dans le regret de ne plus pouvoir voyager sur deux roues.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'&#233;tait, il y a neuf ans, nous venions de cr&#233;er le Bulletin de la &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;F.F.S.C.&lt;/span&gt; sous la forme d'une Revue, qui prit plus tard, sur la proposition de Jacques Oudard, son nom actuel Cyclotourisme. J'&#233;tais alors plein de feu, les vieux cyclotouristes s'en souviennent, et il ne fallait pas, devant moi, dire que la F&#233;d&#233;ration &#233;tait une soci&#233;t&#233; &#224; la noix&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! Petite, d'accord, mais elle deviendrait grande de fait, elle est devenue grande. P&#226;ques en Provence, &#224; d&#233;faut de Velocio, passait organisation f&#233;d&#233;rale par la gr&#226;ce du &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;G.M.&lt;/span&gt;P., il s'agissait d'amener la foule, pour le grand renom de l'organisatrice. M.&#160;Charles Bernard et son &#233;tat-major s'occup&#232;rent, sur place, des itin&#233;raires, des r&#233;ceptions, bref, du meeting proprement dit plusieurs Parisiens se d&#233;cid&#232;rent &#224; venir, Lyon, Saint-Etienne, Marseille, Nice, donn&#232;rent &#224; pleins tubes comme on dit au Bourget&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; la &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;F.F.S.C.&lt;/span&gt; remportait son premier grand succ&#232;s, P&#226;ques en Provence, ch&#232;res &#224; M.&#160;de Vivie, &#233;taient lanc&#233;es. Nous avions d&#233;cid&#233;, Marre et moi, de frapper un grand coup en essayant de joindre Paris &#224; Toulon en une seule &#233;tape de 830 km. Notre z&#232;le intempestif fit rater le raid. De fait, nous fimes ce qu'il fallait pour &#233;chouer. D'abord, un entra&#238;nement excessif nous fatigua avant le d&#233;part&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; ensuite, celui-ci retard&#233;, on ne sait pourquoi, jusqu'&#224; quatorze heures (la matin&#233;e fut pass&#233;e &#224; tuer le temps&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;!)&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; enfin, le remplacement des pneus fa&#231;on main par de lourds vulcanis&#233;s. Le d&#233;part fut enfin pris. Je nous revois encore, discutant sur le trottoir, devant la boutique de Louis Pitard, le constructeur du bi-place&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; enfin, le d&#233;collage &#224; l'heure H de la lourde machine, arr&#234;t&#233;e d&#233;j&#224; &#224; Montgeron par une crevaison, stoppant une heure et demie &#224; Montargis, parce que l'horaire pr&#233;voyait cel&#224;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; je revois Marre tripotant le d&#233;railleur &#224; Cosne, devant les globes lumineux d'un Caf&#233; du Commence ou de l'Agriculture&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; le petit jour, avant Moulins&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; le passage atroce de St-G&#233;rand-le-Puy, o&#249; le tandem roulait d'un bord &#224; l'autre de la route, parmi les fondri&#232;res au fond desquelles la roue arri&#232;re sonnait lamentablement. Le Paradis, enfin, &#224; St-Martin-d'Estreaux, le biplace vole &#224; 60 &#224; l'heure dans la d&#233;clivit&#233;, propuls&#233; en outre par un &#233;norme braquet de huit m&#232;tres. A Roanne, retard sur l'horaire. La c&#244;te de Vendranges, je m'en souviens encore, et puis &#224; La Fouillouse, une d&#233;l&#233;gation&#160;: M.&#160;et M&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;me&lt;/sup&gt;&#160;Bullo, accompagn&#233;s de St&#233;phanois envoy&#233;s &#224; notre rencontre par M.&#160;Albert Raimond, le constructeur du Cyclo le grand ami des cyclotouristes. St-Etienne, un repas nous attend, il est 18 heures, nous roulons donc depuis 28 heures cons&#233;cutives. La mont&#233;e du Grand-Bois dans la nuit, quand on est fatigu&#233;, que la route est mauvaise, parsem&#233;e de neige, c'est un souvenir qui reste, comme le d&#233;vouement de M.&#160;Bullo, qui tint &#224; nous accompagner jusqu'au sommet du Col, o&#249; un fameux souper &#233;tait servi, toujours sur l'ordre de M.&#160;Raimond. Ici, une parenth&#232;se. Les premiers fanions du Parpaillon me furent remis &#224; St-Etienne, ce jour-l&#224;, ils gagn&#232;rent Toulon sur le tandem, avant de revenir &#224; Paris, d'o&#249;, par la suite, je devais les faire parvenir aux laur&#233;ats. Les trente ou quarante premiers titulaires eurent donc des pavois inaugur&#233;s on ne peut mieux. Laissant M.&#160;Bullo &#224; l'H&#244;tellerie du Grand-Bois, nous piquons sur le il est pr&#232;s de onze heures du soir la seconde nuit sans dormir allait commencer. Au froid terrible de la montagne, la ti&#233;deur de la vall&#233;e du Rh&#244;ne nous assomma&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; &#224; Valence, atteinte &#224; 2 h. 30 (36 heures de route), pas un caf&#233; ouvert, c'est l'estocade finale&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! Pas encore, &#224; Mont&#233;limar, nous reprenons du poil de la b&#234;te le mistral souffle, seulement nos yeux se ferment. Pierrelatte, nous rencontrons M.&#160;Panel, constructeur du d&#233;railleur Le Chemineau, il nous r&#233;conforte et, au besoin, pourra dire que nous n'effectuons pas nos raids par le train. Il n'est pas mauvais de rencontrer, &#224; l'improviste, des gens sur la route, surtout en 1929, &#233;poque o&#249; les grandes randonn&#233;es n'&#233;taient pas courantes, m&#234;me exceptionnelles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La pression est en baisse, au large d'Avignon. Dans un patelin perdu, nomm&#233; Montjavet, nous for&#231;ons les feux &#224; coups de Pernod&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! Nous arrivons sur la route d'Aix &#224; 45 &#224; l'heure&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; mais, &#224; St-Andiol, les machines sont de nouveau au ralenti, et le chef timonier gouverne plut&#244;t de travers. C'est le foss&#233; dans toute son horreur. Nous y restons deux heures. A dix-huit heures quarante-deux, nous entrons majestueusement &#224; Aix, moins fatigu&#233;s que nous l'aurions cru. 750 km &#233;taient parcourus en 52 h. 42, arr&#234;ts compris, mais sans dormir. Nous appelions cela le record de distance en ligne droite sans escale. Il devait, malgr&#233; sa m&#233;diocrit&#233;, tenir sept ans. A P&#226;ques 1936, Louis Cointepas, accompagn&#233; du tandem Greux-Berthoux, s'attaqu&#232;rent au morceau. Ils l'aval&#232;rent le cycliste en 33 heures juste, le tandem en 33 heures 35.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En attendant, nous avions rat&#233; Paris-Toulon en une &#233;tape. Le solde, soit Aix-Toulon, fut liquid&#233; d&#232;s le lendemain matin, en un peu plus de trois heures&#160;: la liaison directe demeurait n&#233;anmoins bris&#233;e, et j'enrage encore aujourd'hui de n'avoir pas quitt&#233; Paris &#224; 8 heures du matin plut&#244;t qu'apr&#232;s d&#233;jeuner.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette randonn&#233;e, malgr&#233; l'&#233;chec, fut le point de d&#233;part d'une s&#233;rie de Paris-Avignon, de Paris-Nimes, de Paris-Pernes, qui illustr&#232;rent les meetings des ann&#233;es suivantes. Ils attir&#232;rent l'attention des cyclos parisiens sur P&#226;ques en Provence, sur la &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;F.F.S.C.&lt;/span&gt; m&#234;me, pour le plus grand renom de celle-ci.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On pourra, certes, critiquer les randonn&#233;es et les randonneurs, on n'emp&#234;chera pas que ceux-ci ont montr&#233; le chemin aux autres sur la route Proven&#231;ale, que Velocio lui-m&#234;me ne parcourait pas en trainassant. Moi-m&#234;me, qui, si souvent jadis, ai br&#251;l&#233; le macadam de la vall&#233;e, je pr&#233;tends conna&#238;tre, appr&#233;cier et aimer la Provence, cette Provence aux sites vari&#233;s, aux villes lourdes de gloire antique, cette Provence o&#249; l'on aime fl&#226;ner sur des chemins bord&#233;s de cypr&#232;s, parmi les mas aux tuiles d&#233;color&#233;es, et, pourquoi ne pas le dire, go&#251;ter son Ch&#226;teauneuf parfum&#233; d'encens, son Tavel aux reflets d'or vert, assis sur une terrasse de la Barthelasse, jusqu'&#224; ce que le soleil sombrant derri&#232;re les hauteurs du Gard &#233;teigne la fa&#231;ade du Palais des Papes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout n'est plus pour moi que souvenirs d'une &#233;poque heureuse&#160;: randonn&#233;es &#224; tandem, voyages &#224; bicyclette, voil&#224;, pour qui les a aim&#233;s, de quoi &#233;voquer une vie durant, les moments pass&#233;s &#224; p&#233;daler, &#224; ouvrir les yeux sur les merveilles de la France, voil&#224; qui aide &#224; passer les mauvaises heures de l'existence.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;P&#226;ques en Provence&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! Que de souvenirs pour moi. J'ai eu tant de plaisir &#224; les &#233;voquer, que l'on pardonnera un peu &#224; ma plume fatigu&#233;e...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8224;&lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;G. GRILLOT.&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title> La travers&#233;e du Massif des Ecrins-Pelvoux est-elle possible avec une bicyclette&#160;?</title>
		<link>http://velotextes.fr/spip.php?article936</link>
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		<dc:subject>Alpes</dc:subject>
		<dc:subject>Georges Grillot</dc:subject>
		<dc:subject>Groupe Montagnard Parisien (&lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;G.M.&lt;/span&gt;P.)</dc:subject>
		<dc:subject>Cyclo-muletier</dc:subject>
		<dc:subject>cyclo-alpinisme</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Le massif des Ecrins-Pelvoux, formidable bastion de roc fauve et de glace, h&#233;riss&#233; de pics aux noms prestigieux, n'est travers&#233; par aucune route carrossable. Quelques-unes, &#224; la faveur d'une vall&#233;e, s'insinuent jusqu'au c&#339;ur de la forteresse, aucune n'arrive &#224; la franchir. Cet &#233;norme quadrilat&#232;re dont les tours d'angles sont Bourg-d'Oisans, Brian&#231;on, Embrun et Gap, pr&#233;sente, pourtant quelques points vuln&#233;rables, o&#249;, un jour peut-&#234;tre, la bicyclette arrivera &#224; passer. H&#226;tons-nous de dire que l'exploit ne sera pas facile.&lt;/p&gt;

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&lt;a href="http://velotextes.fr/spip.php?mot58" rel="tag"&gt;Georges Grillot&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://velotextes.fr/spip.php?mot150" rel="tag"&gt;Groupe Montagnard Parisien (&lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;G.M.&lt;/span&gt;P.)&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://velotextes.fr/spip.php?mot151" rel="tag"&gt;Cyclo-muletier&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://velotextes.fr/spip.php?mot181" rel="tag"&gt;cyclo-alpinisme&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='http://velotextes.fr/local/cache-vignettes/L150xH106/1000080205-c810c.jpg?1789018698' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='106' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;Par G. Grillot, Le Cycliste, juin 1937.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le massif des Ecrins-Pelvoux, formidable bastion de roc fauve et de glace, h&#233;riss&#233; de pics aux noms prestigieux, n'est travers&#233; par aucune route carrossable. Quelques-unes, &#224; la faveur d'une vall&#233;e, s'insinuent jusqu'au c&#339;ur de la forteresse, aucune n'arrive &#224; la franchir. Cet &#233;norme quadrilat&#232;re dont les tours d'angles sont Bourg-d'Oisans, Brian&#231;on, Embrun et Gap, pr&#233;sente, pourtant quelques points vuln&#233;rables, o&#249;, un jour peut-&#234;tre, la bicyclette arrivera &#224; passer&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;A notre connaissance, aucun cyclotouriste n'a travers&#233; le massif des (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. H&#226;tons-nous de dire que l'exploit ne sera pas facile.&lt;br class='autobr' /&gt;
Profitons du chemin carrossable, s'infiltrant le plus avant, et gagnons la B&#233;rarcle, la capitale de l'Oisans. De l&#224;, il faut lever assez haut la t&#234;te pour apercevoir le ciel, et celui qui conna&#238;t mal le, massif est absolument persuad&#233; que la B&#233;rarde n'a qu'une issue&#160;: la route. Examinons pourtant, car il y en a, les d&#233;fauts de la cuirasse o&#249; nous nous infiltrerons un de ces jours avec armes et bagages. J'ai, pour ma part, r&#233;alis&#233; une bonne dizaine de travers&#233;es de l'Oisans, p&#233;destrement bien entendu, ma bicyclette n'ayant jamais d&#233;pass&#233; la maison du p&#232;re Richard &#224; la B&#233;rarde.&lt;br class='autobr' /&gt;
Il existe donc plusieurs passages pour aller du donjon B&#233;rarde aux routes joignant les quatre, localit&#233;s cit&#233;es plus haut. Voyons un peu&#160;:&lt;br class='autobr' /&gt;
1&#8220; De la B&#233;rarde &#224; la Grave, par la Br&#232;che de la Meije (ail. 3.358 m&#232;tres)&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;;&lt;br class='autobr' /&gt;
2&#034; De la B&#233;rarde au Lautaret, par le col du Clot des Cavales (alt. 3.128 m&#232;tres&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;;&lt;br class='autobr' /&gt;
3&#8220; De la B&#233;rarde &#224; Ailefroide, par le col de la Temple (alt. 3.283 m&#232;tres).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces trois passages sont, &#224; mon avis, les seuls qui ont un caract&#232;re, de travers&#233;e, c'est pourquoi j'ai n&#233;glig&#233; le col d'Arsine, du Lautaret au Monnetier, et divers autres cols, au Sud du massif, ces derniers, &#224; cause du temps n&#233;cessaire &#224; les franchir, le v&#233;lo &#224; la main. Des trois issues ci-dessus, il faut &#233;liminer la Br&#232;che de la Meije, et c'est dommage. Du haut de ce cr&#233;neau, d'o&#249; l'on aper&#231;oit le Mont-Blanc, on voit ramper, &#224; 2.000 m&#232;tres sous ses talons, la roule du Lautaret. Je n'ai pas cit&#233; non plus le bel itin&#233;raire de la Grave &#224; Ailefroide, par le col Cordier. Bien qu'il soit impossible &#224; franchir avec une bicyclette &#8212; qu'il faudrait porter au moins 6 heures d'affil&#233;e &#8212; je le consid&#233;rais comme assez b&#233;nin, l'ayant franchi deux fois, notamment en 1931, avec Jean Garnault et Roger Coiffier. Le temps &#233;tait superbe, nous pass&#226;mes litt&#233;ralement les mains dans les poches. En 1932, avec Jean Marx et de la neige jusqu'au ventre, nous d&#251;mes jouer du piolet de 4 heures du matin &#224; 10 heures du soir pour aller du refuge de l'Alpe au refuge Caron. Enfin, en 1933, deux de nos bons camarades de Londres, les fr&#232;res Young culbutaient dans le couloir Cordier et allaient s'&#233;craser sur le glacier d'Arsine. Je cesse donc de recommander cet itin&#233;raire comme excursion p&#233;destre anodine.&lt;br class='autobr' /&gt;
Il ne nous reste, plus, si nous voulons tenter de nous &#233;vader de la B&#233;rarde avec notre bicyclette, que les cols du Cl&#244;t des Cavales et de la Temple. Tous ceux qui, jusqu'ici, ont envisag&#233; la travers&#233;e du Massif avec un v&#233;lo, ont pr&#244;n&#233; le Cl&#244;t des Cavales. Je ne suis pas de cet avis et j'ai la ferme conviction que la clef du probl&#232;me est au col de la Temple.&lt;br class='autobr' /&gt;
Dans le num&#233;ro 11 de Cyclo-Magazine, je trouve, sous la signature de M.&#160;Monschein, un itin&#233;raire pour franchir le Cl&#244;t des Cavales. Ce dernier pr&#233;sente, comme la Temple, un passage rocheux assez raide. L&#224; r&#233;side la difficult&#233;. Elle me para&#238;t moins consid&#233;rable &#224; la Temple, bien que la pente soit peut-&#234;tre plus rude. Ceci pos&#233;, le col de la Temple pr&#233;f&#233;r&#233; &#224; l'autre, par quel bout allons-nous l'attaquer&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;? A premi&#232;re vue, il vaudrait mieux aller de la B&#233;rarde &#224; Ailefroide, parce que l'on peut coucher au refuge Temple-Ecrins (alt. 2.450 m&#232;tres), il est vrai que l'on peut en faire autant en sens inverse, si l'on n'a pas le temps de descendre &#224; la B&#233;rarde avant la nuit. Je pr&#233;f&#232;re aller d'Ailefroide &#224; la B&#233;rarde, parce que le passage rocheux sera plus facile &#224; la moul&#233;e qu'&#224; la descente.&lt;br class='autobr' /&gt;
Il ne faudra pas choisir, pour cette tentative, une date trop pr&#233;coce. En raison de l'altitude, la neige tient assez tard sur les glaciers et sur les rochers du couloir terminal. A partir du 15&#160;ao&#251;t, si l'ann&#233;e est normale, on trouve sur le Glacier Noir, une bonne glace rugueuse, jamais glissante, et permettant de faire rouler le v&#233;lo (sur la neige, la chose est difficile). Ajoutons que ce glacier, aux endroits o&#249; il faut remprunter, n'est ni raide, ni crevass&#233;. Autre condition absolument indispensable&#160;: le beau temps. Il n'est pas prudent de s'aventurer &#224; 3.000 m&#232;tres d'altitude par temps douteux. Pr&#233;cis&#233;ment, &#224; ce m&#234;me col de la Temple, le 14&#160;juillet 1932, avec trois camarades, nous avons essuy&#233; une temp&#234;te, de neige qui fait &#233;poque. On ne voyait pas &#224; trois m&#232;tres devant soi. J'&#233;tais le seul de la caravane &#224; conna&#238;tre le passage et, comme je ne reconnaissais plus le chemin, j'ai pass&#233; l&#224; de bien vilains moments. Je me rappellerai toujours la voix de Marx me. criant &#224; travers l'ouragan, quand le brouillard s'&#233;claircissait une fraction de seconde&#160;: &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;Alors, tu te reconnais&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;?&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Pour me r&#233;sumer, le moment le plus favorable &#224; la tentative sera compris entre, le 15&#160;ao&#251;t et le 15&#160;septembre. On choisira une matin&#233;e bien claire pour partir. Si, au bout d'une heure ou deux de marche, des vapeurs venaient courir sur les Ecrins, &#224; remonter la Vallouise, mieux vaudrait faire demi-tour sans d&#233;lai. La nouvelle route permet maintenant d'acc&#233;der au refuge C&#233;zanne (alt. 1.874 m&#232;tres (A)&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Les lettres majuscules plac&#233;es dans cette description aux points principaux (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; sans descendre de v&#233;lo. Il faudra y coucher, afin de raccourcir l'&#233;tape. Au del&#224; du refuge, le chemin n'est pas difficile &#224; trouver&#160;: sit&#244;t franchi le pont de bois, prendre le sentier de gauche qui emprunte le sommet de la moraine lat&#233;rale gauche (B) du Glacier Noir. Ce sentier est visible du refuge et para&#238;t absolument rectiligne. Il est en fort bon &#233;tat, mais &#233;troit. Il faut pousser la bicyclette, &#224; c&#244;t&#233; de soi. Le spectacle commence &#224; devenir grandiose d&#232;s que l'on se rapproche de la muraille sud des Ecrins, haute de 2.000 m&#232;tres. On arrive enfin au bout de la moraine. Il faut alors traverser une petite branche (C) du glacier des Avalanches, laquelle, &#224; cet endroit, rejoint le Glacier Noir, dont les crevasses apparaissent.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_1471 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='http://velotextes.fr/IMG/jpg/ecrinspelvouxgrillot.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='http://velotextes.fr/local/cache-vignettes/L500xH352/ecrinspelvouxgrillot-07ebc.jpg?1788124288' width='500' height='352' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Cette travers&#233;e, en palier, est tr&#232;s facile, Selon l'&#233;poque, on marche sur de la neige ou de la glace rugueuse, corrod&#233;e par l'eau, donc aucunement glissante. On trouvera aussi quelques crevasses pour rire. Le Glacier Noir d&#233;crit un coude.. Il est, &#224; cet endroit, coup&#233; de petits s&#233;racs. On &#233;vite ce passage par un sentier traversant un &#233;peron rocheux (D). Un poteau de fer bien visible marque le sommet de l'Eperon (alt. 2.580 m&#232;tres). Quelques minutes de portage seront n&#233;cessaires &#224; cet endroit, Le coude franchi, on se trouve de plain-pied sur le Glacier Noir (E). Les crevasses ont disparu et la pente est extr&#234;mement douce. Si l'on a soin de choisir l'&#233;poque recommand&#233;e, le v&#233;lo roulera facilement sur la glace corrod&#233;e (il faudrait le porter si le glacier &#233;tait recouvert de neige). Suivre toujours la rive gauche du glacier, assez large &#224; cet endroit. On peut se promener dessus sans danger et sans s'encorder, surtout si la glace est &#224; nu. Les curieux, pourtant, &#233;viteront de s'approcher trop pr&#232;s des murailles du Pic Sans-Nom et d'Ailefroide v&#233;hiculant &#224; longueur de journ&#233;e des tonnes de pierre, &#224; tel point que l'on se demande comment il peut rester encore de ces montagnes&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! Les murailles en question bordent la rive droite du Glacier Noir (ainsi appel&#233; &#224; cause du tapis de pierres souillant sa blancheur), il faut donc le faire expr&#232;s pour recevoir un caillou sur la figure...&lt;br class='autobr' /&gt;
La pente du glacier se rel&#232;ve un peu. Celui-ci vient mourir le long d'une muraille fauve d'o&#249; &#233;merge la curieuse aiguille de Costerouge. Il ne faut pas aller jusqu'&#224; cette muraille, mais tourner un peu avant de 45 degr&#233;s pour attaquer le passage rocheux terminal (E). On le trouve facilement. Le passage &#233;tant tr&#232;s fr&#233;quent&#233;, on verra sur la glace la trace de ceux qui l'auront emprunt&#233;. En haut du couloir, se trouve un poteau de fer, malheureusement, je n'ai jamais fait attention s'il pouvait s'apercevoir d'en bas. Bref, on ne doit pas h&#233;siter. A certains endroits, les rochers ont &#233;t&#233; &#233;corn&#233;s au pic pour faciliter le passage, donc, cela se voit. Il s'agit maintenant d'arriver en haut. On part de la cote 3.025 pour arriver &#224; 3.180. Il y a donc 155 m&#232;tres &#224; grimper. Ici, deux tactiques (j'ai oubli&#233; de dire qu'il fallait &#234;tre au moins deux pour mener &#224; bien la tentative). La premi&#232;re consiste &#224; faire monter un camarade qui halera le premier v&#233;lo avec une corde, tandis que le second camarade accompagnera le cycle pour lui &#233;viter les contacts durs avec les rochers. Celle combinaison force le deuxi&#232;me &#233;quipier &#224; redescendre pour chercher le second v&#233;lo.&lt;br class='autobr' /&gt;
Il faudra donc pas mal de temps pour franchir les 155 m&#232;tres.&lt;br class='autobr' /&gt;
Je pr&#233;f&#233;rerais la tactique num&#233;ro deux. Chacun des compagnons arrime son v&#233;lo sur son sac. Au besoin, ils d&#233;montent les roues avant et les fixent dans le cadre, &#224; la mani&#232;re des coureurs lorsque ceux-ci transportent des roues de rechange sur leur machine de piste, pour aller du v&#233;lodrome &#224; la gare. L'encombrement ainsi limit&#233;, le passage &#233;tant assez large. On ne doit pas se cogner de trop contre les rochers et, comme avec la montagne on ne prend jamais trop de pr&#233;cautions, je conseille vivement, pour ces 155 m&#232;tres seulement, de se passer mutuellement une corde &#224; la ceinture et de monter l'un apr&#232;s l'autre, le premier assurant le second. De cette fa&#231;on, aucune glissade &#224; redouter, pour l'homme comme pour le v&#233;lo (&#224; pied, la travers&#233;e, compl&#232;te du col de la Temple n'exige pas que l'on s'encorde).&lt;br class='autobr' /&gt;
Le couloir franchi, les difficult&#233;s &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;techniques&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; sont termin&#233;es. Au poteau de fer (G), on oblique &#224; gauche pour atteindre le col (&lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;II&lt;/span&gt;) &#8212; marqu&#233; de deux cairns &#8212; par une l&#233;g&#232;re pente de pierrailles. Le panorama, inutile de le vanter. Aucun col routier ne peut montrer d'aussi pr&#232;s, semblables merveilles dont le clou est la muraille rouge d'Ailefroide, agr&#233;ment&#233;e d'un glacier suspendu invraisemblable, que l'audacieux Loustalot &#8212; mort depuis &#224; la Verte &#8212; avait remont&#233; un jour&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; glacier qui m'est cher, parce que, le jour de la temp&#234;te, il avait consenti &#224; se montrer pendant une demi-seconde et m'avait fait retrouver mon orientation.&lt;br class='autobr' /&gt;
Du col de la Temple, on aper&#231;oit la vall&#233;e du V&#233;n&#233;on, et ce qui est plus rassurant, le commencement du bon sentier muletier (I) conduisant &#224; la B&#233;rarde. Ce sentier est en bas, &#224; droite. Du col, on l'atteint en descendant le petit glacier de la Temple, un n&#233;v&#233; plut&#244;t, fort d&#233;bonnaire et jamais crevass&#233;, &#224; moins que l'on baptise crevasses des petites fentes, dans la glace rugueuse, au fond desquelles un bain de pied tout juste pourrait &#234;tre pris. Le sentier serpente jusqu'au refuge Temple-Ecrins (alt. 2.450 m&#232;tres) (J), atteint celui du Carrelet (alt. 2.070 m&#232;tres) (K), o&#249; je ne conseille pas de coucher, et enfin arrive au plan du Carrelet (L) &#224; peu pr&#232;s plat, comme son nom l'indique, et l'on peut rouler &#224; bicyclette jusqu'&#224; la descente sur la B&#233;rarde (M).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'ai l'impression que la travers&#233;e de la Temple ne doit pas exiger plus d'une heure de portage en trois endroits 1 apr&#232;s la branche des Avalanches&#160;: 2 dans le couloir terminal&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; 3&#034; du col au sentier du refuge Temple-Ecrins. Des cols muletiers moins prestigieux prestigieux que celui-l&#224; ont exig&#233; des efforts pour le moins semblables, notamment jadis &#224; l'Iseran, quand il y avait de la neige. Ajoutons, pour rassurer les incr&#233;dules, qu'il est extr&#234;mement difficile de se casser la figure au col de la Temple. Toutefois, on fera bien de ne pas s'engager &#224; deux caravanes dans le couloir (F), &#224; cause des pierres g&#233;n&#233;ralement exp&#233;di&#233;es par les gens d'en haut. Des chaussures &#224; clous me parais- sent de rigueur et un piolet (au moins un pour deux) pourra servir sans &#234;tre indispensable. A d&#233;faut, chacun une solide canne ferr&#233;e co&#251;tant moins cher qu'un piolet et que l'on pourra, &#224; l'arriv&#233;e &#224; la B&#233;rarde, flanquer dans le V&#233;n&#233;on, si l'on continue le voyage &#224; v&#233;lo et que l'on ne d&#233;sire pas s'embarrasser. Il est difficile de donner un horaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De C&#233;zanne &#224; Temple-Ecrins, un bon marcheur met 6 heures. Avec une bicyclette, il faut bien multiplier par deux, sans garantie &#233;videmment. Si on craint la nuit, je dirai que l'on peut aller du refuge C&#233;zanne au glacier des Avalanches dans l'obscurit&#233;, ainsi que du glacier de la Temple &#224; la B&#233;rarde.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je n'ai pas d&#233;crit tout au long cet itin&#233;raire afin de provoquer un exploit sans lendemain. &#201;videmment, deux ou trois camarades d&#233;cid&#233;s pourraient transporter un v&#233;lo de piste d&#233;- mont&#233; au sommet du Mont-Blanc et s'y faire photographier. Cela ne rimerait absolument &#224; rien. D'ailleurs, au temps de Saussure, et m&#234;me bien apr&#232;s, les alpinistes partaient avec d'&#233;normes &#233;chelles plus encombrantes qu'une bicyclette.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Rappelons &#233;galement qu'un guide, le grand Jorasse, si j'ai bonne m&#233;moire, a port&#233; sur ses &#233;paules, de Chamonix aux Bosses (plus de 3.000 m&#232;tres d'&#233;l&#233;vation) la poutre ma&#238;tresse de la cabane Vallot. Elle pesait tout simplement quatre-vingt-douze kilos&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;!&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On reconna&#238;tra que la travers&#233;e du massif des Ecrins-Pelvoux pr&#233;sente un int&#233;r&#234;t certain et m&#233;rite la peine d'&#234;tre tent&#233;e. Elle demande de l'audace, de la prudence et surtout du courage. J'ai la ferme conviction qu'elle n'est pas impossible. Si, en 1937, je retrouvais ma sant&#233;, qui sait si je n'essayerais pas... &lt;br class='autobr' /&gt;
G. &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;GRILLOT&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;A notre connaissance, aucun cyclotouriste n'a travers&#233; le massif des Ecrins-Pelvoux accompagn&#233; de sa machine.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Les lettres majuscules plac&#233;es dans cette description aux points principaux se retrouvent en bonne place dans le topo itin&#233;raire.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Lettre de V&#233;locio &#224; Grillot au sujet du Parpaillon</title>
		<link>http://velotextes.fr/spip.php?article792</link>
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		<dc:date>2022-12-21T12:32:30Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>velovi</dc:creator>


		<dc:subject>Paul de Vivie, dit V&#233;locio</dc:subject>
		<dc:subject>Entre 1918 et 1939</dc:subject>
		<dc:subject>Alpes</dc:subject>
		<dc:subject>Georges Grillot</dc:subject>
		<dc:subject>Col du Parpaillon</dc:subject>

		<description>

-
&lt;a href="http://velotextes.fr/spip.php?rubrique37" rel="directory"&gt;1914-1930 P&#233;riode meetings, exp&#233;riences et r&#233;miniscences&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="http://velotextes.fr/spip.php?mot1" rel="tag"&gt;Paul de Vivie, dit V&#233;locio&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://velotextes.fr/spip.php?mot12" rel="tag"&gt;Entre 1918 et 1939&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://velotextes.fr/spip.php?mot41" rel="tag"&gt;Alpes&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://velotextes.fr/spip.php?mot58" rel="tag"&gt;Georges Grillot&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://velotextes.fr/spip.php?mot81" rel="tag"&gt;Col du Parpaillon&lt;/a&gt;

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 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_1124 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='http://velotextes.fr/IMG/jpg/velociolettreparpaillon.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='http://velotextes.fr/local/cache-vignettes/L500xH634/velociolettreparpaillon-18fca.jpg?1788127432' width='500' height='634' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>POUR LA PETITE HISTOIRE DE LA ROUTE DU PARPAILLON</title>
		<link>http://velotextes.fr/spip.php?article703</link>
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		<dc:date>2022-05-10T08:58:17Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>velovi</dc:creator>


		<dc:subject>Paul de Vivie, dit V&#233;locio</dc:subject>
		<dc:subject>Georges Grillot</dc:subject>
		<dc:subject>Col du Parpaillon</dc:subject>
		<dc:subject>Durance</dc:subject>
		<dc:subject>Groupe Montagnard Parisien (&lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;G.M.&lt;/span&gt;P.)</dc:subject>
		<dc:subject>Cyclo-muletier</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;&#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#8239;Les ann&#233;es 1929 et 1930 virent un v&#233;ritable afflux de cyclo-montagnards vers les Alpes en g&#233;n&#233;ral, et le Parpaillon en particulier. Un fanion sp&#233;cial &#233;tait m&#234;me offert &#224; qui pouvait prouver son passage&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; le registre que nous avions d&#233;pos&#233; &#224; Cr&#233;voux se couvrit d'appr&#233;ciations et de signatures. On peut dire que le fanion du Parpaillon fut le pr&#233;curseur des &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;B. R.&lt;/span&gt; A., &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;R. C. P.&lt;/span&gt; et autres brevets de montagne. Il f&#238;t beaucoup, &#224; l'&#233;poque, pour la cause des grands Cols Alpins.&lt;br class='autobr' /&gt;
Puis l'oubli est de nouveau revenu. D'autres ann&#233;es pass&#232;rent encore. La route du Parpaillon a 47 ans. Dans quel &#233;tat se trouve-t-elle&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;?&lt;br class='autobr' /&gt;
Un jour, peut-&#234;tre, nous la verrons large et bonne, mais elle aura perdu sa solitude, et sur les ruines des b&#226;timents des chasseurs d'autrefois, s'&#233;rigeront, rouges ou vertes, les pompes de la Standard ou de la Texaco.&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;&lt;/p&gt;

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&lt;a href="http://velotextes.fr/spip.php?mot150" rel="tag"&gt;Groupe Montagnard Parisien (&lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;G.M.&lt;/span&gt;P.)&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://velotextes.fr/spip.php?mot151" rel="tag"&gt;Cyclo-muletier&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;par Georges &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;GRILLOT&lt;/span&gt;, Le Cycliste, 1948, p.6&lt;/i&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Il y a une cinquantaine d'ann&#233;es, l'Administration militaire, sans doute impressionn&#233;e par le renouvellement de la Triplice &#8212; cette alliance qui pla&#231;ait l'Italie (d&#233;j&#224;) dans l'orbite austro-allemande &#8212; se mit en demeure de fortifier s&#233;rieusement notre fronti&#232;re des Alpes. On construisit de nombreux forts, des redoutes, des bastions. Tout ceci, heureusement, ne servit &#224; rien, puisque l'Italie, en 1915, abandonna la Triplice. Vingt-huit ans plus tard, en 1943, et avec la m&#234;me d&#233;sinvolture, elle planta l&#224; Hitler, le Mikado et leur fameux pacte d'Acier, pulv&#233;ris&#233; lui-m&#234;me par la bombe atomique deux ans plus tard&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;!&lt;br class='autobr' /&gt;
Si, en g&#233;n&#233;ral, il ne reste jamais rien des &#339;uvres de guerre&#160;: canons, tanks, avions, cuirass&#233;s, etc,.., les fortifications de notre fronti&#232;re alpestre nous auront valu la construction de fort belles routes qui, elles, sont demeur&#233;es. En effet, la route des grands cols, nous la devons pour une large part &#224; nos bataillons de chasseurs alpins. Pour une fois, on a employ&#233; avec intelligence Croquebol et la Guillaumette. Quant aux g&#233;n&#233;raux Berge et Z&#233;d&#233;, leurs noms sont aujourd'hui bien oubli&#233;s. Ils n'en ont pas moins, sur la route des Alpes, conquis une gloire de b&#226;tisseurs qui en vaut bien d'autres.&lt;br class='autobr' /&gt;
Actuellement, un certain nombre de routes strat&#233;giques, c'est-&#224;-dire entretenues &#8212; en principe &#8212; par l'autorit&#233; militaire, sont remises &#224; l'Administration des Ponts et Chauss&#233;es. Parmi elles&#160;: la route du Parpaillon dont nous parlerons aujourd'hui. Les minces cr&#233;dits, toujours rogn&#233;s d'ailleurs, dont disposent les Ponts et Chauss&#233;es leur permettront-ils de remettre rapidement en &#233;tat les routes nouvellement prises en charge&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;? Nous n'en avons aucune id&#233;e, mais nous ferons n&#233;anmoins confiance &#224; ce corps d'ing&#233;nieurs qui a su doter la France d'un r&#233;seau incomparable que le monde nous envie.&lt;br class='autobr' /&gt;
***&lt;br class='autobr' /&gt;
La premi&#232;re travers&#233;e du col du Parpaillon fut effectu&#233;e les 17 et 18&#160;ao&#251;t 1900, par deux cyclotouristes lyonnais, M.&#160;Burdet et un de ses camarades demeur&#233; anonyme. Partis de La Condamine apr&#232;s le d&#233;jeuner et sous une pluie battante, nos deux intr&#233;pides grimpeurs s'engagent sur le chemin du col en poussant leur machine, munie d'un unique d&#233;veloppement de 5 m. 10, trop grand pour la pente. Remarquez en passant l'audace de ces Messieurs. Ils partent dans l'inconnu, &#224; une heure tardive et par tr&#232;s mauvais temps. Ils ne savent pas s'ils pourront franchir le tunnel, en admettant qu'ils y arrivent, mais quoi&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;? &#233;crit M.&#160;Burdet &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;nous ne pouvons pas refaire en sens inverse la route du Lauzet et comme nous devons &#234;tre &#224; Lyon le 19, il faut passer le col&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;. Tout simplement.. Les choses s'arrangent n&#233;anmoins, au bout de quatre heures de marche, nos deux cyclotouristes parviennent &#224; un camp d'Alpins, o&#249; les renseignements sont mauvais&#160;: le tunnel est &#224; huit kilom&#232;tres, obstru&#233; par un &#233;boulement. Il faudra passer par l'ar&#234;te du col en pleine nuit et, sans doute, atteindre Cr&#233;voux vers trois heures du matin, s'il n'arrive pas de catastrophe. Les choses s'arrangent, avons-nous dit, sous forme d'un lieutenant qui offre l'hospitalit&#233; du camp aux deux audacieux. Il y eut m&#234;me un d&#238;ner de premier ordre, et M.&#160;Burdet, sans nous dire lesquelles, s'&#233;tonne des ressources alimentaires en possession d'un d&#233;tachement alpin perdu dans un coin pareil. Il fut bien plus &#233;tonn&#233; le lendemain matin en apercevant en cet endroit d&#233;sol&#233; un th&#233;&#226;tre en plein air, dont le fronton porte cette inscription&#160;: &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;Folies Parpaillonnaises&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;. Enfin, apr&#232;s un d&#233;jeuner comportant escargots, coq de bruy&#232;re, faisan, alouettes, etc., les deux machines sont arrim&#233;es sur un mulet, en route pour le col. Il est franchi sans douleur par l'&#233;boulis au-dessus du tunnel, toujours avec les mulets. De l&#224;, M.&#160;Burdet et son compagnon descendent &#224; v&#233;lo sur Cr&#233;voux, par une route boueuse, mais bonne, tandis qu'ils doivent effectuer &#224; pied l'effroyable tron&#231;on de Cr&#233;voux &#224; la Durance. Ils arrivent &#224; Embrun, &#224; dix heures du soir, enchant&#233;s de cette travers&#233;e.&lt;br class='autobr' /&gt;
***&lt;br class='autobr' /&gt;
Au cours des ann&#233;es qui suivirent cette m&#233;morable ascension, il n'est plus question du Parpaillon. On parle d'ailleurs tr&#232;s peu des autres cols fran&#231;ais, la vogue du moment &#233;tant &#224; la Suisse. Le Cycliste, sous la plume de ses collaborateurs habituels, se livre &#224; une v&#233;ritable d&#233;bauche de Furka, Grimsel, Stelvio, Gothard, etc. V&#233;locio. lui-m&#234;me, organise, pour le 14&#160;juillet 1903, une excursion collective de l'&#201;cole St&#233;phanoise &#224; travers la Suisse. Elle doit durer huit jours et comporter des &#233;tapes formidables.&lt;br class='autobr' /&gt;
Peu avant le d&#233;part, V&#233;locio d&#233;clare ne pouvoir s'absenter plus de trois jours et laisse l'&lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;E. S.&lt;/span&gt; partir sans lui. Il ne renonce pas pour cela au p&#233;riple helv&#233;tique, qu'il effectuera seul au 15&#160;ao&#251;t de la m&#234;me ann&#233;e.&lt;br class='autobr' /&gt;
La travers&#233;e du Parpaillon remplace, au 14&#160;juillet, le voyaqe en Suisse. V&#233;locio va essayer, sur la route en question, une nouvelle machine de 16 kilos, munie de six vitesses en marche, lui donnant une gamme de 8 m. 40 &#224; 2 m. 75, par bi-cha&#238;ne et moyeu Three Speed.&lt;br class='autobr' /&gt;
Voici donc V&#233;locio parti, dans la nuit comme d'habitude. Il a toujours eu de tr&#232;s mauvais yeux, mais jusqu'&#224; sa mort il s'est obstin&#233; &#224; rouler de nuit, la plupart du temps &#233;clair&#233; par de ch&#233;tifs lumignons. Si V&#233;locio s'est int&#233;ress&#233; vivement &#224; la bicyclette elle-m&#234;me et au changement de vitesse, il a toujours consid&#233;r&#233; les accessoires comme quantit&#233;s n&#233;gligeables. Toujours muni de lanternes de quatre sous, pr&#233;f&#233;rant les ficelles aux porte-bagaqes, la carence de ses installations lui a valu, au cours de sa carri&#232;re, des b&#251;ches hom&#233;riques. Il ne s'en cache d'ailleurs pas. Au cours du r&#233;cit de voyage en Suisse, j'ai pu relever une moyenne de trois &#224; quatre &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;gamelles&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; (sic) par &#233;tape. V&#233;locio tombait avec la maestria d'un cow-boy de l'Arizona. Jamais il ne se faisait de mal s&#233;rieux, toutefois, il dut regagner plus d'une fois Saint-&#201;tienne par le train, sa machine bris&#233;e.&lt;br class='autobr' /&gt;
Au soir du 12&#160;juillet 1903, M.&#160;de Vivie, venu de St-&#201;tienne, couche &#224; l'Argent&#238;&#232;re - La Bess&#233;e. &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;Ma premi&#232;re &#233;tape, dit-il, n'est que de 240 kilom&#232;tres, pourtant je succombe au sommeil, aussi le lendemain ne partons-nous pas de tr&#232;s bonne heure&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Pas de tr&#232;s bonne heure&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;? A cinq heures du matin V&#233;locio et son compagnon venu le rejoindre avec le train sont d&#233;j&#224; par monts et par vaux&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! Ils louvoient sur les routes difficiles et mal signal&#233;es des bords de la Durance. Le f&#226;cheux &#233;tat de la chauss&#233;e les oblige &#224; marcher souvent &#224; pied, aussi n'arrivent-ils &#224; Cr&#233;voux qu'&#224; midi. L'auberqe est ferm&#233;e, la patronne &#233;tant malade et le cur&#233; qui aurait pu leur donner quelques victuailles, est parti enterrer un paroissien. Enfin, nos deux cyclotouristes trouvent quelques vivres et repartent &#224; 14 heures vers le col, par un temps tr&#232;s mena&#231;ant. V&#233;locio, qui ne voit pas clair, risque de se trouver en pleine nuit et sous la pluie dans la difficile descente de La Condamine. Il n'a cure de ces consid&#233;rations terre-&#224;-terre. L'orage. bien entendu, se d&#233;clenche peu apr&#232;s Cr&#233;voux, la route devient un v&#233;ritable torrent. Enlevons nos bas et retroussons nos pantalons, &#231;a ira beaucoup mieux doit penser V&#233;locio. C'est dans cet &#233;quipage que parviennent au tunnel le ma&#238;tre et le disciple. Pour trouver la route libre, il leur faut traverser un banc de neige haut de trois m&#232;tres et large de dix, La descente commence enfin, coup&#233;e d'orni&#232;res, de caniveaux, le tout soigneusement dissimul&#233; sous une &#233;paisse couche de boue jaun&#226;tre, tandis que la pluie tombe &#224; torrents. Les voil&#224; au camp du Parpaillon, o&#249; trois ans plus t&#244;t M.&#160;Burdet fut si bien re&#231;u. Les Alpins les appellent, certains courent apr&#232;s eux, mais V&#233;locio passe sans s'arr&#234;ter, il n'a pas le temps, il n'aura jamais le temps de s'arr&#234;ter.., La nuit tombe, la pluie cesse enfin, les derniers kilom&#232;tres de la descente sont faits &#224; pied. Voici La Condamine, l'h&#244;tel du Commerce. V&#233;locio ne cache pas son contentement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;***&lt;br class='autobr' /&gt;
Les ann&#233;es pass&#232;rent. La route du Parpaillon ne fut jamais tr&#232;s fr&#233;quent&#233;e. Inaccessible aux autocars, m&#234;me aux voitures, les avalanches, les &#233;boulements ruin&#232;rent rapidement le travail des Alpins. L'herbe poussa, timidement d'abord, puis sans vergogne. Petit &#224; petit retourn&#232;rent &#224; ia terre les b&#226;timents et refuges qui avaient &#233;t&#233; construits au d&#233;but du si&#232;cle. Lorsqu'en 1928, nous franch&#238;mes, Philippe Marre et moi, le col du Parpaillon, la route &#233;tait devenue mauvais sentier, seul demeurait intact le tunnel du sommet. Frapp&#233;s l'un comme l'autre de la grandeur de ces lieux, nous engage&#226;mes vivement les cyclotouristes &#224; passer le Parpaillon, agr&#233;able variante du col de Vars. Les ann&#233;es 1929 et 1930 virent un v&#233;ritable afflux de cyclo-montagnards vers les Alpes en g&#233;n&#233;ral, et le Parpaillon en particulier. Un fanion sp&#233;cial &#233;tait m&#234;me offert &#224; qui pouvait prouver son passage&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; le registre que nous avions d&#233;pos&#233; &#224; Cr&#233;voux se couvrit d'appr&#233;ciations et de signatures. On peut dire que le fanion du Parpaillon fut le pr&#233;curseur des &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;B. R.&lt;/span&gt; A., &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;R. C. P.&lt;/span&gt; et autres brevets de montagne. Il f&#238;t beaucoup, &#224; l'&#233;poque, pour la cause des grands Cols Alpins.&lt;br class='autobr' /&gt;
Puis l'oubli est de nouveau revenu. D'autres ann&#233;es pass&#232;rent encore. La route du Parpaillon a 47 ans. Dans quel &#233;tat se trouve-t-elle&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;?&lt;br class='autobr' /&gt;
Un jour, peut-&#234;tre, nous la verrons large et bonne, mais elle aura perdu sa solitude, et sur les ruines des b&#226;timents des chasseurs d'autrefois, s'&#233;rigeront, rouges ou vertes, les pompes de la Standard ou de la Texaco.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Hommage V&#233;locio 1853-1930</title>
		<link>http://velotextes.fr/spip.php?article448</link>
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		<dc:date>2020-03-04T09:29:04Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>velovi</dc:creator>


		<dc:subject>Paul de Vivie, dit V&#233;locio</dc:subject>
		<dc:subject>Entre 1918 et 1939</dc:subject>
		<dc:subject>Saint-Etienne</dc:subject>
		<dc:subject>Georges Grillot</dc:subject>
		<dc:subject>Col de Grand Bois, Col de la r&#233;publique</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;&#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#8239;&lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;DESTIN&lt;/span&gt; cruel et stupide&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! L'homme qui avait parcouru, &#224; bicyclette, plus de six cent mille kilom&#232;tres, pass&#233; tous les cols alpins, brav&#233; un demi-si&#232;cle durant, les emb&#251;ches de la route, a &#233;t&#233; tu&#233; par le marchepied d'un tramway&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;!&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;&lt;/p&gt;

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&lt;a href="http://velotextes.fr/spip.php?rubrique55" rel="directory"&gt;Hommages&lt;/a&gt;

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&lt;a href="http://velotextes.fr/spip.php?mot1" rel="tag"&gt;Paul de Vivie, dit V&#233;locio&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://velotextes.fr/spip.php?mot12" rel="tag"&gt;Entre 1918 et 1939&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://velotextes.fr/spip.php?mot38" rel="tag"&gt;Saint-Etienne&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://velotextes.fr/spip.php?mot58" rel="tag"&gt;Georges Grillot&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://velotextes.fr/spip.php?mot83" rel="tag"&gt;Col de Grand Bois, Col de la r&#233;publique&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;Par Georges &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;GRILLOT&lt;/span&gt;, Co-fondateur du &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;G.M.&lt;/span&gt;P., 1930, Source V&#233;locio 1853-1930, suppl&#233;ment au Cycliste d'octobre 54.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;DESTIN&lt;/span&gt; cruel et stupide&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! L'homme qui avait parcouru, &#224; bicyclette, plus de six cent mille kilom&#232;tres, pass&#233; tous les cols alpins, brav&#233; un demi-si&#232;cle durant, les emb&#251;ches de la route, a &#233;t&#233; tu&#233; par le marchepied d'un tramway&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;!&lt;br class='autobr' /&gt;
Les faits sont l&#224;. Le Ma&#238;tre que nous aimions, que nous consid&#233;rions presque comme immortel, n'est plus. Il dort, loin de nous, de son dernier sommeil, et jamais plus nous ne reverrons son noble visage, sa silhouette alerte et son sourire si bon.&lt;br class='autobr' /&gt;
V&#233;locio, le meilleur des hommes, est mort&#160;: Lui que nous connaissions si vivant, si spirituel, si brillant causeur, est maintenant disparu. C'est &#224; peine croyable. Combien mettrons-nous de temps &#224; nous faire &#224; cette id&#233;e&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;?&lt;br class='autobr' /&gt;
Paul de Vivie dispara&#238;t &#224; 78 ans, en pleine possession de ses facult&#233;s, &#224; la veille d'effectuer une randonn&#233;e qui lui &#233;tait ch&#232;re, vers cette Provence lumineuse, o&#249; il vit le jour, qui ne le vit pas mourir et o&#249; il ne reposera pas.&lt;br class='autobr' /&gt;
V&#233;locio fut le plus enthousiaste ap&#244;tre de la bicyclette et du cyclotourisme. Depuis cinquante ann&#233;es qu'il &#233;tait sur la br&#232;che, il n'avait cess&#233; de se consacrer aux perfectionnements de nos montures, de propager l'id&#233;e de la randonn&#233;e et du voyage.&lt;br class='autobr' /&gt;
Sans Paul de Vivie, o&#249; en serions-nous&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;? Serions-nous si nombreux &#224; rouler sur des machines judicieusement &#233;tablies pour nous permettre de longues &#233;tapes sans fatigue, machines inspir&#233;es de ses id&#233;es&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;?&lt;br class='autobr' /&gt;
V&#233;locio est mort&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! L'homme est parti, mais son &#339;uvre demeurera, car s'il &#233;tait un excellent cyclotouriste, c'&#233;tait aussi un brillant &#233;crivain, un &#233;rudit dou&#233; d'une m&#233;moire prodigieuse&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; et la collection de son Cycliste restera pour nous comme une vie romanc&#233;e du Ma&#238;tre se d&#233;roulant &#224; travers les sites les plus vari&#233;s. L'&#339;uvre de V&#233;locio, c'est sa vie consacr&#233;e &#224; la propagande en faveur de la bicyclette, source de sant&#233; et de joie.&lt;br class='autobr' /&gt;
Et ce n'est pas sans tristesse que nous relirons ses vivants r&#233;cits de randonn&#233;es, qui nous rappelleront, cruellement, l'homme que nous avons perdu, fauch&#233; en pleine sant&#233;, enlev&#233; &#224; notre affection par un ridicule tramway.&lt;br class='autobr' /&gt;
L'exemple de V&#233;locio a &#233;t&#233; &#233;difiant, et il a fait &#233;cole. Il aura eu la satisfaction de voir, avant sa mort, triompher ses id&#233;es et constater l'essor du cyclotourisme.&lt;br class='autobr' /&gt;
Cyclotouristes, Cyclistes, n'oublions jamais Paul de Vivie, la plus grande figure du cyclotourisme. Avec lui, s'est &#233;teinte la plus prestigieuse de nos &#233;toiles, qui brillait d'un vif &#233;clat au-dessus des bassesses des hommes.&lt;br class='autobr' /&gt;
Vous avez, &#244; Ma&#238;tre, form&#233; &#224; votre image une pl&#233;iade de Cyclotouristes qui sauront continuer votre &#339;uvre f&#233;conde en s'inspirant de vos principes &#233;nonc&#233;s dans votre &lt;i&gt;Cycliste&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_225 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;48&#034; data-legende-lenx=&#034;x&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='http://velotextes.fr/IMG/jpg/velociopavezin-2.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='http://velotextes.fr/local/cache-vignettes/L500xH683/velociopavezin-2-95b25.jpg?1788126840' width='500' height='683' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre crayon document-titre-225 '&gt;&lt;strong&gt;V&#233;locio au meeting de Pavezin 1929
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;div class='spip_doc_credits crayon document-credits-225 '&gt;Le Cycliste
&lt;/div&gt;
&lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>APR&#200;S LE CONCOURS D'AUVERGNE (1934)</title>
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		<dc:subject>Entre 1918 et 1939</dc:subject>
		<dc:subject>La bicyclette de tourisme</dc:subject>
		<dc:subject>Auvergne</dc:subject>
		<dc:subject>Georges Grillot</dc:subject>
		<dc:subject>Concours d'Auvergne (1934)</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;&#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#8239;Je dirai m&#234;me, en cyclotouriste, que ces routes un peu &#233;gar&#233;es, d&#233;laiss&#233;es, seront peut-&#234;tre, bient&#244;t, pour nous, un dernier refuge, avant la pratique du chemin muletier, que certains cultivent d&#233;j&#224;. Il nous faut des machines l&#233;g&#232;res, mais robustes, pour tous terrains. Et, comme dit ma concierge &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#8239;qui peut le plus peut le moins&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;. &lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;&lt;/p&gt;

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&lt;a href="http://velotextes.fr/spip.php?rubrique62" rel="directory"&gt;Concours d'Auvergne 1934&lt;/a&gt;

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&lt;a href="http://velotextes.fr/spip.php?mot12" rel="tag"&gt;Entre 1918 et 1939&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://velotextes.fr/spip.php?mot14" rel="tag"&gt;La bicyclette de tourisme&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://velotextes.fr/spip.php?mot34" rel="tag"&gt;Auvergne&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://velotextes.fr/spip.php?mot58" rel="tag"&gt;Georges Grillot&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://velotextes.fr/spip.php?mot119" rel="tag"&gt;Concours d'Auvergne (1934)&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;Par G. R., Le Cycliste, juillet 1934&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Cycliste a bien voulu me demander quelques lignes sur le Concours d'Auvergne.&lt;br class='autobr' /&gt;
Si j'ai accept&#233;, c'est que j'ai suivi le Concours de bout en bout, jusqu'au retour &#224; Paris, h&#233;las&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! et jusqu'au classement, r&#232;glement en mains. Je ne puis donc m'autoriser &#224; donner que des impressions g&#233;n&#233;rales et ce, sans nommer personne.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le parcours a &#233;t&#233; favoris&#233; par un temps splendide, pas assez s&#233;v&#232;re, peut-&#234;tre, mais nul concurrent ne s'en est plaint. L'itin&#233;raire m&#233;rite que l'on donne des louanges &#224; nos amis les organisateurs. Mention particuli&#232;rement honorable pour la descente du col &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#8239;Sans Nom&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;, vers Brezons, dans un site purement pastoral. Certains ont trouv&#233; les routes mauvaises. Un tel choix &#233;tait impos&#233;, si l'on voulait &#233;prouver les machines et satisfaire &#224; l'id&#233;e directive du Concours. Je dirai m&#234;me, en cyclotouriste, que ces routes un peu &#233;gar&#233;es, d&#233;laiss&#233;es, seront peut-&#234;tre, bient&#244;t, pour nous, un dernier refuge, avant la pratique du chemin muletier, que certains cultivent d&#233;j&#224;. Il nous faut des machines l&#233;g&#232;res, mais robustes, pour tous terrains. Et, comme dit ma concierge &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#8239;qui peut le plus peut le moins&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Sans perdre de vue le r&#232;glement sur lequel je me guide, constatons que les avaries graves et mises hors de course ont &#233;t&#233; tr&#232;s rares&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; que beaucoup de p&#233;nalisations proviennent d'un exc&#232;s dans l'all&#232;gement, d'une faiblesse dans le montage des accessoires&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; d'un mauvais choix des enveloppes &#8212; chambres et boyaux &#8212; ou sont enfin la cons&#233;quence d'une &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#8239;volont&#233; de vitesse&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; (inattention, imprudence, chutes) la moyenne impos&#233;e a &#233;t&#233; de beaucoup d&#233;pass&#233;e par la plupart des concurrents. Quelques-uns, qui n'&#233;taient, d'ailleurs, pas possesseurs de machines les plus l&#233;g&#232;res, et sachant leurs chances tr&#232;s compromises par le handicap du poids, se sont livr&#233;s &#224; une course-poursuite des plus acharn&#233;e. Les autres n'ont pas tous suivi, heureusement. Cet &#233;gr&#232;nement sur la route n'a pas facilit&#233; les op&#233;rations de contr&#244;le, puisque les contr&#244;les volants et les contr&#244;les d'arriv&#233;e ont d&#251; fonctionner chacun pendant plusieurs heures, souvent simultan&#233;ment. De ce fait, il n'y a pas eu beaucoup de pes&#233;es de paquetages, ni de d&#233;montages de roue-libre en cours de route, suffisamment, cependant, pour ennuyer certains qui n'avaient pas d&#251; lire attentivement le r&#232;glement.&lt;br class='autobr' /&gt;
Je suis heureux de dire que la presque unanimit&#233; des concurrents se sont pr&#234;t&#233;s avec enthousiasme aux op&#233;rations de contr&#244;le. Beaucoup ont d&#233;clar&#233; spontan&#233;ment des petites avaries, qu'un esprit de comp&#233;tition trop acharn&#233; qualifiait de &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#8239;fortuites&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;, et croyait devoir m&#233;priser.&lt;br class='autobr' /&gt;
Enfin, et je regrette d'avoir &#224; le dire, presque tous les concurrents, pour gagner sur le temps du parcours, des minutes improductives, n&#233;gligeaient, avant l'arriv&#233;e de. l'&#233;tape, de v&#233;rifier le parfait fonctionnement de leur machine. P&#233;nalisations, parfois r&#233;clamations, que nous n'avons pu admettre. Je remercie, &#224; cette occasion, les concurrents, de la gentillesse avec laquelle ils ont admis notre r&#244;le ingrat, et de leur indulgence &#224; l'&#233;gard de notre s&#233;v&#233;rit&#233;. Il y e&#251;t bien deux ou trois cas de, mauvaise humeur, trait&#233;s avec sang-froid. Mais, dans l'ensemble, loyaut&#233; sportive, bonne humeur et parfaite camaraderie, ce qui n'emp&#234;chait pas de poursuivre aux &#233;tapes, des discussions passionn&#233;es entre techniciens&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; et qui ne l'&#233;tait pas&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;?&lt;br class='autobr' /&gt;
Pratiquement (je donne ici un avis personnel et qui n'engage que moi), le v&#233;lo l&#233;ger a fait ses preuves. Le duralumin semble s'imposer pour beaucoup d'accessoires et d'usages secondaires. Il faut, cependant, le choisir de premi&#232;re qualit&#233;, et l'&#233;conomie, de poids sur chaque pi&#232;ce n'est pas consid&#233;rable, &#224; r&#233;sistance &#233;gale ou presque &#233;gale. En r&#233;sum&#233;, une machine de bonne fabrication courante pourrait &#234;tre all&#233;g&#233;e de un &#224; deux kilogs. C'est l'enseignement incontestable de ce concours pour les constructeurs y ayant, ou non, particip&#233;. Ce r&#233;sultat n'est pas n&#233;gligeable, &#224; mon avis, et si c'&#233;tait le v&#244;tre, le &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#8239;Groupe Montagnard Parisien&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; serait pay&#233; de ses peines.&lt;br class='autobr' /&gt;
Pour la montagne, et sans aucun paradoxe, la question de poids ne me para&#238;t pas primordiale. Il est beaucoup plus important, comme je l'indiquais au d&#233;but de cet article, d'avoir en mains une machine bien &#233;quilibr&#233;e, &#224; roulements parfaits, poss&#233;dant un jeu de pignons tr&#232;s complet et des enveloppes solides et confortables.&lt;br class='autobr' /&gt;
Faites l&#233;ger, mais ne sacrifiez ni une seule vitesse, ni une jante acier, ni une chambre r&#233;sistante, ni un frein-tambour, pour un gain illusoire de quelques centaines de grammes.&lt;br class='autobr' /&gt;
La panne s&#233;rieuse est irr&#233;parable, presque toujours&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; et un v&#233;lo de montagne doit pr&#233;senter, en tous ses organes, un coefficient de r&#233;sistance nettement sup&#233;rieur &#224; celui exig&#233; pour un usage normal.&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;G. R.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>V&#233;locio et ses deux &#171; dadas &#187; : l'Esp&#233;ranto et le V&#233;g&#233;tarisme</title>
		<link>http://velotextes.fr/spip.php?article228</link>
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		<dc:date>2019-03-26T23:04:01Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>velovi</dc:creator>


		<dc:subject>V&#233;g&#233;tarisme</dc:subject>
		<dc:subject>Georges Grillot</dc:subject>
		<dc:subject>Esperanto</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;&#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt; La lecture des anciennes collections du &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#8239;Cycliste&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; ne manque jamais d'attrait. Si, par hasard, nous gardons quelque illusion sur l'actualit&#233; de certaines de nos id&#233;es, il nous faut vite d&#233;chanter.&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;&lt;/p&gt;

-
&lt;a href="http://velotextes.fr/spip.php?rubrique55" rel="directory"&gt;Hommages&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="http://velotextes.fr/spip.php?mot54" rel="tag"&gt;V&#233;g&#233;tarisme&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://velotextes.fr/spip.php?mot58" rel="tag"&gt;Georges Grillot&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://velotextes.fr/spip.php?mot174" rel="tag"&gt;Esperanto&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;Par Georges &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;GRILLOT&lt;/span&gt;, (1904-1948), en 1947, texte publi&#233; dans Le cycliste, octobre 50&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La lecture des anciennes collections du &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#8239;Cycliste&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; ne manque jamais d'attrait. Si, par hasard, nous gardons quelque illusion sur l'actualit&#233; de certaines de nos id&#233;es, il nous faut vite d&#233;chanter. Il y a cinquante ans, V&#233;locio et ses disciples connaissaient ou pressentaient tous les perfectionnements de la machine moderne. Nous n'avons fait qu'am&#233;liorer, ali&#233;ner, vulgariser toutes les inventions de la fin du si&#232;cle dernier. Nous n'avons absolument rien r&#233;volutionn&#233; et, malgr&#233; la t&#244;le emboutie, la soudure &#233;lectrique et autres techniques modernes en usage dans l'industrie automobile, les constructeurs actuels continuent, comme il y a cinquante ans, &#224; assembler les m&#234;mes tubes dans les m&#234;mes raccords. Il faut plus de temps, en 1947, pour construire un cadre de v&#233;lo qu'une carrosserie de voiture. Curieux paradoxe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Autre constatation. La tenue litt&#233;raire des articles parus dans les vieux &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#8239;Cycliste&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; est nettement sup&#233;rieure &#224; ce que nous lisons aujourd'hui dans diff&#233;rentes publications. &#201;videmment le cyclotourisme, en 1900, &#233;tait le fait d'une certaine &#233;lite. Certes, il y avait d&#233;j&#224; des pol&#233;miques, mais qu'en termes galants les choses &#233;taient dites&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! C'est un v&#233;ritable r&#233;gal de suivre la discussion provoqu&#233;e par le fameux concours des Pyr&#233;n&#233;es, organis&#233; par le &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;T.C.F.&lt;/span&gt; en 1902.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'une part, le capitaine Perrache et Carlo Bourlet, de l'autre, V&#233;locio et ses lecteurs. Jamais un terme d&#233;plac&#233;, une apostrophe blessante, une insinuation perfide. On joue le &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#8239;fair play&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; sans la moindre faute.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les r&#233;cits de voyage sont passionnants, qu'ils soient sign&#233;s V&#233;locio, Alpinus &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;XIII&lt;/span&gt;, d'Espinassous ou d'autres gentlemen de l'&#233;poque. Chacun, bien entendu, d&#233;crit la route, donne tous les d&#233;tails de son voyage, conte des anecdotes, exprime des opinions en toute libert&#233; sans que jamais personne ne se f&#226;che. Ainsi, Alpinus &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;XIII&lt;/span&gt; se d&#233;clare, en 1903, grand admirateur de l'arm&#233;e&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;T.C.F.&lt;/span&gt; 22.213 &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#8239;comme les r&#233;servistes de Sa&#244;ne-et-Loire (allusion aux gr&#232;ves du Creusot en 1900) se surprend &#224; chanter &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#8239;&#199;a ira&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; du Conservatoire des Arts Emeutiers&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;. Pas mal cette derni&#232;re. Je ne la connaissais pas&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; elle n'est pourtant pas jeune.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des commentaires historiques, jamais ennuyeux, apparaissent dans plusieurs r&#233;cits. On les lit avec grand int&#233;r&#234;t. H&#233;las&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! aujourd'hui, nous ne trouvons que des articles po&#233;tico-historiques, pleins de bonne volont&#233;, bien s&#251;r, mais &#233;crits par des Ronsard au petit pied et r&#233;sultant de compilations &#233;hont&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Seul, de nos jours, M.&#160;L&#233;on Vibert savait avec talent m&#234;ler cyclotourisme et histoire. Il est mort en 1944 et, jusqu'ici, nous ne lui connaissons aucun successeur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La plupart de ceux que re&#231;oivent lesdites revues sont r&#233;dig&#233;s en style t&#233;l&#233;graphique et s'apparentent nettement au genre livret Chaix. Nomenclature de villes et villages avec heure de passage, &#231;&#224; et l&#224; quelques renseignements arch&#233;ologiques emprunt&#233;s au Guide Bleu&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; bref, rien qui retienne l'attention du lecteur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Parmi ce que nous avons lu de mieux cette ann&#233;e, citons un simple &#233;pisode de voyage, joliment cont&#233; par M.&#160;Assmann, de Dijon : &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#8239;Plan L&#226;ch&#226;t&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; (&#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#8239;Cycliste&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;. septembre 1947). Il s'agit d'une nuit de temp&#234;te pass&#233;e dans un chalet abandonn&#233; et branlant dans la descente du Galibier. Ce morceau est digne des r&#233;cits des pr&#233;curseurs, dont nous avons parl&#233; plus haut.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On d&#233;pense un argent fou &#224; distribuer de pu&#233;rils challenges... Serait-il trop demander de consacrer quelque monnaie au couronnement du meilleur r&#233;cit de voyage de l'ann&#233;e&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Actuellement, nous trouvons peu de r&#233;cits de voyages dans nos revues sp&#233;cialis&#233;es, et c'est dommage&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;!&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;ESPERANTO&lt;/span&gt; &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;ET&lt;/span&gt; &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;VEGETARISME&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De l'ensemble de la collection des &#339;uvres de V&#233;locio et de ses disciples, &#224; part bien entendu les questions techniques se rapportant directement &#224; la bicyclette, deux gros &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#8239;dadas&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; &#233;mergent continuellement : l'Esperanto et le V&#233;g&#233;tarisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;V&#233;locio enfourcha peu souvent le premier parce qu'il n'y croyait pas, mais ses abonn&#233;s ne s'en priv&#232;rent pas. Les cyclotouristes d'alors voyageaient beaucoup &#224; l'&#233;tranger et se plaignaient de ne pouvoir se faire comprendre. Beaucoup d'entre eux &#233;pous&#232;rent donc la cause de l'esperanto et rompirent en sa faveur de nombreuses lances dans le &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#8239;Cycliste&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;. Autant en emporta le vent&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;!&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A la rigueur, l'esperanto pouvait esp&#233;rer percer avant 1914. Nous ne pouvons juger de la question qu'avec un certain recul, puisque nous n'avions que sept ans en cette funeste ann&#233;e&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; et nous admettons qu'il &#233;tait encore possible de croire en la sagesse des nations, jusqu'&#224; la guerre, mais en poss&#233;dant n&#233;anmoins une bonne dose de na&#239;vet&#233;. L'histoire est l&#224; et l'homme n'est pas perfectible, a dit V&#233;locio.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s la der des ders c'est-&#224;-dire en 1919, de nombreuses utopies virent le jour. Des congr&#232;s de na&#239;fs se tinrent un peu partout, l'esp&#233;ranto reprit du poil de la b&#234;te et les revues de cyclotourisme en reparl&#232;rent. Une fois de plus, le vent emporta les bonnes paroles&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;!&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s 1939-1945, il n'est vraiment plus possible de se faire la moindre illusion sur l'avenir imm&#233;diat ou lointain de la langue universelle. A l'&#233;poque des barri&#232;res douani&#232;res, des rideaux de fer et autres obstacles internationaux, le touriste n'a plus qu'&#224; rester chez lui, la question ne se pose donc plus, aussi n'irons-nous pas plus loin aujourd'hui.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;BATAILLE&lt;/span&gt; &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;AUTOUR&lt;/span&gt; &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;DU&lt;/span&gt; &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;BEEFSTEACK&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le v&#233;g&#233;tarisme, par contre, passionna V&#233;locio. Il eut de nombreux adeptes et, bien entendu, des contradicteurs. Il existait donc des &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#8239;v&#233;g&#233;tariens&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; et des &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#8239;cr&#233;ophages&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; mais V&#233;locio qui, pour d&#233;fendre cette cause, atteignit les sommets de la v&#233;h&#233;mence, foudroya ses adversaires par des arguments indiscutables, des preuves criardes et, pour finir, employa &#224; leur endroit le terme p&#233;joratif de &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#8239;n&#233;crophages&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; : mangeurs de cadavres. Je viens de relire une grande partie de la pol&#233;mique et j'avoue avoir &#233;t&#233; impressionn&#233;, non pas par l'id&#233;e g&#233;n&#233;rale, mais par certaines phrases de V&#233;locio, notamment celle o&#249; il dit qu'il ne comprend pas que l'on se nourrisse de sucs de charogne, de cadavres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Vous me croirez si vous voulez. eh bien&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! je suis un peu d&#233;go&#251;t&#233; de la viande depuis que je me suis plong&#233; dans la lecture de cette affaire. Je tourne et retourne mon beefsteack dans mon assiette&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; il me semble entendre la voix de V&#233;locio me chuchoter : &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#8239;Alors, c'est bon le suc de charogne&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;?&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; Cela ne va pas durer heureusement&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; il le faut, d'ailleurs le corps m&#233;dical m'ayant recommand&#233; la viande &#224; haute dose.&lt;br class='autobr' /&gt;
Jusqu'&#224; sa mort en 1930, V&#233;locio ne cessa de pr&#244;ner le r&#233;gime v&#233;g&#233;tarien qu'il suivait depuis 1896, en lui portant, reconnaissons-le, quelques coups de canif assez b&#233;nins et rares. M.&#160;de Vivie associait volontiers les succ&#232;s de l'&#201;cole st&#233;phanoise &#224; l'emploi de la bicyclette poly-multipl&#238;&#233;e et surtout &#224; l'aust&#233;rit&#233; de son r&#233;gime alimentaire. Plus tard, lorsque la cause de la poly fut entendue, il attribuait sa verte vieillesse au r&#233;gime en question. Personnellement, j'ai &#233;t&#233; t&#233;moin de deux faits. En 1928, j'eus du mal &#224; suivre, de Valence &#224; Orange, le train de V&#233;locio, mon a&#238;n&#233; de cinquante-quatre ans. Un peu plus tard, dans la mont&#233;e des Grands Bois, au cours d'une journ&#233;e V&#233;locio o&#249; je devais terminer second de ma cat&#233;gorie (20 &#224; 25 ans) sur la roue de Ph. Marre, gagnant, M.&#160;Henri Cazassus, comptant au moins vingt ans de plus que nous, nous rejoignit et nous laissa litt&#233;ralement sur place, sa cat&#233;gorie partant plusieurs minutes apr&#232;s la n&#244;tre. Or, M.&#160;Cazassus &#233;tait r&#233;put&#233; &#224; l'&#233;poque pour se nourrir exclusivement de v&#233;g&#233;taux, particuli&#232;rement de salade crue. Le parti v&#233;g&#233;tarien triomphait donc sur toute la ligne et, nous autres &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#8239;n&#233;crophages&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;, n'avions plus qu'&#224; nous taire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;SALADE&lt;/span&gt; &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;ET&lt;/span&gt; &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;EAU&lt;/span&gt; &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;CLAIRE&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La guerre et, h&#233;las&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! l'apr&#232;s-guerre, contraignirent les Fran&#231;ais au v&#233;g&#233;tarisme forc&#233;. Certains &#233;vit&#232;rent ainsi une mort pr&#233;matur&#233;e par hypertension, mais d'autres, par contre, attrap&#232;rent la tuberculose ou autres maladies par sous-alimentation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est certain que ce r&#233;gime ne peut convenir &#224; tout le monde, que les cas de V&#233;locio et de H. Cazassus ne peuvent &#234;tre g&#233;n&#233;ralis&#233;s. Tout le monde ne peut s'adapter &#224; ces menus de c&#233;nobites tout le monde n'a pas le c&#339;ur d'avaler &#224; la suite plusieurs plats de l&#233;gumes. V&#233;locio allait m&#234;me plus loin, il recommandait le riz &#224; l'eau de pr&#233;f&#233;rence au riz gras uniquement parce que du premier plat on ne pr&#233;levait que la ration r&#233;clam&#233;e par l'estomac, alors que la gourmandise pouvait inciter &#224; abuser du second. Le sup&#233;rieur de C&#238;teaux ne doit pas parler autrement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A lire ces lignes, le lecteur pourrait &#234;tre amen&#233; &#224; croire que M.&#160;de Vivie &#233;tait un personnage aust&#232;re et grognon ou une sorte de trappiste en libert&#233;. Pas du tout, Velocio &#233;tait fort gai, aimait la vie, la plaisanterie de bon aloi. En soci&#233;t&#233;, il ne faisait pas de mani&#232;res pour accepter un verre de bon vin de Champagne. Par contre, je ne l'ai jamais vu fumer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Actuellement, il est pratiquement impossible de suivre un r&#233;gime quelconque, et le v&#233;g&#233;tarisme, tel que le d&#233;crivaient les abonn&#233;s au &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#8239;Cycliste&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; de l'&#226;ge d'or comportait, outre les l&#233;gumes, des farines sp&#233;ciales de pur gruau (tu parles&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;!), du riz, du chocolat, du caf&#233;, du pain en quantit&#233; et de qualit&#233;, etc., mati&#232;res dont on ne peut parler en France que dans un article de r&#233;trospective ou dans un manuel de march&#233; noir&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;!&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Fran&#231;ais 47 mange comme il peut et surtout selon les moyens financiers dont il dispose. Aucune th&#233;orie alimentaire ne peut tenir, parce qu'elle est inapplicable dans la majorit&#233; des cas. C'est pourquoi, sans doute, nos publications sp&#233;cialis&#233;es sont muettes sur la question. Les v&#233;g&#233;tariens, faute d'un tas de choses, se rabattent sur la viande, et les n&#233;crophages sur les l&#233;gumes, les jours sans &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#8239;cadavres&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;. Les deux parties se trouvent &#224; &#233;galit&#233;, ils ne peuvent se disputer, du moins sur ce terrain&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;!&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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