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	<title>V&#233;lotextes</title>
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	<description>Lire celles et ceux qui ont fait du v&#233;lo un bienfait social, moyen de d&#233;placement et de tourisme&#160;: Paul de Vivie dit V&#233;locio, Capitaine Perrache dit l'homme de la montagne, Carlo Bourlet...
Histoire du v&#233;lo
Site de Laurent Vigniel</description>
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		<title>V&#233;lotextes</title>
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		<title>Saint-&#201;tienne Lyon (1898)</title>
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		<dc:creator>velovi</dc:creator>


		<dc:subject>Paul de Vivie, dit V&#233;locio</dc:subject>
		<dc:subject>Lyon</dc:subject>
		<dc:subject>Saint-Etienne</dc:subject>
		<dc:subject>1898</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;&#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#8239;Les excursions que je fais se r&#233;sument, au bout de quelques jours, en deux ou trois impressions plus vives que les autres, agr&#233;ables ou f&#226;cheuses mais qui se figent en ma m&#233;moire et qui lorsque je les passe en revue, m&#234;me celles d'il y a dix ans, les caract&#233;risent nettement et me permettent de les &#233;voquer chacune &#224; son tour sans les confondre&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;&lt;/p&gt;

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&lt;a href="http://velotextes.fr/spip.php?rubrique35" rel="directory"&gt;1896-1900 P&#233;riode h&#233;ro&#239;que&lt;/a&gt;

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&lt;a href="http://velotextes.fr/spip.php?mot1" rel="tag"&gt;Paul de Vivie, dit V&#233;locio&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://velotextes.fr/spip.php?mot37" rel="tag"&gt;Lyon&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://velotextes.fr/spip.php?mot38" rel="tag"&gt;Saint-Etienne&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://velotextes.fr/spip.php?mot74" rel="tag"&gt;1898&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;Par Paul de Vivie alias V&#233;locio, Le Cycliste, 1898, Source Archives d&#233;partementales de la Loire, cote1328_6&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela n'a l'air de rien un voyage de Saint-&#201;tienne &#224; Lyon et cela ne vaut pas &#233;videmment un voyage en Chine, mais on en peut encore tirer quelque chose d'utile au cyclotourisme sans parler de l'agr&#233;ment que 120 kilom&#232;tres de route vari&#233;e procurent &#224; un fervent cycliste tel que votre serviteur. Entre deux semaines de pluie presque continue le dimanche 16&#160;octobre a &#233;t&#233; une journ&#233;e d&#233;licieuse surtout pour ceux (et ce fut mon cas) qu'un itin&#233;raire habilement choisi conduisait du sud au nord.&lt;br class='autobr' /&gt;
Sans m'inqui&#233;ter outre mesure d'une petite averse matinale (pluie du matin n'arr&#234;te pas le p&#232;lerin), j'attendis simplement que le vent du midi qui soufflait avec persistance e&#251;t s&#233;ch&#233; les routes et, apr&#232;s avoir donn&#233; moi-m&#234;me &#224; ma bicyclette les petits soins, r&#233;glage, graissage, inspection des pneumatiques, etc., que r&#233;clame une &#233;tape un peu forte que l'on veut faire sans encombre, je me dirigeai &#224; onze heures moins le quart vers Le Bessat o&#249; j'arrivai &#224; midi pr&#233;cis.&lt;br class='autobr' /&gt;
Quand on a Lyon pour objectif, quoique tous les chemins m&#232;nent &#224; Rome, aller passer au Bessat cela parait bizarre, mais j'avais deux rai&#173;sons pour cela. D'abord il s'agissait de promenade &lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! et quand on veut fl&#226;ner le chemin de l'&#233;cole buissonni&#232;re est tout indiqu&#233;, ensuite je d&#233;sirais refaire avec le secours de 4 multiplications, un trajet fait plusieurs fois avec des machines ordinaires et de comparer.&lt;br class='autobr' /&gt;
Encore une exp&#233;rience, allez-vous vous &#233;crier &lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! cela tourne &#224; la scie et &lt;i&gt;Le Cycliste&lt;/i&gt; ne sera&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; bient&#244;t plus qu'un terrain de man&#339;uvres &lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;!&lt;br class='autobr' /&gt;
L&#224; donc&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! rassurez-vous, c'est peut-&#234;tre la der&#173;ni&#232;re et je t&#226;cherai d'&#234;tre court, contrairement &#224; mes habitudes.&lt;br class='autobr' /&gt;
J'avais &#224; ma disposition 3&lt;sup&gt;m&lt;/sup&gt;,30, 4&lt;sup&gt;m&lt;/sup&gt;,40, 5&lt;sup&gt;m&lt;/sup&gt;,85 et 6&lt;sup&gt;m&lt;/sup&gt;,90 : je partais de l'altitude 500 pour m'&#233;lever &#224; 1200 (col de Chabourey) et redescendre &#224; (Saint-Pierre-de-B&#339;uf). Il avait plu la veille et, bien que jusqu'&#224; Rochetaill&#233;e la rampe ne soit pas cruelle, pr&#233;voyant des routes boueuses, je partis avec 4&lt;sup&gt;m&lt;/sup&gt;,40 . Le sol &#233;tait, contrairement &#224; mes pr&#233;visions, en parfait &#233;tat, mais, compensation dont je me serais pass&#233; volontiers, le vent, assez sensible, devait m'&#234;tre contraire jusqu'au sommet. De Rochetaill&#233;e &#224; Essertines abaisser &#224; 3&lt;sup&gt;m&lt;/sup&gt;,30 le d&#233;veloppement, c'&#233;tait tout indiqu&#233; &lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; il y a l&#224; 3 kilom&#232;tres particuli&#232;rement durs et bien que je les connaisse depuis longtemps je constate une fois de plus qu'ils ne se sont pas adoucis en vieillissant &lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; si les ing&#233;nieurs-rectificateurs de routes passaient par l&#224;, ils rendraient l'escalade du Bessat tr&#232;s agr&#233;able aux touristes, tandis qu'actuellement. euh &lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! euh &lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! beaucoup y regar&#173;dent &#224; deux fois avant de grimper &#224; Chabourey et au Pil&#226;t. D&#232;s que, apr&#232;s Essertines, la rampe devient plus douce, je reprends 4&lt;sup&gt;m&lt;/sup&gt;,40 et ma toute petite multiplication ne me servira plus de la journ&#233;e, mais elle m'a permis de gravir rapide&#173;ment et sans fatigue les 3 ou 4 kilom&#232;tres p&#233;ni&#173;bles : le reste de l'&#233;tape ne m'en sera ainsi rendu que plus facile&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; car tout le m&#233;rite des machines &#224; plusieurs d&#233;veloppements est l&#224; : r&#233;duire la fatigue au minimum en conservant en toutes circonstances le maximum de vitesse&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; ne pas s'ext&#233;nuer &#224; presser la p&#233;dale d'un effort surhumain pour obtenir du 6 &#224; l'heure ainsi que le ferait un grand multipli&#233; sur une rampe de 10%&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;J'appellerai d&#233;sormais petits d&#233;veloppements ceux au-dessous de 4 m&#232;tres ; (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; ne pas se fatiguer physiquement et moralement &#224; marcher en poussant pendant des heures sa bicyclette, bref augmenter le travail utile du cycliste en diminuant son travail total. Il serait vraiment f&#226;cheux que par esprit routi&#173;nier, amour-propre mal plac&#233; ou par simple n&#233;gligence les cyclotouristes renon&#231;assent de gaiet&#233; de c&#339;ur &#224; des avantages aussi d&#233;cisifs.&lt;br class='autobr' /&gt;
Quant aux cyclistes tour-de-lac ils auraient tort assur&#233;ment de s'affubler de nos doubles ou qua&#173;druples pignons qui ont le grave inconv&#233;nient d'alourdir de 300 ou de 1.000 grammes respec&#173;tivement une bicyclette.&lt;br class='autobr' /&gt;
J'arrivai donc au Bessat &#224; midi pr&#233;cis et je n'aurais rien eu de plus press&#233; en semblable occurrence, il y a trois ou quatre ans, que de m'attabler incontinent devant un de ces copieux repas de campagne qui me semblaient jadis si substantiels et si r&#233;confortants bien que toujours, pour dire vrai, je me sois senti apr&#232;s un de ces forts repas plus alourdi et moins apte qu'avant aux longues &#233;tapes. Or, cette fois, je passai, sans la moindre envie, devant les cinq ou six auberges du village et je continuai indolemment ma route comme un homme qui sait que son sac contient de quoi le nourrir : deux pommes, quelques noix, 500 grammes de pain et les ruisseaux d'eau fra&#238;che qui descendent du Pil&#226;t devaient me sustenter suffisamment jusqu'au soir sans m'emp&#234;cher de p&#233;daler gaillardement.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#192; la Croix de Chabourey, je mis pied &#224; terre et pris le d&#233;veloppement de 6&lt;sup&gt;m&lt;/sup&gt;,90 jusqu'au pont de Graix, 5 kilom&#232;tres de pente relative&#173;ment douce : j avais un bon frein &#224; cuiller sur la roue directrice et je sais par c&#339;ur cette route, donc pas de danger et inutile de contrep&#233;daler. Au pont de Graix je m'installe &#224; quelques pas du ruisseau, &#224; l'abri d'un rocher qui me prot&#232;ge contre le vent mais laisse venir &#224; moi les rares rayons de soleil que les nuages n'arr&#234;tent pas. Que l'on est donc mieux l&#224; que dans une salle enfum&#233;e et mal odorante et comme nous y devi&#173;serions gaiement si deux ou trois compagnons partageant mes go&#251;ts m'avaient accompagn&#233;&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! &#192; quand le cyclotouristo-v&#233;g&#233;tario-club&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;?&lt;br class='autobr' /&gt;
J'ingurgite la moiti&#233; de mes provisions, sans pr&#233;cipitation, avec la conscience du devoir que je remplis envers mon estomac que pendant qua&#173;rante ans j'ai contraint d'absorber un tas de cho&#173;ses, inutiles toujours, nuisibles souvent, qui ne se dig&#233;raient pas, s'assimilaient encore moins et ne servaient qu'&#224; introduire dans l'organisme des r&#233;sidus, des d&#233;chets, des accumulations morbipares.&lt;br class='autobr' /&gt;
O&#249; vais-je me perdre, grands dieux &lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! Cesserais- je d'&#234;tre cycliste et deviendrais-je hygi&#233;niste &lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;?&lt;br class='autobr' /&gt;
Quand je crois tenir la v&#233;rit&#233;, je veux absolu&#173;ment en faire profiter mes voisins et je vais, je le sens, redevenir le crampon que je fus il y a douze ans autour du berceau de la bicyclette et de l'industrie v&#233;locip&#233;dique st&#233;phanoise qui, l'une et l'autre, ont grandi et sont devenues de fort belles personnes dont je suis, du reste, plus que jamais amoureux.&lt;br class='autobr' /&gt;
Les repas d'un v&#233;g&#233;tarien ne sont jamais bien longs, c'est une de leurs qualit&#233;s et le docteur Julliard, qui s'y conna&#238;t, pense que le r&#233;gime v&#233;g&#233;tarien a surtout cela de bon qu'il ne nous pousse jamais &#224; manger plus qu'il ne faut, et qu'avec lui l'estomac reste toujours en dedans de son effort, pour parler le langage des sportsmen &lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; les exc&#232;s ne sont pas &#224; craindre lorsqu'on n'a pour satisfaire son app&#233;tit que du pain, des pommes et de l'eau&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; le palais, ce grand coupable qui nous incite &#224; la gourmandise laquelle confine de si pr&#232;s &#224; la goinfrerie, ne sent pas ses papilles se dilater voluptueusement devant une humble assiett&#233;e de riz bouilli sans assaisonnement, une pot&#233;e de f&#232;ves, un g&#226;teau de godelle ou de pois chiches. Seul un solide app&#233;tit lui fait trouver agr&#233;ables ces mets simples, naturels, sans appr&#234;t&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; aussi d&#232;s que l'app&#233;tit est satisfait, il s'empresse de faire comprendre qu'il est inutile d'insister&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; mais si &#224; ce moment un habile cuisinier-chimiste venait lui offrir des mets savamment pr&#233;par&#233;s, &#233;pic&#233;s, condiment&#233;s, le palais sentirait se r&#233;veiller de sensuelles con&#173;voitises et, piqu&#233; par l'aiguillon de la gourman&#173;dise, sans s'inqui&#233;ter de l'estomac, il s'en fourre&#173;rait jusque-l&#224;, &#224; moins que la raison plus forte que la b&#234;te n'oppose son veto et ne dise halte-l&#224;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Halte-l&#224; aussi pour cette digression, n'est-ce pas &lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;? Sinon nous coucherons au pont de Graix.&lt;br class='autobr' /&gt;
J'ai profit&#233; de mon arr&#234;t pour reprendre le d&#233;veloppement de 4&lt;sup&gt;m&lt;/sup&gt;,40 en vue de mont&#233;e &#8212; pas tr&#232;s forte mais le sol est bien mou &#8212; que je vais avoir &#224; faire et de la forte pente qui de Colombier m'am&#232;nera dans Saint-Julien-Molin-Molette et qui m'obligera &#224; contrep&#233;daler bien que, par principe, je n'aime pas me fatiguer &#224; la descente.&lt;br class='autobr' /&gt;
Je file bon train n&#233;anmoins, les tournants ne sont pas trop brusques et la route est d&#233;serte&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; &#231;&#224; et l&#224; des empierrements consciencieusement &#233;tendus, c'est-&#224;-dire barrant absolument la route, m'obligent &#224; ralentir sous peine d'&#234;tre secou&#233; comme une salade.&lt;br class='autobr' /&gt;
Apr&#232;s Saint-Julien, laissant &#224; droite la route de Serri&#232;res, je tourne &#224; gauche vers Saint-Apollinard, Maclas, Lupp&#233;, Malleval et Saint-Pierre-de-B&#339;uf.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#192; l'&#233;poque o&#249;, avec mon collaborateur Oros, nous parcour&#251;mes, pour dresser la carte &#224; routes profil&#233;es publi&#233;e en 1892 par &lt;i&gt;Le Cycliste&lt;/i&gt;, les environs de Saint-&#201;tienne et surtout les routes qui relient Saint-&#201;tienne &#224; la vall&#233;e du Rh&#244;ne, je remarquai que celle que je viens d'indiquer &#233;tait la mieux trac&#233;e et descendait sans secousse (sauf un mauvais virage pr&#232;s Lupp&#233;) jusqu'au Rh&#244;ne&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; aussi lui ai-je toujours donn&#233; la pr&#233;f&#233;rence lorsqu'il s'est agi de passer d'un bassin dans l'autre. Je conservai 4&lt;sup&gt;m&lt;/sup&gt;,40 jusqu'&#224; Maclas &#224; cause de quelques l&#233;g&#232;res, 0h&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! bien l&#233;g&#232;res mont&#233;es, dont j'avais une vague souvenance&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; du reste on marche bien avec 4&lt;sup&gt;m&lt;/sup&gt;,40 et lorsqu'on n'en a qu'un, ce d&#233;veloppement est des plus recommandables pour les contr&#233;es montagneuses : &#224; 90 tours de p&#233;dale &#224; la minute, vitesse de jambes non exag&#233;r&#233;e en palier, on fait du 24 &#224; la minute, ce qui n'est point tant mal.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#192; Maclas commence la descente ininterrompue jusqu'&#224; Saint-Pierre-de-B&#339;uf&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; je me mets &#224; 6&lt;sup&gt;m&lt;/sup&gt;,90 et je d&#233;vale..... que c'est une b&#233;n&#233;diction&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; sinc&#232;rement les descentes se font bien mieux avec une forte multiplication, on est beaucoup plus ma&#238;tre de sa machine qui n'oscille ni &#224; droite ni &#224; gauche et l'on n'&#233;prouve aucune appr&#233;hension malgr&#233; la vitesse pouss&#233;e jusqu'&#224; l'enivrement. J'ai pu reconstater ce fait ce jour-l&#224; puisque je venais justement de descendre de Colombier &#224; Saint-Julien avec 4&lt;sup&gt;m&lt;/sup&gt;,40 &#224; une vitesse sensible&#173;ment moindre et avec des d&#233;hanchements du plus f&#226;cheux effet pour ne pas perdre les p&#233;dales qu'avec 7 m&#232;tres et au-dessus on tient si ais&#233;ment.&lt;br class='autobr' /&gt;
Je n'ai encore rien dit du paysage qui n'est pas un seul moment banal mais dont il a sou&#173;vent &#233;t&#233; question dans ces colonnes, cependant je ne puis taire l'impression de surprise admirative que me cause l'apparition soudaine de Malleval. Apr&#232;s Lupp&#233; et ses deux dangereux virages (se m&#233;fier surtout du second) la forte descente est finie et la route en pente d&#233;sormais tr&#232;s douce circule entre des mamelons rocailleux, d'aspect assez bizarre qu'on dirait form&#233;s de gros cailloux du Rh&#244;ne agglutin&#233;s dans une terre argileuse. Tout &#224; coup &#224; un tournant j'aper&#231;ois &#224; gauche, tout au sommet d'un de ces monticules, une tour carr&#233;e et pointue puis &#224; flanc de coteau, se confondant avec les rocailles dont elles sont sorties, des maisons les unes sur les autres et enfin autour de ces maisons et descendant par larges marches jusqu'au ravin, des jardinets pour ainsi dire suspendus o&#249; il doit &#234;tre fort dange&#173;reux d'aller sur le tard ramasser une salade et grands comme un mouchoir de poche. Voil&#224; qui s'appelle tirer parti d'une situation, mais quels sont les hommes qui s'avis&#232;rent d'aller percher en un lieu aussi ingrat et de fonder entre les riches coteaux du Rh&#244;ne et les fertiles contreforts du Pil&#226;t une bourgade d'aspect aussi mis&#233;rable &lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;? Sans doute quelques malheureux fuyant leurs oppresseurs et voulant &#233;chapper &#224; de cruelles vexations en renon&#231;ant &#224; tout bien-&#234;tre&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; ce furent peut-&#234;tre, mais pour des motifs diff&#233;rents, des v&#233;g&#233;tariens comme moi &lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; l'histoire de tels humbles villages serait souvent bien int&#233;ressante&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; je me suis laiss&#233; dire que dans le clocher de Malleval se trouvaient des squelettes momifi&#233;s comme ceux que l'on voit dans la crypte de l'&#233;glise de Saint-Bonnet-le-Ch&#226;teau, restes de fugitifs emmur&#233;s et morts de faim.&lt;br class='autobr' /&gt;
De Malleval &#224; Saint-Pierre-de-B&#339;uf le sol devient plut&#244;t mauvais, de la boue, des flaques d'eau, des orni&#232;res, mais aussit&#244;t qu'on d&#233;bouche sur la route Nationale que le vent du midi balaie depuis la veille, quel agr&#233;able contraste : on dirait une v&#233;ritable piste et ma grande multiplication m'entra&#238;ne &#224; l'allure de 25 &#224; l'heure du c&#244;t&#233; de Lyon. Il est deux heures&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; je passe successive&#173;ment &#224; Chavanay, Condrieu Ampuis et Sainte-Colombe et &#224; trois heures et demie je m'arr&#234;te pour go&#251;ter &#224; mi-chemin de Sainte-Colombe &#224; Givors au fond d'une gorge tr&#232;s encaiss&#233;e o&#249; coule, sur des rochers polis et rong&#233;s par les eaux, un joli ruisseau qu'on nomme, je crois, le Sifflet. Par les grosses chaleurs ce coin-l&#224; doit &#234;tre frais et charmant, rempli d'ombre et de myst&#232;re et l'on doit avoir envie de remonter ce ruisselet dont la source ne peut pas &#234;tre bien loin ni bien haut &lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; mais ce jour-l&#224; il &#233;tait plut&#244;t humide que frais, triste que charmant &lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; des photographes amateurs vinrent pourtant pendant que je croquais une pomme, essayer d'y prendre un instantan&#233;, je ne crois pas qu'ils aient r&#233;ussi &#224; y faire autre chose que g&#226;cher deux ou trois plaques. Il faisait d&#233;j&#224; nuit dans ce trou, aussi ma collation achev&#233;e je ne m'y attarde pas et je me h&#226;te vers Givors, lentement &#224; cause de la boue qui est beaucoup trop abondante depuis Sainte-Colombe&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; c'est &#224; croire que le vent du midi n'est pas venu souffler jusque-l&#224; ou qu'il y a plu abondamment le matin. Ces morceaux de mauvaise route apr&#232;s les longs kilom&#232;tres de bon chemin que je viens d'abattre me chiffonnent et m'agacent&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; j'en ai gard&#233; une impression de froid humide que je ressens encore entre les deux &#233;paules au moment ou j'&#233;cris.&lt;br class='autobr' /&gt;
Les excursions que je fais se r&#233;sument, au bout de quelques jours, en deux ou trois impressions plus vives que les autres, agr&#233;ables ou f&#226;cheuses mais qui se figent en ma m&#233;moire et qui lorsque je les passe en revue, m&#234;me celles d'il y a dix ans, les caract&#233;risent nettement et me permettent de les &#233;voquer chacune &#224; son tour sans les confondre.&lt;br class='autobr' /&gt;
Me voici tout de m&#234;me sorti de ce d&#233;fil&#233; bourbeux &lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; la montagne &#224; ma gauche s'&#233;loigne et le sol est &#224; peu pr&#232;s sec, aussi les habitants de Givors se sont empar&#233;s de la route et m'obligent &#224; aller encore plus lentement. C'est un petit ennui des sorties dominicales que cette habitude qu'ont les habitants des villes, petites et grandes de se tenir des heures enti&#232;res au beau milieu des routes &lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; quand ils vont deux par deux il n' a encore que demi-mal, on festonne autour des couples endimanch&#233;s sans m&#234;me les avertir, mais tels groupes vont se tenant par la main ou c&#244;te &#224; c&#244;te, d'un foss&#233; &#224; l'autre, chantant, titubant ou dansant&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; il faut corner, grelotter, b&#234;ler, recevoir des quolibets stupides et attendre en faisant du sur-place que les femmes qui se trouvaient &#224; gauche se soient enfuies &#224; droite et vice versa, comme s'il ne leur serait pas plus facile de se ranger chacune du c&#244;t&#233; o&#249; elles se trouvent. Il y a des cas vraiment o&#249; l'on voudrait &#234;tre p&#233;dard pour foncer les yeux ferm&#233;s en beuglant, en hurlant, en mugissant sur ces troupeaux enju&#173;ponn&#233;s qui apr&#232;s vous avoir fait poser se paient encore votre t&#234;te. D&#233;cid&#233;ment la boue inattendue de tout &#224; l'heure m'a mis de mauvaise humeur. Et les joueurs de boules&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! voil&#224; un sport qui a pris de l'extension depuis quelques ann&#233;es &lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; il faut s'en applaudir parce que bien des gens qui passaient leur apr&#232;s-midi du dimanche dans un tabagnon enfum&#233;, la vivent maintenant au grand air, sans vider par exemple une chopine de moins, mais ils respirent &#224; pleins poumons, font un excellent exercice et les drogues qu'ils ingurgitent leur sont assur&#233;ment moins nuisibles. Je m'en applaudis donc, puisque rien de ce qui touche &#224; l'hygi&#232;ne publique ne m'est indiff&#233;rent, mais je proteste lorsque les joueurs de boules prennent pour boulodr&#244;me la route elle-m&#234;me et nous jettent leurs boules dans les jantes, il ne faudrait pas qu'un sport chass&#226;t l'autre et je demande la route toujours libre.&lt;br class='autobr' /&gt;
Les cyclotouristes qui voyagent la semaine &#233;chappent &#224; ces petits d&#233;sagr&#233;ments, mais ils sont le petit nombre, tandis que nous sommes l&#233;gion nous qui ne sommes libres que le dimanche, l&#233;gion bien d&#233;cim&#233;e &#224; en juger par les rares cyclistes rencontr&#233;s le long des 120 kilom&#232;tres &#233;gren&#233;s ce jour-l&#224;, mais d&#233;cim&#233;e par qui, par quoi &lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;? D'o&#249; vient qu'&#224; mesure que le nombre des cyclistes augmente, les touristes, ou plus modestement les excursionnistes en g&#233;n&#233;ral et ceux du dimanche en particulier diminuent &lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;?&lt;br class='autobr' /&gt;
Pneumatiques, machines l&#233;g&#232;res et trop grandes multiplications&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;!&lt;br class='autobr' /&gt;
Est-ce bien la r&#233;ponse&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; n'y a-t-il pas d'autres causes, et s'il y en a quelles sont-elles &lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;? voil&#224; un int&#233;ressant sujet de discussion.&lt;br class='autobr' /&gt;
Givors pass&#233; &#224; 4 heures 1/2, il ne me reste que 25 &#224; 26 kilom&#232;tres pour rentrer chez moi par la route des bords du Rh&#244;ne, toujours bonne quand il a plu, affreuse pendant la s&#233;cheresse&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; mais elle est sem&#233;e &#231;&#224; et l&#224; de quelques mont&#233;es&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; je suis, d'autre part, &#224; la fin d'une assez forte &#233;tape deux consid&#233;rations qui me d&#233;cident &#224; abaisser ma multiplication et &#224; me contenter de 5&lt;sup&gt;m&lt;/sup&gt;,85, c'est un peu mon habitude, toutes les fois que je vais de Saint-&#201;tienne &#224; Lyon, de prendre &#224; ce moment une multiplication moindre que celle qui m'a conduit jusqu'&#224; Givors et je m'en trouve bien. L'emploi raisonn&#233; et judicieux des diverses multiplications est d'un grand secours lorsqu'on conna&#238;t bien sa route &lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; lorsqu'on ne la conna&#238;t pas, on est expos&#233; &#224; quelques erreurs sur la longueur et l'intensit&#233; d'une rampe par exemple, erreurs qu'on pourrait &#233;viter si l'on savait lire couramment les cartes de l'&#201;tat-major&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; malheu&#173;reusement c'est ce qu'on sait le moins, et je me rappelle que lorsque M.&#160;Hennequin donna des conf&#233;rences topographiques aux cyclistes pari&#173;siens, il eut, le premier soir, 6 auditeurs &lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! C'est donc aussi ce qu'on a le moins envie d'apprendre.&lt;br class='autobr' /&gt;
J'entends d'ici le n&#233;ocycliste que je cat&#233;chise s'&#233;crier avec effroi : Ah &#231;a, vous voudriez donc qu'un cycliste fut doubl&#233; d'un m&#233;canicien, d'un ing&#233;nieur, d'un g&#233;om&#232;tre, d'un officier d'&#233;tat-major, qu'il r&#233;un&#238;t, en sa cervelle surmen&#233;e, les connaissances les plus vari&#233;es, les plus difficiles, qu'il devint un savant en us et &#224; lunettes, et que, malgr&#233; cela, il rest&#226;t le po&#232;te, l'amant de la nature que vous nous avez si souvent d&#233;crit &lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;!...&lt;br class='autobr' /&gt;
Mettons que je n'ai rien dit et continuons &#224; p&#233;daler vigoureusement du c&#244;t&#233; du potage, car la nuit que je croyais plus loin s'approche &#224; grands pas. Comment se fait-il que, midi partageant en deux parties &#233;gales la journ&#233;e solaire, il fasse, en cette saison, d&#233;j&#224; grand jour &#224; 6 heures du matin et qu'on n'y voie plus &#224; 5 heures 1/2 du soir&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; la quantit&#233; de lumi&#232;re devrait, toutes autres choses &#233;gales, &#234;tre aussi grande le soir que le matin, &#224; distance &#233;gale de midi. J'avais compt&#233; sur cette &#233;galit&#233; et cela m'a expos&#233; &#224; gober une contravention en traversant tout Lyon sans lanterne. Cela ne me serait pas arriv&#233; si j'avais &#233;tudi&#233; l'astronomie qui doit donner la raison de cette apparente anomalie&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; encore une branche &#224; ajouter aux connaissances scientifiques du cycliste du si&#232;cle prochain.&lt;br class='autobr' /&gt;
Grigny, la Tour-de-Millery ou je ne passe jamais sans penser &#224; l'huissier Gouff&#233; qui fut d&#233;couvert l&#224; &#224; quelques m&#232;tres de la route, Vernaison, Irigny, Pierre-B&#233;nite, Oullins, La Mulati&#232;re, d&#233;filent tour &#224; tour devant mon guidon&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; voil&#224; une route qu'on ne peut pas qualifier de solitaire et d&#233;sol&#233;e.&lt;br class='autobr' /&gt;
Au pont de la Mulati&#232;re j'arrive en m&#234;me temps qu'un tramway, dont les quelques places disponibles ont &#233;t&#233; prises d'assaut, et qui part laissant plus de cent voyageurs m&#233;contents. Quelle nombreuse client&#232;le pour les futurs cabcycles &#224; qui il serait bien facile de ramener en ville, 2 ou 3 voyageurs &lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; &#224; 50 centimes par personne, 30 sous seraient ainsi vite gagn&#233;s.&lt;br class='autobr' /&gt;
Une bonne ablution froide en arrivant me d&#233;barrasse de la poussi&#232;re et fait dispara&#238;tre toute trace de fatigue musculaire&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; l'estomac suffisamment soutenu par les 500 grammes de pain et les deux pommes que je lui ai donn&#233;s, n'a besoin de rien, et je me mets &#224; table &#224; 7 heures avec un bon app&#233;tit normal&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; je dors tr&#232;s profond&#233;ment 6 heures cons&#233;cutives : deux faits qui prouvent que l'&#233;tape n'a pas &#233;t&#233; trop forte. Aussi ai-je imm&#233;diatement dress&#233; l'itin&#233;raire d'un voyage de 3 jours (500 kilom&#232;tres) pour les f&#234;tes de la Toussaint, pendant lequel je m'en tiendrai fid&#232;lement au strict r&#233;gime v&#233;g&#233;tarien auquel j'attribue en partie &#8212; l'autre partie est due &#224; l'emploi des multiplications vari&#233;es &#8212; mon endurance actuelle.&lt;br class='autobr' /&gt;
V&#233;locio.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;J'appellerai d&#233;sormais petits d&#233;veloppements ceux au-dessous de 4 m&#232;tres&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; moyens d&#233;veloppements ceux de 4 &#224; 6 m&#232;tres&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; grands d&#233;veloppements ceux au-dessus de 6 m&#232;tres. Il est possible que plus tard, gr&#226;ce &#224; de nouveaux perfectionnements sous d'autres rapports, par exemple lorsque la selle &#224; recul et &#224; avancement sera adopt&#233;e et aura &#233;lev&#233; le rendement de chacun de nous, il est, dis-je, possible que ces chiffres deviennent trop faibles mais pour le moment je crois qu'ils r&#233;pon&#173;dent bien &#224; l'id&#233;e que l'on se fait g&#233;n&#233;ralement des multiplications petites, moyennes et grandes.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title> Un Laboratoire improvis&#233; (1898)</title>
		<link>http://velotextes.fr/spip.php?article172</link>
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		<dc:date>2023-09-23T10:46:04Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>velovi</dc:creator>


		<dc:subject>cyclotourisme, cyclocamping</dc:subject>
		<dc:subject>Avant 1900</dc:subject>
		<dc:subject>Photographie</dc:subject>
		<dc:subject>1898</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;&#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#8239;En chemin de fer, en automobile, m&#234;me &#224; pied, tous les genres d'appareils sont transportables&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; en bicyclette il n'en est pas de m&#234;me.&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;&lt;/p&gt;

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&lt;a href="http://velotextes.fr/spip.php?rubrique10" rel="directory"&gt;V&#233;lo et photographie&lt;/a&gt;

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&lt;a href="http://velotextes.fr/spip.php?mot9" rel="tag"&gt;cyclotourisme, cyclocamping&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://velotextes.fr/spip.php?mot10" rel="tag"&gt;Avant 1900&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://velotextes.fr/spip.php?mot56" rel="tag"&gt;Photographie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://velotextes.fr/spip.php?mot74" rel="tag"&gt;1898&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;Par F. &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;TANDEAU&lt;/span&gt;, revue mensuelle du Touring-Club de France, F&#233;vrier 1898&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Depuis que le tourisme, dans toutes ses formes, a pris une si grande extension, la photographie, sa compagne naturelle, s'est d&#233;velopp&#233;e et r&#233;pandue dans les m&#234;mes proportions.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout le monde actuellement s'occupe de photographie et si nous pouvions faire un recensement des photographes amateurs nous serions, j'en suis persuad&#233;, fort &#233;tonn&#233; du nombre consid&#233;rable de touristes qui tiennent &#224; fixer sur la plaque sensible, les sites charmants qu'ils ont visit&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En chemin de fer, en automobile, m&#234;me &#224; pied, tous les genres d'appareils sont transportables&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; en bicyclette il n'en est pas de m&#234;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le besoin d'un appareil l&#233;ger se fait plus particuli&#232;rement sentir, d'o&#249; cette vogue exag&#233;r&#233;e des appareils instantan&#233;s qui ne donnent qu'une image r&#233;duite des clich&#233;s en g&#233;n&#233;ral, sans grand model&#233; ni relief, mais qui ont le grand avantage d'&#234;tre d'un petit volume et par suite peu encombrants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous parlerons une autre fois du choix d'un appareil et des proc&#233;d&#233;s pratiques pour les transports en machine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aujourd'hui, je me bornerai &#224; l'indication d'un moyen commode et pratique pour charger les ch&#226;ssis en dehors du laboratoire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une des grandes difficult&#233;s pour le touriste amateur est sans contredit, de pouvoir trouver un cabinet noir permettant de changer les plaques de son appareil.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je sais bien que gr&#226;ce aux efforts incessants du Touring-Club, bon nombre d'h&#244;teliers tiennent actuellement a notre disposition des chambres noires dispos&#233;es ad hoc, mais la tr&#232;s grande majorit&#233; des h&#244;tels en sont encore d&#233;munis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comment donc op&#233;rer quand, le soir venu, nous nous trouvons dans une auberge d&#233;pourvue de chambre noire&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voici le moyen qu'indiquait, il y a quelques ann&#233;es M.&#160;Hackett, dans le British Journal, proc&#233;d&#233; dont je me suis servi plusieurs fois et qui m'a rendu de r&#233;els services.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On tend un fil de fer d'un bout &#224; l'autre de la chambre, &#224; environ 15 centim&#232;tres du plafond&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; sur ce fil de fer on &#233;tend &#224; cheval une couverture de voyage, que l'on attache avec de grosses &#233;pingles de fa&#231;on qu'elle touche presque le plancher. De chaque c&#244;t&#233; de la couverture, on installe une table, sur l'une de ces tables on place une bougie ou une lampe (&#224; nu, sans verre rouge ni quoi que ce soit) et les produits chimiques n&#233;cessaires, qui est ainsi tr&#232;s ais&#233; de manipuler puisqu'on op&#232;re en pleine lumi&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On d&#233;veloppe les plaques et on charge les ch&#226;ssis sur l'autre table, abrit&#233;e de la lumi&#232;re par la couverture&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; il n'est pas absolument n&#233;cessaire que celle-ci aille d'un bout de la chambre &#224; l'autre : une couverture ordinaire suffit, &#224; la condition qu'elle soit absolument opaque et plac&#233;e aussi pr&#232;s que possible d'un des murs de la chambre. Seule, une lumi&#232;re r&#233;fl&#233;chie, gris&#226;tre, parvient jusqu'&#224; vous et si l'on op&#232;re tant soit peu rapidement pour changer les plaques, si l'on a soin de couvrir la cuvette pendant le d&#233;veloppement, on ne voilera jamais un clich&#233;. Cette mani&#232;re d'op&#233;rer peut rendre de grands services aux touristes, elle est &#233;galement pratique en hiver, car on peut travailler dans une pi&#232;ce chauff&#233;e, le feu servant dans ce cas de source lumineuse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;F. &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;TANDEAU&lt;/span&gt;, Pr&#233;sident de la Soci&#233;t&#233; des Photographes amateurs du Touring-Club de France.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1898.02&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>Un Tour en Savoie (1898)</title>
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		<dc:date>2022-08-17T15:29:43Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>velovi</dc:creator>


		<dc:subject>Paul de Vivie, dit V&#233;locio</dc:subject>
		<dc:subject>Avant 1900</dc:subject>
		<dc:subject>La bicyclette de tourisme</dc:subject>
		<dc:subject>polymultipli&#233;e</dc:subject>
		<dc:subject>Alpes</dc:subject>
		<dc:subject>V&#233;g&#233;tarisme</dc:subject>
		<dc:subject>1898</dc:subject>
		<dc:subject>H. Dolin</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;&#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#8239;...j'avais charg&#233; sur mon porte-bagage d'arri&#232;re 6 kilos de flanelles et de v&#234;tements de rechange dont je n'ai pas eu besoin. Dans ma musette suspendue au guidon, j'avais revolver, carte au 1/200000, itin&#233;raires de Dolin-Revel et mes habituelles provisions de bouche, pain et pommes, un falot pli&#233; et deux bougies. Avec tout cela et de la r&#233;solution on peut aller loin et longtemps sans &#234;tre un milliardaire.&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;&lt;/p&gt;

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&lt;a href="http://velotextes.fr/spip.php?rubrique35" rel="directory"&gt;1896-1900 P&#233;riode h&#233;ro&#239;que&lt;/a&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;Par Paul de Vivie alias V&#233;locio, Le Cycliste, Novembre 1898, Source Archives D&#233;partementales de la Loire, Per1328_6&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quel temps&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! quel sale temps&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! Et penser que pendant toute cette journ&#233;e du 6&#160;novembre, o&#249; je suis all&#233; en Savoie me crotter affreusement, la vall&#233;e du Rh&#244;ne et les montagnes du Lyonnais ont &#233;t&#233; resplendissantes de soleil&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! Ah, j'ai manqu&#233; de flair&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! Mais pourquoi r&#233;criminer&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;? un touriste ne doit-il pas &#234;tre doubl&#233; d'un philosophe et savoir prendre le temps comme il vient&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; lorsqu'on outre, ce touriste est doubl&#233; d'un exp&#233;rimentateur, ne doit-il pas s'applaudir d'&#234;tre en butte parfois &#224; des circonstances f&#226;cheuses et d'&#234;tre expos&#233; &#224; des temps &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#8239;pis qu'affrous&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; pour parler gaga&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;? C'est cela, applaudissons-nous.&lt;br class='autobr' /&gt;
Vous voyez comme on se console vite lorsqu'on vit de fruits, de l&#233;gumes et d'eau pure.&lt;br class='autobr' /&gt;
Nous aurions pu &#234;tre trois&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; nous aurions d&#251; &#234;tre deux, et j'&#233;tais seul au rendez-vous, gare de Perrache, &#224; 4 h. 45 du matin, pour le train de Grenoble. A vrai dire, le ciel brumeux, le pav&#233; glissant qui me valut une pelle en arrivant &#224; la gare, la lune larmoyante, l'air humide, tout laissait pr&#233;voir un temps peu agr&#233;able.&lt;br class='autobr' /&gt;
Je partis n&#233;anmoins avec un aller et retour pour Saint-Andr&#233;-le-Gaz o&#249; le P-L.-M.&#160;me d&#233;posa &#224; 6 h. 30 avec 15 minutes de retard suivant son habitude. J'avais la bicyclette &#224; 4 vitesses, 3,30, 4,40, 6,04 et 7,22 qui me conduisit au Lautaret et comme les soir&#233;es sont fra&#238;ches, que je craignais d'avoir de la pluie, j'avais charg&#233; sur mon porte-bagage d'arri&#232;re 6 kilos de flanelles et de v&#234;tements de rechange dont je n'ai pas eu besoin. Dans ma musette suspendue au guidon, j'avais revolver, carte au 1/200000, itin&#233;raires de Dolin-Revel et mes habituelles provisions de bouche, pain et pommes, un falot pli&#233; et deux bougies. Avec tout cela et de la r&#233;solution on peut aller loin et longtemps sans &#234;tre un milliardaire.&lt;br class='autobr' /&gt;
Mon itin&#233;raire, avec Saint-Andr&#233; point de d&#233;part, et d'arriv&#233;e pour cette journ&#233;e, touchait Yenne, Chamb&#233;ry, les Echelles et Pont-de-Beauvoisin, environ 115 kilom&#232;tres et quelques bonnes rampes que le sol mou et d&#233;tremp&#233; devait rendre plus dures.&lt;br class='autobr' /&gt;
Au d&#233;part de Saint-Andr&#233; (Xon 6,04), une belle route et une agr&#233;able descente m'entra&#238;nent &#224; grande allure au fond d'une premi&#232;re d&#233;pression de terrain, d'o&#249; un raidillon fort sec mais court me ram&#232;ne sur un palier o&#249; je rencontre peu apr&#232;s le gros village des Abrets &#224; cheval sur cinq routes. Un passant m'indique celle que je dois suivre et qui descend encore, faiblement et pas longtemps, car voici une rampe qui, en l'abordant, me para&#238;t assez raide pour n&#233;cessiter l'abaissement du d&#233;veloppement &#224; 3,30&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; allons-y, ce n'est pas long et je reprends bient&#244;t 6,04 jusqu'&#224; Aoste o&#249; je constate avec inqui&#233;tude qu'un de mes pneumatiques bat de l'aile, ce qui va m'obliger &#224; pomper souvent et &#224; m'arr&#234;ter finalement &#224; Yenne une grande heure pour une r&#233;paration s&#233;rieuse. Je m'arr&#234;te nonobstant &#224; Saint-Genix pour d&#233;jeuner au caf&#233; au lait, une d&#233;plorable habitude que m'a laiss&#233;e mon ancien r&#233;gime alimentaire et dont j'ai de la peine &#224; me d&#233;faire&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; un d&#233;jeuner aux fruits vaudrait incomparablement mieux&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; enfin, on n'est pas parfait&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;!&lt;br class='autobr' /&gt;
Jusqu'&#224; Saint-Genix, le paysage n'a rien de saillant, mais il prend l&#224; imm&#233;diatement tournure&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; &#224; droite la montagne parfois abrupte, toujours pittoresque&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; &#224; gauche la vall&#233;e du Rh&#244;ne&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; la route est &#233;troite mais le sol est tr&#232;s roulant et l'on croit descendre alors qu'en r&#233;alit&#233; on remonte le fleuve&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; les brouillards sont suspendus mena&#231;ants aux flancs de la montagne&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; &#224; la Balme on tourne brusquement &#224; droite et l'on entre dans une gorge tr&#232;s resserr&#233;e que le Rh&#244;ne farouche emplit &#224; lui seul apr&#232;s se l'&#234;tre creus&#233;e entre des masses imposantes de rochers stri&#233;s de larges bandes, noires &#224; laisser croire qu'il a plu de l'encre sur eux. La route est moins bonne, le brouillard a fait son &#339;uvre et rendu tr&#232;s glissant le sol argileux&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; de temps en temps je sens la roue motrice valser d'une inqui&#233;tante fa&#231;on&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; ce passage vaut, &#224; lui seul, le voyage&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; un g&#226;cheur de pl&#226;tre a bien essay&#233; d'outrager la nature en collant une fa&#231;ade de ch&#226;teau d'op&#233;ra-comique, en carton p&#226;te rose et cr&#232;me, aux parois d'un roc formidable qui a l'air de froncer le sourcil devant cette insulte gratuite, mais le touriste ne s'en offense pas : s'il sait qu'on ne peut emp&#234;cher les chiens de d&#233;poser des ordures le long d'un mur, il sait aussi que la nature ne tarde pas &#224; faire justice de ces insanit&#233;s et &#224; rejeter dans le n&#233;ant les &#339;uvres ineptes que les hommes essaient de lui imposer .&lt;br class='autobr' /&gt;
A Yenne, j'ai recours aux bons offices de M.&#160;Munot qui me rend au bout d'une heure ma monture, pneumatique et le reste, en parfait &#233;tat&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; il est dix heures quand je m'&#233;loigne de cette jolie bourgade par une route en rampe douce pour laquelle, suivant l'avis de M.&#160;Munot, je me suis content&#233; de 4m,40 : &#224; Chevelu, ce d&#233;veloppement devient trop fort&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; en effet, j'aborde l&#224; les 4 kilom&#232;tres de rampe &#224; 7 et 8&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;% que m'annonce l'itin&#233;raire Dolin et Revel&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; je me mets &#224; 3m,30 et en bras de chemise, car malgr&#233; le brouillard dont les premi&#232;res ondes m'atteignent d&#233;j&#224;, il va faire chaud&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; apr&#232;s un coude sec et qui constitue ce qu'on peut appeler un tournant tr&#232;s dangereux, la rampe s'accentue et monte selon &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;MM&lt;/span&gt;.&#160;Dolin et Revel &#224; 8&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;%&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; je le crois sans peine, le sol par dessus le march&#233; est mou et collant, aussi ne tard&#233;-je pas &#224; appeler &#224; mon secours la tige oscillante de M.&#160;Cadet qui me jette en avant d'aplomb sur les p&#233;dales et me permet de donner jusqu'au bout 60 tours &#224; la minute, c'est-&#224;-dire de marcher &#224; 12 &#224; l'heure&#160;: il m'a fallu pour aller de Chevelu au sommet (4.300 m&#232;tres) exactement 23 minutes. A mesure que l'on s'&#233;l&#232;ve on d&#233;couvre un assez joli panorama dont Saint-Jean-le-Chevelu est le centre. Deux &#233;tangs dorment &#224; c&#244;t&#233; du bourg, source du ruisseau que j'ai remont&#233; depuis Yenne : tout cela &#233;clair&#233; par un beau soleil doit &#234;tre splendide &#224; voir&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; mais ce jour-l&#224;, c'&#233;tait plut&#244;t m&#233;lancolique&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; il faudra donc que j'y retourne, perspective qui n'a, du reste, rien de d&#233;plaisant, au contraire. Pas une habitation, pas une seule hutte, ou, s'il y en a aux abords de la route, le brouillard me les cache. Un industriel exploite pourtant l&#224;-haut quelque chose et a install&#233; sur le bord du chemin un Decauville&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; au fait, peut-&#234;tre y construit-on un miramar quelconque. En temps ordinaire il doit y avoir de la vue &#224; ce col de la Dent du Chat dont je n'ai pu m&#234;me apercevoir ni d'en bas ni d'en haut les deux pitons caract&#233;ristiques. Brouillard tr&#232;s humide, vent tr&#232;s froid, pores ouverts par une abondante et hygi&#233;nique su&#233;e et pas d'eau pour une douche : que faire&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;? L'endroit parait absolument solitaire, je n'ai pas rencontr&#233; &#226;me qui vive eu montant et on n'y voit rien &#224; vingt m&#232;tres. Suivons le conseil de l'Homme de la Montagne et au lieu de nous doucher avec de l'eau, douchons-nous avec de l'air froid et du brouillard. Je mets banni&#232;re au vent et pendant 30 secondes je m'expose de bas en haut aux &#226;pres caresses d'une bise carabin&#233;e : je me rhabille vivement, me plastronne par devant de l'Aurore, par derri&#232;re de la Libre Parole, persuad&#233; qu'entre deux adversaires aussi ardents je n'aurai pas froid, je rel&#232;ve mon col, me boutonne soigneusement, remets ma cha&#238;ne sur le d&#233;veloppement 6,04 et vogue la gal&#232;re : j'enfile la descente non moins raide que la mont&#233;e qui va me conduire sur les bords du lac du Bourget.&lt;br class='autobr' /&gt;
Oh&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! l'affreuse route fra&#238;chement charg&#233;e et de telle fa&#231;on qu'il est impossible d'&#233;viter les empierrements&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! Je n'avais pas jug&#233; utile de me munir de mon frein arri&#232;re et ne disposais que du simple frein &#224; patin de caoutchouc sur la roue directrice&#160;: il m'a suffi, mais en me for&#231;ant, contrairement &#224; mon habitude, &#224; contrep&#233;daler &#233;nergiquement et presque continuellement&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; il n'aurait pas fallu par exemple que ce travail stupide dur&#226;t 10 kilom&#232;t. ce que je me serais h&#226;t&#233; de me fabriquer un frein de fortune avec la ficelle et le canif que j'ai toujours dans ma poche&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;!&lt;br class='autobr' /&gt;
A peu de distance du sommet resplendit &#224; travers le brouillard que le soleil essaie sans y r&#233;ussir &#224; ce moment de dissiper, un h&#244;tel tout battant neuf&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; mais une s&#233;rie de tournants dangereux absorbe bient&#244;t mon attention : tout &#224; coup j'aper&#231;ois une nappe d'eau qui semble un nuage au-dessus du brouillard&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; c'est le lac dont un effet d'optique rehausse sensiblement le niveau&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; je m'arr&#234;te &#224; deux ou trois reprises pour admirer&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; enfin, sorti du brouillard, je d&#233;vale de plus belle, la nappe d'eau m'appara&#238;t maintenant beaucoup plus bas&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; la route se fait meilleure &#224; partir de Bourdeau&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; me voici au Bourget d'o&#249;, si le temps e&#251;t &#233;t&#233; beau, j'aurais fait un &#233;cart vers Aix-les-Bains&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; mais les efforts du soleil ont &#233;t&#233; vains et le brouillard non seulement persiste mais il s'accentue et tombe dans la plaine&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; l'atmosph&#232;re est satur&#233;e d'humidit&#233; et &#224; mesure que je m'approche de Chamb&#233;ry le terrain devient de plus en plus mou, tant et si bien que sous la belle all&#233;e de grands arbres qui m'am&#232;ne au c&#339;ur de la ville devant la gare, je roule en pleine boue. Pas dr&#244;le du tout, vous savez. Aussi n'ai-je pas la moindre envie d'aller faire un tour en ville et je demande par quel plus court chemin je puis arriver &#224; la route des Echelles.&lt;br class='autobr' /&gt;
Il est midi moins le quart : on me fait traverser une passerelle, grimper au ch&#226;teau et je me trouve en un clin d'&#339;il devant une borne qui m'annonce&#160;: Cogoin &#224; 2 kilom&#232;tres. C'est ma route&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; elle est pire encore que celle que je viens de quitter&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; elle a heureusement des bas-c&#244;t&#233;s dont je m'empare sans m'enqu&#233;rir s'ils sont ou non cyclables. A Cogoin, s&#233;duit par l'aspect savoureux de petits pains du plus beau jaune canari, j'en ach&#232;te deux que je mange en remontant &#224; tr&#232;s faible allure sur un sol visqueux, gluant, et glissant comme oncques n'en vis, la vall&#233;e de Couz. Depuis Chamb&#233;ry, je travaille sur le d&#233;veloppement de 4m,40 que je ne quitterai plus de la journ&#233;e m&#234;me &#224; la descente&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; il est sage de finir toujours l'&#233;tape avec un faible d&#233;veloppement et puis l'&#233;tat des routes ne se pr&#234;te pas aux grandes vitesses&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; je suis d&#233;j&#224;, faute de garde-boue, assez crott&#233; comme cela&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;!&lt;br class='autobr' /&gt;
Ils sont tr&#232;s bons ces pains au safran et &#224; l'anis et je vous engage &#224; en faire provision quand vous passerez &#224; Cogoin.&lt;br class='autobr' /&gt;
A la cascade de Couz que je puis admirer dans toute sa splendeur, vu l'abondance des eaux, je suis repris par le brouillard intense qui m'emp&#234;che d'admirer le caract&#232;re agreste et sauvage de cette vall&#233;e de Couz si bien close du c&#244;t&#233; du sud que l'on n'y acc&#233;dait il y a quelque cent ans que par des &#233;chelles. Pendant 14 kilom&#232;tres, pas un de plus pas un de moins, je m'&#233;l&#232;ve tant&#244;t insensiblement, tant&#244;t d'une fa&#231;on accentu&#233;e, de 340 m&#232;tres environ, oblig&#233; le plus souvent de rouler sur l'herbe des bas-c&#244;t&#233;s pour &#233;viter le funeste glissement lat&#233;ral et le plaquage qui en est la cons&#233;quence imm&#233;diate. J'appr&#233;hende la travers&#233;e du tunnel qui doit &#234;tre dans un &#233;tat &#233;pouvantable. Me voici pourtant au sommet, la descente m'entra&#238;ne et, chose heureuse, &#224; laquelle je ne m'attendais pas, je sens que ma roue motrice, bien que le terrain soit tout aussi visqueux, est moins sujette &#224; glisser &#224; la descente qu'&#224; la mont&#233;e sans doute parce que je n'ai pas &#224; appuyer sur les p&#233;dales et &#224; chasser ainsi la machine tant&#244;t &#224; droite, tant&#244;t &#224; gauche&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; je puis donc aller un peu plus vite, tant pis pour mon dos qui va &#234;tre constell&#233; de la belle fa&#231;on. Je m'engouffre dans le tunnel me guidant avec une fixit&#233; d'hypnotis&#233; sur le point brillant qui marque la sortie et j'ai la chance, roulant tant&#244;t sur des pierres, tant&#244;t dans l'eau, le plus souvent dans la boue, sans y voir goutte, de n'&#234;tre pas forc&#233; de mettre pied &#224; terre.&lt;br class='autobr' /&gt;
Aux &#201;chelles c'est le bouquet&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; on dirait qu'il a plu &#224; verse pendant 24 heures, tant est grande l'&#233;paisseur de la boue et tant les flaques d'eau sont profondes et nombreuses. Ah&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! je n'ai certes pas envie de m'arr&#234;ter dans ce cloaque et je p&#233;dale de la pointe du pied comme un homme qui traverserait, en escarpins de bal, une rue fangeuse&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; pourtant je sens une pointe d'app&#233;tit et je croquerais volontiers les quelques pommes que j'ai dans mon sac. Qu'il est donc rationnel d'attendre qu'on ait faim pour manger et qu'on mange alors avec plus de profit pour l'estomac et de plaisir pour le palais qui trouve d&#233;licieux le fruit le plus vulgaire, le pain le plus grossier&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! Mais il me faut auparavant d&#233;couvrir une source d'eau vive en un site agr&#233;able&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; je trouverai les deux r&#233;unis dans la gorge de Chaille presque au sommet de la mont&#233;e tr&#232;s douce&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; j'&#233;tale ma carte sur le parapet et, tout en croquant mes pommes, tant&#244;t je repasse les itin&#233;raires d&#233;j&#224; parcourus et m'en trace de futurs, tant&#244;t je m'absorbe dans la contemplation des masses rocheuses qui m'entourent, du ravin profond que je domine, de toutes les manifestations grandioses par lesquelles la Nature p&#233;n&#232;tre en nous et nous force &#224; reconna&#238;tre la toute-puissance d'un Etre sup&#233;rieur, &lt;i&gt;Dei ignoti&lt;/i&gt;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Quelques gorg&#233;es d'eau puis&#233;es &#224; la source limpide, dans le creux de la main, me d&#233;salt&#232;rent suffisamment et plus agr&#233;ablement qu'aucune boisson ferment&#233;e et plus ou moins frelat&#233;e ne le pourrait faire, et je reprends, tr&#232;s repos&#233; par cette courte halte, le fil de mon itin&#233;raire.&lt;br class='autobr' /&gt;
D'abord une descente de quelques kilom&#232;tres sur Pont-de-Beauvoisin, descente que je fis dans de bien meilleures conditions de terrain, il y a trois mois, en revenant de la Grande-Chartreuse. Aujourd'hui, il ne saurait &#234;tre question de l&#226;cher les p&#233;dales et de filer grand train, la route est trop boueuse et en croisant les rails du tramway qui, dans la travers&#233;e de la gorge de Chaille, passe au moins dix fois de gauche &#224; droite ou de droite &#224; gauche, du diable si je sais pourquoi&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; en croisant ces rails mouill&#233;s on courrait grand risque de se plaquer brutalement. Je vais donc &#224; la petite allure que me donnent 60 tours de p&#233;dale environ &#224; la minute et 4,m,40 de d&#233;veloppement jusqu'&#224; peu de distance de Pont-de-Beauvoisin o&#249; l'insistance d'un cavalier &#224; vouloir rester devant moi me fait rapidement monter &#224; 100 tours, vitesse de jambes qu'il est facile d'obtenir et de conserver avec 4m,40 et qui me lance &#224; 26 kilom&#232;tres &#224; l'heure&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; je l&#226;che mon cavalier&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; &#224; mon pr&#233;c&#233;dent passage j'avais eu &#224; lutter de m&#234;me contre un cycliste&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; les habitants de Pont-de-Beauvoisin auraient-ils gard&#233; la tradition de ces preux chevaliers qui ne permettaient &#224; un &#233;tranger de passer devant leur castel qu'apr&#232;s avoir fait preuve de bravoure et rompu une lance contre eux&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;? Si tel est le cas, le pont qui s&#233;pare l&#224; la France de la Savoie a d&#251; &#234;tre t&#233;moin de nombreuses rencontres. Tant qu'on n'a pas pass&#233; ce pont, pour tous les gens du pays, on est encore en Savoie, pas en France, et la ville est du c&#244;t&#233; o&#249; l'on vit, la rive gauche &#233;tant, pour ceux de la rive droite, le faubourg, et vice versa&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; c'est ce que j'ai cru comprendre en demandant aux uns et aux autres des renseignements sur mon itin&#233;raire : Quand vous venez de Savoie, disent les uns, quand vous venez de France, disent les autres....&lt;br class='autobr' /&gt;
Eh, bonnes gens&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! France et Savoie cela ne fait plus qu'un, &#224; pr&#233;sent que nous avons vers&#233; notre sang sur les m&#234;mes champs de bataille, et les Alpins qui montent la garde &#224; Chamb&#233;ry sont, pour la plupart, des St&#233;phanois&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;!&lt;br class='autobr' /&gt;
Je sors de Pont-de-Beauvoisin par un raidillon tout droit qui m'aurait g&#234;n&#233; si j'avais eu une grande multiplication, mais insignifiant devant 4m,40&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; m&#234;me route en montagnes russes que celle qui s'&#233;loigne au nord vers Morestel et Cr&#233;mieux, mais sensiblement plus accentu&#233;e&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; il semble que l'on traverse ici les m&#234;mes collines que l&#224;-bas, mais beaucoup plus pr&#232;s de leur sommet. C'est la r&#233;flexion qui m'est venue &#224; l'esprit en gravissant, pour arriver aux Abrets, une c&#244;te assez longue que d'autres cyclistes faisaient &#224; pied et qui se termine par deux ou trois cents m&#232;tres tr&#232;s secs.&lt;br class='autobr' /&gt;
Depuis le Pont, la route est s&#232;che et le brouillard a disparu, il ne s'y est pas montr&#233; de la journ&#233;e, et bien que dans ces parages le temps n'ait pas &#233;t&#233;, ce jour-l&#224;, aussi beau qu'&#224; Lyon, il a, du moins, &#233;t&#233; bien plus convenable que dans la Savoie. A quatre heures, je rentrais &#224; la gare de Saint-Andr&#233;-le-Gaz, pas le moins du monde fatigu&#233; parce que je n'avais, &#224; aucun moment, exc&#233;d&#233; mes forces, alors que si je n'avais eu &#224; mon service que la multiplication &#224; la mode, 6m,50, j'aurais mis certainement plus de temps et je serais arriv&#233; tr&#232;s las, quoique je n'aie pas eu &#224; passer &#224; des altitudes ob&#233;liscales, mais sur terrain mou et gluant, une rampe de 4&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;% en vaut une de 6&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;% sur bon terrain. Il est vrai qu'avec 4m,40 comme unique multiplication j'aurais tout fait en machine, sauf quelques kilom&#232;tres de la Dent du Chat, mais combien aussi j'aurais pest&#233; contre ce faible d&#233;veloppement moyen, si le temps m'avait favoris&#233;&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! Du sommet de la Dent du Chat jusqu'&#224; Pont-de-Beauvoisin, et peut-&#234;tre m&#234;me jusqu'&#224; Saint-Andr&#233;, j'aurais alors march&#233; bien mieux avec 6 m&#232;tres qu'avec 4m,40 j'aurais m&#234;me pu utiliser 7m,50 depuis le point culminant de la vall&#233;e de Gouz jusqu'&#224; Pont-de-Beauvoisin, la mont&#233;e de Chailles &#233;tant, par le beau temps, de celles que l'on enl&#232;ve avec n'importe quel d&#233;veloppement, parce qu'elle permet de conserver l'&#233;lan, cette fameuse force vive dont il me reste &#224; &#233;tudier les effets.&lt;br class='autobr' /&gt;
V&#233;locio.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_160 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;89&#034; data-legende-lenx=&#034;xx&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='http://velotextes.fr/IMG/png/chamberychat.png' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/png&#034;&gt; &lt;img src='http://velotextes.fr/local/cache-vignettes/L500xH115/chamberychat-2f2d1.png?1788127420' width='500' height='115' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre crayon document-titre-160 '&gt;&lt;strong&gt;Profil Dolin Chambery au Pont de La Balme
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif crayon document-descriptif-160 '&gt;Profil des pentes et des cols, Dolin et Revel
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Profil Dolin&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Machines et choses nouvelles (F&#233;vrier 1898)</title>
		<link>http://velotextes.fr/spip.php?article39</link>
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		<dc:date>2022-03-14T09:23:46Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
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		<dc:subject>Avant 1900</dc:subject>
		<dc:subject>Pedersen</dc:subject>
		<dc:subject>Acat&#232;ne</dc:subject>
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		<dc:subject>1898</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;&lt;i&gt;Par Baron de Mauni, Touring Club de France, F&#233;vrier 1898&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;P. de Vivie nous a expos&#233; en fort bons termes, dans la Revue du mois dernier, le d&#233;tail d'une bicyclette id&#233;ale, telle qu'il la faudrait au touriste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sans partager absolument toutes ses id&#233;es, (...) lire la suite de l'article&lt;/p&gt;

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&lt;a href="http://velotextes.fr/spip.php?mot26" rel="tag"&gt;Bois&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://velotextes.fr/spip.php?mot28" rel="tag"&gt;Aluminium&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://velotextes.fr/spip.php?mot74" rel="tag"&gt;1898&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Par Baron de Mauni, Touring Club de France, F&#233;vrier 1898, Source gallica.bnf.fr / BnF&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;P. de Vivie nous a expos&#233; en fort bons termes, dans la Revue du mois dernier, le d&#233;tail d'une bicyclette id&#233;ale, telle qu'il la faudrait au touriste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sans partager absolument toutes ses id&#233;es, notamment quant au caoutchouc creux, auquel il voudrait nous ramener, je crois que la bicyclette de ses r&#234;ves serait une fort bonne machine, un peu lourde peut-&#234;tre. Mais, en attendant qu'on nous la construise sur commande, voyons celles qu'on nous offre toutes faites. Il y en a de tr&#232;s bonnes aussi, fran&#231;aises, anglaises et am&#233;ricaines. Le krach des v&#233;lodromes a dispos&#233; les constructeurs &#224; travailler un peu moins pour les coureurs et un peu plus pour nous. Les deux grands shows anglais, et nos deux petits salons fran&#231;ais, ont &#233;galement t&#233;moign&#233; de cette tendance, et si les nouveaut&#233;s &#224; sensation ont peu abond&#233;, les progr&#232;s r&#233;alis&#233;s dans certains d&#233;tails ont &#233;t&#233; tr&#232;s sensibles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et pourtant, c'est d'une nouveaut&#233; quelque peu tapageuse qu'il me faut parler d'abord. Il s'agit de la bicyclette anglaise &#224; triangles conjugu&#233;s, dite Cantilever Pedersen. L'inventeur est parti de ce principe exp&#233;rimental bien connu, que le fer ou l'acier s'emploie mieux &#224; tirer qu'&#224; porter. Suivre ce principe dans toutes ses cons&#233;quences, serait trop long. Celle qui nous int&#233;resse est la nouvelle et prodigieuse diminution du poids des machines, qu'a obtenue ainsi M.&#160;Pedersen. La machine ordinaire de route ne p&#232;se plus que 8 kilos, le tandem 14 &#224; 15, et la machine de route l&#233;g&#232;re, pour femme, gu&#232;re plus de 5 kilos. La compagnie Humber d&#233;tient la licence de fabrication de ces machines pour la France.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il serait bien difficile de se prononcer sur les m&#233;rites et les d&#233;fauts de la Cantilever, tant qu'un certain nombre de connaisseurs n'en auront pas fait un usage prolong&#233;. Le bienfait de la l&#233;g&#232;ret&#233; n'est pas contestable. La machine para&#238;t un peu gr&#234;le &#224; l'&#339;il. Si sa rigidit&#233; est &#224; l'&#233;preuve des cavaliers les plus lourds, ce qui semble absolument certain, en est-il de m&#234;me de sa r&#233;sistance aux chocs lat&#233;raux, aux effets contondants des chutes et des heurts, qui se produisent non dans la direction unique pr&#233;vue par le savant m&#233;canicien qui a combin&#233; ces triangles, mais dans tous les sens imaginables&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;? Enfin la selle, suspendue comme un hamac entre la t&#234;te &#224; billes et le sommet post&#233;rieur du cadre, me fait un peu l'effet d'un pont sur l'ab&#238;me. Cette selle fl&#233;chit n&#233;cessairement, dans une assez forte proportion, sous le poids du cycliste, et d&#232;s lors, la distance du si&#232;ge &#224; l'axe des manivelles, que notre expert coll&#232;gue Chenantais veut avec raison constante, devient essentiellement variable. On me pardonnera quelques mots de plus sur cette question, qui pr&#233;sente une des nombreuses antinomies m&#233;caniques et physiologiques, ins&#233;parables de la locomotion cycliste. Pour r&#233;duire la tr&#233;pidation, par suite le travail, et rendre agr&#233;ables les routes m&#234;me un peu raboteuses, une selle suspendue, &#224; &#233;lasticit&#233; profonde, est ce qu'il y a de plus d&#233;sirable&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; ajouter une certaine &#233;lasticit&#233; du cadre &#224; celle d&#233;j&#224; obtenue pour la selle, c'est abonder en ce m&#234;me sens.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais aussit&#244;t on s'aper&#231;oit qu'en d&#233;passant une limite donn&#233;e de flexibilit&#233;, limite beaucoup plus restreinte qu'on ne croyait il y a quelques ann&#233;es, on tombe dans un inconv&#233;nient physiologique des plus graves. Le bienfait du ressort a &#233;t&#233; imm&#233;diat, tandis que le mal nouveau ne s'aper&#231;oit qu'apr&#232;s une course assez prolong&#233;e. Il consiste dans la variation continuelle de la courbe que d&#233;crit la jambe, variation qui rend, &#224; la longue, la propulsion beaucoup plus fatigante, tandis qu'&#224; parcourir toujours exactement le m&#234;me chemin, les muscles, et les nerfs qui les font mouvoir, les nerfs de la sensibilit&#233; &#233;galement, s'endorment dans une sorte d'accoutumance et de bien-&#234;tre que la marche ne donne pas, et qui permettent de rouler, sans peine ni courbature, bien plus longtemps qu'on ne marcherait. C'est pourquoi nous avons vu les cadres absolument rigides en tous sens, et les selles plut&#244;t dures, supplanter peu &#224; peu tous les syst&#232;mes &#233;lastiques. La Cantilever est une r&#233;action contre ce que la tendance r&#233;gnante peut &#224; son tour, pr&#233;senter de trop absolu. Je n'oserais affirmer que cette r&#233;action soit justifi&#233;e. Quoi qu'il en soit, cette curieuse machine a de quoi tenter quiconque est &#233;pris, non de tout ce qui est nouveau, mais de ce qui, parmi les nouveaut&#233;s, para&#238;t &#233;minemment s&#233;rieux et int&#233;ressant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un autre progr&#232;s que nous devons &#233;galement &#224; la compagnie Humber, c'est le cadre d&#233;montable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les divers tubes qui composent ce cadre, au lieu d'&#234;tre bras&#233;s ensemble, s'embo&#238;tent et se d&#233;bo&#238;tent avec la plus grande facilit&#233;, sans que ni la rigidit&#233; ni la solidit&#233; y perdent quoi que ce soit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce prodige est obtenu &#224; l'aide de boulons transversaux qui, apr&#232;s que les tubes sont entr&#233;s &#224; frottement doux l'un dans l'autre, ach&#232;vent de les enfoncer et les coincent dans leur logement avec une force insurmontable. Les avantages de cette innovation consistent &#224; permettre d'emballer les machines dans des caisses ou paniers tr&#232;s petits, et d'en r&#233;parer ou nettoyer s&#233;par&#233;ment les diff&#233;rentes parties. Si le sort de la Cantilever est encore douteux, le succ&#232;s du cadre d&#233;montable parait absolument certain.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si vous &#234;tes r&#233;sign&#233; &#224; payer fort cher, ayez une machine Humber, &#224; cadre d&#233;montable. Mais en r&#233;alit&#233;, parmi les machines de toute esp&#232;ce, locobiles, montres, dynamos, machines &#224; coudre, motocycles, tricycles et bicyclettes, il y a toujours, pour l'acqu&#233;reur, une certaine chance de faire un bon coup, et, entre plusieurs outils du m&#234;me prix, de tomber sur le meilleur. Ces bonnes fortunes se rencontrent partout, m&#234;me au bazar &#224; treize, et ceci m'am&#232;ne &#224; descendre d'un saut tous les degr&#233;s de l'&#233;chelle, pour vous montrer, apr&#232;s le comble de la chert&#233;, l'id&#233;al du bon march&#233;. Les membres du Touring-Club sont tous gens de bonne compagnie, mais pas tous millionnaires, et il faut des roues pour toutes les bourses. C'est ce qu'a pens&#233; M.&#160;A. Mercier. Si vous voulez une bicyclette pour cent quarante francs, garantie, allez au Marais, rue de Birague : vous y verrez ce que j'ai vu au Salon Wagram, une machine coquette, paraissant bien faite de tous points, &#224; bandages syst&#232;me Dunlop, le tout parfaitement neuf et tout &#224; fait engageant m&#234;me pour un vieux sceptique comme moi. Parmi les machines de cet &#233;tonnant Mercier, que j'ai palp&#233;es et retourn&#233;es, je gagerais qu'il s'en trouve d'excellentes, et qu'en prenant dans le tas on peut faire une affaire d'or.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et ce qui est un comble, c'est que pour enlever tout pr&#233;texte &#224; suspecter ses brasures, c&#244;t&#233; faible des machines &#224; bas prix, M.&#160;Mercier vous les vend, si vous le d&#233;sirez, d&#233;mont&#233;es et en blanc de lime.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s cela faut-il tirer l'&#233;chelle&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;? Non, si vous voulez bien, et apr&#232;s avoir regard&#233; le supr&#234;me et le plus bas degr&#233;, jetons un coup d'&#339;il au milieu, l&#224; o&#249; s'entassent les marques connues, et les bonnes bicyclettes &#224; prix tr&#232;s raisonnables, telles que les Cl&#233;ment, les Peugeot, les Ph&#233;bus, les Cleveland, les Ormonde et tutti quanti. Il y a, par l&#224;, une machine que nous avons essay&#233;e, d&#233;mont&#233;e, diss&#233;qu&#233;e, et enfin achet&#233;e, qui est fort jolie, fort solide, et qui co&#251;te trois cents francs. C'est la Fran&#231;aise. Charles Terront en a vendu &#224; toute la bonne gentry de Rouen et des environs, et les acqu&#233;reurs que je connais s'en d&#233;clarent enchant&#233;s. Cette machine est mont&#233;e en bandages Clincher, qui sont les meilleurs avec les Dunlop. Les jantes sont, &#224; volont&#233;, en acier, ou en bois avec chemise d'aluminium. Cette derni&#232;re jante me para&#238;t aussi solide que l&#233;g&#232;re. Pourtant, la mode n'est gu&#232;re aux jantes en bois. Le bois, quelque sec et bien choisi qu'il soit, garde toujours sa tendance &#224; jouer. Aussi la jante en bois nu a-t-elle d'abord donn&#233; quelques d&#233;boires&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; mais la chemise int&#233;rieure d'aluminium, dont on la garnit maintenant, la garantit contre toute d&#233;formation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et, &#224; propos des jantes, disons un mot des machines enti&#232;rement en bois. J'en ai vu deux types.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La Old Hickory, de Chicago, est faite d'un bois sp&#233;cial tr&#232;s fibreux, qui pr&#233;sente une r&#233;sistance &#233;norme aux efforts de traction et de torsion. La forme de ces machines est &#224; peu pr&#232;s la m&#234;me que celle des bicyclettes en acier. La Souplette, machine fran&#231;aise, qu'on trouve 3, rue Lafayette, est en bois courb&#233;&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; sa fourche d'arri&#232;re &#224; la forme des ressorts en C des anciennes cal&#232;ches&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; toutes ces machines en bois revendiquent, comme qualit&#233; principale, la flexibilit&#233;. Je me suis expliqu&#233; plus haut sur ce point. La contradiction qui existe dans les donn&#233;es du probl&#232;me se refl&#232;te dans les assertions des constructeurs, car si, admettant la flexibilit&#233;, vous &#233;mettez des doutes sur la rigidit&#233;, ils s'empressent de protester que leurs machines sont aussi rigides que celles en acier. Il faut pourtant qu'une porte soit ouverte ou ferm&#233;e ou entrebaill&#233;e. La Souplette est jolie, &#233;l&#233;gante, incontestablement tr&#232;s sup&#233;rieure aux machines en bambou noueux qu'on nous a montr&#233;es, sans succ&#232;s d'ailleurs, il y a deux ans&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; elle est tr&#232;s confortable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais, quoi qu'on fasse, les cadres en bois seront toujours sujets &#224; se d&#233;former par l'effet des agents atmosph&#233;riques, ou m&#234;me par le simple laps de temps, qui modifie in&#233;galement les fibres v&#233;g&#233;tales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La plus importante question pour tous les cyclistes, qui soit &#224; l'ordre du jour, est celle des acat&#232;nes, autrement dit machines sans cha&#238;ne ou &#224; engrenages. Supplanteront-elles les machines &#224; cha&#238;ne, ou vont-elles achever dans l'oubli les destin&#233;es brillantes qui leur semblaient promises&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;? Le probl&#232;me de m&#233;canique se complique ici d'une question commerciale. Les plus grandes maisons am&#233;ricaines, entre autres la compagnie Pope, ont adopt&#233; l'engrenage, et paraissent d&#233;cid&#233;es &#224; le faire triompher. Si ce projet r&#233;ussit, presque toutes les machines &#224; cha&#238;ne que renferment les fabriques des Etats-Unis vont &#234;tre exp&#233;di&#233;es en Europe, o&#249; on les offrira &#224; des prix ridiculement bas&#160;: &#233;ventualit&#233; inqui&#233;tante pour les fabricants, mais pleine de promesses pour nos touristes. A dire vrai, nous croyons que l'&#233;norme sacrifice qu'entra&#238;nerait cette transformation n'est pas en rapport avec les bienfaits qu'on en peut esp&#233;rer. Les machines &#224; engrenage, en effet, r&#233;clament la pr&#233;&#233;minence sur deux points, dont le premier est la propret&#233; ext&#233;rieure, et la dispense de tout nettoyage minutieux. Mais les perfectionnements qu'ont re&#231;u les garde-cha&#238;ne, dits carter-cases, permettent d'assurer ais&#233;ment cet avantage &#224; tous les cyclistes, sans r&#233;volutionner la construction. En second lieu, les machines &#224; engrenage pr&#233;tendent diminuer la perte de travail, et, par suite, augmenter le rendement et la vitesse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si ce point &#233;tait acquis, leur proc&#232;s serait gagn&#233;, car toute invention qui augmentera la vitesse, dans une proportion nettement appr&#233;ciable et sans chicane possible, est assur&#233;e du succ&#232;s final, quelqu'opposition qu'elle rencontre d'abord, on l'a vu pour le bandage pneumatique, si laid, si incommode, si cher, si plein d'inconv&#233;nients &#224; ses d&#233;buts. &#224; telle enseigne que coureurs, touristes et marchands &#233;taient presque unanimes &#224; le maudire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais il donnait la vitesse, et il a vaincu&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! L'engrenage donne-t-il la vitesse&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;? Je ne le crois pas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lorsqu'il s'agit de juger des m&#233;rites d'une nouveaut&#233; cycliste, regardez les coureurs et non les touristes. Les plus fortun&#233;s, parmi ceux-ci, ont tout d'abord adopt&#233; la machine &#224; engrenage &#224; cause de sa propret&#233; et de son &#233;l&#233;gance. Mais les coureurs, apr&#232;s quelques essais, font plut&#244;t la petite bouche. Les avantages du syst&#232;me leur semblent au moins douteux, et il n'a jamais &#233;t&#233; question d'obliger la machine &#224; engrenage, comme jadis le pneumatique, &#224; rendre tant pour cent de la distance dans les courses sur pistes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Or, si la question est douteuse pour la piste, elle l'est encore bien davantage pour la route, dont les asp&#233;rit&#233;s et les pav&#233;s font le plus grand mal aux engrenages. En effet, les engrenages qui fonctionnent &#224; l'abri des tr&#233;pidations s'usent normalement, et, au bout d'un certain temps, se conduisent mieux m&#234;me que lorsqu'ils sont tout neufs : les foreries &#224; bras et les machines &#224; coudre nous en fournissent des exemples. Mais ceux qui travaillent parmi des ressauts continuels ne peuvent que s'ab&#238;mer. Il me para&#238;t difficile qu'apr&#232;s 1,000 ou 1,500 kilom&#232;tres sur route&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; l'engrenage puisse soutenir la comparaison avec une bonne cha&#238;ne &#224; rouleaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La cha&#238;ne &#224; rouleaux a repris faveur, ce qui devait &#234;tre. Ayons donc une bonne cha&#238;ne &#224; doubles rouleaux, un pignon arri&#232;re pas trop petit, un carter-case de bon mod&#232;le, une lanterne &#224; ac&#233;tyl&#232;ne, dite L'Inoffensive, qu'on trouvera chez les amis de notre ami Baudry de Saunier, 23, avenue des Champs-Elys&#233;es, et, si vous voulez, une ceinture Hercules pour monter les c&#244;tes, qu'on se procure au m&#234;me endroit, et dont la premi&#232;re id&#233;e appartient &#224; Charles Terront, ainsi que tant d'autres excellentes choses. Et si, touch&#233; par les savants discours de P. de Vivie, vous d&#233;sirez changer &#224; volont&#233; de multiplication, demandez le catalogue de Wyatt (National Show). Vous y verrez ce qu'il y a de mieux en machine sans cha&#238;ne&#160;: l'acat&#232;ne &#224; pignons interchangeables, donnant trois vitesses diff&#233;rentes &#224; mutation instantan&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais le syst&#232;me auquel je me suis d&#232;s longtemps arr&#234;t&#233; est encore plus simple, et apr&#232;s l'avoir &#233;prouv&#233; en Auvergne et en Savoie, je m'y tiens jusqu'&#224; ce que je trouve mieux. J'ai adopt&#233;, une fois pour toutes, la multiplication qui me permet de monter, sans trop de peine, &#224; une allure mod&#233;r&#233;e mais soutenue, une c&#244;te de dix kilom&#232;tres &#224; trois pour cent de pente. Dans ces conditions, la n&#233;cessit&#233; de mettre pied &#224; terre devient un accident fort rare, et une fois en plaine, on &#233;tale orgueilleusement sa foul&#233;e de sept m&#232;tres, avec la conscience de l'effort vigoureusement donn&#233;, ce qui, pour le touriste, est synonyme de devoir accompli. Les descentes les plus rapides ne sont pas &#224; craindre, m&#234;me avec un grand d&#233;veloppement, pourvu que vous ayez des jambes comme si vous n' aviez pas de frein, et un frein comme si vous n'aviez pas de jambes. Les freins nouveaux ne me disent rien, je l'avoue. Le frein &#224; patin sur la roue directrice, bien apparent, bien robuste, est ce qu'il nous faut. Afin que la tige sup&#233;rieure du frein ne vienne pas &#224; s'enfoncer dans le tube, lors d'un coup de serrage subit n&#233;cessit&#233; par quelque incident de route, glissez une fois pour toutes dans le tube un bon bois de porte-plume &#224; deux sous, que vous aurez coup&#233;, apr&#232;s essai, &#224; la hauteur voulue pour que le bout de la tige porte dessus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'aurais voulu vous parler encore de tricycles, d'automobiles, de bandages, et, pour les dames, de robes, de souliers, de coiffures. Mais cet article est d&#233;j&#224; trop long. Ce sera pour une autre fois, si les dieux le permettent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;BARON&lt;/span&gt; &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;DE&lt;/span&gt; &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;MAUNI&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Mani&#232;re de traiter la m&#233;decine v&#233;lophobe comme elle le m&#233;rite</title>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>velovi</dc:creator>


		<dc:subject>Avant 1900</dc:subject>
		<dc:subject>Fr&#233;d&#233;ric R&#233;gamey</dc:subject>
		<dc:subject>1898</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;&#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#8239;Dans les premi&#232;res ann&#233;es de la v&#233;locip&#233;die, ses ennemis, beaucoup plus nombreux qu'aujourd'hui, invoquaient contre elle cet argument, qu'ils jugeaient sans r&#233;plique&#160;: La v&#233;locip&#233;die est tr&#232;s mauvaise pour la sant&#233;. Et, d&#233;veloppant cette th&#232;se, ils chargeaient le malheureux bicycle de tous les m&#233;faits imaginables. &lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;&lt;/p&gt;

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&lt;a href="http://velotextes.fr/spip.php?rubrique11" rel="directory"&gt;D&#233;bats, soci&#233;t&#233;, sport&lt;/a&gt;

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&lt;a href="http://velotextes.fr/spip.php?mot10" rel="tag"&gt;Avant 1900&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://velotextes.fr/spip.php?mot47" rel="tag"&gt;Fr&#233;d&#233;ric R&#233;gamey&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://velotextes.fr/spip.php?mot74" rel="tag"&gt;1898&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='http://velotextes.fr/IMG/logo/velomedecine-476c1.jpg' class=&#034;spip_logo spip_logo_right&#034; alt=&#034;&#034; style='max-width: 150px;max-width: min(100%,150px); max-height: 150px' /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_231 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;116&#034; data-legende-lenx=&#034;xx&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='http://velotextes.fr/IMG/jpg/velomedecine.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='http://velotextes.fr/local/cache-vignettes/L500xH419/velomedecine-e5e2e.jpg?1788125497' width='500' height='419' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre crayon document-titre-231 '&gt;&lt;strong&gt;Mani&#232;re de traiter la m&#233;decine v&#233;lophobe comme elle le m&#233;rite
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;div class='spip_doc_credits crayon document-credits-231 '&gt;V&#233;locip&#233;die et automobilisme, Fr&#233;d&#233;ric R&#233;gamey, 1898
&lt;/div&gt;
&lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;V&#233;locip&#233;die et automobilisme, Fr&#233;d&#233;ric R&#233;gamey, 1898 &lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans les premi&#232;res ann&#233;es de la v&#233;locip&#233;die, ses ennemis, beaucoup plus nombreux qu'aujourd'hui, invoquaient contre elle cet argument, qu'ils jugeaient sans r&#233;plique : La v&#233;locip&#233;die est tr&#232;s mauvaise pour la sant&#233;. Et, d&#233;veloppant cette th&#232;se, ils chargeaient le malheureux bicycle de tous les m&#233;faits imaginables. Tant&#244;t il vo&#251;tait la colonne vert&#233;brale, tant&#244;t sa tr&#233;pidation &#233;branlait le syst&#232;me nerveux. Les courses un peu rapides causaient un surmenage des plus funestes. Chez les femmes surtout, plus d&#233;licates que les hommes, il occasionnait les plus graves d&#233;sordres.&lt;br class='autobr' /&gt;
On est bien revenu de cette opinion. Est-ce seulement parce que les machines actuelles sont fort perfectionn&#233;es, que leurs roulements adoucis et leur suspension, mieux assur&#233;e par les pneumatiques, les rendent en effet moins dangereuses&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;?&lt;br class='autobr' /&gt;
Est-ce plut&#244;t que des ann&#233;es s'&#233;tant &#233;coul&#233;es sans que la sant&#233; des plus fervents cyclistes par&#251;t menac&#233;e, les d&#233;tracteurs de jadis ont fini par se rendre &#224; l'&#233;vidence &lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;? Quoi qu'il en soit, non seulement les profanes n'osent gu&#232;re &#224; pr&#233;sent r&#233;p&#233;ter leur th&#233;orie de jadis, mais la Facult&#233; elle-m&#234;me a donn&#233; droit de cit&#233; au cyclisme, est all&#233;e jusqu'&#224; en faire un puissant mode de th&#233;rapeutique.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>La cab-cyclette dos &#224; dos (Juin 1898)</title>
		<link>http://velotextes.fr/spip.php?article419</link>
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		<dc:date>2019-12-06T17:16:02Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>velovi</dc:creator>


		<dc:subject>Paul de Vivie, dit V&#233;locio</dc:subject>
		<dc:subject>Avant 1900</dc:subject>
		<dc:subject>cabcyclisme, v&#233;logistique</dc:subject>
		<dc:subject>1898</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;&#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#8239;Pour le transport des petits colis, la cab-cyclette se transforme ais&#233;ment en char-cyclette en rempla&#231;ant le si&#232;ge par un panier sp&#233;cial en osier, &#224; cheval sur la roue motrice et formant, de chaque c&#244;t&#233;, jusqu'&#224; quelques centim&#232;tres du sol, deux vastes compartiments.&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;&lt;/p&gt;

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&lt;a href="http://velotextes.fr/spip.php?rubrique35" rel="directory"&gt;1896-1900 P&#233;riode h&#233;ro&#239;que&lt;/a&gt;

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&lt;a href="http://velotextes.fr/spip.php?mot1" rel="tag"&gt;Paul de Vivie, dit V&#233;locio&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://velotextes.fr/spip.php?mot10" rel="tag"&gt;Avant 1900&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://velotextes.fr/spip.php?mot48" rel="tag"&gt;cabcyclisme, v&#233;logistique&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://velotextes.fr/spip.php?mot74" rel="tag"&gt;1898&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;Le Cycliste, Juin 1898, Source archives d&#233;partementales de la Loire, cote Per1328_6&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_211 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;116&#034; data-legende-lenx=&#034;xx&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='http://velotextes.fr/IMG/png/cabcyclette2.png' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/png&#034;&gt; &lt;img src='http://velotextes.fr/local/cache-vignettes/L500xH649/cabcyclette2-d9d3d.png?1788127437' width='500' height='649' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre crayon document-titre-211 '&gt;&lt;strong&gt;Cab-Cyclettes et char-cyclettes
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif crayon document-descriptif-211 '&gt;Le Cycliste, juin 1898
&lt;/div&gt; &lt;div class='spip_doc_credits crayon document-credits-211 '&gt;Source archives d&#233;partementales de la Loire, cote Per1328_6
&lt;/div&gt;
&lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;CAB&lt;/span&gt;-&lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;CYCLETTE&lt;/span&gt; dos &#224; dos&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;pour servir au transport des voyageurs.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Roues de 60 ou de 65 centim&#232;tres&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; pneus &#224; talons de 50 ou de 55 millim&#232;tres&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; cadre ouvert permettant au cycliste de monter et de descendre sans d&#233;ranger le voyageur&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; deux d&#233;veloppements, plaine et montagne&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; le si&#232;ge &#224; bras et &#224; dossier, en bois courb&#233;, cann&#233;, tr&#232;s l&#233;ger, bien suspendu, peut &#234;tre remplac&#233; par une selle de tandem avec guidon et repose-pieds fix&#233;s &#224; l'axe de la roue motrice. Le marchepied est ajustable et dispos&#233; de fa&#231;on &#224; recevoir une valise sous les pieds du voyageur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour le transport des petits colis, la cab-cyclette se transforme ais&#233;ment en char-cyclette en rempla&#231;ant le si&#232;ge par un panier sp&#233;cial en osier, &#224; cheval sur la roue motrice et formant, de chaque c&#244;t&#233;, jusqu'&#224; quelques centim&#232;tres du sol, deux vastes compartiments.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un cycliste entra&#238;n&#233; pourra facilement, avec un outil de ce genre, v&#233;hiculer de 80 &#224; 100 kilos de poids mort ou vivant, &#224; l'allure moyenne de 12 kilom&#232;tres &#224; l'heure, pendant plusieurs heures.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Poids de la cab-cyclette 16 kilos.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Prix	&#8212; 450 francs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;LA&lt;/span&gt; &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;GAULOISE&lt;/span&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Rue de la Pr&#233;fecture, 5&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;SAINT&lt;/span&gt;-&#201;&lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;TIENNE&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Excentricit&#233;s, utopie et inventions diverses (1898)</title>
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		<dc:creator>velovi</dc:creator>


		<dc:subject>Avant 1900</dc:subject>
		<dc:subject>1898</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;&#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt; La v&#233;locip&#233;die est, de toutes les d&#233;couvertes humaines, celle qui semble avoir offert le champ le plus vaste &#224; l'imagination des inventeurs. &lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;&lt;/p&gt;

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&lt;a href="http://velotextes.fr/spip.php?rubrique17" rel="directory"&gt;Inventions nouvelles, cyclotechnie&lt;/a&gt;

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&lt;a href="http://velotextes.fr/spip.php?mot10" rel="tag"&gt;Avant 1900&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://velotextes.fr/spip.php?mot74" rel="tag"&gt;1898&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='http://velotextes.fr/IMG/logo/dscf7900-e0fd0.jpg' class=&#034;spip_logo spip_logo_right&#034; alt=&#034;&#034; style='max-width: 150px;max-width: min(100%,150px); max-height: 150px' /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Dans &lt;i&gt;V&#201;&lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;LOCIP&lt;/span&gt;&#201;&lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;DIE&lt;/span&gt; &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;ET&lt;/span&gt; &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;AUTOMOBILISME&lt;/span&gt;, Fr&#233;d&#233;ric R&#233;gamey, M.&#160;Mame et Fils &#233;ditions, Tours, 1898, Chapitre 7, p.178-180, v&#233;locith&#232;que personnelle&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_33 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;130&#034; data-legende-lenx=&#034;xxx&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='http://velotextes.fr/IMG/jpg/dscf7900.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='http://velotextes.fr/local/cache-vignettes/L500xH616/dscf7900-e185c.jpg?1788127454' width='500' height='616' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre crayon document-titre-33 '&gt;&lt;strong&gt;V&#233;locip&#233;die et automobilisme
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif crayon document-descriptif-33 '&gt;Couverture V&#233;locip&#233;die et automobilisme, par F. R&#233;gamay, &lt;br class='autobr' /&gt; A. Mame et fils (Tours), 1898
&lt;/div&gt; &lt;div class='spip_doc_credits crayon document-credits-33 '&gt;F. R&#233;gamay
&lt;/div&gt;
&lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;La v&#233;locip&#233;die est, de toutes les d&#233;couvertes humaines, celle qui semble avoir offert le champ le plus vaste &#224; l'imagination des inventeurs.&lt;br class='autobr' /&gt;
L'apparition de l'antique et respectable c&#233;l&#233;rif&#232;re emp&#234;cha d&#233;j&#224; de dormir un certain nombre de braves gens. Ce fut &#224; qui chercherait un perfectionnement nouveau, une application in&#233;dite de ce mode de locomotion jusqu'alors inconnu.&lt;br class='autobr' /&gt;
Depuis, cette belle ardeur ne fit qu'augmenter. On en conna&#238;t les merveilleux r&#233;sultats au lieu d'un jouet rudimentaire, nous avons aujourd'hui une machine pratique, l&#233;g&#232;re et rapide, sur laquelle nous nous jouons de la distance et nous bravons la fatigue.&lt;br class='autobr' /&gt;
Mais &#224; c&#244;t&#233; de ces am&#233;liorations graduelles et raisonn&#233;es auxquelles nous devons la bicyclette moderne, il y eut beaucoup de r&#234;ves bizarres, dont quelques-uns se perdirent dans le domaine de la fantaisie la plus abracadabrante. Nous devons, pour que notre &#233;tude soit compl&#232;te, passer rapidement en revue ces essais &lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; car enfin, on a raill&#233; &#224; leur premi&#232;re apparition bien des d&#233;couvertes qui plus tard ont conquis le monde. Savons-nous si les g&#233;nies du &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;XX&lt;/span&gt;&lt;sup class=&#034;typo_exposants&#034;&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle ne feront pas sortir quelque nouvelle merveille de ce qui nous para&#238;t aujourd'hui simple excentricit&#233; &lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;?&lt;br class='autobr' /&gt;
Ne nous moquons donc pas du v&#233;locip&#232;de aquatique de 1822. C'est en Angleterre qu'il vit le jour, et il fut d&#233;nomm&#233; aquatic tripod. Il commen&#231;a par servir &#224; de simples promenades sur l'eau &lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; mais bient&#244;t un amateur ing&#233;nieux eut l'id&#233;e de l'utiliser pour la chasse aux canards sauvages, sur les &#233;tangs de Lincolnshire.&lt;br class='autobr' /&gt;
Cet appareil &#233;tait fait de trois flotteurs en fer-blanc ou en cuivre, ayant une capacit&#233; de trente &#224; trente-cinq litres. Remplis d'air et herm&#233;tiquement clos, ils &#233;taient fix&#233;s &#224; l'extr&#233;mit&#233; de trois tiges de fer arqu&#233;es, de mani&#232;re &#224; former un triangle isoc&#232;le. &#192; la jonction centrale de ces trois tiges, se trouvait une selle sur laquelle se tenait le v&#233;locip&#233;diste, tandis que ses pieds, touchant presque la surface de l'eau, &#233;taient munis de palettes servant de rames, &#224; l'aide desquelles il avan&#231;ait et se dirigeait &#224; son gr&#233;. &lt;br class='autobr' /&gt;
La v&#233;locip&#233;die nautique n'en resta pas l&#224;. En 1869, au moment du grand essor cycliste que la guerre devait brusquement interrompre, parut le podoscaphe (bateau &#224; pied), sorte de barque rudimentaire portant au milieu une roue &#224; aubes qu'un homme faisait mouvoir avec ses pieds. Deux cordes reliaient le gouvernail &#224; un guidon plac&#233; devant le si&#232;ge.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le d&#233;faut de cette embarcation &#233;tait sa pesanteur &lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; car, le cavalier &#233;tant &#233;lev&#233; au-dessus de la barque, la quille devait avoir un contrepoids suffisant.&lt;br class='autobr' /&gt;
N&#233;anmoins une autre vari&#233;t&#233; de podoscaphe eut, dix ans plus tard, en 1879, un certain succ&#232;s en Angleterre. Le prince de Galles se plut, para&#238;t-il, &#224; le faire &#233;voluer sur les pi&#232;ces d'eau du parc de Windsor.&lt;br class='autobr' /&gt;
Cette fois, l'embarcation &#233;tait compos&#233;e de deux longues yoles r&#233;unies par des traverses. Elles portaient deux roues &#224; aubes plac&#233;es lat&#233;ralement et mues par deux cavaliers assis l'un derri&#232;re l'autre, comme en tandem.&lt;br class='autobr' /&gt;
Plus tard, on essaya d'un canot l&#233;ger &#224; h&#233;lice. Mais cette h&#233;lice avait l'inconv&#233;nient, lorsqu'on longeait les rives, d'accrocher les herbes du bord &lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; elle s'embarrassait aussi, au milieu du courant, dans les longues plantes aquatiques de la rivi&#232;re. Il fallut renoncer &#224; cette invention, et l'on parut reconna&#238;tre qu'il est d&#233;cid&#233;ment malais&#233; de nager en p&#233;dalant, car nous n'avons pour le moment &#224; enregistrer aucune autre d&#233;couverte en ce domaine.&lt;br class='autobr' /&gt;
Par contre, il semble n'&#234;tre pas impossible de ramer sur terre. Le roadsculler de 1886, &#8212; encore une invention anglaise , &#8212; en fait foi. Il consiste en un tricycle tr&#232;s bas : deux roues en arri&#232;re, une plus petite en fl&#232;che. Le cavalier, assis sur un petit banc &#224; coulisses, a la position exacte du rameur dans sa yole. Il appuie ses deux pieds sur la monture de la roue d'avant, tandis que ses deux mains tendues tiennent des poign&#233;es de m&#233;tal, qu'elles font man&#339;uvrer comme des avirons. Des cha&#238;nes de Galle, support&#233;es par des roulettes aux deux extr&#233;mit&#233;s de la machine, engr&#232;nent sur deux roues dent&#233;es fix&#233;es au moyeu des deux roues d'arri&#232;re.&lt;br class='autobr' /&gt;
Canotiers de terre et cyclistes de rivi&#232;re &lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! d&#233;cid&#233;ment les inventeurs tenaient &#224; bouleverser toutes nos id&#233;es pr&#233;con&#231;ues sur les divers modes de locomotion. Malheureusement, cette fois encore, il y eut des obstacles insurmontables : d'abord la difficult&#233; de se diriger, puis l'essoufflement produit par la position incommode qui rendait la vitesse impossible. Enfin, plac&#233; &#224; une si faible hauleur du sol, le rameur recevait en pleine figure toute la poussi&#232;re du chemin.&lt;br class='autobr' /&gt;
D&#233;go&#251;t&#233;s par ces diverses exp&#233;riences, canotiers et cyclistes reprirent leurs machines respectives, et les choses en sont l&#224; pour le moment.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Une vieille chanson (Mai 1898)</title>
		<link>http://velotextes.fr/spip.php?article161</link>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>velovi</dc:creator>


		<dc:subject>Paul de Vivie, dit V&#233;locio</dc:subject>
		<dc:subject>Avant 1900</dc:subject>
		<dc:subject>polymultipli&#233;e</dc:subject>
		<dc:subject>Lyon</dc:subject>
		<dc:subject>Saint-Etienne</dc:subject>
		<dc:subject>1898</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;&#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#8239;Une vraiment bonne machine est comme le bon vin, elle se fait meilleure en vieillissant et c'est six mois apr&#232;s qu'on sait l'appr&#233;cier.&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;&lt;/p&gt;

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&lt;a href="http://velotextes.fr/spip.php?rubrique35" rel="directory"&gt;1896-1900 P&#233;riode h&#233;ro&#239;que&lt;/a&gt;

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&lt;a href="http://velotextes.fr/spip.php?mot1" rel="tag"&gt;Paul de Vivie, dit V&#233;locio&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://velotextes.fr/spip.php?mot10" rel="tag"&gt;Avant 1900&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://velotextes.fr/spip.php?mot23" rel="tag"&gt;polymultipli&#233;e&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://velotextes.fr/spip.php?mot37" rel="tag"&gt;Lyon&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://velotextes.fr/spip.php?mot38" rel="tag"&gt;Saint-Etienne&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://velotextes.fr/spip.php?mot74" rel="tag"&gt;1898&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;Par V&#233;locio, Le cycliste, Mai 1898, republi&#233; en mai 1948, coll. pers.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Petit &#224; petit se convertissent &#224; l'id&#233;e d'avoir plusieurs multiplications &#224; leur disposition sur la m&#234;me machine, des personnes qui se croyaient capables de tout faire avec une multiplication moyenne bien choisie.&lt;br class='autobr' /&gt;
Il leur a suffit d'essayer, sur un long parcours, une bicyclette munie de deux ou trois vitesses pour reconna&#238;tre leur erreur et pour comprendre qu'on ne peut avec 5 m&#232;tres suivre commod&#233;ment un compagnon d&#233;veloppant 7 m&#232;tres quand les circonstances sont propices, 3 m. 50 quand elles sont d&#233;favorables et qui a pourtant aussi 5 m&#232;tres &#224; sa disposition pour le train-train ordinaire. Quand ce n'est pas la mont&#233;e, c'est le vent, quand ce n'est pas le vent, c'est la fatigue, mais j'ai remarqu&#233; qu'&#224; la fin de la journ&#233;e apr&#232;s 120 ou 150 kms, on retombait toujours avec plaisir sur le faible d&#233;veloppement qui permet de finir l'&#233;tape sans peine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Neuf fois sur dix, c'est le syst&#232;me le plus simple, celui qui consiste &#224; avoir deux couples de pignons c&#244;te &#224; c&#244;te sur lesquels la m&#234;me cha&#238;ne s'adaptera en quelques secondes qui s&#233;duira l'acheteur par sa simplicit&#233;, sa rusticit&#233;, et sa robustesse. Il n'y a pas dans ce syst&#232;me l'ombre d'une complication&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; pourvu que le constructeur ait bien calcul&#233; le diam&#232;tre de ses pignons de fa&#231;on que la cha&#238;ne soit &#233;galement tendue sur les diff&#233;rents couples et que le mode d'attache de la cha&#238;ne soit rapide, tout ira bien et, en dix secondes, montre en main, on pourra passer de la petite &#224; la grande multiplication. Ce n'est pas instantan&#233; mais peu s'en faut&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; on est oblig&#233; de mettre pied &#224; terre, mais c'est un avantage plut&#244;t qu'un inconv&#233;nient ainsi qu'on l'a fait observer avec raison lorsqu'on a dit que les changements instantan&#233;s avaient pour r&#233;sultat de nous couper les jambes : 1&#176; par l'instantan&#233;it&#233;&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; 2&#176; Par la fr&#233;quence du changement. En effet si l'on sait qu'en poussant simplement un bouton ou en tournant un verrou, on r&#233;duit d'un quart sa multiplication, &#224; la moindre taupini&#232;re on tourne ce verrou, tandis qu'on y regarde &#224; deux fois quand il faut mettre pied &#224; terre.&lt;br class='autobr' /&gt;
En combinant le syst&#232;me instantan&#233; am&#233;ricain du moyeu R et J avec celui des pignons accoupl&#233;s de la Gauloise nous avons obtenu un excellent r&#233;sultat et avons r&#233;uni sur la m&#234;me bicyclette quatre vitesses interchangeables instantan&#233;ment deux par deux, par exemple, d'une part 3 et 4 m&#232;tres, de l'autre 8 et 6 m. 65. Cette solution plaira beaucoup aux personnes qui passent une partie de leurs vacances en pleine montagne et l'autre partie en plat pays&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; avec 3 et 4 m&#232;tres on passe partout en montagne et avec 5 et 6 m. 65 on atteint en plaine une jolie vitesse. Cette combinaison permet de voyager des jours entiers sans avoir &#224; d&#233;placer la cha&#238;ne, bien que, je le r&#233;p&#232;te, un d&#233;placement qui n'exige que quelques secondes ne soit pas bien effrayant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En fait d'autres syst&#232;mes, nous avons celui qui consiste &#224; retourner la roue motrice et &#224; pr&#233;senter en face de l'unique roue dent&#233;e du p&#233;dalier tant&#244;t le pignon de droite, de huit dents par exemple, tant&#244;t le pignon de gauche de dix dents, si vous voulez : en combinant ce dispositif avec un p&#233;dalier excentrique qui permet de d&#233;tendre ou de retendre la cha&#238;ne en un clin d'&#339;il, on arrive &#224; un assez prompt changement de multiplication sans qu'il soit n&#233;cessaire d'allonger ou de raccourcir la cha&#238;ne &#224; la condition qu'il n'y ait pas plus de deux dents de diff&#233;rence entre les deux pignons.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'autres constructeurs ont imagin&#233; de placer c&#244;te &#224; c&#244;te les deux pignons de la roue motrice et de d&#233;placer non plus la roue mais le p&#233;dalier lui-m&#234;me. Celui-ci &#233;galement mont&#233; excentriquement pour tendre ou d&#233;tendre la cha&#238;ne dans son mouvement d'avant en arri&#232;re est par surcro&#238;t dot&#233; d'un mouvement de gauche &#224; droite, qui lui permet de pr&#233;senter successivement son unique roue dent&#233;e en face de l'un ou de l'autre pignon. Dans ces deux syst&#232;mes &#224; p&#233;daliers excentriques, la cha&#238;ne n'a pas &#233;t&#233; d&#233;boucl&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Outre la dur&#233;e de la man&#339;uvre, on peut faire &#224; ces deux syst&#232;mes le reproche (que l'on a fait avec raison au changement instantan&#233; R et J.) de ne pas permettre des &#233;carts bien consid&#233;rables entre les deux vitesses. En effet, la roue dent&#233;e du p&#233;dalier ayant g&#233;n&#233;ralement vingt dents et les deux pignons de la roue motrice huit et dix dents, nous obtenons 4 m. 40 et 5 m. 50&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; dans bien des circonstances ce n'est pas la peine assur&#233;ment de changer de d&#233;veloppement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une des bicyclettes que j'ai le plus longuement essay&#233;es a deux multiplications extr&#234;mes 2 m. 80 et 8 m. 20 et deux multiplications moyennes de 4 m&#232;tres et 6 m&#232;tres&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; je ne pensais pas au d&#233;but avoir beaucoup &#224; me servir des deux extr&#234;mes et il se trouve que je m'en sers tout autant que des deux moyennes&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; il est vrai que notre r&#233;gion tr&#232;s accident&#233;e nous pr&#233;sente des r&#233;sistances de toutes sortes, pentes raides et vents adverses tr&#232;s violents qui justifient l'emploi de 2 m. 80 et puis j'ai pris l'habitude de faire les descentes avec 8 m. 20 un simple frein sur la roue directrice et de la prudence. Gr&#226;ce &#224; cette combinaison, j'ai fait, un des rares dimanches de mai o&#249; il n'a pas plu, le tour de Saint-Chamond, La Valla, le Bessat et retour par Rochetaill&#233;e, 46 kilom&#232;tres pendant lesquels on s'&#233;l&#232;ve d'abord de 500 m&#232;tres &#224; 600 pour redescendre &#224; 350 et remonter d'une tir&#233;e &#224; 1.200 m&#232;tres, apr&#232;s quoi une pente continue ,vous ram&#232;ne &#224; 500. Malgr&#233; la mont&#233;e initiale tr&#232;s douce du reste, je suis all&#233;, avec 8 m. 20 jusqu'&#224; Saint-Chamond, de l&#224; au Barrage, rampe douce, j'ai pris 4 m&#232;tres et du Barrage &#224; la Croix-de-Chaubourey 2 m. 80&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; enfin de la Croix &#224; Saint-&#201;tienne, j'ai fait en 40 minutes &#224; peine avec 8 m. 20 les 17 ou 18 kilom&#232;tres de descente. Or, j'avais dans le dos pendant la descente un bon vent du Sud que j'avais eu dans le nez pendant une bonne partie de la mont&#233;e&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; cependant je ne me suis pas senti une seule minute en danger et je n'ai appliqu&#233; le frein que de temps en temps&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; tellement on se sent ma&#238;tre de sa machine lorsqu'on n'a pas &#224; remuer les jambes &#224; plus de 60 &#224; 70 coups &#224; la minute&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; ce n'est pas qu'on puisse exercer une bien puissante action sur la p&#233;dale remontante, mais le peu que l'on fait, joint &#224; l'action du frein, permet de s'arr&#234;ter en quelques m&#232;tres. Du reste, le moment vient plus vite qu'on ne le suppose, o&#249; la r&#233;sistance de l'air fait &#233;chec &#224; l'acc&#233;l&#233;ration de la vitesse et il m'a sembl&#233; que sur une pente de 5 &#224; 6&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;% on arriverait difficilement &#224; d&#233;passer 35 &#224; 40 kilom&#232;tres &#224; l'heure en se laissant rouler sans frein et les pieds au repos. Parmi les exp&#233;riences int&#233;ressantes que j'ai faites r&#233;cemment &#224; Lyon avec d&#233;veloppement de 2 m. 80, je citerai la grimpette de Saint-Jean &#224; Fourvi&#232;res, raidillon de quelques centaines de m&#232;tres qui conduit... les pi&#233;tons &#224; la c&#233;l&#232;bre basilique, je l'avais tent&#233; sans succ&#232;s avec 5 m&#232;tres et l'on m'a pourtant assur&#233; que quelques cyclistes lyonnais grimpent l&#224; avec 5 m. 50. Je les voudrais voir.&lt;br class='autobr' /&gt;
Donc, quod erat demonstrandum, des &#233;carts de 20 et 25&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;% entre les deux d&#233;veloppements ne sont pas suffisants, et je ne vois nulle part des syst&#232;mes de changement de multiplication qui pr&#233;sentent les avantages des pignons accoupl&#233;s avec lesquels l'&#233;cart n'a pratiquement pas de limite. Mais lorsqu'on a une telle latitude, c'est un peu comme lorsqu'on vous laisse commander une bicyclette &#224; votre fantaisie&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; vous vous trompez cinq fois sur dix et vous choisissez des multiplications et une machine qui ne s'accordent gu&#232;re avec ce que vous avez l'intention d'en faire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une vraiment bonne machine est comme le bon vin, elle se fait meilleure en vieillissant et c'est six mois apr&#232;s qu'on sait l'appr&#233;cier.&lt;br class='autobr' /&gt;
Quelques constructeurs plus pratiques que th&#233;oriques, et leurs machines ne s'en portent pas plus mal pour cela, ayant remarqu&#233; que bien rarement dans les meilleurs mod&#232;les la roue dent&#233;e et le pignon sont rigoureusement dans le m&#234;me plan, pas plus que les deux roues du reste et que si l'on passait au cordeau ou, pour mieux dire, &#224; la r&#232;gle des machines des plus grandes marques on n'en trouverait pas dix pour cent de parfaites sous ce rapport, ont bas&#233; l&#224;-dessus un changement de multiplication qui d&#233;tient le record de la simplicit&#233;&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; ils placent deux pignons c&#244;te &#224; c&#244;te sur la roue motrice et sur le p&#233;dalier une seule roue dent&#233;e dont la ligne de cha&#238;ne passe aussi exactement que possible entre celles des deux pignons. Si vous supposez celles-ci &#233;loign&#233;es de 10 mm., la ligne de- cha&#238;ne du p&#233;dalier passera donc &#224; 5 mm. &#224; droite de l'une et &#224; gauche de l'autre et une cha&#238;ne partant d'aplomb du p&#233;dalier engr&#232;nera obliquement sur les pignons de la roue motrice. La th&#233;orie assure que dans ces conditions &#231;a ne peut aller et la pratique r&#233;pond que &#231;a marche tout de m&#234;me. A mon avis, c'est un pis-aller, et un de mes correspondants me certifie qu'il pr&#233;f&#232;re ce pis-aller &#224; une seule multiplication. Il a sur la roue motrice sept et onze dents et sur le p&#233;dalier vingt dents, soit 4 m&#232;tres et 6 m. 26. Mais la diff&#233;rence de longueur de cha&#238;ne entre 20X7 et 20X11 est consid&#233;rable et atteint environ 5 cm., diff&#233;rence que les moyeux de tension habituels ne suffisent pas &#224; compenser&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; aussi notre homme a-t-il emprunt&#233; &#224; quelques tandems am&#233;ricains une tension de cha&#238;ne presque automatique qui, para&#238;t-il, fonctionne d'une fa&#231;on satisfaisante. La partie inf&#233;rieure de la cha&#238;ne passe sur une poulie &#224; dents faiblement dessin&#233;es qui peut &#234;tre abaiss&#233;e ou relev&#233;e et qui force ainsi la cha&#238;ne &#224; s'&#233;loigner plus ou moins de la ligne droite et &#224; se tendre de la quantit&#233; n&#233;cessaire. Il faut que la poulie soit assez solidement arc-bout&#233;e sur le tube de cha&#238;ne pour r&#233;sister aux contre-pressions qui justement affectent la partie inf&#233;rieure de la cha&#238;ne et la font appuyer avec force contre la poulie&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; mais dans ce cas particulier, celle-ci est encore utile d'une autre fa&#231;on, puisqu'elle augmente la r&#233;sistance au roulement et fait office de frein. Ce syst&#232;me de tension est &#233;galement utilis&#233; dans le &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#8239;Protean gear&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;, changement de vitesse &#224; roue dent&#233;e expansible dont j'ai eu d&#233;j&#224; &#224; parler et sur lequel j'ai re&#231;u, contre toute attente, de bons renseignements.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quand je vous disais que les inventeurs auraient tort de ch&#244;mer et que l'&#232;re des perfectionnements pratiques dont la bicyclette est susceptible &#233;tait loin d'&#234;tre close.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;VELOCIO&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>La bicyclette id&#233;ale du touriste (Janvier 1898)</title>
		<link>http://velotextes.fr/spip.php?article1</link>
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		<dc:date>2017-01-29T11:14:57Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>velovi</dc:creator>


		<dc:subject>Paul de Vivie, dit V&#233;locio</dc:subject>
		<dc:subject>cyclotourisme, cyclocamping</dc:subject>
		<dc:subject>Avant 1900</dc:subject>
		<dc:subject>La bicyclette de tourisme</dc:subject>
		<dc:subject>1898</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;&#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#8239;Si parfaites que soient les bicyclettes mises &#224; notre disposition par des centaines de fabricants, il en est de meilleures encore dans les milliers de cerveaux constamment en travail.&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187;&lt;/p&gt;

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&lt;a href="http://velotextes.fr/spip.php?rubrique35" rel="directory"&gt;1896-1900 P&#233;riode h&#233;ro&#239;que&lt;/a&gt;

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&lt;a href="http://velotextes.fr/spip.php?mot1" rel="tag"&gt;Paul de Vivie, dit V&#233;locio&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="http://velotextes.fr/spip.php?mot10" rel="tag"&gt;Avant 1900&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://velotextes.fr/spip.php?mot14" rel="tag"&gt;La bicyclette de tourisme&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://velotextes.fr/spip.php?mot74" rel="tag"&gt;1898&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;Par Paul de Vivie, Touring-Club de France, Janvier 1898&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On dit, avec raison : Si gros que soient les poissons que l'on p&#234;che, il en reste au fond des mers de plus gros encore. Et je dirai de m&#234;me en commen&#231;ant cet article : Si parfaites que soient les bicyclettes mises &#224; notre disposition par des centaines de fabricants, il en est de meilleures encore dans les milliers de cerveaux constamment en travail.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous pouvons donc une fois de plus, et sans que cela tire &#224; cons&#233;quence, nous entretenir de la bicyclette id&#233;ale, &#224; la condition de ne pas esp&#233;rer la poss&#233;der l'ann&#233;e prochaine, car nous serions d&#233;&#231;us&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; nous en serons m&#234;me, en 1898, plus loin que jamais, &#224; en juger par la vogue toujours plus envahissante des types de bicyclettes de course et de chic. Or, entre nous, il s'agit bien, n'est-ce pas, de la bicyclette id&#233;ale du touriste, c'est-&#224;-dire du type de machine qui conviendrait aux huit-dixi&#232;mes des cyclistes dont on semble, dans les hautes sph&#232;res manufacturi&#232;res, se soucier comme d'une vieille chambre &#224; air.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'id&#233;al nous reste&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; la bicyclette id&#233;ale, voil&#224; notre lot, sachons nous en contenter et prenons au hasard, dans le tas, un des mille mod&#232;les 1898 que nous ont montr&#233;s les Shows londoniens, et les Salons du Cycle parisiens, prions son Barnum de le faire passer lentement devant nous, comme en une lanterne magique&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; nous le mettrons sur la sellette et nous le doterons au fur et &#224; mesure des qualit&#233;s que nous r&#233;clamons pour la bicyclette id&#233;ale du touriste.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-center&#034; style=&#034;text-align:center;&#034;&gt;&#8258;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Eh&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! qu'est cela&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;? un pneumatique&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! mais on dirait un plein d'il y a vingt ans, du bon vieux temps des Salvos o&#249; les pleins avaient souvent un pouce, se comportaient fort bien et duraient fort longtemps.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Monsieur, c'est bien un l&#233;ger pneumatique de 30 millim&#232;tres, un peu trop gros pour la fine bicyclette parisienne, mais que nous destinons aux touristes de la province.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Attention d&#233;licate dont nous vous savons gr&#233;, mais puisque vous tenez &#224; nous faire plaisir, placez, je vous en prie, sur cette roue directrice et sur la roue motrice &#233;galement, un pneumatique de 50 millim&#232;tres que vous pourrez faire tr&#232;s l&#233;ger aussi, car nous savons maintenant d&#233;monter et r&#233;parer, et il est inutile de nous charger d'une enveloppe &#233;paisse d'un centim&#232;tre, sous pr&#233;texte de nous d&#233;fendre contre des clous qui p&#233;n&#232;trent quand m&#234;me et qui se font, du reste, de plus en plus rares sur les routes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'enveloppe d'un pneu de 50 peut sans inconv&#233;nient &#234;tre aussi mince et ne p&#232;sera, dans ce cas, gu&#232;re plus que celle d'un pneu de 30. M&#234;me observation pour la chambre &#224; air&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; quant &#224; la jante, la diff&#233;rence de poids est tout aussi insignifiante.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et puis, bien que nous pr&#233;f&#233;rions les roues l&#233;g&#232;res aux roues lourdes, nous n'en sommes pas &#224; quelques cent grammes pr&#232;s&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; ce n'est pas payer trop cher le confortable que procurent des pneus de fort calibre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De pr&#233;f&#233;rence pour tel ou tel syst&#232;me de pneumatiques&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;? Non, je n'en ai pas&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; j'ai sur cette question des id&#233;es tout &#224; fait particuli&#232;res et, pour mon compte, j'en suis revenu aux caoutchoucs creux (1)&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(1) A trous simples ou multiples&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; le Touriste, le Harford, le Hookham tringl&#233;, etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;pour la bicyclette du touriste, mais je ne parle pas en mon nom seulement et, si l'on pl&#233;biscitait, les creux seraient rejet&#233;s &#224; une grande majorit&#233;. Il nous reste &#224; choisir entre les tringl&#233;s, les talonn&#233;s et les coll&#233;s&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; certains jours, j'ai pr&#233;f&#233;r&#233; les premiers, d'autres jours les seconds, d'autres fois encore les derniers, cela d&#233;pendait de ma d&#233;veine qui s'est exerc&#233;e &#224; tour de r&#244;le sur tous les syst&#232;mes&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; c'est pourquoi je n'ai pas de pr&#233;f&#233;rence et je me contente d'engager chaque touriste &#224; apprendre le maniement de ses pneumatiques et &#224; les remplacer d&#232;s qu'ils deviennent lunatiques, c'est-&#224;-dire souvent&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; une simple question de gros sous qui n'en est pas moins aga&#231;ante, mais il n'y a pas de roses sans &#233;pines, n'est-ce pas&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ah&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! voici la jante&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; un beau jaune&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! tiens, elle est en vrai bois, tant pis, il me les faut en acier les jantes de la bicyclette id&#233;ale, pas en fer-blanc, comme on en a tant livr&#233;, mais en solide acier, plut&#244;t fortes, avec bords tubulaires, genre Westwood.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les rayons sont renforc&#233;s, en nombre suffisant, d'une grosseur raisonnable, les &#233;crous tendeurs sont assez longs, la partie filet&#233;e dispara&#238;t &#224; l'int&#233;rieur, de sorte que la partie lisse du rayon entre &#224; frottement dans la partie lisse qui termine l'&#233;crou&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; ces petits d&#233;tails d&#233;notent un bon montage et si les rayons s'accrochent aux joues du moyeu sans coude, directement, &#224; la fa&#231;on des New-Rapid, des Rochet-Schneider, etc., si ces rayons sont directs et non tangents, si enfin les joues du moyeu ont entre elles un &#233;cart d'au moins 65 millim&#232;tres (70 serait mieux encore), voil&#224; une roue directrice que je revendique pour ma bicyclette id&#233;ale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Allons, faites avancer un peu plus vite. Qui donc pr&#233;tendait que la partie sup&#233;rieure d'une roue en mouvement n'avan&#231;ait pas plus vite que la partie inf&#233;rieure&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;? mais elle avance infiniment plus vite, je vois les rayons du bas presque immobiles, tandis que ceux du haut se succ&#232;dent avec une &#233;tonnante pr&#233;cipitation. &#199;a para&#238;t bizarre au premier abord, et il y a bien en France quatre cent mille cyclistes qui soutiendraient &#224; tort que toutes les parties d'une roue eu mouvement sont anim&#233;es de la m&#234;me vitesse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est &#231;a le moyeu&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! &#8212; Trop &#233;troit, beaucoup trop &#233;troit, 55 millim&#232;tres &#224; peine entre les joues, cela ne nous fait pas une base assez solide et cette roue se gauchira pour une bagatelle, une orni&#232;re, un choc insignifiant&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; une jante de roue directrice a, plus encore qu'une jante de roue motrice, besoin d'&#234;tre solidement assise sur son moyeu, car constamment et parfois brusquement pouss&#233;e &#224; droite et &#224; gauche par les exigences de l'&#233;quilibre, alors que la roue motrice zigzague &#224; peine et sans brusquerie, elle court dix fois plus de risques de se voiler. Les rayons sont tangents et coud&#233;s&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; je les voulais droits et directs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le rayon tangent est excellent dans une roue motrice en ce qu'il transmet int&#233;gralement et imm&#233;diatement &#224; la jante l'effort appliqu&#233; au moyeu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pas de torsion, pas de flexion, pas d'&#233;lasticit&#233;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; une rigidit&#233; absolue, voil&#224; sa raison d'&#234;tre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le rayon direct, au contraire, a une certaine, souplesse qui fait que sous l'effort appliqu&#233; au moyeu, il fl&#233;chit tout d'abord et se d&#233;forme, de l&#224; une certaine d&#233;perdition de force&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; les math&#233;maticiens nous assureront peut-&#234;tre qu'en se redressant, en revenant &#224; sa forme premi&#232;re, ce rayon restitue la force qu'il avait absorb&#233;e, et qu'il n'y a finalement aucune perte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est possible en th&#233;orie, mais il me semble que dans la pratique les choses ne se passent pas exactement de cette fa&#231;on et que le rayon tangent r&#233;pond mieux au coup de p&#233;dale. C'est justement &#224; cause de sa souplesse que je voudrais le rayon direct sur la roue directrice qui, simplement pouss&#233;e et peu charg&#233;e, est d'autant plus sensible aux asp&#233;rit&#233;s du sol et a tout &#224; gagner &#224; rester souple tandis que la roue motrice, au contraire, a tout &#224; gagner &#224; devenir rigide.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les rayons droits, j'entends non coud&#233;s comme le sont la plupart des rayons tangents, sont plus r&#233;sistants et moins expos&#233;s &#224; se rompre&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; la solidit&#233; des roues New-Rapid est proverbiale&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; c'est pourquoi je les voudrais tels sur ma bicyclette id&#233;ale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien entendu, tangents ou directs les rayons devront &#234;tre fix&#233;s au moyeu par la t&#234;te et jamais, au grand jamais, viss&#233;s dans le moyeu, proc&#233;d&#233; primitif et d&#233;fectueux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Votre moyeu dernier cri est, sans doute, &#224; cuvettes viss&#233;es&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;? Je m'y attendais&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; il ne faut pas de ces moyeux-l&#224; sur ma bicyclette id&#233;ale : j'ai maintes fois dilu&#233;, dans Le Cycliste, les raisons qui me font pr&#233;f&#233;rer les mouvements &#224; billes r&#233;glables par le c&#244;ne et d&#233;tachables, aux mouvements r&#233;glables par la cuvette et d&#233;pendant soit du cadre (douille et p&#233;dalier), soit des roues (moyeux).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il serait oiseux de les reproduire dans cet article d&#233;j&#224; trop long et je me borne &#224; reprocher aux mouvements &#224; cuvettes viss&#233;es leur difficult&#233; de d&#233;montage, de remontage et de r&#233;glage, difficult&#233;s qui ne sont compens&#233;es par aucune sup&#233;riorit&#233; du roulement, toutes autres choses (bonne fabrication surtout) &#233;gales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut que la bicyclette id&#233;ale du touriste soit simple, rustique et facilement accessible en toutes ses parties, m&#234;me pour un novice&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; ne perdons jamais de vue cette condition sine qua non et ne nous laissons pas s&#233;duire par des pi&#232;ces de m&#233;canique ing&#233;nieuses, uniquement parce qu'elles sont ing&#233;nieuses. De bons moyeux et un p&#233;dalier r&#233;glables par le c&#244;ne, des billes de 7 ou 8 millim&#232;tres au p&#233;dalier et &#224; la roue motrice qui supportent plus de poids, de 5 millim&#232;tres &#224; la roue directrice&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; des axes en bon acier de 8 millim&#232;tres devant, 10 derri&#232;re et 17 au p&#233;dalier, voil&#224; grosso modo les roulements &#8212; appelez-les primitifs, si vous le voulez, ou ant&#233;diluviens &#8212; que je pr&#233;f&#232;re &#224; vos mignonnes pi&#232;ces d'horlogerie&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; mais n'ayez donc pas, jeune homme, un air aussi ahuri.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8212; Le fait est que vous me semblez venir de loin&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;!&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8212; Tandis que vous sortez &#224; peine de nourrice&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; vous en entendrez bien d'autres&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; faites avancer votre bijou. Mais ces bouts de fourche, comment sont-ils faits&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;? simplement aplatis et perc&#233;s de sorte qu'il faut les &#233;carter de force pour y loger la roue&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; dispositif tr&#232;s f&#226;cheux que les fabricants ont adopt&#233; parce qu'il leur a permis d'&#233;conomiser peut-&#234;tre vingt sous en supprimant les bouts de fourche d'autrefois bras&#233;s &#224; la pointe des fourreaux, et fendus pour recevoir la roue sans effort&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; encore sur ce point nous reviendrons donc en arri&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Arrivons &#224; la t&#234;te de fourche. Vous allez m'en montrer une bien arqu&#233;e, en acier coul&#233;, non exempt de pailles et de soufflures, ou en tube embouti et cintr&#233;, affaibli par l'effet de ces deux op&#233;rations juste au point o&#249; il devrait &#234;tre renforc&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est parfaitement cela&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; vous saisissez les fourreaux entre deux m&#226;choires d'in&#233;gale longueur, nickel&#233;es, qui sont d'un tr&#232;s bel effet d&#233;coratif et vous voulez, jeune &#233;tourneau, que je m'extasie devant la sottise que vous faites en supprimant la t&#234;te de fourche &#224; deux ou trois plaquettes en acier forg&#233;, qui depuis tant d'ann&#233;es fait ses preuves sur la bicyclette Quadrant et contribue pour une bonne part &#224; la solidit&#233; de ces machines&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;!&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais ces m&#234;mes t&#234;tes de fourche arqu&#233;es que vous nous pr&#233;sentez comme une nouveaut&#233;, nous les e&#251;mes autrefois, et en acier forg&#233; s'il vous pla&#238;t, sur bien des machines, et ce n'est pas sans motif s&#233;rieux que nous les abandonn&#226;mes et que tous les constructeurs, m&#234;me les plus r&#233;fractaires aux perfectionnements qui ne viennent pas d'eux, adopt&#232;rent le dispositif Quadrant. Conservons-le.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il n'y a pas de frein et pas de garde-boue &#224; votre fine bicyclette parisienne, je n'en suis pas surpris et je reviendrai, plus tard, sur ces deux points.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais, dites-moi pourquoi vous avez fait une douille aussi courte&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; c'est apparemment qu'il s'agit d'un cadre tr&#232;s bas et que vous avez voulu faire n&#233;anmoins horizontal&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Horizontal&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! mais d'o&#249; sortez-vous&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! voit-on un mod&#232;le 1898 avec un cadre horizontal&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;? C'est un cadre pour taille moyenne que je vous montre et le tube sup&#233;rieur est plongeant comme le bon go&#251;t l'ordonne, tant pis pour la douille si elle en est un peu raccourcie.
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Un peu&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! le raccord du haut touche presque celui du bas et c'est &#224; peine s'il reste dix centim&#232;tres d'&#233;cart entre les billes&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; il nous faut dix, mettons m&#234;me 15 centim&#232;tres de plus et nous rel&#232;verons le tube sup&#233;rieur jusqu'&#224; l'incliner en arri&#232;re si cela devient n&#233;cessaire, mais je n'entends pas sacrifier &#224; une lubie de la mode un point aussi essentiel que la douille &#224; billes d'une bicyclette id&#233;ale.&lt;br class='autobr' /&gt;
Quelle d&#233;fense contre les tr&#233;pidations pr&#233;sentera une douille imperceptible et ne tombe-t-il pas sous le sens le plus vulgaire qu'il faut que cette partie de la machine par laquelle l'arri&#232;re-train vient se fixer sur l'avant-train, doit avoir des proportions ad&#233;quates &#224; son importante fonction&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Votre guidon convulsionn&#233; ne me pla&#238;t assur&#233;ment pas, mais il est facile de le remplacer par un guidon normal qui, enfonc&#233; &#224; fond dans le tube de direction, am&#232;nera les poign&#233;es bien &#224; la port&#233;e des mains, guidon de largeur et de profondeur raisonnables, horizontal dans la majorit&#233; des cas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le guidon, la selle, les p&#233;dales, les manivelles m&#234;me et surtout la multiplication sont des d&#233;tails, importants certes, puisque ce sont les points, par lesquels le cycliste entre en contact avec la machine, qui font qu'il en tire un bon ou un mauvais parti, qu'il s'y trouve bien ou qu'il s'y trouve mal, mais ce ne sont pas &#224; proprement parler des points de construction&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; c'est en quelque sorte le harnachement de la bicyclette qu'on change, qu'on modifie &#224; volont&#233;, lorsqu'on sait avoir une volont&#233; et qu'on n'ob&#233;it pas aveugl&#233;ment aux injonctions du fabricant qui vous dit arrogamment : vous devez vous plier aux exigences de ma machine et non pas elle aux v&#244;tres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je ne d&#233;couvre sur la bicyclette extra-chic que vous faites passer lentement devant moi ni porte-lanterne ni verrou d'arr&#234;t&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; un porte-lanterne peut s'ajouter apr&#232;s coup, mais le verrou d'arr&#234;t doit faire partie int&#233;grante de ma bicyclette id&#233;ale&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; c'est un petit rien que le touriste a maintes fois l'occasion d'appr&#233;cier quand il veut appuyer sa machine contre un mur, contre un arbre, quand il veut en pleine route ouvrir son porte-manteau de guidon, r&#233;gler un coussinet, etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a plusieurs types de verrous d'arr&#234;t, quelques-uns font m&#234;me office de cadenas &#224; secret &#8212; c'est aller trop loin &#8212; mais le plus simple, le plus coquet et le plus pratique est, &#224; mon avis, celui des bicyclettes Singer &#224; qui revient du reste l'honneur de la premi&#232;re application du verrou d'arr&#234;t.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Continuons&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; nous voici au p&#233;dalier, la clef de vo&#251;te de tout l'&#233;difice et celle sur laquelle s'exerce, souvent mal &#224; propos, l'ing&#233;niosit&#233; des inventeurs et la n&#233;faste influence de la mode.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est trop pr&#232;s du sol, ce p&#233;dalier, et il est vraiment f&#226;cheux qu'on n'ait pas emprunt&#233; aux machines am&#233;ricaines le p&#233;dalier relev&#233; &#224; la hauteur de l'axe de la roue motrice, qu'elles avaient presque toutes il y a deux ans et qu'elles ont perdu cette ann&#233;e en nous empruntant ce que nous avions de moins bon.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le p&#233;dalier bas est un danger et un non-sens&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; un danger en ce qu'en un virage &#224; une descente, quand les touristes vont &#224; bonne allure, la p&#233;dale peut toucher le sol : elle peut toucher encore, la nuit ou m&#234;me le jour, si, par m&#233;garde, l'on passe trop pr&#232;s d'un de ces gros cailloux dont les charretiers calent les roues, lorsqu'&#224; une mont&#233;e ils font souffler leurs attelages et qu'ils oublient r&#233;guli&#232;rement d'enlever&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; un non-sens parce qu'on ne peut pas lorsque la selle est plac&#233;e correctement au-dessus du p&#233;dalier, position de force qui convient aux touristes, on ne peut mat&#233;riellement pas monter en enjambant et avoir, une fois en selle, la jambe convenablement tendue.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour avoir la jambe convenablement tendue, il faut, tout le monde est d'accord sur ce point, que sur la p&#233;dale &#224; son point le plus bas vous puissiez, la jambe tendue, poser le talon&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; dans cette position la plante du pied sur laquelle on prend son point d'appui en montant par enjambement est &#224; 3 ou 4 centim&#232;tres au-dessous de l'axe de la p&#233;dale&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; il faudrait donc pour que vous puissiez monter commod&#233;ment en enjambant, que l'axe de la p&#233;dale &#224; son point le plus bas ne f&#251;t qu'&#224; 3 ou 4 centim&#232;tres au-dessus du sol, ce qui serait absurde.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En inclinant vers soi la machine pour l'enjamber plus ais&#233;ment, on peut gagner quelques centim&#232;tres, mais comme il est reconnu que les p&#233;dales ne sauraient &#234;tre impun&#233;ment &#224; moins de 10 centim&#232;tres au-dessus du sol &#8212; je parle toujours des bicyclettes de tourisme au long cours et nullement de bicyclette tour du lac ou des bicyclettes-fauteuils pour val&#233;tudinaires &#8212; on ne pourra, quoi que l'on fasse, avoir une fois en selle une bonne tension de la jambe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'axe du p&#233;dalier &#224; la hauteur de l'axe de la roue motrice me para&#238;t tr&#232;s rationnel et avec les manivelles courantes de 17 1/2 centim&#232;tres laisse la p&#233;dale &#224; 17 1/2 centim&#232;tres au-dessus du sol(i).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(1) D&#232;s 1889, un lecteur du &#171;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#8239;Cycliste&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;&#187; frapp&#233; des inconv&#233;nients de la p&#233;dale trop basse, nous &#233;crivait, au cours de l'enqu&#234;te que nous ouvr&#238;mes d&#233;j&#224; &#224; cette &#233;poque recul&#233;e &#224; propos de la bicyclette id&#233;ale, qu'il voudrait la p&#233;dale &#224; 20 centim&#232;tres au-dessus du sol&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; et, ma foi, avec les cale-pieds un peu longs quelquefois que l'on accroche aux p&#233;dales, qui peuvent vous &#233;chapper &#224; un moment critique, vingt centim&#232;tres seraient admissibles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce dispositif oblige, il est vrai, de monter comme on devrait toujours monter, par le marchepied ou bien &#224; la fa&#231;on des dames par un r&#233;tablissement en arri&#232;re sur la selle apr&#232;s avoir enjamb&#233; le cadre entre le guidon et la selle : monter par le marchepied est encore pr&#233;f&#233;rable et de cette fa&#231;on l'on peut se mettre en selle m&#234;me sur une rampe assez raide en lan&#231;ant la machine par trois ou quatre battements de pied, tandis que monter par enjambement, sur une rampe de 7 ou 8 0/0. des n&#232;fles&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! &#224; moins qu'on ne soit multipli&#233; comme l'Homme de la montagne, mais n'abordons pas trop de questions &#224; la fois.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les explications o&#249; je viens de me perdre &#233;taient n&#233;cessaires pour justifier le choix que je fais du p&#233;dalier haut pour ma bicyclette id&#233;ale, qui y gagnera une certaine cr&#226;nerie d'allure, et, qualit&#233; plus s&#233;rieuse, de la r&#233;sistance au terrible glissement lat&#233;ral.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8212; Dites-moi, monsieur le paysan du Danube, le p&#233;dalier &#233;troit que voici avec son axe en deux morceaux, ses billes dans le moyeu des manivelles, sa ligne de cha&#238;ne &#233;troite et son axe tr&#232;s court, trouvera-t-il gr&#226;ce &#224; vos yeux&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8212; La ligne de cha&#238;ne &#233;troite et l'axe tr&#232;s court me plaisent fort et j'aimerais assez loger les billes sous les manivelles si ce dispositif ne m'entra&#238;nait &#224; des axes en deux morceaux, &#224; des roulements peu accessibles et &#224; des complications d'ajustage, des difficult&#233;s de r&#233;paration dont la bicyclette du touriste n'a que faire. Je retiens donc seulement les deux premiers points que rien ne m'emp&#234;che d'appliquer au p&#233;dalier d&#233;tachable &#224; r&#233;glage par c&#244;nes et je le construirai de telle sorte que les billes seront rejet&#233;es tr&#232;s loin en dehors jusque vers le moyeu des manivelles. Par la ligne de cha&#238;ne &#233;troite je tirerai la roue motrice d'aussi pr&#232;s que possible, par son centre&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; l'id&#233;al serait &#233;videmment de placer le pignon au centre m&#234;me de la roue, et pour r&#233;aliser cet id&#233;al un inventeur avait imagin&#233; deux roues jumelles entre lesquelles il logeait le pignon&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; nous n'irons pas aussi loin, et nous nous contenterons de r&#233;tr&#233;cir la ligne de cha&#238;ne c'est-&#224;-dire de fixer le pignon aussi pr&#232;s du centre de la roue que le permettront les autres exigences de construction.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il va de soi que plus l'axe du p&#233;dalier sera court, mieux il r&#233;sistera aux effets de torsion auxquels il est constamment soumis. Mais il ne faut pas conclure de ce qui pr&#233;c&#232;de que les p&#233;dales devront suivre le mouvement et se rapprocher l'une de l'autre&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; pas du tout, les p&#233;dales doivent &#234;tre &#233;cart&#233;es suffisamment pour qu'on puisse y poser naturellement les pieds sans les tordre et les forcer &#224; prendre une position qui pour &#234;tre sans doute de bon go&#251;t, n'en est pas moins absurde.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#233;cartement des p&#233;dales sera obtenu en coudant ou en obliquant du dedans au dehors les manivelles, dispositif qui a, de plus, l'avantage d'&#233;loigner la cheville du moyeu de la manivelle o&#249; elle se heurte parfois, et le pantalon de la clavette o&#249; il s'accroche, et de la cha&#238;ne o&#249; il se salit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Gr&#226;ce &#224; ce simple renvoi &#224; l'ext&#233;rieur, des manivelles dont le bout, cela s'entend, sera dress&#233; parall&#232;lement au plan de la machine, notre bicyclette id&#233;ale aura les avantages et non les inconv&#233;nients du p&#233;dalier &#233;troit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour fixer un peu les id&#233;es, j'indique comme mesures pouvant &#234;tre pratiquement approch&#233;es : pour la ligne de cha&#238;ne 36/40 millim&#232;tres&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; pour la longueur de l'axe, 10/12 centim&#232;tres&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; pour l'&#233;cartement des p&#233;dales, de joue &#224; joue int&#233;rieurement, 20 centim&#232;tres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Continuons, je suis curieux de voir l'arri&#232;re-train de votre bicyclette : un seul gros tube partant du p&#233;dalier, &#224; l'autre bout un pont arqu&#233; sur les branches duquel viennent s'embo&#238;ter les tubes ovales qui constituent la fourche A R inf&#233;rieure, autrement dit les tubes de cha&#238;ne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela n'est pas mauvais, pourtant il vaudrait mieux (et c'est ce que je ferai) que les tubes s'embo&#238;tassent non sur mais dans les bras du pont. On commit il y a quelques ann&#233;es la faute (question de mode sans doute) de loger les tubes du cadre sur les raccords au lieu de les loger, comme on peut le constater aujourd'hui sur toutes les machines, dans ces m&#234;mes raccords, et l'on ne tarda pas &#224; s'apercevoir, aux nombreuses ruptures de cadre qui eurent lieu, que ce dispositif &#233;l&#233;gant &#233;tait tr&#232;s d&#233;fectueux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le gros tube unique de 40/45 millim&#232;tres rempla&#231;ant entre le p&#233;dalier et la roue motrice les deux petits tubes de 20/22 millim&#232;tres que nous sommes habitu&#233;s &#224; voir&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; le pont en acier coul&#233; rempla&#231;ant la courbure de ces tubes et l'entretoise, c'est kif-kif, et du moment o&#249; nous ne pouvons pas concilier trois points &#233;galement d&#233;sirables pour la bicyclette du touriste, &#224; savoir&#160;: ligne de cha&#238;ne &#233;troite, gros pneumatique et base A R courte, c'est-&#224;-dire l'axe du p&#233;dalier &#224; 40 centim&#232;tres au maximum de l'axe de la roue motrice, rien ne s'oppose &#224; l'adoption de votre dispositif monotube pour la bicyclette id&#233;ale (1).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Vos tubes de cha&#238;ne ovales ne me disent rien qui vaille, ils sont trop plats. Oh&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! je sais bien, vous les avez aplatis ainsi afin de laisser passer au plus pr&#232;s les manivelles que vous ne voulez pas rejeter en dehors ainsi que je le conseille, parce que vous avez recherch&#233; avant tout, l'arri&#232;re-train effil&#233; que les snobs priseront en 1898&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; ce n'est pas l&#224; pour nous une raison suffisante et je ne conserverai vos tubes ovales qu'&#224; la condition de les enfler convenablement, sinon je reviendrai aux tubes ronds et aux tubes en D qui, somme toute, se comportent bien depuis deux saisons.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La fourche A R sup&#233;rieure de votre bicyclette est simplement boulonn&#233;e en haut sur les cadres et en bas sur les pattes de tension&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; brasez au lieu de boulonner et vous augmenterez consid&#233;rablement la rigidit&#233; de votre arri&#232;re-train qui fouettera moins et aura moins de tendance &#224; glisser lat&#233;ralement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(1) Le jour o&#249; l'on ne croira plus l'existence de la bicyclette indissolublement li&#233;e au cadre pentagonal, et que des cadres plus simples et plus rationnels auront quelque chance de plaire, il ne sera pas difficile de concilier ces points actuellement inconciliables&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; mais, m&#234;me quand on parle de choses id&#233;ales, il ne faut pas s'&#233;loigner trop des id&#233;es g&#233;n&#233;ralement admises.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Votre cha&#238;ne est &#224; doubles rouleaux, je vous en f&#233;licite. Pour une fois, la pression du bon sens aura &#233;t&#233; assez forte pour imposer &#224; la Mode une bonne cha&#238;ne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais quel tout petit pignon&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;! &#224; peine 7 dents&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;!&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En voyant sur votre p&#233;dalier une grande roue d'au moins 25 dents, je supposais que vous aviez compris l'importance des pignons de grand diam&#232;tre&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; je me trompais, vous recherchiez seulement une multiplication absurde&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; je ne vous en fais pas mon compliment et je n'accepterai pas moins de 10 dents pour le pignon de la roue motrice de la bicyclette id&#233;ale du touriste&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; les d&#233;monstrations de l'Homme de la Montagne et les le&#231;ons de l'exp&#233;rience sont assez concluantes pour que nous n'ayons pas &#224; revenir sur ce point.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et votre tension de cha&#238;ne&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;? La vis de rappel g&#233;n&#233;ralement adopt&#233;e. Ce n'est pas mauvais, d'autant plus qu'avec des cha&#238;nes &#224; doubles rouleaux de bonne fabrication on retend rarement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je pr&#233;f&#232;re pourtant la tension au moyen d'excentriques sur lesquels est fix&#233; l'axe de la roue motrice et qui ont l'avantage de ne jamais d&#233;placer la roue entre les fourches.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quelques constructeurs se sont avis&#233; de tendre la cha&#238;ne en d&#233;pla&#231;ant le p&#233;dalier soit excentriquement, soit en le faisant glisser dans une coulisse&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; ce sont des proc&#233;d&#233;s d&#233;fectueux et qui apr&#232;s avoir &#233;t&#233; mis en pratique sont abandonn&#233;s depuis longtemps&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; le p&#233;dalier est une pi&#232;ce qui ne doit jamais &#234;tre &#233;branl&#233;e. Si vous le rendez mobile et oscillant vous l'exposez &#224; une fin pr&#233;matur&#233;e et vous privez de rigidit&#233; la partie de la bicyclette qui en a le plus besoin, la pierre angulaire du cadre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est vrai qu'on dispose ainsi les p&#233;daliers d'avant des bicyclettes tandem, mais parce qu'on ne peut pas faire autrement. Nous pouvons heureusement faire autrement et nous adopterons soit la tension usuelle par vis de rappel, soit la tension par excentrique appliqu&#233; &#224; l'axe de la roue motrice.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous avons maintenant sous les yeux la bicyclette enti&#232;re et nous pouvons juger de l'ensemble. Elle n'est pas mal comme monture de fantaisie, mais qu'il y a loin de l&#224; &#224; la bicyclette id&#233;ale du touriste qui au lieu de plaire par sa mignardise doit, au premier abord, inspirer confiance par sa robustesse. Le type de machine qui ralliera les suffrages du cyclo-touriste sera caract&#233;ris&#233; par les traits suivants dont la justification se trouve en partie dans ce qui pr&#233;c&#232;de et en bien plus grande partie dans le bon sens des lecteurs &#224; qui s'adresse cet article : une douille de bonne longueur dont le prolongement viendrait frapper le sol &#224; 6-8 centim&#232;tres en avant du point de contact de la roue directrice en formant un angle de 70&#176; avec le sol, un p&#233;dalier haut, des moyeux &#224; joues larges de 65-70 millim&#232;tres &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;AV&lt;/span&gt; et 60-65 millim&#232;tres &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;AR&lt;/span&gt;&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; une forte t&#234;te de fourche &#224; plaquettes doubles ou triples (une fourche Verdot ne serait pas &#224; d&#233;daigner)&#160;: de gros pneumatiques, des roues &#233;gales (nous renon&#231;ons &#224; l'avantage d'une roue directrice plus grande afin de pouvoir &#233;changer les pneus d'une roue &#224; l'autre, en cas de besoin)&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; un bon frein agissant de pr&#233;f&#233;rence sur la roue motrice.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#233;tude des freins me demanderait un article encore plus long que celui-ci&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; c'est pourquoi je n'entre &#224; ce sujet dans aucun d&#233;tail, me contentant de mettre en garde contre les freins dissimul&#233;s dans les tubes&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; il faut que toutes les parties d'un frein soient visibles et tr&#232;s accessibles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des garde-boues en t&#244;le larges et longs et fix&#233;s de fa&#231;on &#224; &#233;viter tout ferraillement, celui d'avant termin&#233; par une large patte en cuir et celui d'arri&#232;re par une brosse-racloir&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; pour mon compte j'aime assez certains garde-boue mobiles en cuir, qui ont l'avantage de pouvoir &#234;tre facilement d&#233;tach&#233;s du cadre&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; avec la cha&#238;ne &#224; doubles rouleaux, - le carter perd une bonne partie de sa raison d'&#234;tre, c'est-&#224;-dire que les menus embarras qui r&#233;sultent fatalement de son emploi ne sont plus compens&#233;s par les services qu'il rend et dont le principal consistait &#224; emp&#234;cher la cha&#238;ne plate de craquer et de se tendre anormalement sous la pluie et dans la boue.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Or, la cha&#238;ne &#224; rouleaux et &#224; doubles rouleaux se comporte dans ces circonstances critiques aussi bien sans qu'avec carter&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; il ne reste donc plus au carter qu'&#224; prot&#233;ger la cha&#238;ne contre la poussi&#232;re et &#224; nous &#233;viter l'ennui de fr&#233;quents nettoyages.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais qui n'a pas remarqu&#233; que la cha&#238;ne &#224; doubles rouleaux &#8212; et l'on peut en dire presque autant de la cha&#238;ne &#224; simples rouleaux &#8212; se nettoie automatiquement&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; il suffit de remarquer combien les rouleaux restent propres et m&#234;me polis apr&#232;s les courses les plus longues dans la boue ou dans la poussi&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un carter bien &#233;tabli et surtout bien ajust&#233; sur la machine a cependant de l'int&#233;r&#234;t pour le touriste qui ne veut pas avoir &#224; s'occuper de sa cha&#238;ne, &#224; l'&#233;pousseter ou &#224; la graisser pendant tout un voyage.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Que le cadre soit horizontal ou non, il nous importe peu, n'est-ce pas&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;? Cela d&#233;pendra de la hauteur de la selle et du p&#233;dalier et de la longueur de la douille&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; il est probable que sur un cadre de 60 centim&#232;tres (hauteur moyenne) avec p&#233;dalier haut, l'horizontalit&#233; du tube sup&#233;rieur sera conserv&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Peut-&#234;tre bien vais-je baisser dans votre estime en conseillant aux cyclistes de taille et de poids moyens (jusqu'&#224; 80 centim&#232;tres d'entre-jambe et 80 kilos de poids brut) de choisir un cadre ouvert semblable &#224; celui des bicyclettes de dame, un peu moins ouvert peut-&#234;tre, mais qui permette de monter et de descendre par devant tr&#232;s ais&#233;ment.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces cadres-l&#224;, j'en parle par exp&#233;rience, car je m'en sers tr&#232;s souvent, sont tout aussi solides que les cadres les plus ferm&#233;s, ils ne sont pas plus lourds et ils sont infiniment plus commodes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Imposez silence au pr&#233;jug&#233;, essayez et vous me direz ensuite si j'ai tort ou raison. Un g&#233;ant &#233;videmment ou un homme de 120 kilos exigerait un cadre plus en rapport avec son poids ou avec sa taille, mais on pourrait toujours le lui construire de fa&#231;on qu'il p&#251;t descendre et monter par l'avant, c'est le point essentiel pour la commodit&#233; et un peu pour la s&#233;curit&#233;, surtout lorsqu'on porte, ainsi que je le conseillerai plus loin, son bagage sur la roue motrice.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La grosseur des tubes est &#233;galement question secondaire et, &#224; poids &#233;gal, nous ne croyons pas qu'un tube de 30 soit sup&#233;rieur &#224; un tube de 28, ou inf&#233;rieur &#224; un tube de 32&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; les tubes plus gros donnent incontestablement plus de rigidit&#233; &#224; la machine, mais ils en augmentent aussi le poids, car on ne pourrait impun&#233;ment en diminuer l'&#233;paisseur qui doit &#234;tre conserv&#233;e d'un millim&#232;tre, au pis aller de 8/10. La question de poids est du reste tout &#224; fait secondaire pour notre bicyclette id&#233;ale et d&#251;t-elle peser 18 kilos toute harnach&#233;e, j'esp&#232;re que les touristes &#224; qui je la destine ont trop de sens pratique pour en &#234;tre effarouch&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le porte-lanterne sera fix&#233; &#224; l'axe de la roue directrice et les repose-pieds ne sont un danger que pour les d&#233;butants et pour les imprudents sans frein.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le guidon horizontal avec poign&#233;es infl&#233;chies et &#233;cart&#233;es de 45 &#224; 50 centim&#232;tres, les selles B 90 ou B 30, les p&#233;dales caoutchouc &#224; cale-pieds, les manivelles de 17 centim&#232;tres conviendront huit fois sur dix, mais, sur ces points tout &#224; fait personnels, il est impossible d'&#234;tre absolu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le bagage &#233;tant l'accessoire indispensable de la bicyclette, on pourrait, en construisant la machine, penser &#224; lui m&#233;nager de la place et j'estime qu'on pourrait &#224; peu de frais combiner une sorte de b&#226;t qui coifferait la roue motrice et recevrait, &#224; droite, &#224; gauche et dessus les 10 ou 15 kilos de bagages dont un cyclo-touriste a besoin. Il faut mettre le moins de poids possible sur l'avant, et le guidon ne doit recevoir que le portemanteau et le videpoche.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quant &#224; la multiplication que j'ai r&#233;serv&#233;e pour la fin, parce que c'est la pierre de touche de la bicyclette du touriste, je crois qu'apr&#232;s les articles document&#233;s et concluants que M.&#160;Bouny vient de publier dans la Revue (novembre 1897), il n'y a pas &#224; h&#233;siter, il la faut double et m&#234;me triple. Une machine appel&#233;e &#224; traverser la France et peut-&#234;tre l'Europe, &#224; rouler par monts et par vaux, avec le vent dans le nez et dans le dos alternativement, ne peut s'accommoder d'un seul d&#233;veloppement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Que fera-t-elle avec 4 m&#232;tres dans la plaine sans fin ou en descendant de Lyon &#224; Marseille avec le mistral, et que fera-t-elle avec 9 m&#232;tres de Marseille &#224; Lyon avec ce coquin de vent contraire ou en traversant les Alpes, les Pyr&#233;n&#233;es ou m&#234;me seulement les C&#233;vennes&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;? Et cependant, si on ne lui donne qu'un d&#233;veloppement moyen, c'est entre 4 et 5 m&#232;tres qu'on le choisira. Pour &#234;tre convenablement arm&#233; en toutes circonstances je conseille trois d&#233;veloppements, soit approximativement 3 m&#232;tres, 4 m. 75 et 6 m. 50&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;; si l'on n'en choisit que deux, les chiffres indiqu&#233;s par M.Bouny sont les meilleurs&#160;: 3 m. 40 et 2 m. 10.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et l&#224;-dessus, mon jeune ami, vous pouvez &#233;teindre la lanterne et aller sur votre jolie, jolie b&#233;canette &#224; la mode faire un tour de lac, mais je ne vous engage pas &#224; grimper avec elle &#224; l'observatoire du mont Ventoux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8212; Et moi, monsieur le touriste, je ne vous engage pas &#224; demander en 1898, &#224; nos fabricants, la bicyclette rococo que vous venez de nous d&#233;crire,ce qu'ils vous enverraient tourister&#8239;&lt;small class=&#034;fine d-inline&#034;&gt;&#160;&lt;/small&gt;!&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;P. &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;DE&lt;/span&gt; &lt;span class=&#034;caps&#034;&gt;VIVIE&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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