Vélocerie (1869)

samedi 2 septembre 2017, par velovi

Par Berruyer, Alfred, dans Manuel du Véloceman, éditions Prudhomme, 1869, Source gallica.bnf.fr / BnF

Quand nous serons mis en possession de notre monture, avec la conscience de ses ressources et de la perfection de ses parties constitutives, nous nous empresserons d’en faire l’apprentissage, de nous en rendre maître et d’en user pour notre utilité. Ce sera la pratique du véloce.
Lorsque nous aurons assimilé les organes de notre automate avec les nôtres, lorsque nous l’aurons identifié avec nous, sans éprouver la moindre résistance, nous monterons à Véloce avec art pour tenir la route très longtemps, de manière à ne pas nous fatiguer, à ne point nous exposer à la risée des réfractaires et à mériter les sympathies et les éloges des maîtres.
Alors il ne nous restera plus que de nous livrer à des considérations générales sur l’avenir du Véloce, au point de vue de son application sérieuse dans les états civilisés.
Avant de monter à Véloce et de nous lancer dans cette voie toute tracée, nous prions les maîtres, les adeptes, les novices et les lecteurs de nous permettre de leur montrer le Véloce comme le symbole d’une civilisation lumineuse et valeureuse.
Son application plus répandue, nous n’en doutons pas, donnera lieu à la constitution latente d’une chevalerie moderne, qui rendra des services immenses à la société, et modifiera sensiblement, ce qui ne sera pas trop tôt, nos mœurs et nos costumes.
Cette chevalerie, ou plutôt Vélocerie, dont l’organisation naturelle ne comportera aucun chef, ni membre inscrit, sera un dérivatif de cette tendance moderne aux affiliations qui oblitèrent la raison, énervent le corps et enchaînent la liberté.
La devise de cette Vélocerie sera : Lumière et valeur. Si elle rencontre des obstacles à son épanouissement pour les tournois et les grandes courses, elle y ajoutera : liberté, afin de pouvoir conquérir sans relâche ses droits de cité, sa modeste place au soleil et les Véloces-voies qui lui sont indispensables.
C’est alors que le Véloce sera la monture la plus utile de toutes celles connues. C’est alors qu’elle pourra défier même les locomotives des chemins de fer, comme le petit David osa combattre le géant des Hébreux.


Voir en ligne : Gallica

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