Vélotextes

Cartes Routières Vélocipédiques (1892)

«  Incontestablement, si l’on pouvait emporter avec soi le profil de toutes les routes véloçables de France, on pourrait se permettre toutes les fantaisies et modifier son itinéraire à volonté... à condition de se faire suivre par quelques wagons-poste où tous ces profils, classés et numérotés, seraient empilés.  »

CARTES ROUTIÈRES (1892)

«  Pouvoir mesurer facilement et rapidement les déclivités du sol est la condition qui s’impose tout d’abord, et je vais montrer ici comment on peut, pour cet objet, se servir de sa propre bicyclette, sans avoir l’embarras de traîner avec soi un déclivomètre quelconque à niveau, dont l’emploi est passablement incommode.  »

De Saint-Étienne à Chambéry en vélocipède (1887)

«  Quoiqu’il en soit, en nous mettant à six, nous arrivions à comprendre que cela signifiait, à peu de chose près  : quand viendrez-vous à Chambéry en vélocipède  ?  »

Le 1er mai (1895)

«  En vérité, je me suis cru, un instant, revenu au bon vieux temps, à cette époque bénie où à dix, douze, et jusqu’à vingt amis (il n’y avait pas à cette époque quarante cyclistes à Saint-Étienne) au plus nous excursionnions à qui mieux mieux, où chaque dimanche nous retrouvait, joyeux et enthousiastes, prêts dès l’aube pour de nouvelles conquêtes  ; temps heureux qui n’est cependant pas encore bien loin de nous,...  »

PROMENADES ET EXCURSIONS (1889)

«  Cette histoire nous revenant à la mémoire, nous n’étions pas sans éprouver une certaine inquiétude en nous approchant de ce bourg à superstitions et nous nous demandions si on n’allait pas nous prendre pour des esprits.  »

D’Ambérieu à Ambérieu (Août 1898)

«  le poids ne me gêne que lorsqu’il me faut porter ma machine, mais quand c’est elle qui me porte, je ne m’aperçois guère de quelques kilos de plus ou de moins.  »

SAINTTIENNE, GRENOBLE, GAP, BRIANÇON, CHAMBÉRY

«  J’ai toujours plein mon tiroir de projets de voyages et je choisis celui qui devait me permettre de remettre en lumière les qualités des machines à plusieurs développements. Sur mon porte-bagage arrière je fixai le paquet sous toile caoutchoutée qui me sert de valise, j’accrochai à mon guidon le sac-musette à trois compartiments où je place mes cartes, mon revolver, quelques objets de toilette, du pain et des fruits, j’accrochai au cadre sous la selle le frein à large patin de bois grâce auquel je puis faire les descentes les plus raides sans me fatiguer à contrepédaler, et j’allai dormir.  »

Un raid de 600 km à bicyclette (1900)

«  Est-ce du tourisme, est-ce du sport, ou bien est-ce simplement un peu fou, que d’aller de Saint-Étienne à Marseille et en revenir en deux jours et demi  ?
Ce sera ce que l’on voudra, mais, ce faisant, je me suis fourni une preuve dont j’avais besoin, en faveur des bicyclettes polymultipliées et de l’alimentation strictement végétarienne.  »

Forêt de Lente et Vercors (1900/1904)

Forêt de Lente et Vercors (1900/1904)

«  Le Vercors est décidément un pays merveilleux, et l’on trouverait difficilement un autre coin de terre où, en un espace si petit qu’un cycliste peut aisément le parcourir en deux jours dans tous les sens, soient réunies tant de beautés naturelles  ; il n’y manque que des glaciers.  »

5 jours en Montagne (1909)

«  Conter par le menu une excursion, deux ans après l’avoir faite et quand on n’en a rapporté que des notes succinctes, serait bien hasardeux. Les impressions reçues en cours de route, du nuage qui passe, des rencontres fortuites se sont évanouies  ; mais les grandes lignes du voyage sont demeurées et se détachent de mes souvenirs aussi nettes que le lendemain de notre retour  »

Sainte-Baume et Ventoux (1913)

«  J’aime cette montagne sévère qui défend contre le vent du nord si cruel aux primeurs, la plaine fertile de Pernes, ma ville natale, et la dernière fois que j’y monterai ce sera, je l’espère, sous forme d’une poignée de cendres, que mon compagnon d’aujourd’hui confiera au vent du col des Tempêtes, un jour où le mistral y passera à grande allure. Mais je compte bien y monter encore quelques fois, par mes propres moyens.  »

Randonnée pascale (1912)

«   nous répondons en criant aussi et en levant les bras. Telle est la nouvelle façon de se saluer, au passage, que la vitesse croissante des véhicules a introduite entre chauffeur, et même entre cyclistes. On pousse des cris sauvages et on agite les bras frénétiquement. Entre aviateurs, il faudra encore trouver autre chose.  »

Excursion de l’Ascension (1901)

«  Après avoir passé la pointe de l’Espiguette, la situation s’aggrave, la mer devient de plus en plus agitée, [...]  ; il faut carrément rouler dans l’eau, nous nous débarrassons de nos bas et de nos chaussures et, pantalons relevés aussi haut que possible, comme si nous allions pêcher des crevettes, nous pédalons à travers les flots qui montent souvent jusqu’aux moyeux.  »

Excursion du 12 février 1904

« Un dernier ravin à franchir et nous voici à Saint-Marcel-d’Urfé. Ce nom suffit à poétiser toute cette contrée qui parait sauvage et rude en cette saison, mais qui, en été, a des allures pastorales dignes de l’Astrée.  »

Randonnées expérimentales (2de partie Vercors - 1921)

« Je ne me pressai donc pas et je ne quittai le Refuge qu’à 14 heure, après avoir eu le tort de boire une bouteille de clairette, boisson toujours délicieuse, mais qui, ce jour-là, me laissa jusqu’au soir altéré et la bouche pâteuse. La clairette de Die serait-elle par hasard un de ces faux plaisirs contre lesquels nous met en garde Épicure  ?  »

Dimanche 4 avril 1926 (Ventoux)

« Dans le Midi, tout se fait dans la rue, ainsi en fut-il de cette réparation, si bien qu’en quelques minutes tous les cyclistes locaux s’assemblèrent et l’on discuta ferme sur la polyxion. Elle n’est pas en faveur à Bédoin et mon réparateur n’y a vendu, depuis six ans qu’il est établi, qu’un Chemineau dont il était très embarrassé. »

Vélocio, Vieille Gloire !? (1929)

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« Notre itinéraire débutait par Saint-Cloud et Versailles, longeait ensuite des parcs d’aviation et, par Châteaufort, gagnait, à Saint-Rémy, la vallée de Chevreuse, un bijou de fraîcheur et de verdure. Une halte s’imposait, on vida quelques verres de bière et de limonade. »

Meeting d’Automne (Pavezin, 1921)

«  Bien que le 23 octobre dernier, le temps nous ai fait grise mine, notre meeting au col de Pavezin a eu le succès habituel, et nous nous sommes trouvés plus de quatre-vingts cyclo-touristes, venus de tous les coins de l’horizon.  »

Florence B. Walker avec sa bicyclette et ses bagages, Ont. (?), vers 1902

Florence B. Walker avec sa bicyclette et ses bagages, Ont. (?), vers 1902

POUR LA PETITE HISTOIRE LA ROUTE DU PARPAILLON

«  Les années 1929 et 1930 virent un véritable afflux de cyclo-montagnards vers les Alpes en général, et le Parpaillon en particulier. Un fanion spécial était même offert à qui pouvait prouver son passage ; le registre que nous avions déposé à Crévoux se couvrit d’appréciations et de signatures. On peut dire que le fanion du Parpaillon fut le précurseur des B. R. A., R. C. P. et autres brevets de montagne. Il fît beaucoup, à l’époque, pour la cause des grands Cols Alpins.
Puis l’oubli est de nouveau revenu. D’autres années passèrent encore. La route du Parpaillon a 47 ans. Dans quel état se trouve-t-elle ?
Un jour, peut-être, nous la verrons large et bonne, mais elle aura perdu sa solitude, et sur les ruines des bâtiments des chasseurs d’autrefois, s’érigeront, rouges ou vertes, les pompes de la Standard ou de la Texaco. »

Excursion du 15 juin (1902)

«  Ah  ! Vélocio, vous ferez de moi une frondeuse  !
Mais... là n’est pas la question.  »

Au col du Rousset (1907)

«  Des ouvriers réparent les portes du tunnel, et la voûte retentit de leurs coups de marteau sonores. On sent là-dessous un courant d’air glacial, et pour achever de me rafraîchir, des gouttes d’eau tombent en abondance Le sol est très humide, gluant comme un matelas de limaces, et on roule dans un clapotis de boue continuel. Avec cela, on n’y voit pas grand’chose ; quelques rares lampes fumeuses, accrochées çà et là indiquent l’emplacement des parois du tunnel et empêchent de s’y heurter. Peu à peu, j’approche de la sortie, je puis déjà lire l’heure à ma montre : 10 h. 17 ; il y a 8 heures très exactement que j’ai quitté Saint-Étienne.  »

Dans le Vercors (1901)

«  À l’entrée du tunnel, je reste ébahie de la profondeur de ce trou noir, 800 mètres, dit-on. Deux quinquets fumeux ont la prétention de l’éclairer, mais n’empêchent pas qu’il y fait noir comme dans un trou de mine. On se dirige à tâtons, avec force appels et cris de ralliement. Un des Messieurs que nous avons rencontrés est enlevé comme une plume par des bras inconnus et échappe ainsi à l’accolade intempestive d’un cheval venant en sens inverse.
Enfin, on retrouve la lumière et les yeux restent éblouis. C’est devant nous, à l’infini, un enchevêtrement grandiose de sommets, de vallées, de rivières, de fleuves peut-être, mais qui, sur cet immense tableau, semblent tracés avec un pinceau de la finesse d’un cheveu. D’un promontoire de rochers, voisin du tunnel, on découvre 17 départements nous affirme l’aimable conducteur de ma bicyclette. Pendant que nous admirons ce merveilleux panorama, des flots de clairette circulent et après un dernier toast, l’heure nous pressant, nous nous séparons des courtois técéfistes que le hasard nous a donnés un instant comme compagnons de route. »

De Profondis, 1902

«  Infortunée E. S. ! Que vouliez-vous qu’elle fit contre tant d’ennemis conjurés pour la perdre ? Quelle mourût. C’est ce quelle s’est empressée de faire.
Elle aura vécu ce que vivent les roses ; née au printemps, elle s’éteint avant l’hiver, que dis-je, avant même l’automne.
Son action cependant n’aura pas été inutile : elle a élargi la voie dans laquelle le cyclotourisme s’engage de plus en plus et forcé les constructeurs à s’occuper des cyclotouristes.  »

Concours de frein 1901

Concours de frein 1901

Source revue mensuelle du TCF, 1901

APRES LE CONCOURS D’AUVERGNE UNE OPINION AUTORISÉE  Celle de M. Gaston CLÉMENT

«  De 1904 à 1912, je me suis servi de 3 monos légères, 12 kg. complètes, avec garde-boue, porte-bagage et pneus démontables de 35 mm. et d’une autre à boyau, de 1911 à 1914. Je sais donc ce qu’on peut demander à des bicyclettes légères, et réaliser d’agréable avec elles, dans un rayon d’action très étendu. Je sais aussi ce qu’il est prudent de ne pas exiger d’elles, sur certaines mauvaises routes.  »

APRÈS LE CONCOURS D’AUVERGNE (1934)

«  Je dirai même, en cyclotouriste, que ces routes un peu égarées, délaissées, seront peut-être, bientôt, pour nous, un dernier refuge, avant la pratique du chemin muletier, que certains cultivent déjà. Il nous faut des machines légères, mais robustes, pour tous terrains. Et, comme dit ma concierge  «  qui peut le plus peut le moins  ».   »

L’examen technique 1902

«  si les constructeurs s’ingénient à donner à leurs machines un aspect coquet et séduisant bien fait pour en faciliter la vente, ils ne se soucient en général nullement de la façon dont leur client s’y prendront pour les démonter et les vérifier. »

Vélocerie (1869)

« Cette chevalerie, ou plutôt Vélocerie, dont l’organisation naturelle ne comportera aucun chef, ni membre inscrit, sera un dérivatif de cette tendance moderne aux affiliations qui oblitèrent la raison, énervent le corps et enchaînent la liberté. »

Critical mass (vintage)

Critical mass (vintage)

Chronique du passé (1891)

«  Le Cycliste et la Revue des Sports du Sud-Ouest ont ouvert une enquête sur les causes qui éloignent la femme du véloce. C’est de la perfidie pure ; ce qui nous retient loin du grand air et des promenades joyeuses, c’est le préjugé, le bête préjugé qui fait dire qu’il n’est pas séant à une dame de pédaler. Au lieu de faire des enquêtes qui ont pour nous un petit air de raillerie, donnez-moi la main, et aidez-moi à le renverser, le préjugé ridicule, notre seul ennemi ! Les velocewomen ont d’ailleurs un nouveau moyen de défense : la Revue Sportive du Sud-Ouest s’est assurée la collaboration de Mlle Mathilde des Rouvières, qui annonce bravement son intention de poursuivre ce but auquel nous tendons toutes : conquérir un peu de liberté et faire du véloce au même titre que messieurs les hommes.  »

EXODELO-CAMPING en 1940

«  Comme tout fait prévoir que l’art de camper sera pratiqué d’une façon intense par les générations qui suivent, il est probable que, si de nouveau les populations sont un jour dans l’obligation d’opérer des migrations, elles le feront dans de meilleures conditions qu’il y a quatre ans. Ainsi soit-il.  »

Chronique du passé (1890)

« Mais si vous abandonnez la grande route ensoleillée pour vous égarer dans les sentiers ombreux, si vous laissez votre machine sans surveillance, tandis que vous vous réfugiez sous quelque fraîche tonnelle, prenez garde que quelque amateur indélicat ne vous dérobe l’instrument, car alors vous iriez grossir le nombre des infortunés qui clament vers les nues : « Mon véloce ! mon cher véloce ! » »