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	<title>V&#233;lotextes</title>
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	<description>Lire celles et ceux qui ont fait du v&#233;lo un bienfait social, moyen de d&#233;placement et de tourisme&#160;: Paul de Vivie dit V&#233;locio, Capitaine Perrache dit l'homme de la montagne, Carlo Bourlet...
Histoire du v&#233;lo
Site de Laurent Vigniel</description>
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		<title>V&#233;lotextes</title>
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		<title>La Croix-Haute (1902)</title>
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		<dc:subject>cyclotourisme, cyclocamping</dc:subject>
		<dc:subject>Entre 1900 et 1914</dc:subject>
		<dc:subject>Vercors</dc:subject>
		<dc:subject>d'Espinassous</dc:subject>
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		<dc:subject>Dauphin&#233;</dc:subject>
		<dc:subject>col de Grimone</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;&#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#8239;Ar&#233;thuse &#233;tait probablement une cyclettiste, et il est assez naturel d'admettre que le jour de la f&#234;te de Diane, ses nymphes organisaient, en son honneur, une course de bicyclettes.&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;&lt;/p&gt;

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&lt;a href="http://velotextes.fr/spip.php?rubrique42" rel="directory"&gt;A. D'Espinassous&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="http://velotextes.fr/spip.php?mot9" rel="tag"&gt;cyclotourisme, cyclocamping&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://velotextes.fr/spip.php?mot11" rel="tag"&gt;Entre 1900 et 1914&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://velotextes.fr/spip.php?mot49" rel="tag"&gt;Vercors&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://velotextes.fr/spip.php?mot51" rel="tag"&gt;d'Espinassous&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://velotextes.fr/spip.php?mot54" rel="tag"&gt;V&#233;g&#233;tarisme&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://velotextes.fr/spip.php?mot67" rel="tag"&gt;Dauphin&#233;&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://velotextes.fr/spip.php?mot109" rel="tag"&gt;col de Grimone&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;Par D'Espinassous, revue mensuelle du Touring-Club de France, Juillet 1902&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; Monsieur le docteur Julliard.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est d'&#233;tranges rencontres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je quitte Die &#224; 4 heures. Le ciel, d'un bleu noir, resplendit d'&#233;toiles : sur le levant, une l&#233;g&#232;re lueur indique l'approche de l'aube. Les champs sont silencieux, pas le moindre fr&#233;missement sur les feuilles des hauts peupliers, la route est d&#233;serte, tout dort encore.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Insensiblement le ciel s'&#233;claire, les &#233;toiles p&#226;lissent, le jour para&#238;t : une d&#233;licieuse fra&#238;cheur succ&#232;de &#224; l'air lourd et chaud de la nuit, et sous les noyers de Ch&#226;tillon, dans la grande ombre du Glandaz, ma bicyclette court joyeuse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce village d&#233;pass&#233;, le chemin de Grimone, laissant &#224; gauche celui de Men&#233;e, franchit le Bez et ne tarde pas &#224; s'engager dans le d&#233;fil&#233; d'Aygat. D'un aspect tr&#232;s sauvage, ces gorges n'ont pas le pittoresque romantique de celles de la Bourne, et pr&#233;sentent un caract&#232;re plus m&#233;ridional. Sur leurs pentes escarp&#233;es, je n'entends ni la hache du b&#251;cheron, ni les clochettes du troupeau lointain. Nul bruit que celui du torrent roulant ses eaux sur les galets.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les roches ont de magnifiques colorations. Leur couleur dominante est le gris bleut&#233;, souvent tach&#233; de jaune, de bistre et de rouge. Des c&#233;p&#233;es de h&#234;tres au vert clair, se d&#233;tachant sur le noir des sapins att&#233;nuent l'aust&#233;rit&#233; du paysage. Cette route est fort agr&#233;able, surtout le matin, mais ne peut se comparer, &#224; mon avis, &#224; celles du Vercors ou de l'Arly.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s un court tunnel elle passe entre de gigantesques escarpements aux tons &#233;clatants : c'est la fin du d&#233;fil&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je m'assieds au bord du chemin, et levant les yeux, j'aper&#231;ois tr&#232;s haut, une ligne d'arbres d&#233;crivant de brusques lacets sur le flanc de la montagne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'&#233;tait la route qui se livrait &#224; une v&#233;ritable escalade.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au sommet, la vue sur l'ab&#238;me, o&#249; d'&#233;normes rochers se dressent en ob&#233;lisques, est vertigineuse. Je descends ensuite dans la verte vall&#233;e de Glandage et imm&#233;diatement commence la longue rampe du col.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je montais lentement la dure c&#244;te et venais de traverser Grimone, quand subitement, sans bruit, un cycliste me d&#233;passe. V&#234;tu de noir, tr&#232;s grand, tr&#232;s maigre, et comme particularit&#233;, cheveux ch&#226;tains et moustache rouge, il me parait d&#233;ployer une force peu commune. Un sac volumineux plac&#233; &#224; l'avant, une carte ouverte sur le guidon, indiquent un touriste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'essaye de r&#233;gler ma marche sur la sienne, j'acc&#233;l&#232;re l'allure, mais la distance qui nous s&#233;pare, au lieu de diminuer, augmente rapidement. Je suis &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#8239;sem&#233;&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;!&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'ai, il est vrai, la pente &#233;tant de 6&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;%, la petite multiplication, et malgr&#233; la duret&#233; de cette rampe, tous les mouvements du cycliste d&#233;notent une aisance extr&#234;me. Il remue doucement les jambes et sa machine vole : son d&#233;veloppement est &#233;videmment sup&#233;rieur &#224; 6 m&#232;tres. De temps en temps je l'entends corner, et il me semble que sa trompe a un son railleur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Est-ce vigueur exceptionnelle, est-ce bicyclette a m&#233;canisme inconnu qui lui permettent un pareil train&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;? Pourrai-je m'en rendre compte&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;? J'en doute fort, et tout espoir de le rattraper est d&#233;j&#224; bien compromis. Je viens de l'entrevoir sur ma t&#234;te, &#224; un d&#233;tour de la route&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; il n'a pas l'air de forcer le moins du monde et sa marche doit &#234;tre de 16 kilom&#232;tres &#224; l'heure.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avouons-le, un tel effort m'est impossible et je suis r&#233;ellement tr&#232;s intrigu&#233;. Jamais un touriste - je dis touriste et non coureur &#8212; ne m'avait laiss&#233; derri&#232;re lui avec cette facilit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Que de fois n'ai-je pas lu dans la Revue que les longues pentes &#224; 6 et 7&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;% &#233;taient inabordables &#224; la grande multiplication&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! Que de r&#233;cits de voyage elle a publi&#233;s, o&#249; les cyclistes avec des d&#233;veloppements de 5 m&#232;tres ou approchants, s'empressaient, dans une touchante entente, de mettre pied &#224; terre devant des rampes semblables&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;!&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Me faudra-t-il douter de ces r&#233;cits h&#233;riss&#233;s de racines carr&#233;es, agr&#233;ment&#233;s de sinus et cosinus, r&#233;cits d'une si captivante lecture&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;? Le doute envahirait-il mon &#226;me&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;? Douter des math&#233;matiques, c'est &#234;tre bien pr&#232;s de ne plus croire &#224; rien. &#8212; Doutez de la lumi&#232;re, me disait mon professeur de trigonom&#233;trie, doutez du ciel et de la terre, mais ne doutez pas d'une formule.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Chose navrante&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! Je sens mon respect, ma v&#233;n&#233;ration pour les sinus et cosinus s'envoler peu &#224; peu, et je crains m&#234;me qu'un juste et offensant d&#233;dain ne les remplace.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Que vaut l'aust&#232;re et froide th&#233;orie en pr&#233;sence de l'exp&#233;rience, et celle-ci est &#233;clatante : sous mes yeux une pente &#224; 6&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;% a &#233;t&#233; gravie &#224; 16 kilo &#224; l'heure sans aucune peine. Th&#233;oriquement, ce cycliste devait monter cette c&#244;te &#224; pied&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; pratiquement, c'est &#224; bicyclette&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! Pratique et th&#233;orie : deux mots qui souvent hurlent d'&#234;tre rapproch&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'aper&#231;ois au loin la noire silhouette du touriste se d&#233;tacher sur le blanc de la route, et ses longues jambes, comme de formidables bielles, impriment &#224; sa machine la plus rapide allure. Bient&#244;t il dispara&#238;t. Obs&#233;dante &#233;nigme&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! Ce cycliste fera-t-il une halte&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;? S'arr&#234;tera-t-il au refuge du col&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;? J'avance aussi vite que je peux, mais je le constate, en consultant ma montre aux bornes kilom&#233;triques, j'atteins &#224; peine 9 kil. &#224; l'heure.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je r&#233;fl&#233;chissais &#224; l'inanit&#233; de cette poursuite, quand je rencontre un cantonnier. Je l'interroge.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8212; N'avez-vous pas vu un cycliste&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8212; Avec des moustaches rouges&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8212; Pr&#233;cis&#233;ment.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8212; Il y a longtemps qu'il est pass&#233;, il marchait comme le vent&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! J'ai pu tout juste me garer&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi cette folle allure &#233;tait soutenue, c'&#233;tait l'allure ordinaire de ce touriste, digne d'&#234;tre class&#233; parmi les &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#8239;g&#233;ants de la route&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;!&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-center&#034; style=&#034;text-align:center;&#034;&gt;&#8258;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Le chemin continue &#224; s'&#233;lever entre des champs cultiv&#233;s et des gu&#233;rets. Je d&#233;passe des chars, des mulets charg&#233;s de fumier. Sur les terres inclin&#233;es, des b&#339;ufs tracent p&#233;niblement leur sillon, et le laboureur, de son aiguillon, stimule leur lenteur. Des femmes coiff&#233;es de grands chapeaux de paille noire, descendent ces pentes rapides, retenant par la bride les mulets, dont les b&#226;ts vides, &#224; chaque pas, se balancent sur leur &#233;chine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les montagnards que je croise ont le teint rouge brique, la carrure robuste, et, malgr&#233; leur abord un peu rude, r&#233;pondent complaisamment &#224; mes questions.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enfin l'interminable c&#244;te est finie, me voici devant le refuge. J'ai tr&#232;s chaud, mon pare-nuque ruisselle, et le vent est glacial&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; aussi, laissant la salle aux chromos c&#233;l&#233;brant l'alliance franco-russe, j'entre dans la cuisine et m'assieds pr&#232;s du po&#234;le.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'accueil de la femme du cantonnier est tr&#232;s empress&#233;. Je lui demande du lait : imm&#233;diatement, elle court apr&#232;s trois ch&#232;vres vagabondes qui broutaient sur les hauteurs voisines et ne tarde pas &#224; revenir, portant avec pr&#233;caution une grande jatte d&#233;bordante d'&#233;cume.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je m'enquiers de l'insaisissable touriste : elle ne l'a pas vu, il a d&#251; passer en coup de vent. Le dernier espoir est perdu. Je m'en console. Que de choses sur cette terre je n'ai pu expliquer : ce ne sera qu'une de plus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pourquoi, en me chauffant, le nom d'Ar&#233;thuse me vient-il &#224; l'esprit&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;? Quelle myst&#233;rieuse relation peut-il bien y avoir entre mon arriv&#233;e en moiteur au refuge et le sort infortun&#233; de la nymphe de Diane&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bient&#244;t, comme une bu&#233;e l&#233;g&#232;re, le voile dispara&#238;t, et je saisis le sens cach&#233; de l'histoire d'Ar&#233;thuse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est une all&#233;gorie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il n'y a rien de nouveau sous le soleil, a-t-on dit, et si nous connaissions la chronique du premier empire &#233;gyptien, appara&#238;trait tout un monde d'id&#233;es et de faits que nous croyons nouveaux. Les inventions se trouvent, se perdent dans les &#233;poques de barbarie et se retrouvent ensuite. Il est donc presque s&#251;r que le cycle a &#233;t&#233; connu dans des &#226;ges tr&#232;s recul&#233;s. D'ailleurs, sur les bas-reliefs assyriens, se voient d'&#233;tranges roues isol&#233;es, dont la signification ou l'usage sont encore un probl&#232;me pour les Champollion de nos jours.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ar&#233;thuse &#233;tait probablement une cyclettiste, et il est assez naturel d'admettre que le jour de la f&#234;te de Diane, ses nymphes organisaient, en son honneur, une course de bicyclettes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Malheureusement, les farouches guerriers de cette &#233;poque, absorb&#233;s par des questions de balistique ou peut-&#234;tre moins ing&#233;nieux que ceux des temps modernes, n'avaient pas devin&#233; la puissance de la petite multiplication, et Ar&#233;thuse montant &#224; toute allure sous le soleil br&#251;lant de l'Attique, une courte et dure c&#244;te, fut naturellement chang&#233;e en fontaine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La femme du cantonnier interrompt ma r&#234;verie en posant sur la table une tasse de lait fumant. Le pain est savoureux et les amateurs de pain complet n'ont qu'&#224; venir passer quelques jours au village de Grimone, ils y seront id&#233;alement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La vue du col est born&#233;e, mais &#224; peine a-t-on parcouru un kilom&#232;tre, qu'&#224; un brusque d&#233;tour de la route, elle devient saisissante. Du chemin suspendu sur le pr&#233;cipice, on domine les sauvages escarpements entre lesquels le torrent brise ses eaux contre d'&#233;normes rocs &#233;boul&#233;s&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; dans l'embrasure de la gorge appara&#238;t la vall&#233;e du Bu&#235;ch, aux p&#226;turages surmont&#233;s de for&#234;ts, et sur le ciel, se d&#233;coupe le noir h&#233;rissement des pics du D&#233;voluy.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La route de Gap &#224; Grenoble que l'on rejoint aux Lussettes, traverse depuis la Faurie, un pays pauvre, tr&#232;s triste, donnant une grande impression d'&#226;pret&#233; et de rudesse, et le touriste, soit qu'il vienne de Grimone ou de Veynes, aspire aux horizons lointains qui l'attendent &#224; la Croix-Haute. Au col, il descendra environ 5oo m&#232;tres, et pr&#233;cis&#233;ment &#224; l'endroit o&#249; est plant&#233; le poteau du &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;T. C.&lt;/span&gt; se d&#233;roulera devant lui un des plus beaux panoramas qu'il soit possible de contempler. Sous lui, il apercevra tout le Tri&#232;ves, et dans un immense h&#233;micycle se dresseront les monts du D&#233;voluy, du Valbonnais, de Belledone, le massif de la Chartreuse, o&#249; se distingue surtout la dent de Crolles. De chaque c&#244;t&#233; de l'&#233;troite gorge se pressent en rangs serr&#233;s, escaladant les pentes abruptes, des sapins dont le sombre feuillage, tranche sur le gris des rochers et le vert tendre des pelouses.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ordinairement r&#232;gne &#224; la Croix-Haute un vent violent, mais aujourd'hui, dans le calme d'une belle journ&#233;e d'automne, le silence est absolu et n'est interrompu &#224; de longs intervalles, que par le rauque essoufflement des machines remorquant p&#233;niblement un train.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a deux ans, passant &#224; Bourg-d'Oisans, je fis la connaissance d'un touriste et de sa femme qui y &#233;taient en vill&#233;giature. Apr&#232;s le d&#233;jeuner, nous caus&#226;mes en prenant du caf&#233; dans le jardin de l'h&#244;tel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce touriste me parut go&#251;ter m&#233;diocrement les charmes de la montagne et en appr&#233;cier seulement le climat. Sa femme, au contraire, ne tarissait pas sur les mille beaut&#233;s du Dauphin&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8212; Voulez-vous me permettre, Madame, lui dis-je, de vous demander quel est dans nos Alpes fran&#231;aises, le site qui vous a le plus frapp&#233;, celui dont vous gardez le plus vivant souvenir&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8212; C'est, me r&#233;pondit-elle sans h&#233;siter, la vue du col de la Croix-Haute.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et pendant que son mari fumait silencieusement une courte pipe de bruy&#232;re &#8212; le v&#233;ritable fumeur est taciturne &#8212; elle voulut bien me conter ce qu'elle appelait son &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#8239;odyss&#233;e&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Partis de Cannes pour Gen&#232;ve, ils voyageaient dans leur voiture, &#224; petites journ&#233;es. Ils avaient eu de nombreux incidents de route, mais leurs chevaux ne faisant qu'une quarantaine de kilom&#232;tres par jour, le temps leur avait paru un peu long, et &#224; la fin ils soupiraient apr&#232;s les eaux bleues du L&#233;man.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Franchir ainsi les Alpes est sans doute fort agr&#233;able, mais ce r&#233;cit confirme la sup&#233;riorit&#233; de la bicyclette.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je me suis assis sur l'herbe, en contre-bas de la route. Je regarde sans me lasser le lumineux tableau, et dans l'air si pur, sous le soleil qui brille, mon contentement atteint son extr&#234;me limite.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Admirable douceur des choses d&#233;j&#224; vues&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! puissance du souvenir&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! Je me suis arr&#234;t&#233;, il y a cinq ans, &#224; la Croix-Haute avec mon meilleur ami, et les moindres d&#233;tails de cette excursion me reviennent en foule : les &#233;clats de sa voix joyeuse, je crois les entendre encore. Cinq ans ont pass&#233; et il me semble que c'est hier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sensation &#233;trange que celle de ne pas vieillir, et suis-je assez heureux de l'&#233;prouver&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! les m&#234;mes plaisirs, les m&#234;mes joies que je ressentais autrefois, je les ressens avec la m&#234;me intensit&#233; aujourd'hui.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Est-ce l'hygi&#232;ne, est-ce le r&#233;gime que je suis qui, en conservant &#224; mon corps la vigueur et la souplesse de la jeunesse, en sont cause&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;? Existe-t-il dans tout homme un fond enfant qui ne se perd jamais&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;? Le physique r&#233;agit-il &#224; ce point sur le moral, et le proverbe latin peut-il s'&#233;crire : mens laeta in corpore sano&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quoi qu'il en soit, alors que la plupart des hommes de mon &#226;ge sont graves, &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#8239;orn&#233;s&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; d'embonpoint, tournent au &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#8239;burgrave&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;, j'ai encore l'insouciance et l'humeur voyageuse de mes vingt ans.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette gaiet&#233; de bon aloi, dont &#233;taient anim&#233;s nos p&#232;res, je ne la vois plus maintenant. Je n'aper&#231;ois que des gens pr&#233;occup&#233;s, soucieux, enfi&#233;vr&#233;s, se ruant &#224; la poursuite de la fortune qui, pour eux, personnifie le but de l'existence. Parvenus &#224; leurs fins, ils reconnaissent trop tard qu'ils ont poursuivi une chim&#232;re, un mirage trompeur&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; ils appartiennent &#224; leurs richesses plut&#244;t qu'elles ne leur appartiennent, et l'ind&#233;pendance, ce bien supr&#234;me, ils ne l'ont m&#234;me pas. Et peut-&#234;tre, du haut de leur sleeping, envient-ils le modeste touriste qui, sans souci, libre comme l'air qu'il fend d'une poitrine robuste, court heureux sur la route poudreuse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La fortune est un lourd fardeau. Peu d'hommes en font un noble usage, et il faut une &#194;me d'&#233;lite pour en &#234;tre digne et la supporter sans faiblir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bonheur de vivre&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! Seuls l'&#233;prouvent ceux dont le c&#339;ur ignore l'ambition et l'envie&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; ceux contents de leur sort, quelque humble, quelque modeste qu'il soit et qui ne demandent pas &#224; la vie plus qu'elle ne peut donner.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je l'ai marqu&#233; d'une croix d'or le jour o&#249; par pur hasard m'apprit le nom de Kneipp. J'&#233;tais abonn&#233; &#224; la Revue Encyclop&#233;dique et cette phrase me sauta aux yeux : Celui, dit le cur&#233; de V&#339;richoffen, qui sera sobre, qui tous les matins se baignera dans l'eau froide, celui-l&#224; ne conna&#238;tra jamais la maladie et conservera longtemps les forces de la jeunesse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et ces forces conserv&#233;es, quelle plus agr&#233;able mani&#232;re de les d&#233;penser qu'en excursionnant &#224; bicyclette&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! Je ne veux pas dire par l&#224; &#233;videmment qu'on doive toujours &#234;tre sur les grandes routes, rien ne serait plus &#233;loign&#233; de ma pens&#233;e, mais simplement que ce sport constitue un des meilleurs d&#233;lassements que je connaisse, le bonheur que ressent le cycliste est un bonheur complet : il est son ma&#238;tre, ne d&#233;pend absolument de personne et va librement ou sa fantaisie le pousse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il s'arr&#234;te, il marche, il vole, aspirant l'air pur &#224; pleins poumons, respirant l'ind&#233;pendance par tous les pores. R&#233; qu&#233; Dio&#249;, l'orgueilleuse devise des Talleyrand-P&#233;rigord, il peut la graver sur son guidon&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;!&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quelle jouissance infinie ne donne pas la contemplation d'un beau paysage, et que je plains l'homme dont le c&#339;ur est ferm&#233; &#224; de telles joies. Il est pass&#233; sur la terre, l'a habit&#233;e et ne l'a pas connue.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;XVIII&lt;/span&gt;&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle avait compris ce charme enivrant, et jamais ne furent plus nombreux qu'alors les &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#8239;amants de la nature&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; un peu trop enclins peut-&#234;tre &#224; la sensiblerie, mais cet exc&#232;s valait mieux que le froid et prosa&#239;que terre-&#224;-terre de nos jours. Le bruit sec de l'acier frappant sur la pierre me r&#233;veille &#224; moiti&#233; : c'est le cantonnier de la Croix-Haute qui casse des cailloux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;11 heures&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! Il y a deux heures que je r&#234;ve en proie &#224; cette griserie de l'&#226;me que bien des touristes ont ressenti. On est devenu un &#234;tre immat&#233;riel qui pense et n'appartient plus &#224; la terre&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; la notion de l'endroit pr&#233;cis o&#249; l'on est vous &#233;chappe&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; vous voyez seulement le vert des arbres, le bleu du ciel. et sur les ailes rapides de la pens&#233;e on s'envole au loin. Revenons &#224; la r&#233;alit&#233;, et puisqu'il est onze heures, il n'est que temps de se mettre en selle, &#224; la conqu&#234;te du d&#233;jeuner. A Clelles-station, je connais une auberge : &#224; c&#244;t&#233; coule une source glac&#233;e, en route donc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La bicyclette &#224; la main, je grimpe le talus et me trouve face &#224; face avec le cantonnier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;* *&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'aime ces modestes &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#8239;fonctionnaires&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; &#224; l'&#226;me simple, et si je n'ai qu'hautaine indiff&#233;rence pour les bureaucrates hi&#233;rarchis&#233;s, dont la tyrannique suffisance m'&#233;tonnera toujours dans une d&#233;mocratie, je suis heureux, en revanche, de serrer la main de l'humble cantonnier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Naturellement, je m'informe du touriste &#8212; N'avez-vous pas vu un cycliste habill&#233; de noir&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8212; Il en est bien &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#8239;descendu&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; un entre sept et huit heures, mais je n'ai fait que l'entrevoir. Il est pass&#233; comme un &#233;clair.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un &#233;clair&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! C'est lui. Trois heures d'avance, il doit &#234;tre &#224; Vif, si ce n'est &#224; Grenoble. N'y pensons plus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le cantonnier se tient debout devant moi, semblant attendre de nouvelles questions. C'est un homme d'une quarantaine d'ann&#233;es, robuste, le teint h&#226;l&#233; par son p&#233;nible labeur. Son air grave et r&#233;sign&#233; m'int&#233;resse. - Quelle destin&#233;e que la sienne, pensai-je, &#234;tre encha&#238;n&#233; &#224; ces rochers, voir chaque jour sur la route et sur les hauts remblais la vie joyeuse, insouciante, fortun&#233;e. qu'il doit les envier les heureux de ce monde&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;!&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8212; Vilain pays, l'hiver, lui dis-je - Rude, oui&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; vilain, non, r&#233;pondit-il, et sa figure s'&#233;claira d'un bon sourire. L'hiver, on se chauffe en famille, et devant une gaie flamb&#233;e de sapin ou de h&#234;tre, entre ma femme et mes enfants, je suis heureux. Ici, on se sent vivre, et la bise vaut mieux pour la sant&#233; que &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#8239;l'air des villes&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;. J'ai fait mon service &#224; Paris, et il me tardait de revoir mes montagnes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'&#233;tait moi qui me trompais. Le cantonnier me donne une le&#231;on de philosophie. Au fond, il a raison, le bonheur est relatif, on l'a en soi. On peut &#234;tre heureux partout, et puis surtout, il s'agit de se croire heureux pour l'&#234;tre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette bonhomie m'enchante. Sous cette poitrine velue doit battre un c&#339;ur loyal.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8212; Votre main, cantonnier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je la lui serre avec plaisir, et, accompagn&#233; des v&#339;ux et du &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#8239;bon voyage&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; de mon nouvel ami, je descends rapidement la c&#244;te de la Croix-Haute.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La pente est fort raide, du 6&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;% d'apr&#232;s le graphique, aussi suis-je vite au bas de la rampe. De l'ancienne maison de poste de Saint-Maurice &#224; Clelles, descente faible et ondulations. Bient&#244;t, &#224; un d&#233;tour de la route, appara&#238;t altier, mena&#231;ant, le mont Aiguille dont l'immense nef flotte sur une mer de nuages. Je l'ai constamment devant moi jusqu'&#224; Clelles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Arriv&#233; &#224; l'auberge, apr&#232;s une ablution &#224; la froide fontaine, je monte, la bicyclette sous le bras, les cinq ou six marches de la terrasse sur laquelle s'ouvre l'entr&#233;e. Assis &#224; une table se trouvait un cycliste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il se retourne : c'est lui&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! C'est le touriste rouge.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous nous saluons. Me voyant embarrass&#233; de ma bicyclette il m'indique tr&#232;s courtoisement la pi&#232;ce o&#249; &#233;tait remis&#233;e la sienne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'aspect de ce touriste ne r&#233;pond pas &#224; l'id&#233;e que je m'en faisais et d&#233;concerte mes pr&#233;visions. &#194;g&#233; d'une trentaine d'ann&#233;es environ, l'air timide, sa figure est empreinte d'une douceur m&#233;lancolique qui me surprend&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; mais dans ses yeux pensifs, je vois luire une droiture et une franchise qui me ravissent. Sa voix, tr&#232;s sympathique, est une de ces voix qui attirent et dont malgr&#233; soi on subit le charme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8212; Laissez-moi, monsieur, lui dis-je, en revenant sur la terrasse, vous complimenter de la mani&#232;re dont vous avez pass&#233; le col de Grimone. C'est absolument remarquable. Serais-je indiscret de vous demander votre d&#233;veloppement&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8212; Nullement, j'ai 6 m. 50 et je monte facilement jusqu'au 7&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;%. Apr&#232;s, c'est autre chose. Et maintenant veuillez m'excuser, je vous prie, si je n'ai pas fait route avec vous. En vous voyant marcher si lentement, je vous ai cru fatigu&#233; et ai suppos&#233; que vous graviriez bient&#244;t la longue c&#244;te &#224; pied. Je me suis d&#233;rob&#233; &#224; cette dure &#233;preuve.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8212; Savez-vous, repris-je, que votre performance r&#233;duit &#224; n&#233;ant les belles th&#233;ories d'illustres math&#233;maticiens&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8212; Je sais, r&#233;pliqua-t-il modestement, que mon cas est peu ordinaire, mais pr&#233;cis&#233;ment parce qu'il est exceptionnel, on ne doit pas s'y arr&#234;ter. Je n'ai, je vous assure, aucun m&#233;rite &#224; monter ainsi. Le dois-je &#224; ma maigreur, &#224; mon faible poids&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;? La longueur de mes jambes intervient-elle&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;? Je l'ignore.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais, je vous le r&#233;p&#232;te, de pareilles c&#244;tes sont un jeu pour moi. Je vous avouerai, et cela vous fera sans doute plaisir (s&#251;rement c'est un psychologue), j'ai &#233;chou&#233; devant la rampe de Laffrey.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je respirai. La petite multiplication l'emportait donc, la sainte th&#233;orie brillait de nouveau d'un &#233;clat incontest&#233;, et dans mon esprit un instant obscurci, sinus et cosinus faisaient un retour triomphal. Tout s'expliquait. J'avais simplement devant moi un cycliste ne pesant pas, tr&#232;s nerveux muni de leviers puissants : ce n'&#233;tait pas un &#234;tre miraculeux, et sa bicyclette ne recelait aucun m&#233;canisme inconnu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette conversation nous avait forc&#233;ment li&#233;s aussi conv&#238;nmes-nous de d&#233;jeuner ensemble. Le joyeux repas et comme nous nous entendions bien&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! Je lui laisse les plats de viande, lui ne touche pas aux l&#233;gumes. Son app&#233;tit est formidable. Les l&#233;gumes, il les d&#233;daigne heureusement&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; sans cela notre t&#234;te-&#224;-t&#234;te e&#251;t d&#233;g&#233;n&#233;r&#233; en v&#233;ritable struggle of life.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Naturellement je me garde bien de lui exposer les bienfaits et les avantages du v&#233;g&#233;tarisme. L'instinct de conservation inn&#233; dans tout homme m'en emp&#234;che. Plus tard je verrai. D'ailleurs comment oser soutenir &#224; quelqu'un d'une si invraisemblable maigreur que le v&#233;g&#233;tarisme contrarie l'ob&#233;sit&#233; et augmente l'endurance&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;? Le coup droit qu'il me porterait n'est que trop facile &#224; pr&#233;voir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le d&#233;jeuner s'ach&#232;ve gaiement, et, les cigarettes allum&#233;es, nous prenons le caf&#233; sur la terrasse. Le caf&#233; bu, le touriste se fait apporter une bouteille de chartreuse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8212; On ne saurait, dit-il gravement, trop encourager ces pieux c&#233;nobites.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'en est trop&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! Un cycliste abstinent laisserait-il passer sans protester de pareilles paroles&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! aussi, me levant, je fais une virulente sortie contre l'alcoolisme, vantant l'abstinence, la force qu'elle donne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8212; Mais enfin, objecta-t-il, comment expliquez-vous qu'un verre de liqueur accroisse ma vigueur et me permette d'accentuer l'allure&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8212; Le coup de fouet, r&#233;pondis-je, fait-il du bien au cheval, et pourtant il va plus vite. Vous &#234;tes dupe d'une illusion, et cette excitation que je ne nie pas, est toujours suivie d'une d&#233;pression qui n&#233;cessite un second petit verre pour la surmonter. Peu &#224; peu, on en vient &#224; doubler, &#224; tripler la dose excitatrice, jusqu'&#224; ce que le syst&#232;me nerveux, us&#233;, br&#251;l&#233;, vous refuse tout service.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8212; Vous pourriez bien avoir raison. Si je me suis arr&#234;t&#233; &#224; Clelles, c'est qu'une d&#233;faillance m'a pris : jamais je n'en avais &#233;prouv&#233;. Il serait bizarre qu'elle f&#251;t due aux petits verres que j'absorbe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et apr&#232;s un silence : Non&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! je ne le boirai pas&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! Je vais me priver de toute liqueur, faire un essai loyal, et comme en ce monde tout arrive, peut-&#234;tre me verrez-vous un jour membre de la Croix-Bleue&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;!&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-center&#034; style=&#034;text-align:center;&#034;&gt;&#8258;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Nous avons fini de fumer et faisons une courte promenade autour du hameau. la vue du mont Aiguille enthousiasme mon compagnon. Il veut en emporter une photographie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8212; Je la mettrai sur ma table de travail, elle me rappellera notre heureuse rencontre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je regarde sa haute taille, son extr&#234;me sveltesse : ce sera un &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#8239;portrait de famille&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce touriste va &#224; Grenoble, moi &#224; Uriage, nous ne nous s&#233;parerons donc qu'&#224; Vif. La route du Mon&#234;tier, apr&#232;s une courte mont&#233;e, descend tr&#232;s rapidement jusqu'au torrent que le chemin de fer franchit sur un hardi viaduc, ensuite plus mod&#233;r&#233;ment jusqu'au ravin de St-Michel. L&#224;, commence la rampe de 7 kilom&#232;tres du col du Fau. Les 3 premiers kilom&#232;tres sont particuli&#232;rement durs. La pente &#233;tant de 6&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;%, je saute de machine pour changer de d&#233;veloppement. Le touriste s'est &#233;galement arr&#234;t&#233; et suit mes mouvements avec un compatissant int&#233;r&#234;t. La cha&#238;ne est vite remise et j'ai quitt&#233; mes gants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8212; Quand vous voudrez.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8212; Eh bien, en selle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;H&#233;las, son indiscutable puissance s'affirme encore.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8212; Je ne puis vous &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#8239;tenir pied&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! je me fatiguerai&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! je vous attendrai au haut de la c&#244;te.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et il dispara&#238;t avec cette &#233;tonnante aisance qui me d&#233;sesp&#232;re A quoi bon se presser, le r&#233;sultat est acquis. Faisons plut&#244;t preuve de cette aimable philosophie avec laquelle se supporte la d&#233;faite, et montons avec l'agr&#233;able lenteur, l'insultante facilit&#233; que donne la petite multiplication.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enfin me voici au sommet de la rampe et j'aper&#231;ois le touriste nonchalamment couch&#233; sur l'herbe, &#224; l'ombre d'un pommier. Debout, pr&#232;s de lui, une jeune berg&#232;re dont le tablier rouge ressort sur le vert du pr&#233;, surveille ses brebis. C'est une pastorale de Lancret.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'avais perdu tout espoir&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! me cria-t-il de loin.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#233;cid&#233;ment, ce calme qu'il affecte, cette &#233;crasante sup&#233;riorit&#233; qu'il a sur moi sont exasp&#233;rants : heureusement, &#224; part cela, il est charmant. Et qui n'a pas de &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#8239;d&#233;fauts&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;!&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8212; J'ai mis, r&#233;pondis-je, un peu plus de temps que vous, il est vrai, mais je n'ai ressenti aucune fatigue&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; et pour me servir de votre phrase sur la Croix-Bleue, je vous dirai, moi aussi, que tout arrive... m&#234;me les bicyclettes d&#233;veloppant 2m 90.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au col nous nous arr&#234;tons quelques instants pour contempler la vue qui est tr&#232;s &#233;tendue. D'un c&#244;t&#233; appara&#238;t le cirque mamelonn&#233; du Tri&#232;ves avec son fond merveilleux de hautes cimes&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; de l'autre la fra&#238;che vall&#233;e de la Gresse, domin&#233;e par les cr&#234;tes rocheuses du Yercors.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est ici que commence la descente de 19 kilom&#232;tres qui nous am&#232;nera &#224; Vif&#160;: tr&#232;s raide jusqu'au Mon&#234;tier, elle s'adoucit &#224; la sortie du village. Bient&#244;t la ligne de Veynes, que la route longeait, s'enfonce dans la montagne, d&#233;crivant une immense boucle qui lui permettra de racheter la grande diff&#233;rence de niveau entre le Mon&#234;tier et Vif.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La pente ne tarde pas &#224; devenir plus rapide, notre allure &#233;galement, et c'est dans un v&#233;ritable enchantement que nous volons &#224; l'ombre des grands arbres. Tout &#224; coup, mon compagnon juge bon de mettre ses pieds sur la t&#234;te de fourche et de s'abandonner &#224; l'impulsion de sa machine. Je lui repr&#233;sente vainement le danger d'une pareille pratique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Impuissantes raisons&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! et devant moi, il part comme une fl&#232;che. Il a pass&#233;, par un vrai miracle, au milieu d'une troupe d'enfants&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; un chien le poursuit sans l'atteindre&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; les virages se font au petit bonheur et je le perds de vue.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je croise sur un pont, la voie ferr&#233;e dont la d&#233;clivit&#233; para&#238;t prodigieuse. Effet d'optique simplement, car la pente ne d&#233;passe pas 27 m/m par m&#232;tre. Un kilom&#232;tre plus loin, apr&#232;s un second lacet, elle franchit &#224; son tour la route sur un magnifique viaduc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sous l'arche, assis sur une borne, le touriste m'attendait.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8212; Eh bien, ces catastrophes dont vous me menaciez&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8212; Plus heureux que sage&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;, lui dis-je en mettant pied &#224; terre. En France, d'ailleurs, le succ&#232;s justifie tout.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; Vif, longue halte pendant laquelle nous projetons, au printemps prochain, une course &#224; la Grande Chartreuse. Je l'accompagne ensuite jusqu'&#224; la sortie du village.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8212; &#201;crirez-vous, me demanda-t-il, votre excursion &#224; la Croix-Haute&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;? Je vous saurais gr&#233; de vouloir bien me l'envoyer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8212; Tr&#232;s volontiers, r&#233;pondis-je en souriant, mais je doute fort qu'elle vous int&#233;resse. R&#233;ellement le sujet est trop mince.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une derni&#232;re poign&#233;e de mains, et bient&#244;t le touriste rouge dispara&#238;t dans la poussi&#232;re de la route.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;d'&lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;ESPINASSOUS&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Profil Dolin :&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_165 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='http://velotextes.fr/IMG/png/colcroixhaute.png' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/png&#034;&gt; &lt;img src='http://velotextes.fr/local/cache-vignettes/L500xH138/colcroixhaute-4ae35.png?1788126846' width='500' height='138' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Tourisme d'&#233;t&#233; (1901)</title>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>velovi</dc:creator>


		<dc:subject>cyclotourisme, cyclocamping</dc:subject>
		<dc:subject>Entre 1900 et 1914</dc:subject>
		<dc:subject>d'Espinassous</dc:subject>
		<dc:subject>Dauphin&#233;</dc:subject>
		<dc:subject>Queyras</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;&#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#8239;Je respecte certes toutes les opinions et je reconnais qu'entre celle de V&#233;locio et de Sim&#233;on le Stylite il y a place pour toutes les vitesses, pour toutes les mani&#232;res de penser. &lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;&lt;/p&gt;

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&lt;a href="http://velotextes.fr/spip.php?rubrique42" rel="directory"&gt;A. D'Espinassous&lt;/a&gt;

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&lt;a href="http://velotextes.fr/spip.php?mot9" rel="tag"&gt;cyclotourisme, cyclocamping&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://velotextes.fr/spip.php?mot11" rel="tag"&gt;Entre 1900 et 1914&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://velotextes.fr/spip.php?mot51" rel="tag"&gt;d'Espinassous&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://velotextes.fr/spip.php?mot67" rel="tag"&gt;Dauphin&#233;&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://velotextes.fr/spip.php?mot72" rel="tag"&gt;Queyras&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;Par D'Espinassous, Le Cycliste, Septembre 1901, Sources Archives D&#233;partementales de la Loire, Per1328_7&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il existe deux mani&#232;res d'excursionner &#224; bicyclette. La premi&#232;re, o&#249; l'esprit gouverne la mati&#232;re &#8212; &lt;i&gt;mens agit&#226;t molem&lt;/i&gt; &#8212; consiste &#224; forcer quand on &#233;prouve un sentiment de lassitude, &#224; n&#233;gliger les variations de puissance du moteur humain, et &#224; lui demander un travail anormal. L'allure sera donc tr&#232;s soutenue.&lt;br class='autobr' /&gt; J'ajouterai qu'avec cette m&#233;thode (syst&#232;me de Vivie) quelques touristes peuvent faire 250 &#224; 300 kilom&#232;tres par jour. Seulement, &lt;i&gt;non licet omnibus &#339;mulari V&#233;locio&lt;/i&gt;.&lt;br class='autobr' /&gt; La seconde est, au contraire, absolument subordonn&#233;e au moteur. Vous &#234;tes fatigu&#233;, vous allez lentement&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; harass&#233;, vous vous arr&#234;tez &#8212; &lt;i&gt;neque semper arcum tendit Apollo&lt;/i&gt;. &#8212; Vos muscles ont-ils toute leur force, vous marchez &#224; 30 &#224; l'heure. Cette allure sera donc extr&#234;mement irr&#233;guli&#232;re.&lt;br class='autobr' /&gt; De ces deux mani&#232;res quelle est la bonne&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;?&lt;br class='autobr' /&gt; Je crois que pour le touriste c'est la seconde. Je l'ai d&#233;j&#224; dit, ne pas forcer, rester en dessous de ses moyens est le secret des longues &#233;tapes accomplies sans fatigue. De plus, cette fa&#231;on fort agr&#233;able de cycler respecte l'ind&#233;pendance du cycliste qui n'est plus l'esclave de son horaire : il verra le pays qu'il traverse, et arrivera le soir dans un &#233;tat physique et moral bien sup&#233;rieur.&lt;br class='autobr' /&gt; Le touriste, en &#233;t&#233;, devra &#233;viter tout surmenage l'emp&#234;chant de jouir pleinement des beaut&#233;s de l'excursion. Il partira de grand matin entre 2 et 3 heures et &#224; 10, ayant couvert 90 &#224; 100 kilom&#232;tres, s'arr&#234;tera. Il prendra un bain froid tr&#232;s court, d&#233;jeunera sobrement et se reposera ou visitera le pays jusqu'&#224; 4 heures &#8212; en montagne et &#224; une haute altitude, on peut repartir &#224; 1 heure &#8212; ensuite, il se remettra en route jusqu'&#224; 7 heures et aura ainsi fait 120 &#224; 130 kilom&#232;tres, presque en se jouant. C'est, selon moi, le maximum pour le touriste qui veut voir. J'insiste sur ce point.&lt;br class='autobr' /&gt; Je regrette de n'&#234;tre pas de l'avis de V&#233;locio sur les itin&#233;raires de p&#233;n&#233;tration. Ces trajets qu'on a faits plus de cent fois sont fatigants &#224; la longue, les moindres d&#233;tails de la route &#233;tant archi connus. Le touriste doit &#234;tre amoureux de l'impr&#233;vu, du nouveau, et le temps mis &#224; les parcourir peut &#234;tre plus utilement employ&#233;.&lt;br class='autobr' /&gt; Mais &lt;i&gt;tot capita, tot sensus&lt;/i&gt;. Je respecte certes toutes les opinions et je reconnais qu'entre celle de V&#233;locio et de Sim&#233;on le Stylite il y a place pour toutes les vitesses, pour toutes les mani&#232;res de penser. Je dis simplement la mienne. Elle est sinc&#232;re, peut-&#234;tre est-ce son seul m&#233;rite. En tout cas, elle concorde avec ma r&#232;gle de conduite. La voici sous forme de th&#233;or&#232;me :&lt;br class='autobr' /&gt; Tout travail qu'on fait pour son agr&#233;ment doit avoir la somme des plaisirs sup&#233;rieure &#224; la somme des peines.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-center&#034; style=&#034;text-align:center;&#034;&gt;&#8258;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt; Je viens de tracer un itin&#233;raire qui, laissant de c&#244;t&#233; les courses classiques des massifs de la Chartreuse et du Vercors, permet en trois jours de voir les plus belles et les plus pittoresques parties du Dauphin&#233;. Ce trajet offre une incroyable vari&#233;t&#233; de sites.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_174 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;113&#034; data-legende-lenx=&#034;xx&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='http://velotextes.fr/IMG/png/dauphine1.png' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/png&#034;&gt; &lt;img src='http://velotextes.fr/local/cache-vignettes/L500xH432/dauphine1-8e7b3.png?1788127414' width='500' height='432' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre crayon document-titre-174 '&gt;&lt;strong&gt;En Dauphin&#233;
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;div class='spip_doc_credits crayon document-credits-174 '&gt;D'Espinassous, Le Cycliste, Septembre 1901, Sources Archives D&#233;partementales de la Loire, Per1328_7
&lt;/div&gt;
&lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div class='spip_document_175 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;117&#034; data-legende-lenx=&#034;xx&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='http://velotextes.fr/IMG/png/dauphine2.png' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/png&#034;&gt; &lt;img src='http://velotextes.fr/local/cache-vignettes/L500xH602/dauphine2-9ef7e.png?1788127414' width='500' height='602' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre crayon document-titre-175 '&gt;&lt;strong&gt;En Dauphin&#233; (2)
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;div class='spip_doc_credits crayon document-credits-175 '&gt;D'Espinassous, Le Cycliste, Septembre 1901, Sources Archives D&#233;partementales de la Loire, Per1328_7
&lt;/div&gt;
&lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Soit un total de 420 kilom&#232;tres &#224; faire en 3 jours. La derni&#232;re &#233;tape, de 155 kilom&#232;tres, est la moins p&#233;nible : elle offre 60 kilom&#232;tres de descentes. Une bicyclette ayant au moins deux multiplications est indispensable.&lt;br class='autobr' /&gt;
Un beau temps ne l'est pas moins.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Tempora si fuerint nubila.... ne exi. &lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;d'Espinassous&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>La chalpe d'Arvieux (1901)</title>
		<link>http://velotextes.fr/spip.php?article188</link>
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		<dc:subject>cyclotourisme, cyclocamping</dc:subject>
		<dc:subject>Entre 1900 et 1914</dc:subject>
		<dc:subject>Alpes</dc:subject>
		<dc:subject>d'Espinassous</dc:subject>
		<dc:subject>Dauphin&#233;</dc:subject>
		<dc:subject>Queyras</dc:subject>
		<dc:subject>col d'Izoard</dc:subject>
		<dc:subject>Durance</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;&#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#8239;Enfin, j'ai trouv&#233; le pays o&#249; l'on cuit le pain une fois l'an. Ma pers&#233;v&#233;rance a &#233;t&#233; r&#233;compens&#233;e.&lt;br class='autobr' /&gt; Recherche chim&#233;rique, aurait-on dit en cas d'insucc&#232;s, et les railleries.&lt;br class='autobr' /&gt; Ainsi l'on juge.&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;&lt;/p&gt;

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&lt;a href="http://velotextes.fr/spip.php?rubrique42" rel="directory"&gt;A. D'Espinassous&lt;/a&gt;

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&lt;a href="http://velotextes.fr/spip.php?mot11" rel="tag"&gt;Entre 1900 et 1914&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://velotextes.fr/spip.php?mot41" rel="tag"&gt;Alpes&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://velotextes.fr/spip.php?mot51" rel="tag"&gt;d'Espinassous&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://velotextes.fr/spip.php?mot67" rel="tag"&gt;Dauphin&#233;&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://velotextes.fr/spip.php?mot72" rel="tag"&gt;Queyras&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://velotextes.fr/spip.php?mot121" rel="tag"&gt;col d'Izoard&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://velotextes.fr/spip.php?mot142" rel="tag"&gt;Durance&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='http://velotextes.fr/local/cache-vignettes/L150xH138/lachalp-e1163.jpg?1788203519' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='138' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;Par d'Espinassous, Le Cycliste, Ao&#251;t 1901, repris dans La revue mensuelle du Touring-Club de France, Octobre 1901&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Illustration photo La Chalp (1909). Fonds N. Alixant Source &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;AD05&lt;/span&gt; 31 S 2087&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_123 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='http://velotextes.fr/IMG/jpg/lachalp.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='http://velotextes.fr/local/cache-vignettes/L500xH461/lachalp-9878c.jpg?1788124291' width='500' height='461' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt; Enfin, j'ai trouv&#233; le pays o&#249; l'on cuit le pain une fois l'an. Ma pers&#233;v&#233;rance a &#233;t&#233; r&#233;compens&#233;e.&lt;br class='autobr' /&gt; Recherche chim&#233;rique, aurait-on dit en cas d'insucc&#232;s, et les railleries.&lt;br class='autobr' /&gt; Ainsi l'on juge.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-center&#034; style=&#034;text-align:center;&#034;&gt;&#8258;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt; En juin, j'avais &#233;crit &#224; M.&#160;le pasteur d'Arvieux.&lt;br class='autobr' /&gt; Je croyais cette vall&#233;e enti&#232;rement protestante : nul donc ne pouvait mieux me renseigner. Je ne tenais pas &#224; recommencer les &#233;coles du D&#233;voluy, de Fond-Turbat, et je d&#233;sirais ne partir qu'&#224; bon escient.&lt;br class='autobr' /&gt; M.&#160;le pasteur d'Arvieux me r&#233;pondit tr&#232;s aimablement et voulut bien m'encourager &#224; faire cette course. Il terminait sa lettre en m'offrant l'hospitalit&#233;.&lt;br class='autobr' /&gt; Le 15&#160;juillet, apr&#232;s avoir, l'avant-veille, annonc&#233; mon arriv&#233;e &#224; M.&#160;M., je quittai Rochegude &#224; minuit et demi. &#192; Livron, je pris le train des Alpes de 8 h. 4.&lt;br class='autobr' /&gt; Les routes conduisant &#224; Brian&#231;on me sont tellement famili&#232;res que j'ai renonc&#233; &#224; les parcourir &#224; bicyclette. Veynes &#224; midi 10, montai dans l'express. J'arrivai dans l'express de Marseille, et &#224; 3 h. 7 je descendais &#224; Mont-Dauphin. La journ&#233;e &#233;tait radieuse, mais exceptionnellement chaude&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; aussi, &#224; 3 h. 30, je fis une longue halte &#224; Guillestre.&lt;br class='autobr' /&gt; Une jeune fille que je rencontrai sur la place du village, le tablier retrouss&#233; plein de cerises, m'en c&#233;da quelques-unes. C'&#233;taient des cerises de Montmorency, &#224; la saveur aigrelette, et jamais je n'en vis de pareille grosseur. Mises dans l'eau glac&#233;e de la fontaine, dix minutes apr&#232;s elles &#233;taient &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#8239;frapp&#233;es&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;. Une tasse de caf&#233; br&#251;lant, et je me remis en route.&lt;br class='autobr' /&gt; La mont&#233;e de la Viste commence imm&#233;diatement &#224; la sortie du village. D'abord mod&#233;r&#233;e, elle ne tarde pas &#224; s'accentuer. Du 7&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;%, du 10&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;%, telles sont ses pentes. Mais je la gravis vaillamment, au grand &#233;tonnement d'un lieutenant de chasseurs alpins descendant prudemment sur un mulet, et je ne mis pied &#224; terre qu'au sommet.&lt;br class='autobr' /&gt; Je connais peu de vues dans les Alpes d'une plus merveilleuse splendeur et l'impression que j'avais ressentie il y a deux ans, je la ressentais identique.&lt;br class='autobr' /&gt; De tr&#232;s haut, je dominais Guillestre, les remparts de Mont-Dauphin, les vall&#233;es du Guil, du Chagne, de la Durance qui scintillait au soleil. J'apercevais Champcella, Pallon, enfouis dans la verdure. Dans le fond, le massif colossal du Pelvoux, la base couverte de for&#234;ts auxquelles succ&#233;daient les neiges et les glaciers &#233;tincelants, m'apparaissait tout entier.&lt;br class='autobr' /&gt; Les noires dentelures de la Barre des &#201;crins s'enlevaient sur le blanc des neiges et le bleu profond du ciel.&lt;br class='autobr' /&gt; Debout, immobile, je regardais l'admirable tableau et l'heure seule m'arracha &#224; cette divine contemplation. Bient&#244;t j'aper&#231;us le poteau du &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;T.C.&lt;/span&gt; Au tournant dangereux, je sautai de machine, et bien je fis.&lt;br class='autobr' /&gt; J'aurais rencontr&#233; le grand break d'Abri&#232;s &#224; Mont-Dauphin. Je m'assis sur le parapet de la route. Sous moi, &#224; une profondeur vertigineuse, enserr&#233; dans l'&#233;troite gorge aux roches couleur de feu, le Guil brisait, en &#233;cume d'une blancheur resplendissante, ses eaux d'un bleu si pur. De l'ab&#238;me montaient de sourdes rumeurs. Sur ma t&#234;te, de gigantesques rochers &#224; pic, couronn&#233;s de pins aux troncs rouge&#226;tres, m'&#233;crasaient de leur masse. Site sauvage, farouche, d'une incomparable grandeur.&lt;br class='autobr' /&gt; Encore ici, je m'oubliais devant cette vue saisissante. Le soleil baissait, il me fallait repartir et je descendis lentement la pente &#224; 9&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;% de la Maison du Roi. La route, parvenue au niveau du Guil, entre dans la Combe du Queyras. Elle longe fid&#232;lement le torrent qui, par la rapidit&#233; de sa course, par le volume et la couleur azur&#233;e de ses eaux, est un des plus beaux des Alpes. Je n'avais d'yeux que pour lui.&lt;br class='autobr' /&gt; Je traversai le Veyer et, franchissant un pont, j'arrivai &#224; la Chapelue, hameau situ&#233; &#224; l'entr&#233;e du haut et obscur d&#233;fil&#233; o&#249; la route allait se glisser.&lt;br class='autobr' /&gt; D'apr&#232;s la tradition, un combat se serait livr&#233; pr&#232;s de l&#224; entre protestants et catholiques, &#224; l'&#233;poque des pers&#233;cutions. Les catholiques vainqueurs ayant fait des protestants un grand carnage, les auraient pr&#233;cipit&#233;s dans le Guil. Leurs chapeaux, entra&#238;n&#233;s par le courant, se seraient arr&#234;t&#233;s &#224; la Chapelue, d'o&#249; le nom de cette localit&#233;.&lt;br class='autobr' /&gt; La Chapelue d&#233;pass&#233;e, le chemin s'engage entre d'immenses roches &#224; parois tr&#232;s rapproch&#233;es. Il n'y a place que pour le Guil et la route. Ce passage est un des plus impressionnants du trajet : la teinte noir&#226;tre des rochers, aux longues coul&#233;es pourpres, donne &#224; cette sombre gorge un caract&#232;re sinistre.&lt;br class='autobr' /&gt; Ensuite, la vall&#233;e s'ouvre et je fus vite au bas de la mont&#233;e de l'Ange gardien.&lt;br class='autobr' /&gt; La pente n'est que de 7&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;%, mais, &#233;tait-ce la chaleur, j'eus une d&#233;faillance. Impossible, m&#234;me avec mon d&#233;veloppement de 2m90, de gravir cette rampe.&lt;br class='autobr' /&gt; &#192; l'oratoire de l'Ange gardien, je me remis en selle. C'est ici qu'a lieu le f&#233;erique changement &#224; vue et aucun d&#233;cor de th&#233;&#226;tre ne produit une impression plus inopin&#233;e.&lt;br class='autobr' /&gt; &#192; 3 kilom&#232;tres, au milieu de l'&#233;troite vall&#233;e, sur un &#233;norme rocher &#224; pic, s'&#233;l&#232;ve la forteresse de Ch&#226;teau-Queyras. De ses remparts cr&#233;nel&#233;s, s'&#233;lancent de nombreuses tours et tourelles coiff&#233;es d'ardoises, s'&#233;tageant, se d&#233;passant &#224; l'envie. C'est le &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#8239;mont Saint-Michel&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; du Dauphin&#233;. Cette vue, dont la soudainet&#233; double l'effet, est, avec celle d'Aiguilles, une des plus surprenantes des Alpes.&lt;br class='autobr' /&gt; &#192; 800 m&#232;tres de la petite chapelle, le chemin d'Arvieux se d&#233;tache de la route de Ch&#226;teau-Queyras.&lt;br class='autobr' /&gt; Il est &#233;troit, mais bien entretenu. Les pentes sont tr&#232;s raides et le 8&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;% n'y est pas rare. D&#233;courag&#233;, le moral atteint par mon &#233;chec &#224; la rampe pr&#233;c&#233;dente, et ma d&#233;faillance s'accentuant, je fus forc&#233; de monter la longue c&#244;te &#224; pied.&lt;br class='autobr' /&gt; Je regardai ma montre : il &#233;tait 7 h. 40. Le soleil avait disparu derri&#232;re les montagnes et une d&#233;licieuse fra&#238;cheur succ&#233;dait &#224; la chaleur &#233;touffante de la combe du Queyras.&lt;br class='autobr' /&gt; 7 h. 40&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! et M.&#160;M.&#160;qui m'attendait &#224; 7 heures&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! Mais je ne pouvais marcher plus vite.La route traversait des champs cultiv&#233;s, des prairies o&#249; de nombreux montagnards fauchaient. Des femmes, des jeunes filles se servaient &#233;galement de la faux avec la m&#234;me habilet&#233;.&lt;br class='autobr' /&gt; &#8212; Suis-je pr&#232;s d'Arvieux&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;? demandais-je &#224; un faucheur&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;?&lt;br class='autobr' /&gt; &#8212; Vous n'&#234;tes qu'&#224; une demi-heure de la ville.&lt;br class='autobr' /&gt; Je crus avoir mal entendu. Un peu plus loin, j'adressai la m&#234;me question &#224; une femme.&lt;br class='autobr' /&gt; S'appuyant sur sa faux, elle me r&#233;pondit : &#8212; La ville n'est qu'&#224; 2 kilom&#232;tres.&lt;br class='autobr' /&gt; D&#233;cid&#233;ment, c'&#233;tait bien Arvieux que l'on appelait ainsi. La ville&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! et ce village ne compte que 94 habitants&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! Il est vrai que c'est le chef-lieu de la vall&#233;e, la r&#233;sidence du maire, et, ainsi que me l'apprit M.&#160;M., Arvieux n'est d&#233;sign&#233; que sous ce nom.&lt;br class='autobr' /&gt; Le chemin, bord&#233; de saules, serpentait &#224; mi-coteau &#224; travers les pr&#233;s. &#192; ma droite&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; tr&#232;s haut, &#233;tait perch&#233; un village que je pris pour Arvieux. Une estafette que je croisai me d&#233;trompa : c'&#233;tait le hameau des Maisons.&lt;br class='autobr' /&gt; Une courte descente et j'aper&#231;us enfin Arvieux. La mont&#233;e recommen&#231;a avant le village o&#249; je mis pied &#224; terre compl&#232;tement harass&#233;.&lt;br class='autobr' /&gt; La route &#233;tait encombr&#233;e de chasseurs alpins. Des soldats entouraient les fontaines, remplissant leurs bidons de fer-blanc, d'autres charriaient des pains, tous s'agitaient dans la pr&#233;paration, dans la h&#226;te de leur repas. Les fourriers passaient rapidement, des listes de r&#233;quisition &#224; la main. Des officiers, coiff&#233;s du b&#233;ret bleu, consultaient leurs cartes, ou, avec leurs jumelles, fouillaient la montagne. L'unique rue du village pr&#233;sentait une animation extraordinaire.&lt;br class='autobr' /&gt; Je demandai &#224; un habitant, assis sur le seuil de sa porte, la demeure de M.&#160;&lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;AI&lt;/span&gt;.&lt;br class='autobr' /&gt; &#8212; Le presbyt&#232;re, me r&#233;pondit-il, est &#224; la Chalp, &#224; 1500 m&#232;tres plus loin.&lt;br class='autobr' /&gt; Je me remis en marche poussant toujours ma machine sur la dure pente et j'arrivai, au bout de 20 minutes, &#224; la Chalp (1,676 m&#232;tres), hameau situ&#233; &#224; cent m&#232;tres plus haut qu'Arvieux. Je m'enquis de l'habitation du pasteur, et un enfant, sur l'ordre de son p&#232;re, m'y conduisit.&lt;br class='autobr' /&gt; Au milieu du village, sur la place, je remarquai un bizarre clocher de bois. Quatre &#233;normes m&#233;l&#232;zes &#233;quarris plant&#233;s en carr&#233;, &#224; la distance d'un m&#232;tre environ, s'&#233;levaient &#224; une hauteur de 15 m&#232;tres, reli&#233;s par des croisillons. Au sommet de cette pyramide &#233;lanc&#233;e &#233;tait suspendue une cloche.&lt;br class='autobr' /&gt; &#8212; Voil&#224;, pensai-je, la cloche d'alarme en cas d'incendie&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; avec ces maisons aux toitures de bois ils ne doivent &#234;tre que trop fr&#233;quents.&lt;br class='autobr' /&gt; L'enfant qui me guidait s'&#233;tait arr&#234;t&#233;.&lt;br class='autobr' /&gt; &#8212; Voici, me dit-il, la maison de notre pasteur.&lt;br class='autobr' /&gt; Et il me montra un mur dans lequel s'ouvrait une porte.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-center&#034; style=&#034;text-align:center;&#034;&gt;&#8258;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt; Je frappai, mais vainement. Je soulevai alors le loquet et j'entrai dans une petite cour qui pr&#233;c&#233;dait un jardin potager. &#192; gauche, se trouvait le presbyt&#232;re. Une plate-bande fleurie en bordait la fa&#231;ade.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Le presbyt&#232;re est une maison longue &#224; un seul &#233;tage, sur rez-de-chauss&#233;e. Un balcon &#224; balustrade de bois court au niveau du premier. Le toit tr&#232;s &#233;lev&#233;, &#224; auvent, est &#224; pente rapide.&lt;br class='autobr' /&gt; Au bruit du portail que j'avais referm&#233;, la porte de la maison s'ouvrit et un homme encore jeune en sortit.&lt;br class='autobr' /&gt; &#8212; Monsieur M., je pr&#233;sum&#233;, dis-je.&lt;br class='autobr' /&gt; &#8212; Oui, monsieur, me r&#233;pondit le pasteur, et, au son de sa voix, je compris que ma pr&#233;sence lui causait une l&#233;g&#232;re surprise. N'avait-il pas re&#231;u ma lettre - Je me nommai.&lt;br class='autobr' /&gt; Sa figure s'&#233;claira soudain.&lt;br class='autobr' /&gt; &#8212; Soyez-le bienvenu, entrez. Vous devez &#234;tre tr&#232;s fatigu&#233;. Venez-vous d'Abri&#232;s&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;?&lt;br class='autobr' /&gt; Plus de doute, ma supposition &#233;tait vraie, ma lettre ne lui &#233;tait pas parvenue.&lt;br class='autobr' /&gt; J'entrai dans la salle &#224; manger o&#249; je fus pr&#233;sent&#233; &#224; la famille du pasteur. Je m'excusai d'arriver aussi tard. J'expliquai que l'avant-veille j'avais &#233;crit &#224; M.&#160;M. : ma lettre avait d&#251; prendre une fausse direction. J'&#233;tais navr&#233; de tomber l&#224; en a&#233;rolithe &#224; pareille heure. L'accueil qui me fut fait eut vite raison de mon embarras. Cependant, r&#233;flexion aidant, j'en vins &#224; me f&#233;liciter, vu mon retard, de la non arriv&#233;e de ma lettre. Ainsi, je n'avais pas &#233;t&#233; attendu.&lt;br class='autobr' /&gt; Dans la salle, le po&#234;le &#233;tait allum&#233;, et &#224; cette altitude je trouvai sa chaleur fort agr&#233;able. Devant le d&#238;ner, ma lassitude eut vite disparu. Ensuite, assis dans un grand fauteuil, j'expliquai, sous la douce lumi&#232;re de la lampe, le but de ma visite, les esp&#233;rances que je poursuivais.&lt;br class='autobr' /&gt; &#8212; Vous avez bien fait de pers&#233;v&#233;rer, me dit le pasteur, vous &#234;tes dans le pays o&#249; l'on cuit le pain une fois l'an. Les coutumes du moyen &#226;ge y sont encore en vigueur et les conditions de la vie toutes particuli&#232;res. Ici r&#232;gne le socialisme, mais un socialisme chr&#233;tien qui n'a que d'excellents c&#244;t&#233;s.&lt;br class='autobr' /&gt; &#8212; Qu'entendez-vous par socialisme&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;? les champs sont-ils en commun&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;? la propri&#233;t&#233; individuelle n'existe-elle pas&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;?&lt;br class='autobr' /&gt; &#8212; Non, chaque habitant a son patrimoine personnel. Ce sont les grands biens communaux qui s'exploitent en commun. Avez-vous remarqu&#233;, en traversant le village, un haut clocher de bois surmont&#233; d'une cloche&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;?&lt;br class='autobr' /&gt; &#8212; Oui, et j'ai &#233;t&#233; fort intrigu&#233;. J'ai pens&#233; que c'&#233;tait une cloche d'alarme pour les incendies, malheureusement si fr&#233;quents dans votre vall&#233;e.&lt;br class='autobr' /&gt; &#8212; Cette cloche sert bien &#224; cet usage, mais ce n'est pas sa fonction principale. C'est surtout la cloche de la corv&#233;e. Ici, le fauchage des foins, l'exploitation de la for&#234;t, la r&#233;paration des chemins se font en commun. Quand le moment d'un de ces travaux est venu, on sonne la cloche. &#192; son appel, tous les habitants du village s'assemblent autour du clocher et on vote si oui ou non ce travail se fera le lendemain ou un autre jour. Pour les moindres choses, la cloche sonne et rien ne se fait que permis et consacr&#233; par le vote populaire. Je vais vous raconter un fait qui m'est personnel et qui vous montrera mieux que tout ce que je pourrais vous dire l'intervention et le pouvoir de la cloche.&lt;br class='autobr' /&gt; Quand nous arriv&#226;mes &#224; la Chalp, naturellement du lait nous &#233;tait indispensable. Le premier matin, nous en f&#238;mes demander &#224; une de nos voisines. Elle refusa. &#201;tonn&#233;s, nous envoy&#226;mes dans d'autres maisons. Partout on r&#233;pondit qu'on ne pouvait nous en donner, le lait &#233;tant vendu &#224; la fruiti&#232;re. Impossible d'en distraire une goutte sans autorisation.&lt;br class='autobr' /&gt; Nous &#233;tions assez embarrass&#233;s quand un habitant sonna la cloche de la corv&#233;e. Aussit&#244;t le village en entier accourut et l'on vota si oui ou non on fournirait du lait au pasteur. &#192; l'unanimit&#233;,. il fut d&#233;cid&#233; que j'aurais droit &#224; tant de litres de lait par jour, et on d&#233;signa la famille qui devait me les livrer.&lt;br class='autobr' /&gt; &#8212; C'est incroyable, fis-je, au comble de l'&#233;tonnement.&lt;br class='autobr' /&gt; &#8212; Dans ces travaux en commun, continua M.&#160;M., il arrive parfois qu'un cheval ou un mulet soit victime d'un accident. Quand ce cas se produit, ce mulet est rembours&#233; au propri&#233;taire au prorata de la fortune de chacun. Mieux encore : une vache vient-elle &#224; mourir de maladie, tout habitant de la commune est forc&#233; d'en acheter un nombre de kilos, proportionnellement au chiffre de bestiaux qu'il poss&#232;de. Le prix du kilo est fix&#233; de mani&#232;re que la vache soit pay&#233;e en entier. C'est, &#224; proprement parler, l'assurance mutuelle obligatoire qui fonctionne ici. Je vous parlais, il y a un instant, de la r&#233;colte des foins : elle donne lieu &#224; un touchant usage. Les deux premiers jours de la fenaison sont r&#233;serv&#233;s aux veuves. Elles seules ont le droit, ces deux jours, de faire faucher, et les jeunes gens se rendent avec plaisir &#224; leur invitation, sans autre r&#233;tribution que la nourriture. Ensuite on fauche &#224; l'abandon, c'est-&#224;-dire chacun pour soi.&lt;br class='autobr' /&gt; Fort int&#233;ress&#233; par ces d&#233;tails, je demandai &#224; M.&#160;M., de me donner quelques renseignements sur la mani&#232;re dont se nourrissaient ses paroissiens.&lt;br class='autobr' /&gt; &#8212; Tr&#232;s volontiers, et vous verrez que la vie dans cette vall&#233;e ne ressemble &#224; nulle autre. Dans toutes les maisons, le matin, on a la soupe aux herbes des champs pendant l'&#233;t&#233;, uniquement aux choux pendant l'hiver. C'est le seul l&#233;gume qui r&#233;siste &#224; notre climat. &#192; midi, pommes de terre et laitage durci&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; le soir, soupe comme le matin. En &#233;t&#233;, repas suppl&#233;mentaire &#224; 4 heures, se composant de tourteau. Le dimanche et le jeudi, viande de porc au repas de midi. Le pain est du pain de seigle p&#233;tri avec le son, il est tr&#232;s nourrissant. En novembre, chacun cuit son pain pour l'ann&#233;e. La moyenne par mois est de 60 pains de 2 kilos par famille, ce qui repr&#233;sente environ 800 pains pour l'ann&#233;e. Depuis peu, au printemps, on cuit ce qu'ils appellent du pain &#224; main. C'est celui qu'on emporte aux champs. Mais pour la soupe, c'est toujours du pain d'un an dont on se sert&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; il a, para&#238;t-il, plus de saveur. Quand nous visiterons une maison, nous entrerons dans la chambre &#224; pain, et vous y constaterez sa merveilleuse conservation.&lt;br class='autobr' /&gt; &#8212; Mais avec un pareil r&#233;gime, dis-je, les maladies sont sans doute inconnues&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;? D'ailleurs, l'absence d'un m&#233;decin doit forcer &#224; se bien porter.&lt;br class='autobr' /&gt; &#8212; D&#233;trompez-vous. Nous avons un docteur &#224; Ch&#226;teau-Queyras et comme, vu la, distance, ses visites seraient fort on&#233;reuses, la commune enti&#232;re est assur&#233;e. Chaque habitant verse une somme de 6 francs et, moyennant ce prix, lui et sa famille ont droit gratuitement aux soins du m&#233;decin et aux rem&#232;des, quelle que soit la dur&#233;e de la maladie.&lt;br class='autobr' /&gt; Je tombais de surprise en surprise et j'allais adresser &#224; M.&#160;M.&#160;de nouvelles questions, quand notre entretien fut agr&#233;ablement interrompu par un th&#233; que servit M&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;me&lt;/sup&gt;&#160;M., aid&#233;e de sa s&#339;ur, charmante jeune fille st&#233;phanoise. Ce th&#233; &#233;tait d&#233;licieux et la th&#233;i&#232;re aux flancs rebondis semblait in&#233;puisable.&lt;br class='autobr' /&gt; Nous en pr&#238;mes de si nombreuses tasses que je jugeai pouvoir continuer sans inconv&#233;nient mon &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#8239;interrogatoire&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;.&lt;br class='autobr' /&gt; &#8212; Pourriez-vous me dire, monsieur, si les c&#233;r&#233;monies religieuses offrent quelques d&#233;tails particuliers&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;? Hier, en traversant Arvieux, j'y ai remarqu&#233; une &#233;glise. Le pays compte-t-il des catholiques&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;?&lt;br class='autobr' /&gt; &#8212; Ils sont, me r&#233;pondit le pasteur, en majorit&#233;. Il y a huit cent cinquante habitants dans la commune, dont deux cent vingt-cinq seulement sont protestants, group&#233;s dans les deux derniers villages de la Chalp et de Brunissard. Protestants et catholiques se rendent ensemble &#224; Arvieux pour les services religieux du dimanche matin, ce qui contribue &#224; entretenir entre eux de tr&#232;s bonnes relations. Nous sommes loin des haines du midi.&lt;br class='autobr' /&gt; &#8212; Mais s'il n'y a pas de protestants &#224; Arvieux, pourquoi le temple y a-t-il &#233;t&#233; construit&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;? Il est m&#234;me, je crois tout r&#233;cent.&lt;br class='autobr' /&gt; &#8212; Ici, on a le culte du pass&#233; et les vieux usages ont force de loi. Le temple serait &#233;videmment bien mieux plac&#233; entre la Chalp et Brunissard. Les protestants furent consult&#233;s, la cloche de la corv&#233;e sonna, mais ceux-ci ne voulurent pas abandonner l'h&#233;ritage de leurs p&#232;res : &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#8239;C'est l&#224;, dirent-ils, que nos anc&#234;tres ont pri&#233;, c'est l&#224; que reposent leurs cendres, c'est l&#224; aussi que nous voulons prier et reposer. Il faut que notre temple t&#233;moigne de notre foi et de notre attachement aux croyances de nos a&#239;eux&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;, et le nouveau temple fut reconstruit sur les ruines de l'ancien.&lt;br class='autobr' /&gt; &#8212; J'ai lu que les habitants de cette vall&#233;e se divisaient en gens de la Belle et gens du Renom. Est-ce vrai&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;? et pourriez-vous m'expliquer ces appellations&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;?&lt;br class='autobr' /&gt; &#8212; Les gens de la Belle formaient l'aristocratie. Le Renom &#233;tait la classe inf&#233;rieure, toujours soup&#231;onn&#233;e de sorcellerie. Tout membre de la Belle devait s'allier &#224; une personne de son clan. S'il en &#233;pousait une du Renom, il &#233;tait consid&#233;r&#233; comme en faisant partie. Ces d&#233;marcations ont depuis dix ans disparu, mais &#224; la surface seulement, et il y a toujours une nuance dans la mani&#232;re dont un membre de la Belle parlera &#224; un du Renom.&lt;br class='autobr' /&gt; &#8212; &#192; propos de noce, y a-t-il encore ici de curieuses coutumes&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;?&lt;br class='autobr' /&gt; &#8212; Oui, et que vous ne trouverez nulle autre part.&lt;br class='autobr' /&gt; Dans la semaine qui suit les premi&#232;res publications, la fianc&#233;e va offrir un quarteron d'&#233;pingles (vingt-cinq) et un quart de m&#232;tre de ruban &#224; la fille a&#238;n&#233;e de chaque maison de son village. De son c&#244;t&#233;, le fianc&#233; donne en cadeau aux jeunes gens de 2 &#224; 5 francs. Ceux-ci escorteront les fianc&#233;s au temple ou &#224; l'&#233;glise non seulement le dimanche des publications, mais aussi le jour des noces o&#249; ils seront gar&#231;ons servants. C'est le jeudi et un jeudi de printemps que les noces ont lieu &#224; Arvieux. La grange a pris un air de f&#234;te pour recevoir les nombreux invit&#233;s, &#8212; 200 en moyenne, &#8212; les nouveaux mari&#233;s viennent se placer &#224; l'entr&#233;e de la cour et &#224; c&#244;t&#233; d'eux une bonne tante un plat d'&#233;tain &#224; la main. En entrant, les convives doivent embrasser l'&#233;poux et l'&#233;pouse et mettre dans le plat une pi&#232;ce d'argent qui varie de 1 &#224; 2 francs pour les &#233;trangers et de 5 &#224; 20 francs pour les membres de la famille, oncles, tantes, parrains et marraines. Ce cadeau est destin&#233; &#224; la mari&#233;e.&lt;br class='autobr' /&gt; &#8212; Quel est le r&#244;le de la jeune femme dans sa nouvelle maison&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;?&#8212; Peu enviable. Elle n'y jouit d'aucune autorit&#233;.&lt;br class='autobr' /&gt; Sa fonction est de continuer la lign&#233;e, elle n'en a point d'autres. Elle ne peut m&#234;me s'occuper de l'&#233;ducation de ses enfants qui est tout enti&#232;re dans les mains de ses belles-s&#339;urs. Si son mari s'absente, ce sont encore ses belles-s&#339;urs qui ont toutes les clefs, qui disposent de l'argent. Quand je fais une collecte, ce n'est pas la femme qui me donne, c'est sa belle-m&#232;re et &#224; son d&#233;faut, une s&#339;ur du mari.&lt;br class='autobr' /&gt; Et la race des belles-s&#339;urs n'est pas pr&#232;s de s'&#233;teindre&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! Par suite du droit d'a&#238;nesse et de la coutume qu'ont prise les cadets de s'expatrier, beaucoup de jeunes filles ne se marient pas faute de partis&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; elles ne sortent jamais du Queyras et n'entrent pas en condition. La domesticit&#233; est consid&#233;r&#233;e comme une sorte de vasselage, comme une d&#233;ch&#233;ance. En g&#233;n&#233;ral, c'est &#224; Marseille que les cadets s'&#233;tablissent et, par leur travail, leur honn&#234;tet&#233;, y acqui&#232;rent rapidement l'aisance. En aucun cas, ils ne r&#233;clament leur part du patrimoine paternel, bien plus, dans les mauvaises ann&#233;es, ils secourent le fr&#232;re a&#238;n&#233; et nombreux sont ceux qui, reviennent, pendant la fenaison, aider leurs parents.&lt;br class='autobr' /&gt; Il &#233;tait pr&#232;s de minuit et, craignant d'abuser de M.&#160;M., je demandai, pr&#233;textant la fatigue du voyage, &#224; me retirer.&lt;br class='autobr' /&gt; &#8212; Tenez, me dit mon h&#244;te en se levant, voici un cahier que l'institutrice de la Chalp m'a apport&#233; aujourd'hui. C'est un travail sur les m&#339;urs, les usages du pays, que toutes nos institutrices doivent envoyer &#224; l'inspecteur primaire. Je ne l'ai pas encore lu. Prenez-le, peut-&#234;tre y trouverez-vous quelque d&#233;tail que j'aurais oubli&#233; de vous donner.&lt;br class='autobr' /&gt; Je pris le cahier et suivis M.&#160;M.&#160;qui me conduisit &#224; ma chambre. Apr&#232;s une cordiale poign&#233;e de mains et m'avoir souhait&#233; une heureuse nuit, il me laissa.&lt;br class='autobr' /&gt; J'ouvris la fen&#234;tre : elle donnait sur la vall&#233;e.&lt;br class='autobr' /&gt; Dans la pure lumi&#232;re du matin, ce devait &#234;tre enchanteur.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-center&#034; style=&#034;text-align:center;&#034;&gt;&#8258;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt; &#192; quatre heures, j'&#233;tais debout. Les sommets teint&#233;s de lueurs roses se doraient tour &#224; tour. La vall&#233;e &#233;tait encore dans l'ombre, mais la merveilleuse transparence de l'air me rendait tous les d&#233;tails distincts. Accoud&#233; sur le rebord de la fen&#234;tre, devant moi se d&#233;ployait un grandiose et aust&#232;re paysage.&lt;br class='autobr' /&gt; En face, une verte prairie descendait en pente rapide. Au bas, j'apercevais quelques toits d'Arvieux, le clocher de son &#233;glise. De chaque c&#244;t&#233; de l'&#233;troite vall&#233;e, des for&#234;ts de m&#233;l&#232;zes escaladaient les pentes abruptes. Dans le fond, une haute montagne, dont la base &#233;tait &#233;galement couverte de m&#233;l&#232;zes, se dressait presque &#224; pic couronn&#233;e de rochers d&#233;chiquet&#233;s, h&#233;riss&#233;s, d'o&#249; s'&#233;lan&#231;ait, comme une fl&#232;che aigu&#235;, l'Aiguille de Ratier (2,668 m&#232;tres).&lt;br class='autobr' /&gt; Dans l'embrasure de la vall&#233;e, tr&#232;s loin, des montagnes, aux sommets blancs de neige, &#233;tincelaient au soleil, se d&#233;tachant sur un ciel d'un bleu intense.&lt;br class='autobr' /&gt; C'&#233;tait d&#233;j&#224; le ciel de l'Italie.&lt;br class='autobr' /&gt; Je ne me lassais pas de contempler cet admirable spectacle. C'&#233;tait un de ceux dont la vue &#233;pure la pens&#233;e, rend l'&#226;me plus noble. Dans cette nature alpestre, on oublie toutes les petitesses, toutes les mesquineries de la vie ordinaire, et r&#233;ellement on se sent, on est meilleur.&lt;br class='autobr' /&gt; Je m'assis &#224; une table pr&#232;s de la fen&#234;tre et je notai bri&#232;vement la conversation de la veille. Ensuite, je feuilletai le cahier de l'institutrice. J'y relevai les d&#233;tails suivants.&lt;br class='autobr' /&gt; &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#8239;Costume : hommes. Fait de drap tr&#232;s grossier, mais de dur&#233;e presque illimit&#233;e, fil&#233; et tiss&#233; dans le pays et de la couleur naturelle de la laine.&lt;br class='autobr' /&gt; Costume : femmes. Robe en gros drap. Jupon orn&#233; d'une simoursso. C'est une lisi&#232;re de couleur &#233;clatante qui le borde en dedans, le d&#233;passant environ d'un centim&#232;tre. Sur la poitrine, un petit ch&#226;le ou mouchoir jet&#233; en pointe sur les &#233;paules et croisant devant. Ce ch&#226;le, souvent en soie, est de vive couleur pour les jeunes filles. La coiffure consiste en un bonnet-cornette blanc ou a noir, ne laissant apercevoir que tr&#232;s peu de cheveux et recouvrant les oreilles et une partie du visage. Les femmes catholiques portent sur la poitrine une petite croix latine et au cou un c&#339;ur en or. Les femmes protestantes ont aussi le c&#339;ur en or, mais portent la croix grecque. C'est leur signe distinctif. La toile de leur linge est une toile de chanvre tr&#232;s grossi&#232;re tiss&#233;e et fil&#233;e dans le pays. Quant aux draps de lit, ils sont, &#233;t&#233; comme hiver, en laine. L'&#233;t&#233;, chaque matin, on les suspend aux fen&#234;tres.&lt;br class='autobr' /&gt; Au chapitre mariage, je lus : &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#8239;Les mariages, &#224; Arvieux, sont la source de &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#8239;grandes d&#233;penses&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;. Ils sont g&#233;n&#233;ralement de 200 &#224; 250 couverts et co&#251;tent de 1,200 &#224; 1,800 francs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; On raconte qu'encore r&#233;cemment, les invit&#233;s arrivaient au banquet avec des poches de basane &#224; leurs v&#234;tements. &#192; peine assis, la table se d&#233;garnissait comme par enchantement, c'&#233;tait un vrai pillage, l'escamotage &#233;tait devenu un art. Le ma&#238;tre de la maison s'en consolait : &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#8239;chacun son &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#8239;tour&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;, disait-il. C'est de cette coutume que vient le surnom de Basans donn&#233; aux habitants de la vall&#233;e. Plus loin, je trouvai la recette du tourteau : &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#8239;On d&#233;laie de la farine de seigle dans de l'eau ou dans du lait. On y joint quelques &#339;ufs battus. Le tout forme une p&#226;te que l'on fait cuire dans la po&#234;le avec du beurre ou de la graisse. Ce plat a raison des plus terribles app&#233;tits.&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-center&#034; style=&#034;text-align:center;&#034;&gt;&#8258;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt; Dans le jardin, sous la tente, le couvert du d&#233;jeuner &#233;tait dress&#233;. &#192; 7 heures, je descendis.&lt;br class='autobr' /&gt; &#8212; Avez-vous bien dormi&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;? me demanda M.&#160;M.&lt;br class='autobr' /&gt; &#8212; J'ai pass&#233;, r&#233;pondis-je, une nuit d&#233;licieuse.&lt;br class='autobr' /&gt; Avoir une sensation de froid quand on sort de la fournaise du Midi est une des plus grandes jouissances que je connaisse.&lt;br class='autobr' /&gt; M&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;me&lt;/sup&gt;&#160;M.&#160;me pr&#233;senta ses trois enfants, trois gar&#231;ons &#233;veill&#233;s, robustes, aux fra&#238;ches couleurs. D'ailleurs, comment &#233;viter de se bien porter avec un air aussi vivifiant.&lt;br class='autobr' /&gt; Le d&#233;jeuner termin&#233;, M.&#160;M.&#160;me proposa de monter &#224; Brunissard, o&#249; nous visiterions en d&#233;tail une maison.&lt;br class='autobr' /&gt; &#8212; Quand vous en aurez vu une, me dit-il, vous les aurez toutes vues, elles sont faites sur un plan invariable.&lt;br class='autobr' /&gt; La route monte durement. Chemin faisant, nous rencontrions de nombreuses femmes sarclant, fauchant, mettant le foin en tas. &#192; chacune M.&#160;M.&#160;disait un mot bienveillant, s'informant de leurs travaux.&lt;br class='autobr' /&gt; Le pasteur ici est vraiment le berger de son troupeau. Nul r&#244;le plus beau, plus noble. Mais que d'abn&#233;gation, que de renoncements sont n&#233;cessaires&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! Le poste d'Arvieux est un des postes &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#8239;h&#233;ro&#239;ques&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; du sacerdoce.&lt;br class='autobr' /&gt; &#8212; Comme vous paraissez aim&#233; par vos paroissiens, dis-je au pasteur, vous &#234;tes r&#233;ellement leur conducteur, celui en qui ils ont foi. Quelle influence ne devez-vous pas avoir.&lt;br class='autobr' /&gt; &#8212; Oui, me r&#233;pondit-il, ici le pasteur est aim&#233; et respect&#233;. C'est le conseiller fid&#232;le auquel tous ont recours dans l'embarras et pour qui tous sont pr&#234;ts &#224; se d&#233;vouer. Et pourtant, supposez qu'un membre de ma famille soit malade, qu'il me faille envoyer chercher le m&#233;decin &#224; Ch&#226;teau-Queyras, ou des rem&#232;des &#224; Guillestre, que chacun connaisse ma peine, mes angoisses, personne ne s'offrira pour m'aider, pour me porter secours. Et savez-vous pourquoi&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;?&lt;br class='autobr' /&gt; &#8212; J'avoue que je ne comprends pas. Je ne vois pas bien.&lt;br class='autobr' /&gt; &#8212; Si nul ne s'offre, ne croyez pas que ce soit par indiff&#233;rence, par manque d'affection, c'est uniquement pour ne pas exciter la jalousie de son voisin.&lt;br class='autobr' /&gt; Ici, rendre service au pasteur est un honneur. Mais dans une nuit de tourmente, alors que la neige recouvre tous les chemins, &#224; n'importe quelle heure, je puis m'adresser &#224; la premi&#232;re personne venue du village et lui dire : &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#8239;Va &#224; Guillestre, passe le col de N&#233;al, franchis Izoard, rends-toi &#224; Brian&#231;on, j'ai besoin de toi.&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; Et imm&#233;diatement il se l&#232;vera, prendra son b&#226;ton et partira. Il aura &#233;t&#233; command&#233; et n'aura ainsi rien &#224; se reprocher &#224; l'&#233;gard de son voisin. Jamais, en commandant, je n'ai &#233;prouv&#233; de refus. Ne trouvez-vous pas cette psychologie curieuse&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;?&lt;br class='autobr' /&gt; &#8212; Tr&#232;s curieuse et c'est le cas de dire que vos paroissiens gagnent &#224; &#234;tre connus.&lt;br class='autobr' /&gt; Nous approchions de Brunissard. Devant nous, sur les flancs de la montagne rouge&#226;tre, se d&#233;veloppaient les nombreux lacets du col d'Izoard (2,388 m&#232;tres).&lt;br class='autobr' /&gt; &#8212; Voyez-vous, me dit M.&#160;M., sur le plus haut lacet, ces fourgons qui descendent&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;? Nous sommes actuellement en pleines man&#339;uvres.&lt;br class='autobr' /&gt; Je regardai. &#192; peine si je distinguais des points noirs se mouvant lentement.&lt;br class='autobr' /&gt; Tout &#224; coup, &#224; un d&#233;tour de la route, nous crois&#226;mes un r&#233;giment de ligne. Les soldats portaient les jambi&#232;res de drap bleu, la canne de ch&#234;ne, le pare-nuque blanc&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; les officiers, le k&#233;pi recouvert de toile blanche. Ils avaient pass&#233; par le col des Ayes (2,5oo m&#232;tres), bien plus court que celui d'Izoard, mais accessible seulement aux pi&#233;tons.&lt;br class='autobr' /&gt; Nous arriv&#226;mes enfin &#224; Brunissard. C'est le village le plus important de la vall&#233;e et le mieux b&#226;ti.&lt;br class='autobr' /&gt; D&#233;truit en 1882 par un incendie, il a &#233;t&#233; enti&#232;rement reconstruit, et de nouveau, la cloche de la corv&#233;e brille au sommet de sa svelte pyramide.&lt;br class='autobr' /&gt; Nous nous arr&#234;t&#226;mes devant la maison de M&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;me&lt;/sup&gt;&#160;B.&lt;br class='autobr' /&gt; C'est une grande maison &#224; un &#233;tage, surmont&#233;e d'un immense toit &#224; auvent, &#224; pente tr&#232;s rapide, se composant, &#224; cause de la rigueur de l'hiver, d'une double couche de petites planches de m&#233;l&#232;zes. Ces toitures durent une centaine d'ann&#233;es. Malheureusement, les Compagnies d'assurances refusent d'assurer les maisons ainsi couvertes. Au rez-de-chauss&#233;e, dont toutes les fen&#234;tres sont grill&#233;es dans les deux sens, se trouvent la cuisine o&#249; l'on fait le m&#233;nage l'&#233;t&#233;, les remises, le b&#251;cher et l'&#233;curie. Au premier &#233;tage, un grand hall largement ajour&#233;, o&#249; finissent de s&#233;cher les r&#233;coltes qui m&#251;rissent mal sous ce climat, sert aussi d'atelier de menuiserie. Des deux c&#244;t&#233;s de cette galerie s'ouvrent les chambres qu'on habite l'&#233;t&#233;. Une de ces chambres contient de hautes caisses de m&#233;l&#232;ze remplies de farine. Une autre est la chambre &#224; pain.&lt;br class='autobr' /&gt; L'hiver toute la famille couche et vit uniquement dans l'&#233;curie.&lt;br class='autobr' /&gt; &#8212; Pourquoi les fen&#234;tres du rez-de-chauss&#233;e sont-elles grill&#233;es&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;? demandai-je, dans cette vall&#233;e le vol doit &#234;tre inconnu.&lt;br class='autobr' /&gt; &#8212; Je n'ai pu m'expliquer cet usage. Voyez, cette maison que l'on construit : les grilles sont d&#233;j&#224; pos&#233;es. On faisait ainsi anciennement, il n'y a pas d'autre raison.&lt;br class='autobr' /&gt; M.&#160;M.&#160;ouvrit la porte. Nous entr&#226;mes dans la cuisine o&#249; nous trouv&#226;mes M&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;me&lt;/sup&gt;&#160;B. &#233;pluchant des l&#233;gumes. L'autorisation de visiter la maison nous fut tout de suite accord&#233;e.&lt;br class='autobr' /&gt; Le pasteur demanda &#224; M&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;lle&lt;/sup&gt; B. des nouvelles de ses deux filles.&lt;br class='autobr' /&gt; &#8212; Elles fauchent dans la montagne r&#233;pondit-elle.&lt;br class='autobr' /&gt; &#8212; La fortune de M&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;me&lt;/sup&gt;&#160;B., me confia M.&#160;M., quand nous f&#251;mes seuls, s'&#233;l&#232;ve &#224; 250,000 francs&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;!&lt;br class='autobr' /&gt; Ce d&#233;tail de m&#339;urs &#233;tait &#224; noter.&lt;br class='autobr' /&gt; &#8212; Nous allons commencer notre visite, me dit le pasteur, par l'&#233;curie. C'est la pi&#232;ce que l'on habite l'hiver. Ici, le thermom&#232;tre descend parfois &#224; -29, aussi les chambres du premier &#233;tage, sans chemin&#233;e, &#224; cause de la proximit&#233; des greniers, seraient inhabitables.&lt;br class='autobr' /&gt; L'&#233;curie et une grande pi&#232;ce vo&#251;t&#233;e tr&#232;s bas, d'une longueur d'environ 10 m&#232;tres sur 5 &#224; 6 de largeur. Au fond, sont dispos&#233;es les r&#226;teliers des vaches, le parc des brebis. &#192; l'autre extr&#233;mit&#233; rang&#233;s &#224; la suite, les lits de la famille. Ces lits de bois n'ont ni matelas, ni paillasse, mais simplement une &#233;paisse couche de paille non foul&#233;e, recouverte de deux draps de laine. Un po&#234;le, des tables, des chaises, des ustensiles de cuisine, constituent tout l'ameublement.&lt;br class='autobr' /&gt; &#8212; C'est dans cette unique pi&#232;ce, continua le pasteur, que la famille passe les longs mois d'hiver.&lt;br class='autobr' /&gt; Les hommes prennent soin des bestiaux et d&#233;piquent le seigle au fl&#233;au. Les femmes tricotent des bas de laine. Ici, il n'y a aucune industrie et il est facile de se repr&#233;senter l'ennui de cette longue claustration par le froid. Mais si l'hiver est la saison du repos, en revanche, le printemps et l'&#233;t&#233; sont celles d'un travail forcen&#233;. La v&#233;g&#233;tation est d'une puissance, d'une rapidit&#233; extraordinaire. L'avoine sem&#233;e en juin se moissonne en septembre. Les hommes montent aux chalets, dans les alpages, pour faucher, garder les vaches. Dans la vall&#233;e, les femmes labourent, piochent, moissonnent, fauchent, rentrent les r&#233;coltes.&lt;br class='autobr' /&gt; Tous se l&#232;vent &#224; trois heures et se couchent &#224; dix.&lt;br class='autobr' /&gt; C'est une vie fi&#233;vreuse qu'on ne rencontre nulle part.&lt;br class='autobr' /&gt; &#8212; Pourriez-vous me dire la temp&#233;rature qu'on obtient l'hiver dans l'&#233;curie&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;?&lt;br class='autobr' /&gt; &#8212; Souvent de 25 &#224; 28 degr&#233;s et c'est peu hygi&#233;nique.&lt;br class='autobr' /&gt; Vous verriez parfois les murs ruisseler d'eau, l'air chaud venant s'y condenser. C'est dans cette salle qu'a lieu une des plus curieuses c&#233;r&#233;monies du pays : la veill&#233;e des morts.&lt;br class='autobr' /&gt; &#8212; La veill&#233;e des morts&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;!&lt;br class='autobr' /&gt; &#8212; Quand une personne meurt, ses parents n'ont pas besoin de commander une bi&#232;re, elle est apport&#233;e au moment voulu : tout habitant de la commune &#233;tant oblig&#233; d'en faire une &#224; son tour. Le mort y est couch&#233; et transport&#233; au milieu de l'&#233;curie. La bi&#232;re est plac&#233;e sans couvercle sur deux chaises renvers&#233;es.&lt;br class='autobr' /&gt; Ceci fait, les parents se mettent au lit. Les jeunes filles du village entrent alors, se rangent autour du mort, et, &#224; la clart&#233; d'une lampe fumeuse, passent la nuit &#224; lire &#224; haute voix un sermon ou un recueil de pri&#232;res. Le matin, le mort est sorti sur la place publique, et l&#224; seulement, au vu de tous les assistants, la bi&#232;re est clou&#233;e : coutume excellente pour pr&#233;venir les ensevelissements pr&#233;matur&#233;s. Chaque famille du village, soit catholique, soit protestante, envoie deux de ses membres suivre le convoi. Pendant deux dimanches, toutes les femmes et jeunes filles du village porteront le demi-deuil, consistant en un tablier de couleur sombre, et un petit ch&#226;le noir &#224; fleurs blanches. Si les d&#233;c&#232;s sont nombreux, il arrive qu'elles gardent le deuil plusieurs mois de suite, et cela encore sans distinction de culte. Malgr&#233; les lumi&#232;res de la religion et les progr&#232;s de l'instruction, il existe ici encore un vieux reste de superstition. D&#232;s que dans un village quelqu'un meurt, imm&#233;diatement on jette toute l'eau qu'il peut y avoir dans les maisons. On vide les cruches, les seaux, les carafes, et cela, de peur que l'&#226;me du mort ne vienne s'y laver.&lt;br class='autobr' /&gt; J'allais d'&#233;tonnement en &#233;tonnement. J'avais tant&#244;t la sensation d'&#234;tre en pays inconnu, un de ces pays que Montaigne appelle &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#8239;estrange&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;, tant&#244;t d'&#234;tre revenu cinq cents ans en arri&#232;re.&lt;br class='autobr' /&gt; M.&#160;M.&#160;souriait de ma surprise, presque heureux de voir l'impression que ses paroles me causaient.&lt;br class='autobr' /&gt; &#8212; Montons maintenant au premier &#233;tage, me dit-il.&lt;br class='autobr' /&gt; Je traversai le hall, les greniers, les chambres &#224; farine, celles d'&#233;t&#233;, o&#249; sur une table est toujours pos&#233;e la grande Bible de la famille. Malheureusement la chambre &#224; pain &#233;tait ferm&#233;e &#224; clef&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; &#8212; Il ne vaut pas la peine que nous descendions la chercher, dit M.&#160;M.&#160;&#192; la Chalp, nous entrerons dans une autre maison et vous y verrez la chambre &#224; pain. D'ailleurs elles sont toutes pareilles.&lt;br class='autobr' /&gt; Nous pr&#238;mes cong&#233; de M&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;me&lt;/sup&gt;&#160;B.. et nous all&#226;mes voir la chapelle. Je remarquai la vieille chaire en bois sculpt&#233;, noirci par le temps. C'est celle de l'ancien temple d'Arvieux.&lt;br class='autobr' /&gt; J'interrogeai alors le pasteur sur les sentiments religieux des habitants de la vall&#233;e.&lt;br class='autobr' /&gt; &#8212; Profond&#233;ment pieux, me r&#233;pondit-il, et jamais, &#224; moins de maladie, il ne me manque un auditeur.&lt;br class='autobr' /&gt; Le cur&#233; &#233;galement a toujours son auditoire au complet. Ici, protestants et catholiques vivent en bonne intelligence : chr&#233;tiens, ils ne connaissent pas l'esprit de parti. Les catholiques bienveillants et tol&#233;rants se joignent &#224; nous aux c&#233;r&#233;monies religieuses des mariages et des ensevelissements, et &#233;coutent avec recueillement le service divin. Les protestants agissent de m&#234;me &#224; leur &#233;gard.&lt;br class='autobr' /&gt; Aurais-je aussi trouv&#233;, pensai-je, le pays o&#249; les hommes ne se ha&#239;ssent pas&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;? Ces montagnards ont-ils enfin compris que tous les hommes sont fr&#232;res&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;?&lt;br class='autobr' /&gt; Que la m&#234;me herbe pousse sur leurs tombes, que la m&#234;me neige les recouvre&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;? et que sous des pratiques diff&#233;rentes, c'est le m&#234;me Dieu qu'ils adorent&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;?&lt;br class='autobr' /&gt; La chapelle visit&#233;e, nous redescend&#238;mes &#224; la Chalp.&lt;br class='autobr' /&gt; La route &#233;tait encore encombr&#233;e de fourgons soulevant une &#233;paisse poussi&#232;re. Des soldats campaient sur les bords, leurs fusils en faisceaux. Nous pr&#238;mes un raccourci et bient&#244;t nous arriv&#226;mes au village.&lt;br class='autobr' /&gt; La porte de la maison de M&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;me&lt;/sup&gt;&#160;F. &#233;tait ouverte.&lt;br class='autobr' /&gt; Tr&#232;s aimablement, elle voulut elle-m&#234;me nous guider. Je vis l'&#233;curie, la grande galerie, les greniers et enfin la chambre &#224; pain.&lt;br class='autobr' /&gt; C'est une chambre de 4 m&#232;tres de c&#244;t&#233;, tr&#232;s a&#233;r&#233;e dont les murs sont couverts de rayons de biblioth&#232;que. &#192; la place de livres, des pains entiers de forme ronde, plac&#233;s de champ et s&#233;par&#233;s par de petits liteaux. Il devait y en avoir environ cinq cents.&lt;br class='autobr' /&gt; &#8212; Voici, me dit M&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;me&lt;/sup&gt;&#160;F., la bo&#238;te &#224; couper le pain.&lt;br class='autobr' /&gt; Et elle me montra une petite caisse &#224; bords bas, de 0 m 80 de longueur sur 0 m 35 de largeur. Le fond n'&#233;tait pas plat, mais en biseau. Un couteau y &#233;tait fix&#233; par l'extr&#233;mit&#233; de la lame.&lt;br class='autobr' /&gt; M&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;me&lt;/sup&gt;&#160;F. prit un pain, le pla&#231;a sur le bord inclin&#233;, et faisant levier avec le couteau, malgr&#233; sa duret&#233; en d&#233;tachait facilement de minces tranches, qui au fur et &#224; mesure tombaient dans le fond de la caisse.&lt;br class='autobr' /&gt; Nous remerci&#226;mes M&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;me&lt;/sup&gt;&#160;F. de sa complaisance et nous rev&#238;nmes au presbyt&#232;re.&lt;br class='autobr' /&gt; Il &#233;tait 11 heures. Sous la tente, devant la maison, le couvert &#233;tait mis. Le d&#233;jeuner fut v&#233;g&#233;tarien et d&#233;licieux. Excit&#233; par l'air extraordinairement vif de la Chalp, je fis honneur au menu. Du caf&#233;, que tout bas, je baptisai &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#8239;du 30 &#224; l'heure&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;, tellement son ar&#244;me &#233;tait exquis, termina le repas.&lt;br class='autobr' /&gt; Le moment de quitter ce toit ami &#233;tait venu. Je dis &#224; mes h&#244;tes ma gratitude, ma reconnaissance pour l'accueil qui m'avait &#233;t&#233; fait, et, m'inclinant, je serrai les mains qu'on me tendait. Je garderai toujours le souvenir de cette maison o&#249;, selon l'expression c&#233;v&#233;nole, je fus re&#231;u &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#8239;le c&#339;ur sur la main.&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;&lt;br class='autobr' /&gt; M.&#160;M.&#160;m'accompagna jusqu'&#224; la sortie de la Chalp. Un dernier adieu et je partis.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-center&#034; style=&#034;text-align:center;&#034;&gt;&#8258;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt; Je descendis &#224; folle allure la route d'Arvieux. L&#233;ger ralentissement dans la travers&#233;e du village : en suite, &#233;tait-ce le caf&#233;, &#233;tait-ce le succ&#232;s de mon excursion, je volai sur les rapides pentes. La notion du temps m'&#233;chappait, j'&#233;tais gris&#233; de vitesse et de bonheur. Un regard &#224; la forteresse de Ch&#226;teau-Queyras et je courais sur la sinueuse descente de l'Ange gardien. Le d&#233;fil&#233; de la Chapelue, le Veyer, l'admirable combe du Queyras et tout &#224; coup je me trouvai sur le pont de pierre. J'&#233;tais arriv&#233; &#224; la maison du roi.&lt;br class='autobr' /&gt; Ma montre marquait midi 45. En moiteur par la rapidit&#233; de ma course, je me permis une courte halte. Et je m'assis sur un banc de bois adoss&#233; au mur m&#234;me de l'auberge. La maison du roi est une maison cr&#233;pie &#224; la chaux, de teinte l&#233;g&#232;rement jaun&#226;tre. Elle porte sur la fa&#231;ade, &#233;crite en grandes lettres, cette inscription :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;LA&lt;/span&gt; &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;MAISON&lt;/span&gt; &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;DU&lt;/span&gt; &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;ROI&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &#192; L'&lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;ENTRE&lt;/span&gt; (sic) &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;DU&lt;/span&gt; &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;QUEYRAS&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; On loge &#224; pied et &#224; cheval&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Je fumais donc une cigarette sur le banc, et mon esprit prenait plaisir &#224; &#233;voquer Louis &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;XIII&lt;/span&gt;, sa suite nombreuse de seigneurs aux feutres empanach&#233;s, aux lourdes bottes &#224; entonnoir, quand, de la maison o&#249; s'&#233;tait r&#233;fugi&#233; le roi, sortit une femme &#226;g&#233;e v&#234;tue de noir.&lt;br class='autobr' /&gt; Je me levai et, la saluant :&lt;br class='autobr' /&gt; &#8212; Madame B&#233;rard, je suppose&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;?&lt;br class='autobr' /&gt; &#8212; Oui, Monsieur, pour vous servir. Donnez-vous la peine d'entrer, vous serez mieux dedans :&lt;br class='autobr' /&gt; &#8212; Tr&#232;s volontiers, Madame. Pourrez-vous me montrer la Sauvegarde&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;? Je serais tr&#232;s heureux de la voir.&lt;br class='autobr' /&gt; Madame B&#233;rard sourit : &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#8239;Mais rien de plus facile, veuillez, je vous prie, me suivre.&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; -&lt;br class='autobr' /&gt; Et, me pr&#233;c&#233;dant, elle me fit traverser un corridor et deux pi&#232;ces servant de caf&#233;. Dans la derni&#232;re &#233;tait suspendue au mur la Sauvegarde.&lt;br class='autobr' /&gt; C'est un tableau &#224; l'huile repr&#233;sentant l'&#233;cu de France, aux trois fleurs de lys d'or sur champ d'azur, surmont&#233; de la couronne royale. Au-dessus, une banderole blanche porte en lettres noires : Sauvegarde du roi.&lt;br class='autobr' /&gt; &#8212; Ce tableau, me dit M&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;me&lt;/sup&gt;&#160;B&#233;rard, a &#233;t&#233; donn&#233; &#224; un de mes anc&#234;tres par le roi Louis &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;XIII&lt;/span&gt;.&lt;br class='autobr' /&gt; Et ceci fut dit simplement, avec une noblesse de geste que j'admirai.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; J'avais parl&#233; &#224; M.&#160;M.&#160;de la maison du roi, et de la Sauvegarde.&lt;br class='autobr' /&gt; &#8212; Mais enfin, lui avais-je dit, la g&#233;n&#233;rosit&#233; royale s'est-elle born&#233;e &#224; l'envoi de ce tableau&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;?&lt;br class='autobr' /&gt; Non, me r&#233;pondit le pasteur, le roi avait bien fait les choses. La famille B&#233;rard &#233;tait exon&#233;r&#233;e de tout imp&#244;t et le fils a&#238;n&#233; &#224; perp&#233;tuit&#233; exempt du service militaire.&lt;br class='autobr' /&gt; Je remerciai M&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;me&lt;/sup&gt;&#160;B&#233;rard et me remis en route.&lt;br class='autobr' /&gt; Je montai &#224; pied la dure et courte c&#244;te. Son peu de longueur ne justifiait pas un changement de multiplication. La rampe gravie, je descendis rapidement sur Guillestre. Le temps d'envoyer quelques t&#233;l&#233;grammes et je repartis pour Mont-Dauphin o&#249; j'arrivai 1 h. 45.&lt;br class='autobr' /&gt; J'arr&#234;te ici le r&#233;cit de cette excursion.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-center&#034; style=&#034;text-align:center;&#034;&gt;&#8258;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt; Et maintenant, je dirai aux touristes :&lt;br class='autobr' /&gt; &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#8239;Allez dans le Queyras, c'est la vall&#233;e la plus pittoresque de nos Alpes. Passez sous les remparts de Ch&#226;teau-Queyras, montez &#224; Saint-V&#233;ran, &#224; Arvieux.Traversez Aiguilles, le village aux villas &#233;tonnantes, poursuivez jusqu'&#224; Abri&#232;s&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; et quand, &#224; travers ses merveilleuses for&#234;ts de m&#233;l&#232;zes, appara&#238;tront les blanches cimes du Viso, vous aurez contempl&#233; un des plus beaux, des plus sublimes spectacles dont vous puissiez jamais garder le souvenir.&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'Espinassous.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(Le Cycliste) -&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Le refuge (1902)</title>
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		<dc:date>2018-07-10T12:42:43Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>velovi</dc:creator>


		<dc:subject>cyclotourisme, cyclocamping</dc:subject>
		<dc:subject>Entre 1900 et 1914</dc:subject>
		<dc:subject>Vercors</dc:subject>
		<dc:subject>d'Espinassous</dc:subject>
		<dc:subject>Fagot</dc:subject>
		<dc:subject>V&#233;g&#233;tarisme</dc:subject>
		<dc:subject>Hotel, auberge, caf&#233;, restaurant</dc:subject>
		<dc:subject>Dauphin&#233;</dc:subject>
		<dc:subject>Col de Rousset</dc:subject>
		<dc:subject>Dr&#244;me</dc:subject>

		<description>&lt;div class='spip_document_166 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='http://velotextes.fr/IMG/png/coldurousset2.png' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/png&#034;&gt; &lt;img src='http://velotextes.fr/IMG/png/coldurousset2.png' width=&#034;2126&#034; height=&#034;1324&#034; alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#8239;Le col de Rousset est un de ceux-l&#224;. Tr&#232;s connu des cyclistes r&#233;gionaux, il est peu fr&#233;quent&#233; par les autres. Il offre pourtant un admirable panorama, et, &#224; la sortie du tunnel, se produit un des plus &#233;tonnants changements &#224; vue qu'il soit possible de concevoir&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;&lt;/p&gt;

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&lt;a href="http://velotextes.fr/spip.php?rubrique42" rel="directory"&gt;A. D'Espinassous&lt;/a&gt;

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&lt;a href="http://velotextes.fr/spip.php?mot9" rel="tag"&gt;cyclotourisme, cyclocamping&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://velotextes.fr/spip.php?mot11" rel="tag"&gt;Entre 1900 et 1914&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://velotextes.fr/spip.php?mot49" rel="tag"&gt;Vercors&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://velotextes.fr/spip.php?mot51" rel="tag"&gt;d'Espinassous&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://velotextes.fr/spip.php?mot53" rel="tag"&gt;Fagot&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://velotextes.fr/spip.php?mot54" rel="tag"&gt;V&#233;g&#233;tarisme&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://velotextes.fr/spip.php?mot55" rel="tag"&gt;Hotel, auberge, caf&#233;, restaurant&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://velotextes.fr/spip.php?mot67" rel="tag"&gt;Dauphin&#233;&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://velotextes.fr/spip.php?mot85" rel="tag"&gt;Col de Rousset&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://velotextes.fr/spip.php?mot147" rel="tag"&gt;Dr&#244;me&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='http://velotextes.fr/local/cache-vignettes/L150xH93/coldurousset2-35b72.png?1788203519' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='93' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;D'Espinassous, Revue mensuelle du Touring-Club de France, Octobre 1902&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les voyages circulaires &#224; itin&#233;raires fixes sont d&#233;plorables au point de vue du tourisme. Ils cr&#233;ent de grands courants dont peu de touristes s'&#233;cartent, persuad&#233;s qu'il n'existe, en dehors d'eux, aucun site digne d'&#234;tre visit&#233;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Des sites tr&#232;s remarquables sont aussi sacrifi&#233;s et restent ignor&#233;s de la g&#233;n&#233;ralit&#233; des touristes. Le col de Rousset est un de ceux-l&#224;. Tr&#232;s connu des cyclistes r&#233;gionaux, il est peu fr&#233;quent&#233; par les autres.&lt;br class='autobr' /&gt;
Il offre pourtant un admirable panorama, et, &#224; la sortie du tunnel, se produit un des plus &#233;tonnants changements &#224; vue qu'il soit possible de concevoir.&lt;br class='autobr' /&gt;
Aux vertes prairies du Vercors, aux for&#234;ts de sapins et de h&#234;tres aux senteurs humides, a succ&#233;d&#233; brusquement un horizon sans bornes de montagnes et de vall&#233;es. C'est le Midi qui appara&#238;t dans sa chaude et &#233;clatante lumi&#232;re.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le paysage est s&#233;v&#232;re, aust&#232;re m&#234;me, mais rend le contraste avec l'autre versant encore plus saisissant. Le Refuge du col est un belv&#233;d&#232;re unique.&lt;br class='autobr' /&gt;
Un autre site du Vercors, familier aux alpinistes et aux touristes &#224; pied, est &#233;galement en dehors du chemin suivi par les cyclistes. J'en parlerai plus loin.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-center&#034; style=&#034;text-align:center;&#034;&gt;&#8258;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Parti de Die &#224; quatre heures du matin, j'arrivai bient&#244;t &#224; Chamaloc, o&#249; je mis pied &#224; terre pour d&#233;jeuner. Apr&#232;s avoir pris une tasse de lait, je fumais en causant avec l'aubergiste qui me donnait de tr&#232;s curieux renseignements sur le pays, quand, vers cinq heures et demie, un bruit de grelots se fit entendre et la diligence de Die s'arr&#234;ta devant l'auberge. Le courrier entra dans la salle, et, selon son habitude se fit servir &#224; d&#233;jeuner.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le courrier est un homme jeune, exub&#233;rant de force et de sant&#233;, et, comme tous les habitants du Midi, tr&#232;s communicatif.
&lt;br /&gt;&#8212; Montez-vous au col&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;? me dit-il, je vous offre une place. Ma voiture est vide aujourd'hui et votre bicyclette sera facilement log&#233;e.
&lt;br /&gt;&#8212; Je vous remercie, mais je compte faire toute la mont&#233;e sur ma bicyclette.&lt;br class='autobr' /&gt;
Un sourire d'incr&#233;dulit&#233; accueillit ma r&#233;ponse.
&lt;br /&gt;&#8212; Vous essayerez, r&#233;pliqua-t-il, mais vous en aurez vite assez. Les cyclistes la montent &#224; pied le soir avec la fra&#238;cheur, mais le matin je les porte tous.&lt;br class='autobr' /&gt;
S&#251;rement vous ne connaissez pas cette c&#244;te, elle est plus dure que vous ne pensez et je vais vous le prouver. Suivez bien mon raisonnement, ajouta-t-il d'un air persuasif.
&lt;br /&gt;&#8212; Je le suis, dis-je fort amus&#233;.
&lt;br /&gt;&#8212; La route a une pente moyenne de 5,5&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;% sur une longueur de 14 kilom&#232;tres. C'est vous dire qu'&#224; certains endroits vous trouverez du 7&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;%. De plus, comme vous vous en &#234;tes aper&#231;u depuis Die, la bise commence &#224; souffler. &#192; mesure que le soleil chauffera, sa violence s'accro&#238;tra et la pente ne sera plus du 5,5 mais du 7 pour le moins, Il n'est donc pas possible que vous en veniez &#224; bout.
&lt;br /&gt;&#8212; J'essayerai pourtant.&lt;br class='autobr' /&gt;
Et je jugeai compl&#232;tement inutile de lui r&#233;v&#233;ler la puissance du d&#233;veloppement de 2 m. 90. &lt;br /&gt;&#8212; Comme vous voudrez, je vous ai averti, reprit-il un peu d&#233;sappoint&#233;, mais je vous conseille de partir avant moi. Ainsi je vous &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#8239;ramasserai&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; sur la route quand vous serez fatigu&#233;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Ce courrier manquait &#233;videmment du tact le plus &#233;l&#233;mentaire, mais son intention &#233;tait bonne et je ne me formalisai pas du mot.
&lt;br /&gt;&#8212; Non, non, nous partirons ensemble, vous serez ainsi plus &#224; port&#233;e de me secourir. Et je me levai pour boucler mon sac.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#192; six heures, le courrier sortit de l'auberge. Je fis de m&#234;me, et, au moment o&#249; il montait sur son si&#232;ge, je sautai en machine.&lt;br class='autobr' /&gt; &#8212; Suivez-moi bien, lui dis-je &#224; mon tour.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En sortant de Chamaloc, la route monte durement et le courrier &#233;tait oblig&#233; d'aller au pas. Je pris donc assez rapidement une grande avance. Je ne me pressai pourtant pas, car, ainsi que je le constatai, je ne marchais qu'&#224; une vitesse de 7 kilom&#232;tres &#224; l'heure&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; mais, vu la longueur de la rampe, c'&#233;tait plus que suffisant. J'abordai bient&#244;t le premier lacet. Tr&#232;s loin sous moi, j'entrevis le courrier. Je ne m'en pr&#233;occupai plus.&lt;br class='autobr' /&gt;
Cette mont&#233;e du col de Rousset est une des plus d&#233;moralisantes que je connaisse. La maison blanche du Refuge s'aper&#231;oit constamment&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; des lacets vous en rapprochent, imm&#233;diatement d'autres vous en &#233;loignent&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; toujours on monte et jamais on n'arrive, et le cycliste jette des regards d'envie sur les coursi&#232;res qui, coupant tous les lacets, grimpent droit en abr&#233;geant de moiti&#233; le chemin. En outre, si l'on n'a pas eu la pr&#233;caution d'emporter une gourde, la soif vous tourmente, car, &#224; part une petite fontaine &#224; 4 kilom&#232;tres de Chamaloc, on ne rencontre pendant les dix derniers kilom&#232;tres pas une goutte d'eau, et, le matin, il fait dans cet entonnoir une chaleur torride.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#192; l'extr&#233;mit&#233; du grand lacet je descendis de machine. Je n'&#233;tais plus qu'&#224; 5 kil. du Refuge et j'&#233;tais bien aise de me reposer quelques minutes. De plus, j'avais aper&#231;u un cantonnier et j'aime assez &#224; faire causer ces braves gens. Je m'approchai, lui offris une cigarette, et assis sur une pierre, tout en fumant, l'interrogeai.
&lt;br /&gt;&#8212; Vous devez, lui dis-je, voir passer quelques automobiles, n'ont-elles pas de pannes&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;? ne leur est-il arriv&#233; aucun accident&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;?
&lt;br /&gt;&#8212; Non, me r&#233;pondit-il, elles descendent prudemment et il ne leur est jamais rien arriv&#233;. J'ai remarqu&#233; que presque toujours le chauffeur descend seul&#160;: ses compagnons passent par les raccourcis. La d&#233;fiance du chauffeur est le commencement de la sagesse, pensai-je.
&lt;br /&gt;&#8212; Et aux cyclistes&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;? demandai-je.
&lt;br /&gt;&#8212; Aux cyclistes&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;? rien non plus. Ils tra&#238;nent tous la branche de sapin&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; quelques-uns, mais bien peu, descendent &#224; pied.&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; Des p&#232;res de famille nombreuse probablement.
&lt;br /&gt;&#8212; Alors, jamais un accident&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;?
&lt;br /&gt;&#8212; Si, me dit-il en riant, mais c'est &#224; la mont&#233;e&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;!&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a un an, un professeur de Paris, avec quelques amis, montait au col. Il marchait seul, en retard, poussant p&#233;niblement sa bicyclette. &#192; cinq cents m&#232;tres d'ici, n'en pouvant plus, terrass&#233; par la chaleur, mourant de soif, il tomba sur la route, n'ayant pas m&#234;me la force d'appeler. Ses compagnons arriv&#233;s au Refuge l'aper&#231;urent enfin. Le domestique lui fut envoy&#233; avec une bouteille de limonade et une bouteille de bi&#232;re. Le professeur les but toutes les deux, et vous me croirez, Monsieur, si vous voulez, donna au domestique quarante sous&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;!&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;&lt;br class='autobr' /&gt;
Et la figure de l'honn&#234;te cantonnier exprimait la plus compl&#232;te admiration pour cette folle g&#233;n&#233;rosit&#233;.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#8239;Quand il eut bu, continua-t-il, au lieu de monter au col, il enfourcha sa bicyclette et descendit &#224; Die. Et il filait, Monsieur, il filait, il fallait voir &#231;a&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;!&lt;br class='autobr' /&gt;
Je ne crois pas qu'il revienne de sa vie au Refuge.&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;&lt;br class='autobr' /&gt;
Et &#224; ce souvenir il riait de plus belle.&lt;br class='autobr' /&gt;
Voil&#224;, me dis-je, un touriste fastueux qui fait honneur au Touring-Club. Il n'y a &#233;videmment qu'un membre du Touring qui puisse se permettre de pareilles largesses&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;!&lt;br class='autobr' /&gt;
J'allais adresser de nouvelles questions au cantonnier, quand tout &#224; coup j'entendis au-dessous de la route les grelots du courrier. Jugeant inutile de lui faire commettre le p&#233;ch&#233; d'orgueil, je me mis en selle. Je n'avais plus que deux lacets et le Refuge se rapprochait &#224; vue d'&#339;il.&lt;br class='autobr' /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-center&#034; style=&#034;text-align:center;&#034;&gt;&#8258;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Le Refuge du col de Rousset (1,411 m. d'altitude) est une petite maison blanche &#224; un seul &#233;tage. Sur un de ses murs brille le panonceau du &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;T. C.&lt;/span&gt; Au rez-de-chauss&#233;e se trouvent la cuisine et la salle &#224; manger, s&#233;par&#233;es par un corridor. Au premier &#233;tage, &#224; trois fen&#234;tres de fa&#231;ade, les chambres. Elles sont blanchies &#224; la chaux, les lits sont sans rideaux, la propret&#233; est hollandaise. L'air y est toujours tr&#232;s vif et tr&#232;s pur, l'eau abondante et glac&#233;e.&lt;br class='autobr' /&gt;
Accol&#233;es au Refuge, une remise et une &#233;curie.&lt;br class='autobr' /&gt;
Devant la maison une terrasse de plain-pied avec la route, bord&#233;e d'une balustrade de fer. Une tonnelle en planche y pr&#233;serve du soleil le touriste, qui, pench&#233; sur l'ab&#238;me, les jumelles en main, fouille la route dont les fantastiques lacets se d&#233;roulent tous sous lui.&lt;br class='autobr' /&gt;
Ce Refuge est relativement r&#233;cent. Avant 1888 il s'&#233;levait &#224; 3oo m&#232;tres du tunnel, sur la route de Die, &#224; l'endroit marqu&#233; aujourd'hui par quelques restes de murs en ruines. A c&#244;t&#233; coule une source. L'ancien Refuge &#233;tait b&#226;ti au bas d'une pente bois&#233;e de h&#234;tres. Le propri&#233;taire de cette h&#234;traie, un beau jour, la fit couper. L'administration &#8212; il faut avouer que parfois son intelligence &#8212; ne s'en pr&#233;occupa pas.&lt;br class='autobr' /&gt;
L'hiver de 1888 fut tr&#232;s rigoureux, et le 16&#160;f&#233;vrier une masse de neige se d&#233;tacha du sommet de la montagne, et, n'&#233;tant plus retenue ou divis&#233;e par les arbres, arriva en avalanche irr&#233;sistible sur le Refuge, qu'elle rasa.&lt;br class='autobr' /&gt;
Il &#233;tait 8 heures du matin. Le cantonnier F&#233;rialle fr&#232;re du cantonnier actuel &#8212; sa femme, ses trois enfants, leur jeune domestique, un second cantonnier, l'adjoint de Vassieux, p&#233;rirent sous les d&#233;combres. Seul un voyageur put s'&#233;chapper.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le nouveau Refuge, construit &#224; c&#244;t&#233; de l'entr&#233;e du tunnel, est prot&#233;g&#233; par les rochers &#224; pic qui s'&#233;l&#232;vent au-dessus. Sa position n'offre plus le moindre danger.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#192; 8 heures et demie, je mettais enfin pied &#224; terre devant le Refuge. Sur le seuil de la porte se tenait l'accorte h&#244;teli&#232;re, qui me souhaita la bienvenue et m'accueillit avec son sourire accoutum&#233;. C'est d&#233;j&#224; pour moi une vieille connaissance, car je ne passe pas une ann&#233;e sans traverser le Vercors.
&lt;br /&gt;&#8212; Vous savez, lui dis-je, si la mont&#233;e est &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#8239;creusante&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;, vous ne serez donc pas &#233;tonn&#233;e que j'aie grand'faim. Je vous saurais gr&#233; de me faire d&#233;jeuner &#224; 11 heures.&lt;br class='autobr' /&gt;
L'h&#244;teli&#232;re feignit une mine d&#233;sol&#233;e : &lt;br /&gt;&#8212; Mais je n'ai presque rien, Monsieur&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; avec ce froid je n'ai pas encore eu un seul touriste, et vous &#234;tes v&#233;g&#233;tarien&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! Vraiment, &#224; part des &#339;ufs, je ne sais que vous donner.&lt;br class='autobr' /&gt;
Et elle se mit &#224; r&#233;fl&#233;chir. J'attendais, plein de confiance, car je connais depuis longtemps l'habilet&#233; culinaire de l'h&#244;teli&#232;re.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#8239;Je pourrai, dit-elle enfin, vous offrir d'abord une truite.
&lt;br /&gt;&#8212; Une truite&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! une truite au col de Rousset&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;!
&lt;br /&gt;&#8212; Mais oui, une vraie truite, et qui p&#232;se bien une demi-livre.&lt;br class='autobr' /&gt;
Mon &#233;tonnement &#233;tait sans bornes. La pr&#233;sence d'une truite au Refuge &#233;tait en v&#233;rit&#233; une chose prodigieuse. Je n'ignore pas, certes, que la science fait tous les jours de grands progr&#232;s&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; que les savants ont parfois des fantaisies bizarres&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; qu'ils cr&#233;ent, par des croisements habiles, de nouvelles races plus robustes, appropri&#233;es &#224; des milieux nouveaux. mais quelle lutte pour l'existence sur ces rochers arides&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;!
&lt;br /&gt;&#8212; Voyons, dis-je &#224; l'h&#244;teli&#232;re, expliquez-moi la venue miraculeuse d'une truite au Refuge.
&lt;br /&gt;&#8212; C'est bien simple, r&#233;pondit-elle en souriant, je l'ai apport&#233;e avec deux autres des Goulets, et l'ai mise dans le petit bassin de la source, o&#249; elle a prosp&#233;r&#233;, comme vous verrez. Elle a m&#234;me des m&#339;urs &#233;tonnantes. Figurez-vous que depuis qu'elle est ici, c'est-&#224;-dire depuis novembre, elle a refus&#233; toute nourriture. Je ne sais de quoi elle vit. Elle se porte pourtant fort bien, et elle a donn&#233; le jour &#224; une nombreuse famille, qui, h&#233;las&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! n'a pas h&#233;rit&#233; de sa robusticit&#233;, car elle diminue tous les jours.&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;&lt;br class='autobr' /&gt;
Instinctivement je pensai &#224; Ugolin et j'entrevis la tour de Pise. &#192; elle aussi sa famille suffisait.
&lt;br /&gt;&#8212; Donc, reprit l'h&#244;teli&#232;re, vous aurez d'abord une truite. Ensuite.
&lt;br /&gt;&#8212; Ensuite&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! je ne veux plus rien savoir.&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; Et, compl&#232;tement rassur&#233; sur mon d&#233;jeuner, je sortis.&lt;br class='autobr' /&gt;
Je rentrai &#224; 11 heures.
&lt;br /&gt;&#8212; Vous &#234;tes servie, me dit l'h&#244;teli&#232;re, et son sourire satisfait &#233;tait gros de promesses.&lt;br class='autobr' /&gt;
Voici, &#224; titre de curiosit&#233;, le menu v&#233;g&#233;tarien de mon d&#233;jeuner :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;BEURRE&lt;/span&gt; &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;DE&lt;/span&gt; &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;VASSIEUX&lt;/span&gt; &lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;TRUITE&lt;/span&gt; &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;DE&lt;/span&gt; &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;LA&lt;/span&gt; &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;VERNAISON&lt;/span&gt; &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;POMMES&lt;/span&gt; &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;DE&lt;/span&gt; &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;TERRE&lt;/span&gt; &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;NOUVELLES&lt;/span&gt; &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;SAUT&lt;/span&gt;&#201;&lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;ES&lt;/span&gt; &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;PETITS&lt;/span&gt; &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;POIS&lt;/span&gt; A &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;LA&lt;/span&gt; &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;CR&lt;/span&gt;&#200;&lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;ME&lt;/span&gt; &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;ASPERGES&lt;/span&gt; &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;EN&lt;/span&gt; &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;BRANCHES&lt;/span&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Dessert &lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;GEL&lt;/span&gt;&#201;E &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;DE&lt;/span&gt; &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;FRAMBOISES&lt;/span&gt; &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;CERISES&lt;/span&gt; &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;MERINGUES&lt;/span&gt; &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;AU&lt;/span&gt; &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;CHOCOLAT&lt;/span&gt; &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;FLAN&lt;/span&gt; &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;AU&lt;/span&gt; &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;CARAMEL&lt;/span&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Vin &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;CLAIRETTE&lt;/span&gt; &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;DE&lt;/span&gt; &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;DIE&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8212; Ah&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! Monsieur, me dit l'h&#244;teli&#232;re, si vous aviez voulu manger comme tout le monde&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;!&lt;br class='autobr' /&gt;
Le touriste peut donc venir &#224; l'improviste au col de Rousset, il sait ce qui l'attend. J'ajouterai que la nuit, &#224; n'importe quelle heure, l'accueil est le m&#234;me. Je suis arriv&#233; parfois pass&#233; minuit et le d&#238;ner allait toujours de pair avec l'accueil. Il y a peu d'hospitalit&#233; dans les Alpes, aussi empress&#233;e, aussi cordiale, que celle du Refuge, et la blonde h&#244;teli&#232;re est justement populaire chez les touristes. C'est la plus aimablement accueillante de France et de Navarre&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;!&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-center&#034; style=&#034;text-align:center;&#034;&gt;&#8258;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Le caf&#233; pris, je me sentis si dispos, si peu fatigu&#233;, que, prenant les jumelles et le b&#226;ton du cantonnier, je r&#233;solus de faire l'ascension du pic de l'Aiglette.&lt;br class='autobr' /&gt;
C'est une des plus jolies excursions du Refuge.&lt;br class='autobr' /&gt;
On suit pendant trois ou quatre cents m&#232;tres la route de Die, puis on prend &#224; droite un chemin qui monte sur le flanc de la montagne. Tr&#232;s &#233;troit, il arrive bient&#244;t devant un gigantesque rocher, compl&#232;tement &#224; pic. Le roc a &#233;t&#233; entaill&#233;, une rainure a &#233;t&#233; creus&#233;e, et, sous la roche surplombante, la route passe. La vue sur l'ab&#238;me est vertigineuse. Ensuite, le chemin tourne, traverse un bois de sapins, et aboutit bient&#244;t &#224; des p&#226;turages. L&#224;, prenant une coursi&#232;re, sorte de chemin&#233;e qui grimpait en ligne droite par une pente tr&#232;s raide &#224; travers une h&#234;traie, j'atteignis d'autres p&#226;turages. Encore un effort sur l'herbe glissante, et je foulai enfin le sommet de l'Aiglette.&lt;br class='autobr' /&gt;
La vue y est de toute beaut&#233;. La vall&#233;e de la Dr&#244;me et ses nombreux villages, le Glandaz, les rochers d'Ambel, les trois pics aigus de Rochecourbe, la cha&#238;ne de la Moucherolle apparaissent. Je dominais une &#233;tendue infinie de pays.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le vent violent qui soufflait me for&#231;a bient&#244;t &#224; revenir, et je redescendis &#224; travers les p&#226;turages. &#192; ce moment, je regrettai d'avoir aussi mal profit&#233; de mes le&#231;ons de botanique. Je ramassai d'admirables fleurs, dont d'aucune je ne trouvai le nom&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; mais leurs couleurs n'en &#233;taient pas moins vives, leurs parfums moins doux, et peut-&#234;tre le nom barbare qu'elles portent me les aurait-il d&#233;pr&#233;ci&#233;es.&lt;br class='autobr' /&gt;
Au Refuge, on fait parfois de curieuses et d'amusantes rencontres. Il y a un an, je m'y trouvai avec deux charmantes Am&#233;ricaines. Ce soir-l&#224;, ce fut avec un couple &#233;trange.&lt;br class='autobr' /&gt;
J'avais fini de d&#238;ner, et je fumais dans la cuisine, pr&#232;s du po&#234;le, car le froid &#233;tait vif au dehors, quand la porte s'ouvrit et un homme et une femme entr&#232;rent.&lt;br class='autobr' /&gt;
C'&#233;tait vraiment un singulier couple. D'aspect minable, s'il en fut, l'homme paraissait harass&#233; de fatigue. Ses yeux brid&#233;s avaient une expression sauvage, presque d'&#233;garement. La femme, &#226;g&#233;e d'une quarantaine d'ann&#233;es, &#233;tait borgne et, pour rem&#233;dier &#224; ce d&#233;faut, assez grave chez une femme, minaudait constamment. La compensation me sembla insuffisante, et sa vue me fit comprendre les joies d'un aust&#232;re et rigoureux c&#233;libat. C'&#233;taient &#233;videmment deux chemineaux. L'h&#244;teli&#232;re le crut &#233;galement.
&lt;br /&gt;&#8212; Asseyez-vous, leur dit&#8212;elle, je vais vous donner deux assiett&#233;es de soupe.&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; &lt;br class='autobr' /&gt;
Au Refuge chaque pauvre re&#231;oit de la soupe et un verre de vin.
&lt;br /&gt;&#8212; Quelle est votre profession&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;? leur demanda-t-elle.
&lt;br /&gt;&#8212; Chanteurs populaires,&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; r&#233;pondit l'homme, et, d'un geste las, il posa &#224; terre son lourd paquet.&lt;br class='autobr' /&gt;
On leur servit une &#233;norme soupi&#232;re : ils mang&#232;rent en naufrag&#233;s de la M&#233;duse. Ensuite, remis de la fatigue de l'ascension, avec une grande loquacit&#233;, ils cont&#232;rent leur histoire et firent presque ainsi la monographie du chanteur ambulant.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le Midi, dirent-ils, aimait la romance sentimentale, mais l'Ard&#232;che n'appr&#233;ciait que les complaintes de crimes c&#233;l&#232;bres, de catastrophes. La complainte de la Martinique avait &#233;t&#233; un triomphe &#224; la Mastre et au Cheylard. Dix-sept francs, monsieur, dans deux heures&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! J'appris que le Dauphin&#233; vibrait sous la chanson patriotique&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; que la Dr&#244;me go&#251;tait la chansonnette comique&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; mais la Provence, la paresseuse Provence, restait la terre b&#233;nie de la chanson.&lt;br class='autobr' /&gt; &#8212; &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#8239;Ce que j'en ai vendu et chant&#233; de &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#8239;chansons d'amour&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;!&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; dit la femme. Et l'homme, tout fier du succ&#232;s de sa compagne, souriait, approuvant de la t&#234;te.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; ce moment, je regardai la femme. Infortun&#233;e Provence&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;!&lt;br class='autobr' /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-center&#034; style=&#034;text-align:center;&#034;&gt;&#8258;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Le lendemain, je partis de grand matin. Le vent soufflait aussi fort que la veille, mais le ciel sans nuages promettait une journ&#233;e radieuse. La travers&#233;e du tunnel fut, comme toujours, boueuse, mais, &#224; la sortie, une surprise m'attendait. Le vent s'&#233;tait compl&#232;tement calm&#233;, et pas le moindre souffle ne fit vaciller la flamme de l'allumette qui allumait ma cigarette.&lt;br class='autobr' /&gt;
La route descend &#224; travers une magnifique for&#234;t de sapins et de h&#234;tres. C'est une v&#233;ritable all&#233;e de parc. Bient&#244;t, &#224; un tournant, tout le Vercors apparut, vert, lumineux, avec sa ceinture de noires for&#234;ts, et c'&#233;tait dans un berceau de verdure que j'avan&#231;ais.&lt;br class='autobr' /&gt;
Je ne dirai rien du trajet : les Grands-Goulets, Saint-Martin, pont de Goule-Noire, gorges de la Bourne, Villard-de-Lans, tous les touristes le connaissent. De Villard-de-Lans &#224; Grenoble, la route suivie g&#233;n&#233;ralement traverse les gorges d'Engins et aboutit &#224; Sassenage. Je vais indiquer une variante, plus longue, il est vrai, de 8 kilom&#232;tres, mais dont la descente constitue, sans exag&#233;ration, la merveille du Dauphin&#233;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Cette route, famili&#232;re aux touristes &#224; pied et aux alpinistes qui font l'ascension du Moucherotte, est presque inconnue des cyclistes. Elle ne pr&#233;sente aucun danger, et, &#224; part une courte section &#224; 12 ou 13&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;%, la pente moyenne ne d&#233;passe pas 6&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;%.&lt;br class='autobr' /&gt;
Cette descente &#8212; j'insiste un peu, peut-&#234;tre, &#8212; vaut, &#224; elle seule, le voyage. Elle laissera au touriste des souvenirs ineffa&#231;ables, et n'a qu'un tort, &#224; mes yeux, c'est qu'elle le blasera &#224; jamais sur les beaut&#233;s d'un panorama. Je suivis cette route.&lt;br class='autobr' /&gt;
Arriv&#233; &#224; 11 heures &#224; Jaume, hameau plac&#233; &#224; la bifurcation des routes d'Autrans et de Lans, abandonnant celle de Grenoble, je tournai &#224; droite et pris le chemin de Saint-Nizier. Le village de Lans travers&#233;, la route s'&#233;l&#232;ve sur des collines et entre bient&#244;t dans une &#233;paisse for&#234;t. Une &#233;claircie me permit d'apercevoir la gorge profonde, aux roches violac&#233;es, o&#249; bondit le Furon. La vue commen&#231;ait &#224; devenir fort belle&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; les principaux sommets des Alpes apparaissaient.&lt;br class='autobr' /&gt;
La route, vu l'heure, me paraissait bien longue et aucun toit ne se rencontrait. Je regardai ma montre elle marquait 11 h. 45. Je ne devais pas &#234;tre loin de Saint-Nizier.&lt;br class='autobr' /&gt;
Tout &#224; coup, &#224; un d&#233;tour, je rencontrai un paysan conduisant un char attel&#233; de deux vaches. Forc&#233; par l'&#233;troitesse du chemin &#224; sauter de machine, je l'arr&#234;tai.
&lt;br /&gt;&#8212; Suis-je bien loin encore de Saint-Nizier&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;? demandai-je.
&lt;br /&gt;&#8212; Vous y &#234;tes. Encore un petit kilom&#232;tre.
&lt;br /&gt;&#8212; Voudriez-vous m'indiquer une bonne auberge&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;?&lt;br class='autobr' /&gt;
C'est la premi&#232;re fois que je passe par ici.
&lt;br /&gt;&#8212; Nous avons deux auberges, Geymond et Revollet, aussi bonnes l'une que l'autre. Mais n'allez pas chez Revollet, je ne vous le conseille pas. Allez plut&#244;t chez Geymond, la deuxi&#232;me maison &#224; gauche en entrant dans le village.
&lt;br /&gt;&#8212; Pourquoi me d&#233;conseillez-vous Revollet, si son auberge est aussi bonne que l'autre&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;? r&#233;pliquai-je, tout surpris.
&lt;br /&gt;&#8212; Pourquoi&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;? je m'en vais vous le dire.&lt;br class='autobr' /&gt;
Et baissant la voix, en confidence : &#8212; C'est qu'il est mort hier soir.&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; Et, de son long b&#226;ton piquant son attelage, il s'&#233;loigna.&lt;br class='autobr' /&gt;
Je m'empressai naturellement de mettre pied &#224; terre devant l'auberge Geymond et n'en fus pas f&#226;ch&#233;. Fort accueillante, l'h&#244;teli&#232;re, dont le mari est le facteur de Saint-Nizier, eut vite improvis&#233; un menu v&#233;g&#233;tarien.&lt;br class='autobr' /&gt;
Tout en me servant, elle se plaignait du temps : &#8212; Avec ce froid, me dit-elle, bien peu de touristes fran&#231;ais sont mont&#233;s au Moucherotte, mais jamais je n'ai vu autant d'Allemands.&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;&lt;br class='autobr' /&gt;
Apr&#232;s un rapide d&#233;jeuner, je m'appr&#234;tais &#224; me mettre en selle quand l'h&#244;teli&#232;re qui avait suivi mes pr&#233;paratifs de d&#233;part, intervint timidement.
&lt;br /&gt;&#8212; Ne descendez pas, me dit-elle, sans une branche de sapin. La route pr&#232;s de Pariset est trop rapide et les rares cyclistes qui la prennent n'ont garde d'oublier le fagot.&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; Et, avec mon assentiment, elle envoya un enfant couper une branche dans la for&#234;t voisine.&lt;br class='autobr' /&gt;
Sur ces entrefaites, le facteur arriva de sa tourn&#233;e.&lt;br class='autobr' /&gt;
Il voulut lui-m&#234;me adapter la branche. Il y fit une encoche circulaire, destin&#233;e &#224; recevoir la corde et &#224; la prot&#233;ger contre le frottement de la route, l'attacha au marchepied par un n&#339;ud solide, et, satisfait, me dit&#160;: &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#8239;Maintenant, vous ne risquerez rien.&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;&lt;br class='autobr' /&gt;
Je remerciai ces braves gens, que je recommande &#224; tous les touristes, et je partis.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#192; peine hors du village, brusquement je sautai de machine. Je venais de ressentir l'impression la plus subite, la plus violente de ma vie de touriste.&lt;br class='autobr' /&gt;
Ce que je d&#233;couvrais d&#233;passait toutes mes esp&#233;rances : c'&#233;tait pour mes yeux un &#233;merveillement, un &#233;blouissement.&lt;br class='autobr' /&gt;
J'&#233;tais sur le bord d'un formidable ab&#238;me, et sous moi apparaissait tout le Gr&#233;sivaudan. J'apercevais Grenoble avec ses toits rouges, les nombreux villages de la vall&#233;e, les innombrables ch&#226;teaux et villas entour&#233;s de verdure, l'Is&#232;re et le Drac qui scintillaient au soleil comme des rubans d'argent.&lt;br class='autobr' /&gt;
Les montagnes de la Chartreuse, la cha&#238;ne de Belledone, le Pelvoux, les monts du D&#233;voluy se dressaient en masses sombres et leurs cr&#234;tes aigu&#235;s se d&#233;tachaient sur le ciel en longue dentelure blanche.&lt;br class='autobr' /&gt;
Dans le lointain, derri&#232;re tous ces pics, surgissait le g&#233;ant des Alpes, et, comme un patriarche dont la t&#234;te a blanchi, il les dominait tous.&lt;br class='autobr' /&gt;
C'&#233;tait une merveilleuse carte en couleur d&#233;ploy&#233;e &#224; mille m&#232;tres de profondeur, et plus haut un admirable plan en relief du Dauphin&#233; que je voyais.&lt;br class='autobr' /&gt;
Immobile de saisissement, je ne me lassais pas de regarder l'incomparable vue. J'ai contempl&#233; bien des sites justement c&#233;l&#232;bres, aucun ne m'a plus &#233;mu, plus impressionn&#233;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Press&#233; par l'heure, je descendis rapidement les sinueux lacets trac&#233;s sur la verte muraille. Je passai au pied de la Tour-sans-Venin, devant Beauregard, traversai Seyssinet et enfin arrivai dans la plaine.&lt;br class='autobr' /&gt;
Je n'&#233;tais plus qu'&#224; trois kilom&#232;tres de Grenoble.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'&lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;ESPINASSOUS&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Profil Dollin :&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_166 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='http://velotextes.fr/IMG/png/coldurousset2.png' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/png&#034;&gt; &lt;img src='http://velotextes.fr/local/cache-vignettes/L500xH311/coldurousset2-9d2fc.png?1788127343' width='500' height='311' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Un Touriste &amp; autres textes - D'Espinassous </title>
		<link>http://velotextes.fr/spip.php?article379</link>
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		<dc:date>2018-01-27T16:26:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>velovi</dc:creator>


		<dc:subject>Avant 1900</dc:subject>
		<dc:subject>Entre 1900 et 1914</dc:subject>
		<dc:subject>d'Espinassous</dc:subject>
		<dc:subject>Dauphin&#233;</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;&#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#8239;A. d'Espinassous (1851-1942) fut un conteur de voyage &#224; bicyclette appr&#233;ci&#233; par Paul de Vivie et les lecteurs des temps h&#233;ro&#239;ques du cyclotourisme. Ses r&#233;cits offrent un panorama vari&#233; et vivant de cette pratique &#224; une &#233;poque de riche cr&#233;ativit&#233; technique.&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;&lt;/p&gt;

-
&lt;a href="http://velotextes.fr/spip.php?rubrique42" rel="directory"&gt;A. D'Espinassous&lt;/a&gt;

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&lt;a href="http://velotextes.fr/spip.php?mot10" rel="tag"&gt;Avant 1900&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://velotextes.fr/spip.php?mot11" rel="tag"&gt;Entre 1900 et 1914&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://velotextes.fr/spip.php?mot51" rel="tag"&gt;d'Espinassous&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://velotextes.fr/spip.php?mot67" rel="tag"&gt;Dauphin&#233;&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='http://velotextes.fr/local/cache-vignettes/L104xH150/despinassous-2-710b6.jpg?1788239756' class='spip_logo spip_logo_right' width='104' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;A. d'Espinassous (1851-1942) fut un conteur de voyage &#224; bicyclette appr&#233;ci&#233; par Paul de Vivie et le lectorat des temps h&#233;ro&#239;ques du cyclotourisme. Ses r&#233;cits offrent un panorama vari&#233; et vivant de cette pratique &#224; une &#233;poque de riche cr&#233;ativit&#233; technique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La timeline de ses excursions&#160;:&lt;/p&gt;
&lt;iframe src='https://cdn.knightlab.com/libs/timeline3/latest/embed/index.html?source=1VTwcBGmtCAeyrVLdI36KSA9nuelU3rLvZT-f8VTsOj8&amp;font=Default&amp;lang=fr&amp;initial_zoom=2&amp;height=650' width='100%' height='650' webkitallowfullscreen mozallowfullscreen allowfullscreen frameborder='0'&gt;&lt;/iframe&gt;
&lt;p&gt;Un aper&#231;u des trajets qu'il a publi&#233;&#160;:&lt;/p&gt;
&lt;iframe width=&#034;100%&#034; height=&#034;300px&#034; frameborder=&#034;0&#034; allowfullscreen src=&#034;//umap.openstreetmap.fr/fr/map/un-touriste-despinassous_534779?scaleControl=false&amp;miniMap=false&amp;scrollWheelZoom=false&amp;zoomControl=true&amp;allowEdit=false&amp;moreControl=true&amp;searchControl=null&amp;tilelayersControl=null&amp;embedControl=null&amp;datalayersControl=true&amp;onLoadPanel=caption&amp;captionBar=false&#034;&gt;&lt;/iframe&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;//umap.openstreetmap.fr/fr/map/un-touriste-despinassous_534779&#034;&gt;Voir en plein &#233;cran&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les articles pr&#233;sents sur le site : &lt;a href=&#034;http://velotextes.fr/spip.php?mot51&#034;&gt;d'Espinassous&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'Espinassous aimait aussi les arbres. Peut-&#234;tre a-t-il plant&#233; ces c&#232;dres dans son village de Rochegude.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_1620 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='http://velotextes.fr/IMG/jpg/pxl_20240826_113833755.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='http://velotextes.fr/local/cache-vignettes/L500xH375/pxl_20240826_113833755-6d874.jpg?1788127440' width='500' height='375' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_1619 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;42&#034; data-legende-lenx=&#034;x&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='http://velotextes.fr/IMG/jpg/2021_0904_00333900.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='http://velotextes.fr/local/cache-vignettes/L500xH750/2021_0904_00333900-a2ace.jpg?1788127440' width='500' height='750' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif crayon document-descriptif-1619 '&gt;Ancien cimeti&#232;re protestant de Rochegude
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Plaidoyer en faveur du p&#233;dalage horizontal (1935)</title>
		<link>http://velotextes.fr/spip.php?article921</link>
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		<dc:date>2018-01-26T13:43:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>velovi</dc:creator>


		<dc:subject>Entre 1918 et 1939</dc:subject>
		<dc:subject>V&#233;lo couch&#233;, v&#233;locar, recumbent</dc:subject>
		<dc:subject>polymultipli&#233;e</dc:subject>
		<dc:subject>Acier</dc:subject>
		<dc:subject>Chambery</dc:subject>
		<dc:subject>Alpes</dc:subject>
		<dc:subject>Dauphin&#233;</dc:subject>
		<dc:subject>Col de Men&#233;e</dc:subject>
		<dc:subject>Col de Rousset</dc:subject>
		<dc:subject>Col du Lautaret</dc:subject>
		<dc:subject>Col du Galibier</dc:subject>
		<dc:subject>Concours des Alpes 1935</dc:subject>
		<dc:subject>Ravat</dc:subject>
		<dc:subject>Concours des Alpes 1935 (L'Auto)</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#171;&#160;La mont&#233;e du col du Rousset (1.235 m&#232;tres), facile et ombrag&#233;e partiellement, r&#233;v&#232;le cependant maints &#233;clop&#233;s. Tunnel superbe et bien &#233;clair&#233;, de 500 m&#232;tres de long, &#224; la sortie duquel se d&#233;ploie un formidable lima&#231;on (voyez Michelin 77). Glissade vertigineuse et parfum&#233;e de lavande vers Die. A l'entr&#233;e de cette ville, Martin et Pitard qui repartent, nous rappellent que l'heure est propice &#224; un d&#233;jeuner r&#233;confortant. Nous sacrifions &#224; cette op&#233;ration 25 minutes, que la clairette de Die nous aidera &#224; r&#233;cup&#233;rer. Cette clairette de Die, je vous la recommande, elle seule justifie le relais....&#160;&#187;&lt;/p&gt;

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&lt;a href="http://velotextes.fr/spip.php?rubrique12" rel="directory"&gt;V&#233;lo couch&#233;, v&#233;locar, recumbent&lt;/a&gt;

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&lt;a href="http://velotextes.fr/spip.php?mot12" rel="tag"&gt;Entre 1918 et 1939&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://velotextes.fr/spip.php?mot17" rel="tag"&gt;V&#233;lo couch&#233;, v&#233;locar, recumbent&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://velotextes.fr/spip.php?mot23" rel="tag"&gt;polymultipli&#233;e&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="http://velotextes.fr/spip.php?mot39" rel="tag"&gt;Chambery&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="http://velotextes.fr/spip.php?mot67" rel="tag"&gt;Dauphin&#233;&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://velotextes.fr/spip.php?mot82" rel="tag"&gt;Col de Men&#233;e&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://velotextes.fr/spip.php?mot85" rel="tag"&gt;Col de Rousset&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://velotextes.fr/spip.php?mot88" rel="tag"&gt;Col du Lautaret&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://velotextes.fr/spip.php?mot114" rel="tag"&gt;Col du Galibier&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://velotextes.fr/spip.php?mot136" rel="tag"&gt;Concours des Alpes 1935&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://velotextes.fr/spip.php?mot137" rel="tag"&gt;Ravat&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://velotextes.fr/spip.php?mot141" rel="tag"&gt;Concours des Alpes 1935 (L'Auto)&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='http://velotextes.fr/local/cache-vignettes/L133xH150/pxl_20240126_101311172_2-14435.jpg?1788124308' class='spip_logo spip_logo_right' width='133' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;!--sommaire--&gt;&lt;div class=&#034;well nav-sommaire nav-sommaire-5&#034; id=&#034;nav6adb762d9dd223.06610426&#034;&gt;
&lt;h2&gt;Sommaire&lt;/h2&gt;&lt;ul class=&#034;spip&#034; role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; &lt;a id=&#034;s-t1o-ETAPE-143-kilometres-3-200-metres-d-elevation-Cinq-cols-a-franchir&#034;&gt;&lt;/a&gt;&lt;a href=&#034;#t1o-ETAPE-143-kilometres-3-200-metres-d-elevation-Cinq-cols-a-franchir&#034; class=&#034;spip_ancre&#034;&gt;1&#176; &#201;&lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;&lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;TAPE&lt;/span&gt;&lt;/span&gt; 143 kilom&#232;tres. 3.200 m&#232;tres d'&#233;l&#233;vation. Cinq cols &#224; franchir.&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;&lt;li&gt; &lt;a id=&#034;s-t2o-ETAPE-195-kilom-3-300-metres-d-elevation-a-franchir-par-cotes-ou-cols&#034;&gt;&lt;/a&gt;&lt;a href=&#034;#t2o-ETAPE-195-kilom-3-300-metres-d-elevation-a-franchir-par-cotes-ou-cols&#034; class=&#034;spip_ancre&#034;&gt;2&#176; &#201;&lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;&lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;TAPE&lt;/span&gt;&lt;/span&gt; 195 kilom., 3.300 m&#232;tres d'&#233;l&#233;vation &#224; franchir par c&#244;tes ou cols.&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;&lt;li&gt; &lt;a id=&#034;s-t3o-ETAPE-152-kilometres-2-100-metres-d-elevation-Grenoble-Saint-Jean-de-Maurie&#034;&gt;&lt;/a&gt;&lt;a href=&#034;#t3o-ETAPE-152-kilometres-2-100-metres-d-elevation-Grenoble-Saint-Jean-de-Maurie&#034; class=&#034;spip_ancre&#034;&gt;3&#176; &#201;&lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;&lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;TAPE&lt;/span&gt;&lt;/span&gt; 152 kilom&#232;tres. 2.100 m&#232;tres d'&#233;l&#233;vation. Grenoble-Saint-Jean-de-Maurienne&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;&lt;li&gt; &lt;a id=&#034;s-t4o-ETARE-153-kilom-2-900-metres-d-elevation-Saint-Jean-de-Maurienne-Grenoble&#034;&gt;&lt;/a&gt;&lt;a href=&#034;#t4o-ETARE-153-kilom-2-900-metres-d-elevation-Saint-Jean-de-Maurienne-Grenoble&#034; class=&#034;spip_ancre&#034;&gt;4&#176; &#201;&#1058;&#1040;&#1056;&#1045; 153 kilom., 2.900 m&#232;tres d'&#233;l&#233;vation Saint-Jean-de-Maurienne-Grenoble.&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;&lt;li&gt; &lt;a id=&#034;s-CONCLUSION-RELATIVE-A-LA-MACHINE-HORIZONTALE&#034;&gt;&lt;/a&gt;&lt;a href=&#034;#CONCLUSION-RELATIVE-A-LA-MACHINE-HORIZONTALE&#034; class=&#034;spip_ancre&#034;&gt;&lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;&lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;CONCLUSION&lt;/span&gt;&lt;/span&gt; &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;&lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;RELATIVE&lt;/span&gt;&lt;/span&gt; A &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;&lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;LA&lt;/span&gt;&lt;/span&gt; &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;&lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;MACHINE&lt;/span&gt;&lt;/span&gt; &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;&lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;HORIZONTALE&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;/div&gt;&lt;!--/sommaire--&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En abordant un sujet aussi consid&#233;rable dans le monde du cyclotourisme, que celui du Concours des Alpes, je me propose d'abord de renseigner les camarades int&#233;ress&#233;s par la participation &#224; ce concours des nouvelles bicyclettes &#224; p&#233;dalage horizontal, sur les conditions dans lesquelles ces machines et leurs pilotes, r&#233;alis&#232;rent la t&#226;che qui leur &#233;tait assign&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je t&#226;cherai, par la m&#234;me occasion, de donner un aper&#231;u des diverses p&#233;rip&#233;ties de la comp&#233;tition, qui ne sortirent pas du champ de mes investigations personnelles, afin de ne pas marcher sur les bris&#233;es des reporters officiels.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avant de sch&#233;matiser, en quelque sorte, la physionomie des &#233;tapes, je crois n&#233;cessaire de rappeler comment la cotation poids du Concours des Alpes, pla&#231;ait les deux machines horizontales&#160;: V&#233;loriz Ravat et Wonder, dans un tel &#233;tat d'inf&#233;riorit&#233; &#224; l'&#233;gard des autres concurrents, qu'il n'&#233;tait pas possible &#224; leurs pilotes de lutter efficacement pour un classement honorable et en relation avec leurs performances &#233;ventuelles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En effet, le V&#233;loriz Ravat (n&#176;&#160;35), du poids de 15 kg. 510, recevait, &#224; l'examen technique, 188 points de p&#233;nalisation. Le V&#233;loriz Wonder n&#176;&#160;36 &#233;tait grev&#233; de 147 points. En cons&#233;quence, l'&#233;cart avec les 30 premi&#232;res machines normales, au d&#233;part, &#233;tant de l'ordre de 70 &#224; 80 points minima, il est facile de se rendre compte que, m&#234;me si les pilotes des V&#233;loriz avaient accompli la moyenne la plus &#233;lev&#233;e, les 24 points de bonification ainsi obtenus n'&#233;taient susceptibles d'amener aucune modification au classement final du n&#176;&#160;35 et permettait seulement l'espoir probl&#233;matique du gain d'une ou deux places au V&#233;loriz 36, en cas de p&#233;nalisations encourues par les machines normales les plus lourdes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En fait, je constate, en &#233;crivant ces lignes, que, par suite d'une erreur inexplicable, le V&#233;loriz Wonder, qui termina le Concours sans aucune p&#233;nalisation m&#233;canique, re&#231;ut 20 points de plus qu'il n'aurait d&#251;, ce qui l'emp&#234;cha d'occuper la 30&#176; place. Pr&#233;judice minime, comme vous voyez, mais que je suppose d&#233;montr&#233; de la sorte&#160;:&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#233;compte des points n&#233;gatifs Poids 14 kg. 650 140 points&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; moyenne 16 km. 050 = 5 points. Total&#160;: 145 points.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#233;compte des points positifs d&#233;railleur au p&#233;dalier 8 points&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; dispositif permettant le changement de rayons 5 points. Total&#160;: 13 points.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Soit un bilan total de 14513 132 points, au lieu des 152 annonc&#233;s au classement g&#233;n&#233;ral pour la 31 place (1).&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;(1). N. D. L. R. Nous laissons &#233;videmment &#224; M.&#160;Sounalet l'enti&#232;re (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ayant expos&#233;, dans un article pr&#233;c&#233;dent, pour quelles raisons principales je trouvais n&#233;faste la cotation poids des concours en g&#233;n&#233;ral, et de celui des Alpes en particulier, l'exemple des V&#233;loriz me procure un nouvel argument.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Car le fait de mettre, en quelque sorte, hors comp&#233;tition des machines nouvelles, par suite de l'attribution d'un handicap insurmontable, me parait tout &#224; fait contraire &#224; l'esprit de progr&#232;s qui doit pr&#233;sider, au premier chef, &#224; l'&#233;laboration d'un r&#232;glement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le jury du &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;T.C.&lt;/span&gt;F., au Concours des Pyr&#233;n&#233;es 1934, avait fort bien admis cette n&#233;cessit&#233;, puisque, par des points de bonification attribu&#233;s &#224; l'id&#233;e nouvelle repr&#233;sent&#233;e par le v&#233;locar de 20 kilogs, il permit &#224; celui-ci d'occuper, &#224; l'issue du Concours, une place logiquement acquise par la performance athl&#233;tique de son pilote et celle technique de la machine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ceci dit, le lecteur n'aura aucune peine &#224; comprendre que, bien p&#233;n&#233;tr&#233;s par l'id&#233;e de l'inanit&#233; de leurs efforts et l'unique souci de consid&#233;rer la seule moyenne &#233;liminatoire au long de l'&#233;preuve, les deux pilotes des machines horizontales, avaient adopt&#233;e, au d&#233;part, la r&#233;solution de faire une manifestation d'ensemble et de r&#233;gularit&#233;, suivant un tableau de marche &#233;tabli sur la base de 15 kilo m&#232;tres. Moyenne suffisante pour pallier aux incidents de route &#233;ventuels.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En r&#233;alit&#233;, H. Martin, pilote du V&#233;loriz 35, se laissant, comme il &#233;tait &#224; pr&#233;voir, entra&#238;ner par son esprit combatif, fit, &#224; mainte reprises, des incursions magistrales... autant qu'improductives, dans le clan des as de la comp&#233;tition. Par contre, le signataire de ces lignes, d&#233;butant du p&#233;dalage horizontal en montagne, et partant avec quel que appr&#233;hension des difficult&#233;s &#224; surmonter, suivit sensiblement le programme qu'il s'&#233;tait trac&#233;, sans se laisser influencer aucunement par les fluctuations diverses de sa position dans la course. Ce programme men&#233; &#224; bonne fin, il lui est permis de dire que, si ses appr&#233;hensions &#233;taient vaines, tout au moins les difficult&#233;s furent r&#233;elles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et maintenant, voici quelques notes relev&#233;es au jour le jour pour situer l'atmosph&#232;re du Crit&#233;rium.&lt;/p&gt;
&lt;section class=&#034;sommaire-section sommaire-section_niveau1 sommaire-section_h3&#034; aria-labelledby=&#034;t1o-ETAPE-143-kilometres-3-200-metres-d-elevation-Cinq-cols-a-franchir&#034;&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034; id='t1o-ETAPE-143-kilometres-3-200-metres-d-elevation-Cinq-cols-a-franchir'&gt;1&#176; &#201;&lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;TAPE&lt;/span&gt; 143 kilom&#232;tres. 3.200 m&#232;tres d'&#233;l&#233;vation. Cinq cols &#224; franchir.&lt;a class='sommaire-back sommaire-back-5' href='#s-t1o-ETAPE-143-kilometres-3-200-metres-d-elevation-Cinq-cols-a-franchir' title='Retour au sommaire'&gt;&lt;/a&gt;&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Beau temps frais, d&#233;part rapide des 51 machines sur les 15 kilom&#232;tres de plat pr&#233;c&#233;dant Voreppe. Le train vif a quelque peu essouffl&#233; les v&#233;t&#233;rans et la mont&#233;e du col de la Placette accentue les &#233;carts. H. Martin, un moment attard&#233;, revient fort bien sur de nombreux concurrents et moulinant en souplesse un petit braquet (M.&#160;Quentin, voilez-vous la face ...), il passe sans vergogne son co&#233;quipier, oubliant en m&#234;me temps ses r&#233;solutions les plus solennelles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je monte &#224; ma main, me complaisant momentan&#233;ment en compagnie de Barra, R. L&#233;ger, Acher, et, constatant en m&#234;me temps avec satisfaction, comme je le ferai maintes fois par la suite, que de nombreux pilotes de machines normales doivent s'employer s&#233;rieusement pour suivre ma cadence en c&#244;te, pourtant, la plupart du temps, volontairement mod&#233;r&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Descente facile, verdoyante et prolong&#233;e sur Saint-Laurent-du-Pont. Ici, le V&#233;loriz 36 se mue automatiquement en entra&#238;neur, au seul profit des petit gabarits. Apr&#232;s les Echelles, quelques rudes bosses, dans un paysage de Normandie, ne m'emp&#234;chent pas d'&#234;tre &#224; Novalaise (contr&#244;le), en avance de 1 h. 20 sur mes pr&#233;visions. Tout va bien. Magnifique mais difficile mont&#233;e du col de l'&#201;pine, dans lequel, d&#233;j&#224;, commencent &#224; se r&#233;v&#233;ler des situations pr&#233;caires. Un redoutable passage en gravillon frais goudronn&#233;, nous distrait de la contemplation du panorama qui s'offre sur le lac d'Aiguebelette. Au sommet, grande &#233;mulation entre photographes officiels et officieux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plong&#233;e sur Chamb&#233;ry (contr&#244;le), pass&#233; &#224; 13 heures. Le V&#233;loriz Ravat me devance de 25 minutes. Interminable mont&#233;e du col du Granier (1.164 m&#232;tres) avec son tunnel-duperie, &#224; la sortie du quel, la rampe se poursuivant d&#233;sesp&#233;r&#233;ment, je vous fais juge du dialogue suivant&#160;: Le pilote 36&#160;: C'est encore loin le sommet du col&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;? Un excursionniste&#160;: Oh&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! non, six kilom&#232;tres... Le pilote 36&#160;:&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;!!!&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La descente se complique d'un froid vif. A la sortie de Saint-Pierre-d'Entremont, il faut r&#233;attaquer sans r&#233;pit le col de Cucheron. Je commence &#224; trouver cette premi&#232;re &#233;tape laborieuse, et, si j'en juge au nombre de machines &#224; gros num&#233;ros qui stationnent devant les portes des moindres auberges rencontr&#233;es sur le chemin, je ne suis pas le seul dans ce cas. Dans la descente sur Saint-Pierre- de-Chartreuse, je rejoins le pilote n 48. M.&#160;Michaud, qui, comme moi, grelotte litt&#233;ralement, nous absorbons un ravitaillement chaud avant d'entreprendre l'ultime obstacle de la journ&#233;e, col de Porte (1.350 m&#232;tres).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des nouvelles de H. Martin, apport&#233;es par une estafette motocycliste et b&#233;n&#233;vole, et suivant lesquelles mon co&#233;quipier ralentit, m'attendant, me donnent presque des ailes. Effectivement, au sommet de la derni&#232;re grimpette de 9 kilom&#232;tres, je rejoins mon camarade, lequel, franchissant aussit&#244;t le cercle habituel des curieux et des badauds qui entour&#232;rent les V&#233;loriz jusqu'au sommet des plus hautes montagnes, d&#233;vale comme un bolide vers la vall&#233;e de l'Is&#232;re, qu'&#224; mon tour j'aper&#231;ois bient&#244;t.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le vieux et accueillant gymnase est atteint &#224; 17 h. 59, Moyenne 15 km. 880. Contr&#244;le ferm&#233; &#224; 19 h. 25 sur 9 &#233;limin&#233;s. La majeure partie de ce d&#233;chet, qui s'augmentera le lendemain matin d'une unit&#233; ne prenant pas le de part, est occasionn&#233;e par l'excessive duret&#233; de cette premi&#232;re &#233;tape relativement &#224; la moyenne &#233;liminatoire de 14 kilom&#232;tres.&lt;/p&gt;
&lt;/section&gt;&lt;section class=&#034;sommaire-section sommaire-section_niveau1 sommaire-section_h3&#034; aria-labelledby=&#034;t2o-ETAPE-195-kilom-3-300-metres-d-elevation-a-franchir-par-cotes-ou-cols&#034;&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034; id='t2o-ETAPE-195-kilom-3-300-metres-d-elevation-a-franchir-par-cotes-ou-cols'&gt;2&#176; &#201;&lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;TAPE&lt;/span&gt; 195 kilom., 3.300 m&#232;tres d'&#233;l&#233;vation &#224; franchir par c&#244;tes ou cols.&lt;a class='sommaire-back sommaire-back-5' href='#s-t2o-ETAPE-195-kilom-3-300-metres-d-elevation-a-franchir-par-cotes-ou-cols' title='Retour au sommaire'&gt;&lt;/a&gt;&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;D&#233;part matinal, 6 heures. Une l&#233;g&#232;re brume promet la chaleur. La c&#244;te de Saint-Nizier, au pourcentage terrible presque d&#232;s le d&#233;part, occasionne &#224; son sommet, des &#233;carts extraordinaires&#160;: 1 heure entre le leader et la lanterne rouge, apr&#232;s 17 kilom&#232;tres seulement, Cyclo-Sport dixit. J'ai renou&#233; avec C. Bar&#233;taud, la tradition des Pyr&#233;n&#233;es, ce pendant que Martin, qui a grimp&#233; d'une fa&#231;on assez remarquable pour avoir droit au communiqu&#233; officiel journalistique, nous pr&#233;c&#232;de, &#224; Saint-Nizier, de 15 minutes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s Villard-de-Lans (contr&#244;le) commencent les impressionnantes et m&#234;me saisissantes gorges de la Bourne, car il r&#232;gne une fra&#238;cheur de cave. Remont&#233;e sur Saint-Julien-en-Vercors par une m&#233;chante rampe au sol affreux. Le soleil se montre d&#233;j&#224; chaud. A la bifurcation de l'&lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;I.C.&lt;/span&gt; 3 et de la N. 518, une &#233;quipe Alcyon nous croise, revenant &#224; grande allure vers le Pont-de-la-Goule-Noire, apr&#232;s une excursion involontaire &#224; Pont-en-Royans. Il faut toute l'assurance de Bar&#233;taud, carte en mains, pour remettre ces obstin&#233;s sur le bon itin&#233;raire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La mont&#233;e du col du Rousset (1.235 m&#232;tres), facile et ombrag&#233;e partiellement, r&#233;v&#232;le cependant maints &#233;clop&#233;s. Tunnel superbe et bien &#233;clair&#233;, de 500 m&#232;tres de long, &#224; la sortie duquel se d&#233;ploie un formidable lima&#231;on (voyez Michelin 77). Glissade vertigineuse et parfum&#233;e de lavande vers Die. A l'entr&#233;e de cette ville, Martin et Pitard qui repartent, nous rappellent que l'heure est propice &#224; un d&#233;jeuner r&#233;confortant. Nous sacrifions &#224; cette op&#233;ration 25 minutes, que la clairette de Die nous aidera &#224; r&#233;cup&#233;rer. Cette clairette de Die, je vous la recommande, elle seule justifie le relais.... D&#233;part &#224; 12 h. 25. Retard sur l'horaire pr&#233;vu&#160;: 10 minutes. Chaleur le long de la Dr&#244;me et du Bez devant la montagne Glandasse, qui domine la vall&#233;e. Ch&#226;tillon-en-Diois (contr&#244;le). Les officiels paraissent s'inqui&#233;ter du grand nombre de retardataires. D'o&#249; nous d&#233;duisons que notre situation n'est pas mauvaise. Col de Men&#233;e (1.466 m&#232;tres), ravin&#233;, d&#233;sertique, interminable&#160;: 17 kilom&#232;tres. Enfin, descente sur une &#233;paisse couche de gravier, ensuite s'am&#233;liorant jusqu'&#224; permettre de grandes vitesses. C'est l&#224; que Martin fit, &#224; l'usage des reporters officiels, une d&#233;monstration concluante de la maniabilit&#233; du V&#233;loriz 36 et de la virtuosit&#233; de son pilote. Abandonnant d'ailleurs, par le m&#234;me coup, Pitard, qui finit cependant d&#233;tach&#233;, devant un peloton compos&#233;, dans la mont&#233;e du col du Fau, derni&#232;re estocade, par Bar&#233;taud, Panel, Mazeyrat, oh, pardon... c'est de Gentil qu'il s'agit, du V&#233;loriz Wonder et d'un camarade anonyme qui est venu pendant trois &#233;tapes, assister, en fin de parcours et tr&#232;s sympathiquement, aux &#233;volutions de la ma chine horizontale n&#176;&#160;36.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Travers&#233;e en trombe de Monestier-de-Clermont, Vif. La moyenne remonte s&#233;rieusement. Pont-de- Claix, voie triomphale de 8 kilom&#232;tres. Unique dans mes annales. Quel dommage d'&#234;tre fatigu&#233; au point de la trouver monotone et fastidieuse. V&#233;rification ultime de la m&#233;canique avant la barri&#232;re, et arriv&#233;e simultan&#233;e au pare, &#224; 17 h. 55, Moyenne&#160;: 16 km. 360. Contr&#244;le ferm&#233; &#224; 20 heures sur 5 &#233;liminations ou abandons. Etape presque aussi dure que celle de la veille, &#224; cause de la dis tance et de la chaleur.&lt;/p&gt;
&lt;/section&gt;&lt;section class=&#034;sommaire-section sommaire-section_niveau1 sommaire-section_h3&#034; aria-labelledby=&#034;t3o-ETAPE-152-kilometres-2-100-metres-d-elevation-Grenoble-Saint-Jean-de-Maurie&#034;&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034; id='t3o-ETAPE-152-kilometres-2-100-metres-d-elevation-Grenoble-Saint-Jean-de-Maurie'&gt;3&#176; &#201;&lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;TAPE&lt;/span&gt; 152 kilom&#232;tres. 2.100 m&#232;tres d'&#233;l&#233;vation. Grenoble-Saint-Jean-de-Maurienne&lt;a class='sommaire-back sommaire-back-5' href='#s-t3o-ETAPE-152-kilometres-2-100-metres-d-elevation-Grenoble-Saint-Jean-de-Maurie' title='Retour au sommaire'&gt;&lt;/a&gt;&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Le d&#233;part de cette &#233;tape est donn&#233; &#224; 7 heures, sous le signe de l'optimisme g&#233;n&#233;ral. La perspective d'une journ&#233;e moins dure que les pr&#233;c&#233;dentes r&#233;jouit tous les rescap&#233;s, hormis peut-&#234;tre les terribles pourfendeurs qui ne r&#234;vent que plaies et bosses....&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Effectivement, les quelques 90 kilom&#232;tres de plat qui nous s&#233;parent du pied du Glandon, vont permettre une s&#233;rieuse avance sur la moyenne g&#233;n&#233;rale. D&#232;s le signal, la bagarre commence, Gi&#232;res est &#224; peine atteint que deux ou trois groupes sont d&#233;j&#224; form&#233;s. Le V&#233;loriz Ravat participe &#224; la fugue du premier, pendant qu'un deuxi&#232;me peloton, compos&#233; de Pitard, Darchieux, Bar&#233;taud, Husson et le V&#233;loriz 36, se montre r&#233;solument compact et homog&#232;ne jusqu'&#224; La Chambre-Saint-Avre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A Goncelin, la mont&#233;e sur Le Cheylas permet un superbe coup d'&#339;il sur la vall&#233;e du Gr&#233;sivaudan, remarquablement fertile et verdoyante. Comme les massifs montagneux qui la bordent n'ont pas de secret pour G. Darchieux, rest&#233; dans mon sillage, je profite de cette circonstance pour augmenter ma documentation orale et visuelle sur cette admirable r&#233;gion.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le contr&#244;le d'Allevard est ainsi atteint &#224; 8 h. 45. &#199;a n'a pas mal march&#233;. Route superbe et sans histoire, jusqu'au virage de Bourgneuf, puis, le long de l'Are, aux eaux bouillonnantes et troubles, par la N. 6, nous recommen&#231;ons &#224; prendre un peu d'altitude. A La Chambre-Saint-Avre, dislocation g&#233;n&#233;rale. Les uns attaquant sans r&#233;pit la mont&#233;e du col, les autres, dont je suis, se ravitaillant en commen&#231;ant par un substantiel casse-cro&#251;te.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A 10 h. 50, ces op&#233;rations &#233;tant termin&#233;es, reprise des hostilit&#233;s envers la montagne, qu'il s'agit d'aller franchir quelques 1.600 m&#232;tres plus haut et 25 kilom&#232;tres plus loin. Tout cela en pensant que nous ne sommes qu'&#224; 10 kilom&#232;tres de Saint-Jean-de-Maurienne, notre but final. D&#232;s Saint-Etienne-de-Guines, 460 m&#232;tres, la route s'&#233;l&#232;ve rudement dans l'&#233;troite gorge du torrentueux Glandon. A Saint-Colomban, la terrasse ombrag&#233;e d'un restaurant a s&#233;duit pas mal d'officiels et m&#234;me de concurrents, car je d&#233;nombre curieusement au passage les machines n 39, 40. 41. N'ayant pas le n&#176;&#160;42, je poursuis mon ascension, me souciant uniquement des points d'eau, assez fr&#233;quents d'ailleurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les derniers et formidables lacets, abord&#233;s sous un soleil de plus en plus ardent, me restituent 2 ou 3 pr&#233;d&#233;cesseurs, dont le v&#233;t&#233;ran G. Landrieux, qui, aujourd'hui, peine visiblement. Ce qui ne l'emp&#234;chera pus de faire des &#233;tincelles dans l'&#233;tape du Galibier... Ah&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! ces vieux champions...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'atteins le col (1.950 m&#232;tres), &#224; 14 h. 10, apprenant que H. Martin m'y a pr&#233;c&#233;d&#233; de pr&#232;s de 40 minutes. Le massif du Mont-Blanc se profile &#224; l'horizon, mais le col de La Croix-de-Fer (2.062 m&#232;tres) m'attend 2 km. 500 plus loin. Ces 100 m&#232;tres d'&#233;l&#233;vation suppl&#233;mentaires ne sont plus qu'une petite formalit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avant de plonger sur la vall&#233;e de la Maurienne, examen attentif de la m&#233;canique, principalement des freins. Puis descente, &#233;troite et p&#233;rilleuse au d&#233;part et s'am&#233;liorant rapidement ensuite jusqu'&#224; faire oublier qu'on est en haute montagne, ne se rait-ce la perspective, sur la droite, du gouffre dans lequel coule vraisemblablement l'Arve.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s les cinq tunnels et le fameux passage en goudronnage, dont V&#233;ron, Bar&#233;taud, Marmounier et tous autres, remport&#232;rent des souvenirs cuisants, la route remonte, &#224; ma grande stup&#233;faction, jusqu'aux quatre derniers kilom&#232;tres pr&#233;c&#233;dant Saint-Jean-de-Maurienne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enfin, voici quand m&#234;me la descente finale qui aboutit &#224; la superbe Salle des F&#234;tes, o&#249; m'accueillent aimablement fonctionnaires b&#233;n&#233;voles et officiels &#224; 16 h. 05&#160;: Moyenne 16 km. 730. Contr&#244;le ferm&#233; &#224; 17 h. 35 sur 3 nouveaux &#233;limin&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;/section&gt;&lt;section class=&#034;sommaire-section sommaire-section_niveau1 sommaire-section_h3&#034; aria-labelledby=&#034;t4o-ETARE-153-kilom-2-900-metres-d-elevation-Saint-Jean-de-Maurienne-Grenoble&#034;&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034; id='t4o-ETARE-153-kilom-2-900-metres-d-elevation-Saint-Jean-de-Maurienne-Grenoble'&gt;4&#176; &#201;&#1058;&#1040;&#1056;&#1045; 153 kilom., 2.900 m&#232;tres d'&#233;l&#233;vation Saint-Jean-de-Maurienne-Grenoble.&lt;a class='sommaire-back sommaire-back-5' href='#s-t4o-ETARE-153-kilom-2-900-metres-d-elevation-Saint-Jean-de-Maurienne-Grenoble' title='Retour au sommaire'&gt;&lt;/a&gt;&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;A 5 heures, r&#233;veil laborieux, cons&#233;quence de la r&#233;ception chaleureuse de la veille, ayant elle m&#234;me retard&#233; le d&#238;ner chez Lucullus, suivi de la visite habituelle au Parc-Exposition, o&#249; les dissertations agr&#233;ables de L. Clairet, M.&#160;Cherva et H. Martin, prolong&#232;rent la soir&#233;e jusqu'&#224; 23 heures. Beau temps plus que jamais. In&#233;vitable d&#233;part en trombe &#224; 6 heures, des 34 survivants de l'h&#233;catombe. Apr&#232;s 14 kilom&#232;tres de faux-plat, voici la vraie mont&#233;e du T&#233;l&#233;graphe. Je la trouve facile, tellement le site est riant et paisible au d&#233;but, puis grandiose et &#233;mouvant ensuite. J'atteins le tunnel a 8 h. 05, devant Martin, qui s'est arr&#234;t&#233; dans la vall&#233;e pour peu de chose, et Pitard, qui vient de r&#233;parer une crevaison. Un cyclotouriste, faisant pr&#233;s de moi le Galibier en dilettante, me recommande, &#224; Valloires, un h&#244;tel &#224; panonceaux flatteurs o&#249; je me ferais proprement fusiller 15 minutes plus tard, Payant 12 francs pour une omelette de trois &#339;ufs, un bol de lait et une bouteille d'eau min&#233;rale...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'attends mon co&#233;quipier afin de lui &#233;pargner pareil m&#233;compte et le dirige vers des lieux plus hospitaliers, au grand dam des mercantis confondus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette bonne action accomplie, j'entreprends, &#224; 8 h. 35, le c&#339;ur l&#233;ger, l'attaque du Galibier, &#233;pouvantail du Crit&#233;rium des Alpes. Mon compagnon provisoire m'embo&#238;te fid&#232;lement le pas. A la sortie de Valloire, un torrent, actuellement &#224; sec, a roul&#233; ses galets et ses roches sur le chemin, le spectacle est titanesque. La pente est d&#233;j&#224; s&#233;v&#232;re. Pittoresque digression fournie par les curieux costumes aux vives couleurs des montagnards qui se h&#226;tent vers l'&#233;glise pour l'office du dimanche. Pass&#233; les Verneys, la route est nue sous le soleil implacable. Plan-Lachat est atteint et &#231;a monte toujours. Les lacets photog&#233;niques, &#224; l'usage des reporters du Tour de France, sont l&#224; qui nous guettent. Leur r&#233;putation n'est pas surfaite, il y a vraiment des passages entre 14 et 18% qu'il faut enlever &#224; l'arrach&#233;, et je suis tout heureux que mon Cyclo-Le Chat, me permette 3 m. 50 pour remorquer mes quelques 18 kilogs de machine et bagages.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une grange, &#224; quatre kilom&#232;tres du sommet, offre la tentation d'un bol de lait frais tir&#233;. Mon compagnon de route, que ne pers&#233;cute pas la moyenne &#233;liminatoire, s'attarde sur le banc rustique et je repars &#224; la conqu&#234;te des cimes, sur la trace de Panel et V&#233;ron, qui viennent de passer. An loin, vers Plan-Lachat, trois laborieuses fourmis peuvent bien &#234;tre Pitard, Martin et le tandem Narcisse, d&#233;pass&#233; &#224; Valloire. Enfin, le sommet (2.638 m&#232;tres) et son affreux tunnel, glissant, d&#233;rapant, bringueballant, je chemine dans une obscurit&#233; qui me semble opaque, malgr&#233; mon phare, tellement le contraste est violent en quittant l'&#233;clatante lumi&#232;re ext&#233;rieure.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Contr&#244;le de la sortie atteint &#224; 10 h. 55. Innommable descente de 6 kilom&#232;tres, digne d'Aubisque 1934, jusqu'&#224; la route du Lautaret. Sur le bord du talus, je ne sais quel concurrent r&#233;pare une avarie, dont, pr&#233;occup&#233; par les fondri&#232;res de l'infernal passage, je ne puis discerner la nature.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Col du Lautaret (2.058 m&#232;tres). Un groupe de touristes grenoblois me salue &#224; grands cris. Au premier plan, M.&#160;Bridier, notre sympathique h&#244;te de la Pension du Moucherotte. Tout cet ar&#233;opage, consult&#233; au vol, m'assure que c'est bien le massif de la Melje qui s'offre majestueusement &#224; mes yeux. Je dis mentalement adieu aux neiges &#233;ternelles, car la descente de 30 kilom&#232;tres commence aussit&#244;t.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette fois, c'est du billard, je mets toute la sauce, distan&#231;ant sans r&#233;mission de nombreux cyclotouristes &#233;berlu&#233;s. Ce qui ne m'emp&#234;che pas d'admirer, &#224; gauche, la cascade de la Meije, puis, &#224; droite, celle de La Pisse, qui, tombant d'une hauteur vertigineuse, envoie des embruns jusque sur la route.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_1442 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='http://velotextes.fr/IMG/jpg/pxl_20240126_101311172_2.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='http://velotextes.fr/local/cache-vignettes/L500xH563/pxl_20240126_101311172_2-60445.jpg?1788124308' width='500' height='563' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Au barrage de La Romanche, appel&#233; aussi Lac du Chambon (voir Cycliste, juillet 1935), mon cher vieux camarade de fin d'&#233;tape m'apporte le r&#233;confort de sa pr&#233;sence et d'une canette qui n'attendait que moi. Apr&#232;s un coup d'&#339;il sur le gigantesque mur qui barre la vall&#233;e, nous franchissons le tunnel de l'Infernet, entra&#238;nant avec nous un cyclotouriste grenoblois qui rengaine pr&#233;cipitamment son appareil photo pour compl&#233;ter sa documentation par une exp&#233;rience visuelle des aptitudes du V&#233;loriz.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bourg-d'Oisans est franchi &#224; toute allure, en d&#233;pit du vent violent qui remonte la vall&#233;e. Et voici S&#233;chilienne (390 m.), qui rec&#232;le Panel, V&#233;ron ainsi que Teil et Bar&#233;taud... comme on se retrouve. Avec ces deux derniers qui repartent, je franchirai l'ultime obstacle de l'&#233;preuve, la c&#244;te de Laffrey. C'est presque le renouvellement de l'affaire de Saint-Nizier. Heureusement qu'une for&#234;t couvre les m&#233;andres de la route, dont le sol est franchement mauvais au d&#233;but, mais s'am&#233;liore ensuite ainsi que le pourcentage, au point de me permettre le grand braquet de 3 m. 50. Quel trou au-dessous de nous en &#233;mergeant du bois, et quel merveilleux spectacle que cette vall&#233;e de la Romanche, domin&#233;e de 5 &#224; 600 m&#232;tres. Un dernier virage en plein soleil et on aper&#231;oit Laffrey (910 m&#232;tres), espoir supr&#234;me et supr&#234;me pens&#233;e...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Contr&#244;le de Laffrey &#224; 15 h. 05, suivi du d&#233;boul&#233; extraordinaire sur Vizille d'un groupe imposant qui comprend toujours 3 concurrents, et, bient&#244;t, 5 ou 6 accompagnateurs divers. Uriage, contr&#244;le, 15 h. 35&#160;: Descente splendide, la plus belle de tout le parcours s&#251;rement... Et entr&#233;e bient&#244;t, &#224; Grenoble, pr&#233;c&#233;d&#233;e de la visite normale des machines. Sous la conduite diligente de notre guide de derni&#232;re heure, nous atteignons le parc du Gymnase &#224; 16 h. 04. Moyenne 15 km. 200. H. Martin arrive avec le tandem Narcisse, 10 minutes plus tard.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La fermeture du contr&#244;le am&#232;ne une derni&#232;re &#233;limination et les op&#233;rations du jury commenc&#233;es imm&#233;diatement ne port&#232;rent que sur 33 machines, soit une d&#233;chet total de 18 &#233;limin&#233;s&lt;/p&gt;
&lt;/section&gt;&lt;section class=&#034;sommaire-section sommaire-section_niveau1 sommaire-section_h3&#034; aria-labelledby=&#034;CONCLUSION-RELATIVE-A-LA-MACHINE-HORIZONTALE&#034;&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034; id='CONCLUSION-RELATIVE-A-LA-MACHINE-HORIZONTALE'&gt;&lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;CONCLUSION&lt;/span&gt; &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;RELATIVE&lt;/span&gt; A &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;LA&lt;/span&gt; &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;MACHINE&lt;/span&gt; &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;HORIZONTALE&lt;/span&gt;&lt;a class='sommaire-back sommaire-back-5' href='#s-CONCLUSION-RELATIVE-A-LA-MACHINE-HORIZONTALE' title='Retour au sommaire'&gt;&lt;/a&gt;&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s un usage quelque peu immod&#233;r&#233; de la bicyclette horizontale, il me reste &#224; dresser le bilan de mes impressions pour &#233;tablir la juste d&#233;marcation de ses possibilit&#233;s et de ses aptitudes, Contrairement &#224; l'impression procur&#233;e par un essai superficiel, je crois tr&#232;s sinc&#232;rement que le V&#233;loriz Ravat-Wonder peut rivaliser avantageusement avec la machine de cyclotourisme normale du poids de 12 &#224; 14 kilogs. Je dois dire aussi qu'il faut pour cela une certaine adaptation musculaire qui permet d'obtenir le rendement maximum de l'engin, par la possibilit&#233; de pousser sans fatigue de tr&#232;s grands d&#233;veloppements, ou de tourner en souplesse les petits braquets.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans les deux premi&#232;res &#233;tapes du Crit&#233;rium, o&#249; je ne poss&#233;dais pas cette adaptation, je dus m'accrocher s&#233;rieusement le premier jour pour r&#233;aliser mes 15 km. 880 de moyenne. Je n'&#233;tais pas le seul dans ce cas, il est vrai. En outre, mon entra&#238;nement pr&#233;alable &#224; l'&#233;preuve n'avait pas de pass&#233; 200 km., en y comprenant le galop d'essai du col des Grands-Bois. (Le tout sur machine normale)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La deuxi&#232;me journ&#233;e fut cependant meilleure, quoique p&#233;nible sur la fin. Mais le coup de p&#233;dale &#233;tait plus facile dans l'ensemble.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et enfin, les deux derniers jours, rassur&#233; sur l'issue de l'entreprise et muni de la cadence parfaite, je fis davantage du cyclotourisme que de la comp&#233;tition. Qu'il me soit permis de signaler aussi que, dans toutes les &#233;tapes, il y eut des concurrents derri&#232;re moi et que je fus m&#234;l&#233; avec des for tunes diverses, &#224; des &#233;l&#233;ments dont le contact &#233;tait particuli&#232;rement honorable pour le pilote du V&#233;loriz Wonder. J'en appelle au t&#233;moignage des coriaces Panel et Pitard, des valeureux Genty et Bar&#233;taud, ainsi qu'&#224; mon ma&#238;tre lui-m&#234;me. J'ai nomm&#233; H. Martin, qui ne me reprit pas une seule minute dans la derni&#232;re &#233;tape depuis Valloire.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_1443 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;92&#034; data-legende-lenx=&#034;xx&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='http://velotextes.fr/IMG/jpg/pxl_20240126_101357512_2.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='http://velotextes.fr/local/cache-vignettes/L500xH442/pxl_20240126_101357512_2-b403a.jpg?1788124308' width='500' height='442' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif crayon document-descriptif-1443 '&gt;L'arri&#232;re de la machine n&#176;&#160;13, gagnante du Crit&#233;rium Cyclotouristique des Alpes 1936.
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Il m'est agr&#233;able de reconna&#238;tre que je fus admirablement servi par la m&#233;canique, Le Cyclo 4 vitesses pour la roue libre de 14-17-19-26, et Le Chat pour le couple au p&#233;dalier de 46-30, fonctionn&#232;rent sur la route aussi bien qu'au laboratoire. Les extra-souples Barreau ne perc&#232;rent pas une seule fois au long des 650 kilom&#232;tres de montagne. Ce doit &#234;tre presque un record. Enfin, la cha&#238;ne r&#233;sista fort bien &#224; des efforts exceptionnels, dus &#224; l'appui dorsal. Tout ce qui concerne le reste de ma machine &#233;tait d'usinage Ravat-Wonder, je n'ai pas besoin d'insister, tous les connaisseurs auront compris.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est bien &#233;vident que le fait de terminer un parcours pareil dans une moyenne largement suffisante, et sans p&#233;nalisation m&#233;canique, est d&#233;j&#224; un r&#233;sultat appr&#233;ciable, qui a d&#251; modifier bien des pr&#233;ventions injustifi&#233;es, lesquelles feront place &#224; des adh&#233;sions de principe, lorsque, pour terminer. je dirai que, contrairement &#224; ce qui m'advint l'ann&#233;e derni&#232;re, o&#249; le Concours des Pyr&#233;n&#233;es me d&#233;go&#251;ta du v&#233;lo pour le reste de la saison, cette ann&#233;e, apr&#232;s une &#233;preuve qui, de l'avis des plus qualifi&#233;s, fut plus dure que la pr&#233;c&#233;dente, je n'ai &#233;prouv&#233; aucune fatigue anormale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ai-je tort d'attribuer ce r&#233;sultat au Veloriz Wonder...?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;G. &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;SOUNALET&lt;/span&gt; (4&#160;septembre 1935).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Cycliste&lt;/p&gt;&lt;/section&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;(1). &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;&lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;N. D. L. R.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt; Nous laissons &#233;videmment &#224; M.&#160;Sounalet l'enti&#232;re responsabilit&#233; de sa rectification, qu'il aurait sans doute &#233;t&#233; pr&#233;f&#233;rable d'adresser directement aux organisateurs.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
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		<title>Saint Veran</title>
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		<dc:subject>cyclotourisme, cyclocamping</dc:subject>
		<dc:subject>Entre 1900 et 1914</dc:subject>
		<dc:subject>La bicyclette de tourisme</dc:subject>
		<dc:subject>R&#233;trodirecte</dc:subject>
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		<dc:subject>Dauphin&#233;</dc:subject>
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		<dc:subject>col d'Izoard</dc:subject>
		<dc:subject>Durance</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;&#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#8239;Depuis Guillestre, je me sers de mon plus faible jeu de d&#233;veloppement&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; 4,75 en direct, 2,70 en r&#233;tro.&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;&lt;/p&gt;

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&lt;a href="http://velotextes.fr/spip.php?rubrique14" rel="directory"&gt;Grand tourisme, Randonn&#233;es, Promenades et Excursions&lt;/a&gt;

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&lt;a href="http://velotextes.fr/spip.php?mot9" rel="tag"&gt;cyclotourisme, cyclocamping&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://velotextes.fr/spip.php?mot11" rel="tag"&gt;Entre 1900 et 1914&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://velotextes.fr/spip.php?mot14" rel="tag"&gt;La bicyclette de tourisme&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="http://velotextes.fr/spip.php?mot142" rel="tag"&gt;Durance&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;Par F. Dufour, Le Cycliste, ann&#233;e 1905, republi&#233; en juin 55, coll. pers.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Parmi les abonn&#233;s du Cycliste, il en est peu qui ont parcouru une ou plusieurs fois l'admirable Queyras. Ils ont c&#244;toy&#233; le Guil aux eaux blanches d'&#233;cume, entre ces murailles de rochers aux ressauts desquelles les pins accrochent d&#233;sesp&#233;r&#233;ment leurs racines tordues&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; ils ont pass&#233; au pied du fort Queyras, vrai d&#233;cor d'op&#233;ra. Plus loin, les coquettes villas d'Aiguilles les ont &#233;tonn&#233;s et peut-&#234;tre choqu&#233;s au milieu de cette nature sauvage&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; puis, par Abri&#232;s ou Ristolas, ils ont pouss&#233; jusqu'au Rocher Croul&#233; pour voir le Viso.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ceux qui s'int&#233;ressent aux vieilles traditions locales sont all&#233;s se documenter &#224; Arvieux, ce village de m&#339;urs patriarcales, v&#233;ritable anachronisme en notre si&#232;cle. Beaucoup enfin ont pass&#233;, pour revenir, le col de l'Izoard et &#233;prouv&#233; la m&#234;me impression d'horreur et de solitude dans la sauvage &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#8239;Casse d&#233;serte&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;. Mais je ne sache pas qu'on ait encore relat&#233; dans &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#8239;Le Cycliste&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; une excursion &#224; Saint-V&#233;ran : ce coin du Queyras reste n&#233;glig&#233;. Pourtant la vall&#233;e de l'Aigue-Blanche est plus pittoresque, &#224; mon avis, que la vall&#233;e sup&#233;rieure du Guil&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; et puis l'on doit bien l'honneur d'une visite au village le plus &#233;lev&#233; de France et d'Europe. &#192; vrai dire, on a contest&#233; ce record &#224; Saint-V&#233;ran : mais les agglom&#233;rations &#224; peine plus &#233;lev&#233;es qu'on a mentionn&#233;es en Suisse et en Savoie ne sont que d'insignifiants hameaux, tandis que Saint-V&#233;ran est un vrai village de 600 habitants, avec deux paroisses, l'une catholique, l'autre protestante. Les maisons sont &#233;tag&#233;es entre les altitudes de 1.990 et 2.030 m&#232;tres. S'il n'est pas vrai que ce soit, comme on dit dans le pays, &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#8239;la plus haute montagne o&#249; l'on mange du pain&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;, en revanche un instituteur fac&#233;tieux a pu, sans &#234;tre contredit mettre sur ses cartes de visite &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#8239;x... le ma&#238;tre d'&#233;cole de France qui est le plus pr&#232;s de la lune&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Au commencement de juillet dernier, je quittai Gap un matin, au petit jour, avec, l'intention d'aller d&#233;jeuner &#224; Saint-V&#233;ran : environ 95 kilom&#232;tres assez accident&#233;s. Un de mes amis se rendait le m&#234;me jour &#224; Abries : mais, moins entra&#238;n&#233;, il devait emprunter le grand fr&#232;re jusqu'&#224; Mont-Dauphin&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; il &#233;tait convenu que le premier arriv&#233; attendrait l'autre &#224; Guillestre. Ma bicyclette &#233;tait assez charg&#233;e : le sac de guidon contenait une bonne provision de fruits, car il ne fallait pas trop compter en trouver en route &#224; cette &#233;poque de l'ann&#233;e, m&#234;me &#224; Embrun. D'autre part, la saison &#233;tait fertile en orages, et j'avais d&#251; me pr&#233;cautionner s&#233;rieusement contre un de ces coups d'arrosoir que la montagne r&#233;serve parfois &#224; ses visiteurs. Enfin, ma jumelle photographique 9x1-2 charg&#233;e de douze plaques, reposait mollement sur un porte-bagages &#224; ressorts, avec un pied et divers accessoires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Rarement j'ai fait une &#233;tape-transport plus agr&#233;able. Vous vous en souvenez peut-&#234;tre : &#224; cette &#233;poque, les chaleurs &#233;taient intol&#233;rables&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; des cyclistes r&#233;put&#233;s intr&#233;pides renon&#231;aient aux grandes excursions pour ne pas avoir &#224; p&#233;daler entre 10 heures du matin &#224; 5 heures de l'apr&#232;s-midi. Or, ce matin l&#224;, il soufflait dans la montagne une petite brise d&#233;licieuse&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; je l'ai eue en face dans toute la vall&#233;e de la Durance&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; mais le soleil &#233;tait ardent d&#232;s 6 heures du matin et je ne regrettai pas le petit suppl&#233;ment de kilogramm&#232;tres que me co&#251;tait le rafra&#238;chissement de mon moteur. Apr&#232;s Ch&#226;teauroux, je fis halte un instant pour jouir des charmes inaccoutum&#233;s que je trouvais au paysage&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; l'abondante humidit&#233; laiss&#233;e par les pluies d'orage des jours pr&#233;c&#233;dents s'&#233;levait en vapeurs l&#233;g&#232;res qui estompaient et att&#233;nuaient le relief ordinairement un peu dur des lignes montagneuses&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; sur les pentes, la ros&#233;e scintillait au soleil du matin.&lt;br class='autobr' /&gt;
Arriv&#233; &#224; Guillestre &#224; 7 heures et demie, je saccageai ma provision de fruits en attendant M.&#160;B... mon compagnon. Quand il apparut enfin, il avait l'air de sortir du torrent du Chagne&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; les 2 kil. 5 de mont&#233;e qu'il venait de faire ne sont pourtant pas bien terribles. Mais quel soleil. Avez-vous remarqu&#233; que, quand on part de tr&#232;s grand matin, il semble qu'on fasse provision de fra&#238;cheur, et qu'on souffre beaucoup moins de la chaleur du jour&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;? Nous repartons ensemble&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; mais bient&#244;t, &#224; un certain noyer o&#249; la route fait un coude, endroit que je connais bien pour y avoir toujours chang&#233; ma cha&#238;ne de place, M.&#160;B... me laisse continuer seul. Au sommet de la rampe de la Viste, en attendant mon mono-multipli&#233;, j'escalade un rocher pour mieux voir les glaciers du Pelvoux.&lt;br class='autobr' /&gt;
Si famili&#232;re que me soit la courbe du Queyras, je ne la revois jamais sans plaisir&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; ce jour-l&#224;, je jouis en outre de l'&#233;merveillement de mon compagnon, qui vient ici, pour la premi&#232;re fois. D'ailleurs gr&#226;ce aux orages, le Guil est &#233;cumant &#224; souhait et fait un bruit de tonnerre. Le Cristillan, lui aussi, est superbe, et nous remontons un instant sa gorge par le chemin de Ceillac. Revenus sur les bords du Guil, nous p&#233;dalons nonchalamment, en regardant se d&#233;tacher &#224; contre-jour, sur le fond noir des sapins, l'&#233;cume &#233;blouissante du torrent. Rien ne nous presse. Depuis Guillestre, je me sers de mon plus faible jeu de d&#233;veloppement&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; 4,75 en direct, 2,70 en r&#233;tro. M.&#160;B... a 5 m&#232;tres. En arrivant &#224; la rampe de l'Ange gardien, mon ami, enthousiasm&#233; par le trajet qu'il vient de faire, se sent tout &#224; coup une vigueur extraordinaire&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; au lieu de mettre pied &#224; terre, comme je m'y attends, il enl&#232;ve la mont&#233;e de telle fa&#231;on que je suis oblig&#233; de p&#233;daler en direct pour le suivre. En approchant de Ch&#226;teau-Queyras, je me souviens avec terreur que je puis y trouver une d&#233;p&#234;che me rappelant en h&#226;te &#224; Gap. J'entre en tremblant au bureau t&#233;l&#233;graphique... Rien, heureusement&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! Nous voici &#224; Villevieille&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; nous apercevons deux petits panaches de fum&#233;e qui descendent la route de Saint-V&#233;ran. C'est un cycliste et une cyclettiste qui, pour m&#233;nager leurs freins, remorquent chacun une grosse branche de sapin et soul&#232;vent la poussi&#232;re sur leur passage. Ils mettent pied &#224; terre devant la fontaine au moment o&#249; nous y arrivons. Tout en aidant la cyclettiste &#224; d&#233;barrasser sa machine de son fagot, je remarque entre les pignons une disproportion peu ordinaire pour une bicyclette de dame. Celle-ci est d'ailleurs munie d'un moyeu genre Bi-Gear. &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#8239;Le plus faible de vos deux d&#233;veloppements, dis-je, me para&#238;t encore bien exag&#233;r&#233; pour une rampe comme celle de Saint-V&#233;ran&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;. Elle m'avoue qu'elle et son mari ont d&#251; faire &#224; peu pr&#232;s toute la mont&#233;e &#224; pied, et qu'ils sont m&#233;diocrement satisfaits de leurs changements de vitesse. &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#8239;Mais pourquoi, repris-je, n'avoir pas pris de moindres d&#233;veloppements&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;? Nous avons 7,25 et 5,80&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; pour aller sur terrain plat, il faut bien au moins 7 m&#232;tres&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;!&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; J'insinue timidement, mais sans succ&#232;s, qu'elle irait plus facilement, et peut-&#234;tre m&#234;me plus vite, en pays moyennement accident&#233;, avec 5 m&#232;tres qu'avec 7. Elle admet seulement que ses deux d&#233;veloppements sont trop voisins. Je lui explique le rem&#232;de aussi simple qu'ing&#233;nieux imagin&#233; par qui vous savez : la deuxi&#232;me cha&#238;ne &#224; gauche. Mais je crois bien que j'aurais pr&#234;ch&#233; au d&#233;sert. Malgr&#233; les efforts de Velocio et ceux d'un tr&#232;s petit nombre de constructeurs intelligents, les cyclistes mont&#233;s d'une mani&#232;re pratique pour la montagne seront longtemps l'infime minorit&#233;&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; telle est la puissance de saine routine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tandis que M.&#160;B... prend la route d'Abri&#232;s, j'entame &#224; travers le village la forte rampe qui doit m'amener de 1.370 &#224; 2.000 m&#232;tres. Cette mont&#233;e est singuli&#232;rement facilit&#233;e par des replats qui permettent de reprendre haleine, et il est ais&#233; pour un cycliste moyen, disposant d'un d&#233;veloppement de 3 m&#232;tres au plus, d'arriver &#224; Saint-V&#233;ran, comme je l'ai fait, sans mettre une seule fois pied &#224; terre. Sur les 11 kilom&#232;tres qui s&#233;parent Villevieille de St-V&#233;ran, il y en a bien 3 qui reposent des autres. Je m'&#233;l&#232;ve rapidement, par un grand lacet, au-dessus du village pour atteindre bient&#244;t, au milieu de fra&#238;ches prairies parsem&#233;es de m&#233;l&#232;zes, le plateau des Prats (pr&#233;s). La pente un instant insignifiante me permet d'admirer &#224; mon aise l'&#233;paisse for&#234;t de m&#233;l&#232;zes qui s'&#233;l&#232;ve au-dessus de la rive gauche de l'Aigue-Blanche, et au milieu de laquelle appara&#238;t bient&#244;t &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#8239;la colonne coiff&#233;e&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;. La rampe est revenue &#224; 8&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;%&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; 2 kilom&#232;tres plus loin, nouvelle d&#233;tente. Je traverse la Rua et le Serre, hameaux constamment ravag&#233;s par l'incendie, qui constituent avec Gaudissart (&#244; Balzac) la commune de Molines. Avant le Serre, d&#233;testable raidillon pierreux heureusement assez court, on trouve ensuite une descente, du plat, et une mont&#233;e tr&#232;s douce jusqu'&#224; la Chalp Sainte-Agathe. La rampe reprend ensuite sans r&#233;pit jusqu'&#224; Saint-V&#233;ran. En arrivant au hameau du Roux, qui n'est qu'&#224; un kilom&#232;tre du village, je m'&#233;tonne de ne pas apercevoir ce dernier&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; mais la route tourne brusquement, et St-V&#233;ran, que mes yeux cherchaient au fond de la vall&#233;e, appara&#238;t &#224; gauche au-dessus de moi. J'exp&#233;die un dernier lacet sous un soleil effroyable, et &#224; 11 heures et demie je mets pied &#224; terre devant l'auberge de la m&#232;re Fine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La salle basse o&#249; je p&#233;n&#232;tre dans l'&#233;tat que vous devinez, me para&#238;t glaciale et je me h&#226;te de ressortir au soleil. L'aubergiste me propose alors de me mener &#224; ce qu'elle appelle la cuisine. Figurez-vous une grande pi&#232;ce vo&#251;t&#233;e, &#233;clair&#233;e par une seule petite fen&#234;tre&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; elle est divis&#233;e par d'&#233;normes piliers en deux parties&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; dans l'une se trouve le po&#234;le, la table et une sorte d'armoires &#224; colonnettes, ferm&#233;e par des rideaux, o&#249; je reconnais bient&#244;t un lit assez semblable &#224; ceux des fermes bretonnes. L'autre c&#244;t&#233; de la chambre, tout &#224; lait sombre est am&#233;nag&#233; en &#233;curie : j'y devine des vaches et un mulet. &#192; une extr&#233;mit&#233; se trouve une sorte de cage &#224; claire-voie d'o&#249; partent des grognements significatifs. Le personnage qui l'habite passe entre les planches une oreille que le mulet l&#232;che b&#233;n&#233;volement&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; quand il s'interrompt, l'autre proteste en son patois. Des poules picorent &#231;a et l&#224;. Sur ma demande on me sert &#224; d&#233;jeuner &#224; la table commune, avec les ma&#238;tres du logis et des colporteurs de passage.&lt;br class='autobr' /&gt;
La bonne vieille M&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;me&lt;/sup&gt;&#160;Fine, m&#232;re de l'aubergiste, remplit encore, malgr&#233; son &#226;ge, les fonctions d'institutrice&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; j'avais &#233;t&#233; &#233;tonn&#233; tout d'abord, de la fa&#231;on dont elle s'exprimait. Elle me donne d'int&#233;ressants d&#233;tails sur la vie que l'on m&#232;ne dans ce village si haut perch&#233;. Au printemps, parait-il, on n'attend pas que la neige ait disparu du sol pour travailler aux champs&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; du reste, une fois recouverte en partie par la terre remu&#233;e, elle fond tr&#232;s rapidement. Les hivers sont bien longs a passer&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; pourtant, dit-elle, m&#234;me en cette saison, il vaudrait mieux que les jeunes gens restassent au pays. Au lieu de cela, ils descendent dans les villes et &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#8239;fr&#233;quentent du bas peuple&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;. Qu'appelle-t-elle le bas peuple, l'excellente femme&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;? Peut-&#234;tre sont-ce les gens qui habitent &#224; moins de 1.500 m&#232;tres d'altitude. Je l'interroge sur les vieilles coutumes du pays : elles sont beaucoup moins bien conserv&#233;es qu'&#224; Arvieux. La plus int&#233;ressante consiste dans un p&#232;lerinage annuel qui a lieu le 16&#160;juillet &#224; la chapelle de Clausis, &#224; 7 Kilom&#232;tres environ au-del&#224; de Saint-V&#233;ran. Cette f&#234;te attire des visiteurs de toutes les vall&#233;es environnantes&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; beaucoup d'Italiens passent la fronti&#232;re pour venir y assister. Les femmes ne manquent pas de rev&#234;tir, ce jour l&#224;, leurs v&#234;tements de f&#234;te traditionnels, qui diff&#232;rent suivant les villages, et c'est un spectacle tout &#224; fait curieux que cet assemblage de costumes diversement bariol&#233;s, d'un archa&#239;sme d&#233;licieux. Le cadre est, para&#238;t-il, des plus enchanteurs&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; le plateau de Clausis est entour&#233; d'un cirque merveilleux de montagnes. Voici, d'ailleurs, la description que je trouve dans la Monographie du Queyras, de Tivollier&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#8239;La majestueuse s&#233;v&#233;rit&#233; des hauts pics vient se confondre, s'harmoniser avec la verdure des gazons doux, &#233;pais, &#233;maill&#233;s de fleurs aux couleurs vives et vari&#233;es, baign&#233;s par l'eau claire et livide de l'Onde, principale source de l'Aigue-Blanche et de tous les ruisseaux qui surgissent de tous c&#244;t&#233;s. Des chants sonores r&#233;veillent tout &#224; coup les &#233;chos des environs&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; une foule joyeuse se r&#233;pand autour de la chapelle et anime la montagne, inond&#233;e par la lumi&#232;re d'un soleil &#233;clatant au milieu d'un ciel bleu sans nuage&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;!&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;&lt;br class='autobr' /&gt;
Comment ai-je pu r&#233;sister, quelques jours plus tard au d&#233;sir d'assister &#224; une telle f&#234;te&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;? Je l'avoue &#224; ma honte : je me suis laiss&#233; entra&#238;ner d'un autre c&#244;t&#233; par des amis trop &#233;loquents. Mais en 1905, &#224; moins d'emp&#234;chement s&#233;rieux, je me promets bien de ne pas manquer de me joindre aux p&#232;lerins du 16&#160;juillet. Le chemin qui conduit de Saint-V&#233;ran &#224; Clausis est m&#233;diocre, mais praticable cependant pour des machines solides&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; on en serait quitte pour descendre de loin en loin aux endroits trop pierreux. D'ailleurs, il est question de remettre en exploitation cette ann&#233;e une mine de cuivre qui se trouve au fond de la vall&#233;e, et, dans ce cas, on am&#233;liorerait beaucoup la route.&lt;br class='autobr' /&gt;
Apr&#232;s d&#233;jeuner, je me proprendre &#224; loisir quelques clich&#233;s. De retour &#224; l'auberge, je photographie la bonne M&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;me&lt;/sup&gt;&#160;Fine, dans un vieux fauteuil, avec son tricot dans ses pauvres mains gonfl&#233;es et crevass&#233;es par beaucoup de terribles hivers. J'aurais bien voulu prendre un ensemble de ce curieux int&#233;rieur o&#249; voisinent b&#234;tes et gens&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; sans magn&#233;sium, il n'y fallait pas songer. Mais, il faut repartir, car M.&#160;B... m'a donn&#233; rendez-vous &#224; Villevieille &#224; 3 h. Je prends cong&#233; de mes excellents h&#244;tes, et en machine&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! Le sol caillouteux ne me permet pas de laisser ma bicyclette s'emballer, et je dois serrer vigoureusement mes freins. Entre Molines et le plateau des Pras je descends au fond de la gorge profonde o&#249; mugit l'Aigue-Blanche pour photographier un coin admirable que j'avais remarqu&#233; en montant. Mon compagnon arrive juste en m&#234;me temps que moi &#224; la bifurcation. Le vent s'est &#233;lev&#233;&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; il remonte la vall&#233;e et augmente rapidement d'intensit&#233;. &#192; la mont&#233;e de Ch&#226;teau-Queyras, je dois pousser &#224; fond. Il nous faut ensuite p&#233;daler &#224; peu pr&#232;s constamment et &#233;nergiquement, malgr&#233; la descente. Aux &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#8239;Tourniquets&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; de la Maison du Roi, je suis heureusement abrit&#233; pour faire la mont&#233;e. M.&#160;B... victime d'un grave accident de pneu, me dit de ne pas l'attendre&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; il reprendra le train &#224; Mont-Dauphin. Dans la vall&#233;e de la Durance r&#232;gne une v&#233;ritable temp&#234;te&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; j'aper&#231;ois de loin les arbres couch&#233;s vers le nord. Que ne vais-je dans la direction de Brian&#231;on&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! Mais il faut entrer dans cet enfer&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; je m'y jette t&#234;te baiss&#233;e. Au plan de Phazy, apr&#232;s une lutte d&#233;sesp&#233;r&#233;e, force m'est de prendre mon deuxi&#232;me jeu de d&#233;veloppements. Je suis p&#233;niblement la Durance avec 4,75, je dois monter debout sur chaque niveau pour avancer. Mon couvre nuque est arrach&#233;. Les c&#244;tes de 4 et 5&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;% qui suivent St-Cl&#233;ment me paraissent plus dures que celle de Saint-V&#233;ran. Je me sens l'estomac dans les talons&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; un pot de confiture qu'on me sert dans une auberge de Ch&#226;teauroux y passe tout entier. J'ai la surprise de me trouver ensuite &#224; l'abri du vent, et j'en profite pour filer tant que je peux sur Embrun. Mais aussit&#244;t la Durance travers&#233;e, je retrouve la rafale&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; les moindres rampes sont d'abominables calvaires, il est &#233;vident que je n'arriverai pas &#224; temps pour trouver mes commensaux habituels encore &#224; table. J'envisage sans enthousiasme la perspective de remonter la route des Houlettes &#224; raison de 10 kilom&#232;tres &#224; l'heure, et de faire du sur place avant la B&#226;tie, et d'avoir &#224; d&#233;penser pour atteindre Gap plus de force qu'il ne m'en faut pour m'&#233;lever de mille m&#232;tres&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; au poteau qui indique le chemin de la gare de Pruni&#232;res, je tourne &#224; droite sans h&#233;siter, et je vais attendre dans une auberge toute familiale, l'utile train du soir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;F. Dufour&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Alpes fran&#231;aises (1906)</title>
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		<dc:subject>cyclotourisme, cyclocamping</dc:subject>
		<dc:subject>Entre 1900 et 1914</dc:subject>
		<dc:subject>Lyon</dc:subject>
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		<description>&lt;p&gt;Cartes carnets H.Dolin&lt;/p&gt;

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&lt;a href="http://velotextes.fr/spip.php?rubrique30" rel="directory"&gt;Profils Dolin&lt;/a&gt;

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&lt;a href="http://velotextes.fr/spip.php?mot9" rel="tag"&gt;cyclotourisme, cyclocamping&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://velotextes.fr/spip.php?mot11" rel="tag"&gt;Entre 1900 et 1914&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://velotextes.fr/spip.php?mot37" rel="tag"&gt;Lyon&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://velotextes.fr/spip.php?mot39" rel="tag"&gt;Chambery&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://velotextes.fr/spip.php?mot41" rel="tag"&gt;Alpes&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://velotextes.fr/spip.php?mot42" rel="tag"&gt;Ventoux&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://velotextes.fr/spip.php?mot49" rel="tag"&gt;Vercors&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://velotextes.fr/spip.php?mot61" rel="tag"&gt;Rh&#244;ne &lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://velotextes.fr/spip.php?mot67" rel="tag"&gt;Dauphin&#233;&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://velotextes.fr/spip.php?mot72" rel="tag"&gt;Queyras&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://velotextes.fr/spip.php?mot80" rel="tag"&gt;H. Dolin&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='http://velotextes.fr/IMG/logo/alpesnorddollin-19fa4.jpg' class=&#034;spip_logo spip_logo_right&#034; alt=&#034;&#034; style='max-width: 150px;max-width: min(100%,150px); max-height: 150px' /&gt;
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&lt;p&gt;Cartes des carnets H. Dollin des Alpes fran&#231;aises&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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