Vélotextes

Un Tour en Savoie (1898)

Un Tour en Savoie (1898)

«  ...j’avais chargé sur mon porte-bagage d’arrière 6 kilos de flanelles et de vêtements de rechange dont je n’ai pas eu besoin. Dans ma musette suspendue au guidon, j’avais revolver, carte au 1/200000, itinéraires de Dolin-Revel et mes habituelles provisions de bouche, pain et pommes, un falot plié et deux bougies. Avec tout cela et de la résolution on peut aller loin et longtemps sans être un milliardaire.  »

Pendant les fêtes de Pâques (1897)

«  Malgré mes pneumatiques, gonflés sans doute à l’excès, je trouve, comme toujours, détestable l’interminable pavé de Vaise aux Brotteaux, et je réclame, in petto, des trottoirs à l’usage des cyclistes   ; nos petits-neveux en auront sûrement  ; que n’auront-ils pas ces gaillards-là à qui nous préparons un si bel avenir.  »

D’Ambérieu à Ambérieu (Août 1898)

«  le poids ne me gêne que lorsqu’il me faut porter ma machine, mais quand c’est elle qui me porte, je ne m’aperçois guère de quelques kilos de plus ou de moins.  »

SAINTTIENNE, GRENOBLE, GAP, BRIANÇON, CHAMBÉRY

«  J’ai toujours plein mon tiroir de projets de voyages et je choisis celui qui devait me permettre de remettre en lumière les qualités des machines à plusieurs développements. Sur mon porte-bagage arrière je fixai le paquet sous toile caoutchoutée qui me sert de valise, j’accrochai à mon guidon le sac-musette à trois compartiments où je place mes cartes, mon revolver, quelques objets de toilette, du pain et des fruits, j’accrochai au cadre sous la selle le frein à large patin de bois grâce auquel je puis faire les descentes les plus raides sans me fatiguer à contrepédaler, et j’allai dormir.  »

Un raid de 600 km à bicyclette (1900)

«  Est-ce du tourisme, est-ce du sport, ou bien est-ce simplement un peu fou, que d’aller de Saint-Étienne à Marseille et en revenir en deux jours et demi  ?
Ce sera ce que l’on voudra, mais, ce faisant, je me suis fourni une preuve dont j’avais besoin, en faveur des bicyclettes polymultipliées et de l’alimentation strictement végétarienne.  »

5 jours en Montagne (1909)

«  Conter par le menu une excursion, deux ans après l’avoir faite et quand on n’en a rapporté que des notes succinctes, serait bien hasardeux. Les impressions reçues en cours de route, du nuage qui passe, des rencontres fortuites se sont évanouies  ; mais les grandes lignes du voyage sont demeurées et se détachent de mes souvenirs aussi nettes que le lendemain de notre retour  »

AUTOUR DU CONCOURS DE FREINS (1901)

Par Paul de Vivie, Revue mensuelle du Touring-Club de France, 1901
Quand on a, comme nous, pris la douce habitude de faire les descentes à la vitesse limite — voir les tableaux de M. Bourlet — de se réjouir sitôt qu’on aperçoit un de ces poteaux rouge et bleu, sur fond blanc, que la maternelle prévoyance du T. C. F. a fait placer au début des pentes raides et de se laisser glisser le long de ces pentes, pieds au repos sur les pédales libres, on conçoit l’utilité, des freins souples et puissants, obéissants et infaillibles. C’est pourquoi la nouvelle que le T. C. F. organisait un concours de freins (...)

Givors Lautaret (1905)

Givors Lautaret (1905)

«  Pour prévenir la fringale, chacun de nous a dans son sac des provisions variées, toutes rigoureusement végétariennes, sucre, fruits secs, gâteaux de riz, croquignolles, chaussons aux fruits ou à la confiture  : tout en pédalant, dès qu’on en sent le besoin, on plonge la main dans son sac, parfois dans le sac du voisin, puis l’on boit à la première fontaine   »

De Die à Grenoble, par le Queyras et le Lautaret (1902)

«  Après avoir visité les sites les plus vantés des Pyrénées, j’ai voulu revoir les Alpes et comparer.  »

Meeting d’Automne 1929

Meeting d’Automne 1929

« Le col de Pavezin, belvédère merveilleux ouvert sur la vallée du Rhône toute proche et les Alpes lointaines, a offert le 29 septembre dernier, entre 9 heures et midi, un spectacle étonnant. A chaque instant, par les quatre routes qui y aboutissent, arrivaient des cyclistes, et encore des cyclistes, et toujours des cyclistes, tantôt isolés, tantôt en groupes et parfois en pelotons, précédés de fanions et accompagnés du vacarme de tous les appareils sonores imposés par le règlement. Et ces cyclistes venaient souvent de loin ; quelques-uns avaient pédalé toute la nuit, et d’autres avaient quitté Paris dès l’aube, samedi, pour être à Pavezin dimanche avant midi. Mais dans quel but, se demandent les profanes, pourquoi tant d’efforts, interrogent les autoïstes paresseux ? Je vais le leur dire.  »

Un Retour en arrière (1916)

«  Il a failli m’en arriver une bien bonne  ! sans Guy d’Ondacier j’allais redevenir partisan de la monoserve tant décriée. Mais mon médiéviste collaborateur s’est indigné et je suis rentré en moi-même  ; bien que je n’aie pas pour cela lâché la vieille monoserve de 1891 que j’ai dénichée dans mon grenier et dont je me sers avec grand plaisir depuis quelques mois.  »

Quels sentiments éprouvez-vous après une grande journée passée sur votre selle ? (1920)

«  Un abonné du Cycliste nous demande de poser aux lecteurs cette question de psychologie cycliste- :

Quels sentiments éprouvez-vous après une grande journée passée sur votre selle  ? »

La 8e Journée Vélocio (1929, Extraits)

«  La Journée Vélocio a été, pour moi, cette année, un éblouissement, comme une poule qui, ayant couvé un œuf de paon, s’émerveillerait devant l’éclatant plumage de son poussin, je fus, du matin au soir, médusé par l’extraordinaire développement de nos modestes meetings d’autrefois. Nous avions été déjà 300 cycle touristes au dernier meeting du printemps à Chavanay ; au meeting d’été, ce 4 août, nous fûmes plus du double, et l’on a compté, au départ de l’épreuve qui caractérise la Journée Vélocio, 207 parlants, dont le plus jeune avait 8 ans et le plus âgé 77 ans. »

Une expérience (Excursions Juillet 1928)

« Le pignon ovale auquel je reviens, puisque c’est à lui qu’a été consacrée, par la force des circonstances, cette expérience de 100 kilomètres, a donc, comme tant de choses ici-bas, un bon et un mauvais côté et, pour éviter l’un sans renoncer à l’autre, je vais lui juxtaposer, sur ma bicyclette, un pignon rond  ; suivant le cas, je placerai ma chaîne sur l’un ou sur l’autre. »

Florence B. Walker avec sa bicyclette et ses bagages, Ont. (?), vers 1902

Florence B. Walker avec sa bicyclette et ses bagages, Ont. (?), vers 1902

POUR LA PETITE HISTOIRE LA ROUTE DU PARPAILLON

«  Les années 1929 et 1930 virent un véritable afflux de cyclo-montagnards vers les Alpes en général, et le Parpaillon en particulier. Un fanion spécial était même offert à qui pouvait prouver son passage ; le registre que nous avions déposé à Crévoux se couvrit d’appréciations et de signatures. On peut dire que le fanion du Parpaillon fut le précurseur des B. R. A., R. C. P. et autres brevets de montagne. Il fît beaucoup, à l’époque, pour la cause des grands Cols Alpins.
Puis l’oubli est de nouveau revenu. D’autres années passèrent encore. La route du Parpaillon a 47 ans. Dans quel état se trouve-t-elle ?
Un jour, peut-être, nous la verrons large et bonne, mais elle aura perdu sa solitude, et sur les ruines des bâtiments des chasseurs d’autrefois, s’érigeront, rouges ou vertes, les pompes de la Standard ou de la Texaco. »

Excursion du 15 juin (1902)

«  Ah  ! Vélocio, vous ferez de moi une frondeuse  !
Mais... là n’est pas la question.  »

Au col du Rousset (1907)

«  Des ouvriers réparent les portes du tunnel, et la voûte retentit de leurs coups de marteau sonores. On sent là-dessous un courant d’air glacial, et pour achever de me rafraîchir, des gouttes d’eau tombent en abondance Le sol est très humide, gluant comme un matelas de limaces, et on roule dans un clapotis de boue continuel. Avec cela, on n’y voit pas grand’chose ; quelques rares lampes fumeuses, accrochées çà et là indiquent l’emplacement des parois du tunnel et empêchent de s’y heurter. Peu à peu, j’approche de la sortie, je puis déjà lire l’heure à ma montre : 10 h. 17 ; il y a 8 heures très exactement que j’ai quitté Saint-Étienne.  »

Dans le Vercors (1901)

«  À l’entrée du tunnel, je reste ébahie de la profondeur de ce trou noir, 800 mètres, dit-on. Deux quinquets fumeux ont la prétention de l’éclairer, mais n’empêchent pas qu’il y fait noir comme dans un trou de mine. On se dirige à tâtons, avec force appels et cris de ralliement. Un des Messieurs que nous avons rencontrés est enlevé comme une plume par des bras inconnus et échappe ainsi à l’accolade intempestive d’un cheval venant en sens inverse.
Enfin, on retrouve la lumière et les yeux restent éblouis. C’est devant nous, à l’infini, un enchevêtrement grandiose de sommets, de vallées, de rivières, de fleuves peut-être, mais qui, sur cet immense tableau, semblent tracés avec un pinceau de la finesse d’un cheveu. D’un promontoire de rochers, voisin du tunnel, on découvre 17 départements nous affirme l’aimable conducteur de ma bicyclette. Pendant que nous admirons ce merveilleux panorama, des flots de clairette circulent et après un dernier toast, l’heure nous pressant, nous nous séparons des courtois técéfistes que le hasard nous a donnés un instant comme compagnons de route. »

Liste des maisons primées (1905)

Liste des maisons primées (1905)

De Profondis, 1902

«  Infortunée E. S. ! Que vouliez-vous qu’elle fit contre tant d’ennemis conjurés pour la perdre ? Quelle mourût. C’est ce quelle s’est empressée de faire.
Elle aura vécu ce que vivent les roses ; née au printemps, elle s’éteint avant l’hiver, que dis-je, avant même l’automne.
Son action cependant n’aura pas été inutile : elle a élargi la voie dans laquelle le cyclotourisme s’engage de plus en plus et forcé les constructeurs à s’occuper des cyclotouristes.  »

Concours de frein 1901

Concours de frein 1901

Source revue mensuelle du TCF, 1901

APRES LE CONCOURS D’AUVERGNE UNE OPINION AUTORISÉE  Celle de M. Gaston CLÉMENT

«  De 1904 à 1912, je me suis servi de 3 monos légères, 12 kg. complètes, avec garde-boue, porte-bagage et pneus démontables de 35 mm. et d’une autre à boyau, de 1911 à 1914. Je sais donc ce qu’on peut demander à des bicyclettes légères, et réaliser d’agréable avec elles, dans un rayon d’action très étendu. Je sais aussi ce qu’il est prudent de ne pas exiger d’elles, sur certaines mauvaises routes.  »

APRÈS LE CONCOURS D’AUVERGNE (1934)

«  Je dirai même, en cyclotouriste, que ces routes un peu égarées, délaissées, seront peut-être, bientôt, pour nous, un dernier refuge, avant la pratique du chemin muletier, que certains cultivent déjà. Il nous faut des machines légères, mais robustes, pour tous terrains. Et, comme dit ma concierge  «  qui peut le plus peut le moins  ».   »

liberté

« Telle est la nouvelle liberté, la nouvelle liberté d’inspiration, que permet l’usage de la bicyclette. Le vélo, c’est une écriture, une écriture libre souvent, voire sauvage - expérience d’écriture automatique, surréalisme en acte, ou, au contraire, plus élaborée et systématique, presque expérimentale, à travers les lieux préalablement sélectionnés par le goût raffiné des érudits. »
Marc augé, Eloge de la bicyclette, Payot et Rivages, 2008

Albert RAIMOND 1885-1953

«  Compagnon et disciple de Velocio, c’est auprès de lui, que se développa sa foi dans le dérailleur. Il fut du trio qui créa, un jour de 1922, la Journée Velocio ; pendant des années, le pique-nique dans la clairière, une initiative à lui, fut, financièrement et matériellement pris en charge par lui seul, insistant pour qu’il ne soit jamais fait allusion à la chose. Ainsi nombreux furent les cyclos qui ignorèrent toujours qu’ils furent les invités personnels d’Albert Raimond. C’est également sur son initiative et à ses frais que furent réalisées les plaques à la mémoire de Velocio, à Pernes et au sommet du Ventoux. Il participa aussi très largement à la stèle du Col du Grand-Bois.
Enfin, c’est à lui, à lui seul, à sa ténacité, à sa générosité inépuisable qu’en 1932, le « Cycliste », dont il supporta sept années durant un inévitable déficit financier, dut d’avoir pu prendre un second départ et être encore présent plus de trente-cinq ans après.  »

Vélocerie (1869)

« Cette chevalerie, ou plutôt Vélocerie, dont l’organisation naturelle ne comportera aucun chef, ni membre inscrit, sera un dérivatif de cette tendance moderne aux affiliations qui oblitèrent la raison, énervent le corps et enchaînent la liberté. »

Critical mass (vintage)

Critical mass (vintage)

Chronique du passé (1891)

«  Le Cycliste et la Revue des Sports du Sud-Ouest ont ouvert une enquête sur les causes qui éloignent la femme du véloce. C’est de la perfidie pure ; ce qui nous retient loin du grand air et des promenades joyeuses, c’est le préjugé, le bête préjugé qui fait dire qu’il n’est pas séant à une dame de pédaler. Au lieu de faire des enquêtes qui ont pour nous un petit air de raillerie, donnez-moi la main, et aidez-moi à le renverser, le préjugé ridicule, notre seul ennemi ! Les velocewomen ont d’ailleurs un nouveau moyen de défense : la Revue Sportive du Sud-Ouest s’est assurée la collaboration de Mlle Mathilde des Rouvières, qui annonce bravement son intention de poursuivre ce but auquel nous tendons toutes : conquérir un peu de liberté et faire du véloce au même titre que messieurs les hommes.  »