La course du Tour de Saint-Julien (1899)

lundi 25 janvier 2021, par velovi

Par Paul de Vivie alias Vélocio, Le Cycliste, Octobre 1899, Source archives départementales de la Loire, cote PER1328_6

Comme prélude à la grande course de côtes que le cycliste prépare pour l’année prochaine, M. Corompt, de Saint-Julien-Molin-Molette, a donné, le 8 octobre, une première petite course de côtes dont le tracé, faisant le tour de Saint-Julien comportait 62 kilomètres avec élévation de 1.100 mètres. Ne devaient prendre part à cette course que les jeunes cyclistes de saint-julien et j’avais promis mon concours en qualité de contrôleur volant.
Je me rendis donc le 8 octobre, en compagnie de M. Nicolas, à Saint-Julien, en passant naturellement par la Croix de Chaubourey (32 kilom., élévation 700 mètres) et je partis à 8 h. 18 en même temps que les coureurs que je comptais accompagner ou suivre et que, grâce à mes multiplications variées, je ne tardai pas à précéder, de sorte que je puis considérer cette course comme une nouvelle expérience et en tirer quelque enseignement.
L’itinéraire à suivre ne comportait pas cent mètres de réellement plat  ; l’on n’y cessait de monter que pour descendre et vice-versa  ; le sol en maints endroits laissait beaucoup à désirer et un vent très violent nous gêna plus souvent qu’il ne nous fut utile.
Le tableau suivant permet de se rendre compte des péripéties et des difficultés de la course.

Course de Saint-Julien

Parti (alt. 580) avec le développement 4m,40 je pris au haut de la première côte (alt. 850) 6m,04 que je conservai malgré d’assez sensibles ondulations entre Maclas et la Remise (alt. 350)  ; mais à la remise, point le plus bas du parcours, je crus bien faire en reprenant 4m,40 et je fis mal car le vent qui jusqu’alors avait été plutôt contraire devint en partie favorable et je me vis amené à donner jusqu’à cent tours de pédale à la minute. Cette rapidité du mouvement des jambes eut pour effet de m’engourdir graduellement certains muscles de la jambe droite qui en arrivant à Bourg-Argental battait terriblement de l’aile   ; à Bourg-Argental (alt. 540) je pris pour monter au pont de Graix (940) le développement de 3m,30 que je fus bientôt force de remplacer par celui de 2m,50 en constatant, dès les premiers efforts que m’imposa la montée, que je ne pouvais plus compter que sur la jambe gauche. À partir de ce moment et pendant 8 kilomètres de pente moyenne à 5 %, je ne pédalai que d’un pied et j’aurais été forcé d’abandonner si je n’avais eu à ma disposition, en cette occurrence, un développement assez faible pour qu’un seul pied pût, grâce à lui, faire le travail des deux.
Je perdis naturellement pendant cette montée une grande partie de l’avance que j’avais acquise mais je crois que si j’avais conservé jusqu’à Bourg-Argental le grand développement (6m,04) ma jambe droite ne se serait pas courbaturée et j’aurais effectué tout le parcours en un temps sensiblement moindre et très près de 3 heures.
En 1900 cette course qui conservera son nom de Tour de Saint-Julien comprendra un parcours bien plus important et surtout des montées plus sérieuses. L’expérience n’en sera que plus concluante.

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