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	<title>V&#233;lotextes</title>
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	<description>Lire celles et ceux qui ont fait du v&#233;lo un bienfait social, moyen de d&#233;placement et de tourisme&#160;: Paul de Vivie dit V&#233;locio, Capitaine Perrache dit l'homme de la montagne, Carlo Bourlet...
Histoire du v&#233;lo
Site de Laurent Vigniel</description>
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		<title>V&#233;lotextes</title>
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		<title>Un Retour en arri&#232;re (1916)</title>
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		<dc:creator>velovi</dc:creator>


		<dc:subject>Paul de Vivie, dit V&#233;locio</dc:subject>
		<dc:subject>Entre 1918 et 1939</dc:subject>
		<dc:subject>Mono</dc:subject>
		<dc:subject>Col de Grand Bois, Col de la r&#233;publique</dc:subject>
		<dc:subject>Pilat</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;&#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#8239;Il a failli m'en arriver une bien bonne&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! sans Guy d'Ondacier j'allais redevenir partisan de la monoserve tant d&#233;cri&#233;e. Mais mon m&#233;di&#233;viste collaborateur s'est indign&#233; et je suis rentr&#233; en moi-m&#234;me&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; bien que je n'aie pas pour cela l&#226;ch&#233; la vieille monoserve de 1891 que j'ai d&#233;nich&#233;e dans mon grenier et dont je me sers avec grand plaisir depuis quelques mois.&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;&lt;/p&gt;

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&lt;a href="http://velotextes.fr/spip.php?rubrique37" rel="directory"&gt;1914-1930 P&#233;riode meetings, exp&#233;riences et r&#233;miniscences&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="http://velotextes.fr/spip.php?mot1" rel="tag"&gt;Paul de Vivie, dit V&#233;locio&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://velotextes.fr/spip.php?mot12" rel="tag"&gt;Entre 1918 et 1939&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://velotextes.fr/spip.php?mot60" rel="tag"&gt;Mono&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://velotextes.fr/spip.php?mot83" rel="tag"&gt;Col de Grand Bois, Col de la r&#233;publique&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://velotextes.fr/spip.php?mot87" rel="tag"&gt;Pilat&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;Par Paul de Vivie alias V&#233;locio, Le Cycliste, 1916, Source Archives d&#233;partementales de la Loire cote &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;IJ871&lt;/span&gt;/3&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il a failli m'en arriver une bien bonne&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! sans Guy d'Ondacier j'allais redevenir partisan de la monoserve tant d&#233;cri&#233;e. Mais mon m&#233;di&#233;viste collaborateur s'est indign&#233; et je suis rentr&#233; en moi-m&#234;me&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; bien que je n'aie pas pour cela l&#226;ch&#233; la vieille monoserve de 1891 que j'ai d&#233;nich&#233;e dans mon grenier et dont je me sers avec grand plaisir depuis quelques mois.&lt;br class='autobr' /&gt;
La longue descente du col des Grands Bois en roue libre, quand il fait froid, m'a toujours &#233;t&#233; d&#233;sagr&#233;able, non pas que je redoute la pleur&#233;sie dont nous mena&#231;a le capitaine Perrache, mais j 'y attrape facilement l'ongl&#233;e&#160;: puis les genoux sont un peu raides quand on arrive au bas de la c&#244;te, transi et mal &#224; l'aise, juste au moment o&#249; l'on devrait, en rentrant chez soi, &#234;tre en excellentes dispositions, n'avoir ni chaud ni froid ou plut&#244;t chaud que froid.&lt;br class='autobr' /&gt;
J'avais donc r&#233;&#233;quip&#233; deux vieilles machines pour mon service d'hiver, l'une &#224; deux vitesses la grande, serve, et la petite, libre, par d&#233;brayage au pied et deux cha&#238;nes dans un carter &#224; bain d'huile, l'autre simplement monoserve et d'allure un peu archa&#239;que avec son p&#233;dalier large, ses manivelles &#224; coulisse et la cha&#238;ne &#224; gros rouleaux au pas de 25,4 qui fut il y a vingt-cinq ans, si justement estim&#233;e quand elle succ&#233;da &#224; la cha&#238;ne &#224; blocs. Or, la premi&#232;re de ces deux machines me donna moins de satisfaction que la seconde&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; je m'y trouvai moins &#224; l'aise&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; son cadre &#224; doubles tubes extraordinairement rigide me secouait trop en d&#233;pit de pneus tr&#232;s gros (45 mm.)&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; tandis que la seconde &#224; cadre ouvert pour dame me donnait un confortable auquel je ne suis plus habitu&#233; depuis que je recherche le rendement optime.&lt;br class='autobr' /&gt;
La monoserve eut donc mes pr&#233;f&#233;rences et comme son d&#233;veloppement de 4 m. 60 est un peu fort pour le 7 &#224; 8&#8239;% dans la boue ou contre le vent, je fais &#224; pied, tout comme autrefois, les deux premiers kilom&#232;tres de la route qui nous s&#233;pare de la vall&#233;e du Rh&#244;ne&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; dans le 5&#8239;% et m&#234;me dans les quelques passages &#224; 6&#8239;% que je rencontre ensuite, je puis p&#233;daler sans effort anormal, et, au total, je ne perds pas beaucoup de temps &#224; la mont&#233;e&#160;: j'en perds davantage &#224; la descente, mais c'est tout profit puisque je conserve de la chaleur. D'ailleurs nous ne sommes pas forc&#233;s, m&#234;me &#224; l'E. S., de courir toujours la poste.&lt;br class='autobr' /&gt;
Ayant longtemps p&#233;dal&#233; sur roue serve, puisque je n'ai accept&#233; la roue libre qu'en 1898, pour ne l'adopter d&#233;finitivement qu'en 1903, mes muscles n'ont pas protest&#233; s&#233;rieusement contre ce retour en arri&#232;re et je n'ai ressenti &#8212; toujours comme autrefois &#8212; une l&#233;g&#232;re courbature des cuisses, qu'apr&#232;s une descente longue et rapide avec grand vent dans le dos, pendant laquelle il m'avait fallu contrep&#233;daler &#233;nergiquement. J'ai bien un bon frein sur jante, mais je ne m'en sers pas et je le garde pour les cas impr&#233;vus. En g&#233;n&#233;ral le poids des jambes augment&#233; d'une tr&#232;s faible pression suffit d'ailleurs pour maintenir l'allure &#224; 20 ou 22 kilom&#232;tres &#224; l'heure dans les descentes moyennes &#224; 6&#8239;%.&lt;br class='autobr' /&gt;
J'ai retrouv&#233; des sensations de ma jeunesse cycliste et j'ai compris la mentalit&#233; des cyclistes qui, comme M.&#160;L. dont le cas m'avait paru curieux, reviennent &#224; la monoserve apr&#232;s avoir fait un essai loyal de la polylibre. On sent mieux sa machine, on fait davantage corps avec elle, on se d&#233;gage peut-&#234;tre plus facilement dans un encombrement, au milieu de la foule &lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; on saute en arri&#232;re avec plus de promptitude&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; on sent enfin augmenter nettement sa cadence et moi qui, d'ordinaire, n'aime pas &#224; tourner &#224; plus de 60 tours, je me surprends &#224; tricoter automatiquement en palier &#224; 80 tours&#160;: la p&#233;dale remontante, entra&#238;n&#233;e par l'&#233;lan m&#234;me de la machine, rel&#232;ve plus vivement une jambe paresseuse que ne peut le faire, avec roue libre, le seul poids de la jambe descendante.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le promeneur et m&#234;me le touriste peu press&#233; pourrait donc parfaitement se contenter d'une polyserve si toutefois on en trouvait sur le march&#233;. Mais il m'a paru que la vitesse commerciale serait moindre avec la roue serve et que la fatigue se ferait sentir plus vite &#224; cause du manque des p&#233;riodes de repos si fr&#233;quentes avec la roue libre. Il y a bien les repose-pieds&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! n'en tenons pas compte, ce serait dangereux pour le randonneur. Celui-ci n'a rien &#224; gagner &#224; revenir &#224; la roue serve d'antan, mais les autres et surtout ceux qui p&#233;dalent en tout temps, ne se trouveraient pas mal d'avoir dans leur &#233;curie une bonne vieille roue serve du temps jadis.&lt;br class='autobr' /&gt;
Il est seulement f&#226;cheux qu'on ne puisse plus avoir des moyeux &#224; plusieurs vitesses et &#224; roue serve tels que, furent pendant la d&#233;cade 1890&#8212; 1900 le Bi-Gear, le U. et R., le Hub et d'autres encore.&lt;br class='autobr' /&gt;
Actuellement je ne vois gu&#232;re de possible avec roue serve que le syst&#232;me primitif et la poly-cha&#238;ne&#160;: et encore celle-ci doit-elle obligatoirement&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Sauf avec les syst&#232;mes &#224; baladeur dans le p&#233;dalier ou dans le moyeu qui (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; avoir roue libre sur les petites vitesses.&lt;br class='autobr' /&gt;
Mais on pourrait fort bien n'avoir qu'une roue motrice &#224; deux pignons serves qu'on attellerait pour l'hiver au lieu et place du moyeu polymultipli&#233; et qui serait pr&#233;par&#233;e pour donner deux d&#233;veloppements par d&#233;placement de la cha&#238;ne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;V&#201;&lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;LOCIO&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Sauf avec les syst&#232;mes &#224; baladeur dans le p&#233;dalier ou dans le moyeu qui donnent la roue folle entre les deux.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title> Meeting d'&#233;t&#233; (Juillet-Ao&#251;t 1921)</title>
		<link>http://velotextes.fr/spip.php?article495</link>
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		<dc:date>2020-07-31T09:35:14Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>velovi</dc:creator>


		<dc:subject>Paul de Vivie, dit V&#233;locio</dc:subject>
		<dc:subject>Entre 1918 et 1939</dc:subject>
		<dc:subject>L&#233;vocyclette</dc:subject>
		<dc:subject>R&#233;trodirecte</dc:subject>
		<dc:subject>Roue libre</dc:subject>
		<dc:subject>polymultipli&#233;e</dc:subject>
		<dc:subject>Acat&#232;ne</dc:subject>
		<dc:subject>Mono</dc:subject>
		<dc:subject>Pilat</dc:subject>
		<dc:subject>Bicyclette &#224; moteur adjacent</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;&#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#8239;Une l&#233;vocyclette apparut, toujours majestueuse, puis trois ou quatre r&#233;tros, parmi lesquelles la v&#233;n&#233;rable monture du capitaine Perrache, qui date de 1904, mais qui entre les mains de son propri&#233;taire, M.&#160;F.., d'Annonay, conserve et conservera longtemps encore l'&#233;clat de la jeunesse&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; elle effaroucha un peu les tout jeunes par sa roue libre de 42 dents&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! car elle naquit au temps o&#249; l'on ne jurait que par les pignons d'immense envergure.&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;&lt;/p&gt;

-
&lt;a href="http://velotextes.fr/spip.php?rubrique37" rel="directory"&gt;1914-1930 P&#233;riode meetings, exp&#233;riences et r&#233;miniscences&lt;/a&gt;

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&lt;a href="http://velotextes.fr/spip.php?mot1" rel="tag"&gt;Paul de Vivie, dit V&#233;locio&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://velotextes.fr/spip.php?mot12" rel="tag"&gt;Entre 1918 et 1939&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://velotextes.fr/spip.php?mot19" rel="tag"&gt;L&#233;vocyclette&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://velotextes.fr/spip.php?mot21" rel="tag"&gt;R&#233;trodirecte&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://velotextes.fr/spip.php?mot22" rel="tag"&gt;Roue libre&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://velotextes.fr/spip.php?mot23" rel="tag"&gt;polymultipli&#233;e&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://velotextes.fr/spip.php?mot25" rel="tag"&gt;Acat&#232;ne&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://velotextes.fr/spip.php?mot60" rel="tag"&gt;Mono&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://velotextes.fr/spip.php?mot87" rel="tag"&gt;Pilat&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://velotextes.fr/spip.php?mot95" rel="tag"&gt;Bicyclette &#224; moteur adjacent&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;Par Paul de Vivie alias V&#233;locio, Le Cycliste, Juillet-Ao&#251;t 1921, source Archives d&#233;partementales de la Loire, cote &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;IJ871&lt;/span&gt;/3&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Le Cycliste&lt;/i&gt; a de bons amis, de tr&#232;s bons amis qui, de loin comme de pr&#232;s, ne laissent passer aucune occasion de lui &#234;tre agr&#233;able ou de lui rendre service.&lt;br class='autobr' /&gt;
Tels ceux qui alimentent son budget de propagande ou qui, un peu sur tous les points du territoire, et surtout &#224; Paris, se donnent la peine de lui conqu&#233;rir des abonn&#233;s, de le faire conna&#238;tre autour d'eux, d'en parler au cours de leurs voyages, &#224; tel point que nous recevons souvent des demandes ainsi formul&#233;es&#160;: &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;Un touriste rencontr&#233; par hasard m'a assur&#233; que &lt;i&gt;Le Cycliste&lt;/i&gt; m'int&#233;resserait. Veuillez donc m'en adresser un sp&#233;cimen.&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;&lt;br class='autobr' /&gt;
Tels encore ceux qui, collaborateurs absolument d&#233;sint&#233;ress&#233;s, apr&#232;s avoir fait quelques excursions int&#233;ressantes ou quelques observations utiles, passent de longues heures &#224; en tirer des r&#233;cits, &#224; en d&#233;duire des commentaires, dont tous les lecteurs feront ensuite leur profit, ceux qui en un mot font &lt;i&gt;Le Cycliste&lt;/i&gt;, il lui donnent tout son int&#233;r&#234;t, sa seule raison d'&#234;tre.&lt;br class='autobr' /&gt;
Tels aussi ceux qui nous sacrifient un dimanche pour se rendre &#224; nos meetings, m&#234;me quand nous les fixons en des lieux d'acc&#232;s assez difficile, comme l'est actuellement le Cr&#234;t-de-la-Perdrix, &#224; cause du mauvais entretien des routes qui y conduisent.&lt;br class='autobr' /&gt;
Et ces derniers ont &#233;t&#233; le 24&#160;juillet deux, trois fois plus nombreux que nous n'&#233;tions en droit de l'esp&#233;rer. Plus de deux cents cyclotouristes ont &#233;volu&#233;, entre 6 heures et 12 heures, autour de la Jasserie du Pil&#226;t, venant de tous les points de l'horizon et dont beaucoup, pour ne point manquer le lever du soleil, qui entre parenth&#232;ses a plut&#244;t &#233;t&#233; terne, avaient d&#251; passer la nuit dans le foin, qui au Bessat, qui aux Grands Bois, qui &#224; la Valla, ceux-ci dans une ferme isol&#233;e, ceux-l&#224; &#224; la Jasserie m&#234;me, faute de place dans les h&#244;tels.&lt;br class='autobr' /&gt;
Nous ne v&#238;mes pas le moindre essai de campement, et deux jeunes abonn&#233;s du &lt;i&gt;Cycliste&lt;/i&gt;, qui pass&#232;rent deux jours auparavant &#224; Saint-&#201;tienne, auraient obtenu un grand succ&#232;s s'ils avaient eu la bonne id&#233;e de faire co&#239;ncider leur passage dans nos montagnes avec le jour du meeting. Ces jeunes gens portaient sur leurs machines une compl&#232;te installation de camping, comprenant une vaste tente triangulaire, avec porte et deux fen&#234;tres munies de moustiquaires, lampe Primus et batterie de cuisine, sacs de couchage tr&#232;s chauds et tr&#232;s l&#233;gers. Joignez &#224; cela vivres, effets de rechange, appareils photographiques, et vous ne serez pas Surpris du poids global de 26 kilos qu'emmenait gaillardement chaque cycliste depuis dix jours, &#224; travers les Alpes, le Vercors et les C&#233;vennes. On campait chaque soir, tant&#244;t dans&lt;br class='autobr' /&gt; un bois, tant&#244;t sur le bord d'un lac ou d'une rivi&#232;re, on vivait des provisions achet&#233;es&#160;: lait, &#339;ufs et fruits, dans le dernier village, et la d&#233;pense quotidienne ne d&#233;passait jamais dix francs par t&#234;te.&lt;br class='autobr' /&gt;
Aurions-nous tous &#233;t&#233; surpris et ravis de trouver une aussi compl&#232;te et confortable installation dans le dernier petit bouquet de bois qui domine la jasserie, et qui s'y pr&#234;tait d'ailleurs admirablement&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! Vraiment, si j'&#233;tais un peu plus ma&#238;tre de mon temps, je tenterais d'organiser l&#224; un campement &#224; l'anglaise, o&#249; l'on pourrait venir passer &#224; tour de r&#244;le, les uns quelques jours, les autres une semaine, o&#249;, chacun &#224; son tour, on aurait &#224; pourvoir &#224; l'ordinaire et &#224; garder le camp. Ce retour &#224; la vie primitive ne manquerait pas de charme&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; les excursions, la cueillette des airelles, les causeries, peut-&#234;tre m&#234;me quelques concerts, et enfin la sonnerie matinale appelant au Cr&#234;t de la Perdrix les admirateurs du soleil levant, suffiraient &#224; remplir la journ&#233;e, sans parler des cures d'air, de vent et de soleil que l'on pourrait s'offrir dans les profondeurs des bois solitaires. Les ruisseaux, &#224; la v&#233;rit&#233;, sont un peu loin, mais les truites y foisonnent, et des cascades d'importance, comme celle du Saut-du-Gier, offrent des douches gratuites et fra&#238;ches &#224; souhait par ces temp&#233;ratures caniculaires.&lt;br class='autobr' /&gt;
Les dames &#233;taient nombreuses, comme toujours, mais les tandems furent rares&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; les appareils propres &#224; transporter les enfants se r&#233;duisirent. &#224; deux&#160;: le double porte-b&#233;b&#233; de M.&#160;M..., de Bourg-Argental, et la tr&#232;s confortable remorque de Vavitto d'Essantes, que nos lecteurs connaissent, depuis longtemps. Ni la roue porteuse, ni la roue lat&#233;rale motrice, ni la monodame, ni enfin aucun des nombreux mod&#232;les de side-cars pour enfants qu'un constructeur parisien s'efforce de lancer et qui, de plus en plus nombreux en Angleterre, commencent &#224; &#234;tre fr&#233;quemment rencontr&#233;s autour de la capitale. Le Pil&#226;t est un peu haut et ses voies d'acc&#232;s sont trop peu engageantes pour qu'on ose s'y aventurer en remorquant des fardeaux pr&#233;cieux.&lt;br class='autobr' /&gt;
Inutile de dire que la polyxion fut brillamment repr&#233;sent&#233;e et que deux ou trois monos a peine os&#232;rent se montrer, apr&#232;s avoir &#233;t&#233; pouss&#233;es &#224; la c&#244;te par leurs propri&#233;taires, jeunes pourtant et vigoureux&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; alors que gr&#226;ce &#224; sa six vitesses par whippet Chemineau, notre aimable doyen, M.&#160;G..., dans sa 73&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; ann&#233;e, avait pu grimper gaillardement de Saint-&#201;tienne au Cr&#234;t-de-la-Perdrix, o&#249; il fit tout le jour notre &#233;tonnement et notre joie par son entrain, son brio, sa bonne humeur qui, ne se d&#233;mentant pas un instant, t&#233;moigna, tr&#232;s clairement qu'avec une bonne poly, un trois quarts de si&#232;cle peut cyclotourister sans fatigue, m&#234;me en haute montagne&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; j'esp&#232;re pouvoir dans quatre ans confirmer &#224; mon tour cette v&#233;rit&#233; .&lt;br class='autobr' /&gt;
Faut-il redire une fois de plus que, dans notre r&#233;gion du moins, les whippets ou d&#233;railleurs de cha&#238;ne tiennent toujours le premier rang. Il y aurait eu, parmi les deux cents et quelques bicyclettes pr&#233;sentes, plus de cinquante Chemineau, comme on me l'a assur&#233;, que je n'en serais pas &#233;tonn&#233;, tant on en voyait dans tous les coins. Les Audouard &#233;taient venus moins nombreux que d'habitude, mais les &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;As&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; qui se multiplient prodigieusement, ont combl&#233; le d&#233;ficit, et l'on m'en a fait compter seize, alors qu'au pr&#233;c&#233;dent meeting du 10&#160;avril nous en avions vu seulement quatre. Les d&#233;railleurs P. d'A, Boizot, Hervier, Alpin, Gauloise, &#233;taient aussi repr&#233;sent&#233;s le 24&#160;juillet, quelquefois, il est vrai, par une seule machine, qui n'en avait que plus de m&#233;rite &#224; nos yeux, car ce sont l&#224; syst&#232;mes oubli&#233;s, que la r&#233;clame aux cent trompettes ne conna&#238;t pas. La 4 ou 8 vitesses &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;H. T.&lt;/span&gt; de Terrot, qui r&#233;unit le cachet et le luxe de la grande marque &#224; la &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;practicability&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; du d&#233;mocratique d&#233;railleur, se montrait ou plut&#244;t se laissait voir en nombreux exemplaires. Ce qui s'oppose un peu au prompt d&#233;veloppement des syst&#232;mes Terrot, Hervier, Audouard et Boizot, c'est qu'ils ne s'adaptent pas aussi facilement &#224; n'importe quelle machine, qu'ils obligent &#224; remplacer le moyeu de l'arri&#232;re-train, ce qui ne se fait pas en un clin d'&#339;il et sans frais. Tandis que le Chemineau et l'As, pour ne parler que des survivants de la grande guerre, s'adaptent en quelques heures aux bicyclettes de toutes marques&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; ainsi, j'ai vu une Cl&#233;ment de course, c'est-&#224;-dire &#224; arri&#232;re tr&#232;s &#233;troit, qui le samedi matin n'&#233;tait encore qu'une vulgaire et &#233;reintante mono, et qui le samedi soir pouvait grimper au Pil&#226;t munie d'un Chemineau &#224; six vitesses&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! Voil&#224; le secret de la propagation rapide de ce syst&#232;me, avec lequel seul l'As peut rivaliser sous ce rapport en ne donnant, il est vrai, que 4 vitesses&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; mais pour un bon randonneur est-ce que 4 vitesses bien choisies de 3 m&#232;tres &#224; 6 m,35, ne suffisent pas&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;? Vous allez me r&#233;pondre peut-&#234;tre que j'ai souvent engag&#233; les cyclotouristes &#224; avoir &#224; leur disposition une plus compl&#232;te &#233;chelle de 2 m&#232;tres &#224; 7 m&#232;tres, afin d'&#234;tre toujours en &#233;tat de r&#233;pondre &#224; toutes les provocations de la route. Je l'avoue, mais j'&#233;tablis quelque diff&#233;rence entre randonneur et cyclotouriste.&lt;br class='autobr' /&gt;
Les moyeux &#224; 2 et 3 vitesses &#233;taient tr&#232;s nombreux, seuls ou combin&#233;s avec la flottante ou la bi-cha&#238;ne&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; ces deux derniers dispositifs se voyaient aussi seuls, ou li&#233;s ensemble, sur une trentaine de bicyclettes. Ce sont l&#224;, et surtout&lt;br class='autobr' /&gt; la flottante, syst&#232;mes que ni la r&#233;clame, ni les succ&#232;s sportifs, ne mettront jamais en vedette, mais qui se maintiendront et se propageront par la seule force du bon sens. Une l&#233;vocyclette apparut, toujours majestueuse, puis trois ou quatre r&#233;tros, parmi lesquelles la v&#233;n&#233;rable monture du capitaine Perrache, qui date de 1904, mais qui entre les mains de son propri&#233;taire, M.&#160;F.., d'Annonay, conserve et conservera longtemps encore l'&#233;clat de la jeunesse&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; elle effaroucha un peu les tout jeunes par sa roue libre de 42 dents&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! car elle naquit au temps o&#249; l'on ne jurait que par les pignons d'immense envergure. Il y aurait eu une touricyclette si j'avais amen&#233; la mienne, mais j'avais pr&#233;f&#233;r&#233; monter avec une l&#233;g&#232;re randonneuse&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; sans cela toutes les laur&#233;ates des concours &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;T. C. F.&lt;/span&gt; auraient &#233;t&#233; repr&#233;sent&#233;es.&lt;br class='autobr' /&gt;
Pour cette fois, la Loire l'emporta de beaucoup par le nombre sur tous les d&#233;partements voisins&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; cependant le Rh&#244;ne nous envoya un tr&#232;s fort contingent, l'Ard&#232;che et la Dr&#244;me, l'Ain et la Haute-Loire d&#233;l&#233;gu&#232;rent quelques unit&#233;s, et quand tous, apr&#232;s le lever du soleil, furent r&#233;unis &#224; la Jasserie, il ne nous manqua qu'un orateur de plein air, capable de nous entretenir pendant dix minutes des bienfaits de la Polyx&#233;e, ne f&#251;t-ce que pour faire pi&#232;ce aux nouveaux pontifes du Touring qui la d&#233;clarent inutile et m&#234;me dangereuse&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;!&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;!&lt;br class='autobr' /&gt;
A d&#233;faut de discours, on obtint &#224; la ferme d'excellent caf&#233; au lait, de bonne soupe, des &#339;ufs, du pinard, de la bi&#232;re, du caf&#233;, tout ce qui pouvait compl&#233;ter heureusement les provisions apport&#233;es, et l'on d&#233;jeuna joyeusement. Par petits groupes ou isol&#233;ment, des cyclistes arrivaient encore, en m&#234;me temps que d'autres partaient, et il en arriva ainsi jusqu'&#224; 13 heures.&lt;br class='autobr' /&gt;
Bref, par le nombre des participants, ce meeting a battu de loin tous les pr&#233;c&#233;dents, mais par le nombre et l'int&#233;r&#234;t des nouveaut&#233;s y amen&#233;es il leur a &#233;t&#233; inf&#233;rieur. Un cyclotracteur avait essay&#233; d'y grimper, mais une panne d'allumage avait oblig&#233; son propri&#233;taire &#224; pousser sa machine et son moteur pendant plusieurs heures. Ces moteurs adjuvants n'aiment pas les dures et longues rampes.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#192; ce propos, permettez-moi de comparer en quelques lignes les m&#233;thodes de vulgarisation des nouveaut&#233;s fran&#231;aises et &#233;trang&#232;res. Quand les moyeux Sturmey, Pedersen (anglais), Torp&#233;do (allemand), parurent, je priai les constructeurs de me pr&#234;ter un de leurs moyeux pour que je puisse me faire une opinion motiv&#233;e de leurs m&#233;rites, afin de renseigner en connaissance de cause Les lecteurs du &lt;i&gt;Cycliste&lt;/i&gt;. Ils m'en confi&#232;rent imm&#233;diatement des &#233;chantillons.&lt;br class='autobr' /&gt;
La Sv&#233;a, &#224; Stockholm, me confia plus tard une l&#233;vo, la Touricyclette &#224; Paris, Terrot &#224; Dijon, me mirent &#224; m&#234;me d'essayer longuement l'une son acat&#232;ne &#224; deux vitesses, l'autre son d&#233;railleur H.&lt;br class='autobr' /&gt;
Je pensais donc que le Cyclotracteur et le Sicam, qui se disputent en ce moment les faveurs des cyclistes qui d&#233;sirent s'aider d'un petit cheval de renfort, me fourniraient l'occasion de faire quelques essais personnels et me donneraient des adresses de cyclistes habitant notre r&#233;gion accident&#233;e, et se servant d&#233;j&#224; de ces appareils. Mais ces constructeurs ne m'ont r&#233;pondu que par l'envoi d'un bulletin de commande, sans le moindre commentaire. Pour agir ainsi, il faut bien &#234;tre certains qu'un syst&#232;me ne peut manquer de donner satisfaction &#224; tout le monde, ou bien n'avoir pas soi-m&#234;me confiance dans ce que l'on vend, et n'avoir d'autre but que de d&#233;biter sa camelote sans se soucier de ce qu'il en adviendra&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;!&lt;br class='autobr' /&gt;
Nous avions eu l'intention, ob&#233;issant en cela aux indications de notre ami F..., d'Annonay, de fixer le meeting d'automne &#224; Saint-Maurice-l'Exil, sur la rive gauche du Rh&#244;ne, entre les Roches-de-Condrieu &#224; 7 kilom&#232;tres, et le P&#233;age-du-Roussillon, &#224; 3 kilom&#232;tres. Le site est parait-il, charmant et l'on y a une tr&#232;s belle vue, de bas en haut, sur toute la cha&#238;ne du Pilat. R&#233;flexion faite, nous croyons pr&#233;f&#233;rable de garder pour un meeting de printemps ce site champ&#234;tre qui, apr&#232;s l'&#233;t&#233; que nous subissons, sera plut&#244;t dans quelques semaines aride et br&#251;l&#233; du soleil, et qui gagnera &#224; &#234;tre vu au moment o&#249; les bords de notre grand fleuve se couvrent de verdure et de fleurs.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le dimanche 23&#160;octobre prochain, nous nous r&#233;unirons donc, de 9 &#224; 14 heures, au col de Pavezin, situ&#233; &#224; peu pr&#232;s &#224; &#233;gale distance de Lyon et de Saint-&#201;tienne, entre Rive-de-Gier et Condrieu.&lt;br class='autobr' /&gt;
Nous nous y sommes d&#233;j&#224; r&#233;unis souvent avant la guerre, et nous avons tous conserv&#233; de ces meetings un excellent souvenir, car ce col minuscule est un tr&#232;s beau belv&#233;d&#232;re ouvert sur les Alpes et sur la vall&#233;e du Rh&#244;ne.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le prochain num&#233;ro du &lt;i&gt;Cycliste&lt;/i&gt; ne devant para&#238;tre qu'en octobre, nous prions les lecteurs d'inscrire d&#232;s maintenant sur leur agenda la date du 23&#160;octobre, de crainte que nous ne puis-sons la leur rappeler &#224; temps.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; V&#233;locio.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Ma course Paris-Brest (Les m&#233;moires de Terront, 1893)</title>
		<link>http://velotextes.fr/spip.php?article375</link>
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		<dc:date>2019-08-16T09:18:16Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>velovi</dc:creator>


		<dc:subject>Louis Baudry de Saunier</dc:subject>
		<dc:subject>sport, courses</dc:subject>
		<dc:subject>Avant 1900</dc:subject>
		<dc:subject>Paris</dc:subject>
		<dc:subject>Mono</dc:subject>
		<dc:subject>Extraits de livre</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;&#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt; Jiel-laval venait de passer 41 minutes avant moi. La foule &#224; Brest &#233;tait si compacte que je crus &#234;tre oblig&#233; de descendre de machine et que je fus, malgr&#233; l'envie de repartir sans m'arr&#234;ter, contraint d'attendre cinq minutes qu'on me servit un bouillon et qu'on fit s'&#233;carter pour me laisser le passage, la cohue qui me pressait de toutes parts.&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;&lt;/p&gt;

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&lt;a href="http://velotextes.fr/spip.php?rubrique58" rel="directory"&gt;Charles Terront&lt;/a&gt;

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&lt;a href="http://velotextes.fr/spip.php?mot2" rel="tag"&gt;Louis Baudry de Saunier&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://velotextes.fr/spip.php?mot8" rel="tag"&gt;sport, courses&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://velotextes.fr/spip.php?mot10" rel="tag"&gt;Avant 1900&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://velotextes.fr/spip.php?mot36" rel="tag"&gt;Paris&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://velotextes.fr/spip.php?mot60" rel="tag"&gt;Mono&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://velotextes.fr/spip.php?mot96" rel="tag"&gt;Extraits de livre&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='http://velotextes.fr/IMG/logo/dscf5713.jpg' class=&#034;spip_logo spip_logo_right&#034; alt=&#034;&#034; style='max-width: 150px;max-width: min(100%,150px); max-height: 150px' /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;Chapitre 13, Les m&#233;moires de Terront, [...] revus et mis en ordre par Louis Baudry de Saunier, 1893&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aussit&#244;t que la course Paris-Brest fut annonc&#233;e par le petit journal, je m'&#233;criai : &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#8239;voil&#224; ma course&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;!&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; Je m'en allai trouver mes amis de Bayonne et en leur montrant le journal je leur dis : &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#8239;Elle est &#224; moi, celle l&#224;&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;!&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; Je pr&#233;voyais en effet qu'il fallait pour une telle &#233;preuve de grandes qualit&#233;s de r&#233;sistance et je sentis s'&#233;veiller en moi tout mon courage.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'appris en m&#234;me temps que les places seraient donn&#233;es au d&#233;part selon l'ordre d'inscription et j'envoyai par t&#233;l&#233;gramme mon engagement au petit journal. On m'en accusa r&#233;ception. J'avais le num&#233;ro 5.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je me mis imm&#233;diatement &#224; l'entra&#238;nement. Une course aussi longue et dans un pays aussi accident&#233; que la Bretagne demandait une assez dure pr&#233;paration. Je r&#233;solus de faire beaucoup de route surtout en Espagne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un jour d'entra&#238;nement, je revenais d'Espagne &#224; Bayonne avec Boyer et un autre v&#233;locip&#233;diste. On nous avait avertis qu'une bande de brigands log&#233;s dans les Pyr&#233;n&#233;es s'&#233;taient fait une sp&#233;cialit&#233; de d&#233;trousser les v&#233;locip&#233;distes. Leur moyen &#233;tait bien simple, ils tendaient une corde &#224; travers la route et quand la nuit un v&#233;locip&#233;diste passait, ils sautaient sur lui, lui enlevaient son argent, sa montre, quelques fois m&#234;me ses v&#234;tements et le laissaient partir plus ou moins nu sur la machine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je n'en voulais rien croire et d'ailleurs n'avais-je pas mon revolver&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;? Revenant donc ce soir l&#224; des courses de Pampelune, Boyer et son ami, loin en avant, je vis tout &#224; coup se dresser devant moi, deux hommes qui firent mine de se jeter sur ma machine. Je descendis vivement et leur demandai en patois ce qu'ils me voulaient, quand mes amis inquiets de ne pas me voir venir, retourn&#232;rent sur leur pas et arriv&#232;rent &#224; moi. Aussit&#244;t les deux hommes disparurent dans la nuit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je pris part, pour essayer mon entra&#238;nement, &#224; quelques courses. Mais dans le championnat de vitesse d'Agen, je pense que j'aurais &#233;t&#233; bien plac&#233; si une chute de Cottereau ne m'avait emp&#234;ch&#233; de passer au dernier tour.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un mois avant la course de Paris-Brest, je vins &#224; Paris. Je commen&#231;ai par faire de longues &#233;tapes. J'allai trois fois &#224; Vervins par la route, une fois &#224; Saint-Quentin. Je m'entra&#238;nai beaucoup aussi sur l'itin&#233;raire que j'allais avoir &#224; parcourir, itin&#233;raire que je connaissais en grande partie pour avoir fait mon service militaire &#224; Saint-Brieuc. J'allai jusqu'&#224; Dreux, puis un jour jusqu'&#224; Laval, d'o&#249; je reviens par le chemin de fer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enfin, trois jours avant la course, je me reposai absolument de fa&#231;on &#224; &#234;tre tout dispos pour l'heure fix&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'avais r&#233;fl&#233;chi &#224; la meilleure tactique &#224; employer. Je n'avais en somme que deux concurrents s&#233;rieux dans cette course : Jiel-Laval, qui avait fourni une assez bonne course dans Bordeaux-Paris et qui, en tous cas, serait sup&#233;rieurement entra&#238;n&#233; par la maison qui l'avait engag&#233;, et Jules Dubois, dont je connaissais de longue date la valeur et, qui, par son r&#233;cent record de Paris &#224; Rouen aller et retour en 11h43 (260 kilom&#232;tres), fait dix jours avant, montrait l'excellente forme dans laquelle il se trouvait.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais Jiel-Laval, bien entra&#238;n&#233; par de Civry, ne poss&#233;dait n&#233;anmoins pas de vitesse, et Dubois poss&#233;dant de la vitesse, ne serait certainement pas bien entra&#238;n&#233;. J'&#233;tais, moi, entra&#238;n&#233; par un de mes meilleurs camarades et un sportman de premier ordre, Duncan.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'avais entendu dire quelque temps auparavant &#224; Dubois : &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;Bah&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! qu'est ce que cela me fait d'&#234;tre engag&#233; le 363&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt;&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;? J'aurai tous les entra&#238;neurs de Terront&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;!&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; &#192; la course, c'est comme &#224; la guerre, chacun pour soi, et quelque regret que j'aie eu de ne pas &#234;tre agr&#233;able &#224; Dubois, je me jurai de faire en sorte qu'aucun de mes entra&#238;neurs ne p&#251;t lui servir.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-center&#034; style=&#034;text-align:center;&#034;&gt;***&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&#192; 6 h 55 du matin, le dimanche, M.&#160;Thomas, pr&#233;sident de la course, criait : &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#8239;Attention&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;!&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; et presque aussit&#244;t : &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#8239;Partez&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;!&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; J'&#233;tais sur la ligne de t&#234;te avec mon n&#176;5, tandis que mes concurrents &#233;taient tout &#224; fait en arri&#232;re, g&#234;n&#233;s par une cohue de v&#233;locip&#233;distes de qualit&#233; inf&#233;rieure qui se croyaient cependant des chances d'arriver le soir m&#234;me &#224; Brest.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je partis &#224; fond de train dans l'avenue du Bois-de-Boulogne et arrivai au Bois o&#249; Antony cach&#233; m'attendait. D'un train vigoureux il me fit travers le bois, Suresnes, monter la c&#244;te, et traverser Ville-D'Avray dans la direction de Versailles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais nous tenions une telle allure que, dans la c&#244;te de Picardie, Antony, fatigu&#233;, se laissa d&#233;passer par moi et fit des signes de d&#233;tresse &#224; un de mes amis, mon cousin Rollet qui &#233;tait venu me voir passer avant de prendre le chemin de fer pour aller m'attendre bien au del&#224;, &#224; Montauban-de-Bretagne. Rollet me conduisit jusqu'&#224; Versailles o&#249; nous entr&#226;mes comme des trombes entre deux haies de curieux, de dames m&#234;me, que l'heure matinale n'avait pas retenues au lit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans Versailles, je rencontrai tout &#224; coup un bon v&#233;locip&#233;diste que je connaissais, Thouvenin qui, me sachant seul avec Rollet qui devait prendre le chemin de fer, accepta de m'entra&#238;ner, et nous part&#238;mes, toujours &#224; toute vitesse vers Saint-Cyr.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De mes concurrents je n'avais encore aucune nouvelle. Il &#233;tait prudent n&#233;anmoins de conserver et m&#234;me d'augmenter, si possible, l'avance que je leur avais prise. Un accident pouvait m'arriver et les pneumatiques, encore &#224; leur enfance, pouvaient inspirer une l&#233;g&#232;re crainte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Thouvenin s'employa de son mieux et poussa le d&#233;vouement jusqu'&#224; me conduire par Trappes et Pont-Chartrain jusqu'&#224; la Queue-les-Yvelines. Le chemin de fer borde pendant assez longtemps la route, et comme nous marchions dans la direction de Dreux, un train arriva de Paris et nous c&#244;toya quelques instants. Aussit&#244;t des mouchoirs s'agitent aux porti&#232;res des wagons. C'est Pierre Giffard, Thomas, et plusieurs de mes entra&#238;neurs qui vont &#224; Dreux, soit pour nous voir passer, soit pour nous &#234;tre utile&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;!&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La Queue-les-Yvelines &#233;tait le premier point de contr&#244;le. Je signai le registre &#224; 8h 45. J'avais couvert les 50 premiers kilom&#232;tres en 1 h 50. Et je repartis vivement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; la Queue-les-Yvelines, je devais changer d'entra&#238;neur et &#234;tre pris par Dalvy. Mais Dalvy d&#233;jeunait avec quelques amis sur le bord de la route et ne m'attendait pas du tout de si bonne heure. Aussi passai-je devant lui &#224; sa grande surprise, et comme je d&#233;sirais gagner toujours et encore de la distance, je ne pris pas le temps de m'arr&#234;ter. Thouvenin m'avait quitt&#233;, j'&#233;tais seul. Mais bient&#244;t deux des amis de Dalvy qui s'&#233;taient mis en selle me rejoignirent &#224; grands coups de p&#233;dales et m'entra&#238;n&#232;rent. Bient&#244;t leur allure ne put plus me suffire et je passai devant, invertissant ainsi les r&#244;les.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'arrivai &#224; Dreux &#224; 9h 56. Le passage &#224; niveau &#233;tait ferm&#233;&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! Pendant le temps que la garde-barri&#232;re mit &#224; l'ouvrir, je me retournai machinalement pour voir si Dubois ou Jiel-Laval n'&#233;tait pas dans mes talons, mais personne ne venait&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! Presque aussit&#244;t, comme je songeais &#224; Dubois, je rencontrai un de ses entra&#238;neurs qui attendait son passage, Rouxel, qui eut l'amabilit&#233; de m'offrir un bouillon tandis que je montais la c&#244;te qui se trouve &#224; la sortie de la ville. C'&#233;tait le premier r&#233;confortant que je prenais.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-center&#034; style=&#034;text-align:center;&#034;&gt;***&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Un bon entra&#238;neur se chargea de moi &#224; partir de Dreux. C'&#233;tait Darboval, un coureur angevin qui, avec quelques amis m'emmena bon train jusqu'au second point de contr&#244;le, Mortagne, que j'atteignis &#224; 1 h 45. Je marchais depuis sept heures&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;!&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mortagne est situ&#233; au haut d'une c&#244;te. La foule des habitants, &#224; cette heure, et par le temps splendide qu'il faisait, s'&#233;tait pr&#233;cipit&#233;e &#224; l'entr&#233;e de la ville, et sans un service d'ordre bien organis&#233;, je ne fus jamais entr&#233; dans le pays&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;!&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les balcons avaient des guirlandes de fleurs et les toilettes sillonnaient les rues comme dans un jour de f&#234;te carillonn&#233;e. Je signai en h&#226;te le registre et repris ma course folle accompagn&#233; cette fois de M.&#160;Ren&#233; de Knyff, le directeur actuel de la Revue des sports.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Qu'&#233;taient devenus mes rivaux&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;? Je n'avais aucune nouvelle d'eux&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! Mais j'avais une telle crainte d'une perforation dans mes pneumatiques que, &#224; chaque fois que je pensais au clou qui d'un moment &#224; l'autre pouvait m'arr&#234;ter net sur la route, je me sentais pris d'un renouvellement d'&#233;nergie et il me semblait qu'en marchant tr&#232;s vite je retardais d'autant l'instant fatal.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De Knyff et moi part&#238;mes ainsi &#224; une allure tr&#232;s allong&#233;e, moi lui confiant mes craintes et lui me rassurant par la perspective de la victoire prochaine et de la belle performance que j'allais accomplir. Puis il se vit forc&#233; de me quitter &#224; quelques kilom&#232;tres d'Alen&#231;on, me laissant continuer la route avec les v&#233;locip&#233;distes r&#233;gionaux ou cantonaux qui ne m'ont jamais manqu&#233; presque pendant tous le parcours.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'&#233;tais &#224; Alen&#231;on &#224; 3h 20. La foule &#233;tait toujours compacte. Tout le monde voulait me voir de pr&#232;s et j'eus beaucoup de peine &#224; n'&#234;tre pas jet&#233; &#224; bas de ma machine. Mais je n'avais toujours pas de nouvelles de mes rivaux : &#233;taient-ils loin, &#233;taient-ils pr&#232;s&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;? Peut-&#234;tre Dubois et Jiel &#233;taient-ils tomb&#233;s&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;? Ils avaient renonc&#233; peut-&#234;tre&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! Peut-&#234;tre aussi ils accouraient &#224; 100 m&#232;tres de moi&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! Il me semblait dans cette incertitude terrible qu'une ombre courait apr&#232;s moi, sans formes, et que je n'avais qu'&#224; fuir, fuir, fuir toujours, au hasard, pour l'&#233;viter&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;!&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lamy et Suberbie me prirent aussit&#244;t &#224; Alen&#231;on et me conduisirent toujours plus vite, plus vite encore &#224; travers Saint-Denis-sur-Sarthon, jusqu'&#224; Pr&#233;-en-Pail o&#249; se tenait le troisi&#232;me contr&#244;le&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! Il &#233;tait 5 heures. La population &#233;tait mass&#233;e devant le Caf&#233; Parisien que le propri&#233;taire avait orn&#233; de drapeaux, de lanternes v&#233;nitiennes, de plantes vertes&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#8239;Terront, viens prendre un bock&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;!&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; crie un loustic. Tout le monde rit, moi aussi - et je reprends la fuite affol&#233;e devant cet ennemi invisible mais terrible : l'inconnu&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;!&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voici Saint-Cyr-en-Pail, puis Javron, puis le Ribay, puis Tricords, puis une &#233;norme descente de 10 kilom&#232;tres o&#249; la vitesse devient du vertige, o&#249; l'on p&#233;dale tant qu'on a de force, o&#249; une chute est presque probable, compromettant peut-&#234;tre sans retour la fin de la lutte&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! Voici Mayenne, dont les habitants ne voient passer dans la nuit qui tombe que les silhouettes rapides de quelques v&#233;locip&#233;distes poudreux qui s'enfuient&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! Fuir, fuir, tant qu'on a des jambes, je ne pensais qu'&#224; fuir devant le myst&#232;re qui me suivait derri&#232;re sur la route et qui avan&#231;ait toujours&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;!&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La nuit &#233;tait venue. La crainte de l'inconnu augmentait avec les t&#233;n&#232;bres et, sans regarder trop o&#249; je courais, je crois que ma vitesse s'&#233;tait accrue encore. Mes muscles ne poussaient plus seuls ma machine : mes nerfs travaillaient aussi et toute mon &#233;nergie surexcit&#233;e se concentrait sur mes p&#233;dales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout &#224; coup, je sens ma machine s'affaisser sous moi... Je suis crev&#233;&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! Ma roue d'arri&#232;re est d&#233;gonfl&#233;e&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! Je tremble d'&#233;motion, je descends, et, avec l'aide de mes entra&#238;neurs, je retire du caoutchouc un long clou tout neuf&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;!&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Que faire&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;? Nous n'&#233;tions qu'&#224; quelques kilom&#232;tres le Laval, au village de Louvern&#233; dont on apercevait les lumi&#232;res. Une r&#233;paration sur place &#233;tait probl&#233;matique. Mieux valait courir en machine jusqu'&#224; la ville et l&#224; peut-&#234;tre une r&#233;paration serait-elle faite plus rapidement qu'en pleins champs et la nuit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'arrivai &#224; Laval hors de moi. Il &#233;tait 8 h 36 du soir. Une foule &#233;norme encombrait encore la place de la ville, mais j'avais bien le temps de recevoir leurs compliments&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! Enfin au contr&#244;le, je trouvai, dans le caf&#233;, Duncan accompagn&#233; d'un ouvrier de la maison Michelin qui voyageaient tous les deux en avant de moi afin de r&#233;parer mes perforations s'il en &#233;tait besoin. L'ouvrier d&#233;monta le bandage, fit la r&#233;paration... L'op&#233;ration dura 40 minutes&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;!&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Moi, j'&#233;tais assis &#224; une table, ma t&#234;te sur mon poing, regardant en col&#232;re la maudite m&#233;canique qui me faisait perdre tant de temps, quand, subitement, un petit peloton de v&#233;locip&#233;distes arrive au contr&#244;le avec au centre, Jiel-Laval&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;!&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jiel-Laval descend de machine, signe le registre, remonte et repart. Et j'attendais toujours ma machine&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;!&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On m'apprit alors que de Civry &#233;tait arriv&#233; &#224; Laval quelques heures avant mon passage. Ce n'&#233;tait pas m'apporter pr&#233;cis&#233;ment une heureuse nouvelle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#201;tait-ce vrai&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;? Et pour un clou, fut-il neuf, devais-je abandonner la partie&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;? Jamais, jamais&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! Et je remontais vite en selle&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;!&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faisait nuit compl&#232;te. O&#249; &#233;tait Jiel-Laval&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;? Deux bons entra&#238;neurs, Tissieret et Lain&#233;, m'emmen&#232;rent comme une fl&#232;che &#224; travers les villages de Saint-Bertherin, de La Chapelle, de la Gravelle. Mais rien que la route longue, ind&#233;finie&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! Rien que des c&#244;tes et des descentes,rien que la nuit noire comme le charbon&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! O&#249; &#233;tait Jiel&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;? O&#249; &#233;tait Jiel&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Encore du courage&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! Marchons plus vite&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! Le village de Loutini&#232;re est pass&#233;. Il va &#234;tre minuit&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! Bient&#244;t dix-sept heurs de marche, de course insens&#233;e, d'emballages d&#233;sesp&#233;r&#233;s&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! Voici un pont devant un chemin de fer... Hourra&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! Les voil&#224; enfin &#224; 50 m&#232;tres&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! Encore un effort et je rejoins Jiel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Vitr&#233;. Quelques fanatiques nous ont attendus et nous applaudissent quand nous passons, mais le reste de la ville dort. Nous buvons ensemble ainsi que les v&#233;locip&#233;distes qui nous accompagnent, une cruche de lait, et nous repartons.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La fraternit&#233; vient-elle enfin entre nous, dans la nuit, dans cette &#233;pop&#233;e extraordinaire&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;? Si nous cessions quelques instants la lutte&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;? Faisons le voyage ensemble, c'est plus simple&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! Et mes entra&#238;neurs, Tissier et Fournier se joignent &#224; ceux de Jiel et nous derri&#232;re, roulant c&#244;te &#224; c&#244;te, nous suivons sans rien dire. Jiel semple harass&#233; de fatigue. Il ne parle pas et semble d&#233;j&#224; &#234;tre aux mains de ses entra&#238;neurs un objet inerte, &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;O&#249; coucheras-tu&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;?&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; lui demandai-je. - &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;Je ne sais pas o&#249; ils me feront coucher&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;!&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; me r&#233;pondit-il avec peine, et il continue son mouvement uniforme de p&#233;dales. Jusqu'&#224; Rennes, nous cheminons ainsi ensemble.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ga&#235;tan de Knyff se charge alors de moi, me m&#232;ne &#224; l'h&#244;tel, me fait prendre deux bouillons, tandis que Jiel s'arr&#234;te et se repose quelques instants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je veux repartir vite, t&#226;cher de regagner alors l'avance perdue&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! Ga&#235;tan de Kniff s'&#233;lance, mais ne voit pas un trottoir et y brise net sa machine. Alors deux v&#233;locip&#233;distes, Jarrier et Carpentier ont l'amabilit&#233; de m'entra&#238;ner rondement jusqu'&#224; Montauban-de-Bretagne, quatri&#232;me contr&#244;le.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est 2 h 15 du matin&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; le contr&#244;le est ferm&#233; et le contr&#244;leur est dans son lit&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! Nous frappons aux volets, on ne r&#233;pond point. Enfin, un bonnet de coton appara&#238;t et, apr&#232;s dix minutes, je puis signer la feuille&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! Ce temps avait suffi &#224; Jiel un peu repos&#233; pour arriver juste derri&#232;re moi. Nous nous retrouvions ensemble pour la deuxi&#232;me fois dans la m&#234;me nuit. Et ainsi pendant 50 kilom&#232;tres, jusqu'&#224; Lamballe, nous f&#238;mes c&#244;te &#224; c&#244;te encore le chemin, sans nous dire un mot, derri&#232;re nos entra&#238;neurs devenus communs, Charron, Rollet, Hamonic, etc&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;!&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais Jiel se repose encore. Je le quitte de nouveau entra&#238;n&#233; par Chevalier jusqu'&#224; Saint-Brieuc o&#249; j'arrive &#224; 6h 56 du matin. Je repars vite, sans la moindre halte, vigoureusement men&#233; par Girardin jusque vers Morlaix. J'estimais, &#224; l'allure que je menais et &#224; l'&#233;tat dans lequel je savais Jiel-Laval que je devais lui avoir regagn&#233; une vingtaine de minutes. Encourag&#233; par cette reprise, je p&#233;dalais fi&#233;vreusement quand, &#224; quelques kilom&#232;tres de la ville, ma machine s'affaisse encore une fois&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! Encore un clou, et neuf encore&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;!&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nouveau d&#233;sespoir&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! Je continue sur la jante et arrive au contr&#244;le o&#249; fort heureusement Duncan et l'ouvrier Michelin m'avaient pr&#233;c&#233;d&#233;. Tandis qu'on raccommode mon pneumatique, je prends un bain et je me rhabillais quand j'entends tout &#224; coup dehors crier : &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#8239;Vive Jiel&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;!&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; C'&#233;tait en effet Jiel qui, dans un bel effort, avait regagn&#233; un peu du temps que je lui avais pris et profitait de mon accident pour me d&#233;passer&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;!... Mal&#233;diction&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! Je n'arriverai jamais &#224; me d&#233;barrasser de mon rival&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;!&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Vite en selle&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! Il est pr&#232;s d'une heure de l'apr&#232;s-midi. Je l'aurai avant peu&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! Suberbie m'entra&#238;ne. Nous n'avons pas fait 6 kilom&#232;tres qu'en effet nous apercevons au loin un point noir qui s'en va, Jiel-Laval&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! Nous le tenons&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;!&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Crac&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! Encore un clou&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! Je suis encore crev&#233;&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;!&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un employ&#233; du t&#233;l&#233;graphe et un ouvrier qui passaient s'arr&#234;tent, d&#233;montent vivement ma roue et la r&#233;parent. Je constate avec plaisir qu'ils travaillent beaucoup plus adroitement que le sp&#233;cialiste qu'on m'avait envoy&#233;. Mais que de temps perdu&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! Et comment regarderai-je jamais, &#233;tant d&#233;j&#224; derri&#232;re mon adversaire, l'&#233;norme avance que cette nouvelle demi-heure lui a donn&#233;&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;N&#233;anmoins je repars, furieux, s'appuyant sur ma machine comme si je voulais la briser. &#201;chard est devant moi et s'emploie de son mieux &#224; m'encourager. &#192; Guipavas, une troupe de v&#233;locip&#233;distes nous croise&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; au milieu, Jiel-Laval&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! C'est Jiel-Laval qui vient de virer &#224; Brest et qui commence le retour vers Paris, alors que moi je termine seulement l'aller&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;!&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'arrive &#224; Brest dans un &#233;tat d'irritation complet. Un t&#233;l&#233;gramme adress&#233; &#224; cette &#233;poque au Petit Journal est ainsi con&#231;u :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#8239;Terront est arriv&#233; &#224; Brest &#224; 4 h 48. Comme Jiel-Laval, il a bu du bouillon, aval&#233; une poire et, apr&#232;s cinq ou six minutes d'arr&#234;t il est reparti. Il ne semble pas fatigu&#233;. Son accident de machine a seulement le don de l'exasp&#233;rer et il ne d&#233;col&#232;re pas en le racontant.&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jiel-laval venait de passer 41 minutes avant moi. La foule &#224; Brest &#233;tait si compacte que je crus &#234;tre oblig&#233; de descendre de machine et que je fus, malgr&#233; l'envie de repartir sans m'arr&#234;ter, contraint d'attendre cinq minutes qu'on me servit un bouillon et qu'on fit s'&#233;carter pour me laisser le passage, la cohue qui me pressait de toutes parts.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#201;chard me fait enfin sortir le la ville. La moiti&#233; du trajet &#233;tait donc fait&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! Mais o&#249; &#233;tait Jiel&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous partons, mon pneumatique se d&#233;gonfle &#224; vue d'&#339;il&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! Je descends de machine. Dans ma roue d'arri&#232;re est fich&#233;e une &#233;pingle&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! Je ne veux pas perdre encore du temps &#224; r&#233;parer&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; la piq&#251;re est petite : je regonfle, puis remonte, mais le pneumatique se d&#233;gonfle de nouveau&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! Je prends mon parti et roule jusqu'&#224; Landerneau. &#192; deux kilom&#232;tres de la ville, &#201;chard casse le boulon de sa cha&#238;ne. Me voil&#224; seul&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;!&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; Landerneau, on me r&#233;pare. Lamberjack, Fol et le fr&#232;re de Grossin, entra&#238;neurs qui attendent Jiel, me voient passer. Legoff m'entra&#238;ne. Je suis d&#233;sesp&#233;r&#233; et je me demande pourquoi je continue encore &#224; marcher.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous continuons ainsi jusqu'&#224; Morlaix. Il fait nuit noire. &#201;chard avec sa petite machine r&#233;par&#233;e est venu par le train me reprendre et m'emm&#232;ne vers Guingamp. Mais, &#233;pouvantable fatalit&#233;&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! &#192; Plouigneau, sa roue de devant cr&#232;ve, encore par un clou neuf. - &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#8239;Allons, va-t-en vite, adieu&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;!&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; me dit-il.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je pars, mais n'avais pas fait 100 m&#232;tres que ma roue arri&#232;re cr&#232;ve aussi&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! Toujours un clou&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! Des paysans viennent avec des lanternes et m'&#233;clairent. Ils me racontent qu'une demi-heure auparavant, malheur pareil au mien est arriv&#233; &#224; un autre v&#233;locip&#233;diste dont on est en train de r&#233;parer la machine. &#192; la description qu'ils m'en font, je comprends qu'il s'agit de Jiel Laval. Je reprends courage et au bout d'une heure je repartais sur mon caoutchouc r&#233;par&#233;. Guingamp &#233;tait &#224; 50 kilom&#232;tres et je n'avais pas d'entra&#238;neur, et il faisait nuit compl&#232;te&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;!&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un v&#233;locip&#233;diste qui passait sur la route, juch&#233; sur un bicycle de fer de l'antiquit&#233; eut piti&#233; de moi et m'accompagna jusqu'&#224; Pontout o&#249; il r&#233;veilla un de ses amis, adjoints au maire, ma&#238;tre d'&#233;cole et v&#233;locip&#233;diste fervent qui se fit un plaisir de me conduire jusqu'&#224; Belle-Ile. Lamy devait m'y prendre mais m'annon&#231;a que son pneumatique &#233;tait crev&#233; et qu'&#224; Guingamp je trouverai un entra&#238;neur. Je continuai donc seul le chemin&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;!&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'arrivai &#224; Guingamp &#224; 2 heures du matin et me rendis &#224; pied au caf&#233; o&#249;, selon les conventions, je devais trouver mon entra&#238;neur. J'y trouvai l&#224; en effet Ga&#235;tan de Knyff qui me raconta que Jiel-Laval, tr&#232;s fatigu&#233;, venait de se coucher&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;!&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jiel-Laval couch&#233;, quelle providence venait &#224; mon secours&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;? &#192; fond de train nous nous mettons en route sans que personne ait vu notre d&#233;part, et &#224; 3 h 35 du matin j'atteins Saint-Brieuc o&#249; Rollet et Chevallier se joignent &#224; mon entra&#238;neur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je savais que de Civry &#233;tait &#224; Lamballe o&#249; j'allais passer. Le chemin indiqu&#233; sur la carte &#233;tait, dans Lamballe, en face de la gare, sur le macadam. Je connaissais fort bien la ville, pour y &#234;tre venu souvent pendant mon service militaire, et je recommandai &#224; mes entra&#238;neurs de passer droit &#224; travers le pays, sur le pav&#233;, afin d'&#233;viter un caf&#233; o&#249; j'avais tout lieu de croire que se tenait de Civry. C'est cette man&#339;uvre qui explique que, au moment o&#249; ensuite Jiel-Laval arriva, de Civry se soit &#233;cri&#233; : &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#8239;Terront&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;? Il doit &#234;tre couch&#233; puisqu'il n'est pas pass&#233;&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;!&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; J'&#233;tais bien pass&#233;, mais non sous ses yeux&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;!&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-center&#034; style=&#034;text-align:center;&#034;&gt;***&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Plus loin je rencontrai des v&#233;locip&#233;distes qui, en me voyant arriver, cri&#232;rent &#224; toutes forces : &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#8239;Vive Jiel-Laval&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;!&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; &#192; Langouec, je bus du lait &#224; m&#234;me dans un seau. &#192; Broons, Gaetan de Knyff, qui m'avait rendu de si grands services me quitta et je restai en compagnie de Rollet et de Chevalier. Je m'&#233;tonnai de voir que depuis que j'avais d&#233;pass&#233; mon rival je ne rencontrais plus de clous, sur la route. J'atteignis enfin Montauban-de-Bretagne &#224; 7 h 40 du matin, le mardi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; Rennes, je me lavai, me fis frictionner et Carpentier, suivi d'une vingtaine de cyclistes, m'accompagna. De Civry, qui se trouvait alors chez un agent de Cl&#233;ment, Bousquet, entendant les trompes de cette petite cohorte, crut qu'une bande de cyclistes passait, lorsqu'il me reconnut il rentra vite dans le magasin. Je filai ainsi sans encombre jusqu'&#224; Vitr&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; Laval, j'arrivais &#224; 1h 32, la figure en sang&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! Un violent saignement de nez m'avait en effet pris &#224; quelques kilom&#232;tres et j'en &#233;prouvais plut&#244;t du soulagement. Je me d&#233;barbouillai, bus un bouillon et repartis. J'ignorais en effet si Jiel-Laval ne s'&#233;tait pas lev&#233; &#224; Guingamp aussit&#244;t que j'eus pass&#233; et si dans un effort d&#233;sesp&#233;r&#233;, il ne venait pas &#224; ma poursuite. Lain&#233; me servait d'entra&#238;neur alors, et &#224; 5 h 40 nous entrions dans le village de Pr&#233;-en-Pail.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L&#224; je fus aux mains de l'excellent sportman Ren&#233; de Knyff qui me fit frictionner et voulut, avec raison, me faire manger. Je pris donc une tartine de pain beurr&#233;, le premier aliment que je prenais depuis Paris, bus du bouillon et un peu de jus de viande, et en route&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! J'arrivai &#224; Alen&#231;on &#224; 7h10. L&#224; j'appris avec certitude que Jiel &#233;tait rest&#233; couch&#233; trois heures &#224; Guingamp et que j'avais deux heures et demie d'avance sur lui.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'avais donc enfin, presque sans conteste, &#224; moins d'un grave accident, la course gagn&#233;e. Je ne souffrais ni de la faim, ni de la fatigue, ni du sommeil, mais j'avais encore une nuit enti&#232;re &#224; passer&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;!&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au moment o&#249; je remontais en machine, arriva une d&#233;p&#234;che : Jiel-Laval n'&#233;tait plus qu'&#224; dix minutes de moi&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! La d&#233;p&#234;che &#233;tait fausse, je l'ai su plus tard, mais elle ne m'en donna pas moins des jambes&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! Par qui avait elle-&#233;t&#233; envoy&#233;e&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;? On ne me l'a jamais dit, mais en tout cas elle avait pour but de m'emp&#234;cher de me reposer. Mais venait-elle d'un ami ou d'un ennemi&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;? Je d&#233;talai au plus vite.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je change d'entra&#238;neur. Cette fois c'est M.&#160;de Balagu&#233; qui me m&#232;ne. Je voulais d&#238;ner &#224; Alen&#231;on, mais si Jiel est &#224; dix minutes, adieu l'app&#233;tit&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! Dans la c&#244;te qui pr&#233;c&#232;de Mortagne, Thouvenin vient &#224; ma rencontre avec une douzaine de v&#233;locip&#233;distes et nous fait escorte. Toute la ville de Mortagne est sur pied&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! On tire un feu d'artifice d&#232;s que j'arrive et, une jeune enfant, M&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;lle&lt;/sup&gt; Thorel, vient m'apporter un bouquet. J'embrasse la fillette qui n'a pas peur de ma figure noire et sale et je fausse compagnie aux milliers de spectateurs qui m'applaudissent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous voici de nouveau dans les t&#233;n&#232;bres. La route &#233;ternelle d&#233;file. Tout d'un coup je heurte dans la nuit une branche d'arbre, je tombe et casse une des manivelles de ma machine&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! Est-ce que la guigne allait me reprendre&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;? Impossible de continuer, et nous &#233;tions dans une descente&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! Je me mets &#224; pleurer&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! Mais pleurer me soulage. Je remonte et pousse d'un pied jusqu'&#224; une maison devant le village de Saint-Maurice dont mon entra&#238;neur, M.&#160;de Balagu&#233;, va pr&#233;venir le propri&#233;taire qui soupait joyeusement avec des amis en attendant le passage des coureurs&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;!&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'&#233;tait pr&#233;cis&#233;ment un forgeron&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! Je lui donne deux pi&#232;ces de 100 sous et lui dis de d&#233;claveter prestement la manivelle de la machine de mon entra&#238;neur, pendant que moi je d&#233;clavette le morceau de manivelle qui est rest&#233; &#224; mon p&#233;dalier. Mes mains fatigu&#233;es, &#233;nerv&#233;es, tremblent, mais en quelques minutes le mal est r&#233;par&#233;. Je replace la manivelle de mon entra&#238;neur sur ma machine et je reprends le galop&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! 10 kilom&#232;tres plus loin, pr&#232;s d'Armenti&#232;res, je rencontre, qui venaient au-devant de moi, Tappa et mon fr&#232;re Jules. Thouvenin m'avait d'ailleurs accompagn&#233; depuis Mortagne ainsi que je l'ai dit et ne me quitta pas jusqu'&#224; Verneuil.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'arrive &#224; Dreux, o&#249; je bois du champagne, puis &#224; l'avant-dernier contr&#244;le, la Queue-les-Yvelines, &#224; 3 h 30 du matin, o&#249; je bois un peu d'eau. Partout on me r&#233;p&#232;te que Jiel est &#224; mes trousses et va me d&#233;vorer&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! Impossible de contr&#244;ler les nouvelles. Le plus sage est de fuir, toujours, toujours&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;!&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#233;sormais les entra&#238;neurs ne manquent pas. Plus j'approche de Paris, plus les amateurs v&#233;locip&#233;distes tiennent &#224; m'accompagner. Voici Versailles. Il est 5 h 1/2 du matin&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! Le jour vient de se lever. Une centaine de cyclistes sont venus au-devant de moi et m'acclament. Je les salue, et au bas de la c&#244;te de Picardie, je bois une petite bouteille de champagne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je repars, monte la c&#244;te que d'autres &#224; c&#244;t&#233; de moi montent &#224; pied et je redescends &#224; toute allure vers Ville-d'Avray.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais comment entrerais-je dans Paris dans l'&#233;tat sale o&#249; je me trouvais&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;? Les saignements de nez ne m'avaient pas quitt&#233;. J'avais la figure bariol&#233;e par le sang et la poussi&#232;re&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! Je voulais &#224; tout prix me laver et changer de v&#234;tements et, comme la chose avait &#233;t&#233; convenue avant mon d&#233;part, ma m&#232;re m'attendait &#224; Ville-d'Avray avec des v&#234;tements propres. Mais l'ombre de Jiel-Laval me poursuivait toujours&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! Il arrive&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! Le voil&#224;&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! me r&#233;p&#233;tait-on, et je repartis &#224; toute allure sans attendre d'autres explications&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;!&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La foule des v&#233;locip&#233;distes s'accroissait toujours. Un r&#233;el r&#233;giment sur roues me suivait, criant sans cesser depuis Ville-d'Avray jusqu'&#224; Paris : &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#8239;Vive Terront&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;!... Vive Terront&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;!&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; Enfin, je traversai Suresnes, le bois de Boulogne et j'arrivai &#224; l'entr&#233;e du boulevard Maillot au bout duquel &#233;tait le but.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je ne d&#233;crirai pas l'&#233;norme quantit&#233; de curieux qui se pressaient de chaque c&#244;t&#233; de l'avenue. Cette ligne droite, blanche et entour&#233;e de noir de chaque c&#244;t&#233; semblait une immense carte de visite bord&#233;e de deuil&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;!&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le soleil brillait. Un millier de cyclistes criaient, entonnaient des hourras et des bravos&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! Je voulus faire une arriv&#233;e convenable et, baissant la t&#234;te sur le guidon, je commen&#231;ai &#224; emballer tant que je pus&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! Alors ce fut du d&#233;lire dans la foule qui se resserrait en courant derri&#232;re moi aussit&#244;t que j'&#233;tais pass&#233;, et je franchis le poteau&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;!&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On se pr&#233;cipite. On veut m'enlever de ma machine. Mais je descends tout seul. M.&#160;Thomas, pr&#233;sident de la course, me prend, m'embrasse et me m&#232;ne au contr&#244;le. Il est 6 h 12 du matin. Il y a soixante et onze heures et demie (71 h 35) que je suis en machine&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;!&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-center&#034; style=&#034;text-align:center;&#034;&gt;***&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;On conna&#238;t la fin de cette extraordinaire victoire, l'une des plus fantastiques de ma vie. Jiel-Laval n'&#233;tait pas &#224; mes trousses comme on me le disait, puisqu'il n'arriva qu'&#224; 3 h 40 de l'apr&#232;s-midi&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! Je dois ajouter que Jiel, qui a toujours &#233;t&#233; un loyal adversaire et un parfait sportsman est venu lui-m&#234;me, et tr&#232;s sinc&#232;rement, me complimenter. Sa poign&#233;e de main donna &#224; mon triomphe une valeur de plus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aussit&#244;t lav&#233; et frictionn&#233; &#224; l'eau de Cologne, je me mis au lit, mais je ne dormis point. J'&#233;tais trop &#233;nerv&#233;. L'extr&#233;mit&#233; de mes doigts, cramponn&#233;s si longtemps &#224; mon guidon, me faisait seule souffrir ainsi que mes yeux que la poussi&#232;re et la r&#233;verb&#233;ration du soleil avaient congestionn&#233;s. J'&#233;tais d'ailleurs hal&#233; comme un paysan.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ne pouvant dormir, je demandai &#224; manger et avalai l'un apr&#232;s l'autre un bol de chocolat gigantesque, une soupi&#232;re de soupe au fromage, deux &#339;ufs, un bifteck et une bouteille de Bordeaux. Le tout passa sans la moindre peine et deux jours apr&#232;s j'&#233;tais remis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dix-huit banquets successifs me furent offerts. Mon portrait parut dans presque tous les journaux de France et c'est de cette &#233;preuve gigantesque que date ma grande popularit&#233; dans notre pays.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-center&#034; style=&#034;text-align:center;&#034;&gt;***&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Cette extraordinaire performance, que je crois imbattable, &lt;i&gt;dans les m&#234;mes conditions&lt;/i&gt; ( machine de 21 kg, caoutchouc encore imparfaits, etc.) pouvant sembler &#224; quelques-uns d&#233;passer les forces humaines, j'ai tenu &#224; demander &#224; tous mes entra&#238;neurs d'affirmer sur leur honneur que ma course avait &#233;t&#233; loyale d'un bout &#224; l'autre et que je n'ai pas fait pendant tout le parcours, la moindre infraction soit &#224; la probit&#233; sportive, soit aux r&#232;glements m&#234;me sp&#233;ciaux &#224; cette course. Les voici donc par ordre :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Paris, le 27&#160;janvier 1893.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mon ch&#232;re Charles,&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tu me demandes un certificat&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; c'est avec grand plaisir que je t'envoie mon testimonial, quoique entre nous cela soit bien inutile, car plus de 10 000 personnes ont &#233;t&#233; &#224; m&#234;me de constater ce qui suit :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;Charles Terront a &#233;t&#233; entra&#238;n&#233; par moi pendant le parcours de Paris &#224; Versailles et je donne ma parole d'honneur qu'il a march&#233; de la fa&#231;on la plus loyale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;Au retour de Versailles &#224; Paris, j'&#233;tais &#233;galement son entra&#238;neur et je puis certifier la m&#234;me chose.&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; toi,&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Antony&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nancy, le 31&#160;janvier 1893.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mon cher Charley,&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je t'envoie le certificat que tu me demandes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je jure sur l'honneur d'avoir entra&#238;n&#233; Ch. Terront dans la course de Paris &#224; Brest du bas de la c&#244;te de Picardie &#224; la Queue-les-Yvelines. Pendant tout ce parcours, Charley a fait preuve du plus grand courage&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; nous &#233;tions accompagn&#233;s par &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;MM&lt;/span&gt;.&#160;de Balagu&#233;, Tappa, Jules Terront, Alderton, etc. Tout s'est pass&#233; avec la plus grande loyaut&#233;. Je m'en rapporte, du reste, aux personnes qui &#233;taient avec moi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Camille Thouvenin.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Angers, le 3&#160;f&#233;vrier 1893&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cher monsieur,&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est &#224; l'aller que je vous ai accompagn&#233;, entre Dreux et Alen&#231;on. Je montais une machine Humber demi-course avec de l&#233;g&#232;res-roues &#224; caoutchoucs creux ( ce d&#233;tail insignifiant a pourtant son importance). Vous souvenez-vous qu'en montant une c&#244;te rapide et tr&#232;s longue ( entre Dreux et Mortagne) vous vous &#234;tes plaints du poids de vos roues Michelin d&#233;savantageuses dans les c&#244;tes&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est alors que, sans r&#233;fl&#233;chir, je vous offris ma machine plus l&#233;g&#232;re et par cons&#233;quent plus avantageuse &#224; la c&#244;te.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Vous m'avez alors rappel&#233; la clause qui d&#233;fendait formellement tout changement de machine et, de mon c&#244;t&#233;, je vous demandai pardon d'avoir mis involontairement votre vertu &#224; l'&#233;preuve.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Veuillez agr&#233;er, cher monsieur, l'assurance de ma consid&#233;ration la plus distingu&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cordiale poign&#233;e de main et Bien &#224; vous&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;G. D'Arboval&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Paris, le 27&#160;janvier 1893&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je crois devoir apporter aussi mon testimonial, au sujet de la course Paris-Brest. Je t'ai entra&#238;n&#233; d'Alen&#231;on &#224; Mayenne &#224; l'aller et je me tiens &#224; ta disposition pour donner ma parole que pendant ce parcours, tu as march&#233; tr&#232;s loyalement en observant tous les r&#232;glements de la course.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je te serre la main et mes souhaits,&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; toi,&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L. Comiot.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Paris, le 20&#160;janvier 1893.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mon cher Terront,&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'affirme que durant les parties du parcours de Paris &#224; Brest sur lesquelles je t'ai servi d'entra&#238;neur, tu as couru absolument d'une fa&#231;on loyale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je t'ai accompagn&#233; de Mayenne &#224; Laval, puis de Morlaix &#224; Landivisiau, endroit o&#249; mon pneumatique s'&#233;tant crev&#233;, j'ai &#233;t&#233; forc&#233; d'abandonner.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je te serre cordialement la main.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L. Suberbie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Laval, le 17&#160;janvier 1893.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ayant entra&#238;n&#233; Charles Terront de Laval &#224; Rennes et de Laval &#224; Pr&#233;-en-Pail, pendant la course de Paris-Brest, je jure sur mon honneur que pendant tout le temps que je l'ai accompagn&#233;, nul de nous ne l'a pouss&#233; ni tir&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'ajouterai m&#234;me que dans la c&#244;te des Chemin&#233;es, situ&#233;e avant Pr&#233;-en-Pail, et une des plus fortes du parcours, il a absolument refus&#233; le concours de l'un de nous qui voulait l'aider &#224; gravir cette c&#244;te.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A. Lain&#233;, Champion de la Mayenne&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Paris, le 19&#160;janvier 1893.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mon cher Charles,&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je vous ai entra&#238;n&#233; de Mortagne &#224; Alen&#231;on &#224; l'aller et de Pr&#233;-en-Pail &#224; Alen&#231;on au retour&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; j'affirme sur l'honneur que pendant le temps que j'&#233;tais avec vous, vous avez couru de la mani&#232;re la plus loyale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien &#224; vous.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ren&#233; de Knyff.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Rennes, 16&#160;janvier 1893&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je soussign&#233;, E . Carpentier fils, demeurant &#224; Rennes, certifie avoir entra&#238;n&#233; dans la course Paris-Brest, Charles Terront, depuis Rennes jusqu'&#224; Montauban, dans l'aller, et le retour de rennes &#224; Laval.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'atteste par cette pr&#233;sente, que Charles Terront &#224; march&#233; avec la plus grande loyaut&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je le r&#233;p&#232;te : Charles a fait sa course loyalement et je me fais un devoir de lui remettre cette attestation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;E. Carpentier fils.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Saint-Brieuc, le 16&#160;janvier 1893.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Devant les accusations malveillantes &#224; ton &#233;gard, publi&#233;es derni&#232;rement par un journal de notre sport, je me fais un devoir de d&#233;clarer, et n'h&#233;site pas &#224; donner ma parole d'honneur que, pendant tout le temps que j'ai &#233;t&#233; avec toi, dans la course de Paris-Brest, tu as toujours march&#233; de la fa&#231;on la plus loyale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; l'aller, de Lamballe &#224; Saint-Brieuc, j'&#233;tais seul avec toi. &#192; partir de cette derni&#232;re localit&#233;, M.&#160;Girardin est venu se joindre &#224; nous et j'ai continu&#233; jusqu'&#224; Chatelaudren.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au retour, je t'ai accompagn&#233; de Saint-Brieuc &#224; Rennes (100 km) ainsi que Rollet. M.&#160;de Knyff qui partait avec nous de Saint-Brieuc s'&#233;tait, je crois, arr&#234;t&#233; &#224; Broons.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ton ami d&#233;vou&#233;,&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Chevalier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Paris, le 18&#160;janvier 1893.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je m'empresse de r&#233;pondre &#224; ce que tu me demandes dans ta lettre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je certifie sur l'honneur que, tant que je t'ai accompagn&#233; dans la course Paris-Brest, tu as couru avec une parfaite loyaut&#233; et que tu ne t'es nullement fait tirer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En attendant le plaisir de te voir, je te serre la main.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A. Girardin.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Paris, le 10&#160;f&#233;vrier 1893&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mon cher Terront,&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'atteste que pendant le parcours de Morlaix &#224; Landerneau et de Landerneau &#224; Morlaix, trajet pendant lequel j'ai eu le plaisir de vous accompagner, vous avez couru loyalement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A. Girardin.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Paris, le 10&#160;f&#233;vrier 1893.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mon cher Terront,&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'atteste que pendant le parcours de Morlaix &#224; Landerneau et de Landerneau &#224; Morlaix, trajet pendant lequel j'ai eu le plaisir de vous accompagner, vous avez couru loyalement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Votre tout d&#233;vou&#233;, Le Goff&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mon cher Charles,&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Selon ton d&#233;sir, je t'envoie l'attestation que tu me demandes, trop heureux de t'&#234;tre utile dans cette occasion.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'affirme sur l'honneur que tu as couru de la fa&#231;on la plus loyale pendant tout le temps o&#249; j'ai pu te servir d'entra&#238;neur dans Paris-Brest, c'est &#224; dire de Vitr&#233; &#224; Rennes, de Landerneau &#224; Brest, de Brest &#224; Landerneau, de Morlaix &#224; 10 kilom&#232;tres au del&#224; o&#249; je me suis arr&#234;t&#233; par suite de crevaison de pneu, &#224; 5 kilom&#232;tres de Landerneau, retour de Brest, j'ai d&#251; aussi te quitter, le boulon de ma cha&#238;ne s'&#233;tant bris&#233;, et je suis revenu de cette distance en voiture o&#249; une personne obligeante m'avait offert une place, toi me pr&#233;c&#233;dant de quelques centaines de m&#232;tres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien cordialement &#224; toi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;F. &#201;chard.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Paris, le 16&#160;f&#233;vrier 1893.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mon cher Terront,&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Je vous ai accompagn&#233;, lors de votre course Paris-Brest, au retour, de Guingamp &#224; Broons et de La Queue-les-Yvelines &#224; Versailles. Je suis pr&#234;t &#224; certifier que pendant tout le temps que vous avez &#233;t&#233; avec moi, vous avez march&#233; de la fa&#231;on la plus loyale et en vous conformant aux r&#232;glements de la course.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Veuillez croire, mon cher Terront, &#224; l'assurance de toute ma consid&#233;ration.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ga&#235;tan de Knyff.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Boulogne-sur-Seine, le 19&#160;janvier 1893&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'ai eu l'honneur d'entra&#238;ner Charles Terront dans sa belle course de Paris-Brest d'au-del&#224; de Verneuil-sur-Avre ( environ 20 kilom&#232;tres de cette ville ) jusqu'&#224; la jonction avec les nombreux v&#233;locip&#233;distes venus de Paris&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; quand je rencontrai l'ami Charley, il &#233;tait avec Thouvenin et ils marchaient c&#244;te &#224; c&#244;te en causant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'allure &#233;tait alors d'au moins 20 kilom&#232;tres &#224; l'heure et c'est ainsi que lui seul faisant les frais de la conversation, nous atteign&#238;mes Dreux&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; &#224; notre passage &#224; Verneuil, Charley, tr&#232;s frais et tr&#232;s dispos, a lui-m&#234;me regonfl&#233; son pneumatique en pr&#233;sence d'Echali&#233; et de Dupressoir, lesquels &#233;taient entra&#238;neurs de Jiel-Laval et attendaient ce coureur&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; il sautait de sa machine et y montait avec la plus grande facilit&#233; et s'occupait beaucoup plus de moi que de lui-m&#234;me, m'&#233;vitant ainsi plusieurs chutes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;P. Tappa&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Mon cher Charles,&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je t'ai entra&#238;n&#233;, en compagnie de ton fr&#232;re Jules, de Dreux &#224; Paris&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; je certifie que, non seulement tu as fait le parcours loyalement, mais que ton arriv&#233;e au dernier contr&#244;le a &#233;t&#233; particuli&#232;rement brillante, car, un kilom&#232;tre avant la queue, apr&#232;s avoir accentu&#233; ton allure, tu as sign&#233; au contr&#244;le avant que tes entra&#238;neurs aient pu descendre de machine. C'est l&#224; un petit incident dont tu te souviendras et que Alderton, qui &#233;tait avec toi, se rappellera assur&#233;ment.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voici donc ce qui te prouve mieux que n'importe quel pr&#233;texte que tu es arriv&#233; sur ta bicyclette.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je fais cette d&#233;claration non seulement sous la forme du serment mais sur mon honneur. Sois persuad&#233; que tu peux compter sur moi et sur mon concours en toute occasion o&#249; mon affirmation serait officiellement n&#233;cessaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;F. Barroch&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'ajouterai enfin cette derni&#232;re lettre de Charron, un des entra&#238;neurs les plus acharn&#233;s de Jiel-Laval, qui m'a accompagn&#233; pendant la fameuse nuit o&#249; nous marchions c&#244;te &#224; c&#244;te Jiel-Laval et moi :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mon Cher Charles,&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tu me demandes mon opinion sur ta course de Paris-Brest-Paris. Pour mon compte personnel, quoique j'entra&#238;nais ton concurrent Jiel-Laval, je ne puis que te donner l'assurance de ma consid&#233;ration la plus sinc&#232;re pour ta merveilleuse course, car j'ai fait environ 300 kilom&#232;tres avec toi, et j'ai pu me rendre compte et puis certifier que tu as couru loyalement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien &#224; toi,&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;F. Charron&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Qu'on me permette ici de remercier chaleureusement tous les amis, tous les camarades connus ou inconnus, tous les amateurs de sport qui, par leur assistance continuelle, m'ont puissamment aid&#233; dans ces trois dures journ&#233;es. Je dois &#224; mes entra&#238;neurs une grosse part de mon succ&#232;s et je tiens &#224; la leur donner.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_162 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;148&#034; data-legende-lenx=&#034;xxx&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='http://velotextes.fr/IMG/jpg/dscf5713.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='http://velotextes.fr/local/cache-vignettes/L500xH311/dscf5713-8b038.jpg?1788127423' width='500' height='311' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre crayon document-titre-162 '&gt;&lt;strong&gt;Le d&#233;part de la course Paris-Brest (devant le Petit Journal)
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif crayon document-descriptif-162 '&gt;Le petit journal, suppl&#233;ment illustr&#233;, samedi 12&#160;septembre 1891, p.8
&lt;/div&gt; &lt;div class='spip_doc_credits crayon document-credits-162 '&gt;Frehot et Julien
&lt;/div&gt;
&lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>MONOS CONTRE POLYS (1907)</title>
		<link>http://velotextes.fr/spip.php?article313</link>
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		<dc:date>2019-05-03T09:51:49Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>velovi</dc:creator>


		<dc:subject>Paul de Vivie, dit V&#233;locio</dc:subject>
		<dc:subject>Entre 1900 et 1914</dc:subject>
		<dc:subject>polymultipli&#233;e</dc:subject>
		<dc:subject>Mono</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;&#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#8239;Le monde cycliste avait &#233;t&#233; frapp&#233; d'&#233;tonnement par les r&#233;sultats du concours de Tarbes, o&#249; des inconnus, une jeune fille m&#234;me, avaient battu les professionnels les plus en renom, en gravissant, sans pousser un seul instant leur machine, le col du Tourmalet auquel les Muller, Fischer, Aucouturier et tutti quanti firent les honneurs du pied-&#224;-terre avec un ensemble touchant.&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;&lt;/p&gt;

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&lt;a href="http://velotextes.fr/spip.php?rubrique36" rel="directory"&gt;1901-1914 P&#233;riode &#201;cole st&#233;phanoise&lt;/a&gt;

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&lt;a href="http://velotextes.fr/spip.php?mot1" rel="tag"&gt;Paul de Vivie, dit V&#233;locio&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://velotextes.fr/spip.php?mot11" rel="tag"&gt;Entre 1900 et 1914&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://velotextes.fr/spip.php?mot23" rel="tag"&gt;polymultipli&#233;e&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://velotextes.fr/spip.php?mot60" rel="tag"&gt;Mono&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;Par Paul de Vivie, paru dans la Revue Mensuelle du Touring-Club de France, Septembre 1907&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Entre le progr&#232;s et la routine, la lutte continue et s'accentue m&#234;me d'ann&#233;e en ann&#233;e. La bicyclette monoserve (deux roues, un cadre, une cha&#238;ne, une selle, un guidon, deux p&#233;dales), simple &#224; construire, facile &#224; vendre, ne veut pas encore s'avouer vaincue sur le terrain du cyclotourisme o&#249; elle para&#238;t pourtant de plus en plus ridicule quand on l'y rencontre pouss&#233;e &#224; la c&#244;te par son propri&#233;taire &#233;reint&#233; ou accroch&#233;e au toit d'une diligence.&lt;br class='autobr' /&gt;
Mais elle se rattrape une fois par an avec les professionnels du Tour de France, qui la prom&#232;nent triomphalement &#224; travers quarante d&#233;partements, &#224; grande allure s'il vous pla&#238;t, malgr&#233; les quelques rampes pas trop m&#233;chantes qu'on leur oppose et qui sont d'ailleurs suffisantes pour forcer ces h&#233;ros &#224; entrer dans la peau du propri&#233;taire &#233;reint&#233; dont je parlais tout &#224; l'heure.&lt;br class='autobr' /&gt;
Il faut lire dans les journaux comment ils firent le col de Porte pour comprendre l'intensit&#233; de leur &#233;reintement&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; aussi, pour rehausser &#224; leurs propres yeux leur m&#233;rite, et &#233;pater &#224; fond la jeunesse qui suit la course avec ferveur, n'h&#233;site-t-on pas &#224; doubler l'altitude du col de Porte en lui attribuant 21 kilom&#232;tres &#224; 10&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;%, soit 2.100 m&#232;tres d'&#233;l&#233;vation, alors qu'en r&#233;alit&#233;, Saint-Laurent-du-Pont &#233;tant &#224; 405 m&#232;tres et le col &#224; 1.350 m&#232;tres, l'&#233;l&#233;vation n'est pas m&#234;me de mille m&#232;tres.&lt;br class='autobr' /&gt;
Ce coup de grosse caisse annuel suff&#238;t n&#233;anmoins pour entretenir dans les esprits simplets l'id&#233;e qu'avec un seul d&#233;veloppement bien choisi on passe partout et qu'il est par cons&#233;quent inutile, m&#234;me pour aller tourister dans les r&#233;gions les plus accident&#233;es, de s'embarrasser d'une de ces bicyclettes de voyage lourdes et compliqu&#233;es que les concours du &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;T. C. F.&lt;/span&gt; ont mises en vedette.&lt;br class='autobr' /&gt;
Ne vous semble-t-il pas que l'&#233;preuve annuelle du Tour de France n'a &#233;t&#233; imagin&#233;e en 1903 que pour faire en quelque sorte &#233;chec au &lt;a href=&#034;http://velotextes.fr/spip.php?article18&#034;&gt;concours du &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;T. C. F.&lt;/span&gt; de 1902&lt;/a&gt;&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;?&lt;br class='autobr' /&gt;
Le monde cycliste avait &#233;t&#233; frapp&#233; d'&#233;tonnement par les r&#233;sultats du concours de Tarbes, o&#249; des inconnus, une jeune fille m&#234;me, avaient battu les professionnels les plus en renom, en gravissant, sans pousser un seul instant leur machine, le col du Tourmalet auquel les Muller, Fischer, Aucouturier et tutti quanti firent les honneurs du pied-&#224;-terre avec un ensemble touchant.&lt;br class='autobr' /&gt;
Eh quoi&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! la simple et vulgaire bicyclette qu'on fabrique &#224; la grosse, &#224; tr&#232;s bas prix et qu'on vend relativement fort cher allait &#234;tre d&#233;tr&#244;n&#233;e par la nouvelle venue &#224; prix de revient &#233;lev&#233;&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! La mono succomberait devant la poly&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;!&lt;br class='autobr' /&gt;
Sursum corda&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! s'&#233;cri&#232;rent en ch&#339;ur les industriels de tout ordre que cette perspective attristait, organisons une contre-&#233;preuve, et faisons triompher envers et contre tous la bicyclette monoserve, source de profits s&#251;rs et faciles.&lt;br class='autobr' /&gt;
Et le Tour de France fut cr&#233;&#233;, mais un Tour de France timide qui n'avoisine la fronti&#232;re que juste pour en effleurer les difficult&#233;s que recherchent au contraire les concours du &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;T. C. F.&lt;/span&gt; Ainsi les &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#8239;tours de France&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; ne vont pas de Chamb&#233;ry &#224; Grenoble par la fameuse route des Trois Cols, th&#233;&#226;tre du concours de 1905, ni de Grenoble &#224; Nice par les cols du Galibier, d'Izoard, de Vars et d'Allos&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; ils &#233;vitent avec soin les Pyr&#233;n&#233;es et la route-fronti&#232;re qui passe par les cols de Peyresourde, d'Aspin, du Tourmalet, etc.&lt;br class='autobr' /&gt;
Leur itin&#233;raire, revu et corrig&#233; ad usum juventutis, leur permet de jeter aux yeux des jeunes p&#233;dards qui les attendent au passage, en m&#234;me temps que beaucoup de poussi&#232;re, un peu de cette poudre de Perlinpinpin, qui leur fait prendre des vessies pour des lanternes et Pottier pour un cyclotouriste.&lt;br class='autobr' /&gt;
Et voil&#224; pourquoi nous rencontrons sur les routes v&#233;ritables du cyclotourisme tant de malheureux cyclistes et de plus infortun&#233;es cyclettistes pestant contre la mont&#233;e ou contre le vent qui les emp&#234;che de p&#233;daler, et n'ayant pas m&#234;me l'id&#233;e de pester contre leur machine monomultipli&#233;e, cause unique de leur &#233;reintement&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; tant ils sont persuad&#233;s que, poss&#233;dant la machine avec laquelle les &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#8239;tours de France&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; ont pass&#233; partout, ils poss&#232;dent ce qu'il y a de mieux en fait de bicyclettes de voyage.&lt;br class='autobr' /&gt;
On le leur a dit, et ils le croient.&lt;br class='autobr' /&gt;
(Que n'ont-ils pu acheter au moins, en m&#234;me temps que leur mono, le c&#339;ur, les muscles et l'entra&#238;nement des Petit Breton, Georget et consorts&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;!)&lt;br class='autobr' /&gt;
Ils le croient jusqu'au jour o&#249;, nous voyant passer &#224; c&#244;t&#233; d'eux tranquillement et fort &#224; l'aise, quelle que soit la roideur de la pente ou la force du vent, sur nos poly-multipli&#233;es, ils ont la curiosit&#233; de s'enqu&#233;rir du pourquoi de leur impuissance et de notre sup&#233;riorit&#233;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Malheureusement on ne peut pas toujours dire d'un faible d&#233;veloppement que l'essayer c'est l'adopter. Il y a un certain apprentissage &#224; faire et la premi&#232;re impression est plut&#244;t d&#233;sagr&#233;able, quand, &#224; une mont&#233;e qu'on a l'habitude de faire p&#233;niblement en appuyant de toutes ses forces sur la p&#233;dale avec un d&#233;veloppement de 5 m. 50 par exemple, on sent fuir la p&#233;dale au d&#233;but de l'effort avec un d&#233;veloppement de 3 m&#232;tres. Le pied pr&#233;par&#233; &#224; un effort puissant et long, tombe dans le vide et l'on s'essouffle rapidement comme si pour franchir des marches de vingt centim&#232;tres on &#233;levait le pied de quarante centim&#232;tres.&lt;br class='autobr' /&gt;
Mais qu'on ne se rebute pas d&#232;s le premier essai maladroit, qu'on persiste pendant quelque temps, et l'on acquiert insensiblement cette fa&#231;on de p&#233;daler toute particuli&#232;re qui nous permet aujourd'hui de tourner &#224; 90 tours dans le 8&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;% avec 2 m. 50, alors que j'ai cru longtemps, et que j'ai m&#234;me &#233;crit dans &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#8239;Le Cycliste&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; qu'il serait toujours mat&#233;riellement impossible de tourner &#224; plus de 60 tours &#224; la mont&#233;e avec de faibles d&#233;veloppements.&lt;br class='autobr' /&gt;
Erreur compl&#232;te.&lt;br class='autobr' /&gt;
La polymultiplication ayant &#233;t&#233; imagin&#233;e pour ne pas se fatiguer, les plus faibles d&#233;veloppements, jusques et y compris 1 m. 50, ont leur raison d'&#234;tre, et il est essentiel, pour celui qui veut ou doit se m&#233;nager, d'avoir &#224; sa disposition la plus grande &#233;chelle possible de d&#233;veloppements.&lt;br class='autobr' /&gt;
Mais il ne faut pas &#234;tre incons&#233;quent et d&#233;sirer une machine qui vous permette &#224; la fois de m&#233;nager votre c&#339;ur, vos poumons, vos muscles et de lutter de vitesse avec quelque champion local que vous rencontrerez par hasard sur le terrain sp&#233;cial o&#249; son d&#233;veloppement unique l'oblige &#224; se cantonner et qui raillera en passant votre camion&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; il ne faut pas, quand vous poss&#233;derez le maximum de confortable, regretter de n'avoir pas en m&#234;me temps le maximum- de rendement&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;!&lt;br class='autobr' /&gt;
Car c'est une erreur de croire que les v&#233;ritables bicyclettes de tourisme, telles que la l&#233;vocyclette, qui en est le plus parfait sp&#233;cimen, peuvent devenir des bicyclettes de course ou que celles-ci, m&#234;me lorsqu'on les munit de deux d&#233;veloppements pour en augmenter le rendement sur route, ainsi qu'on tend &#224; le faire dans les r&#233;gions st&#233;phanoise et lyonnaise, sont capables de tenir la route aussi bien qu'une des douze machines qui triomph&#232;rent, en 1905, au concours du &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;T. C. F.&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;/span&gt;De ce qu'un pur sang peut courir trois kilom&#232;tres en trois minutes, conclurez-vous qu'attel&#233; &#224; une berline ou &#224; une charrue il fera mieux qu'un robuste percheron&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;? Pas plus sans doute que vous ne penseriez envoyer &#224; Longchamps, pour y disputer le Grand Prix, un cheval de labour.&lt;br class='autobr' /&gt;
Chaque chose &#224; sa place, et ne nous leurrons pas de l'espoir de d&#233;couvrir jamais la machine parfaite sur tous les terrains et en toutes circonstances.&lt;br class='autobr' /&gt;
Bien qu'&#224; premi&#232;re vue il paraisse paradoxal d'avancer que plus une bicyclette est polymultipli&#233;e, lourde par cons&#233;quent et encombr&#233;e de tringles et de c&#226;bles, mieux elle convient aux personnes de force tr&#232;s ordinaire, aux femmes, aux vieillards, m&#234;me aux malades&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; que, d'autre . part, plus une bicyclette est simple et l&#233;g&#232;re, mieux elle convient aux jeunes gens, aux athl&#232;tes, aux tr&#232;s vigoureux, cela n'en est pas moins strictement vrai.&lt;br class='autobr' /&gt;
Les uns trouvent en eux-m&#234;mes, en leur force, en leur souplesse, en leur entra&#238;nement, qui leur permet de donner aussi facilement en palier 120 tours de p&#233;dales &#224; la minute que d'exercer &#224; la mont&#233;e une pression de quarante ou de cinquante kilogrammes sur la p&#233;dale, tous les perfectionnements que les autres sont bien forc&#233;s de demander &#224; leur machine parce que leurs moyens physiques ne sont pas au del&#224; de cinquante ou soixante tours et de dix &#224; quinze kilogrammes.&lt;br class='autobr' /&gt;
Professionnels mis &#224; part, les premiers sont de plus en plus rares&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; dans nos r&#233;gions accident&#233;es, m&#234;me les jeunes gens, m&#234;me les coureurs amateurs en viennent &#224; la bicyclette bimultipli&#233;e qui, seule, leur permet dans les courses sur route de tenir t&#234;te aux professionnels monomultipli&#233;s et de les battre.&lt;br class='autobr' /&gt;
Quant aux cyclotouristes d'&#226;ge m&#251;r, qui sont l&#233;gion, qui n'ont ni le loisir, ni le go&#251;t de s'entra&#238;ner quotidiennement &#224; tourner vite et &#224; appuyer fort, qui veulent, sit&#244;t qu'a sonn&#233; l'heure b&#233;nie des vacances, se mettre en selle sans pr&#233;paration avec le d&#233;sir de ne pas s'&#233;reinter et de faire pourtant de bonnes &#233;tapes, &#224; ceux-l&#224; ne conviennent&lt;br class='autobr' /&gt;
ni la bimultipli&#233;e de course &#224; grand rendement, ni la monoserve des &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#8239;tours de France&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;, ni l'&#233;l&#233;gante &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#8239;tour-de-lac&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; des snobs&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; ce qu'il leur faut, c'est la forte polymultipli&#233;e de voyage, &#224; gros pneus, &#224; freins solides, avec garde-boue, porte-bagages, et au moins quatre d&#233;veloppements, telle que l'a toujours recommand&#233;e le &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;T. C. F.&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;/span&gt;Le poids&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;? La belle affaire pourvu que j'aie une gamme de d&#233;veloppements convenable&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! Je me fatiguerai beaucoup moins &#224; hisser dans du 10&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;%, 85 kilogrammes (homme et machine) avec 2 m. 50, que 80 kilogrammes avec 5 m. 50. Essayez et vous m'en direz des nouvelles. M&#234;me si la rampe n'a que 8&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;%, il faut &#234;tre joliment r&#226;bl&#233; pour en faire seulement 10 kilom&#232;tres avec 5 m. 50, sans l&#226;cher la p&#233;dale&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;!&lt;br class='autobr' /&gt;
Plus grave est l'objection tir&#233;e de la complication relative des polymultipli&#233;es&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; elle resterait m&#234;me sans r&#233;ponse s'il &#233;tait permis de supposer qu'on peut &#234;tre &#224; la fois cyclotouriste et incapable de comprendre, apr&#232;s un d&#233;montage et quelques explications, comment fonctionne une r&#233;tro-directe, une polycha&#238;ne &#224; d&#233;brayage, une l&#233;vocyclette, un moyeu ou un p&#233;dalier &#224; transmissions superpos&#233;es, ou, enfin, un changement de vitesse par d&#233;placement de la cha&#238;ne.&lt;br class='autobr' /&gt;
Il est &#233;vident qu'on ne devrait jamais se mettre en route avec une machine dont on ne sait rien, si ce n'est qu'en tirant une manette on passera de la grande &#224; la petite vitesse, ou de la petite &#224; la grande.&lt;br class='autobr' /&gt;
Ceux qui limiteraient l&#224; leur connaissance d'un changement de vitesse et qui, par surcro&#238;t, ne se seraient pas familiaris&#233;s avec le r&#233;glage des freins, la mise au point des roues libres, la tension des cha&#238;nes et la r&#233;paration des pneumatiques, ceux-l&#224; risqueraient fort de ne pas aller bien loin.&lt;br class='autobr' /&gt;
Je me rappelle &#8212; il y a vingt ans de cela&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; c'&#233;tait au temps des tricycles Cripper &#8212; avoir rencontr&#233;, sur la belle route de Feurs &#224; Montrond, un tricycliste de mes amis poussant tristement sa monture dont une roue, me dit-il, ne voulait plus tourner. Un simple &#233;crou &#224; resserrer et tout rentra dans l'ordre. Ce cyclotouriste n'&#233;tait certes pas inintelligent, mais il n'avait pas voulu prendre la peine d'&#233;tudier d'un peu pr&#232;s son outil. Il a d'ailleurs renonc&#233; au cyclisme, et bien il a fait, car pour un pneu d&#233;gonfl&#233;, il aurait &#233;t&#233; capable de se pendre de d&#233;sespoir&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; d'autres renoncent bien &#224; la bicyclette par crainte des automobiles&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! Chacun ici-bas a ses phobies, et celui qui a peur de p&#233;n&#233;trer dans les arcanes de m&#233;canismes aussi simples au fond que ceux de tous les changements de vitesse connus, fera tout aussi bien de renoncer au cyclotourisme, inconcevable et inadmissible d&#233;sormais sans machines polymultipli&#233;es, pour les hommes qui ne sont ni des athl&#232;tes, ni des facteurs ruraux rompus &#224; la fatigue de la marche.&lt;br class='autobr' /&gt;
Et que sera-ce quand nos polys se seront compl&#233;t&#233;es par l'adjonction d'un moteur adjuvant&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;? Il faudra pourtant bien alors, pour en retirer tout le b&#233;n&#233;fice, se familiariser avec ce nouvel organe autrement plus compliqu&#233; qu'un moyeu &#224; trois vitesses&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;!&lt;br class='autobr' /&gt;
Or le b&#233;n&#233;fice que nous recherchons et que nous a d&#233;j&#224; apport&#233; dans une grande mesure la polvmultiplication, c'est la suppression de l'effort exag&#233;r&#233; hors de toute proportion avec le r&#233;sultat atteint, de la fatigue anormale qui aboutit au surmenage, &#224; l'hypertrophie du c&#339;ur, &#224; l'an&#233;mie c&#233;r&#233;brale, &#224; toutes les d&#233;ch&#233;ances possibles et imaginables. Elle ne supprime pas le travail ainsi que se l'imagin&#232;rent quelques-uns qui ne vinrent &#224; elle que par paresse, mais elle le rend purement hygi&#233;nique, facile et agr&#233;able, m&#234;me aux d&#233;sh&#233;rit&#233;s du muscle,&lt;br class='autobr' /&gt;
Quant &#224; ceux qui glorifient l'effort pour l'effort, sans tenir compte du r&#233;sultat pratique que nous e&#251;mes toujours en vue, pour qui le cyclotourisme consiste &#224; s'ext&#233;nuer pour gravir, dents serr&#233;es et veines saillantes, sur une mono trop multipli&#233;e, telle rampe que, sur nos polys &#224; d&#233;veloppements bien &#233;chelonn&#233;s, nous enlevons, souvent &#224; plus vive allure, le sourire aux yeux, en causant tranquillement, nous les invitons amicalement &#224; participer aux grandes randonn&#233;es dominicales de l'&lt;a href=&#034;http://velotextes.fr/spip.php?article112&#034;&gt;&#201;cole st&#233;phanoise&lt;/a&gt;, &#224; travers les Alpes ou les C&#233;vennes. La d&#233;monstration sera concluante et ils en prendront, comme on dit, pour leur grade, quel que soit l'unique d&#233;veloppement bon &#224; tout faire qu'ils auront choisi.&lt;br class='autobr' /&gt;
On ne peut cependant pas s'insurger ind&#233;finiment contre le bon sens et continuer &#224; consid&#233;rer la bicyclette comme une machine &#224; &#233;reintement, tandis qu'elle est pour nous, depuis plus de dix ans, un merveilleux moyen d'aller vite, loin et longtemps sans aucune fatigue.&lt;br class='autobr' /&gt;
P. de Vivie.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Bikepacking v&#233;locip&#233;dique (1893)</title>
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		<dc:date>2019-04-09T19:00:55Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>velovi</dc:creator>


		<dc:subject>cyclotourisme, cyclocamping</dc:subject>
		<dc:subject>Avant 1900</dc:subject>
		<dc:subject>Acier</dc:subject>
		<dc:subject>Mono</dc:subject>
		<dc:subject>V&#233;locip&#232;de</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Illustrations du voyage dans Les Pyr&#233;n&#233;es, Aix-Montlouis-Quillan, de A. Rous et A Caussade, Annuaire du cyclotourisme, recueil de voyages et d'excursions cyclistes 1893-1894&lt;/p&gt;

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&lt;a href="http://velotextes.fr/spip.php?rubrique13" rel="directory"&gt;Grand Tourisme&lt;/a&gt;

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&lt;a href="http://velotextes.fr/spip.php?mot9" rel="tag"&gt;cyclotourisme, cyclocamping&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://velotextes.fr/spip.php?mot10" rel="tag"&gt;Avant 1900&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://velotextes.fr/spip.php?mot27" rel="tag"&gt;Acier&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://velotextes.fr/spip.php?mot60" rel="tag"&gt;Mono&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://velotextes.fr/spip.php?mot66" rel="tag"&gt;V&#233;locip&#232;de&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='http://velotextes.fr/local/cache-vignettes/L150xH108/1000080211-a331d.png?1788610862' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='108' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;Illustrations du voyage dans Les Pyr&#233;n&#233;es, Aix-Montlouis-Quillan, de A. Rous et A Caussade, Annuaire du cyclotourisme, recueil de voyages et d'excursions cyclistes, 1893-1894, Le cycliste, p 105 &#224; 123. Source Archives d&#233;partementales de la Loire, cote &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;BH6260&lt;/span&gt; &lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_133 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;561&#034; data-legende-lenx=&#034;xxxxx&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://velotextes.fr/local/cache-vignettes/L457xH329/cascade1893-0cabc.png?1788126847' width='457' height='329' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre crayon document-titre-133 '&gt;&lt;strong&gt;Cascade de Saillens, pr&#232;s de l'Hospitalet
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif crayon document-descriptif-133 '&gt;Illustrations du voyage dans Les Pyr&#233;n&#233;es, Aix-Montlouis-Quillan, de A. Rous et A Caussade, Annuaire du cyclotourisme, recueil de voyages et d'excursions cyclistes, 1893-1894, Le cycliste, p 105 &#224; 123. Source Archives d&#233;partementales de la Loire, cote &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;BH6260&lt;/span&gt;
&lt;/div&gt; &lt;div class='spip_doc_credits crayon document-credits-133 '&gt;Illustrations du voyage dans Les Pyr&#233;n&#233;es, Aix-Montlouis-Quillan, de A. Rous et A Caussade, Annuaire du cyclotourisme, recueil de voyages et d'excursions cyclistes, 1893-1894, Le cycliste, p 105 &#224; 123. Source Archives d&#233;partementales de la Loire, cote &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;BH6260&lt;/span&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Cascade de Saillens, pr&#232;s de l'Hospitalet&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_134 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;332&#034; data-legende-lenx=&#034;xxxx&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://velotextes.fr/local/cache-vignettes/L387xH364/defile1893-ecf43.png?1788126847' width='387' height='364' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre crayon document-titre-134 '&gt;&lt;strong&gt;D&#233;fil&#233; de Pierre-Lys - Trou du Cur&#233;
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif crayon document-descriptif-134 '&gt;D&#233;fil&#233; de Pierre-Lys - Trou du Cur&#233;
&lt;/div&gt; &lt;div class='spip_doc_credits crayon document-credits-134 '&gt;Illustrations du voyage dans Les Pyr&#233;n&#233;es, Aix-Montlouis-Quillan, de A. Rous et A Caussade, Annuaire du cyclotourisme, recueil de voyages et d'excursions cyclistes, 1893-1894, Le cycliste, p 105 &#224; 123. Source Archives d&#233;partementales de la Loire, cote &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;BH6260&lt;/span&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;D&#233;fil&#233; de Pierre-Lys - Trou du Cur&#233;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Bicyclettes contre petites et grandes Pyr&#233;n&#233;es (1912)</title>
		<link>http://velotextes.fr/spip.php?article249</link>
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		<dc:date>2018-08-01T14:42:42Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>velovi</dc:creator>


		<dc:subject>cyclotourisme, cyclocamping</dc:subject>
		<dc:subject>Entre 1900 et 1914</dc:subject>
		<dc:subject>Mono</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;&#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#8239;La descente de l'autre versant commence, assez rapide et dangereuse, par des lacets boueux, tremp&#233;s de flaques d'eau, qui traversent des fois de h&#234;tres et de sapins. Il faut &#234;tre tr&#232;s prudent. Gr&#226;ce &#224; nos bons freins &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#8239;Hirondelle&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;, nous nous tirons de ce casse-cou.&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;&lt;/p&gt;

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&lt;a href="http://velotextes.fr/spip.php?rubrique14" rel="directory"&gt;Grand tourisme, Randonn&#233;es, Promenades et Excursions&lt;/a&gt;

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&lt;a href="http://velotextes.fr/spip.php?mot11" rel="tag"&gt;Entre 1900 et 1914&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://velotextes.fr/spip.php?mot60" rel="tag"&gt;Mono&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;Par R. M.&#160;C. N&#176;&#160;183.137., Revue mensuelle du Touring club de France, Janvier et fevrier 1912&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bicyclettes contre petites et grandes Pyr&#233;n&#233;es&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lundi. &#8212; De Toulouse &#224; Mirepoix par Salles-sur-l'Hers, 75 km., 5 &#224; bicyclette.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#233;part &#224; 8 heures de notre propri&#233;t&#233; pr&#232;s Toulouse, par un temps superbe : soleil, ciel bleu, chaleur mod&#233;r&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A mon mari et &#224; moi s'est joint mon neveu Pierre, jeune rh&#233;toricien en rupture de ban, membre du Touring-Club et excellent cycliste. D'une traite, nous atteignons Sallessur-l'Hers vers 11 heures (45 km. 5). Le trajet, qui emprunte, jusqu'&#224; 3 kilom&#232;tres de Bazi&#232;ge, la belle route nationale de Toulouse-Narbonne, est joli : de l'ombre presque continuellement, des montagnes russes faciles &#224; franchir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A Salles, nous visitons sommairement le ch&#226;teau, qui fut imposant et fortifi&#233; autrefois, puis nous descendons dans la gentille vall&#233;e o&#249; les deux bras de l'Hers se rejoignent, au-dessous de la petite ville, et nous nous installons au bord de l'eau pour luncher.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Suivant le plan habituel de nos excursions de longue haleine, nous ne faisons par jour qu'un seul repas copieux, le soir, &#224; l'&#233;tape, &#8212; et trois autres tr&#232;s l&#233;gers, le matin avant le d&#233;part, &#8212; &#224; 11 heures&#8212; et &#224; 4 heures. Nous marchons toute la journ&#233;e sans nous arr&#234;ter, sauf deux petits repos d'une demi-heure chacun au moment de ces lunchs, et nous nous trouvons &#224; ravir de cette organisation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a deux ou trois ans, quand nous faisions &#224; midi le repas copieux d'h&#244;tel, nous repartions alourdis, presque poussifs. Maintenant, nous allons tout le jour, alertes et dispos, seulement tourment&#233;s parfois par la soif, en rase campagne&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; mais chez nos braves M&#233;ridionaux, il suffit de frapper &#224; une porte pour qu'aussit&#244;t elle s'ouvre, accueillante, et je suis enchant&#233;e de prouver &#224; mon Parisien de mari l'amabilit&#233; de mes compatriotes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous quittons bient&#244;t Salles o&#249; une buraliste indig&#232;ne nous refuse une pi&#232;ce de cinq francs, parce que neuve&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;!&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! et nous nous dirigeons vers Plaigne, par les hauts plateaux. Nous franchissons des croupes de collines arides, ensoleill&#233;es, br&#251;l&#233;es, le vrai Midi couleur de terre-cuite.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Puis, &#224; Plaigne, sur les 4 heures, nous nous mettons &#224; franchir les sommets qui s&#233;parent la vall&#233;e de la Vixi&#232;ge de celle du Grand-Hers. Deux c&#244;tes tr&#232;s dures (mais comme mes compagnons de route ne semblent pas vouloir mettre pied &#224; terre, je les suis en p&#233;dalant ferme) : au haut de la premi&#232;re, borne qui s&#233;pare le d&#233;partement de l'Aude de celui de l'Ari&#232;ge&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; du haut de la seconde, vue merveilleuse sur la cha&#238;ne des Pyr&#233;n&#233;es, avec, &#224; l'avant-garde, la croupe ronde et r&#233;guli&#232;re du Plantaurel bois&#233;. Pittoresque descente, tr&#232;s rapide, sur la plaine de Mirepoix o&#249; nous arrivons vers 6 heures (13 kilom&#232;tres depuis Digne) apr&#232;s avoir travers&#233; une f&#234;te champ&#234;tre vers laquelle convergent toutes les carrioles et toutes les bonnes gens rencontr&#233;s en route.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Halte avant la travers&#233;e du beau pont sur l'Hers, qui marque l'entr&#233;e en ville. On s'&#233;pouss&#232;te un peu, tout en jetant un coup d'&#339;il aux ruines de Terride perch&#233;es audessus de nous. Go&#251;ter, puis visite de la charmante petite ville qui a gard&#233; des coins vieillots tout &#224; fait int&#233;ressants : la Moyen&#226;geuse place des Couverts, la porte d'Avail, la fontaine des Cordeliers, la cath&#233;drale Saint-Maurice avec son portail du &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;XIII&lt;/span&gt;&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle et sa nef du xve, de tr&#232;s belle envol&#233;e. Apr&#232;s cela, exquis repas &#224; l'h&#244;tel Rigaud, sous la v&#233;randah : mang&#233; un foie de canard comme on n'en trouve que dans le Midi. Coucher t&#244;t, avec un peu d'inqui&#233;tude : le temps para&#238;t se couvrir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Repos enfin : Ah&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;!&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;!&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;!&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mardi. &#8212; De Mirepoix &#224; Ascou par les gorges de la Frau (65 kilom&#232;tres).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il pleut&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! il pleut, cyclistes, Rentrez vite vos v&#233;los.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lever &#224; 5 heures par un temps gris, et &#224; peine sommes-nous install&#233;s sous la v&#233;randah pour boire notre caf&#233; au lait qu'une petite pluie fine se met &#224; tomber. La propri&#233;taire nous pr&#233;vient qu'il y en a pour toute la journ&#233;e : d&#233;licieuse perspective.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En attendant l'heure du train qu'il faut prendre pour Toulouse, je veux revoir encore le vieux porche et les belles vo&#251;tes de la cath&#233;drale. Je sors : il ne pleut plus, le temps s'&#233;claircit suffisamment pour que mon mari, notre Grand Chef, d&#233;cide de poursuivre dans la direction de Lavelanet, apr&#232;s une promenade p&#233;destre &#224; Terride, d'o&#249; nous avons inspect&#233; l'horizon. Retour rapide &#224; l'h&#244;tel, et vite, en selle&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! Comme le mauvais temps nous a fait perdre deux heures, nous d&#233;cidons d'abandonner Lagarde, dont on aper&#231;oit &#224; gauche les ruines hautaines, et les beaut&#233;s de L&#233;ran, pour filer rapidement sur Lavelanet que nous atteignons apr&#232;s avoir travers&#233; les deux cha&#238;nons parall&#232;les du Plantaurel. Nous ne nous arr&#234;tons pas, nous continuons droit sur B&#233;lesta par la route d&#233;j&#224; suivie en sens inverse l'ann&#233;e pr&#233;c&#233;dente. Nous y arrivons vers 11 heures, achetons plusieurs provisions&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; je donne quelques conseils d'hygi&#232;ne &#224; une &#233;pici&#232;re dont le b&#233;b&#233; a de l'ent&#233;rite et qu'elle bourre de pain et de viande, et nous repartons tr&#232;s vite pour la fontaine intermittente de Fontestorbes, pr&#232;s de laquelle nous lunchons et trouvons m&#234;me &#224; prendre du caf&#233;. Cette fois, nous avons la satisfaction de ne pas attendre en vain, comme en juillet 1909 : l'intermittence se produit, et c'est curieux &#224; voir. Nous griffonnons des cartes postales, nous escaladons la grotte pour regarder par la &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#8239;chemin&#233;e, ouverte sur le ciel et jouir du coup d'&#339;il tr&#232;s pittoresque. Puis, nous reprenons nos bicyclettes et remontons la vall&#233;e de l'Hers, nous enfon&#231;ant dans la montagne par une route d&#233;licieuse. Apr&#232;s Fougax, la vall&#233;e se resserre davantage, ombreuse, fra&#238;che, tr&#232;s verte&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; le chemin, tr&#232;s sinueux, surplombe l'Hers qui ralentit son cours et n'est plus qu'un ruisseau de pierres quand nous atteignons l'entr&#233;e des gorges de la Frau. Et c'est fort heureux&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! Nous allons avoir tant &#224; faire avec les rocs et les cailloux&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; que serait-ce si l'eau s'en m&#234;lait encore&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;!&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;!&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous mettons pied &#224; terre devant un d&#233;cor de d&#233;solation : des rochers &#233;normes (de 300 &#224; 400 m&#232;tres de haut) entre lesquels grimpe, en lacets, se r&#233;tr&#233;cissant de plus en plus, un chemin pierreux en voie de rechargement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s le Roc M&#233;li&#233;, aux formes coniques, la vall&#233;e nous appara&#238;t si &#233;troite que la distance des deux parois est de dix m&#232;tres au plus. C'est une impression de cauchemar : nous grimpons p&#233;niblement, poussant nos machines qui glissent sur les petits cailloux ronds, nous luttons, nous soufflons, nous sommes bien les damn&#233;s de ce paysage d'enfer. De temps en temps, mon mari pose sa bicyclette, vient &#224; mon secours, car il n'y a pas moyen de pousser deux machines &#224; la fois et l'on a d&#233;j&#224; bien du mal &#224; en hisser une seule&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; nous exp&#233;dions plus d'un quart de livre de sucre. Enfin, apr&#232;s plus de deux heures de lutte (deux heures pour ces 4 km. 5&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;!&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;!.) nous sortons de ce magnifique, terrifiant et odieux d&#233;fil&#233;. La route s'&#233;largit, devient meilleure, nous remontons &#224; bicyclette.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ah&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! voici enfin des figures humaines, ouvriers en train de recharger la route. des for&#234;ts &#224; l'ouest&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! Nous atteignons Cornus, puis enfin, la belle et bonne route qui va de Quillan &#224; Ax-les-Thermes.A Prades, halte pour prendre un caf&#233; renforc&#233; de jaunes d'&#339;ufs (il est 4 heures) puis nous grimpons au col de Marmare, d'o&#249; l'on a une belle vue sur la haute vall&#233;e de l'Hers&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; ensuite, par une pittoresque route qui coupe des h&#234;traies, nous poussons nos machines jusqu'au point culminant de notre voyage&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! le col de Chioula, aride, d&#233;sert, mais d'o&#249; l'on embrasse adorablement la vall&#233;e de l'Ari&#232;ge et les cimes neigeuses des vraies Pyr&#233;n&#233;es. Descente tr&#232;s rapide, dangereuse m&#234;me, par six lacets raides dans la for&#234;t des Gouttines, toute bruissante des frais ruisseaux qui la parcourent. Nous traversons l'Eyssenac et descendons son ravin, un moment. Puis, les lacets recommencent, plus larges et moins rapides. Nous apercevons Ax-les-Thermes, tapi dans sa vall&#233;e. Une erreur de chemin : nous devons revenir sur nos pas. il pleut un peu. tout cela est aga&#231;ant. Enfin, nous trouvons le bon chemin d'Ascou, que nous atteignons vers 6 heures.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est gentil, ce village, pos&#233; comme une vol&#233;e d'oiseaux, &#224; flanc de montagne, et dr&#244;le, avec ses vieilles masures &#233;tag&#233;es autour de l'&#233;glise. Nous grimpons au cimeti&#232;re, cherchant une issue, pour atteindre le plateau et mieux voir le coucher du soleil. Mais nous ne jouissons pas longtemps de cette f&#234;te de l'or : de gros nuages accourent, noyant dans leur brume les merveilleuses pierreries du ciel, et la pluie se met &#224; tomber, brutale, nous pr&#233;cipitant hors de notre observatoire. Nous trouvons &#224; grand peine deux chambres dans l'unique h&#244;tel, et nous nous installons pour d&#238;ner sous la v&#233;randah, en face des hauts pics.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mercredi. &#8212; D'Ascou &#224; Quillan par la vall&#233;e du R&#233;benty. (69 km. 2).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous nous souvenons d'avoir lu dans la Revue du Touring-Club une int&#233;ressante relation de voyage &#224; travers la vall&#233;e du R&#233;benty, par le col del Pradel, et cela nous a donn&#233; le d&#233;sir d'inscrire col et vall&#233;e &#224; notre programme, car nous ignorons le Pradel et n'avons fait, l'an pass&#233;, qu'une partie du R&#233;benty, par Belcaire et Belfort.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lever &#224; 5 heures. La nuit, malgr&#233; quelques &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#8239;puisas&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; - ces h&#244;tes habituels du Midi &#8212; n'a pas &#233;t&#233; mauvaise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le ciel nous appara&#238;t gris, brumeux. Malgr&#233; tout, nous nous pr&#233;parons h&#226;tivement : il sera toujours temps, si le petit brouillard devient grande pluie, de descendre &#224; Ax prendre le train de Toulouse. Et nous nous mettons, &#224; pied plus qu'&#224; bicyclette &#8212; &#224; gravir les lacets rudes &#8212; qui montent au col del Pradel. Le coup d'&#339;il doit &#234;tre superbe. quand on peut le donner&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; mais, h&#233;las&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! &#224; mesure que nous montons, nous nous enfon&#231;ons davantage dans la brume des nuages : c'est &#224; peine si nous apercevons l'autre c&#244;t&#233; du ravin que nous longeons&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! Le sol est humide, glissant. une ouate l&#233;g&#232;re flotte autour de nous. Malgr&#233; mes efforts, j'ai peine &#224; suivre mes deux compagnons. je glisse sur le sol d&#233;tremp&#233; en poussant ma machine. Dame&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! je n'en puis plus&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;!. Mon mari le voit bien, quoique je ne veuille pas l'avouer, et d&#233;sormais, prend fr&#233;quemment ma bicyclette qu'il pousse avec la sienne&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; mais il a beau &#234;tre robuste, c'est dur par ces sentiers glissants. Il pleut pour tout de bon maintenant, nous sommes tremp&#233;s de la t&#234;te aux pieds, mais nous nous trouvons trop pr&#232;s du col pour redescendre &#224; Ax et perdre ainsi le b&#233;n&#233;fice de nos peines. Enfin, vers 10 heures, nous l'atteignons, ce col, objet de tant d'efforts. Nous ne nous arr&#234;tons pas &#224; contempler la vue.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour cause&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! Nous ne voyons pas beaucoup plus loin que le bout de notre nez&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! La descente de l'autre versant commence, assez rapide et dangereuse, par des lacets boueux, tremp&#233;s de flaques d'eau, qui traversent des fois de h&#234;tres et de sapins. Il faut &#234;tre tr&#232;s prudent. Gr&#226;ce &#224; nos bons freins &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#8239;Hirondelle&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;, nous nous tirons de ce casse-cou. Peu &#224; peu, le sol s&#232;che, le ciel devient plus bleu, et vers Lafajolle, nous avons la d&#233;licieuse surprise de trouver un pays sec, m&#234;me empoussi&#233;r&#233;, et un soleil radieux. Il n'a pas plu sur ce versant depuis des semaines&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;!&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous r&#233;chauffons vite nos pieds mouill&#233;s qui se couvrent bient&#244;t d'une couche respectable de poussi&#232;re et nous descendons en roue libre, pendant une trentaine de kilom&#232;tres, cette ravissante vall&#233;e du R&#233;benty. Elle forme une suite de petits bassins reli&#233;s par des d&#233;fil&#233;s imposants. A Belfort, vers 11 h. 1/2, nous faisons halte sur l'herbe, au bord du R&#233;benty, tandis que mon mari r&#233;pare son pneu endommag&#233;. Nous profitons de ce court repos pour regarder librement ce tr&#232;s pittoresque site, et repartons vers midi, apr&#232;s un l&#233;ger repas. Nous traversons le majestueux d&#233;fil&#233; d'Able, o&#249; le R&#233;benty coule dans une faille &#233;troite, &#224; plus de 100 m&#232;tres &#224; pic&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; la vall&#233;e s'&#233;largit, les pentes se d&#233;boisent : voici le donjon ruin&#233; de Joucou&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; puis la verdure repara&#238;t dans un pays cultiv&#233; et souriant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous traversons le R&#233;benty &#224; Marsa, et p&#233;n&#233;trons dans une gorge bois&#233;e, tr&#232;s sauvage, jusqu'au confluent du pittoresque ruisseau avec l'Aude, au moulin du R&#233;benty.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Laissant &#224; gauche la direction de Quillan, nous filons maintenant le long de l'Aude et remontons sa vall&#233;e jusqu'&#224; Axat, une charmante station que nous connaissons d&#233;j&#224; et que nous traversons sans nous arr&#234;ter. Nous atteignons un pont sur l'Aude et p&#233;n&#233;trons enfin dans le d&#233;fil&#233; de Saint-Georges, resserr&#233; entre deux parois &#224; pic pendant 1 kilom&#232;tre. Notre course est g&#234;n&#233;e par la couche &#233;paisse de poussi&#232;re dans laquelle nos roues enfoncent profond&#233;ment&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; nous manquons d&#233;raper &#224; chaque minute&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; en outre, la route qui surplombe le pr&#233;cipice est envahie par des charrettes &#224; b&#339;ufs tra&#238;nant de longs troncs d'arbres coup&#233;s dans la montagne. Ce n'est pas commode de man&#339;uvrer l&#224;-dedans, et pour &#233;viter &#224; la fois un loqueteux &#224; moiti&#233; sourd et un tronc plus long que les autres, je d&#233;gringole de ma bicyclette, du c&#244;t&#233; oppos&#233; au pr&#233;cipice, fort heureusement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Retraversons Axat, atteignons le moulin du R&#233;benty et p&#233;n&#233;trons dans les belles gorges de Pierre-Lys, longues de 5 kilom&#232;tres. Nouvelle charrette &#224; troncs d'arbres, nouvel &#233;cart de ma machine, nouvelle esquisse de chute.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Allons&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! ce n'est pas encore aujourd'hui que je mourrai&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;!&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A la sortie des gorges, quelques gouttes d'eau se mettent &#224; tomber. Mon mari et Pierre pr&#233;cipitent leur course, et moi, en fid&#232;le suivante, derri&#232;re eux. La vall&#233;e s'&#233;largit, se fertilise, la l&#233;g&#232;re pluie s'arr&#234;te et nous faisons notre entr&#233;e solennelle dans Quillan. D'abord, &#224; la gare, o&#249; nous retirons un colis postal contenant du linge et des effets de rechange, puis &#224; l'h&#244;tel o&#249; nous faisons un peu de toilette. Il est 5 heures, nous allons visiter Quillan en croquant d'exquis macarons indig&#232;nes. Nous grimpons &#224; pied &#224; l'ancien Chateau-fort, aujourd'hui citadelle, d'o&#249; l'on a une jolie vue sur la vall&#233;e de Quillan.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#238;ner et coucher &#224; 9 heures.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jeudi. &#8212; De Quillan &#224; Perpignan par Saint-Paul-deFenouillet (88 kilom&#232;tres).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lever &#224; 5 heures comme d'habitude, ce qui ne veut pas dire que je m'y habitue. Au contraire&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! Le temps est beau, cela encourage tout de m&#234;me &#224; se lever.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En selle, ce qui commence &#224; devenir un peu p&#233;nible (au bout d'un quart d'heure, on y est fait) et ascension du col de Saint-Louis, par un chemin en lacets que nous montons presque sans mettre pied &#224; terre. Au col, arr&#234;t pour regarder le paysage, tr&#232;s grandiose, le genre d&#233;nud&#233;, terre-cuite propre aux Corbi&#232;res, qui me rappelle les sierras d'Espagne. Tr&#232;s au loin, les Pyr&#233;n&#233;es, plus souples de lignes dans la mollesse argent&#233;e de leurs contours.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A droite, la for&#234;t des Fanges, si tentante avec ses h&#234;traies sombres que je d&#233;cide mes deux compagnons de route &#224; y faire une petite fugue. Et nous ne le regrettons pas&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;!&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Qu'elle est verte, myst&#233;rieuse et reposante, cette for&#234;t appel&#233;e pompeusement par les guides &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#8239;la plus belle de France&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! Pour moi, je ne sais plus si nous sommes en France, mais c'est le c&#339;ur de la vieille Gaule qui me semble palpiter dans ses sous-bois profonds. il doit y avoir par l&#224; des druides, pr&#232;s d'un dolmen plus vieux qu'eux-m&#234;mes, et Vell&#233;da en personne avec sa faucille et ses cheveux d'or. Et l'enchantement continuerait si, h&#233;las&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! des ouvriers occup&#233;s &#224; charrier des troncs d'arbres ne nous ramenaient &#224; la v&#233;rit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Volte-face&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! rentrons dans les sous-bois o&#249; court la route mince pour en sortir trop t&#244;t, revenir au col de Saint-Louis, et descendre l'autre versant par une route &#224; tournants brusques qui se croise m&#234;me &#224; un endroit : looping the loop&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! et se mue en un sale petit sentier si plein de rocs et de pierres que nous ne pouvons plus nous ent&#234;ter &#224; continuer &#224; bicyclette. Enfin, vers 10 heures, nous arrivons &#224; Caudi&#232;s-de-Fenouillet.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous trouvons l&#224; une superbe route en palier, bord&#233;e de platanes, sur laquelle nous nous mettons &#224; rouler avec ivresse. Nous atteignons le pays des vignes dans une vall&#233;e tr&#232;s large, tr&#232;s fertile, domin&#233;e &#224; droite par les Pyr&#233;n&#233;es molles et blanches, &#224; gauche par les Corbi&#232;res rudes et rouge&#226;tres Et pendant de longues heures, ce sera ainsi, pour la plus grande joie de nos yeux, s&#233;duits par ce contraste. Cr&#234;tes du Roc-Rouge et de la &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#8239;Couillade de Vente-Farine&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; (je ne puis r&#233;sister au plaisir de citer ce nom, qui sent son cru). On traverse la Boulzanne, puis l'Agly : voici Saint-Paul de-Fenouillet, gentille petite ville perch&#233;e sur un promontoire. Il est 11 heures.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Achat de provisions que nous d&#233;gustons au d&#233;fil&#233; de la Fou, dans un petit bois situ&#233; &#224; la sortie des gorges, longues de 200 m&#232;tres, au fond desquelles coule l'Agly.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous revenons &#224; Saint-Paul prendre du caf&#233; tr&#232;s sucr&#233;, pour nous donner des forces, et nous repartons pour les gorges de Saint-Antoine-de-Galamus qui font face &#224; celles de la Fou, de l'autre c&#244;t&#233; de Saint-Paul, dans la cha&#238;ne septentrionale. Le chemin monte longtemps en lacets hardis, jusqu'au d&#233;sert de Saint-Antoine (5 kilom&#232;tres depuis Saint-Paul). Et c'est certainement ce que nous aurons vu de plus beau dans notre voyage : l'Agly s'est creus&#233; un lit si profond qu'on a le vertige en essayant d'y plonger les yeux&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; des rocs &#233;normes se dressent de tous c&#244;t&#233;s, comme des g&#233;ants pr&#234;ts &#224; &#233;craser les pauvres pygm&#233;es qui osent r&#244;der &#224; leurs pieds&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; un vent effroyable hurle &#224; nos oreilles et nous secoue avec col&#232;re. Brrr&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! C'est beau &#224; en trembler. Et nous revenons, agripp&#233;s &#224; nos bicyclettes, vers un paysage moins hautain, mais plus cl&#233;ment. Avant de quitter ces roches magnifiques et horrifiantes, nous voulons aller saluer l'Ermite qui sonne &#224; tour de bras en notre honneur, une cloche, dont le bruit affaibli arrive &#224; notre oreille. Pierre s'offre &#224; garder nos machines et, avec mon mari, je descends gaiement vers cet &#234;tre d'un autre &#226;ge, presque d'une autre foi : un Ermite&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! J'arrive, charm&#233;e, vers la maisonnette &#233;trange, blottie dans une grotte, &#224; mi-flanc de montagne, et. &#8212; Las&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! o&#249; sont les neiges d'antan&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;!&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8212; je trouve un brave homme, mi &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#8239;sous-off&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;, mi- &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#8239;ouvrier&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;, qui paie loyer, j'allais dire patente, &#224; la commune de Saint-Paul, une sorte de fonctionnaire&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;!&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;!&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;!.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout de m&#234;me, je visite l'Ermitage, la vieille chapelle, les tombes des anciens solitaires, je souris m&#234;me au bavardage du bon &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#8239;Ermite&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; qui se met en frais et veut nous faire d&#233;salt&#233;rer dans sa buvette tenue par sa cousine. Mais tout cela a un parfum frelat&#233;, un go&#251;t factice. et j'ai h&#226;te de reprendre notre route par les grands chemins poussi&#233;reux et d&#233;serts.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2 h. 1 /2. Saint-Paul. Descente de 1.200 m&#232;tres qui nous fait entrer dans le bassin du ruisseau de Maury. Apr&#232;s une petite c&#244;te, la route passe entre deux lignes de rochers curieux, les descentes se pr&#233;cipitent, on suit le Maury, rivi&#232;re de sable qui rappelle &#233;trangement les fleuves d'Espagne. Voici la petite ville du m&#234;me nom. A gauche, sur une cime &#233;lev&#233;e, on voit les ruines de Quiribus, si fi&#232;rement plant&#233;es que, pendant de longs kilom&#232;tres, elles nous domineront toujours. Un peu plus loin, le confluent du Maury et de l'Agly, puis nous traversons le large cours paresseux de ce dernier, un peu avant Estagel. Il est 4 heures : station dans cette petite ville pour nous rafra&#238;chir. Nous repartons bient&#244;t en suivant l'Agly, redevenu torrentueux, et apr&#232;s Cases de P&#234;ne, nous nous &#233;loignons des montagnes, &#224; notre grand regret. Plaine, large plaine de vignobles, et d'oliviers, quelques cactus.Nous commen&#231;ons &#224; distinguer, au loin, le massif du Canigou. Belle fin de journ&#233;e : l'air est l&#233;ger, limpide, des teintes d'un violet rose sur les Pyr&#233;n&#233;es et le ciel si bleu&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! Qu'il est .beau, le Midi, dans ses tons naturels, quand il n'emprunte pas au Nord de tristes grisailles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voici la civilisation, un faubourg de grande ville&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;!&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Entr&#233;e dans Perpignan, et installation au tr&#232;s confortable h&#244;tel de la Poste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Vendredi. &#8212; De Perpignan &#224; Narbonne (68 kilom&#232;tres ).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lever &#224; 7 heures. D&#233;part &#224; 8 h. Temps superbe, mais un vent&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;!&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! Est-ce le vent marin, l'antan de Toulouse&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;est-ce le vent de Cers&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;? J'opine pour celui-ci. Faire de la bicyclette ne va pas &#234;tre dr&#244;le, avec cette force &#224; vaincre constamment. A 15 kilom&#232;tres, &#224; Salles, cette lutte incessante m'a d&#233;j&#224; bris&#233;e. Mon mari, fatigu&#233; lui aussi, propose une petite halte. J'avale plusieurs morceaux de sucre et je croque du raisin noir, &#224; gros grains savoureux. Coup d'&#339;il amus&#233; sur Salles, petite ville sarrasine, avec une ancienne forteresse et une tour ronde du xve si&#232;cle. Les brunes femmes qui nous croisent portent la mantille&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; des tons roux sur les pierres : un reflet d'Espagne. Le sucre nous a donn&#233; des forces, nous repartons. et voici que l'&#233;tang de Leucate commence, long de 12 kilom&#232;tres, large de deux, dit le guide. Mais qu'importe&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! Nous avons l'&#339;il ravi, l'&#226;me enchant&#233;e par cette &#233;tendue bleue, d'un bleu &#233;blouissant, aussi franc, aussi pur que celui du ciel, couche d'azur toute palpitante d'argent. Ce n'est pas la mer, pourtant, car l&#224;-bas, je vois des collines rousses, mais cela en a toute la magie. Derri&#232;re, &#224; gauche, la ligne des Pyr&#233;n&#233;es et le Canigou. Et maintenant, pendant plus de deux heures, la route va c&#244;toyer cette plaine bleue, &#224; droite, tandis qu'&#224; gauche les Corbi&#232;res s'&#233;l&#232;veront sauvages, pel&#233;es, &#226;pres, mais riches de tons chauds, &#8212; la route plate, blanche, sans arbres autres que de rares figuiers ou des oliviers au gr&#234;le feuillage d'argent, mais &#233;blouissante de lumi&#232;re, de soleil, d'azur, pareille &#224; un chemin d'apoth&#233;ose. C'est si beau qu'on oublie le vent, qu'on aime la poussi&#232;re, qu'on croit avoir des ailes, qu'on file, l'&#226;me enamour&#233;e, dans 'un transport d'admiration.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;33 km. 3. Les Cabanes. Bifurcation. On longe l'&#233;tang de Lapalme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le vent nous secoue si rudement que je vais tomber dans un tourbillon, et mon mari, oubliant sa fatigue, vient me remorquer un moment.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La Nouvelle, midi. Mon mari veut prendre un bain de mer, et comme les gens pudibonds de ce pays ne tol&#232;rent pas le maillot, il doit rev&#234;tir une petite jupe et un grand chapeau de femme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mon neveu et moi nous asseyons dans le sable, devant l'&#233;blouissant d&#233;cor. Plus bleue encore que l'&#233;tang est la mer, avec des voiles blanches tout au loin. elle semble &#234;tre le miroir exact du ciel, et, sur tout cela, la lumi&#232;re du Midi, cette incomparable merveille, qui semble p&#233;n&#233;trer en vous par tous les pores&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; on est comme impr&#233;gn&#233; de rayons.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et il va falloir quitter cela&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;!&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;!&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par exception, nous voulons faire un vrai d&#233;jeuner et nous nous installons dans un restaurant dont on nous a dit merveille, et qui est infect, &#8212; mais cher : petite compensation&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; et vite, nous retournons sur la jet&#233;e pour prendre un dernier bain d'yeux (il est 2 h. 1 /2).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous partons, la t&#234;te emplie d'azur. Tout va nous para&#238;tre terne &#224; pr&#233;sent. L'&#233;tang de Sigean n'a pas l'&#233;clat de celui de Leucate. Nous longeons des salines.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le vent nous force &#224; nous occuper de lui&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; il m'adjuge m&#234;me une petite migraine assez lancinante. Rencontre d'Espagnols, de nomades, gitans. La route s'&#233;largit, la grande ville est proche. Entr&#233;e vers 5 heures dans Narbonne. Installation au Grand-H&#244;tel (tr&#232;s bien). Toilette. Promenade dans la ville. Quelques vieux monuments. Beaucoup de vie, des gens au caf&#233;, sur les promenades. Le vent a l'air de se calmer. Pourvu qu'il ne reprenne pas demain&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! Celle journ&#233;e de lutte contre lui nous a tous fatigu&#233;s, bien plus que n'ont pu le faire l'ascension des cols les plus rudes sur nos bicyclettes, bien entendu monomultipli&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Samedi. &#8212; De Narbonne &#224; Carcassonne par Lagrasse (74 km. 5).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Toute la nuit, nous entendons mugir le vent, et quand nous nous levons &#224; 5 heures, il semble redoubler en notre honneur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un d&#233;couragement me prend : je suis d&#233;j&#224; fatigu&#233;e par la journ&#233;e d'hier, sans compter les kilom&#232;tres abattus depuis cinq jours. Comment vais-je faire&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;? Mon mari m'offre de me mettre dans le train de Toulouse, mais je refuse &#233;nergiquement&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; ma vieille endurance me rassure&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; je me souviens d'avoir fait Toulouse-Lombez (soit 106 kilom&#232;tres) contre un vent d'antan qui couchait les arbres sur les routes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tant de fois, je me suis sentie fatigu&#233;e au d&#233;part et j'ai us&#233; ma lassitude en route&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! Allons, courage&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! Nous d&#233;jeunons et partons&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; mais j'oublie de me munir de sucre et je paierai cher cette &#233;tourderie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous passons dans un large vallon qui d&#233;bouche bient&#244;t pr&#232;s d'une bifurcation o&#249; nous nous s&#233;parons de Pierre. Il veut aller &#224; Carcassonne par la route nationale qui l'int&#233;resse, parce qu'il en conna&#238;t plusieurs tron&#231;ons.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il doit passer par L&#233;zignan, arriver de bonne heure, tandis que nous ne le rejoindrons pas avant 5 heures de l'apr&#232;s-midi, nous qui comptons abattre 75 kilom&#232;tres &#224; travers les Corbi&#232;res. Toujours ce vent&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;!&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! La route, tr&#232;s mauvaise, pleine de fondri&#232;res, se glisse au milieu d'un amas de collines st&#233;riles. Quelques ruines au loin, perch&#233;es sur des sommets.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et voici la bifurcation de l'Abbaye de Font-froide. Je d&#233;cide mon mari &#224; venir visiter le vieux monast&#232;re dont on dit merveille, bien qu'il ne figure pas dans notre programme&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; et pendant 2 kilom&#232;tres, nous poussons nos machines dans un mauvais chemin.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous arrivons au centre d'un vallon solitaire, et mon mari m'engage &#224; visiter seule, car il a ma bicyclette &#224; d&#233;monter. Le propri&#233;taire, M.&#160;F., me fait aimablement les honneurs de son domaine. Et c'est vraiment beau. Les parties reconstitu&#233;es le sont avec tellement de tact que l'&#339;il n'a pas une d&#233;sillusion. Je me souviendrai du clo&#238;tre, du cimeti&#232;re des moines, et surtout d'une salle toute rose, aux briques p&#226;lies par les si&#232;cles. M.&#160;F. me m&#232;ne ensuite &#224; son parc &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;XVIII&lt;/span&gt;&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle, en terrasses, et me montre ses biches blanches, blotties dans un coin, apeur&#233;es par ma pr&#233;sence.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais il est plus de 10 heures. Nous devons partir, et nous voici sur la route poussi&#233;reuse o&#249; le vent fait rage.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il redouble &#224; mesure que nous avan&#231;ons&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; nous l'avons tout &#224; fait debout, &#224; pr&#233;sent, et nous &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#8239;ramons&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; p&#233;niblement, luttant contre les tourbillons de poussi&#232;re qui semblent vouloir nous renverser. Et je n'ai pas de sucre&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;!&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;o&#249; en trouver dans ce d&#233;sert&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;? Cette lutte devient si abominable qu'&#224; 25 kilom&#232;tres de Narbonne, &#224; Villerouge-la-Cr&#233;made, je me rends. J'engage mon mari, qui n'a pas encore us&#233; toute sa force de r&#233;sistance, &#224; continuer&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; il m'indique un tramway &#224; vapeur que je pourrai prendre dans l'apr&#232;s- midi et qui me permettra de rejoindre la grande ligne, &#224; L&#233;zignan, et il me quitte. Je n'en puis plus. Avec la gardienne de la petite gare qui ferme sa bicoque pour trois heures, je monte au hameau de Villerouge-la-Cr&#233;made (la br&#251;l&#233;e) je m'installe &#224; l'unique caf&#233; pour d&#233;jeuner sommairement. Je n'ai pas le courage de monter plus haut voir les ruines du ch&#226;teau et les bois de sapin qui couronnent la colline. Je redescends pr&#232;s de la route, et je m'&#233;tends au soleil, au vent, ext&#233;nu&#233;e. Ma t&#234;te br&#251;le, mes pieds aussi&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; et ce pays est si triste, si d&#233;sert, d&#233;vast&#233; par le vent perp&#233;tuel, consum&#233; par le soleil ardent (il y pleut tous les trois mois), d'une m&#233;lancolie prenante, pourtant, au milieu de ces collines rouss&#226;tres : un vrai pays des Corbi&#232;res&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;!&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;!.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;3 h. 30. Le petit train arrive : la d&#233;livrance&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! L&#233;zignan&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! changement de ligne, puis Carcassonne o&#249; je retrouve &#224; la gare mon mari ext&#233;nu&#233; par cette journ&#233;e de vent, et mon neveu, endommag&#233; par une chute. Ils montent dans le train. Vers 9 heures nous sommes au port, contents de notre voyage, mais moi, secr&#232;tement vex&#233;e d'avoir &#233;t&#233; vaincue par le Cers sur lequel je me propose de prendre une &#233;clatante revanche.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;R. M.&#160;C. N&#176;&#160;183.137.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Le 1er PARIS-BREST-PARIS, en 1891</title>
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		<dc:subject>sport, courses</dc:subject>
		<dc:subject>Avant 1900</dc:subject>
		<dc:subject>Paris</dc:subject>
		<dc:subject>Hotel, auberge, caf&#233;, restaurant</dc:subject>
		<dc:subject>Mono</dc:subject>
		<dc:subject>Extraits de livre</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;&#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#8239;d&#233;p&#234;che-toi de repartir, tu vois, les autres n'arr&#234;tent pas aussi longtemps que toi, en voil&#224; trois de repartis depuis que nous sommes ici et ils &#233;taient arriv&#233;s apr&#232;s toi. &lt;br class='autobr' /&gt;
Qu'ils repartent si cela leur pla&#238;t, mais moi, je prends d'abord mon temps, et puis un caf&#233; apr&#232;s. Je repartis de Laval &#224; 8 h. 30.&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;&lt;/p&gt;

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&lt;a href="http://velotextes.fr/spip.php?rubrique32" rel="directory"&gt;Sport, course&lt;/a&gt;

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&lt;a href="http://velotextes.fr/spip.php?mot8" rel="tag"&gt;sport, courses&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://velotextes.fr/spip.php?mot10" rel="tag"&gt;Avant 1900&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://velotextes.fr/spip.php?mot36" rel="tag"&gt;Paris&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://velotextes.fr/spip.php?mot55" rel="tag"&gt;Hotel, auberge, caf&#233;, restaurant&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://velotextes.fr/spip.php?mot60" rel="tag"&gt;Mono&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://velotextes.fr/spip.php?mot96" rel="tag"&gt;Extraits de livre&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;Par Ernest &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;BERTAUX&lt;/span&gt;, Source r&#233;trospective Le Cycliste 1961&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_163 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;64&#034; data-legende-lenx=&#034;xx&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://velotextes.fr/IMG/png/bertaux1891_2_.png' width='394' height='338' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre crayon document-titre-163 '&gt;&lt;strong&gt;Ernest berthaud
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif crayon document-descriptif-163 '&gt;15&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; au Paris-Brest-Paris 1891
&lt;/div&gt; &lt;div class='spip_doc_credits crayon document-credits-163 '&gt;Le Cycliste 1961
&lt;/div&gt;
&lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;D&#232;s que j'appris par les journaux la fameuse &#233;preuve Paris-Brest et retour, je me fis inscrire imm&#233;diatement par t&#233;l&#233;gramme. Cette inscription me donna le n&#176;&#160;4.&lt;br class='autobr' /&gt;
Je trouvai l'id&#233;e du &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#8239;Petit Journal&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; excellente en choisissant une route aussi accident&#233;e et en d&#233;fendant l'&#233;change de machine. Je m'entra&#238;nai fermement et je partis pour Paris avec la ferme intention de faire cette course en parcourant 240 kilom&#232;tres par jour et en me reposant r&#233;guli&#232;rement 5 heures chaque nuit. N'ayant pas entendu parler des intentions des meilleurs coureurs, je crus, en marchant ainsi, obtenir une des premi&#232;res places, au moins dans les 5 &#224; 6 premiers.&lt;br class='autobr' /&gt;
Jamais je n'avais si mal jug&#233; d'une course. Un d&#233;butant qui n'aurait jamais fait que quelques kilom&#232;tres en machine, n'aurait pas jug&#233; avec moins de comp&#233;tence de l'issue de cette grande &#233;preuve.&lt;br class='autobr' /&gt;
Enfin, dans l'ignorance o&#249; j'&#233;tais, je me mis en ligne. La Maison Rudqe avait mis &#224; ma disposition une bicyclette pneumatique, mais comme j'&#233;tais &#224; peu pr&#232;s assur&#233; de le crever dans un aussi long trajet, je pr&#233;f&#233;rai un caoutchouc creux. Ma bicyclette pesait donc environ 18 kilogrammes.&lt;br class='autobr' /&gt;
Nous devions &#234;tre &#224; peu pr&#232;s 200 engag&#233;s.&lt;br class='autobr' /&gt;
D&#232;s que j'arrivai au point de d&#233;part, rue Lafayette, je fus stup&#233;fait de voir tant de pneumatiques, et je me demandai comment les imprudents qui monteraient de semblables machines pourraient faire la route tout en r&#233;parant eux-m&#234;mes leurs caoutchoucs lorsqu'ils viendraient &#224; crever&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; car, il n'&#233;tait pas admissible qu'une machine munie de ces pneumatiques p&#251;t faire 300 lieues sans accident.&lt;br class='autobr' /&gt;
Mais je comptais sans les entra&#238;neurs et sans les relais o&#249; des sp&#233;cialistes r&#233;paraient ces pneumatiques.&lt;br class='autobr' /&gt;
Enfin le signal du d&#233;fil&#233; fut donn&#233; par trois coups de clairon secs et vibrants et une colonne de plus de quatre cents v&#233;locip&#233;distes se mit en marche. Chaque section pr&#233;c&#233;d&#233;e de ses chefs de file. La vitesse &#233;tait celle d'un homme au pas acc&#233;l&#233;r&#233;, ce qui permit &#224; une foule &#233;norme de nous suivre. Partout sur le parcours on n'entendait que les cris de : Vivent les coureurs, Vive la France, &#224; Brest, &#224; Brest, du courage, &#224; bient&#244;t&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;!&lt;br class='autobr' /&gt;
Ces cris &#233;taient souvent interrompus par des musiques, des fanfares install&#233;es sur le parcours et qui jouaient &#224; pleins poumons, soit la Marseillaise, soit le Chant du D&#233;part.&lt;br class='autobr' /&gt;
Enfin, nous arriv&#226;mes au bois de Boulogne. Le lieu o&#249; le signal du commencement de la course devait &#234;tre donn&#233; &#233;tait inconnu pour nous, seul le Pr&#233;sident de l'Union V&#233;locip&#233;dique de France, Monsieur Thomas, devait juger du moment opportun, c'est-&#224;-dire l'instant o&#249; la foule serait moins grande, car partout c'&#233;tait une fourmili&#232;re de curieux et je me demandais moi-m&#234;me : quand le Pr&#233;sident pourra-t-il jamais nous lancer dans cette foule&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;? Tout &#224; coup, au moment o&#249; j'y pensais le moins, Terront, qui &#233;tait &#224; c&#244;t&#233; de moi, se retourna et demanda : est-ce le d&#233;part&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;? Je me retournai instinctivement &#224; gauche et je me demandai aussi, est-ce le d&#233;part&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;? Cette h&#233;sitation venait tout simplement de ce fait que le Pr&#233;sident et les quatre Directeurs de la course venaient de se retirer du front de la colonne.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le Pr&#233;sident nous fit signe de la main et nous cria : Messieurs, partez... Un hourra formidable s'&#233;leva de la foule, les uns r&#233;p&#233;t&#232;rent les cris : Vivent les coureurs, courage, bon voyage, &#224; bient&#244;t. Vive la France&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;!&lt;br class='autobr' /&gt;
Ces cris qui nous mettaient de l'&#226;me au c&#339;ur, nous furent r&#233;p&#233;t&#233;s bien des fois sur le parcours.&lt;br class='autobr' /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-center&#034; style=&#034;text-align:center;&#034;&gt;***&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
L'avenue &#233;tait excessivement cahoteuse au d&#233;part et mes caoutchoucs creux bondissaient d'une mani&#232;re inqui&#233;tante, je ralentis mon train sans m'inqui&#233;ter de l'allure des uns ou des emballages des autres. Je pris une vitesse de 24 kilom&#232;tres &#224; l'heure, r&#233;solu &#224; n'en d&#233;mordre que dans les c&#244;tes o&#249; je devais ralentir en raison de leur rapidit&#233;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Beaucoup de cyclistes commenc&#232;rent cette course par un emballage furieux, mais je ne m'inqui&#233;tai pas de leur mani&#232;re d'interpr&#233;ter la course. J'avais, d'ailleurs, si mal jug&#233; cette &#233;preuve, que je pouvais encore me tromper, mais il &#233;tait trop tard pour songer &#224; changer de tactique.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#192; quelques kilom&#232;tres du d&#233;part, j'entendis crier : En avant Bertaux&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! C'&#233;tait Boyer, de Bayonne, qui cherchait &#224; rejoindre Terront.&lt;br class='autobr' /&gt;
Une minute apr&#232;s, Dubois passa comme un trait avec un seul entra&#238;neur. Jiel-Laval passa &#224; son tour entour&#233; d'entra&#238;neurs.&lt;br class='autobr' /&gt;
En gravissant la c&#244;te de Ville d'Avray, je m'entendis appeler par quelqu'un qui criait : &#224; Brest, Bertaux&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! C'&#233;tait Gras qui gravissait la c&#244;te &#224; toute allure. Cette vitesse de mon ami me fit r&#233;fl&#233;chir, car je connaissais son exp&#233;rience, en l'occasion, et je filai &#224; sa poursuite, mais comme il augmentait son train, je crus imprudent de l'imiter et je repris mon allure.&lt;br class='autobr' /&gt;
Plus de soixante coureurs me d&#233;pass&#232;rent en moins de 15 kilom&#232;tres. Avant Versailles, Gouz&#232;nes me rejoignit pour me suivre. &#192; ce moment, je passais St-Cyr et j'&#233;tais le 104&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt;.&lt;br class='autobr' /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-center&#034; style=&#034;text-align:center;&#034;&gt;***&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Apr&#232;s Saint-Cyr, les 40 kilom&#232;tres de pav&#233;s que l'on nous avait pr&#233;dits commenc&#232;rent. Dieu&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! quelle route&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! nos machines bondissaient sur ces pav&#233;s in&#233;gaux et nous f&#251;mes oblig&#233;s de ralentir.&lt;br class='autobr' /&gt;
Tous les pneumatiques de la course nous d&#233;pass&#232;rent pendant ce parcours. En revanche, je rattrapai une trentaine de bicyclistes mont&#233;s comme moi sur des caoutchoucs creux. Que j'ai vu de chutes pendant la travers&#233;e de ces 60 kilom&#232;tres&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! J'arrivai &#224; la Queue-les-Yvelines le 56&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt;, tous les pneumatiques, ou presque tous, &#233;taient pass&#233;s, et loin devant, et ce ne fut qu'en arrivant &#224; Dreux, &#224; 80 kilom&#232;tres du d&#233;part, que j'eus le bonheur de rattraper un cycliste mont&#233; en pneumatiques. Je luttai quelques cents m&#232;tres avec lui et le laissai assez facilement en arri&#232;re. J'&#233;tais seul, Gouz&#232;nes s'&#233;tant arr&#234;t&#233; probablement. &#192; cinq minutes de l&#224;, j'aper&#231;us trois autres pneumatiques, je filai &#224; leur poursuite et les l&#226;chai sans beaucoup d'efforts.&lt;br class='autobr' /&gt;
Beaucoup de coureurs, entre autres Gras et Boyer, &#233;taient rest&#233;s &#224; Dreux &#224; d&#233;jeuner. Je d&#233;jeunai tr&#232;s mal &#224; Nonancourt, ne trouvant &#224; manger que du b&#339;uf dur comme du cheval, quelques pommes de terre et du fromage. Je repartis le 42&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt;.&lt;br class='autobr' /&gt;
J'avais &#233;t&#233; arr&#234;t&#233; I heure 1/4.&lt;br class='autobr' /&gt;
J'arrivai &#224; Tilli&#232;res, o&#249; je rejoignis deux pneumatiques, l'un d'eux me suivit en remontant la c&#244;te de Tilli&#232;res, je marchai plus vite, il suivit quand m&#234;me, alors, voyant que nous ne pouvions nous l&#226;cher ni l'un ni l'autre, nous nous r&#233;sign&#226;mes &#224; marcher de compagnie jusqu'&#224; Verneuil. L&#224;, ce coureur s'arr&#234;ta.&lt;br class='autobr' /&gt;
Tout d'un coup, je m'entendis appeler, c'&#233;tait Dubois qui arrivait &#224; toute vitesse. Il avait &#233;t&#233; arr&#234;t&#233; par un accident &#224; son pneumatique. Nous march&#226;mes ensemble pendant 8 &#224; 10 kilom&#232;tres en parlant de sa course de Rouen, puis, son entra&#238;neur se trouvant fatigu&#233;, Dubois me l&#226;cha et fila seul. Je partis &#224; la chasse de Dubois mais ne pus le rejoindre qu'au contr&#244;le de Mortagne, o&#249; j'arrivai une minute apr&#232;s lui.&lt;br class='autobr' /&gt;
J'entrai &#224; Alen&#231;on &#224; 5 h. 1/2, je mangeai enfin quelque chose &#224; mon go&#251;t, ce que je n'avais pu trouver depuis Paris. Je restai une heure 1/2 &#224; Alen&#231;on et, comme j'allais repartir, Gras arrivait en cette ville.&lt;br class='autobr' /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-center&#034; style=&#034;text-align:center;&#034;&gt;***&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Nous repart&#238;mes Gras et moi, accompagn&#233;s du fils Montreuil qui voulut bien nous guider pour sortir de la ville.&lt;br class='autobr' /&gt;
Au bout de quelques minutes la nuit nous prit. Il faisait un noir &#233;pouvantable. Nous rejoign&#238;mes bient&#244;t un coureur que j'avais d&#233;j&#224; rattrap&#233; avant Alen&#231;on.&lt;br class='autobr' /&gt;
N'ayant pas de lanterne, il me demanda si je voulais le laisser marcher derri&#232;re moi, ce que j'acceptai avec plaisir car il lui &#233;tait impossible d'avancer sans lumi&#232;re tellement la nuit &#233;tait noire. Comme nous marchions un peu plus lentement depuis quelques instants, Gras, qui nous pr&#233;c&#233;dait, prit de l'avance et nous perd&#238;mes bient&#244;t de vue la lueur de sa lanterne.&lt;br class='autobr' /&gt;
Je fis la remarque au coureur qui m'accompagnait que nous ne marchions pas assez vite. Sur sa r&#233;ponse que la route &#233;tait dangereuse dans ces parages, &#224; cause de plusieurs passages &#224; niveau du chemin de fer, je ne cherchai plus &#224; forcer l'allure.&lt;br class='autobr' /&gt;
Mon compagnon de route me proposa de m'arr&#234;ter avec lui, dans une maison qu'il connaissait au haut d'une longue c&#244;te que nous venions de gravir, mais ayant l'intention de coucher &#224; Mayenne, je le remerciai et je continuai ma route.&lt;br class='autobr' /&gt;
J'acc&#233;l&#233;rai ma vitesse de plus en plus afin de rejoindre Gras qui devait avoir une forte avance, je ne pensais plus qu'au moment de le rattraper lorsque l'on me cria : halte l&#224;-bas, votre carnet&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;!&lt;br class='autobr' /&gt;
Je revins sur mes pas et fus tout surpris de me trouver au contr&#244;le de Pr&#233;-en-Pail. Je remplis les formalit&#233;s exig&#233;es, puis, j'appris que Gras &#233;tait reparti depuis dix minutes environ. Il &#233;tait 21 h. 27 minutes.&lt;br class='autobr' /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-center&#034; style=&#034;text-align:center;&#034;&gt;***&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Je repartis de toute la vitesse qu'il m'&#233;tait possible de faire par une nuit aussi obscure, et il y avait une heure environ que je marchais ainsi, lorsque j'aper&#231;us la lanterne de Gras au haut d'une c&#244;te, je me h&#226;tai davantage et le rejoignis. Qui va l&#224; me cria-t-il&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;? Paris-Brest lui r&#233;pondis-je. Ceci nous fit rire et changea la monotonie de cette course.&lt;br class='autobr' /&gt;
Un brouillard tr&#232;s froid nous saisit, j'avais les pieds gel&#233;s, Gras &#233;tait comme moi, bien refroidi.&lt;br class='autobr' /&gt;
Nous traversions &#224; ce moment, la petite bourgade du Ribet lorsque j'entendis dans la foule des curieux qui faisaient, comme partout, m&#234;me la nuit, haie sur notre passage, une voix qui cria : Est-ce le n&#176;&#160;4&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;? Je r&#233;ponds, voil&#224;. &#8212; C'est Bertaux&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;? &#8212; Parfaitement. Et imm&#233;diatement, je reconnus la voix d'un ami, Tapin, de B&#233;ny-Bocage. Je proposai &#224; Gras de s'arr&#234;ter en lui disant : c'est un ami de mon pays, je lui parle. Je vous attends dit Gras, et il descendit de sa machine.&lt;br class='autobr' /&gt;
Je trouvai, en effet, ce vaillant Tapin qui avait tenu &#224; voir la course. Je ne pouvais passer ainsi et laisser un ami qui s'&#233;tait d&#233;rang&#233; de 60 lieues pour venir me serrer la main, surtout que je n'avais plus que 20 km. &#224; faire avant de m'arr&#234;ter &#224; Mayenne. Je proposai &#224; Gras de rester avec nous, mais mon ami me r&#233;pondit en marseillais : je ne couche nulle part qu'&#224; Paris, et le voil&#224; parti. Il &#233;tait 10 h. 10 minutes.&lt;br class='autobr' /&gt;
Je soupai de bon app&#233;tit et le lendemain matin &#224; 3 h. 40 je repris la route de Brest.&lt;br class='autobr' /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-center&#034; style=&#034;text-align:center;&#034;&gt;***&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Je marchai ferme, malgr&#233; le brouillard glacial&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; &#224; 6 h. 30, j'arrivai au contr&#244;le de Laval.&lt;br class='autobr' /&gt;
La premi&#232;re personne que je rencontrai &#224; la porte du contr&#244;le m'annon&#231;a que mon p&#232;re &#233;tait l&#224;, et qu'il m'y avait attendu une partie de la nuit.&lt;br class='autobr' /&gt;
Je fis r&#233;gulariser mon carnet, je signai et fus &#224; l'h&#244;tel de Paris d&#233;jeuner avec mon p&#232;re. Quelques autres coureurs &#233;taient &#233;galement descendus en cet h&#244;tel.&lt;br class='autobr' /&gt;
Mon p&#232;re, qui &#233;tait venu sur la route pour me soigner ou m'arr&#234;ter en cas de fatigue, me surprit beaucoup en me disant : mais d&#233;p&#234;che-toi de repartir, tu vois, les autres n'arr&#234;tent pas aussi longtemps que toi, en voil&#224; trois de repartis depuis que nous sommes ici et ils &#233;taient arriv&#233;s apr&#232;s toi.&lt;br class='autobr' /&gt;
Qu'ils repartent si cela leur pla&#238;t, mais moi, je prends d'abord mon temps, et puis un caf&#233; apr&#232;s. Je repartis de Laval &#224; 8 h. 30. Un jeune cycliste se proposa pour me diriger dans la ville, ce qui me rendit service. Je marchai assez lentement jusqu'&#224; Vitr&#233; o&#249; un contr&#244;leur me for&#231;a &#224; descendre de machine pour voir lui-m&#234;me, de ses propres yeux, le num&#233;ro que je portais sur mon brassard.&lt;br class='autobr' /&gt;
Je lui reprochai d'&#234;tre trop m&#233;fiant et qu'il aurait d&#251; s'en rapporter &#224; moi plut&#244;t que de m'obliger &#224; descendre inutilement.&lt;br class='autobr' /&gt;
Entre Vitr&#233; et Ch&#226;teaubourg, je rattrapai cinq coureurs, deux d'entre eux voulurent me suivre mais au bout de 3 &#224; 4 kilom&#232;tres ils abandonn&#232;rent la lutte.&lt;br class='autobr' /&gt;
J'arrivai &#224; Noyal-sur-Vilaine o&#249; trois cyclistes rennais amateurs m'attendaient pour m'entra&#238;ner jusqu'&#224; la ville. L'un des trois, qui avait une bicyclette de course, put seul suivre le train, les autres rest&#232;rent en arri&#232;re. J'approchai de Rennes lorsque je rencontrai un de mes bons amis et client, M.&#160;Chr&#233;tien, qui m'attendait depuis plusieurs heures. Je re&#231;us force horions de cet ami&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; mais de ces reproches qui prouvent l'amiti&#233; et l'int&#233;r&#234;t : Que faites-vous donc Bertaux, tous les premiers sont loin et vous, vous vous amusez. Il faut marcher plus s&#233;rieusement&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;!&lt;br class='autobr' /&gt;
&#192; l'h&#244;tel, ce cher Monsieur me soigna comme s'il avait eu les plus grands int&#233;r&#234;ts &#224; ce que je gagnasse la course. Je n'avais pas &#233;t&#233; si bien choy&#233; depuis mon d&#233;part de Paris. Il &#233;tait 11 h. 3/4 lorsque je quittai Rennes. Maintenant, me dit mon ami, o&#249; allez-vous d&#238;ner&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;? &#192; Montauban-de-Bretagne o&#249; mon p&#232;re doit m'attendre car il a pris le train ce matin &#224; Laval pour cet endroit. &#8212; C'est bien, maintenant en selle. Et je vous en prie, marchez un peu, je vais vous sortir de la ville.&lt;br class='autobr' /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-center&#034; style=&#034;text-align:center;&#034;&gt;***&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
J'arrivai &#224; Montauban-de-Bretagne, apr&#232;s avoir encore d&#233;pass&#233; deux coureurs, &#224; 13 h. 05, j'avais donc franchi 32 km. en 1 h. 1/4 et cette partie de route est tr&#232;s accident&#233;e. En entrant au contr&#244;le, je trouvai mon p&#232;re et Bonhours, mon coureur, qui m'attendaient. Je fis signer mon carnet. Je d&#233;jeunai aussi tranquillement que chez moi, mais j'eus encore le tort de rester trop longtemps &#224; table. Je ne repartis de Montauban qu'&#224; 2 h. 15.&lt;br class='autobr' /&gt;
Bonhours m'accompagna, ce qui me fit prendre un peu d'avance. Nous march&#226;mes si vite, de Montauban &#224; Lamballe, distants de 50 km., que nous arriv&#226;mes comme le train que mon p&#232;re avait pris en nous quittant.&lt;br class='autobr' /&gt;
Un Monsieur qui descendait du train me dit : M.&#160;Bertaux, votre p&#232;re est dans ce train, je cours lui dire que vous arrivez ici. Mais ce Monsieur arriva trop tard, le train repartait. Je ne devais plus rencontrer mon p&#232;re que le lendemain &#224; Morlaix.&lt;br class='autobr' /&gt;
J'avais franchi les 49 km. qui s&#233;parent Montauban de Lamballe en 2 heures 5 minutes.&lt;br class='autobr' /&gt;
Apr&#232;s un modeste go&#251;ter, je repartis pour Saint-Brieuc. Nous arriv&#226;mes &#224; Saint-Brieuc &#224; 7 h. 53 du soir. Le contr&#244;le &#233;tait litt&#233;ralement encombr&#233;&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; plus de cinquante m&#232;tres avant la porte de l'h&#244;tel on passait dans un sentier ouvert par la foule, beaucoup de personnes prenaient des notes sur les heures d'arriv&#233;e des coureurs.&lt;br class='autobr' /&gt;
Je laissai ma bicyclette &#224; Bonhours, je signai la feuille et nous repart&#238;mes pour Guingamp sans rien prendre. Avant de partir de Saint-Brieuc on nous dit que Terront &#233;tait mort vers Belle-lsle... Nous march&#226;mes assez rondement et, malgr&#233; la nuit, nous ne rencontr&#226;mes aucun coureur. Nous ne nous parlions pas depuis longtemps, Bonhours et moi, lorsque je m'aper&#231;us que nous avions pris une fausse route.&lt;br class='autobr' /&gt;
Nous descend&#238;mes de machine, je pris ma carte, Bonhours d&#233;vissa ma lanterne et &#224; l'abri du vent, contre la haie, j'&#233;tudiai notre position.&lt;br class='autobr' /&gt;
Heureusement pour nous, nous n'avions fait que 4 km. sur cette route. Nous rebrouss&#226;mes chemin et essay&#226;mes de rattraper le temps perdu.&lt;br class='autobr' /&gt;
En descendant une c&#244;te assez raide, je l&#226;chai compl&#232;tement le guidon de ma machine : je dormais. R&#233;veill&#233; par ce virage brusque qui me lan&#231;a sur un tas de terre, je r&#233;solus de coucher au premier endroit venu.&lt;br class='autobr' /&gt;
Je ne voulus m&#234;me pas laisser Bonhours &#224; c&#244;t&#233; de moi, car je dormais malgr&#233; moi, et les zigzags que je taisais auraient pu nous occasionner une collision funeste pour nos machines.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#192; un moment, je passai compl&#232;tement sur un talus, je ne m'explique pas comment je me retrouvai sur la route sans &#234;tre descendu de bicyclette. Enfin, nous arriv&#226;mes &#224; quelques kilom&#232;tres de l'autre c&#244;t&#233; de Plouagat, o&#249; je r&#233;solus de m'arr&#234;ter.&lt;br class='autobr' /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-center&#034; style=&#034;text-align:center;&#034;&gt;***&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Quel h&#244;tel bon Dieu&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;!&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;!&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;!&lt;br class='autobr' /&gt;
Dans la salle de cette auberge, une dizaine de Bretons qui gesticulaient, se disputaient, riaient, sans prononcer un seul mot fran&#231;ais. Pas une seule chaise, pas un verre. Rien que des bancs plus ou moins d'aplomb et des tasses en terre jaune.&lt;br class='autobr' /&gt;
Apr&#232;s une soupe, assez bonne d'ailleurs, un pain noir et quelques poires nous firent un second plat.&lt;br class='autobr' /&gt;
Je demandai deux lits : Mon bon Monsieur vous allez coucher dans nos lits, car nous n'allons pas nous reposer de la nuit.&lt;br class='autobr' /&gt;
Tout allait donc au mieux. Que pouvions-nous demander de plus&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;? Des gens qui ne se couchaient pas pour nous donner leurs lits.&lt;br class='autobr' /&gt;
Nous m&#238;mes nos machines en lieu s&#251;r, et de plus, une des ma&#238;tresses de la Maison nous demanda si nous voulions lui confier les objets de valeur que nous avions, car, me dit-elle dans la chambre o&#249; vous allez coucher, il y a cinq lits, et si quelques coureurs arrivent pendant la nuit, ils se reposeront dans la m&#234;me chambre que vous. Elle ne voulait pas, s'il y avait quelque chose de perdu, que nous puissions soup&#231;onner l'honorabilit&#233; de nos h&#244;teliers. Je rassurai la bonne Bretonne en lui disant qu'il n'y avait pas de voleurs parmi les coureurs, et que la somme que nous portions n'&#233;tait pas assez importante pour tenter le plus ind&#233;licat des fripons. Je me couchai &#224; 22 h. 1/4. Je recommandai de nous &#233;veiller &#224; 3 heures du matin et m'endormis sur un lit qui devait &#234;tre pr&#233;par&#233; sp&#233;cialement pour des coureurs fatigu&#233;s, car il &#233;tait d'un moelleux excessif.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#192; 3 heures du matin, on ne manqua pas en effet de nous &#233;veiller, et quelle ne fut pas ma surprise en apercevant des brassards sur tous les lits de la chambre : trois autres coureurs &#233;taient arriv&#233;s apr&#232;s nous et s'&#233;taient arr&#234;t&#233;s &#224; la m&#234;me auberge. Nous nous lev&#226;mes tous ensemble, j'&#233;tais bien dispos&#233; &#224; faire une rude journ&#233;e et &#224; tourner Brest de bonne heure pour revenir, le soir m&#234;me, coucher au m&#234;me endroit&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; ce qui me faisait une distance de 275 km. &#224; parcourir. Mais je comptais sans les c&#244;tes qu'il me fallait gravir.&lt;br class='autobr' /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-center&#034; style=&#034;text-align:center;&#034;&gt;***&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Je retrouvai beaucoup de courage en voyant mes compagnons de repos. Ils &#233;taient dans un &#233;tat d&#233;plorable&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; l'un des trois fut oblig&#233; de se rejeter sur son lit pour ne pas s'&#233;vanouir, un autre ne put prendre aucune nourriture, le troisi&#232;me un peu mieux dispos&#233; bien qu'il n'e&#251;t pu prendre qu'une tasse de lait nous demanda de nous suivre afin de l'entra&#238;ner. Je ne pouvais refuser cette demande. Ses deux compagnons partirent en m&#234;me temps que nous, malgr&#233; le piteux &#233;tat dans lequel ils se trouvaient&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; l'un d'eux tomba en voulant sortir sa bicyclette. Je dis &#224; Bonhours en prenant notre caf&#233; : nous ne pouvons refuser &#224; cet homme de nous suivre, mais comme la lutte existe dans cette course, nous ne devons pas favoriser la chance de mes concurrents. Nous allumerons ma lanterne seulement et nous partirons avec une allure de 24 km. &#224; l'heure. Nous part&#238;mes donc &#224; grande allure, mais je vis qu'il &#233;tait inutile de faire une si grande vitesse pour nous d&#233;barrasser de mes adversaires, car au bout de quelques cents m&#232;tres, nous n'apercevions plus leurs lanternes.&lt;br class='autobr' /&gt;
Nous march&#226;mes assez rondement pendant quelque temps, et il &#233;tait environ 4 heures du matin lorsque nous entend&#238;mes crier en avant de nous : prenez la droite, attention, prenez la droite&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! Sans savoir ce que cela voulait dire, je pris la droite&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; au m&#234;me instant, trois bicyclettes et un tricycle, tous sans lumi&#232;re, nous crois&#232;rent. Je ne sus d'abord que penser de ce groupe qui semblait chercher &#224; se dissimuler, je crus tout d'abord &#224; des contr&#244;leurs. Nous ne pouvions penser autre chose, Bonhours me fit la m&#234;me r&#233;flexion et me dit : Ce sont des contr&#244;leurs assur&#233;ment. J'appris d'un contr&#244;leur, de l'autre c&#244;t&#233; de Guingamp, que je venais de croiser Terront et ses entra&#238;neurs.&lt;br class='autobr' /&gt;
En effet, c'&#233;tait bien Terront qui revenait de Brest. Jamais je n'avais vu de c&#244;tes semblables &#224; celles qu'il nous fallut gravir, il &#233;tait aussi fatigant de les descendre que de les monter, tant il fallait serrer le frein. Il est impossible de se faire une id&#233;e, m&#234;me approximative de ces rampes.&lt;br class='autobr' /&gt;
Nous arriv&#226;mes &#224; Morlaix &#224; 8 heures du matin. Dubois &#233;tait reparti de cet endroit il y avait 2 heures&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; tous ses accidents de pneumatiques lui avaient occasionn&#233; ce retard. Gras, Corre, Coullibeuf, etc... avaient quitt&#233; Morlaix dans la nuit, je devrais donc les rencontrer bient&#244;t revenant de Brest.&lt;br class='autobr' /&gt;
Apr&#232;s un excellent d&#233;jeuner, je quittai Morlaix &#224; 9 heures. Mon p&#232;re attendit mon retour ici. Coullibeuf rentrait comme je sortais de la ville. Vers Saint-Th&#233;gonnec, je croisai Corre.&lt;br class='autobr' /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-center&#034; style=&#034;text-align:center;&#034;&gt;***&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
En descendant l'interminable c&#244;te de Landivisiau, je croisai Gras et deux autres cyclistes. Nous nous souhait&#226;mes du courage et continu&#226;mes notre route. Tous ces coureurs que j'avais rencontr&#233;s, revenant de Brest, n'avaient pas pris de repos, ils avaient march&#233; tous nuit et jour.&lt;br class='autobr' /&gt;
J'arrivai &#224; Brest, &#224; midi 45, je signai, fis r&#233;gulariser mon carnet et me mis &#224; table avec un rude app&#233;tit. Je perdis plus d'une heure par la faute d'un m&#233;canicien qui s'&#233;tait charg&#233; de me placer des repose-pieds &#224; ma bicyclette. Je ne sais s'il y avait incapacit&#233; ou mauvaise volont&#233;, mais toujours est-il qu'il m'arr&#234;ta une grande heure.&lt;br class='autobr' /&gt;
Je ne repartis de Brest qu'&#224; 15 heures. Bonhours reprit le train pour Morlaix. J'avais grande envie de marcher seul et de ne pas servir d'entra&#238;neur &#224; quelques concurrents, mais au bout d'une demi-heure je rejoignis deux cyclistes qui s'obstin&#232;rent &#224; me suivre.&lt;br class='autobr' /&gt;
Je fus oblig&#233; de faire enlever les repose-pieds que le m&#233;canicien de Brest m'avait mal attach&#233;s malgr&#233; le temps qu'il y avait pass&#233; et m'arr&#234;tai une demi-heure environ &#224; Landerneau pour ce travail.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#192; 18 h. 20 je rentrai &#224; Morlaix.&lt;br class='autobr' /&gt;
J'avais donc perdu &#233;norm&#233;ment de temps en r&#233;parations, aussi, je r&#233;solus de manger &#224; la h&#226;te et de forcer l'allure afin d'aller coucher o&#249; j'avais pass&#233; l'autre nuit, cette fois je comptais sans le sommeil.&lt;br class='autobr' /&gt;
Je quittai Morlaix &#224; 19 h. et je ne pus me tenir &#233;veill&#233; que jusqu'&#224; Belle-lsle, &#224; 40 km. environ. J'y arrivai &#224; 21 heures, me couchai en arrivant, recommandant bien &#224; l'h&#244;telier de m'&#233;veiller &#224; 3 heures du matin.&lt;br class='autobr' /&gt;
Nous couch&#226;mes Bonhours et moi, dans la m&#234;me chambre mais pas plus l'un que l'autre nous ne nous r&#233;veill&#226;mes &#224; l'heure &#224; laquelle je voulais partir.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le ma&#238;tre d'h&#244;tel en fit autant, de sorte que nous nous lev&#226;mes, comme de bons bourgeois, &#224; 5 h. 1/2. J'&#233;tais furieux de l'insouciance de cet homme, je ne pus d&#233;jeuner tant j'&#233;tais contrari&#233; de ce nouveau retard, 3 h. 1/2 de perdues, et lorsque je vins pour payer ma note je ne trouvai plus mon porte-monnaie, je l'avais perdu la veille. Il contenait 60 francs environ. On eut assez de confiance en nous pour nous faire cr&#233;dit et &#224; 6 heures, nous part&#238;mes pour Saint-Brieuc.&lt;br class='autobr' /&gt;
La temp&#233;rature &#233;tait excessivement froide, nous march&#226;mes quand m&#234;me &#224; une bonne allure, mais au bout d'une heure, comme je n'avais pas d&#233;jeun&#233;, j'arr&#234;tai &#224; 4 km. au-del&#224; de Guingamp o&#249; je savais que j'allais pouvoir manger &#224; cr&#233;dit. Je fis un bon repas et continuai ma route jusqu'&#224; Saint-Brieuc o&#249; j'arrivai &#224; 9 h. 25. L&#224; on me remit de l'argent pour continuer mon voyage.&lt;br class='autobr' /&gt;
Je pris une tasse de caf&#233; et repartis pour Montauban-de-Bretagne o&#249; j'arrivai &#224; 13 heures. J'avais fait une assez bonne vitesse puisque j'avais couvert 70 km. en 2 h. 1/2, mais je regrettai toujours le temps perdu depuis Brest.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#192; Montauban-de-Bretagne, Bonhours, me remit 10 francs qui lui restaient sur les vingt francs que je lui avais donn&#233;s pour prendre le train, de sorte que nous p&#251;mes nous payer un bon d&#233;jeuner&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; mais il fut long &#224; &#234;tre appr&#234;t&#233;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Je me remis en route &#224; 14 h. 10. Je marchai ferme jusqu'&#224; Vitr&#233;, sans aucun arr&#234;t, et parcourus ces 67 km. en 2 h. 10. L&#224; je m'arr&#234;tai I h. 1/2 pour manger et faire retendre ma selle qui commen&#231;ait &#224; me blesser. J'arrivai &#224; Laval, &#224; l'h&#244;tel de Paris, o&#249; mon p&#232;re m'attendait, vers 20 h. 40. Je me fis donner une douche par Bonhours, et allai faire signer mon carnet au contr&#244;le.&lt;br class='autobr' /&gt;
Aussit&#244;t rentr&#233; &#224; l'h&#244;tel, je me couchai sans manger &#8212; puisque j'avais soup&#233; &#224; Vitr&#233; &#8212; en priant mon p&#232;re de m'&#233;veiller &#224; 2 h. moins le 1/4.&lt;br class='autobr' /&gt;
Bonhours resta &#224; d&#238;ner avec mon p&#232;re.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#192; 2 heures pr&#233;cises, j'&#233;tais &#224; table, et je puis vous assurer que je d&#233;jeunai comme un homme qui ne fait pas une semblable course.&lt;br class='autobr' /&gt;
Mon p&#232;re me demanda quelle &#233;tait la distance que j'esp&#233;rais faire aujourd'hui. Je lui racontai le temps que j'avais perdu depuis Brest, et lui affirmai que j'allais coucher &#224; Paris ce soir, j'avais donc 280 km. &#224; parcourir.&lt;br class='autobr' /&gt;
Nous part&#238;mes, Bonhours et moi, &#224; 3 heures du matin. &#192; 4 heures pr&#233;cises, nous franchissions Mayenne, soit 27 km. &#224; l'heure. Cette allure &#233;tait tr&#232;s imprudente et pardonnable tout au plus, &#224; un v&#233;locip&#233;diste qui n'aurait jamais fait de course de fond, c'est pourquoi elle ne me f&#238;t pas gagner de temps.&lt;br class='autobr' /&gt;
Quelques kilom&#232;tres apr&#232;s Mayenne, comme nous montions une c&#244;te qui part d'une altitude de 102 m. pour arriver &#224; celle de 287, et qu'il faisait un froid excessif, Bonhours se trouva mal et fut oblig&#233; de rester &#224; Le Ribay o&#249; il se reposa en attendant le train.&lt;br class='autobr' /&gt;
Je marchai plus r&#233;guli&#232;rement de Javron &#224; Pr&#233;-en-Pail o&#249; j'arrivai &#224; 7 h. 26 du matin. Je signai et repartis, sans repos, pour Alen&#231;on que j'atteignis &#224; 8 h. 15.&lt;br class='autobr' /&gt;
Quelle ne fut pas ma surprise en rencontrant, &#224; l'h&#244;tel, ma femme et ma m&#232;re, qui avaient, elles aussi, voulu s'assurer si je ne me fatiguais pas &#224; outrance.&lt;br class='autobr' /&gt;
En voyant ma bonne mine et l'excellent &#233;tat o&#249; j'&#233;tais, elles furent les premi&#232;res &#224; m'exciter &#224; repartir plus t&#244;t que je ne le d&#233;sirais.&lt;br class='autobr' /&gt;
J'envoyai chercher un des fils Montreuil qui, je le savais, ne me refuserait pas de m'entra&#238;ner jusqu'&#224; Mayenne, et je repartis en sa compagnie, &#224; 10 h. 45 d'Alen&#231;on.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#192; quelques kilom&#232;tres de la ville, je d&#233;passai deux coureurs qui paraissaient ext&#233;nu&#233;s.&lt;br class='autobr' /&gt;
Nous marchions &#224; 28 km. &#224; l'heure lorsque Montreuil me demanda si ce n'&#233;tait pas trop vite. Sur ma r&#233;ponse, que je ne souffrais pas, il continua en me disant : si vous marchez ainsi jusqu'&#224; Paris vous en rattraperez plus d'un.&lt;br class='autobr' /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-center&#034; style=&#034;text-align:center;&#034;&gt;***&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Nous arriv&#226;mes &#224; Mortagne &#224; midi 15, nous avions donc aval&#233; 35 km. en 1 h. 10 minutes.&lt;br class='autobr' /&gt;
Il &#233;tait temps, et grand temps, que l'h&#244;tel approch&#226;t, car j'avais une faim enrag&#233;e. Nous nous m&#238;mes &#224; table, et apr&#232;s avoir pris un bon caf&#233; et fum&#233; un cigare (fumer un cigare&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! quel enfantillage&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;!!) Je me disposais &#224; partir lorsque l'un des membres du contr&#244;le vint me f&#233;liciter, et de ma mani&#232;re d'accomplir la course et du parfait &#233;tat dans lequel j'&#233;tais.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#192; 2 heures de l'apr&#232;s-midi, je quittai mon ami Montreuil et marchai sur la Queue-les-Yvelines.&lt;br class='autobr' /&gt;
Entre Saint-Maurice et Armenti&#232;res, je fus pris d'une esp&#232;ce de syncope qui me paralysa compl&#232;tement les jambes. J'attribuai cette indisposition &#224; l'heure trop matinale &#224; laquelle j'&#233;tais parti de Laval, et je perdis presque connaissance un instant, puisque je fus rouler dans la rigole avec ma bicyclette. L&#224; je m'endormais tranquillement si un paysan, qui m'avait aper&#231;u d'une ferme voisine, n'&#233;tait venu me r&#233;veiller.&lt;br class='autobr' /&gt;
Il m'emmena chez lui et voulut que je me repose quelques instants, mais je le remerciai et lui demandai seulement une chose. Ce fut de tirer un seau d'eau au puits et de me le jeter tout entier &#224; la figure. Bien que cette op&#233;ration lui r&#233;pugn&#226;t, il s'y rendit quand m&#234;me. L'effet fut souverain, je me sentis r&#233;veill&#233; subitement et l'&#233;tourdissement &#233;tait pass&#233;. Je remerciai ce brave homme et remontai en machine. J'&#233;tais tremp&#233; jusqu'aux os, mais le soleil dardait si fort, que je me s&#233;chai en tr&#232;s peu de temps.&lt;br class='autobr' /&gt;
Je marchai assez paisiblement lorsque j'entendis la trompe d'une bicyclette, c'&#233;tait Bonhours, qui, apr&#232;s s'&#234;tre repos&#233; avait pris le train jusqu'&#224; Mortagne. L&#224; il avait rencontr&#233; le fils Montreuil qui lui avait dit : vous pouvez marcher dur, vous ne rattraperez pas Bertaux avant Versailles, il est dans un excellent &#233;tat et marche facilement. J'&#233;tais heureux de le rencontrer &#224; cet endroit car je craignais que le sommeil ne me repr&#238;t. &#192; mesure que mon jersey s&#233;chait, je sentais l'assoupissement me reprendre. Nous arr&#234;t&#226;mes quelques minutes &#224; Verneuil, je me couchai sur une table pour y dormir 1/4 d'heure.&lt;br class='autobr' /&gt;
Ce repos, si minime qu'il f&#251;t, me remit compl&#232;tement. Nous pr&#238;mes quelque nourriture &#224; Nonancourt, puis remont&#226;mes en machine pour la Queue-les-Yvelines. J'arrivai &#224; ce contr&#244;le &#224; 10 heures du soir.&lt;br class='autobr' /&gt;
Voyez un peu le temps que j'avais perdu avant Verneuil&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;!&lt;br class='autobr' /&gt;
Je parcourus les 67 km. qui s&#233;parent Verneuil de la Queue en 3 h. 4 minutes.&lt;br class='autobr' /&gt;
Je remplis les formalit&#233;s du contr&#244;le et nous b&#251;mes, Bonhours et moi, une bouteille de champagne. Nous repart&#238;mes &#224; 10 h. 10. Trois coureurs repartaient de ce contr&#244;le comme j'y arrivais. L'un des contr&#244;leurs me dit : les hommes qui viennent de repartir &#224; votre arriv&#233;e sont ext&#233;nu&#233;s, vous pouvez les devancer facilement d'ici quelques kilom&#232;tres.&lt;br class='autobr' /&gt;
Malheureusement, nous venions de commencer l'effroyable pav&#233;, et, en repartant trop vite sur ces blocs cahoteux, l'essieu de la roue directrice de la machine de Bonhours se brisa net.&lt;br class='autobr' /&gt;
Me voil&#224; donc seul pour traverser ce maudit passage de 40 km. Je ne me d&#233;courageai pas et roulai le plus vite possible &#224; la poursuite de mes trois adversaires.&lt;br class='autobr' /&gt;
Au bout d'une demi-heure, je les rejoignis et les d&#233;passai. Je for&#231;ai un peu l'allure, et au bout d'une heure je devais avoir une forte avance sur eux, lorsque je butai contre un bloc de granit et piquai une t&#234;te pardessus le guidon de ma machine. Ma lanterne qui m'&#233;tait si utile &#224; cause de l'obscurit&#233; profonde fut bris&#233;e en morceaux.&lt;br class='autobr' /&gt;
Pour moi je n'eus aucun mal et remontai prestement afin de ne pas &#234;tre rejoint.&lt;br class='autobr' /&gt;
Je fus oblig&#233; de descendre plusieurs fois de machine car la ligne d'arbres qui borde cette route pav&#233;e m'&#233;blouissait par instant et quelquefois je fr&#244;lais le trottoir de ma p&#233;dale.&lt;br class='autobr' /&gt;
J'arrivai aux portes de Versailles &#224; minuit juste. Le garde qui m'ouvrit la barri&#232;re m'assura qu'il y avait plus d'une heure qu'il n'&#233;tait pass&#233; de coureur.&lt;br class='autobr' /&gt;
Je filai tr&#232;s vite le long des avenues de cette ville, car je pensais toujours &#224; gagner du temps sur les trois cyclistes qui me suivaient. J'&#233;tais si pr&#233;occup&#233; de me h&#226;ter, que je me trompai d'avenue, et arrivai &#224; une porte qui n'&#233;tait pas celle qui conduit &#224; Ville d'Avray (S&#232;vres). Le gardien m'indiqua ma route, je repartis dans la direction qu'il me montra. Je marchai environ 10 minutes. J'&#233;tais perdu, je ne savais plus de quelle direction je venais, et je marchais &#224; l'aventure esp&#233;rant toujours trouver une barri&#232;re quelconque o&#249; je pusse me renseigner.&lt;br class='autobr' /&gt;
Quels ne furent pas mon &#233;tonnement et la surprise du gardien de la barri&#232;re qui m'avait renseign&#233;, en me retrouvant au m&#234;me endroit d'o&#249; j'&#233;tais parti 1/4 d'heure avant. Cette fois, cet homme fut assez complaisant pour venir avec moi jusque dans l'all&#233;e que je devais suivre pour sortir de Versailles.&lt;br class='autobr' /&gt;
J'&#233;tais d&#233;sappoint&#233; du temps que j'avais perdu, et je craignis que mes adversaires ne fussent pass&#233;s pendant que je cherchais ma route.&lt;br class='autobr' /&gt;
H&#233;las, je n'&#233;tais pas au bout de mes ennuis.&lt;br class='autobr' /&gt;
De Versailles au lieu de contr&#244;le, Boulevard Maillot, Restaurant Gillet, il y a vingt kilom&#232;tres, je mis 2 h. 40 minutes&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;!&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;!&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! Vous dire o&#249; je fus, je ne le saurais, toujours est-il que je marchai, pendant ces 2 h. 40, &#224; une vitesse d'au moins 16 km. &#224; l'heure. Je demandai ma route plus de 10 fois, tant&#244;t je r&#233;veillais des habitants qui me renseignaient assez bien pour un certain bout de chemin, tant&#244;t je demandais &#224; des hommes couch&#233;s sur les talus, mais je crois que lorsque je ne recevais pas de sottises, ces voyous m'indiquaient une direction contraire &#224; celle que je devais prendre. J'&#233;tais an&#233;anti, d&#233;sol&#233;, je me d&#233;courageai un instant et m'assis sur le bord de la route &#224; la sortie d'un petit village, r&#233;solu &#224; attendre le jour&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; puis je me remis en route, d&#233;termin&#233; &#224; marcher droit devant moi.&lt;br class='autobr' /&gt;
Au bout d'un quart d'heure de marche dans la direction o&#249; j'allais au hasard, je me trouvai au milieu d'un grand bois, je crus me reconna&#238;tre pour &#234;tre dans le bois qui s&#233;pare Versailles de Ville-d'Avray. Je descendis une c&#244;te et, en effet, entrai bel et bien &#224; Ville-d'Avray, pr&#233;cis&#233;ment par la rue o&#249; je venais de passer il y avait 1 Heure 1/2 environ.&lt;br class='autobr' /&gt;
Au milieu de cette ville, je rattrapai un v&#233;locip&#233;diste qui me parut un coureur, puisqu'il avait comme nous, le brassard tricolore, mais sa fa&#231;on de me questionner et ses mani&#232;res, me firent augurer que j'avais affaire &#224; un filou. Il me dit de le suivre, qu'il connaissait la route&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; bien que je n'eusse qu'une bien imparfaite confiance en lui, j'&#233;tais tellement d&#233;moralis&#233; d'une aventure qui allait peut-&#234;tre me faire perdre bien des places, que je le suivis.&lt;br class='autobr' /&gt;
Au lieu de sortir directement de Ville d'Avray, comme je supposais qu'on devait le faire, il tourna &#224; droite dans une rue &#233;troite, pav&#233;e et qui descendait assez rapidement (route de S&#232;vres). Je m'aper&#231;us que ma premi&#232;re supposition avait &#233;t&#233; juste&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; et que je pouvais avoir affaire &#224; un faux coureur et par cons&#233;quent &#224; un fripon.&lt;br class='autobr' /&gt;
Je retournai sur mes pas sans le pr&#233;venir, et remontai cette ruelle pour prendre la vraie route. J'entendis bien mon homme crier apr&#232;s moi, mais je n'y pris garde. Je filai droit devant moi et me reconnus &#224; Suresnes. Je me renseignai &#224; la porte de cette ville, et m'engageai dans le bois de Boulogne. Je m'&#233;garai une fois encore dans les all&#233;es de ce bois, mais je ne perdis pas plus de 10 &#224; 15 minutes. Un agent de police, qui stationnait &#224; quelque cents m&#232;tres du contr&#244;le, me montra les lanternes qui l'indiquaient. J'&#233;tais enfin sauv&#233;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Un des contr&#244;leurs me dit que l'on &#233;tait inquiet sur mon retard, attendu que mon passage avait &#233;t&#233; signal&#233; &#224; la Queue-les-Yvelines &#224; 22 heures.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le m&#233;decin qui me t&#226;ta le pouls, trouva mon &#233;tat aussi normal que possible et fit la remarque que tous les coureurs de 28 &#224; 35 ans arrivaient beaucoup plus frais que les jeunes gens de 20 &#224; 25 ans.&lt;br class='autobr' /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-center&#034; style=&#034;text-align:center;&#034;&gt;***&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Comme je m'y attendais, le temps que j'avais si malheureusement perdu &#224; chercher ma route, me fit perdre deux places, l'un des trois concurrents que j'avais d&#233;pass&#233;s &#233;tait probablement rest&#233; en route.&lt;br class='autobr' /&gt;
Je fus class&#233; 15&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt;. Quelle place aurais-je occup&#233;e si je n'avais parcouru que 240 km. chaque jour comme je me l'&#233;tais propos&#233; tout d'abord. J'avais donc effectu&#233; la distance de 1.200 km. en 4 jours 1/2, avec une moyenne de 290 km. par jour :&lt;br class='autobr' /&gt;
I&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;er&lt;/sup&gt; jour ................. 260 km.&lt;br class='autobr' /&gt;
2&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; jour .................. 280 km.&lt;br class='autobr' /&gt;
3&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; jour .................. 295 km.&lt;br class='autobr' /&gt;
4&#176; jour et 10 heures . . 365 km.&lt;br class='autobr' /&gt;
J'avais r&#233;guli&#232;rement dormi 5 heures par nuit, et, d&#233;duction faite des arr&#234;ts, j'avais march&#233; seulement durant 52 heures. J'aurais fait cette course en beaucoup moins de temps si j'avais pr&#233;vu les dispositions qu'avaient prises les principaux coureurs.&lt;br class='autobr' /&gt;
Bien que je n'eusse pas pu marcher des nuits enti&#232;res, au moins j'aurais pu me procurer des entra&#238;neurs qui m'auraient excit&#233;, soign&#233;, et j'aurais pu alors monter des pneumatiques, ce qui m'aurait occasionn&#233; beaucoup moins de fatigue, sans compter l'augmentation de vitesse. Des coureurs qui cependant, &#233;taient de forts routiers, auraient pu assur&#233;ment, eux aussi, parcourir ces 1.200 km. en moins de temps qu'ils ne l'ont fait, mais comme moi, ils n'avaient compt&#233; que sur eux pour ce gigantesque tournoi.&lt;br class='autobr' /&gt;
Il est &#224; regretter que le &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#8239;Petit Journal&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;, voyant la multitude d'entra&#238;neurs, n'ait pas eu l'id&#233;e de faire une chose qui aurait eu une importance tr&#232;s grande, et qui aurait r&#233;tabli les m&#233;rites de chacun :&lt;br class='autobr' /&gt;
J'aurais d&#233;sir&#233;, qu'en rentrant au point d'arriv&#233;e, chaque coureur ayant effectu&#233; le trajet en moins de 6 jours par exemple, ceci facultativement, e&#251;t &#233;t&#233; invit&#233;, afin de juger de son &#233;tat de fatigue, &#224; repartir imm&#233;diatement (ou apr&#232;s un repos de quelques minutes), pour effectuer une nouvelle distance de 100 km. ou plus, selon le temps qu'il aurait mis &#224; parcourir ces 1.200 km. Il aurait &#233;t&#233; int&#233;ressant de voir le r&#233;sultat de cette surprise. L&#224; on aurait jug&#233; de l'&#233;tat de fatigue avec la plus grande exactitude. Quelques coureurs seraient certainement repartis, mais, pour obtenir le dipl&#244;me affect&#233; &#224; cet impr&#233;vu, il aurait fallu fixer un maximum de temps, cinq heures, par exemple, auraient &#233;t&#233; suffisantes.&lt;br class='autobr' /&gt;
Pour ma part, j'aurais &#233;t&#233; heureux de cette surprise et je serais reparti pour n'importe quelle distance.&lt;br class='autobr' /&gt;
Je vais vous donner l'emploi de ma journ&#233;e apr&#232;s l'arriv&#233;e au contr&#244;le &#224; 2 h 55 du matin le 11&#160;septembre.&lt;br class='autobr' /&gt;
Au restaurant Gillet, nous avions des lits &#224; notre disposition et tout le confort pour des hommes qui exigent quelques soins apr&#232;s une longue route. &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#8239;Le Petit Journal&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; avait &#233;t&#233; vraiment admirable de pr&#233;voyance pour les coureurs. Aussi bien dans les contr&#244;les qu'&#224; notre retour, nous trouv&#226;mes partout des hommes d&#233;vou&#233;s qui &#233;taient aux petits soins et &#224; notre service m&#234;me, avec une bonhomie vraiment digne d'&#233;loge.&lt;br class='autobr' /&gt;
Je me reposai donc dans la chambre qui m'&#233;tait destin&#233;e jusqu'&#224; 6 heures du matin. Je me levai si t&#244;t parce que je ne pouvais dormir, je r&#234;vais de mes all&#233;es et venues dans le bois de Boulogne et les environs de Paris.&lt;br class='autobr' /&gt;
Donc, &#224; 6 heures, j'&#233;tais debout. Je devais me rendre &#224; la Maison Rudge, rue Hal&#233;vy, mais comme je n'avais plus que 30 centimes dans ma poche et que cette Maison n'ouvrait qu'&#224; 8 heures, force me fut, avant de h&#233;ler un fiacre pour me transporter moi et ma machine, d'attendre l'heure de l'ouverture afin de me procurer de l'argent pour payer mon cocher.&lt;br class='autobr' /&gt;
Je me promenais dans le bois en attendant l'heure propice. Arriv&#233; &#224; la Maison Rudge je laissai ma machine et partis dans Paris faire quelques courses, je marchai &#224; pied tout le temps, car je souffrais assis, la selle de ma bicyclette qui &#233;tait on ne peut plus d&#233;fectueuse, m'avait bless&#233; tr&#232;s douloureusement.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#192; 11 heures, j'&#233;tais de retour rue Hal&#233;vy, o&#249; je trouvai une d&#233;p&#234;che des Cyclistes Normands me demandant quand je rentrerais. Je r&#233;pondis imm&#233;diatement, et &#224; 11 h. 45, je prenais le train pour Caen o&#249; j'arrivais &#224; 6 h. 08 du soir.&lt;br class='autobr' /&gt;
En descendant de wagon, un employ&#233; de chemin de fer me dit : on vous attend en grande pompe Monsieur Bertaux.&lt;br class='autobr' /&gt;
Je ne compris pas tr&#232;s bien ce qu'il voulait me dire lorsqu'un second employ&#233; vint m'avertir de la part du Pr&#233;sident, de mettre mon brassard tricolore comme je l'avais port&#233; dans la course.&lt;br class='autobr' /&gt;
Je compris alors de quoi il s'agissait, je pris ma bicyclette et sortis.&lt;br class='autobr' /&gt;
Quel ne fut pas mon &#233;tonnement, en voyant la Soci&#233;t&#233; enti&#232;re des Cyclistes Normands et une foule de cyclistes de mes amis qui s'&#233;taient joints &#224; eux, m'accueillir aux cris de Vive Bertaux&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;!&lt;br class='autobr' /&gt;
Trois magnifiques bouquets me furent offerts. Une inscription port&#233;e par un des Membres sur laquelle &#233;tait inscrit le r&#233;sultat de ma course s'&#233;levait au-dessus de la foule. &#201;mu par cette r&#233;ception inattendue, je ne pus r&#233;pondre &#224; toutes les f&#233;licitations.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le cort&#232;ge se dirigea vers le caf&#233; du Th&#233;&#226;tre o&#249; un punch d'honneur m'&#233;tait offert. Quelques jours apr&#232;s, cette Soci&#233;t&#233; m'offrait un magnifique vase en souvenir de cette course Paris-Brest.&lt;br class='autobr' /&gt;
Cette f&#234;te s'&#233;tait continu&#233;e assez tard, si bien qu'&#224; 11 h. 1/2 je jouais encore au billard avec le Pr&#233;sident.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le surlendemain, je faisais l'ouverture de la chasse avec mes amis. C'est assez vous dire, je pense, la fatigue que m'avait occasionn&#233;e cette grande course.&lt;br class='autobr' /&gt;
Ernest &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;BERTAUX&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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