Vélotextes

Le Couffourenc (1903)

«  Il y a une dizaine d’années, j’abandonnai le tourisme à pied pour les joies du cyclisme. Un habile cycliste d’Alais M. C., devenu aujourd’hui le plus intrépide des chauffeurs, guida mes premiers pas. Je montrais disait-il des dispositions étonnantes. En réalité je fus un élève pitoyable et, comme les chevaliers malheureux dans les tournois, je mordis souvent la poussière.  »

Le Vercors, les Gorges de la Bourne, le Pas de l’Échelle

«  Le mois dernier, j’étais allé à Saint-Étienne voir le directeur du Cycliste et me rendre compte de ses machines à plusieurs multiplications. Aimablement accompagné par lui, j’étais, sur une de ses bicyclettes, monté de Saint-Chamond à la Croix-de-Chabourey sans aucune fatigue, n’ayant même pas mis pied à terre pendant ces dix kilomètres de côte.  »

Tourisme d’été (1901)

Tourisme d’été (1901)

«  Je respecte certes toutes les opinions et je reconnais qu’entre celle de Vélocio et de Siméon le Stylite il y a place pour toutes les vitesses, pour toutes les manières de penser. Je dis simplement la mienne. Elle est sincère, peut-être est-ce son seul mérite. En tout cas, elle concorde avec ma règle de conduite. La voici sous forme de théorème  : Tout travail qu’on fait pour son agrément doit avoir la somme des plaisirs supérieure à la somme des peines.  »

Forêt de Lente

Forêt de Lente

«  Poussez des cris d’admiration en voyant grimper une automobile n’est pas précisément dans notre caractère  »

Forêt de Lente et Vercors (1900/1904)

Forêt de Lente et Vercors (1900/1904)

«  Le Vercors est décidément un pays merveilleux, et l’on trouverait difficilement un autre coin de terre où, en un espace si petit qu’un cycliste peut aisément le parcourir en deux jours dans tous les sens, soient réunies tant de beautés naturelles  ; il n’y manque que des glaciers.  »

Au col de Rousset (340 kilomètres). Excursion du 30 juin 1900.

Au col de Rousset (340 kilomètres). Excursion du 30 juin 1900.

«  Sept cyclotouristes ont pris part à cette excursion qui a été une des plus suivies et des plus goûtées de la saison. C’est que le Vercors est un incomparable écrin de beautés naturelles  ; les sites pittoresques y abondent et les points de vue les plus inattendus y surprennent agréablement les cyclistes, que les rampes dures et longues et les descentes dangereuses ne font pas reculer.  »

Un Tour en Savoie (1898)

Un Tour en Savoie (1898)

«  ...j’avais chargé sur mon porte-bagage d’arrière 6 kilos de flanelles et de vêtements de rechange dont je n’ai pas eu besoin. Dans ma musette suspendue au guidon, j’avais revolver, carte au 1/200000, itinéraires de Dolin-Revel et mes habituelles provisions de bouche, pain et pommes, un falot plié et deux bougies. Avec tout cela et de la résolution on peut aller loin et longtemps sans être un milliardaire.  »

Une bonne journée (1899)

« Ce sont là malheureusement des promenades qui vous mettent en appétit et à peine a-t-on fini qu’on voudrait recommencer, tant il est agréable de se rincer l’œil, pour parler l’argot moderne, dans des kilomètres et des kilomètres de paysages incessamment variés qui par la multiplicité des images, tantôt nettes, tantôt indécises et des souvenirs qu’on en conserve, vous laissent l’impression qu’on a voyagé dans le rêve et traversé l’infini.  »

La Vélocipédie au point de vue philosophique (1887)

«  Mettez un vélocipède entre les jarrets du premier venu et vous développerez dans l’esprit de cet homme une manière nouvelle de voir, de comprendre, d’apprécier les événements, les êtres, les choses qui chaque jour passent à sa portée  ; il les verra sous un nouvel aspect et sa façon de les juger en sera modifiée sensiblement.  »

Les premières armes (Octobre 1913)

«   Vous étiez seul  ? Mais oui, c’est toujours seul que je fais mes longues excursions. Seul aussi celui qui venait des Echarmeaux, seul également celui qui avait parcouru l’Eyrieux. Entre autres remarques curieuses, je n’oublierai pas d’inscrire sur mon carnet  : À l’E. S., les groupes ne sont composés que d’une seule personne.  »