Vélotextes

La Croix-Haute (1900)

La Croix-Haute (1900)

«   Il s’arrête, il marche, il vole, aspirant l’air pur à pleins poumons, respirant l’indépendance par tous les pores. Ré qué Dioù, l’orgueilleuse devise des Talleyrand-Périgord, il peut la graver sur son guidon  ! Quelle jouissance infinie ne donne pas la contemplation d’un beau paysage, et que je plains l’homme dont le cœur est fermé à de telles joies. Il est passé sur la terre, l’a habitée et ne l’a pas connue.  »

Un Touriste (mai 1900)

Un Touriste (mai 1900)

«   — Je me contente dans un voyage de 8 à 10 jours dune moyenne de 120 kilomètres qui ne me coûtent aucun effort. Exceptionnellement je puis pour une excursion d’un jour aller jusqu’à 180 kilomètres, mais c’est déjà excessif et je ne pourrais recommencer le lendemain sans fatigue.  »

Une Expérience

«  Je fis avec ces pneumatiques de grandes courses dans le Dévoluy, à Saint-Chély, à Tanus, mais de toutes ces excursions je revins très fatigué   de cette dernière absolument exténué. Je m’en pris aux roulements, à la chaleur, au mauvais état de la route, j’osai même accuser le végétarisme et je voyais avec regret mon enthousiasme cycliste diminuer peu à peu. J’étais à cent lieues d’en soupçonner la vraie cause.  »

Le Vercors, les Gorges de la Bourne, le Pas de l’Échelle

«  Le mois dernier, j’étais allé à Saint-Étienne voir le directeur du Cycliste et me rendre compte de ses machines à plusieurs multiplications. Aimablement accompagné par lui, j’étais, sur une de ses bicyclettes, monté de Saint-Chamond à la Croix-de-Chabourey sans aucune fatigue, n’ayant même pas mis pied à terre pendant ces dix kilomètres de côte.  »

Tourisme d’été (1901)

Tourisme d’été (1901)

«  Je respecte certes toutes les opinions et je reconnais qu’entre celle de Vélocio et de Siméon le Stylite il y a place pour toutes les vitesses, pour toutes les manières de penser.   »

Le Tour de la Plaine du Forez (1888)

«  Depuis longtemps je me disais  « Il faut, coûte que coûte, que je fasse un record  ; c’est la mode aujourd’hui  ; il n’y a pas d’honnête veloceman qui ne s’efforce, à la fin de la saison, quand il se sent bien entraîné, d’établir ou de battre un record.  »

La course du Matin (1899)

«  Il ne faut pas souhaiter que cette expérience soit renouvelée trop souvent, car, cette fois, on pourrait trouver des cadavres sur les chemins, mais enfin puisque cette périlleuse épreuve est tentée et accomplie avec un succès inespéré, on aurait mauvaise grâce à récriminer et à ne pas louer vainqueurs et vaincus, tous également énergiques mais dissemblablement servis par les événements.  »

Noël au soleil (1905)

Noël au soleil (1905)

«  J’éprouve toujours une étrange sensation à descendre la nuit dans les bois  ; mon être se dédouble  : une partie s’envole et plane je ne sais dans quelle région de l’au delà  ; l’autre partie malheureusement, reste en équilibre très instable sur la bicyclette, somnole et risque de choir dans le fossé.  »

Sainte-Baume et Ventoux (1913)

«  J’aime cette montagne sévère qui défend contre le vent du nord si cruel aux primeurs, la plaine fertile de Pernes, ma ville natale, et la dernière fois que j’y monterai ce sera, je l’espère, sous forme d’une poignée de cendres, que mon compagnon d’aujourd’hui confiera au vent du col des Tempêtes, un jour où le mistral y passera à grande allure. Mais je compte bien y monter encore quelques fois, par mes propres moyens.  »

Un raid de 600 km à bicyclette (1900)

«  Est-ce du tourisme, est-ce du sport, ou bien est-ce simplement un peu fou, que d’aller de Saint-Étienne à Marseille et en revenir en deux jours et demi  ? Ce sera ce que l’on voudra, mais, ce faisant, je me suis fourni une preuve dont j’avais besoin, en faveur des bicyclettes polymultipliées et de l’alimentation strictement végétarienne.  »